‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 61 sur 116 · V. A ILEROXS · texte numérisé non relu

V. A ILEROXS

CUIR. max. V. Derme.

CUIR DES ARBRES, bot. Nom vulgaire du Itacodium Xylostroma de Persoon, Champignon filamenteux formant une sorte de feutre blanchâtre ou de pellicule analogue à une peau mince ou à du cuir. Il porte encore les noms de Peau de gant et d’Amadoti blanc. y. Racodie.

CUIR DE MONTAGNE et CUIR FOSSILE, am. Syn. vulgaire d'Asheste.

CUIRASSIER, rois. y. Loricaire.

CUIRIRl oc SLIR1RI. ois. Syn. vulgaire de Gobe- Mouche Bentavéo.

CUISSE, zool. On a désigné sous ce nom, la partie du corps d'un grand nombre d'animaux, ordinairement Irès-développée, qui s'articule d'une pari avec la hanche et de l'autre avec la jambe. Le nom de Cuisse n'a pas toujours une acception aussi précise chez les Insectes, et les auteurs varient beaucoup sur l'application qu'ils en font dans la classe des Crustacés et dans celle des Arachnides.

CUISSE-MADAME, bot. Variété de Poire.

CUISSE DE NYMPHE, bot. Variété de Rose.

CUIT. ois. Espèce du genre Rollier.

CU1TLAUZ1NIE. Cuitlauzinia. bot. Llave etLexarz ont établi ce genre nouveau dans la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, L., pour une plante récemment apportée du Mexique. Caractères : sépales et pétales presque semblables, étalés, irréguliers, arrondis et épais ; lahelle formant à sa hase un ongle cnnalictilé : son limbe est hilobé, ondulé, rugueux; gvnoslème court, enflé, terminé par trois appendices pétnlonhs; anthère uniloculaire, pélalofdc, bombée en forme de capuchon; deux masses poil iniques, pyriformes. creuses, posées sur une caudicule commune. La Cuitlauzinie est une plante épiphyle, à pseiidobuihes déprimés, rugueux, portant chacun deux feuilles coriaces;

la hampe est nue, garnie d’un assez grand nombre de fleurs brillantes, exhalant un parfum suave.

CUIVRE. Cuprum. mim. Kupfert Wern. Genre composé de quatorze espèces minérales, dans lesquelles le métal existe ou libre ou combiné avec UOxigcne, le Soufre, le Sélénium et les Acides. Ces espèces ont un caractère commun , qui consiste en ce que les corps qui leur appartiennent, étant amenés par le grillage ou par l’action des Acides à un certain état d’Oxidation, communiquent tous à l’Ammoniaque une teinte d’azur très-sensible.

Cuivre x atif. Gediegen Kupfcr, Werner. Très-ductile, d'une couleur rouge-jaunâtre, pesant spécifiquement 8.584; d'une dureté inférieure â celle de l'Acier, mais plus grande que celle de l’Or et dë l’Argent ; ayant un éclat supérieur à celui de l'Étain et du Plomb. C'est le plus sonore de tous les Métaux. Il développe par le frottement une odeur stiplique et nauséabonde; tous les Acides le dissolvent : il est attaqué par l'humidité de l’air, qui le couvre d’une rouille verte, appelée communément yert-de-Gris. Ses formes cristallines appartiennent au système régulier : ce sont le cube, l’octaèdre, le cuho-octaèdre. le cuho-dodécaèdre, etc. Les variétés de formes indéterminables le présentent à l’état de ramifications qui s'entendent dans différents sens, ou qui forment des sortes de réseaux engagés entre les feuillets des pierres. On le rencontre aussi en lames, en filaments ou en grains, et en concrétions mamelonnées ou hotryoïdes. — Le Cuivre natif accompagne ordinairement les autres mines du même Métal, dans les terrains d'ancienne formation. Il fait partie des filons, ou se répand sous forme de veines, dans la roche environnante; sa gangue immédiate est souvent un calcaire lamellaire. Les substances minérales qui lui sont ordinairement associées sont le Fer oxidé, le Quartz, la Chaux carhonatée, la Chaux flualée et la Baryte sulfatée. On le trouve, avec la Prehnite, dans la roche amygdalaire d’Oberstein, et avec la Mésotype dans les Wackes de Féroé. Il est enveloppé de matières argileuses ù Dognatzka, à Saint-Bel et à Chcssy, aux environs de Lyon. On a cité des masses de Cuivre natif, remarquables par leur volume : telle est celle qui a été trouvée à peu de distance de Bahia, au Brésil; elle pesait, dit-on, 2010 livres.

