‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 79 sur 116 · DAU · texte numérisé non relu

DAU

Stramoine, par sa capsule ovoïde, hérissée de pointes plus longues et plus grêles.

Le Datura-Métel, si commun dans l'Inde, et remarquable par l'odeur infecte de scs feuilles , appartient encore à celle section.

Dans le magnifique ouvrage de Humboldl, intitulé Aura Généra et Species Plantarum , le professeur K uni h a décrit plusieurs espèces nouvelles appartenant à cette section; tels sont, 1° le Datcha de Guataqcil, Datura Guayaquilensis , dont la tige rameuse cl rougeâtre porte des feuilles ovales, aigues, puhescentcs, sinueuses, de grandes fleurs rougeâtres, pédonculécs, dont le calice est fendu latéralement. Elle croit au Pérou. — 2* Le Datura a feuilles de Chère, Datura quercifolia, qui p été trouvé au Mexique.

DAL’BENTONl A. « ah. Geoffroy de Saint-Hilaire a proposé de donner ce nom à l’Aye-Aye.

DAUBEINTON1E. Daubentonia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, Décandrie Diadelpbie, établi par Dec. pour deux plantes que Willd. et Cavan. ont tourà tour placées dans les genres PiscidiaelÆscliinomene. Caractères : calice campanulé, un peu tronqué, à cinq dents très petites; corolle papilionacée; carène très-obtuse; étendard presque rond, slipité; étamines diadelphes; un filament libre, les neuf autres réunis en gaine et coudés vers la base; style filiforme, glabre; légume grandement pédiccllé, oblong, comprimé, coriace; semences ovales. Le Daubentonia punicea est un arbrisseau à feuilles brusquement pinnées sur deux rangs composés de huit ou neuf paires de folioles Irèscourtes; les fleurs, d'un rouge ponceau , sont réunies en grappes simples. Le Daubentonia tongifolia a onze ou douze rangs de folioles à chaque feuille, et les fleurs jaunes. Les deux espèces sont du Mexique.

DATUR1NE. bot. Alcaloïde particulier, obtenu par Drandes de l'analyse du Datura Stramonium, ou plutôt de ses graines. C’est une substance cristalline, limpide ou blanchâtre, presque insoluble dans l’eau et dans l'alcool froid, susceptible de s'unir aux acides et de former des sels très-solubles, d'où l’on peut précipiter la Daturine par les alcalis; ses propriétés sont extrêmement actives et analogues à celles de la Stramoine.

DAlBENYE. Daubenya. bot. Genre de la famille des Aspbodélées, de l'Hexandrie Mouogynie, établi par le professeur Lindlcy qui lui assigne pour caractères : inflorescence omhellée, sessile, épigée; périanlbe tubuleux, avec son limbe bilabié; lèvre supérieure petite et tridentée, l'inférieure plus grande et tripartile; fleurs de la circonférence plus grandes que celles du centre de l'ombelle; six étamines inégales, adhérentes à la base des segments de la corolle, déclines et souvent presque monadelphcs dans les fleurs du centre; ovaire allongé, presque triangulaire, avec les angles arrondis, à trois loges polyspermes; style rétréci; stigmate simple, line plante singulière, envoyée du cap de Bonne-Espérance, où elle est indigène, à MM. Young d'Epsom, sous le nom de Masttonia tutea, a donné naissance à ce genre. Par un examen plus approfondi des organes caractéristiques qu'en a fait Lindley, il s'est convaincu que l'on avait prouoncé un peu légèrement en donnant à celte plante le nom d'un genre dans lequel on ne pouvait

pas rigoureusement l’admettre, et en conséquence il en a fait le type d’un genre distinct, qu'il a dédié au Dr Ch. Daubcny, professeur de botanique à Oxford.

