‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 17 sur 125 · II AU · texte numérisé non relu

II AU

AGRION. Agrion. ins. G. de l’ordre des Névroptères, établi par Fab. , aux dépens des Libellules. Latreille le range dans la fam. des Subulicornes. Les Agrioos se

A G II

distinguent aisément par leur tête transverse. manifestement plus large que le thorax, et par la direction de leurs ailes relevées presque verticalement dans le repos. Les yeux à facettes occupent les parties latérales de la tête, et sont très-écartés l'un de l’autre; l’intervalle qui les sépare offre, vers son milieu, trois petits yeux lisses, disposés en triangle ; le lobe moyen de la lèvre inférieure est profondément échancré ; l'abdomen est cylindrique, grêle, linéaire, toujours très- long. Enfin le mésothorax, et le métalhorax sont remarquables parla netteté avec laquelle les flancs se dessinent; il est aisé d'observer qu'ils sont obliques de bas en haut et d'avant en arrière, et on distingue facilement, dans le premier, les deux épisternum qui, par leur réunion, constituent, sur le dos de l'Insecte, uue sorte de voûte intermédiaire au prothorax et à l'insertion des premières ailes. Les larves et les nymphes de ces Insectes ont le corps beaucoup plus effilé que celui des larves des Libellules et des Æshnes; leur abdomen est terminé par trois lames en nageoires ; leur télé est déprimée, et leur bouche présente quelques autres différences. Les habitudes des Agrious, que l'on nomme aussi vulgairement Demoiselles, sont les mêmes que celles des Libellules. Les esp. tant exotiques qu'indigènes, sont assez nombreuses. Celle qui sert de type au G. est l’Agrion vierge, Agrion Tirgo , Fab. Elle varie beaucoup et on peut y rapporter les individus dont Geoffroy faisait autant d'espèces distinctes sous les N. de Louise , tJlrique et Isabelle. — L’Amélie et la Dorothée, du même auteur, appartiennent à une autre esp., l'Agrion fillette, Agrion Puella, Fab.

AGRIOPE. Agriopus. rois. L'un des G. de la fam. des Acanllioptérygiens. dans lequel Cuv. place les Poissons dont les sous-orbitaires , plus ou moins étendus sur la joue, s'articulent sans aiguillon en arrière avec le préopercule; la dorsale, très-haute, s'avance jusque entre les yeux. Ils ont en outre la nuque haute, le museau rétréci, la bouche petite et peu dentée, le corps sans écailles. Le type de ce G. est le Dlennius toi eus, Gronov., ou Coryphœna torca . bl. ; on y a joint plusieurs espèces nouvelles.

AGR10STAR1 oc AGRIOSTAU. bot. $. vulg. d’ivraie.

AGRIOTE. Agriotes. ms. G. de la fam. des Sternoxes, établi par Eschschollz pour quelques esp. qu’il a séparées du G. Taupin et auxquelles il a reconnu pour caractères distinctifs : quatrième article des antennes et les suivants, peu ou pas plus épais que les précédents, à peine en scie; le deuxième cylindrique, plus long que les suivants; corps cylindrico-ovalaire; corselet aussi large que long, avec les côtés aussi sensiblement arqués ou dilatés. Les Elater segelis et obscurus de Gyllenhal sont les types du G. nouveau ; on les trouve au nord de l'Europe.

AGHIPAUME. bot. V. Léoxube.

AGR1PENNE. ois. V. Gkosbbc.

AG RI RIS. bot. S. de Sisymbre-

AGROLLK. ois. N. vulg. de la Corinne. V . Corbeau.

AGROPYRON. bot. Ce G., de Gærtner, appartient à la fam. des Graminées, Triandrie Digynie, L. Il a été démembré du G. Triticum de Linné, qui a le blé cul-

tivé pour type. Il renferme les esp. de Froment sauvage dont les épillels sont multiflores; les valves de la léptcène entières; la paillette supérieure émarginée ou bifide, et le fruit glabre et non velu. 11 renferme un assez grand nombre d'esp., telles que les Triticum caninum, intermedium, junceum, sepium.,e le.

AGROSTEMME. Agrostemma. L. bot. G. de la fam. des Caryopby liées de Jussieu, Décandrie Penlagynie, L. Calice tubuleux, un peu renflé, à cinq divisions linéaires, très longues; cinq pétales onguiculés, munis d'un petit appendice à la réunion du limbe et de l'onglet; dix étamines ; l'ovaire est surmonté par cinq stigmates ; le fruit est une capsule ovoïde à une seule loge, s'ouvrant par la partie supérieure; elle renferme un grand nombre de graines attachées à un trophosperme central. Ce G., très rapproché des Lychnides, se compose d’esp. herbacées, annuelles, originaires d'Europe, entr'autres la Nielle des Blés, A. githago , L-, si commune dans nos moissons. On cultive abondamment, dans les parterres, VA. coronaria appelée vulgairement Coquelourde, remarquable par ses fleurs d'une belle couleur pourpre, scs feuilles et sa tige blanches très-cotonneuses.

AGROSTIDE. Agrostis. bot. G. de la fam. des Graminées, Triandrie Digynie, L. Ce G., primitivement établi par Linné, a été à juste litre partagé eu deux G fondés sur les deux sections que ce législateur avait formées : F Agrostis, qui comprend les esp. aristées, et le l'ilfa , dans lequel on a réuni toutes les esp. sans arête. Voici les caractères du G. Agrostis dos auteurs modernes : fleurs en panicole; épillels uniflores, lépicène à deux valves mutiques; paillettes inférieures de la giume, portant une arête qui part au-dessous de son sommet; ovaire surmonté de deux stigmates plumeux. Ce G., ainsi limité, renferme encore un fort grand nombre d'esp. qui croissent en abondance sous toutes les latitudes. On remarque patmi elles VA. spicacenii , L., qui abonde dans les moissons, et dont la panicule est fort élégante.

AGROSTOGRAP1IIE. bot. On donne ce nom ù la partie de la Botanique fondamentale et descriptive, qui a pour objet les pi. de la fam. des Graminées. L'histoire des Graminées, malgré les travaux d'un grand nombre de botanistes célèbres, tels que Scheuchzer, Léers, llost, Gaudin, Sc h reber. Brown, Palisot deBeauvois, Kunlh, Trinius, etc., laisse encore beaucoup à désirer, relativement à la valeur respective des caractères tirés des différents organes, et aux limites précises des G. nombreux déjà établis.

AGROSTOPHYLLE. Agrostophyllum. bot. G. de la fam. des Orchidées, établi par Diurne, pour une plante parasite qu'il a découverte dans les forets de la province de Buitenzorg. Les caractères génériques portent : Pénanthe étalé ; les sépales extérieurs plus larges, les latéraux plus avancés, disposés un peu en dessous du labellequiest uni inférieurement au Gynostème; il est en forme de sac, étranglé vers le milieu, avec son limbe tronqué, éraillé. Le gynostème est droit, demi-cylindrique, orné intérieurement et vers le sommet, d’une sorte de bec atténué. L’anthère est termiualc, à deux loges qui sont elles-mêmes bilocellées. Les masses polliniques. au nombre de quatre dans chaque loge, soûl

oblongues, céréacée*. adhérentes entre elles et avec élasticité, par le moyen d'une pièce atténuée en forme de bec et insérée au stigmate commun. VA. jacanicum, est une pl. herbacée, caulescenle, à feuilles linéaires, acuminées, à Heurs en tète, terminales, accompagnées de bractées paléacées.

AGROUELLES. bot. N. formé par corruption d’écrouelles, donné à la Scropbulaire dans quelques cantons de la France, où l’on croit encore aux propriétés aniiscrophuleuses de celte pl. On a aussi appliqué ce nom à la Crevette des ruisseaux que , par une opinion contraire, on s'imagine donner des écrouelles, lorsqu’on l'avale par hasard en buvant.

AGRIJNA. bot. N. vulg. du Prunier épineux.

ÀGRYPNE. Agrypnus. ins. G. de la fam. des Slernoxes, institué par Eschscholtz, qui lui assigne pour caractères : corps ovalaire, avec tous les articles des tarses sans prolongement membraneux en dessous ; les deux hanches postérieures légèrement dilatées à leur extrémité interne, et rétrécies ensuite dans une grande partie de leur largeur-, corselet plus long que large, n'offrant en dessous que deux fossettes transverses, plus ou moins profondes, une de chaque côté près du t>ord postérieur. Les Etater fusiipes, Fab., senegalensi », De}. , atomarius , rarius, fasciatus, murinus , 4-fwaculatus , Fab., font partie de ce G. nouveau.

AGl’A. rept. y. Cimco.

AGI APKiZO oc AGI APEC AC A. ois. N. Brés. du Jacana; ils viennent de ce que l'Oiseau auquel on les a donnés, court avec légèreté sur la surface flottante des féuilles de l’espèce Nénuphar, appelée Aguapé par les naturels.

AGUARIMA. bot. $. de San ru rus.

AGUASS1ÈRE. ois. Nom imposé par Vieillot au G. qu’il a créé pour le Merle d'eau, y. Cingle.

AGUILLAT. pois. y. Aiguillât.

AGU1LLOU. bot. N. vulg. du Cerfeuil Peigne de Vénus.

AGUL. bot. Nom que porte le Sainfoin Alhagi chez les Arabes , qui recueillent une sorte de Manne sur toutes ses parties.

* AGLST1NK. »ix. y. Agcstiti.

AGUSTITE, BERIL DE SAXE. min. Nom donné par Tromsdorff à une variété de Chaux phosphatée de couleur bleuâtre, trouvée en Saxe. Dans l’analyse chimique qu'il a faite de celte pierre , il a cru reconnaître une substance terreuse nouvelle qu'il a nommée Agustine.

AGIIZEO. pois. N. vulg. du Squale Aiguillai.

AGYNAIRE. bot. Privé de slyle. Le professeur De Candolte nomme Agynaires les fleurs permutées, qui sont formées par les téguments floraux et les étamines transformées, et dans lesquelles le pistil manque.

AGYNÈJA. Agyncja. rot. G. de la fam. des Euphorbiacées, Monœcie Monadelphie. Dans les fleurs inàles, le calice est en roue , à six lobes â peu près égaux , muni intérieurement d'un disque roembramforme, à six divisions opposées â celles du calice; les étamines sont au nombre de trois, et ont leurs filets réunis en une colonne centrale partagée au sommet en trois lobes, à la face extérieure desquels sont adnées autant d'anthères. Dans les fleurs femelles, on trouve un calice

â six divisions, dont trois intérieures; un ovaire sessile, ovoïde, creusé à son sommet d'une petite fosse d'où partent trois styles terminés chacun par deux stigmates. Le fruit est une capsule de la même forme, entourée à sa hase du calice persistant , à trois loges qui s'ouvrent en six valves du sommet à la hase, et contiennent chacune deux graines. Celles-ci sont munies d'un arille qui, plus tard, se partage en trois parties, une dorsale el caduque, deux persistantes, accolées au réceptacle central, qui parait ainsi flanqué de douze ailes. Ce sont des herbes rameuses, couchées, à feuilles alternes et stipulées, à fleurs réunies en petit nombre par faisceaux axillaires. La Chine el l’Inde orientale sont leur patrie.

AGYNIQÜE. bot. Les étamines sont Agyniques lorsqu’elles ne contractent point d'adhérence avec l’ovaire.

AGYRION. Agyrium. bot. Fries a formé sous ce nom un G. de pl. Cryptogames qui ont été réunies au G. Tubercularia dont elles constituent la cinquième division.

AGYRTF.. Agyrtes. ins. G. de l’ordre des Coléoptères, établi par Frœhlich sur une esp. rangée |iar Fab. dans son G. Mycétnphnge, mais qui s’en éloigne par des caractères assez tranchés. Cet insecte appartient â la section des Pentamères, c'est-à-dire qu'il a cinq articles à tous les tarses, tandis que les Mycétophages n’en ont que quatre à chacun d’eux. Il diffère des Nttldules, des Scaphidies, des Cholèves et des Mylwques par des mandibules fortes, très-crochues, sans dentelure ou fissure à leur extrémité, de même que dans les Boucliers et les Nécrophores, dont il se dislingue par des palpes maxillaires, ayant l'article terminal proportionnellement plus gros que les autres, el par un corps plus oblong. plus convexe et moins rebordé. Les Agyrles ont en outre les antennes terminées en une massue perfoliée, longue, el de cinq articles. Leur corselet est en trapèze rebordé; leurs pieds ne sont point contractiles, et leurs jambes sont épineuses. Latreille place ce G. dans la tribu des Silphales. L’esp. qui lui sert de type est |*A. marron, Mycetophagu s casfaneus, Fah.. figurée par Panzer ( Faun. Ins. Gtrm. Fasc. xxiv, t. iîO). On la rencontre rarement aux environs de Paris; elle parait plus commune en Allemagne, et a été pendant longtemps la seule esp. de ce G. Dejean eu possède une deuxième, de notre pays, qu’il nomme A. subniger.

AHÆTILA. Rte. S. de Dendropbis.

AHAMELLA. bot. S. d'Acmelle.

AHATE, AHTE. bot. F. Am.

AH1PUI. bot. S. d’Erythrine arbre de corail.

AUL. rois. S. d' Anguille.

AHONOL’E. ois. S. d’Oie sauvage.

AHD. mam. N. vulg. de l’Antilope D’seren.

Al. MAM. y. BRADYPE.

AI AL LT. but. S. vulg. de Narcisse.

AIBEIG. bot. S. de Polypode vulgaire.

