‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 6 sur 125 · AC A · texte numérisé non relu

AC A

trouva, dans les papiers de Commerson, la description , d'un nouveau G. de Mollusques bivalves, des mers du cap de Bonne-F.spéranee, qu'il crut devoir conserver et qu'il caractérisa ainsi : Deux valves horizontales, sans charnières ni ligament ( Encyc. inét. Ir« partie). Outre l'esp. de Coinmerson (A cartlo crustularius ), Bruguière cite une autre esp. ou variété qu’il eut occasion de voir J à l’Ile-de-France, et qui venait aussi du cap de Bonne- Espérance. U parait qu'à l’époque où Bruguière ordonna la gravure des planches de coquilles de l’Encyclopédie, le dessin de l'esp. de Commcrson, figurée pl. 173, fig. 1, 3, 3, était retrouvé, et qu’il crut devoir ajouter à son genre Acarde les coquilles décrites par Picot de La Peyrouse, sous le nom d'Ostracites, dont il n’avait pu parler en décrivant ce G.

Tel était le G. Acarde de Bruguière, lorsque Lamarck, en l’adoptant (An. sans vert., prem. édit. p. 130) pour l’esp. de Commerson, y réunit VUmhreUa chine nais, de Chemnitz, Conch. 10. p. 341. tab. 169. fig. 1045, 161G, dont il a depuis fait le G. Ombrelle. Gastroplax de Blainville; mais il en a séparé les Oslracites de La Peyrouse pour en faire le G. Radiolite.

L’inspection de la figure de Commerson, et celle de quelques Acardes répandues dans les collections, firent bientôt soupçonner que ces prétendues coquilles n’étaient que les doubles épiphyses de vertèbres de quelques Cétacés. Aussi Muhlfeld et Ocken citent-ils la seule Umhrella cltinensia pour tipe du G., et Cuvier le réduit-il aux Oslracites de La Peyrouse. V . pour celles-ci le mot Radiolite, et pour les Acardes de Muhlfeld eld’Ocken, le mot Ombrelle.

ACARIDES. Acuritlea. Arac. Tribu d’Animaux de la fam. des Holètres, ordre des Arachnides trachéennes, ainsi désignée du G. Acarua de Linné. Elle renferme cette multitude d’espèces d'Arachnidesque l’on nomme vulgairement Mites, Cirons, Tiques , et dont plusieurs sont si petites qu’elles se dérobent presque à nos regards. Les unes sont vagabondes, terrestres ou aquatiques; les autres se fixent sur divers Animaux, dont elles sucent le sang ou les humeurs, s’introduisent même jusque dans leur chair, et quelques-unes d’entre elles, en s’y multipliant excessivement, épuisent les Animaux et peuvent, avec le temps, les faire périr.

On distingue cette tribu aux caractères suivants : les uns ayant une bouche dont les parties sont discernables, tantôt offrant des mandibules (Chélifères), soit en pince, soit en griffe, mais cachées dans une saillie du sternum, en forme de lèvre; tantôt composée de pièces formant un suçoir ou un siphon; les autres ne présentant qu'une simple cavité orale.

On divise les Acarides en quatre sections :

1° Les Trombibites. Trombidites. Huit pieds uniquement propres à la course; des mandibules. — Les G. Tmmbidiou, Erythrée, Gamase, Cheylète, Oribate, Uropode, Acarus.

Les Tiqces. Ricinitea. Huit pieds uniquement propres à la course; bouche en forme de siphon. — Les G. Rdellc, Smaride, lxode, Argas.

3» Les Hymiachxem es. Hydmchneilœ . nuit pieds propres à la natation. — Les G. Elaïs, Hydrachne, Limnochare.

4° Les Micronithires. Microphthira. SLx pieds. — Les G. Caris, Lepte. Achlysie, Atome, Ocypète.

On aurait pu établir dans les Acarides octopodes, ou à huit pieds, une division naturelle, en la fondant sur une analyse plus détaillée des organes masticateurs; mais cette méthode eût été impraticable pour le plus grand nombre des personnes qui se livrent à l’élude de l’histoire naturelle.

ACARIDIES. Acaridic r. Arac. Fam. d’Animaux de l’ordre des Acérés, établie par Latreille. Elle répond à la tribu de l'article qui précède.

ACARIMA. Max. S. d’Ouistiti.

ACARINS. arach. Nitzseh donne ce nom à une fam. en tout semblable à celle des Acaridies. T. ce mot.

ACARNA. bot. C’est sous ce nom générique que Vaillant (Ac. des sc. 1718, p. 163) a désigné la pl. nommée depuis par Linné Cnicus acarna, et qui se distingue par les écailles extérieures du calice commun, terminées par une épine pinnée ou ramifiée sur les côtés. Willdenow conserve le nom de Linné et rapporte à son G. Cnicus tous les Chardons de cet auteur, qui ont une aigrette plumeuse. Le nom de Cirsium consacré par Toumefort et Vaillant pour ces mêmes pl. parait devoir leur être conservé et il ne semble pas que 1* Acarna de Vaillant, qui est le Picnomon d’Adanson. puisse en être séparé à cause de ses écailles calicinalesà épine ramifiée. Willdenow emploie le nom d’ Acarna pour désigner plusieurs esp. A' Atractylis de Linné, réservant ce dernier nom pour l' Atractylis cancellata, que Gærtner, de son côté, sépare aussi sous celui de Cirsellium , en laissant celui d' Atractylis pour le G. qui conserve le plus d’esp. anciennes. En adoptant la nomenclature de Gærtner on est conduit naturellement à abandonner celle de Willdenow.

ACARUS. Arac. G. d’insectes aptères de Linné, placé aujourd'hui dans la classe des Arachnides et subdivisé en un grand nombre de G. V . Mitte. — Latreille (dans la première édition du règne animal) réunit, sous le nom générique d' Acarus, toutes les esp. qui ont des palpes très-courts ou cachés.le corps mou ou sans croûte écailleuse et une pelolte vésiculeuse à l'extrémité de chaque tarse; de ce nombre, sont entre autres esp. A. dr la cale. Acarus scabiei. (Le Cirox de la cale, Géoffroy). Cet Animal microscopique habite la peau de l’Homme dans une phlegmasie cutanée, connue sous le nom de Gale; on le croit généralement la cause de cette maladie, quoique plusieurs auteurs pensent le contraire et prétendent ne l’avoir jamais rencontré; mais ces observations négatives ne sauraient infirmercelles faites par Bonanni, par Gallée. et par Raspail. Us ont démontré que l'Animal existe, qu’on le rencontre à l'intérieur des petites vésicules élevées sur la peau, et qu’il se propage avec elles.

A. domestique. Acarus domesticus , Degécr, qui se trouve ord. dans les Collections d'insectes nu d'Oiseaux.

A. de xoixe.au. Acarus passcrinus, F., qui servait de type au G. Sarcopte de Latreille, et que nous réunissons avec lui au G. Acarus. Cette, esp. a été décrite et figurée par Degécr (Ins. vu. 109. n° 7. Tab. 6, fig. 13.) et par Geoffroy (Ins. n), qui l’appelait la Tique de la chauve-souris.

ACASTE. Acasta. Mollusques cirriphodestrès-rapprochés des Balanesdont ils ne se distinguent que par des caractères assez peu tranchés, mais qui cependant suffisent pour autoriser leur séparation qui a été oj»éréc par Leach . Les Acastes vivent dans des éponges, et ne sont point fixés sur des corps solides, comme les Balanes. Coquille sessile, ovale, suheonique, composée de pièces séparables; cône formé de six valves latérales, inégales, réunies, ayant pour fond une lame orhiculaire, concave au côté interne et ressemblant à une patelle; opercule quadrivalve. Les principales esp. sont :

A. de Moutagc. ✓/. Montaguiy Leach. Lamarck. Sp. n° 1 . Halanus spongiosus , Montagu.Test.-Brit. suppl. 2. tab. 17, f. 4 à 0. Le pas spongiasa, Wood. Conch. p. 47. Lejxts spongiosus , Dihvyn, Des. cal. p. 27. Lite habile dans les éponges sur les côtes de Weymouth en Angleterre.

A. GI.AVD. A. Clans, Lamk. Sp. n° 3. Elle habite la Nouvelle-Hollande, à l'ile Ring.

A. sii.i.ouxée. yf. Sulcata, Lamk.Sp.n°3., qui habite la baie des Chiens marins, à la Nouvelle-Hollande.

A.spoxgite. Lamk. Poli. Test. 1 , p. 25. tab. B. f. 5. etc.

ACATAL1S ou ACATERA. bot. N. Ane. du Genevrier commun.

ACATSIA VALLI. bot. S. de Cassythe.

ACAt'LE. bot. PI. privée de tige manifeste, et dont toutes les feuilles sont ramassées sur la souche, à la surface du sol.

ACAYE. «ou.. G. établi par Montfort pour V Hélix hœmastoma, et quelques autres, V. Helice.

ACCENTEUR. Accenlor. ois. G. de la classe des Insectivores, méthode de Temminck. Ses caractères consistent dans le bec , qui est droit , pointu , avec la mandibule supérieure échancrée vers l'extrémité, et qui est, ainsi que l'inférieure, comprimée sur ses bords. Les narines sont basales, nues, percées dans une large membrane; les pieds robustes, ayant trois doigts devant et un derrière, dont l'extérieur soudé près de la hase à celui du milieu : l'ongle du postérieur est le plus long et le plus arqué. La première rémige est presque nulle; la deuxième presque égale à la troisième , qui est la plus longue. — On n'en connaît que quatre esp. auxquelles la première a servi de type.

A. des Alpes ou PEgot, Buff. pl. enl. n° 608. fig. 2. Mutai ilia alpina, L. Le plumage de cet Oiseau n'est rien moins qu'éclatant; c’est un mélange de cendré, de brun, de roux et de noir. On observe au cou un plastron formé par de petites écailles noires sur un fond blanchâtre. Sa taille est de G pouces 8 lignes. Cet habitant des montagnes ne parait guère sensible au froid ; aussi ne le voit-on pas émigrer dans la saison rigoureuse. Il se contente de descendre dans les plaines et d'y chercher, pour sa nourriture, à défaut d'insectes, toute espèce de graines. 11 affecte un air stupide, et l'approche du voyageur ne parait lui causer aucune crainte. A moins que dans le temps des ouragans et des tempêtes ta frayeur ne rassemble les Pégots par troupes, on ne les rencontre jamais que deux à deux. En général leur chant n'a rien d'agréable; souvent il se borne à un petit cri aigu.

A. boi ch et ou Traîne-buisson, Buff. pl. enl. n°615,

f. I . Fauvette d'hiver, F. des bois ou Roussette. Buff. Motacilla modula m.Gmel. D'un brun noirâtre; sommet de la tète cendré, tacheté de brun; gorge et poitrine d'un cendré bleuâtre ; des taches rousses sur le dos ; flancs et croupion d'un gris roussàtre; ventre blanc; taille, 5 pouces 1/4.

L'A. noxtagxaru. Accentor montanellus, Tem., qui habile les parties orientales du midi de l'Europe et quelques contrées de l’Asie, et le Turdus kamtschatken- sis, Ginel., Montai ilia Calliope , Pal., sont les autres espèces connues du genre.

Les Accenteurs nichent de très-bonne heure, les uns dans les anfractuosités des rochers, les autres dans les taillis et les forêts; leur ponte consiste en 5 ou G œufs.

ACCIPENSER. pois. S. d'Ksturgeon.

ACCIPITKES. ois. Traduction du nom latin donné par Linné au premier ordre de sa méthode, ainsi caractérisé : bec courbe à l'extrémité; mandibule supérieure dilatée de chaque côté ou armée d'une dent; pieds robustes , courts; doigts verruqueux sous les jointures; ongles arqués très-aigus.— Les espèces comprises sous celte dénomination sont voraces et cruelles; elles sont aux Oiseaux ce qpe les hèles féroces et les carnivores sont aux Mammifères , vivent de proie ou de cadavres , construisent leurs nids, nommés aires, dans les lieux élevés ; ils sont en outre monogames. La femelle, toujours plus grosse que le mâle, nommé Tiercelet en termes de fauconnerie, pond ordinairement de trois à quatre œufs. — \ ieillot divise les Accipitres en trois tribus les Diurnes , les Nocturnes et les Accipitrins.

