FORE
ANIGOSANTHE. Anigosanthoa. bot. Ce G. a été établi par La Billardière, dans le voyage à la recherche de La Peyrouse, t. 22. Il appartient à la fam. des Uæmodoracéesde Brown, à l’Hexandrie MonogyniedeL.il renferme deux pl. originaires de la Nouvelle-Hollande, qui ont la tige ordinairement simple, des feuilles ensiformes, renversées, un peu engainantes; des fleurs en épis formant une sorte de corymbe terminal : chaque fleur présente un calice coloré, tubuleux, recouvert de poils rameux; le limbe est à six divisions égales, ascendantes ainsi que les six étamines qui sont attachées au sommet du tube; un ovaire libre à trois loges polyspertnes; un style caduc, terminé par un stigmate simple; une capsule à trois loges, s'ouvrant par la partie supérieure. Les deux esp. qui composent ce G., Anigosanthoa rufa, Labill. Voy. 1, p. 411,1. 22, et Anigosanthoa florida, Redouté, lit. 1. 170, sont cultivées par les amateurs et fleurissent dans leurs serres.
ANILETAMR. BOT. F. INDIGOTIER FRAXC.
ANILIOS. rept. S. vulg. d’Orvet lombric.
ANILOCRE. Anilocra. crcst. G. de l'ordre des Isopodes, section des Ptérygibranches de Latreille, établi par Leach, qui le range dans la quatrième race de sa fam. des Cymolhoadées. Caractères : corps convexe; abdomen composé de six anneaux distincts; antennes inférieures, n’étant jamais plus longues que la moitié du corps; les ongles des deuxième, troisième et quatrième paires de pattes très-arqués; les autres légèrement courbés : yeux granulés, convexes, écartés; côtés des derniers articles de l’abdomen presque involutes; le dernier article plus étroit à son extrémité. — De petites lames ventrales, postérieures, inégales, allongées, dont les extérieures sont plus longues, distinguent principalement les Ani- I ocres des Canolires et des Olcncires, autres G. très- voisins, de la même fam. Les Anilocres dont on connaît trois esp. se rencontrent dans la mer et ont des habitudes semblables à celles des Cymolhoés.
Ces esp. sont : 1. l’A. de Cuvier, A . Curieri f qui se 1 bict. des sciixc.es xat.
trouve dans les eaux qui baignent l'ile Iviça; 2. l’A. de la Méditerranée, A. médité rranea, ou Cymothoa albi vomis, Fab.; 3. l’A. du Cap, A. capensis, habitant les mers d’Afrique.
ANIMAL, zool. Le règne animal commence où finit le règne végétal. Ce qui rend difficile rétablissement de limites plus précises, c'est que des nuances presque insensibles conduisent d'un règne à l’autre, c'est qu’il est des Animaux plus ressemblants à certaines Plantes qu'à des êtres du même ordre qu’eux. Ce ne sont point, comme on pourrait le croire, les plus parfaits des Végétaux qui ont le plus d'analogie avec les Animaux; ce sont au contraire les moins complexes. Des Zoophytcs ont été pris pour des Algues ou pour d’autres Cryptogames, mais on n'a jamais confondu des Polypiers avec des Poissons, avec des Labiées ou des Reptiles. Les corps organisés forment donc comme deux pyramides, intimement réunies à leur base, extrêmement divergentes à leur sommet.
Il faut que l’analogie de certainscorps vivants de différents règnes soit bien grande, puisque l'illustre Tourneforl avait rangé parmi les plantes des production* qui ont été reconnues pour des Animaux, et que Linné et Palias ont depuis désignées par la dénomination justement équivoque de Zoophytes. Ces Animaux ambigus ont jeté la confusion sur les deux ordres de corps organisés : sans eux on n’aurait jamais pensé à distinguer le Végétal de l'Animal, tant ces êtres, vus de près ou de loin , eussent paru dissemblables. — Toutefois la plupart des naturalistes pensent avec Linné et BufFon, que sentir est le caractère essentiel de l'Animal : mais les Animaux sont-ils tous et sont-ils les seuls êtres doués de celle faculté précieuse? Si l’on tegarde le mouvement comme l’expression Adèle de la sensibilité, ne devraiton pas accorder cette faculté à celles des plantes qui ont des mouvements manifestes? Est-il bien certain que la Sensitive et V Hedysarutn gyrans soient moins sensibles que le Polype des Corallines ou l’Hydre de la Scrtulaire? Si les Polypes agitent leurs tentacules, s’ils saisissent ou s'ils attirent leurs aliments, s'ils semblent discerner ce qui leur convient d’avec ce qui peut leur nuire on leur déplaire, ne voit-on pas aussi des plantes diriger leurs feuilles vers les lieux les plus lumineux et les plus aérés, étendre leurs vrilles accrochantes vers les Végétaux les plus robustes qu'elles savent se choisir pour appui, envoyer leurs rapines déliées dans les endroits les plus humides et les plus riches en engrais favorables?
