‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 108 sur 125 · DR A · texte numérisé non relu

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lins, dons un Mémoire couronné par l'Institut, a montré que ces rameaux, cl surtout les antérieurs, avaient constamment un excès relatif de volume évidemment eu rapport avec la sensibilité nécessaire aux surfaces branchiales, pour que l'animal, averti du contact ou du séjour des corps étrangers qui auraient échappé au cribla^c de l'eau, à travers les dentelures des arceaux, et qui diminueraient par leur adhérence l'étendue des surfaces respirantes, secoue scs Branchies et les nettoie. Les huit veines branchiales se réunissent sous le crâne en un tronc qui redevient artériel, sans renflement contractile, et porte le sang à tout le corps. Itans les Raies et les Squales, il y a cinq arceaux articulés supérieurement au crâne et aux premières vertèbres, et inférieurement sur une quille analogue à l'axe de l’hyoïde; do la convexité de ces arcs divergent dix à douze rayons inter|K>sés, à deux rangées de lames purement membraneuses et vasculaires. En outre, de petites côtes branchiales affermissent eu dehors la membrane qui, des arceaux branchiaux, se porte vers elles, en s'appuyant sur les rayons cartilagineux, de là leur nom de Branchies fixes. Dans les Lamproies, il n'y a plus d'arcs ni de rayons branchiaux; mais les côtes branchiales formeut un véritable thorax. Dans luus les cas de Branchies fixes, leur forme est une bourse plus ou moins sphérique, s'ouvrant séparément au dehors par un trou de la peau, et intérieurement dans l'œsophage , directement comme chez les Sélaciens et les Gastrobranches, ou par l'intermédiaire d'uu canal particulier qui s'ouvre dans la bouche, comme chez les Lamproies.

C'est dans les Mollusques que la forme et la situation des Branchies sont plus diversifiées. Elles ont de commund'élre purement membraneuses et vasculaires.

Les Céphalopodes ont deux Branchies en forme de feuille de Fougère, situées dans le sac du corps. Eu se portant vers elles, chaque division de la veine cave donne dans un ventricule charnu, isolé, qui est un vrai cœur pulmonaire. En outre, il y existe, comme dans tous les autres Mollusques, un cœur aortique à la réunion des veines branchiales. (//. la description et les excellentes figures de ces organes pour la classe des Mollusques dans l'Aoatom. des Mollusq., Cuv ier, in-4°, 1817.)

Dans tous les Mollusques où les Branchies sont extérieures, quelle que soit leur situation, elles sont en forme de Heurs ou de panaches ; dans les Aplysies et les autres Teclibraiiches, ce sont des feuillets plus ou moins divisés; ces feuillets sont rangés comme les dents d'uu peigne dans la grande généralité des Coquilles univalves en spirales ou coniques. Dans les Bivalves, ce sont de grands feuillets enveloppés par le manteau comme les feuillets d'un livre par son couvert. Dans les Mollusques cyrrhopodes dont l’organisation est moyenne entre celle des Crustacés et des Mollusques, les Branchies, en forme de pyramides allongées, adhèrent à la hase des pieds chez les Analifes; ce sont deux grands feuillets garnis de petites lames et adhérents au côté du jnauteau dans les Balanes. Parmi les animaux articulés,

es Crustacés cl la plupart des Annélides respirent par intermède de l'eau. Les Annélides tubicoles ont des

Branchies en forme de panaches ou d'arbuscule. flottantes sur la tête ou les anneaux antérieurs du corps.

Les Néréides les portent flottantes sur toute la longueur du dos. Ce sont de petites laines simples ou des languettes peclinées d'un seul côté; elles sont cachées dans les Aphrodite», sous de larges écailles membraneuses qui recouvrent le dos, et en forme de petites crêtes charnues.

Les Branchies des Crustacés sont des pyramides composées de lames ou hérissées de filets, ou des panaches, ou des lames simples, attachés aux bases d'une partie des pieds. Il n'y a pas de ventricule aortique, mais un pulmonaire.

RRAXCH1FÈRES. zool. Blainville propose, dans son Tableau analytique d'une nouvelle division systématique du Régne Animal, de substituer ce nom à celui de Poissons, pour désigner la quatrième classe des Vertébrés, qui est la cinquième du même auteur, C. Poissons et Anastozoaires.

