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latéraux au point de leur rapprochement; un suçoir, composé de quatre filets très-grêles ou capillaires, cornés, flexibles et élastiques, disposés par paires, mais rassemblés eu faisceau et dont les deux inférieurs réunis en un, à peu de distance de leur origine; une petite pièce en forme de languette triangulaire, ordinairement dentée au bout, plutôt coriace ou presque membraneuse que de consistance d'écaille, recouvrant, par derrière ou du coté du corps tubulaire, la base du suçoir, et renfermée, avec lui, dans la rainure de ce corps engainant; une autre pièce de la consistance de la précédente. répondant, par son insertion et la place qu'elle occupe, à la lèvre supérieure, couvrant en dessus la base du suçoir, le plus souvent renfermé aussi dans la gaine, en forme de triangle plus ou moins allongé : telles sont les parties qui composent le bec des Uémiplères. L'impaire supérieure est l'analogue du labre, et nous a paru, du moins par rapport au* Cigales. recouvrir la base d'une autre pièce plus allongée, terminée aussi en pointe ; celle-ci répondrait dès lors àl'épipharynx. L'autre pièce impaire, mais opposée, protégeant par derrière la naissance du suçoir, et située immédiatement derrière le pharynx, représente, selon Savignv, la langue ou l'hypopharynx. Les deux soies supérieures du suçoir, ou les plus extérieures, remplacent les mandibules, et les deux autres les mâchoires. Knfin, leur gaine tubulaire s'assimile â la lèvre inférieure, même quant à ses articulations. Quelquefois celle gaine est bifide, comme dans les Thrips, et quelquefois même divisée en deux laines, ainsi que dans les Puces. Les premiers de ces Hémiptères sont les seuls où nous ayons découvert des palpes. Les parties que Savigny prend pour telles dans Vl/epa neptunia, ne sont peut-être que les rudiments d’un article de la gaine. Germar admet quatre palpes dans un nouveau G. de la fam. des Cicadaires, qu’il nomme Cobas. Mais Kirby, quia publié, dans ie même temps, une autre coupe générique, celle d'O/iocère, offrant des parties semblables, ne considère point ces parties comme des palpes, mais comme de simples appendices accompagnant les antennes.
La Bouche des Diptères, tels que le Cousin, le Taon, la Mouche domestique, a les plus grands rapports avec celle des Insectes précédents. L'ensemble de ses pièces forme ce qu'on appelle la trompe ( proboscis ). Distinguons également ici le suçoir de sa gaine , et quelle que soit la consistance et la forme de ce fourreau, conservons-lui la même dénomination, sans nous laisser imposer par l'autorité de Fabricius et de quelques autres naturalistes, qui, lorsqu'elle est plus ferme, plus roide, conique ou cylindrique, sans empâtement remarquable au bout, l'appellent suçoir, hauatellutn; tandis qu'ils désignent exclusivement ainsi l'ensemble des pièces qu'elle contient, lorsqu'elle est membraneuse, rétractile et bilahiée. Elle se divise en trois par tics principales : 1° le support , distingué de la suivante par un coude, et souvent par un petit article géniculaire. mais que nous réunissons avec le support; 2° la tige ; 3° le sommet ou la télé, formé par deux lèvres, tantôt membraneuses, grandes, vésiculeuses, dilatables, striées, offrant au microscope un très-grand nombre de ramifications de trachées; tantôt coriaces, soit
petites et peu distinctes de la lige, soit grêles, allongées et formant un article plus distinct, presque aussi long même que la division précédente (Myope). Le support est remarquable en ce qu'il est le résultat du prolongement de la membrane cutanée de la partie antérieure cl supérieure de la tête ou de l’épistome, réunie avec les parties analogues au labre, aux mandibules, aux mâchoires et â la portion inférieure de la lèvre jusqu'au menton inclusivement. Ces caractères distinguent particulièrement les Insectes de cet ordre, de ceux de l'ordre des Hémiptères. On voit d’ailleurs que eclte gaine est construite sur le plan de celle des derniers. Le milieu de la face supérieure de la lige présente aussi une gouttière recevant le suçoir. Le nombre des pièces de ce suçoir varie selon une progression arithmétique de trois ternies, et dont la différence est toujours de deux : 2, 4.0; mais, dans tous les cas, il y en a toujours deux d'impaires : l’une supérieure et représentant le labre, l'autre inférieure, placée derrière le pharynx, et l'analogue de la langue ou de l'hypophatynx. Ici, ou dans les Diptères, ainsi que dans nos Suceurs (Pûtes), cette soie est toujours écailleuse, forante, et contribue, au moins autant que les autres, aux actes de la nutrition; mais il n'en est pas ainsi dans les Hémiptères, et voilà une nouvelle considération qui sépare ces Insectes des précédents. Les parties représentant les mâchoiresexistent toujours, et souvent même sont accompagnées chacune d'une palpe; mais ces mâchoires sont soudées ax'ec le support, et ne sont bien distinctes que lorsque leur portion apicale devient mobile, s'allonge et présente la forme d'une soie ou d'une lancette cornée : c'est ce qui a lieu toutes les fois que le suçoir est de quatre ou six pièces. Dans cette dernière circonstance, deux d'entre elles représentent les mandibules; dans l’autre, ou si le suçoir n'est composé que de quatre soies, les deux soies précédentes manquent ou ne sont au plus que rudimentaires. Quelquefois aussi le labre, presque toujours voûté et assez grand , semble offrir les vestiges d’une autre pièce : celle-ci deviendrait pour lors t'épipharynx. Quelquefois encore le support est très-court, et, dans ce cas, les pièces du suçoir sortent de la cavité buccale, et les palpes ( maxillaires) sont insérées sur lescôlés. Les Diptères pupipares ou les Hippobosques diffèrent de tous les autres par l'absence de la gaine; les palpes, sous la forme de deux lames allongées, coriaces, s'avançant parallèlement et recouvrant le suçoir, en tiennent lieu.
