‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 89 sur 117 · IG · texte numérisé non relu

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Hippoxice dilaté. Hipponix ditatata, Lamk., Def., Mémoire, Journ. de Phys., 1819 ; Lamk.. Ann. du Mus.. toc. cil. y n° 4, t. vi, pl. 43, fig. 2, a, b, c, et fig. 5, a, b; Nob., loc. cil., p. 24, n°2, pl. 2, fig. 19, 20, 21.

Uippoxice élégant. Hipponix eUgans , l)e*h.; Pileopsis elegam, Nob., loc. cil., p. 35, n* 4, pl. 3, fig.

Uirroxicc opercllairk. Hipponix operculari* f Desh.; P tien psi s opérât la ris , Nob., loc. cit.f p. 28, n° 9, pl. 3; fig. 8. 9, 10. Le Püeoptiê cornu copia prend à Yalogne un développement très -considérable, deux pouces et demi et plu» de diamètre; et celui que Deshayes a nommé Hipponice operculaire est, de toutes les espèces, la plus singulière, puisque son support est destiné à contenir l'animal dans sa cavité.

HIPI’ONOE. Hipponœ. Axnix.Ce genre, dont la formation est due à Audouin et Milne Edwards, appartient au groupe des Amphinomiens; il se distingue de tous ceux précédemment établis par une tète petite, distincte et pourvue de cinq antennes, dont la médiane, assez grande et conique, est située un peu en arrière des quatre latérales qui sont très -petites; par un corps presque fusiforme. Il n'y a point de caroncule ni de^ cirre dorsal; la trompe est dépourvue de mâchoires. Les pieds ne sont composés que d'une seule rame qui est peu saillante, comprimée, verticale, garnie d'un grand nombre de soies fines, dirigée» en arrière et pourvue d'un seul cirre qui en occupe l'extrémité inférieure. Enfin les branchies, fixée# en arrière des pieds, consistent en une socle d’arbuscule divisé dès ta base, en quatre rameaux. On ne connaît encore qu'une seule espèce de et genre, é’est l’Hirroxot de Gavdicbalb, Hipponœ Gaudichaudi ; elle est longue de près d'un pouce, cl se compose de trente anneaux, dont le premier no porte que des branchies rudimenfaires, et dont les derniers sont fort petits; sur la ligne médiane de la face ventrale du corps, qui est très-convexe, on remarque un sillon longitudinal, et de chaque côté une rangée de pores; la face dorsale est aplaiie et

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ne présenle rien de remarquable; les pieds sont à peine saillants. Bile a été recueillie par Gaudichaud, au port Jackson.

HIPPOPE. Hippopus. holl. Une Coquille que les anciens plaçaient parmi leurs Cames, et que Klein sépara avec les Tridacnes. en genre particulier sous le nom de Chanuptrachma , avait été confondue par l.inné parmi les Cames; il lui avait donné le nom de Chanta flippopus. Bruguière, à l'exemple de Klein, réunit, dans se* planches de l'Encyclopédie. .les tlippopes aux Coquilles vulgairement nommées Bénitiers , et en forma lin seul genre qu'il nomma Tridacne. Depuis. Lamarck, tout en conservant le genre Tridacne.en sépara la Coquille dont il est ici question, et qui devint le type du nouveau genre qu'il proposa sous le nom d'Hippope. Cuvier, dans son Tableau élémentaire d'Histoire naturelle des animaux. 1798. mentionne à peine les Tridacnes qu'il confond avec les Cames comme Linné l'avait fait; mais plus lard, l'illustre auteur du Règne Animal, non-seulement admit le genre Tridacne. mais encore le genre Hippope, dont il fit un sous genre des Tridacnes. Blainville avait d'abord conservé le genre Hippope, mais ayant eu l’occasion de prouver qu'à l'état adulte les Tridacnes perdent l'ouverture lunulaire, du moins dans la Tridacne gigantesque, il en conclut l’analogie avec les Uippopes; celte analogie est bien évidente, et les deux genres doivent être fondus en un seul, dans lequel les Hippopes peuvent former une petite section à part.

Lamarck avait placé les Hippopes parmi les Conchifères Monomyaires; effectivement, une grande impression musculaire submédiane et assez facile à observer, n’avait point laissé-de doute. Cuvier, le premier qui ait donné quelques notices sur l'animal des Tridacnes, n’a point mentionné deux muscles adducteurs; cependant Blainville,qui a vu aussi ces animaux, affirme avoir observé un second muscle, mais très-petit, ce qui l'a porté à les ranger parmi les Dymiaires. Le trait caractéristique principal qui a déterminé Lamarck à la séparation des Hippopes. est le défaut<de l’ouverture de la lunule qui *e remarque à des degrés différents dans les Tridacnes; mais comme l'a dit Blainville, la Tridacne gigantesque, perdant cette ouverture par l'âge, il s'ensuit que ce caractère est de peu d’importance et insuffisant pour l'établissèment d'un genre. Plus tard, lorsqu'on connaîtra l’animal de l'Hippope, on pourra porter un jugement définitif qu'il est impossible de donner d’après la considération seule des Coquilles. Voici les caractères que Lamarck a assignés à ce genre ■ coquille équivalve, régulière, inéquilatérale, transverse, à lunule close; charnière à deux valves comprimées, inégales, antérieures et intrantes ; ligament marginal, extérieur; une seule impression musculaire. On ne connaît encore qu'une seule espèce qui puisse se rapporter aux Hippopes. Elle a été figurée dans presque tous les auteurs. Lamarck l'a nommée :

