‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 15 sur 116 · FRAIE · texte numérisé non relu

FRAIE

COPIIOSE. Cophosus. ms. Genre de Coléoptères pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, indiqué sous ce nom par Zieglcr, et adopté par Dejean. Lalreille pense que ce nouveau genre pourrait bien ne former qu’une division dans lesPtérostiques de Bonelli. Les antennes plus courtes , le prothorax proportionnellement plus long, la forme du corps étroite et cylindrique, sont les caractères distinctifs les plus importants. L’espèce désignée par Duffschmidt, sous le nom de Cophosus cylindricus, peut être considérée comme le type du genre. Elle est originaire de Hongrie.

COPIE. Copius. ms. Hémiptères. Genre de la famille des Coréens, institué par Tliuuberg qui reconnaît pour caractères principaux : élytres transparentes dans toute leur étendue; les deux derniers articles des antennes, élargis; jambes postérieures élargies sur un de leurs côtés. Ce genre, propre à l’Amérique méridionale, a pour type le Copie bouffon, Copius histrio j Àlydius histrio, Fab.

COPORAL. ois. Syn. vulgaire d’Engoulevent varié.

COPOU.N-GAUNE.pois. Syn.vulg. de Scorpène jaune.

COPRA, bot. C'est ainsi qu’on appelle l'amande du Coco , dépouillée et préparée pour, être mise dans le moulin destiné ù en extraire de l'huile.

COPRIDE. iss. Synonyme de Bousier.

COPRIN. Coprinus. bot. Persoon a donné ce nom à une section du genre Agaric. Elle renferme la plupart des espèces qui croissent sur les fumiers; son caractère le plus facile à observer consiste dans la manière dont les lamelles se résolvent en une liqueur noire comme de l'encre, à l’époque de la dissémination des sporules. Link a fait remarquer un autre caractère beaucoup plus difficile à observer, mais unique dans la famille des Champignons; il consiste dans la disposition des spo-

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rules, dans les capsules (Thccœ, Asci) qui couvrent les lames du chapeau. Ces capsules sont beaucoup plus grandes que celles des autres Agarics. Elles sont éloignées les unes des autres et non rapprochées comme dans presque tous les Champignons, et au lieu de ne renfermer qu’un seul rang de sporules, elles en contiennent quatre rangées parallèles. Ces caractères trésreraarquables avaient engagé Link à séparer ces plantes des Agarics, cl à en faire un genre distinct; mais le reste de la structure de ces Champignons, leur forme, etc., se rapprochent tellement de celles d’autres espèces de vrais Agarics, que nous pensons qu'on doit ne lès regarder que comme une simple section.

Tous les Coprins sont minces, délicats; leur chapeau est membraneux, en forme de cloche; leur pédicule est fistulcux, très-fragile; ils sont de peu de durée, et finissent par se résoudre entièrement en une liqueur d’un noir foncé. Ces Champignons sont très -communs sur les fumiers.

COPRIN A RIUS. bot. Section du genre Agaric, établie par Fries, et qui est très-voisine des Coprinus de Persoon. Ces Champignons se résolvent comme eux en un liquide noir; mais ils ne présentent pas la même singularité dans la disposition des sporules. Leurs capsules ont la même structure que celles des autres Agarics. Us croissent, comme les Coprins, sur les fumiers.

COPRIOLA, COPRIOLE. bot. Syn. vulg. d ePiantago Coronopus. y. Plantain.

COPKIS. tus. y. Bot nier.

COPAOBIE. Coprobius. ins. Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, institué par Lalreille. Les espèces qui le composent, parmi lesquelles on remarque les Ateuchus colceus, noient us, trian gularis, sex -punctat us, etc. , de Fab., diffèrent des autres Coproptiages par un corps ovoïde, peu bombé, avec le milieu des bords latéraux du corselet dilaté en manière d’angle mousse ou arrondi, l’abdomen presque carré et le chaperon bidenlé. LesCoprobies appartiennent à l'Amérique méridionale.

COPROPIIAGES. Coprophagi. ins. Famille de l’ordre des Coléoptères, section des Pentamères, établie par Lalreille qui lui assigne pour caractères : antennes de huit A neuf articles; chaperon arrondi, presque demicirculaire; labre, maudibules et pièce terminant les mâchoires membraneux : celte pièce est large ou transversale ; palpes labiales plus grêles ou allant en pointe vers leur extrémité supérieure; écusson souvent nul ou distinct; les deux pieds postérieurs plus rapproches du bout de l’abdomen que dans les autres Coléoptères. A l’étal de larve et d'insecte parfait, les Coprophages se nourrissent des excréments des divers animaux. Latreille divise cette famille en plusieurs genres qu’il groupe de la manière suivante :

1. Pieds de la seconde paire beaucoup plus écartés entre eux, à leur naissance, que les autres; palpes labiales très-velues, avec le troisième ou dernier article beaucoup plus petit que le précédent, ou peu distinct; écusson nul ou â peine visible.

Genres : Atelcbe, Gymnofleure, Sisyphe, On itis, BoiMER, Ontuopiiage.

li. Tous les pieds séparés entre eux, à leur naissance,

par des intervalles égaux; palpes labiales peu velues ou presque glabres, composées d’articles presque semblables et cylindriques; un écusson très-distinct.

Genre : Apbodie.

COPROPHI LE. Coprophilus. ins. Genre de Coléoptères pentamères, établi par Lalreille dans sa famille des Brachélylres, pour séparer du genre Ornai ie quelques espèces Anomales. Caractères différentiels : antennes beaucoup plus longues que la tête , grossissant insensiblement vers le bout, à articles grenus; mandibules arquées extérieurement , presque en croissant , peu sensiblement dentées ; corps aplati , avec toutes les jambes dentées ou épineuses extérieurement. Le Coprophii e iu gcelx. Omalium rugosum , Grav., est le type de ce genre.

COPROSE, CORN ROSE. bot. Synonymes de Coquelicot. y. Pavot.

COPROSME. Coprosma. bot. Ce genre, établi par Forster (Chaructercs Generum Plantarum , p. 158, n°69), avait d'abord assez mal été caractérisé pour que Lamarck l’ail placé parmi les Genlianées. Son ovaire adhérent et la structure de son fruit le rapportent aux Rubiacées, ainsi que l'a indiqué Labillardière ( Nov.~ Hollandiœ Plant. Specimen, T. i, p. 70). C’est à cet auteur que nous emprunterons la description des caractères suivants : fleurs hermaphrodites ; calice supère à cinq ou six divisions profondes; corolle infundihuliformc, pareillement à cinq ou sept découpures; cinq ou sept étamines incluses dans la plante de Labillardière, et exertes dans les espèces de Forster; deux styles très-longs et hérissés; haieadhérenle, contenant deux coques accolées et des graines dont l’embryon, à radicule inférieure, est au centre d’un périsperme charnu. On y trouve des fleurs mâles et des fleurs femelles probablement résultantes d’avortements. Les deux espèces que Forster a rapportées ont été publiées par Linné fils (Suppl. 178) sous les noms de Coprosma luoida et Coprosma fœtidissima. Ce sont deux arbrisseaux indigènes de la Nouvelle-Zélande, dont lé port ressemble à celui des Phyllis. La dernière de ces espèces exhale, selon Forster, u ne odeur d’excréinents tellement puante, qu’elle fait reconnaître facilement cette plante, et on s’est servi de ce caractère pour former le nom générique. Labillardière a décrit cl figuré, t. 95, une troisième espèce qu’il a nommée Coprosma hirtella. C’est un arbuste du cap de Van-Diémen, ù feuilles ovales, lancéolées, possédant les stipules interfoliaires, qui caractérisent si bien les Rubiacées. Malgré l'anomalie du nombre de ses étamines, Labillardière le place dans la Pentandrie Digynie, L., parce que le nombre quinaire du système floral est le plus fréquent.

COPS, COPSO. pois. Synonymes d'Esturgeon.

COPT1DE. Coplis. bot. Genre de la famille des Renonculacées, tribu des Helléborées de De Candolle, Polyandrie Polygynie, L. Confondues avec les Hellébores par L. et Jus., les espèces de ce genre en ont été séparées par Salisbury (Transact. Sociel. Linn. T. vin, 505); cl De Candolle (Systema Regn. Ccget. p. 321) a adopté celle distinction. Voici les caractères génériques tels qu’ils sont exposés dans ce dernier ouvrage : calice ù cinq Ou six sépales colorés, pétaloïdcs et caducs; pétales en

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forme de capuchons; vingt à vinfft-cinq étamines; six à dix capsules longuement stipulées, disposées en étoile, membraneuses, oblongues, terminées en pointe par le style persistant , à quatre ou à six graines. O genre, que distinguent suffisamment et son port et ses caractères, se compose de deux espèces indigènes des contrées boréales de l'un et l'autre continent. Ce sont de petites plantes herbacées, vivaces et consistantes, à feuilles radicales longuement pélioiées, divisées en trois segments dentés ou mullifides, à fleurs blanches solitaires ou géminées au sommet d'une sorte de hampe, munies d'une très-petite bractée. Le Coptis trifolia , Salis!».. JJellcborus trifoliun , L. , croit dans les lieux humides et inontueux du nord de l’Europe et de l’Amérique septentrionale, depuis le Canada jusqu’en Virginie. Le peuple de Boston emploie sa racine, qui est jaunâtre et purement amère, sans mélange d'astringence, comme remède contre les aphtes de la bouche. L’autre espèce, Coptis asplenifblia, Salisb., a été trouvée sur les cèles occidentales de l’Amérique boréale. On lui donne pour synonyme It* Thatictrum Japonicum de Thunherg ( A et . Soc. Linn. T. u , p. 357 ).

