CRI
vingt-quatre tétraèdres symétriques, réunis par leurs faces, lesquelles sont des triangles isocèles tous égaux entre eux. Dans l'octaèdre et le tétraèdre, les clivages qui passent par le centre sont au nombre de quatre, et mènent à des solides partiels de deux formes différentes, savoir : des tétraèdres et de* octaèdres. Mais comme on ne peut admettre deux sortes de molécules dans un même Cristal, Hally choisit dans ce cas, pour représenter la forme élémentaire, le solide le plus simple ou le tétraèdre, et il suppose que les molécules, au lieu d'étre juxtaposées par leurs faces, comme dans les cas précédents, sont réunies par leurs bords de manière à laisser entre elles des vacuoles de figure octaèdre. C'est en effet la seule manière dont les tétraèdres réguliers puissent être symétriquement agrégés entre eux. On voit, par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, qu'il n'existe que trois formes de molécules intégrantes, employées par la Cristallisation comme éléments de la structure des corps polyédriques : ces formes sont le tétraèdre , le prisme triangulaire équilatéral et le parallélfpipède. On peut même , par une considération ultérieure, les réduire à une seule qui est celle de ce dernier solide ; car les prismes triangulaires et les tétraèdres sont toujours assortis de manière qu'étant pris deux à deux, ou six à six, ils composent de* parallélipipède*, en sorte que le Cristal peut être conçu comme un assemblage de ces mêmes paralléiipipède8 juxtaposés par leurs faces. Ce sont des molécules du second ordre, qui remplacent les premières avec avantagedaus les applieationsde la théorie. HaUy leur donne le nom de molécules soustractives j on sentira bientôt la raison de cette dénomination.
Ainsi, en dernière analyse, un Cristal quelconque peut être regardé comme un aggrégat de petits parallélipipèdes similaires, disposés parallèlement de manière que si on les suppose rapprochés Jusqu'au contact , ils ne laissent aucun vide entre eux. Si l’on considère seulement ceux de ces parallélipipèdes dont les centres sont également espacés sur une même ligne droite, ou aura ce qu'on appelle une file ou une rangée de molécules. Plusieurs rangées semblables, juxtaposées par leurs faces, composeront les lames cristallines; et ces lames, superposées entre elles, reproduiront la masse du Cristal. Les petits parallélipipèdes, les rangées linéaires de ces molécules, les lames planes formées de ces rangées, tels sont les divers éléments qu'il faut considérer dans la structure des Cristaux. Remarquons, avant d'aller plus loin , que l'on peut distinguer trois sortes de rangées de molécules. Dans la première . les molécules sont simples et réunies par leurs faces; la ligne qui traverse leur* centres est parallèle à l'un de leur* bords. Dans la seconde, les molécules sont pareillement simples, mais elles se réunissent par une de leur* arêtes, en formant des rentrée* et des saillie* alternatives ; la ligne centrale est alors parallèle à l'une des diagonales de ces molécules. Enfin, dans la troisième espèce de rangée, les molécules sont composées, ou résultent du groupement des molécules simples deux à deux, trois à trois, quatre à quatre, etc. Ces molécules composées se réunissent de méine par leurs arêtes; mais la ligne centrale, passant par une de leurs diago-
nales, se trouve par cela même inclinée en même temps au côté et à la diagonale des molécules simples. On peut donc concevoir, dans une lame cristalline, des rangées de molécules dont la direction soit variable à l'infini, et intermédiaire entre celle des bords et des diagonales de chaque molécule simple.
Il est aisé maintenant de se rendre compte de* différences que présentent dans leur structure les formes cristallines d'une même espèce minérale. Toutes ces formes ayant une partie constante qui est leur noyau, il ne s'agit que de déterminer la partie enveloppante, qui varie |>our chacune d'elles; or, cette variation ne peut provenir que des changements que subissent, dans leur figure et leur étendue, les lames cristallines qui s'élèvent pyramidalcmcnt au-dessus des faces du noyau. Ces laines doivent décroître en général par la soustraction régulière d'une ou de plusieurs rangées de molécules, puisqu'elles produisent, par la retraite successive de leurs bords, des faces planes, inclinées à celles du noyau; et ce décroissement uniforme doit avoir lieu tantôt parallèlement aux arêtes du solide primitif, tantôt parallèlement à ses diagonales, ou dans un sens quelconque intermédiaire, puisque les faces du solide secondaire circonscrivent le noyau dans toutes sortes de directions, en le touchant, soit par un de ses bords, soit par un de scs angles. llaUy donne le nom de Décroissements sur les bonis à ceux qui se font par la soustraction de rangées parallèles aux bords; celui de Décroissements sur les angles à ceux dans lesquels les rangées soustraites sont parallèles aux diagonales; et celui de Décroissements intermédiaires à ceux dans lesquels la direction de ces rangées est inclinée en même temps au côté et à la diagonale. Les laines successives sur lesquelles le décroissement opère uniformément, sont tantôt simples ou n'ayanl que l'épaisseur d'une seule molécule, et tantôt composées de plusieurs laines simples, qui sont censées n'en faire qu'une. Dans le premier cas, la quantité qui indique la loi du décroissement ou le nombre de rangées soustraites est toujours un nombre entier; dans le second cas on lui donne la forme d'une fraction dont le numérateur représente le nombre de rangées soustraites dans le sens de la largeur de la lame, et le dénominateur celui des rangée* soustraites dans le sens de la hauteur. L'expérience prouve que les lois de décroissement dans les Cristaux naturels, sont toujours extrêmement simples ou exprimées par les plus petits nombres, tels que 1, 3, t/3, etc., et que celles dont l’expression est la plus simple sont en même temps les plu* ordinaires. Lorsqu'on connaît la loi d'un décroissement et les dimensions du solide primitif, la face qui en résulte est par là même déterminée, et le calcul de ses inclinaison* sur les faces du noyau se réduit à la solution d'un problème de trigonométrie.
La manière dont on rient de concevoir la génération des formes secondaires suppose que la forme primitive est modifiée par une addition de lame* empilées sur ses différentes faces. On pourrait imaginer au contraire qu'au lieu de s'accroître elle diminue par la soustraction de plusieurs rangées de molécules dont l'effet serait de tronquer ses arêtes ou ses angles solides, et de les remplacer par de nouveaux plans. Ces plans relran-
obéraient alors du solide primitif de petites pyramides ou des sortes de coins dont les dimensions seraient en rapport arec les nombres de rangées soustraites à la naissance du décroissement, et l'on déterminerait la position de chaque plan par le calcul des angles du solide retranché. Ce calcul ne présente aucune difficulté. Mais il ne suffit pas souvent de connaître les incidences de ces plans sur les faces du noyau; il importe encore de calculer les incidences mutuelles des faces secondaires, soit d’un même ordre, soit de différents ordres. C’est à quoi l’on parvient à l’aide de la trigonométrie sphérique, ou de formules algébriques préparées pour cet objet. Hatiy a construit des formules de ce genre, qui peuvent servir avec avantage dans la solution des principaux problèmes de la cristallographie. Cependant la multiplicité des cas différents, auxquels il applique des formules particulières restreint beaucoup leur degré de généralité. Pour en obtenir une qui convienne à tous les cas à la fois, et donne immédiatement l'angle de deux faces quelconques dont la génération est connue, il faut avoir recours au seul moyen que fournit la géométrie de Descartes, et qui consiste à rapporter les positions de toutes les faces cristallines h trois axes fixes pris dans l'intérieur du noyau. Lainé a déjà indiqué ce moyen aux Crislallographes dans un des numéros des Annales des .Mines (fs. T. iv, p. f>9 ) ; mais il s'est contenté de généraliser la formule ordinaire de l'inclinaison de deux plans , en supposant les axes obliques, et en les dirigeant constamment dans le sens des côtés de la molécule soustractive. Celte formule devient alors d'une complication telle, qu’on peut à peine la développer dans son entier, et elle renferme, sous le signe radical, des lignes trigonométriques, dont l’expression est elle-même irrationnelle, ce qui rend la solution presque impossible. Pour avoir une formule simple et praticable, il faut que les axes soient rectangulaires; alors elle n’est plus fonction que de neuf quantités élevées au carré , savoir : trois constantes qui représentent les dimensions du solide primitif parallèlement aux axes, et six variables qui mesurent les effets des décroissements dans le sens «les mêmes axes. On appréciera l'avantage de cette formule si l’on fait attention que plus des deux tiers des substauces connues se rapportent à un système de Cristallisation rectangulaire, et qu'ainsi elle est à leur égard d'une application immédiate. Lqs autres substances, à l'exception d'un très-petit nombre, peuvent se ramener à un système en partie rectangulaire, tel que celui du prisme rectangle à base oblique, dans lequel deux des trois axes sont encore déterminés par la nature du solide primitif. On fait usage de la formule dans ce cas, après avoir préalablement substitué un noyau hypothétique, entièrement rectangulaire, ait véritable noyau, ce qui revient à opérer ce que les géomètres appellent un changement de coordonnées.
On vient de voir en quoi consistent les relations dont il a été parlé plus haut , entre les inclinaisons variables des faces secondaires et les dimensions constantes du solide primitif; comment ces relations s'établissent au moyen de certaines indéterminées qui représentent l'effet initial des décroissements sur les côtés du noyau,
et ne varient qu'entre des limites très- resserré^», en restant toujours simples cl rationnelles; comment thfvn ce* mêmes relations peuvent s’exprimer de la manière la plus générale par une seule formule analytique. Cette formule fournit la solution de deux problèmes inverses | l’un de l'autre. I.e premier a pour but de calculer toutes I les formes secondaires possibles d'une substance, d'a- | près la forme primitive supposée connue; le second | consiste à retrouver les diim usions de cette forme primitive en parlant des formes secondaires, déterminées par l'expérience. Ce dernier est d’une grande importance en Cristallographie; car, s'il est quelques formes primitives dont les dimensions soient données à priori ou par la seule observation du clivage, il en est d’autres que la division mécanique ne fait connaître qu'iuiparfaitement, et pour lesquelles il est absolument indispensable d’avoir recours au calcul. pour la manière de résoudre ce problème, le Traité de Cristallographie d’Hauy (T. it. p. 340).
Si l’on compare entre elles toutes les formes secondaires du même genre, qui proviennent d’une même forme primitive, on trouve qu’elles composent des séries dont tous les termes se déduisent les uns des autres par le même procédé, et sont liés entre eux par une métne loi mathématique, en sorte qu’il suffit d’en connaître un seul pour pouvoir les connaître tous. On peut même obtenir directement la relation qui existe entre les formes séparées par un nombre quelconque de formes intermédiaires; et cette relation fournit un caractère général pour reconnaître de suite si une forme donnée se trouve comprise ou non dans une certaine série. .Malus est le premier savant «jui ait enseigné la génération cl le calcul de ces séries, du moins en ce qui concerne les formes rhomboïdales (/■'. sa Théorie de la double réfraction; Paris, 1810, pages 121 et 238). IJaüy et Weiss en ont également fait mention dans leurs ouvrages.
Mohs a fondé sur l’existence de semblables séries dans chaque espèce de formes secondaires simples, le principal caractère distinctif des systèmes de Cristallisation. Les formes qn’il regarde comme simples, sont celles que terminent des faces parfaitement identiques, c’est-à-dire égales, semblables et semblablement placées. Tels sont les rhomboïdes et les doubles pyramides à quatre, ou six, ou huit triangles isocèles ou scalènes- Les formes composées résultent de l'assemblage de différents ordres de faces, dont chacun appartient à une forme simple particulière : Mohs leur donne le nom de combinaisons. L’analyse ou le développement des com hinaisons est, suivant lui. l'uri des points les plus importants de la Cristallographie. Ce développement se réduit à montrer quelles sont les formes simples qui entrent dans une combinaison, dans quels rapports de position ces formes sont l'une à l’égard de l'autre, et quel rang elles occupent dans les séries dont elles font partie. Tous les termes de chaque série procèdent suivant des lois constantes, qui permettent d’en calculer un quelconque, lorsque son rang est connu. Mohs considère d'abord la série de rhomboïdes dont telle est In loi de dérivation, que les faces de chacun d’eux sont tangentes aux arêtes de celui qui précède. Tous ces
rhomboïdes ont alors le même axe, et diffèrent par leurs projections horizontales. Mais si Ton fait varier leurs volumes, de manière qu’ils aient tous la même projection, les axes suivront entre eux la progression géométrique 1,2, 4, 8, etc.; et celui de la forme dérivée dont le rang est marqué par le nombre n, sera égal à l’axe de la forme fondamentale multiplié par la puissance n de 2. Quand on connaît dans un rhomboïde le rapport de l'axe au coté de la projection horizontale, ce rhomboïde est parfaitement déterminé : or, le côté de la projection horizontale, étant le même pour tous les termes de la série, doit être regardé comme égal à nullité; le nombre qui marque le rang d’un terme, fait connaître l’axe de ce terme; donc il en est le véritable signe cristallographique. La série que nous venons de considérer, se prolonge de part et d’autre de la forme fondamentale, vers des limites qu’elle atteint lorsque le nombre n devient infini, ('.es limites ne sont autre chose que des prismes hexaèdres réguliers, dont l'axe est infiniment grand ou infiniment petit, c’est-à-dire qu'elles donnent les pans et les bases des formes prismatiques que l’on observe dans le système rhomboédrique. On doit distinguer dans les différents termes d'une même série leur position relative, telle qu’elle est amenée par la dérivation : deux rhomboïdes sont en position parallèle, lorsque leurs faces sont dirigées dans le même sens ; ils sont en position tournée (in rerwendeter Stel tunrj) , lorsque les faces de l’un sont tournées vers les arêtes de l’autre; alors leurs sections principales s’inclinent sous un angle de G0° ou de 180'*. Fn général, deux termes d’une série, entre lesquels se trouve un nombre pair de termes, sont l’un à l’égard de l'autre dans cette dernière position : ils sont au contraire en position parallèle, lorsqu'il y a un nombre impair de formes intermédiaires. La position relative de deux rhomboïdes qui font partie d’une même combinaison se détermine d’après celle des arêtes de leur commune intersection. — Les pyramides doubles à six côtés scalènes forment entre elles des séries qui procèdent suivant la même loi que les séries de rhomboïdes auxquelles elles correspondent : on les déduit de ces dernières. en multipliant tous les axes à la fois par un même nombre rationnel, et en menant par les extrémités des nouveaux axes des plans qui passent par les arêtes latérales des rhomboïdes. Ces séries ont pour limites des prismes à douze pans, dont les angles sont alternativement égaux, et dont la coupe transversale est égale à celle de la série des pyramides. — Ces séries de pyramides à leur tour produisent de nouvelles séries de rhomboïdes, que Mohs appelle secondaires ( Neben-Reihen ). On les obtient en plaçant des plans sur les . bords analogues des pyramides déduites de la série principale. Enfin les pyramides à six côtés isocèles, forment encore des séries qui suivent la loi générale des formes dérivées des rhomboïdes. Toutes ces séries de formes homogènes, procédant suivant la même loi , composent par leur assemblage ce que Mohs appelle le Système de Cristallisation rhomboédrique. — Il existe deux autres formes fondamentales, dont chacune donne naissance à des séries de formes homogènes, procédant suivant une loi qui leur est propre, et
S DICT. DES SCI1DCE8 D AT.
composant par leur ensemble, un système particulier. Ces formes sont les doubles pyramides à quatre triangles isocèles, et les doubles pyramides à quatre triangles scnlènes. Les premières produisent seulement des séries de formes pyramidales; les secondes au contraire produisent deux sortes de séries, les unes de pyramides à quatre triangles scalènes, et les autres de prismes rhomboïdaux illimités dans le sens de leur axe, que l'on peut encore considérer comine des pyramides à triangles scalènes, dont une des diagonales de la hase est devenue infiniment grande. Deux prismes de ce genre, en se combinant de manière que leurs axes soient perpendiculaires l'un à l’autre , donnent naissance à un octaèdre rectangulaire. Les limites des séries de prismes rhomboïdaux sont de simples couples de faces parallèles, dirigés les uns dans le sens de l'axe de la forme fondamentale, et les autres perpendiculairement à cet axe.
