TABLEAU GÉNÉRAL DES ANIMAUX
ob l'on INDIQUE LES PRINCIPAUX CARACTERES des classes *.
1» MAinmxs. . .
2° Oiseaux.
3° Reptiles
4° Poissons.
1« Les Céphalopodes
2° Les Ptéropodes.
3° Les Gastéropodes
4° Les Acéphales. .
5° Les Brancbiopo-
des
G°LesCirrhopodes.
1° Annélides. . . .
2° Crustacés. . . .
3° Arachnides. . .
4° Insectes
!• Êciiinodermis. .
2” Intestinaux. . .
3°Acaléphes. . . . 4°Poltpes. . . . .
5° Infusoires. . . .
Petits vivants ; mamelles; allaitement. — Cœur à deux ventricules; poumons; satiR chaud. — Cerveau volumineux, à corps calleux. — Sens complets. — Diaphragme musculaire entre la poitrine et l'abdomen. — Sept vertèbres cervicales, excepté une espèce qui en a neuf. — Les plus semblables A l’homme, qui en fait partie; ils sont regardés pour cette raison comme les premiers des animaux. On leur réunit les Cétacés, qui n'en diffèrent guère que par la forme extérieure, résultat de leurs habitudes aquatiques. — \ On les subdivise principalement d’après la configuration des dents et des pieds.
! Ovipares. — Cœur énergique, à deux ventricules et deux oreillettes; poumons sans diaphragme. — Ni mamelles, ni dents, ni corps calleux. — Des ailes, des plumes; des os creux ; un sternum ou bateau , à quille plus ou moins saillante selon l’énergie du vol. — Bouche cornée ou bec. — Cou long; voix forte ; eûtes sans cartilages ; double larynx. — (Fil très convexe ; oreille sans pavillon. — Un gésier pour estomac. — Œuf A coquille calcaire. — Les seuls animaux qui donnent dans la situation verticale, parce qu’ils se perchent sans l’intervention des muscles. — Se subdivisent d'après leurs pieds, leur bec et leur sternum.
{Sang rouge et froid. — Poumons: cœur imparfait. — Rien de général chez eux, si ce n’est leur irrégularité même et l'allure de leurs mouvements. — Ovipares. - On les subdivise d’après les poumons, le cœur, les membres et les sens : preuve qu’ils ne forment pas une classe aussi naturelle que les deux précédentes.
! Respiration par des branchies. — Sang rouge et froid; cœur imparfait. — Ni voix, ni membres véritables. — Nageoires de plusieurs espèces. — Queue verticale, ce qui est le contraire des Cétacés. — Corps nu ou écailleux. — Ovipares : quelquefois leurs œufs éclosent à l’intérieur comme chez la Vipère et les Pucerons. — (Kti fs sans coquilles, ordinairement fécondés après la ponte sans accouplement. — Ouïe et odorat imparfaits. — Les derniers dans la classe des vertébrés, ils se distinguent entre eux par les nageoires, tes branchies, etc.
(Pour les caractères de ces ordres , voyez les divers articles qui les concernent dans le cours de ce Dictionnaire. Voyez aussi l’ouvrage de Cuvier, à qui est due cette division des Mollusques. — Quelques modifications ayant été apportées dans ces divisions, par Daudehardde Férussac. nous renverrons, pour ces modifications, A l'article Mollusque. — Ce n'est pas sans motif qu'on hésite sur le rang qu’on doit accorder A ces animaux, car s'ils sont avant les insectes pour la respiration, la circulation et l’existence des principaux viscères, ils sont manifestement après eux pour l’activité même de la vie.
/ Ou ters à sang rouge. — Sang coloré, circulant sans cœur charnu manifeste. — ? Corps annelé. — Branchies dont la disposition varie. — Point de pieds articulés; des ( soies quelquefois.-- Ils sont hermaphrodites.
(Branchies. — Sang blanc : un ventricule charnu le fait circuler. — Ordinairement quatre antennes. — Plusieurs mâchoires ou mandibules trausverses. — Plusieurs ont un tympan distinct.
(Ni antennes, ni branchies. — Tête et thorax réunis. — Abdomen volumineux. — Pattes en nombre variable. — Point de métamorphose complète. — Ils engendrent plusieurs fois, et respirent par des trachées ou par des sacs pulmouaires.
! Toujours des antennes. — Respiration par des trachées. — Cœur nul. — Corps divisé en trois parties. — La tête supporte les antennes, les yeux et la bouche. — Le thorax donne attache aux pattes qui sont au nombre de six, et aux ailes dont la forme varie et dont le nombre ne dépasse jamais quatre — L’abdomen contient les principaux viscères. — Sexes séparés. - Métamorphoses. — Ils n'engendrent qu’une fois en leur vie. — Yeux composés. — Ni vaisseaux, ni glandes sécrétoires visibles. — Us se subdivisent d’après des caractères tirés de la bouche, des ailes, des tarses et des antennes.
| Forme étoilée. — Cavité intérieure où flottent des viscères. — Organes particuliers ( pour la respiration et la circulation.
( Corps allongé. — Ni vaisseaux, ni organes respiratoires apparents. — Avec ou sans \ canal digestif. — Parasites, leur génération est inconnue.
{Ni circulation, ni respiration, du moins appréciables. — Forme rayonnée.— La bouche tient lieu d'aflus.
( Pour tout viscère un intestin. — Corps mou. — Bouche entourée de tentacules.— Force { de reproduction étonnante. — Tn sens, le toucher.
! Corps transparent, mais dont la jietitesse ne permet pas toujours d’apercevoir les viscères ni les organes de la locomotion. — Tomipares, c’est-à-dire se reproduisant par division.
* Non» «©tu pnipiwDi iW donnn i la fin do c ri ouvrafr , ai IVapac» noua I* prrmn , an ttwiv «t r% ni'iknWl de rla»»l6r»lion lot pim rànln, pou» In famillrt c« Ira (nid d« rïwnnr do» grand?» illiiiloai Jn anlmtui
Voilà pour les premières divisions. Lorsqu'on descend à des généralités d'un ordre inférieur, on obtient de petits groupes qui constituent des familles et des genres. Quant aux espèces qui les composent, elles sont fondées uniquement sur la génération. Les Animaux qui, par leur accouplement, produisent des individus féconds, sont réputés de la même espèce. On s'est assuré par diverses expériences, que plusieurs Animaux nés du croisement des espèces les plus voisines , ne sont qu'iinparfaitement ou ne sont point du tout féconds, qu'eux ou leurs descendants deviennent stériles. On a dit que les seuls Oiseaux échappaient à cette loi générale, que leurs métis sont tous féconds ; et c’est à celte particularité encore douteuse qu’on attribue la grande diversité observée dans cette classe. 11 en est peut-être ainsi pour les Chiens, parmi les Mammifères.
Les espèces d'Animaux sont incomparablement plus nombreuses que celles des Plantes; et quoique les Herbivores servent de pâture aux Carnassiers, les premiers sont plus multipliés que les autres. — Les extrêmes de petitesse sont pour le règne animal bien plus que pour le végétal ; la découverte du Microscope a acquis plus de richesses à la zoologie qu'à la botanique ; elle lui a ouvert l’accès d’un monde nouveau.
C’est la nature qui a formé les espèces, c'est la puissance de l'Homme et l’influence des agents physiques qui ont produit les variétés. Les surfaces seules peuvent être modifiées; la base même de l’organisation est invariable, les éléments la respectent. Mille circonstances établissent des variétés parmi les Animaux : la principale est sans aucun doute le climat, et sous ce nom il faut entendre la différence de Pair, des lieux et de la température, la nature du sol et de ses productions. C’est premièrement le climat qui fixe la station des Animaux et qui agit sur eux pour les modifier; c'est ensuite le genre de nourriture, et par conséquent c'est encore le climat. Si les mêmes Animaux accompagnent partout les mêmes Végétaux, c'est que tous exigent de semblables influences et se prêtent de mutuels secours. Tels Animaux sont liés à telles plantes, comme telles plantes à tel sol et à tel climat : c'est une des plus belles harmonies de la nature-
Les mêmes espèces d’Animaux ne se retrouvent jamais parfaitement semblables dans des lieux Irès-éloignés : il existe en Afrique et en Amérique des espèces analogues à celles d'Europe, mais peu qui soient absolument identiques. Il est pour telle latitude, pour tel climat, certaines couleurs et certains caractères particuliers presque invariables : l'entomologiste Latreille distingue au premier coup d’œil quelle est la patrie de l'Insecte qu’on lui soumet : Linné indiquait aussi la physionomie des Végétaux d'après le lieu du monde qui les avait vu naître.
Les Animaux ne sont nulle part plus nombreux ni mieux développés qu'aux lieux tempérés qu’arrosent de grands fleuves et que recouvre, en les embellissant, une végétation riche et variée : car dans les régions glacées, la végétation se ralentit et les Animaux languissent. La vie est, en quelque sorte, limitée au centre de la terre; elle fuit les pôles. L’Homme seul habite presque indistinctement dans tous les climats, mais il varie
dans chacun : il est le seul être véritablement cosmopolite. Il est vrai qu'il traîne à sa suite quelques Animaux et quelques piaules , que son industrie ou son travail a su acclimater en tous lieux. C'est surtout par ces fidèles compagnons, par ces dociles esclaves de l’Homme, qu’on peut le mieux juger de son irrésistible puissance; de cette puissance qui a produit plus de diversité entre les individus de certaines espèces, que la nature n’en avait mis entre ces espèces et celles qui les touchent le plus immédiatement. II y a certes plus de différence entre les nombreuses variétés de l'espèce du Chien, qu'entre les espèces primitives du Chien et du Renard.
Le seul mode de progression établit souvent de grandes dissemblances dans l'organisation des Animaux les plus voisins. La faculté de nager, par exemple, réclame un corps léger et des membres applatis : les Loutres, les Castors, les Chélonées, les Portunes et les Hydrophiles en sont la preuve évidente. Les Animaux sauteurs ont les membres postérieurs très-longs : souvent la plus simple faculté amène des différences sensibles dans les caractères extérieurs.
Les mêmes Animaux, pris à des âges divers, paraissent quelquefois appartenir à des espèces différentes : ceci est surtout remarquable pour ceux d’entre eux qui subissent des métamorphoses. Rien de moins ressemblant à un Papillon que la Chenille d’où il doit se dégager; rien de si différent d’une Grenouille que le Têtard, dans son premier état. Les Mammifères et les Oiseaux encore jeunes diffèrent des mêmes Animaux devenus adultes.
Les uns vivent de Végétaux, d'autres se nourrissent de chairs ou de leurs débris : les Tarets et plusieurs Insectes détruisent le bois; on prétend que les Pholades et les Lithopbages se nourrissent des pierres qu'ils percent en dépit de leur dureté.
On sait que les Mammifères vivent à peu près six à sept fois plus de temps qu’ils n'en ont mis à croître et à se développer. Il est des Oiseaux et des Reptiles beaucoup plus vivaces. Les Polypes se succèdent en quelque sorte perpétuellement , à l’aide de divisions partielles ou de bourgeons. On remarque que les Animaux les plus petits, les plus faibles, ceux dont la vie est de la plus courte durée, sont ordinairement les plus féconds : on en connaît qui n'engendrent qu'une seule fois. Ici la nature semble avoir entièrement sacrifié les individus à l'espèce; car ces êtres ne sont, pour ainsi dire, que dépositaires de la vie. Au reste, vivre beaucoup n’est pas durer longtemps, et l'Insecte qui n'existe qu'un jour, qui se reproduit et meurt, vit souvent davantage que le Mollusque irrésistiblement fixé au rocher qui le voit naître et mourir. Moins la vie est active et plus elle se prolonge : il semble que chaque être ait reçu en partage la même mesure et le même degré de vie. Vivre peu à la fois est donc le plus sûr moyen de vivre longtemps.
ANIMALCULES, ixr. C’est-à-dire diminutifs d’ Animaux. Désignation sous laquelle on comprend ordinairement les êtres animés que Pon ne peut apercevoir qu'à l’aide du microscope.
ANIMAUX DOMESTIQUES. On comprend sous cette dénomination tous les Animaux que l'Homme a su contraindre à vivre avec lui, qu'il emploie pour cultiver la terre, transporter ses denrées, et l'aider daus ses diffe-
3gIe
renls travaux, ainsi que ceux qui fournissent habituellement à sa nourriture, à scs vêlements et aux autres besoins de la société. Les Animaux domestiques appartiennent principalement à trois classes, aux Mammifères, aux Oiseaux et aux Insectes. Partout ils sont les mêmes, chez l'Homme civilisé et chez le sauvage, près du pôle comme sous le tropique, dans l’ancien comme dans le nouveau continent. Les premiers, proprement dits i ni maux de ta ferme, et désignés sous le nom particulier de Hestiaus, sont le Cheval, l’Ane, le Mulet, le Bœuf, la Vache, le Buffle, le Porc, le Mouton, la Brebis, la Chèvre, le Lapin, le Chien et le Chat. On y comprend quelquefois aussi le Dromadaire, le Chameau et les espèces qui représentent ce genre dans le nouveau monde, mais l’usage en est limité à un petit nombre de contrées. V. chacun de ces mots. Les Volatiles, affectés au domaine spécial de la basse-cour, sont le Coq, la Poule, le Dindon, l’Oie, le Canard et les Pigeons de colombier ou de volière. On entretient aussi dans la basse-cour le Paon, le Cygne, le Faisan, la Grive, la Pintade, l'Ortolan, etc., V, chacun de ces mots; mais c’est plutôt comme objet d’agrément et de luxe que d’économie. Les Insectes forment une classe à part. Les seuls qu’on élève dans la maison rurale sont les Abeilles et les Vers-à-soie; on y joint parfois la Cochenille sylvestre, qui mérite une attention toute particulière. Ces trois sortes d’insectes fournissent à une branche de commerce de la plus haute importance, et assurent de grandes ressources à l’économie domestique.
ANIMAUX A SANG C11AU1). Un entend par cette expression les Mammifères et les Oiseaux dont la température est en général plus élevée que celle des autres Animaux. Elle est entre les limites de 35 et de 44° centigrades. Celle des Mammifères est de 35 à 40°, celle des Oiseaux de 40 à 44°. Cette chaleur est commune à tous les Animaux de ces deux classes, tant qu’ils jouissent de toute leur activité. Presque tous conservent cette haute température dans toutes les vicissitudes des saisous, hors les cas d’un froid extrême, incompatible avec la vie. Un petit nombre d’espèces parmi les Mammifères, susceptibles de s’engourdir par une basse température, subissent un refroidissement considérable.
ANIMAUX A SANG FHÜll). Ou comprend sous celle dénomination tous les Animaux, hormis les Mammifères el les Oiseaux; parce qu’en général leur température est de beaucoup inférieure à celle des Animaux de ces deux classes. Leur chaleur suit ordinairement les variations de la température extérieure, et n'en différé que de deux ou trois degrés. Cependant les Abeilles et les Hannetons offrent des exceptions. 11 est probable qu'en s'occupant plus spécialement de la température des Animaux sans vertèbres, on en trouverait un plus grand nombre. La température des Abeilles, si l'on en juge par celle des ruches, s'élèveen été à 35° centigrades, limite inférieure de la température des Animaux à sang chaud, et monte quelquefois à 40°. y. Abeilles. Üesmarest, ayant placé un thermomètre dans un boisseau de Uannetoris, le vit s’élever à dix degrés au-dessus de la température extérieure.
ANIMAUX HIBERNANTS. Cette dénomination désigne les Animaux qui passent une partie de l'automne et
de l’hiver dans un état d’engourdissement, et qui en sortent à l’entrée du printemps. 11 y en a parmi les Animaux A sang chaud el les Animaux à sang froid. Les premiers appartiennent à la classe des Mammifères, et sont le Loir, le Lérot, le Muscardiu, le Hérisson, les Chauves-Souris, la Marmotte, le Hamster, la Gerboise , etc. A une époque plus ou moins avancée de l'automne, suivaul l'abaissement de la température, ces | Animaux cherchent à se mettre à l'abri du froid el du I vent, en se retirant dans des trous pratiqués dans la I terre, les murs, les arbres ou les buissons. Us les garnissent d’herbes, de feuilles vertes et de mousses. Ces re- { traites varient suivant les espèces. Les Chauves-Souris,
| qui s’en choisissent aussi de pareilles, hivernent encore | dans des grottes et des carrières où la température est plus douce qu’à l’air libre. Là elles se suspendent par leurs pattes de derrière, et se livrent à leur long sommeil. Les autres Animaux hibernants se contractent en rapprochant leur tête des extrémités inférieures, et présentent ainsi moins de surface à l’action du froid. Lorsqu'on les découvre dans leurs retraites, on les trouve pelotonnés, froids au toucher, immobiles, roides, les yeux fermés, la respiration lente, interrompue, à peine perceptible ou nulle; et leur insensibilité est souvent telle qu’on peut les remuer, les agiter, les rouler, sans les tirer de leur torpeur.
Au printemps et en été, lorsque ces Animaux jouissent dç toute leur activité, ils ont une chaleur élevée qui varie suivant les espèces et les individus, entre 35 et 37° centigrades, el qui se trouve par conséquent dans les limites de température qui caractérisent les Animaux à sang chaud. En gardant ces Animaux pour juger des changements qui leur surviennent en automne et en hiver, on a observé que leur température baisse lentement avec le déclin de la saison. Leur respiration se ralentit aussi graduellement, leurs mouvements deviennent moins vifs, et leur appétit diminue. Us jouissent cependant de l’usage de leurs sens et de la locomotion. Cet état intermédiaire entre la plénitude de la vie et de la torpeur peut durer lin ou deux mois. Le degré de température extérieure auquel ils s’engourdissent, varie suivant les espèces el même les individus. Leur propension a l’engourdissement suit une échelle de température descendante qui correspond en général à l’ordre suivant : les Chauves-Souris, le Hérisson, le Loir, la Marmotte et le Hamster. La comparaison n’a pas été établie entre les autres espèces. Quoiqu'il n’y ail pas de degré précia auquel ces Animaux perdent l’usage du sentiment et du mouvement, on a observé que les Chauves-Souris peuvent s’engourdir entre 10 et 7°; le Hérisson à 7°; le Loir à 5°. Ou n’a pu engourdir la Marinotlc et le Hamster qu’à une température bien au-dessous de zéro, encore a-t-il fallu gêner la respiration en ralentissant ou empêchant le renouvellement de l’air dans les boites ou les trous où on les enfermait.
L’engourdissement de ces Animaux n’a lieu que lorsque, à l’abaissement de leur température et au ralentissement de leur respiration, se joint la suspension de l’action des sens cl des mouvements volontaires. Il est susceptible de degrés très variés, caractérisés par le nombre des inspirations dans un temps donné, ou, ce
qui indique le plu# haut degré de torpeur, par l'absence de tout mouvement respiratoire. Toutcs*les espèces ne sont pas susceptibles du même degré d'engourdissement. I.es Chauves-Souris sont celles dont la léthargie est la plus légère. La Marmotte, au contraire, peut éprouver l’engourdissement le plus profond. La température de ces Animaux, pendant leur sommeil léthargique . dépend en grande partie de celle de l’air. Cependant elle est plus élevée au moins de 5 ou 4 degrés. Elle est par conséquent variable. Elle peut descendre à 5* nu dessus de zéro sans faire cesser cet état; mais elle n’est pas susceptible d'étre réduite ù zéro sans causer le réveil ou la mort. Il y a donc un degré de froid extérieur incompatible avec l'engourdissement ou la vie de ces Animaux. Les espèces les plus faciles à engourdir, telles que les Chauves-Souris, le Hérisson, le Loir, le Lérot et le Muscardin, ne sauraient supporter une température de 10° au-dessouf de zéro. Une chaleur de 10 à l'J degrés audessus de zéro les réveille. Divers moyens mécaniques, tels que des secouses légères ou fortes suivant le degré d'engourdissement . suffisent pour les en tirer sans aucun changement de la température extérieure. Mais s'ils peuvent ainsi reprendre leur activité, ils ne sauraient la conserver sans le secours efficace d’une douce chaleur.
Il est évident, par tout ce qui précède, que le sommeil des Mammifères hibernants n'a pas une durée uniforme et constante. Puisqu’il est soumis aux variations de l'atmosphère, il sera continu ou interrompu suivant le cours de la saison, ou les précautions qu'ils auront prises pour se mettre à l’abri de* changements de température, et selon leur susceptibilité individuelle.
D’après ces circonstances, suivant qu'ils sont plus ou moins sujets ou exposés à être réveillés, ils se font des ainas de provisions. On a vu, par exemple, le Hérisson se former plusieurs magasins séparés, et y recourir à diverses époques pendant son hibernation. On a même quelquefois reconnu ses traces sur la neige.
11 n'y a pas de caractère extérieur distinctif des Mammifères hibernants. Si quelques espèces appartiennent au même genre, tel* que le Loir, le Lérot et le Muscardin, il en est d'autres qui en sont très-différentes, et qui appartiennent à une famille éloignée, telles que les Chauves-Souris. On a cherché en vain dans la structure intérieure de ces Animaux une organisation particulière. Dans l'énumération que nous avons faite des Mammifères hibernants, nous n'avons parlé que des espèces sur lesquelles il n’y a aucun doute. On prétend que quelques espèces d'Ours et de Blaireaux s'abandonnent aussi ;mi sommeil léthargique; mais il ne parait pas que cette opinion soit fondée sur des observations directes. Elle ne mérite cependant pas d'étre rejetée, car il est probable que le nombre des Mammifères susceptibles d'engourdissement est plus grand qu'on ne le croit.
Quelques auteurs sont d'avis que l’Hirondelle, dans nos climats, est du nombre des Animaux hibernants ; nous renvoyons au mol Hirondelle l'examen de cette opinion.
On dit que le Tanrec, esp. de Hérisson, s'engourdit à Madagascar, pendant quelques mois de l’année. Si celle assertion était bien fondée, ce serait le seul fait connu
de l'engourdissement périodique d’un Mammifère dans un climat chaud. Y. Tarrec.
Un grand nombre d’Animaux A sang froid, peuvent être regardés comme Animaux hibernants. Il en est ainsi des Reptiles dans les climats froids, de quelques Insec- | tes. Mollusques et Vers; mais, en général, leur engourdissement est moins profond que relui des Mammifères hibernants. Ils passent le temps de leur hibernation sans nourriture; mais ils ne sont pas toujours privés du sentiment et du mouvement, même à la température de zéro.
Quelques-uns sont susceptibles d’un engourdissement profond, même dans les climats chauds. Humholdt l’a observé dans l’Amérique méridionale, chez des Reptiles qui passent une partie de l'année ensevelis dans la terre, et qui ne sortent de leur torpeur que par un temps de pluie, ou lorsqu’on les excite par des moyens violents.
Nous conclurons, par cette observation générale, qu’aucune esp. d'Animal ne parait condamnée, par sa nature, à s'engourdir. Cet état dépend de circonstances extérieures, et on peut le faire cesser ou le prévenir en réglant les conditions où l'on place ces Animaux.
ANIMAUX RAYONNANTS. Y. Zoophytes ou Rayoxwés.
ANIMAUX FOSSILES, gêol. Animaux qui existaient à la surface du globe à une époque très-reculée, et dont les parties solides ont été enveloppées et conservées dans des sédiments pierreux qui forment maintenant les couches les plus modernes de la terre. Y. Fossile.
ANIMAUX PF.RDUS. cfcoL. Parmi les nombreux débris de corps organisés qui se trouvent enveloppés dans l'épaisseur des dernières couches de la terre, les uns ont été reconnus pour avoir appartenu à des êtres semblables à ceux qui vivent encore aujourd'hui A la surface du globe; mais d'autres n'ont pu se rap|>orter à aucun Animal du monde actuel, et ils ont été regardés, en conséquence, par les anatomistes et 1rs géologues, comme les restes d'Animaux qui ont habité la terre à une époque reculée de la nôtre, et dont les races ont été anéanties ; ce sont ces Animaux, dont l’existence antique nous a été révélée par leurs débris fossiles, que quelques naturalistes ont appelés Animaux perdus. On a découvert ainsi un grand nombre d'Animaux perdus, et l’on pourrait même dire, d’une manière générale, que. parmi les Fossiles, la plupart sont sans analogues vivants. Y. Axalogies et Fossiles.
Parmi les êtres de la terre ancienne, les uns diffèrent plus que d’autres de ceux qui existent encore à présent ; plusieurs semblent établir de# passages entre des classes, le Reptile volant d'Æichstedt. par exemple, Y. Ptérodactyle; d'autres constituent des G. distincts tels qu’Anoplotherium et Palæotherium ; quelques uns peuvent être rangés dans les mêmes G. avec des espèces vivantes, tels sont des Eléphants et des Rhinocéros; enfin, plusieurs ne peuvent être regardés que comme des variétés de ce* espèces.
Une observation, bien importante pour l'histoire de la terre, a été fournie par l’examen des débris de* Animaux perdus ; c’est qu'il semble que plus le# couches sont anciennes et plus les corps organisés qu’elles renferment, présentent de différence avec ceux de la sur-
âiO
face, et moins, par conséquent, elle* offrent d'analogue*. On a observé également que, parmi ceux de* Fossiles qui ont des analogues vivants, ceux-ci habitent des contrée* très-éloignéeset de* climats très-différents de ceux où ces Fossiles se rencontrent. Ce sont ces observations qui ont servi de base à divers systèmes des philosophes modernes, sur l’ordre suivi par la nature dans la création des corps organisés, sur les transformations possibles et successives, après un temps plus ou moins long, d'une esp. en une autre esp., et sur le genre des dernière# révolutions éprouvées par la terre. V. GÉOLOGIE.
On peut citer, comme les plus remarquables parmi les Animaux perdus, en suivant à peu près l'ordre de leur ancienneté, pour chaque classe, dans les dernières : les Fossiles des Ardoisières auxquels Brongniarl a donné les nom* de Calytnène et d'Ogygie, les Ammonites, beaucoup d’esp. d’Entroques, les Bélemniles, des Térébratules, etc., et un nombre si considérable de Coquilles que des bancs d'une grande épaisseur eu sont entièrement composés. Dans les Poissons : ceux de* Schistes bitumineux de Mansfeld, dont de Blainville a fait les G. Palæotiiacum et Palæolhrissum, beaucoup de ceux des Phyllades de Claris, des Marnes calcaires de Monte-Rolca, de Pappenheim, d'GEningen, etc. Dans les Reptiles : le squelette d’une esp. de Prolée qui, avant les travaux de Cuvier, avait été regardé par Scheuchzer comme un squelette humain ou comme celui d'un Silure par J. Gesner, V. Axtrbobolithe; des ossements énormes trouvé* dans les carrières de Maestricht, et rapportés, par le même anatomiste, à un Reptile voisin du G. Monilor, le fameux Ornitliocéphale ou Ptérodactyle, Reptile volant des Schistes calcaires d’Æichstedt, etc.
On a trouvé très-peu de Fossiles parmi les Oiseaux; celte classe est tellement naturelle que les dépouilles, épargnées par le temps, ne peuvent être rapportées avec quelque certitude à des esp. perdues. Dans les Mammifères : les G. Anoplotherium et Palæolberium , qui sont nouveaux et composés de plusieurs espèces, celui tout récemment établi, sous le nom de Lophiodon par Cuvier, qui avait créé les deux précédents, le Mégathérium qui se rapproche des Bradypes ou Paresseux, les Mastodontes, les esp. des G. Éléphant, Hippopotame, Rhinocéros, Tapir, Sarigue, Ours, etc. •
AMMÉE. bot. y. Rtsixs aximek et UymênEi coübbaril.
AN1MUM. bot. y . Cor al.
AN1NGA. ois. y. Axhixga.
AMS. Aniaum. bot. Gærtner a rétabli, dans son Traité carpologique, le G. Aniaum d'Adanson pour le Pimpinella Aniaum de Linné, différent des Pirapinelles par son fruit pubescent, à trois et nou à cinq côtes. Sprengel place l’Anis dans le G. Siaon. VA. vulgare de Gærtner est un pi. annuelle provenant d'Égypte, et cultivée en grand dans plusieurs provinces de la France. Ses fruits sont ovoïdes, solides, pubesceuls, marqués de trois côtes sur chacune de leurs faces. Leur odeur est aromatique ; leur saveur est également aromatique, chaude, sucrée. On les emploie, en médecine, comme stimulants, et l’on en prépare aussi des dragées et des liqueur* pour l'usage de la table.
Le nom d’Asis a été étendu aux semences aromatiques de divers autre* Végétaux ; ainsi l'on a appelé improprement : A ni a âcre , le Cumin. A nia ètoilè ou A nia île la Chine t Y Illicium anisatum ou Badiane. Anis île France ou Je Paria, la semence de l'Anelli Fenouil. A nia en orfrre, le Schinua molle qui croit eu pleine terre, dans les jardins de l’Espagne, et donne de petits fruits piquants, anisés.
ANISACANTHE. Aniaacantha. bot. G. de la fam. des Atriplicées. établi par R. Brown d’après une pl. de la Nouvelle-Hollande. 11 ne diffère des ScleroUena, que par son calice quadrifkle et ses épines dorsales.
ANISAMÊLES. bot. y. AxisoMfei.Es.
ANISANTHE. Aniaanthvs. bot. Le G. donné sous ce nom par Willdenow est le même que Symphoricarpoa. y. ce mot. Sweet a isolé sous ce nom générique une pl. qui avait déjà passé du G.Glayeuldansle G. Antholize, et plusieurs botanistes ont adopté le G. nouveau que nous ne trouvons pas dans la Monographie des I ridées, publiée en 1837 par Bellenden-Ker. Du reste déjà Butiner et Miller avaient échoué dans une semblable tentative , quand ils ont proposé l’érection d'un G. nouveau sous le nom de Cunonia que l’on a depuis appliqué à une pl. bien différente, quoique également originaire du Cap. Les caractères assignés par Sweet à son G. Anisanthe sont : une corolle ringenle , à tube presque articulé; des stigmates indivisés; une capsule coriace, sphérique ; des semences globuleuses , enveloppées d’une membrane corticale assez épaisse. VA. Cunonia, auquel est venu ensuite se joindre VA. aptemtens, sont les seules esp. Indiquées par Sweet comine faisant partie du genre.
AN1SARTHRIE. Aniaarthria. us*. 0. de Coléoptères pentamères établi par Watherhouse , dans la fam. des Engides de Mac Leay. Il a pour caractères distinctifs la massue des antennes comprimée , et composée de trois articles, les deux de la base grands et allongés; le dixième beaucoup plus court que le neuvième; côtés du corselet entiers, de même que tous les articles des tarses. Ce G. contient une dizaine d'esp. toutes trèspetites , et encore très- peu connues quoiqu’elles aient été décrites dans les illustrations de Stephens.
ANISE. Aniaua. ims. G. de la section des Coléoptères tétramères , fondé par Dejean sur l’inspection d’une seule c#p., originaire du Cap, et qu’il nomme A. auriculatua. 11 place ce G. après et non loin des Lipares d'Olivier.
AN1SEIA. bot. Choisi , dans sa Monographie de la fam. de* Convolvulacées, a institué ce G. pour le* esp. dont les sépales sont rangés dans leur spirale naturelle, au lieu d’être insérés sur un même plan. Le port de ces esp. est tellement distinct de celui des véritables Apocinées, qu’il n'est pas possible de les confondre.
AMSOCHETE. A niaochœta. bot. G. de la fara. des Synanlhérées, établi par le professeur De Candolle qui lui assigne les caractères suivants : calathide multiflore; involucre ovale, imbriqué, composé d'écailles linéaires-lancéolées, appliquées, plus courtes que le disque; réceptacle nu; corolles tubuleuses, à cinq divisions profondes, glabres et renversées pour celles qui occupent la circonférence; anthères sessiles; la plupart
île* styles inclus, quelques-uns exaerte», rameux, cylindriques , presque en massue ou papilleux ; akènes cylindriques; aigrette munie ordinairement de trois, rarement de quatre ou cinq squamolles étroites, inégales et très-aiguês. VA. mikanoidea est jusqu'ici la seule esp. connue ; c'est un Arbrisseau un peu volubile, à lige arrondie et striée, garnie de feuilles alternes, pétiolées, ovales , un peu tronquées à la base, terminée par une panicule de fleurs lâches et blanchâtres. On la trouve dans la partie la plus australe de l'Afrique.
ANISOCHILUS. bot. Quelques auteurs ont proposé et effectué sous ce nom, l’érection d’un G. distinct, pour le Larendula carnosa de Willdenow, qui est le Plec tranthus dubiut de Sprengel.
ANISOCÈRE. Anisœru s. us. G. de Coléoptères tétramères, établi dans la fam. des Longicornes, pour un Insecte du Brésil, que Germar a placé parmi les Lamies sous le nom de L. acopifera. Caractères : antennes glabres, sélacées, de onze articles dans les mâles et dix dans les femelles : le premier allongé en massue; le deuxième court ; le troisième extrêmement long , cylindrique, portant au bout une touffe de poils; dans les mâles les autres articles , excepté le dernier, ont aussi des touffes, mais plus petites; palpes et mandibules courtes; télé assez forte; face un peu bomltée ; corselet uniluberculé latéralement , avec son disque inégal ; écusson très-petit , arrondi au bout ; élytres courtes, peu convexes en dessus, arrondies et mutiques à l'extrémité , avec les angles huméraux saillants ; corps court, ramassé, duveteux et ailé; pattes fortes, égales; cuisses en massue; tarses antérieurs houppeux dans les mâles.
