‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 67 sur 116 · C.YMBURCS. bot. V. Stacbytarpheta · texte numérisé non relu

C.YMBURCS. bot. V. Stacbytarpheta

CYME. bot. V. Cime.

CYME. Cymus. iss. Hémiptères. Genre de la famille des Lycéens , qui renferme plusieurs petites espèces analogues aux Lygées ; par la consistance des élytres, mais dont le dernier article des antennes est renflé, formant un bouton ovalaire. Le Cyme fauve, Cymus glandicolor, Malin, est le type du genre; il est d’uu jaune pâle, avec le dernier article des antennes obscur; la membrane de ses élytres est parfaitement transparente. On le trouve en Europe; il n'a guère plus de deux lignes de longueur.

CYM1NDE. Cymindis. ixs. Genre de Coléoptères pentamères, fondé par Latreille aux dépens des Carabes de Fabricius, dans la famille des Carnassiers , tribu des Carabiques. Ses caractères sont : palpes maxillaires extérieures filiformes : les labiales terminées par un article en forme de hache ; corps très-aplati; corselet presqu'aussi long ou plus long que large; élytres tronquées â leur extrémité; jambes antérieures médiocrement échancrées au côté interne; pénultième article des tarses entier; les crochets dentelés en dessous. Latreille considère comme desCymindes les Carabus hume relis, crassicollis, axillaris et tniliaris de Fab., ainsi que le Carabus lincalus de Schoonherr.

CYMINDIS. ois. L'une des divisions de notre genre Faucon, que différents ornithologistes ont érigée en genre ou sous-genre, y. Faccon.

CYM1NUOIDE. Cymindoidca. iîis. Coléoptères pentamère*. Genre de la famille des Carnassiers, proposé par Delaporte, pour être placé immédiatement après les Cymindis. 11 lui assigne pour caractères : antennes de onze articles : le premier long, grand, cylindrique, les autres à peu près égaux; palpes labiales à dernier article comprimé et très- fortement sécuriformc; labre presque carré, court et transversal; mandibules fortes, arquées et pointues ; tête ovale ; corselet élargi, trèsfortement rebordé, faiblement rétréci en arrière; élytres larges et planes; pattes assez fortes; tarse* longs, grêles , à premier article long , à crochets simples. Ce genre, établi aux dépens des Cymiudes, en diffère surtout par ses tarses dont les crochets ne sont pas dentelés en dessous. On ne connaît encore qu'un seul Cymindolde, Cytnindoidea bisignata. que Dejean avait confondu parmi ses Cymindes; il est du Sénégal.

CYMINOSME. Cyminosma. bot. Sous ce nom, Gærlner ( de Fruct., 1 , p. 280, t. 58) a établi un genre qu'il a caractérisé ainsi : calice adhérent à l'ovaire, à quatre divisions; corolle formée de huit pétales oblongs et légèrement pubescents en dehors; étamines et styles inconnus; baie quadriloculaire, globuleuse, cbaruue, exhalant une forte odeur de cumin ; chaque loge ne renfermant qu'une graine renversée. Celte description n’était pas assez complète pour que l'on pût prononcer avec certitude sur la place de ce genre; De Candolle ( Prodr . Syst. Mat. Feget. I, p. 722) a tout récemment, d'après Kœnig et Dryander, ajouté aux caractères donnés par Gærtner, ceux <fuc présentent le disque charnu qui entoure l'ovaire, et les huit étamines velues à leur base, insérées sur les pétales et alternes avec eux. Ce genre est le même que le Jambolifera de

3 Dir.T. DES SCI EXCES NAT.

Linné. Walil et Lourciro; il se place naturellement dans la famille des Rulacées. L'unique espèce qui le constituait dans l'origine a été nommée ( 'yminosma Ankevnda par Gærtner, qui lui a donné pour synonyme une plante mentionnée par Hermann et Burinann ( The saur. Zeylun., pag.27)sous le nom d 'Ankænda. C'est aussi celui qu'elle porte û Ccylan où elle croit naturellement. Gærtner observe que YAnkænda , rapportée par Linné aux Myrtes , est une plante très-différente de celle qui forme le type du genre en question. Indépendamment de l’espèce précédente. De Candolle a donné les description* abrégées du Cyminosma pedunculata ou Jambolifera pedunculata, Wahl ( Symbol n 3, p. 52, tab. 01), qu'il faut distinguer de la plante décrite, sous ce dernier nom, par Loureiro ( Cochinch. 1, p. 283). Elle est aussi indigène de Ceylan. Les Jambolifera odorata et Jambolifera resinosa de Loureiro , arbrisseaux de la Cocbinchine, à feuilles opposées et entières , et à fleurs en corymbes , complètent avec la suivante, le genre Cyminosme.

Cyxinosxe a feu i li.es oblo figues. Cyminosma oblongi folia, Sims, Botanical Mngaz. 3322. C’est un arbrisseau qui a été découvert à la Nouvelle- Hollande, en 1824. par Allan Cuninghatn, et envoyé au Jardin royal de Kew. Cette espèce fait donc la cinquième connue par les botanistes. Elle s’élève à la hauteur de trois â quatre pieds; ses rameaux, qui forment la couronne, sont, ainsi que la tige, recouverts d’une écorce d’un brun rougeâtre cl garnis de feuilles alternes ou opposées, oblongucs, obtuses, simples, inarquées de points transparents, et portées sur un pétiole renflé ou articulé aux deux extrémités. Les fleurs sont réunies en corymbe terminal ou axillaire; le pédoncule est court, cylindrique, une fois plus long que le pétiole; le calice est adhérent â l’ovaire, partagé en quatre divisions petites et persistantes ; la corolle est composée de quatre pétales étendus et légèrement pubescents â l'extérieur. Les étamines sont au nombre de huit, dont quatre alternativement plus longues : toutes sont velues à leur base et insérées sur les pétales. L'ovaire est entouré d'un disque charnu, large et â peu près aussi long que le style qui le surmonte; le stigmate est à quatre lobes. Le fruit consiste en une baie sèche, globuleuse, charnue à quatre loges et à quatre valves, renfermant un même nombre de semences calleuses et cruslacées.

On cultive celte espèce dans le terreau de bruyère mêlé de terre sablonneuse et légère. On parvient sans peine à la propager par le moyen des boutures étouffées.

CY.VIODJCE. Cymodice , ou CYMODOCÉE, Cymo docea. crust. Genre de l’ordre des Isopode6, fondé par Lcach dans la famille des Cymolhoadées ; il a , suivant lui , pour caractères distinctifs : appendices postérieurs du ventre ayant la petite lame intérieure et extérieure saillante ; corps ne pouvant se ramasser en boule; abdomen dont le dernier article est échancré à son extrémité, avec une petite lame dans l'échancrure. Ces animaux, que nous préférons nommer Cymodice plutôt que Cymodocéc, nom générique employé dans une autre classe (F. l'art, suivant), ces animaux, disonsnous , ont des yeux s'étendant en arrière jusqu'au bord

.intérieur du premier segment du corps; la petite lame postérieure du ventre est légèrement aplatie, non foliacée, mais garnie de longs poils sur chaque côté; la petite lame externe est presque droite extérieurement, élargie intérieurement et pointue vers son extrémité , et la petite lame ventrale postérieure et externe est très-dilatée extérieurement et brusquement acuminée. Ce genre est très-voisin des Dynamènes dont il ne diffère que par la manière dont se termine le dernier article de l'abdomen; il ressemble aussi beaucoup aux Sphéromcs; mais le corps n'est pas susceptible de se contracter en boule.

Leach (Diclionn. des Scienc. natur. T. xit, p. 349) décrit quatre espèces. La Cyxudice èchancrée, Cymodice e ma rg inata, Leach, dont il existe deux variétés, habile les côtes occidentales de l'Angleterre; la Cyxodice tronquée, Cymodice huma ta , Leach; ou la Çymotloeea truncata de Leach ( Edimb . Encycl. T. vu, p. 433). qui est la même espèce que YOniscu» truncatus de Montagu, des mêmes localités; la Cyxodice fendue, Cymodice bifhla , Leach, et la Cyxodice bE Laxarck, Cymodicc Lamarckii , Leach, des côtes de Sicile. Ce sont les seules espèces connues.

CYMODOCÉE. Cymoilocea. ciust. E. Cyxodice.

CYMODOCÉE. Cytnodocea. roLYF. Genre de l'ordre des Sertulariées, dans la division des Polypiers flexibles à cellules non irritables, établi par Lamouroux pour des Polypiers pliyloïdcs, à cellules cylindriques, plus ou moins longues, filiformes, alternes ou opposées, portées sur une lige fisluleuse, annelée inférieurement, ordinairement unie dans la partie supérieure, et sans cloison intérieure. Ces Polypiers ont les plus grands rapports avec ceux de l'ordre suivant ; on serait même tenté de les y réunir sans le caractère que présente la situation des Polypes des Tuhulariées ; dans ce groupe nombreux, mais encore peu connu, ils sont toujours placés au sommet des raineux, tandis que dans les Cyuiodocées, ils sont situés sur ces rameaux ou sur leurs divisions. La tige de celles-ci est un tube continu, corné ou cartilagineux . simple ou rameaux , et qui doit être rempli, dans l'état de vie, d'une matière animale irritable, à laquelle viennent aboutir les nombreux Polypes placés sur la surface des tiges. C'est ce dernier caractère <pji les sépare d'une manière bien tranchée de l'ordre des Tuhulariées. Quoique ce genre ail plus de ressemblance avec les Maïs qu'avec les Amathies et les Aglaophénies, on pent le regarder comme réellement intermédiaire entre les Sertulariées et les Tuhulariées. La forme des Cymodocées est simple ou peu rameuse; leur substance est cornée, légèrement transparente et fragile; leur grandeur varie ainsi que leur couleur, dont la nuance est quelquefois d'un fauve rougeâtre, et d'autres fois d'un fauve blond et vif; elles adhèrent aux corps solides par une base mince et étendue, de laquelle sortent les liges, ou sur laquelle ces tiges rampent et se contournent avant de s'élever. Ce genre est encore peu nombreux en espèces, quoiqu'il en existe dans des localités très-différentes sous tous les rapports.

CvxoDoctx chevelue. Cytnodocea comata , Lamx., Gcn. Polyp-, p- 15, lah. 67, fig. 12, 13, 14. Elle est

remarquable par ses tiges droites, cylindriques , couvertes de petites ramiticalionscapillacées, nombreuses, verticillées , flexueuses, articulées et polypifères; à chaque articulation l’on observe une cellule courte, annelée à sa base et presque invisible à l'œil nu. Elle habile les côtes d’Angleterre.

Cyxodocèe raxefse. Cytnodocea ramosa , Lamx., Hist. Polyp., p. 206, n° 358, pl. 7, fig. 1, a, b. Dans cette espèce, les tiges s'élèvent d'un empâtement commun; elles sont un peu rameuses et annelées, dans presque toute leur longueur, avec des cellules opposées à chaque anneau, et alternes d’un anneau à l'autre. Richard l'a trouvée dans la mer des Antilles.

La Cyxodocee axnki.Ee. Laink.,Gen., lab. 67, fig. 10 et 11, du cap de Bonne Espérance, et la Cyxodocëe simple, Lamx., Hist., pl. 7, fig. 2, a, r, des côtes d'Angleterre et d'Irlande, appartiennent également à ce genre.

CYMODOCÉE. Cytnodocea. bot. Synonyme de Phucagrostis. /'. Zostère.

CYMOI.ITE. r. Ciiolithe.

CYMOPHANE. xin. C’est-à-dire Lumière llotiante. Clirysoberyl , W. ; Chrysolile orientale des lapidaires. Substance minérale, d'un jaune verdâtre et d'un éclat vitreux dans la cassure; plus dure que la Topaze, présentant souvent des reflets d'un blanc laiteux, inélé de bleuâtre, et possédant la double réfraction à un haut degré. Sa pesjnleur spécifique est de 3,8; elle est infusible au chalumeau. Berzélius la regarde comme étant un sous-silicate d'Alumine; elle renferme, suivant Klaprolh, 75.5 d'Alumine, 18 de Silice, 6 de Chaux et 1,5 d'Oxide de Fer. On ne l'a encore trouvée, jusqu'à présent , qu’à l’état de Cristaux ou de grains cristallins qui sont toujours transparents ou au moins translucides. Sa forme primitive est un prisme droit , rectangulaire, dans lequel les trois côtés sont entre eux comme les racines carrées des nombres 2, 3 et 6. On distingue parmi les formes secondaires, décrites par Hatiy.la Cymophane anamorphique, qui offre l’aspect d'un prisme droit, hexaèdre, et qui dérive de la primitive dont les bases sont remplacées par des sommets dièdres ; la Cyinopbanc dioclaèdre, en prisme octogone terminé par des sommets à quatre faces , et l'annulaire, que l’on prendrait pour un prisme hexaèdre dont les arêtes au contour des bases seraient remplacées par des facettes disposées en anneau. La Cymopliane a été trouvée au Brésil . à File de Ceylan et dans le Connecticut. Celle des États-Unis a pour gangue une roche composée de Feldspath blanc, de Quartz gris et de Talc blanchâtre.

! Celte roche renferme en outre des Grenats éraarginés.

CYMOPHORE. Cymophorus. ins. Kirby a proposé, sous ce nom, rétablissement d’un nouveau genre d’insectes, voisin du Cremastocheilc dont le type serait une espèce fort rare de l'Amérique septentrionale. Ce genre, de la famille des Lamellicornes, tribu des Rutélides, a pour caractères : chaperon arrondi au sommet, réfléchi; antennes coniffbsées de dix articles : le premier épais et triangulaire, le suivant plus allongé et cylindrique, les autres très-courts et arrondis; massue allongée et triphylle; dernier article des palpes oblong

et obtus; labre couvert; lèvre presque carrée, vert i- j cale; menton horizontal, caché sous la lèvre; yeux ronds, avec un trait enfoncé dans l'angle postérieur de chacun d’eux ; corselet presque carré, rétréci en avant ; écusson triangulaire, équilatéral; mésosternum vertical, tronqué antérieurement et canaliculé en dessus; surface des élvtres présentant des enfoncements et des élévations longitudinales, avec des sinuosités sur les côtés; épaules presque lobées; jambes antérieures garnies d’un éperon ; il y en a deux à chacune des intermédiaires et des postérieures ; crochets simples et égaux ; trois pointes à l'anus.

