‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 96 sur 125 · SS · texte numérisé non relu

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uirlei plus grandes articulations; leur couleur varie; les œufs sont elliptiques cl de grosseur médiocre. — Ce 0. habite l'intestin du Turbot, de la Barbue, du Plcuronecte de Bosc, de la Pégouse, du Capelan. du Scorpion de mer, de In Torpille, de la Sole et du Trigle de l’Adriatique.

B. solide. B. aolidus, Budolphi. Cette esp. a été nommée Fa sc iota hepatica par Linné; Tœnia acutissima par l'allas ; Tœnia Ganteroatei par Muller, Fahricius, Balscb, Ahildgnard; Tœnia sot nia par Sclirank, Gmelin. et Rhyti» solitla par Zcder. Sa longueur varie de deux à quatre centimètres, et sa largeur de quatre à six millimètres; sa couleur est lactée; la tète est petite, déprimée, triangulaire, plus large en arrière qu’en avant, à sommet et bords obtus; les fossettes sont suborbiculaires, ;m u profondes, partagées par une petite saillie longitudinale, placées sur les faces dorsales, abdominales, un peu aplaties; la largeur du corps varie suivant qu’il est contracté ou étendu ; les bords un peu épais sont dentés en scie ; la première articulation parait écbancrée, lorsque la tète est rétractée; les suivantes ont leur bord antérieur un peu arqué en avant ou droit, les autres arqués en arrière; la dernière est petite, obtuse, presque ronde; toutes sont très larges, très-courtes et au nombre de 'JO à 200. Il habite lu cavité abdominale de rÊpiuoche, Gaslvroaleua aculealua , L., où il produit une saillie extérieure qui fait bientôt reconnaître sa présence; il se trouve presque toujours seul. On le rencontre quelquefois dans le canal intestinal des Animaux qui ont mangé des Épinoches.

B. *01 BOX. B. nodosus, Kudolphi.Ce Ver a été nommé Tivnia lanceolato- nodoaa par Bloch, Batsch et Ginelin; Tœnia nodulari» par Sclirank; Tœnia Gaitcroslci par Abildganrd , et Halyai '» tunvvolato-nodom par Zeder. Sa longueur varie d’un à trois décimètres, sa largeur de quatre à dix millimètres; son corps, aplati, est presque toujours subovale. lancéolé, à liords dentés en scie, ayant ses articulations plus larges au milieu qu’aux deux extrémités, en général plus larges que longues; les ovaires sont apparents à la quinzième ou seizième articulation, en forme de sacs remplis d'œufs grands et elliptiques, dans l’étal frais. — Il habite les intestins du Grèbe huppé, du petit Plongeon , de la grande Hirondelle de mer, etc. — Budolphi ayant examiné ce Ver qu’il avait conservé quelque temps dans l'alcool, observa que la membrauu qui enveloppe chaque œuf était fendue dans la partie moyenne, et contenait deux corpuscules concaves et elliptiques. Aucun Ver intestinal connu ne présente ce phénomène.

B. Flei n. H. corollaluaf Budolphi. Cuvier a fait un G. particulier de ce Ver , sous le nom de Floriceps ; Abildgaard l'avait nommé Tœnia corollata, et Zeder Halyai s corollata. Sa longueur varie de trois centimètres à plus de deux décimètres; sa largeur dépasse rarement un millimètre; sa couleur est blanchâtre; sa tète oblonguc , suhtélragoiie , déprimée , obtuse eu avant, ù fossettes margiualcs grandes, obluiigucs, profondes, avec des rebords épais, connivents en arrière. De l'extrémité antérieure de ces fossettes sortent quatre trompes rétractiles , lélragoncs , garnies de vingt ou trente crochets, plus longues que la télé, et dirigées

tantôt en avant, tantôt en arrière; les articulations sont beaucoup plus longues que larges, et les ovaires rameux.— Ce Ver habile l’intestin de la Raie blanche, l’estomac de la Raie rousse, le gros intestin du Squale Milandre, etc. La forme singulière de la léte de cet Animal avait engagé Cuvier à le séparer du G. Rotryocéphale. et à en constituer un nouveau auquel il avait réuni un autre Ver ayant quelques rapports avec celui-ci, mais en différant par plusieurs caractères essentiels, principalement par celui d'une double vésicule dans laquelle il est toujours enveloppé. Ce dernier n servi de ce type à Rudolpbi, pour établir son G. Anlliocépbalc nombreux en espèces, mais auquel nous croyons devoir conserver le nom que lui a imposé le célèbre professeur d'anatomie comparée. Le B. Fleur doit-il former un G. particulier composé d’une seule esp.? Si les helminthologistes le pensent ainsi, un pourrait bien lui donner le nom d’Anlliocépbalc que Budolphi avait donné au G. pour lequel nous conservons le nom de Floricep».

Quelques autres esp. douteuses de B. ont été mentionnées par les auteurs qui les ont nommées d’après les Boissons où elles ont été trouvées ; telles sont les II. Squali glauci, Lophii pi stator ii , Gadi Morhaœ , Gadi collariœ, Cepolœ rubescentia , Cobit is barôatulœ , Salmonia eriocia et Salmonia carpionis.

