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que leur ouverture est bien moins reculée qüe ne le | représente la presque totalité des figures publiées. Au ; lieu que cel orifice se trouve très-près ou sur la verli- j cale qui passe par l’œil, il est presque à demi-distance du | plan inter-orbitaire et du bout du museau ( Ad. Camper, Obs. anat. sur les Cétacés, 1820. l'a déjà remarqué). Cette obliquité et l'extrême longueur du canal osseux de l'évent donnent un caractère important pour la détermination des espèces fossiles. La distance de6 yeux à l'axe du crâne est bien plus grande dans les Baleines, à cause de l’énorme écartement des condyles de la mâchoire inférieure et de l’excessif développement des maxillaires supérieurs, qui nécessite pour eux, sur le frontal, une largeur de base suffisante. Les deux frontaux, ainsi comprimés transversalement par les maxillaires en avant cl par l’occipital en arrière , qui les écarte comme un coin, sont projetés en dehors de manière à déborder un peu les maxillaires et les temporaux sur lesquels ils appuient dans ce seul genre où le temporal entre ainsi dans le cadre de l’orbite. Malgré cette distance de l'œil au cerveau, le sens de la vue n’est pas aussi faible dans ces Cétacés qu'on l'avait supposé ; l'on avait d’ailleurs exagéré sa petitesse. Dans un Baleinoptère museau pointu, échoué à la baie française des iles Malouines, pendant le séjour du capitaine Freycinet, et long de cinquante-trois pieds, l'œil était gros comme un boulet de six; son plus graud diamètre longitudinal était de quatre pouces cl demi , le vertical de quatre pouces ; son axe de deux pouces neuf lignes ; le diamètre de la capacité de la sclérotique était longitudinalement de deux pouces dix lignes, le vertical de deux pouces cinq lignes; l'axe de huit à neuf ligues et demie. Far la différence de la capacité au volume de l'œil, on voit quelle est l'épaisseur de la sclérotique. A son entrée dans cette enveloppe, le nerf optique est entouré de vingt six vaisseaux sanguins qui pénètrent dans l’œil. D’après celte quantité de vaisseaux, nous pensons que ce que l'on a pris pour un muscle, dans l’œil de la Baleine, n'est que le même organe dont nous avous décrit la nature et l'usage dans les Poissons. Ces observations ont été faites par Quoy et Gaymard. Ajoutons que, dans des préparations d'yeux de Baleine, conservées au Cabinet d’anatomie comparée, le nerf optique parait composé de filets parallèles; l'auteur de cel article, A. Desmoulins, a fait voir, dans un Mémoire couronné à l’Institut, sur le Système nerveux des Poissous, que l’activité d'un sens était proportionnelle à l'étendue des surfaces nerveuses et à la quantité de sang qui y aborde (f/. ce Mémoire et l’Extrait qu’en a publié Magendie, Journal de Physiologie, avril 1822). Scoresby a constamment observé que les Baleines voient dans l’eau à de très-grandes distances; qu’au contraire, l'ouïe parait très-dure chez elles : aussi les approche-t-on bien plus aisément dans l’eau verte, dont la diapbanéité est presque nulle, que dans une eau plus transparente. Or, il n'y a pas de raison pour qu'elles entendent moins bien dans l'une que dans l'autre; l'ouïe est donc inférieure à la vue chez les Baleines. Jusqu'ici on avait dit le contraire. Rondelet avait déjà remarqué cependant que la petitesse de l’ouverture des paupières trompe sur le volume réel de l'œil, et que c’est à tort que l'on
dit l'œil de la Baleine pas plus grand que celui d'un bœuf.
La fixité de la langue et sa composition adipeuse ne permelteut pas d'y supposer de sensibilité. ISous avons disséqué la langue du Crocodile, qui lui ressemble, d'après Delalandc, et le petit volume des nerfs qui se (ardent dans son épaisseur, et non à sa surface, exclut la possibilité de l'existence du goût, qui d'ailleurs ne coïncide jamais qu’avec une mastication. Or, quoi qu'on en ait dit. ces Baleines et les Baleinoptères avalent leur proie sans la broyer.