ANISOCÀLYX. FOL. F. AGLAOFHtJUI.
ANISODACTYLE. Anisodactylus. ins. G. de Coléoptères pentamèresde la fam. des Carnassiers, établi par Dejean. Il a pour caractères : le dernier article des palpes assez allongé , très-légèrement ovalaire , presque cylindrique et tronqué à l’extrémité ; antennes filiformes et de moyenne longueur ; lèvre supérieure en carré moins long que large ; mandibules peu avancées, assez arquées et peu aiguës; point de dent au milieu de l’échancrure du menton ; corps oblong plus ou moins allongé ; tête arrondie, un peu rétrécie postérieurement ; corselet presque carré ou trapézoïde; élytres presque parallèles, allongées, quelquefois en demi ovale. Les esp. qui composent ce G., au nombre d’une vingtaine environ, sont ou de l’Europe, ou du Sénégal, de Java et de l’Amérique sept. Nous citerons parmi elles, les Carabes héros et binotatua de Fab., le Car. siynatus de Panzer, etc.
ANISODACTYLES. Anisodactyli. ois. Sixième ordre de la méthode ornithologique de Temminck. Caractères : le bec plus ou moins arqué, souvent droit, toujours subulé, effilé et grêle, moins large que le front ; les pieds médiocres ; trois doigts devant et un derrière : l’extérieur soudé vers la hase au doigt du milieu; le postérieur le plus souvent long : tous pourvus d'ongles assez longs et courbés. Cet ordre comprend les G. Oxyrhlnque , Sitlelte , Onguiculé , Picucule , Sittine, Grimpart , Ophie , Grimpereau , Giiil-Guit , Colibri , Souimanga, Échelet, Tichodrome, Uuppe, Proinérops,
Iléorotaire et Philédon. Vieillot a fait de ses Anisodactvles la deuxième tribu de son ordre des Sylvains.
AM SU DK. Anisodus. bot. Solanée# ; Penlandric Monogynic. Lin.; G. établi par Link pour une plante du Nepaul, qu'il avait précédemment placée dans le G. Nicandre. Il caractérise ainsi ce nouveau G. : calice renflé, à cinq dents; corolle campanulée, avec le limbe inégalement denté; cinq étamines insérées â la corolle; anthères à deux loges, s’ouvrant par un sillon longitudinal. Le fruit est une baie sèche operculée , quadrivalve, avec un placenta épais, garni de petites fossettes. L’A. Luride est une plante rameuse, à feuilles oblongues, pubescentcs en dessous, à pédoncules monoflores.
ANISODYNAMES. bot. Épithète par laquelle Cassini exprime que les deux côtés des embryons des pl. Monocotylédoncs n’ont point la même force d’accroissement.
ANISOMÈLE. Anisomelua. annél. G. de l’ordre des Serpulés, fam. des Ampbylrites, auquel on donne pour caractères : bouche sous-inférieure; huit tentacules simples, filiformes, disposés par paires, formant les organes de la préhension; branchies simples, lentaculiformes , beaucoup plus longues que les pieds , placées aux quatre segments antérieurs du corps; lest calcaire, cylindrique, droit, enfoncé jusqu'à son origine dans les pierres. Ce G., qui se distingue suffisamment des Térébelles par le nombre et la symétrie des tentacules, ainsi que par la simplicité des branchies, a été trouvé à l’I le-de-F rance sur les bords de la rivière noire; il ne se compose encore que d'une seule esp., A. Lut eus.
ANISONÈLES. A nisomcies. bot. G. de la fam. des Labiées, voisin de VAjuya et du Teucrium, qui présente un calice tubuleux, marqué de dix stries, quinquéfide; une corolle, dont lu lèvre supérieure est entière et petite, et dont l'Inférieure se partage en trois parties, la moyenne bilobée; les étamines sont didy naines, saillantes et ascendantes; les anthères des deux étamines les plus courtes ont deux loges opposées, celles des plus longues une seule, ou elles sont dissemblables ; les graines sont lisses. Brown décrit trois esp. de ce G., dont il est l'auteur, observées sous les Tropiques, dans la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Herbes pubescentes. dont les feuilles sont crénelées, les fleurs verticillées et accompagnées de bractées petites , les calices glanduleux, la corolle de couleur pourpre.
AN1SOMÈHE. Anisomera. ins. G. de Diptères, appartenant à la fam. des Némocères, créé par Hoffraanseeg, adopté par Meigen et offrant pour caractères : anleuiies avancées, sélacées, de six articles : le premier cylindrique, épais, le deuxième très-petit, cyalhiformc, le troisième cylindrique, très-long, faisaut à lui seul les deux tiers de l'antenne, les trois dernier» très-courts et égaux ; palpes recourbées; tête prolongée en inuseau; yeux arrondis, séparés; prothorax séparé du reste du corselet par une ligne transversale, enfoncée ; abdomen de huit segments; jambes avec deux épines peu prononcées. Ce G. ne se compose encore que d'une seule esp., A. obscura , Meigen , .Systématise Ue lieschreibung der bekannten europaeiachen ztcei/lüyeligen insecte», T. l,p. 310, l. 7, fig. 5, dont le corselet a trois lignes orsales enfoncées, séparées par des lignes jaunâtres; abdomen gris avec une ligne brune en dessus du pre-
mier serment et une tache jaune en dessous ; U y en a deux sous le second. Du midi de l’Europe. Ce G. a été confondu avec les Némalocères, dans le G. Hexatome de Lalreille.
AIS1SOMFRE. géol. Sous le nom de Roches Anisomères, De Bonnard a établi un ordre présentant celles qui sont formées en tout ou en partie, par voie de cristallisation. et où une substance dominante qui sert de base, de pâte ou de ciment aux autres est contemporaine ou antérieure aux parties qu’elle renferme.
AN1SOMÉRIQDE. bot. Oii a proposé ce nom pour les fleurs dont les parties ne sont pas égales ou régulières.
ANISONÈME. Aniaoncma. bot. Sur l’indication de Jussieu, le doct. bluuie a rappelé ce G., qui avait été antérieurement établi par le botaniste français dans la fam. des Euphorbiacées, avec les caractères suivants : fleurs monoïques; les mâles composées d’un calice à cinq divisions, avec cinq glandules alternes; cinq étamines, à filaments épais dont ceux du milieu plus longs et unis entre eux; les loges des anthères soudées au sommet des filaments. Les fleurs femelles ont le calice divisé en quatre ou six segments; six à dix stigmates courts, sessiles; un ovaire à six ou dix loges renfermant chacune deux ovules; fruit capsulaire globulo-déprimé, à six ou dix sillons. A l’esp. décrite par Blume, qui l’a nommée A. dubium , deux autres, A. eglandulosum et A. inicrmediutn, ont été jointes par les botanistes des dernières expéditions françaises de Circumnavigation, et décrite par Decaisne dans sa Flore de Timor.
AN1SONYX. Anisonyx. ms. G. de Coléoptères, établi par Latreille aux dépens du G. Hanneton de Fab Ses caractères sont : premier article des antennes et menton n'étant pas très-grands; chaperon allongé, rétréci à son extrémité antérieure; palpes Irès-gréles. longues, terminées par un arliclecylindrique; les labiales insérées â l'extrémité du menton (crochets des tarses inégaux). Le labre non saillant, les mandibules très-minces, en partie membraneuses et sans dents; les mâchoires terminées par une pièce allongée et membraneuse; le corselet en trapèze rétréci de la base à la pointe, sensiblement plus étroit que l’abdomen : celte dernière partie du corps formant un carré plus large que long, et enfin les tarses des quatre premiers pieds terminés par deux crochets bifides , tandis que ceux de la dernière paire n’en ayant qu’un, permettent de distinguer les Anisonyx des G. voisins. Ces Insectes joignent les Hoplies aux Trichies et aux Cétoines. Latreille les classe dans la tribu des Scarabéldcs, fam. des Lamejlicornes. Plusieurs esp. ont été rapportées par Olivier au G. Hanneton, telles sont celles nommées crinita, cinerea, Ursus , proboacidea , l<ynx. Ces Insectes, tous exotiques, habitent l’Afrique mér., et proviennent la plupart du cap de Bonne- Espérance.
ANISOPE. A ni so pus. ms. Meigen avait donné ce nom à un G. de Diptères, que Latreille a réuni aux Mycélophylles; alors ce nom étant disponible , Lepelletier- St.-Fargeau l’a appliqué à un Insecte Coléoptère tétramère du Brésil, de la fam. des Longicomes avec les caractères suivants : antennes glabres, sétacécs, de onze articles dont le premier grand, en massue allongée, et le deuxième très-petit et cyathiforme; palpes et man-
dibules courtes; front peu aplati ; corselet arrondi latéralement avec une épine près de chaque angle postérieur; corps très-déprimé; élytres déprimées, allant en se rétrécissant vers l’extrémité qui est tronquée; cuisses en massue ; les postérieures très-allongées, tarses postérieurs ayant le premier article beaucoup plus grand que les trois autres réunis.
AMSOPËTALE. Aniaopetalum. bot. G. de la fam. des Orchidées, Gynandrie Monandrie, institué par Ilooker, qui l’a caractérisé ainsi : fleurs dressées; pétales presque connivents; Libelle oblong, hidenté vers la base qui présente un renflement sensible, et articulé avec le gynoslème; quatre masses polliniqucs inégales entre elles et rapprochées par paires. La seule espèce connue est YAniaopetalum careganum, originaire du Népaul, parfaitement décrite et figurée par Hooker dans le vingtième cahier de son Exotic fiora. Quelques botanistes ont émis l’opinion que ce G. , encore très-faihlement caractérisé, pourrait bien être réuni au G. fiolbophyUum .
AMSOPHYLLE. Anitophyllum. bot. Haworld avait établi sous ce nom un G. de la Mon. Androg., dont l’unique esp., A. ocimoide», a été réunie au G. Euphorbe.
AMSOPLIE. Anisoplia. ms. G. de Coléoptères pentamères. fondé par Megerle aux dépens du G. Hanneton dont il diffère très-peu. Dejean en possède quinze esp., toutes étrangères à la France, à l’exception de celles nommées par Fab. arricola , agricola et horticola.
AN1SOPOGON. bot. PI. de la fam. des Graminées, recueillie au port Jackson par R. Brown qui en a fait un nouveau G., ainsi nommé de l'inégalité des arêtes qui terminent sa glume. La lépicène contient une seule fleur, ou de plus, suivant Beauvois, une seconde avortée et à peine visible; elle est formée par deux paillettes égales et allongées. La glume est pédicellée cl à deux valves, dont l’intérieure dépourvue d’arêtes, tandis que l’extérieure en présente à son sommet trois: deux latérales sélacées, et une moyenne, beaucoup plus longue et tordue sur elle-même. Les fleurs sont disposées en panicule lâche; le chaume atteint trois pieds de hauteur, et porte des feuilles engainantes à languettes ciliées. Le |>ort est celui d’une Avoine, ce qui a fait nommer la seule esp. connue A. arenoceus.
AMSOPTF.RE. Aniaoplera. ms. Orthoptères. G. de la fam. des Sauteurs. Caractères : élytres et ailes en toit ; femelles aptères ou n’ayant que des élytres trèscourtes, en forme d’écailles arrondies et voûtées; pieds postérieurs propres à sauter; cuisses fort grandes; anus des femelles terminé par une tarrière bivalve, saillante, fort longue, en forme destylet. Quatre articles à tous les tarses. Les Locustes dorsale et hrachyptère appartiennent à ce G., et se trouvent communément en Europe.
AMSOSCÈLE. Aninosceli». ms. némiptères. G. de la fam. des Géocorises, établi par Latreille et comprcnnaul les Lygées de Fahricius qui ont les antennes régulièrement filiformes, les yeux lisses, écartés l’un de l'autre par un intervalle à peu près égal à celui qui sépare chacun d’eux de l’œil voisin, el dont le corselet est beaucoup plus large postérieurement qu’en devant, corps ovalaire, allongé mais point étroit, jambes longues et comprimées. On place dans ce G. les L. tragus.
jogle
ANN
ANN
utembranaceua, gonagra, phyllopus, foliaceu s, rf»latatus , compressées , etc., Fab.
ANISOSCIADIE. Anisosciadium . bot. G. de la fam. des Ombellifères, institué par De Candolle qui lui assigne pour caractères : les lobes du calice très-grands, foliacés et ovales dans les fleurs extérieures de l’ombelle; ils sont moindres, roides, mucronés et en crochet dans les fleurs centrales; pétales inégaux : les extérieurs très-grands, bifides ou cordés, les intérieurs très-petits. Le fruit est presque pubescent, oblong, cylindrique, couronné par les vestiges roides, coniques et dressés du style et du calice. Les Méricarpes sont demi-cylindriques et souvent l‘un des deux avorte. Il n’y a encore dans ce G. qu’une seule esp., qui a été trouvée dans les environs de Bagdad par Olivier, puis par Bruguière; c’est une assez petite plante herbacée, annuelle, à feuilles alternes, pétiolées, ailées, avec impaire; à fleurs régulières, hermaphrodites, velues, blanchâtres, un peu purpurines et odorantes. Ce G. avait été établi primitivement par Ventenat, dans la description du jardin de Gels, sous le nom d'Oliverio; nous ignorons les motifs qui ont porté De Candolle à déshériter la mémoire du savant auteur de l'histoire naturelle des Insectes, d’un hommage qu’il méritait à tant de litres.
ANISOSTÉMONBS. bot. On donne ce nom aux fleurs dans lesquelles le nombre des étamines n'a aucun rapport avec le nombre des pétales libres ou soudés; ce qui arrive assez rarement, et ce que l'on peut cependant observer dans beaucoup de Dipsacèes.
ANISOSTOME. bot. Richard nomme ainsi les divisions alternes d’un calice ou d'une corolle qui sont semblables, mais seulement un peu plus petites.
ANISOTOME. Anisotoma. ms. G. de Coléoptères, fondé par Knoch, et constitué plus exactement parllliger, Fabricius, Duméril, etc. Quelques entomologistes, et Lalreille en particulier, ne Font pas adopté. Néanmoins , ce dernier a établi le même G. sous le nom de Leïode, et y a réuni quelques Phalacres de Paylcull.
ANlTRA.ois. F. Ahia.
ANJOI’YIN. ois. S. vulg. de Gros-Bec Linotte.
ÀNKÆNDA. bot. S. de Calyptranthes caryophyllifolia.
ANKIÎRITE. Mm. Cette substance, trouvée en Styrie, où elle porte le nom de Robwand, est blanche et facile à cliver; sa pesanteur spécifique est de 3. Chauffée à l'air, elle se divise en parcelles fort tenues; dans un tube fermé elle devient d’un gris-noirâtre et attirable à l'aimant; dans un tube ouvert, le résidu est d’un brunrougeâtre non attirable; avec le borax, un verre vert transparent; elle est soluble et sans effervescence dans les Acides étendus. Sa composition est : oxides de fer 3C, de manganèse 5, de calcium 50, de magnésium 11. Ce minéral, comme on le voit, diffère assez de l’ilaloïde de chaux, pour ne pas lui être assimilé. L’analyse en a été faite par M. Schroetter.
ANMIOLYGROMÈTRE. bot. S. de Funaria hygromet rien. F. Et; taire.
ANNEAU, moll. N. vulg. du Cyprea Annulus. F.
POBCBLAtfIS.
ANNEAU, rois. Esp. du G. Holacanthe.
ANNEAU. Annulus. bot. Dans les pl. cryptogames
on a employé ce nom pour désigner trois organes trèsdifférents suivant les fam. auxquelles on l’applique. Dans les Champignons, on a désigné par ce nom ou par celui de collier un cercle membraneux qui entoure le pédicule de beaucoup d’Agarics et de quelques Bolets, et qui est produit par les débris d’une membrane qui couvrait toute la face inférieure du chapeau avant son développement complet. Dans les Mousses, quelques auteurs ont donné ce nom à un rebord saillant, et quelquefois crénelé, qui garnit l’orifice de l’urne. Enfin on a nommé Anneau élastique, dans les Fougères, un cercle qui entoure les capsules des Fougères de la tribu des Polypodiacées et des Gleichenées, et qui jouit d’une grande élasticité, de manière à faciliter la rupture des capsules et la dispersion des graines.
ANNEAUX. A nnuli. zool. Ce nom a reçu des acceptions très-différentes, et n’a encore été défini convenablement par aucun entomologiste. On a employé comme syuonymes les mots segments , arceaux, articles , incisions, articulations. Chacun de ces termes aura dorénavant un sens invariable et précis. Les Anneaux sont des parties et non des pièces du corps, c'est-àdire qu’ils constituent un ensemble, à la formation duquel concourent un certain nombre de matériaux. Ainsi un Anneau quelconque du corps, celui du mésothorax d’un Insecte hexapode par exemple , n'est pas formé par une pièce simple et unique, contournée de manière à circonscrire â elle seule les bords d’une cavité; mais il résulte de l’assemblage de plusieurs petites pièces qui, en s'abouchant les unes aux autres, constituent un cercle complet. Ces pièces devraient être désignées par un nom collectif, qui répondit â celui d’os dans les Animaux vertébrés , car elles ont toutes entre elles quelque chose de commun dans la structure, la composition, les usages, et constituent le squelette ou l’enveloppe, ordinairement solide, du corps des Animaux articulés. Elles se groupent d'abord pour former deux portions d'anneaux auxquelles nous appliquons le nom d 'arceaux et que nous distinguons d'après leur position constante en supérieure et en inférieure, ün ne devra donc pas dorénavant attribuer un même sens aux roots Arceaux et Anneaux. Ces derniers forment un tout dont les éléments sont ordinairement invisibles, mais n'en existent pas moins; et si on admet que dans les Animaux vertébrés, la même partie est nécessairement composée d'os semblables, bien que ces matériaux distincts dans un cas soient soudés exactement entre eux dans un autre, on devra, pour être conséquent, se laisser diriger par les mêmes règles dans l'anatomie du système extérieur ou squelette des Animaux articulés. Or, toutes les fois que l’observation est possible, c'est-àdire lorsque la soudure n'est pas complète, on reconnaît qu’un Anneau est formé de la réunion de deux arceaux joints par les points de leur section , et que l'arceau supérieur et l'arceau inférieur sont eux-mêmes composés de plusieurs pièces.
Le corps résulte donc de l’assemblage des Anneaux; ceux-ci supportent des appendices, telsque les antennes, les pattes, la larrière, les tentacules, etc. La plupart et on pourrait dire toutes ces parties, sont creuses, et constituent des cylindres, qui sont bien aussi des espères
ANN
ANN
d'Anneaux, mais auxquels on applique plus spécialement le nom d’articles. Ainsi nous dirons les Anneaux du corps, et les articles des pattes, des antennes, etc. Chaque article lui-même parait simple, ou bien composé. Dans le premier cas, une seule pièce, et dans le second, deux, trois et même quatre concourent à le former par leur réunion; mais alors la soudure est presque toujours complète. C’est, par exemple, ce qui se voit dans la rotule des Lépidoptères , qui résulte de l’assemblage de deux pièces au moins, et qui, en général, parait ailleurs formée d’une seule.
Les Anneaux, ainsi définis et distingués des articles, peuvent être étudiés sous le rapport de leur nombre, de leur forme, de leur composition, de leur développement, de lenr consistance, de leur articulation entre eux ou avec les appendices qui en partent, de leur connexion avec toutes les parties du corps, etc. On les trouve très-nombreux, arrondis, tous également développés. ou à peu de chose près, dans les Annélides et dans un grand nombre de Larves, semblables encore entre eux, par leur développement, leur consistance, etc., dans les Insectes myriapodes, tels que les Jules et les .Scolopendres; mats très-différents lorsqu’on les envisage comparativement et sur un même Animal dans les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes hexapodes; on remarque qu’ils sont réunis en trois groupes distincts, la tète, le thorax et l’abdomen, Voy. ces mots. Chacune de ces parties, très -différente au premier abord, ne résulte cependant que du développement plus ou moins grand et de la soudure plus ou moins complète des pièces qui forment les anneaux. C’est un fait que nous démontrerons en parlant du thorax. Quoi qu’il en soit, ces Anneaux sont réunis eutre eux. et cette jonction, quelle qu’elle soit, porte le nom d’articulation.
ANNKLÉ. Composé d’anneaux.
ANNËLIDAIRES. Annelitlana , Annularia. zoom. Blainville. dans son Prodrome, forme sous ce nom un petit groupe d’Animaux qu’il regarde comme intermédiaires des Articulés et des Rayonnants, mais ayant plus de rapports avec ces derniers, principalement avec les Holothuries; il se compose des ti. Clarate, Thalassème, Sipuncule, Priapule.
ANNÉLIDES. Annulosa. xool. Classe d’Animaux invertébrés et articulés, ayant pour caractères: corps ar ticulé; système nerveux formé de deux cordons longitudinaux, inférieurs, réunis et ganglionés par intervalle; des branchies; point de cœur proprement dit; circulation s’opérant au moyen de deux artères longitudinales et de veines; pieds nuis ou très-imparfaits, favorisant simplement la locomotion, et nullement propres au transport de l’Animal; tète ordinairement nulle, trèsincomplète dans les autres; yeux, lorsqu’ils sont distincts, rudimentaires et peu propres à la vision; les organes sexuels réunis dans le même individu.
Plusieurs de ces Animaux sont connus depuis longtemps sous les noms de Ver de terre, de Sangsue, de Scolopendre de mer, de Chenille de mer, de Pinceau marin. Linné les dispersa, ainsi que les auLres Annélides, dans la classe des Vers. Malgré les travaux de divers autres célèbres naturalistes, parmi lesquels nous
citerons surtout Olhon-Frédéric Muller et Pallas, cette confusion subsista jusqu'à l’époque où Cuvier publia son Tableau élémentaire de l’histoire naturelle des Animaux, ouvrage qui a opéré en zoologie une importante et salutaire révolution. Il restreignit la classe des Vers aux Annélides et aux Vers des intestins, en distinguant cependant ceux-ci par leur mode d’habilalion. Des observations anatomiques postérieures le déterminèrent à former une classe particulière des autres Vers, et qu’il désigna par la dénomination de Vers à sang rouge. Celle d’Annélides fut ensuite donnée A la même coupe par Lamarck et généralement adoptée. La classe des Vers ne comprend plus aujourd’hui que ceux qui sont parasites, tels que les Intestinaux et les Lernées de Linné, ou les Épizoaires du naturaliste précédent. Il existe néanmoins entre Lamarck et Cuvier, à l’égard des limites des deux classes, une légère dissidence; celui-ci, par exemple, place les Gordius avec les Annélides, et celui-là les associe aux Vers. Les parties extérieures des Annélides n'ayant pas encore été observées dans tous leurs détails, ni d’une manière comparative, ont exercé la patience et la sagacité d’un observateur de premier rang, Savigny. Le fruit de ses recherches pénibles et très-délicates a été l'objet d’un Mémoire qu’il a présenté à l'Académie des sciences, le 19 mai 1817. On mois après, un second Mémoire, dont ce profond naturaliste a pareillement fait hommage à la même compagnie, nous a montré l'utilité de ces travaux par l’heureux emploi qu'il en a fait dans une nouvelle distribution méthodique des Annélides. On pourra d'ailleurs consulter. à cet égard, le rapport fait par Lalreille. Cuvier et Lamarck. Blainville s'occupait aussi en même temps, et d’une manière approfondie, des mêmes Animaux qui, les Sangsues exceptées, composent sa classe des Sétipodes. Il a communiqué à la Société philomathique, et positivement à la même époque que Savigny offrait à l'Académie des sciences son second Mémoire sur les Annélides. sa Méthode et les Caractères de plusieurs nouveaux genres. Il a été publié un extrait de son travail dans le Bulletin de celte Société (mai et juin 1818). Nous ne connaissons point les observations d'Ocken sur le même sujet, et qui doivent être antérieures puisqu'elles sont citées par Blainville. Lamarek ( llist. des Animaux sans vertèbres), le docteur Leach et Cuvier, profitant de ces recherches, ont mis la distribution classique des Annélides au niveau des autres parties de la zoologie. Dans un Mémoire sur les Animaux invertébrés articulés, Latreille a aussi essayé d’éclaircir le même sujet. Savigny a rempli nos derniers vœux par la publication de son travail qu’il a même enrichi de nouvelles observations; telles sont les principales sources où l’on pourra puiser. Les bornes de cet ouvrage nous interdisent d’autres particularités historiques.
Les Annélides sont des Animaux généralement aquatiques, et, pour la plupart, marins. Leur corps est long et étroit ou vermiforme. mou et partagé transversalement eh un grand nombre d'anneaux. Les Néréides de Linné paraissent être les seules Annélides où le premier de ces segments mérite le nom de tête, et que l’on puisse regarder comme muni d’organes comparables à des yeux, et à ceux surtout des larves d’insectes. Ce
sont des yeux lisses, très-petits, el qui se présentent sous l’aspect de points noirâtres . leur nombre est de deux à quatre. Savigny en donne huit aux Sangsues; mais nous soupçonnons que ce ne sont que des points colorés et très -différents des yeux des Néréides. La tête semble n’ètre formée que d’une lame ou plaque, représentant le demi -segment supérieur des anneaux des Insectes, ou mieux la Imite écailleuse de leur tête, mais privée de mandibules et de lèvres. Nous n'ignorons pas que les auteurs qui ont parlé des Néréides, sans en exclure Savigny, leur attribuent des mâchoires; mais ces parties, quoique semblables aux pièces ainsi désignées, étant adhérentes aux parois internes de la trompe, et celte trompe ne paraissant être qu’un prolongement de l’œsophage, on ne peut les considérer comme de véritables mâchoires ou comme des mandibules. Les dents internes du gésier des Crustacés, les pièces du suçoir de certains Vers intestinaux, etc., semblent les seules parties susceptibles d’être assimilées aux précédentes; en un mot , les Annélides et les Vers sont des Animaux suceurs, dont la bouche formée sur le même plan général, mais subissant diverses modi beat ions, ne ressemble nullement à celle des autres Articulés; elle est recouverte dans les Annélides sans tète, et qui sont les plus nombreuses par cette expansion supérieure, et en forme de voûte ou de capuchon du segment antérieur, répondant au second du corps des Insectes. Dans les Annélides céphalées , comme les Néréides, la tête offre des filets articulés, analogues aux antennes de ces derniers Animaux, désignés de la même manière, et dont le nombre varie, mais ne va jamais au delà de cinq. S’il est tel, les deux plus latérales seront les extérieures, les deux plus voisines les mitoyennes, et celle du milieu deviendra l'impaire.
On ne peut pas dire d’une manière absolue que les Annélides, à l’exception néanmoins de quelques-unes, soient privées de pieds. Mais leurs appendices locomoteurs. que l’on nomme ainsi, sont beaucoup plus imparfaits sous ce rapport que les parties analogues des Crustacés, des Arachnides et des Insectes. Très-petits, sous la forme de simples mamelons ou de courtes saillies, ordinairement inarticulés, peu susceptibles de mouvements propres, incapables de soutenir le corps, ces appendices font tout au plus l’office de petites rames, ou ne servent que de points d’appui. La puissance musculaire réside presque entièrement dans le corps, el ne peut produire qu’un mouvement ondulatoire ou une simple reptation. Lamarck, pour ce motif, désigne ces organes locomoteurs sous la dénomination de fausses pattes, jteiles spurii. Selon Savigny, le pied des Annélides se compose de deux rames ; l’une supérieure ou dorsale, et l’autre inférieure ou ventrale, mais quelquefois nulle. Là elles sont séparées ou écartées, ici trèsrapproebées ou confondues. On observe à chacune d’elles le cirrhe et les soies. Le cirrhe est un filet tubuleux, subarticulé, communément rétractile; mais il n’est rigoureusement propre qu’aux Néréides; quelques autres Annélides n'en offrent que de rudimentaires. Les soies sont comme des poils roides et cornés. Ce naturaliste en distingue de quatre sortes : 1° les soies subiilées ou alênes, festucae, rassemblées en faisceau ou rapprochées
1 DICT. DES SCIENCES !f AT.
| en une série; elles sortent d’une gaine commune, traversent avec elle les fibres de la peau, et pénètrent dans I la partie de l’intérieur du corps où sont fixés les muscles destinés à les mouvoir; 2® les acicules, aciculi; c’est une soie plus grosse, en forme d’aiguillon ou de piquant, contenu dans un fourreau spécial, el qui accompagne les faisceaux soyeux priucipaux des Annélides les mieux organisées; 3® les soies à crochets, uncinuii ; de petites lames comprimées latéralement, courbes, peu allongées, découpées sous leur sommet en plusieurs dents aiguës et crochues, en forment le caractère spécial;
, elles sont propres à certaines Annélides sédentaires et I lubicoles (les Serpulées, Savign.), et ordinairement ' placées sur des mamelons tramverses de la rame ventrale; tautôt solitaires, tantôt rassemblées avec les autres soies, ici inférieures et là supérieures, elles peuvent composer, avec leurs supports ou leurs mamelons, jusqu’à trois sortes de pieds; 4° les soies à palette, spatellulœ, déjà caractérisées par leur dénomination, remplacent dans quelques esp. les soies à crochets, et n’en sont peut-être qu’une modification. Dans les Néréides, la première paire de pieds, et même une ou deux des suivantes, manquent souvent de soies, et ne conservent i que leurs cirrhes, qui sont alors plus développés, et ( reçoivent le nom de cirrhes tentaculaires. Souvent ils sont portés sur un segment commun . formé de la réunion des deux ou quatre premiers, la tête non comprise, en sorte que cette partie étant quelquefois peu avancée, on a pris pour elle ce segment commun.
Les branchies du plus grand nombre sont extérieures, et varient beaucoup quant à leur configuration, leur étendue, leur situation et leur nombre. Dans les esp. ordinairement errantes ou sans demeure fixe et nues, elles sont en général dispersées dans la longueur des côtés du corps, une par chaque pied; les vaisseaux sanguins paraissent quelquefois se répandre dans les cirrhes et les convertir en organes respiratoires; quelquefois aussi ils paraissent s’arrêter à la base des pieds. Les branchies des deux extrémités du corps sont moins dé- I veloppées, ou manquent tout à fait dans les esp. sédentaires. vivant dans des fourreaux qu’elles se construisent probablement par transsudation, mais auxquels elles n’adhèrent point au moyen de muscles. Ces organes sont antérieurs, et y forment soit des panaches ou des éventails, soit des sortes de peignes. Enfin, d’autres | Annélides, établissant leur domicile dans du sable ou | de la terre, ont leurs branchies à la partie moyenne ‘ du corps. Celles des Sangsues, observées par feu Thomas, membre de la société royale de médecine de Montpellier, consistent en des vessies internes, au nombre de vingt-deux, onze de chaque côté, et que nous avons comparées aux trachées vésiculeuses des Insectes. Mais plusieurs autres Annélides, munies de pieds et de branchies ordinaires, nous offrent des organes analogues aux précédents, tantôt internes, tantôt externes, et sous la forme alors d'écailles disposées sur deux rangs, soit dures et comparables à des élytres d’insectes, soit molles et quelquefois dilatables en manière de vessies. L’anus des Annélides est toqjours situé à l’extrémité postérieure du corps. Une particularité très-remar quable est que ces Animaux ont le sang rouge, ce dont
aucun autre Invertébré ne nous fournit d’exemple. Ils sont tous hermaphrodites, et quelques-uns, scion Cuvier, ont besoin d’un accouplement réciproque. La présence oit l'absence des pieds, la situation des branchies fournissent des caractères si simples et si naturels que presque tous les zoologistes actuels les ont employés pour le signalement des premières coupes de cette classe. Lamarck la partagoen trois ordres : les Apodes, les Anlennées et les Sédentaires. Les Annélides fonnent pareillement trois ordres dans la méthode de Cuvier : les Tubicoles, les Dorsibranchesetles Abranches. De part et d'autre les Serpules sont à l'extrémité supérieure de la série. Il en est de même dans la distribution de ces Animaux, proposée par Blainville. distribution qui, dans ses détails, présente un grand nombre de faits intéressants. Savigny divise cette classe en cinq ordres, dont les quatre premiers sont désignés ainsi : les Néréidées, les Serpulées, les Lombricines et les Uirudinées. Les Apbrodiles et les Néréides doivent se trouver en tête du cinquième. Sous le rap|>ort de l'organisation extérieure, ces dernières Annélides, et les Néréides spécialement, sont les plus avancées dans l'échelle, et lesplus voisines des Animaux arlicnlés pourvus de pattes.
D’après cette idée et les caractères tirés de la position des branchies, on pourrait diviser cette classe en quatre ordres : les Podobranches , les Céphalobranches , les Mésobrancbes et les Enlérobranches. Nous suivrons dans notre dictionnaire la méthode de Savigny que nous venons de développer d’une manière très-concise.
ANNESLEA. bot. y. El riale féroce.