A1DEL. aidelus. bot. G. qui parait devoir appartenir à la fam. des Caryophyllacées et qui a été formé par Sprcngel, Sysl. vegel. c. p. vol. 4, p. 17, pour une plante du Népaul. Ce G. a pour caractères : un calice à quatre divisions; quatre pétales beaucoup plus courts que le calice; deux étamines très-courtes; un stigmate

sessile ; une capsule comprimée , uniloculaire , à deux valves; placenta libre et central. La seule esp. connue est une pl. herbacée, à tige rameuse et couchée, glabre, à feuilles opposées, oblongues, presque spatbulées, dentées, à fleurs axillaires, solitaires, petites, blanchâtres et portées sur un pédoncule très-court.

A1D1E. Aidia. bot. Dans sa Flore de la Cochinchine, Loureiro décrit, sous ce nom , un Arbre â bois blanc, dur, compacte, très-employé pour les constructions, qui offre des feuilles opposées et entières, des fleurs en grappes. Chaque fleur se compose d'un calice tubuleux, à cinq dents ; d'une corolle monopétale , quinquéfide ; de cinq étamines; d'un ovaire infère que surmontent un style et un stigmate. Le fruit est une petite baie ovoïde, monosperme. Jussieu rapproche ce G. de la fam. des Loranlhées.

AIEKEBA. pois. Esp. du G. Raie.

AIGLE, ois. y. Faicox.

AIGLE, rois. Esp. du G. Raie.

AIGLE DE MER. rois. Esp. du G. Chéilodiptère.

AIGLE-ROYAL, ■ou.. N. vulg. du Bulime bicariné de Bruguière. Coquille africaine, rare et précieuse, du G. Agathine de Lamarck. U y a peu d’années qu’on n'en connaissait que trois exemplaires dans les collections d’Europe; celui du Musée d'Oxford, figuré par Lister; celui du cabinet du Jardin du roi à Paris, et celui de Tournefort, qui, de la collection de Hwass, est passé dans celle de Sollier.

AIGREFIN, rois. y. Æglefix.

A1GRF.MOINK. A g ri monta , L. bot. Rosacées, Icosandrie Digynie, L. Ce G. présente un calice tubuleux un peu renflé, hérissé supérieurement de petites folioles aigues, un peu roides, très- resserré à son sommet; une corolle penlapélale régulière; des étamines dont le nombre varie de quatorze à vingt; deux pistils renfermés dans l'intérieur du calice, et se changeant en deux akèues membraneux, dont la graine est renversée ; les écailles qui hérissent le calice, peuvent être considérées comme analogues à l’involucre calicinal des Potentilles et des Fraisiers. Toutes les esp. sont herbacées, vivaces, à feuilles alternes imparipinnées; à fleurs jaunes.— Les feuilles et la racine de l’A. ordinaire, A . eupatoria, L., sont employées en médecine; on en fait surtout des gargarismes détersifs.

AIGRETTE, zool. Ornement donné par la nature à plusieurs Oiseaux telsque le Paon, etc. Ce nom est devenu celui par lequel on a désigné spécifiquement ensuite des Animaux de toutes les classes et jusqu’à des plantes, à cause du rapport qu’on a trouvé entre une aigrette et quelques-unes de leurs parties : ainsi l’on a appelé :

Aigrette, une esp. de Singe du G. Cercocebus, Sintia Aygula ; plusieurs esp. du G. Héron; un Slernc, Sierra media; un poisson du G. Coris; plusieurs Coquilles telles que yoluta capitellum , yoluta rhinocéros , yoluta muricata , yoluta capitellum , Mures hippocastanum , etc., etc. On a appelé aussi Aigrettes les Pinnes marines , en latin Pinna , dont Plume ou Aigrette est la traduction. Les uns ont avancé que ces Coquilles avaient été ainsi nommées, à cause de leur ressemblance avec les Panaches qui ornaient les casques des soldats romains, ressemblance à coup sôr fort

peu marquée. Mais Pinna n’est lui -même que la traduction du nom donné à ces Coquilles par les Grecs ; vraisemblablement, comme dit Gesner, du mot Pinos ( Ordure), à cause des ordures dont ces Coquilles sont entourées. Le Pinna, Aigrette, des Romains vient évidemment de Penna, Plume, Aile ; ainsi, en remontant à l’origine du mot Pinna , on voit qu’on a eu tort d’appeler Aigrettes les Pinnes marines.

On désigne aussi sous le nom d'AiGirrrE, en Entomologie, de petites masses de poils, plus ou moins touffues. disposées en plumets sur une partie quelconque du corps de l'Animal. Ces Aigrettes sont distinguées en plumeuses et en simples, suivant que les filets qui partent de la lige commune sont rameux, à la manière des barbes d'une plume, ou ne présentent aucune division. Quelques Insectes, tant à l'état parfait qu’à celui de larve, en offrent des exemples.

Enfin, les botanistes appellent de ce nom les appendices de formes et de structure très-variées , qui couronnent le fruit et les graines de certaines plantes , et en particulier celui des pl. de la fam. des Synanlhérées ou pl. à fleurs composées. Les considérations tirées de cet organe sont fort importantes pour la classification des Esp. et des G., et méritent que nous entrions dans quelques détails.

L’Aigrette (Pappus) qui couronne le fruit des Synanlhérées peut être, 1° membraneuse, c’est-à-dire, formée par une membrane diversement découpée ; 2J stjuammeuse , composée «l’écailles dont le nombre et la forme varient à l’infini; 5» soyeuse , formée ou de poils ou de soies.

1° Aigrette ierbraxecse. Elle se présente comme un petit bourrelet circulaire et membraneux au sommet du fruit, tantôt entier, comme dans la Tanaisie, tantôt diversement denté, comme dans la Chicorée.

2° Aigrette squariecse. Composées d'écailles ou de folioles variables par leur forme, leur longueur et leur nombre, tantôt ccs Aigrettes se composent de deux écailles seulement, comme dans le G. Helianlhus, tantôt de cinq comme dans l'Œillet d’Inde ( Tagetes ), tantôt d’un grand nombre. Ces écailles peuvent être minces et membraneuses, elles peuvent être roides et épineuses au sommet.

5° Aigrette soyeuse. C'est celle qui est formée de poils ou de soies. Or ces poils peuvent être simples et non ramifiés, comme dans les Chardons : l’Aigrette porte alors le nom de poilue ( Pappus pilosus ); ou bien ces poils peuvent être ramifiés et à peu près semblables à de petites plumes : on dit alors de l’Aigrette qu’elle est plumeuse ( Pappus plumosus), comme dans les Cirsium. etc.

L'Aigrette poilue ou plumeuse peut être sessile ou stipitéc : elle est sessile quand le faisceau de poils part immédiatement du sommet du fruit, comme dans les Chardons; elle est au contraire slipitée lorsque le faisceau de poils est élevé au-dessus du sommet de l’ovaire par un pédicule particulier, que l'on appelle stipes : comme dans la Scorzonère, le Pissenlit.

L'Aigrette, quelle que soit sa nature, doit toujours être considérée, dans les Synanlhérées, comme le limbe du calice, qui, par sa base, est adhérent avec l'ovaire

infère ; cette Aigrette donne à ce» fruits la faculté d’être facilement transportés, par les vents, à des distance» et à des hauteurs considérable», et sert ainsi à leur dissémination. On trouve au»si de» Aigrettes dan» d’autres familles de plantes que le» Synanthérées : ainsi il en existe dans plusieurs G. des Valérianécs, *ur les graines de beaucoup d’Apocynée», etc.

A1GRON. oi». S. vulg. de Cormoran, et de Héron.

AIGUE-MARINE oo BÉRIL. mus. Nom que portent, assez communément, certaines variétés d’Ëmeraude de couleur vert-de-mer ou bleuâtre, qui font un assez joli effet quand elles sont bièn taillées. Il en vient beaucoup de Russie, mais les plus recherchées sont apportées du Brésil ou du Pérou. On en fait des colliers, des bagues, des épingles, des pendants d’oreilles. Il s’en trouve fréquemment chez les bijoutiers de fort belles qui pèsent plusieurs onces. L’une des plus remarquables est celle de la couronne du roi d’Angleterre, qui a, dit Bomare, environ deux pouces de diamètre.

Aigge-harine orientale des lapidaires. Variété de Corindon hyalin, de couleur vert-jaunâtre ou bleu-verdâtre, analogue à celle de l’Aigue-marine ordinaire.

AIGUILLAT, rois. Esp. du G. Squale. Cuvier en a fait le type d’un sous-genre auquel il accorde, outre le caractère commun à tous les Squales, celui de la présence des évents, de l’absence de la nageoire anale, de plusieurs rangées de petites dents tranchantes et d’une forte épine en avant de chacune des dorsales. Le Squale acanthias entre dans ce sous-genre.

AIGUILLE, zool. et bot. Nom vulgaire imposé à divers Animaux et même à plusieurs Végétaux, tiré de la figure de ces êtres ou de quelques-unes de leurs parties qui, plus ou moins aigues, rappellent l'idée d’une aiguille. Le vulgaire donne le nom d’Aiguille aux Coquilles suivantes :

L'Aiguille a cor dre ou la Tarière est le Buila terebellum , L., Terebellutn subulafurn, Lam. L'Aiguille a fond blanc est le TurriMla replicata , Lam., Turbo replicatus , L. L’Aigcii.le d’acier est le Buccinum dublicatum, L. L'Aiguille eu vis deTaxbocr, le Turbo terebra, L. L’Aigcille grenue a queue, le Cerithium granulatum de Bruguière. L’Aigcille tressée, le Buccinum êtrigilatum , L. En botanique on a nommé Aiguilles divers Agarics dont le chapeau est porté sur un stipe grêle et plus ou moins aminci.

AIGUILLETTE, boll. Nom donné par Geoffroy à une très-petite Coquille commune dans presque toute l’Europe, sous les mousses, à cause de sa forme allongée; c’est le Buccinum acicula de Muller, Bulime aiguillette de Bruguière.

AIGUILLON. Ce mot a reçu, dans les différentes branches des sciences naturelles, des applications diverses. — Parmi les Poissons, on nomme Aiguillons des osselets aigus et d’une seule pièce, qui jouent le rôle de rayons dans les nageoires de certaines esp. Ces rayons en aiguillons sont ordinairement les premiers; quelquefois ils sont mobiles, et l’Animal les peut cacher dans une fente destinée à les recevoir (dans la Vive); en d'autres circonstances, ils sont dépourvus de membranes (dans les Acanl binions); ailleurs de pareilles armes n’appartiennent point à l'appareil natatoire, et sont disposées

sur les parties latérales qui avoisinent la queue (dans les Acanthures), ou répandues sur toute la surface du corps, comme dans plusieurs Raies et Pleuronectes ; alors ces Aiguillons sont situés sur un tubercule osseux qu’on appelle vulgairement boucle, et présentent quelque analogie avec les dents.

— Dans les Insectes, l'Aiguillon est une arme offensive et défensive propre à plusieurs Hyménoptères; elle est cachée dans l’intérieur de l’abdomen, n’en sortant qu’à volonté, et ayant pour fonctions d’opérer une piqûre, et de livrer passage à une liqueur vénéneuse qui se répand dans la plaie, bans une acception plus étendue et beaucoup plus exacte, l’Aiguillon est une dépendance de l’organe générateur femelle, indispensable à la copulation, et servant à la ponte; dans ce sens, il répond aux pièces cornées qui accompagnent les parties femelles de tous les autres Insectes, et il est en particulier l'analogue de ce qu'on nomme quelquefois Oviduclu$t et le plus souvent Tarière. Celle-ci présente la même composition que l'Aiguillon, et a, dans plus d’un cas, des usages à peu près semblables ; car si l’Aiguillon, à cause du venin qui coule dans son intérieur, devient redoutable pour l’Homme et pour plusieurs Animaux, la Tarière n’a pas une action moindre sur les Végétaux, dont elle perce l’épiderme. Nous ferons ressortir cette analogie complète au mot Tarière, et nous nous bornerons ici à faire connaître l’Aiguillon des Hyménoptères, que nous distinguons de celui des Scorpions.

L’Aiguillon, avons-nous dit, est une dépendance des organes générateurs femelles; aussi le rencontre-t-on constamment chez les individus de ce sexe, et chez les Neutres ou Ouvrières, qui sont des femelles, en quelque sorte avortées ; il n’existe pas chez le Mâle, dont les parties copulatrices n’ont d'autres fonctions que de retenir la Femelle pendant l’accouplement, et de favoriser l’introduction de la verge dans le vagin. Tous les Insectes Hyménoptères ne présentent donc pas ce dard redoutable, et les Mâles des Guêpes, des Bourdons, des Abeilles, etc., peuvent être saisis impunément sans qu’on ait rien à redouter de leur colère. Les anciens, qui, s'ils n'obscrvaienl pas avec le même soin que nous les faits de détails, étaient souvent très-bien instruits par l’expérience, n’avaient pas manqué de faire cette remarque. Pline s’indignait de ce que les Mâles d’Abeilles n’eussent pas d'Aiguillon, ou bien de ce qu’en étant pourvus, ils dédaignassent d’en foire usage. Aristote admettait son existence, mais il était obligé de convenir qu’ils ne s’en servaient pas. Cette arme, qui dans l’inaction est entièrement contenue dans l’abdomen, et se trouve en rapport avec le dernier segment, peut en sortir et y rentrer; l’Aiguillon jouit ainsi de deux mouvements principaux, celui de protraction et celui de rétraction, il peut en outre se diriger en tout sens, afin de rencontrer le corps qu’il veut piquer. A cet effet, il est composé d’un grand nombre de pièces qui constituent un mécanisme fort curieux, qui a élé décrit avec assez d'exactitude par Réaumur et Swammerdam; celui-ci l’a considéré dans l’Abeille mellifique. Ce que nous allons en dire aura aussi rapport à cette espèce.