CYMOPOLIE. Cymopolia. polyf. Genre de l'ordre des Corallinées, division des Polypiers flexibles, à substance calcaire, mêlée avec la substance cornée ou la recou- ( vrant. Caractères: Polypier phytoïde, dichotome. moni- 1 liforme, avec des articulations cylindriques, distantes les unes des autres, et couvertes de cellules nombreuses presque visibles à l'œil nu. Deux Polypiers. les Corallina barba ta et Iiotarium, ont servi à établir ce genre qui diffère de celui des Corallines par la ramiflcalion dichotome, des celui de Galaxaures par l’épaisseur de l'écorce crétacée et la petitesse de l'axe tubuleux intérieur ; et des Amphiroés par la régularité des divisions.

Il était impossible de placer les Cymopnlies dans aucun de ces genres ; il a donc fallu en former un groupe particulier. facile à reconnaître à la forme des articulations et à la division des rameaux. C'est ce qu'a fait Lamouroux. Aucune Corallinée n’offre des pores aussi visibles que les Cyinopolies , et tout fait présumer que ces pores renferment des Polypes, caractère qui les éloigne des Galaxaures dont les animalcules sont constamment placés aux sommets des ramifications. L'organisation et la couleur paraissent semblables à celles des Corallines. La grandeur ne semble pas dépasser un décimètre. Ce genre est composé de deux espèces, l’une et l'autre de la mer des Antilles. La première, la Cyxopolie Rosaire. Lainx. (Gen. Polyp., p. 35, lab. 31, 6g. 5, il, h, 1-5), offre désarticulations cylindriques dans la partie inférieure , et de subglobuleuses dans les rameaux. La deuxième, nommée Cyxopolie barbue, Ellis (Corail., p. 68. tab. 35, 6g. c, c), se distingue par l'organisation de l'axe, et surtout par la touffe de petits tubes capillacés, qui forme une petite houppe à l'extrémité des rameaux.

CYMOPTÈRE. Cymopterus bot. Genre de la famille des Ombellifères, Pentandrie Digynie, formé par Raffinesque qui lui donne pour caractères : calice divisé en cinq petiter "dents; pétales ovalaires, presque ronds, recourbés au sommet; fruit presque elliptique, strié, composé de deux akènes ohlongs comprimés, l’un muni de quatre, et l'autre ordinairement de trois ailes membraneuses, ondulées. La seule espèce connue, Çymopteru» g/omeratua, est une petite plante lisse, à lige presque couchée, presque nue; les feuilles sont pétiolées, bitridivisées, à lobes très-courts, obtus; l'ombelle est petite, formée de cinq ou six rayons. Elle est originaire des bords du Missouri.

CYMOSAIRE. Cymoaaria. polyp. Genre de la famille des Isidées, établi par Lamarck qui le caractérise ainsi : Polypier presque pierreux, caulesccnt, terminé en cime

ombclliforme; tige simple, articulée, nue, striée longitudinalement; à articulations inégales, alternativement pierreuses et cornées ; cime terminale , en ombelle concave ; à rameaux un peu aplatis, découpés cl comme rongés à leur surface supérieure. Ce Polypier est un deA plus singuliers et en même temps un des plus rares que l'on connaisse; il appartient évidemment à la famille des Isis et se trouve comme eux revêtu, à l'état vivant, d'un encroûtement gélatineux, très-fugace puisqu'il ne se conserve pas lorsque le Polypier a été retiré de l'eau. On n’en connaît encore qu'une seule espèce, Cymoaaria laciniata , qui habite les mers de la Nouvelle-Hollande. Sa tige est terminée par une cime ombellifonne, très-basse, à divisions Inciniées, seul i- pi n-^ nées, dont les articulations sont inégales et irrégulières.

CYMOTHOA et CYMOTIIOE. Cymothoa. crust. Genre de l’ordre des Isopodes, fondé par Fahricius, et rangé par Latreille (Règn. Anini. de Cuv.) dans la section des Ptérygibranche8, avec ces caractères : branchies libres, membraneuses, vésiculaires, disposées sur deux rangs sous la queue; quatre antennes apparentes; queue composée de six anneaux avec un appendice de chaque côté, formé de deux lames portées sur un pédicule commun et mobile; pieds insérés près des bords latéraux du tronc, courts ellermiués par un crochet fort, très-aigu et non divisé à sa pointe. Les Cymolhoès ont le corps essentiellement composé à la manière des autres Isopodes, et le plus souvent bombé ou convexe, et uni eu dessus; la tête est triangulaire, obtuse en devant cl souvent reçue à sa base, dans une échancrure du premier segment du tronc; elle porte latéralement des yeux peu saillants et à réseaux très-distincts; les antennes, au nombre de quatre, s'observent à son extrémité antérieure et quelquefois sous le chaperon ; elles sont ordinairement courtes, presque égales, sélacées. à articles peu nombreux, et situées par paires sur deux rangs les unes au-dessus des autres ; la bouche présente les mêmes parties que celle des autres Crustacés Isopodes; le tronc se compose de segments portant chacun une paire de pieds, et les bords latéraux de plusieurs d'entre eux semblent être augmentés d'un appendice en forme d'article, au-dessus de la naissance des pattes. Celles-ci.au nombre de quatorze, sont courtes, également développées et attachées de chaque côté sur le bord même du segment ; elles se composent d'une cuisse épaisse et courbée en $, d'une jambe plus mince; cnHn d’un ongle très crochu, très-aigu, et presque aussi long que la jambe; l'abdomen, ou improprement la queue, a six segments dont les cinq premiers courts, larges . elle dernier grand, et plus ou moins ovale ou arrondi; il n’est point voûté en dessous, tandis que la même pièce l’est beaucoup dans les Sphéromes. A chaque côté | du bout de l'abdomen, est articulée une sorte de nnj geojre, pareille à celles que l'on observe en cette partie dans les Décapodes macroures; les branchies, au nombre de dix A douze environ . forment des vessies ou bourses d'une couleur blanche, et qui sont susceptibles de se renfler; elles sont situées sur deux rangs, le long du dessous de l'abdomen; la poitrine, dans la femelle, a plusieurs écailles en recouvrement, placées au-dessus des I œufs ; elles s'écartent pour donner une libre issue aux

C YM

petits qui éclosent dansées matrices extérieures. Chaque ponte est composée, suivant Risso, de trente jusqu'à six cents petits, cl elle se renouvelle deux ou trois fois dans l’année.

LcsCymothoes, vulgairement nommées Poux de mer , OEstres ou Asiles de Poissons, sont des Crustacés voraces et parasites. Elles se fixent sur divers Poissons, et semblent affecter de préférence certaines espèces. On les rencontre près des ouïes, aux lèvres, à l’anus et dans l'intérieur même de la bouche.

Leach, dans sa Classification des Malacostracés ( Trans . of tke Linn. Societ. T. xi ), a établi plusieurs petits genres aux dépens des CymolhoCs; plus tard Dict. des Scien. nalur. T. xu), il en a augmenté de beaucoup le nombre. Latrcille a réuni aux Cymothoës proprement dits, ceux que l'entomologiste anglais désigne sous les noms d'Æga, de Lim noria et d'Eurydice. Les Ægas ont des yeux distincts, grenus, et le pédoncule de leurs aulennes supérieures très-ample; ce petit genre comprend trois espèces désignées par les noms suivants : Æga entaillée, Æga emarginata, Leacli (Encyct. brit., Suppl. 1,p. 428, T. xx.11), localité inconnue; Æga à trois dents, Æga trident, Leach {Trans. of the Linn. Societ. T. xi), elle habite les mersd'Écosse ; Æga bicarinée, Æga bicarinata, Leach, localité inconnue. Le dernier caractère assigné aux Ægas les distingue des Eurydices et des Liinnories. Les premières ont en outre les yeux distincts, mais point grenus, cl les antennes inférieures de la longueur du corps : les secondes ont encore des yeux distincts, mais formés de petits grains, et la tête est aussi large que le premier segment du tronc. Enfin , les Cymolhoes de Leach n'ont plus d'yeux bien distincts; leur tête est petite, étroite, et elles ont pour caractères propres : articles du thorax presque anguleux sur les côtés et postérieurement, les angles arrondis; les côtes des articles de l'abdomen parallèles, épaisses en dessous; la dernière jointure transverse et presque coriacée; la dernière petite lame ventrale presque en forme de stylet, et à peu près égale aux autres. Ainsi restreint, ce genre comprend encore six espèces : t ÿmothoa OEstrum, Fabr. ; Cymothoa Leschcnaultii , Leach; Cymothoa Dufresni , Leach; Cymothoa Mailhieui, Cymothoa Banksii, Cymothoa trigonocephala, Leach. Le genre Cyinolho* de Lalreille comprend nécessairement les espèces précédentes et toutes celles contenues dans les petits geuresde Leach, qui en sont un démembrement; il a pour type la Ctsothoe asile, Cymothoa asilus, Fabr., ou VOniscus asilus de Linné, figuré par l'allas (Spic. Zool. Easc. t), tab. 4, fig. 12). On la trouve dans les mers d'Europe. Il comprend aussi les Idolées Spora et Phy sodés de Fabricius, ainsi que les Cyraothoes OEstrum, paradoxa , fulcala, imbricata, Cuadclupeneis, / 1 me ricana .

CYMOTHOADÊES. Cymothoadœ. cri: si. Famille établie par Leach et qui embrasse le genre Cymothoa de Fabricius, cl tous ceux qui en ont été extraits depuis. Ses caractères sont : quatre antennes : deux supérieures, deux inférieures; corps aplati ; abdomen formé de quatre, cinq ou six pièces, dont chacune est pourvue, sur scs côtés, de deux appendices foliacés, fixés à un pédon-

cule commun; les dernières de ces pièces sont surajoutées, et toujours plus épaissies par la matière crustacée ; tous les appendices du ventre sont nus ou à découvert. Leach divise celte famille de la manière suivante :

I. Corps peu convexe; abdomen composé de quatre anneaux distincts, dont le dernier est plus grand que les autres; yeux placés sur le sommet de la tête, écartés l’un de l’autre ; antennes inférieures les plus longues. Genre : Serole.

H. Corps convexe; abdomen composé de cinq anneaux; les quatre premiers soudés l'un à l’autre, au moins dans leur milieu, le cinquième étant le plus grand; yeux placés entre le côté et le sommet de la tête, touchant presque au bord antérieur du thorax, et reçus dans une échancrure de chaque côté de son premier anneau; antennes inférieures les plus longues. Genres : Campecopée, .NesEe, Cilicée, Cvmobice, Dyxa- ■fcxE, Zizare, SphEroxe.

III. Corps convexe; abdomen composé de cinq ou six anneaux distincts, dont le dernier est plus grand; yeux placés latéralement; antennes inférieures plus longues que la moitié du corps; ongles tous semblables, légèrement courbés. Genres : Eurydice, Nelocire, CltOLARE.

IV. Corps convexe ; abdomen -com|>osé de six anneaux distincts; le dernier plus grand que les autres; yeux placés sur les côtés ; antennes inférieures n'étant jamais plus longues que la moitié du corps ; les ongles de la deuxième, troisième et quatrième patres de pattes très-arqués, les autres légèrement courbés. Genres : ComtEE, Rocikéle, Æca, Caxolibb, Axilocre, Olev

CIRB.

V. Corps convexe; abdomen ayant six anneaux distincts, le dernier plus grand; yeux peu apparents; antennes presque égales en longueur. Genres : NErocile, LivoxXce, Cymotuoe.

VI. Corps convexe ; six anneaux distincts à l’abdomen, le dernier plus grand; yeux placés latéralement, écartés l'un de l'autre et composés de grains distincts; antennes presque égales en longueur. Genre : LmimrEb.

CYMAÈDE. pois. Bosc dit qu’on a établi, sons ce nom, un nouveau genre dont le Sargue serait le type. E. Spahe.

CYNANCH1QCE. Cynanchica. bot. Espèce du genre Aspérule.

CYNANQUE. Cynanchum. bot. Genre de la famille des Asclépiadées , Fentandrie Digynie, L., caractérisé ainsi qu’il suit : calice à cinq divisions profondes et étroites; corolle monopétale, rotacée et à cinq divisions égales et profondes; les appendices slaminaux sont, en général , au nombre de cinq et opposés aux lobes de la corolle; quelquefois leur nombre est beaucoup plus considérable ; ils sont toujours réunis et soudés par leur base; les anthères sont terminées par une membrane, et contiennent chacune une niasse de pollen solide, renflée et pendante. Les deux pistils sont accolés, et sc terminent par un stigmate apiculé; les fruits sont des follicules ovoïdes-allongés, simples, rarement doubles, s'ouvrant par une fente longitudinale,

5do

cl contenant de3 graines imbriquées, dressées, surmontées d'une aigrette de poils blancs et soyeux, et contenant dans leur intérieur un embryon renversé, dont la radicule est courte et conique, les deux cotylédons ovales-obtus.

Les Cynanques sont des plantes herbacées, ou des arbustes le plus souvent volubiies ; leurs tiges sont grêles et rameuses; elles portent des feuilles opposées, simples et entières ; les fleurs, en général assez petites, forment des ombelles simples ou sertules ordinairement placées entre les pétioles. Brown réunit à ce genre plusieurs espèces d'abord placées dans d'autres genres, tels que les Periploca ht h ica la de Retz ; Periploca Af ricana, L.; les Asclépios Cincetoxicum, L.; Asclépios ni (j ta , L.; Asclepias sihirica, L. ; Asclepias Daourica , Willd. Yoici les plus intéressantes:

Ctxaxque dressé. Cynanchum erectum, L., Jacq. Uort., t. 38. Espèce vivace et poussant chaque année des tiges grêles, dressées, cylindriques, glabres, hautes de deux à trois pieds, portant des feuilles opposées, pétiolées, cordiformes, aigues, entières, glabres et d'un vert blanchâtre ; les fleurs sont blanches, petites, et forment des sertules ou ombelles simples latérales. D'Orient.