Le Cuivre est un Métal qui, par ses propriétés, est d'une grande utilité dans les arts. Il fournil la matière d’un grand nombre d’ustensiles de cuisine , que l'on élame intérieurement pour prévenir les funestes effets de l’oxidation. On l’emploie â la confection des pièces d'artillerie et au doublage des vaisseaux ; au moyen de la gravure, il sert à multiplier les copies des chefsd'œuvre de la peinture; par son alliage avec l'Étain, il donne le Bronze ou l'Airain, dont on fait des mortiers, des statues et autres monuments destinés à passer â la postérité. Les surfaces de ces ouvrages se couvrent, à la longue, d'un enduit verdâtre qu’on nomme Patine , et qui protège le Métal intérieur contre les injures du temps. On allie le Cuivre à l’Or et à l'Argent dans les monnaies et les pièces d’orfèvrerie. L'union du Zinc avec le Cuivre diminue beaucoup la tendance de ce dernier Métal à se convertir en vert-de-gris. Cet alliage

porte le nom de Cuivre-Jaune ou de Laiton, lorsqu’on l’obtient par la cémentation du Cuivre avec la Calamine; mais si l’on unit directement les deux Métaux par la fusion, l'alliage est appelé Simf/or, Tombac, ou Or de Manheim. Dans les arts, on donne le nom de Cuivre de rosette au Cuivre rouge fondu. Le Laiton a moins de ductilité que le Cuivre de rosette; maison le fond plus aisément dans des moules, et il se prête mieux à l’action de la lime et du poli. Tout le monde sait que le Laiton fournit la matière des pièces d’horlogerie, des machines de physique, des instruments destinés aux opérations astronomiques et géodésiques.

CCIVRE SC LFI RÉ OU CUIVRE VITREtX. KupfCrglùt ,

W. Combinaison d’un atome de Cuivre avec un atome de Soufre. F.n poids il est formé, sur 100 parties, de 70.73 de Cuivre, et 20,27 de Soufre. Sa texture est ordinairement compacte; et lorsqu’il est cristallisé, ses joints naturels ne se reconnaissent que par un chatoyément à une vive lumière. Sa forme primitive est un prisme hexaèdre régulier, dans lequel le rapport entre la perpendiculaire menée du centre de la base sur un des côtés, et la hauteur, est à peu près celui de 1 à 2. Sa pesanteur spécifique est de 5.3 ; il est tendre et cassant ; il s’égrène sous le marteau, et ne se prêle point à la division mécanique. La couleur de la masse est un gris sombre ou bleuâtre, tirant sur l’éclat métallique du Fer. Celle de la poussière est noirâtre; au chalumeau, il sc fond en bouillonnant et donne un bouton métallique. Traité avec le Borax, il le colore en vert bleuâtre ; il est souvent mélangé d’une certaine quantité de Fer qui rend le boulon atlirahle à l’Aimant. — Toutes ses variétés de formes présentent le prisme hexaèdre plus ou moins modifié sur les arêtes de la base; un décroissement par une rangée sur ces mêmes bonis, donne la variété dodécaèdre, lorsqu'il atteint sa limite. Les faces tic cette variété, combinées avec les bases de la forme primitive, constituent la i tapé sienne . Si l’on ajoute les pans du prisme hexaèdre, on obtient Vuni-annutaire; en remplaçant les facettes obliques de cette dernière, par d'autres faces plus inclinées, résultant d’un décroissement par trois rangées, on aura la variété dite tertio annulaire. Ces deux ordres de faces, pris ensemble, produiront l’uniternaire. Enfin, ll*s bords longitudinaux peuvent être remplacés, et les arêtes horizontales modifiées par trois décroissements successifs d’une, deux et trois rangées; on a dans ce cas la variété doublante y ta plus composée de celles qui ont été décrites par llatly. — Les variétés indéterminables sont : le Cuivre sulfuré laminiforme, le compacte et le pscudomorphiqiie spiciforiue, qui porte le nom vulgaire A' Argent en épis, et que l’on trouve en petites masses ovales et aplaties, dont la surface présente pour ainsi dire des écailles imbriquées comme celles des cônes de Fin. Aussi quelques naturalistes ont-ils attribué l’origine de cette variété â ces productions végétales; d’autres. au contraire, ont pensé qu'elle pouvait provenir des épis d’une espèce de Graminée. Le Cuivre sulfuré ordinaire est quelquefois accompagné de masses pyriteuses. â texture compacte, présentant, dans leur cassure, des teintes assez vives de violet, de bleu cl de verdâtre, llatly donne â cette variété, qui parait flre le