On a coutume d’admettre pour distinguer ces deux sortes de mouvements, que l'un est volontaire et l’autre absolument machinal, que l'Animal agit parce qu’il veut et le Végétal parce qu’il est irritable : mais pouvonsnous juger de la volonté d’un Volvoce ou d'un Vibrion, comme nous jugeons de la volonté d’un Mammifère? Si l'on n'admet de sensibilité que là où des nerfs sont évidents, comment supposer une volonté là où les nerfs sont invisibles et la sensibilité au moins douteuse? Peut-on concevoir une volonté sans sensations, non plus que des sensations sans nerfs? — Remarquons d’ailleurs que le mouvement propre à l’Animal, c’est le mouvement de totalité, c’est la locomotion; or le Mollus-
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que et le Polype fixés à leur rocher, sont aussi immobiles que la plante le plus profondément enracinée. L'flultre qui déplace son ligament à mesure que sa coquille s’accroît, ne jouit guère de mouvements plus sensibles que VOrchis, dont la racine renouvelle et déplace un de ses bulbes tous les printemps, et semble ainsi faire un pas chaque année.
Concluons donc des faits précédents que la faculté de sentir est insuffisante pour caractériser l'Animal, puisqu'il est des Végétaux qui paraissent sensibles, ou plutôt puisqu'il est des Animaux qui ne sont qu'irritables. Mais avoir des nerfs , des muscles et un estomac ; sentir , se mouvoir et digérer, voilà ce qui distingue du reste des corps organisés, les êtres un peu élevés dans l’échelle animale. Si ces grands caractères ne leur sont pas à tous communs, ils sont du moins propres à eux seuls; s’ils ne se rencontrent pas toujours réunis dans le même Animal, il y en a constamment un de sensible sur les trois. Ainsi le Polype dont la sensibilité et le mouvement ne sont point manifestes, présente toujours une cavité digestive incontestable ; les Animaux infusoires dont on ne connaît bien ni l’estomac ni la sensibilité, offrent du moins des mouvements de totalité j aussi sensibles que ceux des êtres les plus parfaits.
Parcourons ainsi les principales propriétés des Végétaux et des Animaux, nous apprécierons mieux leurs dissemblances et leurs analogies. Commençons par la nutrition; c'est la fonction essentielle, elle est commune à tous, elle suppose la vie, elle atteste l'organisation; elle est pour les corps organisés ce qu’est l'affinité pour les corps bruis et sans vie. Mais elle s'opère bien différemment dans le Végétal et dans l’Animal : dépourvus de sentiment et de mouvement, les Végétaux ne peuvent chercher, goûter ni saisir leurs aliments. Ils n’ont point de racine» intérieures comme les Animaux, ils en out d’extérieures. Ils absorbent sans relâche et sans avoir préalablement digéré; bien différents en cela des Animaux, qui digèrent avant d’absorber, et qui n'absorbent et ne digèrent que par intervalles.
Chez l'Animal, un estomac exige et nécessite des sens pour apprécier les aliments et des muscles pour les saisir, des vaisseaux pour absorber le fluide nourricier et d'autres vaisseaux pour le distribuer à tous les organes. Sans doute une telle complication de machines et d’effets contraste évidemment avec l’extrême simplicité des plantes; mais elle n'est point commune à tous les Animaux sans exception : les Infusoires et les Vers parenchymateux ont une texture tout aussi simple que la plupart des Végétaux.
On dit ordinairement que les Animaux n’ont qu’une bouche, qu’un orifice du canal digestif, tandis que les Végétaux ont des pores innombrables, qui sont leurs véritables bouches ; mais les savants qui ont noté ce caractère, oubliaient les Fasciolesquiont deux bouches, les Tristômes qui en ont trois, et les Rhisostômes de Cuvier qui en ont un grand nombre.
Quant aux caractères chimiques. les Animaux sont principalement composés d'azote, elles Végétaux, à l'exceptiou des Crucifères, le sont de carbone. Les premiers absorbent l’oxvgène que les autres dégagent, et ils rejettent du carbone dont les Végétaux s'imprégnent.
11 se fait ainsi un échange de principes entre les deux ordres de corps vivants; mais les Végétaux (et ce fait est digne de remarque) ne font que fixer, qu'organiser le carboue; tandis que les Animaux semblent transformer en azoleet l’air qu'ils respirent et les aliments dont ils se nourrissent.
On sait qu'aucune partie ne se reproduit dans les Animaux supérieurs, à l'exception des fluides et de tout ce qui participe de l’épiderme : chez eux tout se répare et se renouvelle, rien ne se régénère : mais il n’en est point ainsi de tous les Animaux : on a vu se régénérer des tentacules de Polypes et de Mollusques, des rayons entiers d’Astéries et même des membres de Salamandre. On a vu repousser des têtes entières de Limaces avec leurs tentacules. On voit aussi des Animaux se reproduire par boutures à la manière des plantes : des Polypes, divisés en plusieurs tronçons, se régénèrent et se multiplient à vue d'oeil, à peu près comme les poètes le racontent de l'Hydre fabuleuse du marais de Lerne.