L’Aiguillon *e compose d’une base, d'un étui et de deux stylets consumant un dard contenu dans l'intérieur de l'étui.

La base est formée par plusieurs pièces : Swammerdam en compte huit. Réaumur n'en admet <]ue six; mais, en comparant entre elles les figures qu'ils ont données de ces parties, on ne tarde pas à remarquer que ce dernier observateur a confondu en une. deux pièces que Swammerdam avait distinguées, et on n’est pas peu surpris lorsqu'on confronte quelques-unes de ses figures avec la nature, de reconnaître plusieurs inexactitudes, quant à la forme et à la disposition des pièces, qui feraient penser que les dessins ont été faits d'après l'Aiguillon d'un Bourdon ou d'un Xylocope.

Swammerdam parait au contraire avoir décrit et figuré l'Aiguillon de l’Abeille mellifique; mais sa figure, quoique meilleure, n’est pas encore exempte de défauts. Cependant l'une et l’autre donnent une idée suffisante de la base de l'Aiguillon, et de cette arme elle même lorsqu’on veut bien faire abstraction des détails. Duméril a ajouté quelques observations à celles des savants déjà cités : outre les huit pièces qui composent la base suivant Swammerdam, il eu admet une neuvième placée sur la ligne moyenne figurant un V, dont les branches, dirigées en avant, s’articuleraient avec l'étui, et auraient peut-être pour fonctions de le ramener en dedans. Les autres pièces au nombre de quatre, de chaque côté, sont réunies entre elles par des membranes très-résistantes, et leur ensemble constitue une sorte d'enveloppe qui, par sa circonférence externe, se trouve en rapport avec le dernier segment de l’abdomen, et lui adhère, tandis que, par sa face interne, elle entoure l’étui de l'Aiguillon. I.es pièces qui composent cette enveloppe ont été appelées cartilagineuses par Swammerdam ; aucune d’elles n'ayant reçu de nom particulier, il serait difficile de les décrire sans entrer dans des détails que n'adinet pas la nature de cet ouvrage. Réservant pour d’autres circonstances l'exposé des recherches que nous avons faites sur ces parties, il nous suffira d’observer ici que quelques muscles s'insèrent à l'enveloppe formée de plusieurs pièces, et que celles-ci, en s'articulant avec les stylets, leur transmettent la plupart des mouvements qu'elles reçoivent. On doit encore considérer comme appartenant à ce que nous avons nommé la base de l'Aiguillon, deux corps allongés, blanchâtres, membraneux, creusés chacun en gouttière, qui accompagnent l'étui et lui forment, en se réunissant parleur bord interne, une sorte de fourreau incomplet. Réaumur a représenté ces corps dans le tome V de ses Mémoires, pl. 2U, fig. 1, 2, 5, 7 et 10, sous la lettre C. Il leur assigne pour usage de garantir les parties molles de l'abdomen du contact de l'étui, et vice cersâ. Swammerdam, qui |«rle aussi de ces parties et les représente, croit au contraire qu'elles sont destinées à mouvoir l'étui de dedans en dehors.

La seconde partie de l'Aiguillon ou l 'étui, est une tige de consistance cornée, offrant à sa hase un renflement que Réaumur a norniné talon , et diminuant progressivement jusqu'à son sommet qui est assez aigu. Cet étui est incomplet, c'est-à-dire qu’il ne constitue pas un cyliudre fermé de toute part. Si ou l’examine avec une

forte loupe, on remarque qu'il est creusé inférieurement d’une gouttière parcourant toute sa longueur, et on s'aperçoit bientôt que cette pièce, déjà très-déliée, n'est autre chose, ainsi que l'indique son nom, qu’un fourreau dans lequel est logée la troisième partie de l'Aiguillon, qui constitue le dard.

Le dard lui-même n'est pas simple, mais composé de deux stylets longs et déliés, qui ne remplissent pas à beaucoup près l'intérieur de l’étui, mais qui y sont reçus, suivant la comparaison ingénieuse de Swaminerdam, comme le couvercle d'une Imite à coulisse dans les deux rainures ofl il glisse. Chacun de ces stylets s'adosse à l’autre au moyen de sa face inlerue qui est plane et parcourue dans toute sa longueur par un léger sillon dont nous indiquerons bientôt l'usage. Leur sommet est très-aigu, et garni en dehors de petites dents dirigées toutes vers la hase. Les deux stylets ne sont cependant pas accolés dans toute leur longueur; ils se séparent près du talon, et, à partir de ce point, leur divergence devient d'autant plus scpsible qu'on les observe plus près de leur hase. Si on les examine au point de terminaison on remarque qu'ils ont décrit, dans tout leur trajet, la moitié ou les deux tiers d'un ovale, et qu'ils finissent en s'articulant avec les pièces cartila- ; gincuses qui constituent la hase de l'Aiguillon.

Swammerdam. ainsi que tous les oliservateurs qui sont venus après lui. paraissent avoir cru que les stylets, aussitôt après s'ètre écartés l'un de l'autre, ne sont plus accompagnés par l’étui, et se trouvent placés eu dehors. Celle opinion était vraisemblable puisqu’ils regardaient l'étui comme un cylindre conique terminé par un renflement ou talon. Ayant examiné avec des * instruments plus parfaits, et peut être avec plus de soin,

1 les connexions des stylets avec l'étui, Audouin a reconnu que celui-ci ne finit pas au talon, mais qu'il se comporte vers ce point de la même manière que les stylets, c'est-à-dire qu'il fournit deux branches ayant un trajet semblable à celle du dard et presque la même longueur; il lui a été ensuite très -facile de reconnai- | Ire que chacun de ces prolongements a des fonctions I analogues à celles de l’étui; qu'ils sont creusés l'un et J l’autre d'une rainure dans laquelle sont reçus les stylets, j et qu’enAn ces parties conservent ici les mêmes rapports que eeux qu'ils ont dans le reste de leur trajet,

| c'est-à-dire lorsqu'ils sont réunis pour former le four- I reau. Les deux branches de l'Aiguillon, comparées, par ! Swammerdam, à l'origine des corps caverneux dans l'Homme, ne sont donc pas simples, mais formées par les tiges des stylets et par les prolongements de l’étui,

1 qui les reçoivent, et sur lesquels elles glissent et exécutent les mouvements de prolraclion et de rétraction.

Maintenant qu'on sait que l'Aiguillon, au lieu d'être simple, est composé de plusieurs parties, savoir : de la hase, de l'étui et du dard, formés de l'assemblage d’uu plus ou moins grand nombre de pièces, il esl assez facile de concevoir l'action de chacune d'elles. Lorsque l’Insecte veut faire usage de son arme, il la porte en dehors de l'abdomen , en contractant à diverses reprises les muscles qui la fixent au dernier anneau de celle cavité. Les fibres charnues de la base entrent alors en action; l'étui, au moyen de son sommet acéré, pénètre dans le

corps qu’il rencontre, et fournil aussitôt un point d’appui à la base; les muscles de cette partie, en agissant, font mouvoir, sur leur coulisse, les stylets, qui etlXmênies s'introduisent plus profondément dans la peau ou tout autre corps que l’étui a percé, et y adhèrent quelquefois d’une manière si intime, à cause des dentelures qui garnissent leur bord interne, que l'Aiguillon tout entier se sépare du corps de l’Animal en opérant la déchirure de son rectum et de son oviductus. L’Insecte ne tarde pas alors à périr. Au moyen du jeu de ces différentes parties, cette arme devient vulnérante : mais pourquoi la blessure qu’elle produit ne ressemblet-elle pas à celle occasionnée par une aiguille ou tout autre corps acéré ? pourquoi, lorsqu'on a été piqué par une Abeille, en résulte-t-il des accidents graves, tels qu'une inflammation vive, accompagnée quelquefois de fièvre? C'est que l'Aiguillon que nous avons décrit n'est autre chose qu’un appareil livrant passage A un liquide vénéneux qui produit tous ces accidents; sans lui la piqûre ne serait suivie d'autre symptôme fâcheux. Ce liquide est sécrété par deux vaisseaux aveugles qui tiennent lieu de glandes; ils se réunissent en un seul caual, et aboutissent à une vésicule musculeuse qui est le réservoir du venin; lorsqu'elle se contracte, les deux côtés s'appliquent l'un contre l'autre, et le liquide excrété traverse un nouveau canal, qui en part et se termine, après un court trajet, entre les deux stylets, à l'endroit où ils commencent à s'écarter l’un de l'autre; la liqueur qui en sort coule le long des sillons que nous avons dit exister sur leur face interne, s'échappe ordinairement par l'extrémité du dard, et se répand enfin dans la plaie que l'Aiguillon a produite : la nature de ce liquide est restée jusqu’à présent ignorée; on sait qu'il se coagule promptement au contact de l’air, qu'il a une saveur slyptique, et qu'il ne rougit ni ne verdit les couleurs bleues végétales. 11 est beaucoup mieux connu par ses effets, puisqu'il est la cause de la douleur et de l’inflammation . Ce fait est prouvé par un grand nombre d’expériences, et entre autres par celle qui consiste à prendre, avec la pointe d'une aiguille, une petite quantité de venin, et à l'introduire sous la peau; dans l'instant même on remarque des symptômes analogues à ceux qu’on observe dans les piqûres d'une Abeille, et qui ne se seraient pas montrés si on eût opéré avec l'aiguille, non imprégnée de ce liquide. On a indiqué un grand nombre de remèdes pour apaiser la douleur qui résulte de ces piqûres, mais aucun d'eux ne jouit d’effets bien marqués. On a préconisé l'Ammoniaque, l'Huile, l'Eau-de-Vie, la Salive, l’n moyen qui réussit assez souvent, consiste à sucer, si cela est possible, l'endroit piqué, pendant assez longtemps, un quart d'heure environ. On doit aussi avoir soin, lorsque l'Aiguillon est resté dans la plaie, d’en couper la base avec des ciseaux, ou de l'arracher avec des pinces, en les plaçant le plus près possible de la peau; car si on saisissait la base, on presserait la vésicule, et on favoriserait l'écoulement du venin dans la blessure.

— Ex Botanique on désigne par Aigu illoxs {Aculei) les piquants dont certaines pl. sont armées, et qui n'ont de connexion qu'avec l’écorcc ou même le plus souvent qu’avec l'épiderme seulement. C’est par ce caractère

que les Aiguillons se distinguent des épines, qui, étant ordinairement des rameaux avortés et terminés en pointe à leur sommet, sont une prolongation du bois. Assez souvent les Aiguillons sont des excroissances de l’épiderme, comme dans les Rosiers, les Ronces, etc.; mais on a, par extension, donné ce nom à certains organes devenus épineux, comme les stipules dans le Vinellier et le Groseillier à Maquereaux. La forme, la position des Aiguillons présentent beaucoup de variations; ils sont tantôt droits, coniques, tantôt recourbés; ils sont simples ou rameux, etc.

AIL. Allium, L. bot. G. de Pl. Monocotylédones de la fam. des Asphodélées de Jussieu, Hexandrie Monogynie, L., qui comprend des plantes herbacées à bulbe simple ou composé, formé de tuniques entières. Les fleurs, qui sont toujours disposées en ombelle simple au sommet d’une hampe nue ou feuillée, offrent un calice coloré, hcxasépale, régulier; six étamines à filaments planes, quelquefois trifurqués au sommet; une capsule iriloculaire. Irivalve; ces fleurs sont enveloppées dans une spatbe avant leur épanouissement. Les feuilles sont tantôt planes, tantôt creuses et cylindriques. Les esp. les plus intéressantes sont :

A. ordixaire. Allium saticum, L. Bulbe composé, recouvert de membranes blanches ou rosées; hampe feuillue; feuilles planes; du midi de l'Europe.

A. 010X0*1. A Ilium Cepa, L. Bulbe simple; feuilles et hampe cylindriques et fistuleuses.

A. poireau. Alliant Porrum , L. Bulbe simple, peu renflé, à peine distinct de la hase de la tige qui est pleine et garnie de feuilles planes. Des parties monlueuses de l'Europe.

A. Rcualotte. Allium ascalonicum , L. Originaire de la Palestine. Hampe nue; feuilles creuses, cylindriques, terminées en pointe; bulbes composés.

A. civette ou ciboule. Allium Schœnoprasum. L. 11 croit dans les provinces méridionales delà France; il a le bulbe simple, les feuilles courtes, cylindriques, touffues, et la hampe mondphylle.

A. rocvmbolle. Allium Scorodoprasum , L. Bulbes composés; feuilles planes; tige d’abord roulée en spirale avant la fleuraison ; des bulbilles entremêlées à ses fleurs. En Europe.

A. magique. Allium magicum. Il croit spontanément dans le midi de l'Europe et jusque dans le bassin de la Garonne. Les anciens l’employaient dans la divination. Ses feuilles sont souvent si considérables, qu'on les prendrait pour celles des plus grandes Liliacées du Cap, si leur odeur n'avertissait de la méprise.

Le G. Ail est très-nombreux; quelques esp. ont leurs fleurs odorantes. Toutes ont un port et des propriétés qui offrent la plus grande analogie. Aussi nous croyonsnous dispensés d'entrer dans aucun détail sur les usages économiques de l'Ail, de l'Oignon, du Poireau, etc. On en cultive peu d’esp, dans les jardins d'ornement, si ce n'est l'Ail doré, Allium Moty , L. , remarquable par ses fleurs assez grandes et d'un beau jaune, ainsi que par ses feuilles larges et glauques.

