CRO
Crotale Dryius. Crolalus Dryna s, L., Teulhlneo; Encycl. Serp., |»1. 1, f. 2; Candi sona Dry-nas, Laurent., Ampli ., nn 30C. Son corps est tout hlanc, avec quatre rangées longitudinales de taches ovales, d'un hrun clair, r. 1G5, e. 30.
Crotale Caxabd. Crolalus Simus, Lalr. Sa taille n'atleinl que celle du Boiquira, dont les couleurs en losanges noirs, qui régnent sur son dos, le rapprochent; mais il a le museau tronqué d'une manière fort remarquable, avec treize taches noires, en forme de chevrons bordés de gris, sur les Bancs; le ventre est hlanc. ». 103, e. 19.
Les Crotales a losaxge, Crolalus rhombifer, F. 242, E. 23, Brcyaxt, Crolalus strepilans, Daud., et saxs tache, Lalr., Caudisona orientalis, Laur., Amph ., n° 207, r. 164, e. 28, sont les autres espèces de cette division.
•J-f Tête couverte de plaques.
Crotale Millet. Crolalus miliarius, L., Encycl. Serp., I. 1, f. 1. Ce Crotale est fort connu dans quelques parties de l'Amérique septentrionale, sous le nom de Vipère de la Louisiane, que scs morsures cruelles ont rendu effroyablement célèbre. On le regarde comme le plus dangereux de tous; on prétend que nul être n'a survécu trois heures ù l'effet meurtrier de scs crochets, et le Millet esl'd'autanl plus à craindre que. fort petit et n'excédant pas un pied et demi de longueur, il se glisse inaperçu près de scs victimes. D'autres fois il sc tient roulé sur les troncs des arbres abattus au milieu des lieux marécageux, où il guette les Grenouilles dont il fait sa nourriture habituelle. 11 ne s'épouvante de la présence d'aucun animal, et ne sc sauve pas à l'aspect de l'homme souvent exposé à poser sa main au lieu même où se blottit le Millet, ou à s'asseoir dessus. Scs couleurs rappellent, par leur variété et leur disposition, mais en petit, celles dont s'embellit la robe du Boa Devin. On le trouve depuis la Caroline jusque dans les régions désertes, qui s'étendent à l’ouest de la Nouvelle-Orléans. ». 132, e. 32.
CROTALINE. bept. Espèce du genre Couleuvre.
CROTALOPIIORE. bept. Synonyme de Crotale.
CROTON. bot. Ce genre, qui appartient aux Euphorbiacées, est, parmi elles, le plus riche en espèces après l’Euphorbe, et mériterait, peut-être mieux que ce dernier, de servir de type à celte famille. Comme on lui a réuni beaucoup de plantes peu semblables entre elles, la définition du genre serait confuse et mal déterminée, si on les conservait toutes. Il devient donc nécessaire d’en écarter un certain nombre d’espèces, et les caractères établis avec plus de rigueur, d'après la masse encore considérable qui reste, sont les suivants *. fleurs monoïques, ou très-raremeut dioïques; dans les mâles, un calice quinquéparli; cinq pétales avec lesquels alternent cinq petites glaudes; des étamines en nombre défini (ordinairement de dix à vingt), ou plus rarement indéfini, dont les filets libres, infléchis dans le boulon et redressés après l'expansion de la fleur, s’insèrent à un réceptacle dépourvu ou couvert de poils, et dont les anthères ad nées au sommet de ces filets regardent du côté interne; dans les femelles, un calice quinquéparti, persistant; pas de pétales; trois styles tantôt
bifides, tantôt divisés régulièrement en un plus grand nombre de parties, et des stigmates en rapport avec ces divisions ; un ovaire entouré à sa base de cinq glandes ou appendices d'autre consistance, creusé intérieurement de trois loges contenant chacune un ovule, et devenant un fruit capsulaire, à trois coques qui s'ouvrent en deux valves.
Ce genre renferme des arbres, des arbrisseaux . des .sous-arbrisseaux et des herbes. Leurs feuilles, pourvues de stipules, sont alternes, souvent munies inférieurement de deux glandes, entières, dentées ou lobées, couvertes tantôt d’écailles argentées ou dorées, tantôt de poils en étoiles qu'on doit regarder comme très-caractéristiques; on en retrouve ordinairement de semblables sur les rameaux, les pédoncules, les calices et les capsules. Les fleurs, munies chacune de bractées, sont disposées en épis ou en grappes axillaires où plus souvent terminales, lâches ou serrées, tantôt courtes et ressemblant â des tètes, tantôt plus ou moins allongées ; elles sont toutes du même sexe dans le même épi. ou bien des mâles sont entremêlées à des femelles, ou enfin, ce qui est le plus ordinaire, les mâles sont supérieures, les femelles situées plus bas. On peut diviser les espèces de ce genre, comme l'a fait Kunth dans son bel ouvrage où il en fait connaître nn très-grand nombre de nouvelles, en celles dont les feuilles sont revêtues d'écailles, et celles dont les feuilles sont couvertes de poils étoilés; dans ces dernières, ces feuilles sont entières , et alors leur contour présente des différences qui peuvenl servir de base à une subdivision nouvelle ; ou bien elles sont découpées en lobes assez profonds. La tige, herbacée ou frutescente, fournil encore des caractères utiles.
Le genre Croton, resserré dans ces limites, comprend encore près de cent cinquante espèces. Les régions équinoxiales des deux Amériques semblent presque exclusivement leur patrie, puisque les neuf dixièmes environ en sont originaires. La plupart des Crolons sont remarquables par leurs usages et leurs propriétés. — Toutes les parties du Croton Tigliutn, et surtout les graines connues communément sous le nom de graines des Moluques ou de Tilly, sont imprégnées d'un prin-* cipc âcre que l’on retrouve du reste dans tous les individus de la famille. La médecine, qui les avait autrefois employées, en avait presque entièrement rejeté l'usage plus tard, à cause de quelques expériences malheureuses.
Il vient d'étre introduit de nouveau en Angleterre, où rhuile de Tiglium est administrée comme purgation dans les cas où il est besoin d'un agent très-énergique * à faible dose. Celte énergie parait duc à un principe de nature résineuse, qu'on a proposé de nommer Tigline. — L’écorce connue en médecine sous le nom de Cascarille, et souvent employée comme succédané du Quinquina avec lequel elle fut même confondue dans le principe, appartient à une autre espèce de Croton. — Les Croton balsatnifcrum, origanifolium, nireutn et aromaticum , possèdent line propriété analogue , mais moins prononcée; et, dans ces espèces, le principe excitant se borne à des effets faibles et généraux. Le Croton linclorium, L., plante qui fournil le Tournesol, parait s'éloigner de ce genre, et devoir en former un dis-
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linct, que Necker a nommé Crosophora, et dans lequel plusieurs autres espèces viennent se grouper.
Les espèces dépourvues de pétales, et dans lesquelles l'ovaire est surmonté de trois styles plumeux, doivent être réunies au liotllcra de Roxburgli.
Le Crolon r aricgatum de Linné ou Codiœum de Kumpli, parait aussi devoir former un genre distinct. y. CoDioF.i:n. Enfin les C raton castauifolium et palustre, dans lesquels dix étamines sont réunies en une colonne qui supporte un rudiment de pistil; les trois styles découpés profondément en un grand nombre de divisions divergentes et simulant un éventail ; les diverses parties hérissées de poils simples, terminés quelquefois par une glande; ces deux espèces pourraient peut-être former elles-mêmes un nouveau genre, ainsi que le Croton tricuspidalum qui n'a que cinq étamines monadelphcs. D’un autre coté, plusieurs genres établis par divers auteurs, doivent se fondre dans le Croton; tels sont Y Aroton, le Luntia, le Cinogasum, que Necker a établis sur des espèces presque isolées et qu'il ne parait pas avoir étudiées. Tel est encore le Tridesmi» de Loureiro, qui, d’après un échantillon conservé dans l’herbier du Muséum, n'est autre chose qu'une espèce de Croton à styles mullipartis. Il existe de ce genre une monographie assez étendue, celle de Ceïseler, mais dont les descriptions sont trop souvent incomplètes. La partie botanique du Voyage de llmnboldt, rédigée par Kuntli, et l'Encyclopédie méthodique, sont les ouvrages où l'on trouve le plus de documents pour l’étude de ses espèces.
Le nom de Croto.x, emprunté des anciens, désignait, chez eux, le Ricin.
CROTON I NE. dot. Nom donné par Brandes à un Alcaloïde qu'il a découvert dans la graine du Croton Tiglium , et dont l'action sur l’économie interne, parait être extrêmement énergique cl violente.
CROTONOI’SIDE. Crotonopsis. dot. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi par Michaux dans sa Flore de l’Amérique septentrionale. Caractères : Heurs monoïques; dans les mâles, un calice à cinq divisions avec lesquelles alternent cinq pétales; cinq étamines dont les filets libres et saillants portent des anthères appliquées en dedans de leur sommet légèrement dilaté: dans les femelles, un calice à cinq divisions, dont les deux qui regardent le côté de ta tige avortent en général, cl â chacune desquelles est opposée une petite écaille; trois stigmates presque sessiles et légèrement hilnbés ; un ovaire uniloculaire, renfermant un ovule unique, inséré à son sommet. Le fruit est sec et indéhiscent; la lige herbacée et parsemée de petites écailles furfuracées, qui, répandues en grand nombre sur les feuilles, en argentent la surface inférieure. Les fleurs sont situées aux aisselles des dernières feuilles, et après la chute de celles-ci forment des sortes d'épis. Les calices et les fruits sont couverts de poils disposés en étoile. On en connaît une espèce dont les feuilles, alternes, varient par leur forme tantôt linéaire, tantôt elliptique; ce qui en a fait admettre deux par plusieurs auteurs. Ce genre, évidemment voisin du Croton, forme une anomalie dans la famille, par l'unité de loge, qui est peut-être le résultat de l'avortement, mais qui néanmoins
est confirmée par l’examen de l’ovaire. Au reste, la situation et la structure de fa graine sont bien celles d’une Etiphorhiacèe; car l’embryon à radicule supérieure est enveloppé par un périsperme charnu.
CROTOPHAGA. ois. r. Am.
CROÜAS. ois. Syn. vulgaire de Corbine, Corcua coroue, L. y. Corde ai'.
CROULARD. ois. Nom vulgaire duTraqucl motteux, Sas i cola œnanthe.
CROUPATAS. ois. Syn. vulgaire de grand Corbeau , Coreus corax , L. y. Corde aü.
CROUPION. Vropxgium. ois. L’extrémité du tronc, composé des dernières vertèbres dorsales, et que termine une sorte de coccyx ressemblant à un soc de charrue ou bien à un disque comprimé. — II existe dans la partie charnue du Croupion deux glandes qui contiennent une substance oléagineuse, plus abondante chez les Oiseaux aquatiques que chez les autres, et dont ils se servent pour lustrer leurs plumes, et les soustraire à l'action de l’eau qui ne les mouille plus dès que l'Oiseau les a frottées avec son hcc imprimé de cette substance. Les plumes uropygiales répondent aux vertèbres, et les plumes de la queue à l'os caudal ou coccyx. Dans les descriptions ornithologiques, le mot Croupion s'étend à toute la partie inférieure du dos.
CROUTE A CHARBON, CROUTE A GLANDÉE. sot.
y. Spiiérie.
CROVÊ. bot. y. Crowëe.