Daitbexte a fleurs dorées. Daubenya aurata, Bot. regist., 1813. Ses racines naissent d'un bulbe arrondi d’où sortent deux feuilles épaisses, opposées, engainantes, lancéolées, ondulées, plissées, presque acuminées, d’un vert intense et brillant, longues de quatre pouces environ et larges de deux. Les fleurs sont sessilcs, épygines, réunies en une sorte d'ombelle très-serrée. Le périantho est tubuleux, avec le limbe partagé en deux lèvres, dont la supérieure très-courte et tridentée, l’inférieure est beaucoup plus grande, divisée en trois lobes arrondis, les latéraux un peu plus courts; toutes ces fleurs sont disposées de manière que la lèvre inférieure étale ses longues découpures à l’extérieur, tandis que le centre de l’ombelle est occupé par l'autre lèvre et les organes de la reproduction, ainsi que par des fleurs dont les deux lèvres sont presque égales en longueur, l’inférieure paraissant n'avoir pu accomplir son entier développement. Les étamines, au nombre de six, sont insérées â la base des divisions du périanlbe et opposées à ces mêmes divisions; elles sont inégales, déclinées, avec les filaments arrondis, de la longueur de la moitié des grandes divisions , d'un jaune doré et surmontées par des anthères à deux loges, ovales, de la même couleur cl fixées par le dos. L'ovaire est oblong, presque triangulaire, rétréci supérieurement où il est surmonté par un style filiforme, moins long que les étamines et couronné par un stigmate capilé ; chacune de* trois loges renferme cinq ovules arrondis, attachés à la courte cloison du placenta, et qui deviennent des graines lors de la transformation de cet ovaire en capsule. Un cultive celte plante bulbeuse en orangerie, dans le terreau de bruyère, uni à une terre très-substantielle; elle sc propage au moyen des cayeux qui naissent â côté du bulbe.

DAUCUS. bot. y. Carotte.

DAlILIN. ois. Synonyme vulgaire de Bécassine.

DAULLONTAS. bot. Syn. de yiiexotata. y. Vitra.

DA IM A. ois. (Lalham.) Espèce du genre Merle.

DALN. bot. Dans l’Inde, ce nom est donné à un grand nombre de plantes , et diverses épithètes l'accompagnent, selon les espèces que ces épithètes doivent caractériser. Ainsi Daur-As9ar est une Bégone; Dair-Boeya, un Sainfoin; Dauh-Colidabas, Dacr-Gorita, deux espèces de Jujubiers; Daux-I’ackou, un Polypode,etc-

DaITHIN. Delphi nus. ma». Genre de Cétacés, caractérisé par l’existence de dents aux deux mâchoires, en quelque nombre que ces dents soient à l'une des deux; car le nombre total peut varier de huit à cent soixante. Leur taille est moyenne ou même petite, relativement aux Baleines, animaux les plus voisins par leur organisation. C'est pour avoir compris dans ce genre des espèces qui lui sont étrangères, ou pour avoir confondu l’état édenté par l’âge, avec l'état adulte de certaines espèces, qu’on a dit que certains Dauphins n'avaient pas de dents; car c'est surtout chez les Dauphins, parmi les Mammifères, que l’on observe peut être le plus, après l'Homme, la chute spontanée des dents par l’effet de l’âge. •

