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laissant fermenter avec une certaine quantité d'eau. Cette eau-de-vic remplace parfaitement celle que l’on prépare avec le vin ou lés graines des Céréales. Quant au vin de Dattier, qu’on nomme Lakhby en Égypte, il se prépare avec la sève de l'arbre que l’on fait convenablement fermenter. Pour obtenir celle sève en abondance, on pratique au sommet du stipe une entaille circulaire, profonde, à laquelle on adapte un vase où se rend la sève qui s'en écoule. On recouvre le tout de feuilles de Palmier pour garantir la plaie des ardeurs du soleil qui dessécherait promptement la source de la liqueur. Mais, pour faire celte opération, on ne doit choisir que les vieux pieds qui sont devenus inféconds, puisqu'alors on ne larde pas à les épuiser et ù les faire périr. En Égypte, on n’emploie pas d'autre vinaigre que celui qu’on prépare avec les Dattes fermentées.
De même que la plupart des .autres Palmiers, le stipe du Dattier présente au centre du faisceau qui le termine, un bourgeon conique, formé des rudiments des feuilles, et qu’on désigne sous le nom de Chou palmiste. Celte partie est charnue; elle offre à peu près la même saveur que la Châtaigne crue. On la mange rarement, parce qu'on ne peut l'enlever sans faire périr l'arbre. Les autres parties du Dattier servent à différents usages économiques. Ainsi on fait des cordages, des tissus grossiers, des corbeilles, etc., avec les fibres qui existent ù la base des feuilles et avec les grappes dont on a détaché les fruits. Le bois du Dattier, ainsi que l'observe Delile, sert aux constructions, mais n'est pas propre à faire des planches; il est composé de fibres longitudinales, réunies par l'interposition de la moelle, plus abondante dans le cœur du tronc qu'à sa circonférence. II en résulte que le stipe est dur extérieurement où ses fibres sont serrées, et qu'il est mou intérieurement où la moelle se pourrit facilement. La meilleure manière d'employer ce bois est de fendre le tronc dans sa longueur en deux morceaux, et de s'en servir lorsqu'ils sont secs et légers, pour qu’ils se conservent et ne fléchissent pas; ils sont usités pour les planchers et les terrasses des maisons.
DATERA. Datura. bût. Genre de la famille des Solanées et de la Penlandrie Monogynie. Le nom Datura, conservé par Linné qui l'a même imposé génériquement au groupe dont nous décrivons l'une des principales espèces, parait avoir été fort anciennement appliqué à divers membres de la famille des Solanées; O. Baubin, dans son Dinar, en désigne, sous ce nom, plusieurs qui. vraisemblablement, étaient déjà connues bien longtemps avant lui, et Toiirucforl en a formé son genre Stramonium. Ce nom Datura, suivant Adanson et Yenlenat, serait d'origine turque ou arabe; il exprimerait une propriété aphrodisiaque que les femmes indiennes auraient reconnues dans les graines de plusieurs espèces du genre. Nous ignorons jusqu’à quel point est fondée la croyance ou l’expériénce des Indiennes, et quoique l'on admette généralement dans les Daluras une action vive et prompte sur l'économie animale, nous avons toujours observé que celte action, loin d'être stimulante, était plutôt narcotique et assoupissante. On sait que, dans les repaires où le voyageur est
artificieusement attiré par des dehors d'hospitalité, les brigands dissolvent dans le vin les principes actifs des Daluras pour assoupir leurs victimes, les dépouiller impunément et les transporter loin du théâtre du crime, avant qu'elles soient sorties de l'état de stupeur où les auraient plongées le principe morbifique. Quelques auteurs ont traduit le mot datura par slramoiiie, de stramonium ou rr^uxw^uayixetf, qui exprime un état violent de malaise; et, en clfct, les Daluras contiennent tous des principes délétères susceptibles d'amener cet état, et même d'occasionner la mort. Le nombre des Daluras actuellement connus, forme une vingtaine; la plupart exhalent une odeur désagréable et nauséabonde qui est un premier indice de leurs propriétés; mais, par une opposition singulière, les Heurs de quelques espèces répandent un parfum des plus suaves. Ils offrent pour caractères : un calice tubuleux, allongé, anguleux, à cinq lobes peu profonds, caduc à l'exception de sa partie inférieure qui persiste et forme 1111 petit bourrelet saillant; la corolle est monopétale, longuement tubuleuse, évasée supérieurement et formant cinq plis longitudinaux, terminés chacun par un lobe acuininé; les étamines sont au nombre de cinq, leurs filets sont très-longs; leurs anthères terminales, oblongues et à deux loges, s'ouvrant par une fente longitudinale; l’ovaire est libre, sessile, à quatre loges multiovulées; il est surmonté d’un long style que termine un stigmate un peu lobé; le fruit est une capsule globuleuse ou ovoïde, tantôt lisse, tantôt hérissée de pointes roides ; elle est à quatre loges, communiquant ensemble deux à deux, ce qui semble annoncer que dans la réalité celte capsule ne doit en avoir que deux, ainsi que cela t'observe dans tous les autres genres de la famille des Solanées. Cette capsule s’ouvre en quatre valves, quelquefois en deux seulement, ou même elle se rompt irrégulièrement ; les graines sont très-nombreuses, rénifonnes, noirâtres, chagrinées, attachées à quatre gros Irophospermes saillants dans chaque loge. On peut diviser les espèces de ce genre en deux secLions, dont l'une comprend celles dont le fruit est lisse, et l'autre toutes celles dont le fruit est épineux.