— La dernière forme fondamentale admise par Mohs, est le cube : ici les formes en rapport 1rs unes avec les autres par leurs propriétés, ne sont plus de la même espèce; elles ne composent plus des séries infinies dont les termes ne se distinguent entre eux que par la mesure de leurs angles; mais elles sont en nombre limité et de nature différente. Quelques-uns des solides dérivés du cube, sont susceptibles de se résoudre en deux formes simples, identiques, et possédant chacune la moitié du nombre des faces de la forme entière. Ces subdivisions régulières d’une même forme, peuvent exister individuellement ou faire partie des combinaisons dans les Cristaux naturels. — On voit par ce qui précède que Mohs n'admet que quatre formes simples comme fondamentales, et par conséquent quatre systèmes de Cristallisation, comprenant l'ensemble des formes qui en dérivent. Le premier système est le rhotnboidriqne ; il est ainsi nommé, parce que les formes qu'il renferme possèdent les propriétés générales du rhomboïde. Le second est le système pyramidal, dont toutes les formes sont en général des pyramides : il dérive de l’octaèdre à base carrée. Le troisième est le système prismatique, qui renferme une grande variété de prismes quadtangulaires : il dérive de l'octaèdre rhomboïdal. Enfin le quatrième système est le tessulaire, dont toutes les formes possèdent les propriétés générales du cube. La dénomination de système de Cristallisation ne s'emploie, pour désigner un ensemble de formes dérivées, que d'une manière générale, et lorsqu’on a seulement égard à l'espèce de la forme fondamentale. Mais si l’on considère particulièrement une forme de dimensions données, comme celle qui est propre à une certaine substance , alors l'ensemble de ses dérivées prend le nom de série de Cristallisation. Uue pareille série est déterminée, lorsque l’on connaît les mesures de l’un de ses membres, pourvu que ce ne soit pas une limite. — Les combinaisons des formes simples sont soumises à deux lois générales : la première est que la nature ne combine entre elles que des formes qui appartiennent à une même série de Cristallisation; la seconde consiste en ce que la jonction de deux formes se fait dans les positions que leur donne le procédé de leur dérivation. De ces deux lois dépend la symétrie
des combinaisons, qui ne doit pas être considérée, suivant Molis, comme la loi fondamentale de la Cristallisation. Il arrive quelquefois que les combinaisons ne renferment que la moitié du nombre des faces que possèdent les formes simples avant leur réunion : telles sont les combinaisons que Mohs appelle hémi tessulaires, liémi-rhomboédriqties . hémi-pyramidales, hémiprismatiques et télarto prismatiques. Ces deux dernières servent à rendre raison des prismes à base oblique que l’on observe dans la nature. Ce ne sont point des formes simples, mais de véritables combinaisons qui ap]»artiennenl au système prismatique. (Mohs, die Charaktere der Kiassen, Ordnungen, etc. Dresde, 1821).
Weiss a cherché, dans un de ses Mémoires, à assigner un caractère géométrique aux différents systèmes de Cristallisation. Il les partage d'abord en deux grandes divisions, suivant que les formes dont ils se composent sont susceptibles d'ètre ramenées à trois dimensions perpendiculaires entre elles, ou bien à quatre dimensions, dont trois sont dirigées dans un même plan sous des angles de 120°, et la quatrième est perpendiculaire aux trois autres. 11 admet ensuite quealans tes Cristaux naturels, où ces dimensions sont déterminées et font la fonction d'oxes, les faces qui $e coordonnent symétriquement alentour de ces axes, peuvent exister toutes ensemble, ou être réduites à la moitié de leur nombre, par l'effet de certaines vertus polaires, propres aux différents côtés des mêmes axes.
Iro Division. — Trois axes perpendiculaires entre eux. Il peut arriver trois cas : 1° les trois axes peuvent être égaux entre eux ; le système de Cristallisation relatif à ce cas est nommé par Weiss Sphœrocdrisches System. Si toutes les faces que détermine l'ensemble des axes existent sur le Cristal, le système a pour type l'octaèdre régulier, cl il prend le nom de Homosphœroedrisches System. S'il n'existe que la moitié des faces exigées par la symétrie, c'est alors le système hémispbéroédrique, auquel se rapportent le tétraèdre régulier et le dodécaèdre pentagonal. 2» Deux axes sont égaux et le troisième est différent; forme fondamentale : octaèdre à base carrée. 5° Aucun des trois axes n'est égal aux autres.
ci. Toutes les faces qu’ils déterminent existent sur le Cristal [Ztcei und-Ziceiglicdcriges System). Type fondamental : octaèdre rhomboldal.
b. La moitié d’un certain ordre de faces existe; l’autre moitié a disparu par le prolongement des premières ( Zwei-und-t'.ingliedcriges System). Type : prisme oblique rhomboïdal.
c. La suppression de certaines faces a eu lieu dans plusieurs sens, de manière à produire des formes qui paraissent tout à fait irrégulières ( Ein-und-Einglie deriges System). Type fondamental : prisme oblique irrégulier.
Il* Division. — Quatre axes, dont un perpendiculaire aux trois autres. 1" Toutes les faces existent sur les Cristaux ( Scchsgliederiges System). Forme fondamentale : dodécaèdre à triangles isocèles. 2° La moitié du nombre des faces a disparu par le prolongement des autres (Drci-und- Dreigliederiges System). Forme fondamentale : rhomboïde, y. la Dissertation de Weiss,
qui a pour titre : De Indagando formarnm Cristallinarum Cha racle re , elc. Leipsick, 180Î), et son Mémoire intitulé : Satürtiche-Ablheilung der Krystatlisations Système, parmi ceux de l'Académie de Berlin pour l’année 1814.
Léonhard admet des divisions analogues dans l'ensemble des systèmes de Cristallisation, et pour rendre raison de cette dérogation remarquable à la loi de symétrie, par laquelle certaines formes semblent perdre la moitié de leurs faces, il combine avec celte loi une autre loi de Cristallisation qu'il nomme Loi de polarité, et qui tend à modifier l'action de la première. Elle consiste en ce que certaines parties d'un parallélépipède rectangle, opposées diamétralement l'une à l'autre, et par conséquent identiques, se comportent comme si elles étaient différentes, tandis que celles qui sont diagoualemenl opposées sur une même face se comportent comme identiques, et réciproquement (Handbuchder Oryktognosie, p. 41, Heidelberg, 18211.
Dans la description donnée plus haut, des différents systèmes de Cristallisation, on s'est borné, pour établir le caractère général et déterminer l'étendue de chacun d’eux, à la seule considération de la symétrie des modifications, admise comme un résultat d’expérience. En cela on a suivi la marche qui a été (racée par Brochant, et qu'ont adoptée plusieurs minéralogistes. Beudant, dans ses cours, et Brooke, dans un ouvrage récent, ont rendu très-clair et très-méthodique lin exposé semblable qu'ils ont fait du même sujet, en classant avec soin les différentes sortes de modifications, cl les représentant par des figures qui indiquent le passage successif d’une forme à une autre, (y. l'ouvrage de Brooke, intitulé : A familiar Introduction to Cristallography , elc. Londres, 1823.)
— Jusqu’à présent on a considéré dans cet article la Cristallisation sous un point de vue purement géométrique, se bornant à décrire ses produits, sans examiner les circonstances de leur formation. A la vérité nous avons conçu théoriquement les formes secondaires comme devant leur origine à une addition progressive de lames planes sur les différentes faces d'un noyau primitif; mais ce n'était là qu’une hypothèse propre à faciliter l'expression des lois de leur structure. Il est prouvé par l’expérience, que les Cristaux s’accroissent au contraire par une superposition d'enveloppes concentriques, qui, en se succédant l’une à l’autre, augmentent de dimensions sans changer de forme, du moins tant que les forces cristallisantes ne varient pas sensiblement. 11 resterait maintenant à envisager la Cristallisation sous le point de vue de la physique , à remonter aux causes qui déterminent un arrangement constant des molécules dans l'intérieur des Cristaux, et à rechercher celles qui font varier leurs formes extérieures dans la même espèce. Mais on n’a à cet égard que des conjectures vagues ou des faits en petit nombre, qui ne permettent pas encore la solution de celte importante question. On peut entrevoir tout au plus la raison des lois symétriques auxquelles les modifications sont assujetties, et apprécier quelques-unes des circonstances qui ont pu influer sur ces modifications. Beudant a fait un grand nombre de recherches sur les
substances qui cristallisent dans les laboratoires, et il a reconnu qu’en général les causes qui paraissent produire des variations de forme dans les Cristaux d'un même Sel, pouvaient se réduire à trois, savoir : 1° les mélanges mécaniques qui existent dans la solution, et qui sont entraînés par la Cristallisation du Sel; 2° la nature du liquide dans lequel cette Cristallisation a lieu; 3° les mélanges chimiques de matières étrangères qui se combinent avec le Sel en proportions indéfinies. Les mélanges mécaniques rendent en général la forme d'une substance beaucoup plus simple et plus nette qu'elle ne le serait dans le Cristal supposé pur. C'est ainsi que dans la nature, le Carbonate de Chaux mélangé de Sable, que l’on a appelé Grès de Fontainebleau, cristallise toujours en rhomboïde complet et d'une parfaite régularité. Le changement de nature du dissolvant entraîne ordinairement un changement de forme dans les Cristaux : Beudant a trouvé, par exemple, que l’Alun qui, dans l’eau pure cristallise en octaèdres légèrement modifiés sur les bords , donne constamment des Cristaux cubo-octaèdres dans l'Acide nitrique , et des Cristaux cubo-icosaèdres dans l’Acide hydrocldorique. Enfin les mélanges chimiques ont également une grande influence sur la Cristallisation des Sels, et l'on peut conclure par analogie, qu’il doit en être de même dans les produits de la nature. Ainsi, le Sulfate de Fer cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, très- approchants d’un rhomboïde, et parfaitement simples, lorsqu'il est mélangé de Sulfate de Cuivre ou de Sulfate de Nickel; mais ces prismes sont modifiés plus ou moins profondément sur deux angles solides opposés, si le mélange a lieu avec le Sulfate de Zinc. Un excès de base ou d’Àcide dans la solution produit également des modifications de forme dans les dépôts cristallins. Relativement aux Cristaux naturels, on remarque que les modifications sont toujours en rapport avec les localités d’où proviennent les Cristaux, c'est-à-dire avec la nature des terrains ou des gangues, dans lesquels ils se rencontrent. Ainsi les Cristaux de Carbonate de Chaux du Derbyshire sont tous des dodécaèdres à triangles scalènes, plus ou moins modifiés sur leurs angles ou sur leurs bords, tandis qu'au contraire la forme prismatique domine constamment dans les Cristaux du Hartz. On pourrait multiplier les observations de ce genre à l’égard de beaucoup d'autres espèces (f*. le Mémoire de Beudant sur les Sels artificiels, Annales des Mines, 1818).
CRISTARIE. dot. y. Cristaire.