Quant au toucher, nous n'avons aucun renseignement. Il parait qu'il ne réside que sous l’aisselle où les mères serrent leurs petits.
F.n mesurant l'intelligence sur la capacité du crâne, le rapport est bien inférieur à ce qu'il est dans les autres Cétacés. Dans le Nord-Caper rapporté par Delalande, long de soixante-quinze pieds, le plus grand diamètre de la cavité cérébrale est de douze à treize pouces, d'un temporal à l'autre; l'occipiloetlnnoldal a trois ou quatre pouces de moins. Cuvier a fait voir que le volume extérieur du crâne dépend de la triple épaisseur de l'occipital, du pariétal et du frontal ; ce dernier os ne forme qu'un élroil bandeau â l'extérieur, entre les maxillaires cl l'occipital qui recouvre tout le crâne; sous le bandeau frontal, l'épaisseur du crâne est à peu près d'un mètre. En arrière de ce bandeau, et sur tout le bouclier que représente l'occipital, s'insèrent les muscles cervicaux.
Une substance ligamento membraneuse sert â l'insertion de chaque batterie de fanons dans la fosse alvéolaire de l'os maxillaire; cette même substance déborde extérieurement les fanons qu'elle couvre comme une gencive. Les lames sont fortement serrées l’une contre l'autre; la section de leur bord interne varie d’une espèce à l'autre pour la direction, mais de telle sorte que la totalité des fibres est comprise dans la coupe; l'extrémité coupée est effilée en soies plu» ou moins longues et fines, suivant les espèces; le bord inférieur de la batterie est enclavé dans une rainure de la mâchoire inférieure, entre la langue immobile en dedans et lu lèvre inférieure en dehors; celle lèvre arrive au contact de la gencive supérieure. L'on voit donc qu’il ne peut y avoir aucune mastication, attendu l’immobilité de la langue, le défaut de point d'appui pour la trituration, et la mollesse des surfaces qui représentent les dents : l’effilé des fanons n'a pas non plus pour objet de ménager la langue. Voici le mécanisme de tout cel appareil : la bouche étant ouverte, l'eau s*y précipite par son poids et par l'aspiration de l’Animal; par le rapprochement des mâchoires , l’eau comprimée s’échappe en se tamisant d'abord à travers le chevelu des fanons et puis entre leurs lames : ce chevelu est d'autant plus fin et plus abondant que l'Animal se nourrit de plus petite proie. Telles sont les Baleines. Le reste de l’eau est soufflé par l'évent, et la proie seule esl avalée. Les jets d’eau ne corrcs|>ondcnt donc qu'aux mouvements de déglutition. Comme l’ont remarqué Scoresby, Quoy et Gaymard , il ne sort pas d’eau dans l'expiration ; c’est un mélange de vapeurs et de mucosités, qui, de loin, ressemble à de la fumée. Quoy a observé que
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c'est aux approches et pendant la durée du mauvais temps que les Baleines et les autres Cétacés font jaillir l'eau plus abondamment et pins fréquemment; c'est qu'alors l'agitation de la mer mélange les flots de plusieurs couches d’eau et amène à la surface un plus grand nombre de Méduses, de Mollusques et même de Poissons : c’est ainsi qu'on voit les Requins et les Oiseaux pélagiens suivre le sillage d'un vaisseau, où, par le mélange de plusieurs couches d’eau, ils découvrent plus facilement leur proie ainsi rassemblée en plus grande quantité.
Dans toutes les Baleines, la mâchoire supérieure étant arquée, les fanons qui représentent les sinus de l’arc maxillaire sont nécessairement plus longs au milieu; leur décroissement est plus rapide du côté des yeux que du côté du museau : les interraaxillaires n’en portent pas. On a eu tort de dire que les fanons sont posés sur l’os du palais; le palatin, plus rudimentaire dans les Baleines que dans les autres Cétacés, ne correspond à aucun point de la batterie de fanons : tout l’espace compris entre les deux batteries est rempli par les maxillaires juxla|>osé$ sur la ligne médiane.