Mais le nombre des Animaux qui se reproduisent par boutures est infiniment limité; il parait se borner à ceux dont les sexes sont invisibles. La reproduction sexuelle est bien plus générale; la faculté d'engendrer est ordinairement inséparable de la faculté de se nourrir. La graine et le fruit sont à la plante ce que l'œuf et l'embryon sont à l'Animal. Il y a plus, la graine est un œuf véritable , à cette différence près que le concours des sexes est nécessaire à la formation de l’œuf végétal . tandis que ce concours n'est indispensable qu'à la fécondation de l’œuf animal.
Les plantes annuelles ne paraissent se développer que pour se reproduire ; pour elles la mort succède à la fleuraison. C'est en quelque sorte la même chose pour les Insectes; tous n’engendrent qu'une fois en leur vie. Il en est qui, le jour même de leur naissance, se reproduisent et meurent; de sorte qu'ils ne peuvent connaître ni ceux dont ils ont reçu, ni ceux à qui ils transmettent une si frêle existence.
Les Végétaux se terminent par des fleurs, les Animaux par des sens : comme si l'unique but des uns était d'engendrer, comme si l’essence des autres était de sentir.
Toujours la même fixité dans le sol qui le nourrit, toujours la même immobilité, voilà le caractère du Végétal : ses racines tendent vers le centre de la terre, tandis que sa tige s’élance dans les airs : partant sa situation est verticale. Or, c'est précisément l'inverse pour les Animaux; car le sommeil, compagnon inévitable des nerfs et des muscles, ramène tout ce qui sent et se meut à la situation horizontale : d'où il suit que tous les êtres sensibles obéissent, du moins le tiers de leurs jours , à la gravitation universelle. Les Arbres pleureurs d’une part, quelques Oiseaux d’une autre, n'apportent à celte loi générale que des exceptions apparentes.
Les Animaux subissent des révolutions annuelles à peu près comme les Végétaux : le temps de la fleuraison des uns est la saison des amours pour les autres. Si les plantes vivaces perdent leurs feuilles chaque année, les Oiseaux renouvellent leurs plumes et les Quadru|>ède$ leurs poils et leur épiderme à des intervalles périodiques; et tandis que le Platane quitte et renouvelle sa
superficielle écorce, les Serpent* et les Écrevisses se dépouillent de leur enveloppe dure et coriace.
Il résulte de tout ce qui précède que les Animaux n’ont absolument rien de commun, ni organes. ni propriétés, ni fonctions. Il n’y a qu’un tissu général dans les corps vivants, c’est le celluleux ; qu'une propriété à tous commune, celle qui donne et qui conserve la chaleur, celle qui résiste à l’influence des lois physiques; qu’une fonction double et fondamentale, celle qui préside à l’accroissement et à la reproduction : en un mot, naître et se nourrir, s’accroître, engendrer et mourir, sont des caractères communs aux deux ordres de corps organisés. Mais les Animaux sont de tous les êtres vivants les seuls qui soient doués d’instinct et de mouvement volontaire , les seuls qui sentent et qui se déplacent , qui digèrent et qui s’accouplent , les seuls qui possèdent des nerfe et des muscles, un tube digestif et du sang.
C’est de ces caractères propres à l’Animal et non communs fi tous les Animaux, que nous allons maintenant nous occuper.
La vie des Animaux est beaucoup plus compliquée que celle des Plantes : leurs fonctions sont plus nombreuses, leurs organes plus diversifiés. Quatre tissus, le cellulaire elle musculeux , le/ïéreMa* et le médullaire , isolés ou réunis, distincts ou confondus, suffisent seuls pour composer la substance de l’Animal le plus parfait.
Le tissu cellulaire , le plus généralement répandu, forme, pour ainsi dire, le canevas de tous les organes et de tous les Animaux. Il est même commun aux Végétaux. Il sert à la fois à composer, à unir, à séparer les organes. Formé de lainesentre-croiséesdanstous les sens, criblé de petites cavités qui communiquent toutes ensemble, il se présente quelquefois sous la forme de membranes ou de vaisseaux. C'est dans ce tissu qu’il s’accumule de la gélatine pour former des cartilages, qu’il se dépose des sels calcaires pour former des os ; c’estdans ses mailles que s’amasse la graisse que se distribuent les petits vaisseaux, et que se développe la chaleur. Il forme la base des organes.
Le tissu musculeuXy que la fibrine compose, jouit de la propriété de se raccourcir, de se contracter. C’est lui qui forme les parties charnues du corps. Des faisceaux de ses fibres s’entre-croisent pour cortiposer le cœur, se roulent en minces tuyaux (tour former les intestins de l’estomac. Il est l’agent des mouvements.