BOTRYOGÈNK. il*- Depuis longtemps Ber/elius a décrit un Sulfate rouge de fer, qui doit être introduit dans le système minéralogique comme esp. nouvelle. Sa forme dépend du prisme oblique rhomboldal et elle se modifie sur les angles latéraux des bases et sur tes arêtes longitudinales qui appartiennent à ces bases; il est transparent et possède l’éclat vitreux; la couleur est dans les cristaux, le rouge hyacinthe foncé; mais dans les variétés grenues ou compactes elle passe au jaune d’ocrc, qui est aussi la couleur de la poussière. Celle substance est tendre; sa pesanteur spécifique est 2.03'J; elle se dissout lentement dans l’eau. Sa saveur est astringente, plus faible que celle du sulfate de fer. Le Botryogène a été trouvé dans la grande mine de cuivre de Falun où il recouvre le Gypse et le Fer pyrileux; il est associé au Sulfate de magnésie, au sous-Sulfale de fer et au Sulfate ordinaire. Il s’altère à l’air humide; il se boursoufle au chalumeau , et donne un verre muge avec les fondants. Analyse : sous-Sulfale de fer 48 ; Sulfate de magnésie 21 ; Eau 31.

BOTRY0IDE. Bolryoiden . ét.iiin. Nom donné à un groupe d’Oursins pour constituer un G. qui n’a pus été adopté; ce sont des Anaucliiles de Lainarck.

ROTH YOI.ITE. BIX. Nom donné par Leonhard à la variété de Chaux boralée siliceuse , en concrétions mamelonnées, que l’ou trouve à Areudal en Norvège.

BOTRYOL1THE. min. F. CbaüX BoivrU Si lice dsi.

B0TRY0PTÊR1DE. Bolryoptcria. «ot. G. de Fougères qu'a formé le Dr Thadæus Ilaeukedaus son Voyage aux deux Amériques, publié par les soins du Musée de Bohème, et que le Presl a caractérisé ainsi : capsules pédicellées, libres cl presque globuleuses, couronnées d'un appendice uiarcescenl,quadrilobé et créuulé, demi-bivalves et agglomérées par verliciiles en épi cylindrique. La seule esp. décrite, B. mexicana, a le port

BOT

do YOsmutula seylanica, L. el c'est sans doute dans la même division des Fougères qu'on la placera.

BOTRYPUS. bot. F, Botrycbiix.

BOTRYS. bot. Elp. des genres Chénopode et Germandrée. On appelle aussi quelquefois Botrys du Mexique le Chenopodium Ambrosioides, L.

BOTRYTELLE. BotryteUa. bot. G. tellement remarquable par la singularité de sa fructification, qu'on ne conçoit guère comment un observateur aussi exact que Lyngbye ait pu regarder l’esp. qui lui sert de type comme une simple var. de l’un de ses Ecfocarpes. Les caractères des Botrytelles consistent en des filaments rameux. cylindriques, articulés, par sections transverses, ayant des entre-nœuds qui surpassent de beaucoup en longueur leur diaiftèfre, et qui sont quelquefois munis d’une seule macule de matière colorante; des gemmes externes, terminales ou latérales, scssiles ou substipitées, formées de corpuscules glomérulés et fort serrés, dépourvues d'enveloppe transparente el d’involucre. Nous citerons comme exemple du G. le BotryteUa mi cronora; Ectocarpus silicutosus ; B. l/ueformi s, Lyngb., Tent.. p. 136, pl. 34 D. Celte charmante pl. marine est remarquable par les petits gloinérules verts qui la caractérisent el qui, vus au microscope, ont l’aspect le plus élégant.

BOTRYT1S. bot. Ce G. tel que Persoon le définit dans 6a Mycologie européenne, renferme plusieurs G. établis par Linket par Nées, savoir : Cladobotryum , t’ injuria, Stachylidium , Ferticilium et Botrytis proprement dit. Cet auteur sépare au contraire, sous le nom de Spicularia, plusieurs des esp. qui entraient dans le G. Botrytis de son Synopsis Fungorum. En adoptant cette classification qui nous parait assez naturelle, le G. Botrytis est caractérisé ainsi : filaments droits, très-rameux; sporules distinctes et isolées les unes des autres, éparses ou rapprochées en vcrticilles nu en sorte de corymbes vers l'extrémité des filaments. Dans le G. Spicularia au contraire, les sporules sont réunies en petites grappes à l'extrémité des rameaux, la tige est presque simple, seulement divisée à son extrémité en quelques branches en ombelles. Celte division, quoique assez naturelle, a l'inconvénient de donner un nouveau nom aux esp. qui composaient primitivement le G. Botrytis, tel que Micheli (Nova Gênera , t. 91) l’avait établi. toutcsiesesp. placées parce fondateur, dans son G., rentrant dans les Spiculaircs de Persoon. D’un autre côté, le G. Botrytis, tel que Persoon le conserve, renferme presque toutes les esp. rapportées par les auteurs modernes.