résultat d’une décomposition, le nom de Cuivre sulfuré hépatique. — Le Cuivre sulfuré est un des Minerais les plus riches en Métal : il en contient quatre-vingts parties sur cent. Il forme en divers pays, des filons trèspuissants. qui traversent les terrains primitifs, tels que ceux de Gneiss et de Micaschiste. Dans le comté de Cornouailles, il est associé au Cuivre oxidulé et au Cuivre pyriteux; cl ses filons accompagnent ceux d'Elain. En Sibérie, où il abonde le plus, on ne le rencontre qu'avec la Malachite soyeuse, au milieu de matières argileuses pénétrées d’Oxide rouge de Cuivre. La variété spiciforme a été trouvée dans un filon à Frankenherg, en Hesse, où elle a aussi pour gangue une Argile. — Le Sulfure de Cuivre se présente fréquemment dans la nature à l'état de mélange ou de combinaison chimique avec d’autres Sulfures, et quelquefois avec un Arséniure ou un Antiinoniure.

Ci IVRE sulfuré ARGENTIFÈRE. Silber- Kupfcrglan s , Hausntann et Stromeyer, Annales de Phys, de Gilbert, Leipsick. 1816; Argent et Cuivre sulfurés, de Bournon, Catalogue min., p. 212, Paris, 1817. Des mines de Culivan eu Sibérie.

Cuivre sulfuré flumbo-bismutrifére. Nadelerz , W.; Bismuth sulfuré plomho-cuprifère, llatly. T. Bismuth.

Cuivre sulfuré mêlé de Sulfures D'AirrisotnB et de Plomb. V. Bournuxite et Antimoine sulfure.

Cuivre pyriteux. Kupferkien , W. Sulfure de Cuivre et de Fer au minimum, Berzélius; Pyrite cuivreuse, double Sulfure jaune de Cuivre et de Fer, Bournon. Minéral d’un jaune de laiton foncé, tirant quelquefois sur la couleur de l’Or allié au Cuivre; non malléable, cédant aisément à l’action de la lime. Pesanteur spécifique, 4,313. Fusible au chalumeau en un globule noir qui par un feu prolongé finit par offrir le brillant métallique du Cuivre. Les minéralogistes ne sont point d'accord sur la distinction à établir entre cette espèce et la suivante qui est le Cuivre gris. Berzélius et llatly regardent comme probable, d'après le rapport des analyses et des formes des deux substances, que le Cuivre gris n’est autre chose qu’un Cuivre pyriteux, mélangé d'un Arsénitire ou d’un Anlimnniurc. Si cette opinion est fondée, ces substances doivent avoir le même système de cristallisation, savoir celui du tétraèdre régulier, qui appartient sans aucun doute au Cuivre gris, llatly a effectivement admis eetle forme comme primitive, â l’égard des cristaux de Cuivre pyriteux, soit parce que leur forme dominante est en général un octaèdre qui parait se rapprocher beaucoup du régulier, soit parce que de^’érilables cristaux de Cuivre gris se présentent fréquemment sous le masque de la Pyrite cuivreuse, à cause de la tendance qu’a celte Pyrite à s’incorporer avec eux, et à se mouler sur leur surface. Mais Molli, ayant mesuré les angles des cristaux octaèdres de Cuivre pyriteux, a trouvé qu'ils différaient sensiblement de ceux de l’octaèdre régulier, et ne pouvaient appartenir qu’â un octaèdre â base carrée, qu'il adopte pour forme fondamentale, et dont il fait le caractère distinctif de l'espèce. L’incidence d'une face de l’une des pyramides sur la face adjacente de la seconde est, selon lui, de 108° 40'. Cet octaèdre répond à la variété décrite par Hatly, sous le nom d’Épointé symé-