Le médullaire ou le netreux, composé de pulpe molle, albumineuse, est protégé par de puissantes membranes. Il jouit de l’admirable faculté de sentir, de comparer et de juger, de se rappeler et de vouloir; il donne aux sens leurs propriétés spéciales, aux muscles leur force motrice, au cerveau la pensée. Il est deux espèces de nerfs comme deux sortes de muscles : les uns, qui président à la nutrition, ne sont ni symétri ques dans leurs formes, ni volontaires dans leur action; les autres, qui pour caractère ont la symétrie, sont alternativement soumis à la volonté et au sommeil. Sentir est l’attribut des nerfs.
Le tissu fibreux y le plus résistant et le plus impassible de tous, est destiné à lier les os entre eux, et à tenir
enchaînés les os et les muscles. II forme les ligaments, les tendons, beaucoup de vaisseaux, et quelques membranes résistantes, employées à protéger les organes les plus importants. Sa composition le rapproche du tissu cellulaire; ses propriétés l’en éloignent : la résistance est son caractère.
Chaque (issu a donc sa destination spéciale : le cellulaire organise, le musculeux meut, le nerveux sent, le fibreux attache et résiste. Outre ces propriétés distinctives, tous ont en commun la faculté de se nourrir et celle de conserver leur chaleur. Un seul principe entretient les unes et les autres, c’est le fluide nourricier, si différent dans chaque Animal sous le nom de sang. Rouge, circulant, imprégné de chaleur dans les Animaux d’un ordre supérieur; moins rouge, moins chaud et moins chargé d’oxygène dans les Poissons et les Reptiles, ce fluide est incolore et encore circulant dans les Mollusques, sans mouvement dans les Insectes, peu appréciable dans certains Vers, nul dans les Zoophyles. 11 anime tous les organes, il préside à toutes les fonctions. La nutrition épuise ses principes, la digestion les répare : la respiration l’élabore et le perfectionne; le cœur le fait circuler. Il est à la fois la source où les organes puisent leurs matériaux , et le réceptacle où se déposent leurs débris. Tous ces éléments, unis et diversement combinés . composent les différents organes des Animaux, et du jeu harmonique de ces organes résulte la vie. Beaucoup de tissu cellulaire et de vaisseaux, c’en est assez pour composer les poumons. Plus de vaisseaux que de tissu cellulaire, et voilà le foie', la rate et toutes les glaudes constitués. Des masses de fibres musculaires entrelacées dans différents sens, des lames minces et celluleuses appliquées en dehors et en dedans, telle est la composition du cœur. Si tous les organes résultent de la combinaison variée des tissus primordiaux, de son côté le sang est la source ou le réservoir de tous les fluides des corps animés. Il produit le sperme et le lait, qui constituent, l’un le principe, l’autre la première nourriture des Animaux de l’ordre le plus élevé; il produit l’urine, qui débarrasse le sang de ses impuretés; la bile et la salive, qui servent à la digestion des aliments; il produit les larmes, qui donnent à l’œil son brillant éclat, à la sensibilité un de ses moyens d’expression. C'est enfin du sang que proviennent et la chaleur animale et la coloration des chairs.
Il est des Animaux très-simples chez qui l'on ne voit ni tissus sensiblement distincts, ni fluide nourricier manifeste ; mais on juge de la nature des éléments par le caractère des propriétés. L’irritabilité indique des nerfs, les mouvements supposent des muscles, comme l’entretien de la vie atteste la nutrition. Aussi les matériaux de la vie, obscurément confondus dans les Zoophytes, s’y décèlent du moins par leurs propriétés. Ailleurs , les divers éléments, combinés en systèmes d’organes, sont aussi évidents par eux- mêmes que par leurs propriétés. Ils sont revêtus et protégés dans chaque Animal, par une membrane ou enveloppe qui les renferme tous; membrane qui les fortifie, qui ménage leur sensibilité et qui les préserve de l'influence extrême des agents extérieurs; membrane molle chez les uns. solide et coriace chez d’autres : nue ou couverte
de poils , de plumes ou d’écailles , elle est cornée chez quelques-uns. Parvenue sur les limites du corps, elle s'introduit au dedans, où elle préside aux fonctions principales de la vie. A l'extérieur, elle est l’organe du tact; à l'intérieur, elle sert à la nutrition et à la génération. Entre ses deux feuillets se trouvent réunis les organes de la sensibilité et des mouvements, c’est-à-dire le squelette, les muscles et les nerfs. Presque toute la vie et tout l’Animal est dans cette double enveloppe; aussi se retrouve-t-elle à peu prés la même chez tous : il n’y a que les organes qu’elle recouvre qui différencient les Animaux.
