‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 81 sur 116 · I) AU · texte numérisé non relu

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in-8*, n® 4 et pi. 3; son crâne. Oss. fol». , loc. cil. , pi. 8, 9 et 10. — De tous les Dauphins à liée, c’est celui qui l’a le plus long. Cette longueur forme plus des trois cinquièmes de la tète. Ce bec est mince, comprimé latéralement et plus gros au bout qu'au milieu. La nageoire dorsale est extrêmement courte et peu saillante; les pectorales. élargies et tronquées au bout, ont à peu près la forme d'éventails. Il porte environ trente dents de chaque côté, en tout cent vingt. Durant la jeunesse, elles sont toutes longues, droites, comprimées, très-aiguës, et les antérieures plus longues que les postérieures. Avec l'âge elles s'usent par la pointe et s'élargissent par la base où elles prennent une forme striée et des sortes de très- petites racines, étant ainsi préparées â tomber lorsque leur cavité est remplie. L'évent forme une ligne droite et longitudinale. Le plus grand individu, récemment envoyé par Duvaucel , est long de sept pieds trois pouces. Le museau a quatorze pouces jusqu'à la chute du front et dix-scpl jusqu'à la commissure. La pectorale est longue d'un pied et large au bout de sept à huit pouces. Le caractère le plus frappant du crâne de cette espèce, c'est que les maxillaires, après avoir recouvert, comme dans les autres Dauphins, les frontaux jusqu'aux crêtes temporales, produisent chacun une grande paroi osseuse qui se redresse , s'incline vers la paroi opposée et forme avec elle une grande voûte sur le dessus de l'appareil éjaculaleur des vents. Ces deux lames osseuses sont presque eu contact sur les deux tiers antérieurs de leur bord interne, mais en arrière elles s’écartent pour laisser passage à l'évent. C’est la ligne de réunion de ces deux parois osseuses qui soutient la carène que le front de cet animal montre à l'extérieur. La plus grande partie de l'espace qu'elles recouvrent, est remplie d'une substance iihreuse, serrée et assez dure. Celte tête sc distingue en outre de toutes les autres du même genre par la grandeur de l’apophyse zygomatique du temporal, proporl ionnée à la grandeur de la tempe. Celle apophyse va aussi se joindre à l'apophyse post-orbitaire du frontal. Celle apophyse est au moins double de celle des Dauphins où elle a le plus de grandeur. La masse de la caisse et du rocher est ici enchâssée à demeure entre le temporal et les parties voisines de l'occipital. La syinphise s'étend jusqu'à la dernière dent, comme chez les Cachalots. La longueur de celte syinphise égale la moitié de la longueur totale de la tête. Les vertèbres cervicales sont aussi distinctes que dans les Quadrupèdes, et assez fortes, bien que courtes. A la quatrième, à la cinquième et à la sixième de ces vertèbres, il y a un second rang d'apophyses transverses partant du corps, et plus longues que leurs analogues normales. 11 y a onze ef peut-être douze vertèbres dorsales. Les vertèbres terminales sont au nombre de vingt-huit. Il n’y a qu'une articulation au premier doigt , quatre aux trois suivants, deux au dernier. Pline, lib. 9, cap. 15, a indiqué cet animal sous le nom de Plaluninla. Il remonte en troupes dans le Gange, aussi haut que ce fleuve est navigable; mais il se tient principalement dans les nombreuses branches de ce fleuve, qui arrosent le Delta du Bengale; les Bengalis le nomment Sousou.

Dacpdix douteux. Delphinu s Uubius, Cuv. Celle espèce est établie seulement sur des têtes osseuses con-

servées nu Muséum d' Anatomie. Ces têtes ont beaucoup de ressemblance avec celle du Dauphin vulgaire. Elles sont seulement en général plus petites; leur museau est plus fin , plus pointu , avec la mâchoire supérieure conique et non renflée dans son milieu, comme celle du Dauphin vulgaire. Les dents ont la même forme, mais il n’y en a jamais plus de cent cinquante-deux.