BRANCUIOBDELLE. BranckiobtieUa. anxêl. G. de l'ordre des Hirmlinées et de la fam. des Sangsues, établi par A. Odier, d'après une Annélide observée sur les branchies de l'Ecrcvisse; il nomme celle espèce, figurée par Roesel, Branchiobdclle de l’Écrevisse, B. Astaci.

BRANCHI0BDELL10N. axxêl. K. Brarcbellio*.

BRANCHIODÈLES. zool. Première fam. des Vers, dans la Zoologie analytique. Elle renferme les animaux sans vertèbres, munis de vaisseaux et de nerfs, mais privés de membres articulés, ayant des organes respiratoires ou branchies visibles au dehors. Les G. Néréide, Amphinomc, Aphrodite, Arénicole, Dentale, Serpule, Spirorbe, Arrosoir, Amphilrile. Térébelle et Sabclle, com plèlent la fam. des Branchiodèles.

BRANCHIOGASTRE. crist. Nom sous lequel Latrcillc avait désigné un ordre de Crustacés ayant pour caractères : une tète distincte, des branchies extérieures, et le plus souvent quatorze pattes. Cet ordre a été subdivisé depuis, et répond aujourd'hui à ceux de Slomapodes e^d'Atnphipodes.

BRANCUIOPE. crist. S. de Rranchipe.

BRANCHIOPOÜES. Branchiopwla . crust. Cette dénomination, composée des mots grecs Branchic et Pieds, avait été employée par Olhon Frédéric Muller, comme synonyme de celle d'Enlomoslracés Crustacés, qui sont l'objet de cet article. Elle n'était qu'une légère modification de celle de Branchipus , consacrée génériquement parSchæffer, aux mêmes animaux. Une esp. de ce groupe, le Cancer slagnalis de Linné, que le naturaliste allemand avait fait connaître sous le nom d 'A pus pisci/ormis , est devenue pour l'un de nos savants les plus célèbres, Lamarck. le type d'un nouveau G. auquel il a appliqué celte dénomination de Branchiopode, G. que Bénédict Prévost a reproduit depuis, mais d'après une autre esp., sous celle de Chirocéphale. Tous les ordres établis par Lalreillc dans la classe des Crustacés ayant reçu des noms dont l'étymologie dérive de la considération des pieds, il a rendu au sens du terme de Branchiopode sa valeur primitive. 11 désigne le cinquième et dernier ordre de la classe des Crustacés, répondant au G. Dranchipe de Schœffer, et composé du

G. Monoculus de Linné, ainsi que dm deux dernières 1 esp. de* G. Cancer el Lemæa du même auteur. Le j docteur Leacii (Dict. des Scienc. nat.) a conservé à cet ordre la dénomination d'Enlomostracés ou Insectes à coquille, donnée par Muller à une réunion de G. qu'il avait établis par le démembrement de ceux des Monocles et des Lernées de Linné. Il parait que, plus anciennement, Frisch avait désigné ces Crustacés sous le nom générique A' A pus, adopté d’abord par Schœfferet restreint ensuite par Cuvier à un groupe d’espèces que Muller plaçait dans son G. Limule, et que Fabricius en avait distraites, pour les reporter dans celui des Monocles auquel d’ailleurs il n'a fait aucun autre changement. Si l'on s'occupe plus particulièrement de la détermination des espèces , c’est â l’ouvrage précité de Muller qu'il faut recourir; mais si l'on désire connaître à fond leur organisation et leurs mœurs, ce sont les écrits de Schaeffer, de Degéer, et surtout l'excellent Mémoire sur l’Argule, de Jurine fils, la belle Histoire des Monocles de son père , publiée après sa mort, le travail de Rambohr sur plusieurs de ces animaux, les Monographies des Daphnies el des Cypris par Strauss, qui supposent des yeux de Lynx et une patience admirable, enfin celle d'Adolphe Brongniart, relative au genre Limnadie, qu'il faut étudier. L’extrait de ces intéressantes observations sera réparti dans les articles qui ont pour objet ces divers genres.