t Espèces à capsules lisses- Datera ex arbre. Datura arborca, L. Cette espèce, originaire du Pérou , en a été rapportée par Domhcy ; elle s'élève à huit ou dix pieds; sa lige est ligneuse, grisâtre et lisse extérieurement, rameuse, portaul des feuilles alternes ou quelquefois géminées dans la partie supérieure des rameaux; ces feuilles sont péliolées, obovales, lancéolées, glabres supérieurement, un peu pubescentes à leur face inférieure; les fleurs sont blanches, très- grandes, pédonculécs, pendantes et placées à l'aisselle des feuilles supérieures; la forme tubuleuse et évasée de leur corolle a fait donner à ces fleurs le nom de Trompette du jugement. Elles répandent, surtout vers le soir, une odeur forte et agréable, mais qui cependant peut être dangereuse si on la respire longtemps; aussi doit -on éviter de laisser ces fleurs dans un apparloineiit fermé, surtout dans une chambre à coucher. Cette belle plante n'exige que fort peu de soins : elle doit être mise en pot ou en caisse, dans une terre légère, mais substantielle; il faut la ren-
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trer pendant l'hiver dan* l'orangerie. En effet, elle ne pourrait résister à la gelée. Au retour du printemps, on doit couper presque jusqu'à la lige tous les rameaux de l'année précédente. Par ce moyen, on fait naître de nouvelles ramifications herbacées , sur lesquelles les fleurs se développent plus facilement.
Datcra lisse. Datura lœris, L. Celte espèce est herbacée, annuelle; elle vient de l'Abyssinie; sa tige est glabre , rameuse ; ses feuilles profondément dentées, glabres; ses fleurs sont blanches, axillaires; sa capsule est globuleuse et lisse.
Datcha cûr.mj. Datura ceratocaula, Jacq. Schcen., 5, 48, t. 530; Lindl., Dot. Régi si. 1031. La plante est annuelle; ses tiges sont droites, étalées, épaisses, cylindriques , rameuses , dicholomes, à deux cornes, glabres , purpurines , couvertes d'une poussière glauque, nues inférieurement; les rameaux supérieurs sont grêles et flexueux. Les feuilles sont alternes, longuement pétiolées , ovales-lancéolécs, veinées, lomenteuses en dessous : les inférieures ovales, les supérieures ovales-lancéolées. Les fleurs prennent naissance entre les feuilles et les rameaux; elles sont solitaires, portées sur de courts pédoncules épaissis à leur partie supérieure, droits lors, de l'épanouissement des fleura, inclinés après. Le calice est monophylle, lubulé, nervuré, un peu courbé, et fendu latéralement. La corolle est trois fois plus longue que le calice; son tube est courbé, impressionné de cinq sillons et de cinq angles saillants, verdâtre à sa base ; sou limbe a cinq pouces au moins d'étendue; il est étalé, blanchâtre, relevé par cinq angles rayonnants, purpurins, et marqué d'un semblable nombre de sillons ayant la même nuance et la même disposition; les bords sont ondulés cl garnis de dix dents aigues. Les cinq étamines ont leurs filaments un peu plus courts que la corolle, supportant des anthèr es à quatre angles et à quatre sillons. L'ovaire est supérieur, ovale, surmonté d'un style droit, filiforme, un peu plus long que les étamines, terminé par un stigmate obtus, à deux lames. La capsule est glabre, ovale, lisse, obtuse, pendante, de la grosseur d'une forte noix, «à quatre loges polyspermes. On sème le Datura ccratocaula de bonne heure, sur couche, et on repique les jeunes plantes lorsqu'elles sont susceptibles de supporter, sans danger, la transplantation. Toute nature de terrain lui convient.