Daipiiix deBory . Delphi nus Moi j‘i, Desra. Bec assez long, très -déprimé et fort large prés de la tète qui est peu élevée; nageoire dorsale à égale distance de l’extrémité du museau et du milieu du croissant de la nageoire caudale; dessus du corps d'un gris de Souris fort tendre; dessous d’un gris très-clair, avec des taches peu tranchées, d'un gris bleuâtre; côtés de la tète d'un blanc d’ivoire , nettement séparé par une ligne droite de la couleur du dessus. Longueur, six à sept pieds. Bory l'a observé eutre Madagascar et l'Ilede-France.

D.vi'puix Marsovix. Delphi nu s Phocœna , L.; vulgairement Cochon de mer. U a partout vingt et une, vingt-deux ou vingt-trois dents droites, comprimées, arrondies, quelquefois striées, quelquefois lisses. 11 n'a guère plus de quatre à cinq pieds; la dorsale est plus reculée qu'au Dauphin vulgaire; excepté sa tête ronde, et même un peu plate, ses formes sont semblables et ses couleurs aussi. De tous les Dau|>liins à tête ronde, c’est celui qui est le plus commun sur nos eûtes.

Daipuix Gladiateur ouËpailard. DelphinusOrca, Fahricius. Bonunlerre et Laeépède; Grampun des Anglais (de grand Poisson, altéré en Graspois par les Normands établis en Angleterre lors de la conquête); le Swcrtilfiach d’Egède, figuré à la page 48, où se lit pour texte la description du Squale Scie, l'Épée de mer d'Andersoti; enfin Cuvier croit que c’est le Bélier de merde Pline, lib. 9, cap. 5, d'Elien, lib. 15, cap. 2. — 11 a la nageoire dorsale pointue et élevée; le corps noir en dessus, blanc en dessous; une pointe noire dirigée en avant dans le blanc vers la base de la queue; il y a une tache blanche et arquée au sourcil et derrière l’œil. Ou en prit dans la Tamise, en 1787, un individu de vingt-quatre pieds de long, figuré par IJunlcr (Trans. Phil., même année, pl. 10); un autre de trente pieds, en 1793; un de dix-huit dans la Loire, décrit dans Lacépède, sous le nom de Dauphiu Duhamel.— Sa tête est représentée, Ossein. foss., pl. 22, tig. 3 cl 4; museau large et court comme au Marsouin et au suivant, mais la région antérieure aux narines est concave au lieu d'élrc renflée. Les os du nez sont petits. Le vomer ne parait pasau palais. Les tempes, profondes et concaves, sont séparées de l'occiput par des crêtes plus saillaulet même que la crête temporale.

Daupdix cris. Dclphinusgriscus, Cuv. Tète mousse cl bombée comme au Marsouin; dorsale pointue et arquée, élevée de quatorze poucessur une hase de quinze. — Deux individus, sur quatre échoués sur les cotes de la Vendée en 1822, avaient celle nageoire détruite en tout ou en partie. Tous quatre manquaient de dents à la mâchoire supérieure. Un, long de sept pieds, en avait huilà la mâchoire inférieure; les autres, longs d’environ dix pieds, n’en avaient que six ou sept émoussées ou cariées; un autre, pris à Brest et mal représenté

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(Ann. du Mus., t. 19, pl. 1, fig. 1), n’en avait que quatre fort usées, et, non plus, aucune en haut. Les pectorales sont pointues, longues de trois pieds sur un pied de large à leur hase; le dos et les nageoires sont d'un noir bleuâtre; le dessous du corps, blanchâtre, se fond sur les côtés avec le noir du dos. Il n'y a pas de taches sur l'œil. Le cr^ne est figuré par Cuvier, Ossem. foss.. pl. 22. fi g. 1 et 2. Les plafonds des orbites s'écartent plus qu’au Marsouin; le voiner ne se montre point au palais comme chez ce dernier. Risso envoya de Nice, en 1811, sous le nom de Delphinus Arien, le dessin, la description et l'extrémité de la mâchoire inférieure d'un Dauphin pris dans la mendragiic de cette ville, et long de neuf pieds, qui ressemble fort à cette espèce; il manquait aussi de dents en haut, et n'en avait que cinq en bas (Ann. du Mus., t. 19, pl. 1, fig. 4). Il était en dessus d’un gris de plomb , traversé par des raies inégales, droites et flexueuses, blanchâtres ; le dessous était d'un blanc mat.