Hippope mâchée. Hippopus maculatùs, Lamk.. Anim. sans vert., t. vi, p. 108; Chanta Hippopus, L., p. 8500; Encycl. mélh., pl. 250, fig. 2, a, b; Chemn-., Concbyl., t. vit, lab. 58, fig. 498 et 499. Celle jolie Coquille, qui vient de la mer des Indes^est commune dans les collections; elle a l'aspect d'un Tridacne; elle s'en

distingue facilement par la lunule close; elle est chargée de côtes rayonnantes, assez larges, qui eorrespon- ■ dent aux découpures du ln>rd ; ces côtes, dans les individus bien frais, présentent des aspérités ou des épines plus ou moins irrégulières, qui se voient surtout dans le jeune âge; la lunule, très- grande et occupant tout le bord supérieur et antérieur, est séparée du reste de la surface extérieure par une carène dont les écailles sont régulières; toute la surface extérieure est tachetée de rose ou de rouge violacé, sur un fond blanc. Les grands individus ont cinq pouces et plus de largeur.

HIPPOPHAÉ. bot. Genre de la famille des Élæagnées et de la Diœcie Penlandrie, L., offrant pour principaux caractères : fleurs diolques; les mâles forment de petits chatons axillaires et composés d'un grand nombre de petites écailles imbriquées; calice membraneux, un peu renflé, comprimé, à deux lobes très-obtus; trois à quatre étamines sessiles et insérées au fond du calice ; fleurs femelles solitaires, presque sessiles à l'aisselle des jeunes rameaux; calice ovoide-oblong, légèrement comprimé, â deux lobes obtus, peu profonds, rapprochés; ovaire sessi le. presque globuleux, surmonté d'un style court et d'un stigmate saillant, allongé en forme de languette ; akènes obovoldes, recouverts par le calice qui est devenu péricarpoïde, charnu et bacciforme; graine composée d’un albumen très-mince, d'un embryon très-grand dont les cotylédons sont ellipsoïdes, la radicule descendante et cylindrique. Ces caractères sont tirés de la Monographie des Élæagnées. publiée par A. Richard (Mém. de la Soc. d’Hisl. nat. de Paris, t. i, p. 588), où le genre Hippophaé se trouve réduit à une seule espèce par l'adoption du Shephcrdia de Nultal, constitué avec V Hippophaé Canadensis. Ce dernier genre s’en distingue par la présence d’un disque glanduleux, par les quatre divisions de son périanthe et par scs huit étamines.

L’UirroraAfi Abgocsieb, Hippophaé Bhamnoides , L. , est un arbrisseau dont les branches sont divariquées , les ramuscules épineux, les feuilles alternes, lancéolées , aigues , couvertes en dessous d'écailles argentées et un peu roussàlres. On le rencontre trèsabondaininenl le long des torrents et des rivières qui descendent des hautes chaînes de montagnes, et principalement des Alpes d’Europe. Il croit aussi sur le rivage de la mer dans certaines dunes. Il est recouvert, sur la fin de l'été, de petites -baies rouges, dont le suc renferme beaucoup d'acide malique.

HIPPOPHAESTUM. bot. On ne sait si la plante désignée sous ce nom par Dioscoride, est la Chausse-trappe ou une Soude.

HIPPOPHYON. bot. Synonyme de Gaillet. V. ce mol.

HIPPOPODK. Hippopodius. polyp. Genre de la famille des Alcyonées, établi par Quoy et Gaymard, qui l'ont caractérisé ainsi qu'il suit : animal aggrégé, libre, flottant, formant des séries de huit à dix individus groupés autour d'un chapelet de suçoirs et d'ovaires susceptibles d’une très-longue extension. Les individus isolés ressemblent à une corne de pied de Cheval, d’où vient le nom imposé à ce genre nouveau ; leur ensemble offre l’aspect de la graine du Houblon, ou mieux encore de l’épi des Briza.

5 oie t. des aciexce* xat.

Hippopobe jac je. Hippopotiiu* luteu g, Quoy et Gaymard. La face que Ton peut nommer inférieure d’après sa position naturelle, est arrondie, concave, avec quatre petites pointes sur le pourtour de la concavité servant de moyen d’union entre les individus. De la base de ces pointes s’élève une petite valvule extrêmement mince, demi-circulaire, de trois ou quatre lignes de largeur dans l'état naturel . à peine visible lorsque l’animal est sorti de l'eau : c’est elle qui , par ses contractions, détermine la locomotion; un des côtés de ce corps est assez fortement écbancré, et c’est dans cette échancrure que se forme le canal central. La face supérieure est également concave; dans la ligne médiane est une strie qui est sans^doute un commencement de conduit servant à la nutrition ; du reste, ces animaux, assez résistants, translucides, d’aspect opalin, sont en série décroissante de bas en haut; une seule tige centrale de suçoirs : elle est ramifiée, pendante au dehors entre les tentacules, tandis qu’un groupe de suçoirs assez nombreux ne fait presque jamais saillie hors du corps. On trouve cette Coquille dans la Méditerranée, près du détroit de Gibraltar.