COPTIE. ('optia. ms. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiqiies, établi par Brullé pour un Insecte nouveau , rapporté récemment de Cayenne. Caractères : dernier article des palpes maxillaires grêle et ovalaire, tronqué très-obliquement et dont l’extrémité se termine en pointe; dernier article des palpes labiales plus large et coupé presque en travers, ce qui le rend triangulaire; lèvre supérieure courte; les trois premiers articles des tarses antérieurs élargis, du moins dans le mâle. On ne connaît encore de ce genre qu’une seule espèce, la Coptie armée, Coptia arma fa ; tout son corps est noir; mais les palpes, les antennes et les tarses sont bruns; son corselet est ! court, large, couvert de gros points enfoncés, marqué >

de chaque côté de deux fortes épines qui sont dirigées en arrière; ses élytres sont profondément striées avec des séries de gros points enfoncés dans Jes stries. Taille, quatre lignes.

COPTODÈRE. Coptodcra. ms. Genre de Coléoptères pentamères de la famille des Carnassiers, dont la création est due ù Dejcan. Caractères: palpes extérieures terminées par un article presque cylindrique; antennes grenues; corselet terminé postérieurement par une ligne droite ; les trois premiers articles des tarses antérieurs courts, larges : les mêmes des quatre postérieurs étroits, presque filiformes, et le pénultième de tous bifide, mais non divisé eu deux lobes. Presque tous les Coplodères sont propres à l'Amérique méridionale.

COPTOPTÈRE. Coploptcrun. ms. Coléoptères tétramères; genre de la famille des Longicorues. tribu des Leplurète8, institué par Ilope qui lui assigne pour caractères : antennes comprimées, avec le premier article plus gros et implanté dans une échancrure des yeux ; tète assez petite et penchée; palpes maxillaires el labiales assez courtes : le dernier article plus gros que les précédents; corselet arrondi sur les côtés, et rétréci antérieurement ; extrémité des élytres pointue et incisée

obliquement ; pieds assez courts Les espèces sont (ouïes de la Nouvelle-Hollande.

COPTORHINE. Coptorliina. ms. Coléoptères pentamères ; genre de la famille des Lamellicornes, tribu des Coprides , institué par le docteur Hope «pii lui donne pour caractères essentiels : antennes se terminant par une massue lamelteuse; chaperon très -profondément incisé ; corps grand ; élytres sinuées à leur base latérale; mandibules membraneuses; pieds de la seconde paire très écartés entre eux, à leur origine ; les quatre jambes antérieures en forme de cône allongé, très dilatées ou beaucoup plus épaisses à leur extrémité. Ce genre ne présente encore que deux espèces, touies deux africaines; leurs couleurs sont obscures ou noires; leur (aille de six â huit lignes.

COpTORNIR. Coptornia. ms. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Lamellicornes, tribu des Coprides, dont on doit encore l'établissement â Ilope. Caractères . mandibules el mâchoires membraneuses; labre caché sous le chaperon qui est très fortement «chancre; corps ovale; jambes courtes, épaisses el écartées; les autres organes sont en tout semblables à ceux des Bousiers. Ce genre se compose de deux espèces : Coptornia Africana, long de huit lignes; noir, avec le corselet relus ou coupé antérieurement, sensiblement élevé à la partie postérieure; élytres convexes, marquées de stries de points peu apparents. La seconde espèce est le Coptornia Klugii long de six lignes, également noir avec les deux dents du chaperon réfléchies; la partie relevée et médiane du corselet ne présente que quelques fossettes à peine distinctes. Celte espèce se trouve à Sierra- Leone.

COPTOSMA. Coptonma. ms. Genre d'Ilémiptères, proposé par Delaporte dans la famille des Scutellérites; ses caractères seraient: antennes courtes, insérées sous les yeux; premier article beaucoup plus grand que le suivant qui est fort court, le troisième allongé et les deux autres égaux, ovales et comprimés; bec assez grêle, atteignant ! la base «les pieds postérieurs ; corps très- convexe, trnn- ! qué postérieurement; télé arrondie; yeux saillants; | corselet grand, transversal; cuisses assez longues. Ce 1 sont des Insectes exotiques, de petite taille, mais ornés ! de brillantes couleurs. Tel est le Tctyra globux. de Fab.

COPTOTOIUE. Copiotomu». ms. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Uydrocanlharcs. tribu des Dyticicns, établi par Say, aux dépens du genre Dytiscus de Fab. Le genre nouveau en diffère par plusieurs caractères ; ses antennes ont les quatre derniers articles pins longs cl plus grêles que les autres; la dernière de ses palpes présente une échancrure oblique; enfin les crochets de ses tarses postérieurs sont inégaux. Le type de ce genre est le Dyliscun interrogalus , Fab.. auquel Say a ajouté une espèce nouvelle, de l'Amérique septentrionale.

COPULATION, iool. Ce mot, dans son acception la plus générale, désigne Pacte de l'accouplement, quelle j que soit d’ailleurs la manière dont il s'opère. Le mâle | adulte possède une liqueur prolifique, caractérisée par J la présence des animalcules spermati«]ues ; la femelle renferme des ovaires à l'intérieur desquels on reinnrj que des corps globuleux, de diverses dimensions : ce

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sont les œufs. Ceux-ci resteraient toujours inhabiles à se développer s'ils n'arrivaient au contact de la liqueur séminale. C’est afin de remplir celte condition que les animaux se livrent â Pacte de l'accouplement , auquel ils sont d’ailleurs excités par le désir de se procurer une jouissance que la nature a su faire servir â la perpétuation des espèces.

Chez les Mammifères, le mâle est pourvu d'une verge qu'il introduit dans le vagin de la femelle, et qui lui sert à transporter ainsi tout près de l'ouverture de la matrice le liquide sécrété par les testicules. A l'instant de l’accouplement, l'appareil génital de la femelle éprouve un état d’orgasme et d'irritation dont Blundell a donné le premier une description soignée. Il a vu chez les Lapines sacrifiées au moment même où le mâle venait de terminer scs fonctions, le vagin et les cornes de la ina- Irice se contracter rapidement , puis se dilater tout à coup et offrir les mouvements péristaltiques les plus prouoncés. Mais tous ces phénomènes ne se passaient point au hasard , et Pou voyait qu'ils avaient évidemment pour but de faire passer dans les cornes le liquide déposé dans le vagin. Celui-ci se contractait par exemple, dans un point quelconque de sa longueur, tandis qu’au même instant l’ouverture béante des cornes s’avançait avec rapidité, de manière à faire pénétrer dans leur intérieur la semence ainsi comprimée. Ces observations expliquent tous les détails de l’accouplement des Mammifères, et suffisent pour montrer que les mouvements dont les femmes assurent avoir la sensation à l'instant de la conception, ne diffèrent probablement pas des précédents. Il est du moins bien certain que l'accouplement ne sera pas fécond, si la liqueur séminale ne peut pénétrer jusque dans la matrice , et qu'il ne saurait y arriver qu'au moyen des contractions du vagin et d’une espèce de succion exercée par le museau de tanche. Peut-être qu’il existe des Mammifères chez lesquels le bout du gland peut atteindre l’orifice de la matrice, et il y a quelque raison de penser que le Chien est dans ce cas. Quoi qu'il en soit, tous les Mammifères présentent cette espèce de Copulation qui amène la liqueur fécondante précisément dans l’organe où doivent se développer les fœtus.

Chez les Oiseaux et les Reptiles, c'est encore dans les oviduclcs ou cornes de la matrice que se rend la liqueur fécondante; et l’acte qui sert à son introduction, consiste le plus souvent en une simple application de l’orifice du cloaque du mâle sur celui de la femelle. Les recherches de Geoffroy de Saint- Hilaire ont éclairé toutes les difficultés que ce mode d’accouplement pourrait offrir, et l’on conçoit fort bien aujourd’hui comment les orifices des canaux déférents du mâle viennent seuls verser dans l’organe sexuel de la femelle, la liqueur qu’ils reçoivent des testicules.

Dans les Grenouilles et les Crapauds, le mâle sc place sur la femelle, la saisit vigoureusement au moyen de scs deux pattes de devant et se cramponne à elle par les petits tubercules dont ses pouces se trouvent munis. Il attend dans cette posture la sortie des œufs, et il les arrose au passage avec sa liqueur spermatique. Il parait que la manière dont s'opère la fécondation des œufs chez les Poissons se rapproche beaucoup de ces

conditions, â cela près que le mâle et la femelle restent entièrement séparés. Ce ne serait par conséquent qu’après la ponte que le mâle viendrait épancher le liquide prolifique, mais il faut avouer que l'on connaît peu les détails de cet acte dans cette classe d’animaux. Il n'eu est pas de même des Salamandres , et Rusconi a donné d'excellentes observations qui viennent à l’appui de celles de Spallanzani. Le mâle se place à côté de la femelle, la caresse avec sa queue en la frappant légèrement, et répand en même temps dans l'eau sa liqueur spermatique. Il est probable que la femelle aspire celte eau spermatiséc, car à l'instant où elle se sépare du mâle, elle va pondre des œufs fécondés sur les plantes que renferme l’étang. D’après nos idées sur la génération, il faut qu'elle ail un réceptacle propre à contenir le liquide prolifique , et l’on est porté â penser que la vessie urinaire se charge de celle fonction. Userait curieux et important de rechercher les animalcules spermatiques dans l'appareil sexuel de la femelle fécondée, et ce moyen serait le seul qui fût propre â lever tous les doutes.