CROWÉE. Crotcea. dot. Genre établi par Smith pour un arbuste de la Nouvelle-Hollande, qui vient se placer dans la famille des Rutacécs, Décaudrie Monogynie. La Cruwêe a rcc illes de Sable, Crotcea saligna {Andrew. Iteposit ., natl. 79; Venten., Malin. T. vu), est un petit arbuste dressé, très-glabre, ayant ses rameaux alternes cl triangulaires; ses feuilles également alternes sont sessiles, linéaires, lancéolées, aigues, trèsentières, glabres, luisantes et parsemées de petits points glanduleux et translucides, comme dans les Myrtes et le» Millepertuis. A l'aisselle de chacune des feuilles supérieures, on trouve une seule fleur pédonculéc, dressée, assez grande, d’une couleur pourpre. Le calice est étalé, à cinq divisions profondes, obtuses, plus courtes que la corolle et ciliées. La corolle sc compose de cinq pétales étalés, se recouvrant mutuellement dans leur partie inférieure, sessiles, ovales, lancéolés, aigus. Les étamines sont au nombre de dix, beaucoup plus courtes que la corolle, rapprochées en forme de cône au centre de la fleur et offrant une structure extrêmement singulière. De ces dix étamines qui sont, ainsi que les pétales, insérées au contour d’un disque hypogync épais et lobé, cinq sont plus courtes que les autres et alternent avec elles; les filaments plans, lancéolés, glabres et recourbés dans leur partie externe et inférieure, velus des deux côtés dans leur moitié supérieure, qui est brusquement réfléchie vers son milieu (Uns les cinq étamines plus longues, tandis qu'ils sonl dressés dans les cinq plus courtes. Les anthères sont inlrorscs et appliquées sur la face interne des filets, vers le milieu de leur hauteur. Ces anthères sont- bifides à leur base, â deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. Le disque est plus large que la base de
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l'ovaire, au-dessous duquel il est placé, cl offre cinq lobes séparés par autant de sinus arrondis, auxquels s'insèrent les pétales. L’ovaire est hémisphérique, trèsdéprimé à son centre pour l'insertion du style. Il présente cinq côtes séparées par autant de sillons longitudinaux. Chacune d’elles correspond à une des cinq loges, qui contiennent chacune deux ovules superposés et alternes, et ne sont adhérentes entre elles par leur centre, qu'à leur sommet cl à leur hase, tandis qu’elles sont séparées par une fente longitudinale dans presque toute leur hauteur ; circonstance qui indique qu’ici le pistil se compose de cinq pistils soudés, caractère commun à presque toutes les autres Rutacées. Le style est extrêmement court, épaissi dans sa partie supérieure qui se termine par un stigmate hémisphérique, glanduleux, et à cinq côtes arrondies. Ce style est garni et hérissé de poils très longs et glanduleux à leur base. Le fruit se compose de cinq capsules soudées entre elles, à une seule loge, contenant chacune une ou deux graines arillées. Ce joli arbuste est cultivé dans les jardins des amateurs. Pendant l'hiver il doit être placé dans la serre tempérée. Il demande la terre de bruyère. On le multiplie de boutures sur couches tièdes et sous châssis.
Quant au prétendu Crowca ne rei folia , non -seulement il n'appartient pas à ce genre, mais encore il doit être placé dans une autre famille, celle des Myrlacécs : c’êsl le Tristania ncrcifolia.
CROZOPIIORE. Crozophora. BOT.Souscenomïs'ecker a fait un genre distinct d'une des espèces les plus remarquables du genre Crolon , le Crozophora tinctorium, L., que Scopoli nommait Tournesolia. Sept espèces environ doivent lui être réunies, et l’on peut les caractériser de la manière suivante ; fleurs monoïques. Dans les mâles, calice quinquéparti ; cinq pétales souvent réunis en partie et couverts d'écailles furfuracées ; cinq ou, plus souvent, huit à dix étamines, dont les blets inégaux sont soudés entre eux jusqu'à une assez grande hauteur, et dont les anthères, insérées un peu au-dessous du sommet des filets, regardent en dehors. Dans les femelles, un calice à dix divisions linéaires, sans pétales; (rois styles bifides; un ovaire ordinairement revêtu d’écailles, â trois loges contenant chacune un ovule; un fruit capsulaire â trois coques. — Les espèces de ce genre sont des arbrisseaux ou plus ordinairement des herbes â feuilles accompagnées de stipules caduques, sinueuses dans leur contour, souvent molles et plissées. Les fleurs sont disposées au sommet ou dans l'écartement des rameaux, en grappes dans lesquelles tes femelles sont inférieures et portées sur des pédoncules plus longs; les màles^errées et situées supérieurement. Les diverses parties de la plante sont ordinairement couvertes de poils étoilés. — 11 csl à remarquer que ces espèces diffèrent aussi des véritables Crotons par leur patrie, puisqu’elles sont toutes originaires de l'Europe, de l'Asie, ou de l'Afrique, presque toujours des diverses régions qui forment le littoral de la Méditerranée. Dans plusieurs, cl surtout dans le Crozophora tinctoria, la plante est imprégnée d’un principe colorant, rougeâtre, qui, extrait cl combiné avec les Alcalis, est répandu dans le commerce sous le nom de Tournesol. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans des détails
sur ce produit utile aux arts et à la chimie \V. Tournesol); il suffit de dire qu’il parait sc retrouver dans plusieurs végétaux de la même famille.
CRUCIAL1S. bot. Synonyme de t'alanlia cruciata.
CRDCIANF.LLE. Crucianelta. bot. Genre de la famille des Rubiacécs, Télrandrie Digynie, L. Ses caractères n’ont encore été donnés que d'une manière incomplète. En effet ce que les auteurs décrivent comme un calice formé de deux ou trois foliotes opposées, fortement carénées, n'est qu’un véritable involucre embrassant immédiatement la base de chaque fleur. Le calice csl adhérent avec l'ovaire, comme dans toutes les autres Rubiacécs, et son limbe n’est pas marqué. La corolle forme un tube long el grêle, et sc termine par un limbe à quatre ou à cinq divisions. Le nombre des étamines est égal â celui des lobes de la corolle. L'ovaire est surmonté par un style bifide â son sommet, el dont chaque branche porte un très-petit stigmate.. Le fruit se compose de deux coques accolées , non couronnées par le calice, mais enveloppées et cachées par l'invo- Iticre qui est persistant. Ce genre renferme une vingtaine d’espèces qui sont desplanles herbacées, annuelles ou vivaces, el quelquefois sous-frutescentes à leur base. Leurs tiges sont anguleuses; leurs feuilles, généralement étroites, opposées ou verticillées ; les fleurs sont petites el constituent des épis simples, très-rarement une sorte de corymbc. La plupart des Crucianelles croissent en Europe el dans le voisinage de la Méditerranée. Ce genre correspond au Iiubeola de Tournefort.
Crucianelle a fecilles étroites. Crucianelta angusti folia, L., Lamk., III., t. fil. Sa tige est haute de six â huit pouces, carrée, rude au toucher, tantôt simple, tantôt rameuse, articulée; ses feuilles sont linéaires, étroites, courtes, verticillées par six. Les fleurs sont petites el forment des épis simples au sommet des ramifications de la tige. On la trouve dans les champs après la récolte, dans tout le midi de la France.
CRrCIANÉLLE A FEUILLES LARGES. CrUCiaïU'fla tatifolia, L. Annuelle comme la précédente, elle croit dans les mêmes localités. Elle s'en distingue par ses feuilles verticillées par qualreseulementet pluslarges. Lamarck les avait réunies ainsi que la suivante, sous le nom de Crucianella spicata.
Crcciarelle de Montpellier. Crucianelta Monapciiaca, L. Cette espèce présente en quelque sorte réunis les caractères des deux précédentes, c'esl à-dire que ses feuilles inférieures sont ovales et verticillées par quatre, tandis que les supérieures sont linéaires, lancéolée^ el verticillées par cinq ou six. Peut-être cette plante et tes deux précédentes ne sont-elles que des variétés d’une même espèce, ainsi que le pense Lamarck.
CRftffARELLE haritime. Crucianelta maritima , L. Cette espèce se distingue bien facilement des autres ; elle est vivace et d'un blanc verdâtre; sa tige est étalée, très-rameuse, rude sur ses angles, portant des feuilles quaternées. ovales, lancéolées, aiguës, rudes au loucher. Ses fleurs font petites el d'un blanc jaunâtre. Elle couvre les rochers des bords de la Méditerranée.
CRUCIATA. bot. Genre établi par Tournefort, réparti ensuite parmi lesGailtets, les Aspérules et les Valanties.
CRUC1ELLA. bot. Lcscli. Xantuosie.
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CR roi ELLE. Cruciclta. bot. Ce genre de la famille desOmbellifères, créé par LeschenauK pour une espèce, Cruciella candida, observée par lui sur la côte orientale de la Nouvelle- Hollande , n'a point été adopté par le professeur De Candolie, dans son Prodromus Syst. Aat.; mais il en a fait une section de son genre Xant ho sic. I'. ce mol.
CtlLClFÈKES. Cruciftrœ. Eor. Les Crucifères constituent l'une des familles les plus naturelles du règne végétal. Aussi, tous les genre* qui la composent ont-ils été constamment réunis dans une même classe, par tous ; les auteurs systématiques. Ils forment la Télradynamie ou quinzième classe du système sexuel de Linné. Tourneforl les avait tous placés dans la cinquième classe de son système. L'on ne devra donc pas s’étonner de ce que. dans cette famille, les caractères des genres soient en général peu tranchés et fondés sur des modifications souvent fort légères. Les travaux de Rai, de Cranta, de Gærtner, de Desvaux, de Brown, et surtout ceux de De Candolie . ont successivement jeté du jour sur l’histoire des Crucifères. Le calice est toujours formé de quatre sépales généralement caducs, tantôt dressés, tantôt étalés; deux des sépales qui correspondent aux côtés du fruit, c'est-à-dire aux deux trophosperines, sont quelquefois un peu plus grands, bossus à leur hase ou même prolongés en une sorte d’éperon. Les pétales sont au norobrfe de quatre, opposés deux à deux par leur hase, cl représentant en quelque sorte une croix; de là le nom de Crucifères, donné aux végétaux de cette fa- i mille. Ces pétales sont- rétrécis et plus ou moins Ion- ! gueinent onguiculés à leur hase ; ils alternent avec les sépales du calice; leur lame, dont la figure est très-variable. est tantôt entière, tantôt divisée en deux lobes plus ou moins profonds. Le plus souvent la corolle est parfaitement régulière; dans quelques genres deux des pétales sont plus grands. Le nombre des étamines est de six dans presque toutes les Crucifères : ces étamines sont tétradynaines, c’est-à-dire que quatre sont plus grandes que les deux autres. Les quatre grandes sont disposées en deux paires opposées et placées chacune en face d'un des côtés du fruit : les deux petites correspondent chacune à l'une des faces du fruit. Quelquefois les deux étamines qui forment chaque paire, sont soudées ensemble par leurs filets dans une étendue plus ou moins considérable; de même que ceux des deux petites, ils peuvent présenter une ou deux dents sur leurs parties latérales. Les anthères, dont la forme varie 1 beaucoup, sont int torses et à deux loges. Toutes ces parties, savoir le calice, la corolle et tes étamines, sont i hypogyncs, c’est-à-dire insérées à un réceptacle ou j toru s placé sous l'ovaire. Ce réceptacle présente de deux à quatre tubercules glanduleux, placés soit en dehors I des grandes étamines, soit à la hase môme des petites, ! qui semblent être implantées dessus. Ces corps glan- | duleux, qui servent souvent de caractères distinctifs j entre les genres, constituent un véritable disque épipodique. L'ovaire est constamment simple, ordinairement I comprimé, tantôt allongé, tantôt raccourci, à deux loges séparées par une fausse cloison. Chaque loge cou- j lient un ou plusieurs ovules attachés au bord externe , de la cloison membraneuse, qui n’est qu'un prolonge- i
ment des deux trophospermes suluraux. Le style est grêle, quelquefois presque nul. Il semble être le prolongement de la fausse cloison , et sc termine par un stigmate simple ou bilobé. Le fruit est une silique ou une siliculc. Dans le premier cas il est allongé, tantôt comprimé, tantôt cylindrique, quadraugulaire ou conique ; dans le second il est court, globuleux ou comprimé. C'est surtout d'après les modifications extrêmement nombreuses que présente le fruit dans sa structure, que sont fondés les caractères des genres dans celte famille. Le nombre des graines renfermées dans chaque loge varie beaucoup. Il n’en existe quelquefois qu'une seule, d’autres fois deux ou un très-grand nombre. Hiles sont globuleuses ou planes, et membraneuses sur les bords. Toujours elles sont insérées à la hase de la cloison, par un podosperme plus ou moins long. Leur embryon est immédiatement situé sous le tégument propre de la graine, et présente, dans la position relative de sa radicule et de scs cotylédons, des différences trèssensibles, indiquées par Gærtner, et dont H. Brown et De Candolie ont montré toute l'importance pour la classification des genres. Ces modifications sont au nombre de cinq : l°la radicule est redressée et correspond à In fente qui sépare les deux cotylédons que l'on dit alors être accombants ; 2* la radicule est appliquée sur le dos d’un des cotylédons qui restent plans et sont dits incombants ; 5* les deux cotylédons, pliés longitudinalement, reçoivent la radicule dans la gouttière qu’ils forment : de là le nom de cotylédons condoublès; 4° les cotylédons sont étroits et roulés en spirale, cotylédons spiraux; 5” enfin ils peuvent être repliés deux fois sur eux-mémes transversalement ; on les dit alors b i /diés.