Ainsi donc c’en est assez de quatre éléments diversement combinés, protégés par une enveloppe générale, imprégnés de chaleur, baignés de sang, doués à des degrés variables de la sensibilité ou de l’irritabilité, pour composer la machineanimalela plus compliquée, comme la plus simple ou la plus imparfaite. Celte simplicité est on ne peut plus grande dans le Polype (Hydre), Animal qu’on présume être uniquement composé d’une poche extensible où se digèrent les aliments, et de petits appendices assez sensibles pour les apprécier et les choisir, assez mobiles pour les saisir et s’en emparer. De plus, il se reproduit à l'aide de bourgeons, et d'autres fois par une portion limitée de lui-même, qui peut s'en détacher sans nuire à l'ensemble. Tel est sans contredit le corps animal réduit à ce qu'il y a de moins complexe; car le Polype n'est pour ainsi dire qu’un tube digestif : se mouvoir et se reproduire, voilà son essence et son histoire. Plus haut dans l’échelle des Êtres, ou trouve des Mollusques, Animaux dont les fonctions nutritives sont bien plus compliquées. On y voit un foie qui parait servir à séparer le chyle ou à modifier le sang; un ou plusieurs cœurs chargés de répartir ce fluide entre tous les organes; des branchies qui l'imprègnent d’oxygène; des nerfs et des muscles destinés à sentir et à produire des mouvements; des organes sexuels souvent réunis, qui exigeut néanmoins un accouplement réciproque : des Êtres, enfin, qui sentent, qui se meuvent, qui se nourrissent, et qui s’accouplent pour engendrer.
L’organisation est infiniment plus compliquée dans les Animaux vertébrés : ici les fonctions sont toutes portées à leur perfection possible. Aussi est ce principalement chez eux qu’on peut étudier avec fruit l'organisation générale, qu'on peut méditer sur le petit nombre de lois fondamentales qui la régissent, et sur les exceptions presque infinies que ces lois éprouvent.
Toutes les fonctions chez l'Animal le plus parfait, se réduisent à trois ordres de grands phénomènes . la nutrition, la reproduction et l'exercice de la sensibilité et de la volonté. Chacun de ces phénomènes a scs agents, ses caractères et ses lois.
La nutrition s'opère d'une manière continue sans l’intervention spéciale du cerveau, des nerfs el de la volonté. Elle est étrangère au repos el au sommeil; elle est commune à tous les Animaux, essentielle à l’individu comme la génération l'est à l’espèce. Ses instruments sont irrégulièrement disposés; la symétrie n’est point leur caractère, ni la volonté leur mobile. C’est |tar elle que la vie commence, c'eut par elle qu'elle finit : le cerveau el les
nerfs ont déjà cessé leurs fonctions, que le cœur palpite encore, que les intestins se contractent et se resserrent. Apprécier et saisir lesaliments, voilà le commencement des fonctions nutritives; nourrir ou accroître les orga- I nés, en voilà le terme et le but. Mais entre ces deux extrêmes, il est l>caucoup d’organes et d'actions intermédiaires: d’abord la bouche, où les aliments sont reçus, goûtés, divisés, et préparatoireinent ramollis; puis l'œsophage, qui les porte à l'estomac; celui-ci, qui les humecte et les digère; les glandes salivaires, le pancréas et le foie, qui les imprègnent des sucs qu’ils sécrètent; les intestins, qui séparent le nutritif de l’excrément; les vaisseaux lymphatiques, qui absorbent le chyle; des poumons ou des branchies, qui , pour l’élaborer, le mêlent à l’air; le cœur, qui le distribue sans partialité à tous les organes, et ces derniers qui le transforment de mille manières pour réparer leurs pertes el s’en nourrir : telle est la nutrition.
Les fonctions qui concernent la sensibilité et le mouvement, ont des caractères fort différents des fonctions précédentes. Ce sont elles qui forment l’essence de l’Animal, et qui le mettent en rapport avec les objets de ses goûts et de scs besoins. Elles sont intermittentes; elles sont soumises à un repos périodique nommé sommeil ; elles arrivent lentement, après que les fonctions digestives sont perfectionnées; elles disparaissent aussi les premières; en sorte que si l’Animal végèteavant d’être un Animal parfait, il redevient presque Végétal avant de quitter entièrement la vie. Toujours symétriques et sous la dépendance du cerveau, les organes des fonctions sensorialcs sont assez nombreux, mais peu compliqués. Ils sont de trois sortes, comme les phénomènes qu'ils produisent : des nerfs el des sensations, un cerveau et une volonté, des muscles et des mouvements, et quelquefois un larynx et la voix, voilà l'ensemble des instruments et des actions qui composent les fonctions relatives. Les nerf» sentent , le cerveau reçoit et juge les sensations : tel est le premier mode et le premier degré des fonctions de relation : le principe en est aux nerfs et le terme au cerveau. Mais l’ordre est inverse pour les phénomènes du domaine de la volonté relatifs à la voix et aux mouvements; c’est au cerveau qu’ils commencent, c’est aux muscles qu'ils aboutissent. Le cerveau veut, il corainamje; cet ordre, ce sont les nerfs qui le transmettent, ce sont les muscles qui l’exécutent.