ANNESLÉE. Anne&lea. bot. Voyant que la similitude reconnue des espèces nommées successivement Euryale ferox et Annealea spinosa laissaient libre la dernière de ces dénominations génériques, Wallich s'en est emparé pour l’appliquer à un genre nouveau qu’il a placé dans la fam. des Ternstræmiacées. Ce G., voisin des Cloyera et Frczicra , et qui a pour type un arbre très-élégant, A. fragran» , originaire du Murtaban , dans l'Inde. Ce G. a pour caractères : calice bibracté à sa base, profondément divisé en cinq lobes inégaux; corolle monopélale, ovale à cinq découpures opposées à celles du calice; étamines nombreuses, dressées, incluses, distinctes, insérées en double rangée, sur un disque périgyne; anthères linéaires; ovaire turbiné, presque infère, à trois loges; un seul style cylindrique, avec trois stigmates subulés; baie infère, sèche, globuleuse, à trois loges polyspermes.
ANNESLIA. bot. G. formé par Salisbury de Y Acacia Houstonia, WiUd., qu'il avait désigné sous le nom spécifique de Salicifolia. Il ne paraît pas devoir être adopté.
ANNESORHIZA. bot. Chamisso et Schlachlcnda! ont élabli ce G. dans la fam. des ümbcllifères, pour y comprendre une pl. qu’ils ont observée au cap de Bonne- Espérance. Les caractères principaux sont : toutes les fleurs de l’ombelle fertiles; un involucre et des involucelles olégophylles, c'est-à-dire formés d’un petit nombre de folioles; un calice à cinq dents; des pétales elliptiques, échancrés au sommet; un fruit constant, prismatique, à cinq angles, couronné du calice et du style réfléchis et persistants; méricarpes à dos convexe, et
dissemblables : l’un ayant trois ailes et l’autre quatre ; valleculesàuneraie; commissures planes et à deux raies; carpophore bipartite. C’est une pl. herbacée, vivace, dont les naturels font un usage alimentaire, et qu'ils appellent vulg. Anyxworthel.
ANNUEL, ANNUELLE. Annuus , annua. bot. Se dit en botanique de ce qui, dans un Végétal, ne dure que l'espace d’un an. Les pl. qui naissent et périssent pendant une révolution de la terre autour du soleil sont annuelles, celles qui persistent après deux sont bisannuelles. Il en est dont la tige seule est annuelle ou bisannuelle, et dont les racines sont vivaces. Les feuilles de la plupart des Arbres, celles qui tombent en automne, sont annuelles.
ANNULAIRES, tcaix. /'. Actixosorpbes.
ANNULARIE. Annnlaria. posa. Brongniard a créé ce G. pour une plante fbssile des schistes houillers, dont les caractères ne sont point encore assez nettement tranchés pour lui assigner sa véritable place dans la méthode.
ANNUMBI. ois. Esp. du G. Guépierdont Vieillot a fait un G. distinct, sous le nom de Fournier de l’Amérique méridionale. V. GlEpikr.
ANO. ois. S. de Hocco.
ANOBIl M. ms. F. Yrillktte.
ANOCYSTES, écbix. Nom donné par Klein à un groupe d'Oursins, qui appartiennent en grande partie aux Cidarites de Lamarck.
ANODE. Anoda. bot. G. de la fam. des Nalvacées, placé non loin du G. Sida, dont quelques csp. ont servi à l'établir, et dont il diffère par son fruit simple et multiloculaire. Le calice est simple et quinquéfide; la corolle a cinq pétales; les étamines, en nombre indéfini, sont réunies par leurs filets en un tube qui, par son extrémité inférieure, se continue avec les pétales, et porte les anthères vers son sommet seulement ; un seul style qui se termine par plusieurs stigmates, dont le nombre varie de dix à vingt-cinq ; la capsule est unique, renfermant plusieurs loges monospermes. Cavanilles, auteur de ce G., a décrit quatre esp. qu'on peut voir figurées, tab. 10, fig. 3 ettab. 11, fig. 1 et 2 de sa Monadelphie, et tab. 431 de ses Icône». Ce sont des Herbes originaires du Mexique , à feuilles alternes, à fleurs solitaires, supportées par un pédoncule axillaire, non articulé. Elles appartiennent au G. Sida de Linné et des auteurs qui l'ont suivi. Quelques esp. intermédiaires entre les deux G. laissent encore des doutes aux botanistes, par exemple le Sida triquetra figuré tab. 134 de Gærtner.
ANODESE. Anodesis. iws. G. de Coléoptères hétéromères, établi dans la fam. des Mélasomes. et aux dépens du G. Ërodie, parSolier qui lui assigne pour caractères distinctifs ; menton convexe en dehors, comme gibheux, et sans stries ni sillon longitudinal; yeux très-courts, très-larges, transverses et point saillanls,se prolongeant en dessous du bord latéral de la tête; dessus du tergum du prothorax presque tronqué à sa base, avec les angles postérieurs non prolongés; corps peu convexe en dessus. presque filiforme, brusquement arrondi à l'extrémité ; cuisses minces, renflées à leur extrémité ; cils des antérieures courts et épineux. VErodiut Cleryi, de
île
Digitize
Dejcan, qui a été trouvé au Sénégal, est encore la seule esp. de ce G. nouveau.
ANODON. reft. C’est-à-dire qui n’a pas de dents. G. établi par Klein, pour des Serpents qui seraient dépourvus de ces parties, mais dont les naturalistes ne connaissent encore aucune esp., si ce n’est un Plature, Animal qui appartient à un sous-genre de Reptiles ophidiens réel et constaté. Smith a décrit sous le nom d’Anodon un Serpent long de trois pieds, et de la grosseur du petit doigt, qui a le dos gris avec trois séries de taches noires, le ventre argenté et les écailles carénées. Il habite les environs du Cap et se nourrit d'œufs qu’il avale entiers.
ANODON. moil. V, Axodoxtb.
ANODONTE. Anodonta. »oll. G. de Mollusques fluviatiles, de la classe des Lamellibranches, ordre des Mytilacés, fam. des Nayades.
Les coquilles de ce G. sont régulières, transverses; elles ont une charnière simple, sans aucune dent, et trois impressions musculaires; elles sont toutes fluviatiles et ont été confondues, par la plupart des auteurs, avec les moules, quoiqu'elles aient des caractères plus que suffisants pour les en séparer.
La plupart des habitants des campagnes connaissent la coquille de la plus grande esp. de ce G., de la moule d’étang , dont on emploie presque partout les valves pour divers usages domestiques. Celte coquille est demitransparente, nacrée intérieurement, d’un brun verdâtre à l'extérieur, et a souvent un demi-pied de long.
L'anatomie de l'Animal qui l'habile a été faite par Cuvier, et lui a présenté deux phénomènes remarquables, dont le second a depuis été reconnu commun à beaucoup d'autres G. de bivalves. Le premier est que le rectum passe au travers du cœur, et le second que le poumon, c’est-à-dire les lames des branchies servent de matrice. Ce dernier fait avait été annoncé il y a plusde cent ans par Poupart, qui décrit les branchies sous le nom d'Ovaires. parce que, lorsqu’il fil son observation, l'intervalle des deux lames qui composent chacune d'elles, était rempli de globules qu’il prit pour des oeufs. Cuvier a trouvé dans l'épaisseur des branchies de la moule d'étang, non pas des œufs, mais de petites moules toutes écloses, vivantes et recouvertes de leurs deux valves. Chaque moule en contient bien des milliers.
Mangilli a aussi publié un Mémoire sur le même objet : ainsi donc l’Anodonte est vivipare et sans doute hermaphrodite, comme la plupart des coquillages bivalves.
Cette coquille se trouve dans presque tous les étangs et les lacs boueux du centre et du nord de l'Europe; elle fait l’objet d’un petit commerce. On remarque dans la même région les Anodontes palustris, arcuata , anatina ; les A. fragili s, coarctata, pensylranica, crispata, fluriatitis , atra, cuncata , undulata , ohiensisy ntembranacea , sitiuosa, patagonica et la la appartiennent à l’Amérique ; on trouve ail Sénégal les A. rubens et dubia ; mais on ne sait quelle patrie assigner aux A. uniopsis , exotica , trapezialis , salenoides, iridina et dipsas. Toutes s’enfoncent dans la boue qui couvre le fond des rivières ou des étangs, pendant l'hiver et même quelquefois pendant Pété lorsque les fonds
se dessèchent; elles peuvent rester longtemps sans manger et sans changer l’eau qu’elles ont renfermé avec elles. On s'en nourrit dans quelques endroits.
Les Anodontes se rencontrent très-rarement à l’état fossile, dans les couches des terrains d’eau douce; el celles qu'on a observées ne sont presque jamais bien déterminables. Nous avons remarqué, avec étonnement, cette rareté et ce défaut de conservation, tandis que des l’nivalves, bien plus fragiles encore, se sont parfaitement conservées et sont très-abondantes. Le comte Razoumoxvski est le premier qui ail indiqué des Anodontes fossiles; il cite particulièrement la grande Moule des étangs, dans les couches de Lignite de Paudex près de Lausanne. Brongniard, en visitant Paudex, a rapporté quelques échanl illons de cette Anodonle, mais en trop mauvais état pour pouvoir en reconnaître l’esp. On trouve des Anodontes, à ce qu’il parait, en grande quantité dans les formations schisteuses d'CEningcn. Enfin Scblotheim cite une nouvelle Anodonle fossile, sous le nom de MytHus fontinalis, ayant au plus trois lignes, et qui parait être une Coquille encore jeune. Il a découvert celte esp. près de Burgtonna en Thuringe, dans cette grande formation de Tuf qui renferme, avec beaucoup de Coquilles dont les analogues sont encore existants, quelques esp. perdues.
ANOÜONTÊE. Anodontea. iot. Quelques botanistes ont érigé en G. particulier, le groupe que De Candolle a formé sous ce nom dans son G. Alyssum , et dont les caractères ne paraissent suffisants, ainsi que l’a fort bien pensé le prof, de Genève, que pour une simple section.
ANODONTIDES. *eft. Smith donne ce nom à une fam. de Serpents qui a pour type le G. Anodonle.
ÀN0D0NT1UM. bot. Ce G., établi par Bridel dans le premier supplément de sa Muséologie, a été abandonné par cet auteur lui-mème dans le dernier ouvrage qu’il a publié. La seule esp. qu'il y rapportait, le Gymnostomum prorepens d’Hedwig, ne différait en effet des autres Gymnoslomes que par ses fleurs mâles axillaires; mais l'existence de ses fleurs mâles étant encore l’objet de beaucoup de doutes, les botanistes modernes ont pensé avec raison qu'on ne devait pas fonder les G. de celle fam. sur ces caractères.
ANODONTYRE. Anodontyra. wa. G. de la fam. des Scolidées, établie par Weswood pour un bel Insecte hyménoplèredu Chili. Ce G. a pour caractères distinctifs : corps allongé ; abdomen ovale-oblong, à articles continus, inerrne à l'extrémité. Les antennes sont grêles, composées de treize articles, le deuxième distinct. Les mâchoires armées près de leur extrémité, mais en avant de leur face interne, d’une dent assez forte; palpes maxillaires allongées à six articles, les labiales n'en ont que quatre. La cellule radiale des ailes supérieures se termine en pointe un peu éloignée de leur extrémité ; le dernier segment ventral forme un crochet recourbé et creusé en gouttière. L’A. tricolore est noire avec une ligne jaune en avant du cou ; une semblable ligne, mais interrompue sur les deuxième, troisième et quatrième anneaux de l’abdomen, avec une petite tache latérale de | la même couleur en dessous ; pieds testacés ; ailes rous- ! sâtres. Taille neuf lignes.
ANflECTANGlE. Anœctangium. bot. r. Antctangie.
ANOEMA. «A*. Nom scientifique donné par Fréd. Cuvier au Cochon d'Inde. y. Cobaye.
ANOGE1SSE. Anogeissut. bot. G. de la fam. de# Rosacées, établi par le Dr Wallich, pour quelques Conocarpes originaire* de l’Inde. I.e# caractère# assigné# par Wallich à ce G. nouveau n’ont point paru suffisant* aux botanistes de la Métropole, et la séparation ne parait pa# avoir été adoptée.
ANOGRF.. Anogra. bot. Dans sa Monographie des Onagraires. le prof. Spach a séparé du G. Daumaunia quelques esp. dont il a formé un G. nouveau caractérisé par un calice à tube grêle, un peu renflé vers l’orifice, à segments striés et munis d’une petite corne; pétales obcordés ou rétus ou entiers, légèrement plissés; anthères linéaires, obtuses, attachées au-dessus de leur base, puis un peu contournées; ovaire grêle, cylindracé. stipilé, â quatre sillons, alternant avec les cloisons qui sont membraneuses ; ovules ascendants, superposés, formant une rangée dans chaque loge; style plus long que les étamines; capsule ordinairement linéaire, tétragono-prismatique, subarquée, à quatre loges, à quatre valves, à quatre dents; semences cunéiformes, linéaires, lisses, aigues à leur base. I.es trois esp. bien connues, A. üouglatiana , nuttalliana et pinnatiftila , sont des pl. herbacées, annuelles ou vivaces, à feuilles caulinaires, pinnalifides ou dentées et sessiles ; à fleurs axillaires distantes, éphémères, belles, odorantes, roses ou blanches, tachetées de jaune à leur base, toutes trois sont originaires de l'Amérique sept.
ANOLES. sept. S. d’Anolis.
ANOLING ou ANI'LIN. bot. Grand Arbre des Philippines, qui parait voisin du G. Ardisia, s’il ne lut appartient, et dont une partie spongieuse de la tige, ou l’écorce selon d'autres, est employée, dans le pays, comme le serait du Savon.
AlfOLIS. BEPT. G. formé par Daudin, adopté par Cuvier, et que composent de petits Sauriens dont les formes et les couleurs sont généralement élégantes. Ce* Lézards ont des Agames, la langue épaisse et obtuse, quelquefois une crête épineuse sur la queue, et la faculté de renflèr leur gorge en manière de goitre dans les accès de colère, de crainte, ou d'amour, auxquels ils sont sujets; des Geckos, les stries transversales du dessous des pieds qui leur permettent de se cramponner sur les surfaces les plus unies; des Caméléons et des Marbrés, la faculté de changer de couleur et la disposition des fausses côtes formant de* cercles entiers ; du reste ils ressemblent beaucoup aux Iguanes elauxSlel- ] lions pour l’aspect ; ils paraissent propres au nouveau continent. Naturellement familiers et ignorant le danger, ils fréquentent les habitations de l'iloinme , dans ! lesquelles on les voit poursuivre les Insectes dont ils ! font leur nourriture. L'ardeur du soleil parait leur être salutaire et accroître leur agilité. Ils ont les doigts mu- ; nis d'ongles et fortement articulés; on les groupe nalu- * Tellement en deux divisions.
t A queue comprimée, plus ou moins carénée en | scie et munie de crête.
A. a crête. Cuvier. Règne Animal, T. rv, pl. v, f . 1. I Le plus grand des Lézards de son G. , long d'un pied, I
portant un fanon qui s’étend jusque sous le ventre, muni sur la queue d’une crête soutenue par douze ou quinze rayons, et d’un bleu-cendré, noirâtre. Il est fort commun à la Jamaïque.
A. principal. iMCerta principalit , L. ; le Large- Doigts, Encycl. Rept. pl. 6 bis. f. 3. Sa peau est trèsmince. et sa queue articulée de cinq en cinq vertèbres, i Amérique méridionale.
A. rimacclé. Laeerta biniaculatus y L. Sa petite crête est finement crénelée ; sa couleur verdâtre, piquetée de brun vers le museau et sur les flancs avec deux taches de couleur variable sur les épaules ; il habile l’Amérique sept.
Les autres esp. d’Anolis à queue comprimée sont : le charbonnier, Anolit Carbonariut ; le grand Anolis à écharpe de Cuvier, Règne Animal, T. iv, pl. v. f. 3, et l’Anolis rayé de Daudin, pl. 48. fig. 1. Sur cette figure on ne distingue ni la crénelure ni la compression de la queue dont il est parlé dans la description, ce qui a peut-être déterminé Cuvier à placer cet Anolis dans la seconde section. Ces trois dernières esp. habitent les Antilles.
f t- A queue cylindrique sans crête ni carène.
A. roquet. Laeerta bullarisfL. Encycl. Rept.,pl. 9, f. 5. Joli petit Lézard fort agile, de couleur verte avec une tache noire sur les tempes. Il habite les parties chaudes de l'Amérique sept, et les Antilles.
A. rouge-gorge. F.ncyc. Rept., pl. 9, f. C. D’un vert sombre, doré ; le goitre qu’il forme en renflant la peau de sa gorge, est d’un rouge si vif qu’on dirait une cerise. Cuvier trouve dans la forme de son museau allongé et aplati un caractère qui le distingue suffisamment du précédent; il le nomme Anolis de la Caroline.
A. goItreux. Laeerta ttrumota , L. Encycl. Rept., pl. 10, f. 1. C’est l'Anolis des Créoles de Saint-Domingue.
A. a foints blancs. Daudin; pl. 48, f. 3. De l’Amérique méridionale et des Antilles.
A. dore. Anolis auratus, Daudin; Laeerta aurata ? L. Encycl. Rept. t. ix, f. S. Esp. allongée, ayant le* patte* plus courtes que celles de ses congénères, d’une belle couleur dorée sans taches, qui se ternit par la mort de l’Animal. Des Antilles.
Daudin mentionne encore une autre esp. (TAnolis qu’il nomme goutteux, podagrieus ; mais il faut retirer de ce G. le Sputaleur pour le rendre à celui du * Gecko.
ANOMA. bot. y. Hyfêranthêre.
ANOMAL, c’est-à-dire irrégulier . Mot employé, en | histoire naturelle, pour désigner des êtres qui. semblant se jouer des lois de la nature, s’éloignent, par l’absence ou la présence de parties plus ou moins importantes. ou par le faciès , d ‘espèces que leurs rapports généraux placent dans le même ordre, dans la même classe et dans un même genre. Une sorte de bec d’Oiseau. terminant la tête d’un Mammifère, des Mammifères ayant l'aspect de grands Poissons, sont d’étonnaotes Anomalies, et sembleraient sortir des règles générales de l’organisation, si ces règles étaient aussi étroites que nous le# concevons ordinairement.
ANOMALA. ms. G. de Coléoptère* pentamères, insti-
tué par Megerle dans la fam. des Lamellicornes, aux dépens du G. Melolontbe de Fabricius. Il comprend les esp. qui, ayant les antennes composées de neuf articles, dont les trois derniers forment une massue, dans les deux sexes; labre mince, presque plat, en forme de membrane; mandibules entièrement cornées, sensiblement dentelées à leur extrémité; corselet élargi postérieurement ; écusson allongé, transversal et entier; crochets des quatre tarses antérieurs très-inégaux : l'un d'eux plus robuste ou bifide; ceux des tarses postérieurs égaux ou presque égaux et entiers; abdomen ovoïde, un peu allongé; couleurs ordinairement brillantes. L’Ane la vigivi, Melolontha ritis. Fab., Oliv., ibid. pl. 2, fig. 12, est le type de ce G.; il ronge les feuilles de la vigne; ses couleurs varient du vert brillant le plus intense au vert brunâtre. Koppc et Stephens lui adjoignent le M. Frischii , Fabr., et quelques autres analogues, que l’on trouve assez fréquemment en Europe.
ANOMALES, bot. phax. Nom donné par Tournefort aux pl. qui composaient les troisième et onzième classes de sa Méthode, lesquelles, soit monopélales, soit polypélales, présentaient des corolles irrégulières.
ANOMAL1FLORE. bot. Pl. dont la calalhide, le disque et la couronne se composent de Heurs anomales, c'està-dire affranchies de la régularité que l’on trouve ordinairement dans les organes des végétaux.
ANO.MAL1NE. MOLL. G. de la fam. des Céphalopodes, renfermant quelques esp. microscopiques d'une élude fort minutieuse.
ANOMAL1PÊDES. ois. Onzième ordre dans la Méthode ornithologique de Scb.Tffer, caractérisé par un doigt postérieur et trois antérieurs, dont l'intermédiaire est uni avec l'exlérieurpar trois phalanges, et avec l'interne par une seule. *
AN O M A LOC A II DE . A nomalocardia. moll. G. institué par Klein, le troisième de sa classe des Diconcha cordi format, qui comprend des Coquilles bivalves de G. très-ditférents ; en général, des Arches et des Bucardes, lin Pétoncle et la Galalhée de Lamarck. etc. La figure cordiforme, que présentent res Coquilles vues par le côté antérieur, suffisait à Klein pour les comprendre dans ce genre.
ANOMALGEC1E. bot. Nom de la vingt-quatrième classe qui, dans te système sexuel, réformé par feu Richard, remplace la Polygamie de Linné. F. Polygamie.
ANOMALON. Anomalon. ixs. Hyménoptères; fam. des Pupivorcs, G. établi par Jurine, et qui ne diffère de ses lchueiimons que par le nombre des cellules cubita- ! les qui n'est que de deux au lieu de trois. Celle particularité est trop peu importante pour qu'on puisse en tirer un caractère générique de première valeur, et on rencontre, dans d'autres cas, des anomalies semblables. Jurine a établi, dans ce G., deux divisions qu'il appelle familles. Les caractères de la première sont : une cellule radiale, grande; deux cellules cubitales, grandes; la première recevant la première nervure récurrente; la deuxième la seconde nervure, et atteignant l'extrémité de l'aile ; mandibules bidentées; antennes sétacées, composées de plus de vingt anneaux. — La deuxième division a la cellule radiale, les mandibules, les antennes semblables à celles de la fain. précédente; mais les
deux cellules cubitales ont la première grande, quelquefois ondulée dans la partie inférieure, et recevant les deux nervures récurrentes. Latreille place les Anomalons dans la tribu des Ichncuinonides. Ses Allongions comprennent les Ichneumons dubitator , eleca- \ tor , etc., les Ophions circumjh xus , obscurua, etc., et le Ciyptus crispator de Fabricius.
AN'OMALOPÈHES. ma*. Klein a désigné sous ce nom une faut, renfermant ceux des quadru|>èdcs qui ont les cinq doigts réunis par une membrane.
ANOMALOPTÉRIDE. Anomalopleris. bot. G. créé par G. Don ( Mill. Dict.nouv. édit., 1,p. (147, 1351), dans la fam. des Malpigbiacées.etqui parait élre le même que le G. Acridocarpe, publié en même temps par Guillciuiii et Perrotet, pour une pl. de la Sénégambie : Acridocarpua i dajio/derus ou Anomalopteria oborata , Don.
AN OM A T il È(JUE. Anomatheca . bot. G. de la fam. des lridées, établi par Bellenden Ker dans la seconde édition de Vl/orlus kewensis , pour quelques esp. du G. Glayeul. et en particulier pour le Gladiolua junceus et le Gladiolua polyatarhjua. Il lui donne pour caractères : inflorescence en épi; spalhe bivalve et courte; corolle tubuleuse, à six divisions, bypocratériforine, un peu irrégulière, dressée; limbe arrondi en roue, à découpures cunéiformes, oblongues, lin peu plus courtes que le tube qui est droit, rétréci vers la gorge; étamines à anthères parallèles; stigmates très • étroits, pliés dans leur longueur et bipartites; capsule ovaleglobuleuse, papitlcusc, ûpre, renfermant plusieurs séries de graines arrondies. Ce sont des plantes herbacées originaires du cap.
ANOMAUX, cicst. Latreille désigne sous ce nom la première section de la fam. des Macroures, ordre des Déca|>odes : elle comprend les genres Albunée, Ilippe, Rémipède, Pagure, Porcellaue, Galalhée, qui out les pieds simples cl non partagés sur leur longueur ; les quatre antennes insérées presque ù la même hauteur; le pédoncule des latérales n'étant pas recouvert par une grande écaille annexée à sa base, cl les deux ou quatre pieds postérieurs beaucoup plus petits que ceux qui sont situés en avant, de sorte qu'on pourrait croire, au premier coup d'œil, que ces Crustacés n’ont point cinq paires de pattes. Les femelles sont, dans le plus grand nombre, pourvues de fausses pattes à l'abdomen.
ANOME. REPT. F. AXOIRKS
ANOMIDES. ms. Fam. d'Orthoptères, ainsi dénommée par Duinéril et établie par Latreille sous le nom de Manlides.
ANOMIE. Anomia. moll. G. de Lamellibranches, de la fam. des Ostracées, établi par Linné pour quelques Iluitres des anciens conchyliologistes, et beaucoup restreint par Bruguière et Lamarck qui ont fait, aux dépens de ce G., savoir : le premier, les G. Térébratule, Cranie et IMacune; et le second. les G. Calcéole et Hyale. Depuis ces réductions, le G. Anomie est devenu trèsnaturel et convenablement limité. Il lie comprend plus que des Coquilles fort analogues, et souvent même difficiles à distinguer les unes des autres. On voit, par l'énumération des G. que nous venons de citer, dont l'un appartient aux Pléropodes, les autres aux Brachiopodes etauxLameUihranclies,que les Anomies de Linné étaient
composées d' Animaux fort dissemblables ; elles comprenaient encore des Gryphées et une Hyslérolithe.
Les Anomies s'attachent, comme les Huîtres, sur les ! corps marins, quelquefois sur des Crustacés, des Poly- { piers ou des Coquilles de divers G. Elles n'ont point la I faculté, donnée aux Térébratules, de pouvoir se dépla- | cer ; elles (Mûrissent à l’endroit où elles sont nées. Leurs > valves sont inégales, réunies par un ligament intérieur 1 assez fort , situé prés des crochets. La valve la moins J bombée ou la plus plate, est profondément échancrée | près des crochets; c’est par celte échancrure que le muscle central de l’Animal, qui unit les deux valves, traverse celle-ci, et, en se dilatant à son extrémité, forme une sorte d’opercule solide, corné ou pierreux, elliptique, qui bouche celle échancrure et attache fortement la Coquille aux corps marins. Cet opercule a été pris, fort mal à propos, par plusieurs naturalistes, pour une troisième valve, ce qui fait que Bruguière a placé les Anomies dans la classe des Multivalves. La valve percée ou operculée qui, par conséquent, adhère aux corps étrangers, a été appelée valve inférieure, au contraire de ce qui a lieu dans les Huîtres où la plus petite des valves, ordinairement plate, est la supérieure.
L'Animal des Anomies, nommé Échion par Poli, d’où il appelle sa Coquille Echionwlerma, a un petit pied, semblable à celui des Peignes, qui se glisse entre l'échancrure et la plaque qui la ferme, et sert peut-être à faire arriver l'eau vers la bouche qui est très-voisine.
Les Anomies sont des Coquilles très- irrégu lié res, en général minces, transparentes et souvent ornées de cou leurs fort vives, ce qui a fait nommer l'esp. la plus commune pelure d'oignon. Elles varient par l’âge et les localités, et plusieurs d’entre elles ne peuvent se caractériser que fort difficilement; il est souvent facile de confondre des valves de certaines Huilres avec les Anomies, si l'oo ne fait pas attention à l’impression musculaire de leurs Coquilles.
Voici les esp. vivantes qui se rapportent à ce G. : 1. A.peclinata , Chemn.; la Méditerranée.— 2. A.pcctiniformis, Poli; la Méditerranée.— 3. A.Ephippium (VA. pelure d'oignon), L.; la Méditerranée, l'Océan. — 4. A. Cepa, L. ; la Méditerranée, l’Océan. — 5. A. electrica, L. ; la Méditerranée, l’Afrique, les Moluques. — 0. A.squamula , L. ; la Méditerranée, l’Océan sept., la Manche. — 7. A. patelliformis, L.; la Méditerranée, l’Océan sept. — 8. A. refusa, L.; la Norvège. — 9. A. aculcata. Muller; la Norvège, l’Angleterre. — 10. A. inuricata, Chemn.; les côtes de Guinée. — 11. A. Squama, Chemn.; la Norvège. — 12. A. punctala, Chemn.; les Iles Féroèc. — 13. A. undulata, Muller, la Norvège, l’Angleterre, la Méditerranée. — 14. A. flexuosa , Gmelin; la Norvège. — 13. A. rugosa * Gmclin ; la Norvège. — 10. A. cylindrica , Gmelin; la Norwège, l’Angleterre. — 17. A. arcnacea, Muller; l'Océan sept. — 18. A. cucullata, Brug. ; les côtes de Provence. — 19. A. paiellaris, Lara.? — 20. A. pyriformis , Lam. ; la Manche. — 21. A. fornicata, Lain. ; la Manche. — 22. A. membranacea, Larn. ? — 23. A. Lenst l.am.; l’Océan européen.
Esp. fossiles. A. Ephippium , squamula, electrica ,
slrigotula, costata, burtligalensis, radiala, Pellis i serpentin, striata , patelliformis, sulvata, orbiculata.
ANOMODON. bot. G. séparé par nooker des Seckera de Hedwig. U diffère de ce G. par son périslome interne composé de cils simples et libres, naissant des dents mêmes du péristome externe, et non pas de la membrane interne, de sorte qu’on pourrait presque regarder ces Mousses comme n’ayant qu’un seul péristome. Hooker caractérise ainsi ce genre : capsule latérale; péristome double, composé de seize dents et de cils qui naissent de chaque dent ; coiffe se fendant latéralement. Il y range les Seckera curtipendu/a et r iticulosa de Hedwig, dont le port diffère beaucoup de celui des vraies Seckera ; on ne connaît encore que ces deux esp. Elles croissent dans presque toute l’Europe, sur les rochers et les troncs d'Arhres.
Bridcl a établi postérieurement, sous le nom A'Antitrichia, un G. dont le caractère est presque le même que celui du G. de Hooker, et auquel il rapporte également le Seckera curtipendula, tandis qu'il laisse le Seckera r iticulosa parmi ses congénères. Nous croyons par conséquent, devoir le regarder comme synonyme de l’Anomodon, en adoptant le nom de Hooker, qui est antérieur.
ANOMOPTÉR1DE. Anoniaptcris. ross. Brongniard a donné ce nom à une Fougère du terrain- des grès bigarrés, dont il ne connaît point d’analogue parmi ces pl. vivantes, et qu’il croît appartenir au groupe des Cycadées.
ANOMOSTÈPHE. A nomostephium. bot. G. de la fam. des Synanthérées, institué parle prof. De Candolle qui lui donne pour caractères : calathide multiflore, hétérogame, dout les fleurons de la circonférence sont neutres, ligulés et placés sur un seul rang; ceux du centre sont hermaphrodites, à cinq dents ; involucrc campanulé, garni extérieurement de plusieurs rangée* d’écailles foliacées, ovales, aigue* et dressées ; réceptacle plan, muni de paillettes membraneuses, translucides, brunâtres â l’extrémité qui est arrondie, enveloppant les akènes; les languettes de la circonférence sont ovales, s’élançant d’un tube grêle et long, avec des styles obtus et des akènes glabres, terminés par deux petites cornes; les fleurons du disque ont le tube court, la gorge ample et longue, les styles rameux et pulièrcs, les akènes grêles, linéaires, presque tétragones. Les quatre esp. décrites dans ce G. appartiennent au Brésil et aux Antilles. Ce sont des pl. herbacées, à tiges simples et cylindriques, h feuilles opposées ou éparses et scssiles, à corolles jaunes sur lesquelles tranchent des anthères noirâtres.
ANO.N. zoot. Petit de l’Ane, y. Ciieval. On a aussi donné ce nom au Merlus et â PÆglefin ou Aigrefin, poissons du G. Gade.
ANONACÉES on ANONES. Anonaceœ. bot. Fam. établie par Jussieu, et sur laquelle le docteur Dunal de Montpellier a publié un travail intéressant. Les G. qui y sont réunis, présentent un calice persistant, à trois divisions plus ou moins profondes; une corolle de six {létales coriaces, disposées sur deux rangs; des étamines très-nombreuses, serrées, ayant les filets très-courts
et le* anllrëres presque sessilcs. Les pistils sont rarement solitaires ; le plus souvent ils sont réunis et rapprochés, quelquefois même soudés au centre de la fleur; chaque ovaire est surmonté par un style court : ces pistils se changent en autant de fruits tantôt secs , tantôt charnus, à une seule loge, renfermant quelquefois une seule graine, mais plus souvent plusieurs, disposées sur deux rangées longitudinales à l'angle rentrant des loges; les graines contiennent un embryon très-petit, renfermé dans un endospenne charnu, dur, ordinairement marqué d'un sillon longitudinal et de rides qui correspondent à autant de sillons que l'on observe sur la face interne de l’épisperme.
Les Anonacées se composent d'Arbres ou d'Arbrisseaux ayant les feuilles alternes, simples, souvent entières, dépourvues de stipules, caractère qui les distingue surtout des Magnoliacées; les fleurs sont ordinairement axillaires, quelquefois solitaires. Cette fam. a beaucoup d’affinité d'une part avec les Ménispermées; mais elle s’en distingue par ses étamines indéfinies et la structure de son fruit; d'une autre part avec les Magnoliacées; mais l'absence des stipules et la structure de ses fruits forment ses caractères distinctifs. Nous empruntons à De Candolle la classification des différents G. rapportés aux Anonacées.
$ I. Plusieurs fruits soudés en un seul.
Kadsura, Jus».; Anona , Adans., L.
