‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 92 sur 116 · DEP · texte numérisé non relu

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l’oxigènc. Par conséquent , l'expiration du gaz oxigène dépend non-seulement de l'influence directe des rayons lumineux, mais encore de la coloration verte des parties. On sait que les végétaux absorbent une grande quantité d'acide carbonique, le décomposent dans l’intérieur de leur tissu, quand ils sont exposés à l’action du soleil, et rejettent k l'extérieur la plus grande partie de l'oxigènc qui était combiné avec le carbone. Or, ce phénomène est encore une véritable expiration.

Dans une plante privée de la vie ou même dans une plante languissante, tantôt l'expiration cesse entièrement, tantôt le Huide expiré est du gaz azote. 11 est même certains végétaux qui, exposés à l'influence des rayons solaires, n'expirent que de l'azote; tels sont la Sensitive, le Houx, le Laurier-Cerise et quelques autres. Il est difficile d'expliquer une semblable anomalie.

§ 111. De l'excrétion.

Les déjections végétales sont des fluides plus ou moins épais, susceptibles de se condenser et de se solidifier. Leur nature est très-variée. Ce sont tantôt des Résines, des Gommes, de la Cire, des Huiles volatiles; tantôt des matières sucrées, de la Manne, des Huiles fixes, etc. Toutes ces substances sout rejetées à l'extérieur par la force de la végétation. Ainsi le Fraxinua ornus laisse suinter, en Calabre, un liquide épais et sucré, qui, par l’action de l’air, se concrète cl forme la Manne; les Pins, les Sapins, et en général tous les arbres de la famille des Conifères, fournissent des quantités considérables de matière résineuse, beaucoup de végétaux, tels que le Ceroxilon andivota , superbe espèce de Palmier décrite par Humboldt et Bonpland, le Myrica cerifera de l'Amérique septentrionale, fournissent une grande quantité de Cire utilement employée dans la patrie de ces végétaux. Leurs racines excrètent, par leurs extrémités les plus déliées, certains fluides qui nuisent ou sont utiles aux plantes qui végètent dans , leur voisinage. C'est de celle manière que l'on peut I expliquer les antipathies de certains végétaux. Ainsi j l'on sait que le Chardon hémorrhotdal nuit & l'Avoine; I l’Erigeron âcre, au Froment; la Scabieuse, au Lin, etc. |

Tels sont les trois principaux moyeus de Déperdition que l'on observe dans les végétaux. Quelle que soit la I quantité des substances qu’une plante rejette au dehors I par la transpiration, par l'expiration et l'excrétion, elle est constamment moindre que celle des fluides ! qu'elle absorbe. En effet il y a toujours fixation d’une i certaine quantité des matériaux absorbés employés à la nutrition cl au développement de la plante. F. Nu-

TBITIOff.

DÉPÔTS, oéol. V. Terrains.

DEPPËE. Deppea. rot. Genre de la famille des Rubincées, Télrandric Monogynie, institué par Chamisso qui le caractérise ainsi : calice k quatre dents courtes et triangulaires; corolle un peu en zone, très-glabre, divisée en quatre lobes elliptiques; quatre étamines à filaments très-courts , à anthères linéaires ; style plus long que les étamines; stigmate fort épais; capsule membraneuse, ellipsoïde, couronnée par les dents du calice persistant, à deux loges monospermes. La DeppZe ; hldyotide est un petit arbrisseau du Mexique, k feuilles 1

péliolées, elliptiques, pointues, un peu velues; à stipules triangulaires, décidues; les fleurs sont jaunes, rassemblées au sommet des tiges en petits bouquets de trois à quatre et portées sur des pédoncules.

DEPRESS1COLLE. Depretsicollis. ins. On désigne souvent ainsi les Insectes qui ont le cou et le corselet fortement aplatis sur les côtés, de manière qu'ils ont ces faces plus larges que les supérieure et inférieure.

DÉPRESSICORNF.. Depretsicot^ni». zool. Animal qui a les cornes aplaties sur les côtés.

DÉPRIMÉ. Depressua. bot. Ce terme s'emploie pour désigner un organe comprimé de haut en bas , tandis qu’il est simplement comprimé si la compression se fait latéralement. Chez les Oiseaux, le bec est Déprimé lorsqu’il est aplati sur sa hauteur; il est alors en totalité ou dans quelques parties moins haut que large.