ACCIP1TU1NA. bot. S. d’Epervière.

ACCIPITRINS. ois. V. Accipitres.

ACCOLA, pois. S. de Thon blanc.

ACCOMBANT. bot. Le prof. De Candolledit que la radicule est accoinhaiite quand elle est couchée sur le bord des cotylédons; et à leur tour les cotylédons sont accombanls lorsqu'ils sont appliqués de telle manière que la radicule, redressée, correspond à la fente qui les sépare.

ACCOUCHEUR, rept. r. Crapaud.

ACCOUPLEMENT. C’est l'union des sexes dans Pacte générateur : il doit être cousidéré comme un stimulant nécessaire à la séparation des germes. Lâ où il n'y a point de sexe, il n’y a point d'accouplement : tels sont les Polypes. Là où les sexes sont réunis et peuvent se féconder par eux mêmes, comme dans les Plantes et dans certains Mollusques Acéphales, il n’y a point non plus d'accouplement. Dans certains Poissons, dans les Grenouilles et les Mollusques Céphalopodes, où les sexes sont distincts, mais chez qui le mâle féconde seulement les œufs quand ils sont sortis, ou lance sa semence sur la femelle, il n’y a point encore d'accouplement complet. Dans les Grenouilles, cependant, de longs embrassements précèdent souvent l'acte générateur. Dans tous les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles Chéloniens, — Sauriens et Ophidiens, dans les Poissons vivipares, dans les Insectes, et les Arachnides, l’accouplement est nécessaire à la fécondation : il en est de même pour tous les Crustacés, pour plusieurs Mollusques et pour plusieurs Annélides.— L'accouplement est nommé simple , quand il a lieu entre sexes séparés ; réciproque, lors-

que deux hermaphrodites se fécondent mutuellement', et compote, quand un hermaphrodite est fécondé par un individu et en féconde un autre à son tour. Sa durée est très-variable : il est instantané chez les Oiseaux , et subsiste après l'éjaculation dans les Chiens. La conservation de l'espèce étant de la plus haute importance, la nature a fait de l'acte qui la perpétue un besoin impérieux et la source des plus vives jouissances : il est cependant des espèces qui s'accouplent plutôt pour satisfaire le pressant besoin qui les pousse, qu'attirés par l'attrait du plaisir; ainsi, les pointes dont est armée la verge des Chats . des Agoutis , des Gerboises , ne peuvent que causer de vives souffrances à leurs femelles, qui, pressées par le besoin, retenues par la crainte de la douleur , balancent longtemps avant de s'abandonner au mâle, et marquent par des cris perçants les souffrances qu'elles éprouvent. Parmi les Animaux il en est qui se réunissent par couple, et partagent les soins de l'éducation des petits : c'est ce qu'on voit chez la plupart des Oiseaux, et chez beaucoup d'espèces carnassières de .Mammifères : tandis que celles qui vivent de végétaux, et qui, par conséquent, trouvent une nourriture abondante et facile, abandonnent à la mère le soi% de leurs petits. C'est aussi parmi les Oiseaux qui vivent de proie, que se trouvent ceux qui partagent davantage les soins qu'exige leur progéniture. L'association est annuelle ou dure |>endanl toute la vie ; le premier cas est le plus commun. Les Corneilles, les Aigles et d'autres Oiseaux de proie ne se séparent jamais, ces Animaux offrent un modèle de fidélité conjugale. Il en est enfin à qui une seule femelle ne suffit pas : ils ont un nombreux sérail qu'ils protègent, qu’ils dirigent, et avec «fui ils partagent leur subsistance ; les Phoques , les Coqs sont dans cette habitude. Les Abeilles nous offrent une circonstance contraire : une femelle a besoin de plusieurs mâles. Chez la plupart des Vertébrés, l'époque de l'accouplement est marquée par un surcroit de vie, une augmentation d'activité, et souvent par une excitation spéciale des organes génitaux, surtout chez les femelles.

Les Animaux annoncent le besoin de l'accouplement par des cris , des chants ou d’autres signes propres à chacun d'eux. L’Oiseau s^il unir dans ses accents, à la peinture de la vivacité de ses désirs, l'expression de la tendresse la mieux sentie; tandis que les fureurs des Mammifères ne dénotent souvent qu'un besoin pressant à satisfaire. Mais c'est surtout chez les Insectes que l’industrie amoureuse des mâles et des femelles est vraiment admirable.

Les Animaux sauvages s'accouplent une fois l’an, à une époque fixe : ceux que l'Homme a rendus domestiques , et auxquels il a par conséquent fait partager les avantages de sa société, s'accouplent en toute saisou. L'Homme et quelques autres espèces n’ont ni temps fixe, ni état déterminé pour cet acte. Dans les Quadrupèdes, l'accouplement féconde une seule portée; chez les Oiseaux, il féconde un très-grand nombre d'eeufs; et dans les Insectes, les Pucerons fécondent dans un j seul accouplement plusieurs générations , qui toutes alors sont femelles, et produisent sans copulation nou- I velle. il est des espèces, et c'est surtout parmi les Main- |

mifères, où les femelles, une fois fécondées, refusent les approches du mâle, telles sont la Jument, l'Ancsse, etc. : d'autres répètent plusieurs fois de suite l’acte générateur; les Oiseaux s'y livrent passionnément pendant toute la saison des amours. L'accouplement n'a lieu qu’entre individus de même espèce ou entre cspèees voisines; ce qui donne les Métis ou Mulets. Les espèces des climats chauds, transportées dans les pays froids, cessent souvent de s'accoupler, ou leur union devient inféconde; il en est de même des Animaux tenus en captivité. Les soins de l'Homme ont au contraire rendu les Animaux domestiques bien plus féconds qu'ils ne le sont dans l'état sauvage. Dans l'accouplement, il y a introduction de la partie mâle, ou seulement l’Animal lance sa liqueur fécondante dans les organes de la femelle; c'est ce qui arrive aux Salamandres ainsi qu'à tous les Poissons vivipares. — L'ergot des Écbidnés et des Ornithorhynques, celui de plusieurs Gallinacées, les pelotes dont sont garnis les pouces de divers Batraciens et les doigts des Geckos sont autant de moyens qui servent au mâle â se fixer sur la femelle. Il parait en être de même des prolongements que les Raies et les Squales portent aux côtés de l'auus. et que Geoffroy regarde comme des organes d'excitation.

— D.xas les M.taiiFfcREs. Nous avons pour cette classe peu de choses à ajouter à ce qui vient d'étre dit, si ce n'est que dans les espèces sauvages, tout annonce combien le besoin de l'accouplement est pressant. Cellesci s'abandonnent alors aux plus grands excès : les timides deviennent hardies et même téméraires : on connaît les combats à outrance que se livrent les Taureaux, les Cerfs, les Chevaux et les Phoques. Des deux rivaux, le vaincu se relire et va guérir scs blessures ou chercher une conquête plus facile: cependaut le vainqueur reste tranquille possesseur de sa femelle, jusqu'à ce qu'un rival plus puissant le chasse à son tour. La saison des amours varie singulièrement chez les Mammifères. Les uns, tels que le Loup, s’accouplent pendant l'hiver; les Cerfs s'unissent en automne; le plus graud nombre au printemps et en été : nous avons dit que les Animaux domestiques s'accouplent à toule époque de l'année.— Dans le plus grand nombre, la femelle reçoit le mâle sur son dos, et se tient debout. La femelle du Chameau s'accroupit. Les Animaux à dos armé, tels que le Porc- Épic et le Hérisson , s'accouplent ventre à ventre. — L'accouplement a lieu entre les variétés d’une même espèce, et c'est un moyen qu’on emploie tous les jours pour obtenir de plus beaux produits. Notre climat ne nous permettant pas toujours de conserver les races désirées dans toute leur pureté, on obtient par l’union d’un mâle de race noble avec les femelles du pays de plus beaux produits que ceux que donneraient un mâle ordinaire; et l’on a observé qu'à quelques exceptions près, le nouvel Animal prend eu grande partie les traits de son père. Ainsi, en unissant la Brebis de notre pays au Belier mérinos, en obtient dès la première génération des métis qui égalent presque le père en beauté. L'accouplement a encore lieu entre des individus d’espèce différente, mais il faut cependant que les espèces soient très-voisines. La Jument et le Baudet produisent le Mulet; le Cheval et l'Ancsse donnent le Hardeau; le

Zèbre produit avec l’Ane et le Cheval ; mai» pour tromper la femelle qu'on a soumise à l’expérience d’un accouplement contre nature, il a fallu peindre l’étalon qu'on lui présentait, des mêmes couleurs dont est paré son véritable mâle. L’accouplement de la Louve et du Chien a également été fécond; mais ce sont toujours des unions forcées et qui n’ont guère lieu que dans l'état domestique, et quand l’Homme a fait perdre à ces Animaux la plus grande partie de leur naturel : car trèssouveut les Animaux sauvages, lorsqu'ils sont privés de la liberté, dévorent ou tuent leurs petits, comme s’ils voulaient les soustraire à l’esclavage; et ceci s'observe également chez les Oiseaux , où cependant les unions mêlées sont plus fréquentes, plus faciles et ont lieu entre des espèces plus éloignées. On a nommé Jumar le prétendu produit du Taureau et de la Jument, mais tout jusqu'à présent a démenti l'existence d’un pareil Animal, qui ne semble être qu'un Bardeau. On a encore prétendu que la Vache et le Cerf produisaient ensemble : ces espèces sont trop éloignées pour admettre une pareille assertion.

— Daxs les Oiseaux, l’époque de l'accouplement détermine la plus belle période annuelle de l'existence : les espèces habituellement silencieuses ou criardes savent, pendant que dure l’heureuse saison des amours, rendre plus vives, dans leurs concerts, les expressions du plaisir; les unes par des sons graves, mais sonores; d’autres par une mélodie que l'art en vain essaya d'imiter; d’autres enfin, par un caquetage continuel qui peint la volupté dont tout leur être est animé. Alors leurs moments sontexclusivementconsacrésàchanterle bonheur, et leurs jouissances sont si grandes, qu'elles semblent leur faire oublier tout repos : on les entend la nuit comme le jour répéter leurs mélodieux accords, que ne sauraient interrompre, même chez les plus sauvages ou les plus craintifs, l’appréhension du danger ou la présence de l'Homme . C'est à cette même époq ne qu'on voit les Oiseaux briller de tout l’éclat de leur parure, et comme se vêtir de leur robe de noces. Des élans amoureux plus ou moins démonstratifs, plus ou moins prolongés selon les espèces, précèdent l'accouplement : chez les unes, la femelle reçoit debout le mâle qui s'élance sur elle en la saisissant du bec et se cramponnant avec les ongles sur son dos; chez les autres, la femelle plie les jambes et appuie le ventre sur le sol. La durée de l'acte est très-courte, et plusieurs espèces le répètent de suite un grand nombre de fois. Il parait que les œufs sont fécondés au premier jet ; car des femelles qui n'avaient éprouvé qu'une seule fois l’approche du mâle, ont pondu à plusieurs jours de distance des œufs dont les petits sont sortis au terme de l’incubation. Il est parmi les Oiseaux un petit nombre d'espèces polygames, les autres sont monogames, et l’on a observé que quelques-unes d’entre elles sont susceptibles d'un attachement qui ne s’éteint qu'avec la vie de l'un des époux. L’époque de l'accouplement et l'Age où les sexes y sont aptes, varient dans chaque espèce et suivant les climats : la durée de la chaleur ou du rut est plus ou moins longue, et parait subordonnée aux soins qu’exige la construction du nid; soins que les deux sexes se partagent avec une égale ardeur. L'accouplement est simplement annuel chez beaucoup d'espè-

ces ; chez quelques autres, il a lieu deux et même trois fois dans la belle saison; parmi les oiseaux domestiques, il est presque continuel. Chez les uns, lorsque l'incubation est accomplie et que les petits peuvent se passer des soins de leurs parents, la famille se sépare , pour ne plus se reconnaître ; chez d'autres, elle reste réunie pendant longtemps encore autour du père et de la mère; et ceux-ci, dans le plus grand nombre, attendent, toujours fidèles, le relourde la saison des plaisirs.