D'après ces observations dues à Latreille, et celles de Savigny, de Leclerc de Laval et de Nitzsch, relatives aux Ricins, la bouche des Insectes hexapodes homolènes, ou ne subissant pas de métamorphoses, serait assujettie au même plan d'organisation que celle des Insectes polymorphes. Dans les Poux proprement dits, les seuls Suceurs connus de celle division, la trompe ( rostcüum ) consisterait en un petit tube inarticulé, renfermant le suçoir, et se retirant à volonté dans l'intérieur d'un avancement en forme du museau de la partie antérieure de la télé. Mais en général, l’organisation buccale de ces Insectes parasites sollicite un nouvel examen et de bonnes figures de détails. Les Ricins , quoique pourvus de mandibules, de mâchoires
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efd’une lèvre inférieure, ont ce* partie» très-concentrées, à l’inst.ir des Insectes suceurs; le labre fait l'office de ventouse , caractère unique dans celte classe d’Animaux, et qui semble, de concours avec d'autres, indiquer un type particulier.
Telles sont les modifications principales qu’offrent les organes masticatoires des Insectes hexapodes. Suivant Marcel de .Serres, les appendices qu'on nomme palpes ou anlennules jouiraient, du moins dans les Orthoptères, d'une propriété particulière, celle d'étre te siège de l’odorat. D'autres, comme Lamarck. ont soupçonné qu’ils pourraient être l'organe du goût. Il semble d'abord que ces opinions sont fausses relativement à un grand nombre d'animaux de cette classe, ceux où les palpes sont nulle*, ou très petites, et fort peu développées; mais il faut convenir que ces |irésomptions peuvent être fondées par rapport h quelques autres Insectes. Ainsi dans les Coléoptères de la sous-famille des Limebois, les palpes inaxillaires des mâles sont laciriées ou peclinées ainsi que certaines antennes. Dans plusieurs autres, le dernier article des palpes ou de quelques-unes d'entre elles est très-dilatéet terminé par une substance pulpeuse ; peut-être même que les lèvres de l'extrémité de la trompe de plusieurs Diptères ont quelque propriété de cette nature. Roffredi (Mém. de l'Acad. de Turin) a vu dans ces lèvres un épanouissement de trachées très- remarquable.
Si, avec feu Jurine et Kirby. l'on admet que des Insectes très-singuliers et désignés par celui-ci sous le nom de Strepsitères, ont de véritables mandibules, ces animaux devront être associés aux broyeurs. Mais comme dans les Insectes imparfaits, ainsi quedansle* précédents, sous le rapport des organes manducatoires, les mandibules ont disparu ou sont oblitérées, nous soupçonnons que les parties considérées comme telles dans les Strepsitères. sont plutôt maxillaires, et leur bouche aurait dès lors plus d'affinité avec celle des Lépidoptères qu’avec celle des Insectes broyeurs.
Exposons maintenant la composition de la bouche des Crustacés et des Arachnides ou des Insectes Apiropodes de Savigny.
La bouche des Crustacés décapodes est composée d'un labre, de deux mandibules portant chacune sur le dos une palpe de trois articles, d'une langue bilobée, insérée près du pharynx* cl de cinq paires de pièces, appelées mâchoires par Savigny, disposées sur deux rangs longitudinaux, mais dont les trois dernières et surtout la quatrième et la cinquième sont articulées en manière de pattes ( barbillons ou petits bras de quelques auteurs). et ont à leur base extérieure un appendice sétacé, représentant une palpe ou une petite antenne, portée sur un long pédoncule : c’est la jtalpe en forme de fouet (palpus flagelliformis) de Fabricius, ou le flagre du naturaliste précédent. Les quatre mâchoires postérieures dépendent du thorax, et portent des branchies, ainsi que les pieds thoraciques , mais moins développées que celles de ces derniers organes. Savigny désigne les trois dernière* paire*de mâchoires par l’épithète d’auxiliaires : ce sont pour nous (Lalrcille) des pieilsmAchoires. Les quatre pièces supérieures seront des mâchoires proprement dites.
Nou* retroisverons. a quelques modifications près, la même composition buccale dans les Crustacés stoinapodes. amphipodes et isopodes. Ici les mâchoires auxiliaires, ou du moins celles des deux dernières paires, ressemblent tout à fait à des pieds, ou font même l'office de serres. Le» mandibules des Isopodes n’offrent plus de palpes. Dans quelques-uns, comme les t'yamcs, les deux paires de mâchoires proprement dites sont réunies sur un plan transversal, et imitent line sorte de lèvre inférieure. Ce caractère est commun aux Insectes myriapodes qui. sous la considération des organes manducatoires, ont une grande affinité avec les Crustacé* précédents. Leurs premiers pieds-mâchoires ou leurs palpes, et ceux de la paire suivante, tantôt sous la forme de véritables pieds ( Chilognathes ), tantôt sous celle d’une lèvre inférieure armée de deux crochets (Chilopotles), sont réunis à leur base, dans toute la longueur de leur premier article, de manière à former une sorte de lèvre auxiliaire. Savigny emploie uniquement cette expression à l'égard des Scolopendres ou des Chilopodes. parce qu'ici les pieds-mâchoires ont moins de ressemblance avec les pieds propres. Tous les Myriapodes sont encore, suivant lui, privés de langue, et quelquesuns, tels que les Scolopendres, ont une sorte de palpe ou d'appendice articulé aux mandibules.
