‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 80 sur 116 · PAU · texte numérisé non relu

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traies supposent être le Dauphin des anciens, et celte supposition n'a d'autre fondement que l'aplatissement que présente le inuseau dans des figures de cet animal qui nous ont été conservées sur les monuments de la sculpture et de la peinture antiques. Il faut qu'une superstition particulière ou une singulière confusion ait porté les anciens à défigurer cet animal dans les représentations qu'ils en ont faites, car nulle part, soit sur i les marbres, soit sur les médailles, soit même dans les I peintures d'Herculanum où de nombreuses espèces de Poissons sont représentées avec une fidélité que l’on j n'observe que depuis peu en histoire naturelle, le Dauphin n'est reconnaissable que comme animal symbo- ! lique. Tantôt on lui donne des écailles, tantôt une gueule de Squale, tantôt une queue verticale, etc. Ce qui aura donné lieu à ces disparates ne peut venir que de récits contradictoires sur des animaux très-différents, et cette conjecture est appuyée par celte observation de Cuvier, que Pline ( lib . 9, cap. 7, 8 et 11) applique le nom de Dauphin à des animaux dont il cite des caractères qui n’appartiennent qu'à des Squales. Sénèque (Nat. Quest., lib. U, cap. 2) et Athénée (lib. 7) font le même emploi du mot Dauphin. Ces passages corroborent les principes de critique que nous avons le premier établis au mol CtTACEs sur la manière dont il faut entendre les récits des anciens sur les noms génériques de Cètè, de Cetu», et de H all chez les auteurs du moyen âge, puisqu'ils ont pu appliquer si faussement les noms spécifiques.

Cuvier (/oc. c/7.) demande si l'on doit distinguer de cette espèce le Dauphin de Pernelty (Voyage aux Malouines, T. i, pl. ll,fig. 1), vu près des îles du Cap- Vert, et dont le ventre parait avoir été tacheté. — Blainville fait du Dauphin de Pernelty la quatrième espèce de son premier sous-genre.

Dauphin Souffleur des Nouions. Delphinus Tur sio, Fabricius, Faun. Groenl., p. 49; Lacép., Cét. Séparé en deux espèces dans le Diclionn. d'Hist. nat., où il figure comme huitième et neuvième espèces sous les noms de Grand Dauphin ou Souffleur, et de Dauphin Ncsarnak. Il est long de neuf à dix pieds; il porte de chaque côté, à chaque mâchoire, vingt et une à vingttrois dents coniques, émoussées par le bout. Le crâne est représenté pl. 21, fig. ô et 4, des Oss. foss. ; il est à peu près au Bredanensis ce qu'est le Dubiua au Del phis. Son museau est plus large, plus court, plus déprimé, mais les tempes ont la même grandeur relative. Les os du nez sont plus petits et ne touchent pas aux intermaxillaires; le vomer s’y montre à deux endroits de la face inférieure, une fois entre les maxillaires et les palatins, et plus en avant entre les iutermaxillaires et les maxillaires. Les vertèbres cervicales, quoique minces, sont toujours distinctes; il y a treize dorsales et trente-huit vertèbres terminales ; il n'y a point de trou au premier os du sternum, et ses angles latéraux sont moins aigus que dans le précédent.

Dauphin de Geoffroy, Blainv., Dclphinus frontatus, Cuv. Il est moins connu que les deux précédents. La chute de sa convexité frontale est plus rapide ; le bec plus prononcé et plus comprimé. Geoffroy Saint-Hilaire en a rapporté de Lisbonne un individu entier qui a

vingt-qnatre ou vingt cinq dents partout. Il est long de sept pieds, et son bec de huit ou dix pouces; sou dos est gris; le ventre et le lourdes yeux blancs; les nageoires pectorales sont taillées en faux. Blainville a rapporté à cette espèce un Dauphin vu par Fréminville sur la côte du Brésil. Ce voyageur lui donne quinze pieds de long, une convexité très -forte sur la gueule dont la mâchoire formait un museau très-avancé. 11 était de couleur cendrée, avec une raie blanche de chaque côté de la tète, laquelle raie s’étendait pour dessiner une grande tache de la même couleur sur le dos , sous la gorge et sous le ventre. Si le rapprochement est exact, cette espèce serait donc des mers du Brésil.

Dauphin de Breda. Dclphinus Bredanenais. Cuvier ( loc . cil., p. 218 à 290) avait rapporté, par conjecture, à l'espèce précédente dont on ne connaît pas le crâne, des têtes (représentées, ibid., pl. 21, fig. 7 et 8) dont le museau est plus comprimé vers le bout que dans le Dauphin vulgaire, et un peu plus élargi vers son quart supérieur, le lobe du devant de l'orbite plus marqué et séparé du museau par une grande échancrure, les os du nez plus larges, moins saillants et touchant aux intermaxillaircs, la crête occipitale plus effacée, la tempe beaucoup plus grande et l'occiput plus étroit. Il n'a que vingt et une, vingt-deux ou vingt-trois dents de chaque côté à chaque mâchoire, de quatre-vingt-quatre à quatre-vingt-douze en tout, mais plus grosses qu'au Dauphin vulgaire. Van Breda vient de communiquer à Cuvier la véritable espèce dont proviennent ces tètes : ce dessin est accompagné de la figure même de la lélc de l’individu d'après lequel il est fait. Il en résulte que ce Dauphin n’a pas le front relevé, mais que le profil de son crâne se perd insensiblement dans celui de son museau. La dorsale est élevée en demi - croissant , à peu près sur le milieu de la longueur du corps. Dans le Delphinus frontatua , la dorsale est presque aussi en arrière que dans le Dauphin du Gange. L’individu dessiné par Breda avait huit pieds de long. Le dessin d'un animal très-semblable a aussi été envoyé de Brest.

Dauphin couronné. Delphinus coronulus , Frémiiiville. Nouveau Bull, de la Soc. phil., n° 56, 1. 3, pl. 1, fig. 2. — Cuvier admet celte espèce à bec grêle, à mâchoire supérieure plus courte que l'autre, entièrement noire et marquée de deux cercles jaunes cl concentriques sur le front, d’après une note rédigée dans la mer Glaciale, en 1806, par Fréminville, officier de marine. Le plus grand de ces cercles a deux pieds neuf pouces de diamètre, et l’intérieur à peu près deux pieds un pouce. La mâchoire supérieure a quinze dents de chaque côté, et l'inférieure vingt-quatre, toutes très-aigués. La dorsale, en forme de demi -croissant, est plus près de la queue que de la tête; la caudale est en croissant. Il y en a des individus de trente à trente -six pieds de longueur. On ne connaît point la tète osseuse. Fréminville a commencé à rencontrer cette espèce vers le soixantequatorzième degré. Mais c’est surtout entre les îles de glace, voisines du Spilzberg qu’il l’a vue en troupes nombreuses.

Dauphin du Gange. Delphinus gangcticus, Lebock, Nouv. Mém. de la Soc. des Nat. de Berlin, l. ni, pl. 2; Roxburgh, Mém. de la Soc. Asial. de Calcutta, T. vu,

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