Enfin, dans les Mollusques et les Insectes , il se présente des particularités dignes d’attention. Quant â ces derniers , Audouin pense que la vessie qui existe con- | statuaient dans l'appareil génital de la femelle, et qui vient s'ouvrir dans le vagin, doit être considérée comme le réservoir de la semence. Les œufs se fécondent par conséquent au passage et non point dans l'ovaire. Chez un Bourdon, Audouin a trouvé l'organe mâle engagé dans le tuyau de celte vessie, et les observations de Prévost sur le Colimaçon, montrent qu’il en est de même pour les Mollusques. Il a trouvé les animalcules spermatiques dans l’organe désigné sous le nom de vessie au long col, par Swammcnlam. On ne les y rencontre qu’après l'accouplement et seulement dans l'animal qui a fait fonction de femelle, car on sait, depuis les expériences de Gaspard, que bien que l'Escargot soit androgyne, l’accouplement s’opère de telle sorlc qu'il n’en résulte qu’une fécondation. — Il est donc évident que la Copulation est toujours calculée de manière que le contact entre la liqueur spermatique et les œufs n’a lieu qu’après que ces derniers oui été expulsés de l'ovaire. Cet acte doit, par conséquent, éprouver beaucoup de modifications, «pii le mettent en harmonie avec les conditions d'existence de l’ovule. En effet, chez les Mammifères, l'éducation utérine du fœtus exige que la fécondation s’opère dans le sein de la mère. Aussi la liqueur séminale s’y trouve-t-elle portée pendant le coït. Chez les Oiseaux, l’action fécondante doit s'exercer dans un moment intermédiaire entre la chute de l'ovule et la formation de la coquille qui vient le recouvrir. La seule circonstance de l’existence d’une coque calcaire amène la nécessité d’une fécondation utérine dans les Reptiles et les Oiseaux, dont les organes semblaient tracés sur le plan d’une fécondation extérieure. Celte dernière a lieu chez les Batraciens dont les ovules perméables sont tout aussi propres à la fécondation au moment de la ponte que lorsqu'on les prend dans les oviduclcs.

COPY-BARA. x av. V. Capybara.

COQ. Gatlus . ois. Genre de l'ordre des Gallinacées. ] Caractères : bec médiocre, robuste, assez épais, nu à sa

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hase, courbé à la poinle; mandibule supérieure voûtée, convexe, plus longue que l’inférieure, donl la base (surtout chez les mâles) est garnie, de chaque côté, de membranes charnues; narines placées latéralement prés de la base du bec, ovalaires, en partie recouvertes d’une membrane épaisse; tète surmontée d'une crête charnue, ou d’un fort bouquet de plumes longues, qui retombent en panache sur le bec; un espace nu sur les joues; quatre doigts : trois devant, réunis jusqu’à la première articulation ; un derrière, articulé sur le tarse et posant rarement à terre; un éperon long et courbé; ailes fortement concaves et arrondies; la première rémige la plus courte, les troisième et quatrième les plus longues; queue ordinairement formée de deux plans verticaux, réunis sur une arête; les rectrices intermédiaires les plus longues, retombant en arc.

Quoique les espèces et variétés du genre Coq soient généralement et très-abondamment répandues sur tous les points de la terre où l’homme vit en société, on n’a su pendant longtemps quelle patrie assigner à la souche originaire de ces Oiseaux, dont la domesticité a fait oublier et presque disparaître l’étal sauvage. L'on n’aurait même encore que des conjectures à cet égard, sans les recherches de Sounerat. Ce voyageur a retrouvé le Coq sauvage dans la chaîne des Gates, qui sépare en deux grandes provinces la péninsule de l’Inde, en deçà du Gange ; il en a rapporté l’espèce mâle et femelle. D’autres espèces ont, depuis, été trouvées dans l’immense archipel de l’Inde. Ces Oiseaux, concentrés dans les forêts les plus épaisses, ne paraissent qu’accidetitellement vers leurs lisières; ils font remarquer une défiance et une férocité qui contrastent avec la confiance et la douceur des Coqs domestiques, et qui, jusqu'ici, ont empêché que l'on pût recueillir des faits bien exacts sur leurs mœurs, leurs habitudes, et particulièrement sur tout ce qui concerne leur reproduction. On pourrait en revanche s'étendre longuement sur les faits que l'éducation du Coq reproduit chaque jour; mais comment se décider, dans un ouvrage où la place est précieuse, à entretenir le lecteur de choses qui ne peu- ; vent lui être étrangères? Comment hasarder, après les pages si éloquentes de DufFon, quelques phrases sur la noblesse et la gravité de la démarche du Coq, sur la fierté et le courage de cet Oiseau, qui, se développant et reprenant l'ascendant naturel dans des combats corps à corps, procurent souvent à l'homme, qui se pique de raison, un amusement barbare; sur sa vigilance, sur sa galanterie, sa tendresse, ses prévenances, ses soins envers des compagnes que, malgré leur multiplicité, il sait rendre toutes heureuses et fécondes; sur la jalousie qui l'enflamme contre toute sorte de rivaux, particulièrement contre ceux de sa propre race; sur sou utilité par les ressources qu'il offre, dans tous les âges, comme aliment sain, léger et délicat, etc. Cependant il faut bien, avant d'en venir aux détails spécifiques, jeter un coup d'œil sur cet Oiseau dans la basse-cour donl H est l'hôte le plus précieux.

Le nombre des races élevées en domesticité est assez grand ; les unes le sont par pure curiosité, d'autres dans des vues de croisement avantageux; la plupart pour leur utilité réelle, et parmi ces dernières, on parait

s'être arrêté à celle qui a généralement reçu le surnom de Coq et Poule domestiques. On choisit tiu Coq donl la taille ne soit ni trop élancée , ni trop basse ; d'une allure noble et leste; d'une voix bien sonore; la poitrine large, les membres forts et nerveux, l'encolure épaisse. A Pâgc de trois à quatre mois, il est en état de féconder les Poules qu'on lui donne, et dont on augmente progressivement le nombre jusqu'à quinze et dix-huit, qui est jugé le plus favorable pour conserver la vigueur et la santé du sultan, et pour éloigner du sérail la jalousie et la discorde. Les Poules, d’après l’observation, doivent être d’une taille moyenne, d'une constitution robuste, d'un caractère à la fois vif et tranquille, gai, quoique enclin au silence; on les préfère surtout avec la tête grosse, les yeux très-animés, la crête flottante et la couleur du plumage noire ou fort sombre. Quoique assurées d'une nourriture abondante, les Poules, conduites par le Coq. sont constamment occupées à gratter la terre, à fouiller le fumier pour y chercher des aliments moins bons, sans doute, que le grain ou la pâtée qu'on leur distribue, mais enfin qu’elles recherchent avec un goût particulier : or, il faut être attentif à leur procurer ce moyeu de jouissance, qui, en définitive, ne laisse pas d’èlrc avantageux, et qui, quelquefois, suffit à l'existence de ccs Oiseaux. Dans cet état social la Poule ne construit point de nid, elle Coq non-seulement ne s'occupe pas de ces soins, mais ne songe pas même à les rappeler à la Poule : un enfoncement pratiqué négligemment dans la terre, dans le sable ou la poussière, ordinairement dérobé à tous les regards, reçoit, chaque jour, l'œuf que la Poule y dépose, et qu’elle finit par couver lorsque le nombre s'en est accumulé jusqu’à uu certain point. Pour éviter les incubations furtives, qui pourraient se faire à contre temps et contre la volonté du fermier, celui-ci a soin de construire, à proximité de l'habitation, un appartement peu élevé, et disposé de manière que les Poules puissent y pondre tranquillement et commodément, s'y retirer tous les soirs avec le Coq. La ponte est continue; elle n'a d'interruption que pendant le temps de la mue qui, pour cet Oiseau, est vraisemblablement une époque périodique de maladie. Celte mue a lieu ordinairement vers la fin de la belle saison ou pendant l’hiver. La Poule, aussitôt après la ponte, décèle sa délivrance par des accents joyeux ; ces chants de plaisir avertissent son propriétaire qui bientôt court recueillir le tribut journalier. Lorsque la saison favorable, les besoins du fermier ou la disposition de la Poule, qui s'annonce par un gloussement, déterminent l'incubation, on accumule sous la couveuse des œufs bien choisis, fécondés et dont le nombre puisse facilement être contenu sous l'aile de la Poule; pendant cette opération qui dure environ vingt jours, on veille particulièrement à la nourriture de la couveuse.

Les petits sont nommés Poussins; ils mangent seuls en naissant; ordinairement on dispose autour d'eux des miettes de pain trempé, qu'ils digèrent plus aisément que tout autre aliment. La mère, autant qu’elle le peut, tient rassemblée sous son aile protectrice sa jeune couvée, toujours disposée à prendre l'essor et à jouir d'une entière liberté; on ne saurait voir sans attendris-

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scmenl l'amour allenlif de ces mères passionnées, qui, tour à tour, grondent et caressent leurs petits, leur montrent la nourriture dont, souvent, elles se privent avec le dévouement le plus absolu. Après trois ou quatre ans , le Coq est susceptible de s’énerver, de perdre sa vigueur : il convient alors de le remplacer; les Poules peuvent donner pendant cinq ou six ans; mais passé ce temps, il est également avantageux de pourvoir à leur renouvellement.

A la description du petit nombre d'espèces du genre Coq, jusqu'ici connues, il a paru indispensable d'ajouter l'énumération des races ou variétés mentionnées dans les principaux ouvrages d'ornithologie et d'économie rurale. Les croisements multipliés qu'ont éprouvés ces races, et les dégradations infinies qui en sont résultées , rendent celte énumération assez conjecturale.

Coq u'Adria, Coq Adriatique. Race de petite taille, vantée par les anciens, et que l'on élevait particulièrement aux environs de l'antique Adria, en Italie.

Coq Agate. Variété dont les teintes du plumage ont de la ressemblance avec les couleurs qu'offrent certains Quarz-Agales.

Coq Alas. GaUus furcatu» , Teinm. PI. col., 48. Plumes de la nuque et du cou brunes à la base, d’un bleu irisé en violet vers le milieu, et d'un vert doré, mêlé de noir à l’extrémité; plumes du dos brunes à la base, puis d'un noir doré, bordé de jaune terne; tectrices alaircs semblables aux plumes dorsales, mais bordées de roux vif; rémiges d'un brun noirâtre; rectrices d’un vert doré; crête entière, non dentelée; un seul appendice membraneux sous le bec, l'une et l’autre d’un beau rouge violet, ainsi que les autres parties nues de la tête; iris, bec et pieds jaunes; éperon très-aigu. Taille, deux pieds; celle delà Poule est de quatorze pouces; elle n'a en outre ni crête ni membrane sur la gorge; la peau nue, qui entoure l'ceil, est d'un jaune rougeâtre ; le sommet de la tête et le cou sont d'un gris brun ; les parties supérieures d’un vert noirâtre doré, rayées et frangées de gris-brun; la gorge blanche, duveteuse; les parties inférieures d'un cendré brunâtre; les rectrices brunes, bordées de roussâtre. Java.