trique. Souvent il est transposé, c'est-à-dire qu’une de ses moitiés est censée avoir tourné sur l'autre d’un sixième de circonférence. Les formes du Cuivre pyrileux paraissent souvent n’avoir été qu'ébauchées. et les sommets pyramidaux qu’elles présentent, tendent encore à favoriser l’illusion d’après laquelle on rapporte ces formes au système du tétraèdre. Le Minéral se rencontre plus ordinairement à l'étal de concrétions mamelonnées, ou en masses assez considérables dont la cassure est terne. Il est susceptible d'une altération à la faveur de laquelle sa surface prend un aspect irisé; et comme scs couleurs ont de l'analogie avec celles qui ornent la queue du Paon ou la gorge des Pigeons, on a donné à cette modification le nom vulgaire de Pyrite à gorge de Pigeon ou à queue de Paon. Lorsque celle altération a eu lieu à un degré plus marqué, et qu’elle a pénétré à l’intérieur de la masse, elle produit alors la variété nommée Cuivre hépatique ou panaché, dont la cassure présente différentes teintes de jaune rougeâtre, «te bleu et de violet. Elle est souvent fragile et quelquefois se détache par feuillets; c'est le Bunt-Kupferers des minéralogistes allemands. Elle offre des différences dans sa composition, lorsqu’on la compare à celle des variétés d’un Jauuc pur. Au reste, lorsque l'on parcourt les analyses qui ont élé faites de ces dernières, on trouve des variations qui semblent indiquer que les deux Sulfures simples peuvent se combiner en différentes proportions, ce qui donnera probablement lieu à la distinction de plusieurs espèces dans le Cuivre pyrileux. Bournon en a déjà séparé les variétés d’un jaune pâle et d’un grain fin et compacte (f1*. Calai., p. 252). — Le Cuivre pyrileux n'est pas le plus riche des Minerais de Cuivre, mais il est le plus commun et l'un de ceux qu'on exploite le plus ordinairement. Il forme des amas considérables ou des filons très-mullipliésdans les terrains primitifs ou intermédiaires, et principalement dans le Gneiss, le Micaschiste, le Schiste lalqueux , etc. C’est dans le Micaschiste que se rencontre la variété hépatique prés de Témeswar, dans le llannat, et à lloraas en Korwège. Les Minéraux auxquels le Cuivre pyrileux adhère le plus fréquemment sont le Ouartz, la Chaux carhonaléc, la baryte sulfatée, le Fer spalhique, etc.

Ccivbe cris. t'ahlerz, \V. Ainsi nommé à cause de sa couleur la plus ordinaire, qui est le gris métallique. Substance qui parait formée des principes de l'espèce précédente, mélangés de quelque autre principe variable auquel on attribue sa couleur. Ses cristaux ont pour forme primitive le tétraèdre régulier. Sa cassure est raboteuse et peu éclatante. Elle est facile à briser; sa pesanteur spécifique est de 4,8G. La couleur de la poussière est noirâtre, avec une légère teinte de rouge; lacouleur de la surface ressemble à celle de l'Acier poli ; mais elle se ternit à l'air. Le Cuivre gris se réduit au feu du chalumeau eu un bouton métallique qui contient du Cuivre, belativcmcnt aux différences de composition chimique, on distingue deux variétés principales : 1“ le Cuivre gris arséuifère { Kupferfahfers, \V.), couleur d'un gris d'Acier clair. Des mines de Jouas et de Jungen-Iiohen Birke, près de Freylierg. V . les analyses «le Klnprolh, Beyl. T. il, p. 257. On peut le considérer comme un Cuivre pyrileux mêlé d’Arséniure de Cuivre

à différcnls degrés de saluralion, Bcrzélius, Syst. Min , p. 244. Un fragment, exposé à la simple flamme d'une bougie, répand des vapeurs sans le fondre. 2° Le Cuivre gris antimonifère ( Dleyfahlcrs , AV.), couleur tirant sur le noir de Fer; Cuivre pyrileux mêlé d'Anlimoniiire de Plomb, Rerz., ibid. Un fragment, exposé à la flaimne d'une bougie, répand des vapeurs et sc fond en un globule métallique.