•ff Ehjkccs à capsule» hérissées.
Datera Straxûixe. Datura Stramonium , L. On désigne cette espèce sous les uoms de Pomme épineuse, de Slramoine, etc. Elle est commune dans les lieux incultes; sa lige, haute de trois à cinq pieds, est rameuse, diebotome; ses feuilles sont alternesou géminées, grandes, ovales, aigul's, pétiolées, sinuéeset anguleuses sur les bords, un peu pubescentes; les fleurs blanches ou violacées sont très-grandes, extra-axillaires, solitaires, dressées et portées sur uu court pédoncule pubescenl; leur calice est tubuleux, allongé, marqué de cinq côtes très-saillantes, qui aboutissent supérieurement à cinq dents inégales ej aigues; la corolle a environ trois pouces de longueur; elle est irifundibuliforme et anguleuse; les étamines sont incluses; le fruit est une capsule ovoïde, presque pyramidale, environnée à sa base par
la partie inférieure du calice; elle est hérissée de pointes roides, offre quatre loges incomplètes, et s’ouvre eu quatre valves; les graines sont brunes, réniformes et chagrinées. Cette plante est fort utile à bien connaître; en effet, c'est un violent poison ; ses feuilles répandent une odeur nauséalmnde et vircuse ; leur saveur est àcre et amère; elles développent les accidents des poisons narcolico-àcres. On y remédie eu faisant immédiatement vomir le malade, et en administrant ensuite des boissons acidulées, avec le citron, avec le vinaigre, etc.; s'il se développe quelques symptômes particuliers, on les combat par des moyens appropriés. De même que beaucoup d'autres végétaux vénéneux, la Pomme épineuse a été introduite dans la matière médicale; son mode d'action sur l'économie animale, est analogue à celui de la Belladone et de la Jusquiame, qui appartiennent aussi à la famille des Solanées. C'est surtout contre les maladies du système nerveux, les spasmes, les convulsions, etc., que certains médecins disent avoir employé la Pomme épineuse avec succès; mais cependant on y a rarement recours aujourd'hui. L'extrait qui est la préparation dont on fait usage, s’administre à des doses très-faibles , que l'on augmente graduellement. Ainsi on commencera par un à deux grains, et l’on arrivera jusqu’à un scrupule, et même au delà progressivement. Les graiues de celle plante possèdent de semblables propriétés narcotiques; on sait même qu’à plusieurs reprises des malfaiteurs s’en sont servis, en les mêlant aux aliments, aux boissons, ou au tabac, pour plonger leurs victimes dans un état de stupeur doul ils profilaient pour les dépouiller.
L) ATt k a faste BOX. Datura fastuosa, L. Cette espèce herbacée et annuelle, est originaire d’Égypte. Quoiqu'elle soit aussi vénéneuse que la précédente, on la cultive dans les jardins où elle produit un très bel effet; sa lige est haute de trois à quatre pieds, très-rameuse, glabre, et souvent d'une couleur pourpre foncée; ses feuilles sont pétiolées, ovales, aigues, sinueuses sur les bords, géminées dans la partie supérieure des ramifications de la tige; ses fleurs sont très-grandes, violacées en dehors, odorantes; elles doublent assez facilement; il leur succède des capsules presque globuleuses, légèrement épineuses.
Datera feroce. Datura ferox, Lin. 11 ressemble beaucoup au Datura Stramonium par son port; mais ses feuilles sont bien moins profondément sinueuses , plus velues ; ses fleurs plus petites, et ses fruits hérissés de pointes plus fortes, dout les supérieures sont les plus longues, el convergent les unes vers les autres. On dit celle espèce originaire de la Chine. Elle est annuelle.
Datera Tatela. Datura Tatula , L. Cette espèce est originaire de l'Inde. On la cultive dans les jardins, d'où elle est sortie pour se répandre dans les campagnes, et s’y est, en quelque sorte, naturalisée. Ainsi, Kequien, botaniste qui a fait une élude spéciale des plantes des environs d'Avignon, sa patrie, l'a trouvée près du pont du Gard. On i'a également observée sur plusieurs autres points de l'Europe méridionale. Cette plante tient en quelque sorte le milieu entre le Datura fastueux, dont elle a les grandes fleurs, et le Datura