Les organes des sens sont situés à l’extérieur du corps. Les Animaux les plus élevés en ont cinq : on pourrait en porter le nombre à six. si l'on en croyait Huffon, Cuvier et la nature. Le toucher est le plus général, le plus précis et le plus judicieux de tous les sens. La peau est son organe; il semble l’accompagner à l'intérieur, en s’y modifiant comme elle. A la surface du corps il ne fournissait que des idées et des images, à l'intérieur des organes il annonce et il exprime des besoins. Les autres sens ne semblent être qu'une extension de celui-là; tous les Animaux le possèdent. La langue et le palais apprécient les saveurs : la pituitaire, qui tapisse les narines, reconnaît et juge les odeurs l'œil, composé de liqueurs transparentes el de membranes résistantes et sensibles, sert à palper les couleurs : l'oreille réfléchit et apprécie les sons. Reste le sixième sens, qui n'intéresse que la
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propagation : c'est le sent de l'espèce, les cinq autres sont ceux de l'individu. Quant aux nerfs, ils enchaînent les sens au cerveau, et soumettent des muscles A la volonté : ce sont les sentinelles et les ministres du cerveau.
La génération, fonction différente selon les sexes, tient A la fois, dans les Animaux supérieurs, des deux ordres de fonctions qui précèdent. Ses agents ont la symétrie et l'intermittence des organes des sensations, sans être assujettis comme ces derniers à l'empire de la volonté. La moins essentielle de toutes les fonctions pour l'individu, elle est la seule indispensable A l’espèce. Obscure dans son principe, problématique dans son mécanisme, elle est compliquée dans ses organes. Elle commence par la formation dn germe; elle se termine par la mise au jour d'un éLre nouveau, semblable A celui qui l'a produit, et capable de se reproduire A son tour. Cette fonction comprend l’ovaire où se forme le germe; le canal qui le porte au dehors prend le nom d’oviductus : si le germe séjourne longtemps dans une cavité, celle-ci se nomme matrice; l'orifice par où il sort est la vulve; l'organe qui le tenait attaché A la mère, se nomme placenta; l’ensemble des produits de la conception prend le nom d'œuf, et le nouvel être celui d’embryon ou de fœtus. Les organes du mâle diffèrent de ceux de la femelle ■ ici un organe glanduleux appelé testicule, sécrète une liqueur particulière nommée sperme ; des vaisseaux charrient ce liquide, des réservoirs le reçoivent, un appendice nommé pénis le porte sur les germes qu'il aiiime et qu'il vivifie; et de tous ces phénomènes qui attestent la souveraine puissance et l’inépuisable fécondité de la nature, résulte l'une des fonctions les plus importantes et les plus mystérieuses de la ne.
Ainsi toutes les fonctions se réduisent à trois chefs : sc nourrir, sentir et se reproduire. Toutes sont dirigées par des facultés différentes selon les Animaux. La sensibilité, avons-nous vu, est A près commune A tous; elle est placée entre les besoins et les organes; elle exprime les uns, elle avertit les autres. Elle préside aux rapports des Animaux de l'ordre le plus élevé avec le reste de la nature; mais elle dégénère en irritabilité dans tes Animaux les plus inférieurs. Ainsi le Polype ne possède guère plus de sensibilité ni d'instinct que n’en ont en particulier le cœur et le tube digestif dans les Animaux vertébrés. D'autres Êtres sont évidemment doués d’instinct et de sensibilité; il en esl même qui, plus généreusement dotés, unissent l'intelligence à ces facilités précieuses. L’instinct est inhérent A l’organisation, et encore plus invariable qu’elle : il se communique par voie de génération; il est le même à tous les Ages et dans tous les lieux pour les Animaux de la même espèce. Il n’a besoin que d’organes ; l’intelligence veut en outre de l’exercice et de l'expérience; elle peut s’accroître et se perfectionner.
11 semble que l’instinct soit plus développé chex les Animaux dont la vie est la plus frêle et de la plus courte durée. Les Insectes qui ne vivent qu’un jour sont les plus instinctifs de tous les Animaux : ils n'ont ni le temps ni le pouvoir d’acquérir de l'intelligence, la nature les a doués d’un instinct prodigieux.