— Daxs les Reptiles, Cbéloniens, Sauriens et Ophidiens, nous avons vu que l'accouplement était nécessaire à la reproduction. Il y a introduction du membre viril, qui. simple dans les Cbéloniens et les Ophidiens, est bifurqué dans les Sauriens. Ce membre est simple dans le Crocodile ; et chez toutes les espèces pourvues de pareils organes mâles, il n'existe, pour conduire la semence, qu’une rainure plus ou moins profonde : dans ces Animaux l’accouplement se fait ventre à ventre.

— Dans les Poissoxs, il en est de vivipares, tels que les Raies, les Squales et autres ; chez ceux-ci, il y a accouplement en ce sens qu'il y a rapprochement des deux sexes et même introduction d'organes excitateurs, comme nous l'avons dit plus haut ; mais il ne peut y avoir introduction d'une verge, puisque ces Animaux en sont dépourvus, et les conduits testiculaires s'ouvrent dans le cloaque où ils se terminent par une simple papille. Chez les Poissons purement ovipares, ce n’est que lorsque la femelle a pondu les œufs, ou qu'elle les pond, que le mâle féconde ceux-ci, en les arrosant de sa laite.

— Daxs les Ixsectes. C’est moins le nombre et la variété dans les formes qui ont droit d’exciter notre surprise, que la rare intelligence dont ils sont doués, intelligence à l'aide de laquelle ils trouvent les moyens d'exécuter des travaux qui contrastent singulièrement avec leur faiblesse. S'ils sont ingénieux dans leurs chasses et dans la construction des demeures qu'ils se forment, ils ne sont pas moins admirables dans leurs amours. Les uns, tels que les Yrillettes, frappent rapidement, avec leurs mandibules, l'intérieur des boiseries qu’ils habitent; ils s'arrêtent un moment, puis recommencent de nouveau, ce qui cause le bruit que chaque jour nous entendons, qui ressemble assez ail mouvement d’une montre, et que le peuple nomme l'I.orlogc de la mort. D'autres, tels que les Criquets, les Cigales, les Grillons, font entendre un bruit, souvent si fort qu'on le qualifie de chant. Les femelles de plusieurs Taupins, et surtout celle du Cucujo des Américains, celles des Lampyres, du Fulgorc Porte- Lanterne, dont la marche est difficile, et qui sont, pour la plupart, dépourvues d'ailes, ne pouvant suivre leurs mâles, qui sont très-agiles, signalent le point où elles gissent. Pour y réussir, la nature leur a donné un fanal; elles sont phosphorescentes, et répandent au loin, pendant les nuits, une lumière invocative, vers laquelle les mâles s'empressent d'accourir. De là les noms de Vers - Luisants, de Mouches Lumineuses. de Mouches-à-Feu. que partout ont reçus ces Animaux. Celle que répand le Taupin est si vive qu'elle permet de lire l'écriture la plus fine. C'est â la lueur de plusieurs de ces Insectes réunis que, dans l'Amérique méridionale, les femmes font leur ouvrage;

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elles le* placent, dit on, aussi comme ornement dans leurs cheveux, lors de leurs promenades du soir; et l'on assure que les Indiens les attachent à leur chaussure pour s’éclairer pendant leurs voyages nocturnes. La lumière que répandent les femelles parait redoubler à l’approche du mâle, qui lui-mèine annonce sa présence par une légère étincelle lumineuse. L’Animal augmente ou diminue à sa volonté l’éclat de celte lumière. qui cesse, à ce qu'il parait, lorsque l'accouplement a eu lieu.

L'ouïe et la vue ne sont point les seuls sens dont la nature se soit tente pour appeler les Insectes à l’acte générateur; il est des faits dont on ne peut se rendre compte qu’en admettant des effluves odorantes, que les mâles savent connaître. Si l’on renferme dans une boite parfaitement close une femelle de Bombyce, et surtout celle du Grand Paon, on ne larde pas à voir voltiger, autour de cette prison, des mâles que la vue n'a pu instruire d'une telle capivité, mais que leur ont révélée des émanations qu'il ne nous est pas donné d'apprécier.

La disposition de l’organe du mâle est très favorable au maintien de l’aceouplnment ; sa verge est renfermée dans un étui corné dont les pièces peuvent s’écarter lorsque l'introduction est faite. Les pattes de devant de l’Hydrophile, des Dytiques et autres espèces, sont considérablement élargies, et servent à ces Insectes pour saisir et retenir leur femelle, sur laquelle le mâle est ordinairement reçu. La Puce, la Crevette des ruisseaux font exception. Les organes génitaux du mâle des Libellules sont placés près de la poitrine, tandis que ceux de la femelle sont situés, comme à l'ordinaire, à l’extrémité de l'abdomen, ee qui détermine la position singulière que ces Insectes prennent pendant l'accouplement. Le mâle saisit, avec les crochets qu’il porte à l’extrémité de l’abdomen, sa femelle sur le col; l'un et l'autre s'élèvent dans les airs, et il faut que la femelle rapproche l’extrémité de son abdomen des organes génitaux du inâte, et aille ainsi les chercher. L’acte delà génération lie tarde pas à épuiser les Insectes; le mâle succombe â un petit nombre de copulations, la femelle meurt dès qu’elle a pondu.

Chez les autres classes d’Animaux, le mode de fécondation offre de grandes variétés.

— Dvu les AssfcLiocs, tantôt les sexes sont réunis sur un même être, comme dans les Sangsues et les Lombrics, qui se tiennent étroitement embrassés pendant l'accouplement , qui est réciproque ; tantôt les sexes sont séparés, et alors les individus sont ou mâles ou femelles : tels sont les Aphrodiles et quelques genres voisins.

— D%vs les Crustacés . les sexes sont isolés et les organes copulateurs sont doubles. Dans l’accouplement les deux vulves de la femelle reçoivent les deux verges du mâle. Jurine a pu distinguer les sexes et observer l'accouplement dans plusieurs Crustacés Brancbiopodes. Il nous a appris que leurs antennes n’étaient |»at l’organe essentiel de la génération, qu'ils s’en servaient seulement pour se cramponner â la dernière paire de pattes de la femelle et pour conserver ainsi toute liberté pendant l’accouplement qui a lieu , de même que dans

les autres Crustacés , au moyen de deux verges que le mâle introduit dans les vulves correspondantes de la femelle.

— Dans les Arachnides. les organes sexuels féminins sont situés près de ta jonction de l'abdomen avec le thorax. Ceux des mâles ont tantôt une position semblable. et tantôt occupent l'extrémité des palpes. Ce caractère singulier est propre à la première famille des Arachnides pulmonaires ; celle des Fileuses. L'accouplement de ces dernières est remarquable par les circonstances qui l'accompagnent. Le mâle est souvent la victime de son penchant amoureux, et c’est toujours au risque de sa vie qu’il s’approche de la femelle. Il n’ignore pas combien l'entreprise est dangereuse, cl il commence par tendre un fil non loin du lieu où la scène va sc passer. Ce fil est le chemin qu’il suivra s'il doit chercher son salut dans la fuite; cette précaution prise, il inet pied sur la toile de la femelle, s'avance vers elle à pas comptés et toujours eu hésitant, se hasarde enfin à la loucher avec une de ses pattes, et recule aussitôt de quelques pas. Souvent il n'en faut pas davantage pour que l’Araignée le saisisse et le dévore s’il n’est pas assez leste pour échapper; souvent aussi elle reste immobile, et ce signe favorable rend le mâle plus confiant ; U louche de nouveau la femelle, qui répond â ses caresses par des attouchements du même genre. Sa vulve s'entr’ouvre, le mâle y porte à diverses reprises l'organe sexuel de l'un et de l'autre palpe, et la fécondation s'opère sans aucune jonction. Une fois l'opération achevée, le mâle échappe par la fuite â la fureur de la femelle, que les plaisirs de l'amour n'ont pas rendue moins cruelle.

— Dans les Mollusques, les uns peuvent s’accoupler, comme la plus grande partie des Gastéropodes; les autres se reproduisent sans accouplement, comme tous les Acéphales, dont un grand nombre est privé de locomotion. Chez ceux qui s'accouplent, on observe plusieurs modes d'accouplement : dans les uns. les sexes sont séparés sur deux individus, dont l’un fait l’office de mâle et l'autre de femelle, comme dans les i’ectinibranclics ; dans d'autres, chez les Limaçons vulgaires par exemple, les deux sexes sont réunis sur le même individu qui a besoin cependant d'un individu de son espèce pour être fécondé, alors ces deux hermaphrodites Aonnent et reçoivent à la fois. Enfin, il en est chez lesquels un individu hermaphrodite reçoit d’un premier, donne à un second, ainsi de suite, de sorte que ces Mollusques forment, dans le moment de leurs amours, une sorte de chaineou un chapelet ; tels sont les Animaux des coquillages de nos mares, appelés Limitées.

— Datas les Zouphitls . la plupart , tels que les Oursins et les Holothuries, sont hermaphrodites et se fécondent eux-mêmes.

Les Vers itntestixavx présentent, pour la plupart, des organes génitaux; mais la difficulté d'observer ces Animaux a rendu difficile â connaître leur mode de fécondation. Cependant Jules Cloquel est parvenu tout récemment â surprendre l'accouplement de Y Echinorhy fichus gigas, qui même offre une circonstance singulière. Dans ce Ver. ce n’est pas la verge du mâle qui va porter dans les organes de la femelle le fluide séminal, c'est la

queue de la femelle qui s'enfonce dans l'entonnoir qu'offre la verge du mâle lorsqu’il esl en état de copulation. Nous devons ces détails à l'infatigable observateur que nous venons de citer.

— Dans lis Polypes, qui se reproduisent par boutures, et peut-être également par le moyen d’œufs, y a-t-il accouplement ? — Les Infusoires, sur lesquels Bory de St. Vincent a fait de nombreuses recherches, se reproduisent aussi par boutures; mais, nous ne sachons pas que nul sexe, conséquemment nul accouplement s'y soit fait remarquer.

On voit, d’après ce qui précède, que l'accouplement esl une circonstance qui n’est pas de nécessité absolue dans l’acte générateur, tandis que ce dernier a. peut-être constamment, lieu dans la reproduction des individus. I n Polype peut, il est vrai, être partagé en mille morceaux, et former mille nouveaux Polypes; mais ces Animaux se reproduisent également par de» œufs, avonsnous dit, et peut-être est-ce le seul mode de reproduction qui ail lieu dans l'état naturel, tandis que l’autre ne serait qu’accidentel, et ne sert peut-être jamais à la reproduction naturelle de ces Animaux.

— Dans certains Végétaux, ou du moins chez des êtres qu’on a jusqu’ici placés dans le régne Végétal, plusieurs ont un véritable moded'accouplement.qui n’a nul rapport avec ce que l’on considère généralement comme une fécondation pollinaire. C’est Muller qui aperçut le premier ce phénomène, sans néanmoins en tirer aucune conséquence, dans ce qu’il nomme Conferca jugalis. A la même époque, Bory, qui l’observait, communiquait à Draparnaud de nouvelles vues sur ce phénomène. Depuis, Vaucher a publié, sous le nom de Conjugêcs , diverses descriptions de ces Végétaux accouplés, où rien n’indique habituellement desexeni de mouvement spontané, et dont cependant les fllaments toujours simples se rapprochent à une certaine époque de l’existence, et s’unissent intimement les uns aux autres par des espèces de stigmates comme s’ils venaient alors â s'animer. A l’aide de ces points de communication, il s'établit un épanchement d'un luhe dans l'autre. Des corps ronds, ovales ou gemraiformes s'y développent presque aussitôt dans les cloisons de l'un des tubes, et deviennent ce que Bory, qui a suivi attentivement ces êtres mixtes, appelle des Zoocarpes, V. ce mol, ainsi que ConrERVEs.

