HUM
Cocbincbinois , le» Tonquinois. le* Japonais , le* Coréens, et la nalion chinoise, l'une des plus anciennement civilisées du globe.
La race nègre comprend deux grandes variétés, les Cafres et les Nègres proprement* dits.
Ces derniers, auxquels appartiennent essentiellement les principaux caractères de leur race, vivent sur la côte occideutale de l'Afrique , depuis les environs du cap de Bonne-Espérance jusqu’au delà de l'embouchure du Sénégal et aux lies du cap Vert : ils sont répandus, vers l'intérieur, le long des plaines qu'arrosent le Niger et les grands fleuves africains qui se jettent dans l'Océan atlantique, tels que le Sénégal, la Gambie cl le Zaïre. Celte variété comprend les Jaloffes, les Foules ou Foulis, et les autres peuples des pays voisins du Sénégal, de Sierra-Léone, de Maniguette, de la Côte-d'Or, d'Andra, du Bénin, du Majombo, des Mardingues,du Loango, du Congo, d'Angola, de Benguela et de plusieurs autres contrées.
Les Cafres, qui composent l'autre variété de la race nègre, paraissent plus forts que les Nègres proprement dits ; leurs traits sont moins différents de ceux de la race caucasique ; leurs mâchoires sont moins avancées ; leur teint est moins noir, leur peau moins luisante, et leur sueur ne répand pas, dit-on, cette odeur particulière que donne la sueur de* Nègres de l'Afrique occidentale. Plus robustes, plus forts que ces Nègres occidentaux, ils sont plus guerriers; ils forment des Étals plus considérables, comme ceux du Monomolapa, du Nonoémugi, de Macoco, et peut-être celui de Temboctou. Plusieurs de ces Cafres, cependant, sont divisés en tribus nomades, voyagent en caravanes, ont des troupeaux nombreux, vivent de la chair de ces troupeaux ou du lait qu'ils en retirent, les conduisent dans les l»âturage* les mieux arrosés et les moins brûlés par une chaleur ardente, manient et lancent avec courage et avec habileté leurs zagayes, et habitent sous des buttes qu'ils construisent, démontent et transportent avec autant de promptitude que de dextérité.
On trouve les Cafres, cette première variété de la race nègre, depuis la rivière de Maynice ou du Saint- Esprit, jusqu'au détroit de Babel-Mandel, à l'entrée de la mer Rouge ou arabique ; et il parait qu'elle est aussi répandue sur la côte occideutale de la grande Ile de Madagascar.
Ces Cafres ou Africains orientaux sont séparés des Nègres proprement dits ou Africains occidentaux, par celle longue et large chaîne de montagnes qui doit représenter, dans l'Afrique équinoxiale, les Cordilières de l'Amérique du midi. De Lacépède s'est occupé de ces montagnes , que les Européens n'ont pas encore visitées, dans plusieurs de ses cours publics et de ses ouvrages; il a souvent publié le vœu de les voir parcourir par des voyageurs éclairés; et il regarde leur exploration comme devant être d'autant plus utile aux progrès des connaissances humaines, qu'elles doivent être, ainsi que les Cordilières, d'une très-grande hauteur, pour pouvoir fournir, malgré leur voisinage de l'équateur, les eaux abondaules qui, s'échappaut de leurs flancs, et coulant au travers de vastes contrées de la zone torride ou de pays irès-rapprochés de celle
zone , se rendent eu fleuves larges et nombreux , soit dans l'Océan atlantique, soit dans le grand Océan.
Indépendamment des trois races principales dont il vient d'élre parlé, on trouve encore, dans l'ancien continent, les Malais, les Papous, les Uotlenlols et les Lapons.