Les Crucifères sont des plantes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces. On eu compte à peine quelquesunes qui sont sous-frutescentes à leur base. Leur racine est généralement perpendiculaire, tantôt grêle et mince, tantôt épaisse et plus ou moins charnue; leur tige est simple ou rameuse, et porte des feuilles alternes, simples ou plus ou moins profondément divisées. Les fleurs sont pédicellées et disposées eu grappes simples, opposées aux feuilles ou terminales. Quelquefois ces grappes étant très courtes et les fleurs trôs-rapprocbèes, constituent en quelque sorte des corymbes. Le nombre des Crucifères connues aujourd'hui, est extrêmement considérable et s'est accru très rapidement, par les recherches des botanistes et des voyageurs. Linné n'en décrivit que 234; Willdcnow, 413; Persoon, 504. De Candolie vient d'en faire connaître 070, disposées en 94 genres.
Les Crucifères peuvent être considérées comme une famille presque entièrement européenne. Quelques-unes cependant sont éparses dans les diverses autres contrées du globe; mais leur nombre est loin d'égaler celui des Crucifères européennes. L'analogie qui existe entre les caractères botatiiqucfük-s plantes de cette famille, se montre également dnift leurs propriétés médicales. Toutes les Crucifèressonl plus ou moinsêcresct antiscorbutiques. Ces propriétés sont dues â la présence d'une huile volatile, très -active. Lorsque celle huile est eu grande quantité, les Crucifères sont très- âcres et irritantes,
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comme on le remarque également dans les graines des Si» a pif , les feuilles de la Passerage, etc. Si 5 cette huile volatile il se joint des fluides aqueux , sucrés ou mucilagineux, les Crucifères conservent encore un peu de leur action stimulante, mais elles peuvent en même temps servir d'aliment. La culture est surtout très -propre ù développer en elles les sucs aqueux, le mucilage et le sucre, et à augmenter leurs propriétés alibiles : aussi cultive-l-on, dans les jardins, un grand nombre de plantes de celle famille, qui servent d'aliments, tels sont les Choux, les Navets, les Turneps, les Choux-fleurs, etc.
Jusqu'en ces derniers temps , tous les auteurs systématiques avaient divisé les genres de la famille des Crucifères eu deux grandes sections, savoir les Sitit/ueuscs et les Siliculeuses. Les observations de Brown et de De Candolle les ont amenés à reconnaître le peu de fixité et de valeur de cette division. En effet il n'est pas toujours facile de déterminer la limite précise entre la silique et la silicule, puisque la différence entre ces deux fruits ne consiste que dans leur longueur plus ou moins grande. Eu second lieu, il y a des genres fort naturels du reste, qui offrent à la fois, dans les diverses espèces qui les composent, des siiiques et des silicules. Celle division ne peut donc pas être regardée comme la meilleure : c'est dans la structure de l'embryon, et jiarticulièrement dans la position respective des cotylédons et de la radicule, que De Candolle a puisé les bases des divisions qu'il a établies dans la famille des Crucifères. D'après les cinq modifications que peut présenter l'embryon envisagé sous ce point de vue, l'auteur du Syslema universale établit cinq ordres de Crucifères ; ces cinq ordres ou divisions primaires sont ensuite partagés en vingt et une tribus ou divisions secondaires , dont les caractères sont surtout déduits de la forme générale du fruit et de la largeur de la cloison.
Ordre pr km i eu . — Crucifères pleurorhisées.
Les cotylédons sont plans, accombanls, c’est-à-dire que la radicule correspond à la fente qui sépare les deux cotylédons. Les graines sout comprimées.
lr* Tribu. Akabiuèes.
Silique «'ouvrant longitudinalement; cloison étroite; graines souvent membraneuses sur les bords.
Genres : Maihiola, Brow ’n . DC.; Cheiranthus, Br., 1>C.; Nasturtium, Br., DC.; Leptocarpœa, DC.; .Vofoçeratf Br., DC.; Uarbarea , Scopoli, DC.; Steve nia, Adams et Fisch. , DC.; Braya, Sterneb. et llop. , DC.; Turri/is , Dillen, DC.; Arabis, L., DC.; Macropo ilium, Dr., DC.; Cardamine , L., DC.; Pteroncvrum, De.; Dentaria, L., DC.
Il' Tribu. ALYssi.vf.es.
Silicule «'ouvrant longitudinalement; cloison large et membraneuse; valves concaves ou planes; graines souvent membraneuses.
Genres : Lunaria , L., DC.; Savignya, DC.; Ricotia, L., DC.; Earsctia, Br., DC.; Uet+troa, DC.; Aubrietia , Adams, DC.; l'esicaria , Lamk., DC.; Sthitcereckia, Besser et Andr. , DC.; Alyssum , L., DC.; Aleniocus, Desv., DC.; Ctypeola, L.; Pellaria, L., DC.; Petrocalli$j Br., DC.; Draba , L., DC.; Erophila, DC.; Cochlea l ia, L., DC.
IIIe Tribu. TülasnoEes.
Silicule s'ouvrant longitudinalement; cloison étroite; valves carénées; graines ovoïdes, quelquefois membraneuses sur les bords.
Genres : TMaspi, Méd., DC.; Capsella , Dcsv., DC.; Hutcbinsia, Br., DC.; Teesdalia , Br.,DC.; Iberis, L.; li (sc niella, L., DC.; Megacarpœa , DC.; Cremolobus, DC.; Menonrillœa , DC.
IV* Tribu. Evclidièes.
Silicule indéhiscente; graines au nombre d’une à deux dans chaque loge.
Genres : Euclidium, Br., DC.; Ochlhodiuftt , DC.; Pugionium, Gîcrt., DC.
Ve Tribu. Axastaticêes.
Silicule s’ouvrant longitudinalement; valves offrant à leur face interne de )ielites cloisons, entre chacune desquelles on trouve une seule graine.
Genres : Anaslatica, L., DC.; Moietiia , DC.
VI* Tribu. Cakilixèes.
Silique ou silicule se rompant transversalement en plusieurs pièces articulées, à une ou deux loges contenant chacune une ou deux graines non membraneuses.
Genres: Cakile, Scopol., DC.; Rapistrum , Méd., DC., Cordylocarpus, Desf., DC.; Chorispora, DC.
Ordre deuxième. — Crucifères notorhizèes.
Les cotylédons sont plans cl incombants, c'est-à-dire que la radicule est redressée contre une de leurs faces. Les graines sont ovoïdes et jamais marginées.
VIIe Tribu. SlSTMBRlÈES.
Silique s’ouvrant longitudinalement; cloison étroite; valves concaves ou carénées ; graines ovoïdes ou oblon gués.
Genres : Malcomia , Br., DC.; Hesperis , L., DC.; Sisymbrium , Allion.. DC.; Alliaria, Bieb., DC.; Erysi • muni , L.. DC.; Leplaleum , DC. ; Stanley a, Militai. DC.
VIIIe Tribu. Camèli.mèes.
Silicule ayant les valves concaves, la cloison large.
Genres : Slcnopelalum, lir., DC .\Camelina, Cranlz, DC.; Eudesma, Humb. et Bonpl.; Meslia, Desv., DC.
1X« Tribu. Lèpidixees.
Silicule ayant la cloison très étroite, les valves carénées ou très -convexes; graines ovoïdes et en petit nombre.
Genres : Senebiera, DC.; Lepidium, L., DC.; Birotueo, DC.; Eunomia , DC.; Æthionema , Br., DC.
Xe Tribu. Isatidèes.
Silicule ordinairement indéhiscente, tnonosperme et uniloculaire, ayant ses valves carénées; graines ovoïdes, oblongues.
Genres : Tauschcria , Fischer, DC.; Isatis , L., DC.; Myagrum, Toqrnef., DC.; Sobolewskia, Bieb., DC.
XIe Tribu. Avchojièes.
Silicule ou silique s'ouvrant transversalement en plusieurs pièces articulées, monospermes.
Genres : Goldbachia , DC.; Anchonium, DC.; Sterigma, DC.
Ordre troisième. — Crucifères orthoplocèes.
Cotylédons incombants et condoublés, c’est-à-dire pliés longitudinalement, et recevant la radicule dans la gouttière qu'ils forment; graines presque toujours globuleuses.
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XIIe Tribu. Bhassicées.
Silique s'ouvranl longitudinalement; cloison étroite.
Genres : Brassica, L., DC.; Sinapis, L.. DC.; Aloricatulia , DC.; IHplolaxis, DC. ; Eruca, Cavan., DC.
XIIIe Tribu. VellEes.
Silicule à valves concaves, à large cloison.
Genres : V'ella, L., DC.; lioleutn, Desv.,DC.; Car richlera, Adains, DC.; Succotcia, Méd., DC.
XIV® Tribu. PsyciuxEes.
Silicule ayant les valves carénées; la cloison étroite, les graines comprimées.
Genres : Schouwia, DC.; P sy chine, Desf.t DC.
XV® Tribu. ZillEes.
Silicule indéhiscente, à une ou deux loges inonosperines; graines globuleuses.
Genres : Z ilia, Forsk., DC.; Mûri caria, Desv., DC.; Calepina, Adans-, DC.
XVI® Tribu. Rapbaxèes.
Silicule ou silique s'ouvrant transversalement en pièces articulées, monospermes, ou divisées en plusieurs fausses loges monospermes.
Genres : Crainte , L., DC. ; Vides mus, Desv.,DC.; Enarihrocarpus, DC.; Ilaphanus, L., DC.
Ordre quatrième. — Crucifères spirolobèes.
Cotylédons linéaires, incombants, roulés en spirale.
XVII® Tribu. Blxiauees.
Silicule indéhiscciite à deux ou quatre loges.
Genre : Bunias, L., DC.
XVIII® Tribu. Erlcariées.
Silicule articulée; article inférieur h deux loges.
Genre : Erucaria, Gært., DC.
Ordre ciuquEie. — Crucifères diplécolobées.
Cotylédons linéaires incombants, repliés deux fois transversalement.
XIX® Tribu. Ueliophilêes.
Silique oblongue; cloison allongée, étroite; valves planes ou légèrement concaves.
Genres: Cfiamira, Thunb., DC. ; Hcliophila, L., DC.
XX® Tribu. SubllariEes.
Silicule ovoïde ; cloison large, elliptique ; valves convexes; loges polyspermes.
Genre : Subularia, L., DC.
XXI« Tribu. Bracoycarpées.
Silicule didyme; cloison très - étroite ; valves fort convexes; loges monospermes.
Genre : Brachycarpœa, DC.
Outre les ouvrages mentionnés dans le cours de cet article, on peut consulter avec fruit le second volume des feones seteelœ de M. Benj. Delessert, qui contient la figure de plus de quatre-vingts espèces rares ou nouvelles.
La méthode de classification proposée par De Candolle, toute savante qu'elle est, offre cependant beaucoup de difficultés dans son application, puisqu'elle exige la dissection des graines de Crucifères. Dumorlier, dans sa Flore lielgique , a proposé une classification également basée sur le fruit, mais beaucoup plus simple, et dont voici l’exposé.
t Silicclosæ. — Fruit siliculeux.
Tribu I. Biiculelleæ. — Silicule à valves carénées.— Tlilaspi.Capsella. Lepidium.Cardaria. Iberis.Teesdalia.
Hutcliinsia. Sénebiera. Bisculella. Megacarpæa. Menonvillea. Bivonæa. Eunomia. Elhionema.
Tribu 11. Lunarieæ. — Silicules à valves écarinées.— Camelina. Cochlearia. Draba. Erophila. Subularia. Alyssum. Berteroa. Lunaria. Ricolia. Clypeola. Farsetia. Aubrielia. Vesicaria. Peltaria. Vella. Carichtera. •f-f- Siliquastræ. — Fruit indéhiscent ou lomentacé.
Tribu III. Runiadeæ. — Fruit globuleux. — Calepina. Neslia. Bunias. Crambe.
Tribu IV. Isnlideæ. — Fruit dilaté transversalement. Isatis. Myagrum.
Tribu V. Raphanistrcæ. — Fruit siliquifnrme ou lomentacé. — Chorispora. Bapistruin. Cakile. Raplianus.
Su.iQi'os.c. — Fruit en silique.
Tribu VI. Brassice.r. — Cotylédons condupliqués. — . Moricandia. Sinapis. Diplotaxis. Brassica. Eruca.