DERACAMI1E. Deracanihua. ins. Coléoptères létramères; genre de la famille des Rynchophores, établi aux dépens du grand genre Charanson des anciens entomologistes, par Sehoonherr qui lui assigne pour caractères : antennes courtes et fortes, coudées, composées de onze articles, dont le deuxième le plus long, les autres courts, transverses et serrés, avec la massue ovale, formée des quatre derniers articles très-élroitement emboîtés; trompe courte, épaisse, anguleuse, presque plane et sillonnée en dessus; yeux oblongs, déprimés; corselet transverse, épineux sur les côtés ; écusson petit et triangulaire; élylres courtes, ovales, avec les épaules rétuses; tarses allongés, étroits et soyeux. Le Curculio spinifex, Fab.;Oliv., Enl. v, 85, p. 551, l. 18, f. 124, est le type de ce genre dans lequel on a admis une autre espèce, récemment observée en Tartarie.

DERÆUM. zool. Épithète latine qui sert à llliger, pour désigner la portion inférieure du cou des Oiseaux, celle qui est au-dessous de la gorge et de la nuque.

DERASOME. Deraaomus. ins. Coléoptères télramères; genre de la famille des Rbynchophores, établi par Sehoonherr pour un Insecte nouveau rapporté de la Cafrerie par Kcklon et Zeyher. Ce genre offre pour caractères : antennes assez longues, minces, coudées, insérées vers le milieu de la trompe et composées de douze articles : le premier épais, les deuxième et troisième les plus longs et obcontques , les cinq suivants graduellement plus courts, enfin les derniers formant une massue ovale et acuminée ; trompe longue, mince, linéaire et arquée; yeux arrondis et convexes; corselet transverse. largement échancré antérieurement, tronqué à la base qui est beaucoup plus large que le sommet, ce qui rend conséquemment les côtés obliques; écusson étroit et allongé; corps subovale, court, peu convexe et garni d'ailes que cachent des élytres assez courtes, ovales , tronquées à leur base , arrondies aux angles huméraux; pieds médiocres; cuisses épaisses et muliques; jambes droites, tronquées à l’extrémité; deux crochets au dernier article des tarses. Le Deraaomus candidulua est noir, couvert d'écailles blanchâtres; les élylres oui des stries avec des rangées de points peu visibles ; les antennes et les pattes sont lestacées.

df.h

DERBE. Derba. i*s. Genre d'IIémiptères de la famille des Cicadaires, fondé par Fahricius, et qui est remarquable par l'étendue considérable de la lèvre ou plutôt de la partie relevée , comprise inférieurement entre le* yeux et d’où part le bec; celle partie présente trois carènes. Les espèces comprises dans ce genre sont toutes exotiques et peu connues ; la plupart appartiennent à l’Amérique méridionale.

DEKBIO ou DERBION. pois. Synonyme de Caranx glauque.

DEItRIS. pois. Synonyme de Gaslérostée Lirbe.

DERCYLE. Dercylu s. iss. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Car a biques, établi par Delaporte pour une espèce apportée du Brésil, et qui offre pour caractères distinctifs : premier article des palpes renflé, le dernier très-court, légèrement dilaté en hache ; deuxième et troisième articles des tarses antérieurs élargis dans les môles, et de forme carrée. Le reste des caractères ne présente aucune différence d'avec ceux des Panagées. Le Derctle noir, Dercylu s ater, Delap., est entièrement de celte couleur, de plus lisse et luisant; son corselet est peu large, tronqué en arrière, et impressionné de chaque côté ; ses élytres présentent des stries profondes et lisses ; elles ont les angles de la base saillants. Taille, sept lignes.

DEKEI.OME. Dcrclomus. ms. Coléoptères tétramères; on doit encore à Schoonherr la formation de ce genre nouveau dans la famille des Rbyncliopbores ; il le caractérise de la manière suivante : antennes minces et ne dépassant point en longueur celle du corselet : les deux premiers articles sont allongés, obeoniques et presque égaux; les cinq suivants sont plus courts et paraissent perfoliés; la massue qui se forme des cinq derniers, est ovale et pointue; trompe allongée, mince, linéaire et arquée; yeux latéraux, arrondis et médiocrement proéminents; corselet tronqué à sa base, légèrement arrondi sur les côtés durit les bords sont un peu relevés, rétréci antérieurement et peu convexe en dessus; corps oblong-ova^e, glabre et pourvu d'ailet; élytres ohlongues, échancrées à la base et obluséinent anguleuses aux épaules; pieds de médiocre longueur. Le type de ce genre est le Hhynchœnus chamœivpis de Fahricftjs ; deux autres espèces africaines lui sont associées.