ACCRESCENT. On se sert en botanique de cette épithète, lorsque les parties de la fleur, autres que l'ovaire, prennent de l'accroissement après la fécondation , comme, par exemple, le style dans les clématites.

ACCROISSEMENT. On exprime par ce mot la série des phénomènes par lesquels passent les corps bruts et les corps organisés, lorsqu'ils augmentent de masse et d’étendue. Mais ces phénomènes présentent des différences très-notables, suivant qu’on les observe dans les êtres organisés ou dans les êtres inorganiques. Chez les premiers l’accroissement est renfermé dans des limites déterminées, qu’il ne peut dépasser, limites qui varient suivant la durée locale de l’existence de ces êtres. Les corps inorganisés au contraire offrent un accroissement indéterminé, car chez eux la durée n’a point de bornes fixes, elle est entièicmenl abandonnée aux chances du ha-

sard, ainsi qu'à l’action des agents chimiques et physiques.

Le mode de l'accroissement, dans ces deux grandes divisions des corps de la nature, n’offre pas moins de différence que sa durée. Ce sont, dans les corps bruts, de nouvelles molécules qui s’ajoutent et s’appliquent successivement sur une sorte de noyau primitif, sans éprouver aucune altération; de là le nom de Juxtaposition donné à cet accroissement. Dans les corps organisés, au contraire, l’accroissement a lieu par l’extension en tous sens des molécules déjà existantes, ou par l’addition de nouvelles molécules dont la formation est due à des fluides introduits dans l'intérieur du corps, llsuitde là que dans les corps bruts, l'accroissement se fait seulement à la surface externe, qui varie et change à chaque instant, tandis que dans les êtres doués d’organisation, la cause des phénomènes de l'accroissement esl intérieure, et la surface extérieure, la périphérie du corps reste la même à toutes les époques de son développement.

i Si, maintenant, nous voulons examiner comparativement l'accroissement dans les deux classes des êtres organisés, c'est-à-dire dans les Animaux et les Végétaux. nous remarquerons des points de ressemblance et de différence fort importants. Ainsi, dans les uns comme dans les autres, le caractère spécial de l'accroissemenl consiste dans rallongement en tous sens des molécules déjà existantes, ou dans la formation de nouvelles molécules apportées par un fluide qui, venant du dehors, circule dans toutes les parties de ces êtres ; ce mode de développement a reçu lenoin û'Jntus-susception. Dans les Animaux, l'accroissement est plus rigoureusement limité; la forme, la masse totale de l'être sont moins sujettes à varier. Les circonstances extérieures, la quantité, la qualité des aliments, l'éducation, l'étal de domesticité, n'exercent qu'une très-faible influence sur l'étendue de l’accroissement. Il n’en est pas de même dans les Végétaux. Comparez en effet le Végétal sauvage, abandonné à lui-même, avec la même espèce cultivée dans nos jardins, et vous verrez combien l'art peut modifier et changer même entièrement sa forme, sa taille et la nature de ses productions.

Accroissement dans i.es Animaux. Nous nous occuperons d'al>ord de l'accroissement considéré dans les êtres composant le premier embranchement de l'arbre zoologique. Nous n'en parlerons que d'une manière générale, renvoyant aux mots Génération et Métamorphose. et à chaque organe en particulier, la succession de développement de chacun d'eux, et les diverses révolutions qu'ils éprouvent.

Les systèmes nerveux et circulatoire sont la hase de tout développement organique : d’eux naissent, et autour d’eux se groupent les autres organes. Là où ils s'arrêtent, là où ils manquent, les autres parties manquent aussi. L'un fournit les matériaux, l'autre les emploie. les distribue. Lequel des deux préexiste à l'autre? La vue indique le système circulatoire , la raison les fait marcher ensemble.

De l’action de ces deux premiers moteurs naissent les autres phénomènes des corps vivants, qui perdent en développement , en activité, et même cessent d'exister

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quand l'action de ces deux premiers agents ou cesse ou devient trop faible; ce que prouve la comparaison du développement des Animaux dans les différents âges et dans les différentes classes.

Les organes ne se développent point tous en même temps. La vie est une succession de développements amenés les uns par les autres; la présence d'un organe nécessitant celle d'un autre, et à mesure que les conditions dans lesquelles se trouve l’Animal changent, les organes se modifiant, ou même de nouveaux venant les remplacer : c’est ce que nous montrent les diverses révolutions qu’éprouvent les Animaux avant d’arriver à l’état parfait. Chrysalide, Nymphe, Foetus. Ces modifications qu’éprouvent nos organes ne sont point bornées au passage de l’état fœtal à l’état parfait; elles ont également lieu, d’une manière moins sensible il est vrai, mais elles ont lieu chaque fois que changent les modificateurs dont l'Animal se trouve environné.

Le développement, d’abord assez lent dans les premiers temps de la formation du nouvel être, marche bientôt avec rapidité, et va croissant jusqu'au moment où l'Animal sort du sein de sa mère ou brise l’enveloppe qui l'isole du monde extérieur. L'accroissement se ralentit alors, et devient d'autant moins prompt que l'on s'éloigne davantage du moment de la naissance; en même temps aussi diminue l'activité de la circulation et de la respiration. Si le système nerveux, en perdant la mollesse qui le caractérise au jeune âge, gagne comme moyen de sensation , le progrès de cette même consistance le fait bientôt perdre en mobilité cl en affcclibilité, en même temps qu'il perd comme instrument d'accroissement. A mesure aussi que l'on s’éloigne du moment de la naissance, le tissu osseux se charge davantage de matière calcaire : les tissus cartilagineux acquièrent de la dureté, et souvent s'ossifient; la fibre musculaire, d'abord peu colorée, peu résistante, devient de jour en jour plus ferme et plus puissante; la peau prend de la consistance sans perdre en souplesse et en sensibilité; l'absorption est très-active sur les surface* extérieure et intérieure, et l'Animal croit et se développe avec rapidité. 11 arrive un moment où, suffisamment assuré dans sa propre existence, il se trouve capable d'en communiquer une partie : alors un développement d'un nouvel ordre se montre et réagit sur le reste de l’économie; les organes génitaux, jusqu'alors restés en retard, croissent avec rapidité ; avec eux, les poils, les bois, lescornessc développent ou reçoivent un surcroît de vie, et deviennent ainsi les attributs de cet âge.

L'accroissement en hauteur dépasse peu cette époque; celui en épaisseur continue encore pendant longtemps; en même temps les formes se prononcent davantage, les tissus acquièrent plus de consistance, et l'Animal atteint tout le degré de puissance vitale que comporte son organisation. Mais , sous l'empire des mêmes agents, au lieu d’augmenter en force, l'Animal perd ; au lieu de croître, il décroit. La circulation diminue de vitesse; les vaisseaux perdent en calibre et en élasticité; le système nerveux n’a plus la même impressionnabilité; les os ne contiennent presque plus de matière organique; lesfibres musculaires acquièrent delà rigidité; la peau perd chaque jour de sa souplesse et de sa faculté

d’absorption, de même que les surfaces digestives. La rigidité devient générale, et les tissus s’éloignant de plus en plus des conditions de la vie, il arrive un terme où ils retombent sous l’empire des lois qui commandent à la matière inorganique; et cependant la cause qui maintenant conduit l'Animal à la destruction est la même que celle qui naguère le faisait croître. La loi n’a pas changé, mais les conditions des tissus ne sont plus les mêmes.

Chez tout Animal qui se trouve placé dans une sphère plus rapide d'action et de mouvement, ou dans toute partie et tout organe qui se trouvent, relativement aux autres, dans les conditions de plus grande activité, l'action nerveuse et la circulation augmentent en énergie, et amènent un accroissement proportionnel qui, entretenu par les mêmes circonstances, pendant plusieurs générations, finit par être transmissible des |>ères aux enfants. Ainsi s'établissent les races, ainsi ont dû se former plusieurs espèces.

Chez les Mammifères, la durée de la vie est en général en rapport inverse avec la rapidité de l’accroissement ; Buffon avait indiqué cette loi pour les Animaux en général; nous ne la croyons pas applicable à tous. L'Oiseau vit bien au delà du temps que semblerait lui assigner la durée de son accroissement. Chez les Poissons, la vie est sans bornes connues pour plusieurs, et l'accroissement, sans être prompt, n'est point proportionnel à leur longévité.

Examiné séparément dans les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, nous verrons l'accroissement plus rapide chez les Oiseaux, dont la vitesse de la respiration et de la circulation est connue, et chez qui l'activité du système nerveux est décélée par la vivacité des mouvement* et la promptitude des déterminations; nous le verrons, plus prorapt que chez les Mammifères et surtout que chez les Poissons qui. plongés dans un fluide rare en oxygène, ont une circulation dont le peu d'activité donne la raison de la durée de leur vie.

m Les Animaux puisent les moyens de leur entretien et de leur accroissement dans les substances organiques et inorganiques qui les entourent. Ils les puisent dans le fluide au milieu duquel ils sont plongés, et les corps impondérables qui les environnent; dans les substances solides ou liquides qui sont en rapport avec leur surface extérieure, ou qu'ils placent dans leur canal digestif.

On a souvent dit que les Animaux ne pouvaient se nourrir que de ce qui avait vie. ou l’avait possédée; ce qui mémeaservià établir une différence entre les Animaux et les Végétaux qui, au contraire, faisaient servir à leur nutrition les matières inorganiques. Il suffit, pour sentir la valeur de celte opinion, de se rappeler que l'air, l’eau, les corps impondérés, et bien d’autres, qui certainement sont loin de jouir des propriétés de la vie, sont cependant indispensables à l’existence de l’Animal.

Les moyens de l'accroissement établis, il devient facile de prévoir que, là où les Animaux les trouveront en abondance, l'accroissement sera plus prompl et plus considérable : on sera à même d'apprécier l'influence de l’état de liberté ou de domesticité, des climats

chauds, des régions froides, de l'exercice ou du repos.

Dans les Animaux articules , l'accroissement n’est sensible qu'après la fécondation ; et quoiqu'on aperçoive souvent, dans les ovaires d'une femelle encore vierge, quelques germes plus développés les uns que les autres, ou ne peut pas appeler cela un accroissement; car il se borne aux enveloppes du germe et ne s'étend pas sur le germe lui-même. Celui-ci, après qu'il a été fécondé, et avant d’arriver à l’état adulte, subit divers cbangemcnls, qui sont auLanl de conséquences de son développement. Si l’Animal est vivipare, il naît avec la forme qu'il aura toujours, acquiert tout au plus une paire d'appendices ou un segment nouveau, et chacune de ses parties ne fait qu’accroître. Si au contraire U est ovipare, il subit ordinairement, et dans la seule classe des Insectes hexapodes, des changements qui constituent trois états distincts : celui de Larve ou de Chenille, de Nymphe onde Chrysalide , et ù' Insecte parfait. La série de tous ces changements a reçu le nom de Métamorphose , mot consacré par l’usage, et qu’on peut adopter en le considérant comme synonyme d’ Accroissement.

Dans les Mollusques, le test ou la coquille est originairement une membrane dans le tissu cellulaire de laquelle suinte un suc calcaire comme dans les os. Son accroissement se fait en tous sens, en avançant, par des éléments semblables posés en recouvrement, les nouvelles couches sortant de dessous les premières, et placées selon la direction de la longueur du test. Les muscles d'attache, qui unissent l'Animal à sa coquille, changent de place par une mutation successive et graduée, en avançant dans le sens de l'accroissement et s'oblitérant dans le sens opposé.