Parmi les Crustacés hranchiopodes, les uns ont un labre, des mandibules cl des mâchoires situés comme de coutume; d'autres ont une sorte de hcc ou de rostre inarticulé; enfin les derniers, tels que les Limules, n'offrent ni mandibules, ni mâchoires, ni bec; mais, ainsique dans plusieurs Arachnides, l'article radical de leurs pieds devient un organe maxillaire. D'après les belles observations de Strauss et d’Adolphe Brongniart sur divers Crustacés hranchiopodes à mâchoires, leur appareil manducatoire n'est point composé numériquement des mêmes pièces que celui des Crustacés des ordres précédents. Les premiers pieds-mâchoires n’en font point partie, et ne recouvrent point les organes supérieurs, en manière de lèvre. Quant au bec ou rostre des Branchiopodes suceurs, formant une seconde division, il est probablement formé de parties analogues à celles qui composent la bouche des Branchiopodes précédents. Savigny suppose que, dans les Caliges, les pièces représentant les mandibules n’existent point. Un labre prolongé, engainant un suçoir de deux à trois soies, parait constituer le bec des Pandares. A en juger d'après tes Argules, si bien décrits par Jurine fils, ce bec renfermerait un suçoir rétractile. Mais si les Pycnogonidcs sont de véritables Crustacés, leur bec ou leur siphon ($iphunculusr cl de même dans la classe des Arachnides), antérieur et avancé, et non inférieur, ainsi que celui des précédents, semblerait être formé de pièces disposées circulairement et soudées les unes avec les autres. Les Limules branchiopodes formant, sous le rapport des organes masticatoires, une troisième division dans cet ordre, se rapprochent à cet égard, ainsi que nous l'avons remarqué plus haut, des Arachnides, et doivent être rapportés au même type. Or, suivant Savigny. on peut comparer une Arachnide à un Crabe dont on aurait retranché les antennes, les mandibules, les quatre mâchoires, les premières raâ-
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t boires auxiliaires ou le* deux premier# pied# -mâchoire* «upérieur*. et le* pince* ou le* premier* pied# thoracique*. Il distingue par le* dénominations défaussés mandibules ou de mandibules succédanées, le* pièce* de la bouche des Arachnide*, appelées jusqu'alors mandibule*. Ces mêmes distinctions de succédanées, de fausses, sont aussi donnée* par lui aux partie* nommées mâchoires, et qui «ont formée* par l’article radical (la hanche) des palpe*, ou celui encore, ainsi que dans les Phalangium ou Faucheur*, des pieds. Le* mâchoire* formées de celle manière-ci. «ont censée* surnuméraires, tandis que les deux premières ou celles qui produisent le* palpes sont principale*; mais pour simplifier. on peut se contenter de le» désigner numériquement, selon leur ordre de succession, premières mâchoires, secondes mâchoires, etc. Nous les avons distinguées de celle* des insecte* par la dénomination adjective de sciatiques ou coxales. Dansdiverse* Arachnides munies de mandibule* ( Galéodes , Scorpions, Faucheurs, Mygales, etc.), on voit au-dessous de ces organes une saillie finissant en pointe , que Savigny nomme langue sternale, et qu’il ne faut pas confondre avec cet avancement pectoral, semblable à une lèvre et désigné même ainsi, que l’on observe dans les Aranéïdes, les Thélj phones, et qui, dans le* lxodes, forme la laine inférieure de leur suçoir. Ce naturaliste a découvert de chaque côté de celte langue sternale, un trou presque imperceptible, destiné au passage des aliments Ce double Pharynx paraîtrait, selon lui, propre aux Arachnides. Sans contester la véracité de ce» faits, nous croyons avoir observé que le pharynx consiste, ainsi que de coutume, en une seule ouverture située plus bas et immédiatement au-devani de la lèvre, qui devient ainsi une espèce de langue (Glossoules). On a d’ailleurs reconnu dans des excréments d’ Araignées de* parcelles de cadavres d’insectes dont elles s’étaient nourries, et il est difficile de croire que ces fragments eussent pu passer par ce» trous presque imperceptibles, situés sur les côtés de la langue sternale.
Mais l'hypothèse si extraordinaire de Savigny à l’égard des Arachnides est-elle fondée? la bouche de ces animaux, ainsi que celle de tous les autres composant la classe des Insectes de Linné, dériveraient-elles. quant à leurs principes élémentaires, d’un type unique et simplement modifié? C’est ce que nous pensons.
Observons d’abord, 1° que l’absence des antennes serait, relativement aux Arachnides, une anomalie fort étrange ; lJt° que la forme et les usages de ces organes varient, et que, dans plusieurs Crustacés, ils servent de pieds, de serres, de main*, et quelquefois même de ventouses (Panda res); 5° que. comme nous l'avons vu, la nature se borne à supprimer, dans quelques circonstances, les mandibules, les mâchoires et les palpes; 4° que lorsqu'elle retranche ou augmente le nombre des pieds, ou qu'elle affaiblit ces organes, c'est toujours à partir de l'extrémité postérieure du (borax qu’elle commence, ainsi que nous le montrent les Arachnides mêmes, puisque dans quelques-unes les deux pieds |mwtéricurs n’existent plus, et que ces espèces sont hexapodes; 5 ° que dans plusieurs Crustacés décapodes, le second article des derniers pieds-mâchoires fait beau-
coup plus l’office de mâchoires que leur# mâchoires proprement dites; Ce» que les secondes mâchoires de plusieurs Branchiopodes sont transformées en palpes ou deviennent même des pieds. Cela posé, l'organisation des Arachnides s’explique facilement et rentre dans les lois ordinaires. Les antennes (les fausses mandibules de Savigny), et les mêmes que les deux intermédiaires des Crustacés, sont transformées en organes prenants, font partie de la bouche, et. à raison de res usages et de leur situation . remplacent les mandibules. Les mâchoires supérieures manquent. Cependant dans quelques Arachnides pourvues d'une langue sternale, notamment les Galéodes, on découvre, immédiatement au-dessous d'elle et sur une sorte de palais, des appendices ou des éminences qui semblent avoir de l’analogie avec quelques-unes des pièces précédentes ou avec l'épipharynx. Car. d'après une élude suivie de ces animaux et particulièrement des Faucheurs, la langue sternale est une espèce de labre, et le chaperon ou l'épistome même, quoique très-petit, est bien prononcé dans ces dernières Arachnides. Qu'il qu'il en soit, ce* mandibules, les secondes mâchoires converties en palpes. les fausses mâchoires ou celles que nous avons nommées sciatiques ou corales, et qui sont formées par le premier article des palpes et celui des pieds suivants, le labre, la lèvre et les appendices dont nous venons de parler, composent, en tout ou en partie, l'appareil masticatoire.