HIPPOPODIÜ.M. bot. Ce genre, institué par Rochl pour une espèce- qu’il avait nommée Uippopodium apkyflum, a été réuni au genre Buxbaumie.

HIPPOPOTAME, ffippopotamua. sia*. Genre de la seconde famille des Pachydermes (Cuvier, Règne anim., t. i, p. 354), et que Desmoulins place dans l'ordre de ses Ongulogrades , deuxième tribu que caractérisent trois sortes de dents, (y. Tableau des Mammifères dans la Physiologie de Magendie, t. i", 2* édit.) — Le contraste de ce nom, qui signifie Cheval de rivière, avec la physionomie de l’animal , a entraîné dans une foule de contradictions, la plupart des auteurs qui en parlèrent sans l’avoir vu , par la nécessité où ils se crurent de lui donner quelques traits qui rappelassent le Cheval. Ainsi Hérodote (Eulerp.) lui donne une queue de Cheval; Aristote (Hiat. Jnim., lib. 2, cap . 7) une crinière et la grandeur d’un Ane, avec le pied bisulque; Pline ajoute qu’il est couvert de poils comme le Veau marin. — Ce qu’il y a de plus plausible sur l'étymologie du nom de cet animal, c’est, comme l’observe déjà Diodore de Sicile, qui, de tous les anciens, en a donné la meilleure description {lib. 1), qu’il lui sera venu de la ressemblance de sa voix avec le hennissement du Cheval. El effectivement, un grand nombre de voyageurs, Nerolla (Uist. génér. des Voy., I. v). Schouten (Recueil de Voy. de la Compagn. des Ind. Holl., t. îv), et Adanson (Voy. au Sénég.}, s’accordent sur cette ressemblance de la voix de l'Hippopotame. Mais elle est si forte , dit Adanson , qu’on l’entend distinctement d’un bon quart de lieue. Prosper Alpin (Ægip. ffint. nat., lib. 4) dit aussi que telle est l’opinion populaire des gens du pays. F.L l’on verra, dans un passage très-remarquable d'Ahdallalif, que celte opinion était encore répandue en Egypte, à une époque où cet animal ne semble pas avoir été rare dans les rivières du Delta,

Il parait que les Hippopotames ne furent jamais bien nombreux dans le cours inférieur du Nil, entre les cataractes et la mer. Voici ce qlii porte à le croire : d’abord la rareté de cet animal dans les hiéroglyphes de

l’Égypte, où il n’est pas sûr qu’il existe. Il n’y en a de figure authentique que celle copiée par HamillontÆgrptiaca, pl. 22, n° 6) dans les grottes de Deni-Hassan, et citée par Cuvier (Oss. foss., 1. 1, nouv. édit.). Sa rareté dans les jeux des Romains. Cuvier n’en cite qu’un seul sous l’édilité de Scaurus, d’après Diodore {lib. 8); un autre au triomphe d’Auguste sur Cléopâtre, d’après Dion Cassius (lib. 51); dans les jeux d’Anlonin, avec des Tigres et des Crocodiles, d’après Jules Capitolin. Le plus grand nombre fui de cinq tués par Commode, dans une seule occasion, suivant Dion (lib. 72). Lampride en donne aussi à Héliogabale, et Jules Capitolin à Gordien III. Enfin, Calpurnius (cap. 7) en indiquerait aussi aux jeux de Carin. Or, Ammien Marcellin , historien si exact, dit que, sous l’empereur Julien, l'Hippopotame n’existait plus en Égypte; et Oppien, quelque temps auparavant. ne lui donne plus que l'Éthiopie pour patrie. Enfin, une dernière preuve de la rareté de l’Hippopotame en Égypte, au temps de la prospérité de ce pays sous les Ptoloméeset les Romains, c’est qu’il n'est figuré que sur les médailles d’Adrien qui remonta le Nil jusqu’au delà des cataractes, sur la mosaïque de Palestrine où l'intention évidente est d’offrir un tableau de la nature vivante au delà du tropique, et sur la plinthe de la statue du Nil : ouvrages qui paraissent avoir eu pour objet de consacrer le souveuir du voyage d’Adrien dans l’Égypte supérieure, comme plusieurs aulresmonumenls rappelaient aussi ses voyages dans tout l’empire, auxquels ce prince employa dix-sepl années de son règne. Pas un seul, pour ainsi dire, des animaux représentés sur la mosaïque de Palestrine n’esl égyptien, sauf te Crochdile qui est encore plus répandu dans le Nil supérieur. L’Hjppopotame y est parfaitement représenté , soit à terre, soit dans l’eau. Celle mosaïque exprime très-fidèleident surtout l’habitude qu’a l’Hippopotame, quand il est à la nage, de se laisser aller au courant, ne montrant que le haut de la tête où culminent scs oreilles, ses yeux et ses narines, pour pouvoir à la fois respirer, écouler et voir. Un fait très-curieux, c’est qu’à la fin du douzième siècle, époque où Abdallatif, médecin de Bagdad . parcourut toute l’Égypte sous les auspices de Bohadin, visir de Salàdin (y. sa Relal. de l’Égypte, traduite par Sylvestre de Sacy, in-4°, L810), les Hippopotames avaient reparu dans le Delta : ce qui suppose que, dans les temps antérieurs, les révolutions si fréquentes sous le gouvernement des émirs, et l'occupation du pays par les Arabes , avaient beaucoup dépeuplé les bords du Nil. Ce passage d’Abdallat if mérite d'èlre rapporté ici à cause de sa justesse et des informations, pour ainsi dire officielles, que l’auteur s’était procurées. • L'Hippopotame, dit-il, se trouve dans la partie la plus basse du fleuve près de Damiette. Très-gros, d’un aspect effrayant, d’une force surprenante, il poursuit les barques, les fait chavirer et dévore ce qu’il peut atteindre de l'équipage. Il ressemble plus au Buffle qu’au Cheval; sa voix rauque tient de celle du Cheval ou plutôt du Mulet; sa lète est très-grosse, sa bouche très-fendue; les dents très-aigues; le poitrail large, le ventre proéminent, les jambes courtes. « Puis, parlant de deux individus qui avaient été transportés au Caire de la rivière de Damiette, où ils n'avaient pu être