Parmi les variétés dans lesquelles le Cuivre pvriteux : se mêle, en proportions variables, à d'autres Sulfures, on distingue la mine de couleur grise (Graugülligers,

[ AV.), «pii résulte du mélange avec le Sulfure d'Anti- ; moine, et la mine de couleur noirâtre ( SchwarzgüUi - | gers et Schwarsers , AV.), qui contient en outre du I Sulfure d'Argenl. Ou a trouvé, à Guadalcanal en Es- | pagne, le Cuivre gris mélangé de Platine et accoraj pagne d'Argenl rouge arséuifère. — Parmi les diverses formes de Cuivre gris qui ont été décrites par Ilatly, on distingue la primitive , la dodécaèdre ou celle mémo forme primitive dont chaque face porte une pyramide triangulaire très obtuse, l'époinlée passant à l'octaèdre | régulier, la ciibo-télraèdre, P encadrée dans laquelle les j faces primitives se combinent avec celles de la variété dodécaèdre, et enfin la trifonne qui est composée de l’oclaèdrc régulier, du dodécaèdre rhoniboïdal et du trapézoèdre. — Le Cuivre gris ne s’est encore offert que sous des formes cristallines ou à l’état massif et compacte. C’est de tous les Minerais de Cuivre le plus communément exploité, et celui dont l'exploitation 1 présente le plus d'avantages, à raison de l’Argent qu’il peut contenir. 11 forme des filons très-puissants dans le sol primitif, et principalement dans les terrains de Gneiss, dans les Schistes micacés et talqueux.il en existe en France, à Sainte-Marie-aux-Mines, dans l'Alsace et à Baygorry dans les Pyrénées occidentales; dans cette dernière localité, il a pour gangue une Chaux carbonalée ferrifère. Le Cuivre pyril«*ux accompagne très-souvent le Cuivre gris, dont les cristaux en sont quelque- ! fois entièrement recouverts.

Ciivrk oxidilê, Cuivre vitreux et Cuivre rouge. Hothkupfercrsy AV. Oxide de Cuivre au minimum, renfermant sur cent parties 11,22 d’Oxigène, d’après l'analyse de Cbenevix. Formes originaires de l’octaèdre régulier. Les joints parallèles aux faces de l'octaèdre sont assez sensibles. La couleur de la poussière cl celle de la masse vue par transparence est rouge ; queli ques cristaux présentent à la surface le gris métallique. Pesanteur spécifique, 5,4. Ce Minerai est facile à pulvériser; il est soluble avec effervescence dans l’Acide j nitrique. Scs formes les plus ordinaires sont l’octaèdre, le c u bo- octaèdre, le dodécaèdre, le cubo-dodècaèdrc , l’oclaèdre émarginé et le cube. Ses cristaux sont sujets , à se décomposer à la surface, qui souvent est recou- I verte de Malachite. — Les variétés de formes indéter-

minables sont : 1» le Cuivre oxidulé capillaire , llaai ■ foruiige» JHolhkiipfererz, AA'., couleur d’un rouge vif jointe à un éclat soyeux; 2° le Lamellaire; 3° le Drusillaire; 4" le Massif, trouvé en Pensylvanie; 5° le Terreux, Zieglers, AV., appelé communément Cuivre tuilé ; il est toujours pénétré de Fer, et scs fragments, chauffes à la flamme d’uuc bougie, agissent surfai-

guille aimantée. — Le Cuivre oxiduté n'existe point en ; masses considérables dans la nature, et n'est l'objet ! d'aucune exploitation, il accompagne souvent le Cui- ! vre natif et le Cuivre carbonalé; les Minéraux qui lui sont ordinairement associés sont l'Oxide de Fer et le Quartz. La variété en filaments soyeux, que l'on trouve à Hbeinbreilbach , pays de Nassau, a pour gangue un Quartz hyalin. Les cristaux isolés, recouverts de Mala- ; ebite, viennent de Nicolewski, en Sibérie, et de la mine de Cbessy, près de Lyon.

Coivre sélénié, Séléniure de cuivre, Berzélius. Composé d'un atoincde Sélénium cl d'un atome de Cuivre; ou en poids de 0 1,47 de Cuivre et de 58,53 de Sélénium; couleur analogue à celle de l'Argent natif ; tendre et susceptible de poli; traité au chalumeau, il répand une forte odeur de Raves; il est disséminé daus les fissures d'une Cbaux carbonatée laminaire de Skrickerum, en Smolande, sous la forme de taches noires qui prennent un poli métallique lorsqu'on les frolle avec la lime, et qui paraissent être de la Serpentine pénétrée de séléniure de Cuivre.

Cuivrk séi.énié argentai., Hally ; Eukalrite, Berzélius. Séléniure de Cuivre et d'Argeut, formé d’un atome de biséléniure d'Argenl et de deux atomes de séléniure de Cuivre; couleur d'un gris de Plomb ; mou et se laissant entamer par le couteau; cassure grenue; soluble dans l’acide nitrique chauffé et mélé d’eau froide, en donnant un précipité blanc; odeur de Raves par l'action du chalumeau, et réduction eu grain métallique gris, non malléable; se trouve à Skrickerum, en Smolande, dans le calcaire lamellaire, avec l'espèce décrite précédemment.