J n. Fruits solitaires dans une fleur.
Monodoro, Dunal.
$ ni. Plusieurs fruits non soudés, dans une même
fleur.
Asimina , Adans.; Porcelia, Ruiz et Pavon; f/wria , L.; Xylopi a, L.; Unona , L.; Guallheria, Ruiz et Pavon, etc.
ANONE oc ANN ONE. Anona. bot. Adanson a retiré du G. Anona , de Linné, plusieurs esp. dont il a fait un G. distinct sous le nom d 'Asimina, lequel diffère de P Anona par ses fruits non soudés et polyspermes. Voici les caractères du G. Anone, tel qu’il est demeuré circonscrit par Adanson, Dunal et De Candolle : le calice est à trois, rarement à quatre divisions, plus ou moins profondes et concaves; les pétales, au nombre de six, sont disposés sur deux rangées dont l'intérieure avorte quelquefois ; les étamines ont les anthères anguleuses, dilatées au sommet et presque sessiles, très- rapprochées les unes contre les autres ; les pistils sont très-nombreux, monospermes; ils se soudent tous ensemble, et forment un fruit charnu, pulpeux, écailleux à l’extérieur.
Les Anones sont arborescentes ou frutescentes ; leurs feuilles sont alternes, entières; leurs fleurs axillaires. On en connaît trente-quatre esp. qui croissent dans les régions équatoriales du nouveau et de l'ancien monde; quelques-unes sont déjà cultivées en pleine terre, dans des jardins d'Andalousie, particulièrement à Malaga. Ainsi l'on cultive!* Anona squamosa, L.. dont les fruits, connus sous les noms vulgaires d’Atle, Ale, Athe, ou Pomme Canelle, sont succulents et d'un goût fort agréable. Il en est de même de ceux de 1* Anona muricata que l’on appelle Corossol ou Cachiment. Le Cœur-dc- Bœuf, autre fruit des colonies européennes, est encore
une Anone. La chair des Auones est blanchâtre, odorante, sucrée, de consistance fondante ; on la mange souvent à la cuiller, après l'avoir séparée du péricarpe extérieur, qui est dur et d'un goût désagréable. L’écorce de la plupart des Anones est aromatique et amère; on l'emploie dans l'Inde et aux Antilles au traitement de la diarrhée. Leurs graines passent pour vénéneuses.
ANONEK. bot. Même chose qu'Anoma.
ANONES. bot. F. Axovacéls.
AN() MCA. moll. Dénomination générique, adoptée par Ocken, pour remplacer celle d'Avicule, donnée longtemps avant, par Lamarck, à une partie des Mou- Ips de Linné; le Mytilus Hirundo, qui est le ly|>e du G. Anonica d’Ocken, est appelé par ce savant Anonica aricula.
ANONIS. bot. F. Oxovide.
ANONYMOS. bot. Walter, dans sa Flore de la Caroline, avait institué ce G. pour plusieurs pl. de la fam. des Synanlhérées ; mais un examen plus approfondi de | ces pl. les a fait réunir au G. Liai ris de Gærtner.
ANOPHÈLE. Anophèles, ms. G. de Diptères; fam.
I des Némocères. établi par Meigen, et ayant pour caractères : antennes étendues, filiformes, à quatorze articles; celles du mâle plumeuses, celles delà femelle poilues; palpes étendues, de cinq articles, de la longueur de la trompe; celle-ci est de la longueur du thorax; ailes écailleuses, en recouvrement. Ce G. renferme deux esp., l’une, VA. bifurcatus, est le Culex bifurcatus de Linné et de Fabricius; l’autre est nouvelle et a reçu le nom d 'A. uiacutipennis par Hoffmansegg. Elle est représentée par Neigen, tab. 1, fig. 17.
ANOPLE. Anoplus. iss. Coléoptères; G. établi par Germar, et qui peut être rangé dans la fam. des Rhinchophores de Latreille.
ANOPLIE. Anoplius. tus. G. d'Hyménoptères, fondé par Lepeletier de S*-Fargeau dans la fam. des Pompiliens. Il a pour caractères : antennes filiformes, de onze articles allongés et plus ou moins contournés; palpes maxillaires plus longues que les labiales, à articles inégaux; abdomen ovalaire, porté sur un pédicule trèscourt ; pattes assez longues. Le Pompilius niger, de Fabricius. est le type de ce G. nouveau,
ANOPLISTE. Anoplistes. ibs. G. de la fam. des Cérambicins ou Longicornes. qui fait partie de l’ordre des Coléoptères pentamères, et qui a été fondé par Audinet- Serville, pour quelques Insectes de la Russie, que l’on avait considérés comme des Capricornes. Caractères : toutes les palpes égales, terminées par un article court, ovale, comprimé, un peu arrondi à son extrémité; antennes glabres, presque de la longueur du corps dans les femelles, de onze articles : le dernier un peu tronqué obliquement vers la pointe; corselet cylindrique, mutique, plus long que la tête ; corps assez étroit, allongé et puhescent ; écusson petit, triangulaire ; élytres linéaires, arrondies à l’extrémité. Le Cerambix ephippium, Stevens, et le C. sellatus , Germ., sont jusqu'à ce jojirles seules esp. bien déterminées.
ANOPLOGNATHE. Anoplognathus. ms. Coléoptères; G. établi par Leach sur des esp. originaires de la Nouvelle-Hollande et voisines des Rutèles. fam. des Lamellicornes. Les antennes sont de dix articles, dont le
premier conique, épais, le deuxième globuleux, le septième cupulaire, très-court, et les trois dernier* formant massue lamellée, plicatille; labre corné, transverte, acutniné au milieu de sa partie antérieure; mandibules courtes, un peu comprimées, fortes, entièrement coruées et très -entières; mâchoires unies, obtuses, convexes extérieurement; palpes courtes, presque en massue, s'avançant à peine au delà du menton qui est presque carré, échancré de chaque côté à sa base; tète marquée d’une suture transversale ; chapeau relevé, toujours arrondi dans les femelles, corps un peu convexe, ovale; corselet prolongé en pointe aigue ; écusson distinct, arrondi postérieurement; élylres recouvrant des ailes; pattes fortes; jambes épineuses à l’extrémité; les quatre premiers articles des tarses très-courts; le cinquième plus long qu’eux tous, cylindrique, terminé par deux crochets forts et inégaux. Ce G. se compose de plusieurs esp. brillantes, nommées par Leach si. impressus, ciriditarsis, rubi/jinosus, femoratus , etc.
AN’OPLOTUÉRIL'M. iai. G. de Pachydermes, aujourd'hui perdu, établi par Cuvier qui en a déterminé les caractères dans les débris d'Animaux fossiles que renferment les carrières à plâtre des environs de Paris. Ces Animaux avaient, comme les Humiliants, les pieds terminés par de grands doigts, mais ils en différaient par la séparation des os du métatarse et du métacarpe qui ne sont pas soudés en canon. Le tarse y est composé comme dans le Chameau. Le G. a en outre pour caractères : six incisives, deux canines et quatorze molaires à chaque mâchoire, dont les séries sont continues et sans inégalité, ce qui ne se voit que dans l'Homme. Les quatre molaires postérieures, de chaque côté, sont carrées en haut, et à double ou triple croissant en bas, comme dans les Rhinocéros, les Daman et les Palæothérium. Cuvier en a reconnu cinq esp. Mais il n’a pu déterminer la forme générale et les proportions que des trois suivantes.
A. coi* ex, A. commune, grand comme un Anon avec la forme basse de la Loutre et une queue encore plus longue ; elle avait vingt-deux vertèbres, et égalait, si elle ne surpassait, la longueur du corps; celle du Kanguroo seul en approche pour la longueur du volume ; car, par la proportion de ses vertèbres et les empreintes laissées sur la pierre par les teudons ossifiés qui font juger de la grosseur des muscles, on voit que l’épaisseur de cette queue était proportionnée à sa longueur. Le nombre des côtes est de douze, deux moins que dans le Cochon, celui de6 Pachydermes qui en a le moins, et une moins que les Ruminants. La figure de ses dents indique son régime : il était herbivore; sa forme basse et déprimée indique qu’il habitait le bord des eaux; il mangeait donc les racines et les liges des plantes aquatiques. Animal nageur et peut-être plongeur, son poil devait être lisse et court, ses oreilles petites comme à la Loutre et à l'Hippopotame, ou sa peau devait être unie comme aux Pachydermes. Voici les proportions de la longueur rectiligne de ses membres étendus et mesurés depuis les ongles jusqu'aux cavités colylolde* cl glénoïdes, comparée à la longueur du tronc, comprise entre le plan vertical tangent aux tubérosités sciatiques et le plan vertical tangent à la
pointe antérieure du sternum. Membre postérieur, 7/8 ; membre antérieur, 0/8. Dans la Loutre ces mêmes proportions sont : membre postérieur, depuis l'extrémité phalangieune du métatarse, 4|7 ; membre antérieur, depuis l’extrémité correspondante, moins de 3/7. On voit donc que l’Anoplolhérium était moins surbaissé que la Loutre.
A. *oy ex, A. medium, de la grandeur et de la forme d’une Gazelle. Il devait courir autour de* marais où nageait le premier. Sa queue était courte : il avait sans doute de grandes oreilles. Sou poil était ras ; il devait broüler les sommités des Herbes aromatiques et les jeunes pousses des Arbrisseaux. Sans doute, dit Cuvier, à sa figure, â son poil, à son pied bifurqué, â ses habitudes, ces naturalistes qui classent tout d’après les caractères extérieurs, l'eussent rangé parmi les Ruminants. Telles étaient ses proportions : membre postérieur, longueur égale à la distance intérischio-stcrnale, plus 1/20; membre inférieur, les 8/0 de cette distance. On ne peut évidemment obtenir les hauteurs absolues de ces Animaux qu'en déduisant par analogie les flexions angulaires des divisions des membres.
A. petit, A. minus, grand et proportionné à peu près comme le Lièvre, avec deux doigts rudimentaires aux côtés des pieds de derrière.
Dans aucun des G. de Mammifères vivants, il n’y a des esp. aussi diffêreules entre elles pour les formes et leurs proportions, que le sont ces trois esp. d'Anoplo- Ihérium. Or, les mœurs et les habitudes, qui sont l’effet nécessaire du mécanisme des organes, dépendent de ces formes et de leurs relations. De cette si grande diversité des esp. d’un même G. détruit par la dernière révolution du globe, il suit évidemment que ces esp. ne furent pas le produit d'un croisement ou d'une dégénéralion; car les modèles, d'ailleurs stériles, qui en peuvent nailre ne passent pas brusquement d'une forme â l'autre. Les esp. de celte |>ériode de création n'étaient donc pas plus que les nôtres des produits d'adultères ou d'abâtardissement, elles étaient primitives.
ANOPS. rept. G. nouveau établi par Bell dans la fam. des Ampbisbénides, ou Serpents vrais que Cuvier appelle Doubles marcheurs. Il a pour caractères : le corps cyliudriqtie, le thorax entouré d'auneaux complets; point de pieds; une bourbe en forme de bec prolongé, couvert d'une sorte d'écusson arqué et comprimé; yeux placés sous l'écusson; ligne latérale, déprimée; queue très-courte; point de pores en avant de l’anus. L'esp. qui fait le type de ce G., A. kingii, est originaire du sud de l'Amérique ; elle a onze pouces de longueur, tout le corps brun à l'exception de la partie inférieure qui est blanchâtre.
ANOPTÈUE. Anoplcrus. bot. La Billardière a établi ce G. d’après un Arbre élégant de la Nouvelle-Hollande, dont le tronc est grêle, les feuilles éparses, quelquefois opposées et bordées de dentelures glanduleuses; les fleurs disposées en grappes terminales. Leur calice est ouvert et présente six divisions aigues, d'égale longueur; le tube de la corolle est extrêmement court, et son limbe se partage profondément en six lobes égaux, avec lesquels alternent six étamines insérées au tube, non-sail- | lantes cl à anthères ovoïdes; l'ovaire supère, élargi à la
base et conique, se rétrécit supérieurement en un style court que termine un stigmate bifide; la capsule, de forme semblable et à la base de laquelle persiste le calice, contient une seule loge, et s'ouvre en deux valves, dont les bords épaissis portent des graines nombreuses, surmontées d'une expansion ou aile membraneuse, d'où l'on a tiré le nom du genre, dérivé de deux mots grecs qui signifient en haut et aile ; l'embryon, très petit et à radicule supérieure, est logé dans un péris|>ermecharnu. L'opinion de La billardiére qui rapporte l'Anoptére aux Genlianées. n'est pas encore adoptée définitivement; et en effet, son port, sa lige arborescente, ses feuilles alternes semblent l'en éloigner. R. Brown est porté à croire qu’il se rapproche plutôt des Kricinées. La seule esp. décrite, A. glandulosa , est figurée tab. 919, des pl. de la Nouv.-Holl.. par La Billardiére.
ANORMAL, bot. On surnomme ainsi les orgaues ou parties des pl. qui présentent des altérations produites par des dégénérescences.
ANORTITE. mm. F. Feldspath.
ANOSTOME. pois. Esp. du G. Saumon, Salmo anostomus y L., devenu type du sous-genre Anostome de Cuvier.
ANOSTOME. Anostoma. moll. Dénomination générique adoptée par Lamarck, pour désigner les Hélices dont Montfort avait fait son G. Tomogére. Le motif de celte coupe consiste en ce que la bouche, par un singulier changement dans la direction d'accroissement du test, s'ouvre du côté du sommet de la spire, de manière à ce qu'un plau tangent à cette bouche couperait perpendiculairement l'axe de la spire. Le type de ce G. est Y Hélix ringens de Linné.
ANOSTOZOAIRES. zool. Nom donné par Blainville à son deuxième type de son premier sous-règne, et qui contient une partie des Animaux invertébrés.
ANOTES. bot. S. anc. de l'Alisier aubépine.
ANOTIE. Anotia. ms. Hémiptères. Fam. des Cicadaires.G. créé par kirby pour quelques Insectes de l'Amérique sept, qui offrent pour caractères : antennes biarticulées, terminées par une soie et placées un peu audessous des yeux qui soûl prominules, échancrés en demi-lune; deux ocelles ft peine visibles; tète comprimée, à deux carènes prolongées légèrement en bec; élylres nerveuses avec une sorte de dent recourbée prés de leur base, et triangulaires à leur extrémité; ailes presque elliptiques.
ANOT1DE. Anotit. bot. De Candolle a distrait du G. Hedyolis de Ruiz et Pavon, une quinzaine d'esp. pour en former ce G. nouveau auquel il assigne pour caractères : tube du calice presque ovale; le limbe à quatre deuls aigues, persistantes et séparées par une fissure; corolle hypocralérifonne, à tube un peu plus long que le limbe qui est divisé en quatre lobes et presque glabre vers l'orifice; anthères incluses ou très-peu saillantes; stigmate faiblement bilobé, capsule ovale, couronnée par le calice persistant et s'ouvrant, par le sommet, en deux loges dont chacune renferme de quatre à huit graines ovales, un peu anguleuses. Ce G., qui a beaucoup de rapport avec le Bachicallis du même auteur, appartient également à la fam. des Rubiacées. Toutes les esp. sont de l'Amérique du sud; elles ont leurs tiges sous ligneu-
as 3
ses et quelques-unes herbacées, leurs feuilles opposées linéaires, mucronées ou ovales; leurs stipules dentées; leurs fleurs terminales, solitaires ou en corymbe. Le G. a été partagé en deux sections.
ANOLLY. ri.pt. S. d'Anolis.
ANOURELLE. Anourella. micb, G. de la fam. des Brachionides, établi par Rory dans ses Animaux microscopiques. Caractères : test en carapace, denté en avant; corps muni antérieurement d'un à trois faisceaux de cirrhes vibratiles. Les esp. placées dans ce G. sont celles décrites par Muller dans son G. Brachionus, sous les nomsde/Jo/n,t.48.f. \,^\Squamula, flg. 4-7; Striai us, t. 47. f. 1-3; Bipalium, t. 48, f. 3-5; Luth, t. 47, f. 4 7; Cithara, t. 48, f. 19; Lyra, t. 47, f. 1-3; Pandurina , t. 43. f. 3 5.
ANOURES. Ecaudati. rept. Fam. de Batraciens, composée des G. Rainette, Grenouille, Pipa et Crapaud. Caractères : pattes antérieures plus courtes que les postérieures; corps plus ou moins élargi et épais. Elle fait partie de la méthode de Duméril.
ANOXIE. Anoxia ms. G. de la fam. des Lamellicornes, Coléoptères pentamères, dont les caractères consistent dans la massue des antennes, qui est composée de cinq feuillets dans les mâles et de quatre dans les femelles; le deuxième article est très-court, et le troisième fort allongé; le corselet plus long que large; articles des tarses courts, renflés e^ garnis d'épiues plus fortes à leur extrémité : crochets armés en dessous d’une forte dent; jambes antérieures simples ou à peine luberculées; segment anal grand, échancré à son extrémité. Les Insectes de ce G. fort voisin des Mélolonlhes avec lesquelles on les a longtemps confondus, sont d'une assez grande taille; on en trouve partout.
ANPONDRE. bot. V. Ab fox dre.
ANREDERA. bot. Jussieu a fait, sous ce nom, un G. distinct du Fagopyrum scandcns de Sloane, qu'il a placé dans la fam. des Chénopodées, à côté du G. Baseüa, dont celte pl. a le port. Ses caractères consistent en un calice biparti dont les lobes sont carénés sur le dos; l'ovaire est surmonté d'un style bifide qui supporte deux stigmates; le fruit est un akène renfermé dans le calice qui s’est accru et forme deux ailes membraneuses.
ANSAl. bot. V. Adsai.
ANSÈRES. Ansera f. ois. Troisième ordre de la classe des Oiseaux dans le Systema Nalurœ de Linné. Ce législateur des naturalistes y réunissait les G. dont les esp. ont le bec un peu obtus ou légèrement mucroné, revêtu d’un épiderme épaissi en bosses vers sa base, la langue charnue, obtuse; les pieds pennés, disposés pour la natation; les jambes courtes et comprimées. Ces G., tous aquatiques, se groupaient autour du Cauard qui en était le type; on en comptait douze, savoir : A nas, Mergus, Proccllaria, Diouiedea, Pelecanus, Phatton , A Ica, Colymbus , Larus, S le ma et lihyncopt. ANSKKINE. bot. F. ChExopode.
ANTA. bab. S. vulg. de Tapir.
ANTAC. bot. S. de quelques esp. du G. Dolic. ANTACÉ. rois. S. d'Lsturgeon.
AN’TALE axxEl. F. Dextale.
ANTAN , AN TAN AIRE , ANTANOIS ou ANTEN01S.
sogle
ed by
iooi.. Noms vulg. donnés aux Animaux domestiques et particulièrement aux Moutons qui sont encore dans leur première année.
ANTAMSOPHYLLON. bot. S. de Boerhaavie.
ANTARCTIE. Antarctia. ns. G. de Coléoptères pentamères, institué dans la fam. des Carabiques, parDejean, pour quelques esj». rapportées de la pointe méridionale de l'Amérique. Il lui a assigné pour caractères : dernier article des palpes allongé, presque cylindrique et tronqué à l'extrémité; antennes filiformes et assez allongées; lèvre supérieure en carré moins long que large, légèrement échancrée antérieurement; mandibules peu avancées, assez fortement arquées et aigues; point de dent à l'échancrure du menton; corselet presque carré ou faiblement cordiforme : ély 1res assez allongées, presque parallèles et légèrement sinuées à l’extrémité; les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles, aussi longs que larges et fortement cordiformes. Les A. remplacent à l'extrémité de l'Amérique méridionale, les Amares et lesilarpales conséquemment, on doit présumer que le nombre de leurs esp. est assez considérable.
ANTE. mai. V. Aüta.
ANTÉDILUVIEN. ctoL. Terrain de trass et d’alluvion antérieur à la période animale. En général on a étendu celte dénomination à tout ce qui porte le cachet d’une haute antiquité, à ce que l’on suppose avoir précédé la grande catastrophe qui doit avoir submergé le globe. %
ANTEDON. êchi*. De Freminville a établi sous ce nom un G. d'Echinoderme. composé d’une seule esp., VA. Gorgonia; il n'a pas été adopté par Laroarck, qui le regarde comme la même chose que sa Comalule carénée.
ANTELÉE. Antelœa. bot. G. formé par Gærtner (Carp. T. 1, 277, t. 58) d'après un fruit de Java, qui provient d’un Arbre inconnu. Ce fruit, de la forme et de la grosseur d uneOlive, consiste en un noyau osseux, à trois loges monospermes, environné d'un brou. Les graines sont ovales, leur embryon est aplati et entouré d'un périsperme peu épais. L'Anlelée pourrait bien appartenir à la fam. des Rhainnées.
ANTÉMÉDIAIRES. bot. On donne ce nom aux Pétales lorsqu'ils sont opposés aux sépales.
ANTENNAIRE. Antennaria. bot. Fam. des Corymbifères. Gærtner a proposé ce G. nouveau pour les esp. du G. Gnaphaiium qui ont le phoranthe hérissé de petites dents, les fruits couronnés par des aigrettes composées de poils nus à leur partie inférieure et plumeux vers leur sommet, en sorte que ces poils ont de la ressemblance avec les antennes de certains Coléoptères. Ce carpologiste célèbre rapporte à ce G. les Gnaphalium dioicum, L., ou Pied-dc-Chal, G. alpium, G. muricatum et quelques autres. Mais il n'a point été adopté par la majorité des botanistes, et même Robert Brown en a réparti les esp. dans ses G. Mvtulasia et Leonlojtodium. V. ces mots.
ANTENNARIA. bot. Ce G., établi par Link et adopté par Godefroid, a été placé par ce dernier auprès des Hynterium. Frédéric Nées (Hadix Plantarum mycetohlearum) l'a rangé parmi les Mucédinées, auprès du
G. Amphitrichum. D’après le caractère que lui a donné G. Nées, il paraîtrait se rapprocher davantage des UrtdOf Æcidium, etc., auxquels il ressemble par sa structure et par sa manière de croître sur les feuilles vivantes. Nées le décrit ainsi : péridium irrégulier, sans ouverture, se rompant irrégulièrement et renfermant des capsules libres, à plusieurs loges entremêlées de filaments moniliformes. En faisant abstraction du péridium, ce G. ressemblerait beaucoup aux G. Oideum, ÿ'ot'ula, etc.; mais la présence de ce péridium, son analogie avec celui des Uredo et des Æcidium paraissent le rapprocher davantage des Urédinées. Il est possible que la distinction des filaments moniliformes et des capsules cloisonnées, faite par Nées, ne soit pas exacte; si tous ces corps étaient des capsules à plusieurs articulations, l'analogie de ce G. et des Puccinia serait évidente. On n'en connaît encore que deux esp. : l’une 1 croit sur les feuilles de VErica arborèa, l’autre sur celles du Sapin.
ANTENNES, rois. Quelques ichthyologisles, en comparant aux antennes des Insectes les barbillons cylindriques, articulés et disposés dans les parties antérieures de la tête, dont se trouvent munis quelques Poissons, tels qu'un Scorpène et des Siluroïdes, ont affecté le même nom à ces organes qui présentent une sorte de similitude.
ANTENNES. Antennœ. tooi. On nomme ainsi des appendices articulés, mobiles, rarement rétractiles, plus ou moins développés, le plus souvent au nombre de deux, quelquefois de quatre, et placés sur la tète. Latreille, en prenant en considération l’exislence et le nombre de ces sortes de cornes, avait divisé la classe des Insectes de Linné en quatre grandes coupes; les Tétracères ou A quatre cornes, les Acérés ou sans cornes, les Aptèro-dicèrcs ou sans ailes et à deux cornes, les Ptéro-dicères ou avec ailes et à deux cornes.
Considérées anatomiquement, les Antennes sont, de même que les ailes et certains filets abdominaux, des appendices de l'arceau supérieur. Elles sont le plus souvent composées de petits cylindres ou articules ajoutés les uns à la suite des autres, et enveloppant des filets nerveux, des muscles, des trachées et du tissu cellulaire. La forme, le nombre, la consistance de ces articles sont extrêmement variables. Le développement des Antennes tout entières n’est lui-même assujetti à aucune règle très-générale et bien déterminée. On remarque quelquefois d’une espèce à une autre, et souvent entre les deux sexes, des différences très -notables; enfin l'état de larve offre des anomalies de plus d'un genre. Au lieu de ces variétés innombrables, les entomologistes ont reconnu des manières d'étre propres à certains groupes, et ils s'en sont servi avec beaucoup d’avantage dans les classifications. A cet effet ils ont employé des expressions techniques pour les désigner. Les Antennes ont été considérées par eux, sous le rapport de leur nombre, de leur connexion entre elles ou avec les partiesdela tète, de leur direction, de leurs proportions, de leur forme, de leur terminaison, et de la configuration de leurs articles. Nous ne reviendrons pas sur le nombre, mais nous les étudierons rapidement sous les autres points de vue.
Leur connexion. Les Antennes sont placées sur le front, in fronteposith ; — entre les veux, inter oculos, au-devant, antè, derrière, ponè ; — au-dessous, infra;
— au dessus, snprà ; — dans les yeux, in oculis, quand l’œil entoure une partie de leur base; — distantes, distantes , remoiœ, lorsqu'elles sont écartées à leur origine;— rapprochées, approximatœ , lorsqu’elles se touchent vers ce point, ou qu’un court espace les sépare;
— jointes, connatœ, coadnatæ , cohœrrntes, quand elles sont confondues à leur base. Lorsqu'il existe quatre Antennes, celles qui sont situées en dehors sont nommées externes ou latérales, et celles qui sont placées en dedans, intérieures, intermédiaires, moyennes ou mitoyennes.
Leur direction. Elles sont roides, rigidœ ; — droites, reclœ, — penchées, nutantes ; — en spirale, spiriformes. Elles peuvent ensuite être portées habituellement en avant, en arrière et de côté.
Leur proportion. Elle est relative au corps; et lorsqu’il y en a quatre, elles sont en outre mesurées entre elles. Relativement à elles-mêmes, les unes sont plus longues, les autres plu» courtes, ou toutes deux de même grandeur; relativement au corps, elles sont plus longues, ou plus courtes, ou aussi longues que lui. Dans le premier cas, on les appelle longues, tongœ, ou même très longues, longissimœ , lorsque celle longueur est démesurée ; dans le second, on les nomme courtes, brèves; dans le troisième enfin, médiocres, médiocres. On les compare aussi à une partie du corps quelconque, et plus souvent à la tête, au prothorax et aux palpes. La longueur et la brièveté des Antennes sont assujetties d'une part au développement de chaque article, et de l’autre au nombre de ces articles. Ainsi une Antenne peut être longue avec trois ou quatre pièces, si ces pièces sont très-développées, et courte avec dix, si chacune d’elles est rudimentaire. Souvent aussi le nombre des articles supplée à leur brièveté, et l’Antenne est longue, parce qu'il entre un nombre considérable de pièces dans sa composition. Les Antennes ont donc un plus ou moins grand nombre d’articles. Lorsqu'elles en ont beaucoup, on les désigne par ces deux mots multi articulatœ; quand elles en ont peu, on dit pauci articulatœ.
Leur forme. Elles sont régulières, regulares, lorsque les articles suivent un ordre progressif dans les modifications qu’ils éprouvent; — irrégulières, irregulares, quand les formes sont tout à coup différentes, sans que le changement ait été gradué; — cylindriques, cylindricœ, lorsqu'elles ont la forme d’un cyliudre, ayant dans toute sa longueur un diamètre égal; — filiformes, filiformes, quand ces cylindres sont fins comme un fil ou un cheveu ; — sélacées, setaceœ, lorsqu'étant allongées, elles vont en diminuant insensiblement de la base au sommet subulées ou en alêne, subulatœ, lorsqu'elles sont minces, courtes, cylindracées inférieurement et terminées en une pointe roide et pointue; — moniliformes, monili formes, quand chaque article est arrondi comme une perle, et à peu près d’égale grosseur; — prismatiques, prismaticœ, lorsqu’elles approchent de la forme d’un prisme géométrique ; — ensiformes ou en forme d’épée, ensiformes , quand elles sont larges à leur base, terminées en pointe et anguleuses; — fusifor
mes, /lus/'/brrnes, lorsqu’elles ont la forme d'un fuseau; — en scie, serratœ , quand chaque article se termine latéralement par des dents aigues et dirigées au sommet ; — pectinées, pectinalw, lorsque ces prolongements sont étroits, allongés et placés au-dessus les uns des autres, comme les dents d’un peigne; — rameuses, ramosœ , lorsqu'il part du corps de l’Antenne plusieurs rameaux pinnés; par opposition à ce nom, on les nomme simples , simpfices, lorsqu’elles ne présentent aucun prolongement ; — perfoliées, perfoliatœ , quand les articles sont aplatis du sommet à la base, et paraissent enfilés dans leur milieu; le plus souvent c'est le sommet de l'Antenne qui présente seul celte disposition; — imbriquées, imbricatœ , quand les articles, éiant enfilés par leur milieu, sont concaves à leur sommet, de manière à recouvrir la base de celui qui suit, comme les tuiles d’un toit ; — en massue, claratœ, lorsqu'elles sont renflées et épaisses à leur sommet ; quelquefois elles vont en grossissant progressivement, es trorsum crassiores, ou bien la inassuo se produit tout à coup. Celte massue se nomme solide, quand les articles qui la composent sont soudés de manière à ne laisser entre eux aucun intervalle.
Leur terminaison. Les Antennes sont solides , solidœ, lorsque le cas précédent se présente; — lamellées, feuilletées, lametlalœ, fissiles, quand les articles de la massue sont distincts, et peuvent s’épanouir ou se fer- 1 mer à la manière des branches d'un éventail ou des feuillets d'un livre; — perfoliées, fierfotiatœ, lorsqu'ils sont distincts l’un de l’autre, mais enfilés par leur centre; — sécu ri formes, securi formes , ou en forme de hache, lorsque le dernier article a la forme d’un triangle comprimé, libre par sa base et adhérent par son sommet; — crochues, uncinatœ, quand l'extrémité se recourbe abruptement vers la base, de manière à figu rer un crochet aigu; — bifides, fissœ, lorsqu’elles sont divisées en deux parties ; — aigues, acutœ, quand elles sont terminées par un article aigu, roide; — pointues ou en apicule, apicutatœ , lorsque la pointe est aigue, courte et peu roide ; — obtuses, obtusœ, quand elles finissent par un article arrondi ; — tronquées, tmneatœ, lorsqu’il semble qu’on en a enlevé un morceau; — garnies d'un poil, arisiatœ, quand le dernier article supporte un poil ; tantôt il est simple, lorsqu’il n'en part aucun autre poil, tantôt composé, lorsqu'il est poilu à la manière d’une plume ; les noms de setariœ et de plumosœ expriment ces deux étals.
La configuration des articles. — En faisant connaître la forme générale des Antennes, nous avons souvent indiqué celle de chacun des articles qui les composent. Nous ne reviendrons donc pas sur les articles cylindri ques, moniliformes ou grenus, en scie, etc. — Les articles sont coniques, conici, lorsqu’ils ont la forme d’un cône ou pain de sucre, le côté le plus large répondant à la base de l'Antenne; — en cône renversé, obconici, lorsque le sommet est tourné en bas; — ils sont velus, villosi, poilus, pilosi, cotonneux, tomentosi , suivant qu’ils sont revêtus de poils fins et serrés, de poils nombreux, distants, un peu forts, et d'un duvet cotonneux, doux au toucher; —épineux, spinosi, quand ils sont munis d'un poil très-roide et aigu. Enfin les articles des
Antennes sont tantôt très-distincts , tantôt confondus entre eux. Dans le premier cas, on les appelle articuli conspirui ; dans le second, on les nomme articuti inconspicui. Les Antennes et les parties qui les composent ont reçu beaucoup d’autres noms que nous nous abstiendrons d'énumérer, parce qu’il suffit d'avoir acquis la connaissance des principaux termes pour concevoir facilement un grand nombre d’autres dénominations beaucoup moins importantes. Nous renvoyons d’ailleurs à l'allas de ce Dictionnaire, dans lequel nous avons figuré quelques exemples. Ces variétés innombrables de formes, de connexions, etc., se retrouvent dans la plupart des classes d' Animaux articulés.
Plusieurs Annélides ont des Anlenues au nombre de cinq, dont deux extérieures, deux mitoyennes cl une impaire ; elles ne se rencontrent que dans l'ordre des Néréidées. et c'est à Sa vigny que nous sommes redevables d'une définition rigoureuse de ces parties. Avant lui elles n'avaient été reconnues que d'une manière trèsvague et jamais exacte , quelques auteurs les avaient souvent nommées tentacules et cirrhes. Savigny les assimile aux Antennes des autres Animaux articulés; elles sont plus ou moins rétractiles et plus ou moins sensiblement articulées.