Dauphin a bandes. Delphinus birittatus , Lesson et Carnot, Zool. de la Coq., pl. 9, fig. 3. Moitié supérieure du corps d’un noir lustré et foncé; mâchoire inférieure et ventre blancs; une large bande d'un blanc satiné, disposée longitudinalement sur chaque côté du corps, et interrompue au milieu, vis-à-vis la nageoire dorsale, où les deux portions de cette bande ainsi séparée s'élargissent ; museau court et conique ; nageoire dorsale médiocrement élevée, noire, placée au milieu du corps; caudale échancrée au milieu et brune; pectorales minces, blanches, noirâtres seulement sur leur bord antérieur. Taille, deux pieds et demi environ de longueur, sur dix pouces d'épaisseur. Des mers du cap Uorn.

Dauphin a soi! net ls blancs. Delphinus supercilio sus, Lesson et Carnot, Zool. de la Coq., pl. 9, fig. 2. Tout le dns ainsi que la tête noirs; côtés et ventre d’un blanc satiné; une bande blanche passant au-dessus de l'œil et se rendant au front; une tache blanche trèsallongée de chaque côté de la queue; dorsale noirâtre, placée un peu au delà du milieu du corps; pectorale et caudale brunes; museau conique; trente dents de chaque côté de la mâchoire supérieure et vingt-neuf à l’inférieure. Taille, quatre pieds deux pouces. Dans les mers de Diéinen.

DArpnix Finenas. Delphinus lunatus , Lesson et Carnot. Zool. de la Coq., pl. 9, fig. 4. Museau effilé; dorsale arrondie vers le sommet; dos d'un brun fauve clair, qui se fond insensiblement avec le blanc des parties inférieures; un croissant brun occupe le dos, visà-vis les nageoires pectorales, en avant de la dorsale. Taille, trois pieds environ. De la baie de la Conception.

Dauphin tacheté. Delphinus maculatus, Lesson et Carnot, Zool. de la Coq., p. 183. Parties supérieures d'un vert foncé, glauqueou bleuâtre; parties inférieures grises, parsemées de taches blanches, arrondies, légèrement bordées de roussâtre; nageoire dorsale placée au milieu du corps, échancrée au sommet; la caudale forte et prononcée; tête effilée, terminée par un long museau; corps assez mince. Taille, six pieds. Des mers du Sud.

Dauphin Malais. Delphinus Malayanus , Lesson et Garnot, Zool. de la Coq., pl. 9, fig. 5. Tète grosse

i et arrondie, très-convexe sur le front qui s'abaisse subitement; une forte rainure à la base du museau ; celui-ci, mince et allongé, garni de dents nombreuses ; couleur uniformément cendrée; nageoire dorsale placée au milieu du corps, échancrée au sommet, longue de huit pouces; pectorale, treize pouces; caudale, vingttrois pouces ; une forte carène occupant les parties latérales et postérieures du corps. Taille, six pieds.

Dauphin Globiceps. Delphinus Globiceps , Cuvier, loc. cit., pag. 285 et 297 ; Delphi n us mêlas , Traill. ; i Delphinus dedudor, Scoresby. La tête gravée dans Bonnalerre. Cetol., pl. 0, fig. 2; dans Lacépéde, pl. 9, fig. 2, sous le nom de Cachalot Swinewal, cl dans Camper, Cétac.. pl. 32, 33 et 54, sous le nom de Narwal édenté, est d'un Globiceps. Il atteint vingt pieds et plus; la saillie excessive de son front représente un casque antique; sa peau est noire, excepté un ruban blanchâtre régnant sous le corps, depuis la gorge jusqu'à l'anus, et élargi quelquefois sous la gorge en une bande transverse. — Les jeunes ne montrent pas de dents. Un- peu plus âgés, ils eu ont dix à chaque mâchoire; les plus adultes n'en ont pas ptus de vingt. Néanmoins des observateurs qui en ont vu des troupes, ont compté sur quelques individus vingt-quatre à vingthuit dents à chaque mâchoire. Ce qui est certain, c'est qu'elles finissent par tomber; les vieux n'en ont plus du tout en haut, et en conservent à peine huit ou dix en bas. Cuvier représente sa télé, Oss. foss., pl. 21, f. 11, 13 et 15; les intermaxillaires prennent presque les deux tiers de la largeur du museau. Le vomer ne parait pas au palais.

