‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 7 sur 117 · AL · texte numérisé non relu

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le dentier article un peu courbé; écailles du chaperon formant une saillie voûtée au-dessus d'eux; antennes simples. Les Galleries ont de l’analogie avec les Lithosies, les Ypouomeutes, les Adèles et surtout avec les Teignes; mais elles diffèrent de ces genres par leurs palpes inférieures avancées et couvertes uniformément d’écailles; elles avoisinent encore les Phycides, les Euplocampes, les Ypsolophes qui ontdesaulennes plus ou moins ciliées dans les mâles et qui s'en éloignent sous quelques autres rapports; enfin elles ressemblent aux Crambus dont les quatre palpes découvertes peuvent servir de caractère pour les en distinguer. Ces Lépidoptères ne paraissent vivre à l'état parfait que pour reproduire leur espèce. Oii les trouve ordinairement dans l'intérieur des niches, parce que c'est là que leur* larves prennent tout leur accroissement. Ils volent peu et assez mal; mais par compensation, ils courent trèsvite. Leur agilité est surprenante, et pour s'en faire une idée, il faut les voir au moment où ils sont poursuivis par les Abeilles qui cherchent à les percer de leur aiguillon. Elles en tuent beaucoup; mais elles ne peuvent les détruire tous, et pour peu qu'une seule Galleric femelle leur échappe, elle suffit malheureusement pour peupler la ruche de larves qui savent, par une industrie fâcheuse, se mettre à l'abri de leurs attaques. Réaumur a donné l'histoire détaillée de leurs mœurs; en voici les traits les plus importants : les larves sont de deux sortes et donnent lieu à deux espèces de Galleries très -différentes; leur peau est tendre, blanchâtre, parsemée de taches brunes, presque rase, avec quelques poils noirs, disséminés sur le dos; elles ont seize pattes, et se ressemblent presque complètement, à l'exception de la taille; les unes sont petites et les plus vives; les autres égalent en grosseur des Chenilles de médiocre grandeur et ne se meuvent pas avec autant d'agilité. Du reste, leurs habitudes son! à peu près les mêmes. Elles attaquent les gâteaux des Abeilles, non pas pour manger le miel, mais pour se nourrir de la cire. Elles choisissent donc ceux qui présentent des cellules vides ou remplies par les petits qu'on y élève. Mais ces larves sont molles, elles Abeilles ne manqueraient pas de les faire périr avec leur dard, si la nature, indistinctement protectrice de chaque genre d'animaux, ne les mettait â l'abri de leurs attaques; à peine ces larves sont-elles nées, qu'elles percent les parois des alvéoles, et commencent à se faire des tuyaux cylindriques; chacune d’elles a le sien et sc tient constamment enfermée dans son intérieur qui est garni d'un tissu de soie blanche assez serré et poli; à l’extérieur le tuyau est revêtu d’une couche de petits grains de cire ou d'excréments quelquefois si pressés les uns contre les autres, qu'ils cachent parfaitement la soie dans laquelle ils sont engagés et qu'ils fortifient assez les parois de cette espèce de galerie pour préserver l'habitant de toute attaque. Réaumur a décrit le procédé que la larve emploie pour renforcer ainsi son tuyau. Elle se sert de ses mandibules qui sont tranchantes pour détacher du gâteau de petites parcelles de cire qu'elle semble pétrir un peu afin de l'arrondir; elle forme ainsi autant de petits grains qu'elle laisse tomber et qui bientôt s'accumulent en lin las près de

l'ouverture du tuyau. C'est là. dit Réaumur, l'amas de moellon que l’animal destine à couvrir celle sorte de galerie dans laquelle il doit être caché. Bientôt on le voit prendre avec ses mandibules un des grains de ce tas, avancer ensuite sa tête hors du tuyau et se recourber I vers la surface extérieure contre laquelle il applique la parcelle de cire. Ainsi successivement il arrange de ces petits grains de cire les uns près des autres jusqu'à ce que le tuyau en soit tout couvert. Si la cire n’esl pas en grande abondance et que la larve soit réduite à vivre des débris des cellules qu’elle a traversées, elle emploie ses propres excréments au même usage. Les larves de la plus grande espèce font des galeries à parois beaucoup plus solides que celles des autres, et elles ne les fortifient pas avec des excréments ou des grains de cire. Les tuyaux augmentent en longueur et en largeur â mesure que les larves grossissent ; d'abord ils sont très-courts et gros seuleineut comme un fil, puis ils atteignent une certaine ampleur, et présentent quelquefois plus d'un pied de longueur. Pour cela ils font divers contours. Quelquefois les larves ne se bornent pas à percer sur une ligne très-flexueuse les cellules qui soûl d'un côté; elles traversent le milieu du gâteau, pénètrent dans les cellules situées sur l'autre face et reviennent encore vers le premier côté; mais elles ont soin, tant que la nourriture ne leur manque pas, de se tenir à une assez grande distance de la surface, de manière que le gâteau attaqué ne présente extérieurement aucune trace. N'étant pas au courant de cette dernière | particularité, Audouin avait placé en 1810. dans un i lieu convenable, un gâteau d'Abeilles qu'il supposait contenir des œufs de Gallerie, et il le regardait tous les jours avec beaucoup d'attention sans y apercevoir aucun changement; enfin il ne fût averti de la présence des larves, devenues déjà grandes, que par le bruit qu'elles faisaient en rongeant. Il avait en vue de compléter quelques lacunes, du Mémoire de Réaumur relativement aux métamorphoses. Le 10 juin au malin, plusieurs des larves, renfermées dans un vase de verre, se filèrent une coque qu'elles eurent soin • de revêtir extérieurement de petites parcelles de cire ! et de leurs excréments. D'autres individus, placés dans ! une Imite à fond de liège, creusèrent, le i" juillet, 1 un trou vertical dans ce liégp. et y filèrent contre les I parois une coque soyeuse. Ges dernières étaient trans- ! formées en insecte parfait, le 22 du même mois. Ce- I pendant il s'en faut de beaucoup que les transformat lions aient toutes lieu à la même époque, puisqu'au mois de septembre il a encore trouvé des Galleries à l'étal de larve. Il est vrai qu'elles n'avaient eu que peu de nourriture à leur disposition. Il a observé que ees mêmes larves, pressées par la faim, n'avaient pas dédaigné de sc nourrir des iosecles parfaits qui étaient captifs dans la même boite.

Ces larves, dont Réaumur a parlé sous le nom de fausses Teignes de la cire, étaient connues des anciens : Aristote dit positivement qu’elles sont à redouter pour les ruches d'Alx-illes, qu'elles mangent la cire des gâteaux et qu'elles laissent leurs excréments; Virgile en a parlé, et Columelle n'a pas négligé aussi d‘en faire mention. A celle époque comme maintenant, on ne con-

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