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tués que par des noirs de Maris (Nubie), dans le pays desquels cet animal est très-connu, il ajoute que leur peau était noire, sans poils, très-épaisse; que leur longueur du museau à la queue était de dix pas moyens; leur grosseur, trois fois celle du Buffle; leur couvt leur tête dans la même proportion qu'à cet animal ; que le devant de la bouche était garni en haut et en bas de six i dents; que les extrêmes latérales avaient une forte demicoudée de long et les mitoyennes tant soit peu moins; que les côtés des mâchoires offraient chacun une rangée de dix dents de la grosseur d’un œuf de Poule; que la queue, longue d'une demi-coudée, n’était que grosse comme le doigt au bout , et sans poils ; que les jambes n'avaient pas plus d'une coudée un tiers; le pied, semblable à celui du Chameau, était divisé en quatre sabots; qu'enfin le corps était plus gros et plus long que celui de l'Éléphant. — Sauf le nombre de dents dont l’erreur s'explique à la mâchoire supérieure, surtout, parles doubles saillies que forment latéralement les deux paires de collines de chaque dent, et les deux paires de trèHes delà couronne aux trois dernières molaires; ce qui , dans le cas où l’usure n’est avancée qu’au degré que montre la figure 3 de la planche 2 de Cuvier (Osa. foss.). peut aisément eu imposer, voilà la description la plus exacte que l'on ait encore eue de l'Hippopotame. Enfin. Abdailatif ajoute que des chasseurs qui en ouvraient ordinairement avaient trouvé son organisation très semblable à celle du Cochon et n'en différant que par les dimensions. Or, baubenton qui a dessiné les viscères d’un fœtus, a trouvé que leur plus grande ressemblance était avee celle du Pécari; ressemblance qui, dans l'adulte, devient probablement plus grande encore avec le Cochon auquel l'ensemble de son ostéologie a les plus grands rapports , comme Cuvier l’a le premier observé.

Léon l’Africain, qui avait pourtant passé quatre années sur les bords du Niger, et qui avait aussi été en Egypte, n'en parle que très-vaguement sous les noms de Cheval et de Bœuf marins. Il dit avoir vu au Caire un individu de cette dernière espèce qui est grande comme un Veau de six mois. Ou le menait en laisse; il avait été pris près d'Asna (Esne), à quatre cents milles au sud du Caire. C'était évidemment un très-jeune Hippopotame. Il dit que ces deux animaux habitent le Nil et le Niger. La femelle et le fœtus dont Prosper Alpin vil au Caire les peaux empaillées par ordre du pacha pour être envoyées au sultan, et dont il donne des figures à cinq doigts onguiculés, sous le nom de Chœropolame, qu’il prétend être l’animal représenté sur la plinthe de la statue du Nil alors à Rome, parce que les dents n’y sortent pas, tandis que l'Hippopotame serait seulement l’animal qu'il figure, planche 33, avec la gueule ouverte et montrant les dents qui sortiraient constamment de la bouche comme aux Sangliers, venaient aussi de la rivière de Damiette; et il loue Mathiole d’avoir, sur ce même motif que les dents ne s'y montrent pas, nié pour être de l'Hippopotame les figures de la plinthe de la statue du Nil. Pour corroborer celte idée que les dents de l'Hippopotame ne peuvent pas rester cachées sous les lèvres, il cite Pausahias qui, dans ses Arcadiques, rapporte que la figure d’une sta-

tue d’or de Cybèle à Proconnèse était faite de dents d'Hippopotame en place d’ivoire. Aussi, dit Alpin, les Arabes l’appellent il* Éléphant de rivière. Cela n’empéche pas qu’il reconnaisse que son Chœropotame a, comme l'Hippopotame, la taille de l’Éléphant. Mais ce qui est plus bizarre, c'est que postérieurement aux éclaircissements si concluants donnés par Buffon et Daubenlon sur l'identité de l’Hippopotame avec les figures en question , Hermann ( Tabul. .4 /finit. Animal.), cherchant à prouver, comme l'observe Cuvier avec beat/coup de justesse, que tous les animaux tiennent les uns aux autres par une infinité de chaînons, se récrie sur l’exactitude avec laquelle Prosper Alpin a développé la différence du Chœropotame et de l'Hippopotame.