Les deux ap|>cndices articulés ou les palpes répondent aux secondes mâchoires des Cyclopes. aux deux pieds antérieurs des Limnadics, etc. Les six pieds suivants représentent les six pieds mâchoires des Crustacés, et le nombre des pieds proprement dits n’est plus que de deux. Ainsi donc, sous le rapport des organes inanducatoires, les Arachnides sont peu éloignées de divers Crustacés. La bouche des Insectes hexapodes broyeurs présente les mêmes analogies; mais, pour s'en convaincre, il faut étudier cette organisation dans les Myriapodes ou Millcpieds. Animaux qui semblent faire le passage des Crustacés à ces Insectes hexapodes. On voit que les secondes mâchoires se trouvent maintenant entre les deux premières, et forment immédiatement derrière le pharynx, une sorte de langue ou de lèvre ; que dans les Scolopendres, dernière famille de cet ordre, les premiers pieds-mâchoires ou les palpes sont soudé* avec les parties précédentes; que les deux pieds-mâchoires suivants forment une sorte de lèvre inférieure, et que le segment auquel il est annexé est très-petit et parait déjà se réunir avec la lèvre; enfin, que les deux autres ont la forme de véritables pieds, et sont portés sur un segment très-distinct. D’après ce* faits et en adoptant relativement aux Myriajiodes, les désignations de Savigny . nous avons émis et développé (Mém. du Mus. d'hist. nal.) l'opinion suivante. Nous pouvons supposer un nouvel ordre d'organisation plus éloigné encore des Crustacés que celui que nous présentent le» Myriapodes; alors les deux mâchoires supérieures de çes Animaux seront réunies avec les deux premiers pieds-mâchoires, et deviendront des lobes maxillaires internes; le segment portant les seconds pieds-mâchoires sera soudé ou confondu avec la partie inférieure de
la tête, et ces pieds-mâchoires, réunis à leur base, composeront la lèvre inférieure ; leur premier article agrandi, ainsi que dans les pieds-mâchoires correspondants des Scolopendres, et semblable encore, par la confusion des deux articles en un, à un bouclier ou une sorte de lèvre, formera le menton ; un appendice terminant ce menton deviendra la languette ou Indivision intermédiaire lorsqu’elle est tritîde ; les pièces que nous avions désignées sous la dénomination de secondes mâchoires seront maintenant des paraglosscs, qui, adossées aux côtés antérieurs ou internes du menton , lui formeront des ap|>endice8 latéraux. Dans les larves des grands Dytiques, les pal|>es maxillaires extérieures sont composées de sept articles, et les labiales de cinq, non compris le menton, bous pourrions confirmer ces rapprochements par d'autres comparaisons, et notamment quant â la lèvre inférieure, par l'exemple des Libellules. Dès lors, les deux pieds antérieurs des Insectes hexapodes représenteront, de même que dans les Myriapodes, les deux derniers pieds mâchoires, et le nombre des pieds proprement dits sera de quatre.
Si la gaine du suçoir des Hémiptères répond, comme on n’en peut guère douter, à la lèvre inférieure des Insectes broyeurs, on sera convaincu par l'examen des Cigales, que cette partie n'est pas essentiellement dépendante de la tète ; car l’on voit ici que cette gaine en est séparée, et qu'elle naît de la membrane joignant la (été au prolhorax. On pourra aussi se convaincre que nos idées, à l’égard de la composition des mâchoires, ne sont point hasardées; car, si l'on choisit celles d'un Coléoptère assez gros, on séparera facilement les parties dont elles sont formées.
Mais à l’hypothèse que nous venons d'exposer, nous pouvons en substituer une autre plus simple et plus naturelle : c’est de considérer la lèvre inférieure des Insectes, comme formée de deux mâchoires, portant des palpes ainsi que les premières, mais réunies et sous une forme analogue â celle des deux premier# pieds-mâchoires de divers Crustacés, Ainphipodcs cl Isopodes, ou même encore à celle qui résulterait de la combinaison des mâchoires et de la lèvre des Aranétdes. Dès lors les pieds représenteront lessix pieds-mâchoires des Crustacés décapodes, et les pieds thoraciques de ceux-ci manqueront.
Vu la distance qui sépare les Animaux invertébrés des vertébrés, les rapports d’organisation extérieure que l’on peut établir entre eux sont forcés ou arbitraires. On peut cependant dire qu'en quelque sorte, les mandibules représentent la mâchoire supérieure ; et les mâchoires proprement dites (Crustacés), le palais, la langue et la mâchoire inférieure. Les pieds-mâchoires sont, pour ainsi dire, des pieds jugulaires que la nature emploie, modifie et combine au besoin, de diverses manières. On peut les comparer aux nageoires pectorales des Poissons. Les mandibules des Crustacés des premiers ordres peuvent aussi être assimilées, â raison de la palpe qui les accompagne, à des sortes de pieds-mâchoires. Ainsi, la plupart des organes maxillaires de ces Animaux, sont des pieds raccourcis et uniquement appropriés aux fonctions nutritives. Selon Cuvier, l'un des caractères principaux des Poissous cartilagineux, se-
rail l'absence des os maxillaires et Intermaxillaircs; d'autres os analogues aux palatins, quelquefois mémo le vnmer, y suppléeraient : or. daus les Arachnides, les mandibules, qui sont les représentants des os maxillaires, manquent; le labre ou l'analogue du vomer et les antennes situées immédiatement au-dessus, remplissent, dans l'action masticatoire, celle lacune. Mais nous insisterons d'autant moins surccs rapprochements que, d’après les curieuses recherches de Geoffroy de Saint- Hilaire , il serait faux que les Poissons cartilagineux sortissent, sous ce rapport, de la loi ordinaire.
