DICT. DES SCI EXCES HAT
toujours simple inférieurement, divisée seulement vers sa partie supérieure en quelques rameaux dressés. Elle est glabre ou légèrement pu Descente, haute d’un pied et plus; ses feuilles sont profondément découpées en une multitude de lanières étroites. Ses fleurs forment des épis ou grappes simples, longues dequatreà huit pouces A la partie supérieure de la tige et de ses ramifications. Ses .pétales, soudés en un seul, présentent quelques lignes qui simulent, en quelque sorte, les premières lettres du mot Ajax écrit en caractères grecs. De IA le notn spécifique qui lui a été donné par Linné, il parait que cette plante esll’ Hyacinthe de Théocrile et d'Ovide. Oii la cultive aujourd'hui dans tous les parterres où elle forme de magnifiques bordures, au commencement de l’été. Ses Heurs doublent très-facilement et présentent une infinité de nuances. Elles sont blanches, roses, pourpres, bleues ou panachées. La culture du Pied d'Alouelte est très-facile. On le sèine en place, au printemps , et on éclaircit les pieds lorsqu'ils ont poussé trop dru.
Daipbixelle Coxsoude. Delphinium Consolida, L.; DC., Syst., 1, p. 343 ; Lamk., III., tab. 482, fig. J, On connaît cette espèce sous le nom de Pied d' Alouette vulgaire. Elle est extrêmement commune dans nos champs et se distingue facilement de la précédente par sa lige rameuse, dont les rameaux sont divariqués; par ses fleurs plus petites, portées sur des pédoncules plus longs; par ses capsules glabres, tandis qu'elles sont pubcscentes dans le Pied d'Alouelte des jardins. On la cultive quelquefois dans les parterres. Ses fleurs varient de couleurs, et doublent facilement.
2» Delphi XELi.ri.
Dalpuixei.le etraxgEre. Delphinium peregrinutn , L.; Sihlh., Fl. Grœca, t. 500; Delphinium junceum, DC., Fl. fr. On trouve celte espèce en Orient, en Barbarie, en Italie, cl jusque dans le midi de la France. Sa lige est dressée, très rameuse; ses feuilles sont glabres, roides : les inférieures sont miillifides , les supérieures sont linéaires et entières. Les fleurs sont bleues et forment des grappes lAches. Elles sont quelquefois blanches. Celte espèce est cultivée dans les jardins.
3° Delphixastrlm :
Dadphixelle hybride. Delphinium hybridum, DC., Syst., 1, p. 353. Celte belle espèce, qui est vivace, est cultivée dans les jardins. Elle offre une tige haute de quatre A cinq pieds, cylindrique, rameuse supérieurement, glabre dans sa partie inférieure, pubescenle vers son sommet. Scs fouilles sont glabres, divisées en un très-grand nombre de lobes linéaires, divariqués. Leurs pétioles sont très-longs, cylindriques, dilatés A leur base. Les Heurs sont grandes et forment des grappes terminales longues de plus d'un pied. Ces fleurs, légèrement velues en dehors, ont un éperon très-long, sont portées sur des pédoncules de plus d'un pouce de longueur et poilus. Les capsules sont au nombre de trois. Celle plante est originaire de la Tauride, du Mont-Caucase et de la Sibérie. On la trouve aussi en Italie et dans les provinces méridionales de la France, où peut-être elle n'est que naturalisée, après s'être échappée des jardins.
A cette troisième section appartiennent encore plu-
n au
des yeux; deux ou trois rangs de molaires ; lèvres charnues; bouche étroite; tète comprimée, très-relevée au niveau des yeux, et dénuée de petites écailles sur le devant; langue épaisse, courte et lisse; opercules arrondies et écailleuses; corps élevé; dos caréné; ventre convexe; anus plus voisin de la queue que de la télé; écailles tendr es et lisses ; base de la dorsale et de l’anale écailleuse. Teinte générale d’un bleu argentin ; nageoire dorsale noire, les autres nageoires grises; des raies longitudinales brunes sur le corps ; une tache noire sur l’opercule et sur la nageoire caudale; une tache d’un beau rouge au-dessus de la pectorale.
L'estomac de la Daurade est long, et a un pylore garni de trois cieruius; le canal intestinal décrit trois sinuosités; le péritoine est noir, et la vessie natatoire placée au-dess<fus du dos immédiatement.
La Daurade est célèbre, de toute ancienneté, à cause de sa beauté et de la délicatesse de sa chair. Son nom de DauradCj et celui d 'Aourade, en latin Aurata ou Ornla, lui ont été donnés en raison de son éclat.
Ce Poisson a ordinairement de grandes dimensions. Sur les côtes de France il pèse communément dix ou douze livres; mais sur celles de Sardaigne il n’est point du tout rare de lui voir acquérir le poids de vingt livres. Uasselquist en a vu des individus de près de quatre pieds de longueur dans la mer de l'Archipel, et notamment auprès de Smyrne. Au reste , suivant son âge et sa grandeur, la Daurade reçoit, des pécheurs de quelques côtes maritimes, des noms différents, et qui seuls prouveraient combien l'on s’est occupé de ce Poisson.