AILANTHE. Ailanthu». bot. G. de la fam. des Téréhintlincées. Polygamie Monœcie, L. Caractères : fleurs dioiques; un calice à cinq dents; cinq pétales roulés à

leur base; un disque annulaire marqué de cinq sinuosités ; dix élamines ; deux à cinq ovaires sur le côté intérieur desquels naissent autant de styles un peu renflés à leur extrémité. Deux à cinq samares indéhiscentes, oblongucs. pointues des deux côtés, renflées au milieu, monoloculaires et monospertne»; semence attachée à la paroi intérieure de la loge, comprimée et presque ovale. Les Ailantlies sont des Arbres élevés, à feuilles pinnées, à fleurs réunies en panicules ou en grappes.

AILE. xoll. On a donné le nom d'Aile à la lèvre extérieure de certaines Coquilles, lorsque, après l’entier accroissement, elle se dilate d’une manière remarquable. Alors ces Coquilles ont été appelées Ailées.

AILE DE MER ou AILE MARINE. MOLL. $. de Pennatule.

AILE-PIEDS. Pteropodii. ma*. Vicq-d’Azir a donné ce nom aux Quadrupèdes dont les membres ambulatoires, liés et prolongés par des membranes, ont l'aspect et remplissent les fonctions d’ailes. Telles sont les Roussettes.

AILE DE PIGEON, bot. N. vulg. de l'^oriciM columbarius de Bulliard, et d’une autre esp. de Champignon, voisine de l'Agaric blanc d'argent, Agaricus argyraceus de Slerbeek (t. 0, f. a).

AILÉES. Atati p.moll. Les Coquilles iinivalves,doulla lèvre extérieure, dans l'âge adulte, est fort dilatée, les bivalves dont la base, vers l’un des côtés des sommets, est très -prolongée, ont été appelées Ailées. Caractère qui a donné naissance à beaucoup de noms vulgaires, et qui a même serv i à plusieurs naturalistes pour former des coupes, en général, assez naturelles.

Rumphius a réuni, dans les pi. 35,30, 37 de son ouvrage, trente Strombes ou Plérocères, sous le nom de Cochteœ alatee ; une seule de ces Coquilles n'appartient pas à ces deux genres. D'après lui, Klein a appelé Alala la quatrième classe de ses Cochlis composita , qu'il divise en six G. : Monodactyle, Monodactytus; Araignée, Harpago ; Heptadaclyle, IJeptadactylus ; Millepicd», Mitlepes; Lentigo cl A lata lata , G. qui ne renferment aussi que des Strombes et des Plérocères. Le G. Alatalata comprend plus spécialement les Strombes à aile très- étendue et non digitée, tels que le lalissimus, le costatus, etc. Martini a suivi cet exemple ; mais il ne forme de la classe de Klein qu'un seul G., et lui donne la dénomination générique d 'A lata. 11 divise les Cochlides atatœ en semi-atatœ et alativ perfectœ ; et ceux-ci en Ata simplici et A la divisa rel digitati, qui sont les Plérocères de Lamarck. Le genre Alata a été adopté par Martyn ( Unie. Cône h .) et par Meuschcn ( Mus. Gœversianum ) , qui y comprend les Rostellaires de Lamarck- Ce dernier auteur, imitant l’exemple des naturalistes dont nous venons de parler, a réuni les trois genres Strombe, Ptérocère et Rostellaire. en une fam. distincte, celtes des Ailées.

AILERON. Ois. F. Al LU.

AILERONS, ms. Ce sont des lamelles membraneuses, arrondies, concaves sur une de leurs faces, convexes sur l'autre, Axées au mésothorax, eL distinguées à tort de l’Aile antérieure dont elle» font réellement partie. Il a suffi d'étudier avec soin leur insertion pour prononcer avec certitude sur leur nature ; et quelques expériences

ont permis d’apprécier leurs usages et leur peu d'importance. En effet, l'Aileron ou le Cuilleron se continue avec l’Aile, au moyen de sa base, et n'en est séparé, dans le reste de son étendue, que par une fissure plus ou moins profonde, disparaissant complètement dans la plupart des Insectes. On a dit qu'il n'existe que dans la classe des Diptères, ce qui n'est pas tout à fait exact; quoi qu'il en soit, l'Aileron varie dans celte classe ellemême. sous le rapport de son développement; tantôt il est très-étendu . ainsi qu’on l’observe dans les Mouches; d’autres fois tout à fait rudimentaire, comme dans les Tipulet. les Cousins; le plus souvent double, c'est-à-dire, qu’il en existe deux à chaque Aile : ces deux pièces, dont l’une est en général plus développée que l’autre, figurent alors assez bien, dans l’état du repos, une Coquille bivalve, dont les battants seraient fermés; lorsqu'au contraire l'Aile est étendue et en action, les valves s'ouvrent et se placent sur un même { plan. Latreille et Audouin ont reconnu, au-dessous et , à la base des élytres des Dytiques et des Hydrophiles, une membrane ayant la même forme, la même structure et la même articulation que l'Aileron ; ils l'ont directement comparée à celle partie qui. dans cette cir- | constance, serait restée membraneuse, tandis que le* j autres portions de l'Aile auraient été envahies par la j Chitine. L'Aileron, fixé au scutellum et au posciUellutn du mésothorax, ne peut être l’analogue des secondes Ailes qui sont insérées sur le métathorax, et tout ce qu'on a dit pour appuyer celte analogie est inadmissible ; ce qu’on rapporte de ses fonctions est tout aussi invraisemblable ; il parait bien certain qu’il ne contribue pas à produire le bourdonnement ; et s’il a quelques usages, ils se bornent à faciliter et à modifier le vol.

AILES, zool. Organes de la locomotion dans l’air; véritables rames que l’ètre qui en est muni, plie ou développe selon ses besoins pour trouver uo point d’appui suffisant sur le fluide atmosphérique.

— Dans les MaemifEies, quelques esp. ont des Ailes ou plutôt un développement de membranes interdigitale8,et un appareil musculaire approprié, qui leur donne la faculté précieuse de parcourir les airs. Dans les Chauves-Souris, une véritable main et son bras sont devenus une Aile véritable. Il n'en est pas de même de* membranes ou extensions cutanées, appelées improprement Ailes, qui se voient dans quelques autres Mammifères. tels que le Galéopithèque-volanl, Le mur rotons, L., les Polatouches. Pteromys, Cuy., et quelques esp. de Phalangers, Phalangista , llliger. Ces prétendues Ailes, qui facilitent le saut et la rapidité de la course, dans les êtres qui en sont pourvus, M'ouvrent cependant pas à ceux-ci les roule* de l’atmosphère, elles ne sont positivement pas propres au vol, n'étanl munies d'aucun appareil qui détermine cette puissance; leur rôle est celui de parachute ou de voiles, bien plus que de rames ou de gouvernail.

— Dans les Oiseacx, ces organes sont composés d’un appareil solide, autour duquel viennent se réunir les tendons, les muscles et les tégument» destinés à fixer et à assembler les plumes qui recouvrent l’Aile, et en forment les principaux matériaux. On distingue dans

cet appareil : 1° Y Humérus ou Pot du bras, qui est attaché très-fortement à la jonction de l'omoplate avec la clavicule; à l'autre extrémité de cet os viennent s'attacher le Hadius et le Cubitus, formant l'avant-bras qui porte lui-même le Carpe et le Métacarpe ou la main. Cette dernière partie est susceptible de s'oblitérer plus ou moins fortement chez diverses espèces, de manière qu'il est quelquefois assez difficile d'y reconnaître les deux ou trois osselets et l'os stylolde qui constituent le carpe, et les trois phalanges formant les deux doigts du métacarpe. Ces os, très-grands relativement au volume total de l'Animal, sont construits de manière à admettre dans leur intérieur beaucoup d'air qui joue un très-grand rôle dans le mouvement du vol.

Les plumes qui garnissent l’Aile diffèrent, quant à la forme et à la consistance, suivant leur position sur l'organe; elles portent aussi des noms différents : on appelle Hèmiges les grandes pennes qui composent l'Aile proprement dite; les dix plus extérieures, dont quatre garnissent le long doigt, sous les rémiges primaires; les rémiges secondaires, dont le nombre dépasse assez souvent dix, ont leur attache le long de l'avant-hras; toutes sont aiguës et d'autant plus roides qu'elles s'éloignent davantage du corps. On aperçoit, en outre, trois à cinq plumes beaucoup plus petites et plus étroites que les rémiges, insérées au poignet le long du pouce, elles forment Y Aileron ou le fouet de l’Aile. Les plumes molles qui recouvrent les rémiges, en dessus comme en dessous, sont appelées Tectrices; elles sont ou supérieures ou inférieures , grandes, moyennes ou petites selon leur rang. Beaucoup d’Oiseaux ont, entre la véritable Aile et le flanc, un bouquet plus ou moins volumineux de plumes légères qui parait aider beaucoup l'Animal dans un vol très-élevé; ce bouquet, qui fait le plus bel ornement des Oiseaux de paradis, pourrait être appelé Aile supplémentaire. L'Aile, pliée comme étendue, offre une surface convexe et une surface concave; cette forme, favorable à l'Oiseau pour mieux saisir la colonne d'air sur laquelle il appuie, met en contact tous les points de l'Aile fermée contre les parties saillantes du corps. Les muscles qui font mouvoir les Ailes, sont épais et volumineux; ils sont attachés de manière à maintenir le mouvement des Ailes dans un seul sens. Une matière cornée, attachée en forme de griffe, dont sont armés l’un et quelquefois les deux doigts du métacarpe , dans quelques espèces, y rappelle assez bien la position des ongles aux doigts de la main.

— Dax» i.is Rirmia it les Poissox», un genre de Saurien fossile et perdu, pris quelque temps, sur la foi de Blumenbach, pour un Ornitbolite, et nommé Ptérodactyle, par Cuvier, qui sut reconnaître la véritable place occupée par cet Animal entre les anté-diluviens. fut muni d'Ailes dans le genre de celles des Chéiroptères; aujourd'hui un autre Saurien, le Dragon, voltige à l'aide de fausses Ailes situées horizontalement de chaque côté de l’épine du dos, entre les quatre pattes. Ces parties supplémentaires, membraneuses, couvertes de fines écailles, remplaçant les plumes ou les poils, soutemies chacune par six fausses côtes allongées en rayons cartilagineux, portent en l'air. durant quelques instants. |

l'Animal auquel elles ont mérité un nom trop fameux ; mais elles ont bien plus de rapport avec les nageoires du Poisson, qu'avec l’attribut de l’Oiseau ou de la Chauve-Souris, et c’est en effet l'une des propriétés des nageoires du Poisson, que de s'allonger aussi quelquefois en une sorte d’Ailes ; dans ce cas, l'habitant des eaux, que la nature favorisa d’un développement extraordinaire de nageoires, partage, k certains égards, le privilège accordé aux tribus aériennes. Ainsi l’on voit des Muges ou des Exocets échapper aux poursuites des carnassiers de l'Océan , en s'élançant hors des vagues pour voltiger à leur surface, où bientôt ils deviennent la proie des Oiseaux voraces. Quant à la figure ainsi qu'à la manière dont l'Animal les agite lorsqu'il nage, les nageoires des Baies pourraient être aussi comparées à de véritables Ailes,etdelà,les noms vulgaires d 'Aigle, d'Ange et de Colombe, donnés par les pècfleurs de divers pays, à certaines espèces de ces Sélaciens, sur la classification desquelles Blainville a publié de si ingénieux aperçus.

— D\x» le» IxsicTis.on a donné le nom d'Ailes à des appendices membraneux de formes très -variées, diaphanes ou opaques, nus ou couverts de poils etd'écailles, plus ou moins développés, toujours situés sur les parties latérales et supérieures du thorax, et ayant ordtnairemeut pour fonctions d'exécuter le vol. Les Ailes ne se rencontrent que dans les Insectes hexapodes parfaits; car l'étal de larve n'en offre extérieurement aucune trace, et celui de nymphe en présente tout au plus des vestiges; on n'en compte jamais plus de deux paires ; très-souvent il n'en existe qu'une seule, et dans plus d'un cas elles sont rudimentaires ou même disparaissenlcomplélement. On a distingué les Ailes, d'après leur position , en premières, antérieures ou supérieures, et en secondes, postérieures ou inférieures. Les antérieures, toujours unies au mésotbofax, ont, dans certains cas, reçu le nom à' Ély très; les postérieures. attachées au métathorax, ont été appelées, dans leur état rudimentaire, balanciers. Nous décrirons ici leur composition, et les termes employés pour exprimer les modifications principales qu'elles éprouvent dans leurs développements et leurs formes. Nous ferons connaître la manière dont elles s'articulent avec le thorax cl les principales différences qu'elles offrent dans chaque ordre. Nous dirons enfin quelques mots de leur nature.