Coq d'Alexardrii. Variété du Coq domestique.

Coq ardoise. Variété du Coq domestique; elle est huppée; la couleur dominante de son plumage est le gris bleuâtre.

Coq argerté. La variété précédente ornée de taches régulières d'un blanc pur.

Coq Ayam-Alas. P. Coq Alas.

Coq de Bahia. Variété du Coq domestique, dont la taille est très-élevée.

Coq db Barkiva. GaUus Bank ica , Temm. Plumes de la nuque, du cou, du dos, et lectrices alaires (à l'exception des grandes qui «ont noires, irisées) d'un brun marron pourpré; lectrices caudales longues, pendantes, d'un jaune rougeâtre, éclatant ; rémiges noires, bordées de roux ; parties inférieures et rectrices d'un noir irisé; crête, appendices membraneux et parties nues d’un rouge assez vif; bec et pieds gris; iris jaune. Taille, dix â onze pouces, la queue étant relevée. La femelle est d'un roux brun, vcrmiculé, avec la poitrine d*un roux

clair, parsemé de longues flammes blanchâtres. Java et Philippines.

ÇoqdeBartai. Phasianus pusillus, Lalh. Il paraît être une variété de l'espèce précédente, du moins il lui ressemble par la taille et les couleurs; il a en outre les pieds garnis, au côté extérieur , de plumes assez longues. qui descendent jusque sur les doigts.

Coq blarc, a huppe roirk. Variété du Coq huppé.

Coq de Bresse. Variété du Coq domestique.

Coq bkorzE. Galtus œneus, Cuv. Temm. PI. col. 374. Crête entière, dressée; un fanon mince en devant; plumes de la collerette peu marquées, oblongues, d'un rouge cuivreux intense; tout le plumage bronzé, brillant; tectrices caudales d'un roux vif, flammé de noir; rectrices bronzées. Taille, quatorze pouces, la queue étant relevée. Sumatra.

Coq de Caxbociie. Race très-médiocre, dont les pattes sont fort courtes et les ailes pendantes; ce qui occasionne un sautillement presque continuel, dans la marche de cet Oiseau.

Coq de Cacx. Phasianus Patacinus, Lath. Variété du Coq domestique, qui le surpasse en taille presque du double.

Coq Chamois. Variété du Coq huppé; elle est d'un jaune tirant sur le fauve.

Coq de Cbolcidie. Variété du Coq domestique.

Coq a cirq doigt». Phasianus pentadactylus, Lalh. Variété du Coq domestique; elle a cinq doigts : trois en devant et deux en arrière. Celte monstruosité s’est transmise de génération en génération.

Coq comxur. Coq domestique.

Coq couleur de peu. Variété du Coq huppé. On donne aussi ce nom au Coq ignicolor. A', ce mot.

Coq a cui.otte de velours. Variété du Coq domestique; elle a le ventre et les cuisses d'un beau noir velouté, la poitrine tachetée de la même teinte, une touffe de plumes noires sous la crête, et un cercle de plumes blanches autour des yeux; le bec est très-pointu et les pieds sont grisâtres.

Coq demi-Coq d'Inde. Race javanc assez élevée.

Coq des bois. V. Coq Alas.

Coq doiestiqce. GaUus ilomesticus, Briss. Phasianus GaUus, L. PI. enl. 1 et 49. Cette espèce, dont les couleurs du plumage ont extrêmement varié, se distingue principalement par une crête rouge, charnue, festonnée et souvent disposée en couronne, et par les deux appendices membraueux, de même nature, qui pendent de chaque côté de la mandibule inférieure; queue composée de quatorze rectrices relevées en deux plans verticaux: les deux intermédiaires, plus longues et fortement arquées . ratombenl en panache flottant; tarses armés d'ergots longs et fortement acérés. La Poule, beaucoup plus petite que le Coq, n'a point, comme lui, le cou et l'extrémité du dos couverts de plumes longues et étroites.

Coq dore. Coq huppé dont la couleur dominante du plumage est le jaune doré, fortement lustré.

Coq a duvet du Japor. Phasianus lanatus, Lath. Plumage entièrement blanc, composé de barbules inadhérentes entre elles, ce qui donne aux plumes une apparence de duvet; crête, joues et parties nues de la gorge

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d’un rouge vif tirant sur le pourpré; bec el pieds d*un gris bleuâtre foncé : ceux-ci sont robustes et couverts de plumes extérieurement jusqu'à l’origine des doigts. Taille, vingt-huit pouces. La Poule est plus petite, et la couleur de son plumage tire sur le gris. C’est vraisemblablement une variété du Coq domestique.

Coq a Ecaille. Variété du Coq huppé, dont les taches blanches, maillées, ressemblent à des écailles de Poisson.

Coq de La FlEciib. f. Coq de Caux.

Coq feisé. Phasianu s crispus , Lalh. Cette espèce ou variété, que l'on assure être originaire des parties méridionales de l'Asie, est remarquable par la singulière disposition de ses plumes qui sont retournées et ont un aspect frisé. Ses couleurs sont aussi variées que celles du Coq domestique, et sa femelle est de la taille de la Poule ordinaire. Cet oiseau est très -sensible au froid , ce qui est cause sans doute de sa rareté dans les pays du Nord.

Coq de Gates. V. Coq Sonneeat.

Coq de Haxbocrg. V. Coq a culotte de veloüis.

Coq rerhinE. C'est le Coq huppé blanc, avec quelques taches noires.

Coq huppé. Phasianus cnstatus, Lath. Il diffère du Coq domestique en ce que la crête, extrêmement petite, est environnée et cachée par une touffe de plumes ordinairement assez longues et étroites, retombant en panache sur le bec. Ce Coq est souvent privé des caroncules membraneuses de la mandibule inférieure. La Poule est plus petite; elle n’a point de longues plumes étroites sur le cou. Les couleurs de celte race, dont l’origine n’est pas bien connue, varient considérablement; en général, le corps est noir avec la huppe blanche, ou le corps blanc avec la huppe noire.

Coq bi'PFè d'Angleterre. Variété à huppe très-petite et à jambes fort élevées.

Coq huppé tout blanc. Aldrovande, qui a figuré cette variété, lui donne une huppe conique et pointue.

Coq ignicolor. Phasianu» ignitus, Lalh. Parties supérieures d'un noir irisé, ainsi que la poitrine et le ventre; tectrices alaires noires avec une large zone d’un vert doré à leur extrémité; croupion garni de plumes larges, d’un rouge orangé, iriséen pourpre et en violet; rectrices intermédiaires longues. d'un roux clair; flancs variés de rouge-orangé brillant; huppe de la couleur du dos, formée d’un gros bouquet de plumes droites, à barbules décomposées, en éventail; une membrane d'un rouge violet sur la joue, se terminant en pointe à l’angle du bec. Taille , vingt-quatre pouces. La poule est moins grande d’un sixième; elle n’a point de membrane saillante aux joues, et diffère encore par la huppe el les couleurs qui sont d'un brun marron, varié de brun clairet de noirâtre. De Sumatra.

Coq d'Italii. Variété ressemblant au Coq de Caux.

Coq de l'isthme de Dabien. Race de petite taille, dont la queue, dit-ou, est droite et fort épaisse; elle a, au pied, une manchette de plumes.

Coq Jaco. tiallus giganleus, Temin. Espèce encore trop peu connue pour pouvoir en donner la description; tout ce que l’on sait de plus positif, c'est que sa taille surpasse celle de toutes les autres espèces. De Sumatra.

fi DICT. DES SCIENCES NAT.

Coq de Java. Race fort grande . très -élevée sur ses jambes, dépourvue de crête et de huppe, avec la queue longue et pointue.

Coq Javan. Coq Bankiva.

Coq Lafatette. GaUus LafayeUii, Lescb. Deux petit* barbillons à la mandibule inférieure; plumes de la collerette effilées, d'un jaune d’or, avec une flamme brune au centre; poitrine recouverte de longues plumes étroites, d’un rouge doré, flammé de noir; abdomen noir; queue courte, brune; un demi -collier violet sous la peau nue du devant du cou. Ceytan.

Coq lainecx. V. Coq a duvet do Japon.

Coq de Loibabdie. Semblable au Coq de Caux.

Coq Macartnet. V. Coq ignicolor.

Coq de Madagascar. Race de très-petite taille, encore peu cqpnue.

Coq do Mans. V. Coq de Cacx.

Coq de MEdie. Race de grande et forte taille.

Coq de Melon, y. Coq de MEdie.

Coq de Mozadbiqie. Gallus Morio, Temm. Plumage entièrement noir, ainsi que la peau et le périoste; crête dentelée, d’un violet noirâtre, ainsi que les appendices membraneux de la mandibule inférieure; bec el pieds d’un bleu noirâtre. Inde, d'où l’on prétend qu'il a été transporté dans l’Amérique méridionale.

Coq nain d'Angleterre. Race très-petite, delà grosseur d’un fort Pigeon; sa couleur, originairement blanche, s'altère par les croisements.

Coq nain de la Cbine. Race encore plus petite que la précédente, et bigarrée de diverses couleurs.

Coq nain de Java. Phasianus Pumilio , Lath. Race très- petite et dont les pieds sont extrêmement courts. Elle a beaucoup de ressemblance avec le Coq nain d'Angleterre. Le Coq nain de France parait être la même race qui aurait acquis un peu plus de force.

Coq nain pattu. De la taille d’un Pigeon ordinaire; plumage blanc ou blanc varié de jaune doré.

Coq nain pattd d’Angleterre. Parait être la race précédente qui aurait acquis une double crête.

Coq nEgre. V. Coq de Mozambique.

Coq noir a huppe blanche. V. Coq huppe.

Coq de Padoue. Coq de Caux.

Coq pattu d’Angleterre. Phasianus plumifte s. Race de moyenne taille, non huppée, avec les pieds emplumés.

Coq pattu de France. Race un peu moins forte que la précédente, et qui en diffère encore en ce que souvent les doigts sont , ainsi que les pieds , couverts de plumes.