Ce genre, tel que Persoon l’a admis dans sa Mycologie européenne, se compose d’une trentaine d'esp. toutes microscopiques, croissant la plupart sur les matières en fermentation, sur les substances pourries . ou sur le bois et les herbes mortes et humides; observées au microscope. elles forment de petits buissons très-rameux el de forme très variée, qui permettent d'y admettre trois sections. La première, ou celle des Botrytis proprement dits, renferme les esp. dont les rameaux sont étalés en corymbes ou en grapjws ; la seconde comprend les esp. dont les branches sont toutes redressées, roides et presque fostigiées; ce sont les Virgaria de Nées; la troi-

sième, qui correspond aux G. Stacldidium et Ferlicilium du même auteur, renferme les esp. dont les sporules sont disposées en verlicilles autour des rameaux. — On peut voir de très-bonnes figures de plusieurs esp. de ce G. dans Dittmar. Champignons de l'Allemagne, et dans Nées. Bulliard en a figuré deux esp. dans son Herbier de la France, pl. 584. fig. 0, 9.

BOTTATRIA. pois. S. de Gade Lotte.

BOTTO. pois. S. de Chabot.

ROTULE. Bolutn. pois. Cuvier, dans sa nouvelle édition du Itègne animal , a érigé en sous-genre et sous cette dénomination. Y Enckelyoptts barbatus, de Bloch, qui a six barbillons. la dorsale et l'anale unies avec la caudale en une seule nageoire, terminée en pointe. On ne connaît encore que cette llotule; elle est de la Martinique, et fait partie du grand G. Gade parmi les Ma* lacoptérygicns Suhrachiens.

BOTYS. Botys. iss. G. de l’ordre des Lépidoptères nocturnes, établi par Lalreille aux dépens des Phalènes géomètres el des Phalènes pyralesdc Linné; il fait partie de la fam. des Pyraliles de Duponcbel et a pour caractères • ailes entières, horizontales, formant avec le corps un triangle ou la figure d'un delta ; les quatre palpes découvertes ou apparentes, avancées en formede bec ; antennes ordinairement simples; une trompe distincte; chenilles A seize pattes, se logeant, pour la plupart, entre des feuilles qu'elles plient ou qu’elles entortillent, et dont elles se nourrissent. Les Botys sont des Lépidoptères plus remarquables à l'état de Chenille qu’à celui de Papillon. Iléaumur, Degéer, Geoffroy nous ont fait connaître les mœurs singulières de plusieurs d'entre eux : nous citerons ici les esp. qui nous paraissent les plus dignes d'attention.

Le B. Qumjvm, Phalène queue-jaune de Geoffroy, Phalœna urticata de Linné. Sa chenille plie les feuilles de l’Ortie, el reste neuf mois sous cette forme, dans l’espèce de coque qu’elle s'est construite; après quoi, elle se transforme en nymphe. — On trouve sur la même pl. \e Phalœna r erticalis de Linné, qui appartient aussi au G. Botys.

D'autres esp. fréquentent habituellement les lieux aquatiques à l'état de chenilles, vivent dans l'eau , et sont pourvues du même mode d’industrie que les précédentes. On les voit construire, avec les pl. qui leur servent de nourriture, des tuyaux dans lesquels elles subissent leurs métamorphoses.

Degéer (1ns., T. 1, pl. 37, fig. 2, 4, 12, 16, 17, 18) a représenté un Botys dont la larve également aquatique, se nourrit des feuilles du Stratiotes. Le Lépidoptère qui en provient est le Phalœna st rat iota, L. Cet auteur a décrit plusieurs Phalènes sous les noms de sulphu ralis, palealis, hybridalis, forflcalis, etc., qui appartiennent au G. Botys.

BOÜ. bot. S. vulg. de Figuier sauvage.

BOIJBIE. ois. F. Booby. Cuvier a formé sous ce nom un sous-genre des Fous.

BOL'BIL. ots. S. de Merle Baniahbou.

BOUBOU. Bubutus. ois. Ce G. nouveau, de l’ordre de Zygodaclyles, est dû aux nombreux démembrements qu’a éprouvés le G. Coucou; Lesson, en le créant, y a placé les Cuculus à bec arrondi, de la longueur de la tète,

peu ou point comprimé, à mandibule supérieure sc recourbant un peu en crochet à son extrémité; narines étroites, marginales et basales; scissure droite; ailes courtes, concaves, dépassant à peine le croupion ; tarses courts, épais, largement scutellés; doigls courts, fai blés, l'interne rudimentaire; ongles grêles; queue étagée et longue. Ce que l’on connaît des mœurs des Boubous tend à faire croire qu'elles diffèrent peu de celles des Coucous exotiques. Le nombre des esp. est jusqu’ici très-peu considérable, il se borne à deux.

B. d'Isidore. Ilubutus isidori. Less. Zool. du voyage de Bélanger, pl. 2. Mandibule supérieure verte, l'inférieure jaune; tour des yeux iiu et noirâtre ; parties supérieures d’un roux vif ; ailes d'un brun rougeâtre trèsfoncé; gorge d'un roux vif; abdomen et région anale d'un gris ardoisé; queue très-étagée, brune, rayée de noir en travers avec l’extrémité de chaque rectrice blanche. Taille douze pouces; on le trouve dans la presqu'île de l'Inde ainsi que dans plusieurs iles de son archipel.