La grandeur du pharynx et de l'œsophage varie d’une espèce à l’autre. 11 est fort étroit, d’après Scoreshy.dans la Baleine franche; Schneider lui donne neuf pieds de large, sans doute dans l’une des espèces qui vivent de Poissons. L'estomac est divisé en plusieurs cavités, à peu près comme dans les Ruminants. Dans un fœtus disséqué par Camper, aucun étranglement ne divisait encore le ventricule ; les intestins d’ailleurs faisaient de nombreuses circonvolutions; le foie était relativement très-grand ; les reins, volumineux, étaient formés de beaucoup de petits globes agglomérés; la vessie urinaire avait beaucoup d’ainplitude.
Le nombre des côtes parait fort inégal danslesdiverses espèces. Camper n*a trouvé que douze côtes à son fœtus, il n'aura pas vu la treizième; car Giesecke, cité par Scoresby, compte treize paires de côtes dans la Baleine franche. Or, dans un nouveau-né de Nord- Caper, rapporté par Delalande, les côtes sont déjà complètement ossifiées, quoique la colonne vertébrale ait encore ses points d’ossification distincts et cartilagineux dans chaque vertèbre; il n’est donc pas probable qu’il y ail erreur dans cette détermination que Camper dit avoir déjà été faite sur d’autres Baleines franches. D’après Hunter, le Museau-Pointu, et d'après Albers.la Jubarte, n'auraient que douze côtes; le dernier, d’après le même Ailiers, aurait aussi toutes les vertèbres cervicales mobiles. Dans les espèces à douze côtes, la première paire seulement s'articule avec le sternum; dans leNord- Caper austral, qui en a quinze, les deux premières paires s’y rendent. Comme les caractères tirés du squelette sont beaucoup plus certains que les autres, et comme les squelettes, si complets et si bien conservés que l'on doit au voyageur Delalande, nous permettent de fixer des séparations positives, nous nous en servirons pour établir les espèces jusqu’ici déterminées si vaguement , faute d’observations.
Selon Bochart, le nom de Baleine dérive du phénicien baal nun, roi de la mer; d’où il conclut que la pêche en était faite par les Tyriens. Les livres hébreux par-
lent aussi de Baleines; mais quel était l’Animal ainsi nommé ? Cuvier pense que le Mytticetu», qu’Arislote caractérise par des soies dans la bouche, est une des petites Baleines de la Méditerranée, appelées Musculus par Pline, et qui seraient le Rorqual. Si l’on en croyait Ælien,on aurait, de son temps, péché la Baleine dans les eaux deCythère; mais, chez les anciens, le nom de Kite se donnait à tous les grands Animaux marins, comme celui de Whal chez les nations du nord de l'Europe.
Plusieurs Sagas norv égiennes prouvent qu’avant les premières pèches des Basques, les nations Scandinaves chassaient les Baleines, et qu’on s'en nourrissait en Islande. Dans, le périple entrepris autour de la Scandinavie, au neuvième siècle. le navigateur norvégien Other dit avoir assisté à la pèche des Baleines près du Cap- Nord. D’après les recherches de Noël de la Morinière, dans les Chroniques du moyen âge, les Norvégiens et les Islandais distinguaient, au treizième siècle, vingttrois espèces de Baleines parmi lesquelles on reconnaît la plupart de celles qui se voient aujourd'hui dans les mêmes mers. Les auteurs contemporains de France et d’Allemagne, Albert le Grand. Vincent de Beauvais, Sle.- Hildegardès, ont décrit cette pêche fort exactement, d'après les renseignements qu'ils s'étaient procurés : à cette époque, on harponnait de deux manières, à la inain et par la projection d’une forte batiste. Ce dernier procédés été renouvelé dans le dix-huitième siècle avec la poudre; aujourd'hui les Anglais harponnent avec des fusées à la Congrève.