Beaucoup d’Aniinaux ont des idées simples, nées de leurs sensations; ils ont des souvenirs confus, et une habitude d’agir conséquente à ce qu'ils sentent et A ce qu’ils veulent. Ils ont des désirs et des passions avec le pouvoir et la volonté de les satisfaire1; sans avoir, ainsi que l'homine. la raison et la sagesse de leur résister ou de les vaincre. Ils obéissent presque machinalement A leurs désirs, l'Homme seul sait les combattre. Il esl le seul qui opnose la vertu aux passions, la volonté ferme et réfléchie à l’instinct machinal. Les idées de bien et de inal sont jusqu'A un certain point familières aux Animaux : ils aiment et ils haïssent, ils cherchent ou ils évitent; ils désirent, ils craignent, ils se passionnent : mais ils ne connaissent de l’amour que la partie instinctive et purement matérielle; mais Ils ne raisonnent, ne réfléchissent, ni ne coordonnent leurs idées. L'éducation |»eiit perfectionner et surtout corrompre leurs qualités naturelles ; car c’est toujours au détriment de l’instinct qu'ils empruntent le masque de l’intelligence humaine. Ceux d'entre eux que l'Homme s’est assujettis, sont accessibles comme lui A l'émulation et à la jalousie. Ils ont aussi une espèce de langage d’eux seuls connu ; ils s’habituent même à entendre le langage de l’Homme; mais ils ne comprennent bien que celui des passions : c'est celui de tous les Animaux et de tous les peuples, c'est le langage de la nature. Les Animaux d'un ordre supérieur ressemblent beaucoup A l'Homme encore enfant; mais ils vivent et meurent enfants. Leurs organes se développent, tandis que leurs facultés restent stationnaires.
L'Homme se distingue du reste des Animaux par le juste équilibre de ses sens, par la configuration de sa main et la structure de scs membres, par le mode d'articulation de sa léte et le volume de son cerveau, mais surtout parla profondeur de son intelligence et la sagacité de son esprit. Il jouit de l'inappréciable faculté d'exprimer sa pensée par la parole : il ne se contente point de sentir A la manière des Animaux, il réfléchit sur scs sensations, il raisonne, il abstrait, il généralise : il apprécie les effets et recherche les causes; il distingue le bien du mal, et du vice la vertu : il espère, il se rejient, il se rappelle; il imagine et il invente ce qu’il désespère de découvrir : il observe le réel, conçoit le vraisemblable, et doute du surnaturel.
Tel est l'Homme au physique et au moral : il use en souverain de tout l'univers qu’il croit fait pour lui, et n'a de inailres que ses passions et ses semblables; il commande ù tous leâ Animaux qu’il peut apprivoiser par la ruse ou soumettre par la force ; mais il obéit, avec toute la nature, aux décrets éternels qui la gouvernent.
L'Homme va toujours perfectionnant ce que faisaient ses ancêtres; les Animaux conservent exactement les traditions des espèces primitives. Ils rachètent la défaveur de ne rien perfectionner par le précieux avantage de ne rien détruire. Si l’Abeille de nos jours n'ajoute aucun angle A la cellule que hAtissait la première Abeille, elle sait du moins conserver l’intégrité de sa forme. Toujours les mêmes actions et la même industrie, toujours le même ordre et la même méthode.
Dans cette exposition de l'organisation et des fonc-
(ions, nous avons parcouru lous les degrés de l'animalité : nous avons vu le Polype n'avoir qu'un tissu, qu'un sens, qu'une fonction, qu'une obscure faculté, celle d’étre un peu irritable : voilà le dernier degré de simplicité dont l'organisation animale soit susceptible. Mais chacune des fonctions et des facultés a aussi son terme de perfection possible. La nutrition peut aller jusqu'à unir un cœur et des organes respiratoires à un estomac, l'n cerveau unique, où aboutissent des nerfs et cinq sens différents, forme le plus haut degré de perfection pour les fonctions relatives; comme un placenta et des mamelles pour la génération, comme la réflexion, la raison et la sagesse pour les facultés intellectuelles. Ainsi la nutrition est à son apogée dés le» Crustacés et les Mollusques ; les sensations dans les Oiseaux, et la génération dans les seuls Vivipares : mais pour trouver le plus haut degré de l'intelligence, il faut remonter jusqu'à rilomme, chez lequel les autres perfections se trouvent également réunies. Il suit de là que la génération et l'intelligence se développent longtemps après la nutrition. Il en est de méine pour chaque Animal en particulier; les organes génitaux sont les derniers formés des organes. C'est comme les fleurs à l'égard des plantes : il semble que la nature ne s'occupe de l'espèce qu’après avoir achevé l'individu.
La condition la plus essentielle de l'organisation, c'est que toutes les parties, simples ou compliquées, soient coordonnées de manière à rendre possible l'existence de l'Être total. Sous ce rapport, tout Animal est parfait, l'Infusoire aussi bien que l’Homme; car tous ont précisément ce qu'il leur faut d’organes pour jouir de la vie qui leur a été départie. On a coutume d’accorder aux nerfs une prééminence absolue sur le reste des organes. On convient, il est vrai, que l’on ne sent que parce qu’on se nourrit; mais on ajoute que l’on ne se nourrit que parce que l'on sent, et qu’il existe entre la sensibilité et la nutrition une parfaite réciprocité d’influence. Cependant on voit les Animaux se simplifier jusqu'à n'avoir plus de nerfs, jamais jusqu'à n'avoir plus d'estomac ni de tube digestif ; preuve évidente que le rOle de ces derniers est essentiel et indépendant, preuve que le rôle des autres est subalterne et servile. Otez l'intestin et l'estomac, il ne reste plus que des organes inanimés, toute existence devient impossible; retranchez au contraire les nerfs, les muscles et leurs dépendances, il reste encore la base de l'édifice animal, et la vie continue et persiste. A la vérité l’Animal se réduit alors à la simple nutrition, il ne fait plus pour oinsi dire que végéter; mais enfin végéter c’est encore vivre.