Coq pattu de Siai. Moins grand que le Coq domestique; entièrement blanc; pieds emplumés.

Coq de Ptec. y. Coq de Caux.

Coq de Perse. Race qui, d’après ce qu’en dit Chardin, a beaucoup de ressemblance avec le Coq de Caux.

Coq PErinet. V. Coq ardoisé.

Coq (petit) de PEgu. On assure qu’il n’est pas plus gros qu’une Tourterelle.

Coq des Philippines. Parait être la race du Coq huppé d’Angleterre.

Coq Pierre. Variété du Coq huppé, dont le fond du plumage est blanc, bigarré de diverses teintes.

Coq portr-soie. V. Coq a duvet du Japür

Coq de Rhodes. Race très-grande, que l’on a négligée à cause de son peu d'utilité, dans les nasses-cours.

Coq sars croupioh. y. Coq Wallikikiti.

Coq sans pli ies. Race douteuse, qui parait n’élre autre que le Coq domestique, dans une longue et forte mue.

Coq sans queue. Phatianu» ecaudatu», Latb. y. Coq Wallikikiti.

Coq de Sarsevarr*. Race persanne qui, au rapport de Tavernicr, est d’une taille gigantesque.

Coq a six doigts. Monstruosité du Coq domestique.

Coq Sorrerat. Go U un Sonneraliif Vieill. Tète et cou garnis de longues plumes étroites, aplaties, à barbes désunies et soyeuses, terminées par une sorte de palette ovalaire, d’un gris de perle luisant, bordée de roussâtre; plumes du dos longues, étroites, rayées de blanc et de noir ; rémiges variées de roux et de blanchâtre, rayées dc noir et de blanc; lectrices caudales longues, flottantes, d’un violet noirâtre, irisé ; quatorze rectrices relevées en deux plans verticaux, les deux intermédiaires longues et arquées; poitrine d’un roux luisant; parties inférieures garnies d’un duvet noir et blanc ; tête ornée d’une crête d’un rouge vif, aplatie sur les côtés et découpée; joues, côtés et dessous de la gorge nus, ainsi qu’une ligne longitudinale sur le sommet de la télé ; une tache de très-petites plumes grises, entre la crête et l’œil; bec et pieds noirâtres; ergots coniques, allongés et pointus. Taille, vingt-huit pouces. La femelle est plus petite, et diffère peu dc la Poule domestique. Inde.

Coq de Ta* agi a. Race ancienne sur l’existence de laquelle l’opinion n’est pas bien fixée.

Coq tout hoir. Variété qui parait identique avec le Coq de Mozambique.

Coq de Turquie. Variété du Coq domestique, remarquable par la beauté de sou plumage où s'étendent des nuances d’or ou d'argent, sur un fond ordinairement blanchâtre; ailes noires; queue verte et noire; pieds bleuâtres ; la tète quelquefois ornée d’une huppe.

Coq veuf. Variété du Coq huppé, ornée de petites taches blanches, sur un fond noirâtre.

Coq villageois, y. Coq domestique.

Coq Wallikikiti. Gallu» ecaudatu», Teram. Plumes des parties supérieures d'un roux orangé , celles de la nuque noires, bordée* de jaune, longues, effilées, à bai bnles décomposées; rémiges d’un brun mal; lectrices alaircs intermédiaires noires, irisées en violet; plumes du bas du dos longues, effilées, arquées, d'un brun violet, irisé; celles des parties inférieures brunes, bordées de jaune-orangé; bas de la gorge noir, à reflets violets et pourprés ; crête entière, d'un rouge brillant, ainsi que les deux appendices de la mandibule inférieure; joues, oreilles et partie de la gorge nues; point de queue ni même de croupion ; bec et pieds d'un gris brun; éperons robustes et très-aigus. Taille, quinze pouces. Cette espèce, à laquelle on avait donné, lorsqu'elle était moins connue, la Perse et successivement l'Amérique septentrionale pour patrie, est originaire de Ceylan où le nom de Wallikikiti peut se traduire par celui de Coq sauvage; elle y construit son nid à peu

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près comme font les Perdrix, il est composé d’herbes amoncelées sans ordre.

On a étendu le nom de Coq à beaucoup d'Oiseaux qui n'ont avec le genre dont il vient d'étre question que peu ou point de rapports. Ainsi l'on a appelé ;

Coq d'Amérique, le Hocco Mitu, Crax Alector, L.

Coq di bois, le Tétras Auerban, Tetrao Urogallu», Gmelin.

Coq des bois d’Amérique, la Gelinotte à fraise, Tetrao utnbellatu» , Lalh.

Coq de bois d'Écosse, la Gelinotte d’Écosse, Tetrao Scoticus.

Coq de bouleaü, le Tétras Birkhan, Tetrao Tetrfx.

Coq Bru art, le Tétras Auerhan, Tetrao Urogallu».

Coq de bruyère bris et tacbeté, la Gelinotte de la baie d'Hudson, Tetrao Canadenêi», Lot h.

Coq de brutère (grard), le Tétras Auerhan, Tetrao Urogallu».

Coq de bruyère (petit) a deux filets a la queue, le Ganga Cala.

Coq de bruyère a queue rorRCHt’E, le Tétras Birkhan, Tetrao Tetris.

Coq de Curaçao, le noccode Curaçao.

Coq d’èté, la Huppe, Upupa Epop».

Coq d'Irde, le Dindon, Meleagri» Gallopato, L.

Coq irdier, le Hocco Mitu, Crax Alector, L.

Coq de Limoges, le Tétras Auerhan, Tetrao Urogallu», L.

Coq de marais, la Gelinotte, Tetrao Bonania.

Coq de mer, le Canard à longue queue, A nas acuta, L.

Coq de mortagre, le Tétras Auerhan, Tetrao Urogallu».

Coq be roche, le Rupicole, Pipra rupicola , L.

COQ. pois. Nom vulgaire du Zeu» Gallu». V. Gall.

COQ. moll. foss. L’un des noms vulgaires des Térébratules qu'on nomme aussi Poule et Poulette.

COQ DE MER. crcst. U. Calaffe.

COQ DES JARDINS, HERBE AU COQ ou MENTHE COQ. bot. Syn. vulgaires de Tanacetum üalnamita, L., et de Balsatnita nuaveolen», Desf. y. Taraisie cl Balsamitb.

COQ DORÉ. pois. Syn. vulgaire de jfeu» yomer.

COQU. ois. Syn. vulgaire et ancien de Coucou, C'mculus Canoru », L. y. Coucou.

COQUALIN. mam. Syn. vulg. de Sciuru» variegatu», V. Écureuil.

coq LIANT, ois. Nom vulgaire de GallinuleMarouette, Ballu» f'orzana, L. y. Gallirule.

COQUAR. ois. Nom donné au métis provenant du croisement du Faisan avec la Poule dc basse-cour.

COQUE, ois. y. GKcf.

COQUE, irs. y. Coco*.

COQUE ou SOURDON. moll. Espèce du genre Bucarde.

COQUE. Cocca. bot. On désigne communément sous ce nom, chacune des parties d'un péricarpe sec, plus ou moins sphéroïdal et présentant, â son contour, des bosses ou côtes bien manifestes . et ordinairement en nomhre déterminé, séparées par autant d'enfoncements ou de sillons longitudinaux, et te détachant les

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unes des autres par la séparation de leurs cloisons en deux lames. De là les noms de fruits Bicoque , Tricoque, etc. Cependant Gærtner a donné à ce mot une autre signification, en l'appliquant au fruit lui-même, qui se compose ainsi de plusieurs parties séparables les unes des autres. Voici la manière dont il le définit : fruit pluriloculaire, oligosperrae, muni d’une columelle centrale, s'ouvrant ordinairement par les cloisons en autant de loges distinctes et renfermant exactement une ou deux graines renversées. La paroi interne de ces loges est cartilagineuse ou même osseuse, et se rompt ordinairement avec élasticité, en se dépouillant plus ou moins complètement de la partie extérieure du fruit. La vaste famille des Euphorbiacées offre des exemples nombreux de Coques. C’est à cette espèce de fruit que, dans sa nomenclature carpologiquc, Richard donne le nom d'Élatérie.

COQUECULE. bot. Synonyme vulgaire de Cocculua. V . ce mol.

COQUELICOT, bot. Espèce, fort commune, du genre Pavot. V. ce mot.

COQUELOURDE. bot. Nom vulgaire appliqué au Narcissus Pseudo-Narciasus , à V Anemone coronaria ainsi qu'au Pulsalilla, mais plus particulièrement à Y Agroatemma coronaria.

COQUELUCHE, ois. Syn. vulgaire de Bruant Ortolan des Roseaux.

COQUELUCUIOLE. Cornucopiœ. bot. Genre de la famille des Graminées, qui ne comprend qu'une espèce, le Cornucopiœ cucullaium , L., Beauv., Agr. t. 4, Hg. 3,4,Lamk., Illust. t. 40. Cette petite plante annuelle est originaire d'Orienl , ses chaumes sont rameux , hauts de six à huit pouces, portant des feuilles dont la gaine est renflée et comme vésiculeuse. De la gaine des feuilles supérieures, qui sont courtes, naissent plusieurs pédoncules inégaux, recourbés, simples et terminés chacun par un involucre infundibuliforme, crénelé à son bord, et strié longitudinalement. Dans l'iutérieur de chaque involucre, on trouve un assez grand nombre de fleurs hermaphrodites, pressées les unes contre les autres, et formant un capitule ovoïde, allongé, qui dépasse un peu l'involucre dans sa partie supérieure. Chaque fleur offre l'organisation suivante : la lépicène est composée de deux valves carénées, égales, obtuses, mutiques, soudées l’une à l’autre par leur partie inférieure, quelquefois même jusqu’au milieu de leur hauteur. La glume est formée d'une seule paillette de la même hauteur et quelquefois plus longue que la glume, bifide et obtuse à son sommet, recourbée autour des organes sexuels qu’elle recouvre entièrement. Les étamines sont au nombre de trois. Leurs filets sont capillaires et leurs anthères bifides aux deux extrémités. L’ovaire est ovoïde, allongé, surmonté d’un style court et glabre, qui se termine par deux stigmates capillaires et velus. Quelquefois il n’y a qu’un seul stigmate. La glumelle n’existe pas. Le fruit est recouvert par les écailles florales.