Vingt ans après le départ d'Égyple de Prosper Alpin, Zerenghi, chirurgien de Narni en Italie, rapporta deux peaux bourrées d'un mâle et d'une femelle qu'il avait fait tuer aussi dans la rivière près de Damiette. Buffon eut la sagacité dé reconnaître l’exactitude de la descri plion que donna Zerenghi de ces deux animaux dans un abrégé de chirurgie imprimé par cet Italien à Naples, in 4°, 1003. Zerenghi rapporte qu’Aldrovande cl Aquapendenle furent les seuls qui reconnurent l'Hippopotame sur ces dépouilles, malgré sans doute l’opinion qui récusait pour des Hippopotames les animaux de la plinthe de la statue du Nil. Aussi observe-t-il que ('Hippopotame n'a pas les dents saillantes hors de la gueule; que quand la bouche est fermée, elles sont toutes, malgré leur grandeur, cachées sous les lèvres; et que Belnn s’est beaucoup trompé en lui donnant des dents de Cheval, ce qui ferait croire qu'il n'avait pas vu l’animal , comme il le dit. Ensuite, il donne des mesures très-exactes des dimensions et des proportions de toutes les parties du corps. Mais la figure annexée est assez mauvaise . n'ayant été faite que sur l’empaillé. Buffon a judicieusement critiqué l’inexactitude et même le défaut de bonne foi de Fabius Columna dans ce qu’il dit de l’Hippopotame; et il montre que c'est à Zerenghi que l’on doit des éloges sous ce rapport, et non à Columna qui n'est, sur cet article, ni original, ni exact, ni sincère. Enfin il faut noter que Zerenghi dit avoir trouvé quarante-quatre dents à ses Hippopotames. Buffon, dans le tome 3 de son Suppl., fixa ultérieurement à six molaires partout le nombre des dents de l'Hippopotame, contradictoirement à une observation de Klokner qui n’en trouva que cinq à chaque rangée, (tans un individu envoyé du Cap en Hollande, et où la dernière molaire n’était pas sortie. Klokncr observe encore à cette occasion que les lèvres recouvrent tout à fait les canines et les incisives, et ce qu'il dit de la peau et des poils est d’une grande exactitude. Ainsi donc Buffon , dans les tomes 1. Sel 3 du Supplément, avait parfaitement déterminé le genre de l'Hippopotame sans s’expliquer ni même paraître avoir de soupçon sur l'unité de l’espèce.

En 1821. Cuvier (Oss. foss..2*éd.) commence le chapitre des Hippopotames en disant : L’Hippopotame a été toujours et est encore jusqu'à un certain point celui de tous les grands Quadrupèdes dont on a le moins connu l'hUloire et l'organisation. Eu effet, on n'a pasaujour-

d'hui sur les mœurs de cet animal plus .d'informations que n'en a rassemblé Ruffbn. Comme à son ordinaire. Cuvier décrit l'ostéologie de niippopotame du Cap avec une précision indispensable à l'objet de ses recherches, qui est de déterminer l'identité ou la disparité des espèces vivantes avec les espèces fossiles. Après une revue des lieux d'où sont venus les Hippopotames dont on possède des peaux ou des squelettes, il observe qu'en Égypte il n'v a plus aujourd'hui de ces animaux au-dessous des cataractes, et que ce n’esl qu’en Abyssinie. dans les pays de l'Afrique, au sud de l'Atlas, et surtout au Sénégal et au Cap qu'on a pu en observer dans ces derniers temps ; qu'au Sénégal ils doivent être (dus rares qu’au Cap, vu l'inutilité, jusqu’à cette époque, des ordres du ministre de la marine pour en obtenir de celle contrée; qu'outre le Cap et le Sénégal , on sait par beaucoup de voyageurs qu'il y en a quantité en Guinée et au Congo; que Bruce assure qu’fis sont trèsnombreux dans le Ml d'Abyssinie et le lac de Tzana; que Levaillanlen a vu dans toute la ’Cafrerie; qu’ainsi l'Afrique méridionale en est peuplée presque partout. Et il se demande s’il n'y en a que dans celte partie du inonde ? Suivant l'ancienne opinion, il observe que Slrabon (lib. 15), sur le témoignage de Marque et d’Eratoslbéncs, nie déjà qu'il y en ail dans ('Indus, bien qu'Oncsicrite l'eût affirmé ; que Pausanias est d’accord avec les deux premiers; que cependant Philoslrale et ISonnus pensent comme Onesicrite; que Buffon a récusé cl l'opinion du père Michel Boym qui, dans sa Flora Sincnsis , 1036 , en place à la Chine, et le passage cité par Aldrovande (de Quadrup. digit) de la Lettre d’Alexandre à Aristote, qui en attribue à l'Indua ; que c'est sans autorité suffisante que Linné (éd. x à xu ) en attribue aux fleuves de l'Asie ; que cependant Marsden ( Hist. de Sumatra. 5* édit. ) affirme, d'après le rapport cl des dessins de Whalfeldt, employé à surveiller la côte , que cet officier a rencontré l'Hippopotame vers l'emboucbure d'une des rivières méridionales de l'IIe; qu’en outre la Société de Batavia (vol. 1, 1799) compte l'Hippopotame parmi les animaux de Java, et lui donne le même nom malais de Conda-Ayer ou Kùda-Ayer, qu'il porte aussi à Sumatra. Mais, se demande Cuvier, cet Hippopotame ressemble-t-il en tout à celui d’Afrique? ce qui serait peu d’accord avec ce qu’on sait de la répartition des grandes espèces. La suite de cet article va montrer combien est peu probable celle identité. Peut-être , continue Cuvier, cet Hippopotame est-il le même que le Succotyro de Java , que Nlewhoff représente avec une queue touffue, des défenses sortant de dessous les yeux, et qu'il dit être de la taille d'un Boeuf et très-rare. La figure qu'il en donne, copiée par $ch reber et parSfiaw, est assez semblable à l’Hippopotame. Duvauce! et Diard , quoiqu'ils aient découvert dans la partie de Java et de Sumatra qu'ils ont parcourue une nouvelle espèce de Rhinocéros et un Tapir, n'ont pu trouver ni l’Hippopotame ni le Succotyro. Or, après avoir décrit le squelette de l'Hippopotame adulte apporté du Cap par Delalandç, et confirmé parcelle description toutes les déterminations qu’il avait auparavant déduites de ce que* l'on possédait de parties de squelette et surtout du squelette d'un fœtus qu'il avait