Dans les Animaux rayonnants, la manière dont a lieu l'accroissement de ces êtres, est , pour la plupart, un de ces phénomènes que la nature enveloppe encore des voiles du mystère; il parait immense dans certains genres, tandis que dans les autres groupes cet accroissement ne peut dépasser des limites fort restreintes. Les Polypes à polypier, considérés individuellement, parviennent très-promptement au terme de leur croissance; il n'en est pas toujours de même du polypier ou de leur habitation. Dans les Cellulifères de nouvelles cellules se construisent à côté des anciennes sur un plan uniforme et régulier : chez les uns, il n’y a point de communication apparente entre les cellules; chez les autres, cette communication est très-visible, et le polypier ressemble à un Arbre qui se couvre sans cesse de nouveaux bourgeons, de nouveaux rameaux. Dans les Corallinées, l'accroissement a lieu par de nouvelles articulations qui se développent au-dessus des premières ou sur les côtés, en général d'une manière symétrique ou régulière. Dans les Corticifèrcs les moyens d'accroissement sont plus compliqués, et cependant plus faciles h observer; les Polypes se prolongent en une substance mince, membrano-gélatineuse. qui enveloppe l’axe dont elle augmente constamment le diamètre; ils la recouvrent d'une écorce plus ou moins épaisse dans laquelle ils se réservent une petite habitation celluliforme. L'accroissement parait borné dans tous ces polypiers; il l’est également dans la plupart des polypiers pierreux, lien

existe néanmoins qui-lques-uns qui seinblrnl échapper à cette loi générale de la nature par la grandeur incommensurable à laquelle ils parviennent. Les Animaux cependant ne varient point; les Polypes du Madrépore qui forme un rescif d'une hauteur immense, mais inconnue sur plus de cent lieues d'étendue, ne sont pas plus grands que ceux des Madrépores de nos collections. Ne pourrait-on pas considérer le premier comme des réunions de plusieurs polypiers? Les Animaux de ces productions singulières semblent communiquer entre eux par une expansion presque gélatineuse, qui embrasse toutes les ramifications du polypier, depuis la base jusqu'au sommet; elle pénètre dans les sillons, dans les pores, entre les lamelles, et parait destinée à sécréter la partie solide de celte sorte de Zoophyles. Dans les polypiers sarcoldes, la masse entière est animée, l'accroissement s'opère par un développement général de toutes les parties comme dans les autres Animaux; il en est de méinc dans les Acaléphes, dans les Entozoaircs ou Vers-intestins, ainsi que dans les Êchinodermes; ils ne changent point de forme, et ceux qui ont une enveloppe crétacée, comme les Oursins, ne la perdent jamais. Dans les Infusoires, l’accroissement est également un fait mystérieux; le microscope ne montre parmi leurs tribus nombreuses que des individus de même taille pour chaque espèce, cl cette taille plus ou moins microscopique est presque un caractère. Il est bien probable que les Infusoires croissent et ne sont pas, à toutes les époques de leur existence de la même étendue. Cependant lorsqu'une Paramœcie, par exemple, se dédouble, qu'une Kérone, ou qu’un Trichode se séparent en deux, les parties séparées sont de taille égale, et l’on ne voit point comment l’être entier était plus grand que ses divisions qui. à leur tour, sont bientôt susceptibles de reproduction. c’est-à-dire, de partage; mais les Volvox, les Pectoralins ou les l'velles. qui se dispersent en particules animées, semblables à des Monades, doivent, de très-peliles qu'elles sont d'abord dans Pétât de disjonction, acquérir la grosseur de l’être dont elles sont une fraction, avant de pouvoir se diviser à leur tour; cependant, soit que cet accroissement se fasse avec une grande lenteur, soit qu'il n'ait lieu que dans des circonstances qui nous ont encore échappé, on ne peut rien établir de positif à cet égard.

Accroisse* mt dars i.es YtctTiU. La durée en est extrêmement variable; elle est, généralement, en rapport avec celle de la vie des différents Végétaux, qui. sous ce point de vue, présentent les différences les plus notables. Ainsi, le Blé. l’Orge, les Melons, etc., développent toutes leurs parties, épanouissent leurs fleurs, mûrissent leurs fruits, et parviennent ainsi à leur dernier degré d'accroissement dans un espace de temps moins long qu'une année; la Carotte, l'Onagre, etc., demandent deux ans pour arriver au même but, tandis qu’il faut des siècles pour que le Chêne, l'Orme, le Cèdre du Liban acquièrent tout le développement dont leurs différentes parties sont susceptibles. La rapidité avec laquelle les Végétaux s’accroissent, n’offre pas moins de différence : il en est qui, dans l'espace de quelques jours, s'allongent de vingt à trente pieds, comme Y Agave ' a mericana, les Potirons, le Cobcsa, etc.; d'autres, au

oogle

contraire, s'accroissent avec une si grande lenteur, qu’il est difficile d’apercevoir et de suivre les progrès de leur développement. Il faut noter qu’en général, les Végétaux d'un tissu mou. lâche et très-ahreuvé de sucs, se développent plus rapidement, et parviennent plus tût à leur dernier degré d’accroissement que ceux dont l’organisation est plus dense, plus serrée, plus sèche. Uu'ainsi. les Arbres A bois blanc, tels que les Peupliers, les Tilleuls, les Sapins, les Saules, etc., poussent plus vite que les Chênes, les Ormes, les Cormiers, etc., dont le grain est plus serré, plus compact et plus coloré; qu'enfin, les Végétaux qui croissent sur le bord des rivières, dans les prairies et les lieux humides, se développent avec plus de rapidité, acquièrent des dimensions plus considérables que les mêmes espèces végétant sur le penchant des collines sèches et découvertes, ou dans un terrain élevé et rocailleux. Ces différentes observations doivent être prises en considération parl’agricul- — leur, le propriétaire et le forestier. Lorsqu'on suit le développement d'un Végétal dans toutes ses périodes, on voit qu’il s’accroît en deux sens, c'est-à-dire, que son diamètre augmente à mesure que sa hauteur devient plus considérable. Pour bien connaître le mécanisme de l’accroissement dans ces deux sens, il faut l’étudier successivement dans ces deux directions, et séparer ainsi en deux temps des phénomènes qui ont lieu simultanément. C’est surtout dans le tronc des Arbres ligneux, qu’il est plus facile de suivre tous les degrés de l’accroissement, soit en diamètre, soit en hauteur. Aussi est-ce dans cette classe de Végétaux que nous choisirons nos exemples. Mais comme les Plantes Monocotylédonécs diffèrent essentiellement des Dicotylédonées par leur mode d’accroissement, nous en étudierons séparément les phénomènes.

Lorsque l’on examine le tronc d’un Arbre Dicotylédoné coupé en travers, il présente les objets suivants : 1° Au centre, le canal médullaire, composé de Vètui Médullaire ou parois du canal et de la moelle , qui n'est que du tissu cellulaire làclie. dans son état de régularité et de pureté primitive; 2° tout à fait à l’extérieur, on trouve l’écorce qui se compose de dehors en dedans, l’épiderme de l'enveloppe herbacée, et des couches corticales, dont les plus intérieures constituent le Liber; 3° l’espace compris entre l’écorce d’une part et le canal médullaire de l’autre, est occupé par le corps ligneux, formé de couches concentriques emboîtées les unes dans les autres, et dont les diamètres vont en augmentant, à mesure qu'on les observe plus en dehors; ees couches circulaires sont coupées à angle droit par des lignes divergeant du centre vers la circonférence, que l'on a comparées aux lignes tracées sur un cadran horaire, et qui portent le nom de Rayons ou Insertions médullaires. Elles servent â établir la communication entre la moelle renfermée dans le canal médullaire et l’enveloppe herbacée, dont la structure est entièrement analogue à la moelle. Les couches ligneuses les (dus intérieures, qui sont ordinairement plus colorées, d'une texture plus ferme et plus compacte, portent spécialement le nom de Bois ou de Cœur du bois; les plus extérieures. ordinairement d’une teinte plus pâle, d'un tissu plus mol, forment Y Aubier ou Faux Bois. F. Orga-

visatiov nx LA ticé Les physiologistes sont généralement d’accord sur la disposition des différentes parties que nous venons d’énumérer, mais ils sont loin d'avoir la même opinion sur la manière dont ces différente» partie» se sont successivement formées. 11 existe, à cet égard, plusieurs théories fort différentes les unes de» autre», dont nous allons exposer les principes, en nous bornant à rapporter l'opinion des auteurs sans discuter tous les points qui nou6 paraîtraient litigieux ' une semblable discussion nous entraînerait trop loin et sortirait du plan que nous nous sommes tracé.

§ I. Ce Liber , en s’endurcissant , forme chaque • année une nouvelle couche d' Aubier, lequel deviendra Vannée suivante une couche de bois ; par conséquent, l’accroissement en diamètre (ou les couches ligneuses) est formé par l’endurcissement du Liber .

Cette opinion est la plus généralement répandue; c’est elle qui est presque la seule exposée, en France du moins, dans les livres élémentaires et les leçons publiques des professeurs. On l'attribue en général à Duhamel, qui, dans sa Physique des Arbres, rap|>orte une fouled'expériences très-ingénieuses, par lesquelles il en a démontré la vérité. Lorsqu'au printemps on enlève, dit Duhamel, une plaque d’écorce sur un Arbre, et que l’on garantit la plaie du contact de l'air, en la recouvrant avec une lame de verre, voici ce que l'on observe . On voit petit à petit sortir de la couche du bois dénudé et des bords tranchés de l’écorce, Rie petites gouttelettes d'un fluide visqueux qui s’étendent et forment, sur toute la surface dénudée, une couche mince et uniforme. Ce fluide est d'abord limpide, transparent, et sans trace d'organisation. Mais bientôt on voit de petites lignes s'y dessiner, des vaisseaux se former, et. à la place d’une matière liquide et inorganisée, on trouve un tissu composé de fibres, de mailles disposée» en réseau; en un mot. un nouveau Liber s’est formé et a remplacé celui que l’on avait enlevé. Duhamel a donné le nom de Cambium au fluide qui s'épanche de la plaie faite à l'écorce d’une branche. C’est par le moyen de ce fluide qu’il explique la formation successive des couches ligneuses du tronc des Arbres Dicotylédones. Tous les ans il se forme, selon cet habile physicien, entre l’écorce et le bois, une couche de Cambium qui, en s'organisant, reproduit le Liber qui s’est converti en Aubier. .Mais pour donner une juste idée de la théorie de Duhamel, il est important de remonter à l'époque du premier développement de la fige. Dès le moment où les différentes parties d’une graine germante commencent à se distinguer les unes des autres, l'observateur peut suivre les progrès de la formation et de l’organisation de la tige. D'abord uniquement composée d'une masse homogène de tissu cellulaire, on voit insensiblement des tubes ou vaisseaux s'y montrer et former, en se réunissant au centre de la tige, les parois du canal médullaire. Ces vaisseaux, qui sc montrent les premiers dans l'intérieur de la tige, sont des trachées, des fausses trachées eide tubes poreux. (Foyez Atatorie végétale.) Le tissu cellulaire, renfermé dans l'intérieur des parois du canal médullaire, constitue la moelle qui. dans cet état, est verte et abreuvée d’une grande quantité de sucs aqueux. En dehors

du canal médullaire, au-dessous de l'épiderme, on trouve une conclu* mince de tissu cellulaire presque fluide; c’est le premier Cambium qui, en s'organisant, va se convertir en Liber. K une époque un peu plus avancée de la saison, c’est-à-dire, lorsque la jeune tige a pris un certain accroissement en hauteur, ce Lil>er qui provenait du Cambium se durcit, devient plus dense, plus compacte, et se change en Aubier ou faux bois. Mais, à mesure que le Liber est devenu faux bois, il s’est formé une nouvelle couche de Cambium qui a remplacé le premier Liber. Tels sont les phénomènes qui ont lieu pendant la première époque de l’accroissement de la lige. L’hiver arrive, et, le froid suspendant la végétation, l’accroissement delà tige reste stationnaire.