On a beaucoup parlé de la retraite des Baleines vers le nord, et par là on entendait les Baleines franches ; cependant tous les écrits du moyen âge font voir que les pèches régulières des Baleines étaient établies , comme aujourd'hui , sur les côtes pôlaires. Other dit avoir été jusqu'aux terres les plus reculées du nord, où se rendent les pécheurs de Baleines, et en avoir tué jusqu’à soixante en deux jours. Dans le neuvième siècle. comme aujourd'hui, les Baleines se tenaient donc sous le pôle ; si les Baleines avaient été à celte époque plus abondantes sur nos côtes que sur celles d’Islande, du Groenland et du Spitzberg. les Scandinaves, qui déjà avaient fait des descentes sur nos rivages, y seraient venus pêcheries Baleines. Les actes du moyen âge parlent beaucoup de Baleines; mais il ne faut pas toujours y prendre ce mot à la lettre. Les noms de Whal, de Hval-, de Cèle, de Balæna, s'appliquaient à toutes les espèces de Cétacés à lard; il parait néanmoins que, dans le golfe de Gascogne , il y a eu , avant le dixième siècle, des pèches régulières faites par les Basques; les Baleines y paraissaient depuis l'équinoxe de mars , jusqu’en septembre. Dés 090, d’après Cerqueyra, les Baleines effarouchées ne venant plus en aussi grande abondance dans le golfe, les Basques établirent leurs pèches sur les côtes de Portugal. D’après la rareté, dans nos mers, des Clios et des autres petits Animaux marins qui servent à la nourriture des Baleines, d'après l’époque de l'année où les Cétacés en question se rendaient sur ces côtes, et qui est la même que celle des voyages de plusieurs esp. de Poissons que poursuivent encore aujourd'hui divers Cétacés, excepté les Baleines, il n'est pas probable que laBaleine franche se soit jamais plus qu’au-
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jourd'hui éloignée du pôle. Si la Baleine franche avait élé l'objet de ces pêches, on eût utilisé ses fanons. En 1202, d'après plusieurs passades de la Philippidedc Guillaume le Breton, les casques étaient, au lieu de plumets. ornés de panaches en fanons de Baleines, effilés; mais leur rareté fait présumer la difficulté de se les procurer : il en eût été autrement si on les eût pêchées sur nos côtes. La présence des Cétacés au cap de Bonne Espérance n'est pas une présomption pour que les Baleines franches du pôle nord soient autrefois descendues vers nos latitudes; car les Baleines qui s'y pèchent sont d'une espèce différente, comme nous l'allons prouver. Tous ces Animaux ont le sang d’une température supérieure à celle des mammifères terrestres; elle va jusqu'il quarante degrés, l’ne heure et demie après sa mort, le sang d’un Narvhal marquait trente-six à trente-sept degrés, et celui d’une Baleine, après un temps un peu moindre, treille-huit à trente-neuf. Ce n’est pas trop que de supposer dans un pareil intervalle , lorsque la température de la mer n'excède pas moins 1 à plus 1 ou 2 degrés, un abaissement de trois ou quatre degrés dans la température du sang.
Est-ce à cette température que tient la grande susceptibilité qu'ont leurs tissus de s'enflammer, et la promptitude avec laquelle l'inflammation y parcourt ses périodes et devient mortelle? La plus petite blessure suffit pour 1rs faire mourir. Péron a fait la même observation sur les Phoques à trompe.
Ce n'est point de l'eau, mais un mélange de vapeurs et de mucosités que rejette la Baleine par l'évent dans l'expiration; le froid de l'air, en condensant ces vapeurs, les a fait prendre pour de l'eau : l'Animal ne rejette l'eau qu'après la déglutition ou dans des moments de colère. On a exagéré la vitesse des Baleines comme tout le reste de leur histoire : celle de la Baleine franche n'excède pas trois lieues à l'heure; celle des Physalis ou Gihbar, quatre.