CRISTATELLE. Cristatella. folyp. Genre de Polypes nus, classé par Lamarck parmi les Polypiers fluvialiles. Ce sont, dit ce dernier auteur, des Polypiers globuliformes, gélatineux, libres, à superficie chargée de luberculescourts. épars, polypifères. Du sommetdechaque tubercule sort un Polype, dont l’extrémité se divise en deux branches rétracldes, arquées, garnies de tentacules disposés en dents de peignes; bouche située au point de réunion des deux branches tentaculaires. Les animaux que Roesel a fait connaître, et dont le genre Cristatelle a été formé, sont des Polypes composés, très-singuliers, et qui semblent à peine appartenir à l'ordre des Polypes à Polypier. Us présentent un très- Petit corps globuleux, gélatineux, jaunâtre et muni de
quelques tubercules courts et épars. Ces petits corps sont libres, nagent ou se déplacent dans les eaux, et semblent ainsi 6e mouvoir à l'aide des deux branches tentaculaires de chacun de leurs Polypes. Ces Polypes sont très-voisins des Vorticelles, dans la famille desquelles les place Bory. et cependant ne sont plus réellement des Rolifères. En effet, sans posséder, à leur bouche, un organe uniquement rotatoire, les Crislatelles en présentent un moyen entre celui des Rolifères et les tentacules en rayons des autres Polypes, et surtout des Plumatelles , avec lesquelles on sent qu'elles ont déjà des rapports. Ce qui appuie celle considération, c’est que si les deux branches peclinées des Crislatelles représentent les deux demi-cercles ciliés des Rolifères, elles ne se bornent point aux mêmes fonctions; car ces parties peuvent se contracter et se mouvoir indépendamment les unes des autres, et n’ont que des mouvements semi-rotatoires. Le corps globuleux et commun des Crislatelles a une enveloppe mince , submembraneuse et transparente, qui en forme le Polypier, et qui fournit à chaque tubercule de ce corps un tube trèscourt qui est la cellule de chaque Polype. Cette considération indique les rapports des Crislatelles avec les Plumatelles, dont le Polypier tubuleux est bien connu. Elle montre que les Crislatelles, ainsi que la Difflugie, offrent réellement les ébauches ou les plus imparfaits des Polypiers, et en même temps la singulière particularité d'avoir un Polypier libre, qui nage avec elles. Les Crislatelles habitent les eaux douces et vives , partout où sc trouvent des Conferves et des Ephydalies ; leur couleur jaune, leur grosseur égale à celle d'une graine de Chou, les rendent faciles à observer; elles ue sont pas rares eu France.
CRISTAUX ÊP1GÈNES. mi*. Y. Épigénies.
CRISTAUX 11ÉMITROPES. un. V. Hémitropies.
CRISTAUX MACLÉS. y. Hémitropies.
CRISTÊ. bot. y. Crêté.
CRISTELLAIRE. Cristellaria . moi,. Genre établi par Lamarck, et dont on peut résumer les caractères ainsi qu’il suit : coquille seini - discoïde , multiloculaire, à tours contigus, simples, s’élargissant progressivement; spire excentrique, sublatérale ; cloisons imperforées- On connaît plusieurs espèces de Crislellaircs à l'étal frais et marin ; mais il paraît que ces petits Coquillages sont rares, et que l’on n’a pas souvent occasion d’en observer. Il en est autrement des espèces fossiles qui sont bien connues, soit par les figures de l’Encyclopédie, soit par celles de Soldani ou de Fichlel.
Cristellaire petite écaille. Cristellaria squammu/o, Lamk.. An. sans vert. T. vu, p. 607, n® 1, et Encycl., pl. 467, fig. f, a, b, c, et fig. 2, a, b, c, la même sous le nom de Cristellaria dilatata. Monlfort en a fait son genre Pénéroplide, Peneroplis (Conc/y t. Syst. T. 1, p. 258). C’est le Nautilus planai us de Fichlel, l'est. Microscop., p. 03, lab. 16, fig. a à h. Celte petite Coquille, à peine d'une ligne de diamètre, se trouve à l’étal frais, d’après Monlfort, sur les plages de Livourne. Elle est transparente, irisée, formée d'une série de cloisons marquées à l’extérieur par un renflei ment ou une côte; elle s'élargit en forme de corne d'abondance à sa base ; elle est très-aplatie; et le plus
grand nombre des individus présentent une flexuosité à la base.
Cristellvire papuleuse. Cristellaria papillosn, Lamk., Aniin.sans vert. T. vir, p. 007 ; Encycl., pl. 407, fig. 3, a. b, c, d, et la même sous les noms de Cristellaria producta, serrata et nudata. fig. 3, 4 et 3. — Cristellaria Cassis , Def. ; le Linthurie casqué. Linthuris cassidatus , Nonlf., Conch. Syst. T. l,p. 354. — Sautilus Cassis , Fichtel, Test. Mivrosc ., tab. 17, lig. a à j, cl tab. 18, fig. a, b, c. Celle-ci se distingue constamment et facilement par des granulations plus ou moins régulières, quelquefois suivant la direction des loges qui cachent la spire, ainsi que par une crête le plus souvent régulière ou un peu onduleuse sur les bords, qui entoure toute la coquille, à l'exception de l'ouverture qui est étroite et fermée par un diaphragme fendu dans toute la longueur ; quelques individus ont deux à trois lignes de longueur. Ils se trouvent fossiles h la Coroncine près de Sienne en Toscane.
CR1STE MARINE, bot. y. Curiste marine.
CR1TAME. Crilamus. bot. Hoffman, dans son travail sur les Omhellifères, a fait pour le Sium cicutœfolium un genre distinct, qu’il a nommé C ritamus ; ce genre n'a point été adopté par le professeur De Candolle qui en a réuni l'unique espèce â son genre Falcaria, sous le nom de l'alcaria Dahurica.
CR1THAGRA. ois. Swainson a proposé la formation de ce genre dont les Loxia sulphurata cl flacivcnlris seraient le type; il le caractérise par un liée court, presque conique, épais, entier, avec l’arête recourbée de même que les bords; ailes assez allongées; les quatre premières rémiges très-longues; queue médiocre, un peu fourchue. Ce genre est essentiellement propre à l'Afrique.
CR1THME. Crithmum. bot. Genre de la famille des Omhellifères et de la Pcntandrie Digvnie, L. Caractères : involucre et involucelles composés de plusieurs folioles linéaires; pétales roulés cl égaux entre eux ; fleurs jaunâtres; fruits ellipsoïdes, striés, un peu comprimés.
Le Critiuie commun ou Bacille, Percefierre, etc., ('rithinnin maritimum r L., est une plante vivace qui croit en abondance sur les rochers des bords de la mer. Sa tige herbacée, cylindrique, glauque, rameuse, charnue, haute d'un pied et plus, porte des feuilles également charnues, engainantes â leur base, décomposées en un très-grand nombre de folioles orales, lancéolées, aigues, épaisses, glabres et d'un vert glauque; les fleurs sont polygames et d’un blanc jaunâtre, disposées en ombelles terminales à l'extrémité des ramifications de la tige; celle du centre, qui est plus grande, se compose de fleurs hermaphrodites et fertiles; toutes les autres ombelles n'ont que des fleurs mâles et stériles par l’absence des styles et des stigmates; l'involucre est régulier, composé de huit à douze folioles lancéolées, aigues, charnues et réfléchies; chaque orabellulc, portée sur un pédoncule strié, cylindrique, long d’un pouce, est environnée par un involucelle de neuf à douze folioles ovales, aigues, étalées, disposées sur deux rangs ; le fruit est ellipsoïde, glabre, comprimé et strié longitudinalement. Toute la piaule est odorante et
aromatique; elle jouit d’une saveur légèrement piquante ou salée. On la cultive fréquemment dans les jardins sous le nom de Passe-Pierre, et on l'emploie beaucoup, comme assaisonnement, après l'avoir fait confire dans le vinaigre. Elle est diurétique. Dans son travail sur les Ombellifères ( In Ramer et Schultes Syst. yeg. G ), Sprengel place la plante qui vient d’étre décrite parmi les Câchrydes.
OUI T 11. MIS. bot. S. de Scsurium portulacaslrum.
CR1TONIE. Critonia. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, dont le nom a été substitué par Urowne à celui de Dalea d'abord employé par lui. Ce genre a été rapporté à PEupaloirc par Linné. Gærtner a pensé que le genre Hahnia de Linné fils ne différait pas du Critonia. Mais il parait, d'après les caractères indiqués par Urowne lui-même, que sa plante est différente de celle de Linné fils. Au reste, voici ces caractères tels qu'ils ont été adoptés par De Candolle : capitule composé de trois à cinq fleurs; involucre oblong, formé de deux ou trois rangées d'écailles imbriquées, oblongles, obtuses et striées; réceptacle étroit et nu; style non bulbeux ù sa base ; akènes à cinq angles aigus, atténués et slipités à leur base, hispidules et glandifères entre les angles; aigrette consistant en une rangée de soies scabreuses. Les Critonies sont d'élégants arbrisseaux de l'Amérique équatoriale ; leurs rameaux sont arrondis et striés, garnis de feuilles opposées, pétiolées. ovales, acuminées aux deux extrémités, un peu dentées et chargées de points glanduleux et brillants; les capitules sont réunis en corymbe. Gartner avait donné le nom de Critonia à un autre genre de la même famille, qui a été fondu par Willdenow, dans le genre Kuhnia de Linné.
CHO. ois. Nom vulgaire du Cravaut, Anasbemicla. y. Canard.
CROACE. ois. Syn. vulgaire de Corbeau Corbine.
CROC. mam. y. Dent.
CROC et CROC DE CHIEN. bot. On donne ce nom, dans les colonies françaises, à diverses plantes armées de forts aiguillons, telles qu'une Pitonie, un Jujubier, une Ximénie, une Morelle, etc. On appelle aussi Croc, dans le raidi de la France, le l'ida cracca et autres espèces du même genre, qui s'accrochent au moyen de vrilles.
CROCALITE. min. Nom donné à une variété de Mésotype en globules radiés, trouvée daus la vallée de Passa, en Tyrol.
CHOCALLE. Crocaltis. ins. Genre de Lépidoptères, de la famille des Phalénites, institué par Treitschke, qui le caractérise ainsi : dernier article des palpes aigu, dépassant le chaperon ; trompe nulle ; antennes inclinées dans les mâles, simples dans les femelles; corselet large et très-velu; les quatre ailes légèrement dentées, avec un point au centre de chacune d’elles; deux raies transversales et divergentes sur les supérieures et une seule sur les inférieures. On peut considérer comme type de ce genre le Chalœna elinguaria de Fabricius ; une autre espèce européenne, Geometra extimaria , Hnbner, fait encore partie de ce genre.
CROCANTHÈME. Crocanthcmum. bot. Genre de la famille des Crustacés, établi par E. Spacli, pour quel-
que* plantes américaines que Ventenat et Lamarck I avaient placées dans leur genre Ci si us. puis Michaux | et Persoon dans leur genre Ileliunthcmum. Le genre i nouveau a pour caractères : cinq sépales dont deux ! extérieurs, petits; cinq pétales à toutes les Heurs; éla- | mines nombreuses, disposées sur plusieurs rangs; 1 ovaire uniloculaire ou sous - uniloculaire ; trois pla- I centas filiformes, garnis de nombreux ovules dont les ! cordons sont capillaires, allongés, presque dressés, et 1 nidulants; ovules renversés; capsule teslacée, fragile, à une seule loge, à trois valves et polysperme. Les Crocanthèmes, comme l’indique leur nom, eut les fleurs d'un jaune safranée; elles sont terminales, quelquefois solitaires et portées sur des pédicelles, le plus souvent réunies en grappes pauciflores. Le Crocanthèine du Brésil , Cistus Braailicnsia . Lam., Helianlhemutn Iirasihensc , Pers., est un sous arbrisseau peu élevé, entièrement couvert de poils blanchâtres et presque soyeux; sa lige est feuilléc, un peu fléchie en zigzag; les feuilles sont alternes, sessiles: les inférieures ovales et les supérieures ohlongues, avec une petite pointe au sommet; les pédoncules sont alternes, uniflores et réunis deux ou (rois à l’extrémité de la tige. Le Crocanlhème -de Caroline, Ciatua Carolinianua , Vent., diffère peu du précédent; il est aussi velu, mais les tiges sont droites et d’une consistance plus herbacée.
CROCHET DE MATELOT, moll. Nom vulgaire et marchand du Slrombua Chiragra, L., espèce du genre Ptérocère.
CROCHETS, iai. F. Dexts.
CROCISE. Crocisa. ms. Genre d’Hyménoptères, section des Porte- Aiguillons, établi par Jurine et ayant pour caractères : uncc^lulc radiale, petite, d’une forme ovale arrondie; trois cellules cubitales : la première grande, la deuxième petite, très resserrée dans sa partie antérieure et recevant la première nervure récurrente; la troisième plus grande recevant la seconde nervure et étant bien distante du bout de l'aile; mandibules bidentées; antennes filiformes, composées de douze anneaux dans les femelles, et de treize dans les mâles; le premier anneau conique et allongé. Ce genre, trèsvoisin de celui des Nomades auquel il ressemble sous plusieurs rapports, a été rangé par Latreille dans la famille des Mellifères. Les Crocises ont, suivant Latreille, les antennes courtes, filiformes, un peu divergentes au troisième article , les trois petits yeux lisses disposés sur une ligne droite et transverse, le labre extérieur incliné ou courbé et en demi-ovale, les mandibules étroites, arquées, pointues, avec une seule dent au côté interne , et les divisions latérales de la languette ou les paraglosses en forme de soie, presque aussi longues que les palpes labiales ; leur corps offre des espaces presque ras ou peu velus, et d'autres garnis de poils assez épais, et formant çà et là des taches tantôt blanches ou grises, tantôt verdâtres ou bleuâtres sur un fond très-noir; l’écusson est prolongé, aplati, échancré ou lermiué par deux dents ; l’abdomen est ovotdoconique. A cette description de Latreille on peut ajouter les observations suivantes de Jurine . les mâles ont le dernier segment abdominal terminé par une lame
large et un peu échancrée, tandis que celui des femelles paraît trifide, c'est-à-dire composé du bout de l'aiguillon et de deux petites palettes latérales, couvertes de poils; les taches blanches, dont tes jambes des Crocises sont souvent annelées, ont plus d'étendue chez les mâles que chez les femelles. Ces Insectes ne paraissent pas recueillir le pollen des fleurs; mais ils déposent leurs œufs dans les nids des autres Apiaires; aussi les voit-on voltiger sans cesse aux environs des murs qui contiennent ces nids et qui sont exposés au soleil.
Crocise roscTCtB. Crocisa pufictala ou Mclecta puncta ta , Fahr.; elle est commune en Europe.
Crocise srt tei.lmre. Crocisa scutctlaris , Panzer [Faun. Inaect. Gcrm., fasc. 52, fig. 7). Elle parait a élre distincte du Melccta scu tel taris de Fahr.; on la trouve moins communément que l’espèce précédente.
Le Crociaa atra de Jurine appartient au genre Melecle de Latreille.
