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CROSSOPETRE. «u. Gmclin. Syo. d’Harmolorae.
CROSSOPHYTON. bot. Synonyincde Lcontopodium.
CROSSOSTEPHIER. Crossostephium. bot. Genre de la Famille des Synant Itérées, tribu des Sénécionkles, institué par Lésion, pour une plante qui se trouve en Chiue. dans l'ile de Luçon, et que quelques botanistes avaient antérieurement placée parmi les Armoises. Caractères : capitules renfermant un grand nombre de fleurs hétérogames : celles du rayon femelles, filiformes, renflées à leur base en un tube dont l'orifice est légèrement denté, et disposées sur plusieurs rangs; les autres hermaphrodites , fertiles, cylindracécs, amples et à cinq dents; involucrc campanulé, formé de plusieurs rangées d'écailles; réceptacle nu et conique; akène anguleux ; aigrette composée de petites paillettes semi-lancéolées et inégales. Le f.rossoslephier artheinisioide, Crossostephium arthemisioide s, Less., est lin arbustcdonttoutesles parties sont recouvertes d'un duvet blanchâtre; les feuilles sont alternes et d'une consistance assez ferme; les inférieures sont cunéiformes, avec le sommet trilobé; les capitules sont globuli formes, rassemblés en grappes, avec leurs fleurons jaunes.
CROSSOSTIGMA. bot. Genre de la famille des Onagraires. Octandric Monogynic de Linné, institué par E. Spach, dans la monographie qu'il a publiée de celle famille. Caractères : calice profondément découpé cil quatre segments, avec son tube infimdibulaire; nectaire formant un anneau épais sous le sommet du tube calicinal; pétales égaux, dressés; oblongs, cunéiformes, profondément hilohés; étamines petites, disposées sur deux rangs, dont quatre plus petites et posées alternativement en avant des pétales; les filaments sont dressés, terminés par des anthères très- petites, presque rondes et attachées par leur centre; ovaire à quatre loges renfermant chacune de huit à dix ovules ascendants. superposés en une seule rangée; style droit; stig- i male oblique, tronqué, concave, étalé et frangé. Le fruit consiste en une capsule grêle, toruleuse, slipitée, à quatre côtes peu saillantes, à quatre loges, à quatre valves s'ouvrant de la base au sommet. Une seule espèce, Crossostigma minuta, Spach; Epilobium mi nutum, Lindl., compose jusqu'à présent tout le genre.
CROSSOSTYL1DE. Crossostylis. bot. Genre de la Polyandrie Monogvnie, L., établi par Forsler ( Nova Généra, 88, t. 44), et que Jussieu, dans son Généra Plantant m , a placé parmi les plantes incerta sedis, en indiquant toutefois ses affinités avec les Salieariées. Voici ses caractères : calice télragone, à quatre divisions, persistant et inséré au sommet de l'ovaire; corolle périgyne, composée de quatre pétales onguiculés et alternes avec les divisions du calice; étamines au nombre de vingt ou environ, à filets soudés et formant un anneau urcéolé, qui porte aussi de petits filets stériles et alternes avec les étamines; ovaire unique, portant im style persistant et un stigmate à quatre lobes divisés cux-méines en trois parties; le fruit est une baie hémisphérique, striée, uniloculaire et contenant un grand nombre de graines très-petites, attachées à un placenta central. La Ckossotylide a deux fleurs, Crossostylix bi/lora , seule espèce connue, a été découverte par Forsler, dans les Iles de l'océan Pacifique.
CROTALA1RE. Crotalaria. bot. Genre de la famille des Légumineuses. DiadHpIiie Décandrie, établi par Tournefort, quoiqu'il fût antérieurement connu. Dillen et Linné l'ont adopté et ont ainsi fixé ses caractères : calice divisé en trois segments profonds, dont l'inférieur est légèrement trifide, ou, ce qui roviénl au même partagé en cinq découpures inégales; étendard de la corolle souvent beaucoup plus long que les ailes et la carène ; celle-ci est très-recourbée, obtuse ou arrondie antérieurement, et terminée en pointe; toutes les étamines réunies, avec une fissure latérale, monadelphes, quoiqu'on ait placé ce genre dans la Diadelphie pour ne pas l’éloigner de ses voisins naturels ; légume renflé, ovale, cylindrique, pédicellé, uniloculaire et ne contenant qu’un petit nombre de semences réniformes. Le* plantes de ce genre sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles quelquefois simples, le plus souvent lernées, rarement digitées, munies de stipules distinctes du pétiole; leurs fleurs sont disposées en épis, soit terminaux, soit axillaires, ou opposés aux feuilles.