Nous avons essayé, dans un Mémoire supplémentaire sur l'organisation extérieure des Insectes (Méin. du Mus., T. 8, p. 188), d'expliquer de quelle manière les organes masticatoires peuvent être transformés en organes uniquement propres â puiser des liquides.
Remarquons d'abord que le.; pieds sont insérés tantôt sur les côtés du corps, tantôt près de la ligne médiane, qu'ici le premier article des hanches est mobile; que là, comme dans les Coléoptères carnassiers, il est fixe; en un mot, que le point initial de leur mobilité peut varier transversalement dans une portion inférieure et plus ou moins étendue de la longueur de ces organes. La même variation a lieu relativement aux mâchoires, et même aux mandibules. Celles des Crustacés, comparées sous ce rapport avec celles des Insectes , nous en fournissent la preuve. Ces organes, ainsi que les mâchoires, sont écartés et mobiles dès leur base, dans les Insectes broyeurs, tandis que dans les Suceurs, ces parties, ou du moins les mâchoires, sont fixées inférieurement et ne deviennent mobiles que près du pharyux. Toutes les parties agissantes de la bouche sont ici rapprochées autour de lui en manière de faisceau tubulaire; ainsi, relativement aux mâchoires, leur tube terminal, à partir de l'insertion des palpes, est la seule portion qui se meuve et coopère à l’asceusion du liquide nourricier. Allongez et rétrécissez ces lobes, ainsi que les extrémités des mandibules, pour leur donner la forme de lancettes ou de soies; solidifiez ces lobes maxillaires; faites éprouver les mêmes changements au labre ou au sous-labre, aux paraglosscs, et vous aurez transformé ces parties eu un suçoir complet, tciqu'oii l'observe dans les Hémiptères et plusieurs Diptères. Si vous supprimez quelques-unes de ces pièces et leurs gaines, vous réduirez la bouche d'uu Insecte à sa composition la plus simple; celle, par exemple, qui caractérise les iiippobosques.
Fabricius, à en juger d'après la série des coupes ordinales de sa Méthode, Lamarck et Clairville ont distribué les Insectes en deux grandes sections, les Broyeurs et les Suceurs. C’est par ceux-ci que Lamarck ouvre sa classe des Insectes, et il suppose que les parties de leur bouche se sont insensiblement converties en organes propres à la mastication. Mais cc n'est qu'une simple hypothèse, ayant pour seul appui ses idées sur la formation graduelle des êtres, qui. dans notre opinion, nous paraissent elles mêmes dénuées de preuves. Dans l'étal actuel de la science, il est impossible de lier, par des transitions insensibles, les ordres les unsaux autres. Ce célèbre naturaliste passe des Hémiptères aux Lépidoptères, cl de ceux-ci aux Hyménoptères, Si cependant
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l'on compare ces Insectes les uus aux autres, tant sous le rapport des parties de la Bouche que sous celui des organes du mouvement, on trouvera, à cet égard, des dissemblances très -frappantes, qui interdisent toute liaison prochaine et manifeste. Nous pensons qu'au lieu d’admettre avec lui une série continue, il faut diviser la classe des Insectes en deux lignes : l'une composée de Broyeurs et de ceux dont le suçoir est à nu ; et l'autre, des Insectes où le suçoir est reçu dans une gaine. On pourrait encore considérer les Hémiptères comme formant un appendice latéral des Insectes à étuis, et conduisant à l'ordre des Aptères de Lainarck, qui est intermédiaire entre le précédent et celui des Diptères.
Quelle que soit, en fait de méthode cntomologiquc , la manière de voir, il est incontestable que la connaissance des organes de la manducation des insectes, est, si l'on veut approfondir leur étude, un complément non-seuldnent utile, mais nécessaire. 11 est encore certain que l'examen de ces parties n'exige point, malgré leur exiguïté, une attention extraordinaire , ni l'usage du microscope composé, et qu'à l’égard des faits, il u'y a jamais de variations importantes toutes les fois qu'ils sont recueillis par des observateurs patients et exercés, tels que Sa vigny, Kirby, KlUg, Germar, Mac Leay fils, etc. Mais l’emploi de ces considérations est-il indispensable dans l’établissement des genres? voilà ce que contestent des naturalistes qui voudraient faciliter l’étude de l’entomologie, en faisant usage de caractères plus apparents. Nous partageons leur opinion quant aux coupes génériques , susceptibles d'étre autrement signalées. Nous sommes aussi d’avis qu'on a abusé des principes introduits par Fabricius'; qu’il en a le premier donné l'exemple; et que, lorsqu'on est forcé de se servir des caractères fournis par les organes de la manducation, il faut, autant que possible, se restreindre aux parties que l'on peut observer sans dissectiun ou sans peine, cl à imiter, à cet égard, Clairville qui n’emploie que les mandibules et les palpes. Mais le désir de familiariser promptement les élèves avec celte science ou d'étre élémentaire, doit être subordonné à cette règle : qu'ici, de même que dans les animaux vertébrés, l'ou ne peut établir aucune bonne coupe naturelle sans l'examen préalable de ces organes, et que l'on ne peut réunir génériquement des animaux qui, quoique semblables par leur physionomie générale, diffèrent néanmoins sous ce point de vue. Il est bien évident, par exemple, que le Spfuur spirifex et d'autres espèces analogues s'éloignent de leurs congénères par la manière dont ils pourvoient à la conservation de leur postérité, elqu'ilscomposentainsi une coupe très-naturelle. Faites abstraction des parties de leur lwucbe, vous ne pourrez les détacher du genre primitif, ou vous ne i»ourrcz le faire qu'au moyen de considérations minutieuses et peu sûres. Ces organes, en. général, servent plus souvent au signalement des genres qu'à celui des familles : les Lamellicornes, les Clavicornes, les Longicornes, les Brachélylres, etc., nous en fournissent la preuve. 11 est cependant des familles, telles que celle des Coléoptères i carnassiers, celle des Mellifères, etc., que l'on ne peut ■ bien caractériser qu'en employant ces parties. Considé- j rées quant à leurs fonctions générales, elles deviennent I
pour rétablissement des ordres, un appui nécessaire. Aussi Linné, atlacbant alors plus d'importance à ces organes qu'il ne l’a fait depuis, divisa, dans les premières éditions de son Syslema Naturœ, la classe des Insectes d'une manière plus naturelle que dans les éditions postérieures du même ouvrage. Aussi Degéer, mettant à profil et perfectionnant ces premières idées, donnant aussi une attention spéciale aux métamorphoses, a-t-il établi une méthode qui a servi de hase à toutes cellesqu'ona proposées depuis, celle de Fabricius seule exceptée. L'exposition de ce dernier système, système uniquement fondé sur les instruments de la manducation, semblerait devoir terminer cet article. Mais comme celte analyse fait partie du tableau des principales méthodes que Latrcille, auteur du présent article, offrira au mot Entomologie, nous nous bornerons à dire que la méthode de Fabricius est établie sur les principes généraux suivants : t° deux mâchoires, E le ul liera tes, U tonales, Sÿnistatcs, Pic sales , Odonates, M dosâtes, (/noyâtes; 2° plusieurs mâchoires : Polyyonates, Kleistay nates; 3U un suçoir : Glossates , llynyotes , dut ha tes.