CROCODILE. Crocodilus. rept. Ce genre compose seul une famille naturelle très-remarquable. Caractères : queue aplatie par les côtés, revêtue, ainsi que le dessus et le dessous du corps, d'écailles carrées et souvent relevées de crêtes; pieds de derrière palmés ou demi-palmés ; cinq doigts devant et quatre postérieurement, dont trois seulement armés d’ongles; langue charnue, plate, attachée jusque très-près des bord* de la bouche, nullement extensible, ce qui porte le vulgaire à croire que ces animaux en sont privés ; dents aigues, disposées sur une seule rangée; une seule verge; des plaques plus ou moins saillantes, relevées d'arèles, couvrent les parties supérieures; les oreilles sont fermées extérieurement par deux lèvres charnues ; les narines forment un long canal étroit, qui ne communique intérieurement que dans le gosier ; les yeux sont munis de trois paupières ; deux petites poches qui s’ouvrent sous la gorge, contiennent une substance musquée; on observe la même chose près de l'anus. — L'anatomie des Crocodiliens présente aussi des caractères communs à toutes les espèces, et qui distinguent très-bien leur squelette de celui des autres Sauriens; Faujas en a fait graver un très-beau de l’espèce des Indes (Hict. de la Mont, de Maestr., pl. xliv), qu’il croyait appartenir à celle du Nil, et cette excellente figure, jointe à la parfaite description de Cuvier (Ann. du Mus., I. xiî, p. 1-20), donnera une idée exacte de l’osléologie des animaux de celte importante famille. Les vertèbres du cou y portent des organes regardés comme de fausses côtes qui, se touchant par leurs extrémités, empêchent l'animal de tourner la tête entièrement de côté; leur sternum sc prolonge au delà des côtes et porte d’autres fausses côtes qui ne s'articulent pas avec les vertèbres, mais ne servent qu’à garantir le bas- ventre. La mâchoire inférieure se prolongeant derrière le crâne, il semble que la supérieure soit mobile, et les anciens, qui l'ont cru, ont établi celle erreur, quoiqu'il soit certain que celle mâchoire supérieure ne remue qu’avec le reste de la tète. Ce sont les seuls Sauriens qui manquent d'os claviculaires; mais leurs apophyses coracoïdes s’attachent au sternum comme dans toutes les autres. Les poumons ne s’enfoncent pas dans l'abdomen, comme il arrive chez le reste des Reptiles; cl des fibres charnues,
adhérentes à la partie du péritoine qui recourre le foie, leur donnent une apparence de diaphragme, ce qui, joint, dit Cuvier (llègn. Anira., 1. 11, p. 19), à leur cœur divisé en trois loges, et où le sang, qui vient du poumon, ne se mêle pas avec celui du corps aussi complètement que dans les autres Reptiles, rapproche davantage les Crocodiles des Quadrupèdes à sang chaud. Leur caisse et leurs apophyses ptérygnïdcs sont fixées au crâne, comme dans les Tortues. La conformation des mâchoires ne permet pas â ces animaux de broyer leur nourriture; ils ne peuvent que déchirer leur proie et la briser avant de l'avaler. Leurs yeux sont généralement très-rapprochés l'un de l'autre, et placés obliquement au dessus de la tête. Leur cerveau est trèspetit; leur œsophage très-ample et susceptible d'une grande dilatation; ils n'ont pas de vessie; -le nombre de leurs vertèbres est de soixante, dont sept pour le cou et trente-trois pour la queue. Leur peau, fort dure, est défendue par des écailles et des plaques carénées qui, la recouvrant comme une armure, les mettent â l'abri des attaques de tous les autres animaux. De tels avantages défensifs n'existent qu'aux dépens de l'agilité : aussi, les Crocodiles sont-ils les plus pesants des animaux. Cependant ils ont quelque supériorité sur le reste de la classe des Reptiles en tête de laquelle ils sont placés; leur force semble leur donner une confiance eu euxmêmes, d'où résulte une démarche grave et qui n'est pas sans majesté; aussi, dans l'antiquité, les hommes leur portèrent ils un res|>ecl qui dégénéra bientôt en culte. Toutes les espèces se tiennent habituellement dans les eaux douces; mais non-seulement quelquesunes les quittent parfois pour s'avancer assez loin dans la mer, ou en voit souvent se promener sur le rivage des grands fleuves ou des marais des pays chauds, et venir y déposer leurs œufs, sous l'influence d'un soleil ardent. La femelle n'abandonne pas au hasard le sort de sa progéniture. Elle lui construit des nids, veille sur scs petits cl leur prodigue des soins protecteurs d'autant plus tendres, que le mâle cherche, dit-on, à les dévorer.
La plus grande confusion a longtemps régné dans l'histoire des Crocodiliens, et les naturalistes les plus célèbres croyaient encore naguère qu’il n'existait qu'une seule espèce là où on en connait aujourd'hui au moins seize. Telle est l'erreur où jette souvent le premier aspect de ces grandes races d'animaux que caractérisent des formes très -prononcées ou quelques traits frappants communs à tous leurs individus, que, se bornant à remarquer une étrange physionomie dont l'imagination est fortement émue, on croit d'abord voir toujours le même être dans des espèces différentes. Longtemps on a cru à une seule espèce d'Kléphant, â un seul Rhinocéros, à un ou deux Cachalots; aujourd'hui ces groupes extraordinaires par leur taille et leur forme se sont accrus; et depuis que, pour s'occuper des spécialités, on ne s'arrête plus à ce premier coup d'œil superficiel, qui surprit tant de voyageurs et de naturalistes, on n'est pas moins en garde contre la tendance à réunir des espèces différentes sous une même désignation, que contre la tendance contraire, qui porte certaines personnes â multiplier sans nécessité les espèces
et jusqu'aux genres. « La détermination précise des espèces et de leurs caractères distinctifs fait, dit judicieusement Cuvier (Ann. du Mus., I. x, p. 8), la première base sur laquelle toutes les recherches en histoire naturelle doivent être fondées. Les observations les plus curieuses , les vues les plus nouvelles perdent tout leur mérite quand elles sont dépourvues de cet appui, et, malgré l'aridité d'un tel travail, c'est par là que doivent commencer tous ceux qui se proposent d'arriver à des résultats solides. « Il appartenait à l'illustre et laborieux Cuvier de débrouiller l'histoire confuse des Crocodiles. En se procurant un grand nombre de ces animaux conservés dans les collections de Paris, ou des débris de celles des espèces qu'il ne pouvait trouver entières dans nos inusées, et consultant tout ce qui avait été écrit avant lui sur une matière obscure, il publia, en 1807, dans les Annales du Muséum d'Uistoire naturelle, un Mémoire sur les différentes espèces de Crocodiles vivants, qui fixa toutes les incertitudes. Il est aujourd'hui même impossible de rien ajouter à ce grand travail quant au fond; tout y a été examiné, comparé, pesé et discuté ; les incertitudes qu'on y signalait se sont peu à peu résolues d'après la marche philosophique qu'indiquait l'auteur; le temps ne pourra que confirmer des observations si bien faites, et ajouter tout au plus quelques espèces inédites â celles que Cuvier sut établir avec une rare sagacité. — Linné, rapportant à un même animal tout ce qu'on avait écrit sur les Crocodiles, soit du nouveau, soit de l'ancien monde, et même dans l'antiquité, ne reconnaissait que son Lucerla Crocodilu». Jusqu'à ces temps, le nombre des Crocodiles varia de trois à quatre, suivant les auteurs qui, rapportant tour à tour et comme s'ils ne se fussent pas même donné la peine de les consulter, les figures de Crocodiles qu'ils trouvaicnrdans les relations de voyages, dans Séba ou dans tout autre ouvrage publié, embrouillèrent leur synonymie d'une manière inextricable. On peut donc regarder comme à peu près indifférent pour la science, tout ce qui fut écrit ou compilé sur l'bistoire des Crocodiles avant Cuvier ; on ne doit excepter de cet amas d'erreurs et d'inutilités que les recherches de Geoffroy S* Hilaire, qui, travaillant dans le même esprit que Cuvier, s'est associé à sa gloire en faisant connaître les espèces du Ml.
Cuvier, après avoir isolé les Crocodiles des autres Sauriens, les divise en trois sous-genres qu'il nomme Caïmans ( /tlligatores). Crocodiles proprement dits ( Crocodili ), et Gavials ( Long iront res).
t Cslitn. Alligators». Ils ont la tête moins oblongue que les Crocodiles proprement dits; la longueur et la largeur de celte partie, prise à l'articulation des mâchoires, est le plus souvent comme trois à deux; elle n'a jamais plus du double ; la largeur du crâne fait plus du quart de la longueur totale de cette tête; les dents sont inégales; on en compte au moins dix-neuf, et quelquefois jusqu'à vingt-deux de chaque côté; en bas au moins dix-neuf, et souvent vingt en haut; les premières de la mâchoire inférieure percent à un certain âge la mâchoire supérieure; les quatrièmes, qui sont les plus lougues, entrent dans le creux de cette mâchoire supérieure, où elles sont cachées quand la bouche est fermée;
elles ne passent point dans les échancrures; les jambes el les pieds de derrière sont arrondis et iront ni crêtes ni dentelures à leurs bords; les intervalles des doigts ne sont remplis qu'à moitié par une membrane courte; les trous du crâne , dans les espèces qui en ont , sont fort petits; une de ces espèces en manque entièrement. — Le nom de Caïman est emprunté du langage créole; il désigne, dans les colonies espagnoles, tous les Crocodiles indifféremment. Les colons anglais appellent ces mêmes animaux //Uigators. On dit Alligator dérivé d 'A/lcgater, qui, ajoute-t-on, désigne le Crocodile dans l’Inde. C’est une erreur; A Uc gâter ainsi qu 'Alligator sont venus par corruption de l'espagnol et du portugais et Lugarlo, le Lézard. — Tous les Caïmans connus jusqu'à ce jour, et dont la patrie est constatée, sont de l'Amérique.
Caïiax a hcseu oe Brocbet. Alligator (Lucius) r ostro depresso parabolico , sentis nuchœ quatuor , Cuv., Ann. Mus. T. x, p. 28, pl. 1, fig. 8 (le squelette de la télé en dessus), tig. 15 (le même vu de profil); et pl. 2, fig. 4 (les plaques nuchales el cervicales); LacertustnaximuSf Calesb. Carol. 2, 1.G5. Cette espèce parait être propre à l'Amérique septentrionale et peut être unique dans cette partie du nouveau monde. C’est à elle qu’on doit rapporter tout ce qui a été dit sur les Crocodiles des Carolines, des Florideset de la Louisiane. La figure citée de Catesby, quoique médiocre, lui convient assez bien, tandis que celle de Hernandez (Uist. Nat. Mex. 325) semble être celle d’un vrai Crocodile. L’espèce dont il s’agit a été rapportée par Michaux; elle s'élève assez loin vers le nord, et remonte le Mississipi ou ses affluents jusque vers le 52® degré de latitude nord, c’est-à-dire hors de la région équinoxiale passé laquelle on ne voit plus de Crocodiles dans l'ancien monde. En Amérique il fait cependant quelquefois trèsfroid en hiver à de telles latitudes. On rapporte que ces animaux, à la Louisiane, se tiennent dans la boue, s’y enfoncent quand vient la mauvaise saison, et y tombent dans un sommeil léthargique, même avant la gelée. Leur sommeil est si profond , qu'on les peut couper en morceaux sans qu’ils donnent le moindre signe de sensibilité; mais les jours cbauds les raniment aussitôt. Catesby dit la même chose de ceux qu’il a observés en Caroline, et qui ont été depuis fort bien étudiés par Dose. » Les œufs du Caïman, dit ce savant, sont à peine égaux à ceux d'une Poule d'Inde; ils sont blanchâtres comme ceux du Crocodile du Nil, mais plus petits, et leur coque est d'une nature parfaitement semblable à celle des œufs d’Oiseaux; ils sont bons à manger, quoique sentant un peu le musc, el les habitants les recherchent. Dès que les petits sont nés, ils vont se jeter à l'eau; mais la plus grande partie y devient la proie des Tortues, des Poissons voraces, des animaux amphibies, el même, à ce que l'on assure, des vieux Crocodiles. Ceux qui survivent ne se nourrissent la première année que de larves d'insectes et de très-petits Poissons. J'en ai conservé pendant plusieurs mois une nichée entière, composée d’une quinzaine d'individus, et que j'avais prise au filet dans une mare voisine de mon habitation ; j'ai observé qu’ils ne mangeaient jamais que les Insectes vivants, el qu'il fallait même que ces Insectes se mis-
sent en mouvement pour les déterminer à se jeter dessus, ce qu'ils faisaient alors avec une grande voracité, et en se disputant souvent le même objet. Au reste, ils ne cherchaient en aucune manière à me faire de mal lorsque je les prenais dans les mains. Au bout de la première année, les Crocodiles ne sont que de petits et faibles animaux; ce n'est que dans le courant de la seconde qu'ils prennent des dents redoutables, et que leur crâne acquiert une épaisseur suffisante pour les mettre à l’abri des coups. La durée de leur vie est inconnue; mais il y a des faits qui tendent à prouver qu'elle doit s’étendre autant el plus même que celle de l’homme. Ils ne muent pas, et par là évitent une crise qui est fatale à la plupart des Reptiles. Le nombre des ennemis capables de les détruire est d’ailleurs fort peu nombreux lorsqu’ils ont acquis toute leur force. Ils peuvent rester très-longtemps sans manger. C’est sur le rivage des grands fleuves, au milieu des lacs marécageux, qu'ils s'établissent de préférence : ils s'y rencontrent quelquefois en troupes nombreuses; là ils trouvent sécurité d'un côté et abondance de l'autre; ils y vivent de Grenouilles, de Poissons, d'Oiseaux aquatiques, enfin de tous les animaux qu'ils peuvent attraper. Les Chiens, les Cochons et même les Bœufs, ne sont pas à l'abri de leur voracité. On rapporte qu'ils les saisissent au museau ou par les jambes quand ils vont boire, et les entraînent dans l’eau afin de les noyer. Je me suis amusé quelquefois à les faire sortir de leurs retraites et accourir vers moi en faisant japer mon Chien de chasse sur les bords des rivières. Je leur lâchais ordinairement mes deux coups de fusil; mais quelquefois je les laissais approcher pour pouvoir leur donner quelques coups de bâton; ce dont ils ne s’effrayaient pas beaucoup. Jamais ils n'ont cherché à m'attaquer; ils se reliraient gravement lorsqu’ils voyaient qu’il n’y avait rien à gagner pour eux autour de moi. Quoique lourds, ils nagent avec facilité; mais leurs mouvements deviennent encore plus pesants lorsqu'ils sont à terre. Dès que les Nègres en aperçoivent qui sont trop éloignés de leur retraite, ils leur coupent le chemin, se mettent plusieurs à leur poursuite, les tuent à coups de hache, et se régalent de leur queue. J eu ai trouvé souvent morts ainsi mutilés, qui répandaient une odeur d'ammoniaque si infecte, que, quelque désir que j'eusse d’observer la marche de leur décomposition, el de chercher des insectes que je pouvais espérer de récolter autour d'eux, je n'ai jamais pu en approcher. Les Vautours même , pour qui la chair la plus corrompue est un régal, abandonnent celle-ci dès qu'elle est arrivée à un certain degré d’altération. En Caroline les Crocodiles se font des trous ou des terriers très-profonds, où ils passent l’hiver en entier, el inéme toute la journée pendant l'été. Ces trous sont non-seulement le plus souvent placés dans les marais qui accompagnent presque toutes les rivières, mais aussi quelquefois sur le bord des mares très petites, situées au milieu des bois. J’ai tenté tous les moyens possibles d’en prendre avec des pièges de plusieurs sortes, à l’entrée de ces trous, mais je n’ai jamais pu y réussir. Tous les matins mes pièges étaient détendus, et les Crocodiles étaient sortis sains et saufs. On les prend cependant assez facilement daus ce pays avec des Oiseaux et de
petits Quadrupèdes vivants, qu'on lie à un gros hameçon t attaché à un arbre par le moyen d'une chaîne de fer. ' Dans la Floride, où la population est moins nombreuse et la chaleur plus considérable, les Crocodiles se trouvent en bien plus grande abondance; Bartram, dans la Relation de son voyage sur la rivière Saint-Jean, rapporte en avoir vu les eaux couvertes dans des espaces considérables : ils y gênaient la navigation au point de l’obliger plusieurs fois de l’interrompre. « Ce même Bartram ajoute que la femelle dépose ses œufs par couches avec des lits alternatifs de terre gâchée et en forme de petits tertres de trois à quatre pieds de hauteur. Il assure avoir trouvé des Crocodiles dans le bassin d'une fontaine thermale dont l'eau vitriolique était à un degré de chaleur fort élevé. Ce qu’il dit des combats que ses compagnons armés soutinrent avec un de ces animaux qui venait attaquer son camp, peut paraître exagéré à ceux qui ont vu ailleurs les Crocodiles attaquer rarement les hommes, et qui ont lu ce qu'en rapporte Bosc. Celui-ci dit encore qu’eu été. et surtout au temps des amours, les Crocodiles fout entendre des mugissements presque aussi forts que ceux d’un Bœuf, et qu'on ne peut comparer à aucun autre cri.