Tribu VII. Erysimeæ. — Cotylédons plans; valves écarinées. — Noloccras. Conringia. Clieiranthus. Cliei* rina. Barbaræa. Erysitnum. Alliaria. Ilesperis.
Tribu VIII. Brayaceæ. — Cotylédons plans; valves carénées. — Ilcliophila. Stevenia. I.eptocarpæa. Mathiola. Malcomia. Nasturlium. Sisyinbryum. Turritis. Braya. Arabis. Cardamine. Pleroneurum. Denlaria.
CRUCIFIX. moll. /'. Croix de mer.
CRUCIFORME. Crucifonnis. bot. Qui a la forme d’une croix.
CRl’CIGÉMË. Crucigenia. bot. Nouveau genre de végétaux Microscopiques , observé par le professeur Morren, à l'aide d'un instrument de son invention. Il a nommé l'espèce qui en fait le type Crucigénie carrée (Ann. des Sc. liât. vol. XX, pl. 15); elle est composée d’une croix à quatre cellules principales, augmentées chacune de quatre cellules plus petites. Ce végétal a un mode de reproduction fort remarquable : chaque cellule propagatrice, après s'être isolée, se divise en quatre, et grandit; chacune de ses divisions se divise à son tour et l'on parvient ainsi à revoir l'état complet. Des vides particuliers se trouvent au centre de la croix et des quatre cellules principales. L’auteur a découvert cette espèce dans l'eau d’un des étangs d'ixelles, près de Bruxelles.
CR U Cl ROSTRE, ois. V. Loxie.
CRI’CITE. bot. V . Crczite.
CRUCITE. Mix. V. Macle.
CRUhlE. Crudia. bot. Scbreber a donné ce nom au genre Apalat d’Aublet.
CRÜMEN ou CRD MÈNE. bot. V. Lycope.
CRDMENA1RE. Crumenaria. bot. Genre de la famille des R lia m nées; Penlandrie Monogynic, L., établi par Alarlius, pour une petite plante annuelle, qu’il a découverte dans les terrains sablonneux, parmi les herbes sauvages et sur les limites des forêts de tout le littoral du Brésil. Caractères : calice campanule, quinquéfide; cinq pétales insérés sur les bords du calice, et alternant avec ses divisions ou découpures; cinq étamines hypopétales, à filaments filiformes, à anthères presque globuleuses, bivalves. Un style court et cylindrique; trois stigmates oblongs ; une capsule papy racée, à trois coques ailées sur les bords, monospermes. et attachées à un réceptacle central, filiforme et triparlile. Le Cru-
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incnaria dccumbem (Mail. PI. Bras. 1. 00), seule espèce connue jusqu’à ce jour, est une plante rameuse, île quatre à cinq pouces, à feuilles ovalaires, un peu cordi formes. glabres ; à stipules ciliées, à très-petites fleurs axillaires d'un blanc sale ou jaunâtre.
CRUAIÉNOPHTHA LME. fuis. Espèce du genre Scombre.
CRI MIMER. Cruminium. bot. Genre de la famille des Légumineuses, proposé par Drsvaux qui lui assigne pour caractères: calice cupulaire. tronqué; légume comprimé, plan, polysperme, entièrement bordé. La seule espèce de ce genre, et que Desvaux nomme Cruminium giganlema , est originaire du Pérou.
CRU1MNE. Crupina. bot. Genre de la famille des Carduacées , Syngénésic Polygamie frustrante, établi par Henri Cassini. Caractères : capitules ayant les Heurs du centre en très-petit nombre, Hosciileu&c* cl hermaphrodites, tandis que celles de la circonférence sont Pleutres, plus grandes et irrégulières; fruits attachés immédiatement par leur base, et non latéralement comme dans toutes les autres Centauriées; aigrette double : l’extérieure plus grande, composée d’écailles imbriquées, minces, très-étroites et plumeuses, l’intérieure formée de dix autres écailles plus courtes et tronquées. Cassini ne rapporte à ce genre qu’une seule espèce, Ccnlaurea Crupina, L., jolie petite plante annuelle , qui croit spontanément dans les provinces méridionales de la France. Sa lige, haute d’un pied et plus, porte des feuilles dont les inférieures sont presque entières, tandis que les supérieures sont profondément pinnalitides, à lobes très étroits. Les capitules sont . groupés au sommet des ramifications de la tige et composés de Heurs purpurines.
CRL'SEE. Crusca. dot. Genre de la famille des Rubiacées, Tétrandric Mono jy nie , établi par Chamisso aux dépens d’un démembrement des Sperinacoces. auquel il a joint quelques nouvelles espèces mexicaines. Caractères : tube du calice ovalo-didyme ; le limbe resserré à sa base, au-dessus de l'ovaire, profondément séparé, sans néanmoins être réellement divisé en quatre lobes linéaires, suhulés, allongés, velus, plus quatre dents beaucoup plus petites; corolle hypocralérimorphe, avec son tube allongé et presque conique à l’extrémité , sa gorge glabre et son limbe divisé en quatre lobes; étamines moins longues que le style dont l'extrémité est faiblement bifide; fruit consistant en deux coques indéhiscentes , monospermes. Les espèces décrites par Chamisso sont des plantes herbacées, dont la tige est quelquefois su (Frutescente à sa base; les feuilles sont opposées, ovalaires, à stipules engainantes, ciliées; les Heurs sont réunies cri ombelle terminale , involucrée; elles sont ordinairement rouges. Les Spermacoce hiria et coccinea , Pavon, strigosa, Sims, font partie de ce genre nouveau, qu’il ne faut pas confondre avec celui que Richard a également appelé Crtuea cl auquel De Candolle, pour éviter toute confusion , a substitué celui de Chione.
CRUSTACÉS. Crustavca. Grande classe du règne animal, qui comprend tous les animaux articulés, à pieds articulés et respirant par des branchies. Leur circulation est double; le sang qui a éprouvé l’effet de la
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j respiration se rend dans un grand vaisseau ventral, qui ' le distribue à tout le corps, d’où il revient à un vaisseau ou même à un vrai ventricule situé dans le dos, lequel le renvoie aux branchies. Leurs branchies sont des pyramides composées de lames ou hérissées de filets, de panache* ou de lames simples, et tiennent en général aux base* d’une partie des pieds. Ceux ci ne sont jamais en nombre moindre de cinq paires, et prennent des formes variées selon le genre de mouvement des animaux. Il y a presque généralement quatre antennes et ail moins six mâchoires ; mais jamais il n’existe de lèvre inférieure proprement dite. Tels sont les signes ! essentiels, qui caractérisent celle classe importante.
Le corps des Crustacés ne saurait être constamment divisé en tétc, thorax et abdomen ; à cet égard les différences sont énormes, mais peuvent être ramenées à deux types principaux. Tantôt la tête est bien séparée, et les anneaux qui suivent sont aussi distincts les uns des autres, et ne constituent un thorax qu’autant qu’ils supportent chacun une paire de pattes ; du reste ils sont également développés, et leur diamètre pris transversalement ou dans le sens de la longueur ne dépasse guère celui de l'abdomen; tantôt la télé est confondue avec les anneaux qui suivent, et ceux-ci, au nombre de cinq , sont plus ou moins confondus entre eux et développés outre mesure, de telle sorte que la partie qui suit, ou l’abdomen, a toujours une dimension moin- | dre. Que h tête se confonde avec le corps ou qu’elle s’en distingue . elle supporte ordinairement des yeux,
. des antennes et une bouche. Les yeux sont ordinairement au nombre de deux ; quelqucfuis on en aperçoit i quatre, et dans quelques cas rares, ils paraissent man- I quer.On en distingue de deux genres: les uns lisses et les autres composés ; ces derniers ont un caractère assez constant et qui leur est propre ; ils sont pédoncules. c’est-à-dire situés à l'extrémité ou dans le trajet d’une tige de même nature que le test, très-mobile à sa base et située quelquefois dans une fossette particulière. Ces yeux lisses sont toujours sessiles. peu saillants, ronds et ovales.
Les antennes sont très-variables quant à leur nombre, leur coin posit ion. Icurdéveloppement et leur forme. Il y en a tantôt quatre, tantôt deux seulement, ou bien elles disparaissent complètement ; chaque anlcfine est formée de deux parties : le pédoncule et le filet; le pédoncule, qui constitue la base proprement dite, est formé d'un petit nombre de pièces inégalement développées et de figures variables; le filet, qui est triple, double ou simple, se compose au contraire d’une multitude de petits anneaux ajoutés à la suite tes uns des autres et ne différant entre eux que par leur dimension qui va en diminuant de la base au sommet. La bouche est de toutes les parties de la tête la plus variable, quant au nombre, à la forme, au développement et aux usages des diverses pièces qui entrent dans sa composition. Sa vigny (Mém. sur les Aniin. sans vert. part.,
1er fasc., 2r Mém., p. 39) a le premier fixé l'attention des zoologistes sur cette partie importante, en déterminant, avec une sagacité rare et selon une méthode toute nouvelle dans la science, la nature des pièces qui concouraient à la former. Lalreille a depuis abordé ce
gte
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genre d'étude, cl après avoir rappelé au mot Dormit les travaux de Sa vigny, il a présenté avec clarté le résultat de ses propres observations.
Le thorax offre des caractères très-différents suivant qu'il est distinct de la tète ou confondu avec elle; dans le premier cas il se compose d'une série d’anneaux également développés, et supportant chacun une paire de pattes; dans le second celte uniformité dans le développement n’est plus aussi sensible, surtout à la partie supérieure, qui lie paraît composée que d’une vaste pièce, laquelle a reçu le nom de test ou de carapace. Examinant avec soin les carapaces d’un très -grand nombre de Crabes de divers genres que Fabricius et des entomologistes ont distingués, DesuiaroKt a reconnu que le hasard ne présidait point à la distribution des parties saillantes de ces carapaces, quelques formes irrégulières ou bizarres qu'elles semblent affecter, et qu’au contraire, dans tous les genres de Crustacés, la disposition de ces inégalités était constante et soumise à quelques lois qui n'étaient jamais contrariées. Réfléchissant d'ailleurs que les Crustacés ont leurs principaux organes intérieurs situés immédiatement sous le test ou la carapace, il a été conduit à rechercher s’il existait des rapports marqués entre la place qu’occupent ces viscères et la distribution des inégalités extérieures du test. Il était d’autant plus fondé à admettre ces rapports, qu'on sait qu’à line certaine époque de l'année tous les Crustacés, après avoir perdu leur vieille enveloppe solide, se trouvent revêtus d'une peau tendre, qui durcit à son tour, et se change, nu bout de quelques jours, en une croûte aussi résistante que celle qu'elle remplace; et il pouvait présumer que, dans les premiers moments, la nouvelle peau se moulait jusqu'à un certain point sur tes organes intérieurs, el que son ossification était ensuite influencée par les mouvemenls propres à ces organes , ou par le plus ou le moins de développement de chacun d’eux. Partant de cette idée, Desinarest a fait en quelque sorte, sur une carapace de Crustacé, l'application du système du docteur Gall sur le crâne humain; et il s'est cru d'autant plus autorisé à faire celte application , que les organes mous qui . chez les Crustacés , peuvent modifier les formes extérieures, sont parfaitement distincts les uns des autres . el ont des fonctions bien reconnues. Il est facile de s’assurer, en effet, que ces rapports existent ; car, si l’on enlève, avec quelques précautions, le lest d’un Crabe de l’espèce la plus commune ( Cancer Manas , L.), on observe derrière le bord interoculaire un estomac membraneux vésictileux, ayant deux grands lobes en avant et deux petits en arrière, soutenu dans son milieu par un mince osselet transversal, en forme d’arc, et ayant en dessus , entre les deux grands lobes el sur la ligne moyenne, deux muscles longitudinaux, qui s'attachent d'une part au bord antérieur du test, el de l'autre à l'osselet transversal. Si l’on examine comparai iveinenl la carapace que l’on a délachée, on reconnaît sur celle-ci l'indication des deux lobes antérieurs de l'estomac avec une ligne enfoncée, moyenne, correspondant à l’intervalle qui sépare les deux muscles dont il a été fait mention ; derrière l’estomac se voient des corps blanchâtres, sinueux, en forme d'intestins, et fai-
I sant plusieurs circonvolutions : ce sont les organes préi paraletirs de la génération . les vésicules spermatiques . chez les mâles, el les ovaires chez les femelles; ils ■ aboutissent en dessous dans des lieux différents; chez ! les mâles à la base de la queue à droite el à gauche, el chez les femelles vers le milieu de la seconde pièce sternale de chaque côté : mais en dessus ils occupent la même place dans les deux sexes; rapprochés de la carapace, ces organes nous ont paru pccuper l’espace qui se trouve circonscrit par des lignes enfoncées, et i que l‘ou voit derrière celui qui répond à l’estomac. En arrière encore, dans un enfoncement assez marqué, on trouve le cœur qui est déprimé en dessus, el qui en remplit toute l'étendue; les battements font facilement reconnaître cet organe; chaque bord latéral de la cavité où il est placé est solide, très-relevé, cl fermé par une cloison verticale, qui se rend du sternum à la carapace, el qui contribue ù donner de la solidité à celle-ci, en étant fixée entre ces deux surfaces, à peu près comme l'est l'àme d'un violon entre ses deux tables. Celte même cloison sert de support à d'autres cloisons transversales , qui sont en nombre égal à celui des séparations des pièces sternales . el dans l'intervalle desquelles sont situés les muscles moteurs des pattes. A droite et à gauche des organes préparateurs delà génération et du cœur, sont deux grands espaces où les branchies sont rangées el étendues sur deux tables I osseuses, obliques, qui ferment en dessus toutes les loges j où sont fixés les muscles des pattes. Ces branchies sont au nombre de cinq de chaque côté, cl chacune présente un double rang de petites lames branchiales transverses; leur point d'attache est en dehors, el toutes I leurs sommités sont dirigées vers la ligne qui sépare ! du coeur les organes préparateurs de la génération. Le lest présente au-dessus de ces parties, de chaque côté du corps , un espace bombé qui . par son étendue, se rapporte parfaitement avec la place qu'elles occupent en dessous; enfin des deux côtés de l'estomac, et en avant des branchies, se montre le foie qui est trèsvolumineux ; sa consistance est molle, sa couleur est jaunâtre, el sa surface présente une multitude de petites parties vermiculées. Ce foie plonge en dessous des viscères médianls. que nous avons décrits, el se prolonge fort en arrière, jusqu'à la base jdc la queue, de telle façon qu’on le voit encore de derrière le cœur; il a, dans ce point, le même aspect el la même structure qu’en avant du corps, et il est divisé en deux lobes qui. d'ailleurs , se louchent assez exactement. Dans la I carapace les parties qui recouvrent les endroits où le ! foie est visible, lorsqu’on l’a enlevé , sont moins bom- I bées que les autres, et sont distinctes à cause même • de ce manque de saillie, surtout les antérieures. i Ayant disséqué dans les mêmes vues, plusieurs au- ! 1res Crustacés d’espèces variées, qu’il est possible de j se procurer vivants à Paris, tels que le Crabe Tourteau ( Cancer Pagarus), l'ÉlrilIe (Portunus puber ),
! l’Araignée de mer J^lnachus sguinarfo) , Desmaresl a ; reconnu les mêmes rapports entre la distribution des i organes internes et la configuration extérieure du test.