Thunberg ( Prodr. FL capens. prœf., T. n ) en a séparé plusieurs espèces dont il a constitué le genre Rafnia que Willd. a adopté, en y faisant entrer le Crotalaria perfoliata, L. , et le Borbonia cor data d'Andrews. Il est difficile de se ranger à l'avis de Willdenow, relativement à la première de ces deux plantes. Le Crotalaria perfoliata, L., plante de la Caroline, ne doit pas être intercalé ail milieu d'un groupe de plante* toutes indigènes du cap de Itonne-Espérance , et doit rester un Crotalaria tant qu’on ne sera pas fixé sur la place qu'il occupe, soit dans le genre Sophora , selon Walter, soit parmi les Poda/yriù, d’après Michaux. Ailon en a aussi fait le type de son genre Baptisia. D'un autre côté , rétablissement d’un nouveau genre aux dépens des Crotalaria, a encore été proposé par Desvaux ; il l'a nommé Neurocarpum et l’a formé avec le Crotalaria Guianenxis, Auhl.. et le Crotalaria ellip tica, Poirel. Enfin, Thunberg a encore distingué comme genre particulier, le Crotalaria cordifolia, L., et lui a donné le nom à'Hypocalyptus obeordatus ; c’est* celte plante que Bcrgius avait appelée Sparlium xophoroidex. La distinction de ces divers genres laisse encore dans celui des Crotalaires un grand nombre d'espèce*. On en compte aujourd'hui plus de quatre-vingts dans les Catalogues de celles cultivées en Angleterre; De Candolle en décrit cent trente-sept qu'il répartit eu deux sections, selon que les feuilles sont simples ou composées; la première présente cinq sous-divisions, et la seconde quatre. La plupart de ces espèces sont particulières à l'Afrique et aux régions ardentes de l’Inde; d'autres, en plus pelil nombre, appartiennent à l'Amérique; mais jusqu’à présent, on n'en a trouvé aucune qui fût indigène de l'Europe.
Nous choisirons dans ce genre nombreux quelquesunes des espèces qui font particulièrement l’ornemenl des serres ou des orangeries.
Crotalairk rexflEe. Crotalaria turgida , De Candolle, Prodr. 2, 150. Petit arbrisseau divisé, dès sa base, en plusieurs rameaux pubescenU dans leur jeunesse , hauts d'un pied ou un peu plus, garnis de feuilles éparses, pétiolées, composées de trois folioles ovales, gla-
bres, d'un vert clair, bordées de quelques cils; la base du péliole est munie de deux stipules ovalcs-arrondies, qui tombent de bonne heure. Les fleurs sont jaunes, parsemées de lignes rougeâtres, pédonculées et portées trois à six ensemble au sommet des rameaux. Leur calice est campanulé, partagé jusqu'à moitié, en cinq découpures presque égales, aigues. La corolle, papilionacée, assez grande, a son étendard ovale, réfléchi en arrière, et muni, à sa base, de deux petites callosités ; ses ailes sont oblongues, plus courtes que l'étendard ; sa carène, presque égale à la longueur de l'étendard, parait formée de deux pétales en sa partie inférieure, et réunie en un seul dans la supérieure. Les étamines, au nombre de dix, ont leurs filaments réunis en un seul corps dans la moitié de leur longueur, libres dans le reste de leur étendue, et terminés alternativement par des anthères arrondies et des anthères allongées, aiguës : les unes et les autres également à deux loges. L'ovaire est supérieur, oblong, pédicule, horizontal, surmonté d'un style subuté, coudé presque à angle droit, et terminé par un stigmate simple.
Crotalaire a flecrs pürpdrines. Crotalaria pur purea, Venten., Malm. T. iv, tab. CG. Arbrisseau originaire du cap de Bonne-Espérance, qui, par l'agrément et la belle couleur de scs fleurs, se distingue facilement de ses congénères. Il fleurit vers le milieu du printemps, et on le rentre dans l’orangerie à l'approche de l’hiver. Ventenal observe que celte plante a beaucoup d'affinités avec le Crotalaria cordifolia, L., mais qu’elle s’en distingue essentiellement par son légume renflé; il incline donc à séparer celle-ci, comme l'a fait Thunberg, et à adopter son genre Hypocalyptus.