C’est vers le midi de la grande péninsule asiatique, située â l'orient du Gange, que les Malais sont répandus. Ils habitent l'intérieur et les rivages orientaux de Madagascar, les Maldives, Ceylan, Sumatra, Java, Bornéo, la presqu'île de Malaca, d’où on a tiré leur nom, le* Moluques, les Philippines, les Célèbes, presque tout l’archipel Indien, la Nouvelle-Zélande, Olaïli, les autres lies de la mer du Sud, les Iles Sandwich, les Marquises. On les trouve sur toutes les côtes des Iles du grand Océan, depuis l'orient de l'Afrique jusqu'à l'occident du nouveau monde. Presque toujours montés sur leurs légères pirogues , ils passent sur la mer la plus grande partie de leur vie : on les rencontre dans tous les parages du grand Océan ; actifs, audacieux, intelligents, ils sont les courtiers de presque tout le commerce de l’Inde. Presque toujours nus, à cause de la chaleur du climat qu'ils habitent, ils impriment sur leur peau des dessins de différentes couleurs. Leur* armes sont souvent empoisonnées : on les accuse d'étre perfides, implacables, cruels, anthropophages même, dans leurs guerres; et l'on dil que leur langue , composée de beaucoup de voyelles, est une des plus douces de l'univers.
La température des mers et des pays qu'ils parcourent leur donne une couleur brune très-foncée; leurs cheveux, quoique assez longs, soûl épais, crépus et noirs comme ceux des Nègres. Mais voici les traits distinctifs de cette race, bien autrement importants, profonds et durables que la nature des téguments , et d'après lesquels on peut voir que les Malais tiennent pour ainsi dire le milieu entre les Mongols et les Nègres : ils ont le front abaissé, mais arrondi ; les pommettes peu saillantes, le nez large et épais, les narines écartées, la bouche grande; les mâchoires plus avancées que celles des Mongols, mais moins que celles des Nègres; et leur angle facial est le plus souvent de quatre-vingts à quatrevingt-cinq degré*.
Auprès de ces Malais vivent les Papous, les représentants asiatiques des Nègres et des Cafres de l'Afrique; mais bien plus éloignés encore, par leur conformation et par leur état presque sauvage, de la race arabe européenne. Ils habitent la Nouvelle-Guinée. On a voulu leur rapporter les indigènes de la Nouvelle-Hollande cl de la Nouvelle-Calédonie. Nous n'avons pas encore de renseignements assez précis, assez nombreux, assez comparés, pour pouvoir tracer les caractères généraux et constants de ces Papous, les moins favorisés des Uommes par la nature. On a écrit, cependant, qu'ils avaient un visage triangulaire, un front extrêmement aplati ; les yeux très-ëcartés, faciles à éblouir, et presque toujours à demi fermés ; les pommelles plus saillantes, les lèvres plus grosses, et les mâchoires encore plus avancées que celles des Nègres et des Cafres; un angle facial réduit à soixante-quinze degrés; la peau d'un brun noir, et les cheveux semblables à de la bourre. On les a regardés comme les moins intelligents, les plus
îîOO
paresseux, les plus lents et les plus insouciants de tous i les Hommes.
Quelques naturalistes ont cru devoir assimiler à cette J race celle des Hottentots, qui vil à l'extrémité méridionale de l'Afrique, comme celle des Papous à l’extrémité du midi de l’Asie. On trouve ces Hottentots depuis les | environs du cap Négro jusqu'à ceux du cap de Bonne- j Espérance; et en remontant ensuite vers le nord , on les voit encore jusque» auprès des confins du Monoraolapa. On compte parmi eux différentes peuplades, que l'on a distinguées par des noms particuliers, et dont les habitudes se ressemblent peu. Les unes vivent des produits de leurs troupeaux : les autres, encore plus rapprochées de l’étal sauvage , habitent au milieu des montagnes et des bois , s'y retirent dans des cavernes, sont presque toujours nues, ont un langage dont la pauvreté indique le petit nombre de leurs idées, se nourrissent souvent des racines qu'elles déterrent, et, comme des bêtes fauves, ne sortent de leurs tanières et de leurs forêts que pour se jeter sur une proie.