Dès lors pouvant s’étayer de l'analogie, il a recherché I et il a trouvé dans presque la totalité des Crustacés
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brachyures ou des Cancers de Linné, les lignes enfoncées qui séparent les espaces qui répondent aux parties internes dont nous venons d'indiquer les dispositions relatives. Dans quelques-uns. néanmoins plusieurs de ces indications manquent presque tout à fait comme dans certaines Leucosies, par exemple; mais, dans ce cas, la carapace est toute lisse, et aucun sillon n'in* dique de divisions qui ne seraient pas correspondantes à celles que not|s avons annoncées. Dans quelques autres la surface de la carapace est, au contraire, marquée d’une infinité de lignes enfoncées et de nombreuses aspérités (Cancer r ariolosns et Cancer incis iw); mais les divisions principales se retrouvent toujours dans la même disposition.
Déstnaresl a cru devoir donner le nom de Régions aux divers espaces de la caparace, qui recouvrent les organes intérieurs, et distinguer ces régions par des désignations spéciales, qui rappellent le rapport qu'elles ont avec ces mêmes organes; ainsi la région stomacale ou celle qui recouvre l'estomac est médiane ou antérieure ; la région génitale est médiane et située immédiatement en arriére de la stomacale; la région cordiale est médiane et placée en arriére de la génitale; les régions hépatiques sont au nombre de trois : deux antérieures, situées une de chaque côté de la stomacale et en avant des branchiales, une postérieure, médiane, qui vient entre la cordiale et le bord postérieur de la caparace ; les régions branchiales, au nombre de deux, une de chaque côté, sont placées entre les régions cordiale et génitale d'une part, et les bords latéraux de la caparace de l'autre. Ces régions varient en étendue dans les divers genres de Crustacés brachyures, et sont plus ou moins fortement tracées. Ainsi les Leucosies, les Dromies, les l'itiuolhèrct et les Corysles les ont pour la plupart à peine distinctes, tandis que les luaclius, les Dorippes cl les Mictyris surtout les ont au contraire très-prononcées. Les Crabes proprement dits, les Portunes, les Gonoplaccs tiennent à peu près le milieu entre tous, sous ce rapport. La région stomacale est ordinairement très-développée dans la plupart de ces Crustacés, et située sur la même ligne transversale que les régions hépatiques antérieures ; mais dans quelques genres, comme les luachus, les Macropodes et autres Crustacés oxyrhynques, cl dans les Dorippes, elle fait saillie en avant et contribue à donner à ta forme du corps une figure triangulaire. La région génitale est en général assez distincte et se prolonge presque toujours sur le centre de la stomacale, en formant une sorte de pointe qui parait diviser celle-ci en deux. La région du cœur est constamment apparente et toujours située à la même place, c’est-à-dire un peu en arrière du centre de la carapace, si ce n'est dans les Dorippes où elle confine au bord postérieur de celte meme carapace, en faisant disparaitre la région hépatique postérieure. Les régions branchiales, au contraire, varient beaucoup; elles n'ont rien de bien remarquable dans les Crabes et les Fortunes, tandis qu'elles sont tr^ saillantes et bombées dans les Dorippes et les Inachus. Dans le dernier de ces genres, elles sont même tellement renflées qu'elles se louchent en arrière et prennent à leur tour la place de la région hépatique postérieure. Dans les
Ocypodes ou Crabes de terre, elles sont planes en dessus, et indiquent sur les côtés une partie de la forme carrée de ces Crustacés. Affectant la même figure dans les Grapses ou Crabes d'eau douce, elles présentent chez ceux-ci, à la surface, des lignes saillantes obliques, qui paraissent correspondre aux paquets de branchies qui sont au-dessous. Dans la plupart des espèces dont les angles latéraux de la carapace sont très-marqués, il en part une ligne transverse, saillante, qui dessine le bord antérieur de ces régions branchiales; c’est surtout ce qu’on remarque dans la plupart des Port unes et dans les Podophthalnies. Les Gécarcins ou Tourlouroux, dont le test est en cœur et largement tronqué en arrière, ont les régions branchiales si bombées en avant, qu’elles envahissent la place des régions hépatiques. Quant aux régions hépatiques recouvrant des organes inertes de leur nature, elles ne forment jamais de saillies très-marquées; elles se distinguent même des autres régions par leur aplatissement. Les deux antérieures sont le plus ordinairement bien apparentes dans les Crustacés brachyures dont la carapace est carrée ou demi-circulaire, tandis qu'elles sont presque effacées chez ceux dont la forme est triangulaire. La postérieure suit à peu près les mêmes lois.
Après les crustacés brachyures, les Macroures doivent attirer l'attention, et l’on doit y chercher les régions qui ont été reconnues dans les premiers. Si on prend l’Écrevisse ( Astacut (luriatilis) pour type de cette famille, on remarque que le test de ce Crustacé présente une ligne transversale, enfoncée, arquée en arrière, qui se partage en deux portions à peu près égales et qui semble indiquer la séparation d'une tète et d’un corselet; mais lorsqu'on enlève le test, on reconnaît que ce qui est en avant de cette ligne, recouvre non seulement les parties qui appartiennent à la téle, mais encore l'estomac et le foie. L'estomac est situé dans la ligne moyenne, et le foie se trouve placé sur les côtés et en arrière de celui ci ; deux forts muscles attachés contre la paroi interne de la carapace,- servent à mouvoir les mâchoires. La trace de leur insertion est indiquée au dehors par un espace ovalaire, plus finement ponctué et rugueux que ce qui l'environne; sur la seconde partie de la carapace, celle qui est placée derrière le sillon transversal, dont nous avons parlé plus haut, se voit eu dessus deuxHignes enfoncées, longitudinales, tout à fait analogues à celles qu'on observe dans les Crabes à droite et à gauche du cœur, et qui, chez ceux-ci, séparent la région cordiale des branchiales. L’inspection du dessous montre la même disposition, c’est-à dire le cœur au milieu placé dans une cavité formée par la carapace en dessus, et par les cloisons qui donnent attache aux muscles des pattes de chaque côté, et les branchies sur les parties latérales, dans la portion la plus large du test. Les organes préparateurs de la génération sont situés auprès et en avant du cœur, à peu près comme dans les Crustacés brachyures, mais derrière le foie. En dehors, leur place n’est marquée que par quelques rides. Le foie se moulre de nouveau en arrière du cœur, mais se trouve tout à fait sous le bord postérieur de la carapace.
Il est donc possible de distinguer dans la carapace
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de l'Écrevisse plusieurs régions, savoir, en avant du sillon transversal : 1° une région stomacale fort vaste, avec laquelle les régions hépatiques antérieures sont confondues de manière à lie pouvoir être séparées; en arrièredecesilIon,2°une région cordiale moyenne avec laquelle se trouve aussi confondue la région génitale; 3° deux régions branchiales situées latéralement. I.e Homard {Astacusmarin us) présente les mêmes détails. D'autres Crustacés macroures ont cependant les régions hépatiques antérieures et génilalcs assez bien marquées. Les Galathées ont une région stomacale, une cordiale, deux branchiales , et de plus deux hépatiques tout à fait latérales, comme chez les Crabes. Les Scyllares ont la région slomacalc triangulaire et très-large en avant, deux petites hépatiques latérales, une génitale trèsbombée et épineuse, une cordiale encore plus relevée, également épineuse, et deux branchiales étroites tout à fait latérales. La Langouste ( Palinurus quadricornis) a son test plus compliqué; la région génitale y est plus indiquée, et dans quelques espèces du même genre, les branchiales forment, de chaque côté, une saillie très remarquable. Dans les Bernard -l'Ermites ou Pagures, ce lest mou, tout déformé cl modifié qu'il est par la coquille dans laquelle il est enfoncé, n'en présente pas moins les régions stomacales et hépatiques séparées des cordiales et des branchiales par le sillon transverse qu'on trouve dans les Écrevisses et les Homards. Ces diverses régions ne sont plus distinctes dans les Crustacés macroures dont le lest très mince et flexible conserve l'apparence cornée, tels que les Palœmous, les l’énées, les Alphées, les Crangons. etc. Quant aux Squillcs ou Crustacés stomapodes, leur carapace n'offre plus que la région slomacalc dans son milieu, avec deux ailes ou appendiceslihres, un de chaque côté. La position du cœur dans la partie caudale et celle des branchies, changées en sorte de pattes, sous celte même partie, ne laisse aucune trace, sur le test proprement dit, des régions destinées à recouvrir les viscères.
Envisagée sous ce point de vue, la carapace offre certainement des considérations zoologiques très-curieuses; Desmarest en a tiré un excellent parti pour l'étude des Crustacés fossiles; et il a pu, à l'aide de ses observations ingénieuses, arriver à une détermination exacte du genre et de l'espèce, lorsque les pattes, les parties de la bouche et autres parties caractéristiques manquaient complètement ou étaient tellement détériorées qu'on ne pouvait en faire aucun usage.
Les membres sont, de toutes les parties, celles qui sont le plus sujeltes à varier. Leur nombre, leur disposition, leurs fonctions offrenL de très grandes différences suivant qu'on les examine dans chaque ordre. En général, on dislingue deux sortes de pattes, les vraies et les fausses. Les vraiesappartiennent au thorax, et sont composées de six pièces ou articles dont le dernier est nommé tarse ou ongle. La première paire de patles proprement dites a reçu le nom de pinces, lorsque le pénullièmcftrticlc, développé outre mesure, constitue une sorte de doigt immobile, sur lequel $c meut de liant en bas le dernier article ou le tarse, de manière à constituer une véritable pince. On a nommé aussi piedsmâchoires un certain nombre d'appendices locomo-
teurs, qui viennent s'ajouter accessoirement aux parties de la bouche.