La séparation des Baleinoplères, comme genre, d'avec les Baleines proprement dites, ne reposant que sur la considération des nageoires adipeuses des premières, caractère qui ne nous parait pas de plus grande valeur que celui des plis abdominaux qui sous - divisent les Baleinoplères elles mêmes, nous réunissons dans un même genre, à l’exemple de Cuvier, tous les Cétacés à fanons et à double évent. Les esp. en seront réparties dans les sous genres suivants :
B a luxes proprement dites : pas de nageoires sur le dos.
B. praxciie. Dalœna Mysticetus, L.; Lacép. Cét., pl. 1; Scor., pl. 12, f. I , t. 2. Scoresby, qui a contribué à la prise de 522 individus de celte espèce, n'en a vu aucun excéder GO pieds de long, et il n'est pas à sa connaissance que depuis une trentaine d'années on en ail péché qui excédassent 65 pieds. Les mesures assignées par Anderson sont les mêmes. On la désigne cependant partout comme le plus grand des Cétacés; la grande courbure de l’arc de la mâchoire supérieure donne une longueur proportionnée aux fanons du milieu; il s'ensuit que la lèvre inférieure s'élève en cet endroit de manière à remplir le vide de cet arc. Mais elle ne dessine pas la figure d'un S, comme l'indiquent
les dessins qui en ont été gravés. Cet arc n'existe pas dans le feetusoû les mâchoires sont presque parallèles. Mais il s'excave rapidement après la naissance. On peut avoir une idée de la rapidité de ce progrès, en com|>arant la figure de fœtus dans Ad. Camper, pl. 8. fig. 1 et 2, à celle du nouveau né dans Scoresby, pl. 12, fig. 2. A mesure que cette courbure se prononce, l'ouverture de l'évent doit se reculer un peu au lieu de s'avancer, comme le dit Camper, mais il ne peut reculer sur le même plan que les yeux comme l'indiquent la plupart des figures. Une autre erreur de ces figures, c'est de donner trop de saillie aux bourrelets des ouvertures de l’évent. La partie plus proéminente de la tête, c’est le bandeau du frontal derrière les os du nez que prolonge en avant un long cartilage conservé sur l'un des squelettes du Muséum : cette proéminence de la partie frontale, sous laquelle se trouve une épaisseur d'os de plusieurs mètres passant au-devant du cerveau par l'occipital. le frontal, l’elhmoïde et le sphénoïde, forme la tête de l'immense marteau que représente la Baleine, en brisant ou soulevant les voûtes de glaces. Dans tous les autres Cétacés, la |>artie la plus proéminente de la tête correspond à des parties molles, comme dans les Cachalots, ou à une assez petite épaisseur de la suture occipito frontale, dont le plan vertical passe par le cerveau; ce qui rend ces deux genres d'Animaux incapables de vivre sous les glaces. L'eau verte dans laquelle on approche plus facilement la Baleine à cause de sa faible diaphanéité. a fourni une autre observation à Scoresby. On y rencontre plus de Baleines que dans les autres parages. Celle couleur verte parait dépendre de l'agglomération en grands bancs, de petites Méduses d'un 2CK à un 50e de pouce de diamètre, distantes l'une de l'autre d'un quart de pouce environ, ce qui en donne 64 par pouce cube. Ces deux faits de l'agglomération des Méduses et de la couleur verte de l'eau sont liés par un rapport, sinon de dépendance, au moins de coïncidence constante. Ces petites Méduses semblent la nourriture des petits Crustacés, et surtout des Clios. pâture de la Baleine. Zorgdrager avait déjà remarqué que ces bancs de Clios sont quelquefois épais comme une purée. L'existence des grandes légions de Clios parait donc liée avec ces petites Méduses, comme l'existence des Baleines avec celle des Clios eux-mêmes. Dans les latitudes moins boréales, les Clios sont trop rares pour alimenter les Baleines. Ces inductions confirment nos doutes sur l'ancienne habitation des Baleines dans no* mers. Colnelt a vu. à la vérité, des Baleines franches sous les zones tropicales de l'Océan pacifique. Mais leur extrême maigreur prouvait bien qu'elles y étaient égarées et par accident.