On la pèche dans toutes les mers, mais spécialement dans la Méditerranée, sur les côtes de la Campagne-de- Rome, de Naples, de Sardaigne, de Barbarie, à Malte; elle est abondante dans toute la partie de la mer Atlantique qui sépare l'Amérique de l’Europe , au cap de Bonne-Espérance, dans les mers du Japon, dans celles des Indes. Celti nous apprend qu’il y en a dans les lacs d’eau douce de la Sardaigne. Toutes les eaux paraissent lui convenir; leur diversité, celle de la température des climats, n’allèrent ni ses qualités, ni ses formes : elle supporte le froid des mers glaciales du Nord, et elle résiste â la chaleur de celles des tropiques.
Elle nage avec une grande légèreté et une rapidité étonnante. Elle se nourrit de Crustacés et de Mollusques 5 coquilles, dont elle brise facilement l’enveloppe calcaire, avec ses fortes mâchoires qui peuvent plier ou casser les hameçons de fer. On prétend aussi qu'elle a l’industrie de découvrir, en agitant vivement sa queue, les coquillages enfouis dans le sable ou dans la vase.
C’est par suite de la nature des animaux dont elle se nourrit qu'elle fréquente habituellement les rivages, et qu'elle change souvent d'habitation selon les saisons. En hiver, elle se retire dans les eaux profondes, où elle échappe à l'influence des plus fortes gelées.
En 1760, au rapport de Celti, les Daurades des lacs d’eau douce de Sardaigne sont cependant mortes de froid. On assure que, dans la Méditerranée, clics passent une grande partie du jour dans les trous des rochers, pour se livrer au sommeil qui est quelquefois si
profond chez elles, dit Rondelet, qu'avant la nuit on peut les prendre facilement au harpon.
Au printemps, époque du frai, les Daurades se rapprochent des embouchures des fleuves, et s’engagent fréquemment dans les étangs salés, qui communiquent avec la mer. Là, elles trouvent une nourriture si abondante qu’en un seul été elles triplent de poids et de volume; elles y acquièrent d'ailleurs des qualités qui rendent leur chair beaucoup plus savoureuse. C’est pourquoi, dans les provinces méridionales de la France, on préfère celles qui vivent dans les étangs d'Hyèrcs, de Martigues et de Lattes, près du cap de Cette. Chez les Romains, si connus à certaines époques pour leur sensualité, on les payait très-cher, et un certain Sergius attachait une sorte d'honneur à se faire surnommer Aurata , à cause de son goût pour les Daurades. Chez eux aussi , on estimait les Daurades des étangs beaucoup plus que celles de la mer proprement dite : voilà pourquoi ils en faisaient transporter dans les lacs intérieurs, et en particulier dans le fameux lac Lucrin.
11 paraît donc qu’on pouvait tes habituer à l'eau douce, puisque Columelle conseille d’en peupler les étangs. Duhamel , d'après des observations particulières, est porté à penser de même, et Bloch espère les voir un jour acclimatées dans les eaux douces, qui perfectionnent, dit -on, leurs qualités; malgré cela nous ne pensons pas qu'on l'ait tenté de nos jours. Il est vraisemblable qu’on les y amènerait insensiblement en les mettant d'abord à quelque distance de la côte . là où des eaux légèrement saumâtres forment des sortes de mares.
L’automne est la meilleure saison pour manger ccs Poissons. Ceux d’entre eux qui sont très-grands, sont ordinairement durs, à raison de leur âge avancé.
Lorsque la pèche en est abondante, on en sale une partie pour les envoyer au loin.
Quand on les veut manger frais, on les fait préparer d'une foule de manières différentes, que Rondelet a décrites avec une grande exactitude.
Du temps d'Elien, on les prenait en formant, sur la grève que la haute mer devait couvrir, une sorte d'enceinte composée de rameaux plantés dans la vase ou dans le sable. Les Daurades arrivaient avec le flux; et, arrêtées par les rameaux lorsque la mer baissait et qu’elles voulaient suivre le reflux, elles étaient retenues dans l'enceinte, où on les saisissait avec facilité. Rondelet rapporte «pic de son temps la même méthode était encore suivie dans l’étang de Lattes, cl que pour cela on employait des branches de lamarix. Aujourd’hui on les pèche habituellement au filet, avec le bregin, le verveux, le trémail ou des hameçons garnis de chair de Scomhre et de Crustacés, ou d'animaux à coquilles.
Chez les anciens Grecs, la Daurade était consacrée à Vénus, comme emblème de la beauté féconde. 11 parait que, chez eux, elle portait parfois le nom d expûtefcvç ou sourcil d*ort nom qu’on a aussi attribué à une espèce de Coryphène et au Pompile qui parait être un Ccntrolophe , et qui a amené un peu de confusion au sujet de ce que les anciens ont dit de la Daurade. CORYPHtXF. et Cextrulophe.
Au reste, les Grecs modernes conservent encore le