DICT. DES SCIENCES NAT
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loin; elle est principalement dur à h décomposition des animaux qu'ils ont mandés, décomposition qui est singulièrement accélérée par le venin dont ce» animaux Ont été imprégnés. J'ai remarqué que ceux qui avaient le ventre vide, ne transmettaient qu'une bien plus faible odeur, analogue à celle de la Couleuvre à collier, et qui est fournie par les glandes voisines de l'anus. Lorsqu'ils sont morts, ils se décomposent eux -mêmes très - rapidement, et l'odeur putride «pie leur corps exhale est si fétide, qu’il faut un grand courage pour en approcher, et qu'il est presque impossible de les remuer sans sc trouver mal. — Les Serpents à sonnettes | peuvent vivre longtemps; on en cite qui avaient qua- i rantc à cinquante sonnettes, c'est-à-dire quarante à i cinquante ans. et huit à dix pieds de long; maison n'a cependant à cet égard que des notions fort confuses. Dans les pays où il y a un hiver, en Caroline, par exemple, ils se terrent pendant les froids comme les Serpents d'Europe, tandis qu'à Cayenne on les trouve toute l’année en activité. — C’est aux dépens de petits Quadrupèdes, tels que les Lièvres, les Écureuils, les | Rats. etc.. d'Oiseaux qui cherchent leur nourriture sur la terre et «le divers Reptiles, que vivent le* Serpents à sonnettes. Ils se tiennent ordinairement contournés en spirale dans les lieux dégarnis d'herbes et de bois, le long des passages habituels des animaux sauvages, surtout dans ceux qui conduisent aux abreuvoirs : là ils attendent tranquillement que quelque victime se présente; dès que celle-ci se trouve à leur portée, ils s'élancent sur elle avec la rapidité d'un trait, et lui versent leur poison dans les veines. Rarement un animal surpris par un Serpent à sonnettes cherche-t-il à fuir : il est comme pétrifié de terreur à son aspect, et va même, dit on, au-devant du triste sort qui l'attend. Ue ce fait exagéré, découle naturellement l'opinion où l'on est généralement , en Amérique comme en Europe, qu’il suffit qu’un Serpent fixe un Écureuil ou même un Oiseau i placés sur un arbre, pour les charmer, c’est-à-dire les obliger à descendre et à venir se faire avaler. Lorsqu’on met des animaux dans une cage où il y a de ces Ser- J pénis, ils sont saisis d’une frayeur mortelle, s'éloignent le plus qu'ils peuvent de lui, mais no perdent point leurs facultés physiques : il est, au reste, rare que dans ce cas, les premiers les acceptent pour nourriture; ils se laissent ordinairement mourir de faim, lorsqu'ils sont réduits en captivité. — Tous les animaux, exeppté les Cochons qui s’en nourrissent . craignent les Serpents à sonnettes; les Chevaux, et surtout les Chiens, les éventent de loin, et se gardent bien de passer auprès d’eux. I Dose dit s'être amusé plusieurs fois à vouloir violenter son cheval et son chien pour les diriger vers un de ces Serpents; mais iis auraient été plutôt assommés sur la place que de s'en approcher. Ils sont cependant assez souvent leurs victimes. C’est principalement dans les temps orageux et lorsque l'atmosphère est fort chargée d'électricité, enfin lorsque le temps est lourd et chaud, qu'ils sont le plus dangereux. Mais l'homme en devient facilement le maître , lorsqu'il peut les apercevoir de loin et prendre scs précautions. D'abord ils ne l'attaquent jamais; en second lieu ils ne sont point craintifs, se laissent approcher, et par conséquent on peut choisir
une position avantageuse, et les tuer d’un seul coup de hàton donné sur l’épinè du dns. Lorsqu’ils sont saisis par la lète, ils ne peuvent , comme les autres Serpents, relever leur queue et l’entortiller autour des bras de i l'agresseur, et par conséquent faire usage de leur force j pour se dégager. Ils sont au reste très-vivace». Tyson en disséqua un qui vécut quelques jours après qu'on lui eut arraché la plupart des viscères et que sa peau eut été déchirée; ses poumons, qui étaient composés de petites cellules, et terminés par une grande vessie, demeurèrent enflés jusqu'à ce qu’il fût expiré. — Quoique les plaies que produit un Serpent à sonnettes soient de pins d'un pouce de large, sa morsure, dit-on. se sent à peine; mais au bout de quelques secondes, une cnfluBC. accompagnée d'élancements, se développe autour du membre; bientôt elle gagne tout le corps, cl souvent au bout de quelques minutes, l'homme ou ranimai blessé n'existe déjà plus. Les derniers degrés de l'agonie sont extrêmement douloureux : on éprouve une