Le G. Onitcus de Linné se lie. par des nuances insensibles, avec celui qu’il nomme (’ancer, et qui forme un groupe très-naturel. Mais il existe plusieurs autres Crustacés mixtes en quelque manière, à raison de leurs affinités avec les Arachnides et les Insectes , pour la plupart très-petits et tous aquatiques, ayant ordinairement un lest ainsi que les Crabes et les lvcrevisses.il* sont remarquables en ce que, sous le rapport de l'organe de la vue, ce sont, pour ainsi dire, des Polyphénies; leurs yeux sont très-rapprochés, quelquefois même trèspeu distincts, et, par ce caractère et quelques autres, ils ne peuvent être associés à aucun de ces genres. Tels sont les Crustacés dont il a formé celui des Monocles, et auxquels, comme nous l'avons dit, nous réunissons ordinalcment deux de ses Cancers et deux de ses Lernées. Si l'on sépare de l'ordre des Brancbiopodes le G. que Lamarck désigne ainsi, on pourra, à quelques légers changements près dans les caractères, signaler ces animaux de la même manière que Linné l'a fait relativement aux Monocles : un ou deux yeux sessiles; un test; pieds ou plusieurs d’entre eux nageurs. Mais il n'est pas aussi facile de caractériser rigoureusement cet ordre, st l’on ne change point les limites que Latreille lui assigne. L’absence des palpe* mandibulaires dont il avait d'abord fait usage, ne pouvant l’aider depuis les dernières recherches de Strauss sur les Cyclopeset les Cypris, il a tâché d’y suppléer par d'autres moyens et d’autre* combinaisons. Voici donc , en dernier résultat, les traits distinctifs de cet ordre : un ou deux yeux sessiles, ou portés simplement par des prolongements inarticulés des côtés de la tête; un test corné, membraneux, univalve ou bivalve, dans le plus grand nombre; bouche tantôt composée d’un labre, de deux mandibules, d'une languette et de deux paires de

mâchoires, dont les secondes articulées ou appendicées, le plus souvent en forme de palpes ou de petits pieds ; tantôt consistant en un suçoir formé par ce* parties, le* secondes mâchoires exceptées; premier article des pieds servant de mâchoire dans d’aulres; nombre de pieds jusqu’aux organes sexuels inclusivement et dont les premiers représentent les pieds-mâchoires, de quatre à dix dans les uns, de vingt-deux dans les autres; les premières branchies situées, soit sur des parties de la bouche, soit sur quelques-uns au moins des pieds antérieurs, dans ceux qui sont munis de mandibules ; toujours situées sur des pieds postérieurs ou en arrière dans les autres.

Les observations de Rambohr, de Strauss, de Jurine et d’Adolphe Brongniart sur les organes maxillaires de diverses Brancbiopodes, ainsi que celles de Lalreille, ont fait connaître les diverses modifications de ces parties, et ont déterminé ce dernier à abandonner l'opinion de Savigny au sujet de leur désignation, et à revenir à son premier sentiment. {V. Boiché.)

En donnant à l’ordre des Brancbiopodes une aussi grande étendue, Lalreille n'a pu éviter celle complication de caractères qui vient d'étre exposée. Mais si l'on formait des trois familles qui le composent, autant d'ordres particuliers, savoir : les Lophyropodea ( au lieu de Lophyrojyes), les Phyllopodes et les Paecilopades , la méthode serait extrêmement simplifiée. En effet, l’existence d'un siphon ou de mâchoires coxales distingue le dernier de tous les autres. Le second qui , dans la classé des Crustacés, représente les Myriapodes de celle des Insectes, est le seul où l’on observe onze paires de pieds thoraciques. Le premier, ou celui des Lophyropodes, serait restreint aux Brancbiopodes n’ayant qu’un œil, pourvus d'un test corné et de quatre à dix pattes, toutes ou presque toutes uniquement natatoires et ordinairement branchiales. Telle est la marche que suit Lalreille dans l’histoire générale des Crustacés; et la dénomination équivoque de Branchiopode est ainsi supprimée.

Dans son Précis des caractères génériques des Insectes, qu’il livra à l'impression en 1796, il avait formé un ordre particulier des Branchiopodes. qu’il appelait avec Muller Entomost racés, el il le plaça entre celui des Acéphales ( Arachnides palpistes de Lamk. ) et celui des Crustacés. Tel est en effet le rang qu'il occupe dans une série naturelle , mais en considérant ces animaux comme formant avec les Arachnides une branche latérale qui, par son extrémité supérieure, se lie avec les derniers Crustacés décapodes et quelques autres des ordres suivants.