On a déjà vu aux mots Baleixb et Cachalot quelle était la situation relative de l'ouverture des évents dans ces deux genres; chez les Dauphins, comme on l’a déjà observé, l’évent, dirigé verticalement par la construction de ses parois osseuses (ce qui fournit un caractère distinctif d’avec les Baleines) , s’ouvre par un plan vertical, tangent au bord postérieur des yeux. Cet évent est en forme de croissant dans quelques espèces; il est en ligne droite dans plusieurs autres. — Le dos est, dans la plupart, pourvu d’une nageoire triangulaire, et même de deux, suivant RafKnesque; mais celle nageoire, formée par un simple repli de la peau et ne renfermant que de la graisse, est susceptible de manquer par un très-grand nombre de causes, même aux espèces à qui elle est naturelle. Les mamelles sont inguinales , c’est-à-dire situées aux côtés des ouvertures anale et génitale; le bord de l’ouverture génitale est d’un rose vif dans les mâles et dans les femelles, car la verge des mâles, quoique pourvue d’un os qui en forme l’axe, est rétractile au fond d’une véritable vulve formée de deux bourrelets longitudinaux; de sorte qu'au premier coup d'œil il est assez difficile de distinguer des mâles les jeunes femelles. Nous avons, au mol Cetacé, exposé les modifications d’organisation qui , mécaniquement parlant, ont fait réellement un Poisson de tout Cétacé. Nous avons fait voir en quoi le mécanisme de leur natation diffère de celui de tous les Poissons, excepté celui des Plagioslomes et des Pleuronecles, qui s'en rapproche un peu. Nous n'ajouterons qu'une seule observation pour rectifier ce que nous avons dit de leur peau. Ayant tout récemment observé celle du Marsouin, nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas de corps muqueux apparent. L’épiderme, d’une épaisseur uniforme sur tout le corps et transparent, adhère immédiatement à la face lisse ou extérieure du derme, dont l’épaisseur est d’une ligne et demie à deux lignes. La face interne du derme est découpée , comme le serait du velours à cannelures très-minces et très-profondes pour l’épaisseur de l’étoffe; de sorte qu’en retournant sur sa face externe un lambeau de peau, tous ces feuillets s’écartent l'un de l’autre. La hauteur de ces feuillets est d'environ la moitié ou même les deux tiers de l’épaisseur du derme; leur direction n’csl pas rectiligne; elle est ondulée par des courbes variables, qui rappellent celles qui se dessineiil à la paume de nos doigts. La couleur delà peau des Dauphins est partout uniformément noire ou d’un brun foncé à la face feuilletée du derme. Là où la peau est blanche extérieurement, c’est que la couleur s'arrête à une certaine épaisseur suffisamment distante de la surface épidermique. Et, comme ce derme est un peu transparent quand on en coupe de petites lames, on voit que suivant que la couleur s’approche plus ou moins de la surface, dans une région du corps, cette région est susceptible de marbrures et de nuances plus ou moins blanches ou opaques. Sous le ventre, où la peau est blanche, la couleur noire s’arrête au fond des sillons qui séparent les feuillets du derme. On voit donc que la cause de la couleur des Dauphins cl probablement des autres Cétacés réside dans un autre tissu qu’à la peau de l'Homme. Le derme adhère à la couche adipeuse, sous-jacente, par des lamelles de celle couche,

qui pénètrent dans les intervalles des feuillets. Cette partie de la couche adipeuse est beaucoup plus consistante que les parties plus intérieures; et comme sa tranche est assez compacte, on l’aura confondue avec le derme. Celui-ci s'en sépare avec une grande facilité, et sans retenir, inéiue entre ses feuillets, aucun vestige de tissu adipeux ni de vaisseaux. Il se sépare du tissu adipeux aussi nettement que l'épiderme se détache de sa face externe.