Mais au retour de la belle saison, la végétation reprend son cours accoutumé. La seconde couche de Liber. formée à la fin de la saison précédente, éprouve les mêmes changements que la première, et constitue une autre couche ligneuse. Pétulant le temps qu’un nouveau Cambium se montre et s’organise, pour remplir la place du second Liber, transformé en Aubier, la première couche d’Auhicr se dessèche, devient d’un tissu plus dur, plus serré, et forme, autour de l’étui médullaire, la première couche ligneuse, ou le bois proprement dit. Ainsi donc à la fin de la seconde année du développement d’une jeune lige d’un Arbre ligneux, on la trouve composée , 1° du canal médullaire ; 3° d’une couche de bois ; 3° d’une couche d’Aubicr ; 4° du Liber cl de l’écorce. Ces phénomènes se reproduisant chaque année de la même manière, l’accroissement en diamètre va sans cesse en augmentant; et comme il ajoute tous les ans une nouvelle couche ligneuse à celles qui existent déjà, on peut reconnaître le nombre des années d’un Arbre au nombre des couches concentriques de bois et d’Aubier, que l’on compte sur la coupe transversale de son tronc. Pour rendre cette théorie plus palpable, Duhamel cite quelques expériences propres à la constater. Ainsi, cet auteur rapporte qu’ayant fait passer un fil d’argent dans la couche de Liber, en ayant ramené les deux bouts au, dehors, et les ayant noués fortement ensemble, il a, l’année suivante, trouvé son fil engagé dans la couche d’Aubier, et uu nouveau Liber formé en dehors. Il passa de la même manière dans l’Aubier un autre fil d’argent, qu’il retrouva, au bout de quelques années . engagé dans les couches du bois. C’est principalement sur ces expériences de Duhamel, et sur la régénération du Liber au moyen du Cambium, que s’appuient les auteurs qui ont adopté cette théorie. Quoiqu’elle réunisse en sa faveur uo grand nombre de probabilités, cependant nous pensons qu’un des faits principaux, unedes bases de cette théorie, est loin d’être rigoureusement démontré; savoir, la transformation du Liber en Aubier. Plusieurs auteurs, et entre autres Aubert Du Petit-Thouars, la nient formellement, et assurent, en s’appuyant sur de nouvelles expériences, que le Liber, une fois formé, ne change plus de nature, reste Liber, et ne devient point Aubier, comme Dubainel l’a avancé, et qu’ainsi nécessairement les couches ligneuses n’ont point leur origine dans la transformation du Liber , mais qu’elles proviennent d’une toute autre source. Le point litigieux est précisément de déterminer

l’origine de chacune de cet couches ligneuses. Nous j allons exposer la théorie ingénieuse de Uu Petit-Thouars.

| quant à la formation des couches ligneuses.

§11. L'accroissement en diamètre ou la formation des couches ligneuses, est dû au dêrelop/tcmenl des bourgeons ou embryons fixes.

Aubert Du Petit-Thouars. a successivement développé celte théorie des plus ingénieuses dans ses Lssais sur la Végétation. Selon cet habile botaniste, tous les phénomènes de la végétation sont dus au développement des bourgeons, qu’il compare, pour leur structure et leur* usages, à l’embryon renfermé dans la graine. Il les désigne sous le nom A' Embryons fixes ou adhérents, par opposition à celui A* Embryons libres ou embryons graines. Voici en abrégé les hases de celle nouvelle manière d’envisager la végétation, et en particulier Tac croissemeut eu diamètre de la tige ou la formation des couches ligneuses.

1° Le Imurgeon est le premier mobile apparent de la végétation; il en existe un àj’aisselle de toutes les feuil- ' les. En effet, c’est toujours par l’apparition, le gonflement, et par suite l’évolution des bourgeons, que s'annoncent les phénomènes de la végétation au retour du printemps. Ces bourgeons sont apparents dans les- J Plantes Dicotylédonées et dans les Graminées , mais ils sont latents e,l non visibles au dehors dans les autres 1 Plantes Monocotylédonées.

| 3° Os bourgeons puisent les premiers matériaux deleur

développement, dans les sucs que contiennent les ulricu lesdu parenchyme intérieur; et c’est par suite de l’absorption de ces fluides par les Imurgeons. que ce parenchyme, d'abord vert et succulent, passe à l'état de moelle. De là la comparaison, établie par Du Petit-Thouars, entre le parenchyme intérieur relativement aux bourj gémis, et les cotylédons relativement à la gemmule de j l’embryon.

3° Dès l'instant où ces bourgeons se manifestent, ils | obéissent à deux mouvements généraux et opposés ,

I l'un montant ou aérien, l'autre descendant ou terrestre.

| Du premier résulte l'élongation du bourgeon et de la | jeune branche ; du second au contraire la formation de • nouvelles fibres ligneuses et corticales, c’est à-dire qu’à mesure que le scion ou la jeune branche s'allonge , U part de la base du bourgeon des fibres ligneuses et intérieures, que Du Petit-Thouars compare aux radicules de l'embryon, et qui, glissant eulre l’écorce et le bois, dans la couche humide de Cambium déjà existante, descendent des parties les plus «ultérieures du Végétal, jus que dans le tronc où elles se réunissent , se serrent, se rapprochent les unes contre les autres, et forment ainsi : une nouvelle couche ligneuse.

Telle est, en abrégé, la théorie de Du Petit-Thouars. Elle consiste, comme on le voit, à regarder l’accroissement en diamètre, ou la formation successive des couches ligneuses, comme produite par le développement, l'évolution des bourgeons , c’est-à-dire par des fibres ligneuses qui. ayant leur origine et leur point de dé part à la base de chaque bourgeon, descendent entre le bois et l’écorce, et recouvrent, chaque armée, les couches d'une nouvelle enveloppe, et augmentent ainsi le diamètre du tronc.

A l'appui de celle théorie nouvelle, Du Pelil-Thouars cite la non-transformation du Liber en Aubier, la formation d’un bourrelet au dessus d’une ligature circu- t laire faite à une branche ou au tronc d’un Arbre Dicolylédoné. En effet tout le monde connaît ce phénomène, que Du Petit-Thouars explique de la manière suivante : Lorsqu'on fait une forte ligature à une tige, les fibres ligneuses qui descendent de la base des bourgeons entre le bois et l’écorce, rencontrant un obstacle qu'elles ne peuvent franchir, s'arrêtent, s’accumulent au-dessus de cet obstacle, et forment un bourrelet saillant cl circu- | laire. U suit nécessairement de là que les fibres ligneuses ne pouvant descendre au-dessous de la ligature, toute la partie du tronc, située au-dessous d’elle, cesse de s’accroître en diamètre; c’est en effet ce qui a lieu. i

L’accroissement en diamètre des Arbres Monocotylédonés présente une organisation tout à fait différente de celle des Arbres Dicolylédonés ; il n’a point lieu de la même manière. Dans une tige de Palmier, coupée transversalement, on n’observe point cette disposition régulière des différentes parties intérieures de la tige. Il n’y a plus ni canal médullaire, ni bois, ni Aubier, ni Liber disposés par couches emboîtées les unes dans les autres. L’intérieur de la tige est rempli d'un tissu cellulaire lâche et spongieux, qui constitue la moelle, et les fibres ligneuses forment des faisceaux minces, épars sans ordre, dans le (issu spongieux de la lige. Voyons comment se forment ces différentes parties. Si l’on examine une graine de Palmier germante, on voit les feuilles, d'abord emboîtées les unes dans les autres, se déployer et former au-dessus de la racine une sorte de bouquet ou de touffe circulaire ; mais il ne se développe point de ti- j gelle, et par conséquent point de lige. La seconde an- j née, il part , du centre de ce faisceau de feuilles , un | autre faisceau entièrement semblable au premier, qui, , rejetant en dehors celles de l'année précédente, s’élève au-dessus d’elles. Chaque année le même phénomène se répète; c’est-à-dire que, du centre du dernier faisceau, il en sort toujours un nouveau qui le rejette en dehors et s'élève au-dessus de lui. A mesure que de , nouveaux bourgeons centraux se développent, les feuil- j les les plus inférieures des premiers faisceaux se fanent, ' se dessèchent et tombent; leur base seule reste. C’est | cette partie inférieure des feuilles qui, en s'épaississant, se soudant ensemble, forme successivement autant d'an- ^ neaux superposés , lesquels constituent le stipe des Ar- ! bres Monocoty lédonés. Aussi observe-t-on toujours sur le stipe, des écailles irrégulières qui ne sont autre chose que les bases des fouilles qui ont persisté, se sont soudées et ont pris de la solidité et de la dureté.

D’après ce mode de développement, on voit que le tronc des Arbres Monocolylédonés, au lieu d’èlrc formé, comme celui des Dicolylédonés , de couches concentriques emboîtées les unes dans les autres , se compose d’anneaux superposés. Chacun de ces anneaux, une fois solidifié, ne s'accroil plus en diamètre; c’est pour cette raison que des Palmiers, d'une taille gigantesque, ont souvent un tronc qui offre à peine huit ou dix pouces de diamètre.

Si l’on observe particulièrement l'accroissement en hauteur des Arbres Dicotylédones et Monocolylédonés, on

est frappé des résultats suivants: 1° A la fin de la première année, la tige d'un jeune Arbre Dicotylédoné forme une espèce de cùnc très-allongé, terminé par un bourgeon. Cette tige se compose d'une couche d'Aubier et d'une couche d’écorce, et entre ces deux parties, d'un Liber nouvellement organisé. Ces parties proviennent du développement de la gemmule renfermée entre les deux cotylédons. Quand, l'année suivante, la végétation recommence, le bourgeon qui termine la tige à son sommet, se développe, s'allonge, donne naissance à un nouveau scion, qui éprouve, dans son développement, les mêmes phénomènes que la première pousse. Au sommet de ce nouveau scion se forme un bourgeon terminal, destiné à se développer l'année suivante. Dans les Arbres Dicotylédonés, le tronc se trouve donc formé par une suite de cônes très-allongés, emboîtés les uns dans les autres, et dont la pointe est en haut. Le sommet du cône le plus intérieur, c’est-à-dire, du premier qui a été formé, s'arrête à la base du second, et ainsi successivement chacun de ces cônes forme une couche ligneuse. On conçoit que ce n'est qu'à la base du tronc que le nombre des couches ligneuses correspond exactement au nombre des années de l'Arbre ; en sorte qu'une tige de dix ans, coupée à sa base, offrira dix couches ligneuses; elle n’en présentera que neuf, si on la coupe à la hauteur de la seconde pousse, que huit à la hauteur de la troisième, etc. Ce mode d'accroissement en hauteur explique |>ourquoi, dans les Arbres Dicotylédones, le tronc va s’amincissant vers son sommet, et offre presque toujours la forme d'un cône allongé.

Ainsi dans les Arbres Dicolylédonés, l'accroissement en hauteur est dû à l’élongation aérienne du bourgeon terminal.

Quant nu stipe des Arbres Monorotylédonés, nous avons dit précédemment, en parlant de leur développement en diamètre, que l'accroissement en hauteur résultait de la superposition d'anneaux ligneux, formés par la base persistante des feuilles qui, chaque année, se détachent de la Plante.

Accroissement dans les Hvmromytes ou Plantes marines. Cet accroissement n'a point lieu de la même manière que dans les autres Plantes; plongés dans un milieu très-dense, dont tous les éléments servent à les nourrir, les liydrophytes n’ont pas besoin d'un appareil de circulation aussi compliqué; ils puisent, par tous les poinl8de leur surface, l’aliment qui leur est nécessaire. Leur organisation ce|>endant est loin d'élre aussi simple que l’ont avancé quelques naturalistes; elle varie dans ces Végétaux comme dans les Plantes terrestres. Certains liydrophytes se développent dans tous les sens comme les Acolylédonés ; les autres, dont les tiges sont formées de parties analogues à celles des Phanérogames, croissent de la même manière ; leur longueur dépasse quelquefois 500 mètres, tandis qu'à leur base, il en existe qui" ne sont visibles qu’avec le secours du microscope; certains ressemblent à des fils de soie par leur ténuité, et s'attachent souvent sur des liydrophytes de plus d'un mèlre de circonférence : entre ces extrêmes se trouvent des intermédiaires sans nombre. C’est dans les mers australes que l'on doit chercher les géants du règne Végétal marin : en Europe les plus grandes Plantes

marines dépassent rarement quinze mètres de longueur sur un très-petit diamètre.