Ainsi que les autres animaux de la même classe, les Brancbiopodes ont quatre antennes, dont deux, à raison de leurs usages, ont été prises pour des pieds par quelques auteurs. Mais quelles que soient leurs formes et leurs fonctions, toute difficulté nominale disparaîtra si l'on fait attention à l’insertion de ces organes. C'est toujours avec la tête et au-dessus des mandibules, ou du moins dans leur plan, qu’ils s'articulent. Lorsqu'il y en a quatre, leur situation relative varie de la même manière que dans les Salicoques, les Crevettes, etc. D'après ces principes incontestables , il est évident que

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les bras des Daphnies, et que les deux appendices que Strauss, à l'égard desCypris, prend pour les deux pieds antérieurs, répondent aux antennes latérales et inférieures des Crustacés précédents. En général, ces deux antennes sont spécialement destinées à favoriser, lorsqu'elles sont grandes, la locomotion, ou bien, lorsqu'elles sont petites, à faire tourbillonner l'eau. Les deux intermédiaires et souvent supérieures aux précédentes, sont des organes de préhension, surtout dans les Branchiopodes suceurs et dans les Arachnides : voilà pourquoi dans les mâles des Cyclopes, des Daphnies, des Branchipes , etc. , ces organes offrent des caractères sexuels. Mais ce n'est pas là que sont situées, ainsi qu'on l'avait cru jusqu'à ce jour, les parties masculines. Jurine a détruit cette erreur, et déjà aussi Terviranus a combattu, relativement aux Aranéides, une opinion semblable et non moins générale. C'est près de la base du ventre que, dans tous ces animaux, tant mâles que femelles, sont placés le» organes de la génération. Jusqu'à ces observateurs . on H'avait vu que les préludes de l'accouplement. Il n'est pas sûr néanmoins que tous les Branchiopodes mâles aient des parties propres à la copulation. Elles ont, du moins à l'égard de plusieurs espèces, échappé aux regards d'observateurs très-attentifs, et Strauss présume que, dans les Daphnies, la fécondation s'opère par le simple contact de la liqueur vivifiante que le mâle éjacule.

Jurine. dans son excellente Histoire des Monocles, a employé quelques dénominations qui ne sont point en rapport avec la nomenclature moderne. C'est ainsi que les antennes extérieures des Cyclopes sont pour lui des anlennules; qu'il appelle mandibules internes et mandibules externes, les parties que nous nommons mandibules et premières mâchoires ; qu'il désigne même une autre fois ces mâchoires par la dénomination de barbillons; que les secondes mâchoires lui ont paru être des espèces de mains, et qu'il prend |>our des lèvres la languette.

Le corps des Branchiopodes est ovale-oblong, mou ou presque gélatineux, et va , en sc rétrécissant, de la base du thorax à son extrémité postérieure, de sorte que l’abdomen a la forme d'une queue toujours terminée par des appendices. Les espèces dont le test est bivalve ou du moins plié longitudinalement en deux, s'y renferment en tout ou en grande partie, et y font rentrer celte queue en la courbant en dessous.

Tous ces animaux sont exclusivement aquatiques. Ceux qui ont un siphon ou qui sont suceurs, habitent plus généralement les mers, parce que c'est là aussi que se tiennent un plus grand nombre de Poissons à la peau desquels ils se fixent pour en sucer le sang. Quelques espèces cependant vivent sur des Poissons d'eau douce ou sur des Têtards de Batraciens. C’est sur les rivages maritimes ou près de l'embouchure des fleuves qu'il faut chercher les Limules. Les autres Branchiopodes, et qui sont tous broyeurs ou munis de mandibules et de mâchoires, font leur séjour, à l’exception d'un petit nombre, dans les eaux douces, mais point ou peu coulantes, telles que celles des mares , des bassins et des fossés; souvent même ils y fourmillent et y paraissent et disparaissent presque subitement. Aussi,

pour expliquer cette subite apparition, a-t-on pensé que leurs œufs peuvent se conserver assez longtemps dans des lieux où ils ont été déposés, lorsqu'ils sont rem- | plis d'eau, sans que leur germe s'altère. Mais les expériences de Strauss et de Jurine sembleraient prouver qu'une dessiccation absolue les fait périr. Celui-ci a observé que le nombre des mâles est à celui des femelles comme un est à dix ou à douze , et que les premiers sont beaucoup plus rares au printemps qu'en automne. Bclativement aux espèces du ti. Apus, Schæffer n'ayant jamais trouvé que des individus portant des œufs, a soupçonné que ces Crustacés sont hermaphrodites; mais, à ne consulter que l’analogie, ce sentiment est invraisemblable.