Plusieurs espèces de Dauphins sont remarquables, non-seulement par la proportion avantageuse de l'aire de la cavité cérébrale à celle de la face, ainsi que par la proportion du volume hydrostatique du cerveau au volume du corps; mais aussi par la proportion du nombre et delà profondeur des circonvolutions cérébrales. Les enthousiastes des récits antiques, qui attribuent aux Dauphins tant de sociabilité envers l'homme, et même de civilisation, auraient pu se prévaloir de la mesure assignée par Ebel et Sœmmering à l'intelligence des animaux. D’après celte mesure, déduite de l’excès du diamètre du cerveau dans sa plus grande largeur sur le diamètre de la moelle allongée à sa base, le Dauphin aurait moitié plus d’intelligence que l’Homme, l’ne pareille exagération aurait dû suffire pour montrer la fausseté de la mesure dont elle est la conséquence. Or, malgré le nombre et la profondeur des circonvolutions cérébrales du Dauphin, son cerveau étant relativement à la masse totale moitié plus petit environ que celui de l'Homme, la part d’intelligence qui lui est assignée par le calcul des surfaces de son cerveau, relativement à la masse de son corps, csl beaucoup plus près de la réalité que celle que lui assignaient les autres rapports proposés, rapports d'où résultaient les contradictions les plus choquantes avec la réalité. Voici ce qui a donné lieu à tous les contés anciens et modernes sur la sociabilité envers l'homme, la civilisation et mémo le goût délicat des Dauphins pour ceux des beaux-arts qui sont le plus intellectuels, la poésie et la musique. — Des troupes de Poisons pélagiens, d'autant plus nombreuses que les vaisseaux ont eux-mèmes des équipages plus nombreux, ou que les convois, les escadres et les flottes le sont eux-mémes davantage, escortent constamment les vaisseaux et les Hottes en marche. Ces légions de Poissons sont attirées par les débris de cuisine et les vidanges des vaisseaux, où elles trouvent une pâture abondante. Les Dauphins, attachés sans cesse à la poursuite de ces Poissons , en même temps que les Squales, se rassemblent et se tiennent autour des vaisseaux pour avoir continuellement une proie prêle à prendre, et vivre ainsi plus commodément et plus sûrement. L'homme n’est évidemment pour rien dans les motifs i qui leur font escorter ou précéder les navires. Ils ont pour compagnons de celte escorte les Squales si vora- ! ces, dont certes on ne sera pas tenté de faire des amis de I hominc; et cependant les motifs des Squales sont les mêmes que ceux des Dauphins. Mais comme, parla nécessité de leur organisation, les Dauphins n'allaqucnt que des proies d'un petit volume, l’homme, dupe de sa reconnaissance, leur a fait une vertu de celle nécessité, sans plus de fondement qu’il lui arrive quelquefois de le i faire pour les individus de sa propre espèce. Lutin c'est

DAÜ

aussi par pur amusement entre eux que les Dauphins s'attachent à la route des vaisseaux. Quoy les a vus souvent , dans le voyage de l’Uranie , précéder la frégate filant de neuf h onze nœuds par heure, comme on voit les Chiens danois précéder les équipages dans les rues et les promenades publiques. On voit ainsi deux, trois ou quatre Dauphins, quelquefois un tout seul s’exercer à lutter de vitesse, et par leurs zigzags entrecroisés sous la pointe du beaupré (et cela pendant des journées entières), faire quatre ou cinq fois plus de route que le vaisseau qui file de quatre à cinq lieues par heure.. Ce fait suffit pour donner une Idée de l'infatigable vitesse deces animaux, de leurs prompts mouvements, de leurs sauts hors de la mer, de leur manière de nager en fendant l'eau avec la rapidité d'une tlcclie, etc.; mais après avoir suivi pendant plus ou moins longtemps le navire, après avoir formé mille cercles alentour, il est rare que tous les Dauphins ne disparaissent point ù la fois, en prenant une autre direction. Les marins croient qu’ils sont les précurseurs du mauvais temps, et qu’ils ont pour habitude de se diriger du côté d'où vient le vent.

Telle est la source de toutes les fables qui ont couru et courent encore sur les Dauphins, avec celle différence qu'aujourd’hui de tels contes n'ont de crédit que chez les gens qui n'ont point vu la mer. Cette assiduité des Dauphins ù suivre les vaisseaux, pour y trouver plus commodément ù vivre ou bien à les précéder par amusement, a donné lieu à .Moreau de J on nés de faire une observation importante en zoologie : c'est que dans la même troupe de Dauphins de la même espèce, tous les individus n'ont pas la même répartition de taches ou de couleurs sur le corps; de sorte qu’il ne faut pas faire un caractère spécifique de ces différences purement individuelles et toutes superficielles. Kl comme les caractères spécifiques extérieurs sont encore plus incertains dans les Cétacés que dans les autres Mammifères, il s'ensuit la nécessité de trouver des moyens de détermination, entièrement positifs et indépendants de ces accidents individuels.