L'Aile d’un Insecte nous parait formée de deux feuillets superposés, ordinairement membraneux, très-minces et transparents, constituant à eux seuls, dans certains cas assez rares, l'Aile tout entière, et occupant le plus souvent des intervalles qui laissent entre elles des lignes de consistance cornée, saillantes, auxquelles on a donné le nom de nervures. Ces nemifca, qui, au premier coup d’œil, ne paraissent être autre chose que de petits filets colorés, superficiels, dont les plus gros sont dirigés dans le sens de la longueur de l’Aile, sont contenues entre les deux feuillets de sa membrane, et présentent deux faces : l'une supérieure, souvent arrondie et trèscornée, adhère intimement au feuillet correspondant; l'autre, inférieure, plane, d’une consistance moindre, peut, avec quelques précautions, s'isoler de la portion de

l’Aile qui la recouvre. On remarque, en oulre. que ce* filets sont autant de tubes, dont la coupe transversale est ovale, et dont le diamètre diminue à mesure que cesorganesse rapprochent du sommet de l'Aile : chacun d'eux est parcouru, dans toute son étendue, par un vais* seau que l’on reconnaît être une trachée roulée en spirale, et anastomosée plusieurs fois avec des conduits de même nature. Ces trachées reçoivent l’air qui vient de l’intérieur du corps, et qui a pour usage, suivant Swammerdain , Jurine cl Chahrier, de distendre l’Aile dans l'action du vol. F.lles n’éprouvent dans leur trajet aucune dilatation sensible, tandis que le tube corné, qui les contient, offre, sous ce rapport, des modifications assez curieuses; il s'épanouit quelquefois tout A coup, de manière à présenter, sur une très-petite étendue de son trajet, un diamètre assez considérable. La matière qui le colffte, se trouvant alors disséminée sur une plus grande surface, ne parait plus que comme une légère nuance, et le tube corné, ou en d'autres termes, la nervure parait interrompue : ces points transparents et accidentels ont été nommés bulle» d'air ; ils se rencontrent, le plus souvent, dans les nervures, dites cubitales, de plusieurs Hyménoptères, et semblent avoir, pour principal usage, de faciliter la formation de certains plis qui se forment pendant le repos. Les plus grosses nervures parlent de la base de l'Aile, c’est à-dire, de son point d’insertion avec le thorax.

Un habile observateur, Jurine, dans un Mémoire important dont nous avons déjà tiré parti, a décrit avec exactitude l’Aile des Hyménoptères, et a fait une application heureuse de ses recherches à la classification des Insectes appartenant à cet ordre; il a distingué les principales nervures des Ailes, leur a imposé des noms particuliers ainsi qu’aux espaces circonscrits par les rameaux secondaires qui en partent. Nous allons donner ces différentes dénominations, avec quelques figures extraites de l’ouvrage, afin de rendre familière cette connaissance devenue indispensable aux entomologistes, à cause de l'usage fréquent qu’on en a fait depuis dans la méthode.

Avant d'alwrder cette étude, nous indiquerons les différents noms donnés à l’Aile envisagée d'une manière générale. La base de l’Aile est celte partie qui l’articule avec le thorax, fig. 1, h. (Voyez notre planche où sont représentées les Ailes d'Hyménoptères, dans la série enloinologiquc. ) — Le bout, que l'on nomme aussi sonttnet, angle interne, angle antérieur, est opposé à la base, fig. 1. a.— Le bord externe , ou bord antérieur , ou bord d'en haut , ou enfin côte, s'étend depuis la base jusqu'au bout, fig. 1, d. — Uangle postérieur, ouanglc interne, ou angle anal, est formé par la réunion du bord postérieur et du bord interne, fig. 1, c. — Le bord interne s'étend depuis l’angle postérieur jusqu'à la base de l’Aile, fig. \.f. — Le bord postérieur commence aussi à l'angle postérieur de l'Aile et finit à son bout, fig. 1, e. — Enfin, le disque est toute la partie de l’Aile comprise entre les bords, fig. 1, g. Latreille observe que ce disque répond à la surface, et qu’il serait mieux de désigner, par ce ternie, le milieu de l’Aile.

Si l’on prend maintenant un Insecte hyménoplère quelconque, et qu'on observe, avec une loupe ou même

à la vue simple, la grande Aile, on remarquera que son bord externe présente deux grosses nervures parallèles et rapprochées, tirant leur origine du Ihorax, et unies l’une à l'autre par une forte expansion de la membrane de l’Aile. La nervure externe a été appelée Radius, fig. 2, a ; et l'interne Cubitus, fig. 3. b. Chacune d'elle* aboutit au carpe ou point de l’Aile, ou stigmate de quelques auteurs, fig. 2, r. Outre ces deux nervures qu’on nomme primitives, il en part plusieurs autres du même endroit qui ont reçu le nom commun de brachiales, fig. 2. g. Toutes ces branches principales, d'abord simples, ne tardent pas à se diviser, ou du moins à fournir un grand nombre de rameaux qui, en s'anastomosant entre eux, circonscrivent des intervalles d’une forme et d'une étendue variables, remplis par la membrane de l’Aile : ces espaces sont les Cellules. Plusieurs d’entre elles, à cause de leur disposition constante daus chaque genre d'insectes hyménoptères, ont attiré l’attention de Jurine. qui s'en est servi avec avantage. Une nervure, appelée rculiate, fig. 4, o. naissant ordinairement au milieu du carpe, et atteignant le bout de l’Aile, laisse, entre elle et le bord externe de celte dernière, un espace membraneux que Jurine nomme Cellule radiale, fig. 5, a. S’il part encore du carpe une petite, nervure qui divise l’espace en deux parties, il en résulte deux cellules radiales. Pans ce cas, la grande nervure ne tire plus son origine du milieu du carpe; mais elle naît en arrière, fig. 2, d. Enfin, quelquefois il arrive que celte nervure radiale, partant du carpe, rencontre une petite nervure d'intersection qui sort du bord externe de l'Aile; alors on ajoute au nom de cellule radiale celui d'appendicée, fig. 3. a.

La seconde sorte de cellule a reçu le nom de cubitale, fig. 2, e. Elle est formée par le bord postérieur de la nervure radiale et par une autre nervure appelée cubitale, naissant de l’extrémité du cubitus près du carpe.el se dirigeant aussi vers le Inuit de l'Aile, fig. 4, b. Elle est très-souvent divisée en deux, trois ou quatre petites cellules, par des nervures d’intersection, fig. 5, e. Si deux des cellules secondaires, ordinairement la première et la deuxième, sont très-développées, et que la seconde, au contraire, se trouve tellement réduite qu’elle ne puisse plus s'élever jusqu’au bord de la nervure radiale, on observe dans ce cas une disposition assez remarquable : les deux cellules dévelop|»écs, au lieu d’ètre séparées l’une de l'autre par tout l'intervalle de la seconde cellule, ne le sont plus dans un certain pninlque par une nervure, d'autant plus longue que la cellule intermédiaire est moins élevée; celle-ci ne conserve plus alorsd’autre rapport aveclacclluleradialequedelui adhérer, au moyen de la nervure qui sépare les deux grands espaces, et qui constitue une sorte de tige en forme de pétiole, ce qui lui a valu le nom de cellule pétiolée, fig. 3, b. S’il arrive enfin que la nervure cubitale n’alleigne pas le bout de l'Aile, on appellera l’intervalle qu'elle concourt à former, cellule incomplète , fig. 4 ,b.

Nous avons dit que, indépendamment du cubitus et du radius. Jurine avait distingué, sous le nom de Brachiales. d'autres nervures, partant également de la base de l’Aile, fig. 2, g. Ces nervures en fournissent de secondaires qui remontent vers les cellules cubitales et ahou-

lissent tantôt à la première et à la seconde en même temps, tantôt à la deuxième et à la troisième, d'autres fois à line seule; elle* ont reçu le nom de nervures récurrentes. fig. 2, A et 5, b. En s'anastomosant entre elles et avec le cubitus, les nervures brachiales et leurs rameaux forment plusieurs cellules, que Jurine a nommées humérales, fig. 5, h. A, A, A, A. Lalreille distingue parmi elles les cellules discoïdales situées au centre de l’Aile en arrière du point, fig. 3, i, t. Les nervures récurrentes concourent toujours à les former. Dans les Lépidoptères, cette cellule, située aussi au centre de l'Aile, se prolonge sans interruption jusqu'à sa base.

Les différentes dénominations, que nous venons de faire connaître, peuvent être appliquées non-seulement aux Hyménoptères, que nous avons pris pour exemple, mais encore à tous les autres ordres ; et on peut les employer avec plus ou moins d’avantage dans la classification.

Les Ailes, dont nous avons fait connaître la structure, s'articulent avec le thorax, au moyeu de pièces que nous énumérerons aussi dans les Hyménoptères, d’après l’excellent Mémoire de Jurine. Ce que nous en dirons pourra être appliqué d'une manière générale aux autres ordres qui ont été étudiés, sous ce rapport, avec !>eaucoup de soin, par Chabrier, dans son important Essai sur le vol des Insectes (Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, troisième année et suivantes. )

Si cette étude eût été comparative; c'est-à-dire, si on se fût appliqué à rechercher dans chaque ordre les mêmes pièces articulaires, si on eût donné à celles qui sont analogues des noms semblables, et qui ne fussent |»as la traduction de leurs formes ou l'expression de leurs usages, nous aurions pu présenter ici une nomenclature générale; mais Jurine n'a étudié que les Hyménoptères, et il n'entrait pas dans le plan de Chabrier d'enrichir et de perfectionner le langage enloroologique. Le but de ce dernier était d’arriver, par l’étude des Insectes, à la démonstration d'une Théorie sur le vol en général; en suivant cetle roule il a fourni à la science des matériaux extrêmement précieux et dont l'exactitude ressortira bien davantage lorsqu'on aura coordonné tous les détails, et présenté chaque fait sous son véritable point de vue; nous nous bornerons donc à parler des pièces articulaires qu'on rencontre chez les Hyménoptères, en indiquant les noms employés par Jurine. Ces osselets, auxquels nous appliquons le nom d 'èpidème, sont au nombre de sept pour la grande Aile ou Aile du mésolhorax, et de cinq seulement pour la petite Aile qui appartient au métalhorax. Les épidèmes articulaires de l'Aile du roésothorax sont : le petit radial, le grand radial, le grand cubital , le petit cubitul, le nariculaire, le petit huméral, le grand huméral. La figure et la longueur de ces pièces sont Irès-différenles; unies entre elles par une membrane, elles s’articulent, d'une part, avec le mésothorax, et de l’autre avec les principales nervures de l’Aile; elles communiquent à celle-ci plusieurs mouvements, et sont pourvues, à cet effet, de trois muscles propres : le premier, d’abord divisé en deux portions insérées dans la cavité thoracique, se réunit bientôt en une seule, implantée sur un tendon commun qui s'attache à la

pièce nommée petit radial ; ce muscle, par ses contractions, abaisse la base de l’Aile, et soulève par conséquent son extrémité. Le second muscle, moins long que le précédent et simple, se fixe aussi, par l’une de ses extrémités, dans la cavité thoracique, tandis que l'autre se termine à l'épidème désigné sous le nom de petit huméral ; il fait exécuter à l'Aile des mouvements de bascule et en abaisse le bord interne. Enfin le troisième muscle s'insère également, d'une part, dans la cavité thoracique, et sc fixe, de l'autre, à l'épidème, petit cubital; il agit de concert avec le précédent. L’articulation de l’Aile, avec les épidèmes, sc fait directement au moyen du grand radial, du petit radial, du grand cubital et du petit cubital ; les deux premiers s'unissent au radius, le troisième s'insère au cubitus, et le dernier aboutit à la nervure humérale. Les petites pièces, qui s'articulent avec le thorax, sont le grand huméral, qui est uni aux prolongements latéraux de l'écusson et qui conserve aussi des rapports avec le grand cubital et le grand radial, au moyen d’un èpidème articulaire, nommé petit huméral; enfin, le naviculairu présente | deux cavités, dont l'une reçoit l’extrémité de l'os corné ( Poscutellum ), et l'autre la télé de l'bumérus qu'on I peut considérer comme une autre pièce de l'Aile, inunie d'un muscle à son extrémité libre.

Mous avons dit que les osselets de la petite Aile ou Aile du métalhorax sont seulement au nombre de cinq. Us sc nomment YÉchancré, le Scutellaire, le Diademal, le Fourchu, la Massue. Il nous serait aisé de prouver que ces épidèines sont les mêmes que ceux de la grande Aile, et qu'on ne doit pas leur assigner des noms différents; mais, pour établir cetle vérité et la présenter avec clarté, il faudrait entrer dans de longs développements que n'admet pas la nature de cet ouvrage : il nous suffira d'observer que ces pUVes s’articulent d'une part avec les nervures de l’Aile, et de l’autre avec le métalhorax; qu’elles sont unies ensemble par une membrane commune, et que trois d’entre elles, : savoir l’échancré. le diadéinal et le fourchu, sont pour- ! vues de muscles fixés dans la cavité thoracique.