Divers Branchiopodes , comme les Phyllopes et tes Cyclopes, portent leurs œufs dans des sacs particuliers, placés près de l'origine de la queue, ou bien sur celle des pattes qui séparent le thorax de l'abdomen, et dont deux quelquefois, ainsi que dans les Apus, offrent une capsule particulière , appelée matrice par Schœffer. Tous les autres Branchiopodes les font passer au-dessus du dos, et l'espace qu’ils occupent de chaque cété, représente, avec la substance verte qui les accompagne. une sorte de selle, ephippiutn. Chacun de ces espaces est quelquefois partagé en deux loges. Celte sorte de matrice est sujette à une maladie indiquée par une tacbe noire, et produisant un avortement, mais qui, d'après les observations de Jurine, cesse ordinairement aux mues suivantes. Ces mues sont très-fréquentes, et ce n’est guère qu'après la troisième que ces animaux sont capables de se reproduire. Quelquefois même il en faut cinq pour qu'ils soient parfaitement semblables à leurs parents. Leurs pontes ont lieu toute l'année; mais les intervalles qui s'écoulent entre elles sont plus ou moins courts, selon que la température est plus ou moins élevée. Terme moyen, plusieurs Branchiopodes en font trois par mois. Les métamorphoses qu'ils éprouvent dans leur jeune âge sont si remarquables que Jurine les désigne dans cet état, ou sous la formede larve, par le mot de Têtards. II nous a donné d'excellentes observations sur le développement du fœtus dans l'œuf, et sur les phénomènes qui ont lieu lorsqu'on asphyxie un instant ces animaux et qu'on les rappelle à la vie. 11 a relevé quelques erreurs commises par Muller, et réformé notamment deux de ses genres, Amymone et Natiplie. établis sur des Branchiopodes observés seulement dans leur jeune âge. Il s'est encore assuré qu’une première fécondation, mais indispensable, suffit au même individu pour plusieurs générations. Schæffer l'avait déjà avancé d'après ses propres expériences, besmarest nous a fait connaître quelques Branchiopodes en état fossile. L'étude de ces Animaux a aussi acquis un nouvel intérêt par les recherches sur les Trilohites, de Brongniart père, membre de l'Académie des Sciences.

Il n'est pas possible d'exposer ici les diverses manières dont on a divisé le genre Monoculus de Linné. En général, elles se rapprochent plus ou moins de celle que Schœffer avait employée dans son G. Brancbipe. Le docteur Leach a étudié avec un soin particulier ces animaux, et a introduit dans cet ordre quelques nouvel-

Je* coupes qu'il paraît convenable d'admettre. Hermann fils et Tilésius ont aussi donné sur le même sujet de bonnes observations, très propres à éclairer la méthode. Celle qui semble préférable , sous bien des rapports, a été exposée dans le Règne Animal de Cuvier. L'ordre des Branchiopodes y est partagé en trois sections ou familles, les Pæcilopes. les Phyllopes et les Lophyropes; on peut consulter ces articles, en observant seulement que le nouveau G. de l.imnadie, établi par Adolphe Brnngniart. appartient aux Phyllopes. et qu’il sc compose de plusieurs espèces rangées avec les Lyncés par Muller.

BRANCHIOSTÈGE. iool. Nom d’un appareil osseux dont les mouvements sont relatifs à la respiration des poissons. Comme son mécanisme est lié à celui de l'opercule, le nom de BRAxcHio$Ttr.K avait été donné au cinquième ordre de la classe des Poissons dans le Sy»terna Aalttrtr de Linné, où ses caractères consistaient dans un squelette cartilagineux, dépourvu de eûtes et d’arétes. avec des branchies libres. Les G. Mormyre, Ostracion. Tétraodon, Dindon. Syngnathe, Pégase, Ccntrisque, Baliste, Cycloplère et Lophie le composaient.