Cyranqle de Montpellier. Cynanchum Monspeliacum, L., Cavan. Icon. rur 1, t. CO. Tiges herbacées, sarmenleuse8, longues de deux â trois pieds, glabres; feuilles opposées, péliolées, cordiformes, obtuses, glabres et d'un vert blanchâtre ; fleurs blanches, en petites ombelles simples et latérales. Il parait que le Cynanchum acutum de Linné n’en est qu'une simple variété, dont les feuilles sont plus allongées et aigues. Celte espèce croit dans les lieux maritimes et sablonneux de la Provence ; son suc concrélé porte le nom de Scammonêc de Montpellier : il est , comme la Scammonée d'Alep, violemment purgatif.

Cyraxque Dorpte-Vehir. Cynanchum yincetoxicum9 fiieh.. Bol. inéd. 1, p. 310; Asclepias Vinceloxicum, L. C'est une petite plante vivace, commune dans les bois sablonneux; sa racine se compose d'une souche horizontale, tuberculeuse, d'où parlent un grand nombre de libres blanchâtres, allongées et cylindriques ; elle pousse une lige presque simple, d’un pied à un pied et demi de hauteur, cylindrique, très-glabre, ainsi que les autres parties de la plante; ses feuilles sont opposées, cordiformes, aigues, entières; ses fleurs, jaunâtres cl petites, forment des ombelles simples ; la corolle est rotacée et à cinq lobes aigus; les fruits, ordinairement géminés, sont ovoïdes- -allongés, glabres, lisses et terminés en pointes. La racine du Dompte-Venin, encore fraîche, a une odeur un peu nauséabonde et une saveur âcre, amère et désagréable, qui se perdent en partie par la dessiccation. C’est un médicament énergique, qu'aulrefois on considérait comme très-efficace dans le traitement de la morsure des Serpents; de là son nom de Dompte- P’enin.

Cyr arque Auquel. Cynanchum Arguel , Dclile , Ègypt. L’ Arguel est un arbuste qui croit dans les différentes contrées du nord de l'Afrique, en Nubie, en Egypte, et surtout dans les environs de Syène; ses tiges dressées, grêles, cylindriques et tout â fait glabres, s’élèvent à une hauteur de deux pieds et portent des ra-

meaux opposés; ses feuilles, également opposées, sont presque sessiles, petites, ovales, lancéolées, entières, aigues, un peu coriaces et d’un vert glauque; les fleurs, qui sont blanches, forment des sortes de bouquets ou d'ombelles simples et pédonculés; les follicules, tantôt simples , tantôt géminés, sont épais, renflés dans leur partie inférieure, terminés en pointe allongée supérieurement; ils sont glabres et souvent maculés de taches pourpres. Les feuilles de l'Arguel sont fréquemment mélangées avec celles des Casses, dans les différentes sortes de Séné qui sont apportées d’Ëgyple, et en particulier dans le Séné dit de la Palte. Ce mélange, qu’il est toujours facile de reconnaître, n'offre pas de graves inconvénients; car l'Arguel possède à peu près les mêmes propriétés que les feuilles des Casses; cependant Dellle prétend que ce médicament purge avec trop de violence et cause souvent des coliques. On reconnaît facilement les feuilles d'Arguel, qui sont mélangées dans le Séné, et on ne pourrait les confondre qu'avec celles de la Casse â feuilles aigues, C'a s si a acutifolia, Delile; mais ces dernières sont plus minces, d’un vert plus prononcé, inéquilatérales à leur base, et légèrement pubescentes à leur face inférieure , tandis que dans l'Arguel elles sont un peu épaisses et coriaces, d’un vert cendré, équilatérales à leur base, et parfaitement glabres.

Cy.xarql'E Ipêcacuanha. Cynanchum Ipecacuanha , Rich., Bot. méd. 1, p. 318; Cynanchum comitorium, Latnk. Originaire des îles de France et de Bourbon, ce petit arbuste a sa racine composée d'une touffe de libres longues et blanches. Ses tiges sont grêles , sarmenteuses, cylindriques, glabres ou pubescentes ainsi que les feuilles , ce qui forme deux variétés distinctes ; scs feuilles sont opposées, courtemeul péliolées, cordiformes, aigues, entières, tantôt glabres et tantôt pubescentes; les fleurs, petites et blanchâtres, forment des petites grappes axillaires, plus lougues que les feuilles et composées d'un petit nombre de fleurs. Sa racine est connue et employée aux Iles Maurice sous le nom d'Ipécacuanha; elle y remplace l'Ipécacuanhadu Brésil; elle se compose de longues fibres grêles et blanches, d’une saveur âcre et amère. Elle est beaucoup moins énergique et moins efficace que celle du Cephœlis Ipecacuanha.

CYNANTBE. Cynanihus. ois. Genre proposé par Swainson, dans l’ordre des Anisodaclyles , pour quelques espèces reléguées parmi les Cotobris. Les caractères distinctifs du genre nouveau seraient : le bec droit ou peu courbé, la queue très-longue et fourchue.

CYNAP1DM. bot. Espèce du genre Ælhuse.

CYNARA. bot. y. Cin ARE.

CYNARBODE. Cynarhodon. bot. Desvaux appelle ainsi un fruit particulier, dont le Rosier offre l’exemple. Ce fruit est charnu, composé d’un nombre plus ou moins considérable d’ovaires pariétaux et osseux, renfermés dans l’intérieur d’un calice, resserré à son orifice, devenant pulpeux. Ce fruit, ainsi qu’il est facile de le voir, n'est qu'une modification de celui que Richard a nommé Méionide.

CYN ARICE. bot. La plante désignée sous ce nom dans Dioscoride est un Apocyn, selon Adanson.

CYNAROCÉPÜALE. bot. y. Cirarocêphales.

CYNAR01DE. bor. /'. CimaroÏiie.

CYN1CTIDE. Cynicli «. ma». Genre de Carnassiers digitigrades, établi par Ogilbi, pour un petit quadrupède , observé par Sleedmann dans le voisinage de Lytenhaye, sur les confins de la Caffrerie, el qui forme, à plusieurs égards, le passage entre les tribus des Chiens el dcsCivettes. Le système dentaire du Cyniclide se compose de la manière suivante : à la mâchoire supérieure | vingt dents, savoir : six incisives, deux canines, six fausses molaires, deux carnassières el deux tuberculeuses; à la mâchoire inférieure dix huit dents, les tuberculeuses n'étant qu'au nombre de deux , une de chaque côté. La disposition de ce système diffère peu de celle propre à la femelle des Civettes, et surtout au genre Mangouste; on remarque seulement «juc la première fausse molaire d'en bas, rudimentaire chez ces derniers. manque chez les Cyniclides comme chez les Surica les, tandis que celle d’en haut, qui manque aussi chez ces derniers, existe dans ce nouveau genre, qui, sous ce rapport, établit par conséquent le passage entre les Mangoustes et les Suricates. La conformation des pattes est également caractéristique, el présente de l'analogie entre les Cyniclides et lesPratèles. Les pieds sont complètement digitigrades comme ceux des Chiens; ils sont pourvus de cinq doigts eu avant el de quatre en arrière; les ongles sont propres à fouir. La tète est courte et brusquement rétrécie au-devant des yeux; son corps est long el mince ; sa queue longue et touffue. Ogilby a consacré par le nom qu'il a imposé à l'unique espèce connue, Çynictis Stcedmannii, celui du naturaliste auquel ou est redevable de la découverte de l'animal.

CYNIPS. Cynips. îns. Genre d'Hyménoptèrcs de la famille des Pupivores, tribu des Gallicoles, ayant pour caractères : antennes ordinairement de treize à quinze articles, droites, filiformes, ou â peine plus grosses vers leur extrémité; lèvre et mâchoires très distinctes; palpes très-courtes; ailes supérieures offrant une cellule radiale complète, longue, presque triangulaire, et trois cellules cubitales, la première petite, la deuxième trèspetite, et la troisième très-grande, atteignant ordinairement le bout de l'aile; point de nervures aux ailes inférieures; tarière des femelles logée soit entièrement, soit du moins vers sa naissance, dans une fente ou coulisse extérieure, pratiquée le long du ventre. Le groupe des Cynips fondé par Linné a depuis été subdivisé de manière que le genre Cynips, tel qu’il vient d’élre décrit. ne représente pas en entier les Cynips de cet auteur. Geoffroy avait substitué mal à propos le nom de Diplolèpe à celui de Cynips, el il s’était servi de ce dernier nom pour désigner certains Iclmeuinons. Les entomologistes ont rétabli les choses telles qu'elles étaient d'abord, les Diplolèpcs de Geoffroy ont repris le nom de Cynips. et son genre Cynips a été converti en celui de Chalcides. LesCynips proprement dits différent des Chalciditcs, des Oxyures et des Chrysides par leurs antennes droites el filiformes, par l’absence des nervures aux ailes inférieures, el par leur tarière cachée dans une coulisse pratiquée le long du ventre. Ce caractère empêche de les confondre avec les Iclincumons; ils s'éloignent encore des Figiles par les antennes et par le nombre des

; cellules cubitales des ailes; enfin on pourrait aussi les I distinguer des Jhalies en prenant en considération la [ figure de la cellule radiale et la grandeur du point de l’aile.

L'organisation extérieure des Cynips a été décrite avec soin par les auteurs. Le corps est court el voûté ; la tète i est beaucoup plus basse que le thorax ; elle supporte des | antennes filiformes assez longues, de quatorze articles dans les femelles, et de quinze dans les mâles; le troisième est grand et arqué; des yeux ovales et entiers; trois petits yeux lisses; une bouche formée de mandibules Iridcntécs. de quatre palpes un peu plus grosses à leur extrémité, les maxillaires de quatre articles, et les labiales de trois et d'une languette presque cordiforme, arrondie ou un peu échancrée sur son bord supérieur. Le thorax est élevé el comme bossu, avec l'écusson quelquefois proéminent; il supporte quatre ailes; les supérieures qui ont seules des nervures dépassent l’abdomen en longueur; ces nervures sont disposées d’une manière si particulière, qu'il suffit, dit Jurine, de les avoir vues une fois pour les reconnaître à l'instant. Le cubitus, dès son origine, s’écarte du radius de manière à laisser entre eux un assez grand intervalle; le point de l'aile n'a pa> la même forme que celui des autres Hyménoptères, et il n'occupe pas tout à fait la même place, lue nervure très forte et très apparente descend du cubitus avant son insertion au point, el se porte eu arrière un peu obliquement pour former ta première cellule cubitale, et soutenir la seule nervure humérale qui existe; les pattes ont une grosseur moyenne, les cuisses sont fortes; les jambes antérieures se terminent par une pointe assez longue, et ne présentent point d'écbancrure au côté interne; les autres jambes sont biépineuses au bout, el les tarses entre lesquels on voit une pelote, se terminent par deux crochets unidentés; l'abdomen est eourt, ovalaire, comprimé, caréné, trauchant inférieurement, et tronqué obliquement ou trèsobtus à l'anus dans les femelles; il est surtout remarquable par la tarière. Celte tarière, dont l'usage est de percer certaines plantes pour introduire un œuf dans la plaie, offre un mécanisme admirable, el qui a trèsbien été décrit par Réaiimur (Mém. sur les Ins. T. ni, p. 48-3 et pi. 45 et 40). Il ne faut, dit cet observateur, que presser entre deux doigts le ventre de la Mouche, el augmenter doucement le degré de pression, pour obliger ces parties (une sorte de tarière en forme d’aiguillon el deux pièces beaucoup plus grosses qui lui servent d'étui) de se mettre à découvert, et de montrer d’où leur jeu dépend. Le premier degré de pression force seulement les deux pièces qui composent l'étui à s'écarter l'une de l'autre, et assez pour permettre de distinguer l'aiguillon qui est entre elles deux, et contre lequel elles ne sont plus alors aussi exactement appliquées qu'elles l'étaient auparavant. Le contour de l’anus parait alors : il est circulaire et bordé de poils. $i on presse ensuite davantage, on oblige l’aiguillon à sortir de son étui, à s'élever; on reconnaît qu'il est d'une substance analogue à In corne, et d’un brun châj Inin, comme te sont les aiguillons ou les instruments | équivalents de beaucoup de Mouches plus grosses. On ■ voit qu'il vient de l’eudroil où l'aréle de celui-ci coin-