DERENCEPIiALE. Derencephalus. zool. Geoffroy S‘-Hilaire donne ce nom aux Monstres qui ont le cerveau très-petit, et enveloppé par les vertèbres du cou.

DERINGA. bot. Le genre nommé ainsi par Adau&on (Familles des Plantes, additions, p. 49S) et formé aux dépens des Myrrbis, offre si peu de différence avec ce dernier genre, qu’il est bien difficile de l'admettre. En effet, des feuilles lin peu plus larges et à trois divisions, quelques modifications dans rinUorescence et dans le nombre des parties de l’involucre, sont les légers caractères qu'Adanson attribue à son Deringa. P.. Vt\K-

RQIDE.

DERLE. mix. L'un des noms vulgaires du Kaolin ou Terre à porcelaine, qui est le Feld-Spath argiliforme. F. cc mot. •

DERM APTÈRES. Dermaptera. ms. Nom sous lequel

j Degéer a, le premier, distingué un ordre d'insectes,

! fort tranché et correspondant aux Ulonata de Fabricius et aux Orthoptères d'Olivier, F. Orthoptères.

Kirby a fait des Forficules un ordre particulier, en leur conservant le nom de Dermaplère, adopté par j Leacb.

DERMASÊE. Dermasea. bot. Haworth, dans sa Monographie des Saxifragées, avait établi, sous le nom de i Dermasea, un genre distinct pour le Saxifraga Firginiensis; ce genre n’a pas été adopté.

DERMATOCAKPÊES. Fungi Dermatocarpi. bot.

* ( Champignons. ) Pcrsoon, dans sa Classification des Champignons , appelle ainsi la première section du deuxième ordre, qui comprend les genres Gymnosporangium , Puccima , etc. F. Créditées.

DERMATODEA. ( Lichens . ) bot. Le genre ainsi appelé par Venlenal, comprend une partie des espèces du genre Lobaria établi antérieurement. F. Lobarie.

DERMATOIDK. Dcnnatoides. Qui a l’apparence du cuir ou de la peau.

DEKMATOPODES. ois. Quelques auteurs ont rangé sous celte dénomination, dans une tribu particulière, tous les Oiseaux dont les pieds sont revêtus d'une peau très- rugueuse.

DERME. Dermos. zool. La plus intérieure des couches membraneuses dont la superposition constitue la peau des animaux vertébrés. — C’est un feutre plus ou moins serré, suivant les classes et les genres, et formé par des fibres celluleuses et tendineuses très-fines, auxquelles beaucoup de gélatine est incorporée. La présence de cette gélatine sc démontre et par l'ébullition et par le tannage , c'est-à-dire par la combinaison du tannin avec la substance du Derme pour fabriquer le cuir.

Faute d’observations assez exactes et surtout assez nombreuses dans la série des animaux (car la plupart des anatomistes qui ont parlé du Derme n'ont guère examiné que la peau de l'Homme, et encore ne l'ont-ils pas examinée dans tous les états qu'elle peut prendre), on s’est fait beaucoup d'illusion jusqu'ici sur la structure du Derme. Malpighi le décomposait en (rois couches superposées : le chorion ou cuir, le corps papillaire et le corps réticulaire ou muqueux. Le ctiorion, selon Malpighi qui pourtant en connut assez bien la texture, serait tout à fait étranger aux phénomènes d'exhalation, d'absorption et de sensibilité; le corps papillaire serait un entrelacement des filets nerveux qui ont traversé le Derme ou chorion, au milieu d'une substance spongieuse; ce serait le siège de la sensibilité; enfin le corps muqueux, le plus extérieur des trois, serait un enduit mou, sécrété par le Derme, dépourvu de nerfs et de vaisseaux, et le siège de la couleur de la peau. A ces idées on ajouta depuis que le corps papillaire était aussi composé par les dernières divisions des vaisseaux exhalants, et les premières origines des vaisseaux absorbants (Bichat). Ces derniers éléments de la composition du corps papillaire sont évidemment imaginés, puisque l'existence même de ces vaisseaux exhalants et absorbants n'est aucunement prouvée. Or, on va voir que le corps papillaire lui-méme, dont on a pourtant supposé des descriptions très minutieuses pour

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la forme, le nombre et les dispositions de ses papilles, n’est lui-même qu’une pure supposition. Le corps muqueux a surtout exercé l’imagination des anatomistes et physiologistes systématiques.