Accroissement dans les Minéraux. Il a lieu par juxtaposition et non par inlus-susceplion, comme dans les Animaux et les Végétaux. La masse d'un Minéral s'accroît par l'addition de nouvelles couches qui viennent s'appliquer à sa surface, suivant des lois délerminéesquaud il est susceptible de cristallisation, ou simplement par dépôt également superficiel, comme cela a lieu pour un grand nombre d'entre eux. Dans le premier cas les molécules qui composent le corps se sont réunies en vertu de l'affinité ou attraction chimique, dans le liquide où elles étaient dissoutes ; et dans le second elles se sont simplement précipitées de celui qui les tenait en suspension. De là deux grandes classes de Hoche » ou masses de montagnes, selon qu'elles appartiennent, comme le disent les Allemands, à la précipitation chimique ou la précipitation mécanique. La limite entre ces classes n'est pourtant pas très-facile à établir. r. Roches. L'accroissement des Minéraux diffère de leur structure qui peut être considérée en quelque sorte comme leur organisation. / Structure. La belle théorie de la structure des cristaux dont nous sommes redevables au génie du célèbre UaUy, sera exposée en détail au mol Cristallographie.

ACËE. ois. S. de Bécasse ordinaire.

ACENA. bot. Acæna.

ACEMLM. bot. S. d'Akène.

ACÉPHALE, mamm. Ce terme signifie, dans sa valeur rigoureuse, qui n'a pas de tête; dans le langage ordinaire, on l’a restreint aux conformations défectueuses du crâne, et étendu aux fœtus qui manquent d'une plus ou moins grande partie du tronc.

On a nommé Incomplets ceux dont la déformation est bornée au crâne, et chez qui l'on retrouve la face, les 6ens et leurs nerfs. On a appelé Complets ceux qui sont privés de toute la tête, ou de la tête et d'une partie du tronc.

Le mol Monstre, dans l'acception que lui donnent nombre de personnes, suppose des êtres extraordinaires, de forme bizarre et qui se trouvent hors la règle, ce qui est vrai, en ce sens qu'ils n'ont ni les formes, ni le degré d’organisation qu'ils devraient avoir s'ils avaient suivi un développement complet et régulier; mais, pour être hors la règle de forme habituelle, ils n'ont pas pour cela suivi une loi différent^ de celles qui président aux mêmes corps régulièrement organisés. Les lois de la matière vivante ne sont point capricieuses, n'étant que le résultat de propriétés que revêt la matière placée dans telle ou telle circonstance, et ne pouvant se montrer que dans ces mêmes conditions, qui, (>our le dire en passant, sont tout le secret de la vie ; hors d'elles tout cesse d'exister, il n'y a plus de corps organisés.

Les Acéphales sont donc' dans la même règle que les autres Animaux. Ce sonldos fœtus dont le développement ne s'est point effectué ou dont quelques organes se sont développés au détriment des autres, et non des êtres dont le cerveau et la moelle épinière, ayant été détruits par une hydropisie ou toute autre maladie, les autres organes se seraient consécutivement atrophiés et détruits. Ce sont, pour le plus grand nombre, des fœtus arrêtés à différentes époques de leur développement.

Tous les Animaux élevés dans l’échelle des êtres, et dont on a été à même d'observer souvent les produits, ont offert de semblables monstruosités ; et. sans doute, tous ceux dont l’organisation est compliquée, tous ceux qui, avant d’arriver à l'état parfait, éprouvent diverses révolutions, doivent présenter de pareilles existences. L'Homme, sujet habituel et favori des recherches des naturalistes, est également celui sur lequel les observations de ce genre ont été surtout multipliées; et ce que nous dirons dans cet article repose en grande partie sur les faits qu'il a fournis. Mais on sent que la similitude des lois qui président à la formation de tous les Animaux, lui rend communes avec eux les considérations que font naître les observations dont il est le sujet.

Les systèmes circulatoire et nerveux étant de formation première et la base de toute existence organique, il n'est aucun Acéphale qui s'en trouve complètement privé. Si les organes de ces êtres restent incomplets ou manquent entièrement, c’est que ces deux parties premières n’ont également obtenu qu'une formation incomplète, nous verrons ces mêmes organes ou manquer ou paraître en même temps que ces deux systèmes.

Nous avons dit que les Acéphales étaient des fœtus qui s'étaient arrêtés dans leur formation, à diverses périodes d'âge total, et, sous ce point de vue, ils serviront sans doute un jour à l’histoire du développement de l’Animal plus fructueusement que les êtres régulièrement organisés; et c'est aussi sous ce rapport qu'ils doivent surtout nous intéresser.

Nous marcherons dans l'étude des Acéphales, de l'organisation la plus incomplète à celle qui l'est le moins, et nous verrons, dans les observations que l'on a faites sur ce genre de monstruosités, que, chez les plus incomplets. la seule veine ombilicale distribuant le sang à un petit nombre d’organes, forme le seul système circulatoire de ces êtres; disposition dans laquelle nous ne devons voir qu'un être resté dans les conditions de premier âge total, et que montrent les premiers moments de l'existence des embryons des Mammifères, des Oiseaux et des Reptiles. Chez d'autres, moins incomplets sans doute, se joint une et ordinairement les deux artères ombilicales, qui ramènent au placenta le sang distribué par la veine ombilicale : alors il y a un système complet de circulation qui ne pouvait avoir lieu quand il n'existait que la veine ombilicale. A ces premiers éléments formateurs s'ajoutent un plus ou moins grand nombre de ganglions du nerf grand-sympathique, et un commencement de cordorf rachidien dont l’étendue varie selon le moment où s'est arrêté le développement de l'Animal. Avec lui se montre son étui osseux ; ca r ce dernier système et le système nerveux sont inséparables dans leur existence, comme l'a si bien établi Geoffroy Saint-Hilaire dans le Mémoire qu'il a lu le 30 octobre 1820, à la classe des Sciences de l'Institut, et qui se trouve inséré dans le 7« vol. des mémoires du Muséum. Avec les systèmes osseux et nerveux, se montrent aussi des faisceaux de fibre musculaire toute formée, ou une matière celluleuse plus ou moins fluente, qui plus lard serait devenue fibre musculaire, ainsi que le montre le développement régulier du fœtus.

Chez les plus incomplets , on trouve la portion om-

Ai A C É

bilicale de l'intestin; chez ceux <|iii présentent un bassin et des membres pelviens, on retrouve toute la partie inférieure de ce canal ; portion que Oken nomme Intestin anal : on y trouve ordinairement l'appareil urinaire, en tout ou en partie, ainsi que l'appareil génital. Les membres abdominaux y sont plus ou moins rudimentaires, quelquefois seulement ébauchés , d’autres fois presque entièrement développés.

Dans les Acéphales moins incomplets, le système circulatoire devient plus régulier : on voit un vaisseau aortique et souvent une veine cave ; on trouve la portion supérieure du canal intestinal et l'estomac, partie que Oken appelle Intestin supérieur , en opposition avec la partie inférieure; le développement de ces deux por tions se faisant séparément et n’étant pas simultané. Le foie et le pancréas existent aussi quelquefois ; la rate, dont le développement est plus tardif chez les Animaux , se rencontre plus rarement chez les Acéphales aussi éloignés de la formation complète.

Chez d'autres encore moins complets, non-seulement l’on retrouve presque tous les organes de l'abdomen , mais le cordon rachidien et la colonne épinière se montrent presque en totalité; et avec eux et en proportion de leur étendue, apparaissent les os de la poitrine et leurs muscles ou un tissu équivalent. Le développement de ces parties suit l'ordre accoutumé dans lequel ils se montrent dans les fœtus de l'état normal. Ainsi, les côtes s'avancent de la colonne vertébrale vers le sternum, paraissent avant ce dernier qui, souvent, n'existe pas encore ou dont les pièces sont séparées, et laissent au devant de la poitrine une large fente : tous étals que l’on observe dans les fœtus ordinaires.

Mais les membres supérieurs n'existent point encore chez les Acéphales que nous avons examinés jusqu'ici ; ce n'est qu'avec la présence de la portion cervicale de la moelle épinière, que nous les verrons paraître. Ils ne se montrent que sous forme de moignons plus ou moins difformes, et répondant au développement habituellement incomplet de cette partie du cordon rachidien. Quoique imparfaits, ces membres contiennent , à n'en pas douter, tous les éléments des membres complets; prévision A laquelle nous sommes conduits par les travaux de Geoffroy Saint-Hilaire, qui a montré dans le crâne difforme des Acéphales, toutes les pièces osseuses qui composent le crâne à l'état parfait ( Mémoire déjà cité) ; travaux qui confirment merveilleusement la belle loi de l'unité de composition chez les Vertébrés, et que le même auteur a développée dans son Anatomie philosophique.

Dans les fœtus de la condition normale, le développement des membres thoraciques précède celui des membres abdominaux : chez les Acéphales , au contraire , très-souvent ils manquent ou sont rudimentaires ; tandis que les abdominaux s'y trouvent constamment , ce qui semblerait indiquer qu'ils n’ont pas suivi la même loi de formation. L’existence constante de l'extrémité de la moelle épinière, opposée à la présence précaire de sa partie supérieure, nous donne l'explication du fait et nous le montre rentrant dans la loi ordinaire; car là où 1rs éléments formateurs n'existent pas, on ne peut demander les organes; el cette apparition des membres

thoraciques, avant les abdominaux, n'est qu’une question de priorité el non de présence ou d'absence.

A forer de développements successifs, nous avous obtenu des Acéphales bien moins incomplets, puisqu'ils possèdent une colonne vertébrale complète, quoique réduite dans ses parties, une cavité pectorale, rudimentaire, il est vrai, cl privée le plus souvent de cœur, de poumon et de thymus, et que déjà l'on voit des membres thoraciques dont le développement suit celui de In moelle épinière. La colonne vertébrale des Acéphales arrivés â ce degré de formation , supporte un amas de pièces osseuses contractées , ramassées sur ellesmêmes. mais destinées à former plus tard la face et la boite crânienne.

Le développement continue-t-il ? ce ne sera plus un simple amas de pièces osseuses qui, quoique rangées dans le même ordre . el en nombre égal à celles qui composent la tète bien conformée de l'Animal, sont cependant informes et rudimentaires; nous y trouverons, non seulement ces pièces plus complètes et mieux finies, mais un cerveau de développement variable; la face et ses sens s'y montreront en partie ou en totalité, el nous conduiront ainsi de conditions de moins en moins imparfaites jusqu’aux formes de l'état normal.

Nous croyons inutile de dire que chez les Acéphale» parvenus à ce degré d'organisation, le système circulatoire est devenu régulier. Un cœur, l’aorte el ses branches transportent le sang dans les organes dont le développement suit celui des rameaux chargés de verser les matériaux de leur formation. Ainsi, des deux carotides, si l’externe se trouve dans les conditions ordinaires, lorsque l'interne n'est que peu développée, la face et tous ses sens se montreront à l'état normal , quand le cerveau sera à peine ébauché ; cl même , ce que la carotide interne aura perdu , l’externe le gagnera , et les organes qu'elle donne n'en acquerront que plus de puissance, principe applicable à tous les organes, d'où naissent les différences des espèces entre elles, el que Geoffroy Saint- Hilaire a signalé cl développé le premier dans son ouvrage.

Nous sommes loin d'avoir donné toutes les conformations que présentent les Acéphales, et l'on ne pourrait même les faire connaître qu'en indiquant tous les sujets qui naissent dans la condition d'acéphalie. Aussi faut-il se contenter d’indiquer un certain nombre de formes autour desquelles les autres > ienneut se grouper : c'est ce que nous ferons à la fin de cet article.

Il est deux faits d'une haute importance, qui sc rapportent à la moelle épinière et au cerveau, et qu'il convient d'établir ici. Dans l'un, les lames de toutes ou d'une partie des vertèbres sont restées écartées et présentent un large Spina bifida : les membranes du cordon rachidien ont suivi les conditions des vertèbres elles ont cessé de faire tuyau, el se sont étendues de manière à ce que celle qui, dans l'ordre accoutumé, doit être intérieure, l'arachnoïde, se trouve extérieure, el la duremère intérieure d'extérieure qu'elle est ordinairement , ce qui devait avoir lieu d’après le nouvel état de la colonne épinière. C’est à Geoffroy que nous devons ces précieux éclaircissements qu'il se propose de développer par des travaux subséquents.