Cü IVRE HYDRATÉ. F. Cl’IVRE UYDR0-S1L1CEI X.

Cuivre hydro siliceux, Hally, Kieael-Kupfer, Leonhard ; et Kicscl Malachil lUacnschüssûjes Kupft'rrjrün , AV. j Cuivre scoriacé. Minéral d’un vert bleuâtre, qui se présente en globules composés de petites lames satinées ou en masses compactes, plus ou moins fragiles, à cassure imparfaitement conchoïde et résineuse. Ce serait un hydro-silicate de Cuivre, d'après l’analyse de John, qui l'a trouvé formé sur 100 parties de 49,03 d'Oxide de Cuivre, 28.57 de Silice et 17,5 d'Eau. Sa pesanteur spécifique est de 2,7. Mis dans l'Acide nitrique, il perd sa couleur et devient blanc et translucide. Ually a rapporté à celte espèce des Cristaux d'un vert obscur, qu'on a trouvés eu Sibérie, près d'Ekaterinbourg, dans un Oxide de Fer, et auxquels il assigne pour forme primitive un prisme droit rhoinboïdal de 103° 20'. Mais Beudant pense que ces Cristaux • appartiennent à une autre espèce dont il sera bientôt question. Il ne reste plus alors de caractère bien tranché entre le Cuivre hydro-siliceux et l’espèce qui va suivre. Les variétés amorphes de Cuivre hydro siliceux viennent les unes des monts Ourals en Sibérie, et les autres du Chili. Il en existe aussi en Espagne, au cap de Gale, dans le Feldspath porpbyriquc altéré, qui renferme des Cristaux d'Ampbibole.

Cuivre dioptase, vulgairement Diopla se, Achirite ;

K upfe rama ragd, AV. Cette substance ue se rencontre dans les collections que sous la forme d'un dodécaèdre analogue à celui de la Chaux carbonatée prismée, ayant

pour forme primitive un rhomboïde obtus de 123» 58'. Les joints naturels parallèles aux faces de ce rhomboïde sont très-sensibles. La couleur des Cristaux est le vert pur; ils rayent difficilement le verre; ils sont insolubles et conservent leur couleur dans l'Acide nitrique chauffé. D'après l'analyse de Lowitz. ils sont formés de 55 d'Oxide de Cuivre, 33 de Silice et 12 d'Eau. Cette analyse se rapproche de celle donnée plus haut pour le Cuivre hydro-siliceux, qui, peut-être, appartient à l'espèce de In Dioptase, ainsi que Font pensé plusieurs minéralogistes. l.es Cristaux de cette dernière substance sont extrêmement rares; ils ont été rapportés de la Bucharie par un négociant nommé Achir Maluned , ce qui lui a fait donner le nom d’Achirife.

Ci ivre xiRiATÉ, Hally, Atacamite ; Salskupfcr. AV. Combinaison d'un atome de sous-murialc de Cuivre et de quatre atomes d'Eau ; ou en poids, de 71.45 d'Oxide de Cuivre, 12.55 d’Acide muriatique et 10.20 d'Eau. Ces proportions calculées s'accordent très -sensiblement avec les analyses que Proust et Klaiirolh ont faites de la variété du Chili. Ce Minéral, que l'on trouve en masses compactes ou aciculaires, d'un vert d'émeraude, et sous forme arénacée {Sable vert du Pérou), a pour caractères distinctifs les propriétés suivantes : il colore en vert cl en bleu la flamme sur laquelle on projette sa poussière ; il est soluble sans effervescence dans l'Acide nitrique. H ne donne point d'odeur arsénicale par l'action du feu. On observe dans le Sable cuivreux du Pérou des octaèdres cunéiformes; mais leur petitesse ne permet pas d’en mesurer lés angles. Le Cuivre murialé existe à l’état compacte au Pérou ; il y est associé à l'Argent sulfuré et au Cuivre murialé. Les masses aciculaircs viennent de Rimolinos dans le Chili, où elles ont pour gangue une Argile ferrugineuse. On trouve, au Vésuve, des concrétions formées de Cuivre murialé, qui s’est sublimé dans les fissures des laves.