Crotalaire arborescente. Crotalaria arborescent, Lamk. Arbrisseau indigène, comme le précédent, du Cap. Ses fleurs sont d’un jaune très-brillant. Parmi les espèces ou variétés introduites récemment dans la culture des jardins, on remarque le Crotalaria juncèa, L.. à laquelle une tige effilée, des feuilles lancéolées et couvertes d’un duvet argenté et de grandes fleurs d’une vive couleur de Soufre, donnent un aspect fort élégant. ;
CROTALE. Crotalus. rept. Vulgairement Seront à sonnettes. Nom auquel répond à peu près celui qu'ont adopté les naturalistes; ce notn, tiré du grec, signifie dans cette langue une cresselle ou tout autre petit instrument faisant du bruit par percussion. Çe genre appartient à la famille des Venimeux à crochets isolés de Cuvier, et à celle des Hélérodermes de Duméril. Caractères : des plaques transversales simples sous le corps et sous la queue, dont l’extrémité est garnie de plusieurs grelots vides , ayant leur substance pareille à celle des écailles, emboîtés lâchement les uns dans les autres et se mouvant en causant un certain bruit qu’on a comparé à celui produit par du parchemin froissé ou deux grosses plumes d'Oiseau frottées l'une contre l'autre. — De tous les Serpents, les Crotales passent pour être les plus dangereux par leur morsure, dont l'effet n'avait pas besoin d'étre exagéré pour être encore des plus terribles. Il est heureux que la nature n'ait pas joint à ce puissant moyen de destruction la grande agilité des Boas; les Crotales seraient devenus alors un véritable fléau dans l'ensemble de la
i création. Leurs habitudes sont tranquilles et leur dé- I marche est lente; ils ne font usage de leur venin que 1 pour se procurer la nourriture nécessaire, n'attaquant jamais sans y être poussés par le besoin ou par des provocations réitérées. Les Crotales babilenl exclusivement l'Amérique, depuis le midi des États-Unis jusque vers le milieu du Brésil; les parties les moins peuplées de la Caroline surtout, sont la patrie de prédilection de ces animaux; et c'est là qu’on en rencontre le plus. C'est encore là que Bosc, dont les recherches ont presque épuisé l'histoire naturelle de ce pays, a parfaitement observé leur histoire; nous ne pouvons mieux faire que de répéter textuellement ce qu’en n dit ce naturaliste. Le nombre des grelots de la queue des Crotales varie non seulement dans toutes les espèces, mais même dans beaucoup d'individus d'une même espèce. Ce sont des pyramides tronquées à quatre faces, dont deux, opposées, sont beaucoup plus courtes que les autres,. et qui s’emboîtent réciproquement, de manière qu'on ne voit que le tiers de chacune. Cet emboîtement a lieu par le moyen de trois bourrelets circulaires, répondant à autant de cavités de la pyramide supérieure, de sorte que la première pyramide qui lient à la chair, n'a que deux cavités, et que la dernière, celle qui est à l’extrémité, n'en a pas du tout. C'est par le moyen de ces Imurrelets de diamètres inégaux, que les grelots se tiennent sans être liés ensemble, cl qu’ils peuvent sc mouvoir avec bruit dès que l’animal agite sa queue. Ces pièces, excepté la première, ne tenant point à l'animal, ne peuvent recevoir de nourriture; aussi ne croissent-elles pas; la dernière, c'est-à-dire la première furmée, est toujours close et plus petite. De l'accroissement des dernières vertèbres de la queue, dépend la grandeur de la dernière pièce des grelots, puisque ces pièces sc moulent primitivement sur elles. Il est très-probable qu'il s’en produit une tous les ans, par suite de la mue. Bosc a observé un assez grand nombre de Crotales de différentes espèces, dans la Caroline, et il croit avoir remarqué que, si le nombre des sonnettes varie dans la même espèce de même âge, c'est parce qu'elles sont sujettes à se séparer par accident. 11 est très-certain, d'après ces observations et le diredes habitants du pays, que les Crotales ne perdent et ne renouvellent pas leurs sonnettes chaque année, et qu’on peut toujours, par le moyen du calcul, trouver le nombre de celles qui manquent, puisque toutes croissent dans une proportion régulière. Un individu comparé à plusieurs autres plus grands et plus petits, a prouvé à Bosc qu'un Crotale qui a six grelots, dont le dernier est entièrement fermé à son extrémité, doit avoir cinq ans. C’est cette fermeture du dernier grelot qui annonce l'intégrité du nombre de ceux produits depuis la naissance de l'animal. On dit que le bruit de ces sonnettes s'entend à plus de soixante pieds, et cela se peut pour quelques espèces; mais il ne l’a jamais pu entendre à plus de douze ou quinze pieds, encore était-ce celui d'un individu qu'il | avait attaché par le cou à un arbre et qui se débattait avec une grande violence. Dans l’état de marche ordinaire, le bruit est si faible, qu’il faut être sur l’animal et même prêter l'oreille pour l’entendre. — L'odeur des Crotales est très- mauvaise et se sent souvent de fort