mence à être abattue; que là est une pièce écailleuse qui avance un peu sur la coulisse, et que c'est dessous cette pièce que passe l'aiguillon. Mais on ne le voit pas encore dans toute sa longueur; il parait bientôt plus long; si on presse le ventre davantage, on l’oblige de sortir de celui-ci dans lequel il est logé en grande partie; la pression augmentée contraint aussi l'anus à devenir plus éloigné qu'il ne l'est dans l'état naturel, de l'endroit où l'aréte commence à manquer, et où est l'origine de la coulisse. Les bouts de chacune des pièces qui composent l'étui, se trouvent cependant toujours à même distance de l'anus, d'où il semblerait que ces pièces s'allongent; mais, ce qui est plus vrai et plus remarquable, c'est que la lige pour ainsi dire de chacune de ces pièces était dans le corps, et que la pression l'en a fait sortir. Qu’on pousse plus loin la pression et jusqu'au dernier point où elle peut être portée, tout cela devient plus sensible; l'aiguillon parait plus du double et près du triple plus long qu'il lie l'était d'abord ; l'anus s’éloigne davantage de l'origine de la coulisse; mais ce n’est pas en ligne droite qu’il s'en éloigne; il passe du côté du dos, et la partie de chacuue de ces pièces de la coulisse qui est sortie du ventre, se recourbe en arc. On voit par là que, dans l'état naturel, oo, pour parler plus exactement, dans l'état le plus ordinaire, il n'y a qu'une partie de l'aiguillon, un peu plus du tiers de sa longueur, qui soit hors du corps; cette dernière partie de l'aiguillon est cependant très-bien cachée; elle est logée dans un étui formé par deux pièces dont chacune l'égale en longueur, et dont chacune est creusée en gouttière. Ces deux gouttières composent le tuyau creux où celle partie de l'aiguillon est à l'aise et bien renfermée; le reste et la plus longue partie de ce même aiguillon, est dans le corps de la Mouche, et elle y a aussi son étui, mais un étui formé par deux lames piales. Chacune de ces lames, qui fait moitié de l’étui intérieur, est la tige de chaque moitié de l'étui extérieur; les parties qui composent celui-ci, sont à peu près rondes, aussi larges qu'épaisses; ces dimensions ne les empêchent pas de se placer commodément en dehors du corps; mais les parties des mêmes pièces qui forment l'étui intérieur, sont larges et minces, l'endroit où elles sont logées demande qu’elles aient celte forme; la portion de l’aiguillon qui reste constamment en dehors du corps, est donc petite en comparaison de celle qui est logée dans ce corps même. Comment celle-ci s’y loge-l-clle? Non-seulement elle est plus longue que la distance qui est depuis l’endroit où elle y entre jusqu'au corselet; elle est beaucoup plus longue inéine que le corps entier; celle partie, d'ailleurs, est incapable d'allongement et d’accourcissement; elle est d’une espèce j de corne ou d'écaille, et u'est point musculeuse. Il est donc évident qu'elle doit être contournée dans le corps, | d'une façon qui lui fasse trouver un espace suffisant pour se loger dans une étendue trop courte pour qu’elle y puisse être placée en ligne droite. La nature a employé ici une mécanique dont on trouve déjà un exemple dans un plus grand animal; c’est l’allongement apparent de la langue du Pivert : on sait que le Pivert peut porter loin sa langue eu dehors de son bec; sa langue cependant est courte, et très-incapable d’élre allongée si con-

sidérablement; mais son os hyoïde est une lame osseuse roulée en quelque sorte comme un ressort de montre. Ainsi, dès que l'os hyoïde se déroule, la langue est portée hors du bec, et y est portée d'autant plus loin qu'il se déroule davantage. Ce qui a été fait pour la langue du Pivert, ou plutôt pour son os hyoïde, l’a été pour l'aiguillon des Cynips; l’allongement de l’un et celui de l'autre dépendent de la même mécanique, appliquée pourtant un peu différemment. L'aiguillon de la Mouche, après être entré dans le corps, se courbe pour suivre la convexité du ventre, il va ainsi jusqu'assez près du corselet; là, en continuant de se courber, ou même en se courbant davantage, il retourne sur ses pas; il revient du côté du derrière, en se tenant au-dessous de la ligne qui marque la longueur de la partie supérieure du corps. II va ainsi jusqu'assez près de l'anus; c'est là qu'il se termine et qu'est sou attache. Ce bout de l’aiguillon, qui en doit être regardé comme la base, est donc fixé dans le corps, presque vis-à-vis et au-dessus de l'endroit où est l'autre bout du même aiguillon, où est sa pointe; ainsi, au cas que l'aiguillon n'eût point de courbure, il aurait une longueur double de celle du corps, puisqu'il va de l'anus jusqu’au corselet, en suivant la concavité intérieure du dos; et que du corselet il se rend à l'anus, en suivant moitié en dehors et moitié en dedans le contour du ventre. Si cependant l’appui de la base de l’aiguillon était fixe, l'aiguillon, malgré toute sa longueur, ne pourrait sortir du corps sensiblement plus qu'il n'en sort daus les temps ordinaires; mais si la base de l’aiguillon peut s'approcher, et s'approcher beaucoup du corselet, alors Taiguillon pourra sortir et pourra être forcé de sortir beaucoup; aussi, tout a été disposé pour que sa l>ase fût mobile; elle est attachée près de l’anus, et à mesure que la pression des doigts force l'aiguillon à paraître plus long en dehors du corps, l'anus s'éloigne du dessous du ventre, il passe du côté du dos, et il s’approche ainsi de plus en plus du corselet.

Aussitôt qu'une feuille, qu'un rameau ou toute autre partie d'un végétal a été piquée et que l'œuf a été introduit dans la plaie, les sucs nourriciers affluent vers ce point, et, en très-peu de temps, on voit s'élever des excroissances de formes variées; elles ont reçu généralement le nom de Galles. Les unes sont nommées Galles en Pomme, en Groseille , en pépin, en forme de Nèfle; les autres portent le nom de Galle chevelue , Dedeguar, en Artichaut. Il en est plusieurs que l’on désigne d'après la plante sur laquelle elles croissent, ou bieu par l'usage que l'on en fait: c’est ainsi par exemple qu'on nomme Galle tle Chêne, à teinture ou du commerce , celle employée spécialement dans les arts, et qui entre dans la composition de l'eucre à écrire. Ces excroissances présentent tantôt une cavité unique, habitée par une seule larve, ou par un grand nombre; tanlôkt plusieurs cavités communiquant entre elles ou séparées en autant de loges complètes qu'il y a de larves. Suivant Valisnierî, l'œuf déposé dans la piqûre du végétal, augmente d'abord de volume, puis il en sort une larve apode. Celle-ci fait usage des sucs nourriciers et fort abondants de la Galle. Elle augmente ainsi successivement la cavité qui l'entoure; au

bout de plusieurs mois elle se transforme en nymphe et ne parait à l’état d'insecte parfait qu'au retour de la belle saison. Pour sortir de sa demeure, elle perce, dans son enveloppe, un trou du diamètre de son corps; la présence de ce trou, qui s’observe fréquemment à la surface des Galles, est donc un indice certain qu’on ne trouvera rien à son intérieur.

Cyrips de la Galle a tei.iti rb. Cynip» Gallœ tinctoriœ, L., ou Diplolèpe de la Galle â teinture, d’Olivier qui a donné des détails très-curieux sur cette espèce (Voyage dans I'Emp. Ottoman, pl. 15). Cet insecte a trois ou quatre ligues de long; le corps est d'une couleur fauve pâle, couvert d'un duvet blanchâtre et soyeux; les yeux sont noirs; les nervures des ailes supérieures sont brunes; le dessous de l'abdomen est noirâtre et brillant. On observe â sa partie supérieure une tache d'un brun noirâtre, très-polie cl luisante. 11 n’esL pas rare de trouver cet Insecte desséché dans les Galles qui sc vendent dans le commerce. La plupart de ces Galles, elles plus estimées, viennent de l’Asie-Nineure et des environs d’Alep. Elles croissent sur une espèce de Chêne. Les meilleures sont celles qui ont été récoltées après la naissance de l'Insecte; elles sont plus légères et d'une couleur moins foncée qu'un grand nombre d'autres qu'on rencontre aussi dans le commerce et qui ont été évidemment recueillies avant l'entier développement de l'Insecte.

Cy.yips oit Ficher commis. Cynip s Ficûs Caricœ, Lalr.; Cynip» P se ne s, Fab. La larve de cette espèce se nourrit dans l'intérieur des graines de la Figue. Ce sont ces mêmes Insectes qui étaient employés autrefois chez les anciens pour la caprification (F. ce mol) et qui, encore aujourd'hui, servent au même usage dans le Levant. Ils sc trouvent en Asie et au raidi de l’Europe, dans les graines des Figuiers sauvages.

Cy.ii ps du Chêie Toux. Cynip» Querciis Tozœ, Fabr.; Di ploie pi s Querciis Tozœ, Bosc ( Jouru. d'Uist. liât.). On rencontre sa larve dans la Galle du Chêne Tozin. L'Insecte parfait a été représenté par Antoine Coquebert ( lllustr . Icon. Inscct. Dec. 1, lab. 1, «C- 9).

Cyrips lenticulaire. Cynip s lenticularis, Lalr.; Diplolepis lenliculari» , Oliv. ; Cynip» longipennis, Fab. Cet Insecte produit l’excroissance nommée par Kénurnur Galle en Champignon du Chêne .♦ un pédicule très-court la fixe aux revers des feuilles du Chêne; elles s’observent communément en automme, et sont quelquefois si abondantes, qu'en secouant les arbres elles tombent comme de la pluie. Chaque Galle ne renferme ordinairement qu'une seule larve. L'Insecte qui en sort a été figuré par Antoine Coquebert (/oc. ci/., t. 1, f. 10).

Cyiups du Rosier. Cynip» flo»œ; Diplolepis Jloaœ , Oliv. Il est très-commun en Europe, et produit sur les Rosiers les excroissances chevelues nommées liedeguar. Les larves vivent en famille dans leur intérieur; on en voit aussi quelquefois sortir des lchncumonides et des Chalciditcs dont les larves ont vécu aux dépens de celles des Cynips.

Cyrips des feuilles du Chère, Cynip» Querciis folii. Les Galles que cette espèce produit se rencontrent très-

fréquemment sur les feuilles des Chênes. Elles sont lisses et arrondies.

CYNIPSÊRES. Cynipsera. us. Famille d’Hyménoptères, établie par Latreille (Gêner. Crust. et Ins., et Considér. génér., p. 282), cl ayant, suivant lui, pour caractères : abdomen implanté sur le inétalhorax par une portion de son diamètre transversal; ailes inférieures sans nervures distinctes; corps ne se contractant point en boule; abdomen comprimé ou déprimé, mais caréné en dessous, du moins dans les femelles; tarière filiforme; palpes très-courtes; antennes en massue ou grossissant vers le bout, brisées , de six à douze articles. Cette famille comprend les genres Lcucospis, Chatcis, Eurytome, Cynips, Eulophc, Cléonyme, Spbalangie, Périlampe, Pléroraale, Encyrte, Plaligaslre, Scélion et Téléas.

CYNOCÉPHALE. Cynocephalus. ram. Genre de Singes, caractérisé par les cinq tubercules delà dernière molaire d'en bas, caractère qui se retrouve chez les .Macaques; mais ceux-ci, outre qu’ils sont de taille inférieure, n'ont pas les narines terminales et tout à fait antérieures. Celte disposition terminale des narines projetées même uii peu au-devant cl au dessus des lèvres, de manière que le museau est tronqué par un plan oblique en bas, comme dans les Cochons, caractérise suffisamment à elle seule toutes les espèces de ce genre. Ce inuseau n'est point glanduleux; ce n’est pas un mufle comme dans les Makis. Chez les Grecs, le nofti de Cynocéphale, employé génériquement dans Diodore, lib. 2, Elien et Slrahon, parait s’étre appliqué à trois espèces, le Sphinx, le Cebus eL le Cynocephalus proprement dit. D'après les paysoù lesauteurs cités indiquent l'existence de ces animaux, et d'après la Mosaïque de Palestrine où deux de ces Singes sont représentés avec les noms de Sphingia et de Cepus, il est très-probable que le Cynoceptialus est le Babouin, le Sphinx l’Hamadryas, et le Cepus ou Cebus le Chacma ou Cynocéphale noir, Singe- Cochon d'Aristote.

Ce genre a été désigné par Buffon sous le nom de Babouin; mais en adoptant rigoureusement les caractères d'admission dans ce genre, tels que les détermine cet éloquent naturaliste, il faudrait en exclure l'espèce qui précisément en est le type, et dont le nom est appliqué au Magot ; en quoi Buffon fait un double emploi du Magot, l'ayant déjà qualifié du nom de Pithèque sous lequel il était réellement connu des Grecs et des Romains. La considération des patries assignées, par les anciens même, au Pithèque et au Cynocéphale, aurait dû prévenir cette erreur de Buffon. Il est vrai de dire que, d'après les écrits des anciens, on aurait pu croire que leurs Cynocéphales n’avaient pas de queue. Néanmoins Agalharcbides, copié par Diodore, avait donné sur les espèces dites Cynocéphales un renseignement décisif, c'est, dit-il, que les femelles ont leur matrice à l'extérieur durant toute leur vie. L'erreur dans la détermination anatomique de l'organe, n'a pas moins pour sujet un caractère particulier aux Cynocéphales, savoir l'énorme développement du tissu érectile de l’entrée de la vulve. 11 n’y avait donc pas lieu, en y donnant un peu plus d'attention, de confondre le Cynocéphale avec le Pithèque. En outre, il n'est près-

que pas de monuments d'Égypte et de Nubie où ne soient figurées avec beaucoup d'exactitude deux ou trois espèces de Cynocéphales. Le Magot n'y est pas représenté une seule fois, non plus qu'aucun autre Singe sans queue. Quant au Magot, cette absence est de nécessité, puisqu'élant indigène des hauteurs de l'Atlas, il dut être inconnu aux égyptiens.