Les fausses pattes s'observent sous l’abdomen et à son origine ; elles sont terminées par deux lames ou deux filets. Ces appendices sont tantôt des auxiliaires de l'appareil locomoteur, tantôt des parties accessoires des organes de la respiration; d'autres fois ils réunissent ces deux usages, et dans la plupart des cas, ils servent tous, ou du moins plusieurs d'entre eux, à soutenir les œufs. L’abdomen, qui fait suite nu thorax cl qui termine le corps, a été désigné improprement sous le nom de queue; il varie singulièrement par sa forme, ses proportions et scs usages; dans tous les cas, il contient l’extrémité du canal intestinal et est pourvu d'appendices particuliers dont les fonctions ont été indiquées plus haut.
Le système nerveux a beaucoup d’analogie avec celui des Arachnides et des Insectes : il se compose d'un cerveau plus large que long, et dont la face supérieure est quadrilol>ée. De cette masse encéphalique, parlent des filets nerveux, pour les yeux et les antennes, et postérieurement deux cordons allongés, embrassant l'œsophage, se réunissant au-dessous de lui en un renflement ou ganglion médian, qui fournil des nerfs aux mandibules, aux mâchoires, etc., et qui, en arrière, donne naissance à la continuation ou au système médullaire proprement dit. Ce système médullaire sc compose de ganglions plus ou moins nombreux, qui sont réunis entre eux au moyen d'une paire longitudinale de nerfs. Les organes des sens, la vue, le toucher, l’ouïe, l'odorat et le goût existent évidemment ; mais il n'y a que les trois premiers pour lesquels on ail démontré l'existence d'appareil propre à remplir ces fonctions; le sens de l’ouïe offre, même encore quelques doutes quant à son : siège.
Les Crustacés ont une ci renia lion double, qui s'effectue àl'aided'un cœur, sorte de ventricule pulmonaire, situé sur le dos, et d'un vaisseau ventral qui peut êlre considéré commè le ventricule aortique. Le sang qui a respiré, sc rend dans le vaisseau ventral, qui le distribue à toutes les parties du corps, d'où il revient au vaisseau dorsal qui le renvoie aux branchies. Le cœur varie dans sa forme et dans ses proportions. La respiration est une fonction très-dévelnppée, et pour laquelle il existe des organes spéciaux , nommés branchies ; ce sont des sacs pyramidaux, foliacés ou hérissés de filets et de panaches, dont la position est très-variable, qui, par exemple, sont fixés tantôt à la base des pattes ambulatoires , tantôt aux appendices extérieurs de la bouche, d'autres fois à l'extrémité postérieure et inférieure du corps ; souvent aussi elles remplacent les pattes, et servent en même temps à la locomotion et à la respiration.
Les Crustacés sont tous carnassiers ; leur système digestif se compose d’une bouche assez compliquée, à laquelle on voit succéder un canal intestinal, généralement droit et court, et auquel on distingue l’œsophage qui a peu de longueur, l'estomac qui offre des différences remarquables dans son développement, et qui, dans le plus grand nombre, est muni d'un appareil crustacé, sur lequel Geoffroy Saint-Hilaire a fixé d'une
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manière Imite spéciale, l'attention des anatomistes. A la suite de l'estomac, le canal intestinal se rétrécit et poursuit directement son trajet vers l’anus situé à l'extrémité de l'abdomen. Au-dessous de l'estomac et du cœur, on observe dans le plus grand nombre des Crustacés le foie, organe souvent très- volumineux dans certains temps de l’année ; il sécrète la bile (pii est versée ensuite dans l'intestin. Les fonctions génératrices sont analogues A ce qu'on trouve ordinairement ailleurs ; les sexes sont séparés, A l'exception peut-être d'un ordre, celui des Enlomoslracés chez le plus grand nombre desquels on n'a pu encore découvrir de sexes distincts. Les mâles ont des canaux déférents, qui aboutissent fi deux verges, lesquelles sortent du thorax, derrière la dernière paire de pattes; les femelles ont deux vulves s'ouvrant, tantôt sur la troisième pièce sternale, et tantôt fi la base même des pattes «pii correspondent à ce segment sternal, et qui, par conséquent, sont la troisième paire. Les Crustacés sont ovipares ou ovovipares, le développement des œufs étant plus ou moins prompt ; tantôt ils sont attachés, immédiatement après la ponte, ù des appendices garnissant la face inférieure de l’abdomen, et connus sous le nom de fausses pattes, ou bien à des feuillets particuliers, ou bien encore ils se trouvent enveloppés dans une enveloppe membraneuse, sorte de matrice externe, adhérant au corps de l'animal ; tantôt ils sont contenus quelque temps dans le corps de la mère, cl y éclosent ; d'autres foi» enfin, et ce fait paraîtra bien extraordinaire, ils semblent se conserver desséchés pendant un grand nombre d'année» A la manière de certaine» graines, et n’éclorc que lorsque le* circonstances favorables à leur développement sont réunies.
Quant à la distribution géographique des Crustacés, on trouve 1° les genres l.illiode, Corisle. Galathée, Homole et Plironyme. dans le* mers d'Europe ; 2° ceux d’IIépatc et d'Hippe n’ont encore été trouvés que dans l'océan Américain; 5° du même et des côtes de la Chine et des Muliiques viennent le* Limiiles; 4° les genres Dorippc et Lcucosie habitent particulièrement la Méditerranée elle» mers de» Indes-Orientales; 5° celles-ci donnent exclusivement les Orilhye», le» Matutes. les Ranlnes, le» Allumées. les Thalassines ; G** les autre» genres sont communs à toutes les mers; mais les Orypodes ne se trouvent que dans les pays chaud*. Les Grapses les plus grands viennent de l'Amérique méridionale et de la Nouvelle-Hollande.
En général les lieux d'habitation des Crustacés sont très-variés : les uns, et c'est le pins grand nombre, habitent les mer*, et vivent A des profondeurs considérables, ou bien sur la plage entre les rochers; les autres se rencontrent dans le» eaux douces; plusieurs sont terrestres et se creusent de» terriers assez profonds.
Les auteurs ont longtemps varié sur le rang que devaient occuper les Crustacés dans la série des êtres créés; mais la plupart sont tombés d'accord pour les placer à la suite des animaux vertébrés; personne ne ■'était occupé de signaler leurs point* de contact avec cette dernière classe, lorsque Geoffroy Saint- iiilairc entreprit un travail spécialement destiné à faire connaître l’analogie inliinequi existe cnlrelesyslème solide
I extérieur des Crustacés, des Arachnideret des Insectes,
| et le squelette des animaux vertébrés. Ce travail est | d'une telle importance, et les résultats qu'il comprend, j intéressent si vivement le» entomologistes, qu’il est ici : indispensable d'entrer à son égard dan» tous les déve- , loppemenls nécessaires à l'intelligence du sujet. Voici l'extrait d'un travail qu'il a présenté A l'Académie des sciences, dans la séance du 20 août 1822. On n’a pas oublié que di s l'année 1820 Geoffroy S(-llilairea commencé la publication de ses recherches sur le système solide des animaux articulés, en déclarant que les Insectes (c’est-A-dirc les Arachnides, les Insecte» proprement dits, et plu» particulièrement le* Crustacés) vivent au dedans de leur colonne vertébrale comme les Mollusques au sein de leur coquille; véritable squelette pour ces derniers, sorte de squelette contracté. Cette proposition, toute nouvelle et directement opposée aux idées reçues, ne pouvait être admise ou même contestée que lorsque son auteur aurait fait part des motifs sur lesquels était basée sa conviction personnelle; que lorsqu’il aurait fourni les diverses preuves A l'appui de son opinion . adopter plus tôt se» idées ou entrer A leur égard dans une discussion, eût été en même temps prématuré et peu convenable. Geoffroy Saint llilaire, dont le nom se rattache A un si grand nombre de travaux importants, ne pouvait interpréter autrement cette espèce de réserveque les savants ont eueà son égard, cl il parait en avoir saisi le véritable motifv puisque c'est par de nouvelles observations qu’il interroge aujourd'hui leur silence, lia compris que pour faire admettre la présence d’une vertèbre dans les Insectes, il fallait, avant tout, l'étudier IA où elle existe pour tout le monde; aussi a-l-il entrepris, sur sa composition, un travail fort curieux qu'il est d'abord nécessaire de faire connaître.
Le Carrelet, Pleuronectes rhomheus, dont la vertèbre est composée de matériaux distincts, a présenté à l'auteur des conditions très -favorables, et une manière d’être qui, d’une part, lie ce Poisson aux animaux des classes élevées, et le fait tenir de l'autre A ceux des séries inférieures. C’est principalement de cette espèce de Poisson qu'il sera ici question.
Geoffroy distingue daiu une vertèbre deux parties essentielles, le noyau cl les branches latérales. Le noyau vertébral, que les anatomistes appellent corps de vertèbre, et que l'auteur nomme cyclèal , n'est pas toujours plein, comme on le remarque dès le jeune âge chez l'homme et les autres Mammifères; dans son principe il est tubulaire, c’est-à-dire qu’il constitue une sorte d'anneau qui, se remplissant A l'intérieur par une suite de couches concentriques, s'oblitère de jour en jour, et ne laisse plus enfin, dans certains Poissons seulement. qu’un trou qui le perfore au centre.— Les branche» latérales sont supérieurement les lames vertébrales qui. par leur réunion, constituent le canal vertébral, et inférieurement les côtes, qui. tantôt réunies forment un véritable canal, et tantôt libres deviennent Rodantes par une de leurs extrémités. Le système médullaire, situé au-dessus et le long des corps vertébraux, et le vaisseau aortique placé au-dessous, et dirigé dans le même sens, avaient besoin de protecteurs, et ce sont les
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branches latérales qui, en haut et en bas, les leur fournissent. Ici Geoffroy Saint-Uilairc a cru devoir établir des distinctions qui n'avaient pas encore été faites, et créer de nouveaux noms pour des parties dont l'étude avait été en général fort négligée. Supérieurement le système médullaire est recouvert par deux liges osseuses, qu'il nomme individuellement/>éno/.Cliez les Mammifères otl la moelle épinière est d'un certain volume, les périaux qui correspondent aux lames vertébrales, s'étendent dans toute leur longueur, autour de la lige médullaire, et constituent par leur réunion le canal propre de la vertèbre. Il en est tout autrement si on examine les vertèbres de la région post-abdominale des Poissons. La moelle épinière, étant en ce lieu réduite à l'état d’un filet grêle, ce ne sont plus les périaux dans toute leur longueur, mais seulement une partie d’euxmémes qui la cloisonnent; cependant une dimension ne se perd point qu'elle ne donne lieu à l'augmentation dans un sens opposé, et en vertu de cette loi invariable, les périaux des Poissons, au lieu d'être épais et courts, comme dans les Mammifères, sont grêles, prodigieusement longs, et soudés entre eux dans la plus grande portion de leur étendue. Les périaux ne sont pas les seules pièees qui se montrent à In partie supérieure du cycléal. Lorsqu’il arrive que la moelle épinière occupe un grand espace, les périaux ne suffisent plus pour l'entourer; alors ils s’écartent, et on distingue de nouvelles pièces, au nombre de deux de chaque côté, et portant individuellement le nom d 'épiai. Les épiaux sont, s'il est permis de s'exprimer ainsi, des protecteurs auxiliaires pour la moelle épinière toutes les fois que celle-ci est très-dévcloppéc; ils ont pour usage de la recouvrir et de lui constituer une enveloppe; c’csl ce qui a lieu constamment dans le crâne. Si, nu contraire, la tige médullaire, très-peu développée, ne réclame pas leur secours, ils sont employés à des usage! secondaires assez variés. On les voit, dans ce cas, servir de baguette aux nageoires dorsales , se désunir et se superposer de manière que l’un, après avoir monté sur l’autre, devient quelquefois extérieur, tandis que le second sc maintient au dedans. Ce changement de place n'a cependant rien de réel, et chacune des pièces conserve l'une à l'égard de l’autre, des relations invariables. Voulant exprimer à la fois, d'une part, l'origine et la destination commune de ces pièces, lorsqu'elles appartiennent à un appareil au dedans duquel s'exécutent les plus importants phénomènes de la vie, et d’autre part, leur variation et leur isolement pour le cas où l'une de ces pièces se sépare et se distingue de sa congénère, GeofTroy ne s’est pas borné aux dénominations simples qui précèdent, il leur a joint une préposition significative, qu’on devra ajouter au nom principal, lorsque les pièces seront disposées en série unique. On remarquera donc alors au-dessus du cycléal. non pas le périal et l'épiai qui, étant doubles et en regard, constituent quatre pièces, mais bien le inéla-périat et le cyclo-pénal , auxquels feront suite le pro-épial et Ven- épiai.