Outre les caractères communs avec ses congénères , le Caïman à mâchoire de Brochet a sou museau aplati, dont les cotés sont presque parallèles et se réunissent en avant, par une courbe à peu près parabolique; les bords des orbites sont très-relevés, mais il n'y a point, comme dans l'espèce suivante, une crête transversale qui les unisse; il y a sur le dos dix-huit rangées transversales de plaques relevées chacune d'une arête; le nombre des arêtes ou des plaques de chaque rangée est ainsi qu’il suit : une rangée â deux arêtes, deux â quatre, trois à six, six à huit, deux à six; et le reste à quatre, sans compter les impaires qui se trouvent quelquefois sur les côtés; ces arêtes sont assez élevées et à peu près égales; mais sur la queue les arêtes latérales dominent, comme dans tous les Crocodiles proprement dits, jusqu’à ce qu'elles se réunissent. Il y en a dix-neuf rangées transversales jusqu'à la réunion des deux crêtes, et autant après; mais ce dernier nombre est plus sujet à varier que celui des plaques du dos; la couleur du dessus est d'un brun verdâtre, très- foncé ; le dessous est d'uu blanc teint de vert , et les flancs sont rayés assez régulièrement des deux couleurs. La longueur totale comprend sept largeurs et demie de tête. Ces animaux ne mangent jamais dans l'eau , d'où ils retirent leur proie pour la dévorer à terre après l'avoir noyée. Ils préfèrent la cbairdu nègre à celle du blanc, évitent les eaux saumâtres, ne se rendent jamais dans la mer par la crainte que leur inspirent les grandes Tortues elles Requins qui les attaquent; enfin ils tiennent toujours leur gueule fermée pendant leur sommeil.
Caïman a lunettes. Alligator ( Sclerops ) porcâ transtersâ inter orbitas, nuchœ fasciis osseis quatuor cataphracœ , Cuv., loc. cit.7 p. Si, pl. 1, lig. 7 (le squelette de la tête en dessus), fig. IG (le même vu de profil), et pl. 2 (les plaques nuchales et cervicales); le Caïman, Encycl. Rept., p. 33, pl. 2, fig. 1 et 2; Lacerta Crocodilus, L., Anuen. ac. 1, p. 131; Séba, i, pl. civ, f. 10; Crocotiilus A mericnnu*,\A\\r .. Amph.,
n° 841; Jacare, Marcgr. , Brasil., 242. Cet animal, connu plus particulièrement sous le nom de Crocodile de la Guiane, et que D’Azara appelle Yacaré, est évidemment le même que le Jacare de Maregraaff, et l'un de ceux dont Gmelin a entassé confusément divers synonymes sous le nom de Laccrta Alligator. Son museau, quoique large, n'a pas ses bords parallèles; la figure de ce museau est un peu plus triangulaire que dans l'espèce précédente; la surface des os de la tête est très- inégale, et comme cariée et rongée par de petits trous ; les bords inférieurs des orbites sont trèsrelevés; le crâne n’est percé derrière les yeux que de deux trous assez petits; outre quelques écailles répandues derrière l'occiput, la nuque est armée de quaLre bandes transversales, très-robustes, qui se touchent et vont se rendre à la série des bandes du dos. Les deux premières sont chacune de quatre écailles, et, par conséquent , relevées de quatre arêtes dont les moyennes sont quelquefois très-effacées; les deux autres n’en ont plus souvent que deux; les plaques transversales du dos sont au nombre de deux rangées à deux arêtes, de quatre â six, de cinq à huit, de deux à six, et de quatre à quatre; mais, avec l'âge, des écailles latérales, peu marquées d'abord , prennent la forme des autres , et il faut ajouter deux au nombre des plaques à arêtes de chaque rangée. Il est d'ailleurs rare de trouver deux individus parfaitement semblables à cet égard. La couleur de l’animal est d'un vert bleu en dessus, avec des marbrures irrégulières, verdâtres et jaunâtres, plus ou moins pâles, en dessous. D'Azara parle d'une variété rousse plus grande et plus féroce que la variété ordinaire. Corrca deSerra a rapporte à Cuvier que les Jacares du Brésil méridional différaient aussi un peu de ceux du Brésil septentrional , qui sont les mêmes que les Caïmans de Cayenne. Tous acquièrent une fort grande taille; le Muséum d llistoire naturelle en possède un individu de onze pieds; Cuvier en a vu de quatorze. Le Caïman à lunettes est proprement le Crocodile de l'Amérique méridionale; il s’y étend jusque parle trentedeuxièine degré sud, c’est-à-dire à la même distance de l'équateur que le précédent remoule dans le Nord. Sa vitesse à la course n'équivaut pas à la moitié de celle de l'homme, qu'il n'attaque jamais, ou du moins que très- rarement, et dans le cas seulement où celui-ci menace ses œufs que la femelle défend courageusement ; elle en pond jusqu'à soixante et les dépose dans le sable , en prenant la précaution de les cacher sous une légère couche de paille ou de feuilles sèches, qui n’intcrcepte pts l’influence salutaire de la chaleur du soleil. Ce Crocodile passe la nuit dans l'eau, et le jour étendu sur le sable, exposé à l'ardeur du jour; mais à peine aperçoit-il le chasseur ou son chien, qu'il se précipite dans les rivières ou dans les marais où ilsepiait. On assure qu’en certains lieux , quand ces marais se dessèchent, ce qui reste de vase fluide dans leurs enfoncements est tellement rempli de ces Caïmans qu'on ne voit plus que leur dos, leur tète et leur queue. Probablement alors les gros dévorent les petits. Ils évitent l’eau de la mer, et sont très communs à Cayenne.
Caïman a pu pieres osseises. Alligator ( palpcbro eu*) palpebris osseis, nuchœ fasciis osseis quatuor
CRÛ
f alaphractœ , Cuv\, loc. cit.f p. 35, pi. 1 , flg. fl (le squelette de la tête vu par-dessus ), fig. 17 (le même vu de profil), et pt. 3. fig. 3 (les plaques nuchales et cervicales). Cuvier pense que celte espèce est celle que Blumenbach avait sous les yeux, quand il voulut désigner lœCrocndile qu'il appelait Laccrta Crocodilu» , La plus grande confusion règne dans l'histoire de cette espèce qui vient de Cayenne, et qu'on a quelquefois regardée comme la femelle de l'espèce précédente. Elle a d'abord un rang de quatre plaques carénées, séparées derrière la nuque que suit un autre rang de six plaques plus petites. Isolées, par paires, et après lequel viennent cinq paires de plaques plus grandes, étroitement contiguës par leur côté intérieur. Les plaques dorsales commencent par un rang de quatre plus petites; les autres, par six sur chaque rang, forment un carrelage assez régulier, marqué d'arêtes très-vives et continues.
Caïman hérissé. Alligator trigonatus , Schneider, Hist. Amph. y n, pl. I et 2; Caïman à paupières osseuses, seconde variété, Cuv.. loc. cil. y pl. 2, fig. 1 (les plaques nuchales et cervicales). Cette espèce, encore moins bien connue que la précédente, parait néanmoins appartenir à l'Amérique.
Caïman de Cuvier. Alligator Cucierii , N.; Crocodilu» Cucierii, Leach., AU ». sool. pl. 102. Cette espèce est originaire de l’ile Dauphine, dépendante de l'Amérique méridionale.
■f-j- Crocodiles proprement dits. Crocodili. Ils ont la tête oblongue, deux fois plus longue que large, et quelquefois plus large encore; la longueur du crâne fait moins de la longueur totale de cette tête; les dents inégales sont au nombre de quinze à chaque côté en bas, et de dix-neuf en haut. Les premières de la mâchoire inférieure percent à un certain âge les supérieures ; les quatrièmes, qui sont les plus longues de toutes, passent dans des échancrures, et ne sont point logées dans des creux de la mâchoire supérieure. Les pieds de derrière ont le plus souvent à leur bord externe une crête dentelée ; les intervalles de leurs doigts, au moins des externes, sont entièrement palmés; leur crâne a derrière les yeux deux larges trous ovales, que l'ou sent au travers de la peau, même dans les individus desséchés. On distingue facilement les vrais Crocodiles des Caïmans, parce que les quatrièmes dents inférieures de ceux-ci sont reçues dans des creux de la mâchoire supérieure, et des Gavials, dont le museau est incomparablement plus mince et plus allongé, et dont les deux premières dents, ainsi que les deux quatrièmes inférieures, passent dans des échancrures de la mâchoire supérieure. — Le nom de Crocodile, employé dès l'autiquité la plus reculée, est, selon Hérodote, de raciue ionienne. Les Grecs le donnèrent à l'animal du Nil, que les habitants du pays appelaient Chamsès, d'où les Égyptiens modernes ont tiré le nom actuel de Temsach , parce qu’ils lui trouvèrent des rapports de figure avec le Koslordylo s de leurs haies, qui était le vrai Stcllio des Lalius, devenu aujourd'hui un Gecko.
Crocodile vulgaire ou du Nil. Crocodilus vulgaris, Cuv. loc. cil. p. 40, pl. 1, fig. 5 (le squelette de la télé vu en dessus); fig. 12 (le même vu de profil), et pl . 2, fig. 7 ( les plaques nuchales et cervicales ); Geoffr.,
Ann. Mus. T. x, p. 83, pl. 3, fig. 1. Laccrta Crocodi lu n, L. Le Chamsès. Sa télé est dans la proportion de
10 â 30, ou, autrement, a deux fois la longueur de sa base. Ses yeux sont plus écartés que dans les autres espèces : l'intervalle qui les sépare est creusé en gouttière, sans offrir la moindre apparence de crête. Son chanfrein en avant est aussi parfaitement plane; les deux dernières rangées de plaques sur le cou sont plus rapprochées l’une de l'autre et les plaques plus larges que longues : celles de la première rangée sont à peu près â une même distance respective. Quant aux rangées d'écailles sur le dos, Geoffroy en a compté dixsept; puis dix-huit sur le gros tronçon de la queue, et vingt et une sur la seconde portion qui la termine en ne comprenant dans ce nombre que les rangées à une seule crête médiane : ce qui donne cinquante -six en tout, ou six de moins que dans le Crocodile de Saint- Domingue. Les plaques du dos sont remarquables par l'égalité de leur volume, leur forme exactement carrée, cl les crêtes de chacune, qui sont peu et également élevées. La couleur est d'un vert tirant sur le bronze; c'est le même arrangement que le Crocodile de Saint-Domingue, sauf que le noir est étendu par plaques dans celui-ci, et qu'il est apparent dans l'autre, sous la figure de rayures étroites, qui parlent des crêtes comme d'autant de centres distincts; les écailles sont en outre creusées dans le même sens. Les flancs et le dessus des jambes ne sont que nuancés de noir : le vert y domine davantage que sur le dos; il est l'unique couleur du ventre. Le Muséum d'Uistoire naturelle possède des individus du Crocodile vulgaire qui ont au delà de douze pieds de longueur. Celle espèce habile les grands fleuves de l’Afrique. Il est du moins certain qu'on la trouve dans le Sénégal, le Zaïre et dans le Jooliha. Elle était autrefois commune jusque dans le Delta; aujourd'hui
11 faut remonter beaucoup le Nil pour la rencontrer: ce qui prouve que ces régions, maintenant beaucoup moins peuplées sans doute qu'elles pourraient l'ètre, ne l’ont cependant jamais été autant qu'on l'a prétendu, malgré les grands monuments qui sont restés de la magnificence de leurs premiers habitants. En dépit du respect que purent avoir ces hommes superstitieux pour les Crocodiles, il n'est pas croyable qu’ils l'eussent laissé se multiplier au point, qu'aux environs d'Ambos et d’Arsinoê, il y eût du danger à se laver les pieds ou les mains dans la rivière. Ces animaux parviennent, d’après le voyageur Uassclquitz qui a confirmé les traditions anciennes à l'égard de leur taille, aux plus fortes dimensions. Ou prétend qu’il en existe aujourd’hui même qui ont jusqu'à trente pieds et plus de longueur, ce qui n’est pas une preuve qu’on en ait jamais vu de vingt-six coudées , comme les historiens l'ont avancé. La femelle pond deux ou trois fois par an, mais à des distances irès-rapproehées, une vingtaine d'œufs qu'elle enterre dans le sable et qu'elle abandonne à la chaleur équinoxiale, qui les fait éclore au bout d'une quinzaine de jours selon les uns, et d'une vingtaine selon les autres. Les Ichneumons détruisent beaucoup de ces œufs, dont la grosseur est double de celle des œufs d'Oie, qu’enveloppe une coque blanche et calcaire, et auxquels la mère, bien différente de la femelle des Caï-
mans, ne prend aucun Intérêt. Malgré la forte odeur de musc que répand ce Crocodile, les habitants des rivages qu'il fréquente recherchent beaucoup sa chair, ainsi que le faisaient, selon Hérodote, chez les anciens Égyptiens, les habitants d'Éléphanline.