Aux dénominations que nous avons données de plusieurs parties de l'Aile, nous devons en ajouter quelques-unes, fondées sur leurs proportions et leurs formes.—Tantôt elles sont égales, œquales, c'est-à-dire, toutes les quatre de même grandeur; — tantôt inégales, j inœquales, quand deux d'entre elles sont plus grandes ! que les deux autres; — lancéolées, lanceolatæ, lorsqu'elles sont amincies à leur base et à leur sommet ; — ! en forme de faulx, falcatœ , lorsque le sommet est courbé comme une faulx ; — linéaires, litieares, quand elles sont étroites et à bords parallèles; — en massue, clavatœ, lorsqu’étant linéaires elles sont un peu plus grosses à leur sommet; — arrondies, rolundatœ , lorsqu'elles se rapprochent de la forme d'un cercle; oblongues.oblongœ, lorsqu'elles sont plus longues que larges et figurent une ellipse très-allongée, obtuse auxdcux extrémités; rhomboïdes, rhomboidales, quand elles approchent de la forme d'un rhombe, ce qui a lieu lorsqu’elles ont plus de longueur de l'angle postérieur au sommet, que de cet angle à la base; — deltoïdes, deltoïdes, en forme d’une lettre grecque nommée delta ; elles sont

alors très-obtuses et comme coupées postérieurement: — découvertes, exsertœ, lorsque les Ailes postérieures dépassent les élytres ; — couvertes, tectœ , lorsqu’elles sont tout à fait cachées sous les élytres; — pliées, plicatee, lorsqu’elles sont pliées longitudinalement quelquefois à la manière d’un éventail; — repliées, replicatœf lorsqu’étant pliées longitudinalement elles sont ensuite repliées sur elles-mêmes; — en recouvrement, incumbentes, lorsque le bord postérieur de l'une recouvre celui de l’autre;— croisées, cruciativ , quand le sommet de l’une recouvre entièrement le sommet de l’autre; — étendues, patente», patulœ, lorsque dans le repos elles sont ouvertes, et laissent l’abdomen à découvert; — droites, ercctœ, quand dans le repos elles sont relevées perpendiculairement à la surface du corps; — conniventes, connirente s, lorsqu’étant relevées elles se touchent par un sommet ou un point quelconque de leur face supérieure ; — penchées, inclinées, deflexœ, lorsque le sommet est comme pendant, c’est-à-dire, sur un plan moins élevé que la base ; — striées, strialœ, lorsqu’il y a des lignes élevées formant de très-petits sillons parallèles et longitudinaux; — réticulées, reticulatœ , lorsque ces lignes sont disposées en réseaux, comme de la dentelle; — veinées, venosœ, quand elles offrent des nervures longitudinales très-prononcées, se divisant en rameaux plus déliés; — membraneuses, metnbranaceœ, lorsqu’elles sont minces, flexibles, transparentes ou opaques, et ressemblent à une membrane; — écailleuses, squammatœ , lorsqu'elles sont recouvertes d’une poussière, dont tous les grains vus à la loupe, représentent autant d’écailles imbriquées; — farineuses, fa rinosrr, quand elles paraissent comme saupoudrées d’une poussière ressemblant à de la farine, et qui s'enlève avec la plus grande facilité; — poilues, pilosœ, lorsqu’on voit sur leurs surfaces de petits poils plus ou moins nombreux ; — nues, nudæ, lorsqu'elles en sont privées; — de même couleur, concolores, lorsqu’elles sont de même couleur en dessus et en dessous, cl que les deux paires ne différent pas l’une de l’autre sous ce rapport; — vitrées, fenestratee, lorsque les Ailes étant opaques, on remarque des taches tout à fait transparentes ; — oculées, oculatœ , quand elles présentent des taches circulaires de différentes couleurs, figurant assez bien un œil ; — à prunelle, pupillatœ, lorsqu’étant oculécs, il existe au centre du cercle un point coloré ; — aveugles, ccecw, quand on ne remarque point d’œil;— à bandes ou fasciées, fasciatœ, lorsqu'il y a plusieurs lignes assez larges et colorées; ces bandes sont transverses ou transversales, longitudinales, obliques, lancéolées, linéaires, réniformes, c’est-à-dire en forme de rein ou de graine de llaricot, maculaires, lorsqu'elles résultent de l'addition successive d’un plus ou moins grand nombre de taches; bifides, trifides, lorsque ccs bandes sont fendues en deux ou en trois, plus ou moins profondément; — avec des raies, strigatœ , lorsque ces lignes sont très-étroites et ne figurent plus des bandes ou rubans.

Les bords des Ailes ont fourni aussi à la méthode plusieurs caractères et quelques dénominations à ajouter aux précédentes : — Les Ailes sont crénelées, crcnatœ, quand leurs bords présentent alternativement

i des légères incisions et des dents, et que celles-ci sont ) obtuses et non dirigées vers le sommet ni vers la base;

— dentelées, dentatœ, lorsque, les incisions étant plus J profondes, les dents sont aigues; — frangées, fim- \ briatœ , quand elles sont bordées de dents allongées,

pointues et très-serrées; — laciniées, laciniatœ , lorsqu’elles sont comme déchiquetées, les découpures paj raissant alors irrégulières, chacune d’elles ayant à peu j près la même étendue; — déchirées, erosœ , lorsque ! les incisions étant irrégulières, elles ne gardent entre { elles aucun ordre, n’ont aucune proportion semblable,

| et paraissent enfin comme déchirées; — fendues, fissœ, quand les divisions sont très-profondes; — digitées, digitalœ , lorsque les divisions sont profondes, et qu'il en résulte des espèces de lanières figurant les doigts de la main ; — échancrées, emarginatœ, quand il y a une incision, ordinairement peu profonde, et qui ne divise pas l’Aile, mais parait lui enlever une petite portion de sa substance; — en queue, caudatæ, lorsque le bord postérieur présente un appendice le dépassant plus ou moins; — ciliées, ciliaUp, lorsqu’elles sont terminées par des poils très- serrés en forme de cils.

Sous le rapport de leur sommet, les Ailes sont : ob tuscs. obtusœ, lorsqu’elles se terminent par un l>ord arrondi; — coupées ou tronquées, truncatœ , lorsque le sommet parait avoir été coupé; — pointues, acutœ , lorsqu'elles finissent en pointe; — acuminatœ, quand cette pointe est aigue et prolongée.

Nous nous sommes étendus sur plusieurs dénominations appliquées aux Ailes, parce que ces organes ont fourni des caractères pour la division des Insectes en plusieurs ordres, désignés sous les noms de Coléoptères ou Ailes en étui; A'Orthoptères, ou Ailes droites; A' Hémiptères ou demi-Aile, c’est-à-dire. Ailes demicoriaces; de A ’êvroptères, ou Ailes à nervure; A'Hyménoptères, ou Aile* en membrane; de Lépidoptères , ou Ailes à écailles; de Strèpsiptères , ou Ailes torses; de Diptères, ou deux Ailes. — Le développement des Ailes est toujours en rapport avec le développement de l’arceau supérieur qui les supporte. C’est un fait constant, et sur lequel nous reviendrons au mot Tiokax.

— Dans les Coléoptères, les Ailes antérieures ont éprouvé une modification très-remarquable : elles sont très-semblables, quant à la consistance, aux différentes pièces qui forment la charpente du corps; on les nomme Élytres. Latrcille et Audouin ont observé, à la base des élytres des Dytiques, et sur le segment qui les supporte, une petite lame membraneuse assez étendue : et ils ont, dans des Mémoires ad hoc, apprécié ce fait à sa juste valeur. Déjà Degéer avait aperçu cette membrane au-dessous des élytres du grand Hydrophile. Elle n’est autre chose que la portion la plus reculée de l’Aile, et répond à l’aileron des Diptères. Les élytres recouvrent une seconde paire d’Ailes membraneuses, fixée au métathorax, ordinairement très -développée quelquefois, au contraire, réduite à des rudiments presque imperceptibles qui disparaissent tout à fait dans certains cas. Chez plusieurs Hémiptères, les premières Ailes sont des demi-élytres, c’est-à-dire, solides, dans une portion de leur étendue, et membraneuses

dans l'autre; la forme et la consistance des Ailes antérieures d’un grand nombre d'Orthoptères rappellent encore les élytres des Coléoptères; les premières Ailes des Névroptères ne diffèrent pas essentiellement des secondes; elles sont réticulées; celles des Lépidoptères offrent plusieurs particularités fort curieuses. Les nervures qui bornent latéralement la cellule discoïdale présentent, à leur sortie du thorax, chez tous les individus du G. Satyre, deux renflements queGodart et Duponchel , qui s’occupent avec zèle et succès de la classe des Papillons, et qui possèdent un grand nombre de faits relatifs à leur histoire, ont eu la bonté de nous faire connaître. Les Ailes de tous les Lépidoptères sont revêtues d’une poussière dont chaque grain est une petite écaille de forme très variable, le plus souvent dentée au sommet; la base de chacune d’elles est un pédicule fixé sur l’Aile membraneuse, qui offre des stries transversales plus prononcées auprès des nervures. L’Aile postérieure ou la petite Aile des Lépidoptères crépusculaires et nocturnes présente auprès de sa base, suivant l’observation de Lalreillc. une sorte d'épine ou de crochet corné, grêle, aigu, roide, un peu arqué, qui la fait adhérer à la grande, en la fixant à une petite saillie existant à la face inférieure de celle-ci. Latreille désigne celte épine sous le nom de crochet alaireou de frein, frenum. L’Aile antérieure des Insectes de cet ordre est enveloppée A sa base par une pièce observée la première fois par Degécr, et qui, d'après Latreille. est l’analogue de ce que Kirby a appelé élytredans les St répsi plè res ; celte pièce est, selon toute apparence, Yhypoptère devenu libre.

Les Hyménoptères offrent aussi cette même pièce qui a reçu chez eux le nom à' Épaulette. (Cuilteron, Jurine.) Leurs Aile* présentent des nervures nombreuses que nous avons décrilrs précédemment. Les inférieures ont, en outre, une portion de leur bord antérieur garnie de petits crochets contournés en S, qui s’accrochent au bord postérieur des Ailes du mésotborax, et unissent ces deux appendices entre eux. Enfin, les Diptères ne présentent plus que la paire d'Ailes antérieures, dont l’Aileron est une dépendance. Les Ailes postérieures manquent complètement chez les uns, et ne consistent plus chez les autres qu’en une tige grêle et mobile, nommée Balancier. Lalreillc ne regarde pas cet appendice comme l’analogue des Ailes inférieures.

Les Ailes, considérées dans la série des Insectes hexapodes, ont une forme, une consistance, un développement, des usages très-variés. Les différences qui dépendent de la forme, et surtout de la consistance, sont assez graduées, et on n’aperçoit pas, en général, entre des individus d’un même genre, et surtout d'une même espèce, de très-grandes anomalies, il n’en est pas de même lorsqu’on étudie leur développement et leurs usages : quelles dissemblances n’observe- l-on pas sous ce rapport entre des individus d'ordres, de familles, de genres, d’espèces, et même de sexes différents! En nous attachant seulement à celles que présentent ces derniers, ne voyons nous pas une foule d'individus femelles de tous le» ordres privés d’Ailes, tandis que les mâles en sont pourvus; et pour ce qui

concerne leurs usages, quelles variétés ne nous offrent-elles pas! Ici, ce sont des enveloppes coriaces, recouvrant les Ailes inférieures, et agissant de concert dans l’action du vol. Là, les élytres ne jouissent plus de cette faculté, mais protègent l'alidomen. et se soudent entre elles par leur bord postérieur; dans ce cas,

; les Ailes inférieures disparaissent entièrement : ailleurs, elles ont une fonction très-singulière, elles se convertissent en un organe musical. Souvent enfin, quoiqno membraneuses, elles ne sont jamais d'aucun usage pour le vol. et, dans certaines circonstances, elles tombent après l'accoupleinenl. Considérée sous ces divers points de vue, l’élude des Ailes devient très- | intéressante, et conduit à des résultats qu'on était loin I d’entrevoir. Oii se demande alors ce qu'elles peuvent , être : sont -ce des organes accordés aux seuls Insectes? Les rencontre-t on chez des Animaux inférieurs ou plus élevés dans l’échelle des êtres? Vauraient-elles , pas, enfin, leurs analogues dans quelques autres parties du corps de l’Insecte? Jurine les a trouvées semblables aux Ailes des Oiseaux, sous un double rapport, celui de leurs fonctions et celui de leur composition. De là, les noms d 'Humérus, de Radius , de Cubitus ,

| de Carpe , assignés aux différentes pièces, et que nous | adoptons en leur donnant une acception autre que ' celle qu'on leur accorde, dans l’anatomie des Animaux vertébrés. Latreille, dans un Mémoire ayant pour titre I île la formation des Ailes des Insectes, lu à l’A- | cadémie des Sciences dans la séance du 37 décembre 1810, a envisagé la question sous un point de vue moins élevé, et par cela même plus voisin de l'observation. Sa manière de voir est que, malgré la disparate énorme, qui parait exister entre les Ailes des Insectes et leurs membres inférieurs, on peut rapporter les premières à ces derniers; H trouve que les Ailes ressemblent beaucoup aux pattes branchiales de l'abdomen de certains Crustacés, et surtout à celles des Câlines qui ne diffèrent guère des Aile» des Insectes nommés Ptérophores ; il aperçoit encore une trèsgrande ressemblance entre les Ailes et les nageoires lrachéales*des larves d’Èphémères. Se fondant sur ces analogies et sur plusieurs autres de même valeur, l’auteur se demande si les Ailes des Insectes ne seraient pas des pattes trachéales; il explique le sens de sa pensée, en comparant les membranes comprises entre les nervures, aux trachées contournées en spirale, et en retrouvant l’analogue de la hanche, de la cuisse et de la jambe dans les épidèmes articulaires de l’Aile. Déjà Blainville avait avancé que les Ailes ne sont autre chose que des trachées renversées, remplaçant les stigmates des deux segments alifères; mais si, dans plusieurs Chenilles, les anneaux qui correspondent au mésothorax et au mélalhorax, sont privés d’ouvertures trachéales, ainsi qu’il l’avance à l’appui de son opinion, il est bien certain que ces ouvertures existent dans les Insectes parfaits, indépendamment des Ailes, et que, par conséquent, ces dernières ne peuvent les représenter. Enfin. Latreille a complété toutes ces preuves, en faisant voir l’analogie frappante qui existe entre les pieds nageoires des Gyrins et certaines Ailes.