soif dévorante qui redouble si l'on cherche à l'étancher; la langue sort de la bouche et acquiert un volume énoripe; un sang noir coule de toutes les parties du corps, et la gangrène se montre sur la blessure. Malgré la violence de ces symptômes et la rapidité des progrès du mal, on guérit souvent de la morsure des Crotales; mais il faut pour cela que les crochets n’aient point pénétré dans line artère, et pas trop près du cou. Rose croit pouvoir déduire d'une observation qui lui est propre, que souvent dans ce ca» on meurt asphyxié par suite de l'enflure des organe» de la respiration; et qu'alors l’opération de la bronchotomie pourrait sauver le malade. — Le poison «le» Crotales se conserve sur le linge, même après qu'il a été mis à la lessive; et on a des faits qui constatent la mort de personnes dont les plaies avaient été pansées avec ce linge, lise conserve sur la dent de l'animal après qu’il est mort. On cite qu'un homme fut mordu à travers ses hottes et mourut. Ces hottes furent successivement vendues à deux autre* personnes qui moururent également, parce que l'extrémité d’un des crochets à venin était restée engagée dans le cuir. — On emploie communément contre la morsure des Crotales trois moyens qui consistent dans la succion et la ligature au-dessus de l'endroit mordu si la chose est possible, dans les caustiques et dans les médicaments internes. Ces derniers viennent ordinairement trop tard et sont d’un faible seeours dans un cas où les accidents sc succèdent avec une telle promptitude, qu'on cite des exemples où de* hommes mordus ont périt en peu de minutes. Le* caustiques peuvent produire un meilleur effet d’abord, mais leur emploi est bien douloureux et peut augmenter le mal. pour peu que le ravage ait commencé. Les chasseurs se servent de la poudre de leur fusil, allumée sur la plaie, après avoir dilaté celle ci au moyen d’une scarification. La succion parait ce qu'il y a de plus efficace, mais on trouve rarement quelqu'un qui veuille prodiguer ce secours, dans le préjugé où l’on est que le venin du Crotale est mortel de quelque manière qu'il parvienne dans le corps. C’est une erreur, et il parait que I non -seulement le venin des Serpents n’est dangereux qu'autant que des morsures l'introduisent dans la cir- I cotation, mais qu'il en est de même de tous les virus
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# dont l'absorption est le résultat de morsures. On recommande contre la morsure des Crotales le Prenait thés allni , une espèce d'Hélianthe, la Spirée trifoliée, le Polyyala Sencka, avec les Aristolochia serpeutaria et anyiiicida. Palisol de Beauvois ajoute qu'on peut aussi se servir utilement de l’écorce pilée des racines de Tulipier : en général les médicaments purgatifs, sudorifiques, ceux appliqués en cataplasme et en fomentation au plus haut degré de chaleur supportable, peuvent soulager, guérir même; mais parmi les personnes blessées, qui échappent à la mort, il en est peu qui ne*conservent des 'traces profondes de l'accident qui menaça leur vie. Bosc affirme que des taches jaunes sur la partie intéressée, des enflures, de grandes douleurs et une faiblesse périodique, en perpétuent le pénible souvenir. Les effets de la morsure des Crotales sont fort prompts; si l'on s'en rapporte aux expériences faites par plusieurs personnes et insérées dans divers recueils scientifiques, des chiens y ont succombé en quinze secondes. Cependant l'effet ordinaire se prolonge de dix minutes à trois heures. Un Crotale contraint à se mordre lui -même a succombé en douze minutes. Par l'action du poison, non-seulement ces Serpents s’approprient la possession de leurs victimes, mais encore ils en accélèrent la décomposition , ce qui hâte l'opération digestive dans l'estomac de l'animal, lequel, de même que les autres Serpents, ne mâche pas sa proie, mais l’avale tout entière,— Les Crotales ne montent pas aux arbres; ils ne sc replient pas avec celte grâce flexible, qui sied si bien aux Couleuvres; ils rampent presque en ligne droite, et pas assez vite pour atteindre un homme à la course; dans leur position habituelle et lorsqu'ils se tiennent en embuscade, ils se contournent en spirale. Un assez gros individu vivant, que Bory a eu occasion d'observer, se blolissail habituellement de la sorte, et dressait quelquefois la partie supérieure de son corps jusqu'à la moitié de sa longueur en ligne droite, tenant sa tète horizontalement, pour observer avec une sorte de gravité ce qui se passait