Crocodile Stcaos. Crocodilu» Suchus, Geoffroy, loc. cik, p. 84, pi. 3. fig. 2, 3 et 4 (le squelette de la tète d'après un individu momifié). « H existe au moins une variété de Crocodiles, dit Cuvier, et dont Geoffroy a trouvé la tête embaumée dans les grottes de Thèbes. Elle est un peu plus plate et plus allongée que celle du Crocodile vulgaire. Nous en avons au Muséum deux individus entiers et deux tètes de même forme. L’un des deux premiers a été donné par Adanson et étiqueté de sa main Krukodile vert du Niger. Outre les différences dans la forme de la tète, ces individus en offrent quelques-unes dans les nuances de leurs couleurs. Ces différences, jointes au témoignage des pécheurs de la Thébalde, autorisent la distinction admise par Geoffroy, sinon d'une espèce, au moins d'une race particulière de Crocodile vivant avec l’autre en Égypte. • — « Si je n’avais eu à ma disposition, dit Geoffroy, que le crâne de ma momie, je ne me serais pas permis d'établir celte espèce, dans la crainte que les différences dont j’ai parlé ci-dessus, ou fussent simplement particulières à l’individu qu'on avait embaumé, ou ne tinssent qu'à l'àge sous des points de vue que je n’aurais pas saisis; mais j'ai eu occasion de voir un crâne deux fois plus long, et qui est d'ailleurs parfaitement semblable à celui que j’âi extrait de ma momie, et j'ai aussi trouvé dans nos collections un individu très-bien préparé, qui appartient certainement à la même espèce. Le Suchos tient beaucoup plus du Crocodile de Saint-Domingue que du précédent ; il s'en rapproche surtout par sa forme effilée et par les proportions de son crâne. Toutefois, il n'en a pas les bosses au-devant des yeux; son chanfrein n'est ni sillonné ni aplati comme celui de l’autre espèce; mais, sous le rapport de la disposition et de la forme des plaques, le Suchos de la collection du .Muséum offre plus de rapports avec l’autre Crocodile du Nil ou Chamsès. Ces plaques sont en même nombre et pourvues de crêtes toutes aussi saillantes les unes que les autres; les plaques du cou sont toutefois différentes en ce qu’elles sont beaucoup plus larges ; les couleurs sont à peu près les mêmes que celles des autres Crocodiles, à cette différence près que le noir est distribué par petites taches sur un fond vert clair. » Geoffroy ne croit pas que son Crocodile atteigne au delà de sept pieds de longueur, et pense qu'il doit se trouver, comme le précédent, dans tous les grands ficuves de l'Afrique, mais surtout dans le Niger. Ce n'est point ici le lieu d’examiner si le Suchos de Geoffroy, moius féroce et plus timide que le grand Crocodile ordinaire du Nil, fut celui que les anciens Égyptiens adoraient spécialement sous le nom de Suchus, et si ce nom de Suchus était un nom spécifique ou le nom propre de l’individu adoré, comme Apis ne signifiait pas un Bœuf, mais le Bœuf exposé à l'adoration des fidèles de ce temps. Qu'importe ce qu’ont pu dire à ce sujet Hérodote, Aristote. Diodore, Pline, Ælien, Strabon, Plutarque, Cicéron, Damasius cité par Pholius, et, après tous ces anciens, Bochard. Kircher, Paw,
Jablonski et Larcher? Les doctes controverses qui résulteraient de ta comparaison de leurs écrits n'ont pas, en histoire naturelle, le mérite qu'y acquiert la description exacte de la moindre partie d'un crâne embaumé depuis plusieurs milliers d’années, quand cette description aide à exhumer une espèce inédite à travers la poussière des sépulcres, et que celte espèce a survécu non seulement à des peuples qui lui adressèrent des vœux, mais encore à la plus grande partie des monuments et des usages par lesquels ccs peuples orgueilleux croyaient triompher de l’oubli, et rendre leur mémoire éternelle.
Crocodile a decx arêtes. Crocodilus (biporcatus) rostre porcis 2 subparallelis, icutis nue ha 0, sq unmi s dorsi oral ib us, octofariam positis, Cuv., loc. cil., p. 48, pl. 1, fig. 4 (squelette de la tête vu en dessus); fig. 13 (le même vu de profil), el pl. 2, fig. 8 (les plaques nuchales et cervicales); Crocodilus porosus, Scho. Celte espèce est à proprement parler le Crocodile des Indes et des archipels asiatiques, ('.'est elle qui habite les rivages des Séchelles, de Ceylan, de Java et de Timor où n'existent cependant pas de grands fleuves. Le Crocodile à deux arêtes s’avance quelquefois dans les flots de la mer. sans cependant s'éloigner jamais du rivage. On en possède au .Muséum des individus, depuis leur sortie de l’œuf jusqu'à la (aille de douze pieds. Il ressemble assez au Chamsès , mais il en diffère parce que ses plaques cervicales sont très-différemment groupées, el que les dorsales, plus petites et plus nombreuses. ont une tout autre forme, et laissent entre elles des es|>aces triangulaires qui, par l'opposition de leur base, forment des bandes intermédiaires, des losanges ou de petits carrés joints par leurs angles aigus; des porcs qui ne sont sensibles dans le Crocodile du Nil que sur le reste des écailles des très -jeunes individus, se développent au contraire avec l'âge dans celui-ci, et lui donnent un aspect tout particulier. La couleur de ce Crocodile est plus brune que dans les précédents, et des taches encore plus foncées, isolées sur les flancs, se rapprochent en bandes noirâtres sur le dos. Selon Labillardière, on croit généralement à Java que l'animal dont il est question ne dévorejamais sa proie sur-le-champ, mais qu'il l'enfouit dans la vase où , après l'avoir laissée trois ou quatre jours se corrompre, il va la rechercher. La même habitude s’observe dans d'autres espèces.
Crocodile a losange. Crocodilus (rhontbifer) rostro concexiore ; porcis 2 conrergenlibns , scutis nue hcc G, squatnis dorsi quadratis svxfariam posilis; meutbrorum squatnis crassis, carinalis , Cuv., loc. et/., pag. 03, pl. 1, f. 1-3 (le squelette de la télé vu en dessus, en dessous et de profil). On ignore la patrie de celle espèce très- imparfaitement connue, décrite sur deux individus mutilés, dont aucune figure n'a été gravée, dont les écailles affectent à peu près la même disposition que celle du Chamsès du Nil , et dont enfin le fond de la couleur verdâtre est tout piqueté en dessus de petites taches brunes très-marquées.
Crocodile a casqde. Crocodilus ( galeatus ) cristâ elevalâ, bidentalâ in vertlcef scutis nuchœ G, Cuv., loc. cit.} p. 51, pl. 1, fig. G (le squelette de la tête en dessu*); Crocodilus Statue nsi s, Schn., Eucycl. Rept.,
pl. 1, fig. S. Faujas, Hlst. de la Mont. de Saint Pierre de Maastricht, pl. 43. Cette espèce, dont on doit la connaissance aux missionnaires français, qui en firent la description à Siam (/'. Mém. de l’Acad. des Sc. avant 1699, t. ni, p. 2, p. 255, pi. 64), est à peu près la seule que Cuvier n'ait point vue. Sa figure a été reproduite dans l’Hisl. génér. des Voyages et jusque dans le Dictionnaire de Déterville comme celle du Crocodile de l’antiquité, et, dans toutes ces copies, on a soigneusement conservé les deux crêtes dentelées que le dessinateur fit régner jusqu’à l'extrémité de la queue, et omis les palmures des pieds de derrière, qui sont des fautes grossières que contredit formellement la description. Le Crocodile à casque, remarquable par les deux crêtes triangulaires, osseuses, implantées l'une derrière l'autre sur la ligne moyenne du crâne, est aussi de la grande taille. L’individu décrit avait dix pieds de long.
Crocodile a decx plaques. Crocoditus ( bisulcatus ) squamia dorai inlermediia quadratia , exterioribua irregularibus aubsparais, aculis nuchœ 2, Cuv., loc. cit.j p. 53, pl. 2, f. C (les plaques nucbales et cervicales). Il parait que cette espèce, imparfaitement connue, décrite d'après deux individus en assez mauvais état, est le Crocodile noir d'Adanson (Sénégal, p. 73), dont Ginelin et Gronovius ont fait, on ne voit pas pourquoi, un synonyme de leur Lacerla Gau gel ica qui est le Gavial. On ne connaît pas positivement sa patrie qu'on présume être la côte occidentale d’Afrique. Sa couleur est plus foncée que celle des autres Crocodiles; ses mâchoires sont plus allongées que celles du Chamsès, mais moins que celles de l’espèce de Saint-Domingue à laquelle il ressemble d'ailleurs par la disposition des plaques du dos. Il est surtout caractérisé par les cervicales qui sont au nombre de quatre, dont deux plus petites, situées près de la nuque, et deux fort grdndes, qui semblent isolées au milieu du cou.
12. Crocodile flamrostre. Crocoditus ( planiros tria) roalro ce quali ad baaim piano , scutis nuchœ ses, squamia omnibus tuberculosia, doraalibua quinque sexfuriam disposais, pedibus cristatis; Crocoditus planirostris , Graves, Ann. gén. des Sc. phys. T. n, p. 348. Cette espèce est africaine; l'épaisseur de son corps et de ses membres lui donne une forme trapue et un aspect de pesanteur qu’on ne retrouve dans aucun autre Saurien. Sa largeur est au moins le cinquième de sa longueur totale, tandis que dans les autres elle n’est jamais que le huitième au plus. Sa tète fait le neuvième de sa longueur totale qui, dans l'individu décrit, est de trois pieds dix pouces et demi. Sa plus grande circonférence par le milieu du corps est de deux pieds trois pouces. La tête ne présente aucune convexité ni saillie de bosses frontales, de sorte que le chanfrein est parfaitement plan. Le crâne est percé de deux fosses ovales, médiocres ; tous les os en sont comme rongés et percés de petits trous, ainsi que dans le Caïman ù lunettes; il est muni à son bord postérieur de cinq petits tubercules en forme de dents. Sa tète représente un triangle isocèle allongé; l’extrémité du museau arrondie, et sa surface couverte de gros tubercules obtus, disposés sans ordre régulier; le grand diamètre des yeux qui sont à seize ligues de distance l’un de l'autre
est de dix lignes; la mâchoire supérieure est garnie de dix-huit dents pointues de chaque côté, dont la quatrième et la dixième sont les plus fortes; l’une des quatrièmes ayant été cassée, on remarque dans sa cavité une petite dent de la même forme ; la mâchoire inférieure a quinze dents de chaque côté; la quatrième est reçue dans une échancrure latérale de la mâchoire supérieure; une autre échancrure prolongée reçoit aussi les neuvième, dixième et onzième dents ; celte mâchoire inférieure est remarquable par son épaisseur qui, au premier coup d'œil , la fait paraître plus large que la supérieure ; le cou est encore plus large et plus gros que la tète; derrière l'occiput on voit quatre nuchales tuberculeuses, Ira ns verses; à quinze ligues de celles ci se trouvent six cervicales, disposées sur deux lignes parfaitement droites, quatre antérieures et deux postérieures, assez petites, élevées eu tubercules pointus, à côtés inégaux, et entremêlées dans leur distance de petits tubercules, tels qu’on les trouve sur le reste du cou; le dos est recouvert de dix-huit rangées de petites plaques carrées, dont les unes se terminent en télé de clou, d’autres en pointes un peu recourbées, et quelques autres en lames tranchantes. La première rangée a seulement deux plaques; les onze suivantes en ont chacune six ; puis viennent cinq rangées de quatre pla- ’ ques, et enfin une dernière de dix; dans les intervalles de ces rangées on observe quelques autres tubercules très-petits; le plastron dorsal, composé de toutes ces plaques, est large de quatre pouces, et forme un parallélogramme assez régulier; les flancs sont garnis, ainsi que les côtés du cou, de petites écailles arrondies, portant chacune un tubercule émoussé, et. entremêlées d'autres très-petites écailles bosselées; la queue ne présente que vingt-neuf rangées transversales au lieu de trente-cinq qu'on trouve ordinairement dans les autres Crocodiles; elle occupe seule la moitié de la longueur totale de l'animal ; les plaques qui la recouvrent, tant en dessus que latéralement, sont parfaitement semblables eu petit à celles du dos, c'est-à-dire carrées et tuberculeuses; les crêtes peu sensibles, qui résultent du prolongement de leurs tubercules, sont épaisses, obtuses, immobiles et comme osseuses; elles commencent à la sixième rangée, et se réunissent à la dix-septième ; la crête terminale n'est pas plus saillante que les autres; les membres, qui sont très-gros, ont leurs plaques supérieures et latérales prolongées en tubercules obtus, en sorte que la «upcrficie de l’animal parait hérissée de protubérances; les pieds antérieurs ont cinq doigts; les postérieurs en ont quatre entièrement palmés, dont les trois intérieurs présentent des ongles totalement émoussés; le contour des pattes est arrondi, et ne porte aucune apparence de crête semblable à celles de la queue; le dessous est entièrement revêtu de plaques carrées, disposées par bandes transversales, lisses et unies, mais dans lesquelles on observe une certaine disposition â devenir tuberculeuses; sous le cou et la mâchoire inférieure, ces petites plaques sont plus épaisses et munies d'un pore; des pores pareils se retrouvent dans les rangées qui avoisinent les cuisses et sous les membres; la couleur des parties supérieures est d'un brun foncé, noirâtre ; celle des parties infé-
heures est d'un jaune sombre. L'individu décrit parait avoir été fort vieux, à en juger par l’épaisseur des os et la force des tubercules qui ne sont pas le produit d’une disposition particulière de l’épiderme, mais qui résultent de la substance même des plaques. Cet animal s'éloigne, par ses formes, du sous-genre dont il présente du reste exactement tous les caractères. 11 pourrait bien en être une espèce plus terrestre qu'aquatique, si l'on en juge par la petitesse et l’immobilité de ses crêtes, et peut-être Laurenti l’a-t-il eu en vue en mentionnant son Crocodilus terrent ri» {Ampli., n° 8fi) dont la synonymie, établie comme au hasard, ne convient pas à son Sauricn. L'individu d'après lequel Graves a fait la description qui précède, existe dans les collections ; de l’Académie de Bordeaux, à laquelle feu Journu- Auberl, comte de Tuslal, en a fait don.