fait préparer exprès. Cuvier commence la deuxième section de son chapitre en disant : • On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule espèce vivante d'Hippopolame. ainsi que nous venons de le voir. • Or, par l’exainen comparatif d’un squelette d'Hippopotame adulte du Sénégal, aussi bien préparé que celui du Cap, et arrivé deux ans après au Muséum , examen dont on va voir les résultats les plus saillants, Desmoulins s'est assuré que l’espèce du Sénégal n’est certainement pas la même que celle du Cap. En voici les caractères différentiels d’après une notice qu'il a communiquée à la Société Philomatique de Paris, le 37 mars

Dans l'Hippopotame du Cap, la crête sagittale est au moins le cinquième de la distance de la crête occipitale au bout des os du nez ; elle n'en est tout au plus que le sixième sur l'espèce du Sénégal qui est cependant beaucoup plus grande. Les incisives latérales d’en bas sont bien plus arquées, et les incisives mitoyennes bien plus proclives dans l’Hippopotame du Cap que dans celui du Sénégal. Les canines ne s’usent pas non plus de la même manière dans les deux espèces, ce qui nécessite un mécanisme différent dans le jeu de la mâchoire, la figure de son articulation et la disposition de ses muscles. Dans l'Hippopotame du Sénégal la canine supérieure est usée sur la moitié de sa longueur, et use l’inférieure un peu plus bas que la demi - hauteur de celle-ci, de sorte que la pointe ou le tranchant de cette canine reste à un pouce de distance du bord de l’alvéole supérieur, tandis que dans celui du Cap cette pointe dépasse d'un pouce le bord supérieur de la tubérosité que forme cette alvéole à côté des narines. Aussi la canine inférieure est-elle à proportion un tiers plus longue dans l'espèce du Cap, où à cause de cela la canine supérieure, réciproquement plus courte, n’a le bord supérieur de son biseau usé qu'à deux lignes^e l’alvéole, et le bord inférieur à deux pouces. Oii se fera une idée très-exacte de ces rapports par la flg. !»•, planche 1, l. i des Ossements fossiles de Cuvier, où la tète de l'Hippopotame du Cap est parfaitement rendue. Et ce degré d’usure des canines de l’espèce du Cap ne dépend pas de l'âge, car l'individu est plus jeune que celui du Sénégal, comme le montre l'intégrité presque entière de sa dernière molaire très-usée au contraire dans celui du Sénégal. Le plan sur lequel s'usent les canines est donc beaucoup plus incliné dans l’Hippopotame du Sénégal que dans celui du Cap. La suture du jugal avec l’os zygomatique, rectiligne dans l'Hippopotame du Sénégal, se termine dans la cavité glénolde, à un demi-pouce audessus du bord inférieur de cette cavité, de sorte que le bout du jugal fait partie de l’articulation maxillaire dans la proportion de ce demi-pouce de hauteur, tandis que, dans l'espèce du Cap, la pointe du jugal, terminée en biseau , s'arrête à un pouce en avant du bord extérieur de la cavité glénolde. L’échancrure de l’angle costal de l’omoplate, si prononcée dans YHippopotatnus Capensiê (f'. Cuvier, loc. cii.f pi. 1 et 1, fig. 6), est à peine sensible dans Y Hippopotatnu» Senegalensis dont la propôrlion de (aille est pourtant au moins d’un neuvième plus forte. L’échanorure que l’on volt aussi sur le Capentis (fig. cil.), entre l’apophyse cora-