Dans les Mollusques. Le mot Bouche est très-souvent employé par les conchyliologisles , au lieu de celui d'ouverture, pour désigner, chez les Coquilles uuivalves, la base du cône spiral par laquelle l'animal sort de son test. y. Ouvert i re et Coquille. Par suite, la couleur ou la forme de cette Bouche ont fait donner à plusieurs coquilles les noms vulgaires que nous mentionnerons ici.
Bouche d’Argext. C’est le Turbo aryyrostomus de Linné; mais depuis on en a distingué plusieurs csp. La B. i»’A. chagrinée de Favanne parait n’étre qu’une var. du Turbo aryyrostomus de Lamarck, dont la B. u’A. Efixeu.se est le type. La B. d’A. cor xi f. ou a gouttière, nu le Burgau de la Chixe, est le Turbo cornutus de Gmeliu et de Lamarck. La B. d’A. a rigole est le Turbo canaliculatus de Giuelin. La B. d’A. murquetEr, ou le LEoFARD.estle Turbo setosu s de Gmelin et de Lainarck.
La B. d’Orou le Four aruext est le Turbo Chrysostomus de Linné cl de Lainarck.
La Double Bouche, B. double granuleuse, ou B. double Sabot, ou Sabot a double levre de Favart d’Hcrbigny, est le Trochus Labio^ie Linné, Monodonla Labio de Lainarck.
La B. de Lait de Davila et de Favart d'Herhigny est le Bucvinum rusticum de Grnelin , Turbinella rus tica de Lamarck.
La B. jvcxe ou safraxée de Favart d’Herhigny est le Buccinum hœmasloma de Linné, Purpura hæniastoma, Lamie., très-distiucl du Buccin de même nom, dans Chcinnitz.
La B. xoire ou Gueule noire de d'Argcnville et de Martini est le Strumbus yibbcrulus , Linné et Lamarck.
La B. saxglaxte est le Bulimus hœmaslomus de Scopoli, appelé aussi la Fausse Oreille de Midas, Hélix [ oblonya.
! Enfin, la direction de la volute autour de l'axe spiral, variant tantôt à droite, tantôt à gauche, od a distingué I les Coquilles en Bouche a droite et Bouche a gauche;
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celles-ci, nommées aussi Uniques, étaient rares et trèsrecherchées. Les individus de ces Iniques (dont le caractère est d’èire tournés à gauche) jqui, par monstruosité, se trouvaient tournés à droite, furent appelés Contre -Uniques. L'un de ceux-ci , par spécialité, fut appelé Bocchk a droite; c'est Vllelix dextra de Muller et de Gmelin.
BOICHE DE LIÈVRE, bot. S. vulg. de Merulius Cantarellus.
BOUCHE EN FLUTE, rois. y. Fistilaire.
BOUCHEFOUR. ois. S. vulg. de Sylvie Pouillot.
ROI Cli R AIE oc BOUCRAIE. ois. S. vulg. d’Engoulevent.
BOl'CIROLLE. ois. Même chose que Becquerolle.
BOUCLE, pois. y. Aicltllox. On a appelé Boucle et Bouclée un Squale et une Raie dont le corps est parsemé de ces aiguillons nommés boucles.
BOUCLIER, pois. On a donné ce nom à des esp. appartenant aux G. Cycloptère, Spare, Lépadogastre et Cenlrisque.
BOUCLIER. Clypeus. iss. S. de Chaperon ou Épistome.