B. de Du v a vcel. üubutus Ducaucclii, Less. Cuculu% sumatrensis, V. Bec jaune; léle d'un cendré blanchâtre; plumage gris-cendré; ailes rousses; abdomen et région anale d’un roux ocreux ; queue étagée, d'un roux vif. terminée par une bande noire, liserécde blanc. Même taille que l'autre esp. Cet oiseau sc trouve â Java et â Sumatra.

/ioubouesl aussi leuoin spécifique d'une Pie-Grièche Africaine. V. Pie-Grièche.

BOL BOUT ou BOULROUL. ois. S. vulg. de lluppe.

BOUC. mam. Mâle de la Chèvre.

BOl'C DES BOIS. V. Antilopb sylvatiqub.

BOUC. pois. S. vulg. de Gobie Boulcrot.

BOUCàGK. Pimpinella. bot. G. de la fam. des Ombellifères, Pent. digyn. Caractères : en général ni involucre ni involucelle; un calice terminé par un bord entier ; cinq pétales recourbés en cœur et â peu près égaux; deux stigmates globuleux; un fruit ovoïdeoblong, marqué de trois côtes longitudinales sur chacune de scs faces. Les feuilles sont ailées. Dans le/', disserta, elles sont toutes semblables, et leurs folioles présentent toutes des lobes profonds et presque linéaires. Les folioles des feuilles inférieures des P. Saxifraga et magna sont ovales ou arrondies, simplement dentées, et les feuillessu|»érieiires simples et linéairesdans le premier, pitmalifides ou incisées dans le second. Le P. dioica se distingue, rumine son nom l'indique, par la présence de sexes différents sur différents pieds. Outre les quatre esp. précédentes et qui sont indigènes, on en compte douze autres environ , originaires de diverses contrées, et parmi lesquelles nous indiquerons le P. Tragium, formant un G. à part dans quelques ouvrages, et offrant, ainsi que plusieurs autres, un fruit velu ; elle P. Anùutn, qui fournil les graines si connues et usitées sous le nom d'Anis, dont l'oinbcliulc est munie d'un involucelle monophylle, et d’après lequel un G. a été établi par Adanson et par Gartner.

IHK GARDE. MOLL. J''. Bl CARDE et COKt R-DK-BoLl r.

BOUCARD1TES. moll. On désignait sous ce nom. une foule de Moules ou noyaux de Coquilles bivalves, pétrifiés, de G. très-différents, surtout d’isocardes , de Bu-

cardos , d’Arches , etc. . dont les sommets sont écartés.

BOUCCANÈGRE. pois. S. de Pagel.

BOUCCO-ROUGE. pois. S. vulg. de Dentex Gros-œil.

BOUCHAGE, bot. Boîtage.

BOI CHAR1 oc POUCHARI. ois. S. vulg. de Pie-Grièche grise.

BOUCHE, zool. Orifice généralement antérieur, par lequel les Animaux prennent leur nourriture, et qui s'étend par un canal dans l'intérieur du corps où s'opère la nutrition ; ce qui est le contraire de la manière dont celte nutrition a lieu dans les Végétaux qui reçoivent leurs aliments par des pores extérieurs et nombreux. La Bouche varie prodigieusement dans les Animaux . et son appareil semble déterminer le mode d’existence de ceux-ci. Elle est toujours transversale chez les créatures d'ordres élevés dans l'échelle de l'organisation, c'est-à-dire dans les Animaux qui ont le sang rouge et un squelette articule osseux ; chez eux la mâchoire inférieure seule est réellement mobile, et la plupart ont des dents ou du moins les rudiments d'un système dentaire que Geoffroy de Saint-Hilaire a démontré exister jusque dans les Oiseaux. Le phénomène le plus extraordinaire que présente la Bouche dans les Animaux appartenant aux premières classes, est la métamorphose qu’elle subit dans les Batraciens où le Têtard présente une sorte de bec dans lequel existent, d abord à peine rudimenlairement. les pièces qui constituent la Bouche de l'Animal parfait. Chez les Mollusques, celle Bouche présente des variations étonnantes; il en est qui en ont plusieurs; quelques Infusoires en paraissent manquer. P. Aximal, Bec, Dexts, et Nltri-

TIOX.

— Dans les Aximal x articulés et â pieds articulés, les organes de la manducation offrent une telle variété de formes et de combinaisons, jouent un rôle si important dans leur économie et leurs habitudes, fournissent tant de secours à la méthode, que, pour développer ce sujet avec une étendue convenable, il est nécessaire de le détacher de l'article général dont il fait naturellement partie, celui d’ExTOMOLOGii. Quelques observations sur l’application du moL Bouche, sur la variété de composition de celle des Animaux précités, l’explication des différences principales qu’elle nous présente ou le tableau des modifications essentielles de son type organique. l’utilité de l’emploi de ces considérations, voilà ce que nous exposerons successivement dans cet article.