Cet enduit, selon Malpighi. aurait eu pour objet d’entretenir la souplesse du corps papillaire, usage bien inutile, puisque l'épiderme, véritable isoloir, est le seul obstacle à l’évaporation de tout le corps, et que dès qu'il est enlevé, l'évaporation étant continue, le dessèchement devient plus ou moins imminent aux surfaces dénudées.

Bicliat jeta le premier des doutes sur ces deux couches extérieures au Derme, en observant que la séparation de l'épiderme avec le Derme ne montre rien d'inlerposé. II admet cependant un lacis de toutes les divisions très-fines des vaisseaux qui ont traversé la peau; d'où il résulte un réseau capillaire intermédiaire au Derme et à l'épiderme. Il pense que c'est là le siège des absorptions et exhalations de la peau et de sa couleur.

Gall avait pensé que le corps muqueux n’était autre chose qu'une couche de matière nerveuse grise , destinée à donner naissance aux fibres nerveuses, convergentes du corps , comme la couche grise superficielle du cerveau et du cervelet donne naissance aux fibres convergentes de ces organes. Enfin Gaultier veut qu'il n’y ait pas de corps papillaire distinct, et que l’épiderme soit séparé du Derme par quatre couches constituant le corps muqueux, savoir : 1® sur chaque aspérité de la face externe du eborion s'élèverait un petit bourgeon composé de ramuscules artériels et veineux, contournés sur eux-mêmes, et peu adhérents au chorion ; leur ensemble formerait la première couche ; 2° cette couche, à travers les mailles de laquelle seraient à découvert les petites dépressions du chorion , serait recouverte par une membrane blanche dite albuginée, formée par la sécrétion du sang qui arrive aux bourgeons subjacents : celte membrane serait le produit de ces bourgeons, et par rapport à eux une sorte d’épiderme; 3° au-dessus de la couche albuginée, en serait une troisième plus distincte dans la peau du nègre par sa couleur noire : celle-là serait formée de petits corps en nombre égal à celui des bourgeons et de même composée de ramuscules artériels et veineux imprégnés de matière colorante ; 4° enfin immédiatement sous l’épiderme , serait une membrane très-mince et très-blanche, analogue à la seconde, et à cause de cela nommée albuginée superficielle, et comme elle formée par l’exhalation des bourgeons suhjacents de la troisième couche. Ces quatre couches seraient, selon Gaultier (Mémoire et Journal de physique sur la structure de la peau, 1815), très faciles à distinguer sur la peau du pied d’un nègre engorgée par l'action d’un vésicatoire. 11 assigne enfin à l’épiderme une superposition de couches analogues à celles du corps muqueux. Nous avouons n’avoir jamais vu ni sur l'ilomme, ni sur aucun animal, rien qui répondit à une pareille manière de voir. Ce n'est pas tout, Gaultier ( loc . ci/.) veut que la matière colorante soit fournie par les bulbes mêmes des poils, et versée dans les première et troisième couches indiquées plus haut (et il se fonde sur ce que la substance