Cuivre carbonate. Hauy réunit sous ce nom les deux substances, l’une de couleur bleue, et l'autre de couleur verte, auxquelles AVerner a appliqué les dénominations de Kupferlasur et de Matachit. Dans son Tableau comparatif il les avait séparées en deux espèces, caractérisées chacune par sa couleur, jointe à ta propriété de se dissoudre avec effervescence dans l'Acide nitrique. Il a cru pouvoir les rapprocher, dans la seconde édition de son Traité, d'après des raisons qu’il ne regardait pas lui même comme entièrement décisives, et que l'état actuel de nos connaissances est loin de confirmer, comme on le verra par la description suivante :

1. Cuivre carbonalé vert. Hydro-carbonate de Cuivre, Berzélius. Combinaison d'un atome de Carbonate simple et d’un atome d’Eau; contenant en poids 71.8 d'Oxide de Cuivre, 20 d’Acide carbonique cl 8,2 d'Eau, conformément à l'analyse de Klaproth. Il est susceptible d'une altération qui le fait passer à l'état de Carbonate simple sans Eau. La forme primitive de ses Cristaux est, suivant doBournnn, un prisme rhomboldai droit, d'environ 103°, le même que celui qui a été considéré par Ilauy comme appartenant au Cuivre hydro siliceux. Sa pesanteur spécifique est de 3,5; il est fusible au feu du chalumeau. Scs principales variétés sont le Cuivre carbonalé vert aciculairc- radié, en aiguilles terminées par

c ir i

des sommets à plusieurs faces; le fibreux radié (/Viterïger Malachit), eu aiguilles soyeuses, disposées ordinairement sous la forme d’étoiles; le concrétionné-mainelonné [Die hier MaUuhit), en mamelons composés de couches concentriques des différentes nuances de vert : c'est la variété connue plus particuliérement sous le nom de Malachite; enfin le terreux ( Kupfergrün)y vulgairement appelé Vert de montagne. Le Cuivre car* bonalé vert est fréquemment associé au Cuivre carbonate bleu dans les mines de Chessy, du bannat, de Sibérie, etc. La mine de Gouinechcfsky, en Sibérie, est célèbre par scs Malachites. On les trouve en niasses assez considérables qui présentent ordinairement des cavités comme toutes les concrétions en stalactites : on choisit celles qui n’ont pas ce défaut, et on en fait des tables, des revêtements de cheminée, des tabatières et autres meubles d’un grand prix.

3. Cuivre carhonaté bleu, Cuivre azuré et Azurite, Knpferlasur , W. Combinaison d’un atome d’hydrate de Cuivre et de deux atomes de bi-carbonalc de Cuivre (Lcrzélius); en poids il est formé de 09,15 d'Oxide de Cuivre, de 25,00 d’Acide carbonique et de 5,27 d'Eau. Klaprotli a trouvé directement par l’analyse de celui de Sibérie : 70 d'Oxide de Cuivre, 24 d’Acide carbonique et 0 d'Eau. Cette substance est d'un bleu d'azur passant au bleu indigo. Sa pesanteur spécifique varie de 3,5 à 3.7. La forme primitive de ses Cristaux est un prisme rhomboïdal oblique, dans lequel deux pans font entre eux un angle de 07° 40', et la base s’incline sur leur arête commune de 97° 7'. llally a décrit sept variétés de formes secondaires qui présentent toutes ce prisme légèrement modifié, soit sur les angles, soit sur les arêtes, et principalement sur celles des bases. — Scs variétés de formes indéterminables sont le Cuivre carbonate bleu lamelliforme; l’aciculaire- radié, composé de Cristaux réunis en masse arrondie et qui se terminent à l’intérieur en aiguilles convergentes; teconcrélionnéen mamelons striés du centre 5 la circonférence; le compacte globuliforme et le terreux, vulgairement Azur ou bleu de montagne { Erdige Kupferlasur ,\V .). Quelquefois le Cuivre carbonate bleu s’altère à la surface, etpasse à la couleur verte en devenant terreux et friable. — Le Cuivre carbonate tapisse de ses Cristaux les parois des filous qui renferment d’autres Minerais de Cuivre, et il a souvent pour gangue un Fer oxidé brun. On le rencontre aussi en masses sphéroidales disséminées dans un Psammile quarlzeux, analogue à celui des houillères. C’est ainsi qu’il se présente à Chessy, près de Lyon . au milieu d’un Grès ancien, reposant sur le sol primitif, et renfermant en quelques endroits une terre argileuse, rougpâtre ou blanchâtre, dans laquelle se trouvent les plus beaux groupes de Cristaux, avec le Cuivre oxidulé cristallisé et le Cuivre carhonaté vert fibreux.