Relativement aux animaux pourvus d’une tète et particulièrement aux Vertébrés, il est évident que le mol Bouche s'applique toujours et exclusivement à un ensemble de parties situées extérieurement à l’entrée du canal intestinal et opérant directement la déglutition des substances alimentaires; mais lorsqu’il s'agit d’animaux acéphales ou dont la tête est très-imparfaite, comme des Annélides, des Vers et des Radiaires, cette application, quant à la correspondance des parties, n’est plus la même; car ici, tantôt le pharynx et ses bords, ou celle ouverture avec ses appendices, tantôt les parois internes de l’œsophage, ou bien les dents dont elles sont garnies et le suçoir rétractile qu’il renferme, ont reçu indistinctement le nom de Bouche. Ces pièces dures et internes du canal intestinal, et qui, dans

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les Crustacés décapodes, nous paraissent être représentées par les dents de leur estomac, ont quelquefois, comme dans les Néréides, été assimilées à des mâchoires. Les animaux désignés par Linné sous le nom d'insectes avant tous une tète, il ne peut y avoir d’équivoque à l'égard de l'acception du mot Bouche. Nous remarquerons cependant que le suçoir des larves des dernières fam. de Diptères étant entièrement intérieur, lorsqu'elles n'en font pas usage, ces animaux se rapprochent singulièrement, sous ce point de vue, des Vers intestinaux. Déjà même dans l’IIippohosquc du Mouton, en état parfait, la portion inférieure du suçoir est tout à fait cachée par la membrane fermant la cavité buccale, et cette membrane se prolonge jusque sur la poitrine. On sent que l’appareil masticatoire des Insectes doit être approprié à leur manière de vivre, à la nature de leurs aliments, et varier ainsi dans son mode déstructure. L’observation vient à l'appui de celte idée à priori , et il ne faut pas avoir un œil bien exercé pour découvrir qu’un Scarabée, qu’une Sauterelle, qu'une Abeille, qu'une Cigale, qu'une Mouche, etc., ont, sous ce rapport, une organisation très-différente, du moins quant aux formes et à la disjmsitinn de ses parties constitutives : aussi les traces des principales distinctions que l’on peut établir à cet égard existent-ellps dans les écrits des premiers naturalistes. Selon eux, plusieurs Insectes ont des dents, mais nullement semblables à celles des Animaux vertébrés; d’autres ont une sorte de langue, tantôt courte, tantôt allongée en manière de trompe; quelquefois même cette trompe est offensive, comme dans les Cousins, les Taons, etc. : on la compare alors à un aiguillon ou au dard de l'extrémité postérieure du corps des Abeilles, des Guêpes, etc. L’usage du microscope et le désir d’approfondir l'étude de l’organisation animale nous ont procuré, vers la fin du dix-septième siècle et au commencement du suivant, des connaissances détaillées et très-exactes sur la Bouche de divers Insectes; témoin les ouvrages de Leeuwenhoek, de Swammerdam, de Réaumur, etc. Scopoli et Degéer généralisèrent davantage ces observations, et le premier s’en servit même pour caractériser les G. de l’ordre des Hyménoptères et de celui des Diptères. Mais c’est à l’un des plus célèbres disciples de Linné, à Jean-Chrétien Fabricitis, que l’on doit la première théorie générale des organes de la manducation des Insectes, et son application à tout l’ensemble de l’entomologie. Nous allons exposer les fondements de son système, ou les bases sur lesquelles il repose.

• Les matières alimentaires de ces Animaux sont, ainsi que Lalreille l’a déjà dit ( Nouv. Dict. d'Hist. natur., seconde édit.), concrètes ou fluides; les instruments qui sont destinés à agir sur elles, pour le but de la nutrition, doivent donc être construits sur des modèles différents et appropriés à leur usage. Aussi, parmi les animaux dont nous traitons, les uns ont une Bouche qui, parla forme et la nature de ses organes, annonce au premier coup d’œil qu’ils déchirent ou broient les corps dont ils se nourrissent; et de là les noms de broyeurs ou de Ventes sous lesquels on les désigne. La Bouche des autres a tantôt la figure d’un tube ou d’un liée, et tantôt celle d'une trompe ou d’une sorte

de langue très déliée et roulée en spirale sur elle même. On conçoit que ce mode de structure ne peut convenir qu’à des animaux vivant de substances liquides, ou dont les parties ont peu d’adhérence entre elles; ce sont les Suceurs ou les Edentés. » Quelle que soit In composition de la Bouche, c’est toujours essentiellement à l’un de ces deux types que cette Bouche se rapporte. ou pour l’une de ces deux destinations qu’elle a été formée.

Jusqu’à l’époque (1814) où Savigny a publié le fruit de ses belles recherches sur l’analyse des parties de la Bouche des Condylopes ou des animaux articulés et à pieds articulés, aucun naturaliste n’avait essayé de montrer les relations de ces parties, d’en suivre les modifications et de les coordonner au même plan. Quelques-uns de ces organes n’avaient pas été observés avec assez d’exactitude; il en existait d’autres qu’on n’avait pas aperçus ou dont on n’avait point fait mention. On nous permettra ce|»endant de revendiquer l’idée de comparer les parties de la Bouche des Insectes suceurs avec celles de la Bouche des Insectes broyeurs, et celte justice nous a été rendue par Lainarck, dans son rap|»ort sur le travail de Savigny, ainsi qu’il résulte de la citation expresse de divers passages de nos écrits.