Les Cynocéphales sont en général de la taille de nos plus grands Chiens; si même on en croyait ce que des voyageurs rapportent de la taille du Mandrill , cet animal surpasserait le Pongo, le plus grand de tous les Singes authentiquement connus. Ils se distinguent de tous les autres Singes par la brièveté de leurs membres antérieurs, et cependant leurs membres postérieurs sont encore à proportion plus courts. Ils ont tout à fait le port d’un Quadrupède, ce qui leur donne plus d’aisance à marcher à quatre pattes, et leur rend moins indispensable l'habitation des arbres. Aussi verronsnous que plusieurs Cynocéphales n'habitent pas les forêts. Leurs doigts, réunis par une bride lâche de la peau jusque près de la seconde phalange, sont encore plus courts que dans les Guenons; les phalanges sont aussi moins arquées, quoique la face palmaire en soit légèrement concave, de sorte que leur main est à proportion plus courte que celle de l'homme. Elle est donc loin de représenter cet immense crochet articulé, auquel les Orangs, les Gibbons, les Atèles doivent cette incroyable facilité de grimper aux arbres, de se suspendre à leurs branches. Leur corps, épais et trapu, n'a pas non plus la souplesse, la flexibilité de celui de ces animaux et des Guenons; et quoiqu’incomparablement plus agiles que les Chiens et même que les Chats, ils sont iucapables de cette immensité d'élan, de cette agilité de saut des Singes dont nous venons de parler. Quoiqu'accoulumés à marcher à terre sur leurs doigts, leurs pouces, plus écartés aux quatre pieds que celui de la main de l'homme, et opposables en proportion, leur donnent , pour saisir et empoigner des objets même plus volumineux, une adresse et une facilité au moins égale à celle des autres Singes pourvus de plus longs doigts. Le pouce de derrière est constamment plus long que celui de devant ; les ongles sont allongés et ployés en gouttière, ce qui en fait des armes puissantes et des crochets propres à déchirer et même à déterrer les racines dont ils se nourrissent. La queue, variable d’une espèce à l'autre pour la longueur, mais invariable dans la même espèce, a cela de commun dans toutes qu'elle est toujours relevée en arc dans l'étendue de trois ou quatre pouces. De là celte attitude particulière de la queue des Mandrills et Drills, qui l’ont courte et tout entière redressée, et de celle des Babouins proprement dits, laquelle, n'étant pas moindre que les deux tiers de la longueur du corps, retombe droite et sans mouvement au delà de la partie recourbée.

La tète des Cynocéphales, d’où est venu leur nom, est la partie caractéristique de leur physionomie , même sur le squelette; elle manque de front. Le frontal, coudé à angle presque droit sur le plan de l’orbite, forme la voûte de celle cavité, et se projette brusquement en arrière, presque dans le même plan que le

pariétal. Celui-ci arrive presque sans courbure à l'occipital qui, n'ayant pas de partie horizontale, coupe aussi brusquement le vertex en arrière , que le frontal en avant. 11 en résulte que le vertex est presque plat dans cet intervalle, et entre les deux lignes temporales. Ces deux lignes sont en général plus écartées l'une de l'autre dans les Cynocéphales que dans les autres Singes adultes. Dans l'Hamadryas surtout, elles restent parallèles, depuis les crêtes sourcilières jusqu'à la crête occipitale. de sorte que le vertex de cette espèce adulte représente un plan régulièrement quadrilatère, dont la longueur et la largeur sont à peu près celles de tout le crâne; dans les autres Cynocéphales, ce plan représente un triangle dont le sommet est plus ou moins tronqué en arrière à l’occipital ; il résulte de cet élargissement des pariétaux que, nonobstant la petitesse de l'angle facial et l'énorme développement de la face, l'aire du crâne ( ce mot ) est encore supérieure quelquefois d’un quart à l’aire de la face. Celte aire du crâne a même une proportion encore plus avantageuse, si on la compare au volume de l'animal. Les crêtes sourcilières, plus avancées que dans aucun autre animal, donnent à ces Singes un air de férocité tout particulier. La projection de la face en avant, dépend surtout de l'agrandissement des palatins et de l'énorme renflement des os maxillaires en deux côtes proéminentes tout le long du nez. Ce renflement agrandit l'espace du sinus nasal et du cornet correspondant. Car nonobstant Passez petit développement de la partie clhmoïdalede l'organe de l'odorat, la partie maxillaire est plus prédominante que chez la plupart des Mammifères. Le devant de cette énorme côte reçoit l'alvéole de la canine supérieure. L’ouverture des narines est trèsdilatée; dans quelques espèces, elles soûl séparées en dessus par une échancrure. La langue est douce, trèsextensibie; le goût parait très-actif chez ces animaux. Le palais, par ses nombreuses rugosités et le volume de ses nerfs et de ses vaisseaux que représente la grandeur des trous palatins cl incisifs, doit aussi en être le siège. Les lèvres sont peu proéminentes, mais fort mobiles. On a vu des Babouins, buvant avec un verre, l’appuyer sur la lèvre inférieure projetée en cuiller pour le recevoir. Les paupières ressemblent à celles de l'homme; la pupille est ronde et l'iris brun. La conque de l’oreille diffère de celle de l'homme par le grand développement du lobule et par rallongement en pointe de la partie supérieure. Les mains, comme celles de tous les Singes, jouissent de la même organisation et vraisemblablement d'une extrême sensibilité tactile.

L’appareil de la génération, par l’excessif développement dos organes de la volupté et surtout par le développement du tissu dans lequel parait résider la cause mécanique et sensitive du plaisir, mérite une considération particulière. Ces organes, dont le but définitif est la reproduction , ont cependant en réalité dans l’existence des animaux supérieurs, des Mammifères surtout, un effet plus immédiat, qui mérite toute l’attention du physiologiste et du philosophe. Des métaphysiciens moroses ont tonné contre l'usage continu que l’homme fait de la volupté; ils ont opposé à cette continuité, comme un exemple à suivre, la longue con-

linencc de la plupart des animaux qui ne se livrent à l'amour qu'à des époques dont la durée n'occupe qu'un espace de quelques jours dans l'année ; et dont les femelles, le but de la génération atteint, c'est à dire une fois fécondées, repoussent les approches des mâles. Ils ont attribué à une dépravation de l'esprit les jouissances continuées de l’homme dont la compagne partage encore les plaisirs, tout en portant dans son sein les fruits de leur ainour. El des médecins ont considéré, par rapport à la femme enceinte , cette continuation des jouissances à peu près de In même manière.

Trois sortes d’organc6 concourent à la génération, comme Cuvier l'a surtout fait remarquer le premier. L'ordre successif de leur exercice, indépendamment de toute instruction prématurée, met en jeu d'almrd les organes du plaisir, qui sont réellement les excitateurs de tous les autres. Or, entre les organes de la volupté et les organes essentiellement reproducteurs (c'est-à-dire sécréteurs), il existe une loi de balancement qui, dans le plus grand nombre des animaux, est à l’avantage des derniers. Chose même extraordinaire, la production est d’autant plus abondante dans la nature que la conscience de son acte et du plaisir qui l’amène, est moindre. Au contraire, à mesure que la conscience de la vie s'anime et se personnalise pour ainsi dire davantage dans les animaux, à mesure la faculté reproductrice diminue, et celle du plaisir augmente avec ses organes; l’animal vit davantage pour lui-même; ses actes, dans leurs motifs et leurs effets, leur deviennent plus personnels; il se complaît même dans beaucoup de ces actes, sans autre résultat que l'émotion intérieure qu'il en éprouve. Néanmoins il n'est pas libre dans l’exercice de ces actes. La sollicitation toujours pressante de ses besoins le force à les satisfaire. Et certes cette existence de lubricité, le plus souvent stérile pour la multiplication de l'espèce, était dans les lois de la nature, puisque le Créateur a, dans les Singes en général cl surtout dans les Cynocéphales, donné aux organes du plaisir le même excès de prédominance qu'il a donné ailleurs ù ceux de la production. Tout le inonde sait que chez l'homme, le sens de la volupté réside surtout au gland, et dans la femme au clitoris, organes d’une structure particulière, dont le tissu, connu sous le nom d'Éreclilc (f\ ce mol), 6e retrouve partout où la sensibilité tactile doit être plus exaltée. Ce tissu, dans l'homme, développe pourtant beaucoup moins de surfaces que dans la femme ; et l'ex|>érieiice prouve assez que l'étendue de ecs surfaces mesure assez bien l’énergie du plaisir. Or, chez les Cynocéphales, la peau des fesses et de presque tout le pubis, par l'excès de développement de ses papilles nerveuses et de son réseau vasculaire, qu'alimenteut d'innombrables vaisseaux sanguins, est tout entière transformée en tissu érectile dans toute la perfection de la structure de ce tissu. El comme dans l’espèce humaine ce même tissu s'est développé autour de la bouche, où les lèvres peuvent aussi frémir sous l’impression de volupté qu'elles propagent, qu'on juge de la susceptibilité lascive des Cynocéphales dont toute la peau de la face est transformée en ce tissu, qui n’existe chez nous qu'au pourtour des lèvres et encore à un moindre degré. Chez eux, le tissu érectile des joues ne

diffère pas de celui de la région génitale; et comme sous ce tissu érectile des joues, dont l'intensité de couleur surpasse celle qui existe au gland de l’homme ou de la vulve de la femme, se développent ces immenses narines dont l'activité est pour ainsi dire la sentinelle du plaisir, que l’on juge par quels emportements de lascivité doivent être sans cesse entraînées toutes ces espèces! Que l'on en juge parce plus vif aiguillonnemenl au plaisir qu’excite chez l’homme la sensibilité accrue de la peau voisine des organes génitaux ou de ces organes mêmes, lorsqu'elle est atteinte de dartres qui n'en développent néanmoins que médiocrement le tissu vasculaire! Quand on a vu des salles de dartreux dans un hôpital, on sait que la décence y est presque aussi difficile à maintenir que dans une ménagerie de Singes en présence d'une femme. Or, dans ces salles les deux sexes sont séparés; et comme l’exercice même des organes les rend plus propres à agir, que l’on pense combien, par la satisfaction toujours libre et facile de leurs désirs, les besoins doivent prendre plus d'empire chez les Cynocéphales, par l'effet môme de cet exercice! Aussi les femelles recherchent cl provoquent les mâles après la conception comme avant. Chez elles, le développement du tissu érectile excède par rapport à leurs mâles la proportion de ce même tissu dans la femme par rapport à l'homme. Les deux paires de lèvres sont tout à fait déplissées par l'accumulation du tissu érectile, et saillent des deux côtés de la vulve comme deux bourrelets dont le volume va en diminuant du côté du clitoris. Chaque mois la turgescence du tissu érectile, par un périodisrne de fluxion qui ne diffère de la menstruation de la femme que par son excès, développe ces bourrelets en énormes protubérances animées alors, selon les espèces, d’un rouge pourpré ou d’un bleu foncé. Ces couleurs subsistent toujours dans les deux sexes, mais à un plus haut degré chez les femelles durant la menstruation, à la peau des fesses, du pubis; et chez les Mandrills, à celle des joues. Ce tissu érectile cl les couleurs qui l’animent, ne se développent qu’à l’approche de la puberté. On conçoit quel changement dans la physionomie, celte révolution amène pour les espèces à visage peint, indépendamment des changements de la charpente osseuse de la tète. Avant celte époque, toutes ces espèces sont à peu près également dociles et susceptibles d'affection pour leurs gardiens; leurs agitations ne sont alors que de la turbulence, sans empreinte de méchanceté. Mais une fois pubères, les Cynocéphales paraissent ne plus vivre que pour exercer sans cesse leur lubricité et leur méchanceté. Désormais ils font le mal sans nécessité, sans avoir à le prévenir et sans le but d’en profiter. Haïssant par inslincL tout ce qui est vivant, leur cruauté sans objet est un nouveau démenti des causes finales, puisqu'elle n'a pas sa raison, comme pour les Carnivores, dans la nécessité de se nourrir du sang ou de la chair de ses victimes. Mais ce qui n'est pas moins étonnant, ce besoin de mal faire se suspend par la plus légère cause. Des transports de la colère ou de la jalousie la plus brutale contre vous, un Cynocéphale va passer brusquement à l’expression d'un sentiment affectueux, bientôt remplacé par un accès de haine. Celle mobilité d’émotions, cette

démence d'idées leur est commune avec les Guenons et surtout les Macaques. Mais leur excès de lubricité n’appartient qu'à eux. A l’aspect d'une femme que par l'odorat ils savent même reconnaître sous un voile où elle est invisible, tout leur devient étranger. Du geste, du regard, de la voix, il semble qu’ils la possèdent, qu'ils en jouissent. El si un homme, par l’apparence d'une caresse, excite leur jalousie, leur emportement n’a plus de mesure. — Au défaut de femelles, et si leur cage est assez grande pour qu’ils se mettent hors de la portée du châtiment, ils s'abandonnent sans frein à la masturbation. Celle provocation au plaisir ne vient, pas plus chez eux que dans l'homme, d'un excès de semence accumulée. L’impression excitante réside seulement dans le tissu érectile. On a vu des Macaques saillir leurs femelles plus de vingt fois en une heure, et quelquefois avec assez peu de précaution et d'adresse pour que l’on ail pu s'assurer qu'il n’y avait pas d'éjaculation. Il est donc évident que dans leurs jouissances réitérées, les chances de fécondation doivent être rares pour les femelles. Néanmoins, nonobstant l'abus auquel le degré d'intelligence qu'ils possèdent pourrait les entraîner, il n'est pas certain qu'on ait observé entre les mâles cette dépravation dont il a été parlé au sujet des Cohaïes (t’r. ce mol), et qu’on avait jusqu’ici attribuée uniquement â l'homme. Avec cette violence d'appétit vénérien et cette inépuisable faculté de le satisfaire sans cesse, on conçoit quels risques courent les femmes dans les contrées habitées par ces Singes, et où ils acquièrent en liberté le complet de leur développement. Sous les ardeurs du Tropique qui embrase leurs sens, et au milieu d'une végétation qui leur fournil la nourriture de leur choix, que ne peuvent-ils pas oser et faire d'après les exemples qu'ils donnent quoique captifs dans nos climats où presque tous meurent de phthisie? U y a des exemples assez nombreux de femmes, qu’ils ont enlevées et conservées plusieurs années parmi eux, en les nourrissant avec le plus grand soin.