BOUCLIER. Silpha. ixs. Coléoptères pentamères; G. fondé par Linné et subdivisé depuis. Le G. des Boucliers proprement dits, tel qu'il a été circonscrit par Fab., et tel que l'a adopté Lalreille, appartient à la fain. des Clavicornes, et a pour caractères -. mandibules cornées, terminées en pointe simple; mâchoires garnies au côté iulerne d’une dent cornée et aigue; quatre palpes inégales, filiformes, terminées par un article presque cylindrique; antennes un peu comprimées, en massue perfoliée, allongée et formée insensiblement; elles sont aussi longues que le prothorax , avec onze articles , dont le premier, gros , allongé , en massue , yt le dernier presque ovale ; prothorax grand, dilaté, presque aussi large que les élytres, et cachant la tête; corps un peu déprimé, souvent ovale, ayant la forme d'un bouclier. Au moyen de ces caractères, ces insectes ne seront pas confondus avec les Nécropbores, les Nitrdules , les Scaphidies et même avec les Thytuales qui en ont été distingués par llliger sous le nom de Peltis. Les Boucliers sont essentiellement carnassiers, mais la plupart préfèrent les cadavres en putréfaction et les excréments à toute autre nourriture ; on les trouve dans tous les lieux où ce$ matières se rencontrent ; ils répandent une odeur très-désagréable qui parait être due au genre de nourriture qu'ils prennent. Lorsqu’on les saisit, ils font sortir par la bouche et par l'anus un liquide noir cl épais qui est sans doute sécrété par quelques glandes situées dans le voisinage de ces orifices.
Les larves des Boucliers habitent le même lieu que l'iiisecte parfait, et se nourrissent également de charognes ; elles ont six pattes de trois articles ; leur corps est aplati, formé par douze anneaux dont les côtés sont terminés en angles aigus, et dont le dernier est muni de deux appendices coniques; la tète est petite, et supporte des antennes filiformes de trois articles, et deux mâchoires très-fortes. Ces larves courent avec agilité, et se déplacent souvent pour chercher ailleurs une nourriture qu'elles ont épuisée, ou pour s’enfoncer en terre et y subir leur métamorphose.
Ce G. est assez nombreux. Plusieurs esp. se rencontrent aux environs de Paris; parmi elles, nous citerons le B. aire, S. atrata , et le B. à quatre points, S. quadripunctata, L., différant un peu pour ses habitudes de la plupart des autres esp., en ce qu'il se tient sur les Chênes et se nourrit de Chenilles.
BOUCLIER oi ÉCAILLE DE ROCHERS, «ou. S. vulg. de Patella test udi noria, L.
BOUCLIER. Pelta. bot. Sorte d'apolhécie ou de réceptacle un peu coriace qui, dans les Lichens, adhère au bord du lhallus; il est couvert, avant son entier développement, par une membrane mince et gélatineuse, comme on le voit dans les Peltigères.
BOUCLIERS, tcaiv. Nom donné par Klein à la seconde section des Oursins Anocystes; presque tous appartiennent aux Ananchiles de Lamarck.
BOUCRAIE. ois. y. Bol ciiRAiE.
BOUCRIOLLE. ois. S. vulg. de Bec-figue.
BOU URINE, bot. C'est ainsi que l'on nomme vulg. le Blé ergoté.
BOUE. céol. On entend ordinairement par ce mot les débris de tous les corps qui, s'usant et se décomposant à la surface de la terre, et se mêlant dans l'eau, forment un sédiment mou et souvent fétide à la surface du sol surtout des chemins de village et du pavé des villes. Celte Boue enlrainée par les pluies dans les rivières, â l’aide des ruisseaux, est un des éléments principaux des alluvions et des atterrissements.
11 existe aussi des Boues minérales ; on nomme ainsi les sédiments des fontaines dont les eaux sont fortement imprégnées de gaz hydrogène sulfuré. On dirige ces sédiments où le soufre se dépose naturellement, vers des endroits commodes où les malades puissent demeurer, pendant un temps déterminé, plongés dans les Roues. Il parait que le souffre que contiennent les sédiments, s'y trouvant à l'état de division extrême, pénètre facilement dans les pores de la peau, et concourt puissamment â la guérison des maladies de cet organe.
BOUÉE, VIS BOUÉE ou TÉLESCOPE, ioll. N. vulg. du Trochus Telescopium de Linné que, par une singulière méprise de caractères, Bruguière, et d'après lui Lamarck, ont placé dans les G. Cérite. C'est le Ceri~ thium Telescopium de ces deux auteurs, dont Montfort a fait son G. Télescope. Celte Coquille doit être replacée dans le G. Trochus. y. Trouve.
BOUFFE, iah. Var. métisse du Barbet et de l’Épagneul. 1'. Canx.
BOUFFE, pois. N. vulg. de la Raie bouclée.
BOUFFRON. moi.l. N. vulg. de la Sèche.
BOUGAINVILLÉE. Ituginn'Uæa. bot. Commerson a dédié ce G. de la famille des Nyctaginées et de l'Octandrie Monogynie, L., au célèbre navigateur frauçais de Bougaimille, commandant l'expédition dont Commer son faisait partie. Il se distingue par son calice tubuleux, coloré, dont le limbe est entier ou plissé; par ses étamines incluses et au nombre de sept ou huit ; par son style qui est latéral et terminé par un stigmate renflé en forme de massue. L’ovaire est environné par un disque avec lequel la luise des étamines est soudée. Le fruit est un akène recouvert par le calice qui est persistant. Ce G. ne se compose encore que de deux esp., toutes
deux originaires de l'Amérique mér. ; ce sont deux Arbustes à feuilles alternes, ayant la tige garnie d’épines. Ses fleurs, portées sur des pédoncules axillaires ou terminaux, sont groupées par trois, et environnées d’un involucre formé de trois larges bractées colorées.— L'une de ces esp., découverte au Brésil par Comraerson, porte le nom de B. spcctabilis. La seconde, rapportée par Huinboldt et Bonpland, a été décrite et figurée dans le premier volume des PI. équinoxiales, pl. 4‘J, sous le nom de B. peruviana. Elle se distingue surtout par son calice dont le limbe offre dix dents, et par ses fleurs qui semblent naître sur la face supérieure des bractées.