Les Crustacés ont la plupart quatre Antennes ; dans l’ordre des Décapodes, elles sont tantôt petites, les inter- • tnédiaires étant ordinairement cachées dans une petite fossette; tantôt très-longues, les mitoyennes étant presque toujours aussi développées que les latérales. Dans l'ordre des Slomapodes, les Antennes intermédiaires se teriniuenl par trois filets, tandis que les externes n'en offrent qu'un seul. La base de celles-ci est composée d’un grand nombre d'articles groupés entre eux, et placés sur des plans très-différents. D'autres Crustacés offrent aussi une disposition semblable, et, sous ce rapport, leur base diffère beaucoup de celle des mêmes parties dans les autres Animaux articulés. Dans l’ordre des Amphipodcs, les Antennes sont presque toujours en forme de soies, et placées par paires les unes au-dessus des autres sur une tête distincte. Dans celui des Isopodes, elles ont une disposition assez semblable; les latérales sont toujours en forme de soies, et on trouve les intermédiaires réduites quelquefois à une petitesse extrême. Dans le dernier ordre, celui des Branchiopodes, les Antennes sont tantôt au nombre de quatre, et alors elles sont placées par paires les unes au-devant des autres ; tantôt au nombre de deux seulement. Leurs usages sont bien connus; nous les indiquerons bientôt.
La classe entière des Arachnides est privée d' Antennes; celle des Insectes au contraire est pourvue d'une paire de ces appendices. Leur position, leur forme, le nombre des articles qui les composent, etc., varient à l'infini, non-seulement d une espèce ou d'un sexe à l’autre, mais encore chez le même individu, aux deux autres époques de la vie, c’est-à-dire dans l’étal de larve et dans celui de nymphe. Toutes ces modifications sont du ressort de la zoologie et non de l'anatomie générale. Ce qu'il nous importerait de déterminer ici, ce serait les usages de ccs organes singuliers; mais l'histoire des Antennes, sous ce rapport, est plus riche en hypothèses qu'en observations décisives. Quelques savants ont pensé
qu'elles étaient le siège de l’odorat, d'autres celui de l'ouïe; le plus grand nombre enfin les ont regardées comme des organes de tact. Le fait est qu'il est très-difficile de présenter une opinion admissible dans touLcs les circonstances. Dans plusieurs Crustacés branebiopodes. les Antennes, au moyen d'une sorte de ressort, saisissent la femelle et la retiennent pendant l'accouplement. Muller avait cru qu'elles sont le siège de l'organe mâle; mais Jurine (Histoire des Monocles) a relevé celte erreur. Dans d'autres Crustacés du même ordre, ces Antennes sont les organes principaux de la natation. Dans plusieurs Insectes, elles semblent servir au tact; l'Animal les dirige en avant, et touche avec leur extrémité tous les corps qu'il rencontre ; d'autres espèces au contraire les portent toujours renversées en arrière. Enfin l'amputation de ces |>arlies est suivie de phénomènes extraordinaires (les expériences entreprises par Uuberen sont une preuve) ; chez d'autres au contraire, elle ne produit aucun effet. On doit conclure de tout ceci que, si les usages des Antennes ont été entrevus dans certaines espèces, il y a encore loin de ces observations isolées à la connaissance générale de leur fonc- ; tion, et qu’il faut un grand nombre d'expériences extrè- ! memenl variées et entreprises avec des vues judicieuses,
[ pour arriver, sinon à résoudre, au moins à éclaircir la ! question.
ANTENNINE. wltp. y. Néiebtésie.
ANTENNULLES. V. Palpes.
ANTENOIS. mai. y. Antaiv.
ANTËNOKE. Antenor. moll. G. de Céphalopodes, établi par Montfort, pour un petit Nautile vivant, presque microscopique, qu'il appelle A nie no r diaphaneus, et qui vient, dit-il, de Bornéo, y. Nautile.
ANTÉON. Anteon. 15s. G. de l’ordre des Hyménoptères, fondé par Juriue, cl ayant pour caractères : une cellule radiale, incomplète; point de cellules cubitales; mandibules tridenlées ; anleunes filiformes, composées de dix articles dont le premier arqué n'est pas beaucoup plus long que les autres. Lalreille rapporte ce G. à la fam. des Pupivores. Les Anléons se distinguent principalement des Otuales par leur cellule radiale plus incomplète. Ils diffèrent aussi des Céraphrons avec lesquels ils ont cependant plusieurs rapports par leur tête plus grosse et plus ronde, par leurs antennes non brisées, par leur thorax plus effilé en arrière, par l'abdo- ; men moins large que le mésolbornx pris à l’articulation des grandes ailes, et principalement parla présence d'une cellule brachiale fermée.
ANTEUPHORB1UN. bot. Esp. du G. Cacalie.
ANTILÆNANTIE. A nthœnanfia. bot. Ce G., qui a été proposé par Palisot de Beauvois, dans son Agrostographie, pour leJ’halaris riilosa de Michaux, ne diffère du 1‘anicum, auquel il doit être réuni, que par deux écailles de sa Heur neutre qui sont situées dans une position opposée et croisée avec celles de la fleur fertile. y. Paris.
ANTUAXIE. Anthaxia. irs. G. de Coléoptères pentamères, de la fam. des Sternoxes, formé par Eschscliollz aux dépens des Buprestes de Fabricius et de Lalreille. Caractères : palpes maxillaires de trois articles : le premier allongé, en massue à son extrémité, le deuxième
logte
plus court, obconiqtie. le dernier allongé, un peu déprimé, subcylindrique ou légèrement élargi au milieu; menton grand; labre petit; yeux peu saillants et écartés; antennes de onze articles : le premier allongé, en massue et le deuxième très-court; corselet déprimé, presque carré, avec les côtés un peu arqués en dehors; écusson subtriangulaire et acuminé postérieurement; élytres presque parallèles; corps déprimé en dessus; cuisses peu renflées, velues comme le reste du corps, mais non ciliées ; jambes droites et lisses. I.e Huprestis mania de Fab. est le type de ce G. nouveau.
ANTHÉDON. bot. S. d’Azerolier.
AN'TIIÊLE. bot. On désigne par ce terme, l'inflorescence des esp. du G. Juncu », qui du reste n'est qu'une cime ordinaire.
ANTHÉLIE. Anthelia. bol. G. de l’ordre des Alcyonées. établi dans la division des Polypiers sarcoldes, par Savigny. pour des Animaux étendus en plaques minces, j presque aplatis sur les corps marins, et dont les Polypes, à huit tentacules pectines, ne sont point rétractiles, mais saillants, droits, serrés, couvrant toute la surface du polypier. Ce G. diffère des Lobulaires par la forme des Animaux placés dans une sorte de tube immobile et droit : l'extrémité tentaculifère peut seule se contracter. Savigny connaît cinq esp. d’Anthélics, cependant il n'a décrit que la suivante.
A. glatqie. A. fflaucn, Lamx. Gén. Polyp. p. 70. Cette esp., que Savigny a trouvée sur les côtes de la Mer-Rouge, a des Polypes d’une couleur verdâtre, un peu renflés inférieurement : leur bouche, semblable à un point octogone, s’élève souvent en pyramide.
Lamarck présume que VAlçyonium rubrum (Mtlll. Zool. dan. t. ni, p. 2, tab. 82, fig. 1, 4) est une esp. de ce genre.
ANTHÉLIX. mai. Saillie demi-circulaire qui règne à la partie supérieure de l'oreille externe de rilomme; on retrouve des rudiments de cette partie dans quelques Singes.
ANTHELMIE. BOT. S. deSpigélie.
ANTHËMIDE. bot. Camomille.
ANTHÉM1DÉES. bot. Tribu établie par Cassini dans la vaste fam. des Synanthérées.
ANTHÉON. ms. Jurine a établi ce sous-genre parmi les Bélhyles, pour quelques Hyménoptères qui lui ont offert les caractères suivants : dix articles aux antennes, du moins chez les môles; thorax continu; tous les tarses se terminant par des crochets ordinaires, simples et droits; un grand point cubital aux ailes supérieures.
ANTHËPHORE. Anthephorxt. bot. Schreber a fait, du l'ripnacum hermaphroditum , un G. de Graminées que Reauvois a adopté et figuré tab. 13. fig. 8 de son Agrostogrnphie. l'n involucre, à huit divisions, dont quatre longues, lancéolées et dressées, et quatre trèscourtes et réfléchies, alternant avec les premières, contient trois locules. Chacune de celles-ci renferme, dans une lépicène bipaléacée.deux fleurs : l’inférieure neutre, à glumes herbacées; la supérieure hermaphrodite à glumes dures et écailleuses; les involucres sont sessiles sur un rachis flexueux.
ANTHÈRE. Anthera. bot. On appelle ainsi en botanique cette partie essentielle de l'étamine qui contient
la poussière fécondante ou le pollen. Ordinairement l’Anthère est supportée par un filet plus ou moins long. Quand il est très court ou qu’il n’existe point, on dit de l'Anthère qu’elle est sessile comme dans les Daphné. L’Anthère est formée, dans le plus grand nombre des cas. de deux petites poches membraneuses , parfaitement closes avant la fécondation, adossées l’une à l’autre par l'un de leurs côtés, ou réunies par un corps intermédiaire. de nature différente, qui porte te nom de Connectif. Les deux petites poches membraneuses, qui i forment l’Anthère, se nomment les loges; elles sont par- I (âgées intérieurement en deux parties par une cloison longitudinale, indiquée ô l’extérieur par un sillon plus ou moins marqué. Les Anthères sont donc le plus souvent à deux loges ou hiloculaires. Quelquefois elles n'en offrent qu'une seule; elles sont uniloculaires, comme dans les Pins, les Épacridées, la plupart des Malvacées, etc. Enfin dans quelques cas infiniment plus rares, elles sont quadriloculaires. comme on l’observe dans le Jonc fleuri. Butomus umbeUatus , L. Les Anthères sont ordinairement attachées au sommet du filet par leur base ; quelquefois c'est par le milieu de leur face postérieure, ou bien enfin par leur sommet; dans ce dernier cas on dit qu'elles sont pendantes. La forme des Anthères présente les plus grandes variations.
| Ainsi elles peuvent être sphéroldales , ou globuleuses, j ovoïdes, allongées, sagitlées ou en fer de flèche, cordi- ; formes, réniformes. Leur sommet peut être aigu, obtus, entier, bifide, etc.; leur base entière, bifide ou terminée par des appendices de forme variée, comme on l’ob- I serve dans les Bruyères. Les deux loges qui composent une Anthère biloculaire, peuvent être réunies l’une à l'autre de différentes manières. Tantôt , en effet , elles sont immédiatement accolées, sans qu'aucun autre corps soit interposé entre elles; tantôt c’est la supérieure du filet qui leur sert de moyen d’union, comme on le remarque dans la plupart des Renonculacées ; enfin il existe quelquefois entre les deux loges un corps à la fois distinct du filet et des loges, qui les réunit en même temps qu'il les écarte l’une de l'autre. Ce corps est le ! Connectif, dont il a déjà été question. Il est très-remarquable dans l’Èphémèrc de Virginie, dans les Sauges , etc.
Le pollen ou la matière fécondante des Végétaux est, avons-nous dit, renfermé dans l'intérieur des loges de l'Anthère, qui sont parfaitement closes. Pour que la fécondation puisse s’opérer, il faut nécessairement que les Anthères s'ouvrent ou se crèvent, afin que le pollen qu’elles renferment soit mis en contact avec l’air atmosphérique. C’est ce qui a lieu en effet. Les Anthères s'ouvrent ordinairement à l'époque de l'épanouissement des differentes parties de la fleur. Mais celle déhiscence des loges de l'Anthère se fait de plusieurs manières différentes. Le plus souvent c'est par toute la longueur du sillon qui règne sur chaque loge; quelquefois c'est par une partie seulement de ce sillon. Dans le genre Solanum, dans les Bruyères, c'est par un pçl^l trou qui se forme à la partie supérieure de chaque loge ; dans la Pyrole ce trou est situé à la partie inférieure des loges; enfin dans les Lauriers, l'Épine-vinette, etc., la déhiscence a lieu au moyen de petites plaques ou valves, qui
se roulent ou s’enlèvent de la parité inférieure ver» le sommet.
Lorsqu’il y a plusieurs étamines dans une même fleur, les Anthères peuvent être libres et sans adhérence les unes avec les autres, ou bien elles peuvent être réunies et soudées latéralement entre elles et former uue sorte de tube. Celte disposition s'observe dans toute une famille de Plantes nommées pour cette raison, par Richard père, Synanlhérées.
Enfin dans plusieurs familles naturelles de Plantes, l’Anthère est soudée et intimement confondue avec.le pistil, comme toutes les plantes de la Gynandrie de Linné.
ANTUÉPilC. Anthericum. bot. G. de la fam. des Asphodélées, Hexandrie Monogynie, L. Caractères: calice hexasépale, ouvert; six étamines à filaments grêles et hérissés de poils; un ovaire surmonté d'un stigmate simple; une capsule renfermant des grainesanguleuses. Ce G. ainsi circonscrit, ne renferme qu'une partie des pl. que Linné avait réunies sous le même nom. et dont plusieurs sont européennes. — Les Anlhérics sont des pl. succuleutes, bulbeuses, vivaces, presque toutes originaires du Cap. Leurs feuilles sont épaisses, charnues, rassemblées en rosette, ou bien cylindriques et fisluleuses; leurs fleurs forment de longs épis simples ou ramifiés à la partie supérieure de la hampe.
AXTHÉROGÈNE. bot. De Candolle donne ce nom aux fleurs dont les anthères sont transformées en pétales qui ont la forme d'un cornet, comme par exemple l'Ancolie.
ANTHÉROPHAGE. Anthcrophagus. ms. Coléoptères pentamères. G. fondé par Mégerle et adopté par Dejean. Il unit les Dacnés aux Ips, et peut être rapporté aux Nilidules de Fabricius. 11 a pour caractères distinctifs : la massue des antennes aplatie et composée de (rois articles; tous les articles du tarse entiers, de même que les côtés du corselet; le premier article des autennes épais, le suivant, le deuxième, assez grêle, et les autres égaux et transverees. Le Dermestes pollens , Lino. D. pallidus, Mars. D. rariabilis , Fab. Ipspallida, Latr. est le type de ce G.; Stephens lui adjoint Y Ips silaceus de Ilerbsl et le Cryptophagus g lober de Gillenhal. Ces trois esp. sont d'Europe.
ANTHÉRURE. Antherura. bot. G. de la fam. des Rubiacées, proposé par Loureiro, dans sa Flore de la Cochinchine, et que Willdenow et Jussieu réunissent au Psychotria.
ANTHÉRYLIE. Antherylium. bot. G. de la fam. des Salicaires, lcosandrie Monogynie, L., qui a pour caractères : uu calice ouvert, à quatre divisions, dans l’intervalle desquelles s'insèrent quatre pétales ondulés sur leurs bords; douze à seize étamines, insérées au calice, A filets filiformes, à anthères courtes et recourbées; un ovaire libre ; un seul style et un seul stigmate. Le fruit est une capsule, à une seule loge, s'ouvrant en trois, rarement en quatre valves, et contenant plusieurs petite* graines attachées à un axe central qui porte le style. Mais, comme Vahl le soupçonne, et comme l'indique l'analogie, la capsule n'est elle pas plutôt tri ou quadriloculairc? On n'en connaît encore qu'une esp., A. Bohriif qui croit A l’Ile Saint-Thomas. C’est un Arbris-
seau dont les branches et les rameaux sont opposés, ainsi que les feuilles qui sont entières. Au-dessous du point où naît le pétiole, on voit un tubercule armé de deux aiguillons, et il en existe un semblable A l'insertion des rameaux; les fleurs sont disposées, A l'aisselle de ces tubercules ou des feuilles, par faisceaux de trois A huit.
ANTHÊSE. bot. On appelle ainsi l'ensemble des phénomènes que présentent les fleurs, lorsqu'elles s'ouvrent et s'épanouissent. Cet épanouissement des fleurs ou de l'Anlhèse n’a pas lieu A la même époque, pour tous les Végétaux. Elle tient A la nature même de la plante. A 1'mfluence du calorique et de la lumière, et à la position géographique du Végétal. Les fleurs sont le charme et la parure des Végétaux; et comme leur durée est en général courte et passagère, si elles se fussent épanouies toutes à la même époque, les Plantes fussent restées trop longtemps privées de leur plus bel ornement.
Toutes les saisons de l'année voient éclore des fleurs. Au milieu des neiges et de* frimas de l'hiver, le* Leucoions. les Galantbes, les Primevères, les Daphnés. etc., épanouissent les leurs. Le voyageur qui gravit les pentes escarpées des Alpes, parvenu au pied des neiges éternelles. y découvre des Renoncules, la Soldanelie et d'autres Végétaux fleurissant au milieu des glaçons. Mais c’est surtout au printemps, quand la chaleur vivifiante du soleil vient ranimer la nature, que les Végétaux, obéissant à l'impulsion générale communiquée à tous les êtres de la création, se parent du plus grand nombre de fleurs. Aussi, dans noire climat, les mois de mai et de juin sont-ils ceux qui en voient le plus éclore.
On peut partager les Plantes en quatre classes suivant l’époque de l'année où les fleurs se développent.
1° Les Plantes prinlannières. ou celles dont les fleurs se montrent pendant les mois de mars, avril et mai, comme les Violettes, les Jacinthes, les Renoncules, etc.
2» Les Plantes estivales; elles fleurissent depuis le mois de juin jusqu'à la fin d'août : ce sont les plus nombreuses.
3° Les Plantes automnales; elles développent et épanouissent leurs fleurs depuis le mois de septembre jusqu’en décembre : telles sont le Colchique d'Automne, les Œillets d'Inde, les Asters, etc.
4° Enfin les Plantes hiéroales ou hibernales sont celles qui fleurissent depuis le milieu de décembre environ jusqu’en février; elles sont en petit nombre.
C’est d'après la considération de l’époque à laquelle les différentes plantes produisent leurs fleurs, que Linné a établi son Calendrier de Flore. Cet immortel naturaliste avait fait la remarque ingénieuse que plusieurs Végétaux fleurissent à des époques précises et bien déterminées ; il en tira la conséquence que l'on peut, d'après leur épanouissement, déterminer le mois de l'année dans lequel ou se trouve. Ainsi, par exemple, sous le climat de Paris, l'Hellébore noir fleurit en janvier ; le Coudrier en février, l'Amandier cl le Pêcher en mars; le» Poiriers et les Tulipes en avril; les Pommiers et les Lilas en mai, etc.
Remarquons encore que non-seulement les Végétaux se couvrent de fleurs A des époques déterminées de l’an-
née, mais qu’il est encore de cet fleur* qui s’ouvrenl et *e ferment à de* heures fixe* de la journée ; quelquesunes même ne s'épanouissent que pendant la nuit ; de là on a distingué les Plantes en diurnes et en nocturne*. Linné a encore tiré de celte observation l'heureuse idée de son Horloge de Flore, dans laquelle il a rangé les Végétaux suivant l'heure de la journée ou de la nuit où leurs fleurs sont épanouies.
Les différents météores atmosphériques paraissent avoir également une influence marquée sur la floraison de plusieurs Végétaux : ainsi le Lailron de Sibérie ouvre ses calathides quand le ciel se couvre de nuages, tandis que le Calendula pluvial in ferme les siennes aussitôt qu’un orage est prêt à éclater.
Si nous observons la durée des fleurs, nous y remarquerons encore les plus grandes différences. Ainsi il en est qui se fanent presqu’aussitôt qu'elles sont épanouies; on les a appelées fleurs éphémères, telles sont celles des Cistes et de beaucoup de Cactiers. Ainsi le Cactus grandiflorus épanouit ses superbes fleurs, qui exhalent l'odeur de la Vanille la plus suave, vers les sept ou huit heures du soir, et, à onze heures ou minuit, elles se ferment pour ne plus se rouvrir. Enfin il est quelques fleurs dont la couleur varie aux différentes époques de leur développement. V Hortensia, par exemple, a d'abord des fleurs vertes; elles prennent insensiblement une belle couleur rose, et finissent par être d'une teinte bleue, plus ou moins intense. Les fleurs de Y Ænothera tetraptera, qui sont d'un beau blanc pendant l'épanouissement, deviennent pourprées en se fanant, ou quand on les dessèche pour les conserver dans l'herbier. Quelques fleurs sont inodores durant le jour, tandis que dans la nuit elles exhalent un parfum délicieux. ANTHESTÉRIE. Anthesteria. bot. V. Axtbistire. ANTH1A. V. Axtbie.
ANT1JIARE. Anthiaris. bot. G. de la fam. des Urlicées, créé par Lechenault pour une esp., A. toxicaria, qu’il a découverte dans les forêts de la partie orientale de l'ile de Java. Il lui donne pour caractères des fleurs monoïques réunies en épi lâche, et couvertes d'écailfes imbriquées : les mâles ont un grand nombre d'étamines très-courtes, insérées sur un réceptacle oblongo-conique; les femelles ont un ovaire, deux styles allongés et divergents, une drupe renfermée dans le calice.
ANTHIAS. pois. Bloch a donné ce nom à un G. qui n’a été conservé ni par Lacépède, ni par Cuvier. Ces naturalistes en ont fait des Lutjans, des Serrans, des Diagrammes, etc.
ANTIIICE. Anthicus. ms. Paykull. dans sa Faune suédoise, appliqua ce nom à plusieurs Insectes qui étaient des Meloês et des Allelabes de Linné. Fabricius l'adopta, mais il y réunit le G. Pselaphus d'Ilerbst, ainsi qu'un Insecte appelé par Geoffroy ISotoxe, et pour surcroît de confusion, il conserva ce G. Notoxe pour les esp. nommées riolaceus, mollis et chinensis.
ANTHIDIE. Anthidium. ns. Hyménoptères, section des Porte-Aiguillon; G. établi par Fab. aux dépens du G. Apis de Linné, et placé par Lalreille dans la fam. des Mellifères. Caractères lèvre filiforme, longue, fléchie en dessous; son extrémité entière; tarses postérieurs, à premier article, presque également large,
point pollinifère; labre en carré long, incliné verticalement sous les mandibules; palpes maxillaires très-petites, et sans articulations apparentes. Les Antbidies se distinguent des Slélides, des Osmies. des Mégachiles et autres genres qui les avoisinent, par leurs palpes maxillaires composées d’un seul article; elles sont, en outre, remarquables par la forme singulière de leur labre et par les palpes de la lèvre qui ont quatre articles, les deux premiers allongés,.! rès-distincls, fortement comprimés, et regardés, par la plupart des entomologistes, comme une division de la lèvre inférieure. Ces Insectes ont, en outre, les antennes filiformes, brisées, insérées au milieu de la face antérieure de la tête, de treize articles dans les mâles, et dfe douze dans les femelles; le labre est corné et un peu convexe; les mandibules sont saillantes, terminées par unedent aigue, et croisées dans le repos; les palpes maxillaires sont velues, obtuses et un peu plus grosses versieur base;lesoreillfltes(/>ara<7/o*sa d'illiger) ou les deux premiers articles des palpes labiales se terminent en une petite lame lancéolée, étroite, un peu courbée en dedans; les deux dernières palpes, c’est-à-dire, la troisième et la quatrième, sont très-petites; la lèvre elle-même est soyeuse dans certaines parties : tous ces détails d'organisation ont été donnés par Latreille dans un Mémoire très-inléreBsant sur le genre Anthidie (Ann. du Mus. d'Hist. nat. T. xiii, p. 24). Ce savant a renouvelé l'observation de Kirby sur la matière que les Anthidies emploient à la construction de leurs nids; il a vu les femelles de ces Insectes enlever le duvet cotonneux qui tapisse les feuilles du Coignassier ( Pyrus Cydonia, Linn .), et construire avec celte récolte un nid dans lequel elles déposent leurs œufs, et auprès d’etix une sorte de pâtée pour nourrir les larves. Les Antbidies paraissent, dans nos climats, vers la fin de juin ou le commencement de juillet. Les mâles se distinguent des femelles par un abdomen plus volumineux, terminé par des anneaux de formes différentes suivant les espèces, ce qui a fourni au savant précité des divisions très - commodes pour leur groupement. Le nombre de celles qu’il décrit est de vingt-six. La plupart sont originaires du midi de l'Europe et de l’Afrique. L’A. à cinq crochets, A. manicatum, Fab., sert de type au genre.
AIS’THIE. Anthia. ms. Coléoptères pentamères; G. fondé par Weber, et placé dans la fam. des Carabiques. Caractères : corselet presque en cœur ; tête point rétrécie postérieurement; point de col apparent; palpes filiformes; lèvre en languette, cornée, ovale et très-saillante; abdomen ovale, convexe. Les Anthies offrent, en outre, plusieurs particularités remarquables : leur tête est ovale, au moins aussi large que le prolhorax, et supporte des antennes filiformes; la bouche présente des mandibules fortes, avancées; un labre saillant, solide, quadrilatère ou arrondi et denté antérieurement, et un menton profondément échancré, recevant la base très-rétrécie de la languette : celle-ci est ovale et dépourvue, suivant Bonelli, de ces pièces membraneuses qui bordent le même organe dans tous les Carabiques et qui ont reçu le nom de Paraglosse. Le mésolhorax est rétréci antérieurement, et reçu dans l’ouverture postérieure du corselet ; les jambes de celui-ci portent
une échancrure à leur côté interne; les élylres sont | tronquées postérieurement dans quelques espèces; elles | ne recouvrent point d’ailes membraneuses et sont presque toujours soudées entre elles. Ces Insectes ont une taille assez grande; ils sont tous exotiques; plusieurs esp. ont été trouvées communément en Afrique; elles vivent dans le sable. — VA. sex-guttata sert de type au G.; on y rapporte aussi les A. mariltosa , thoracica. lièrent gutlaln, quatuor yullata, etc., Fab. Les esp. auxquelles ce dernier donne les noms de r ariegnla , trilineata, exclamationis, appartiennent au G. Graphiptère.
ANTHILION. bot. S. A'Helianthus annuui ».
ANTIIIPNE. Anlhipna. ns. G. de Coléoptères tétramères delà fam. des Lamellicornes, formé aux dépens des Ampliicomes. par Escbschollz, et adopté par La- Ireille avec les caractères suivants : antennes de dix articles, avec la massue ovale, composée de feuillets libres; mâchoires terminées par un lobe membraneux, étroit, allongé en forme de lanière; palpes maxillaires guère plus longues que les autres : le dernier article ne surpassant point le précédent en longueur; point de rebord au chaperon , lequel forme , avec la portion médiane de la tête, une plaque en carré long rebordée latéralement et postérieurement ; deux dents au côté externe des jambes antérieures; les qua'rc premiers articles des tarses dilatés en forme de dents, chez les mâles. VAmphicoma aMominalis , Latreille, et la Melolontha alpina , Cl., font partie de ce genre.
ANTHIST1RE. Anlhistira. bot. G. de la fam. des Graminées, séparé de3 Andropogons par Desfonlaines. Caractères: fleurs réunies en une panicule lâche; les mâles, au nombre de quatre, sessiles et vcrticillées; les neutres, au nombre de deux, pédicellées, mutiques; l’hermaphrodite centrale, munie d'une arête contournée, très-longue et dure. Les Anthistires sont des pl. rigides, dont quelques-unes acquièrent une certaine hauteur; elles couvrent les terrains arides des pays chauds. Le gluiua parait propre à la Barbarie. Le ciliata se trouve dans les Antilles, comme â l’l le -de- France et, tout dur qu’il est. semble y fournir aux Chevaux un aliment assez profitable. Le giganlea a près de deux toises d’élévation.
ANTHOBOLE. Anlhobolua. bot. Sous ce nom. R. Brown a étahli,danslafam.desSantalarées, un G. fondé sur les caractères suivants : fleurs dioïques, dépourvues de corolle, mais présentant un calice â trois sépales, à la base desquelles s'insèrent trois étamines dans les mâles, qui sont caduques dans les femelles. Celles-ci offrent, d'ailleurs, un stigmate sessileâ trois lobes, une drupe à une seule graine, contenant un embryon renversé dans le centre d’un périsperme charnu. Les deux esp. que l'auteur a observées dans la Nouvelle-Hollande, sont des Arbrisseaux semblables |>our le port à YOqrri*. Leurs branches et leurs rameaux, dont le nombre est très-grand, sont articulés; leurs feuilles éparses, sessiles, sans stipules, articulées avec les rameaux qui les portent, sont étroites au point d’être | presque filiformes. Les pédoncules axillaires portent trois ou quatre fleurs petites et jaunâtres.
ANTHOBRANCHE. moll. Dénomination employée par |
Goldfuss, dans sa méthode de classification, pour caractériser la première famille de l'ordre des Gastéropodes. y. Mollisqees.
ANTHOCARPE. bot. Lindley donne ce nom aux fruits que De Candollc appelle Polyanthocarpes. c'est-à-dire fruits composés qui se forment de la soudure de plusieurs carpelles d’une même fleur.
ANTHOCÉPHALE. Anl/tocephalus. ixt. Ce nom a été donné par Rudolphi à un G. de Vers intestinaux, découvert par Cuvier et désigné par lui sous le nom de Floricepa. F. ce mot.
ANTUOCERAS- Anlhoceras. bot. CeG. est mentionné par le docteur Bertero, comme appartenant au Chili, et ayant beaucoup d'affinité avec le G. Sowcrbea de la Nouvelle-Iiollande. Il y en a deux esp., A. ornithogaloiiles et otlorum , dont les descriptions non plus que les caractères ne uous sont point encore parfaitement connus.
ANTHOCERCIS. bot. G. des Soin nées. Penlandrie Monogynie, L. Caractères : calice quinquéfide ; corolle catnpanulée : le limbe à cinq divisions égales, allongées et rayonnées; le tube strié intérieurement et rétréci à sa base; quatre étamines didynames, non saillantes, et le rudiment d'une cinquième; un seul style et un stigmate. Le fruit est une capsule à deux loges et â deux valves, dont les bords réfléchis s'insèrent à un Irophosperme parallèle. 11 porte plusieurs graines réticulées à l’extérieur, et présentant intérieurement, au centre d’un périsperme charnu, un embryon cylindrique, légèrement arqué et homotrope. La BiUardière en a le premier fait connaître une espèce qui est figurée lab. 158 de ses Pl. de la Nouvelle- Hollande, et R. Brown en a décrit une seconde. Ce sont des Arbrisseaux dont les feuilles alternes, épaisses et quelquefois parsemées de points glanduleux, s'insèrent aux rameaux par un pétiole ou par un rétrécissement de leur base. Les fleurs sont axillaires, solitaires, portées sur un pédoncule qu’accompagne une petite bractée, et qui se rompt facilement à son articulation. Leur corolle est belle, de couleur blanche ou jaune, et présente quelquefois six ou huit lobes au lieu de cinq.
ANTUOCEKOS. bot. Ce G. appartient à la fam. des Hépatiques; il a été établi par Dillen. Les Authocéros ont une capsule très longue, subulée. entourée à la base par une sorte de calice ou de gaine ; cette capsule s'ouvre en deux valves jusqu’à sa base, et présente, dans son centre, un axe ou columelle libre sur lequel sont insérées des graines nombreuses, entremêlées de filaments en spirales. Dans sa jeunesse, cette ca|»sule est recouverte par une coiffe qui se détruit promptement. Hedwig a regardé comme organes mâles des globules ohlongs, entourés d'un anneau articulé, et remplis de fluide, qui sont épars à la surface de la fronde; on a distingué quatre esp. de ce G. qui ne sont peut-être que des variétés d'une ou deux esp. Toutes ont une fronde rayonnante en rosette plus ou moins divisée, de la surface supérieure de laquelle naissent les capsules. Ces pl. croissent dans le nord de l'Europe et de l’Amérique sur la terre humide, dans les allées des bois; il parait qu’il en existe aussi plusieurs esp. encore peu connues dans l'Amérique équinoxiale et dans les iles d’Afrique.
ANTHOCHÆR.A. !?»*■ Hortfield a établi sous ce nom un G. dont le C rend ion caroncule de Vieillot est le type. F. PmiAlU'Il.
ANTHOCHARIDE. Anthochari». ixs. Lépidoptères diurnes; démembrement du G. Coliade, qui donne naissance A un sous-genre nouveau, dont le C. Eupheno serait le type.
ANTHOCONUM. bot. F. Marchante.
ANTHOCOPE. Anthocojni. ns. G. de l’ordre des Hyménoptères, fam. des Mellifères, établi par Lepelletier; il comprend les Abeilles qui, outre les palpes maxillaires. de deux ou trois articles bien distincts, ont les mandibules tridentécs. Ce G., s’il ne se confond pas avec le G. Rophite, en est du moins très-voisin.
ANTHODE. Anlhodus. bot. Martius a établi sous ce nom, dans sa Flore du Brésil, un G. dont les huit espèces ont été ensuite réunies au G. Tonsella de Schreber, il fait partie de la Triandrie Monogynie de L., fam. des Hypocratéacées.
ANTHODION. Anthodium. bot. Erharl a désigné sous ce nom toute fleur composée ; Willdenow en a res treint la signification à celle de calice commun. Cassini l'a changée en celle de calathide. Link distingue PAnthodion quand les fleurs s’épanouissent de la circonférence vers le centre, et l’Antbodion faux quand on observe la marche contraire ou que l’épanouissement s’effectue sur plusieurs points à la fois.