colorante existe à la peau partout où il y a des bulbes pileux); que celte substance manquerait là où il n’y aurait pas de poils; que cette matière colorante est en raison inverse dans les cheveux et la peau ; qu’elle est plus abondante chez le nègre à cheveux courts que chez le blanc à cheveux plus longs, etc. — Or, quant à celle dernière raison, beaucoup de peuples de l'Iude, tous de race arabe, ont la peau plus noire qu'aucun nègre, et ont les cheveux aussi longs que pas un des plus blancs Européens; parmi ces peuples, les femmes ont les cheveux aussi longs que pas une de nos Européennes ; il en est de même chez tous les peuples olivâtres de l’Inde, soit primitifs, soit métis des races noires et des Européens; par conséquent les cheveux ne sont pas une dérivation ouverte à la couleur noire ; ensuite, si la couleur noire de la peau provenait des bulbes des poils (ce qui implique d’ailleurs contradiction avec l'hypothèse précédente), d'où proviendrait le noir de ces belles négresses et de ces belles Indiennes qui sont d'un noir plus foncé que les nègres mêmes d’Angola ? Car la peau de ces femmes est aussi dépourvue de poils que celle de nos plus blanches Européennes qui en ont le moins. Il est faux ensuite que la paume des mains et la plante des pieds ne soient pas noires dans ces mêmes races. La diminution d'intensité de la nuance n'y est même nullement en proportion avec ce qu’elle devrait être d'après rhy|K)lhèse en question. A toutes ces raisons de ne pas admettre les hypothèses de Gaultier, Desmoulins ajoute enfin qu’à l’exemple de Chaussier, qui, sur l’Homme, lui semble avoir bien vu et exposé le premier la structure du Derme, il n'a jamais pu reconnaître aucune de ces quatre couches du corps muqueux, ni le corps muqueux lui-méme ; que quant aux lames superposées de l’épiderme, on en fera autant qu’on voudra en le divisant, suivant son épaisseur, avec un instrument assez fin et avec assez d'adresse; que par conséquent, quelle que soit son épaisseur,ce n'est autre chose que du mucus épaissi, de la même nature que celui qui se forme partout; que s'il est plus épais aux mains, et surtout à la plante des pieds, c'c6t que les frottements subis par ces parties, en y faisant exhaler plus de mucus qui s'y concrète, augmentent son épaisseur en raison de la fréquence et de la rudesse de ces frottements; que sur les animaux tout le monde peut observer à la face interne des lèvres, au palais, sur la langue, endroits où certes il n’existe pas le moindre bulbe pileux qui puisse être la source d'une pareille matière colorante, l'on observe justement à ces mêmes endroits les couleurs les plus intenses de la peau, depuis le bleu cl le violet jusqu'au noir le plus foncé. Desmoulins fait observer en outre que ces couleurs de la raembraue palatine n’existent pas seulement à sa surface, et sous son épiderme, dans une couche qui leur serait intermédiaire, et qu’il n’est pas plus possible de voir là que chez l’Homme, mais qu’elles occupent une partie appréciable de l’épaisseur du Derme, ce dont il est facile de s’assurer sur la tranche d’une coupe verticale ; qu’enfin dans les animaux qui ont du blanc et du noir à la tète, on voit sur des coupes de la peau, faites dans ces couleurs, surtout autour des lèvres, la tranche être ou tout à fait noire ou tout à fait blanche, dans toute l’épaisseur

il!)

du Derme et à ses deux surfaces. Il a réitéré cette observation sur les Moulons et les Chiens, sans y voir jamais d'exception. Quant au changement de couleur par maladie, dans une même espèce, chez l'Homme, par exemple, dans la fièvre jaune et dans le typhus où le jaune est si prononcé, et où. d'après l'hypothèse en question , l'altération ne devrait se voir et résider qu'à la seule surface du Derme dans le prétendu corps muqueux. Desmoulins a observé le premier (Journ. de Physiologie, Exp.. t. in. pag. 255) que la couleur jaune de la peau, dans ces maladies, est l'effet de l'élaboration impriméeau sang dans les réseaux vasculaires du Derme, vers lequel il s'établit une congestion ou tluxion analogue à celle qui produit en même temps les hémorrhagies des membranes muqueuses intestinales. Enfin sur la peau du Marsouin, soit dans les endroits où la peau est blanche, soit dans ceux où elle est noire, l'épiderme se sépare avec la plus grande facilité de la surface extérieure du Derme qui est parfaitement lisse, et sans les moindres bourgeons ou élevures. Par conséquent dans cet animal, entre l’épiderme transparent et ta surface du Derme, il n’y a rien à quoi l'on puisse attribuer la inoin dre coloration. La face interne du Derme est partout découpée, comme le velours le plus fin, en sillons qui en occupent du tiers à la moitié de l'épaisseur totale. Les petits feuillets, très-minces, qui résultent de ces découpures dont la direction est onduleuse par des courbes analogues à celles de la paume de nos doigts, sont entièrement noirs jusqu'au fond des découpures, sous le ventre même, là où la peau est la plus blanche extérieurement. Au dos où la peau est d'un bleu noir, cette couleur occupe toute l'épaisseur du Derme. Là où le blanc passe au noir par des nuances progressives, cela lient donc à ce que la couleur noire s'avance plus ou moins près de la surface externe du Derme ( /\ Dauphin ) . Il est donc bien certain que, pour toute la peau de ces animaux, pour le Derme de la tête des Ruminants, des Chevaux et des Chiens, et enfin dans les altérations maladives de la couleur de la peau humaine, le siège des matières colorantes est dans l’épaisseur du Derme même, et non dans une membrane ou réseau quelconque qui lui soit extérieur.