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col'de et la cavité glénoïde, n'existe pas dans le Seuegalensit ; la ligne âpre qui prolonge le bord externe de la poulie rolulienne du fémur, figure 10, est fortement échancrée sur le condyle externe dans le Capenaia; çette échancrure manque dans le Senegalenaia : enfin, le bord pubien du détroit supérieur du bassin, échancré au milieu par deux éminences iléo-pectinées si prononcées, comme le montre lajig. 14, pl. 9, de Cuvier, est droit dans le Senegalenaia où il n'y a même pas de traces de ces éminences ni de la saillie de la symphyse pubienne qui divise l'écbancrure. — Un autre ordre de différences purement mécaniques dans les rapports de la mâchoire inférieure avec le crâne, explique la différence de l'usure des canines. L’on conçoit aisément que, sans changer la position ni la forme du point d'appui d'un levier, les effets de mouvement seront extrêmement variables, selon la longueur, la direction, la rectitude ou les courbures du bras de ce levier. Or, les deux Hippopotames vivants offrent de telles différences dans la position des points mobiles des muscles qui meuvent la mâchoire inférieure sur le crâne, qu'il n'est pas possible que les effets de mouvement, observables sur la tète osseuse, savoir l'usure des dents les plus saillantes, les canines et les incisives, se ressemblent dans les deux espèces.

Ainsi tout étant égal dans la longueur du crâne depuis l'occiput jusqu'au bout des naseaux , dans la largeur de l’occiput, dans la plus grande convexité des arcades zygomatiques, dans l'écartement des points les plus voisins et les plus distants descondyles maxillaires, le plan que représente chaque branche du maxillaire est d'au moins quinze degrés plus oblique en dehors dans le Senegalenaia que dans le Capcnaia. Il en résulte que la grande fosse où s'insère le masséter, présente des insertions plus nombreuses et plus rapprochées de la perpendiculaire aux fibres de ce muscle, cl réciproquement que les fibres dit temporal et du plérygoïdien externe, insérées à la convexité de la face opposée, agissent, surtout les plus longues, par réflexion, ce qui augmente de beaucoup leur effet. Et comme le crochet qui termine en avant la fosse massélérine, est d'un pouce plus long dans le Senegalenaia que dans le Cai#naia, il en résulte une plus grande facilité de porter en avant la mâchoire, pour les fibres du masséter dirigées d'avant en arrière de l'arcade zygomatique sur le maxillaire. Celtç différence dans l'usure des dents étant l'expression d'une modification considérable dans le mécanisme des muscles et dans la sculpture osseuse de la mâchoire inférieure , devient donc un excellent caractère spécifique auquel se rattachent d'autres différences également importantes dans la figure et la proportion des autres parties du squelette, différences pour lesquelles on pourra recourir à la notice citée.— Toutes ces différences sont plus grandes que celles qui vont être indiquées, d'après Cuvier, entre l'Hippopotame fossile et celui du Cap. Il n'est cependant personne, ayant la moindre notion de la fixité des formes, et de la valeur des caractères que donnent ces formes dans l'anatomie comparée des os, qui puisse douter de la certitude de la séparation de l'Hippopotame fossile d'avec celui du Cap.

On remarque principalement dans la construction du squelette de l'Hippopotame : 1° que tout le chanfrein est en ligne droite depuis la crête occipitale jusqu'au bord antérieur des naseaux ; 2° que les voûtes orbitaires sont très-saillantes en deux sens, savoir : au-dessus de celte ligne droite.de manière que les yeux sont les points les plus culminants du front, et en dehors de la ligne moyenne, de manière que les axes des orbites font une croix avec cette ligne; 3° que le museau-presque cylindrique au-devant des orbites s'élargit au cinquième antérieur de la télé presque subitement en quatre grosses boursouflures deux mitoyennes pour contenir les alvéoles des incisives, deux latérales pour l'alvéole de la canine; 4° que les fosses temporales sont si excavées que le crâne, plus étroit encore que la partie moyenne de la face, n*a pas le tiers du diamètre compris entre les deux arcades zygomatiques, et que l'occiput, presque vertical et à crête saillante au-dessus du verlex, est élargi de chaque cété par la soudure du mastoïdien, d'où résulte une vaste surface d'implantation pour les muscles cervicaux, surface dont le plan vertical favorise encore l'application de la puissance musculaire. On trouvera dans le premier livre de l'Anatomie des Systèmes nerveux de Desmoulins (1 vol. in-81», 1835), les rapports de cet élargissement et de ces saillies de l’occiput avec la quantité d'effort nécessaire au mouvement el à l'équilibre de la tète sur le cou, et de celle amplitude de la fosse temporale el conséquemment de la réduction du crâne avec l'énergie des mouvements el avec la longueur de la mâchoire inférieure; 5° qu'eu fin, à cause de ce relèvement des orbites en dehors, et de la crête occipitale en arrière, le frontal est trèsconcave entre les deux orbites.