La Baleine n'est point attaquée par les Glands-de- Mer, comme la plupart des autres Cétacés à fanons. Scoresby dit qu'on n'en a jamais rencontré dans les mers d'Allemagne et à moins de deux cents lieues des côtes d'Angleterre. D’après la figure de Scoresby, toutes celles que l'on a données de la Baleine sont inexactes. La figure du Nord Ca per, donnée par Lacépède, pl. 3, y ressemble plus qu’aucune autre.
B. Nord Caper. Balœna ylacialis , Klein; Lacépède, pl. 2 et 3. Plus allongé proportionnellement, mais de
la même forme que la Baleine. D'une (aille inférieure, il en diffère encore par l'obliquité du plus grand diamètre de l'œil. La queue et les nageoires sont aussi plus grandes ù proportion. Comme dans la Baleine, la courbe de l'arc maxillaire est fort grande, de sorte que les fanons moyens des batteries ont une grande longueur. Sa couleur est d'un gris clair. Cette espèce est plus rapide que la Baleine : elle chasse les bancs de Harengs, de Maquereaux et de Merlans avec autant d'ardeur que de ruse. Elle les poursuit vers les anses étroites où elle les enferme pour mieux s'en einparer. Quoique plus rapide que la Baleine, sa vitesse, suivant Scoresby. n'excède pas quatre lieues par heure; elle est attaquée par les Balanes qui ne s'attachent pas sur la Baleine franche. En poursuivant les bancs de poissons, elle descend quelquefois dans les mers tempérées de I l'Europe. On a trouvé jusqu'à six cents Gades et une ; grande quantité de Sardines dans l'estomac de Nord- Capers échoués en poursuivant des bancs de Poissons. On ne connaît pas son squelette.
B. Nord-Caper-Alstral. Balœna auslralis, Klein. Observé par Delalande. Plus grand que la Baleine, et partant que le précédent. Il diffère de la Baleine franche du pôle boréal, avec qui on l'a cru identique, par la soudure des sept vertèbres cervicales dont les cinq postérieures sont mobiles dans la Baleine, par deux paires de côtes de plus, par la disproportion du nombre des mâles à celui des femelles qui est inverse dans j ccs deux espèces. Delalande n'a vu que deux ou trois | mâles sur cinquante individus, et les pécheurs lui ont confirmé que cette disproportion est constante. Au contraire, Scoresby dit que dans la Baleine franche, le nombre des mâles excède celui des femelles. En comparant les figures de deux individus de même taille et sans doute de même âge, l'un de dix-sept pieds, de la Baleine franche, Scoresby, l'autre du Nord-Caper-Austral par Delalande, la différence extérieure n'est pas moindre que l'intérieure. Dans la jeune Baleine, la courbe de la mâchoire est déjà développée, et la lèvre inférieure s'y encadre parfaitement. Dans le jeune Nord Cape r, la courbe maxillaire, autant prononcée dans l'adulte que chez la Baleine, n’est pas encore formée; la lèvre inférieure reste écartée de la gencive supérieure vers ses deux extrémités; le chanfrein est presque droit depuis les évents jusque vers le museau où il y a une sorte de bourrelet, et les évents sont bornés en dehors par une grosse saillie qui dépasse en arrière la pointe du front, plus proéminente que celte .saillie ; dans la jeune Baleine, le chanfrein est un plan incliné depuis l'évent jusqu'au museau, de près de 40 degrés : enfin l'on voit | dans notre figure un caractère de physionomie bien décidé dont la fidélité de Delalande atteste l'exactitude et confirme tous les caractères qui fout de cet Animal une espèce particulière.