ANTHODISQUE. Anthadiscus. bot. G. de la fam. des Rosacées, Icosandrie Polygynie, L., établi par Mayer dans sa Flore d’Essequcbo. Caractères : calice arrondi, avec son limbe plane, presque entier ; la corolle se compose de cinq pétales caducs, oblongs*; les étamines sont nombreuses, deux fois aussi longues que la corolle; l'ovaire est libre, arrondi, un peu déprimé, strié, couronné d’une vingtaine de styles : le fruit est une baie sèche, arrondie, sillonnée. VA. trifoliatu « est un Arbre à feuilles alternes et ternées, dont les fleurs forment des épis de la longueur des feuilles.
ANTHODIUM. bot. Cavanilles a donné ce nom à l’involucredes pl. de la fam. des Synanthérées. F . Avtho- ■IOH.
ANTHODON. bot. G. de la fam. des Hypocratécs, Triand. Mon., établi par Ruiz et Pavon, dans leur Flore du Pérou. Caractères : calice planiuscule, à cinq lobes arrondis : les deux extérieurs plus petits; cinq pétales oblongs, larges A la base , inéquilatérawx. dentés ou très-rarement entiers, épais, inégaux et étalés; les trois étamines insérées entre le disque et l’ovaire; leurs filets élargis inférieurement; anthères uniloculaires, déhiscentes par le sommet et transversalement ; ovaire trigone, à trois loges renfermant chacune environ huit graines fixées, sur trois rangs, à un axe central; style très-court, couronné par nu stigmate à trois lobes peu marqués ; baie globuleuse à deux nu trois loges monospermes par avortement ; graines ovées , enveloppées de mucilage. Ces caractères ont été observés sur la fleur par Kunth (A:op. Gen. 5. p. 140) et sur le fruit par Martius (In Schull. Afantis. p. 25;»). Ils se confondraient, selon Kunth, avec ceux du Tantalea d’Aublet qu’il ne serait plus guère facile de pouvoir distinguer. Cependant celui-ci a été réuni au Salaria de Linné, G. encore
I DU. T. DES SC.ir.VCES 5 AT,
. fort obscur, à la vérité; aussi De Candolle, qui a admis cette réunion, s’est -il demandé ai elle différait suffisamment du G. Salaria. Les A. sont des Arbrisseaux volubiles, A feuilles opposées, entières, à fleurs offrant diverses inflorescences, en faisceaux, en paniculcs, en cymes, etc., axillaires, latérales ou terminales. Ruiz et Pavon n’avaient décrit cl figuré que VA. dreussaium, plante des Andes du Pérou et des rives de l’Oréuoque, près d’Angustura. Elle a été de nouveau figurée par Kunth {Loc. rit. t. 445). La terminaison du nom générique a été inutilement changée par Martius qui a proposé le mot A'Anthodm, et qui a décrit très-succinctement buitnouvelles esp. indigènes de l'empire Brésilien, savoir : quatre des environs de Rio-Janeiro et les autres des forêts désertes des provinces de Bahia et de Goyazana.
ANTHCENANTE. bot. F. A vth.evavtir.
ANTIIOLISE. bot. F. Avtholyze.
ANTIIOL1THE. bot. Nom proposé, par Brongniard fils, pour désigner des Fleurs fossiles, qu'il croit appartenir A la fam. des Liliacées.
ANTHOLOMA. bot. La Billardière a nommé ainsi un bel Arbuste qu'il a trouvé sur les hauteurs de la Nouvelle-Calédonie, et figuré pl. 41. Le calice est formé de quatre, plus rarement de deux sépales; la corolle parait l’étre de plusieurs pétales réunis parleurs bords en une sorte de godet qui a son bord supérieur crénelé, et sa base insérée au pourtour d’un disque charnu, large et hypogyne, dont elle se sépare eu se fendant circulairement. Ce même disque porte des étamines très-nombreuses, à anthères oblongues, dressées, acuminées, et au milieu un ovaire, surmonté d’un long style qui renferme quatre loges polyspermes. Les fleurs sont grandes ; leurs pédoncules axillaires, épais, disposés comme en ombelle ; les feuilles alternes ou plutôt presque opposées, coriaces, grandes et presque entières. L’Arbuste atteint plus de quinze pieds d'élévation. De Jussieu ne partage pas l’opinion de La Billardière qui rapporte l’Anlholoma aux Ébénacées. 11 lui parait avoir plus d'affinité avec le Margracia, dont il diffère par l'ouverture supérieure du godet qui forme la réunion de ses pétales, par l’existence d’un style et par le moindre nombre des loges de son fruit; et il doit, par conséquent et malgré la disposition alterne de ses feuilles, prendre place dans les Gultifèrcs près de ce G. que les indications de Richard père ont fait ranger dans cette dernière famille.
ANTHOLYZE. Aniholyza. bot. Ce G. de Linné, successivement annulé et reproduit par les différents méthodistes. vient enfin de recevoir des caractères moins variables que ceux qu'on lui avait assignés jusqu'à ce jour; ils ont été tracés par BeIIenden-Ker,dans son Jridearum généra, ainsi qu'il suit : inflorescence en épi; spatlie bivalve; corolle tubuleuse A six divisions régti Hères, rarement inégales; orifice sensiblement turbiné; limbe penché; étamines dressées, à stigmates capillaires roulés et entiers; capsule coriace, obronde et lisse, renfermant deux rangées de graines globuleuses, contrac tées, assez irrégulières et peu nombreuses dans chaque loge. Les A. sont des plantes herbacées à feuilles linéaires. allongées ; A tige simple . cylindrique . noduleuse ,
lü
plus ou moins élevée; le bulbe d'où elle part est arrondi, déprimé. aplati, convexe supérieurement et concave inférieurement. Cinq ou six e$p. composent <£ G. qui a pour type VA.æth iopica de Linné; toutes sont du J cap de Bonne Espérance ou de la partie méridionale de l’Afrique et non de l’Éthiopie, comme pourrait le faire croire la dénomination appliquée fort légèrement à l’une d'elles.
ANTHOMIZE^. ois. Vieillot et plusieurs ornithologistes après lui, ont donné ce nom à une fam. de leur grande division des Passereaux.
ANTHOMY1K. Anthomyia. ixs. G. de l’ordre des Diptères, établi par Meigen aux dépens du G. Mouche de Fab. Latreille le range dans la fam. des Muscides. Caractères : antennes plus courtes que la tète qui est hémisphérique cl transverse; son verlex incliné en devant; corps peu allongé relativement à son épaisseur. L'inclinaison du vertex et le peu d'allongement du corps distinguent seuls ces insectes des Scatophnges. Ils diffèrent, au contraire, des autres G. par la proportion de leurs antennes, et surtout par leurs ailerons petits, leurs balanciers presque entièrement à découvert, leurs yeux toujours sessiles et leurs pattes non ravisseuses. La Mouche des pluies, Musca plurialis de Fabricius, sert de type à ce G.; on y réunit aussi l'esp. nommée Meditabutula.
AN’THONOME. Anlhonomus. ixs. Coléoptères tétramères; G. fondé par Germar. aux dépens du G. Pallcne de Megerle, dans la fam. des Curculionides; il a pour caractères principaux : antennes de douze articles; trompe allongée, filiforme; yeux ronds et proéminents; corselet presque conique; corps oblong. à peine écailleux ; cuisses dentées, les antérieures fort épaisses. Ce G. se compose d'une dizaine d'esp. parmi lesquelles sont les Cure. pomorumf Lin.; incurvus, Fab.; rubi, Herbst. ; etc.
ANTHONOTE. Anthonota. bot. Beauvois, dans le premier volume de sa Flore d’Oware et de Bénin , a établi ce G. qui appartient à la fam. des Légumineuses, Décandrie Monogynie, L., et qui a des rapports intimes avec les G. y ouapa et Outea d’Aublet. Il se distingue du Couapa par son ovaire sessile et par ses étamines qui sont libres et au nombre de dix. Trois d'entre elles, plus grandes, ont, comme le dit Beauvois. les anthères plus grosses, et pourraient bien être les seules fertiles; dans l’ Outea il n’y a qu’une seule étamine stérile. Ce G. ne renferme qu’une esp., A. macrophylla , Arbrisseau qui croit sur les bords des rivières, entre les villes d'Oware et de Buenopozo, et qui offre des feuilles bi ou trijuguées. dont le pétiole est renflé à sa base; des folioles très-grandes, ovales, acuminées; des fleurs en panicules axillaires.
ANTHOPUAGE. Anlhophagus. ms. Nom sous lequel Gravenhorst désigne un G. de Coléoptères, établi antérieurement par Latreille, sous le nom de Lestève.
ANTHOPH1LE. Anthophila. ns. G. de Lépidoptères de la fam. des Papilionides diurnes, établi par Bois- Du val, mais qui n'a point paru susceptible d'étre adopté, tant ses caractères sont peu différents de ceux du G. Argus.
ANTHOPHILES ou MEI.LIFKRES. Anthophilæ. ns.
Grande fam. des Hyménoptères Porte-Aiguillon, à laquelle Latreille assigne pour caractères d'avoir les tarses des deux pieds postérieurs, dans les femelles et les neutres, propres à ramasser le pollen des fleurs; le premier article de ces tarses est, à cet effet, grand, comprimé, en carré long ou en triangle renversé. Les mâchoires et les lèvres sont ordinairement fort longues et composent une sorte de trompe. La languette est en fer de lance ou bien sétarée. Tous les Insectes qui se rangent dans cette division, tirent leur nourriture du suc mielleux des fleurs. Les larves reçoivent le même aliment mêlé au pollen et constituant une sorte de bouillie. Celte fam. embrasse le grand O. Apis de Linné, qui est lui même subdivisé en deux familles . les Andrenètes et les Apiaires. Duméril emploie aussi le mot Anthophiles ou Florilèges pour désigner une fam. des Hyménoptères ; mais il lui donne une acception beaucoup moins étendue , puisqu'elle comprend seulement les G. Philantiie. Scolie, Frelon et Melline.
AN'TIfOPHORE. bot. De Candolle nomme ainsi un prolongement du réceptacle ou torus, qui part du fond du calice, et porte les pétales, les étamines et le pistil. Cet organe est propre à la fam. des Caryoph j liées.
A.NTH0PHOHE. A nthophora . ma. G. d'Uyménoptères, section des Porte Aiguillon, extrait par Latreille du grand G. Abeille, et ayant, selon lui, pour caractères : premier article des tarses postérieurs des femelles dilaté vers l'angle extérieur de son extrémité; second article inséré près de l'angle interne du précédent; pattes postérieures toujours pollinifères; divisions latérales de la lèvre, ou paraglosses beaucoup plus courtes que les palpes; ces palpes en forme de soies écailleuses; mandibules unidentées au côté interne; palpes maxillaires de six articles. Les Anlhopbores ont en outre les antennes sétifonnes ou à peine plus grosses vers le bout, ne dépassant pas la naissance des ailes dans les deux sexes ; leur corps est court, gros et velu; la tête basse, comprimée, plus étroite que le corselet; l'abdomen conique et les pattes postérieures très-fortes. CeG. est fort nombreux, et il a été encore augmenté par les entomologistes qui, n'ayant pas su distinguer les sexes, les ont décrits séparément. En effet, le mâle diffère beaucoup de la femelle par la couleur du duvet de son corps et surtout par celle du labre Latreille a donné des renseignements curieux sur ces Hyménoptères. On sait qu'ils font leurs nids dans les crevasses des vieux murs et des rochers à pic, exposés au midi. Ils déposent dans chaque trou, de la nourriture et un œuf qui éclot neuf mois après, c'est-à-dire au printemps suivant; la larve achève en peu de temps sa métamorphose, et l'Insecte parfait , après avoir détruit le couvercle de terre qui fermait sa demeure, paraît vers le printemps et jusqu'au solstice d'été, époque à laquelle on n*en observe plus.
Latreille avait d’abord établi ce G. sous le nom de Podaliric; il l’a remplacé par celui d’Antbophore, nom qui a été aussi employé par Fab. , mais dans un autre sens. Ce nomenclnteur place dans les Anlhopbores les Insectes constituant les G. Chelostome, Hériadc,Stélide, Osmie et Mégachilc; il appelle ail contraire Mégilleles Anthophores de Latreille. tels qu’ils viennent d’être dé-
criU. Ces derniers sont compris sous la dénomination de Lasies dans l'ouvrage de Jurinc. Les Anthophores sont rangés dans la tribu des Apiaires, fam. des Mellifères; ils avoisinent les G. Eucère, Maeroeére, Melliturge, Saropode. dont ils se distinguent par un ou plusieurs des caractères précités.
L'esp. serv ant de type à ce G. est l’Anthophore hérissé. Met] il la pilipes, Fab.; le mâle est figuré par Panzer (Faun. Ins. Genn. fasc. 55, tab. 6, 8) et par Jurine (Classif. des Hymen, tab. Il, genre 53). Cette esp. se trouve aux environs de Paris. On en rencontre aussi plusieurs autres dans la même localité; la mieux observée est l'Anlhophore des murs, Megilla parietina , Fab.
ANTHOPHYLAX. bot. Ce G., établi par Wendland , est le même que I elFendlantlia de Willdenow, qui n’est lui-même qu'une esp. du G. Ménispenne.
ANTHOPHYLLE. Anthophyüum. ross. G. de Zoophytes que l'on retrouve en plus ou moins grande abondance, dans presque tous les dépôts ou couches.
ANTHOPHYLL1TE. six. Minéral de la classe des substances terreuses, qui a été découvert à Konsberg en Norvège, et dont Schumacher a donné la première description. On l’a retrouvé depuis au Groenland, où il est accompagné d’Ainphibole aciculaire. Son caractère essentiel est tiré de sa forme primitive, qui, d'après les observations récentes de Hally, est celle d’un prisme droit rhomboïdal, de 75 degrés 44 minutes et 100° 16\ divisible dans le sens de chaque diagonale, de manière que le joint qui répond à la plus grande, a plus d'éclat que l'autre. Les divisions parallèles aux pans sont trèsnettes; la base n'est sensible qu'à une vive lumière. Le rapport entre le «Hé de cette base et la hauteur du prisme, est à peu près celui des nombres 9 et 4. La pesanteur spécifique de l'Anthophyllile est égale à 3. 2. Ce Minéral raie fortement la Chaux fluatée. et légèrement le Terre. Sa couleur est brunâtre, il offre, sous certains aspects, un éclat deini-métallique. 11 est composé, d’après le professeur John, de Silice, 02.60; Alumine, 13,53; Magnésie, 4,00; Chaux, 3,53; Oxyde de Fer, 12,00; Oxyde de Manganèse, 5.25; Eau, 1,45. Hauy nomme Anlh. quadrihexagonal , celui qui a la forme d'un prisme à six pans, terminé par des sommets dièdres. Les autres variétés connues sont l’Anth. laminaire, et l'Anth. aciculaire.
La Diallage métalloïde fibro laminaire, dont les minéralogistesétrangersont fait d’abord une esp. distincte, sous le nom de Hronsit, a un certain rapport avec l'Anlhophyllite, surtout par ses reflets d’un brun demimétallique. Aussi Werner a-t-il cm devoir considérer le Bronzit comme une sous-espèce de l'Anlhophyllite, qu'il a appelée Blœtlriger AnthophyUit , Anth. lamelleux. Mais la diversité de structure, cachée sous l'analogie d'aspect, s'oppose au rapprochement des deux substances.
ANTHOPHYLLUS. bot. Nom par lequel Lobel , et quelques-uns des premiers botanistes qui le connurent, désignèrent le Giroflier.
ANTHOPHYSE. Anthophysis. V. AbthrodiUs.
ANTHOPOGON. bot. Nuttal fait, sous ce nom. un G. de Y Andropogon ambiguus do Michaux, qu'il appelle
A. lepturoides ; mais les caractères qu’il assigne à ce nouveau G. demandent à être soigneusement étudiés.
ANTOPORE. Antoporw. polyp. G. de l’ordre des Madrépores, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, institué par Gray qui lui donne les caractères suivants : polypier dur. pierreux, à surface granuleuse et rude, à peine poreuse; cellules éparses, presque cy- * lindriques, concaves, à six rayons en dessus et à six lamelles en dessous; lamelles en rayons stellaires, aboutissant à un axe ou style à peine apparent ou proéminent; quelques sillons plus petits entre les rayons. Ce G., qui se rapproche des Pocillopores, présente deux esp. bien distinctes que tout fait présumer devoir appartenir aux mers du Sud. Tous deux sont divisés en ramifications comprimées; l’un, A. cucullata, a ses cellules â bords relevés, saillants, formant une sorte de soucoupe; l’autre, A. elega ns, les a arrondies et agréablement évasées, avec un bord Irès-régiilier.
ANTHOPOR1TE. roLYP. Nom sous lequel llofer désigne les Encrincs fossiles.
ANTHORA. bot. V. AcorriT.
ANTHOSOME crlst. G. fondé par Leach. et réuni par La treille aux Caliges.
ANTUOSPERME. Anthospermum. bot. Rubiacées; Télraudrie Monogynie. G. établi par Linné qui, n’ayant pu le bien connaître, le regarda comme a|>éiale et dioïque. Ce G. offre un calice dont le liinbeest très-petit et quadridenté ; une corolle dont le tube est court et le limbe étalé et à quatre divisions; le fruit est obloog. sec, et se partage en deux coques inonospermes. On compte huit Anthospermcs. Ce sont des Herbes ou des Arbustes africains à feuilles verticillées, â fleurs trèspetites, axillaires et sessiles. VA. œthiopicum est le Ci. Tournefortia de Ponlédéra.
ANTHOSPERMÉES. bot. Petite tribu de la fam. des Rubiacées, proposée par Chamisso et Schlechlendal, adoptée par De Candolle qui y place les G. Coprostna f Galopi na, Anthospermum et Ambrants.
ANTIIOSTOMES. Axx.tatreille appelle ainsi une fam. d'Elminthoproctes, comprenant ceux de ces Animaux qui ont quatre trompes ou suçoirs saillants, auriculiformes ou pétalok’des, ce qui donne à leur tête l'appa • renee d'une fleur.
ANTHOTUELGES. ins. Delaporte a proposé ce nom formé des deux mots grecs avOot. fleur, et aOtX yu, je suce, pour distinguer une grande division d'Hémiptèrcs qui, ne vivant point de rapines, se nourrissent ordinairement de liquides végétaux. Ces Insectes ont les pattes antérieures non ravisseuses, et le rostre ordinairement très-long.
ANTHOT1E. Anlhotium. bot. G. de la fam. des Goo deniacées, Pentandrie Monogynie, L., formé pour une petite pi. herbacée, sans lige, à hampes indivises, à fleurs eulacées et réunies en faisceaux au-dessus de bractées foliacées, qui, recueillie sur les côtes méridionales de la Nouvelle Hollande, a fourni à R. Brown les caractères suivants : le calice est tupère et quinquéparti; le tube de la corolle fendu dans sa longueur sur l'un des côtés, et son limbe a deux lèvres dont la supérieure présente plusieurs divisions auriculées à leur bord interne; les anthères sont réunies et renferment
un pollen à grains simples; l'ovaire est hiloculaire. polysperme; la memlirane eyalhiformc entoure le stigmate, en sens contraire des lèvres de la corolle. La capsule n'a pu encore èlre observée.
AÎNTHOXANTHE. tntho.rnnth um. bot. G. de la fam. des Graminées, Diandrie Digynie, L., dont les caractères consistent dans une panicule en forme d'épi, un calice à deux plumes, un lépicène triflore, une Heur supérieure garnie d'une arête ou soie qui s’élève de sa hase, deux lleur# inférieures neutres et à une seule valve, l'une d’elles portant une soie à l’extrémité.
ANTHOZUSIE. bot. On donne ce nom à l'Anamorphose des feuilles qui prennent le caractère de pétales. Celte transformation est rare, néanmoins on Pobaerve dans quelques rosiers, dans la tulipe, etc.
ANTHRACK. ns. S. d’Anthrax.
ANTHRACIDES. in. Dans sa distribution méthodique des esp. minérales, Beudant a érigé sous ce nom une fam. comprenant les substances carbonifères, ou contenant du charbon.
ANTHRACIENS. Anthracii. n$. Fam. de Diptères, établie par Latreille qui lui assigne pour caractères : trompe A gaine univalve, presque cylindrique ou conique, A lèvres très-petites ou peu dilatées, ordinairement saillantes ; suçoir de quatre soies dont deux supportant chacune une palpe; antennes de trois pièces, distantes, terminées en alêne ; tète de niveau avec le thorax ; ailes écartées. Celte fam. comprend les G. Némestrine, Mulion, Anthrax. Elle répond au grand G. Anthrax de Fabricius, conservé par Latreille, et représentant la fam. des Anthraciens. Tous les individus qui la composent ont un vol rapide et se nourrissent de sucs qu'ils puisent avec leur trompe.
ANTHRACITE, «iîi. Esp. minérale de la classe des combustibles non métalliques, dont le caractère distinctif est de brûler lentement et avec difficulté, en quoi elle diffère delà Houille dont la combustion est plus ou moins facile et accompagnée d’une odeur bitumineuse. L'Anthracite est susceptible d’être divisé mécaniquement, et le résultat de cette division parait tendre vers un prisme droit, rhombotdal. HaUy, ayant observé que la Houille conduit A un prisme analogue, a pensé que la forme dont il s'agit pourrait bien être celle du Charbon naturel dans son état le plus ordinaire, c’est-A-dire, lorsqu’il est privé des qualités physiques qui le distinguent A l’état de Diamant. D'après celte idée, le charbon serait pur dans l'Anthracite; dans la Houille, il serait uni accidentellement au Bitume qui n'aurait aucune influence sur la forme, et communiquerait seulement au Minéral la propriété de brûler plus ou moins facilement. Mais des observations plus récentes du même savant semblent prouver que la forme primitive de l'Anthracite est celle d’un prisme hexaèdre régulier', auquel cas le résultat de la division mécanique, cilé plus haut, serait le prisme rhombotdal de 120° et 60°, et différerait totalement de celui que donne la Houille. La pesanteur spécifique de l'Anthracite est 1, H. .Cette substance est friable : elle acquiert par le frottement, lorsqu'elle est isolée, l’éleclricité résineuse. Sa couleur est noire ; son éclat tire sur celui de la Plombagine. Ses principales variétés sont les suivantes :
A. c ristallise, en cristaux ébauchés, dont la forme tend vers celle d'un octaèdre aigu. Dans les mines de Houille du pays de Berg, sur la Hve droite du Hhin.
A. schistoIde, ayant un aspect métalloïde. Aux environs de Philadelphie.
A. stratiforxe. formé de couches épaisses superposées. Aux Chalances d'Allemont.
A. compacte ou globuleux, dans la Chaux carbonatée. A Künslu rjî en Norwègc.
A. CAVERXEt x, observé par Ramond, dans le Mica- Schisloïde de la vallée de Uéas, plateau de Troumose.
Ou a cru pendant longtemps que l’Anthracite appartenait exclusivement aux terrains primitifs; mais on a reconnu depuis qu’il abonde dans les terrains secondaires, où il forme des couches et des amas considérables, el même dans les terrains de transition de la Tarrnlaise et des Alpes. 11 y en a de fort belles variétés dans la Chaux carbouatée bituminifère des Rochers d' A rgenleau, aux bords de la Meuse, près de Visé. On le trouve aussi adhérent au Psaramite Grauwacke , el au Schiste alumineux.
ANTURACOLITE. nir. Nom donné par de Born à une var. d* Anthracite trouvée à Schemnitz en Hongrie.
ANTURACOTHERILM. foss. Cuvier a donné ce nom A un G. de Mammifères antédiluviens dont on a trouvé deux esp. dans les ligniles de la Ligurie, une troisième dans les terrains d'eau douce des environs d'Agen et une quatrième dans les grès tertiaires de la Limagne. Ce G. ancien appartient A la fam. des Pachydermes; ses esp. devaient habiter les bords des grands lacs; elles prenaient vraisemblablement leur place parmi les plus grands animaux de l’époque tertiaire.
ANTHRASOME. Anthrasomus. lus. G. proposé par Guérin dans la fam. des Mélasomes, section des Coléoptères hétéromères, pour un Insecte du Chili dont les caractères consistent en un chaperon échancré, avec le labre très-saillant, de la largeur du bord antérieur du chaperon, un peu moins long que large, échancré au bord antérieur; lèvre inférieure beaucoup moins large que le dessous de la tête, avec une languette saillante, échancrée ; palpes maxillaires allongées, avec le dernier article plus long que large, coupé obliquement au bout. Corps ovalaire, assez bombé; pattes robustes, courtes, avec les jambes antérieures un peu plus larges et un peu aplaties ; corselet plus large que les élytres. VA. checrolaiiif seule esp. connue, est tout noir, avec la tète petite, offrant uu sillon transverse entre les yeux; antennes de la longueur du corselet qui est deux fois plus large que long, peu échancré en avant, et arrondi sur les côtés; élytres strialo-ponctuées, rugueuses sur les côtés qui embrassent l'abdomen. Taille, cinq ligues de longueur sur deux de largeur.
ANTHRAX. Anthrax, ixs. G. de Diptères, extrait par Scopoli des Mouches de Linné et de Goeffroy, adopté ensuite par Fabricius, Duméril, etc., etc., et subdivisé par Latreille en trois sous-genres : les Némeslrioes, les Mutions et les Anthrax proprement dits. Nous adopterons les changements opérés par Latreille el nous circonscrirons ce dernier G. dans les limites qu'il lui assigne. Ses caractères distinctifs sont : palpes retirées dan» la cavité de la bouche; trompe peu saillaute; pre-
mier article des antennes sensiblement plus long que le second; le troisième en poire ou en cône, court, terminé brusquement en une longue alêne, avec un stylet distinct. Meigen assigne à ce ti. des caractères à peu j près semblables, et attache quelque importance aux ; yeux qui sont réniformcs. Les Anthrax se distinguent des Némestrines par la brièveté de leurs palpes et de leur^trompe, et des Mutions par la longueur relative des deux premiers articles des antennes, par la forme du second et parcelle des yeux. Ils ont cependant plusieurs traits de parenté que nous avons énumérés à la fam. des Anthraciens. Les Anthrax volent avec légèreté; ! on les trouve, en été, dans des lieux sablonneux ou exposés au midi, plusieurs ont les ailes bariolées et d'autres tout à fait transparentes : leur larve n'est pas encore connue. Parmi les esp. qui se rencontrent en France on doit citer l’A. hottentote, A. hottentota ( Musca hottentotn, L. ); elle peut être considérée comme le type du ! G., et est la même quel’/#, circumdala d'Hoffmanseg etde.Meigen. Degéer la représente (Ins. T. vi. pl. 2, fig. 7) ; sous le nom de \emotclus hotlcntolus. Une autre esp. j très-commune est l'A. Morio. A, Mono, ou la Mouche ' à ailes noires bordées de blanc ondé, de Goeffroy. figurée par Degéer sous le nom de Aemotelus Morio (fig. 13); elle est la même que VA. smuota de Meigen.
ANTHRAX1FÈRE. gêol. Ce nom a été donné par d'O- | malius à un groupe de roches colorées par de l’anthracite, ne faisant cependant point partie des terrains houillers.
ANTIIRÈNE. Anthrenus. ma. G. de Coléoptères pentamères. de la fam. desClavicornes. Caractères : antennes droites, en masse presque solide ou composée d’articles très-serrés, étant reçus dans des cavités pratiquées aux angles antérieurs du corselet; mandibules point saillantes ou petites; sternum du prothorax dilaté antérieurement pour recevoir la bouche; pattes contractiles, jambes se repliant sur le bord postérieur des cuisses. Le corps de ces Insectes est ovale, arrondi, recouvert d’une poussière composée d'écailles triangulaires, peu adhérentes, très-faciles A enlever, et qui sont la cause des couleurs de l'Animal; les antennes sont un peu plus courtes que le corselet; la bouche offre des mandibules, des mâchoires et quatre palpes filiformes; la tête est petite, inclinée, reçue dans le prothorax qui la cache en partie; les pattes ont cinq articles très-distincts. presque coniques; le dernier est terminé par deux crochets. Le G. Anthrène est rangé par Latreille dans la fam. des Ryrrhiens. Dans la Méthode de Duméril. il appartient à la fam. des Slérocères ou Globulicornes.
L'histoire des Anthrènes est assez bien connue, sur- I tout à l'étal de larve. Degéer nous a transmis des détails J fort exacts et très-curieux. Les Insectes parfaits se trouvent quelquefois en très-grande quantité sur les fleurs, dont ils sucent la liqueur mielleuse ; on les rencontre : aussi dans nos habitations. La larve de l’Anlhrèue des- i tructeiir, A. mmœorum, Fab.; l’Amourette, Géoff., est véritablement le fléau de la Zoôlogie; elle se nourrit de matières animales desséchées; attaque les pelleteries, les Oiseaux, les Insectes, et détruit bientôt en enlier les collections, si on n’apporte aucun remède à ses j
dégâts. Son corps est composé de douze ou treize anneaux. les trois premiers supportant chacun une paire de pattes écailleuses, terminées par un crochet courbé, et garnies de petits poils courts; la peau du reste du corps est elle-inême recouverte de poils érectiles, dirigés en arrière, plus nombreux sur les côtés et à la partie postérieure où ils sont groupés en faisceaux. Cette disposition sert à distinguer ces larves de celles des Dermestes, avec lesquelles élira ont plusieurs rapports, mais qui n'offrent pas de houppes. Degéer a fait voir que les poils ne sont pas simples, mais hérissés dans toute leur longueur de petites épines. La tète est arrondie. dure; elle supporte des antennes composées de trois articulations, et des mandibules assez fortes, au moyen desquelles l'Animal détruit tout ce qu'il rencontre. C’est A la fin de l’été qu'elle fait les plu* grands ravages; A cette époque elle a acquis son plus grand développement. et a déjA changé plusieurs fois de peau. Elle passe bientôt à l'état de Nymphe; et cette métamorphose s'opère sans que la larve se dépouille de sa dernière enveloppe qui constitue un fourreau A la peau de la Chrysalide. L’Insecte parfait éclol vers le printemps.
On a proposé et employé plusieurs moyens pour éloigner ou détruire ces redoutables ennemis des collections du règne animal : les vapeurs sulfureuses, les fumigations de plusieurs plantes, entre autres celles du Tabac; le Camphre, les préparations d'Arsénic, les dissolutions de Sublimé corrosif dans l'Esprit-de-Vin, et surtout le soin que l’on prend de clore exactement les objets que l'on veut conserver, sont des préservatifs généralement employés et très-efficaces; il est bien plus difficile d'arrêter le ravage lorsqu’il est commencé, et, dans cette circonstance, tous les moyens échouent complètement, lion pas que l'Animal résiste à toutes ces épreuves, mais parce qu'elles ne l'atteignent pas. L’An . thrène A bandes, A. verbatei, de Fahricius. sert de type au G. On la trouve en Europe sur Ira fleurs.
ANTHRIBE. Anihribua. ixs. G. de Coléoptères télrarnères de la fam. des Curculionides, fondé par Goeffroy, qui lui assigne pour caractères : antennes en masse composée de trois articles, posées sur la tête; point de trompe; corselet large et bordé; tarses garnis de pelotes. La plupart des entomologistes qui sont venus ensuite, ont adopté le nom générique d’Anthrihe, mais en lui donnant quelquefois une acception différente. Degéer a établi, sous le nom d’Anthrihe, un genre d'insecte ayant pour type le Siipha rustica de Linné et de Fahricius. Cette esp. appartient au G. des Érolyles, selon Olivier, et A celui des Triplax, suivant Duméril. Fabricius et Schæffrr n'ad mettent dans leur G. Anthrihe que les esp. décrites par Geoffroy, sous les numéros 1 , 2 et 3 . — Olivier range dans son G. Anthrihe les espèces numérotées 1,2,3, 4, 5, 0,7, c'est-à-dire toutes celles décrites par Goeffroy dans le même G.; puis, par une singulière tradiclion avec tui-mème, il crée, dans le même ouvrage, un G. Macrocéphale, et y mentionne encore les espèces numérotées 1,2 et 3, oubliant qu'il les avait rapportées précédemment au G. Anthrihe. La confiisiou qui règne dans ce cas, nous fait un devoir d’adopter l'opinion d'un savant quelconque, et nous nous arrêterons à celle de Latreille et de Fahricius. Le G.
Anlhribe sc composera des espaces n°* 1,2 el 3 de Geoffroy, et de plusieurs esp. non décrites par cet auteur; il répondra au G. Macrocéphale d'Olivier, et aura pour caractères : télé prolongée antérieurement en un museau plat; palpes très-dislinctes et filiformes; labre apparent; veux entiers.
Les Anlhribes ont quelque analogie avec la plupart des Charansoiis, dont its diffèrent par leurs palpes et leur labre. Us ressemblent beaucoup plus aux Bruches, avec lesquelles on ne peut toutefois les confondre à cause des Antennes filiformes de ces dernières. Les Insectes qui nous occupent offrent encore plusieurs autres caractères qui résident dans la forme du corps qui est ovoïde; dans les mandibules qui souvent sont unidentées ou bidenlées â leur côté interne; dans les mâchoires qui offrent deux divisions, l'externe ressemblant à une palpe; enfin, dans le menton profondément échancré et ayant la figure d'un croissant.