Ce genre fait partie de la section des Agroslidées; il est très-voisin de VAlopecurus dont il diffère par son involucre, par son style simple et ses écailles florales toutes mutiques, c’est-à-dire dépourvues d’arête. Plu-

sieurs espèces qui y avaient été placées, ont été portées dans d’autres genres. Ainsi le Cornucopiœ alopecuroiiies , L.,estl* Alopecurus utriculatua deSchrader. Le Cornucopiœ allissimum de Wallher est YAgroatix dispar de Michaux; les Cornucopiœ hyemale et perennans de Wallher font partie du genre Trichodium de Richard.

COQUELCCHON DE MOINE, moll. Nom vulgaire d’une espèce du genre Arche, y. ce mot.

COQCEMELLE. bot. On donne ce nom ou celui de Cocou nielle , dans beaucoup de provinces et particulièrement dans l’ouest de la France, à Y Agaricua procerua (Agaric us cotubrinus, Bull-, t. 78). Cette espèce est très-facile à reconnaître à son chapeau en large parasol, légèrement convexe , d’une couleur un peu bistrée, couvert de taches d’un brun plus foncé ; elle a son pédicule creux, renflé en un grps tubercule à la base, moucheté de brun, et portant, vers sa partie supérieure, un collier ou anneau libre; sa chair est sèche, odorante et très-bonne à manger; elle a un goût beaucoup plus délicat que le Champignon de couche. Elle est connue, dans quelques provinces, sous le nom de Griaetle.

COQUEMOLLIER. bot. Nom adopté par quelques botanistes, comme la désignation française du genre Théophrastée. y. ce mot.

COQUERELLE, bot. C’est ainsi qu’on appelle la Noisette, dans ses enveloppes, avant son entière maturité.

COQUERET. bot. Vieux nom français d’Alkekenge. Phy salis Alkckengi, donné par quelques botanistes modernes pour celui du genre Physalide. y. ce mot.

COQUES DU LEVANT, bot. Nom que l’on donne vulgairement aux fruits du Menispertnutn cocculus.

COQUESIGRUE. bot. y. Coccigrik.

COQUETON. rot. Synonyme ancien de Narcisse.

COQUETTE, pois. Synonyme vulgaire de Chœlodon.

COQU1LLADE. ois. Synonyme d'Alouetle Cocbevis.

COQUILLADE. rois. Espèce du genre Blennie.

COQUILLAGE. «oll. y. Coquille.

COQUILLE, boll. On entend par ce mot un corps teslacé, calcaire, le plus souvent extérieur, quelquefois intérieur, c’est-à-dire développé dans l'épaisseur de la peau d’un animal mollusque, mais, dans tous les cas. destiné à protéger l’animal ou certaines de ses parties contre les chocs extérieurs. Plusieurs animaux, autres que les Mollusques, sont pourvus de semblables prolecteurs.Tels sont les Oursins ou Échinides, quelques Annélides, les Crustacés; mais on ne peut confondre tous ces corps avec les véritables Coquilles. On distinguera les Oursins des Coquilles par leur porosité et leur cassure polygone, régulière, ce qui n’arrive jamais dans la Coquille dont la cassure est nette, quelquefois écailleuse; on reconnaît le lest des Annélides, en ce qu’il est tubuleux, arqué ou irrégulièrement contourné sur luimême, et ne renferme jamais de pièces accessoires comparables à des valves de Conchifères. On aperçoit très-facilement les différences qui existent entre une véritable Coquille et le test d’un Crustacé : l’une est articulée à charnière dans deux de ses principales parties; l’autre, au contraire, présente un grand nombre d’articulations pour les mouvements partiels des

appendices ou des membres. Pour faciliter l’élude de la glossologie. nous diviserons cel article en trois parties : la première concernera les Coquilles des Cirrhipèdes ou de la plupart des Midi naïves des anciens; la seconde, les Coquilles des Conchifères ou Bivalves; cl la troisième, celles des Mollusques proprement dits ou Univalves.

Des Coquilles multitalves.

Les anciens, sous celte dénomination, rangeaient une multitude de corps différents : les Oursins , les Tuyaux marins, les Pouce-Pieds, les Pbolades, les Tarels, etc. Aujourd'hui, que l'on a remis chaque chose à une place plus convenable, on ne peut plus entendre par Mullivalvcs que les Coquilles des Cirrhipèdes, dont les parties ne sont point articulées en charnière, mais simplement soudées entre elles ou réunies par la peau elle-même où elles se sont développées. Nous renvoyons, pour beaucoup de détails, aux articles Cirrhi- PÊUK.H. Bai axe, A r ati pe, et nous ajoutons seulement que l'on nomme sériales , dans les Cirrhipèdes pédonculés, dos pièces dorsales symétriques, c’est-à-dire, qui, étant divisées par une ligne médiane, présentent deux parties parfaitement semblables, et latérales , celles qui Tonnent, par leur plus nu moins grand nombre et par leur étendue variable, les parties latérales du lest. Toutes ces pièces sont réunies au moyen du manteau ou delà peau dans laquelle elles se sont formées; elles sont symétriques par paires.et ne sont point articulées; quelquefois elles reposent les unes sur les autres, par des biseaux réciproques. Dans les Cirrhipèdes sessiles ou Axés, toutes les pièces, le plus souvent soudées entre elles, viennent se grouper autour d'une cavité centrale occupée par l'animal. Cette cavité est quelquefois ouverte inférieurement, mais elle est toujours close supérieurement par deux ou quatre petites pièces mobiles dont l’ensemble se nomme opercule.

Des Coquilles bivalves.

Les Coquilles bivalves, ou formées de deux parties principales, articulées à charnière, peuvent être considérées de plusieurs manières; mais avant tout, il est nécessaire de convenir dans quelle position on les placera, pour qu'il n’y ait point d'équivoque dans la position relative des parties. Si on suit ce qu'enseigne Linné, on posera la Coquille bivalve sur les crochets, de manière que le ligament se trouve en face de l'observateur. La valve droite est conséquemment à la droite, et la gauche à la gauche de celui qui observe la Coquille. Celte position, qui est arbitraire, n’a pas été admise par tous les conchyliologues. Bruguière, au lieu de placer le ligament devant l'observateur, le met à l'opposé, ce qui retourne la Coquille sur elle-même et sur le même plan; alors la valve qui, dans la manière de Linné, était à droite, est à gauche dans celle de Bruguière. et réciproquement. Une autre méthode a été proposée par Blainville dansle Dictionnaire des Sciences naturelles; il prétend que la manière la plus convenable est celle qui consiste à mettre la Coquille dans la position qu'elle a sur l'animal, lorsqu'il marche devant l’observateur, c’est-à-dire placer la Coquille sur son bord tranchant, les crochets en arrière, le ligament en haut et en avant, ce qui fait que les valves restent réel-

lement dans les mêmes rapports avec l’observateur, que dans la manière de Linné ; la valve droite reste à droite et la valve gauche à gauche. Celte méthode vaut beaucoup mieux que les autres : aussi, au lieu de nommer base la région des crochets, on dit que c'est le bord supérieur; le bord inférieur est celui qui est libre et tranchant; le bord antérieur, quelquefois allongé plus ou moins en bec. est celui qui donne passage aux siphons que porte l'animal, et où vient s'insérer le ligament, et le bord postérieur, celui où se trouvent la courbure des crochets ainsi que la lunule. Il y a également, pour In Coquille prise dans son ensemble, deux faces latérales, qui correspondent à chacune des valves : ces faces sont bombées le plus ordinairement, quelquefois aplaties; d'autres fois l’une est bombée et l'autre plate.

On peut considérer les Coquilles des Conchifères, d’après leur habitation, en fluviatiles et en marines. Les fluviatiles sont celles qui vivent dans les eaux douces, et elles se distinguent en général par la nature et la couleur de l'épiderme qui les recouvre; celui-ci étant brun-foncé ou vert-foncé, et le plus souvent détruit, rongé vers les crochets : aussi dit-on que les Coquilles fluviatiles ont les crochets rongés ou caricst lorsque l’épiderme et quelquefois même une partie de ; l'épaisseur du test, se trouvent enlevés dans cet endroit.

I 11 est plus difficile qu'ou ne l'imagine vulgairement, de | préciser au juste les genres qui appartiennent à l'eau douce, pour les séparer de ceux qui ne se trouvent que dans la mer. En effet, des Éthèries ont été trouvées dans le Nil, et des Moules dans le Dauube; ce qui, d’après ces observations récentes et authentiques, nous jette dans un embarras que les anciens conchyliologues ne connaissaient pas. Quoi qu'il en soit, il est encore difficile, dans l’état actuel de la science, de décider si ce sont les Coquilles marines qui. subissant des modifications, ont peuplé les eaux douces, ou si ce sont, au contraire, celles des eaux douces qui, descendues dans la tner, y ont éprouvé les changements considérables qui constituent la différence existante entre celles-ci et les dernières. On pourrait dire seulement, encore avec la circonspection nécessaire lorsqu'il est question d'un fait qui n’est pas absolument matériel, mais simplement probable, qu’il y a des Coquilles marines qui, s'habituant d'abord à vivre à l'embouchure des fleuves dans des eaux peu salées, se sont insensiblement accoutumées à vivre dans un milieu différent, et ont éprouvé, par ce changement, des modifications plus ou moins notoires. Il en est de même pour quelques espèces fluviatiles, qui, peu à peu, sont devenues des races marines en prenant tous les caractères de celles-ci, et n'ont conservé qu’une analogie éloignée avec leur type primitif. Les Coquilles marines se distinguent, en général, en ce qu’elles sont presque toujours dépourvues d’épiderme, et qu’elles sont ordinairement chargées de côtes, d'aspérités, de | sillons, d'épines, etc.