Se nourrir est donc la base de la vie; mais sentir est la vie par excellence : si c'est par la nutrition qu’elle s'entretient, c'est par le sentiment et le mouvement qu'elle se décèle.
Tout s'enchaîne, tout concourt, tout conspire dans les fonctions pour former la vie, comme dans les organes pour composer les corps vivants. Un estomac et des sexes séparés, la digestion et l'accouplement, nécessitent des nerfs et des muscles, du sentiment et du mouvement. Se nourrir, engendrer, sentir et se mouvoir, tout cela marche ensemble : la sensibilité est liée à la
nutrition par la faim, comme à la génération par l’ainour. Il en est ainsi de toutes les fonctions principales; voilà pourquoi chacune d'elles a son sens propre : la digestion est le sens du goût; la vue est celui des mouvements; le toucher est le sens général, c'est le sens commun, c'est celui de l'existence : l'ouïe est le sens de , la voix, comme l'odorat est le sens de la respiration. On ne voit pas d'abord quels rapports il peut y avoir entre le tympan, des nerfs olfactifs et des poumons;
; cependant ces rapports sont réels. Il en existe d’analo- ! gués entre tous les organes et toutes les fonctions : des agents respiratoires circonscrits nécessitent un cœur qui puisse y verser et y puiser du sang. Avec un cerveau il faut des nerfs qui l'avertissent, des muscles qui ; lui obéissent. Une matrice suppose des mamelles, un j ombilic, un canal artériel; et l'un de ces organes ou de | ces caractères suffit pour attester l'existence de tous les autres.
il est aisé d'apprécier les motifs de ces coexistences; mais il en est d'autres dont le but est beaucoup moins évident. On ignore, par exemple, pourquoi l'ou retrouve uu foie partout où il existe un cœur; pourquoi les Animaux privés de dents canines sont les seuls Ani- | maux iKHirvus de cornes; pourquoi les Insectes ortliop- | tères. Animaux herbivores et sauteurs, ont le front couvert d’une large plaque. Au reste peu iiu|>orle que j l'on conçoive l'enchaînement de tous ces faits, l'esscut tiel est d’en avoir saisi la simultanéité, i On conçoit que les diverses circonstances de la vie : doivent solliciter des changements dans ses agents et ses phénomènes, dans les facultés et les fonctions. Un j Animal qui vit et qui respire dans l’eau, 11e sent, ne se meut ni ne se reproduit comme l'Animal qui respire de Pair pur. Là où il existe des branchies, on peut assurer qu’il y a génération ovipare, circulation incomplète,. 1 absence de la voix, imperfection des organes de l'ouïe ’ et de l'odorat. Mais avec des poumons, tous ces rapporta changent. Mémo remarque à l'égard des aliments : l’Animal carnivore a de la force et du courage, un estomac étroit, des intestins courts, des formes grêles. Les Heri bivores sont d'ordinaire doux et timides, lents à agir, paresseux et inhabiles à se défendre; leurs intestins sont spacieux, leurs formes plus ou moins massives. Les rapport* harmoniques sont tels entre les divers organes, qu'on peut juger de toute l'organisation par une partie très-limitée du cor|*. La considération d'un pied, d'une mâchoire, d'une phalange (Duméril), d'une simple apophyse, a quelquefois suffi pour révéler à d’habiles anatomistes la structure entière de l’Animal le moins connu. C'est ainsi que Cuvier a pour ainsi dire rappelé à la vie des Animaux dont la race avait été anéantie, cl dont l'existence même était un mystère.
Lorsqu'on a essayé de distribuer les Animaux par tribus et par classes, ou a dù, pour rendre ces divisions plus naturelles, faire choix des organes les moins variables, de ceux dont l'influence est la plus manifeste. En botanique on avait donné la préférence aux orgaues de la fructification ; en zoologie on a choisi les nerfs et leurs dépendances, après avoir vainement essayé des formes extérieures. Ces méthodes ou ces systèmes de deux sciences voisines, se ressemblent principalement
par leurs défauts; car s'il est des plantes sans fleurs visibles. il est des Animaux sans nerfs appréciables : de sorte que sans égard pour les préceptes d'Aristote, les principales divisions des corps organisés reposent sur des caractères négatifs.
Quoi qu'il en soit, c'est Lamarck qui le premier distingua les Animaux d'après leurs nerfs et leur squelette, sous les noms de Vertébrés et d'fncertèbrès. Voici sa méthode de classification qui commence par les animaux les moins élevés dans l'échelle des êtres.