Outre que chaque espèce parait circonscrite dans des régions distinctes, sous un même climat chaque troupe est établie dans un caulou où elle ne tolère l’établissement d'aucune autre ; elle en défend même le territoire contre les hommes; s'il en parait quelques uns, l'alarme est jetée : les Cynocéphales s'appellent, se réunissent, cl par leurs cris, leurs démonstrations, essayent de leur faire rebrousser chemin. Si ces manœuvres sont inutiles, l'ennemi est assailli de pierres, de branches d'arbres, et même d’excréments. Les armes â feu seules les effrayent, et ils ne fuient qu’après avoir laissé plusieurs des leurs sur le terrain; mais s'ils sont en nombre, ils n'hésitent pas d’attaquer malgré le feu. Delalandea dit avoir, avec ses Hottentots, cerné des Papions sur des rampes de précipices d'où la retraite leur était impossible. Plutôt que de se laisser prendre, il les a vus se jeter en bas de près de cent mètres, et se briser dans la chute. Pendant son séjour au Cap, un Anglais, entraîné à la poursuite des papious, sur la montagne de la Table, fut cerné par une troupe de ces animaux sur un rocher d'où il aima mieux se précipiter que de tomber entre leurs mains; il se tua dans la chute. Corps à corps un grand Papion a bientôt terrassé un homme;

ses énormes canines percent et déchirent comme celles du Tigre. Un Chacma, jeune encore, échappé de sa cage à la Ménagerie, et imprudemment menacé d'un bâton par le gardien, lui ht en un clin d'œil à la cuisse trois blessures qui pénétrèrent jusqu'au fémur. On n’aurait pu s'en rendre maître qu'en le tuant, mais on mit adroitement â profit sa convoitise pour les femmes. Il était affectionné à la fille du gardien qui lui donnait ordinairement â manger : elle se plaça devant la grille de la cage à l'opposite de la porte restée ouverte, et feignit de recevoir les caresses d’un homme. A cette vue le Singe oublie son adversaire, jette un cri, et s'élance dans la cage vers l’objet de sa jalousie. Exemple remarquable du passage instantané chez ces animaux de la fureur de la haine â la jalousie de l’amour.

Dans toute l’Afrique , depuis le tropique du Cancer jusqu'au cap de Bonne -Espérance, ces animaux ravagent les cultures de leur voisinage. L’on sait avec quelle précision d’évolutions et de manœuvres ils dévastent un jardin : échelonnés â distance convenable pour se jeter de nialn en main les fruits du pillage, ils s'étendent, s’il est possible, depuis l'endroit à piller jusqu’à leur relraile; ou bien, si la colonne ainsi échelonnée est trop courte, ils font à l'autre bout un entrepôt, d’où ils recommencent la manœuvre. C'est la nuit qu'ils maraudent : des sentinelles veillent à leur sûreté. On va jusqu’à dire que ccs sentinelles payent de leur vie la surprise dont elles n’ont pas averti.

line seule espèce de Cynocéphale ne se trouve pas en Afrique; c’est le Cynocéphale noir de Dussumier. Toute» les autres sont africaines. Mais il parait que l’Ilamadryas se trouve aussi en Arabie. Voici à peu près leur répartition sur ce continent : le Drill et surtout le Mandrill paraissent propres aux deux Guinées; on n’en a pas trouvé au sud du tropique du Capricorne; le Babouin parait indigène de toute l’Afrique entre les deux tropiques; l'Hamadryas habile l'est de la même zone; le Singe noir ou Chacma parait propre à toute la côte orientale ; enBn le Papion , certainement inconnu des anciens, habile le cap de Bonue-Espérance et les contrées voisines.

Les sites préférés par les Cynocéphales que l’on connaît le mieux ne sont pas les forêts; ce sont les montagnes et les rochers parsemés seulement de quelques buissons. Aujourd'hui comme au temps de la fondation de la colonie, de nombreuses troupes de Papions habitent les rochers de la montagne de la Table, où il n’y a pas de buisson qui ait plus de cinq pieds de haut. Les Papions n'habitent pas même dans ces buissons, mais dans des creux de rochers accessibles seulement par des rampes ou des ressauts si étroits qu’on ne peut les y poursuivre. Il faut, pour les cerner, une lactique calculée sur la connaissance des lieux et sur l'habitude qu'ont ces animaux de faire de fréquentes haltes dans leur» retraites. D'après plusieurs récits des anciens sur les Troglodytes , il parait probable qu'ils ont souvent entendu parler des Cynocéphales. C’est à une de ces espèces, qui semble devoir être l’Hamadryas, et qui est nommée Spbynx dans Diodore, qu'auront fait allusiou plusieurs de leurs fables.

Les femelles, dans ce genre comme chez les autres

Singes, sont constamment plus petites et plus douces que les mâles. Cette remarque est importante, puisque chez les Carnassiers, les femelles, aussi grandes que les mâles , sont plus féroces qu'eux quand elles ont des petits. Elles sont réglées tous les mois. Chez elles le mamelon est très -saillant; elles fout ordinairement deux petits , donL l'un au moins est toujours accroché à elles dans les marches ou dans la fuite. Chez toutes les espèces, le poil, plus long au cou, y forme une sorte de crinière : l'excès de longueur de celte crinière forme dans le Tartarin sur les épaules une sorte de cainail, et sur la tête une véritable chevelure qui retombe â droite et à gauche sur les oreilles. Le poil est constamment moins fourni aux parties inférieures du corps; ses couleurs sont aussi plus vives aux parties supérieures. Dans toutes les espèces, moins le Cynocéphale de Solo, les poils sont annelés d’un jaune plus ou moins pâle et de noir; la différence des nuances dépend de la prédominance de l'une des deux couleurs; la couleur de la peau même varie avec les espèces ; les fesses sont toujours rouges ; la voix dans le contentement est une sorte de grognement assez doux; dans la colère elle est aiguè et retentissante. Ils saisissent la nourriture avec leurs lèvres (c'est ainsi, par exemple, qu'ils cueillent les fruits peu volumineux), ou bien ils la portent à la bouche avec leurs mains. Leur appétit est médiocre eu égard à leur taille; en mangeant ils commencent toujours par remplir leurs abajoues, grands sacs formés par des prolongements de la muqueuse de la bouche, et qui s'étendent entre le peaucier et les muscles sous-jacent* jusqu'au-devant du larynx, où les deux sacs se louchent par leur fond.

Geoffroy Saint-Hilaire ( Tabl. des Quadrum., Ann. du Mus. ) a fait deux divisions des Cynocéphales, qu'il nomme Babouins comme Buffon : la première a la queue plus longue que le corps, les contours du maxillaire arrondis, le museau triangulaire, l'angle facial de 35°; il y place le vrai Babouin; la deuxième division où les maxillaires renflés en dessus forment deux plans verticaux , a le museau carré long , l'angle facial de 30° , la queue plus courte que le corps d'une quantité variable.

Cynocéphale Babouin. Simia Cynocephalus , L. Geoffroy et F. Cuvier, Mam., 4° liv. Face couleur de chair : cette couleur est un peu plus claire autour des yeux; la partie supérieure du corps est d'uu jaune-verdâtre assez uniforme; tout le dessous d'un jaune plus pâle; de larges favoris blanchâtres réunis sous le cou; la queue relevée à son origine se re ploie bientôt , et descend jusqu'au jarret. Chez les jeunes la couleur des fesses, au lieu de rouge, est d'un noir tanné. Dans celte espèce, les narines ne dépassent pas le museau qui est tronqué perpendiculairement, et les cartilages latéraux, un peu échancrés dans leur milieu, restent, dans cette partie, en arrière de la cloison moyenne. Le Babouin, jusqu'ici confondu avec le Papion , a du museau aux callosités, deux pieds trois pouces ; de l'occiput au museau, neuf pouces; au train de devant, un pied dix pouces; à celui de derrière, un pied neuf pouces. Le Babouin est fréquemment figuré sur les monuments de l'Égypte et de la Nubie (Aol. d’Égypte, vol. n, pl. 83, n° 1 ); l'on voit des Babouins tenant des Cochons par la queue sur

les bas reliefs des tombeaux des rois, à Thèbcs (ibid., pl. 38, n®* 10 et 8, pi. 81 ; une tête de Babouin, n° 14 ). Le Babouin avait un temple et un culte fameux à celle des trois üerinopolis, dont les ruines sont près d’Achmouneïn. Il habite l'Afrique en dedans du Tropique; c'est lui que les anciens désignaient sous le nom de Cynocéphale.

Cynocéphale Tartahin. Simia Hamadryat, L., Encycl., pl. 10, fig. 3 ; Mam. lilh., liv. 5«. Sclireber, t. 10 : cynocephalus, Gcsuer, fig. Quadr., p. 253; Lowatulo , Buffon, t. 14, et Suppl. 7. Pelage gris-verdâtre; parties postérieures plus pâles que les antérieures; jambes de devant presque noires; favoris et ventre blanchâtres ainsi que le beau manlelet qui lui enveloppe les épaules ; face, oreilles et mains de couleur tannée, laquelle est un peu plus foncée au bout du museau. Un sillon très-marqué sépare en dessus les narines qui . par là, ressemblent plus à celles du Babouin qu’à celles du Papion. Les fesses sont rouges; il y a très-peu de poils au ventre et à la face interne des membres ; une mèche terminale à la queue qui avait un pied trois pouces de long, sur un individu où les autres proportions étaient de l'occiput au museau , huit pouces ; de l’occiput aux fesses, un pied trois pouces six lignes; hauteur au train de derrière, un pied trois pouces six lignes; au train de devant, iin pied quatre pouces 6ix lignes. L'ilainadryas a treize côtes et cinq vertèbres lombaires. Il venait autrefois fréquemment en Europe lors des communications avec l'Abyssinie : il est figuré sur les niches et les bas-reliefs du sanctuaire du temple d'Essahoua (Monum. de la Nubie par Gau, pl. 43, fig. a ; et ibid.% pl. 3, Mon. de Dequel, en face d'un Lion). Marrnol, Description de l’Afrique, p. 1, lib. 1, cap. 23; Ludolf , Jiist. Elhiop ., lib. I, cap. 10; Alvarez, /fin., chap. 17, mentionnent cet animal que Nicburh a vu aussi en Arabie.

Cynocéphale Chacma, Cynocéphale noie, Babouin Porc, Simia Porcaria, Boddacrt, Schrcb., Suppl. 7, h; ibid. G, d, sous le nom de Simia Sphyngiola , Hermann ; Mam. lilh. de F. Cuv., 7e liv. — D'un noir verdâtre, avec prédominance du vert sur la tête; face et oreilles nues cl d'un noir violâtre, ainsi que la paume des quatre mains ; peu de poils à la face interne des membres. Une forte mêcbe noire termine la queue qui avait un pied huit pouces de long sur un individu âgé de quinze ans, dont voici les autres proportions : hauteur aux épaules, deux pieds quatre lignes; aux hanches, un pied neuf pouces quatre lignes; longueur de la tète, un pied. Le Chacma a une sorte de crinière au cou, des favoris grisâtres, dirigés en arrière ; la paupière supérieure blanche comme au Mangabcy ; le ventre tout à fait plat, des callosités très- petites. Une femelle, apportée du Cap par Pérou, n’avait pas de crinière comme son mâle, et était en général moins velue. Le Chacma est nommé par les Uotlenlols Choak Cama; Delà la mie l'a vu se tenir par troupes de trois ou quatre seulement, sur les montagnes, dans le voisinage des bois où ils n’entrent que pour fuir les chasseurs. Quoiqu'oii ait dit que les Cynocéphales ne souffrent aucun Singe dans leur voisinage, Dclalande a toujours rencontré, sur la lisière des bois, près desquels habitent les Chacmas, la Guenon naine. 11 n’a rencontré le Chacma qu'au

delà de Groote-Vfs-River. au Keiskama. Il n’a pas tu de . Papinns, très-communs aux environs du Cap, au delà de Plata- Monts -Bay, plus de cenl lieues en deçà de Groole-Vis-River. Celte espèce, qui semble se propager en remontant la côte orientale, est peut être le Cchus ou Cepus adoré à Bahylone, près Memphis, selon Strabon. Le Cliacma a treize côtes et cinq vertèbres lombaires.

Cynocéphale Papion. Simia Sphynx, L.; Papio, C.esner et Jonslon; Buffon, T. xiv, Encycl., pl. 6, fig.4,et pl. 9, fig. 1 ; Scbreber, pl. G; Suppl. 13, B; Main. lith. de F. Cuv., G' et 7* liv. — Caractérisé pdr la proéminence des narines au delà du museau; face, oreilles et mains toutes noires, avec les paupières supérieures blanches ; pelage brun-jaunâtre ; joues brunes ; les poils des favoris dirigés en arrière. Le poil est plus rare sous le corps et à la face interne des membres. L’individu décrit et figuré par F. Cuvier, à peine adulte, avait déjà deux pieds du museau à l'anus; tète, neuf pouces et demi; queue, vingt pouces; hauteur du train de derrière, vingt pouces; de devant, vingt- deux pouces; paume des mains, quatre pouces et demi; plante des pieds, cinq pouces neuf lignes. Les femelles et les jeunes ne diffèrent pas des mâles pour les couleurs, mais seulement pour les proportions ; leur museau est moins allongé, leur corps moins trapu : ils n'habitent que les rochers; sont très-nombreux dans ceux de la montagne de la Table. Delalande les a rencontrés jusqu'à trois cents lieues du Cap, vivant par troupes de trente à quarante. Dans cet espace il n’a pas vu un seul Chacma. Le Papion a douze côtes et sept vertèbres lombaires.

Cynocéphale Drill. Simia Leuccphœa, F. Cuvier, Ann. du Mus. pl. 37, très-jeune femelle; et Mam. lith. lr«, 14* et 53e liv. Distinct du Nandril au premier coup d’œil parce qu'il n'a que du noir à la face. Ce nom de Lcucophœa , donné d’après la couleur d’un très-jeune individu qui fut le premier décrit, ne convient pas à l'adulte dont le pelage ne diffère de celui du Mandrill que par plus de verdâtre dans les parties supérieures, et de blanc dans les inférieures. Les poils des joues, assez rares , moins foncés que les autres et couchés en arrière, sont jaunes et forment une sorte de barbe ; les poils du vertex convergcnlsur la ligne médiane, en une sorte de crête. La queue a un pinceau de poils gris. La peau de toutes les parties nues, excepté la région anale et génitale, est noire : elle est bleue partout où il y a du |»oii à travers lequel cette couleur se voit un peu. Les deux côtes saillantes à côté du nez, ne sont pas plisséescomme au Mandrill ; les testicules et les fesses sont d'un rouge vif. La femelle a la tête moins allongée; lestons du pelage moins verdâtres ne sont bien marqués qu’à la tête et aux membres. Le gris domine au dos et aux flancs. Voici les proportions d'un Drill qui n'avait pas encore toute sa croissance : deux pieds deux pouces du sommet de la tète aux callosités; hauteur, vingt-deux pouces au train de derrière; tête, de l’occiput au museau, huit pouces huit lignes; queue, à peine trois pouces. C'est le ff'ood- Baboon de Donnant. Son Yellowbaboon et ses autres Babouins à courte queue n'ayant été décritret figurés que d'après des empaillés, et les couleurs disparaissant avec la vie, restent nécessairement indéterminés.