Les Aiilbribes sont rangés par Lalreille dans la fam. des Brucbèles. Ce sont d'assez petits Insectes, qui se rencontrent, en été, sur les troncs et les écorces des Arbres; leur larve n'est pas connue. — L'Anlhribe latirostre, A. latiroslris, ou l’Anthribe noir strié, figuré par Olivier (Coléopt. T. iv, pl. 1. flg. G), peut être considéré comme le type de ce G.; il n'est pas rare sur le Chêne, au mois de juillet.
ANTHRISCl'S. bot. G. de la f. desOmbellifères, établi par Gærtner el lloffmann , qui le caractérisent par un calice à bords presque entiers; pétales ovales, tronqués ou émarginés avec une petite découpure très-courte et souvent recourbée; fruit contracté sur le côté el muni d'une sorte de bec plus court que la graine; méricarpes presque cylindriques, désunis, à l'exception du sommet. On voit que ce G. diffère peu du Caucalis. Néanmoins lie Candollc y place huit esp. herbacées dont la plupart sont vivaces ou bisannuelles, à tiges cylindriques, cannelées ou striées, à feuilles décomposées dont les segments sont minces el souvent linéaires; les ombelles sont opposées ou terminales, à fleurs blanches sans invnlucre, à involucelle polyphylle. l)e ces pl. une seule est des déserts du Caucase, les autres appartiennent à l'Europe.
ANTHROCÈRE. ixs. G. de Lépidoptères, qui se rapporte à celui des Zy gènes.
ANTUROI'HYK. Anthrophyum. bot. Ce G. de Fougères, de la tribu des Indusiacées, a été établi par Kaulfuss, avec des caractères qui ne paraissent pas différer essentiellement de ceux du G. Asplénium.
ANTHROPOÏDE, ois. Vieillot, ayant établi dans le G. Grue une division en faveur de l’espèce Nutnidienne appelée Demoiselle, a donné à ce G. nouveau le nom d'Anthropolde, avec les caractères suivants : bec un peu plus long que la tête, conique, peu renflé, comprimé sur les côtés, épais, entier; narines basales; tête et cou complètement emplumés; deux touffes de longues plumes sur la région auriculaire; couvertures des ailes excessivement allongées; ailes longues, pointues, les première deuxième, troisième et quatrième rémiges dépassant les autres; de longues plumes étroites sur le bas du cou. Deux esp. de ce G. sont décrites, ce sont :
1® A. dk Nimidib, Grus Virgo , L. Buff. pl. enl. 241.
Plumage varié de gris, de noir et de blanc; deux faisceaux de plumes fines et blondes partant de l'angle de Pied et retombant sur les oreilles; côtés de la tête noirs, ainsi que les plumes douces et soyeuses, qui garnissent la gorge et retombent sur le bas du cou; bêc d'un jaune verdâtre, rouge à l'extrémité. Taille trois pieds. D’Afrique et d'Asie.
2° A. de Paradis, Grus para dise va, Beclis. fera. Anthropoïdes 8tanleyanns.V\{\. Elle est de l'Inde : on dit l'avoir aussi observée en Afrique; mais les rapports sur les habitudes de cet oiseau, de même que les descriptions qui en ont paru, sont encore très-vagues.
ANTHROPOLITHK ou AÎ1THROPOL1TE. a toi. Ossements humains ou portions du corps de l'Homme qui auraient été conservés à l’état fossile dans des couches régulières de la terre. Si l’on donne au mot fossile l’acception rigoureuse qui lui convient, il résulte des recherches des anatomistes et des géologues qu’il faut douter de l'existence de véritables Anlhropolilhes. Eu effet, d’un côté des ossements qui avaient été regardés comme ceux de l'Homme, se sont trouvés, après un mûr examen de la part des anatomistes, être ceux de divers grands Animaux mammifères ou Reptiles, et d*un autre les substances pierreuses au milieu desquelles on a découvert des portions de squelette dont l'origine humaine ne pouvait être contestée, ont été considérées par les géologues comme étant des concrétions slalactiformes ou bien des agglomérations arénacées . analogues â celles qui, dans plusieurs localités très-ci rconscriles, se forment encore de nos jours, el qui, par conséquent, ne présentent aucun des caractères des couches dont la formation ou le dépôt puisse être rapporté à l'une des révolutions qui ont agité la surface de la terre.
Pendant longtemps on a pris pour des os de géants ceux que l'on rencontre, sur presque tous les points du globe, dans les terrains meubles tes plus nouveaux; mais on a reconnu que ces énormes fragments de squelette avaient appartenu à des Mastodontes, des Éléphants, des Rhinocéros, etc., dont les races sont perdues.
On avait considéré comme des os du crâne d'un Homme, des os plats, contenus dans une roche calcaire des environs d’Aix ; Lainanon et Cuvier ont fait voir qu'ils ne sont que des portions de carapace de Tortue. Ce dernier savant a également démontré que c’est à une grande espèce de Reptile, voisin du genre Proteus, qu’il faut rapporter le fameux Fossile des Schistes calcaires d'ffcnmgen, que Scheuchzer, dans uuc dissertation célèbre, qualifia, en 1726, d'Homme témoin du déluge. Homo dilutii testi.% el Theoskopos. L'opinion de Scheuchzer avait prévalu dans le monde savant, jusqu'en 1738, époque à laquelle J. Gcsner éleva des doutes sur l'origine du squelette d'Æningen , et commit une nouvelle erreur en le considérant comme celui d'un Poisson du genre Silure.
Cuvier pense également que les brèches osseuses qui remplissent quelques fentes des rochers de Gibraltar, de ceux des côtes de Nice, de la Dalmatie el de plusieurs Hcs de l’Archipel , ne contiennent que des ossements de Quadrupèdes, contre l’opinion de Spallanzani qui avait cm y voir des os humains.
Tel* sont les principaux fait* sur lesquel» de» connaissances imparfaites en Anatomie comparée, avaient établi l’existence d’Anthropolithes; il nous reste à examiner Ips fait» d’une autre nature, qui ont concouru à propager la même opinion.
L’un des plus remarquables, et qui a vivement excité l'attention des géologues, est la découverte récente que l’on a faite, sur les côtes de la Grande-Terre à la Guadeloupe, d’ossements qui ont incontestablement appartenu à des individus de la race humaine, et qui sont enclavés dans une roche calcaire fort dure. Kœnig a donné, dans le* Transactions philosophiques de 1814, la description et la figure d’une portion de squelette qui avait été extrait, avec la gangue qui l’enveloppe, par les ordres du général français Krnouf. Les os sont trêsfriables. ils ont offert à l’analyse chimique tout le phosphate de Chaux et la quantité de Gélatine que donneraient des ossements peu anciens ; la Pierre qui les renferme se trouve au-dessous de la ligne des hautes marées, elle est évidemment composée de petits grains arrondis, de débris de Zoophytes, de Madrépores, etc,, réunis par un ciment calcaire souvent très-compacte; elle renferme des coquilles qui ne diffèrent pas des espèces vivantes , et parmi elles on a retrouvé le 7'urbo Pica avec ses couleurs, ef un Hélix. Elle contient même des fraguienls de Basalte et des instruments fabriqués par la main des hommes. Des agglomérats de la même nature se forment journellement sur plusieurs points des côtes des Iles des Antilles, où les Nègres les désignent même sous le nom particulier de Maçonne-bon- Dieu. Depuis longtemps on a signalé, sur plusieurs points des bords de la mer, en Italie, et notamment près Messine, la formation de Roches arénacées; Bory de Saint-Vincent a décrit, dans le tome troisième de son Voyage aux quatre iles d’Afrique, une Roche composée mi-partie de débris marins et de fragments de productions volcaniques, qui se forme et augmente, pour ainsi dire, à vue d'œil, et qui s'est déjà approprié des fours à chaux abandonnés, sur le bord du rivage, par les premiers colons de l’ile Mascareigne. Sur la côte de Normandie, non loin de l'embouchure de la rivière de Caen, on voit des agglomérats de sablp, de cailloux roulés, de fragments de coquilles non fossiles, telles que des Mylilus, des Cardium, des Turbo maritimus, réunis par un ciment spathique, qui fait du tout une Roche très-dure, et qui cependant ne peut avoir une origine ancienne. L’analogie porte donc à faire attribuer l'existence de la Roche de la Guadeloupe à une formation très récente , et à faire considérer les squelettes qu'elle renferme, dans une localité particulière, comme ceux de naufragés.
On trouve dans le Journal de Physique, pour le mois de mars 1891, une note d’Ilombras Firmas sur des ossements humain* accumulés dans une caverne calcaire de Durforl, département du Gard, appelée dans le paya, Itaoumo des morts ; mais ces os ne sont pas fossiles; ils soûl recouterlsde Stalactites, et ils |iarais$ent avoir été inhumés dans ce lieu à la suite d’une bataille. Scblotheim a réduit à des doutes l’annonce positive que l’on avait faite de portions solides du corps de l’Homme, trouvées dans des couches de formation ancienne près
de KœstrîU. D’après tout ce qui précède, on voit que rien ne constate la découverte de véritable» Anthropolilbes, et il faut remarquer que la non -existence de Fossiles humains n’est pas un fait isolé en géologie; elle se lie à celle observation générale, d’une haute importance. qu’on n'a pas encore trouvé dans cet état fossile les Animaux dont l'organisation présente le plus de rapports avec celle de l’Homme, comme les Singes, les Chauves-Souris, et que parmi les Fossiles incontestables, les élres qui s’en éloignent le moins se voient graduellement dans les couches les plus récentes du globe. T. Fossiles.
Nous joignons à cet article la figure de l 'Homo dilurii testis de Scheuchzer; on la trouvera dans l’une de nos planches, fig. 1, comparée à celle d'une tête de Salamandre, fig. 9, et la fig. nu trait du squelette humain de la Guadeloupe conservé au Muséum britannique, fig. 3.
ANTHROPOMORPHE, bot. Épithète dérivée du grec avdpvnov, homme, et pspfn, forme que Ton donne au labelle de certaines pi. de la fain. des Orchidées, quand cet organe imite la forme d'un homme qui aurait les bras et les jaml»es étendus et écartés.
ANTHROPOMORPHES, mxx. Nom que. dans les premières éditions de son Syslema naluræ , Linné donnait au premier ordre des Mammifères. Il lui a substitué ensuite celui de Primates. Voici le caractère de cet ordre de Linné, tel qu’il fut rectifié : dénis antérieures incisives : les supérieures parallèles, au nombre de quatre (excepté dans quelques esp. de Chauves-Souris, où ce nombre est d’un ou de deux seulement ); deux mamelles pectorales; les deux pieds sont des mains. et la plupart des ongles sont ovalesel plats; régime frugivore; un petit nombre vit de proie. Il est clair que, par l’avant-dernier caractère, i’Homme était exclu de cet ordre dont les divisions n’ont de commun que la position des mamelles. Nous dirons plus en détail au litre de ces divisions, d’ailleurs bien naturelles et vérifiées depuis par l’ensemble des caractères anatomiques, les motifs de leur séparation en autant d’ordres différents. Les Primates contenaient l'Homme, les Singes , les Lémuriens et les Vespertilions.
ANTHROPOMORPH1TES. zooi. rossiL. Même chose qu’Anlhropolilhe.
ANTHERE. Anthura. crvst. G. «Tlaopodes, établi par Leach qui en a pris le type dans I’Üniscms (jracilis de Montagu. Ce G., placé entre les Sténosomes et les Campécopées, appartient à la sous-clas&e des Malacostraeés et à la section troisième de la légion des Édriophtbalrnes; il est intermédiaire entre les (dotées et les Sphéroraea.
ANTHERE. Anlhurus. bot. Nom donné parLink.au pédicule allongé, qui porte des fleurs réunies en faisceau.
ANTHCRIüN. Anthurium, bot. A la suite d’un travail monographique sur le G. Polhosf fait en commun par M. Scott cl Endlichcr, ces botanistes ont jugé convco ible, vu les caractères différentiels bien marqués, de séparer toutes les esp. américaines, et d’en former un G. distinct, appartenant également à la fain. des Aroldées, Tétramine Monogynie de Linné. La spalbe
ai8
est peu allongée, réfléchie et permutante; le spadicc est presque scsaile avec ses fleurons à trois étamines; les ovaires soûl à deux loges renfermant chacune deux ovules pendants à l'axe; le stigmate est oblong; les haies renferment de deux â quatre semences albumineuses. Ce sont des pl. assez peu remarquables; les racines sont longues et grêles, de même que toutes les autres parties; il s’en échappe trois ou quatre feuilles lancéolées. Le spadicc est enveloppé dans une spalhe monophylle, allongée, membraneuse et concave, il est couvert de fleurs hermaphrodites très-serrées ; chacune d'elles présente un calice à quatre sépales épais, dont deux plus extérieurs; quatre étamines â filets épais, à anthères biloculaires, dont les loges sont écartées, et s’ouvrent par une suture longitudinale; il succède à l’ovaire une baie colorée et charnue.
ANTHLS. ois. S. de Pipil.
AMU V 1,1.1 1>E- Anlliyllia. bot. On nomme ainsi un G. appartenant à la fam. des Légumineuses, et caractérisé par un calice persistant, renflé, terminé par cinq dents inégales; corolle papilionacée , dont l’étendard surpasse en longueur les ailes et la carène; dix étamines inonadelphes; gousse petite, s’ouvrant en deux valves et contenant dans une seule loge de une à douze graines. Ce G. comprend vingt quatre espèces environ; les unes herbacées, les autres frutescentes, parmi lesquelles on doit considérer les AnlbyUit Fulneraria, Harba-Jociêj erînacea, c relie a, comme type* d’autant de G. établis, les trois premiers par Tournefort; le dernier par Linné, sous le noin d ' Ebenua.
VA. yulneraria, la seule csp. de ce G. qui croisse aux environs de Paris, est une pl. herbacée haute de huit à dix pouces, dont les feuilles, la plupart radicales, sont composées de folioles très-inégales, et dont les fleurs forment une tète partagée en deux bouquets adossés l’un contre l’autre, et garnis chacun à leur base d’une bractée digitée. Les calices sont velus; les corolles jaunes. ou blanchâtres, ou purpurines, suivant les variétés. VA. Barba-Jocia, L., Arbrisseau de quatre à cinq pieds qu’on rencontre sur les côtes maritimes de la Provence; à feuilles composées de quinze ù dix-sept folioles, ovales, oblougues el petites; à fleurs jaunes ramassées en tête etgarniesdequelques bradées, se fait remarquer par le duvet court, soyeux el argenté qui couvre ses jeunes rameaux et ses feuilles. VA. erînacea est un Arbrisseau épineux, à feuilles simples el à fleurs bleues, originaire de l'Espagne et de la Barbarie. VA. creticaf Lam.. Ebenus crelica, L., présente un calice surmonté de cinq arêtes plumeuses, un peu plus longues que la corolle, des ailes très-petites et une seule graine velue. Sa lige est frutescente, garnie de feuilles pinnées, à folioles égales et Cernées, accompagnées de bractées ovales et scarieuses; ses fleurs sont disposées en épis. Les Anlhyllides habitent les régions méridionales. Les A. moulu na , tetraphylla , Gerardi, peuvent être comptées parmi celles qui croissent spontanément en France.
Le même nom A'Anthyllia a été encore donné par Adanson à un G. de la fam. des Garyopbyllées , le Polycarpon de Linné; et par Rai, au G. C resta , lequel appartient aux Convolvulacées.
A Ml ARE. Antiaria. bot. G. établi par Leschenault, pour un Arbre très vénéneux de Java, qui produit l’Ipo ou ('pas, l'un des poisons végétaux les plus actifs. Ce G. fait partie de la fam. des Lrticées, dans laquelle il doit être placé entre les G. B rosi muni de Swarlz et (Jlmedia de la Flore du Pérou. Voici les caractères qui i le distinguent : les fleurs sont unisexuées; les mâles | réunies sur un involucre creux, décou|>é et multiflore, ayant leur calice quadrifide el donnant attache à quatre étamines; dans les Heurs femelles, Finvolucre est ' uniflore, urcéolé à sa base el inultifide à son sommet;
! le calice manque; l’ovaire, en partie soudé avec l’invo- 1 lucre, renferme un seul ovule renversé; le style est bij parti; le fruit est une sorte de drupe formée parl’invoj lucre qui s'est accru autour de l'ovaire. On ne conuait encore que deux esp. : VA. toxicaria de Leschenault | et VA. macrophyila de Brown. La première, que l’on désigne plus particulièrement sous les noms d'Ipo et d’ U pas Antiar , est un très-grand Arbre; son tronc s'élève quelquefois à plus de cent pieds sur environ quinze à vingt de circonférence; ses feuilles sont elliptiques, alternes, pétiolées, «nü tiques, coriaces et ondu- > lées; ses fleurs sont monoïques. Lorsque l'on fait des entailles à son tronc, il s'en écoule un suc résineux trèsabondant. qui est la partie vénéneuse de la plante, y. Iro et t>\s. La seconde esp. a été observée par R. Brown dans les lieux pierreux, sur les côtes de File Company, vers la côte septentrionale de la Nouvelle-Hollande. C'est un petit sous-Arbrisseau remarquable par la grandeur de ses feuilles.
ANT1CIIORUS. bot. G. de la fam. des Tiliacées que Scopoli nomme Caricleria, et qui a pour caractères : un calice à quatre sépales caduques, quaire pétales, huit étamines à anthères arrondies, un style, un stigmate, une capsule oblongue, en forme de silique, à quatre loges polyspermes, et s'ouvrant en quatre valves. On en connail une seule esp., VA. depressus, L., petite Herbe originaire de l'Arabie, à feuilles alternes, munies de stipules, et portées sur d'assez longs inviolés, à fleurs jaunes, axillaires, très petites.
ANT1CLINANTJIE. bot. Cassini a donné ce nom â la partie inférieure el squainifère du Clinanlhe.
AMIDESME. Antidcsma. bot. Ce G., établi par Linué, dans la Durcie Per» ta ml rie. parait devoir être rapporté à la fam. des Téréhinlhacées. Il se reconnaît â scs fleurs unisexuées ; son calice, très-petit, a cinq divisions; il u'a point de corolle, mais seulement uu disque glanduleux , qui en tient lieu. Dans les fleurs mâles, les cinq étamines sont insérées sur ce disque; dans les Heurs femelles, c’est un ovaire à une seule loge et â une seule graine, surmonté d’un style que terminent trois à cinq stigmates : le fruit est uue petite drupe ovoldc, py ri forme, dans laquelle se trouve un petit noyau monosperme. Ce G. se compose de huit à dix esp. qui croissent dans les contrées chaudes des deux Indes. Ce sont des Arbres à feuilles simples, alternes, accompagnées de stipules, et dont les fleurs constituent ordinairement des épis axillaires.
ANTIGONE, ois. Grib a cullikr.
ANTILAMBANES. ois. Ranzaui a donné cenomâuue fam. de Grimpeurs, contenant ceux de ces Oiseaux qui
se servent de leurs doigts pour saisir la nourriture et la |Kirler au l>ec.
ANTILOPE. »\m. G. de Ruminants, caractérisé par des cornes creuses, rondes, ayant des anneaux saillants ou des arèles eu spirale, et dont les chevilles osseuses sont solides Intérieurement. — Ce caractère extérieur, établi par Geoffroy, est le seul à peu près positif des Antilopes; il n'est pourtant pas propre à toutes les esp.; car te Gnou, le Nilgau et le Chamois ont des cornes lisses, dont les chevilles commencent même à être celluleuses dans les deux premiers. On devra encore restreindre ce caractère tiré de la considération des cornes, si les deux Ruminants, découverts récemment vers les sources du Missouri, décrits et fig u rés dans les Transactions Linnéennes de 183!. sont réellement reconnus Antilopes, d'après l'ensemble de leur anatomie; car dans ces deux Animaux les cornes ne sont plus simples, mais bifiirquées. Cette bifurcation ne serait peut-être pas d'ailleurs un motif suffisant de séparer ces deux esp. du G. Antilope, car les cornes du Nilgau offrent un passage vers cette disposition; il existe uu rudiment de ramification, qui n’a pas encore été remarqué, à l'angle effilé que forme, antérieurement, la base de la j corne de cel Antilope, base dont la figure triangulaire j a déjà été décrite par W. Hunier. Le caractère le plus ] constant peut-être, est pris de l’ostéologie de la tète; la sphénoïde et le pariétal ou ne s’articulent pas, ou ne se rencont renique par une pointe aiguë, dans les Antilopes, tandis que dans les Cerfs et les Chèvres, l'articulation de ces deux os est constante, et se fait par un bord de huit à douze lignes d'étendue. Tous les autres caractères sont encore bien moins constants que celui des cornes; néanmoins, celui du nombre des dents ne varie très-probablement pas, comme on l'avait cru d'après l’allas. Toutes les esp. voisines du Nanguer, sujet de cette prétendue anomalie, montrent bien huit incisives, dont les deux intermédiaires, comme l’allas le dit du X’anguer, ont effectivement un excès de largeur fort remarquable, qui rend plus sensible le décroissemeut presque linéaire des trois collatérales. Cette inégalité des incisives, et leur contiguïté face à face et non bord ;1 bord, forment une double disposition dont il n'y a pas d'exemple hors des Ruminants. Mais cette disposition, bien que commune à la plupart des Antilopes, ne leur est pas non plus générale ; elle n'est pas même constaute dans les espèces les plus analogues au type; et comme elle sc retrouve dans des espèces d’un autre genre, le Cerrus Munljac, par exemple, il suit que l’on n’en peut faire un caractère, encore moins que des brosses aux poignets, des larmiers et des poches inguinales propres à des espèces séparées en différents groupes, par la figure de leurs cornes. Une autre anomalie plus remarquable s'observe dans une espèce, le Saïga : il n'a que cinq vertèbres lombaires; tous les autres en ont six ; mais il n’y a pas plus de raison de séparer pour cela le Saïga des Antilopes, qu'il n'y en aurait de séparer des Bœufs, l'Aurochs, qui a une paire de eûtes de plus que ses congénères. De pareilles anomalies d'une esp. à l’autre, quand d'ailleurs celles-ci offrent les plus grandes convenances spécifiques, prouvent péremptoirement une diversité primitive.
Malgré celle absence de caractères positifs qui pourrait jelcr quelque doute sur l'uiiilé du G. des Antilopes, ccs Animaux ne sont pas moins séparés nettement des Cerfs et des Chèvres, avec qui on a voulu en confondre plusieurs. Celle séparation résulte d’un nombre de caractères uégalifs plus que suffisant. A ceux déjà indi- | qués, il faut ajouter l'extrême petitesse de leurs ongles , rudimentaires, la présence d’une vésicule biliaire, qui manque aux Cerfs; enfin, la récurrence des poils «ur- 1 épineux du dos et du cou, dans des esp. appartenant, par les cornes, à des groupes différents.
Le muscle contractcur de la peau est très-fort cbex les Antilopes; aussi froncenL-ils la peau et seeouent-ils les poils, plus roides même que ceux des Cerfs, avec beaucoup de force. Il y a horripilation habituelle chez plusieurs esp. : ee qui ne les préserve pourtant pas toujours de l’avidité desllippobosques et autres Insectes.
Buffon a été induit en erreur quand il a dit que l'âge était indiqué par le nombre des anneaux aux cornes des Antilopes. Pallas a vérifié sur Y Antilope Cerricapra , que. malgré l'augmentation réelle du nombre des anneaux avec l'âge, néanmoins il n'y avait pas de rapport entre ces deux progrès; les cornes croissent aussi d’autaul moins que l'Animal est plus âgé. Il est présumable que le résultat de cette observation est commun à tous les Antilopes. Excepté dans l'Antilope Gazelle et ses trois variétés, VA. raama, VA. orix et l'y/, leucophœa, jamais les femelles ne portent de cornes.
D'après Pallas, qui admet le témoignage unanime de personnes, selon lui, irrécusables, le nombre des cornes lie serait pas plus nécessairement constant dans le Saïga, et sans doute ses congénères, que dans les Béliers et les Chèvres; il y en aurait quelquefois trois, quelquefois une seule alors monstrueusement développée. Steller, qui avait eu aussi connaissance de quelques cas pareils, proposa même, comme des esp. constantes, les individus unicornes. C’est peut-être d’après un accident de ce genre que les anciens auraient fait leur Monocéros. De Blainville a proposé aussi comme sujet d’une esp. distincte, un crâne à quatre cornes. Nous ne croyons pas admissible VA. quadrieor nia, comme esp., par la même raison qui fait rejeter à Pallas Tun/forms de Steller.
Les Antilopes, comme les autres Ruminants à cornes persistantes, se trouvent dans l'ancien continent et le nord du nouveau; mais leurs esp. n'y vivent pas mêlées; elles restent renfermées dans des limites constantes qu'elles ne paraissent avoir jamais franchies; cette fixité de leurs habitations prouve bien que la diversité des esp. ue dépend pas de l'altération d'un ou de plusieurs types primitifs, par le climat ; car rien aujourd'hui n'empêcherait plus qu'aulrefois ces migrations supposées ; or, ainsi que nous le dirons plus loin, il est des Antilopes qui ne quittent pas certaines contrées d'où l'expatriation serait cependant facile et en apparence indifférente. D'ailleurs, ce ne sont pas les espèces les plus distantes par les régions qu elles habitent, qui diffèrent le plus; au contraire les dissemblances sont plus grandes et (dus nombreuses entre des esp. du même pays : telles sont les nombreux Antilopes de l'Afrique méridionale; or, l'influence d'un climat commun
2'îO
devrait plutôt effacer que perpétuer les différences spécifiques si, au lieu d’être un fait primitif, elles étaient le produit accidentel d’une diversité antérieure des climats. Mais cette uniformité d’influence, malgré la durée de son action, n’a pu confondre les esp. compatriotes de l’Afrique méridionale et les ramener à l’unité. On ne peut pas dire pourtant que le croisement des races s’est opposé à leur fusion; car. ainsi que l’observe judicieusement Pallas. les esp. les plus ressemblantes sont celles qui se repoussent quelquefois par une antipathie plus forte} D’ailleurs plusieurs esp. répandues dans le sons des méridiens, prouvent que la diversité du climat ne peut pas plus altérer Tunilé primitive d’un type, que son uniformité ne peut confondre et faire disparaître les empreintes primitives de types differents. Ainsi le Saïga, partout identique, habile depuis la Hongrie jusqu’au nord des monts Altaï; aussi Pallas hlâme-l-il, avec juste raison, les efforts que fit Ituffon pour jeter des doutes sur les différences spécifiques des Antilopes. Une circonstance fort remarquable, et sur laquelle nous reviendrons ailleurs, c’est que. dans la même contrée, les cantonnements de chaque esp. sont déterminés invariablement. Delalande a constaté que, dans le sud de l’Afrique, celles qui habitent les plaines découvertes n’entrent pas dans les forêts, et que celles des forêts ne vont ni dans les plaines, ni dans les marais, sites qui tou* ont leurs espèces propres : on voit donc que. si l’influence du climat ramenait les variations à l'unité, on ne devrait trouver qu’une seule espèce dans l’Afrique australe; or, sous le même climat, chaque site analogue a, pour ainsi dire, son esp. d'Antilope : comme elles lie sortent pas de ce* sites respectifs, on voit que l’existence de la même esp. dans des sites analogues fort distants l’un de l’autre, et séparés par de grandes barrières physiques, ne peut s'expliquer par l’émigration, mais seulement par la création locale. — Voici à peu près la distribution géographique de ccs Animaux : communs à l’Europe et à l’Asie, le Chamois et le Saïga; propres à l’Asie, IM. guUurosa, IM. pilla , IM. sumal renais; communs à l'Asie el à l’Afrique, l’/f. Pjrgarga, Dorcas, Kerclta, Orir , Leucorix et Cercica • pra; propres à l’Amérique du Nord, VA. farci fer el VA. pal mata ; toute* les autres espèce* sont propres à l’Afrique.
Presque tous les Antilopes sont doux et sociables. En général, excepté plusieurs des petites esp. de l'Afrique mérid . ils vivent en grandes troupes. La vue, l’ouïe el l’odorat sont chez eux d’une très-grande finesse. Par la proportion du volume de la caisse auditive, qui donne assez bien la mesure de l’énergie de l’ouïe, l’oreille parait avoir clic* les Antilopes une délicatesse supérieure à celle de tous les autres Ruminants; le Nilgau, le Chamois et le Gnou, qui s’éloignent plus que les autres esp. du type des Gazelles , n’ont pas la caisse auditive proportionnellement plus développée que dans les Bœufs, ce qui confirme le dernier rang où les a mis Cuvier.
Malgré l’apparence grecque de son étymologie, le nom d’Antilope u’était pas employé chez les anciens ; seulement, dit Cuvier, on trouve, dans l’ouvrage des six jours attribué à Eustachius qui vivait sous Constantin, le nom d’Anlholopos désignant un animal à longues
cornes dentelées en *cie. Plusieurs écrivains du moyen Age ont donné au même Animal les noms d’Analopos, d’Anlaplos el d’Aptalos; Gesner croit que c’est le même dont parle la lettre non authentique d'Alexandre à Aristote, sur les merveilles de l'Inde, cl dont les longues cornes pointues et dentelées perçaient les boucliers des Macédoniens. On peut conclure de ces rapprochements que l’Animal en question était l’Orix; ce que confirme Bochard en croyant le mol Antlinlopos dérivé du copie Panihalops qui lignifie Licorne. Celte conjecture s’appuie à son tour sur le témoignage des monuments égyptiens où l’on voit dos figures d’Orix de profil qui ne montrent qu’une seule corne, l’autre étant comprise dans le même plan ; telle est la cause de la méprise des auteurs qui ont supposé l’existence d’un Animal dont ils ne connaissaient que le dessin ; méprise qu’auront pu entretenir quelques observations du genre d’accident dont nous avons parlé plus haut.
La confusion qui régnait dans l’histoire des Antilopes, a d'abord été débrouillée par Buffon qui en a néanmoins méconnu plusieurs esp. Allamand, Forster et Pallas en ont fait connaître de nouvelles. Le dernier de ces auteurs, dans le premier et le 12« Mémoires de ses Spicilegia Zoologica, en a beaucoup rectifié la synonymie. Cuvier a divisé celte synonymie, et fait disparaître plusieurs doubles emplois de Pallas. Nous avons adopté, avec quelques modifications, les subdivisions établies par cet illustre réformateur de la zoologie, f Les Gazelles. Cornes annelées , à double ou triple courbure. Pointes en avant ou en dedans ou en haut.
^ A. gazelle, A. Dorcas, Buff. T. xu, pl. 23. Encyc. Quadr. p|. un, f. 2. La Corinne, A. Corinna, Buff. T. xu, pl. 27. Encyc. Quadr. pl. liii, f. A. Le Kevel, A. Kei'ctla, Buff. T. xu,pl. 20. Encyc. Quadr. pl. lui, f. 3. Le Tscheiran, A. subgutlurosa , Encyc. Quadr. | pl. lm, f A. L'examen, fait par Cuvier, des descriptions ( de ces Animaux ou des individus qu’il a pu observer, ; ne lui a donné aucun caractère suffisant pour le* séparer en esp. distinctes : — La Gazelle a la grâce, la légèreté et la taille du Chevreuil; ses corne* noirâtre*, annelées, sc recourbent eu arrière, en même temps qu'elles s’écartent en dehors pour ramener enfin leur poinlc en avant. Sur chaque flanc, une bande d’un fauve obscur ou d’un brun foncé sépare la belle couleur blanche du ventre du beau fauve clair du dos. Les fesses el la face externe des membres sont blanches ; l’autre face , le cou et la tète sont fauves, excepté le vertex qui est gris-clair. Sur chaque joue, une bande blanchâtre fait le tour de l’œil, et va jusqu’aux narines; de* larmier*; des brosses aux poignets; les oreilles grandes, noires en dedans, avec trois lignes verticales de poils blancs; la queue courte, noire au bout; des poches inguinales. sécrétoires d’jme matière fétide.
Le Kevel ne diffère de la Gazelle que par la hasccotn- | primée de ses cornes plus longues, et scs yeux plus 1 grands.
La Corinne ne diffère encoredu même Animal que par l’exiguïté de ses cornes presque droites. Il existe des variétés intermédiaire*, qui ne permettent point de séparer ces Animaux.
Le Tscheiran ou Antilope de Perse ne diffère du Kcvel, d’après Guldœnslœdt. que par une petite saillie du larynx, qui se retrouve plus ou moins dans toutes les Gazelles.
Dans ce* quatre var., les femelles ont des cornet, mais plus petites que celles des mâles. Le Tscheiran se trouve depuis la Syrie jusqu’aux monts de Belur; il continue ainsi la chaîne des pays habités par les Antilopes d'Afrique, avec la partie du Dscren, au nord est de l’Asie.
Répandu* depuis l'Arabie jusqu’au Sénégal, en troupes innombrables, ces Animaux sont la pâture ordinaire des Lions et des Panthères. Quoique timides. Us résistent aux attaques, en formant le cercle et présentent les cornes. On les chasse avec le Chien, l’Once ou le Faucon; on les prend aussi vivants, en lâchant parmi eux une Gazelle apprivoisée, qui porte aux cornes des cordes terminées par des nœuds coulants. Les Gazelles sauvages s'embarrassent dans ces nœuds par les pieds et par les cornes, et tombent bientôt.