Dauphin blanc. Delphinus Leucas, Pâli. La convexité de sa tête est aussi courte et aussi arrondie qu’au Globiceps; du reste elle est petite à proportion; le milieu du tronc est assez gros; les* nageoires pectorales sont courtes et ovales; la caudale légèrement échancrée a ses lobes effilés en pointe. Dans l'âge adulte, il y a neuf dents partout, droites, légèrement comprimées en coin et à pointe obtuse. L’espèce figurée par Scoresby avait treize pieds de long. Cuvier représente son crâne, Oss. fostf., pl. 22, fig. 5 et 0, qui diffère beaucoup de celui des autres Dauphins par son profil rectiligne, au-dessus duquel le crâne se relève fort peu; le museau va en se rétrécissant presque uniformément : le vomer ne parait pas au palais.

Dauphin de Péron. Delphinus Peronii, Lacép.; Delphinus leucoramphus, Péron, Voyag. 1. 1, p*217. Caudale grande, pointue aux deux bouts, échancrée au milieu, d’un noir bleuâtre sur le dos; le dessus du museau, tout le dessus du corps et les pectorales d’un blanc éclatant, excepté le bord tranchant des pectorales qui est noir comme le dos; partout le noir et le blanc nettement séparés l'un de l'autre; son crâne, représenté pl. 21, f. 5 et G. ressemble assez à celui du Dauphin vulgaire, et encore plus à celui du Delphinus dubius ; mais le museau est un peu plus plat et plus large. II porte partout trente-huit ou quarante dents aussi grêles qu’à ces deux espèces. Il est long de cinq pieds et demi. De la partie australe de la mer des Indes. t»uoy et Gaymard ont observé dans l’océan Pacifique (rois espèces différentes entre elles par les couleurs, et que la

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situation même de leurs parages ne permet guère de supposer identiques à aucun des Dauphins précédents. Malheureusement , ces Dauphins n'ont été vus qu'à la mer, et comme, en nageant, le devant de la tête reste au-dessous de l'eau, on n'en a pu reconnaître la forme. On ne peut donc les classer dans aucune des sections précédentes.

Dai’pbix Rntxoctnos, Atlas de Zoolog., Voy. de Freycinet, pi. 11, fig. 1, par 5,28 de latitude nord. Ces Dauphins, caractérisés par une corne ou nageoire recourbée sur le front, faisaient de rapides évolutions autour de l'Uranie. Leur taille est à peu prés double de celle du Marsouin. Le dessus du corps jusqu'à la dorsale est tacheté de noir et de blanc.

DACpnin cidcicIri, ibid. , pl. 3, fig. 3. Dans la traversée de la Nouvelle -Hollande au cap Ilorn, par 40 degrés de latitude sud, l'Uranie rencontra des Dauphins ayant de chaque côté du corps, dans presque toute sa longueur, deux bandes blanches, coupées à angle droit par une bande noire. La nageoire dorsale était assez aigue.

Davphix ALBiottE, ibid., pl. 11, fig. 2. Par les mêmes latitudes, mais plus à l’est que pour le précédent, l’Uranie rencontra une autre espèce remarquable par une bandelette blanche de chaque côté de la tête.

Dauphins fossiles.