BRANCHIPE. Branchipu ». crist. Schrpffer a, le premier, établi sous ce nom un G. très-étendu, comprenant les Entomoslrarés de Muller, les Monocles de Linné, et répondant à l'ordre des Crustacés Branchiopodes de Latreille. Ce G. a été considérablement restreint par Scopoli qui lui a substitué le nom d’/fpws, en lui rapportant à tort, et en quelque sorte par inadvertance, le Monoculu» Apu* de Linné, au lieu de son Cancer ttagnalis. Lamarck a cru devoir remplacer le nom qu'avait imposé Scopoli par celui de Branchiopode; mais Latreille s’est depuis servi de ce mot pour désigner le cinquième ordre des Crustacés, et il a appliqué celui de Branchipe au G. Branchiopode de Lamarck. Ce dernier s’est conformé à ce changement, et il est à désirer que les zoologistes suivent cet exemple. — Le G. Branchipe appartient à l’ordre des Branchiopodes. Caractères : tête distincte avec deux yeux à réseaux pédiculés; des antennes capillaires au nombre de quatre chez le mâle et de deux chez la femelle; deux protubé rances sur le front, beaucoup plus grandes, très-avancées, en forme de mandibules dans les mâles; la bouche composée dans les individus de ce sexe d'une sorte de chaperon bifide avancé, d'une papille en forme de bec et de quatre autres pièces latérales; corps nu ou sans bouclier, allongé, portant onze paires de pieds en nageoires de quatre articles, et dont les trois derniers en forme de lames ovales et ciliées sur leurs bords; queue de la longueur du corps, conique, formée par six à neuf anneaux dont le dernier muni de deux feuillets garnis de poils. Ainsi caractérisés, les Branchipes peuvent être facilement distingués de tous les Crustacés de l'ordre auquel ils appartiennent ; mais il s'en faut de beaucoup qu'ils soient connus complètement. L'histoire de leur organisation et de leurs mœurs mérite une étude particulière, et c’est aux savants qui les ont observées que sont empruntés les détails priucipaux qui font l'objet de cet article.

Les Branchipes vivent dans les eaux stagnantes. On

en admet généralement deux esp., l’une le B. stagnai, B. Stagnait », ou le Cancer »tagnali» de L., Gammarus stagnait», Fab., figuré par üerhst (Crust., tab, 35. fig. B, 10). C'est â celle esp. qu’il faut rapporter le travail important de Schtvffer {A pus piaci/brmis, Insecti aquat.y Spec. nor. détecta , in-4*, Ratisb., 1754 et 2*édit-, 1757.) On l’a rencontré, dans plusieurs lieux de la France, aux environs de Paris, et dans la forêt de Fontainebleau. L'autre le B. paludeux, B. paludosu», ou le Cancer jmlutlosu» de Muller, figuré par llerbst (fig. 3, 4 et 5). On rapporte à cette esp., et Latreille partage cet avis, le Branchipe décrit par Bénédicl Prévost (Journ. de Phys., T. tvn, juillet 1803, p. 37 54 et 89-117), sous le nom générique de Chirocèphale, dans un Mémoire imprimé â la suite de l'ouvrage de Jurine. sur les Monocles (iu 4°. Genève, 1820). Les très bonnes figures qui accompagnent ce travail ne permettent pas de douter que celle esp. ne soit tout â fait distincte du B. stagnait» , et elles offrent dans les parties de la tête, dans la longueur du sac contenant les œufs, et dans la ténuité des appendices de la queue, quelque ressemblance avec le Branchipe paludeux.

BRANCHIURE. Urunchiuru». axxél. Vjviani représente et décrit, sous ce nom, de très-petits animaux qu'il rapporte à la classe des Annélides, mais qui, d'après l'opinion de Cuvier, ne sont pas assez caractérisés pour qu'on puisse assurer que ce ne sont pas des larves. Viviani n'en a d'ailleurs observé qu'une seule esp. qu’il a nommée Branchiuru» quatlripe».

BRANC-URSINE. bot. S. vulg. A'Acanthu» mollis , L.

BRANDE. bot. S. de Bruyère, dans le sens collectif, au pays des grandes Landes aquitaniques.

BRANDERIENNE. rois. S. de Marène aveugle.