Chaussier est le seul qui ait bien décrit l'organisation du Derme. Celle partie de la peau n’offre selon lui qu'une seule lame plus ou moins épaisse, composée: 1° de fibres particulières, denses, entre-croisées à l’infini, laissant entre elles des alvéoles remplis d'un fluide albumineux, et à travers lesquels passent les poils; 2° d’un grand nombre de ramuscules artériels et veineux, nerveux et lymphatiques, ramifiés à la surface où ils se réunissent en petits mamelons ou papilles; U prétend, ce que réfutent les observations précédentes, que ces papilles sont le siège de la couleur qui distingue les races humaines; 3° enfin dans les aréoles du Derme se trouvent un grand nombre de follicules qui sécrètent une humeur huileuse, pour entretenir la souplesse de la peau. Tous ces éléments forment une seule et même lame où ils ne se présentent pas par couches superposées, mais intimement mêlées et en des proportions diverses dans les diverses régions; voilà ce qui existe seulement en réalité. Celte nombreuse superpo-

sition de couches étagées, admise par Gaultier et autres, n’a sans doute, dit Chaussier, été suggérée à l'imagination de ces anatomistes que par le penchant à isoler chacun des agents des fonctions diverses de la peau.

C’est conséquemment dans le Derme que réside la cause, et de la couleur de la peau, et de tous les phéj nomènes dont cette membrane est le siège. L'épiderme | est tout à fait inerte, et n'a d’effet que comme enve- ! loppe isolante des extrémités nerveuses, et comme obstacle à l'évaporation et à l'irn bihition.

- Il n’est donc pas invinciblement prouvé, comme on l’a dit un peu légèrement, que la cause de la couleur de tous les Hommes est indépendante de toute influence étrangère, et tient uniquement à l'organisation de leur peau. La proposition est trop vaguement énoncée, et n'est pas l’expression de tous les faits qu’elle semble embrasser. Dans l'espèce a rabe ou caucasiquc, par exem- : pie, espèce dont le caractère est d’avoir les cheveux lisses et longs, l’angle facial de soixante-dix-huit à quatrevingts degrés et le nez tout d’une venue avec le front, dans celte espèce, la couleur de la peau varie depuis le blanc pur jusqu'au noir également pur. Et ensuite, chez les Européens mêmes, celle transmutation arrive jusque dans le même individu, lorsqu'il vient à subir, sans abri, l'influence de la zone équatoriale. Il faut dire aussi que l'espèce arabe est la seule dont la couleur soit ! ainsi susceptible de changer par l'influence du climat.

Tous les autres Hommes, soit jaunes, soit olivâtres, soit I noirs, soit bronzés, soit cuivrés, soit même blancs, rcsj tenl immuables sous toutes les influences, et nonobstant la perpétuité de ces influences. Ainsi, les peuples mon- ! gols ont à peu près la même nuance et sous le pôle, et sous le tropique, et sous les zones intermédiaires. Il en J est de même des Américains cuivrés. Enfin en Amérique, sous l'équateur, il existe des Hommes dont la couleur est d’un blanc mat, qui ne sont point une race dégénérée de l'européenne, commcon a pu l'imaginer, dont l’origine n'est certainement pas la même que celles des autres Américains, et que les Européens trouvèrent indigènes lors de la découverte. Eh bien, ces Américains blafards conservent leur teint blanc, sous le même soleil qui, au bout de quelques années, a presque tout à fait noirci l'Espagnol ou le Portugais qui subit comme eux, sans abri, l'influence du climat. Celte susceptibilité de la peau à varier ainsi de couleur, dans l'espèce arabe, opposée à la fixité de la couleur dans les autres espèces, est une preuve péremptoire de diversité d’origine, et devient, à cause de cela, uu caractère principal de cette espèce, caractère duquel on n'avait pas même encore reconnu l’existence.

DEKMÊE. Dermea. bot. Genre de Champignons de la famille des Pyrcnomycètes de Link, établi par Fries qui 1 lui assigne pour caractères : réceptacle entier, suberoso-coriace, avec son orifice d'abord assez large, puis se rétrécissant graduellement; épiderme épais et plan; membrane fructifère lisse, persistante; llièques fixes, distincts et persistants. Ce sont de petits Champignons noirâtres, épiphytes, ayant beaucoup de ressemblance avec les Pczizes. et que, comme elles, l’on trouye sur les parties mortes des végétaux.

DERMESTE. Permette*, ms. Genre de Coléoptères

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