autour de lui. — On prétend qu'avant la découverte de l'Amérique, les Crotales étaient pour les Sauvages des objets de respect et d'adoration, parce qu'ils détruisent les autres Reptiles. Depuis que la civilisation a pénétré dans celle partie du monde et conquis à la culture le sol que couvrirent si longtemps d'impénétrables forêts, les naturels ont partagé l'horreur que les Crotales iuspirenl aux Européens * plusieurs bordes en mettent la tête à prix; les colons leur font une guerre active, et le nombre en ** diminue considérablement. On n’en voit même plus de gros que dans les environs des villes et des habitations. Il était autrefois commun d'en rencontrer qui dépassaient six ou huit pieds de longueur; ils ont aujourd'hui rarement le temps d'atteindre à cinq. Les Sauvages mangent leur chair. Dans les contrées où l'hiver se fait ressentir, les Crotales s'engourdissent. On les rencontre alors dans les trous, dans les cavernes et sous les couches épaisses que forment les Sphaignes dans les marais; ils y sont presque toujours réunis en certaine quantité, et même avec des Crapauds qui n'en ont rien à craindre, saisis qu'ils sont du froid qui leur est commun. A Cayenne, les Crotales ne s'engourdissant jamais,
ils sont dangereux toute l'année. Disposés à attaquer leur proie, les Crotales se roulent, agitent leurs grelots avec rapidité, retirent leur cou qui s'aplatit ainsi que la tétc; bientôt leurs yeux étincellent, leurs joues se gonflent, leurs lèvres se contractent, enfin une large gueule s’ouvre et montre les redoutables ‘crochets. — Comine les autres grands Serpents, les Crotales sont ovipares; cependant ou assure qu'ils n'abandonnent pas leur progéniture éclose. C'est une opinion commune, dans quelques-unes des Antilles, qu'ils la dévorent; mal* cette erreur lient à la manière dont au contraire ils la protègent. Bcauvois a vu, et d’autres personnes ont vu également, de vieux Crotale* surpris, s’arrêter tout à coup , ouvrir leur bouche le plus possible et y recevoir leurs petits bâtés de s’y réfugier. Ce fait est irrécusable, attesté par un homme tel que Beauvois, mais n'en est pas moins fort extraordinaire; il a donné lieu au préjugé des colons à l'égard de la voracité des Crotales. — Le nombre des espèces de ce genre se monte à huit selon Lalreille. Le voyage de liiimholdl l'a grossi de deux nouvelles. On divise ces e&pcces en deux sections selon qu'elles ont la tète garnie, en dessus, d'écailles semblables à celles qui recouvrent le corps, ou que la tête est couronnée de plaques au lieu d'écailles.
Tête couverte d'écailles.
Crotale Boiqtira. Crotatus horridus, L., Encycl. Serp., pl. 2, f. 3. Caudisona terrifia t, Laur., Atnph.f n° 203; lioicininya de Pison et MarcgraafF; Teuhtlatot-Zauhqui , Hcrn. L'un des plus redoutables Crotale* par l'activité de son venin. Son nom mexicain signifie reine des Serpents, par allusion à sa puissance. 11 atteint de quatre à six pieds de longueur; une suite de grandes taches noires en losange, bordées de jaunâtre, règne le long du dos. Le reste des teintes est d’un cendré brunâtre. p. IGG, e. 20.
Crotale a qceue roire. Crotalus atrii audatus . C’est à Bosc que les naturalistes doivent la connaissance de cette espèce qui n’a plus été observée depuis qu'il l'a découverte. Deux taches brunes se voient à l'extrémité postérieure du corps; le dos est d’un gris rougeâtre, ponctué de brun, avec des fascies de la même teinte, irrégulières, anguleuses ou chevronnées, transversales, et d'autres taches plus claires, latérales; une raie fauve règne le long du dos, la queue est noire. Cette espèce a de (rois à quatre pieds de long. P. 170, e. 20.
Crotale Dcrissls. Crotatus IJurissus , I.., le Muet; Encycl. Serp., pl. 3, fig. 4; Caudisona Durissus, Laurent., Amph. n° 204. Celte espèce, qui habite jusqu'au quarante-cinquième degré de latitude, est la plus répandue dans l'Amérique septentrionale. C'est elle qu'on y appelle par excellence le Serpent à sonnettes cl sur laquelle Bosc a principalement observé les mœurs des Crotales. Les plus gros individus qu'il ait vus ne dépassaient pas cinq pieds; l'un d’eux avait dans son estomac un Lièvre tout entier. Ce Serpent a aussi été l'objet des recherches de Catesby, de kalin et de Beauvois; il sc lient souvent près des eaux où il nage avec la plus grande facilité, en distendant sa peau et la gonflant d'air. Sa couleur est le gris jaunâlro, avec plus de vingt bandes noires, irrégulières et transvcrscs sur le dos. p. 170-172, e. 21-30.