On peut également considérer les Coquilles bivalves, sous le rapport de la fixité, en libres et en adhérentes. Les Coquilles libres sont celles qui ne sont retenues par aucuncatlache, et qui peuvent changer de lieu, à chaque moment, à l'aide du pied de l’animal qui les habile. Les Coquilles adhérentes sont celles qui se fixent aux corps

sous- marins, plus ou moins immédiatement, par différents moyens. Les unes, comme lesOstracées et les Camacécs, se fixent immédiatement, parla propre substancede la Coquille. sur les corps environnants ; d’autres, comme les Mylilacéesel les Malléacées, se fixent au moyen de ce qu’on appelle Byssus; d’autres enfin ne sont fixées que par un ligament postérieur, qui s'attache aux crochets, comme dans les Brachiopodcs, I» Térébralules, les Lingules. Sous le rapport de la manière particulière de vivre, on trouve parmi les Bivalves : des Tubicolcs qui viveut dans l’intérieur d'un tube accessoire aux valves; des Lignicoles qui habitent dans les bois; des Pélricoles qui ont la faculté de percer la pierre en la dissolvant, pour y demeurer à l’abri des accidents extérieurs; des Arénicoles qui vivent enfoncées dans le sable, etc. — Le plus grand nombre des Coquilles bivalves sont symétriques f c'est-à-dire formées de deux parties absolument semblables ; quelques-unes pourtant ne le sont pas, et elles rentrent parmi celles que l'on nomme Inéquiralres. Les Coquilles Équiralces présentent deux valves semblables et égales dans toutes leurs dimensions; les Inèquitaltes ont une valve plus grandeou plus profonde que l'autre- Parmi celles-ci. on en remarque qui sont régulières, et d'autres irrégulières; les premières sont celles dont tous les indiv idus d'une même espèce sont absolument pareils; les Corbulées en sont un exemple. Les irrégulières présentent au contraire des différences dans les individus de même espèce, comme les Camacées et les Oslracées le font voir. — On entend par Équilatérale, une Coquille qui, partagée par une ligne médiane, dirigée des crochets vers le milieu du bord inférieur, présente deux parties semblables; Subéquilatérale, celle dont les deux parties sont presque semblables, et Inéquilatèrale , celle dont les deux parties ne présentent aucune similitude. Toutes les Coquilles qui ne sont pas closes exactement, sont dites bâillantes ; c’est ainsi que les Tubicolées, les Plioladaires, les Solénacées, etc., renferment toutes des Coquilles bâillantes. Par opposition, on nomme closes toutes les Coquilles dont les bords, rapprochés, ne laissent aucune ouverture, comme dans les Conques soit marines soit fluviatiles. Toutes les fois que l'espace compris entre les crochets et le milieu du bord inférieur est plus grand que celui compris dans un diamètre opposé, on nomme la Coquille longitudinale , comme dans les Mytilacées; lorsque, au contraire, la ligne comprise entre le bord antérieur et le bord postérieur est plus grande que celle qui descend perpendiculairement des crochets, on dit que la Coquille est transversale, comme dans les Solénacées.

Si l’on considère les accidents particuliers à quelques genres et même à quelques espèces, on dira qu'une Coquille est auriculèe, toutes les fois que de chaque côté descrochets, oud’un côté seulement, elle présentera des appendices saillants, comme dans les Peignes; qu'elle est rost rée lorsqu’une de ses faces, ou les deux, présentent à l’un des angles un appendice plus ou moins long, comme dans quelques Analines, quelques Tellines, etc. ; barbue, lorsque l’épiderme qui la recouvre est divisé en un grand nombre de poils roides, comme dans quelques Arches; tivnquée, si elle offre scs valves comme coupées dans

une de leurs parties ; quelques Donaces, quelques Bucardes en donnent des exemples. Quant à ce qui concerne la forme générale de la Coquille, on la dit cylindrique lorsque, également bombée des deux côtés, elle présente à peu près la forme d'un cylindre, comme quelques Modiolcs, surtout les Lilhodomes, Cuv.; orbiculaire, lorsque les valves, prises dans leur cenlre, présentent leurs bords également ou presque également éloignés : telles sont quelques Cythérées, une lluilre à cause de cela nommée orbiculaire; globuleuse, quand les valves, trèsgonflées, présentent chacune la forme exacte d'uu hémisphère; lenticulaire , lorsque le cenlre, étant le point le plus élevé, diminue régulièrement en s'amincissant vers les bords, à peu près comme dans les Verres lenticulaires. On dit également qu'une Coquille est compritnée lorsque la cavité, entre les deux valves, est peu considérable en épaisseur, la Coquille paraissant aplatie au delà de ce qu'elle l'est ordinairement : la Cylhérée écrite est une Coquille comprimée ; cordée, toutes les fois qu'elle présente la forme d'un cœur, comme quelques Bucardcs et surtout les Ilémicardes, Cuv., ainsi que les Isocardes, etc.; linguifonne, lorsqu'elle est aplatie, allongée et oblongue, comme les Vulsellcs et la Lingule ; naciculaire ou rhomboïdale, celle qui approche, dans sa coupe transversale, de la figure d’un petit bateau ou d'une nacelle, comme quelques Arches, les Cucullées, etc.; coudée , lorsqu'elle est comme ployée dans toutes les parties, et s'approche plus ou moins du demi-cercle : une très-petite espèce de Modiolc fossile, ainsi que quelques Arches et desCardites, en offrent l'exemple; pliée, toutes les fois que les valves présentent, l’une un pli saillant, et l'autre un pli rentrant, destiné à recevoir le premier : ce caractère est très-sensible dans toutes les Tellines. L’expression linéaire, enfin, s’applique à toutes les Coquilles dont une desdimensions surpasse l'autre de beaucoup, comme dans le Solen Sabre, le Solon Gaine, etc.

Pour mettre autant que possible de la méthode dans l’exposition des définitions nombreuses qui ont une application plus directe et qui sont d'une connaissance plus nécessaire, nous considérerons ; 1° la face externe des valves; 2° leur face interne; 3° les bords; 4° les moyens que la nature a employés pour réunir et tenir co contact les deux valves principales et les parties accessoires lorsqu'elles en présentent.

1° La face extérieure des valves est toute cette surface, le plus souvent convexe, comprise entre les crochets, la lunule, l'insertion du ligament et les bords. Celle surface est fisse lorsque, dans sa courbure, aucun de scs points ne s'élève plus qu'un autre. C'est ainsi que la Telline Soleil-Levant, que beaucoup de Solens, de Cythérées, etc., etc., sont des Coquilles lisses; raboteuse, lorsque des aspérités tronquées, relevées comme celles d'une râpe, se présentent à la surface, comme dans la Telline raboteuse, vulgairement la Langue de Chat ; striée , sillonnée et à côtes : ces trois mots expriment la même chose quant au fond, il n’y a de différence que du plus au moins; une Coquille est striée lorsque des enfoncements et des élévations concentriques ou rayonnantes, plus ou moins serrées et déliées, se voient à la surface; elle est sillonnée lorsque ces alternatives sont plus espacées et plus grosses, et elle est

à côtes lorsque ces espaces sont encore plus grands et plus relevés. Ces stries, sillons ou côtes, sont aigus, tranchants ? carrés ou arrondis; on dit qu'ils sont perpendiculaires ou lonqitwlinaux lorsque, parlant des crochets, ils viennent se terminer au bord delà Coquille, comme dans les Yénéricardes, les Bucardcs.elc,; ils sont obliques lorsqu'ils coupent obliquement les deux plans de la Coquille ; ils sont transrcrscs quand ils vont du bord antérieur au bord postérieur, en suivant parallèlement le bord inférieur de la Coquille. On entend par Coquille treillissée celle dont la surface présente ou des stries ou dessillons, ou des côtes perpendiculaires, rencontrés ou traversés par d'autres transverses. Celte expression est synonyme de pectinée; la metteuse, lorsque les stries ou les sillons, au lieu d'étre obtus et élargis à la base, sont relevés en lames plus ou moins minces, plus ou moins élevées et plus ou moins nombreuses. C'est ainsi que cette belle Vénus lévantine, la Crassatelle lamclleuse. etc., sont des Coquilles lamelleuses. Il y a cette différence entre lainelleusecl feuilletée, que la première a un lest solide à la surface duquel on remarque des lames saillantes, et qu'à la seconde c'est le lest lui-même, qui est formé de beaucoup de feuillets réunis, dont les extrémités font souvent saillie au dehors, comme dans les Uuitres, par exemple; crépue, lorsque la surface étant lamelleuse, ces lames sont découpées régulièrement et quelquefois traversées à angle droit par des sillons. La Pholade crépue et quelquesautres du même genre, les Corbeilles, la Vénus crépue, présentent celte structure; onduleuse, toutes les fois que les lames , les stries, les sillons et les côtes , au lieu d'étre dirigés régulièrement, d'un point vers un autre, sont brisés plusieurs fois en formant divers angles : telles sont les stries du Soleil rose, les côtes de la Moule de Magellan, de quelques Pinnes, de plusieurs Uuitres pétrifiées ou fossiles, etc. ; noduleuse, lorsque des séries plus ou moins régulières, de petites élévations arrondies se montrent sur certains points de la Coquille vers le corselet ou la lunule. On l'appelle quelquefois cerruqueusc , telle est la t'émis rerrucosa, et même tuberculeuse , lorsque ces élévations sont placées sur une base plus large, comme dans quelques Trigonies pétrifiées; rustiquée, lorsque les côtes perpendiculaires dont est garnie la surface, se trouvent coupées transversalement par des stries d'accroissement. Les stries d'accroissement se distinguent des autres, en ce qu'elles sont irrégulièrement espacées; c'est même un défaut dans la Coquille, lorsqu'elles sont trop apparentes.