BOUGAINVILL1E. Bougainrillia. zonpn. G. de la fam. des Béroïdes, établi par Lesson qui le caractérise ainsi : corps oviforme, arrondi en haut, tronqué en bas et largement ouvert; à enveloppe extérieure pellucide, à sorte de nucléus crucié interne, des branches duquel partent quatre petits prolongements vasculaires, aboutissant à quatre glandes marginales, comme ciliées en houppe. Le B. des Malouines, B. Maclociana , Less.; Cyanca Bougaincillii , Voy. de la Coquil., pl. 14, fig. 3, est ovoïde, blanc, translucide, à nucléus crucié, brun; à taches marginales jaunes, ponctuées de noir. Cette csp. est très-irritable et très-abondante dans les eaux de la baie de la Solcdad.
BOUÔAINV1LL1EN. pois. Espèce du G. Triure.
BOUG1R. ois. S. de Pétrel Puffin.
BOUGRAINE, BOUGRANEoc BUGRANE. bot. N. VUlg. des Ononis spinosa et amenais , L. V. Onoiubk.
BOUGUERIE. Bougucria. bot. G. de la fam. des Plantaginécs, établi par De Caisne, et dédié à la mémoire de l'illustre Bouguer qui accompagna Lacondaraine dans son voyage au Pérou, et qui gravit avec lui la chaîne des Cordilières, afin d'en mesurer la hauteur. Caractères : fleurs hermaphrodites et femelles sur le même épi ; chacune d'elles recouverte par une bractée épaisse au milieu, membraneuse sur les côtés; calice persistant, à quatre divisions chargées de poils denses, avec les segments antérieurs un peu plus grands ; corolle hypogyne, tubuleuse, scarieuse, avec son limbe divisé en trois ou quatre lobes petits et irréguliers. Dans les fleurs hermaphrodites une seule élainine, insérée au milieu du tube; filament exserte et glabre; anthère à deux loges s'ouvrant longitudinalement; style grêle, longuement exserte, cylindrique, glabre inférieurement et papilloso-stigmateux dans la partie supérieure; ovaire arrondi comprimé, sessile, à une loge renfermant un ovule. Le fmit est une capsule indéhiscente, monosperme et comprimée. Le G. Bouguerie n’offre encore qu’une seule esp., B. nubicola, observée par d’Orbigny, pendant son séjour dans la Bolivie; c’est une petite plante de deux pouces environ de hauteur, qui croit dans les crevasses des rochers; scs feuilles sont linéaires, glabres, entières; ses fleurs sont réunies en épis raccourcis et terminaux.
BOüH. ois. S. de Hibou Moyen-Duc. y. CnoriTTE.
BO0I. bot. S. de Baobab.
BOIIILLARD. ois. S. vulg. de Chevalier Gambette.
BOUILLE, géol. y. Houille.
BOUILLEUR DE CANARI, ois. S. vulg. d’Ani.
BOUILLON BLANC. Esp. du G. Molène.
BOUILLON .MIT1ER. V. Molêxe Blatt.uk.
BOUILLON NOIR. y. Mulêxexoibe.
BOUILLON SAUVAGE, dot. S. de Phlomide frutescente.
BOU1LLOT. bot. S. d 'Anthémis Cotula. y. Camomille.
BOCIBE. moll. S. vulg. de Murex yertagus. y. Rocu ut.
BOUIS. ois. S. vulg. de Canard A longue queue.
BOUS. bot. S. de Buis.
DOUJARON DE MER. rois. fr. Blexxie.
BOULA, bot. Nom vulg. des Bolet us ungnlatus et igniarius, L., dont on fait de l'Amadou.
BOULA R. ois. S. vulg. de Mésange à longue queue.
BOULBOUL. ms. S. vulg. de Huppe.
BOULE DE NEIGE, bot. N. vulg. de la var. du yiburnum Opulus, dont la culture a rendu toutes les fleurs stériles et disposées en forme de houle, y. Viobse.
BOULEAU. Bel ula. bot. Tournefort a retiré du G. Betula les Aunes qui en diffèrent par plusieurs caractères essentiels. Le G. Bouleau de Tournefort est devenu, avec l 'Alnus, le type d’une fam. nouvelle, celle des Bétulacées. Les Bouleaux présentent pour caractères distinctifs : des fleurs monoïques, disposées en chatons; les chatons mâles sont longs, cylindriques et terminaux; les écailles sont groupées et soudées par six, et donnent attache à six étamines, dont les anthères ont les loges écartées et distinctes, et que l'on pourrait considérer comme formant trois fleurs, ainsique cela s’observe dans les Aunes. Les chatons femelles sont beaucoup plus petits, également cylindriques, latéraux ; les écailles offrent deux ou trois fleurs à leur aisselle : elles se composent d'un ovaire membraneux sur les bords, terminé par deux stigmates filiformes. Les fruits sont de petites samares membraneuses, à une seule loge et à une seule graine, renfermées entre les écailles du chaton, qui sout minces et caduques.
Tous lés Bouleaux sont des arbres ou plus rarement des arbrisseaux à feuilles simples et alternes, accompagnées, à leur hase, de deux stipules caduques. On en compte environ vingt esp., dont près de la moitié originaires de l’Amérique sept. ; les autres croissent en Europe ou en Asie. L’esp. la plus remarquable est le B. blanc, B. atba , indigène de toute l'Europe, et qui se distingue par son tronc couvert d’une écorce qui s’enlève par feuillets blancs et nacrés, par ses rameaux grêles et pendants à la manière du Saule pleureur, et par scs feuilles glabres, un peu visqueuses, deltoïdes et dentées. Cet arbre est d’une grande utilité dans les plantations; en effet, il croit dans les terrains les plus maigres, les plus sablonneux, et là où aucun autre arbre ne pourrait végéter. Son bois est blanc, tendre, léger, et sert principalement pour le chauffage des fours; les jeunes rameaux sont employés à faire des balais; mais c'est particulièrement pour les habitants du nord de l'Europe et de l’Asie que le Bouleau est d’une grande utilité. Cet arbre, le seul que l’on rencontre sur les montagnes et dans les plaines glacées de la Laponie, du Groenland et du Kamtscbatka, offre une écorce très -durable el inaltérable par la pluie, qui sert â
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