C’est ce qu’a fait Cuvier dans le tome vm, lre partie de ses Ossements fossiles. Nous allons extraire de son ouvrage d’abord les caractères génériques; nous donnerons les caractères spécifiques en traitant de chaque espèce. Le squelette seul, comme nous l’avons dit ailleurs, offre ces caractères positifs et permanents. Et comme les traits les plus personnels de l’espèce se prononcent toujours davantage dans le crâne qu’ailleurs, c’est principalement de la considération des crânes que se tirent les motifs de détermination.

Dans les Dauphins, le crâne est, dit-il (p. 390), trèsélevé, très-court, très-bombé en arrière; la crête occipitale entoure le haut de la tête, et descend de chaque côté sur le milieu des crêtes temporales qui se portent beaucoup plus en arrière qu’elle. Celte face occipitale, si grande et si bombée, est formée par l’os du même nom, par l’inlerpariétal et les pariétaux, tous réunis de bonne heure en une seule pièce. Les pariétaux descendent de chaque côté, dans la tempe entre le temporal et le frontal, et ils y atteignent au sphénoïde postérieur. Eu avant et en dessus, ces pariétaux se terminent der-

rière la crête occipitale, et les maxillaires s’en rapprochent beaucoup de leur côté. Il s'ensuit que le frontal, à l’extérieur, ne décrit qu'un bandeau transversal, fort étroit, qui se dilate à chaque extrémité pour former le plafond de l'orbite. Mais après l'enlèvement du maxillaire qui double en dessus et ce plafond et presque toute la face antérieure du crâne, on voit que le frontal est en réalité beaucoup plus large qu’il ne semble à l’extérieur. Comme dans les autres Cétacés, les doux os du nez, plus ou moins cubiques, sont enchâssés dans deux trous au milieu du bandeau du frontal. Les narines plongent verticalement au-devant de ces os; leur paroi postérieure est formée par le corps de l’elhmoïde, le plus souvent tout ù fait inrperforé, et qui n’a jamais que des trous vasculaires. Le voilier, cloison des narines, tient à l'ethinolde comine ù l'ordinaire. En arrière du museau, les maxillaires s’élargissent en une laine dilatée, qui recouvre toute la partie orbitaire et cérébrale du frontal, moins le bandeau qui les sépare de l’occipital. Ils contournent ainsi l’ouverture supérieure des narine» jusqu’aux os du nez; les intermaxillaires bordent l’ouverture nasale en avant, et vont jusqu’au bout du museau sur et entre les maxillaires. Le jugal ferme l’orbite en dessous; articulé en avant sous le maxillaire et le frontal , il sc prolonge en arrière sous forme de stylet articulé sur l’apophyse zygomatique du temporal. Cette apophyse est unie â l'apophyse postorbitaire du frontal; d'où il suit «pie toute l'arcade zygomatique proprement dite, appartient au temporal ; le jugal n'y entre pas ; le rocher et la caisse, soudés de bonne heure en une seule pièce, sont suspendus par des ligaments â une voûte que forment des lames saillantes de l'occipital latéral, du basilaire, de l’aile ptérygoïde et du temporal; le pariétal lui- même prend part à celte voûte; le temporal se trouve donc presque exclu des parois cérébrales (^.Cranc). — Les dents finissant bien en avant de l’orbite, le maxillaire ne fait que plafonner l’orbite, il ne lui donne pas de paroi inférieure ou latérale; les palatins cl les apophyses ptérygoldes internes développent, de chaque côté des arrière-narines, de vastes cellules tapissées par des sacs de membranes muqueuses comme les sinus maxillaires, frontaux, etc., dans les autres Mammifères. Chaque palatin se replie sur lui-même eu un anneau irrégulier pour former la base de celte grande caverne que le maxillaire plafonne en haut. C'est dans cette caverne osseuse qu’on a placé le sens supplémentaire de l’odorat des Dauphins; mais on ne l'a fait qu'arbitraircnimt, n’ayant pas décrit la structure anatomique de cette partie, surtout sous le rapport des nerfs qu'on suppose s’y distribuer. Le trou par où passe la deuxième branche de la cinquième paire, n’est pas sous-orbitaire, mais ouvert au-dessus de la voûte de l'orhite. Il n'y a ni os ni trou lacrymal. Le trou optique est médiocre, et dans le sphénoïde, comme à l'ordinaire. La hauteur de la cavité cérébrale surpasse sa longueur ; la selle turcique est presque effacée ; les fosses cérébelleuses sont les plus creuses. Il y a souvent une tente cérébelleuse très-saillante dans son milieu ; la faux est toujours osseuse en arrière; il n’y a pas de crête de coq à rethmuïde; à peine aperçoit-on quelques petits trous à la lame cri-