Le Mémoire de Latreille tendait à inférer que les

Dgle

lit

Ailes sont de véritables pattes; ce résultat, déduit en partie de l'observation, paraissait si extraordinaire A l'auteur lui-même, qu'il crut devoir y réfléchir de nouveau, et que, dans un second Mémoire aussi curieux que le précédent et accompagné d’un grand nombre de faits, il abandonna en partie son opinion. Cependant, nous avions été frappés de l’analogie qui existe entre la composition des pattes et celle des Ailes; et si nous ne partagions pas, sur l’origine de ces dernières, l’opinion de Lalreillc, c’est parce que leur position sur le dos et sur un segment pourvu déjà de pattes , ne nous permettait pas de les considérer comme les analogues de celles-ci. Le fait delà ressemblance, sous tous les autres rapports, n’en existait pas moins; il nous sembla même qu’il pouvait très-bien être expliqué, en envisageant la question sous un nouveau point de vue. Cetcxainen devint le sujet d’un Mémoire offert à l'Académie des Sciences, et dont nous n’exposerons ici que les principaux résultats. Nous y avons établi : ln qu’un anneau quelconque du corps d’un Animal articulé n’est pas simple, mais composé de deux demi -arceaux joints, le plus souvent, par les deux points de leur section;

2“ Que l'arceau supérieur constitue le dos , et l’inférieur la poitrine; et que chacun d'eux est formé essentiellement d’un même nombre de pièces, trois pour Parc eau inférieur, le sternum sur la ligne moyenne, et un épimère de chaque côté; et trois pour l’arceau supérieur, le lcryum sur la ligne moyenne, et un èpitternum de chaque côté;

3° Que si l’arceau inférieur donne allarhe entre le sternum et l*épimère à une paire d’appendices appelée pattes, l’arceau supérieur fournit, de même, insertion à une paire d'appendices nommée Ailes, fixée au même point corrcs|>ondant, c’est-à-dire, entre le sternum et Pépislernum ;

4° Qu’on ne peut tirer d’autre conclusion de ces faits positifs, si ce n’est que les Ailes sont à l’arceau supérieur ou au dos, ce que les pattes sont à l’arceau inférieur ou à la poitrine; mais qu’elles ne doivent jamais être confondues en un seul et même organe , car les Ailes ne deviendront jamais des pattes, et rit e rersà ;

5» Que le dos ayant la même composition que la poitrine, les appendices de ces parties peuvent sc ressembler au point de s’y méprendre, ainsi qu’on le remarque dans les filets terminaux de l’abdomen d’un grand nombre d’insectes, celui des Blattes par exemple, dont deux appartiennent évidemment à l’arceau supérieur, et deux à l'arceau inférieur; qu’à celte cause, enfin, est duc l’analogie de forme, de composition, de structure. etc., etc., que Latreiile a dit exister, cl qui existe réellement entre les Ailes et les pattes ;

fi" Que. de même qu’on voit les appendices inférieurs affecter des formes très-variées, qui souvent les font méconnaître au premier abord, de même les appendices supérieurs peuvent éprouver des modifications trèsgrandes, suivant qu’ils sont placés sur la tète, le thorax ou l'abdomen de l’Insecte. Dans le premier cas. ils constituent les mandibules et les antennes; dans le second, les Ailes modifiées en élylres. en balanciers ou en ailerons; et dans le dernier, plusieurs filets qui. lorsqu'ils sont réunis, constituent l'étui de la tarière ou de l’aiguil-

| Ion chez la femelle, et d'autres parties chez le mâle ; | 7° Enfin, que si, en ne nous écartant en aucune ma-

nière de i'observatioo , nous avons fait voir que les mandibules, les antennes, les Ailes, plusieurs filets et autres ap|»eiidices de l’abdomen sont des dépendances de l'arceau supérieur, de même que les pattes, etc., etc., appartiennent h l’arceau inférieur, nous ne prétendons pas disputer ensuite sur la nature de chacune de ces parties, et dire que les antennes soient des Ailes, ou celles-ci des antennes , car les preuves à l’appui de cette opinion ne pourraient tomber sous les sens, et il nous semble que nous avons simplement exposé les faits fournis par la dissection , et énoncé les conséquences qui en découlent immédiatement.

On voit, par l'exposé de ces résultats, que l’existence des Ailes, qui serait une chose très-anormale si on considérait l'anneau du corps d'un Animal articulé comme un cylindre, n'ayant d'autre appendice que les pattes, devient un fait très-intelligible, lorsqu'on sait que chaque segment est composé de deux demi arceaux ayant une coin posit ion analogue; et que les Ailes sont au supérieur ce que les pattes sont à l’inférieur, c’est à dire, des appendices susceptibles d'èlre employés, chacun de leur côté, à des usages extrêmement variés, mais semblables jusqu'à un certain point sur un même segment, puisque, tandis que les pattes servent à la locomotion terrestre ou aquatique, les appendices de l’arceau supérieur ou les Ailes exécutent la locomotion aérienne. — Il nous resterait encore beaucoup de choses à dire sur les Ailes, envisagées sous tous ce* rapports : nous y reviendrons aux mots Élttbks, Balanciers, Thorax, Bourdonnement, Vol.

AILES. A la. bot. On donne ce nom. en botanique, aux appendices minces et membraneux, plus ou moins étendus, et que l’on observe sur certains organes des Végétaux que l’on dit alors être Ailés. Ainsi, la tige est Ailée toutes les fois que les feuilles sont décurrentes , comme dans le Bouillon blanc , la Consoude, etc. Les feuilles sont ailées, quand elles sont composées de plusieurs petites feuilles que l’on nomme folioles, disposées de chaque côté du pétiole. Les graines des pins , les fruits de l’orme , ceux de l’érable , etc. , sont ailés quand ils sont entourés d’une membrane plus ou moins prolongée de chaque côté d’une face quelconque. On désigne encore , sous le nom d'Ailes, les deux pétales latéraux dans les corolles polypélales , irrégulières , papilionacées , comme dans le Haricot, le Pois, etc.

AILLAME. bot. S. vulg. du Sorbier des Oiseaux.

AILLEFER. bot. S. vulg. de quelques esp. du G. Ail.

I AlLtïRUS. mam. S. de Panda. V. ce mot.

AIMANT oc PIERRE D’AIMANT, mit». Substance du . genre Fer qui jouit de la double propriété d’attirer ce | métal, et de lui communiquer la faculté d'attirer d'autre Fer, en même temps que l’une de ses extrémités se dirige vers le nord et l’autre vers le sud. Les anciens connaissaient déjà la première de ces propriétés; quant ; à la seconde, elle parait n'avoir été connue qu'à l’époque du douzième siècle. On n’en fil d’abord qu'un simple objet de curiosité; mais son application à la navigation. par suite de l'invention de la boussole, dont

plusieurs nations se disputent encore aujourd'hui la gloire , nous offre une nouvelle preuve, dit llally, que les objets qui ne semblent devoir conduire qu'à des spéculations curieuses ont un but d'utilité cachée. C'est ce qui est démontré presque chaque jour par les applications que reçoivent dans les ateliers des arts les observations et les recherches faites dans les laboratoires des physiciens et des chimistes. Quant aux caractères de ce Minéral, V. Fer oxydulE et Magnétisme.

AIMANT DE CENDRES, AIMANT DE CEYLAN. MIN. N. vulg. de la Tourmaline.

AIOLOS. rois. Esp. du G. Spare.

AIOLOTHEQUE. Aiolotheca. bot. G. de la f. des Synanthérées. établi par DeCandolle qui lui assigne pour caractères : /alalhide composée, au centre, de fleurs tubuleuses, à cinq dents et mâles; à la circonférence, de cinq à six demi-fleurons femelles; involucre formé de huit à dix petites écailles droites et oblongues : les intérieures plus courtes; réceptacle petit , convexe , portant des akènes entourés de paillettes membraneuses , cunéiformes , aigues et dentées au sommet ; languettes petites , obtuses et tridentées ; akènes du rayon velus , presque trigones , couronnés de poils , inclus, insérés entre les écailles internes et lesexlernes; ceux du disque grêles , très-glabres et nus. La seule csp. connue, A. Parthenioiües, est une pl. herbacée, originaire du Mexique; ses feuilles sont alternes. scssiles, oblongues. obtuses et sinuées; les corolles sont jaunes.

AlOPHYLLE. bot. On trouve ce mot dans les plus anciens ouvrages de botanique , comme S. d'Arbre vert ou de Feuille persistante.

AlPHANES. bot. G. de Palmiers del’Amérique mérid., établi par Willdenow et caractérisé de la manière suivante : fleurs hermaphrodites; calice double : l'intérieur et l'extérieur tripartites; six étamines libres; style trifide ; drupe sphérique, charnue, monosperme; feuilles pennées; spadices rameux; spathe d'une seule feuille. Ce G. parait avoir beaucoup d'affinité avec le G. Baelris de Jacquin.

AIPYSURE. rept. V. Hydre hydrohyde.

AIR. Qualification générale donnée à tout fluide élastique et invisible. On désigne ordinairement par ce seul mot la masse atmosphérique qui enveloppe le globe; elle est inodore, insipide, pesante, douée d'une extrême mobilité, susceptible de dilatation et de condensation, etc. Les premières expériences qui prouvèrent la pesanteur de l'Air sont dues à Galilée, qui, ayant pesé un vase, y introduisit le plus d’Air possible, à l'aide d’une pompe foulante; il le pesa de nouveau et constata le poids du nouvel Air qu'il y avait introduit. Bientôt après , l'invention de la machine pneumatique permit de constater le même phénomène par l'expérience contraire , c'est-à-dire par la soustraction de l'Air contenu dans un vase semblable. Enfin il était réservé à Toricelli de déterminer exactement cette pesanteur et d'en suivre toutes les variations , à l'aide du baromètre qu’il inventa, et auquel Pascal donna le plus haut degré d'utilité en le faisant concourir à la mesure de la hauteur des lieux sur lesquels une différence de hauteur, dans la colonne d'Air, doit nécessairement produire des pressions différentes. Une vessie à demi pleine d'Air, exposée

à l'action de la chaleur, ou placée sous le récipient de la machine pneumatique en activité, se gonfle spontanément, ce qui prouve la dilatabilité et l'élasticité du fluide; on sait combien aussi il peut être comprimé et condensé dans le réservoir du fusil à vent. L’Air contient entre ses molécules une grande quantilé'dc calorique qui se condense au point d'occasionner l'ignilion, lorsqu’on comprime vivement ses molécules; c’est ce que démontrent l'étincelle du briquet ordinaire, l'expérience d’un briquet pneumatique. L'Air dissout de très-grandes masses d'eau et surtout de vapeurs aqueuses , et c’est celte propriété dissolvante . augmentée ou diminuée par le mouvement accéléré ou ralenti des molécules du fluide et par la présence d'une plus ou moins grande quantité de calorique, qui devient la cause principale des météores aqueux.

L'Air contient, dans un état de modification convenable, le principe essentiel à la vie; longtemps on l'avait regardé comme un corps simple, comme une substance élémentaire ; mais les immortels travaux de Lavoisier ont Axé l'opinion, depuis longtemps incertaine, sur les quatre éléments que l’antique école avait admis comme générateurs de toutes choses. Le philosophe français avait observé que, dans le phénomène de la vie comme dans celui de la combustion, les trois quarts environ du fluide étaient refusés et n’y concouraient point. Il pensa d’abord que, dans l'une et l'autre opération, il se formait un ou plusieurs produits nouveaux qui masquaient les véritables propriétés de l'Air; et en effet il constata quelque chose de semblable; mais une longue série d'expériences, toutes plus ingénieuses les unes que les autres, ayant perfectionné tous ses moyens d’analyse, il fut enfln conduit au but glorieux de ses belles recherches. A l’aide de la doctrine pneumatique, dont il fut le fondateur, il prouva qu'à toutes les températures, comme à toutes les hauteurs connues, l’Air atmosphérique, débarrassé de toute humidité qui n'est qu’accidentelle, offre dans sa composition 21 |»arlies de Gaz oxigèue et environ 79 de Gaz azote, plus une très-petite quantité de gaz acide carbonique.

On estime de 15 à 10 lieues la puissance de la couche d'Air atmosphérique qui ceint de toutes parts le globe terrestre. /'.Atmosphère, Baromètre, Respiration, etc.

Air alcali*. On trouve quelquefois dans les anciens auteurs l'ammoniaque gazeux, sous cette dénomination.

Air dêph logistique. Nom donné par Priestley au gaz oxigène, ù l'époque de sa découverte.

Air fixe. V. Acide carbonique.

Air inflammable. On a donné cette dénomination, à cause de sa propriété remarquable, au gaz hydrogène.

Air méphitique. Ancien nom, devenu vulgaire, de l’Acide carlxwiique.

Air phlogistiquE. Nom qu'a porté, pendant quelque temps, le gaz azote.

Air vital. L'un des noms primitifs du gaz oxigène.

AIRA. bot. Canche.

AIRAIN ou BRONZE, ri*. Alliage de Cuivre et d’Ètain, dont les proportions varient suivant les usages. Pour les pièces d'artillerie M. Dussaussoy a prouvé, par de belles expériences faites en grand, que les proportions les plus convenables sont 100 p. deCuivreel 1 1

d’Klain. Les armes et les outils en Bronze, dont se servaient les anciens, contenaient 100 p. de Cuivre et 14 à 15 d’Élain ; on leur donnait de la dureté au moyen de l’écrouissage et non par la trempe, qui rend au contraire les Bronzes malléables et fragiles. L’Airain sonore, dont on fabrique les cloches, est un alliage de 75 p. J de Cuivre cl de 25 d’Klain.