Telles sont les parties que Geoffioy Saint- Hilaire a distinguées au-dessus du corps de la vertèbre, et que les anatomistes avaient confondues sous le nom de lames vertébrales : très- visibles dans certains Poissons,
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j elles ne sont pas moins distinctes dans les Mammifères; seulement il faut les étudier dans l'état de fœtus, et avant qu'elles ne se soient confondues en sc soudant. Ceci conçu, il devient très-aisé d'acquérir la connaissance des pièces situées au dessous du cycléal; elles sont en même nombre, et se comportent dans bien des cas de la même manière qué les précédentes. Supérieurement, c’était la moelle épinière qui devait être protégée par les appendices de la vertèbre; ici. c'est le système sanguin, auquel viennent s'ajouter quelquefois les organes de In digestion et ceux de la respiration, qui réclament la même assistance. Les deux pièees qui s’observent d'abord et qui s'appuient sur le cycléal, portent chacune le nom de partial ; les paraaux se conduisent exactement comme les périaux. Dans les vertèbres post-abdominales des Poissons, et en particulier du Carrelet, le paraal de droite est soudé au paraal de gauche et constitue un anneau |»our le vaisseau sanguin. A la partie antérieure du corps, au contraire, où U existe un système sanguin très -développé, un caual intestinal, etc., ils s'écartent et forment ce qu'on avait désigné sous le nom de côtes, et particulièrement sous celui de côtes vertébrales j c'est alors que, ne pouvant sc réunir par leur sommet, les paraaux sont suivis et aidés par deux pièees désignées par les anatomistes sous le nom de côtes sternales , et que Geoffroy nomme individuellement cataat. Lescataaux sont aux paraaux, ce que les épiaux étaient supérieurement aux périaux; ils sont des auxiliaires protecteurs du système sanguin, respiratoire et digestif; ils ont, en outre, cel autre point de ressemblance, que, devenant dans plusieurs circonstances, inutiles pour cet usage, ils passent à des fondions secondaires, font partie des nageoires anales, constituent des aigu. lions extérieurs, etc. Dans ce cas, Geoffroy ajoute les mêmes prépositions employées pour la partie supérieure; ainsi, lorsque les pièces seront rangées en séries, on trouvera au-dessous du cycléal le cyclo-par aol cl le mèta-paraal , puis Ven-caiaal et le pro-cataal. Tels sont les rapprochements curieux et bien dignes d'intérêt, que Geoffroy Saint-Hilaire a d'abord eu pour but d'établir.
Les Crustacés vivent au dedans de leur colonne vertébrale, c’est-à-dire que leur cycléal n’étant pas entièrement plein comme dans les hauts animaux vertébrés, ou n'étant pas rempli de couches concentriques qui ne laissent au plus qu’un trou à peine perceptible, comme dans les Poissons, sc trouve contenir chez eux le cor don nerveux, le vaisseau sanguin, les viscères, les muscles, etc., et constitue par cela même un anneau trèsample, dont le diamètre égale la largeur tout entière de l'animal.
Ceci admis, les résultats suivants en découleront naturellement : 1° l’épaisseur de cet anneau ou la solidité du tube vertébral sera toujours en raison inverse de l'étendue de sa circonférence ; 2° le tube vertébral se trouvant rejeté au dehors, sur la limite du derme, en sera immédiatement revêtu ; 3n les muscles ne s'opposant pas au contact immédiat, puisqu'ils sont renfermés dans le cycléal, ce tube osseux s’unira et se confondra avec le tube épidermique; 4° les volumes respectifs des deux tubes osseux et épidermique pourront varier gra-
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docilement, en raison directe ou en raison inverse l'un de l'autre : ainsi, que le tissu dermoïque soit plus abondamment nourri que le tissu osseux, et acquière en proportion plus d'épaisseur, on aura les enveloppes solides et de consistance cornée des Coléoptères; tyi'au contraire, le tissu osseux prédomine sur l'épidermique, il en résultera le test résistant dés Crabes, des Homards, etc.; 5° enfin tous les organes restant concentrés dans le tube vertébral, aucun autre tube ne sera nécessaire au dehors, et il ne devra plus exister de doubles pièces qui fassent la fourche en dessus et en dessous du cycléal, ou qui, en se réunissant, constituent des cloisons pour enfermer le système médullaire et le système sanguin. — Si donc les autres parties de la vertèbre, qu'on se rappellera avoir été distinguées dans les Poissons en périaux et épiaux situés en haut, et en paraaux et cataaux placés en bas, se retrouvent chez les Crustacés, elles ne seront plus que des dépendances fort peu importantes du cycléal, ne pouvant être appropriées qu'au mouvement progressif. Or, l'observation fait apercevoir dans la classe des animaux arLiculés, sur le dehors de chaque tuhe vertébral, ou de chaque anneau, une double série de pièces que tout le monde sait être des appendices locomoteurs, et que Geoffroy considère comme les analogues de celles qui viennent d'étre nommées. La manière de voir de l'illustre auteur de l'Anatomie philosophique, se réduit donc à considérer chaque anneau d'un animal articulé comme un corps de vertèbre creux, et chaque paire de pattes qu'il supporte comme les appendices de ce corps vertébral qui, ici, passent aux usages secondaires de la locomotion, tandis que dans les animaux élevés, ils se réunissent le plus souvent pour former des anneaux prolecleurs du cordon nerveux, du système sanguin, etc. On pouvait cependant opposer à ces résultats un fait plausible : les appendices vertébraux des Poissons et leurs nageoires dorsales ou anales s'élèvent verticalement; au contraire, les pattes des insectes qu'on leur compare, sont étendues horizontalement. Est-ce bien là ce qu'indique le principe des connexions? Geoffroy Saint- Hilaire a prévu celle objection; pour y répondre, il établit qu’il n'est pas inhérent aux animaux que leur thorax soit transporté en présentant toujours la même surface au sol. Personne n’ignore que le» Pleuronectes nagent étant posés sur leurs flancs, d'où il arrive que quelques-unes de leurs nageoires qui , dans d’autres Poissons, sont dirigées verticalement, se trouvent chez eux étendues horizontalement. Il se demande alors si ces Insectes ne sont pas, sous le rapport de la station, des animaux semblables aux Pleuronectes, c’est-à-dire s’ils n'étendent pas de la même manière à droite cl à gauche les moyens dont ils disposent pour leur transport; Geoffroy pense donc que les Crustacés (car c'est toujours celte classe qu'il entend donner pour exemple), dans la position où nous les voyons, ne marchent pas, comme il nous semble, sur le ventre, mais sur le côté, convertissant ainsi l'un de leurs flancs en face ventrale, et l'autre eu face dorsale; dès lors on conçoit comment ils rendent horizontales (les portant à droite et à gauche) les parties qui dans les Poissons sont généralement verticales. La queue ne fait pas exception, et il
est aisé de voir qu’elle est elle-même horizontale. On doit observer d'ailleurs que la position du corps, relativement au sol, est très-variable chez les animaux articulés; la plupart marchent à la manière des Crabes, des Araignées et des Scarabées, et convertissent, suivant l'expression de Geoffroy, l’un de leurs flancs en face ventrale ; mais on en trouve un assez grand nombre qui affectent des positions toutes différentes. Les Amphipodes, par exemple, qui constituent un ordre dans la classe des Crustacés, sont toujours placés sur le côté; leurs appendices ont par cela même une direction verticale, et si l’opinion de l'auteur a été bien saisie dans cet article, ces animaux présenteraient l’état normal, puisque le côté sur lequel ils sont couchés, et qui pour lui, n'est autre chose que la face ventrale, dans le Pleuronecte, par exemple, repose immédiatement sur le sol. Les Phronimes, les Chevrettes ( Gannnarus ), les Talilres, les Corophiet sont dans ce cas. L'Aclilysie du Dytique, espèce d‘un genre nouveau établi dan3 la classe des Arachnides, est, à cause de son organisation singulière, placée sur le liane. D'autres animaux articulés sont tout à fait renversés, et convertissent réellement leur dos en face ventrale. Plusieurs Crustacés de l'ordre des Branchiopodes présentent cet entier renversement; les Apus, les Branchipes. etc., nagent presque constamment sur le dos. Tout le monde sait que plusieurs insectes Hexapodes, le Notonecte en particulier, se trouvent dans le même cas.
Les rapports qui existent entre les Crustacés et les classes voisines, telles que les Annélides, les Arachnides et les Insectes, ont été signalés depuis longtemps par les classificateurs. Les anciens naturalistes plaçaient les Crustacés entre les Poissons et les Mollusques ; Linné les réunissait aux Insectes qui comprenaient également les Arachnides, et il les rangeait avec celles-ci dans une division particulière désignée sous le nom d'Aptères. Brisson revint à la classification ancienne; il distingua les Crustacés des Insectes, les plaça à la suite des Poissons; mais il leur associa les Myriapodes elles Arachnides. Dans la méthode de Fabricius, les Crustacés firent de nouveau partie des Insectes, et ils constituèrent le quatrième ordre sous le nom d 'stgottaia. Latreille (Précis des caractères généraux des Insectes) établit trois ordres : le premier sous le nom de Crustacés, le second sous celui d'Enlomost racés , et le troisième sous celui de Myriapodes. Plus tard , Cuvier, se fondant sur des caractères anatomiques, effectua un changement motivé; il transporta d’abord (Tableau élémentaire de l'histoire nat. des Aniin.) les Crustacés à la tête do la classe des Insectes, et peu de temps après (Leçons d'Anatomie comparée), il établit d'une manière distincte et nullement arbitraire la classe des Crustacés.
Si l'on jette un coup d'œil sur les divisions qui ont été établies dans les Crustacés constituant une classe ou simplement un ordre, on verra qu'à mesure que la science a marché, elles ont augmenté dans une proportion considérable. Linné partageait les Crustacés en trois genres : les Crabes, Cancer , qu'il subdivisait en Brachyurcs (queue courte) et en Macroures (queue longue), les Cloportes, Oniscns , et les Monocles,
Monoculus . Fnbricius. profilant des observations de Daldorff, a divisé (Enlnni. Syst. Suppl.) les Crustacés en troi ; ordres : 1*» les Polygonala , composés des genres Oniscus et Monoculus de Linné; 2“ les Kleistagnata . comprenant les Crabes Brachyures du même auteur et une portion des Limules de Muller; 3° les Exochnata , embrassant la division des Crabes Macroures de Linné. Cuvier (Tableau élément, de Tbisl. des Anim.) établit des coupes qui renferment les grands genres Monoculus , Cancer et Oniscus , L.
Lama tek (Syst. des Anim. sans vert.) divise la classe des Crustacés en deux ordres : les Pédiocles (yeux pédicules) et les SessÜocles (yeux sessilcs). Latreille (Çpner. Crusl. et Ins. et Considér. génér.) partage celte classe en deux ordres : le premier porte le nom d'Erilomost racés et le second est désigné sous celui de Malacoslracés ; dans cet arrangement, les Oniscus étaient réunis aux Arachnides, linéiques années plus tard (en 1817, Uêgn. Anim. de Cuv.), le même savant a publié une nouvelle méthode dans laquelle, prenant pour hases de ses divisions la situation et la forme des branchies, la manière dont la tête s'articule avec le tronc et les organes masticateurs , il divise la classe des Crustacés en cinq ordres : 1rt les DEcapode*. Dcca potin (dix pieds ); 2° les Stoxapodes, Slomapotla (bouche-pieds); 3° les Ampiuwdes, Atnphipoda (pieds dirigés en tout sens); 4° les Isopodes. Isopoda (pieds égaux); 5° les Bhaxcuiopopes, Branchiopoila (pieds- ^branchies ).
Leach a fait connaître (Trans. ofthe Linn. Societ. T. xi ) une classification complète de l'ordre des Crustacés. dans laquelle il établit un grand nombre de genres nouveaux et plusieurs divisions.