Cynocéphale Manbriil. Simia Mai mon, L.; Mormon, Alstroem. /4ct. Ilolm.; Papio Mormon, Geoff., Ann. du Mus., le mâle sous le nom de Chorag, Scbreb., t. 8 ; la femelle, ibid. , tab. 7, sous celui de Maimon Montegar, Trans. Phil. n° 290; BufF., T. xiv, pl. 10 et 17 ; Mammif. lith., 29* et 41e liv. Les adultes de cette espèce, comme dans le Drill, ont toutes les parties supérieures des cuisses teintes d'un mélange éclatant de rouge et de bleu qui ne le cède en vivacité au brillant du plumage d'aucun Oiseau : ces couleurs, qui ne se manifestent qu'avec la puberté, se flétrissent et même s’effacent quand l’animal est malade. Les deux côtes qui bordent le nez dans tous les Cynocéphales, sont ici colorées du plus beau bleu auquel le plissement oblique de la peau donne des reflets très-vifs. Tout le nez, depuis les yeux jusqu’au museau, devient avec l'âge d'un rouge brillant; mais l'éclat de ces couleurs de la face est moindre que celui des cuisses. Chez les Macaques, si voisins des Cynocéphales, les testicules sont aussi d’un beau bleu lapis dans le Malbrouk , et d'un beau vert dans le Grivet. Avant le développement des canines, la tète est large et courte, la face noire, avec les deux côtes maxillaires bleues et ridées; les fesses n'ont pas encore de couleur et les testicules sont de couleur tannée ; le corps est fort trapu ; avec l'éruption des canines, le corps et les membres s'allongent et surtout le museau ; alors le bout du nez rougit, les fesses et les testicules sc colorent. A trois ans, l'accroissement des canines est presque terminé; le corps se muscle et devient épais presque comme à un Ours; alors le nez rougit sur toute sa longueur, les couleurs s'avivent aux testicules , aux cuisses et autour de l’anus. Le pelage change peu ; le dessus du corps est d’un brun verdâtre assez uniforme, le dessous est blanchâtre; il y a derrière chaque oreille une tache d'un blanc grisâtre les côtés de la bouche sont d'un blanc sale; une barbe jaunâtre au menton, déjà bien développée chez les jeunes, ainsi que les plissements des côtes maxillaires. Dans les vieux Mandrills, les poils du vertex se relèvent en aigrette : le nez des femelles n'est jamais entièrement rouge; mais chaque mois les bourrelets de la vulve se gonflent en une protubérance sphérique, qui dure cinq jours, pendant lesquels sc fait l'écoulement menstruel. — Les différences qu'entraînent les âges et le sexe avaient fait multiplier mal à propos les espèces ou variétés du Mandrill : on en peut juger par la synonymie que nous avons donnée. Celle espèce habite l'Afrique dans le voisinage du golfe de Guinée; elle ne s'étend guère au delà du royaume de Congo.

Cynocéphale chevelu, Babouin chevelu, Papio contalu », Geoffroy Saint- Hilaire, Tabl. des Quadrum., Ann. du Mus. — Pelage brun noir; deux touffes de poils descendant de l'occiput; joues striées cl noires. C’est le Simia Sphyngiola d'Hermann, dans Scbreber, pl. G, b.

Cynocéphale Malais. Cynocephalu» Malayanus , D. — Pelage tout à fait noir et dur, formant une aigrette élargie sur la tète; face et mains noires; la tète est plus carrée que dans toutes les autres espèces; le museau moins allongé, mais la face a beaucoup plus de largeur; le maxillaire ne se relève pas en côte le long du nez, mais s’aplatit parallèlement au ne* en un plan

ogle

qui s'élargit vers l'orbite, au bord externe duquel il commence, lien résulte que la face, à partir du front, est bornée eu dehors par une ligne droite, sans aucune courbure ou rétrécissement ; et comme le museau a encore à proportion plus de largeur que dans les autres Cynocéphales , le visage carré de ce Singe le fera toujours reconnaître aisément, indépendamment de son beau noir et de sa petite taille qui n'excède pas quinze ou seize pouces de la tête au derrière. 11 est des Iles Philippines. Dussuinier l’a apporté de Solo.

CYXOCÉrHALE NOIR. y. CYNOCÉPHALE CHACXA.

Cynocéphale de \V acier. Cynocephalus tt-'aglcri, Agassiz. Celte espèce a été établie d'après un individu femelle, conservé dans le musée de Munich et que Wagler avait acheté vivant à Londres. Il a environ trois pieds depuis le nez jusqu'à l'extrémité de la queue; celle-ci a quinze pouces et demi. La face est très-saillante, nue; elle présente seulement quelques poils rares au pourtour de la bouche; les oreilles, légèrement ovales , sont nues et sans rebord ; la partie antérieure du cou ainsi que la poitrine sont à moitié nues; le pelage est d'un gris olivâtre, avec l'extrémité de chaque poil noirâtre. Cette espèce parait être d’un caractère assez doux; ses mouvements sont lents; elle marche toujours sur les quatre extrémités; sa voix est rauque. On ignore la patrie dont elle est originaire.

Cynocéphale Nègre. Cynocephalus Niger, Desm. Quoy et Gaym., Zool. du Voy. de l'Astrol., pl. 6 et 7. Gtay.,Spicü. Zool., pl. 1 . f. 2. Simia nigra, Cuv., Règ. an. Macacus mourus, F. Cuv., Mam. pl. 40. Ce Singe, qui a des abajoues de moyenne grandeur, se distingue par un museau allongé; sa face se rapproche de la forme d’un ovale régulier, plus élargi en haut par la saillie des os malaires; le front est avancé; le nez forme entre les yeux une arête arrondie, qui s'efface bientôt complètement en devenant plus large; elle se termine à quatre lignes de la lèvre, par une pointe de cœur, et de chaque côté paraissent les ouvertures des narines, subovalaires. avec un indice de séparation pour chacune d'elles, formé par le cartilage du nez; la bouche est médiocrement grande avec les lèvres pourvues de soies très-noires et rares; le reste de la face est lisse et luisant; les membres ne sont point disproportionnés dans leur longueur; le pouce de la main dépasse un peu la moitié de la longueur de la première phalange de l'index. Tout le pelage est d’un noir assez pur et terne, les poils sont ondulés; les callosités sont rouges; la queue est excessivement courte. Le Cvuocéphale nègre habite quelques mers des lies Malaques.

CYNOCÉPHALE, rois. Klein a donné ce nom à plusieurs espèces du genre Squale.

CYNOCEPHALIA. dot. Synonyme de Mufflier à grandes fleurs.

CYNOCRAMBE. bot. V. Thei.igqne.

CYNOCTONUM. bot. Ginelin {Syst. Nat. xm, T. n, 4 iô) fil, sous le nom de Cynocionutn sessili folium, un double emploi de VOphyorrhiza Mitreola, L. , et décrivit, comme seconde espèce de ce genre nouveau, une variété de la plante précédente, à laquelle il donna le nom de Cynoctonum petiolatum. Ce qui l’avait induit en erreur, c’était la description de deux plantes par

Waller qui, dans sa Flore de la Caroline, n'ay.int pu les rapporter à un genre connu, les avait désignées, ainsi que beaucoup d'autres, sous la dénomination impropre iVAnonymus; et Gmelin voulut donner un nom générique â ces piaules. Il ne serait nullement convenable de l’admettre, quoique le genre Ophyorrhiza de Linné soit maintenant partagé et que l’Ophyorrhiza Mitreola en ait été distrait. Ach. Richard, qui a opéré ce retranchement (Mém. de la Société d’Hist. nat. de Paris, vol. I«)t en fixant avec exactitude les caractères des deux genres, cl leur assignant une place certaine, a donné le nom de Mitreola à ce genre nouveau, qui reste dans la famille des Gentianées. Dioscoride donnait le nom de Cynoctonon à l'Aconit Tue-Loup.

CYNODE. Cynodon. bot. C’est-à-dire Dent de Chien. Le Chien-dent ou Pied de Poule, Panicum daclylon, L., placé tour à tour dans les genres Pas^talum et Digitaria , est devenu, pour Richard, le type d’un genre distinct, qu'il a nommé Cynodon , et qui a été généralement adopté par les agrostographes. On peut le caractériser ainsi : sa lépicène est unitlore, formée de deux valves lancéolées, un peu inégales et ouvertes; la gliime est plus grande, également formée de deux valves dont l’extérieure est très renflée, naviculaire et apiculée à son sommet; la gluinelle est tronquée. Les fleurs sont disposées en épis unilatéraux, partant plusieurs ensemble du sommet de la tige. Le Cvnude Pied- DE* Poe le, Cynodon dactylo n , ltich., est une petite plante vivace, dont la lige est rampante, la racine fibreuse , les rameaux redressés, peu élevés, garnis de feuilles distiques, et terminés par quatre à cinq épis. Elle est commune dans les lieux incultes cl sablonneux.

CYNODON. rois. Espèce du genre Denlex.

CYNODONTE. Cynodontium. bot. Ce genre, de la famille des Mousses, a été fondé par Ifedwig et adopté par Sch wœgrichen ; mais il a été réuni par Hooker ail Didymodon dont il diffère en effet très-peu; depuis, Bridel l’a limité aux trois espèces suivantes, qui n’ont que seize dents aux périslomcs, rapprochées par paire, comme dans les Didymodons : Cynodontium inclinatum , Cynodontium lati folium , Cynodontium cernuutn. Ce genre ne diffère par conséquent des Didymodons que par les cils de son péristome, au nombre de seize au lieu de trente-deux ; son port parait cependant assez différent pour que le genre mérite d’élre conservé; la tige de ces Mousses est peu rameuse, les feuilles sont insérées tout autour; la capsule est pédiccllée et inclinée, ce qui donne â ces plantes l’aspect de quelque Brys.

CYNODONTIER. Cynodontium. bot. F. Cynodontk.

CYNOGLOSSE. Cynoglossum. cor. Vulg. Languette Chien. Genre de la famille des Borraginécs; Pentandrie Monogynic. Linné a réuni en un seul genre le Cyuoglostum et VOmpha Iodes fondés par Tournefort; il lui donne les caractères suivants : calice â cinq divisions profondes; corolle infumbbiiliforme. courte et à cinq lobes, l'entrée du tube munie d'écailles convexes et rapprochées ; stigmate émarginé ; fruits déprimés, attachés latéralement au style. Le genre Omphalodes de

C Y Pi

Tonrnefort diffère de «on Cy noglossum par ses noix en forme de corbeille, tisses, dentées et courbées sur les bords, tandis que celles des vraies Cynoglosses sont planes et rudes; en oulre les feuilles de celles-ci sont ordinairement cotonneuses, et celles des Omphalodes sont entièrement glabres. Les corolles de ces dernières présentent un tube court et un limbe plan. Ces caractères ont paru suffisants à plusieurs auteurs pour en autoriser la distinction. Lehinann ( Berlin Cesellschaft. naturf. freund. vit!, 2, p. 07) a adopté YOmphalodes de Tourneforl; Rœmer et Schultes l’ont également décrit comme genre distinct, mais sous le nouveau nom de Picotin, trouvant l'ancien contraire aux préceptes de Linné, quoique dans sa Philosophie botanique ce législateur n’ait proscrit que les noms finissant en o ides, et que d’autres terminés en odes aient été depuis construits ou adoptés par des botanistes célèbres : tel est le Cyathotles de Labillardière, etc. Les Picotia décrits par les auteurs susdits, sont au nombre de neuf, indigènes de l’Espagne, du Portugal , de l'Italie, de la France méridionale et de l’Asie voisine de la Méditerranée. Un second genre a été formé aux dépens des Cynoglosses, par l’allas (/fin. vol. 1, / Ipjtcnd ., p. 480) qui lui a donné le nom de Rindcra. Il diffère du Cynoglossutn par la gorge ou l'entrée du tube de la corolle sans écailles et par ses noix comprimées. Le Cynoglossum lœtigatum , L., sous le nom de Rindcra Tetraspis , composait seul, dans l’origine, ce nouveau genre. Rœmer et Schultes y ont joint le Cynoglosnum glastifo * lium, Willd., et Cynoglossum emarginatum, Lamk. Enfin, Schultes ( OEstr . Fior. édit. 2, 1, p. 303) a séparé des Cynoglosses une espèce de Hongrie, et lui a donné le nom générique de Mattia. Dans leur Species, Rœmer et Schultes, oulre le Cynoglossum umbellatum de Waldslein et Kitaibel, ont rapporté à ce nouveau genre les Cynoglossum lanatum, Lamk., et Cynoglossum stamineum , Desf. La distinction des genres Rindera et Mattia d'avec le Cynoglossum n’est pas admise par divers auteurs et notamment par Lehinann. Brown pense néanmoins que le premier de ces genres offre des différences assez tranchées, et selon Rœmer et Schultes, peu de genres formés avec des espèces déjà connues sont aussi naturels.