Savigny partage les Insectes en deux coupes : les Ilcxapoiles ou ceux qui n’ont que six pieds, et les Apiropoites ou ceux qui en ont un plus grand nombre. Suivant lui, la Bouche des derniers formerait deux types propres et distincts de celui de la Bouche des Hexapodes. Ne nous occupons d’abord que de celle des Hexapodes polymorphes ou subissant des métamorphoses, c’est-à-dire des Insectes proprement dits, d’après la méthode de Lamarck, et considérons cette Bouche d’abord dans les Insectes broyeurs. Lite se compose, 1° de deux lèvres opposées; l’une supérieure, fixée horizontalement au bord antérieur de la tête, et l’autre inférieure, fermant en dessous la cavité buccale ; 2° de quatre autres pièces mobiles et opposées par paires, et formant des sortes de mâchoires. Les deux supérieures sont insérées sur les côtés de la tête, souvent recouvertes en partie par la lèvre supérieure, d une seule pièce ou sans articulations, ordinairement très-dures et cornées, parfaitement transverses, dépourvues de tout appendice articulé, et ressemblant à une dent forte, qui, par la diversité de ses formes et des dentelures, représente celles que, dans les Animaux vertébrés, on a désignées sous les noms de laniaires, d’incisives et de molaires. Les deux autres mâchoires naissent de la partie inférieure et interne de la cavité buccale, près de l’origine de la lèvre inférieure, et adhèrent à leurs points d’insertion avec les côtés de la portion membraneuse, revêtant sa face interne ou celle que l’on nomme ordinairement antérieure. Elle* se dirigent d’abord obliquement et en arriére, puis présentent une articulation et un coude; remontent ensuite longitudinalement, mais en se rapprochant l’une de l’autre ou en convergeant; offrent près du bout et sur son côté extérieur un petit filet articulé, appelé palpe ou antennule, et se terminent ordinairement par une portion plus membraneuse, distinguée de la tige par une articulation et souvent garnie de poils et de cils ; très-souvent encore la même

extrémité fait antérieurement une saillie en manière de lobe aigu ou de dent. Dans plusieurs même, comme dans les Coléoptères carnassiers, les Orthoptères, les Termès, etc., cette portion terminale et interne de In mâchoire s’assimile, à raison de sa consistance écailleuse, de sa grandeur, du crochet et de l'onglet de son extrémité, et quelquefois même de ses dentelures, aux mâchoires précédentes; alors la pièce terminale extérieure prend une forme particulière: tantôt, ainsi que dans les Orthoptères, elle s’est agrandie, et voûtée inférieurement elle devrent pour l’autre une sortede demigaine, en forme de petit casque ou de galète, galea ; tantôt, comme dans les Coléoptères carnassiers, elle est transformée en une palpe très-courte, de deux articles, et couchée sur le dos du sommet de la mâchoire; diverses sutures ou impressions semblent indiquer que ces mâchoires sont une réunion de plusieurs pièces intimement réunies. Ces caractères les distinguent éminemment des mâchoires supérieures, et l’on est convenu d’appcier celles-ci mandibules, mamlibula. Lorsqu'il y a deux palpes, l'une est la palpe maxillaire extérieure, et l'autre la palpe maxillaire interne. La lèvre supérieurc consiste simplement en une pièce plate, le plus souvent coriace ou presque membraneuse, ordinairement extérieure ou découverte, carrée ou demi-circulaire; soit entière, soit échancrée ou bifide, et tenant au bord antérieur de la tète, au moyen d’une très-courte articulation. Depuis Kahricius, on la distingue par la dénomination de labre, labram. Mais la lèvre inférieure. ou plus simplement la lèvre, labium , glossarium y est bien autrement composée; elle représente en quelque sorte deux des mâchoires précédentes, mais réunies, par leur côté interne, avec des proportions plus courtes et plus larges, portant deux palpes plus petites que les maxillaires, et souvent recouvertes en grande partie par une dilatation, en forme de bouclier, de la portion coriace ou cornée et antérieure de la base, partie que nous avions d'abord distinguée sous le nom de ganache, mais que l'on appelle aujourd'hui menton. menlum ( labium , Fabricius). La portion découverte de la lèvre, ou celle qui dépasse son support, forme la languette, ligula. Dans un très grand nombre d'insectes broyeurs, à chaque côté antérieur de cette languette est adossée une petite pièce en manière de support ou d'article, prenant naissance un peu au-dessus du pharynx, et terminée par un appendice saillant, ordinairement rétréci en pointe, et formant une sorte d'oreillette : ce sout les paraglosses, paraglossa , de quelques auteurs, et qui, selon nous, paraissent représenter la langue des Vertébrés. Les palpes sont insérées sur les côtés antérieurs de la languette, et distinguées des autres par la dénomination de labiales. Elles n'ont jamais plus de quatre articles, tandis que les maxillaires extérieures en ont communément quatre à six. Dans quelques insectes, tels que les Orthoptères, les Libellules, la portion membraneuse, qui garnit la face antérieure ou interne de la languette, est épaissie et dilatée près de son milieu, sous la forme d’une petite langue ou de palais, et divisée souvent dans son milieu par un sillon. Celte langue tient probablement lieu des paraglosses; car alors ces dernières parties manquent ou du moins