A une grande distance de ces Hottentots, vers le nord de l'ancien monde, auprès du cercle polaire, dans ces contrées septentrionales où la nature, faible, languissante, comprimée, pour ainsi dire, par l'excès du froid, est en quelque sorte rapetissée dans toutes scs dimensions, on rencontre les Lapons, les Samolèdes. les Osliaqucs, les Kamlscbatdales. dont la tête est très grosse, la saillie des pommettes très-grande, le front très-plat, le corps trapu, et la taille si courte qu'elle ne surpasse guère les quatre cinquièmes de la hauteur d'un Homme ordinaire de la race caucasique. Leurs yeux sont écartés l'un de l’autre; leur bouche, très-large, laisse voir, en s'ouvrant, des dents séparées l'une de l’autre par des intervalles; leur voix est grêle et criarde. Plusieurs petits peuples de celte race vivent, pendant l'été, sous des huttes ou des espèces de lentes, et, pendant l'hiver, dans des iourtes qu'ils creusent dans la terre. Entourés de grands troupeaux de Itennes, ils se nourrissent de leur lait et de leur chair : d’autres trouvent leur aliment ordinaire dans les produits d’une pèche plus ou moins abondante, dans les Poissons, qu'ils mangent souvent sans les faire cuire, eL qu'ils enterrent dans de grandes fosses, pour les conserver pendant l'hiver, où l'intensité du froid, la rigidité des glaces et la longueur des nuits les empêchent de pécher. Couvrant leurs yeux avec une petite planche assez fendue pour leur permettre de distinguer leur route, et qui, cependant, les garantit de l'éclat éblouissant de la lumière réllécliie par les glaces et les neiges durcies, ils marchent sur ces neiges et ces glaces à l'aide de grandi s raquettes dont ils garnissent leurs pieds, ou glissenl avec rapidité sur les surfaces gelées, dans des traîneaux qu'entraînent les Rennes nées sous leurs toits grossiers et accoutumées à se laisser diriger malgré la vélocité de leur course.
Les Kainlschaidales attellent à leurs lraineaux plusieurs couples de Chiens de race sibérienne, auxquels ils abandonnent une partie des Poissons dont ils se nourrissent eux-mêmes. Les Osliaques aiment beaucoup la graisse que leur fournissent les Ours, qu’lis chassent avec courage et avec habileté.
Si, continuant de parcourir les environs du cercle
polaire, nous passons de l’ancien inonde dans le nord du nouveau continent, nous trouvons, à l’extrémité septentrionale de l'Amérique, celle race des Lapons, des Samolèdes, des Osliaques el des Kamtschatdales continuant de se montrer sous le nom d'Esquimaux el de Groenlandais; et nous ne devons pas être étonnés de cette identité de race entre des |>euplades si accoutumées à braver les froids les plus rigoureux, à conserver pour l'hiver les produits de leurs pèches d'été, à voyager sur les neiges el les glaces, à voguer au milieu des mers les plus froides el les plus agitées, à traverser, comme les Esquimaux, de grands intervalles, el à se transporter d'un parage dans un autre sur des canots recouverts d'une peau rattachée autour du corps du navigateur, dans lesquels l'eau de la mer ne peut pé- ! nélrer, el qui, véritablement insubmergibles. jouent, pour ainsi dire, avec les vagues les plus furieuses. D'ailleurs, les mêmes causes naturelles, agissant avec la même intensité el pendant des temps égaux, ne doivent-elles pas produire des effets semblables?
Continuons cependant de porter nos regards sur le nouveau monde.
En grand nombre de peuplades habitaient les fbréts el les bords des. lacs immenses de l'Amérique septentrionale, lorsque les Européens y ont abordé dans le XVe siècle. Leurs manières de vivre éloignaient peu la plupart de ces peuplades de l’étal à demi sauvage : leurs habitudes se ressemblaient beaucoup; mais leurs divers langages avaient peu de rapports les uns avec les autres. Quoiqu'elles fussenl. en général, peu avancées dans la civilisation, quelques unes paraissaient avoir rétrogradé vers l'élal de nature. On aurait pu découvrir des restes de monuments élevés par des arts oubliés; on aurait pu remarquer des traces de migrations commandées par la hache victorieuse d’un peuple plus puissanl. ou par le besoin de chercher un site plus heureux et des subsistances plus assurées. Une nation plus nombreuse cl plus civilisée conservait, dans le Mexique, la tradition de peuple^ dominateurs que de nouveaux conquérants avaient soumis ou dispersés dans des contrées lointaines.