Crocodile a museau effilé ou Crocodile de Saint- Domingue; Crocodilus {acutus) 2 squamis dorsi iniertnedii* quad rôtis , exterioribus irregularibus Hubsparsi », scutis nuchæ 0, rostro production ad busim concexo, Cuv., loc. cit., p. 55, pl. 1, fig. 3 (le squelette de la tète vu par-dessus), fig. 14 (le même vu de profit), et pl. 2, fig. 5 (les plaques nuchales et cervicales); Geoffroy, Ann. du Mus. T. x, p. 70, et T. it, pl. 27, fig. 1. Geoffroy Saint-Hilaire a le premier bien caractérisé et décrit celte espèce, qui est le Crocodile des Antilles. Il est très-commun dans toutes les rivières et les marcs de Saint-Domingue. La largeur de la tête à l'articulation des mâchoires est deux fois et un quart I sa longueur. Le crâne ne fait qu’un peu plus du cin- ; quièine de la longueur de la tête. Les bords des mâ- ! c boires sont plus fortement festonnés en ligne sinueuse que dans les autres espèces. Les plaques nuchales et cervicales sont à peu près pareilles à celles du Cliamsès, mais les dorsales sont fort différemment disposées, ne formant proprement que quatre lignes d’arêtes, comme j dans le Crocodile à deux plaques. La tête équivaut à un ] peu plus du septième de la longueur totale. Les écailles J inférieures ont chacune un pore. Le dessus du corps J est d’un vert foncé, tacheté et marbré de noir, le dessous est d’un vert pâle. Descourtils a soigneusement observé les mœurs du Crocodile de Saint-Domingue; il dit que les mâles sont beaucoup moins nombreux que les femelles; qu'ils se battent entre eux avec acharnement; que l'accouplement se fait dans l’eau, sur le côté ; que l'intromission dure à peine vingt-cinq sccon- ! des; que les mâles sont propres â la génération â dix ans, et les femelles à huit ou neuf; que la fécondité de celle-ci ne dure guère que quatre ou cinq ans ; que ces femelles se creusent avec les pattes cl le museau, un trou circulaire dans le sable, sur un tertre un peu élevé, afin d'y déposer vingt-huit œufs humectés d’une liqueur visqueuse, rangés par couches séparées d'un peu de terre, ! et recouverts d’un peu de limon battu; enfin que la ponte a lieu en mars, avril et mai, et que les petits éclosent au bout d'un mois. Ces petits n’ont que neuf à dix pouces au sortir de l'œuf; mais ils croissent jusqu'à plus de vingt ans et atteignent seize pieds au moins de longueur. Lorsqu'ils éclosent, la femelle vient gratter la terre pour les délivrer, les conduit, les défend et les nourrit en leur dégorgeant la pâture pendant trois mois,
espace de temps pendant lequel le mâle cherche â les dévorer. Comme les autres Crocodiles, celui de Saint- Domingue ne peut manger sous l'eau sans courir risque de s’étouffer, mais il y entraîne ses victimes, les y enfouit durant quelques jours sous la vase, et ne les mange qu'après que la putréfaction s’y est manifestée.
Il préfère aussi la chair du nègre à celle du blanc.
Crocodile intermédiaire. Crocodilus ( intennedius ) rostro production subcylindrico; sentis nuchæ sex; squamis dorsi subrotundis se r fa riant disposais ; squamis omnibus eporosis; Crocodilus intennedius, Graves, loc. ait., p. 344. Crocodilus Journui, Bory. La longueur de ce Crocodile est de huit pieds huit pouces, où la tète entre pour plus d'un sixième et la queue pour près de la moitié. I.a longueur de la tète est plus du double dosa largeur; celle parliivcsl ohlongue, ayant son museau beaucoup plus effilé que celui des autres Crocodiles, et se rapprochant déjà, par sa forme, du museau des espèces de la division suivante. Ce museau est convexe et allongé, presque en cylindre dans son tiers inférieur, ce qui donne d'abord au Crocodile intermédiaire l'aspect d'un Gavial dont la léle serait antérieurement tronquée; le dessus du crâne est revêtu d'une plaque saillante, un peu déprimée, à peu près quadrangulaire et ondulée à son bord postérieur. Les yeux sont placés antérieurement à cette convexité; audessus de chacun d'eux se trouve un sillon large et profond qui se continue vers l'occiput. Les oreilles sont percées dans ce sillon; le museau est parfaitement lisse, nu, arrondi et légèrement élargi à son extrémité; les narines y sont percées dans un enfoncement membraneux. La mâchoire supérieure porte dix-huit dents pointues, fortes et coniques de chaque côté; les quatrièmes et dixièmes sont une fois plus grandes que les autres. La mâchoire inférieure est munie de seize dents de chaque côté; les deux extérieures traversent en entier l'extrémité de la mâchoire supérieure; les quatrièmes, longues de quinze lignes, sont reçues dans une échancrure latérale de la mâchoire supérieure; les yeux, un peu enfoncés, situés à deux pouces l’un de l’autre, ont leurs paupières rudes et écailleuses. Le cou, gros et à peu près cylindrique, supporte immédiatement derrière le crâne cinq nuchales ovales, peLiles, très écaillées, disposées sur une ligne transverse. A quatre pouces en arrière sont les cervicales, au nombre de six; deux sont antérieures, quadrangulaires, à cote convexe; deux latérales plus petites de moitié, à arêtes plus tranchantes, et deux postérieures semblables aux latérales, mais plus petites de moitié. A quatre pouces derrière ces plaques commencent les dorsales, distinctement disposées sur six rangs. Celles des deux rangs du milieu sont à peu près carrées, celles des autres rangs se rapprochent d'autant plus de la forme ovale ou arrondie, qu'elles sont plus voisines des Bancs. Toutes sont munies d'arétes longitudinales très-fortes. Oii compte seize rangées transversales jusqu'à l'origine de la queue; la première n’est composée que de cinq plaques, les dix suivantes en ont chacune six; premièrement deux rangs de cinq, ensuite un rang de quatre, cl enfin deux de trois. Indépendamment des six rangées longitudinales, on aperçoit de chaque côté, un autre
rang écarlé de plu# de trois pouces des autres, el composé seulement de six plaques ovales, éloignées les unes des attires. La queue a dix-huit rangées transversales jusqu'il la réunion des crêtes, et dix-sept après cette réunion. Les arêtes des rangées externes ne «échangent en crêtes qu’au septième rang, et celles des plaques intermédiaires cessent d'être sensibles dès le quatrième. La crête caudale est très-forte, formée de lanières distinctes, longues de trois pouces, dirigées en arrière. Les côtés du cou el les flancs sont couverts d'écailles nues, luisantes, ovales ou arrondies., plus grandes sur les flancs, plus petites, comme réticulées sur le cou. Le dessous est garni de rangs transversaux d'écailles carrées. Celles des côtés de la queue sont ovales. Les membres sont gros sans être trapus, arrondis dans leurs contours, munis chacun sur le bord extérieur de la dernière articulation d'une crête semblable à la crête caudale, mais plus petite; ils sont revêtus d'écailles irrégulières en dessus, parfaitement rhomboïdes et réticulées â la surface inférieure. Les pied9 antérieurs ont cinq doigts libres dont les deux extérieurs sont privés d'ongles, el les trois intérieurs munis chacun d’un ongle pointu, long de six lignes. Les pieds de derrière sont bien palmés; ils ont trois doigts munis chacun d'un ongle droit très-fort, long de dix-huit lignes, et un quatrième doigt extérieur sans ongle. Le Crocodile intermédiaire est d'un vert jaunâtre foncé. Les plaques carénées sont couvertes de points bruns. Les flancs sont jaunâtres, le ventre tout à fait jaune et la queue verte, marbrée en dessous. On croit celte espèce d'Amérique; elle est, avec le Crocodile planirostre, au musée de Bordeaux.
Crocodile des iaius. Crocotlilus palustris , Lcss. Tète courte, un peu bombée, élargie, à museau arrondi; dents fortes, coniques e» d’inégale grandeur; plus petites de moitié que celles du Crocotlilus biporcatu» , à dimensions égales. On compte quatre écailles nuchales, bombées et convexes en croissant; le bouchera six grandes écailles convexes et bombées, à crête déprimée; quatre en haut et deux en dessous. De petites écailles convexes à sommet anguleux ou lisse, recouvrent les côtésdu cou. Tout le dessus du corps présente des plaques ou des srutelles nbarrondies, â arête convexe, comprimée, plus saillante su ries côtés où ces plaques forment deux lignes élevées, latérales ; une rangée de crêtes verticales sur la queue. Toutes les écailles de ce Crocodile sont couvertes de petites stries rayonnantes très-fines. Les plaques du dessous du corps sont lisses el quadrilatères. La peau est verdâtre, largement tachée de brunâtre el de noir en dessus, avec le relief des sculelles doré; il est verdâtre en dessous. Les membres sont recouverts de acutelles obliqualères, striées, un peu élevées à leur milieu, dentelées sur leur bord externe. Les trois doigts antérieurs sont armés d’ongles puissants, convexes et déprimés en dessous; les deux doigts inermes et à moignon sont libres; des quatre postérieurs, trois sont puissamment ongulés; le quatrième est court et inerme. Ce Crocodile ne va jamais dans le Gange; il ne quitte point les marécages et les grands étangs où il se fixe jusqu'à ce qu’il ail épuisé la nourriture qu’il y rencontre; il dépose ses œufs dans un trou, en terre, et il les abrite
profondément et avec soin. Sa taille est de G pieds et demi.
Les Crocotlilus carinalus , oopholis et paltnalus de Schneider, appartiennent encore à cette division.
Gavials. Long f rostre». Ils ont le museau rétréci. cylindrique, extrêmement allongé, un peu renflé au bout; la longueur de leur crâne répond à peine au cinquième de la longueur totale de la tête; les dents sont presque égales; vingt -cinq â vingt-sept de chaque côté en bas; vingt -sept â vingt -huit en haut; les deux premières el les deux quatrièmes de la mâchoire inférieure passent dans les échancrures de la supérieure, el nos pas dans désirons; le crâne a de grands Irous derrière les yeux, et les pieds de derrière sont dentés el palmés comme ceux des Crocodiles proprement dits; la forme grêle de leur museau les rend, à taille égale d'ailleurs, beaucoup moins redoutables que les Crocodiles des deux autres divisions; ils vivent de Poissons, et sont jusqu'ici tous asiatiques. Le nom de Gavial est indien. C'est Lacépède qui, le premier, l'a fait passer dans notre langue pour désigner l’espèce principale.
Graxd Gavial. Crocotlilus Gongeticus ; rertice et orbitis transcersis . nuchæ sculis 2, Cuv. , /oc., cit., p. 00, pl. 1 (le squelette de la léle vu en dessus); fig. 10 (le même vu de profil), et pl. 2, fig. 11; le Gavial, Lacép., Qundr. , ov., p. 235, pl. xv; Crocodile du Gange ou Gavial, Faujas. Ilist. de la Montagne de Saint-Pierre, pag. 235, pl. xlvi, el le squelette de In tête, p). xlvii. Crocotlilus Ion g trust ris, Schn. Lacer la Gaugetica , Ginel. Cette espèce indienne fut évidemment connue des anciens; car Ælien (lib. xn, cap. 41) s'exprime ainsi : « Le Gange nourrit deux sortes de Crocodiles; les uns sont innocents et les autres cruels. » Or, le Gavial qui fait sa nourriture unique de Poissons el de Reptiles aquatiques, n'attaque jamais les autres animaux, et encore moins l’homme. Il n’en parvient pas moins â une taille gigantesque; son inuseau est presque cylindrique; sa tête s'élargit singulièrement en arrière. On lui compte vingt-cinq dents de chaque côté de la mâchoire inférieure, et vingt -huit de chaque côté de la supérieure, en tout cent six; la longueur du liée est â celle du corps comme un est â sept et demi.