Cuivre rnosrmTE. Phosphor-Kupfer , W., Minéral d’une couleur verte à l’intérieur, et souvent noirâtre à la surface; il résulte de la combinaison d’un atome de sous-phosphate d’Alumine avec un certain nombre d'atomes d’Eau. Quelquefois il perd celle eau, et alors sa couleur passe au noir; sa forme primitive est un octaèdre rectangulaire dont les angles sont, d'après

nafly, de 109° 28', 1 12° 12' et 98® 12*. Sa pesanteur spécifique est de 4,07, suivant Hersart; il raye la Chaux carbonatée; il est soluble sans effervescence dans l’Acide nitrique, et fusible â la flamme d’une bougie, en donnant un globule#d’un gris métallique. On le rencontre sous la forme de l’octaèdre primitif cl sous celle de prismes rbomboidaux, dont les pans forment une courbure dans le sens latéral. On connaît aussi du Cuivre phosphaté â l’étal mamelonné- fibreux et compacte. Ce Minéral a été trouvé aux environs de Rheinbreitbach dans le duché de berg. U a pour gangue un Quartz hyalin blanc ou grisâtre, souvent coloré en jaune brunâtre par l’Oxide de Fer. Les Cristaux de la variété primitive ont élé découverts â Schernnilz en Hongrie où ils ont aussi un Quartz pour gangue immédiate.

Cuivre arsêxiatê, llally. Il est impossible, dans l’étal actuel de la science, de prononcer d’une manière définitive sur la nature des substances qui ont été provisoirement réunies et décrites sous ce nom ; mais la variation qui parait se manifester soit dans leur composition chimique, soit dans les caractères tirés de la pesanteur spécifique et de la forme, rend très- probable l’opinion émise par quelques savants, que ces substances doivent être séparées en plusieurs espèces, dont le nombre est au moins de trois, et peut même aller jusqu'à cinq, suivant bournon qui, le premier, a publié un travail intéressant sur celte matière.

1. Cuivre arséuiaté octaèdre obtus (llally ), Linsctierz, W. et Leonh. Cristaux octaèdres rectangulaires, dans lesquels les faces des deux pyramides sont respectivement inclinées sous des angles de 05 et de 50 degrés environ. HaUy a présumé que cet octaèdre pouvait être la forme primitive, non-seulement de ces Cristaux, mais encore de toutes les espèces qu'on a distinguées dans le Cuivre arséniaté. Ou observe des joints naturels, parallèlement à ses faces. Pesanteur spécifique des Cristaux. 2,8. Ceux-ci rayent le Carbonate de Chaux et non le Spath fluor. Leur couleur varie entre le bleu céleste et le vert d'herbe. Ils donnent au feu du chalumeau des vapeurs arsénicales, ainsi que les espèces suivantes, et se réduisent en un grain métallique blanc et cassant . lorsqu'on les traite avec le Carbonate de soude. Ils sont composés, d'après l'analyse de Chenevix, dp 50 parties d’Oxide de cuivre, 14 d’Acide arsénique, et 30 d’Eau.

2. Cuivre arséuiaté octaèdre aigu (HaUy). Oliecnerz , W. Forme dérivée, suivant bournon, d’un prisme droit rhomboïdal de 90 degrés, modifié sur les angles aigus de ses bases, par des faces qui se rencontrent sous l’angle de 112 degrés. La couleur est le vert brunâtre plus ou moins foncé. Pesanteur spécifique. 4.2. Ce Minéral raye la Chaux Huatée. et non le verre. Oïl le trouve aussi en Cristaux aciculaires ou capillaires, d'un jaune métallique. Il est composé, d'après Chenevix. de 00 d'Oxide de Cuivre, et 39.7 d’Acide arsénique. Perte, 0,3.

3. Cuivre arséniaté mamelonné fibreux ou aciculaire, fl'ootl Copper, W. ; Cuivre arséniaté iiémaliliformc , bournon. Pesanteur spécifique, 4,2. Analyse par Chenevix Oxide de Cuivre, 50; Acide arsénique. 29; Eau, 21. Dureté à peine suffisante pour rayer la Chaux carhonalée.

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