A. a sot bse. A. Euchore , Spring. — Bokc. Sch.272. Bufif. Sup. 0, pl.31. Cette esp. est d’un lier* plus grande que la Gazelle, et un peu plus trapue; elle a des cornes semblables et presque la même distribution de couleur, excepté une ligne blanche qui va en s'élargissant depuis les reins jusqu'à la croupe, et dont les longs poils s’écartent quand l'Animal saute, à cause de leur insertion dans un repli de la peau que le panicule charnu dévelopj>c en se contractant par l’effort du saut. Les cornes du mâle sont beaucoup plus grosses à proportion que celles de la Gazelle; celles de la femelle sont menues comme dans la Corinne. La tête est presque foute blanche, avec une ligne noire , étendue de l’œil au coin de la (touche ; des larmiers ; point de brosses; les oreilles presque aussi longues que la tète, bans les temps de sécheresse, des troupes de dix et même de cinquante mille de ces Antilopes arrivent de l’intérieur de l’Afrique danslescnvironsdu Cap. escortées de Lions, d'Hyènes et de Léopards. Elles marchent en colonnes, et ainsi rassemblées, rien ne les effraye; elles forraeut le cercle et présentent le* cornes aux assaillant*.
A. iisLREX de* Mo. xco LS. A .gutlurosa, Pall. sp. sool. 12, t. 2. Encyc. Quadr. p. 52. f. 2. Uoang-yang ou Chèvre Jaune des Chinois. Cette esp. se distingue par l’énorme volume du larynx dans le mâle, où il ballotte au milieu du cou, à cause de la longueur et de la laxité des ligaments thiro-hyoïdiens. Celte difformité, bien moindre dans la femelle, y disparait même avec l’âge. Les cornes du mâle sont proportionnellement plus petites que celles des autres Gazelles. Comme le Moschus. il a au devant du prépuce un sac sécrétoire, rempli d’une sorte de cérumen à odeur de Bouc. La femelle manque de ce sac el de cornes; elle est aussi beaucoup plus petite; elle n'a que deux mamelons, quoique le mâle en ait quatre en rudiments. Le Dsercn a des poche* aux aine*, de petits larmiers, mais pas de brosses aux poignets. Plut que le* autre* Antilopes, le Dsercn évite les lieux couverts. Ses troupes, plus nombreuses en automne qu’en été, et qui, en hiver, se mêlent aux troupeaux domestiques, parcourent les grandes plaines sablonneuses de l’Asie centrale ; elles ne redoutent les montagnes qu’à
cause de* forêts; car elles gravissent les précipices de celles qui sont nues et arides. En courant, elles font des sauts énormes, en ramenant sons le ventre les jambes de devant, el étendant les autres en arrière BufTon a en tort de dire qu'en courant , les Antilopes s'élançaient par mouvements toujours égaux : toutes les esp., vues par Pallas, sautent en courant comme le Dseren. Cet Animal, daus l'état sauvage, craint l'eau, au point de se laisser prendre ou tuer plutôt que de s'y jeter. S’il y tombe par hasard, ou si, du haut d'une berge escarpée el sans l'avoir vue, il s’y précipite en fuyant, il nage pourtant très-bien. I/heureux exemple de ceux qui se sauvent ainsi, n'enhardit pas les autres à entrer dans l'eau. Quand leurs troupes sont acculées à un fleuve dans les grandes chasses des Mongols . ils (entent plutôt de se faire jour à travers le demi-cercle de cavalerie el de Chiens qui les a cernés. Si on les pousse dans les bois, étourdis par la peur, ils se heurtent contre les Arbres, et sont bientôt pris. Il est un peu plus trapu que les autres Antilopes, grand comme un Daim. Sa couleur d'été est gris-fauve dessus, el blanc dessous. Eu hiver, il est grisâtre, et parait blanc de loin. Le Dsercn s’apprivoise facilement, si^it même son maître à la nage. Il habite toute la zone sablonneuse qui s'étend depuis les monts de Belur jusqu’à la mer de Tartarie, entre les monts Altaï au nord, et ceux d'Alalc au sud.
A Saïga. A. Coins de Strabon. Pall. sp. zool. 12. Encyc. Quadr. pl. 52, f. 1. A cornes d'un jaune transparent, dirigées comine celles de la Gazelle; plus trapu que celle-ci ; grand comme un Daim, fauve sur le dos et les flancs, blanc sous le ventre; des brosses aux genoux et des larmiers, le nez fortement bombé, de larges narines encore dilatables pendant la course, et si proéminentes que l'Animal lie paît qu'eu reculant ou en saisissant l'herbe par le côté. Sur le squelette, les ouvertures nasales occupent plu» de la moitié de la longueur de la télé; l'intcrmaxillaire n’occupe pas le quart de celle étendue. Il y a ainsi un long bord osseux pour l'implantation de ses énormes naseaux. Les os du nez, plu* petits encore que dans l’Elan, paraissent rester cartilagineux, et sont supportés sur une épine saillante des frontaux. Pour boire, le Saïga plonge le museau dans l'eau, et c'est par le* narines qu'il en aspire la plus grande partie; mais il ne peut y en garder comme l'a cru Slrabon. L'ouverture de la pupille transversale, comme dan* tous les Ruminants, est rétrécie à son tiers moyen par quatre languettes floconcuses, dont l'une inférieure, plus grande, rencontre presque les trois supérieures. On ne retrouve de disposition analogue que dans l'œil des Raies pour préserver la rétine d’un cxcè* de lumière; mais s’ils sont ainsi défendus de la réverbération du sol dans les déserts blanchâtres el salés qu'ils parcourent, ils risquent, en plein midi, de venir jusque sous la main du chasseur; car ils ne voient pas loin devant eux, et ils sont, en outre, d'un tempérament si faible que la moindre blessure les tue. Ce* inconvénients sont compensés par un excellent odorat. Ils éventent l'ennemi de plu* d’une lieue, sont rarement seuls, posent et relèvent des sentinelles quand ils s'arrêtent pour manger, reposer ou dormir. Cette habitude ne se perd pas en domesticité. A la tin de novembre, iis sont en
rut. Le» mâles sentent fortement le musc; alors, ils se battent entre eux à qui restera maître de toutes les femelles de la troupe, que le plus fort défeud avec courage contre les Loups et les Renards. Les femelles mettent bas. au mois de mai. le plus souvent un seul petit. Les mâles croissent beaucoup plus vile que les femelles; ils ont des vestiges de cornes dès les premiers mois ; ils vivent et voyagent eu grandes troupes, quelquefois de dix mille, en se portant en automne vers les parties méridionales de la grande zone oblique qui s'étend depuis les monts Crapuks et le Danube, au sud-ouest, jusqu'à l'Irtistk et la mer Unïkal, au nord est, sans dépasser au midi la mer Caspienne et celle d’Aral r elles monts Alla) au nord.
A. pyg argue. A . pygarga, Schr. 273. Grand comme un Cerf; les cornes comme à la Gazelle, mais à proportion plus petites, et les anneaux plus saillants; ni brosses, ni larmiers; une large bande blanche sur le chanfrein, rétrécie entre les cornes; le dos d'un brun-bai glacé de blanchâtre ; une large bande brune, comme dans les Gazelles, sépare cette couleur du blanc du ventre, et s’étend sur la face externe des membres, dont le dedans est blanc ainsi que les fesses jusqu'au-dessus de la racine de la queue; de l’Afrique et de l'Asie au sudest de l'Euphrate. KrempftT dit que la femelle manque de cornes. Près de VA. pigarga, se place VA. nasomacu/ata de Blainville. La tète et la racine des cornes sont d'un rouge vif; une bande blanche transversale sur le chanfrein ; les jambes de devant blanches depuis le poignet, et celles de derrière en totalité.
A. cervicapre. A. cerricapra , Pall. sp. Zoo!. 1. Schreb. 108. Encyc. Quad. pl. 56, f. 3. Cornes à triple courbure, tordues en spirale, annelées sur une plus grande étendue que les autres; svelte comine la Gazelle; larmiers; brosses aux poignets; même distribution de couleurs : celte espèce a vécu et multiplié en Hollande. La femelle, qui diffère du mâle par l'absence de cornes et par une bande blanche qui lui vient à six ans au-dessus de chaque flanc, porte neuf mois, et ne fait qu'un petit. Comme lesautres Antilopes, cette esp. est toujours muette ; elle est originaire de l’Afrique et de l’Asie.
A. dl SfcxtGAL. A. senegalensis, Koha de Buff. T. xn, pl. 32, f. 2. et Encyc. Quadr. pl. 53, f. 2.
A. kOB. A. lencia, Kob; Buff. T. XI I, pl. 32, f. 1; de l’Afrique équatoriale.
tf Les Bubales. Cornes annelées, à double courbure, en sens cotitraire des précédentes, la pointe
en arrière.
A. bubale. A. Bubalis, Lin. Vache de Barbarie, Buff. sup. G, pl. 14. Il ressemble assez à une petite Vache pour qu'on ait pu lui en donner le nom. La courbure inférieure des cornes est concave en avant, et la supérieure convexe, ce qui fait que sa pointe se termine en arrière; cette esp. et la suivaule diffèrent de tous les autres Autilopes parla figure de leurs cornes; le frontal est relevé en bourrelet saillant au-dessus du pariétal. Ce bourrelet, dirigé dans le prolongemcul du chanfrein, coiffe la tète d’une sorte de bonnet, au sommet duquel s'insèrent les cornes. Sbaw dit que, pris jeune, le Bubale s'apprivoise aisément et pail avec les Bœufs. Un le trouve dans le nord de l'Afrique. Son pelage est
1 d’un fauve à peu près uniforme, excepté le bout de la queue qui est noir; la longueur en est médiocre; elle est terminée par un flocon de poils.
A. ça ai a. A. caama, Schreb. 278. Buff. Sup. vi , pl. 15. Encyc. Quadr. pl. 54, f. 1. Confondu avec le précédent, dont il diffère par la tète plus longue encore, la courbure plus prononcée des cornes en avant, et surtout^ en arrière. La couleur fauve-bai. plus brune i sur le dos, est grisâtre aux fesses; une graude tache noire entoure le bourrelet que supportent les cornes; line bande noire sur les deux tiers inférieurs du chani frein ; une ligne étroite sur le cou, et une bande longi- ' tudinalesur le devant do chaque jambe, sont de la même
I couleur, ainsi que le bout de la queue. Ces différentes marques sont très-distinctes dès le jeune âge. Elles sont plutôt brunes que noires dans la femelle, dont les ! cornes sont un peu plus |>etiles. Le Caama vit au Cap, en grandes troupes, dans les plaines de l'Afrique mérid. Sa vitesse surpasse celle des Chevaux; son cri est une sorte d'éternuement. Les incisives, de grandeur presque uniforme, sont disposées sur un arc de cercle réj gulier dans ces deux espèces.
tft Les Orix. Cornes annelées, droites ou peu courbées.
j-» A. orix. A . O fis. Pall. Pasan de Buff. Sup. vi, pl. 17. Encyc. Quadr. pl. 54. f. 2. Plus grand qu’un Cerf; ses cornes, qui ont jusqu'à trois pieds de longueur, sont I noires, lisses, avec des anneaux à leur tiers inférieur 1 seulement ; la femelle en porte aussi, mais moindres que ! celles du mâle; le poil est d'un cendré bleuâtre; la tète blanche, avec un dessin bizarre de taches et de lignes j brun-noir; aux épaules et aux cuisses une tache mar- | ron ; tous les poils surépineux , récurrents depuis la croupe jusqu’à la tête. L’Orix ne vit point en troupes, mais seulement par paires; il est rare aux environs du Cap.
j A. algazel. A. Ga sella. Buff. T. xu, pl. 33.,Geoff. et Fréd. Cuv. Mamtnif. Cette esp. parait être distincte de la précédente, à cause de la différence de son pelage qui est d'un fauve-clair sur le dos et les flancs, d’un fauve-foncé sur le cou et au poitrail, et à cause de la courbure de ses cornes annulées dans leur moitié inférieure. Elle a des larmiers, la tète blanche, à peu près ' bariolée de brun comme l'Orix : elle se rencontre assez rarement au Sénégal où on l'amène du centre de l'Afrique. Ses dents contiguës bord à bord sont rangées sur un arc régulier.
A. Orix blaxc. A. Leucoryx, Schreb. 256. Pcnnant. A cornes droites comme celles de l'Orix, mais plus minces, plus pointues, annelées sur une plus grande longueur ; la télé et les oreilles bariolées de fauve éclatant; des bracelets de la même couleur au-dessus des poignets; tout le corps d’un beau blanc; de l'Arabie. La distinction du Leucoryx est confirmée par la description cl la figure de cet Animal données dans V oriental Miscellanys; les sabots diffèrent pour la forme de ceux de l'Orix; le cou est plus court, plus épais; le museau plus large.
tftt Le8 AcmcoMW. Cornes peu ou point annelées à la base, droites ou presque droites; pointes trèsaigués, verticales ou un peu courbées en avant.
A. Delalaxue. A. Lalatulia, est une nouvelle es|>. rapportée du Cap par Delalande. L'individu est une femelle, (grande comme l’Algazel ; le mâle seul porte des cornes semblables â celles de l*A. laineux; tout le dos jusqu'au boni du ventre et la face extérieure des membres d'un brun-fauve; le cou et la tète d’un fauveroux; une ligne blanche sur le sourcil; le ventre et la face interne des membres jusqu’aux canons d'un blanc sale; les canons tout bruns; la queue deux fois plus longue que les oreilles, d'un gris blanc dessous et au lmut, fauve dessus, fournie de poils de longueur égale sur toute son étendue, tandis que celle de l'Orix et de l'Algazel est à poils ras. avec un flocon de poils longs à son extrémité ; pas de larmiers. Les poils de l'épine ne sont point récurrents comme dans les deux espèces précédentes. Les sabots bien plus courts et plus ramassés que ceux de l’Algazel. Delalande l’a rencontré dans les montagnes de l'Afrique, où il vit en petites troupes. Il ne descend pas dans les plaines.
A. laixeia. A. ianata. Cornes parallèles; poil droit, frisé et laineux comme dans les Kanguroos; il ressemble tout à fait à celui du Kanguroo : gris sur le dos surtout, passant au grisâtre sous le ventre; oreilles trèsgrandes; museau fort effilé, terminé par un mufle; bout de la queue blanc. Celte esp. a été rapportée du Cap par Delalande; elle n’a ni brosses ni larmiers; sa taille est celle de l’Euchore. Elle vit en petites troupes de dix â quinze paires, dans les montagnes, â l'est du Cap.
A. GAZEI.I.E saltaxtr. A. Oreolragus Forst. ap. Schreb. 250. Klip-Springer ou Sauteur des Rochers.
IJ u FF. Suppl, vi, pl. 22. Encyc. pl. 54, f. S. Grand comme une Chèvre à peu prés, mais plus haut sur les jambes ; tout le corps d'un gris-fauve-verdâtre, excepté le tour des yeux qui est noir; son poil n'est pas couché, mais comme celui du Moschus Moschiforus, il est droit, plat et rude, fragile et se rompt quand on le tord; les cornes petites, menues et presque droites; les oreilles proportionnellement plus courtes que dans tous les autres Antilopes; il court et saute sur les pointes des rochers avec autant d’adresse et de vitesse queleChamois j de l'Afrique méridionale; le museau est terminé par un ! petit mufle.
A. ceux. A . grimmia. Pall. sp. aool. 1. BufF. supp. T. xi, pl. 14. Encyc. pl. 55, f. 3.
A.Gcbvei ouRoidesChevrotaies. A. Pygmœa.buff. Pall. La plus petite des esp. connues; celle-ci et la ! précédente n'ont pas de larmiers, mais au-dessous, et 1 un peu en avant de l’œil, un sillon horizontal très- | noir, dépourvu de poils, où se forme une humeur qui se durcit en grumeaux noirs. Ce sillon est la surface excrétoire d’une glande logée dans une dépression de l'os maxillaire, comme la glande du larmier proprement dit. est logée dans une fosse plus ou moins profonde de l’os lacrymal. Ces deux esp. ont un petit mufle et les incisives contiguës face à face. D’après Delalande, le Guevci n'habite que dans les grandes forêts où il vit isolé. En fuyant, il pousse un cri qui ressemble à un éternuement.
A. Saltiexxe. A.Saltiana. Madoko des Abyssins, rapporté en Angleterre par Sait. D’après Blainville, qui l’a vu au Musée britannique, il a des sabots fort longs,
indice d'habitation dans les montagnes. S'il n'a pas de larmiers et manque aussi du sillon que nous venons de mentionner, c’est probablement une esp. distincte.
A. ACtmconxE. A. acuticornis. Ulainv Rul. des sc. 1816. Cette esp. n’est pas suffisamment établie; la conformation observée par Blainville, sur un crâne unique, peut être accidentelle.
A. Dukee-bock ou Ciiêvre ploxceaxte Ri' Cap. A. mergen s. Poil d’un fauve-roux partout, excepté sous la queue où ils sont blancs, et aux pieds, qui tous quatre sont noirs; le devant seulement des canons de derrière est noir; la bande noire des jambes antérieures se porte en dehors jusque sur l'épaule; les dents comme dans les Gazelles; le sillon noir, sous-orbitaire, décrit à VA. Pygmœa ; un petit mufle. Il vit dans les buissons.
A. a brosses. A. Scoparia. Schreb. 261. Brosses aux poignets; une tache blanche sur l’œil; queue d’un brunnoir; cornes droites dont la moitié supérieure lisse est un peu tordue. Il parcourt en petites troupes les plaines du sud de l’Afrique.
A. Naxccer. A. Dama. BufF. T. xii, pl. 34, Encyc. pl. 51, f. 1.
A. Nagor. A. Rctlunca. BufF. T. xn, pl. 46, Encyc. pl. 51, f. 2.
A. Steex-bock. Spar. A . fulro-rubescens, D. Fauveroux sur le dos et les flancs ; blanc 60us le ventre avec deux grandes taches noires aux aines et une blanche à la gorge. Il vit en grandes troupes dans les plaines découvertes de la Cafrcrie.
A. Gris-rock. A. rubro-albescens, D. Roux-fauve, semé de poils blancs par tout le corps, sans aucune tache ; la queue plus courte qu’au Steen-bock. Cette esp. vit dans les buissons.
A. Riet-bock. A. Oleotragus . Antilope des roseaux de Shaw, Schreb. 266, BufF. Supp. ▼», pi. 23 et 24, Encyc. pl. 54, f. 4. Dans les marais de la Cafrerie.
La chair de toutes ces esp. est très-bonne â manger. Les Hottentots et les Colons en font sécher les cuisses qu’ils mangent en tranches minces sur du pain beurré, fîttî Les Tseiraes. Cornes à courbure simple, portant la pointe en arrière.
A. blec. A. Leucophœa. Tseiran. BufF. Supp. vi, pl. 20. Schreb. 278. Penn.Quad. T. i, p. 92. Grand comme un Cerf et quelquefois davantage; poil d’un cendrebleuâtre ; les poils surépineux au dos, depuis la croupe et la crinière du cou, récurrents vers la tête ; les cornes des deux sexe» longues d’un pied et demi, d'une courbure uniforme en arrière; la queue courte.
A. en ev ai. ixe. A. equina. GeofF. Gris-roussâlre ; tête brune; au-devant de l’œil, un pinceau large et plat de poils blancs dirigés vers l’angle des lèvres; une crinière sur le cou dont les poils sont récurrents vers la tête ; ni brosses ni larmiers dans ces deux esp. : la première est du Cap.
A. de Sihatra. A. su mat tvn sis. Marsden, Cambing-outang des Malais. Entièrement noir, excepté la crinière du cou dont les poils gris sont droits et un peu récurrents : cornes courtes, anneléesdans les deux tiers de leur longueur; de grands larmiers; dents également grandes, contiguës bord â bord en arcade régulière; queue plus courte que les oreilles, et sans flocon tenni
nal; le museau est prolonge en mufle; sa taille est celle du Daim.
A. a cormes déprimées. A. depressi cornia, Quoyet Gaymard. Zool. d tl'Astr. Cette esp. est remarquable par sa forme trapue qui la fait ressembler;! un jeune buffle, par le peu de hauteur de ses jambes, et surtout par ses cornes qui sont courtes et droites, aplaties d'avant en arrière et annelées à la base, se rétrécissant brusquement aux deux tiers supérieurs internes; elles sont lisses à l'extrémité, très-pointues et noires. Le pelage du inâlc est d'un brun clair plus foncé sur le dos que sous le ventre; celui de la femelle est plus foncé, presque noir. Il est très-sauvage, peu agile et assez redoutable par les blessures qu'il peut faire avec ses cornes, tttttt Les Strepsicères. Cornes à arête spirale.
A. Carra. A. Orras. Pall. Buff. Suppl, vi, pi. 12. Encycl. pl. 55, f. 1. Le plus grand des Antilopes; les cornes, divergentes, droites, à arête saillante, montant en spirale de la base à la pointe, ont plus d'un pied et demi ; le garot s'élève entre les deux épaules ; une petite crinière s'étend depuis le nez jusqu'à la queue; les poils de la crinière cervicale sont seuls récurrents; un fanon sous le cou, garni de longs poils, et qui atteint jusqu'à un pied de long 11 vil dans les montagnes de l'Afrique australe, en troupes de 50 ou GO, les deux sexes se tiennent le plus souvent en troupes séparées; ils sont fort doux, et s'apprivoisent facilement.
A. Bosch-bock. A. Sylcatica . Pall. Buff. Supp. vi, pl. 28S, Schreb. 258. B. Encycl. 50, f. I. Scs cornes sont presque droites. Celte esp. vil par paire et habite les forêts; ses incisives disposées comme dans les Gazelles. Elle porte sur l'encolure un collier rasé par le frottement des branches en courant dans les forêts, malgré sa précaution de tenir la tète tout d'une venue avec le corps.
A. Gvia. A. S'crypta. Buff. T. xn, Schreb. 258. Encycl. pl. 55, f. 2. Cornes droites, divergentes, contournées par deux arêtes spirales, les poils du cou récurrents. Il vit en grandes troupes dans les plaines et les bois des bords du Sénégal. Ses incisives comme daus les Gazelles.
A. Coxbocs. y. Sirepsiceros. Buff. Sup. vi, pl. 13, Schreb. 207, Encycl. pl. 50, f. 2. (Cette figure est trèsmauvaise; le corps et les jambes y sont trop effilés. ) Incisives petites, formant une arcade régulière; les deux postérieures fort petites, la seconde moyenne et la première fort large; cornes au mâle seulement, divergentes, longues de deux à trois pieds, lisses, à triple courbure. Dans toute l'Afrique australe, oit il vil isolé; il est encore plus agile que les Gazelles; il franchit des obstacles de dix pieds de hauteur; une crinière s'étend sur le dos et une autre sous le cou; la cheville des cornes du Condous est celluleuse, ce qui le rapproche de la division suivante. 5a taille esL celle du cerf.
tttttt t Les Léiocéres. Cornes lisses.
A. Nylgaii. A. picta, et Trago-Camelus de Pallas qui en a fait un double emploi; Taureau-Cerf des Indes, Buff. Sup. vi, pl. 10 et 11. Schreb. 253 cl 203. B. Enc. pl. 51, f. 4. Cornes dont la base triangulaire ofFre, en avant de sa pointe, un tubercule, rudiment de bifurcation ; elles soûl moitié moins longues que la tète, courbées en avant, et plus courtes que les oreilles; des lar-
miers et un mufle; une barbe sous le milieu du cou dans les deux sexes, médiocre, terminée par un flocon noir; anneaux noirs et blancs sur les doigts; pelage gris-cendré dans le inûle, fauve dans la femelle; le Ifylgau est grand et proportionné comme un Cerf, mais ses jambes sont plus massives; il court de mauvaise grâce, à cause de la brièveté de ses jambes de derrière ; son nom indien signifie Taureau bleu; il a vécu et multiplié en Angleterre; il habite le bassin de l'Indus, les montagnes du Cachemire, et sans -doute la chaîne de l’IIimalaya.
A. Groc. A. Gnus. Buff. Sup. vi, pl. 9 et 10; Encycl. pl. 50. Le plus anomal des Antilopes pour la figure et les proportions. Avec des jambes fines comme celles des Cerfs, il est grand comme un Ane. et a le mufle d'un bœuf; la forme de son encolure et de sa croupe lui donne l'air d'un i>clit Cheval, dont il a la queue et la crinière; une seconde crinière sous le fanon , un cercle de poils autour du mufle et des yeux; ce* derniers poils sont trèslong» et roides; d'un fauve-gris partout, excepté aux endroits précités, dont les poils sont plus ou moins blancs; seul de ce G-, il offre ta seconde incisive plus largement développée et sur le même rang que la moyenne; les deux extérieures plus petites sont en retraite derrière la seconde. Cet Animal est de l'intérieur de l'Afrique australe.
*- A. Chamois ou Isard. A. Ilupicapra. Buff. T. xu, pl. 10, Schreb. 209. Encycl. Quadr. pl. 55, f. 1. Cornes petites, droites, rondes, à pointe Irès-aigué, recourbée en arrière comme un hameçon; sa fourrure d’hiver est double, un duvet plus serré près de la peau, et des poils droits et plus rares qui la dépassent; sans larmiers ni brosses, comine toutes les espèces des deux précédentes sous-divisions; incisives comme dans la Gazelle; les deux moyennes plus longues dépassent les autres de deux lignes. Habitant des lieux les plus impraticables de la région boisée des grandes montagnes de l'Europe, il ne s’élève pas avec le Bouquetin jusqu’à leurs sommets les plus aigus, et ne descend pas dans les plaines. On le voit, comme le Klip-Springcr du Cap, décrire des sauts paraboliques de haut en bas des escarpements, franchir les précipices en bondissant de rocher en rocher, s'élancer de dix et douze toises de hauteur sur des I min Ica où il n’y a que la place de rassembler ses pieds; cerné par les chasseurs, il se jette sur eux cl les renverse dans les précipices où ils sont obligés de le suivre. Us vivent en troupes de quinze à vingt et davantage; ils passent , aux approches de l’hiver, des versants du nord aux versants méridionaux des montagnes; ils ne paissent que le matin et le soir, et ne se montrent guère dans le courant du jour. Quoiqu'ils aient l'œil très-sub* lil, ils sentent et entendent le chasseur avant de le voir. Aussitôt les Chamois se mettent à bondir sur les hauteurs, pour découvrir au loin, en poussant, par les narines, un sifflement très-aigu; c'est leurcri d'alarme; ilsen font retentir les montagnes jusqu'à ce qu’ils aient reconnu le danger; alors ils prennent la fuite. Le rut vient en automne; les femelles portent quatre ou cinq mois un et rarement deux petits qu'elles mettent bas en mars ou en avril, et qui les suivent jusqu'au mois d’octobre, tttttt tt Les Ramiféres. Cornes bifurquèes.
oogle
air»
A. a axdoullers. t l.furcifer . Hamilt Sntilli. Trans. ] Lin. T. x 11. première pari. 1821. pl. 3. L'individu objet : de celle description, existe dans le Muséum de Péal. à Philadelphie. Sa forme est celle d'un Chamois; la queue courte; les oreilles moitié moins longues que le chanfrein; les cornes se bifurquant vers l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen. L'andouiller antérieur est le quart du postérieur, qui est en même temps supérieur et recourbé en arriére et en dedans; il y a quelques anneaux très superficiels au dessous de la bifurcation.
A. a eh ta (in ires. A. palmata. Trait*. Lin., T. xiii, pl. 3. Mazame. Hernandez, lib. 9, ccp. 14. La fig. 3. de j Selia. pl. 43, t. 1. La description donnée à tort sous ce i nom, se rapporte ù un autre Animal. L'empaumure est j antérieure, aplatie d'avant en amène. et saillante de la hase de la corne, comme l'andouiller rudimentaire du Nylgau; la pointe supérieure est recourbée en crochet, comme au Chamois; ses cornes sont hérissées de petits tubercules; Hernandez le dit grand comme nos Cerfs, d’un fauve-clair sur le dos, et blanc au ventre et aux flancs. Ces deux espèces sont du Missouri et du nord du Mexique.
ANTILYSSF.. Atilîlyssuê. bot. Haller a donné ce nom à un G. de la Cryptogamie, qui correspond maintenant au G. Peltigère. F. ce mot.
ANTIMAQ11E. Antiniachus. ms. G. de Coléoptères hétéromères, de la- fam. des Ténébrionites, voisin du G.
I pis. et institué par Gisti- Il offre pour caractères : tête oblongue. arrondie; front surmonté d'une corne droite, un peu recourbée vers le bout ; antennes presque filiformes, à articles coniques : le premier le plus long, le dernier ovale; corselet transverse, sinué et échancré antérieurement, aveedeux épines de chaque côté; ély 1res allongées, courbées à l'extrémité. On ne connaît encore qu'un seul Antimaque, A. furcifer ; il a été recueilli au Brésil.
ANT1MION’. bot. S. de Mandragore.
'ANTIMOINE. Min. Substance métallique, qui forme la base d'un G. composé de quatre esp., dont nous allons parcourir successivement les principaux caractères.
A. natif. Ce Minéral se distingue surtout par sa structure, l’une des plus compliquées que l’on ait observées jusqu'à présent; elle offre des joints naturels très-sensibles, dans vingt directions différentes, les uns parallèles aux faces d’un octaèdre régulier, et les autres à celles d'un dodécaèdre rhomboldal. La pesanteur spécifique de l'A. natif est de 6,7. Ce Métal est très-fragile; sa couleur est le blanc d'Étain. 11 s'évapore en fumée par l'action du chalumeau, et se dissout dans l'Acide nitrique, en formanL un dépôt blanchâtre. On ne l'a encore observé qu'à l'état laminaire ou lamellaire, à Salberg, près de Sala en Suède, dans la Chaux carbonalée; à Allemont en Dauphiné, dans le Quartz : à Andreasberg.au Hartz; et aux environs de Presbourg en Hongrie. L’A. est employé dans la fonte des caractères d'imprimerie, et dans la composition des miroirs métalliques. On le mêle aussi à l'Étain, pour augmenter la dureté de ce dernier Métal. Mais son principal usage est de fournir à l'art de guérir un grand nombre de médicaments, dont l'action sur l'économie animale est plus ou moins énergique.'
A. natif arsêxifère. Var. de l'esp. précédente, qui
| renferme accidentellement de l'Arsénie, dans une proportion qui varie depuis 2 jusqu'à 16 pour 100. On la j trouve à Allemont, sous la forme de petites lames ou croûtes, dont la surface est légèrement ondulée.
A. oxyde. Mnriate tV Antimoine , de Boni. Cette esp. n'a point encore été caractérisée par la géomélrie des Cristaux, sa structure lamclleuse n’ayaut élé observée que dans un sens. On distingue l’A. oxydé par sa couleur, qui est d'un blanc nacré, jointe à la facilité avec laquelle il se fond à la simple flamme d'une bougie. 11 est facile à entamer avec le couteau; il décrépite sur un charbon ardent, et s’évapore tn fumée par l'action du chalumeau. Son analyse par Vauquelin a donné 80 parties d'oxyde d'Anlimoine, 3 parties du même oxyde méléd'oxydede Fer,el8parlies de Silice, avec 3 de perle.
On en connaît trois var., savoir : L'A. oxydé laminaire; V A .oxydéaciculaire;Y A . oxydé terreux, d'une couleur blanche, recouvrant l'Antimoine natif.
A. OXY DÉ ÉPIQÉEIB- F. A. SULFIRÉ.
A. oxydé si LFi nE. Kermès natif ou Kermès minéral. D'un rouge mordoré. Mis dans l’Acide nitrique, il se couvre d'un enduit blanchâtre. D'après Klaproth, il est formé sur 100 parties de 67,3 d'Anlimoine, de 10.8 d’Oxygène, et de 19,7 de Soufre; perte 2. On le trouve, sous forme d’aiguilles divergentes, à Braunsdorf en Saxe; à Pernek , près de Plasscndorf dans le comté de Presbourg; à Fclsobanya et k Kapnick en Transylvanie, et en Toscane. Il accompagne souvent l’A sulfuré. Haliy a émis l'opinion que tous les échantillons «TA. rouge, que Ton a regardés comme des produits immédiats de la cristallisation, pourraient bien n'ètre que les résultats d'une altération spontanée qu'aurait subie l’A. sulfuré ordinaire, altération qu’il nomme épigénie , et par laquelle une partie de Soufre se serait dégagée delà combinaison. Un fait cité par Borné de Fisle vient à l’appui de celle opinion ; ce savant avait remarqué que la suface de l’A. oxydé sulfuré de Toscane était couverte d’une multitude de petits octaèdres de Soufre. Au reste, il est prouvé que dans certains cas la transformation dont il s'agit a eu lieu, puisqu'on peut en observer les différents termes sur une série d'échantillons, qui montrent visiblement le passage de BA. sulfuré à un étal où sa couleur est d’un rouge mordoré. Dans tous les cas de ce genre, où l'origine peut être douteuse, les échantillons doivent être placés dans un appendice, à la suite de l'A. sulfuré, sous les noms de :
A. oxydé sulfuré Efigéne. F. A. sulfuré.