Petit Gavial. Crocotlilus tenuirostris ; rertice et orbitis angustioribus , nuchæ sculis 4, Cuv., /or. cit., p. G1 , pl. 1 . fig. 1 (le squelette de la tête vu par-dessus); fig. 11 (le même vu de profil), et pl. 2, fig. 12 (les nuchales el les cervicales sous le nom de petit Caïman); petit Crocodile d'Asie el petit Gavial à gueule trèsallongée, Fauj., loc. cit., p. 237, pl. xlviii. La longueur de son museau ou plutôt de son bec, dans l'individu décrit, est â celle du corps comme un est à sept; la nuque est armée derrière le crâne de deux paires d'écussons ovales, que suivent quatre rangées transversales; la première de deux grandes plaques; les deux suivantes de deux grandes el deux petites; la quatrième de deux grandes, dont les dorsales sont la continuation. On n’est pas fixé sur le nombre des dents, qui parait devoir être le même que dans l'espèce précédente.
Crocodiles fossiles.
Les Crocodiles sont des animaux antiques sur le globe;
ils y précédèrent sans doute la plupart des Mammifères; du moins les ossements fossiles, assez nombreux, qui en ont été retrouvés et décrits parles naturalistes, viennent de bancs de .Marne endurcie, grisâtre et pyriteuse, inférieure à la Craie et conséquemment antérieure à celte Craie, c’est-ù-dire de formation très -ancienne. Les côtes de la Manche surtout, soit ail Hâvre, soit â Honneur, soit enfin au Calvados, ont fourni des débris de Crocodiles tellement constatés, qu’on peut déterminer à quelles divisions appartiennent les espèces dont ces débris attestent l’existence contemporaine de Coquilles dont les analogues virants ne se retrouvent plus. C'est encore Cuvier qui a établi dans un Mémoire lumineux sur les ossements fossiles de Crocodiles (inséré au tome xn des Annales du Muséum , p. 75 à 1 10), 1° que les bancs marneux des côtes de la Normandie recèlent les ossements de deux espèces appartenant l'une et l’autre au sous-genre Gavial, mais toutes deux inconnues; 2° que l’une des deux au moius se retrouve en d'autres lieux delà France, particulièrement à Alençon ainsi que dans les environs d’Angers et du Mans; 5° que le squelette découvert au pied des falaises de AVhitby, dans le comté d'York en Angleterre, et que Faujas avait regardé comme celui d’un Cachalot, avait appartenu à l'une des deux espèces trouvées à Honfieur; 4° que les débris de Crocodile, trouvés dans le Yicenlin lui appartinrent encore; 5° que des fragments trouvés à Altorf, dans les environs de Nuremberg, ont appartenu à un Crocodile différent du Gavial, quoique voisin, qui pouvait bien être identique avec l'une des espèces d'Honfleur, mais qui différait de celle dont il reste le plus de fragments reconnaissables; 6° que les portions trouvées à EUton, dans le comté de Nottingham en Angleterre, et décrites par Stukely, appartinrent au squelette d’une espèce indéterminable; 7° que les prétendus Crocodiles trouvés avec des Poissons dans les Schistes pyriteux de Thuringe sont des Itepliles d'un tout autre genre, et probablement des Monitors; 8° enfin que tous ces Quadrupèdes ovipares, fossiles, se rencontrent dans des couches très- anciennes parmi les secondaires, et bien antérieures même aux couches pierreuses, régulières, qui recèlent des ossements de Quadrupèdes de genres inconnus, tels que des Palœolherium et Anoplolherium; ce qui n’empèche pas qu'on ne retrouve aussi, avec ces derniers, quelques vestiges de Crocodiles entre les couches gypseuses des'environsde Pgris. —
Le grand Saurien de Maastricht, doul Faujas a fait graver la tète pétrifiée, conservée dans les galeries du Muséum, et que ce savant regardait comme ayant dépendu d'un Crocodile gigantesque, fut un Monitor; il en sera traité à l'article consacré à ce genre de Sauriens.
CROCOD1LIENS. rept. Famille de Sauriens qui ne se compose que du genre Crocodile.
CROCODILION. Crocodilium. bot. Genre de la famille des Synanihérées, Cinarocéphales de Jussieu, tribu des Centaurées de Cassini et de la Syngénésie Polygamie frustranée. L. Constitué par Vaillant aux dépens des Curduus et Jacea de Tournefort, il avait ensuite été réuni au Centaurea par Linné; mais Jussieu l'en a séparé de nouveau, et se fondant sur la dégénérescence épineuse des écailles de l'involucre, a même
distribué les deux genres Crocodilium et Centaurea dans deux sections différentes. Voici les caractères qui servent à le distinguer : calatbide radiée; fleurons du centre nombreux et hermaphrodites; ceux de la circonférence disposés sur un seul rang, très développés et stériles; involucre formé d'écailles imbriquées, coriaces. prolongées en un appendice suborbiculaire , scarieux et terminé au sommet par une épine; akènes surmontés de deux aigrettes, comme dans le genre Centaurea. Le type de ce genrç est le Crocodilio* ne Syrie. Crocodilium Syriacum, Cass., Centaurea Crocodilium , L., plante annuelle, à tige rameuse, striée et hérissée; â feuilles pinnatifides. terminées par un grand lolic denliculé. Ses fleurs, solitaires au sommet de longs pédoncules, sont d'une fort belle couleur pourprée. Celte plante est indigène du Levant. Dans la Flore française. De Candolle, réduisant de nouveau le groupe des Crocodilium au rang de simple section du genre Centaurea , n'en décrit qu'une seule espèce. C'est le Crocodiliox de Salas tigre, Centaurea Salmantica, L., très-jolie plante à fleurs d’un rouge intense, et qui est très-commune dans les contrées les plus méridionales de la France, et notamment dans le département des Douches du Rhône.
Les anciens, notamment Dioscoride et Pline, appelaient Crocodilion une piaule épineuse des bords des eaux, dont les modernes empruntèrent le nom pour désigner le genre précédent, et qu’Adanson croit être V Echinops Ritro.
CROCOD1LODES. bot. Quatre plantes de la famille des Synanihérées ont ainsi été nommées par Vaillant. Linné les avait rapportées à son genre Atractyli» ; mais d’après Gærlner. deux seulement doivent demeurer dans ce genre; une troisième entre dans le genre Circellium , et la quatrième constitue le genre Agriphyllum de Jussieu, ou Apulcia de Gærlner.
CROCODILOIDEA. bot. Section du genre Centaurée, établi par Linué et correspondant au genre Crocodilion de Vaillant.
CROCODILVS. bot. V. Berckbeye.
CROCOISE. *n». Beudant a donné ce nom au plomb chromaté. V . Pi.oxb.
CROCOTEor CROCOTTE.ma*. D'où Crocuta,qui est le nom scientifique d'une espèce d’Hyène. Ces mots paraissent avoir désigné le même animal chez les anciens qui les appliquaient aussi au métis du Loup et du Chien.
CROCQUE. bot. Synonyme vulgaire de Vicia cracca, espèce du genre Vesce.
CROCUS, bot. V. Saprai». On a mal à propos étendu ce nom à quelques espèces du genre Amome de l’Inde, dont les racines, aromatiques et teignant en jaune, sont employées dans le commerce.
CROCUS METALLORUM. mix. V. Foie d’Axtimoixe.
CROCUTA. ma*. Synonyme d’Hyène tachetée.
CROCYNIA. bot. Achar a design^ sous ce nom la troisième section du genre Lecidea qui ne renferme que le Lecidea Gossypina.
CRODISPERME. Crodisperma. bot. Ce genre de la famille des Synanihérées, proposé par Poiteau pour une plante qu'il a observée à la Guiane, a été réuni par De Candolle au genre Wulfle.
CROISEAU. ois. Nom vulgaire du Pigeon Biset.
CROISETTE. bot. Synonyme de Crucianelle. Ce nom est encore vulgairement appliqué à plusieurs Rubiacées qui ont leurs Feuilles disposées en croix.
CROISETTE. mn. J'. Stac botide.
CROISEl'RS. ois. Synonyme vulgaire de Mouette.
CROISSANT, rois. Espèces des genres Labre et Té- Iraodon.
CROIX DE CAL.ATRAVA. bot. Synonyme vulgaire d 'Amaryllis formosis&ima, L.
CROIX DE CHEVALIER DE JÉRUSALEM oc DE MALTE- bot. Synonyme vulgaire de Lychnis Chalce üonica.
CROIX DE LORRAINE, bot. Synonyme vulgaire de Cactus spinosissimus.
CROIX DE SAINT-ANDRÉ, bot. Synonyme vulgaire de l'afantia cruciala.
CROIX DE SAINT-JACQUES, bot. Synonyme vulgaire d 'A ma rylli s fo rm os iss i ma .
CROIX oc CRUCIFIX DE MER. xoi.l. Synonyme vulgaire à'Oslra Malleux, L. f'. Marteau.
CROK ALITE. XIN. V. MftSOTYPB.
CROKER. pois. Synonyme de Perça undulata, V.
SCIÊNE.
CROKIDOL1THE. mis. V. Krokidol ithe.
CRONARTIER. Cronartium. bot. Fries a donné ce nom à un genre de la famille des Mucédinées qu'il a séparé des /.'rîneuyt dont il diffère par scs filaments simples, cylindriques, non cloisonnés, égaux dans toute leur étendue. Ce genre, qui a pour type VErineum asclcpideum de Funck. ne parait pas devoir être séparé des vrais Erineum dont il diffère à peine.
CRONE. L'un des noms anciens du Poivre long, Capaicum annuutn. y. Fixent.
CRONION.bot. Synonyme de Pied-d’Alouelte.f'. Daü-
PH1NEII.E.
CROQUE-ABEILLES, ois. Synonyme vulgaire de Mésange.
CROQUET, ois. L’un des noms vulgaires de la Ber- 'naclie, A nas Bernicla. A'. Canard.
CROSSANDRE. Crossandra, bot. Genre de la famille des Acanlhacécs; Didynamic Angiospermie, Lin. L’établissement du genre Crossandre est l'un des résultats des nombreuses modifications ou soustractions qu'a éprouvées le grand genre Juslicia , après la révision qui en a (té faite presque simultanément par divers botanistes. C’est ainsi que, tout à la fois, Salisbury en Angleterre, et Jacquin en Autriche, détachèrent de ce genre le Justicia infutulibuliformis , qu'y avait placé Linné, pour en constituer, l'un, le genre Croatandra, l’autre, le genre Harrachia. Comme il fallait choisir entre les deux dénominations génériques, la majorité des botanistes a penché en faveur de la première, comme plus expressive. Crossandra , dérivé de x poaiot, frange, et avip o( , homme ou mâle, exprime la conformation particulière des anthères (organe mâle), dont un des côtés est finement découpé et frangé. Les autres caractères consistent dans un calice à cinq divisions dont deux plus petites ; dans une corolle monopétale, à tube grêle, àlèvrepartagéeencinqlobes. Qualreétaminesincluses, diilynames, terminées par des anthères à une loge;
ovaire supère; style filiforme; stigmate bifide; capsule biloculairc. à deux valves cl polysperme.
La Crossandre a peuli.es ondulées, Crossandra un dulœfolia, Salis!) .\Justicia infundibuliformis, Linné; Harrachia specioaa, Jacq., est un arbrisseau dont la lige s'élève à la hauteur de deux ou trois pieds, en se divisant eu plusieurs rameaux cylindriques, glabres, garnis de feuilles opposées, ovales-lancéolées, ondulées en leurs bords, et un peu décurrentes sur leur pétiole, glabres en dessus et en dessous, luisantes, d'un vert foncé, de même que les rameaux, l.es fleurs sont d'un rouge orangé, imbriquées sur quatre rangs, et disposées, au nombre de quarante à soixanle, en épis serrés, portés dans les aisselles des feuilles, sur des pédoncules de la longueur des pétioles. Chacune de ces fleurs est munie* à sa base, d'une bractée ovale-lancéolée, concave, foliacée, et de deux autres bractées opposées, linéaires; toutes les trois plus longues que le calice. Celle plante est originaire du Malabar d'où elle a été apportée par le docteur Roxbourg. en 1800. Se* fleurs sont d'un très bel effet dans les serres, et se succèdent presque sans interruption, depuis le mois de juin jusqu'à la fin de l'année.
CRÜSSARCIIUS. xax. Synonyme de Mangue.
CROSSETTE. Mallcolus. bot. On donne ce nom à une nouvelle pousse portant à sa base un tronçon de vieux bois, et que l'on inet en terre pour prendre racine et former un nouveau sujet. V . Boiitcbe.
CROSSOCÈRE. Crossocerus. ins. Hyménoptères. Genre de la famille des Fouisseurs, institué par Brullé, aux dépens du grand genre Crabro de Fabricius. Les principaux caractères du genre nouveau sont : antennes filiformes, de treize articles distincts, garnis en dessous d'une frange de poils, à partir du troisième article jusqu'au dernier; ocelles disposés en triangle équilatéral; prolhorax un peu anguleux sur les côtés; abdomen à peu près de la longueur du corselet; son premier segment de forme ordinaire et court; anus convexe, mutique et non creusé en gouttière; hanches des pattes postérieures beaucoup plus courtes que les cuisses, ces dernières et leurs jambes minces, point renflées; tarses antérieurs frangés, mais poiut ciliés; appendice de la cellule radiale des ailes supérieures dessiné par une nervure qui se rapproche d'abord de la côte cl se recourbe ensuite en dedans, à l’extrémité. Le genre Crossocère se compose d’une trentaine d'espèces parmi lesquelles se rangent les Crabro acutatus, et maculatus, le Pemphredon Icucostoma de Fab. et autres espèces non décrites jusque-là.
CROSSOLEP1DE. Crossolepis. bot. Genre de la famille des Synanlhérécs, tribu dos Sénéclonides, institué par Lesson qui l'a caractérisé de la manière suivante : capitules composés d'un petit nombre de fleurs; axe central nu; involucre formé de deux rangées d’écailles scarieuses, découpées et frangées, à peine plus courtes que les fleurs; aigrette nulle. Ce genre consiste jusqu’à ce jour, en deux espèces : Crossolepis lini folia et Crossolepis pusilla, toutes deux de la Nouvelle* Hollande. Ce sont de petites plantes annuelles, fort délicates, couvertes d'un duvet peu apparent cl dont les feuilles sont linéaires et très-étroiles.