BRANDESIK. Brandesia. bot. G. nouveau, établi dans la fam. des Amaranthacées, Pentandrie Monogynic, L., par Martius, pour quelques pl. rapportées de la Colombie, et dont les principaux caractères consistent dans les fleurs entièrement développées et séparées ; un torus invisible; cinq étamines séparées par autant de filets stériles; des anthères uniloculaires; un stigmate indivise, etc.

BRAND-LOL'ET. ois. S. vulg. de Corneille mantelée. V . CORBEAU.

BRANDON D’AMOUR, holl. N. vulg. de l’Arrosoir de Java.

BRANDON E. bot. S. de Laminaire palmée.

BRANLE-QUEUE. ois. Syn. vulg. de Bergeronnette grise.

BRANTA et BRENTA. ois. S. de Canard Cravant.

BRAME. Branla, holl. y. Otioh.

BRAQUE, i ah. Race de Chiens de chasse.

BRAS. pois. S. vulg. de Raie bouclée.

BRASEMA. bot. f'. Dyoropeltioe.

RRASIL1 ASTRUM ET BRASIL1UM. bot. V. PiciAHSIE et C«SALPI5IE.

BRASSADE. pois. S. vulg. de ScombreThon.

BRASSAYOLA. bot. Ce nom avait été proposé par Adanson, mais il n'a pas été adopté pour le G. Helenium de Linné. Depuis. Brown s’en est servi pour désigner lin G. des Orchidées, établi par lui, d’après le Cymbidium cucullalum , \VM avec les caractères suivants :

sépales el pé laïcs presque égaux , libres et acuminés ; lahelle en capuchon, entier, entourant le gynostèroe; celui-ci marginé, en massue, avec son stigmate infundibulaire; clinandre postérieurement tridenté; huit masses polliniques distribuées dans un pareil nombre de loges qui constituent l’anthère. On connaît maintenant plusieurs csp. de ce G., toutes des Antilles el de l'Amérique du sud.

BRASSICA. bot. V. Cboo.

BRASSICÉES. bot. De Candolle sépare en cinq sousordres et en vingt et une tribus la grande fam. des Crucifères, et il nomme tribu des Brassicées la douzième qui appartient au troisième sous-ordre, celui des Orthoplacèes. Elle a pour caractères : une silique allongée, dont la cloison est linéaire, dont les valves s'ouvrent longitudinalement; el qui contient des graines globuleuses, à cotylédons incombants, condupliqués, c'est-àdire que la radicule se replie sur le dos des cotylédons qui. ployé» dans leur longueur, l’embrassent dans l’angle qu'ils forment entre eux. Cette tribu comprend les G. H rnssicn , Sinapi», Moricandia , Dyplotaxis el Eruca.

BRASSIE. Brassia. bot. C’est à la fam. des Orchidées qu'appartient ce G. établi par Brown, pour unepl. originaire de la Jamaïque , dont Link el Otto ont donné une excellente figure dans leurs Icônes du Jardin de Berlin, pl. 12. C'est un Végétal parasite el sans lige, ou dont la tige est formée simplement par renflement charnu, elliptique et un peu comprimé. Ses feuilles sont carénées, longues d’un pied, épaisses el roides; ses fleurs sont grandes, au nombre de cinq à six, el forment une sorte d’épi au sommet de la hampe; les cinq divisions extérieures du calice sont lancéolées, étalées, jaunes, maculées de pourpre; le labelle est plan , blanc avec quelques taches pourpres. On cultive cette pl.en serre chaude. LeG. Brassicestvoisiu des G. Cymbidium el Oncidium. Il se distingue du premier par son labelle plan, indivis et non soudé avec le gynostème; du second , par son labelle entier et par son gynostèroe qui n’offre point d'ailes sur les côtés.

DRASS0L1DE. Urassolis. ixs. G. de l'ordre des Lépidoptères diurnes de la fam. des Papillonides de Latreille; il a été fondé par Kahricius qui lui a assigné pour caractères : palpes inférieures très-comprimées , avec la tranche antérieure presque aigue ou fort étroite; elles ne s'élèvent point au delà du chaperon el ne sont point barbues, ce qui les distingue des satyres de Latreille; ailes inférieures arrondies , avec une fente longitudinale couverte de poils, près du bord interne dans les mâles; antennes terminées par une massue épaisse et en cône renversé.