Le crâne éprouve de «on côté de nombreuses modifications, de même <|ue le développement et le lieu où se trouve placé le cerveau , ce qui sera indiqué plus particulièrement en parlant de la classification des Acéphales. Le point sur lequel nous désirons fixer l’attention de nos lecteurs, est d'une grande importance en anatomie philosophique, et avant Geoffroy Saint-Hilaire on ne l’avait point indiqpé , ou l'on s’était mépris sur sa nature. Il est question de cette poche membraneuse placée tantôt au sommet du crâne, tantôt pendante derrière le cou, d'autres fois située dans le dos; poche que, quelquefois, l'on rencontre encore dans son entier, et dont le plus souvent on ne trouve que les débris. On la voit remplie d’une matière liquide que l'on avait regardée comme le produit d’une hydropisie destructrice du système nerveux, et qui n’est autre que le fluide exhalé par les extrémités des vaisseaux, fluide qui, plus tard, doit constituer la matière cérébrale. Le plus ordinairement ce liquide s'est écoulé au dehors par la rupture de ses membranes, comme les éléments de la moelle épinière se sont répandus faute de rapprochement des vertèbres et des membranes du cordon rachidien. Si les matériaux n'ont pas été recueillis, ils n'en ont pas été moins fournis; et pour nous servir de l'expression de Geoffroy Saint-Hilaire, la dette des vaisseaux sanguins a été acquittée. Cette poche ou ses débris, qui paraissaient une forte preuve d’une maladie destructrice, a repris ainsi, entre les mains de l'anatomie philosophique, son véritable caractère, c’est-à-dire une condition du premier âge fœtal ; car on sait que dans l'embryon le cerveau commence par être une poche remplie d'un fluide transparent qui n'acquiert qu'avec l’Age la consistance que nous lui connaissons.

De ('Acéphale le plus incomplet , nous nous sommes élevés, par une suite d'accroissements, presque jusqu'au fœtus de l'état normal. Cependant de grandes différences existent encore entre eux , et l'absence ordinaire du cœur, des poumons, du diaphragme et du foie, les place toujours à une distance marquée les uns des autres.

Les généralités suivantes naissent du rapprochement des diverses observations que nous possédons sur les Acéphales.

1° Fréquemment le cordon ombilical a été trouvé court et très-grélc.

9° Dans la presque totalité des cas, les Acéphales sont nés avec des fœtus bien conformés; ils étaient ou jumeaux, ou trijumeaux, ou quadrijumeaux.

5° Les mères ont presque toujours été des femmes très-fécondes.

4° Les Acéphales n’existent plus quand ils paraissent à la lumière, ou ils ne vivent que peu de temps, selon le degré de développement auquel ils sont parvenus.

5° Chez tous il existe un commencement de moelle épinière et quelques ganglions du nerf grand-sympathique.

0° Chez tous aussi il existe un appareil vasculaire de développement variable.

7° La présence du cœur dépend du degré de développement. Il manque presque toujours chez ceux qui sont bornés à la présence de l'abdomen et de la

poitrine, et se montre avec la tétc et le cerveau. Serait-il lié à l’existence de la huitième paire de nerfs ? l.a présence des poumons est indépendante de celle du cœur.

8° Avec le cœur manque constamment le foie.

9° De l'étendue du cordon raebidien et du développement du système vasculaire, dépend celui de l'Acéphalc. Ce n’est point par rang d'utilité que les organes se développent, mais à mesure qu'apparaissent les nerfs et les vaisseaux sanguins qui président à leur formation. Ainsi le développement de la moelle épinière se faisant de bas en haut, l’apparition des organes suit le même ordre; et le bassin, les membres abdominaux , le canal intestinal, l'appareil géniftl et urinaire, organes peu nécessaires alors au nouvel être, se voient avant le cœur et le cerveau, dont l’utilité est bien plus marquée.

10° Chez tous on trouve une portion plus ou moins étendue du canal intestinal.

1 1° Avec les nerfs et les os se rencontrent toujours les muscles ou une substance celluleuse qui en est l'équivalent.

19° Enfin, l'observation des Acéphales prouve que l'existence de la moelle épinière est indépendante de celle du cerveau : elle montre les nerfs de la face et des organes des sens dans le même cas, et offre le cerveau comme la réunion eL l'épanouissement de toutes ces parties.

L'existence des vaisseaux sanguins est également indépendante de celle du cœur.

Causes de l'acêphalie. D'après ce qui précède, il ne serait peut-être pas nécessaire de traiter ce sujet, si nous ne voulions indiquer rapidement les diverses opinions qu’on a émises à cet égard. On a regardé les Acéphales comme des êtres frappés par la colère divine : nous ne sommes plus dans un siècle à faire intervenir le caprice des dieux dans les phénomènes des corps vivants; les faits incroyables, comme le prestige des miracles, sont disparus : en vain essayerait-on de les ramener dans la scène du monde; le ridicule les y attend. Cherchons donc des causes physiques aux faits physiques de l'acêphalie. Quoiqu'il ne soit pas impossible que l'imagination, en altérant la santé de la mère, puisse troubler consécutivement celle du fœtus, les faits que présentent les Acéphales n'étant pas des phénomènes de maladie ni de destruction, nous ne devons pas nous occuper d’une semblable cause.

Cette monstruosité est-elle, ainsi que le pensent Lemerv, Lecat, Sandiford. Svvammerdaro, et parmi les modernes, Chaussier et Réclard, le produit de la destruction du système nerveux par une cause accidentelle et surtout par l’hydropiiie, etqui, par suite, se serait opposée au développement ou aurait amené la destruction des autres organes? ou est-elle donnée par une organisation primitivement défectueuse, comme le croient Winalow, Gall et Spurzeiin? ou, en précisant davantage la question, représente-t-elle, comme le |>ensent Meckel, Tiedemann et Geoffroy Saint-liilaire, un des âges d'un fœtus qui s'estarrélé dans son développement et a gardé les traits de cette époque ?

Il serait trop long de discuter la valeur de chacune

de ces opinions; mais d'après les développements dans leqticls nous sommes entrés, dans le courant de cet article. nous croyons pouvoir dire que la dernière nous semble celle qui satisfait le mieux, par cela même qu'elle est la plus simple, et qu'elle tend à donner plus d'uniformité à la science de la vie : tout en avouant cependant que, dans un grand nombre d'Acéphales, outre cet étal imparfait dans lequel sont restés les fœtus, certains organes ont acquis leur développement normal, ou l'ont même dépassé lorsque d'autres sont restés en retard.

L'opinion qui fait regarder les Acéphales comme des fœtus dont la destruction du système nerveux a amené l'atrophie et la dispdVition des autres organes, ou les a arrêtés dans leur développement, ne peut, ce semble, être admise, parce que :

1" Comme Gall et Spurzeim l'observent, la masse cérébrale que présentent les Acéphales ne montre point de traces d’érosion et de déchirements, les bords en sont arrondis et lisses;

2° Chez ceux qui n'ont qu'une portion de cordon rachidien, l'extrémité supérieure de ce cordon est arrondie, tuberculeuse et non déchiquetée, comme elle le serait par suite d'une destruction;

5° Il est impossible que les Acéphales qui sont privés de tête, de membres, de thorax et d’une portion de l'abdomen, aieut perdu ces parties à la suite d’une hydropisic de poitrine, qui, nécessairement, laisserait des cicatrices que l'on n'observe presque jamais;

4° La présence du rachis et du cerveau, dans leur intégrité, joints à une face atrophiée, de même que les organes des sens, dont on ne trouve que les rudiments (F. plus bas l'espèce Hebiex-céphale), sont incompatibles avec une pareille cause.

5° Enfin, la présence du même nombre d'os dans les crânes des Acéphales que dans les tètes de l'état uormal, comme Geoffroy l'a démontré dans le Mémoire déjà cité , est une preuve évidente de la non-destruction de ces parties, qui seulement sont restées à l'état rudimentaire.

Classification des Acéphales. Quoiqu'il ne soit pas possible de poser entre les Acéphales des bornes que jamais ils ne dépassent, et malgré que nous sachions que nombre d'individus ne pourront être rigoureusement placés dans les sections que nous allons établir, cependant, comme l’esprit aime à se reposer, nous noterons les différences principales qu'offrent ces monstres, et autour desquelles les autres viennent se grouper. Nous adopterons la division suivante , empruntant à Breschet. sans y attacher absolument le même sens que lui , l'expression d 'Acêphalogastre pour désigner les monstres dont le développement est borné aux organes de l'abdomen; et celle d 'Acéphalathore pour nommer ceux qui possèdent et un abdomen et un thorax en tout ou en partie. Nous réservons le nom à' Acéphales à ceux qui joignent à l'abdomen et au thorax une tète de forme, de développement et de disposition variables.

Celle dernière section, plus nombreuse que les deux autres, et qui nous intéresse davantage par la variété de formes qu’elle revêt, a plus que les autres aussi attiré l’attention des naturalistes, et alimenté la crédulité du

' peuple toujours avide de faits bizarres et extraordinaires; de là, ces histoires dont les recueils pullulent ou dont le peuple conserve la tradition, d’enfants nés avec une tête de Veau, de Mouton ou de tout autre Animal.

Nous présentons ici la classification que Geoffroy Saint-llilaire a donnée de ces monstres. Il l'a proposée moins comme complète que comme provisoire et représentant les anomalies qu'il a été à portée d'observer ou de vérifier. 11 classe les Acéphales sous treize chefs, auxquels il a imposé des noms tirés de la forme de la tête, de la présence ou de l'absence du cerveau, du lieu où i il se trouve placé, de sa forme, etc. Nous ne pouvons mieux faire, pour indiquer les divers caractères de ces Acéphales, que de nous servir des expressions mêmes de l’auteur. Il les nomme :

Coccyc.êph ai e. ( Tête sous la forme d'un cocçyx.)

• Tronc sans tète et sans extrémités antérieures : les os du crâne et du cou dans une contraction et d’une petitesse extrêmes : les postérieurs appuyés sur les vertèbres dorsales : ceux de la sommité sous forme d'un coccyx. •

Cryptocéphalk. ( Tète inrisible extérieurement.)

• Télé avec extrémités antérieures tète réduite à un assemblage de parties osseuses, portée sur une colonne cervicale droite, très petite et non apparente en dehors.»

Axexc ei-h ale. ( Tête sans rerrean.) « Point de cerveau ni de moelle épinière; la face et tous les organes des sens dans l’état normal ; la boite ouverte vers la la ligne médiane, et composée de deux moitiés renversées et écartées de chaque côté en aile de Pigeon. •

Les lames des vertèbres ne se réunissant pas pour faire tube et contenir la moelle épinière, les os du crâne | restant également écartés, les matériaux fournis par les vaisseaux pour former le cordon rachidien u'onl pu être recueillis, et se sont écoulés au dehors dans cette < espèce de monstruosité.

Cystexcéphale. (Tète avec un cerveau cêsiculeux.)

• Cerveau restreint dans son développement; hémisphère sous forme d'une vessie mamelonné; les organes

, des sens et leurs chambres comme dans le précédent. •

Derexcéphale. ( Têteavec un cerveau dans le col.) «Cerveau très-petit, posé tant sur les occipitaux que sur les vertèbres cervicales ; celles-ci ouvertes postérieurement, élargies en outre par un Spina bifida, et formant coquille; les organes des sens et les parties du crâne comme dans les Cyslencéphales. *

PodexcEphale. ( Tito avec cerveau sur tige.) «Cerveau de volume ordinaire, mais hors du crâne, porté sur un pédicule qui s'élève et traverse le sommet de la boite cérébrale ; les organes des sens et leurs enveloppes dans l’état normal ; la boite cérébrale com|>osée de pièces affaissées les unes sur les autres, épaisses, dures et comme éhurnées. »

NotexcEphale. ( Tête arec cerceau dans le dos.)

• Cerveau de volume ordinaire, mais hors du crâne pour une partie faisant hernie à travers les occipitaux supé-

! rieurs, cl. quant à sa plus grande portion, prenaut appui sur les vertèbres dorsales, ouvertes postérieurement; crâne à pariétaux larges et surbaissés, d'une configuration à rappeler le crâne dans les Loutres; crâne enfin composé de pièces minces et friables. •

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