blouse qui est dans quelques espèces tout à fait imper- t forée. Nous avons déjà dit que jamais les deux côtés de | la télé ne sont parfaitement symétriques dans les Cétacés proprement dits.

Nous avons, au mot Cétacés, donné un aperçu de la distribution géographique des espèces de cet ordre. Nous avons dit qu'il n'y avait aucune raison de croire que retle distribution fût aujourd'hui différente qu'elle n'était autrefois; que ce qui avait jeté tant de confusion sur celte question, c’est que le mol de tf 'all et ses synonymes, chez les peuples germains et Scandinaves, étaient employés comme Cetus chez les Romains, et Cétè chez les Grecs, pour désigner tous les grands animaux marins, Poissons ou Mammifères indistinctement. Noël de La Morinière (Ilist. des pèches) a le premier signalé celle confusion, et entrepris de la débrouiller; mais il a trop restreint, en ne rappliquant qu'au seul Marsouin, la péclic que faisait des Cétacés, durant' le moyen âge, sur les côtes de Normandie et d’Angleterre, la société dite des Wallmans. Cuvier pense que uiéme la Baleine franche habitait autrefois nos parages, et que des chasses trop meurtrières l'ont reléguée sous le pôle. Nous avons dit en substance aux mots Baleine et Cétacés quelles raisons empêchent d'adopter cette opinion. Nous développerons ces raisons dans un Mémoire particulier dont on peut se figurer les motifs et les preuves par notre Mémoire sur la pairie du Chameau ( Mémoires du Muséum, T. x). Ainsi donc, le Dauphin à bec, le Marsouin, l'Orque, l’Épaulard ou Grampus, et le Souffleur, les plus communs sur nos côtes, qu’ils n'ont pas quittées, quoique bien évidemment, d'après tous les textes des chroniques et chartes du moyen âge, ils fussent l'objet de ta pèche des Wallmans, sont les espèces dont il est seulement question dans ces chroniques et dans ces chartes à l'exclusion des Baleines franches. Kl la rareté des fanons dans les arts industriels, à cette époque , prouve bien que même les autres Baleines ne se péchaient pas sur nos côtes, au moins régulièrement.

Les sens des Dauphins paraissent aussi obtus que ceux des Baleines et des Cachalots. La cavité de l'oreille creusée dans la masse épaisse de leur rocher u'annoncc qu’une ouïe très-imparfaite. L'odorat est nul. et le goût n'est guère plus développé, à en juger par la fixité de la langue- Le loucher n'y a pas d'appareil spécial. La vue seul parait devoir une certaine perfection au miroir choroidien, qui garnit l'intérieur de l’œil. Cuvier a trouvé dans le Dauphin, que la surface concave de la churotdc est d’un gris de nacre. Il en est probablement de même dans les autres espèces. Cette même couleur peint aussi la choroïde de la Baleine qu'il est si difficile d'approcher dans l'eau diaphane, et qu'on approche au contraire très-aisément dans l'eau verte. Ur, il n*y a pas de raison pour qu’elle entende mieux dans l'une de ces eaux que dans l'autre.