DAmu* de CoBTtsi, Cuv. ( loc . cil. , p. 300 et suiv.). Dans la colline de Torrazza a été trouvé, par Cortési, le squelette presque entier d'un Dauphin dont voici les caractères : chaque mâchoire a vingt-huit dents, c’està-dire quatorze de chaque côté, toutes coniques, légèrement arquées en dedans, allant en diminuant vers le devant; les plus grandes sont longues de deux pouces; leur émail est teint en bleu par l’argile de leur gisement. Ce nombre de quatorze dents se retrouve aussi dans le Globiceps; mais le fossile n’en diffère pas moins essentiellement par sa télé beaucoup plus étroite à proportion de sa longueur. Ces deux dimensions sont dans ce Fossile de 0,020 et 0,245, en prenant la largeur d'une orbite à l’autre ; et dans une tête de Globiceps, justement de la même longueur, la largeur est de 430. On voit aussi, par la figure de Cortési, que le museau est bien plus long à proportion du crâne; que l'orbite est plus petite; que l’enfoncement au-devant des narines est plus étroit et plus creux. La mâchoire inférieure est moins haute à proportion que dans l'Ëpaulard et le Globiceps; la- télé est longue d’un pied dix pouces neuf lignes. Ce qui reste de l’épine fait environ trois fois et demie la longueur de la tête; mais il y manque beaucoup de vertèbres de la queue. Il ne reste que (rente- trois vertèbres et treize côtes d'un côté; il y a donc au moins treize vertèbres dorsales, puis treize autres vertèbres, soit lombaires, soit caudales. D'après les dimensions indiquées , il est vraisemblable que si l'épine était entière, le squelette aurait à peu près douze pieds; et qu'en tenant compte des lobes de la queue . l’animal entier pourrait en avoir treize. Ce Dauphin fossile n'est donc pas identique avec aucune espèce connue.

DaI'Fiiir a i.oigce stxprise, Cuv. Il existe au cabinet de Dax une mâchoire inférieure assez complète de ce Dauphin , représentée, Cuvier, pl. 23, fig. 4 et 5; et au

Muséum de Paris, un fragment de mâchoire supérieure ( ibid. fig. 9, 10 et 11), trouvé à deux lieues de Dax, dans les couches de falun riche en toute sorte de coquilles. Les dents solides et sans dents de remplacement dans leur cavité, prouvent d’abord que ce n’est point un Gavial comme la longueur de la symphise l'avait fait croire, et ce nejieut être la mâchoire d’aucun Reptile, puisque les branches n’en sont pas divisées en plusieurs os. Ce qui subsiste de la partie symphisée est long de 0,24; et la plus entière des branches l’est encore de 2,3 au delà de la symphisc. C'est une longueur de seize pouces qui annonce plus de deux pieds de longueur totale. Il y a huit dents de chaque côté dans ce qui reste de la symphisc. et dix autres en arrière dans la plus entière des deux branches. Ces dents coniques ont en arrière de leur base un petit talon mousse. Le fragment de la mâchoire supérieure montre encore que c'est un Dauphin, par ses dents pleines, avec un vestige de talon à leur base, cl dont les racines vont cil s’élargissant jusqu’à l’endroit où elles entrent dans l’os. Cette mâchoire supérieure prouve enfin que ce n'est pas un Cachalot, doute qu’aurait laissé la mâchoire inférieure seule, d'abord à cause de ses dents, et ensuite parce que, dans sa forme et dans l’agencement de scs os, elle a tous les caractères des Dauphins. Ce n'est non plus aucun des Dauphins connus. Le Delphinus Gangeticus et celui de Van Dreda, qui ont aussi une longue symphise à la mâchoire inférieure, sont tous deux plus petits. La symphise du premier est très- comprimée; celle du fossile est plus large que haute, et les dents sont d’une autre forme; celui de Rreda a les dents plus petites, plusserrëes et beaucoup plus nombreuses qu'elles n'ont pu l’être sur le fossile. Celte espèce, qui devait être d’un quart plus grande que le Dauphin de Dreda, est donc distincte de toutes les autres.

Dans le même gisement que le précédent, a été trouvé un fragment de mâchoire inférieure contenant huit dents et l’alvéole d'une neuvième. Les dimensions de ce morceau , la grandeur de ses dents, sont aussi semblables que possible à celles du Dauphin vulgaire; mais la courbure des dents est un peu différente, et il n'y a pas ce sillon profond, où sout creusés les alvéoles, dans le Dauphin vulgaire.