BRilTIIYDIER. Brathydium. bot. G. de la fam. des Hypéricacées, formé par E. Spach.aux dépens du grand genre Millepertuis; il a pour caractères : cinq sépales inégaux, foliacés; des pétales décidus, presque en forme de sabre, puis cuspidalo-acuuiinés ; des étamines nombreuses, persistantes; un ovaire uniloculaire; trois styles flliformes, dressés, soudés à leur base ; des stigmate» très-petits et tronqués. Le fruit est une capsule papyracée, à trois placentas séparés par des cloisons linéaires-lancéolées. Toutes les esp. parmi lesquelles

nous citerons les H. dolabri forme. Vent. ; nphmrocarpum, Midi., Bonaparlcœ, Bart. ; cislifolium , Desrouss. ; etc., appartiennent à l'Amérique du nord.

BRATUYS. bot. G. formé par Mulis dans la fam. des Hypéricacées. offrant pour caractères : cinq sépales inégaux ou presque égaux ; uii même nombre de pétales en forme de sabre, dont le sommet se termine en pointe dure; ils sont inarcescenls et roulés après la floraison; les étamines varient en nombre depuis cinq jusqu'à cent, et sont persistantes; l'ovaire n'a qu'une loge ; les styles*, au nombre de tèois, rarement quatre ou six, sont droits ou recourbés, couronnés par des stigmates assez épais el presque capités. Le fruit est une capsule papyracée ou presque coriace, à une loge, à trois, quatre ou six valves, à placentas flliformes. Ce G. préseute une quarantaine d'espèces, qui sc trouvent réparties en quatre sections, dont la délimitation parait assez peu tranchée.

BRAULE. Branla, ixs. Diptères; fam. des Pupivares. Le doct. Nitzsch a institué ce G. pour une esp. que l’on trouve sur rAheilledomcstique. et que Germar a figurée dans sa Faune des Ins.d'Eur., vi,25. Elle est aveugle; son thorax est divisé en deux parties transverses. Le dernier article des tarses a, en dessous, une rangée transverse de piquants, formant un peigne.

BRAUNEA. bot. Willdenow a décrit, dans son Speciet Plantarum , el sous le nom de Braunea menispermoides , le Calli-Caniram de Rbéede, qui est le Menispermum radialum de Lamarck et le Cocculut rndiatus de De Candolle. V. Mèxisfesse.

BRAUISERIA. bot. N cetera séparé le G. Hudbeckia en deux : l'iiu auquel il a conservé ce nom, el dans lequel les folioles de l'involucre sont sur deux ou trois rangs, et l'aigrette nulle; l'autre, qu'il a nommé Brauneria , dans lequel ces folioles se recouvrent graduellement, avec l'aigrette dentée. Depuis, le professeur De Candolle, dans le cinquième vol. de son Protlromus, a réuni les esp. de ce G. à celles du G. Eehinacea. V. ce mot.

BRAUKITE. nv DeuLoxide de manganèse, trouvé à St. -Marcel en Piémont, à Klgersburg en Thuringe, etc. Il forme des masses cristallisées en pyramides isocèles, d'un brun noirâtre, brillant; sa pesanteur spécifique est de 4. 8; sa dureté capable de rayer le feldspath. Il est com|K>sé de protoxidc de manganèse 87, oxigène 10, baryte 2, eau 1.

BRAX kt BRAXEN. rois. S. vulg. des Cyprins Brème et Taupe.

RRAYA. Draya. bot. Ce G., établi dans la fam. des Crucifères par Sternberg el lloppe, et adopté par De Candolle, offre pour caractères : un calice formé de quatre sépales dressés; des pétales ovales, oblongs, étalés et entiers; six étamines libres, et dont les filets ne sont pas dentés; une silique oblongue, presque cylindrique, torulcuse, terminée par un stigmate sessile el un peu renflé. Les graines sont ovoïdes, terminées par une sorte de petit bec. Ce G. ne renferme qu'une seule esp. qui croit dans les Alpes de la Carinthie et du Salzbourg. C'est le B. alpina, petite pl. vivace, qui a à peu près le port de Y À rabis cœrulea. Elle diffère des ZJraôaparsessiliquescylindriqucsel tondeuses, et des Jrobis par ses .valves convexes el non planes. Ce G.

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