Delalande nous a dit que ces Baleines arrivent du 10 au 20 juin dans les baies d'Algoa, du Cap et de Simons, où elles sont chassées par la violence du vent de nordouest; qu'elles en partent à la fin d'août et au milieu * de septembre, après avoir mis bas un petit de 12 à 15 ; pieds de long. Il prend de suite la teline; l'estomac est j très-grand et toujours vide; le ÎS'ord-Caper- Boréal l'a I
au contraire ordinairement plein de Poisson. Comme dans la Baleine (Anderson) les intestins sont remplis d'un liquide d'un beau rouge qu’il a vu aussi dans le Poeskop. La peau est toute noire, même dans le petit ; le grand diamètre de l'œil est horizontal ; la figure de Bachstrom rapportée par Lacépède, donne au contraire une grande obliquité à ce diamètre dans le Nord- Ca per- Boréal -
B. japonaise. Lac. (Mém. du Mus.). Cette espèce et la suivante ont été établies d'après des peintures japonaises; elle est caractérisée par trois bosses garnies de tubérosités, et placées longitudinalement sur le museau ; la queue est graude; la couleur, noire sur le dos, est d'un blanc éclatant sous le ventre, formant un feston sur son contour.
B. i. exilée, Lac. Balœna lunulata. Les deux mâchoires sont hérissées â l'extérieur de poils ou petits piquants noirs; un grand nombre de taches en forme de croissants sur la tête, le corps et les nageoires ; couleur générale verdâtre. Comme l'évent est marqué en arrière des yeux, il se pourrait que ce fût un Dauphin.
Indépendamment de ces deux dernières esp. qui semblent propres à la partie boréale de l'Océan pacifique, les Baleines du Spitzberg et du Groenland se trouvent dans les mêmes parages, car on a tué dans la mer de Tarlarie des Baleines portant des harpons dont la marque appartenait aux |>êcheurs du Spitzberg. Ce fait, qui prouve la communication des deux mers boréales, est une nouvelle présomption en faveur de l’opinion que les Baleines franches ne sortent pas des mers Boréales.
B. xocei se. Balœna notlosa. Dudley, Trans. phil., n° 387, dit qu'elle a sur le dos, près de la queue, une bosse penchée en arrière et grosse comme la tète d'un homme. Son principal caractère serait dans les nageoires, longues de 18 pieds, blanches et situées presque au milieu du corps. On ne la trouve que dans les méditerra liées de l'Araérique-Xord et dans les parages qui en sont voisins.
B. a bosses. Balœna gibbosa. Gibbis cel notlis Ses. Dudley, ibid. Suivant Anderson, elle est aussi riche en huile que la Baleine franche. Selon Klein, au contraire, elle est maigre. H n'y a donc rien de certain à l'égard de ces deux esp. Des mêmes parages que la précédente.
■f-j- Les Baleiroptéres ont sur le dos une nageoire dépourvue de supports ou rayons osseux, dont la position varie suivant les espèces qui se distinguent aussi, selon qu'elles ont le ventre lisse ou plissé.
B. a tertre lisse ou le Gibbar des Basques, Finnfisc h des Hollandais, Martens. Voy. au Spitzberg, Balœna Phxsalus, Lin.; Lacép., pl. 1, fig. 2; Encyel , pl. 2, fig. 2. Le plus grand des Cétacés; il atteint jusqu'au delà de cent pieds ; la courbe maxillaire est fort petite; il en résulte que les lames des fanons sont trèscourtes, leur plus grande longueur n'excédant pas un pied, quoique assez large proportionnellement. Le Gibbar est beaucoup plus mince et plus allongé que la Baleine. Sa tète forme le tiers de la longueur; le dessus de la tête est d'un brun luisant, comparable à la cou- * leur de la Tanche; le ventre est blanc ; la nageoire dorsale est triangulaire, courbée eu arrière à son sommet,