Nous pensons que presque tous ces peuples tiraient leur origine du nord-est de l'Asie, avec lequel les communications par mer oui été d'autant plus faciles, à toutes les époques, que des lies nombreuses sont disposées de manière à rendre les trajets très courts el à procurer des stations tutélaires. Les bornes de cet article n’ont pas permis à l’auteur d’exposer les motifs qui l'ont déterminé à adopter cette opinion; il les a développés dans les Ages delà nature, et il a montré, dans cet ouvrage, quelles lumières ont répandues sur ce sujet important les travaux des Jefferson, des Barton, des Milchel, el de plusieurs autres savants des États-Unis.
Mais nous ne pouvons nous empêcher de nous occuper un moment d'observations bien remarquables faites dans l'Amérique du nord par Owen Williams, des environs de liait itnore , publiées dans les États-Unis, rapportées dans la quatrième livraison de la Revue encyclopédique française, et d'après lesquelles on devrait croire qu'à une époque plus ou moins reculée, el bien
antérieure aux voyage» ü'-Améric Vespuce et de Christophe Colomb , des Bretons , des habitants du pays de Galle» ont cherché uu asile sur l’Océan atlantique contre la domination des Saxons; qu'ils ont osé se hasarder sur une mer qui leur était bien connue, dans des barques qu'ils savaient si bien diriger au milieu des vagues agitées; qu'ils ont chargé leurs embarcations [ de la plus grande quantité de produits de leurs pèches ou d'autres substances nutritives salées ou fumées ! qu'ils ont pu y entasser, et que les tempêtes, les courants, ou d'autres causes plus ou moins fortuites, les ont poussés vers les rivages du nouveau monde les moins éloignés de la Grande-Bretagne.
Voici ce que dit üwen Williams, dans une lettre du 11 février 1810, des Indiens qu'il nomme Gallois, et qu'il a observés.
« Les Indiens gallois sont aussi peu connus des habitants du continent de l'ouest que le peuple gallois l'est du monde européen. En 1817 je visitai leur établissement sur la Mudwga. Ils forment deux tribus, celle des Indiens brydone* , et celle des Indiens chadogie; ils ont leurs établissements sur deux promontoires appelés Kernau, et situés vers le quarantième degré de latitude septentrionale et le quatre-vingtième degré de longitude occidentale. Ces Indiens sont, en général, grands et forts; ils ont un beau teint, des manières aimables : ils connaissent l'usage des lettres, et possèdent nombre de manuscrits louchant leurs ancêtres, habitants d'une ile qu'ils nomment Brydon. Leur langage est le gallois, qu'ils parlent avec plus de pureté qu'on ne le fait dans la principauté de Galle», attendu qu'il est exempt d'anglicismes. Leur religion est le christianisme, fortement mélangé de druidisme; ils font de la musique et de la versification l'objet de leurs amusements favoris. Anciennement ils étaient établis à Lecliin, aujourd'hui Lexington, et autres lieux situés sur les côtes orientales; mais, le pays ayant été successivement envahi par des étrangers venus de l'ancien monde, ils se sont retirés dans l'intérieur, jusqu'à l'endroit où ils sont maintenant établis. »
Fendant que le grand plateau du Mexique était le théâtre sur lequel s'avançait vers son perfectionnement la nation la plus éloignée de l'étal sauvage parmi toutes celles que nourrissait l'Amérique septentrionale, la grande chaîne des Cordilières avait pu être le principal j asile d'une autre nation déjà avancée dans la civilisa- ! lion, comme la mexicaine, et qui, dans divers temps, 1 aurait envoyé des colonies, étendu sa domination, ou [ repoussé des peuplades vaincues vers les contrées moins j élevées de l'Amérique du Sud. vers ces vastes pays ar- ! rosés par des fleuves immenses ; vers les borda de 1*0rénoque, de la rivière des Amazones, du Paraguay et de plusieurs autres fleuves moins considérables, et cependant si remarquables par l'aboudance de leurs eaux et la longueur de leur cours.
De Lacépède expose, dans les Ages de la nature , \ comment la race malaie a pu parvenir, par celle longue suite d'archipels qui s'élèvent dans la zone torride du grand Océan et qu'elle a peuplés, jusque» aux rivages occidentaux de l'Amérique idéridionale , et y donner naissance, par plusieurs migrations successives, aux