Si d’après le caractère générique exposé plus haut, on ne considère tous ces démembrements que comme des sections du genre, et si par conséquent on conserve le Cynoglossum de Linné dans toute son intégrité, en faisant le recensement du nombre des espèces, on trouve qu’il se monte à près de cinquante. Il est peu de ces espèces qui n’aient reçu chacune plusieurs noms spécifiques, ou qui, dans certains auteurs, n’aienl été réunies à d’autres genres voisins des Borraginées, tels que VAnchusa , le Lithospermum ,1e Symjdiitum, etc. Le même nom générique cl spécifique a été donné à plusieurs plantes à la fois; ainsi, par exemple, Fortis, Miller, Brolero , Vahl et Willdenow, ayant méconnu le Cynoglossum Lusitanicuu t,L., ont chacun donné ce même nom à des plantes diverses, ce qui ne laisse pas que d’augmenter la confusion. Les Cynoglosses sont en général des plantes herbacées, à tiges rameuses et garnies de ficur6, le plus souvent d’une couleur rouge

vineuse. Elles habitent les contrées méridionales des zones tempérées. L’Europe et l’Orient en nourrissent le plus grand nombre, l’Amérique du Nord quelques espèces ; enfin, Thunberg en a fait connaître quelquesunes du Cap: Bory a rapporté de Pile de Mascarrignc le Cynoglossum Rorbonicum, et trois nouvelles espè ces se trouvent décrites dans le Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande par Brown. Parmi celles qui croissent naturellement en France, la plus belle et en même temps la plus remarquable par scs usages médicaux, est la Cyxoclosse officinale, Cynoglossum officinale , L.; elle croit dans les lieux incultes et pierreux de toute l’Europe. Sa lige herbacée, droite, velue, haute de dixhuit pouces, très- rameuse et paniculée à sa partie supérieure, porte des feuilles sessiles, alternes, ovales, lancéolées, molles , d’un vert blanchâtre et couvertes de poils courts et soyeux; les radicales sont péliolées, plus grandes et plus larges que les caulitiairès. Au sommet de la plante, les fleurs sont disposées en épis allongés et un peu roulés en crosse à leur extrémité. Ces fleurs sont petites, d’une couleur rouge foncée ou violette, blanche dans une variété; elles sont portées sur de courts pédoncules. Les feuilles de cette plante, cuites dans l’eau et appliquées à l’extérieur, passent pour émollientes et anodines.

La Cynoglosse oMBiMQLtE, Cynoglossum Omphalodes, L., a des tiges qui ne s'élèvent pas au delà de trois pouces, des feuilles glabres dont les inférieures sont en forme de cœur et longuement péliolées; les supérieures sont ovales et n'ont que de courts pétioles. Ses fleurs, d’un bleu vif intérieurement, veinées de quelques raies blanches, ont l'entrée du tube assez ouverte et le limbe plus étalé que dans les autres Cynoglosses. L’apparence de ces fleurs a fait donner le nom de Petite Bourrache à celte plante que l’on cultive dans les jardins et qu’elle contribue à décorer, nu printemps , par son élégance et sa profusion. Elle croit naturellement en Piémont et dans le nord de l'Italie.

La Cyxoglosse a feuilles de Lin, Cynoglossum linifolium , est indigène du Portugal, cl cultivée comme la précédente, mais moins fréquemment, dans les jardins. Ses fleurs blanches, longuement pédonculées le long de plusieurs axes qui s'élèvent des aisselles des feuilles, donnent à cette plante l'aspect des vraies Cynoglosses, mais ses caractères floraux la rapprochent des Omphalodes. Elle a des feuilles sessiles. glabres, lancéolées, un peu obtuses et s’élargissant en raison de leur situation élevée sur la tige; au sommet elles deviennent cordées et amplexicaules. La description du Cy'noglossum Lusitanicum de Vahl (Symbol. 2, p. 34) convient parfaitement à celte plante, et cet auteur fait une autre espèce du Cynoglossum Unifolium ; cependant c’est sous ce dernier noin que la plante dont il est question, est généralement connue. D’ailleurs, le nom spécifique de Lusitanicum a été appliqué à plusieurs espèces différentes de celle nommée ainsi par Linné.

CYNOGLOSSOIDES. bot. Le genre décrit par Danty d’Isnard sous ce nom (Mém. Acad. Scienc., 1718), a été depuis réuni au genre Borrago par Linné. F. Boi r-

BACHK.

CYNOMÈTRE. Cynometra. bot. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogvnie, fondé par Linné, et présentant les caractères suivants : calice à quatre divisions réfléchies; cinq pétales égaux entre eux; dix étamines distinctes, à anthères bifides au sommet ; légume en forme de croissant ou hémisphérique sans échancrure, de consistance presque charnue, extérieurement tuberculé, intérieurement uniloculaire et ne contenant qu’une seule graine grande, solide et ayant une forme courbée, analogue à celle du fruit. Les espèces, au nombre de trois, sont indigènes des Indes-Orientales. Ce sont des arbres à feuilles conjuguées comme celles des liauhinia, ou pinnées dans une espèce, à fleurs nombreuses, portées sur des pédoncules insérés sur le tronc ou les rameaux.

Dans son Herbier d’Amboinc, Rumph a donné de bonnes figures (t. 02 et G3) des Cynometra cauliflora et ramiflora de Linné, figures qui ont été reproduites par Lamarck (llluslr. t. 331). Les descriptions qui, dans Rumph, accompagnent les figures, sont, à sa manière ordinaire, très-détaillées et très-soignées eu égard à leur époque ; il ne dit presque rien sur les usages de ceB plantes, l'amertume et l'astringence de leurs fruits les rendant inutiles aux peuples d'Amboirie. Ces deux plantes ont reçu le nom malais de Aam-nam , qui répond à celui de Cynomorium sylvestre que lui a donné Rumph, ou plutôt à celui de Cynometra imposé par Linné, à cause de la ressemblance que l’on a cru trouver entre leur fruit et certaines parties de la génération du Chien. — L'espèce que Loureiro ( Fl. Co chincli., p. 320) a ajoutée à ce genre, sous le nom de Cynometra pinnatu , est un grand arbre des forêts de la Cochinchine, où on le nomme Cay-rang; ses feuilles sont imparipinnées, et ses fleurs disposées en grappes terminales.

CYNOMOIK. bot. Synonyme de Cynomorion.

CYNOMORION ou CYNOMORIUM. polyp. Nom spécifique d’une Pennalule d’Ellis, nommée Alcyonium Epipetrum par Gmelin , et qui sert de type au genre Yérétillc de Cuvier. F. Vêrétille.

CYNOMORION. Cynomorium. bot. Linné a conservé le nom de Cynomorion à une plante fort singulière, ayant le port des Orobanches, qui avait été décrite et figurée par Micheli , et dont la structure a été depuis si exactement rendue par le professeur Richard, dans son mémoire sur la nouvelle famille des Baianophorées. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, le Cynomorium coccineunt, L., Ricb. (Balan., p. 17, t. 21, Mém. du Mus.); celles qui oui été décrites par Swartz sous les noms de Cynomorium Caycniien.se ci de Cynomorium Jamaicense, appartiennent au genre Helosis de Richard.

Cyxomoriox écarlate, Cynomorium coccineum. Racine tuberculeuse , donnant naissance ù une lige de six à huit pouces de longueur, simple, épaisse, cylindrique et presque claviforme, d’une teinte rougebrunâtre, très-foncée; elle est épaisse cl chargée inférieurement d’écaillcs charnues, discoïdes, unies à la tige par presque toute la largeur de leur face infé* reure; supérieurement elle est recouverte de fleurs qui forment un capitule ovoïde, allongé, obtus, composé

de fleurs mâles et femelles entremêlées; ces fleurs sont portées sur un réceptacle cylindracé, charnu, couvert d’écailles épaisses, discoïdes, cl de petites paléoles trèsnombreuses accompagnant les fleurs ; les fleurs mâles ont au lieu d’un calice une sorte d’écaille épaisse et tronquée à son sommet, de manière à représenter un cône renversé; celte écaille est creusée d’un côté d'une fossette ou gouttière longitudinale dans laquelle est reçu le filet de l'étamine ; elle est environnée à sa base de plusieurs bractées allongées, obtuses et coinmc spa- Ihulées; le filet de l’étamine est subulé, dressé; il se termine par une anthère arrondie, un peu oblongue, obtuse, à deux loges s’ouvrnnt chacune par un sillon longitudinal ; dans les fleurs femelles l’ovaire est pédicellé, adhérent avec le calice, dont le limbe offre trois à quatre lanières lancéolées ; coupé longitudinalement il offre une seule loge qui contient un ovule renversé; le style est terminal, cylindrique, trois fois plus long que l’ovaire, portant à son sommet un stigmate simple et hémisphérique; le fruit est unecariopse globuleuse, couronnée par les lobes du calice. Cette espèce croit daus les lieux sablonneux et maritimes des Iles de Nalte, de Crète, en Égypte, et même en Espagne, où on lui donne vulgairement le nom impropre de Champignon.

CYNO.MYA. bot. Synonyme de Plantain Cynops.

CYNOMYIE. Cynomyia. ms. Genre de Diptères, de la famille des Muscides, institué par Robineau Desvoidy qui lui donne pour caractères : troisième article des antennes quadruple du deuxième; point de soies aux premiers segments de l’abdomen; anus terminé par doux longs crochets dirigés en dessous; ongles des tarses crochus; nervure transversale de la cellule discoldale des ailes, fort arquée. Ce genre a été formé aux dépens des Sarcophages de Meigcn, pour une espèce qui se distingue de toutes les autres par plusieurs modifications organiques, par des couleurs brillantes et par scs habitudes.

Cyroiyie des morts. Cynomyia mortuorum, Sarcophaga mortuorum , Meig. Tôle d’un jaune doré; partie postérieure du front noirâtre ; palpes et antennes fauves; thorax d'un bleu noirâtre; abdomen d’un bleu violet; anus et pieds noirs; ailerons blanchâtres; ailes faiblement nuancées de brunâtre. Commune au printemps sur les matières animales en putréfaction.

CYNONTODIE. Cynontodium. bot. Genre d’Dedwig, qui a été réuni au genre Cynodonle du même auteur, parce que les différences caractéristiques étaient trop peu sensibles.

CYNONTOD1ER. Cynontodium. bot. Synonyme de Cyriodon.

C YN OP1THÈQU ES. Cynopithecœ. mam. L’une des trois divisions du genre Cynocéphales; elle comprend les Singes connus vulgairement sons le nom de Magots sans queue. On n’en cite jusqu’ici qu’une seule espèce. F. Cynocéphale jegre.

CYNOPSOLE. Cynopsole. bot. Ce genre, fondé par Endlicher dans la nouvelle famille des Dalanophorées de Richard, offre pour caractères : fleurs dioïques; les mâles sont sessiles , accompagnées chacune d’une bractée canelée; périgone tubuleux, avec son limbe divisé

en quatre parties un peu inégales, imbriquées avant j leur complet épanouissement; quatre étamines soudées J parleurs filaments en un corps cylindrique ou synema; | anthères connées, extrorses, à deux loges un peu inégales et déhiscentes longitudinalement. Les fleurs femelles sont brièvement pédicellées,avec l’ovaire infère et oblong. Ces plantes sont encore peu connues ; elles j croissent aux Moluqucs.

CYNOPTÊRE. Pteropus. ma*. Genre de la famille des : Chéiroptères, groupe des Frugivores, établi par Cuvier I qui lui donne pour caractères : quatre incisives à chaque i mâchoire; trois vraies molaires supérieures et quatre : inférieures, les unes et les autres précédées d'une petite fausse molaire; une petite queue ; un ongle à l'index de I l’aile.

Cynoptére ai x oreilles bordées. Pteropus marginatus , Geofl'., Ann. du Mus., loin. 15, pl. 5; Temm., ! Monogr., page 202, pl. 14. Cette première espèce a en- j viron trois pouces sept lignes de longueur totale, et > treize pouces d’envergure. Sa queue est absolument 1 rudimentaire. Ses proportions générales sont A peu près , semblables à celles du Vcspertilion noctule. Sa tête est : renflée vers le chanfrein, ce qui la raccourcit en apparence. Ses dents sont très-fines, symétriquement disposées, mais comme serrées entre les canines; les oreilles, médiocrement grandes et un peu arrondies au bout, sont bordées par un liséré blanchâtre; son pelage, formé de poils ras et courts, est généralement d’un brun olivâtre; les deux lobes de la membrane inlerfémoralc se réunissent au coccyx, et entourent la base | de la petite queue qui le termine.

Cette espèce, rapportée du Bengale par feu Macé, a les oreilles bordées de blanc, comme leCynoptère tnammilèvre; mais scs lèvres ne présentent pas les verrues qu'on voit sur celles de celte Chauve-Souris.

Cyxoptèrf. xaxxii.èvre. Ptcropu s iitthœchcilus , Temm., Monogr., pag. 198. La taille de celle nouvelle espèce est égale à celle de la précédente, ou un peu plus forte; une partie du devant du cou est nue; le museau est court cl les yeux sont plus près des narines que des oreilles; celles-ci sont petites, échancrées vers la pointe ^ du bord postérieur, couvertes de rides transversales à la base, et plus ou moins bordées par un liséré hlanchâtre; les narines sont écartées et tubulaires; il y a ! deux grosses verrues séparées par un sillon à la lèvre j supérieure, et le bord interne de la même lèvre est cou- j vert de petits mamelons ; la queue est courte et à peu j près enveloppée en entier parla membrane inlerfémo- I raie, laquelle est velue en dessus; les incisives infé- l rieures sont un peu entassées; il y a une petite dent ! anomale ou fausse molaire antérieure, de chaque côté eu haut et en bas, et point d'arrière-molairc, ce qui porte le nombre total des dents à seize pour la mâchoire inférieure et â quatorze pour la supérieure.

Le pelage est fin, lisse, très -court, à l’exception de celui des côtés du cou, surtout chez le mâle, où il est ! plus long, et au milieu duquel se trouvent quelques poils divergents, qui paraissent recouvrir une glande odoriférante, analogue à celle qui est sur les flancs des j Musaraignes mâles.

Dans le mâle, le cou et les parties latérales de la poi-

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