Une Coquille épineuse est celle qui présente sur toute sa surface ou seulement sur quelques-unes de ses parties, des cônes allongés, pointus, qui y sont implantés par la base. Les épines sont courtes, longues, courbées, tubuleuses. La Bucarde épineuse est couverte d'épines sur toute sa surface; la Cylhéréc épineuse n'en présente qu'au tour du corselet; elle est écailleuse lorsque les côtes ou la surface présentent des éminences minces, aplaties et saillantes, toujours séparées des voisines par | une échancrure qui se prolonge jusqu'à sa base, ou par l'espace qui sépare les sillons ou les côtes sur les- ! quelles clics sont fixées. Les écailles peuvent être sim-

ples, c'est-à-dire non découpées à leur bord, comme dans les Bénitiers. Elles peuvent être découpées ou divisées à leur circonférence en plusieurs appendices inégaux, comme dans la Came feuilletée; elles deviennent quelquefois tubuleuses lorsque, les deux tiords venant à se rapprocher et 5 se confondre, elles présentent un véritable tube cylindrique, comme il arrive souvent dans la Pinne rouge. Elles sont tuilées quand elles sout placées les unes au dessus des autres, sur des lignes parallèles ou sur les côtes de la Coquille, rangées de la même manière que des tuiles sur un toit ; et enfin elles sont roulées lorsqu'elles sont convexes d'un côté et concaves de l’autre. l:ne Coquille rayonnée est pour nous la même que celle qui est à côtes. Que les côtes partent d'un point ou d'un autre, pour prendre une direction quelconque, ce ne sont pas moins des côtes, et nous pensons que Linné et Bruguière ont à tort séparé par deux expressions deux choses semblables. Effectivement, ils ont entendu par rayons les côtes qui descendent des crochets vers le bord des valves, par Coquille rayonnée celle qui présente à sa surface cette disposition, comme la plupart des Peignes, et ils ont réservé le nom de côtes à celles qui suivent la direction des bords de la Coquille et qui lui sont parallèles. Nous croyons qu'il vaut mieux désigner la direction des côtes, comme nous l'avons fait précédemment pour les stries, les sillons et les côtes, en perpendiculaires, longitudinales et obliques. Avant déterminer ce qui a rapport à la surface des valves, nous dirons que l’on est convenu d’appeler centre la partie la plus saillante de la Coquille, disque cette partie convexe, qui est au-dessous du ventre, et limbe la circonférence des valves depuis le disque jusqu'aux bords. Ces dénominations, qui ne sont presque plus usitées, présentent peu d'exactitude dans l’application qu'on eu pourrait faire, puisqu'on ne peut en déterminer les limites qu’arbilraircinenl. Nous ajouterons également que l’on est convenu de nommer carénée la Coquille dont une partie offre une côte aigue et saillante, semblable à une crête, comme dans les Bucardes. nommées llémicardcs par Cuvier, et sinueuse lorsqu'une partie des valves et de leurs bords offre d'un côté un enfoncement, et de l’autre une partie saillante proportionnelle, comme la plupart des Térébralules , et surtout la Térébratule Magellanique.

2° La face interne des valves est cette surface le plus souvent concave, qui est en contact immédiat avec l'animal renfermé entre les deux valves de la Coquille. Cette surface est limitée par la charnière et les bords , ou donne à ceux ci une ligue ou deux de largeur. Celte face est presque toujours lisse; il arrive pourtant, et cela presque uniquement dans les Peignes, que les côtes qui sont à l'extérieur, se voient à la partie interne, mais dans un ordre inverse; c'est-à-dire que les côtes saillantes en dehors sont creuses en dedans, taudis que les espaces qui les séparent et qui sont enfoncés, font saillie au dedans; mais, en général, et à l'exception des Coquilles très-minces, on peut juger, par la seule inspection de la face interne, des nombreux accidents de cette nature, qui peuvent se trouver à l'extérieur. La concavité des valves ne répond pas toujours à la con-

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vexilé de la face extérieure; cela arrive lorsque la Coquille est épaisse : la matière calcaire qui les forme, étant déposée en bien plus grande quantité sous les crochets que vers les bords. Les valves sont rarement colorées en dedans; si quelquefois elles présentent des couleurs, ce n'est jamais que dans certaines espèces et nullement par familles ou par genres, et en général ce sont des teintes douces et fondues qui n'oul aucun rapport avec la coloration extérieure, quelques cas rares exceptés; presque toujours elles sont blanches ou nacrées. Cette couleur nacrée parait quelquefois être le propre de certains genres, comme celui des Muleltes, des Pernes et surtout des Pintadines qui. à elles seules, fournissent presque toute la nacre employée dans les arts, et qui, de plus, produisent les perles si recherchées pour la parure. On remarque dans l'intérieur des valves, des impressions qui sont les traces que l'animal a laissées de son organisation. Les premières, les plus apparentes , les plus profondes , sont les impression* musculaires. Lamarck s'est servi, avec avantage, de ces impressions pour diviser les Conchifères en deux ordres : Conchifères à deux impressions musculaires, et Conchifères à une seule. Cette division repose évidemment sur des organisations différentes; l'animal qui avait deux muscles a laissé deux impressions, celui qui n’en avait qu'un n'en a laissé qu’une. On nomme Dimiaires les Conchifères à deux muscles, et Monomiaires ceux à un seul muscle. Elles sont latérales lorsqu'étant au nombre de deux , l'une se dirige vers le bord antérieur et l'autre vers le bord postérieur ; elles sont ordinairement semi-lunaires t d'autres fois quadrangulaires, et, dans le seul genre des Lucines, l’une d'elles s'allonge et se rétrécit en se dirigeant eu avant. Lorsqu'il n'existe qu’une impression, elle est centrale ou presque centrale ; elle est alors le plus ordinairement circulaire , enfoncée, et d'autres fois elle est en hache ou semi-lunaire. Les autres impressions sont dues à ce que l'on nomme manteau ou enveloppe charnue et extérieure de l’animal. Les diverses formes du manteau laissent diverses impressions; le plus ordinairement c’est une impression linéaire qui suit la direction du bord inférieur, depuis les attaches musculaires, et quiquelquefois vers l’angle antérieur se découpe en un angle plus ou moins grand. Quelquefois, au-dessous du manteau, on remarque de petites élévations qui paraissent correspondre à des glandes ou à des organes particuliers, parsemés sur le manteau.

3° Les bords des valves comprennent toute la surface entre le bord extérieur cl l'impression du manteau , c'est-à-dire à une ligne ou deux de largeur. Ils peuvent être canaliculès lorsqu'une partie de la circonférence Intérieure des valves présente une gouttière, comme dans la Venus Casina ; simples ou lisses quand ils n'offrent ni crénelures, ni dentelures, ni stries, etc.; striés lorsque des stries perpendiculaires se remarquent à leur surface : elles aboutissent ordinairement à une dentelure très-fine; plissés, lorsqu'ils sont composés de plisqui se reçoivent réciproquement dans chaque valve; crénelés, quand ils présentent une dentelure intérieure, arrondie, comme dans quelques Arches; et dentés, toutes les fois que les bords sont armés de dents

pointues ou quadrangulaires, comme dans la Bucarde pondeuse, la Bucarde dentée et d’autres.

Au commencement de cet article, nous avons distingué, d’après la position que nous avons adoptée pour examiner la Coquille, les bords en antérieurs, postérieurs, inférieurs et supérieurs. Ces bords, excepté le supérieur, ne présentent rien qui n’ait été indiqué plus haut, lorsque nous avons parlé des divers accidents qui se remarquent à la surface extérieure des valves; mais le bord supérieur nous offre plusieurs choses qu’il est nécessaire de bien connaître ; ce sont les crochets, le corselet et la lunule.

11 arrive pourtant que le corselet et la lunule sont quelquefois placés de manière à appartenir, l'un au bord antérieur, l’autre au bord postérieur, et cela dépend uniquement de la forme générale de la Coquille. C’est ainsi que lorsque la Coquille est longitudinale, ces parties sont placées sur les bords antérieur et postérieur, tandis qu’elles sont placées sur le bord supérieur, lorsque la Coquille est transversale.

Les crochets ou sommets sont ces protubérances coniques, plus ou moins recourbées l’uue vers l’autre, et qui couronnent la charnière, c’est-à-dire qu’ils soûl immédiatement au-dessus. Us varient pour la forme. Ils sont nuis ou presque nuis, lorsqu’ils ne font pas ou presque pas de saillie venant se confondre dans le bord de la charnière , comme cela se voit dans les Solens Gaine, Silique, Sabre, etc. ; aplatis, lorsqu'à la place d’une saillie on observe une dépression remarquable; crochus, lorsqu'ils s'inclinent l'un vers l’autre, en se dirigeant vers l'axe perpendiculaire de la Coquille, comme dans les Pétoncles; recourbés, lorsqu'ils se dirigent vers la lunule. Cette direction est la plus ordinaire et la plus générale. Il n'y a que quelques espèces, dans certains genres, où l’on remarque le contraire, et, dans ce cas seulement , le ligament semble être placé dans la lunule par sa position et le rapport de forme et de direction des bords de la Coquille. C'est ce qui a lieu dans quelques Donaces et dans presque toutes les Tellines qui présentent par là une exception à la règle générale, au moins pour les Coquilles régulières et Di miaires. Ils sont cornus, lorsque, fortement prolongés, ils sont tournés en spirale plus ou moins régulière , comme dans la Came unicorne et les Dicérates; appuyés , s'ils se touchent ; écartés, si la distance qui les sépare est au moins d'une ligne; éloignés, si un plus grand espace les sépare, et recouverts, si celui d'une valve recouvre ou cache une partie de celui qui lui est opposé, comme cela a lieu dans la Bucarde Cœur de Vénus. Ils sont auriformes lorsque, peu saillants et tournés en spirale, Us sont appliqués sur le ventre de la Coquille; volulés , quand ils offrent une spirale qui a plus d'un tour, comme les Isocardes; ridés, quand des côtes saillantes et onduleuses les garnissent, et rongés, toutes les fois que l'épiderme qui les recouvre ou une portion de leur test sont enlevés et cariés; ces deux circonstances s'observent presque exclusivement dans les Coquilles fluviatiles.

Le corselet. Bruguière sépara du corselet Vècusson qui, à ce qu’il semble, doit en faire partie, ainsi que les lèvres. La raison en est sensible, c'est que si l’on ôte

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