Une différence frappante existe pour la couleur de la peau entre les deux Hippopotames du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, tous deux venus du Cap. L'ancien, celui préparé en Hollande par Klockner. est d’un beau noir; l'autre, apporté et préparé par Delalande, est d’une couleur tannée passant au roux. Malgré la grande différence de ces couleurs, il était plausible de les attribuer au mode de préparation. Mais le voyageur Cailliaud assure avoir également observé entre les Hippopotames qu'il a vus, soit dans le Nil, soit dans le Bahr-el-Abiad ou fleuve Blanc, cette même différence de couleur. Il y a dans ce fleuve des Hippopotames d'un beau noir d'ardoise, d’autres d’un roux tanné. Ces différences l’avaient porté à croire à l'existence de deux espèces. I/Hippopotame pris dans la rivière de Damiette, lors de son retour au Caire, était noir et de sexe mâle. Comme l'Hippopotame roux du Cap, tué par Delalande, est mâle, ces différences de couleur ne dépendent donc pas du sexe. Si ces couleurs sont des distinctions spécifiques, il y aurait donc deux espèces d'Hippopolame dans l’Afrique australe et deux dans le Nil. Zeringhi. dans sa Notice publiée par Buffon (tab. 13), dit que la couleur de sou mâle et de sa femelle était obscure et noirâtre, et Aldrovande {Quadr. digit p. 182) dit, d’après Columna qui «'avait vu que les peaux salées, qu'elles étaient pullo colore. II faudrait donc sans doute admettre au moins une variété dans l’espèce du Nil, soit que cette espèce dût être rapportée à l'une des deux

autre h ou qu'elle dût, comme cela semble vraisemblable, en constituer une troisième. Comme on ne connaît que le squelette de l'Hippopotame du Sénégal, que l’on ne connaît de l'Hippopotame du Nil que sa couleur bien déterminée par les nombreuses observations de Cailliaud qui, malgré tout son zèle, ne put parvenir à réunir aucune partie du squelette de celui qui fut tué durant son séjour au Caire,el dispersé et perdu* par les Arabes, on ne peut parler des formes et des proportions extérieures, que pour l'Hippopotame du Cap, dont la peau a été montée si soigneusement par Delalande.

1° Hippopotame dc Cap. I/ippopotomua Cape nais, Desmoul. Bulletin des Sc.de la Soc. l’hilom., mars 1825. Le peu qu’on sait sur les mœurs de cette espèce, la seule qui ait été observée, est dû au navigateur anglais Rogers ( Dampierre, Voyage, l. ut). Il en observa un grand nombre durant une relâche à la baie de Natal, sur la côte de la Cafrerie. L’Hippopotame, dit-il, est ordinairement gras et fort bon à manger. Il paît sur les bords des étangs et des rivières, dans les endroits humides et marécageux, et se jette à l’eau dès qu’on l'attaque. Lorsqu’il est dans l'eau, il plonge jusqu'au fond et y marche comme il le ferait sur un terrain sec, même avec plu» de vitesse; il court presque aussi vile qu'un Homme, mais, si on le poursuit, il se retourne pour se défendre. II se nourrit de cannes â sucre, de joncs, de riz, de millet, et l'on conçoit qu'un aussi énorme animal en consomme d'immenses quantités et cause d’énormes dommages aux champs qui sont à sa portée. On dit aussi qu’il se nourrit de Poissons ; mais il est plus que douteux qu'il tue des animaux ou des Hommes pour les manger, car le capitaine Covent, cité par Dampierre (l. m), et qui en avait observé un assez grand nombre à la côte de Loango. en vit un soulever avec son dos la chaloupe du vaisseau, la renverser avec six hommes qui étaient dedans, et auxquels il ne fil aucun mal. Ce même voyageur ajoute, chose assez extraordinaire, qu'il y avait trois Hippopotames qui infestaient celle baie à chaque nouvelle lune. Kolhe dit aussi qu'il se relire également à la mer. Ces assertions sur l'habitation marine de l'Hippopotame auraient besoin d'être vérifiées. Delalande dit qu'il reste fort longtemps sous l'eau, et qu’il ne reparaît souvent à la surface qu'à perte de vue de l'endroit où il a plongé. Le capitaine Covent assure en avoir vu rester une demiheiire sous l’eau. Quand il est* eu sécurité, il nage, la tête à fleur d'eau. Quand il dort, il ne tient également que les sommités de la lélc hors de l’eau. Celle espèce est devenue assez rare dans les rivières de la colonie du Cap, pour que la chasse en soit défendue sous peine d'une amende de mille rixdolcrs. Elle se tient en petites troupes de huit ou dix, mais il parait qu'ils vivent accouplés. Il est assez singulier que presque chaque fois qu’on en a tué en Égypte , ils étaient deux ensemble, mâle et femelle. On a vu plus haut qu'il existe au Cap des Hippopotames de deux couleurs. Sur plus de quarante Hippopotames que Cailliaud a vus dans le Nil, il n'y en avait que deux roux. On a rencontré des Hippopotames à toutes les embouchures des fleuves dc la côte de Mozambique.

2° Hippopotame dc SftwtGAL. f/ippopolamus Sene-

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