Al UE. bot. Nom donné par Cassini à la surface du j pédoncule, lorsqu'il est élargi à son sommet en un plateau chargé de plusieurs Heurs sessiles.

AIRE. ois. N. que portent les nids des grands Oiseaux de proie. L’Aire de l'Aigle, construite sur les rocs les plus élevés, est soutenue par de forts morceaux de bois : de la mousse et des feuilles sèches en tapissent l'intérieur. On dit que les Aigles, qui sont monogames, ne changent jamais d’Aire, et qae celle que chaque couple édifie pour ses premières amours , est soigneusement entretenue et sert à toutes les autres couvées.

AIRELLE, Faccinium , L. bot. G. de la fam. des Èricées, Décandrie Monogvnie, L. Caractères : calice adhérent à l'ovaire qui est infère, à quatre ou cinq loges polyspermes, couronné par leliinbe du calice qui présente quatre ou cinq dents; corolle monopélale, subcampanulée, à quatreou cinq lobej réfléchis, à huit ou dix étamines incluses, dont les anthères allongées offrent deux loges et sont bifides à leur sommet, tantôt munies, tantôt dépourvues d'appendices en fonne de cornes. Le fruit est une petite baie globuleuse, couronnée par le limbe du calice. Elle offre quatre ou cinq loges polyspermes. Les Airelles sont des Arbustes, très-rarement des Arbrisseaux, à feuilles alternes ou éparses, ordinairement entières, et dont les Heurs sont axillaires ou en épis. On en connaît à peu près une quarantaine d'esp. toutes d'un port élégant ; environ les deux tiers sont originaires des différentes contrées de l’Amérique sept. ; les autres croissent dans l’Amérique mér.. le Japon et l'Europe. Aucune n’a encore été trouvée en Afrique.

A. myrtille. Faccinivm Myrlillns , L. C’est un petit Arbuste rampant, très-commun dans les bois sombres de» régions sept, de l’Europe. Ses baies sont noires, d’un goût aigrelet assez agréable; on les inange dans certaines provinces de l'Allemagne, elles teignent, pour quelques heures, les lèvres et les dents en violet foncé.

AIRES, bot. S. vulg. d’Airelle myrtille.

AIR1S oü AIRISSOU. *ab. S. vulg. de Hérisson.

AIRON-NIGRO ou AlROl'-N’IGROU. ois. N. vulg. de l’Ibis falcinelle.

AIRONE oc AIROUN. ois. S. de Héron cendré.

AIROPS1S. bot. G. de la fam. des Graminées, Triandrie üigynie, L., proposé par Desvaux, pour trois ou quatre esp. de Poa et de Canche, Aïra, qui s’éloignent de ces G. par les caractères suivants : la lépicène se compose de deux valves grandes et égales ; la paillette Inférieure de la glume est trifide ; la supérieure est entière : le style est biparti. Les fleurs sont en panicutc ; les épillels sont biflores. On doit rapporter enlr'autrcs à ce G. le Poa agrostidea, DC., VAïra globosa de Thore, et F A ïra involucrata de Cavanilles. Ces trois pi., d'un port élégant, croissent en France.

AISELLE. bot. Var. de la Bellerave.

AISSELLE. Axilla . bot. On donne ce nom, en Botanique. à l'angle rentrant, formé par la réunion d’un rameau sur la tige, ou d’une feuille sur le rameau; de là, l'épithète d'axillaires, donnée aux organes situés à l’Aisselle des rameaux ou des feuilles.

AlTONE. Aitonia. bot. G. de la fam. des Méliacées. ainsi nommé du botaniste Ailon, auquel Linné fils l'a dédié. Caractères : calice tnonosépale, à quatre divisions profondes, quatre pétales, huit étamines saillantes, dont tes filets se réunissent inférieurement en un tube inséré sous l’ovaire; celui-ci, surmonté par un style filiforme que termine un stigmate obtus, devient, suivant Linné fils, une haie membraneuse, quadrangulaire, à une seule loge contenant plusieurs graines attachées à un réceptacle central, cylindrique. Quelquefois on trouve le nombre des divisions du calice ainsi que des pétales porté à cinq, et celui des étamines à dix. On n’en connaii jusqu'ici qu’une seule esp., VA. capensis, L., Arbrisseau à feuilles rassemblées en faisceaux alternes, à fleurs solitaires, pédonculées et axillaires.

AIZOIDEÎKS. bot. Ce mol est pour Sprengel S. de Ficoldées. V. ce mot.

A1ZOON. At'soonia. bot. G. de la fam. des Ficoïdes, le même que le Ficoulea de Nissole, cl que le f estin gia de Keisler. Il est caractérisé par un calice monnsépale , quinquépartite, persistant; l'absence de la corolle; la pluralité des étamines, au nombre de quinze environ, disposées par groupes de trois dans les angles du calice; cinq styles; une capsule pentagone, à cinq loges et s'ouvrant par autant de valves. On en compte environ dix esp. Ce sont des pl. grasses, originaires des pays chauds, pu en trouve une en Espagne; leurs cendres donnent l>eauroup de Potasse, et sont un objet de revenu à Lanzérotte, l'une des Canaries. — De Candolle, outre son G. A isoonia t a encore, sous ce nom, une section du G. Saxifraga.

A1ZZO. mam. S. de Hérisson.

AJACE ou AJACE-B0ISSEL1ÈRE. ois. S. vulg. de Piegrièche.

AJAR. moll. Esp. du G. Cardile, Chama antiquato.

AJAROBA. pois. F. Aiereba.

AJONC. Ulex, L. bot. G. de la fam. des Légumineuses de Jussieu; Diadelpbie Décandrie, L. II est trèsrapproché de» Genets; son calice est à deux lèvres, la supérieure bidentée, l’inférieure à trois dents; sa corolle est papilionacée, et sa carène formée de deux pétales distincts ; ses étamines sont diadelphes ; sa gousse est renflée, courte, à une seule loge, et renferme un petit nombre de graines. Les Ajoncs sont des Arbustes très-rameux. dont les feuilles sont simples, roides. spinesoentes, persistantes; les fleurs, jaunes et axillaires, forment des épis allongés à la partie supérieure des rameaux. L’Ajonc ordinaire, Ulex europœus, L., que l'on désigne sous les noms de (ienet épineux, de Landier, de Jonc-marin ou Jomarin, etc., est très-commun dans certaines provinces de la France, par exemple, entre Bordeaux et Bayonne, où il couvre une partie du sol; il y devient très-grand dans le9 vallons des dunes de sable mobile qu’il peut servir à fixer. Dans les partie* sept, et occidentales de l'Espagne, en Galice particulièrement, où il couvre de vastes espaces de terrain

désert, on eu faillies espèces de coupes régulières; et son bois , «|ui s’élève jusqu'à dix pieds , sert à chauffer les fours. En Bretagne, en Normandie , il croit aussi trèsabondamment. Ses jeunes pousses servent de nourriture et inétne de litière aux bestiaux; on y brûle aussi son bois, qui est jaune et assez dur.

AJOUTÉ. Ajoteà. bot. Aublet a nommé ainsi un Arbre de la Guiane du nom dMtouré que lui donnent les Caraïbes. Il le figure t. 120, et le décrit à peu près delà manière suivante : sa hauteur est de quatre à cinq pieds; son diamètre de six à sept pouces; ses feuilles sont alternes, laucéolées, toujours vertes; ses fleurs, disposées en panicules terminales ou axillaires sont rougeâtres. En dedans d'un calice turbiné, divisé en six parties à son sommet, s'insèrent six étamines d'une structure assez singulière; leur filet, muni à sa base de deux corps glanduleux et poilus, s'élargit bientôt en un ovale que terminent supérieurement deux autres petites glandes concaves en dedans, convexes en dehors. Sur la face interne de cet élargissement du filet soûl de petites bourses assez nombreuses, s'ouvrant de bas en haut par une valve, et répandant une poussière jaune ; sur sa face externe sont deux longues cavités. Le style est surmonté d'un stigmate à six divisions rayonnées. L’ovaire devient une baie noirâtre, ovoïde, contenant uue noix fragile, monosperme. Cette pl. est de la fara. des Laurinées; elle serait même congénère du Lauru», suivant Swartz , quoique appartenant à l'Hexandric. Les auteurs varient, du reste, au sujet des étamines. Schreber.quien fait son G. Douglassia, nommant les filets d’Aublel nectaires, et regardant les bourses jaunâtres comme autant d'étamines . le range dans la Polyadel phie Polyandrie. Scopoli change le nom â'Ajocea en celui d'Ehrhardia, et admet (peut-être par une faute d'impression ) dix étamines à anthères uniloculaires.

AJUGA. bot. S. de bugte.

AKA1E-AROA. ois. F. Hëorotaire.

AKAK1A. bot. Syn. d’ Acacia.

AK ANTICONE, AKANT1CON1TE ou ARENDALITE.

*ix. Var. d'Ëpidole, d’un vert-noirâtre, à poussière d'un jauue-verdâtre, et que l'on trouve à Arcudal en Norwège.

AKÉA. BOT. F. Blighie.

AKEESIE. Akeesia. bot. V. Bliguie.

AKEIKSEK. ois. S. de Tétras lagopède.

AKÈNE. Akcnium. bot. Richard nomme ainsi tout fruit sec, monosperme, indéhiscent, dans lequel le tégument propre de la graine est tout à fait distinct de la paroi interne du péricarpe. Ces fruits sont particulièrement ceux des pl. de la ram. des Synanthérées, tels que les Chardons, le grand Soleil , etc. La forme et même la grosseur de l’Akène sont extrêmement variables : tantôt il est couronné à son sommet par uue Aigrette, tantôt il est nu, ou simplement lermiué par un petit rebord membraneux.

AKENOCARPE. bot. On nomme ainsi les pl. dont le fruit est un Akène.

AKERA. mou.. F. Acérés.

AREKLA ou AKERLOE. ois. N. vulg. du Pluvier doré en plumage d'été.

AKERR1NK. ois. S. de Gallinule de Genel.

ARIDE. Aki ». ixs.G. de Coléoptères héléroinères, étaj bli par llcrbsl aux dépens des Pimélies qui, elles-mêmes, étaient un démembrement du grand genre Ténébriou ! de Linné. Caractères : antennes de onze articles, le troisième plus long que les autres; les trois derniers plus courts, presque globuleux; labre apparent; menton cachant la base des mâchoires; palpes filiformes; corselet cordiforme, aussi long ou plus long que large, rétréci et tronqué postérieurement, ordinairement écliancré en devant; élylrcs soudés. Ce G., comme on le voit, se distingue suffisamment des Piinélies, des Blaps et surtout des Eurychores, avec lesquels on pourrait le confondre, de même qu’avec les Tagénies et les Tenlyries,

1 comme l'a fait Fabricius. Duméril ne l'a pas adopté; il en considère toutes les esp. comme des Eurychores et des Pimélies. Latréille, au contraire, le conserve dans toute son intégrité et le range dans la fam. des Piiné liaires.

Le même auteur admet trois divisions dans ce genre :

t Corselet transversal , aussi large que l’abdomen, profondément échancré en devant;' élytres formant un ovale carré et très-obtus, ou arrondis postérieurement; tels sont : Aki» pianota de Fabricius, et Pimelia grossa d'Olivier, deux esp. étrangères à l’Europe.

tt Mêmes caractères, à l’exception du corselet, qui est aussi long ou presqu’aussi long que large; élytres terminés en pointes. — Ici, se rangent les Akisspinosa , acutni nota et refiera, Fab., ainsi que l'Akide plissée de Latreille ou Y Aki» reflexa d'Ilerbst (Coléopt. vin, t. 125, 8), qui a nommé hispitla, le vrai Aki» reflexa de Fabricius (Coléopt. vut, t. 126, 0). Ces deux espèces se trouvent fréquemment dans le midi de la France.

ftt Corselet plus étroit que l'abdomen, sans échancrure; telle est l'Akide collaire, Aki» collaris de Fabricius, figurée par lierbst [ib. 1. 125,3); elle se trouve dans le midi de la France, et diffère déjà beaucoup des précédentes, ainsi que l’observe Latreille. — Megerle s'est cru autorisé à en faire un G. nouveau, qu’il nomme Elenophorus. Les habitudes des Akides ressemblent â celles de plusieurs Ténébrions; elles fuient, comme eux, la lumière.

AKIKI. ois. N. vulg. du Pipit Farlouse.

AK1N1E. Aki nia. dot. Ce G. a été établi par Robert Brown, dans la fam. des Gesnériacées; Didynamie An giospermie. Lin., pour trois belles plantes comprises par Wallich dans la Flore de l’Inde et dont l'une forme le G. Epithema du docteur Ulume. Les caractères sont : calice tubuleux, à cinq divisions égales; corolle bypogyne, irrégulière, à limbe étalé, dont la lèvre supérieure est bifide, l’inférieure à trois divisions presque égales; quatre étamines dont les deux supérieures fertiles, à anthères cohérentes, et les deux inférieures stériles. Stigmate en télé; capsule entourée du calice, uniloculaire, s’ouvrant parle milieu; deux placantas libres, portant un grand nombre de semences cxalburaineuses, dressées, munies d’un funicule allongé. L’esp. principale, A. hrunoni», a été trouvée au mois d'avril 1803. par les naturalistes de l'expédition du capitaine Flinders, sur les roches ombragées des environs de Coupang; elle était tout à la fois en fleurs et en

Page 1