Avant la révision que Cuvier a faite des espèces de ce genre, d'après une comparaison de têtes bien conservées, révision qui n'eût été que conjecturale sans les collections dont il dispose, Dlainville comptait, non compris les sept espèces de son sous-genre Uétérodon, dont la seule espèce authentique forme le type du genre

Fïypéroodon de Cuvier, vingt cinq espèces de Dauphins, réparties en cinq sous genres : Dclphinorhinque, Dauphin proprement dit. Oxyplèrc, Marsouin et Delphinaptère. On va voir que ces vingt cinq espèces se réduisent à dix-sepl ou dix- huit authentiques. Il eût été bien facile, dit Cuvier, en profitant de figures grossières, faites d'imagination ou de souvenir, et de descriptions confuses et tronquées, cl en accumulant des synonymes qui ne sont que des copies les uns des autres, de faire paraître de longues listes d'espèces qui n'auraient aucune réalité, et que le moindre souffle de la critique renverserait ou mettrait en désordre. Mais c’est précisément la conduite contraire qu'il est, selon nous, nécessaire de tenir si l’on veut tirer Phisloire naturelle du chaos où elle est encore. Nous avons cru devoir cher ces réflexions qui s'adaptent si bien aussi à la physiologie et à l'anatomie, pour prévenir le soupçon que notre article serait incomplet sous le rapport zoologique parce qu’il contient presque moitié moins d'espèces que ceux des autres Dictionnaires, bien que nous en ayons mentionné qui ne s’y trouvaient point.

La télé osseuse des Dauphins, dit encore Cuvier, varie par le plus ou moins de longueur et de largeur du museau. Ceux â museau large ont la tête ronde, ou, comme on a dit, en forme de chaloupe, c’est-à-dire que la ligne du profil descend par une convexité uniforme jusqu'au bout du museau; ceux à museau grêle ont au contraire au bas de celte convexité, une partie plane, qui forme comme une sorte de bec. On a tiré de celte conformation des caractères propres à diviser ce genre en deux petites tribus ou sous-genres.

Daipbix vllgaire. Delphi u us Delphis, L., Cuvier, Osscm. foss., 2e édit., 1»° part.; le crâne, pi. il, fig. 0 et 10, T. v. Il est long de six ou sept pieds; son inuseau, à compter du front, égale en longueur le reste de sa tête; il porte à chaque mâchoire quarante-deux à quarantesept dents de chaque côté, Kit en a, par conséquent, cent soixante-huit à cent quatre-vingt-huit; ses pectorales sont médiocres, taillées en faux ; sa dorsale est pointue, assez élevée ; sa caudale, en forme de croissant, est échancrée dans son milieu , à cornes peu aigues et peu prolongées ; la queue, avant sa hase, est un peu comprimée latéralement cl carénée en dessus cl en dessous; son dos est noirâtre, et ce noir fait un angle descendant vers le flanc; les flancs sont grisâtres et le ventre blanchâtre; sa tète osseuse se reconnaît parce que le museau est étroit, allongé, un peu moins long que la mâchoire inférieure, un peu convexe en dessus, plat en dessous; l'occiput est à peu près hémisphérique; la tempe sc porte eu arrière, par un angle saillant et arrondi ; les os du nez sont un peu plus larges que longs; le milieu du palais forme une saillie lougiludinalc, étendue depuis sa pointe jusqu'à la pyramide des arrièrenarines; celte saillie est flanquée de chaque côté d’un enfoncemeut longitudinal; le plafond du palais ne devient plan que vers la pointe. Cette espèce, nommée Oie de mer par les matelots à cause de la forme déprimée et aplatie de son museau , est la plus commune le long de nos côtes. Elle se trouve également daus l’Océan et la Méditerranée; mais on est loin de savoir la limite des parages qu'elle habite. C'est elle que les nalura-

Page 1