Dans le calcaire grossier du département de l’Orne, où sont des os de Phoque et de Lamantin, encore encroûté de débris de Coquilles, a été trouvée une portion de mâchoire supérieure, consistant en une grande partie de l'inlermaxillaire et du maxillaire droit ; le long du bord externe sont conservés les alvéoles de dix-sept dents. Ce qui est très-remarquable, c’est que le bord du maxillaire, derrière les alvéoles, est uni en continuation avec le reste du palais, et seulement un peu convexe sans enfoncement ni inégalité. Par ce seul caractère , on peut encore déterminer une espèce nouvelle pour les naturalistes.

DAUPHIN, boll. y. Dacpiiiicle.

DAUPHINE, bot. Variété de Laitue cultivée.

DAUPlflNELLE. Delphinium, bot. Genre de plantes de la famille des Rcnonculacées et de la Polyandrie Pentagynie. Caractères : calice coloré, formé de cinq sépales inégaux, caducs; le supérieur se prolongeant

A sa base en un éperon creux dont la longueur varie beaucoup ; les quatre autres sépales presqu’égaux entre eux. Corolle lélrapélale, irrégulière; les quatre pétales fort inégaux; les deux supérieurs, très-r approchés, se prolongeant à leur base en un appendice en forme de corne droite, qui s'enfonce dans l'éperon du calice; quelquefois les quatre pétales sont tellement rapprochés et soudés entre eux, qu'ils semblent n'en constituer qu'un seul d’une forme très -irrégulière. Les étamines sont fort nombreuses et hypogvnes. Le nombre des pistils varie d*un à cinq qui se changent en autant de capsules allongées, terminées en pointes à leur sommet, A une seule loge contenant plusieurs graines insérées à un tropbosperme longitudinal et intérieur; ces capsules s'ouvrent par une fente longitudinale.

Les Üauphincllcs sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, ayant la tige dressée, simple ou rameuse; les feuilles alternes, pétiolées, divisées en un très-grand nombre de lobes digités. Les fleurs, généralement bleues, blanches ou roses dans quelques variétés cultivées, forment des épis simples ou des sortes de panicules dressées et terminales. On trouve trois bractées pour chaque fleur, une A la base du pédicclle et deux vers sa partie supérieure. Ces plantes croissent dans les champs ou les forêts de l'hémisphère boréal. Dans le premier volume de son Syst. Aat. regel., le professeur De Candolle en a décrit quarante-quatre espèces dont onze croissent en Europe, cinq dans l'Afrique septentrionale, treize en Orient, dix en Sibérie, et six dans l'Amérique du Nord. Dans le premier volume de son Protlr. Syst., le nombre des espèces est porté A cinquante-huit. Plusieurs étant cultivées dans les jardins, nous les mentionnerons ici après avoir indiqué les coupes ou sectionsqui ont été établies dans ce genre.

De Candolle forme quatre sections dans ce genre et leur donne A chacune un nom particulier en leur assignant les caractères suivants :

Ire Section. — Consolida :

On seul pistil; pétales soudés en un seul, de manière que Pépcron interne est d'une seule pièce; plantes annuelles.

Il** Section. — Delphi xelllx :

Trois pistils; pétales non soudés; éperon interne double; espèces annuelles.

IIIe Section. — Delphixastbim :

De (rois A cinq pistils; pétales non soudés les deux inférieurs bifides et barbus; éperon interne double; espèces A racine vivace.

IV» Section. — Staphtsacria :

De trois A cinq pistils; pétales libres; éperon court: l'intérieur double ; capsules renflées ; graines trèsgrandes et en petit nombre; espèces bisannuelles.

Nous allons décrire les espèces les plus remarquables en suivant cette classification.

1° Consolida :

Daipuixelle d’Ajax. Delphinium Ajacis , L.; DC., Sy.st.Aal., l.p. 341. Cette espèce, connue vulgairement sous le nom de Pied d% Alouette, et qui, selon t’allas, est originaire de la Tuuride . est maintenant cultivée dans tous nos jardins, d'où elle s'est répandue, eL en quelque sorte naturalisée dans les champs. Sa lige est

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