sont méconnaissables. Immédiatement â la racine antérieure de la languette et un peu plus bas que l'entredeux des mandibules, est situé le pharynx. Dans plusieurs Hyménoptères, celle entrée de l'œsophage s’ouvre et se ferme ail moyeu d'un ap|>ciidice, déjà observé par Réaumur relativement aux Bourdons, que nous avions aussi remarqué dans les Guêpes, en le prenant pour le labre ( Gener . Crust. et /nsec/.), auquel Sa vigny a depuis donné une attention particulière, et qu’il nomme épi pharynx ou épiglotte, inaiÿ qu’il serait plus simple d'appeler tous labre, parce qu'il est inséré sous le bord antérieur et supérieur de la tête, immédiatement après l'origine du labre. Il est formé de deux pièces aplaties, entièrement ou en grande partie membraneuses, appliquées lune sur l'autre, triangulaires, et dont la supérieure plus avancée et carénée longitudinalement au milieu de sa face inférieure, se termine en pointe recourbée, ou bien, comme dans les Guêpes, en manière de languette coriace et velue sur ses bords. Ici même, immédiatement au-dessous de l'autre pièce, l'on en aperçoit une autre, mais très-courte, en forme de lame coriace, transverse et linéaire; mais ce n’est peut-être qu’un renforcement de la base de la pièce précédente. Il serait étrange que l'épipharynx fût exclusivement propre à ces Hyménoptères ; nous présumons dès Iws que dans les autres insectes broyeurs, notamment les Coléoptères, il est représenté par la membrane qui revêt la portion correspondante de la tête. Suivant Savigny. dans quelques genres, principalement les Kucères, le bord inférieur du pharynx produit un autre ap|x*ndiccplus solide que le précédent, s'emboîtant avec lui, et qu’il désigne sous le nom de langue ou A'hypopharynx. Il est possible que ce soit la pièce inférieure de l'épipharynx; mais ce profond observateur n’étant enlré, à cet égard, dans aucun détail, et n'ayant point figuré ces parties, du moins quant aux Hyménoptères, nous ne pouvons rien affirmer de positif. Si notre application à l'égard de l’hypopharynx est juste, celte pièce serait située en avant du pharynx et lui formerait comme une sorte de second opercule; mais alors elle ne répondrait plus à la pièce que cet auteur désigne de la même manière dans l’explication des figures de son Mémoire, relatives â quelques Hémiptères cl à line espèce de Diptère du genre des Taons, puisqu'elle est insérée en arrière du pharynx. Nous croirons plutôt que celle-ci est l'analogue des paraglosses. et avec d'autant plus de vraisemblance que. dans les Cigales, ce prétendu hypo* pharynx est composé de deux pièces longues, subulées, contiguës et presque semblables aux paraglosses d’un grand nombre d'Hyinénoplères; peut-être encore remplacerait-elle celte partie en forme de langue, propre aux Orthoptères et à d'autres insectes, et dont nous avons parlé plus haut. Telles sont les parties qui composent la Bouche des insectes broyeurs, sans en exclure même les Hyménoptères. Ouoique ces derniers s’éloignent des autres par l'allongement de leurs mâchoires et de leur lèvre inférieure, la forme valvulaire de ces mâchoires, leur appareil masticatoire ne diffère pas néanmoins essentiellement de celui des autres insectes broyeurs. Jusqu'à cequeSavigny nous en ait fourni la preuve, nous ne pouvons admettre avec lui que l'un des

caractère* principaux de* Hyménoptères est de ne pa* avoir de menton proprement dit. Ces Insectes néanmoins s'éloignent déjà notamment des Broyeurs, en ce que leurs mâchoires engainant longitudinalement les côtés de la lèvre, ces parties sont réunies en un faisceau et composent ainsi un corps tubulaire ou une trompe, promuacia , servant de suçoir, puisque les substances alimentaires, ordinairement molles ou liquides, passent entre les mâchoires cl la lèvre , et arrivent au pharynx par la pression qu'exercent successivement sur celte dernière pièce les deux autres : aussi ce* Insectes sont-ils «les demi-Suceurs. Plusieurs Coléoptères, il est vrai, tels que les Bhinchophores et les Panorpates parmi les Névroptèrcs, ont aussi une sorte de trompe (promuseau. prorosfrum) ; mais elle n’est formée que par un prolongement de la partie antérieure de la tète, et les organes de la manducation, situés au bout, ne diffèrent point, quant à leur structure et leur disposition, de ceux des autres Insectes broyeurs ; ils sont seulement. proportions gardées, beaucoup plus petits. Nous ajouterons que la lèvre inférieure des Hyménoptères est généralement mobile dès sa base, ainsi que la pièce correspondante de la bouche des Suceurs.