Classe : Cristacés. — Sous-classe première : Malacostracés, Malac ost raca. Bouche composée de mandibules , de plusieurs mâchoires, et recouverte par des pieds-mâchoires , tenant lieu de lèvre inférieure ou la représentant; mandibules souvent palpigères; dix A quatorze pattes uniquement propres à la locomotion ou à la préhension, ayant souvent les organes respiratoires annexés à leur base; corps tantôt recouvert par un test calcaire ou plus ou moins solide, sur lequel la tête est confondue; tantôt divisé en anneaux avec la tête distincte ; point de métamorphose.
Légion !»■% Podoplhalmes, Podophtalma (Pédiocles, Lamk.) Des yeux composés, placés au bout d'un pédoncule mobile; point d'yeux simples; mandibules pourvues d'une palpe; pieds-mâchoires ayant tous une palpe adhérente â leur hase. Cette division comprend les Décapodes et les Slomapodes de Latreille.
Légion 2e, Kdriophthalmes , Edtiophthalma (Sessilocles, Lamk.). Des yeux sessilcs. ordinairement composés, mais quelquefois situés sur les côtés de la tête; les mandibules souvent munies d'une palpe ; tête presque toujours distincte du corps. La légion des Ldrioph- Ihalmes embrasse les Amphipodes, les Isopodes et les Branchiopodes de l'entomologiste français.
Crustacés fossiles.
Depuis que la connaissance des corps organisés fossiles a été reconnue indispensable pour l'étude de la géologie, ou s’est occupé avec soin de les recueillir et
de tes décrire. Les animaux vertébrés et les Coquilles ont principalement fixé l'attention des zoologistes et des géologues. Les uns étaient trop remarquables et les autres trop nombreux pour ne pas être d'abord observés; à cet égard il suffit de rappeler les travaux ; de Cuvier et Lamarrk ; mais il restait une lacune à remplir. Quelques animaux articulés avaient acciden- , tellement été observés ; Gesner, Aldrovande, Scheuchzer.Bajer, Séba . Sachs, Linné, Mercatus, Itumpli , Knorr, Walch, Schlolheim, Walilenberg , etc., en avaient signalé ou fait connaître un plus ou moins I grand nombre; le besoin de la science exigeait qu’on ! réunit tous ces faits et qu'on en ajoutât de nouveaux. Ce travail important a été entrepris dans un ouvrage ayant pour titre : Histoire naturelle des Crustacés fossiles sous les rapports zoologiques et géologiques , savoir : les Trilobilcs, par Alexandre Brongniarl, et les Crustacés proprement dits, par Anselme -Gaétan Désuni rcsl (un vol. in-4°avecfig. Paris, 1822. Levraull).
I Le nombre des vrais Crustacés fossiles que nous avons pu examiner, dit Desmarest, est de trente-quatre. Ils ont été trouvés dans divers terrains, et leur mode de j pétrification n’est pas toujours le même; les uns ont gardé leur propre test, et les autres n’offrent que des empreintes extérieures ou des moules intérieurs; quelques-uns sont pétrifiés en matière calcaire, et d'autres sont changés en fer sulfuré. Les plus anciennement enfouis sont ceux des bancs de la pierre calcaire argileuse, de Pappcnhcim , qu'on est fondé à considérer comme dépendante de la formation du calcaire du Jura; c'est là que l'on trouve la seule espèce assez différente de celles qui vivent maintenant, pour être considérée comme appartenant à un genre distinct ; c’est là aussi que l'on rencontre le Lunule qui constitue : un genre étranger aux rivages européens. Les Argiles bleues inférieures à la Craie, auxquelles les Anglais donnent le nom de Blue-I.ias , et qui composent une partie du pied des falaises de Normandie, entre le Hâvre et Dives; les écueils connus sous le nom de Vaches- Noires, et une partie des rochers du Calvados, renferment, avec des ossements de Crocodiles, des débris de I Crustacés, et notamment ceux d'une espèce à longues j pattes cl à grande queue, qui parait être une Langouste, j ainsi que ceux de deux autres en trop mauvais état pour être décrites, mais dont une se rapporte, à n’en pas douter, au genre Scyllare.— La formation de Saintf Pierre de .Maêslrichl contient, avec des Coquilles bien | reconnues pour appartenir au dépôt crayeux , des pinces de Crustacés isolées, qui ont été figurées par Faujas, comme étant celles d’un Pagure, et Mantell , vient de trouver, dans la Craie d'Angleterre, les débris de plusieurs Crustacés Macroures et Rrachyures. — L'Argile plastique, dont est composée l ile de Shepey à l’embouchure de la Tamise, contient assez fréquemment les carapaces d’un Crabe déterminable, et des fragments de Crustacés Macroures. La formation du calcaire de sédiment supérieur, ou terrain tertiaire (désigné, pour les environs de Paris, sous le nom de Calcaire grossier), nous a fourni quelques Crustacés, et dans ce nombre nous plaçons ceux de Dax et de Vérone, et celui que nous avons trouvé nous-mêmes dans les
3 pirr. pes sciexces rat.
bancs de Marne calcaire de Montmartre, qui forment la ligne de démarcation entre les dernières couches du calcaire marin et la formation gypseuse d’eau douce. Les terrains calcaréolrappécns du Vicenlin. que Brongniart regarde -comme de formation contemporaine à celle du calcaire de sédiment supérieur, nous ont offert des Crustacés fort voisins de deux espèces qui vivent sur nos côtes, le Crabe commun ( Cancer Mænas) et la Langouste (Palinunts quadricornis).— Enfin, si aux Crustacés proprement dits ou joint les Asellotcs et les Entomostracés, on aura retrouvé deux représentants fossiles de ces familles, dans les terrains le plus récemment déposés. Les couches marines de Marnes verdâtres. supérieures au Gypse à Montmartre, nous ont offert, dans un de leurs feuillets, au dessus d'un banc de Coquilles bivalves qu’on a rapportées au genre Cythéréc, et nu milieu de nombreux Spirorbes, un Crustacé peu déterminable, il est vrai, à cause de sa petitesse, mais qu'on ne peut cependant éloigner des Sphéroines ou des Idotécs. Enfin, le terrain d’eau douce de la vallée de l’Ailier, en Bourgogne, a présenté des bancs épais, tout pétris de petites Coquilles bivalves, que nous avons cru devoir rapporter, à cause de leurs formes générales et de leur minceur, au genre Cvpris. — I n assez grand nombre de Fossiles particulièrement rapprochés des Ocypodcs ou des Crustacés voisins de ceux-ci, nous sont rapportés des Philippines et des autres iles de l'archipel Indien. Us sont incrustés dans un calcaire grisâtre d'aspect marneux, assez dur, et qui n'est pas susceptible de se délayer ou de faire pâte avec l'eau. — .Le lest de ces Crabes est ordinairement conservé ; mais sa nature a été modifiée ; il est bien plus solide que celui des espèces qui vivent maintenant, et renferme beaucoup moins de matière animale. Quelques voyageurs assurent que ces débris se rencontrent sur les bords de la mer, et paraissent croire qu'ils appartiennent à des Crabes dont les espèces vivent actuellement, et s'empâtent ainsi dans l'Argile, comme le font quelques petits Poissons sur les côtes de l'Islande, de la Rochelle, de Scapezzano, dans la Marche d'Ancône, etc. Cette assertion parait avoir peu de probabilité, car il est très-remarquable que ces Crustacés, ainsi encroûtés, soient apportés des contrées lointaines où on les trouve eu si grand nombre, et que les espèces vivantes, qu'on dit être les leurs, soient encore tout à fait inconnues. Néanmoins si cette analogie était démontrée, on ne pourrait pas pour cela les retirer de la série des Crustacés fossiles dont il s'agit ; car elles ont acquis toutes les conditions des corps pétrifiés , c’est-à-dire qu'elles sont maintenant soustraites aux causes qui opèrent la décomposition des êtres organisés après leur mort. Ce serait un ordre de Fossiles nouveaux, celui des Fossiles contemporains de notre création, et dont quelques naturalistes nient encore l’existence. — Telle est la disposition géologique des Crustacés sur la surface du globe. Leur série commence où celle des Trilobiles finit, et elle s'étend jusqu'aux dépôts les plus récents.
CRUSTAC1TES. cbcst. Même chose que Crustacés fossiles.
CRLSTÀ-OLLÆ. bot. Nom donné à plusieurs plantes de l'Inde fort différentes, entre autres à une Gratiole
I ainsi qu'à une Oldenlamlie dont Forstcr a fait son genre I Drnlella.
CRUSTODF.RMES. pois. Blainvillc a donné ce nom, mérité par l’enveloppe dure qui les recouvre, aux Poissons qui. dans le système de Linné, composaient l'ordre des Branchiostèges.
CRUSTOLLE. bot. Des auteurs français ont donné ce nom, tiré de Cruëta-Ollœ, au genre dédié à la mémoire de Ruellius. Ce changement de nom n'est pas heureux, puisqu'aucune des plantes de Ruraph, désignées sous le nom radical, ne fait partie du genre Hueltia ; il n’est pas juste, puisqu'il relègue dans la langue latine le nom d'un botaniste qui rendit plus d'un service à la science.
CRl’ZEIRO. bot. On ne sait à quel genre rapporter la plante du Brésil, désignée sous ce nom. et dont on dit que l'écorce est encore plus amère que celle du Quina.
CRUZETA. bot. Synonyme de ftlu**œmla spinosa.
CRUZITE. Cru zita. bot- Genre fondé par Lmfling et Linné, placé dans la Tétrandrie Digynie et rapporté par Jussieu à la famille des Alriplicécs. Caractères : calice ou périanlhe persistant, divisé profondément en quatre parties, et muni à sa base de trois bractées particulières; quatre étamines dont les filets sont trèscourts et portent de petites anthères ; ovaire supérieur, ovale, obtus, comprimé et surmonté d'un style trèscourt, divisé en deux branches portant chacune un stigmate. Le fruit est une caryopse recouverte par le périanlhe. caduque ainsi que celui-ci. — Une seule plante constitue ce genre : elle a une lige droite, ferme et haute d'un mètre et demi; ses feuilles sont, de même que ses rameaux, opposées, lancéolées et très entières. Les fleurs, extrêmement petites comme celles des autres genres de la famille, sont portées sur des épispaniculés. Elle a pour patrie la Colombie, et particulièrement les environs de Cumana,. C’est donc par erreur d’origine que Linné, en décrivant celte plante, lui donna le nom de Cruzita hispanica. Rœmer et Schultes n’ont pas détruit l'idée fausse qu'entraîne un nom spécifique contradictoire avec les faits, en lui substituant celui d' hispano- A me ricana, voulant sans doute concilier ainsi la dénomination liunéenne avec celle de Cruzita A me ricana , proposée par Lamarck, et la seule que l'on doive admettre.
CRYBK. Crybe. bot. Genre de la famille des Orchidées, récemment institué parle professeur Lindlcy qui lui a reconnu pour caractères : périanlhe composé de cinq segments égaux : trois externes et deux internes, lancéolés, connivents, avec la baselatéralemenl oblique; Libelle plus grand que le périanlhe membraneux, en forme de capuchon, en partie adhérent avec le gynostème qui se termine en massue. On ne connaît encore de ce genre qu'une seule espèce, Crybe ta ica , qui a pour patrie le Mexique. Son pseudobulbe est arrondi, irrégulièrement anguleux, surmonté d'un prolongement grêle, cylindrique, servant de support à trois feuilles engainantes, lancéolées, plissées et acumiiiécs. La hampe est grêle, cylindrique, latérale au pseudohullic, terminée par quatre ou cinq fleurs disposées en épis lâches. Ces fleurs, qui ne paraissent point susceptibles d’un épanouissement complet, ont près de deux pouces
CR Y
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de long et la forme d’une massue; les sépales sont égaux, obovales-laocéolés, adhérents à leur base, verdâtres, tachetés de pourpre au sommet; les pétales n'en différent que parce que leur nuance, blanchâtre à la base, prend vers l'extrémité une teinte pourprée vive et profonde. Le labelle est plus long, presque ovale, aigu, d'un pourpre intense, avec les bords crispés, plissés et infléchis; sa hase n’adhère qu'en partie ail gynostème. Celui-ci est en massue, cylindrique inférieurement, rebordé au delà du point d’insertion du labelle, dans le voisinage duquel se trouvent aussi deux dentelures; le sommet présente une sorte de capuchon que termine l’anthère; son opercule recouvre les masses polliniqucs.
CRYEKOZKS. zoot. Nom qu'Ilcrmann a proposé de ** substituer au mot Reptile.