Nous venons de voir que, dans les Hyménoptères, les tnâchnires et la lèvre, réunies longitudinalement en manière de faisceau, forment une trompe mobile à son origine, ayant au centre de celte base le pharynx. Un rapprochement semblable et une disposition pareillement tubuleuse des parties de la bouche, ou de quelques-unes d’entre elles, caractérisent aussi les Insectes suceurs. Mais ici les organes de la manducation semblent. au premier aperçu, n’avoir avec les précédents que des rapports très-éloignés ou même en différer totalement. Les parties que l’on prend pour les analogues des mâchoires, souvent même celles qui représentent les mandibules, sont fixes rt immobiles, soit entièrement, soit vers leur hase (jusqu’à l'origine des palpes â l’égard des mâchoires), et lorsque l’autre partie ou la terminale est mobile, celle-ci est longue, étroite, linéaire, soit en forme de fil ou de soie, soit en forme de lame écailleuse, lancéolée ou subulée. propre à piquer, et imitant ainsi un dard ou une lame de lancette. Le pharynx est le point central autour duquel les portions terminales et mobiles de ces organes se rapprochent en manière de tube, et où commence leur jeu. Tantôt • la lèvre inférieure, réunie avec la portion inférieure des mâchoires et fixe comme elle, ferme In cavité buccale, et les mâchoires constituent alors une sorte de langue roulée en spirale. Tantôt elle se prolonge beaucoup et se convertit en un tube articulé ou en une trompe coudée et terminée ordinairement par deux lèvres susceptibles de se dilater. Ici. dans l'un et l'autre cas. elle sert de gaine à des pièces toujours écailleuses et forantes. en forme de soie ou de lancette, représentant d'autres parties de la Bouche, souvent même le labre. Quelquefois celte gaine (Pulex) est bivalve, mais, en général, elle est d'une seule pièce, repliée latéralement pour former un tube ouvert en dessus et jusque près du bout; c'cst dansce canal longitudinal . dans cette gouttière, que sont logées les pièces précédentes, composant par leur ensem le un tuçoir (haustellum). Ici les palpes ont

disparu ; là on n’en voit que deux; lorsqu'il y en a quatre, deux d’entre elles, ou les maxillaires.sont très petites et souvent à peinedislinctes. Quelquefois encore, comme dans les Diptères pupipares. la lèvre inférieure n’existe plus ou n’est que rudimentaire, et les palpes deviennent la gaine du suçoir. Cette dernière dénomination, ainsi que celle de suceurs, sont, ainsi qne le remarque judicieusement Lamarck, très-impropres, puisque ces Animaux n'aspirent point le* sucs fluides et nutritifs, en formant un vide; mais qu’ils les font remonter successivement à l’entrée de l’œsophage, en rapprochant graduellement le* unes des autres, et de manière à laisser entre elles le moindre vide possible, les pièces du suçoir, à commencer par son extrémité inférieure. C’est ainsi, par exemple, qu’une matière contenue dans un vase élastique, conique ou cylindrique, en serait expulsée, si l’on comprimait successivement ce vase de bas en haut ou du fond à l’ouverture.

Concluons de ces observations que le suçoir est nu ou à découvert dans les uns, et caché et engainé dans les autres. Pour exemple du premier de ces cas. nous citerons les Lépidoptères, et quant au 6ecoud. les Hémiptères, les Diptères et nos Insectes suceurs proprement dits, ou le G. Pulex. De tous ces Insectes, les premiers nu les Lépidoptères sont ceux dont la Bouche s'éloigne le moins du type de celle des Insectes broyeurs, et dans un ordre naturel, ils doivent, sous ce rapport, venir immédiatement après les Hyménoptères. Elle se compose en effet, ta d’un labre et de deux mandibules extrêmement petites ; 3° d’une trompe roulée en spirale, considérée mal à propos comme une langue, offrant h l’intérieur et dans toute sa longueur trois canaux, mais dont celui du milieu sert seul à l’écoulement des matières alimentaires, et formée de deux corps linéaires ou filiformes, entourant à leur origine et immédiatement au-dessous du labre le pharynx, repré sentant, mais sous d'autres formes et d'autres proportions, la portion terminale des mâchoires, à partir depuis les palpes, réunis, fisluleux, creusés en gouttière profonde, au côté interne, et portant chacun une palpe, ordinairement très-petite et tuherculi forme; 3° d’une lèvre inférieure, presque triangulaire, immobile, réunie, ainsi qu'il est dit plus haut, avec la portion inférieure des mâchoires ou du support des filets de la trompe, et portant deux palpes triarticulées, très-garnies d'éraillcs ou de poils, s'élevant de chaque côléde la trompe et lui formant ainsi une sorte de gaine. Le canal intermédiaire de la trompe est produit par la réunion des gouttières de la face iuterne des filets, y. les Mémoires de Réaumur.

Personne, jusqu’à Savigny. n’avait bien fait connaître ces détails d’organisation, et l’on s’était presque borné à l'examen général de la trompe.

Celle des Hémiptères a reçu de Pabricius le nom de roalruM, qu'OIivier a rendu dans notre langue par celui de bec. Une lame plus ou moins linéaire, coriace, divisée en trois à quatre articles, roulée sur se* bords pour former un corps tubulaire, cylindrique ou conique, toujours dirigée inférieurement dans l’inaction, ayant le long du milieu de sa face supérieure ou antérieure un canal formé par le vide que laissent les bords

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