‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 100 sur 148 · XI U U · texte numérisé non relu

XI U U

M 0 ÏT

Le développement des térainule* des Mousses est un des faits les plus curieux de leur histoire, et il a été l’objet des observations d’un grand nombre de botanistes allemands, et particulièrement de Nées d’Escnheck qui a publié un excellent travail sur ce sujet. Ces séminules commencent par donner naissance à un ou deux filaments confervoïdes, mais non articulés, ressemblant beaucoup aux Ectospermes de Vaucher; ces filaments se ramifient, et du point d'où naissent les ramifications, s'élève bientôt la jeune Mousse, dont ces filaments deviennent les radicelles; la lige qui se développe est composée de cellules allongées, et porte des feuilles diversement disposées, mais toujours formées par une membrane composée d'un seul rang de cellules, sans épiderme distinct et sans pores corticaux. Tels sont les traits principaux de l'organisation de ces végétaux.

Linné ne distingua que sept genres parmi les Mousses, et il les fonda plutôt sur le port et sur la position des capsules que sur de véritables caractères d'organisation. Ces genres, parmi lesquels étaient compris les Lycopodcs, étaient les suivants : Po relia qui est une Hépatique, Sphagnum, Buxbauniia, Phascum, Fontinalis , Splachnum, Polytrichum, Mnium, Bryum et Uypnum. Hedwig, par l’élude qu’il fil du péristome, augmenta beaucoup le nombre des divisions et arriva presque toujours à des groupes assez naturels; mais il donna peut-être trop d'importance à la position relative des organes môles qu'on a renoncé à faire entrer dans les caractères génériques, à cause de la difficulté de les observer sur beaucoup d'espèces. Depuis, Huoker a employé avec beaucoup de succès les caractères fournis par la forme de la coiffe et par la position latérale ou Icrminal.e de l’urne, caractères employés également par Bridel dans son Methodus Muscorum, mais qu'il a en général appliqués avec beaucoup d'inexactitude. Quant à la distribution naturelle des genres, peu de personnes s'en étaient occupées jusqu'à présent, leur classification ayant été en général fondée seulement sur le péristome; les Mémoires publiés sur ce sujet par Grcville et Arnott, et le tableau général des espèces de Mousses inséré par ce dernier dans les Mémoires de la Société d'Hisloire naturelle de Paris, t. U, paraissent cependant avoir atteint presque complètement ce but; voici, d'après celte méthode, l'énumération des genres de celle famille.

Spbagxoidées.

Andrœa, Ebrh.; Sphagnum, liedw.

Phascoidées.

Phascum, Schreb. (Phascu m et Pleuridium, Brid.); Bruchia, Schw.; Foitia, Ilornsch.

Gysxostoxoioées.

Gymnostomum, llook. ( Gymnostomum , G/yphocarpa et Anyctangii spec., Schw.); Schislostega , Web. et Mohr. ( Drcpanophyllutn ? llook.); Anictangium, llook. ( Schistidium , Brid.); Hcdwigia, Hook. .

Bixbacmoidêes.

Diphytcium, Mohr.; Buxbaumia, Haller.

Splacbnoidêes.

Splacltnum , Grev. et Arn. ( Splachnum et Aplodon,

R. Brown); Dissodon, Grev. et Arnott ( Cyrlodon , \

Brown; Systilium, Hornsch.); Taylona, llook. (//ookeria, Schw.)

OrtiiotbicdoidEes.

Tetraphis , Hedw. ( Tetraphis et Tetradontium, Schw.); Octoblepharuin , liedw.; Orthodon , Bory ; Calympercs, llook.; ( Calympercs et Syrrhopodon, Schw.); Zygodon, Hook. ( Gymnocephalus et Codonoblepharum , Schw.; {Amphiilium , Nées; Gagea, Raddi); Or/hotrichum , Hook. et Grev- ( Orlhotrichum , Macromitrion , Schlotheimia, Schw. et Brid.; Ulota, Brid.)

GniixomÉES.

Glyphomitrion, Hook. cl Grev.; Gritnmia, Hook. (Grimmia et Campylopus, Brid.); 7’richosfomum , Hook. ( Trichoslomum, Ilacomitrion et Campylopi spec., Brid.); Cinclidolnt , Beauv. ( Racomitrion , Brid.); Encalypta, Schw.

Dicraxoidées.

IFelssia , Hedw. (JFcissia et Entosthodon, Schw.; fFeissia et Coscinodon, Brid.); Trematotlon, Brid.; Dicranum, Schw. ( Dicranum et Fia si de ns, Hedw.); 7'hesanomitrion, Schw.; Dydimodon , Hook. ( Cynodontiuui, Schw.; Didymodon cl Desmatodon, Brid.); Tortula, Hook. ( Tortula et Barbula, Schw.; trichia , Brid.)

Bbyoidêea.

Conoslotnum, Swartz: Bartramia, Hedw.; Funaria, Uedw.; Leptoslom um, R. Brown ( Gymnoslomi spec., Hook.); Ptychostomum , Hornsch.; Brachymetnium, llook.; Bryum, Hook. [Bryum, Mnium, Mec sia, Arrhenopterum, Leptothcca , IFebera, Gymnoeeplutlus et Pollia, Schw.); Cynclidium, Swartz; Timmia, Hedw.

Hypxoidées.

Fabronia , Raddi; Ptcrogonium, Schw. ( Plerogo nium et Lasia, Brid.); Sclerodontium, Schw.; Leucodon, Schw.; Macrodon , Arnott; Dicnemum, Schw.; Astrodontium, Schw.; Neckera, Hook.; Anomodon, Hook.; Anacamplodon, Brid.; Dallonia , Hook. {Pi-

10 trie hit m et Cryphœa, Brid.); Spiridens, Nées; Hookeria, Smith ( Chœlophura , Racopilum et Ptcrigophyllum, Brid.); Uypnum, Hook. ( Uypnum , Leskea et Climacium , Schw.); Fontinalis, Hedw.

POLYTRICBOIDÈES.

Lyellia, Brown; Polytrichum, hedw. (Polytrichum et Catharinca, Brid.); Datcsonia , Brown.

Plus de huit cents espèces de celte famille sont décrites dans les divers ouvrages consacrés à leur élude.

11 resterait à dire quelques mots de leur distribution géographique; mais il serait fort difficile, d'après les données que l'on possède, de rien établir de précis et de général sur ce sujet. En effet, les Mousses étrangères à l'Europe sont connues d’une manière très-imparfaite; et l'on n'a encore aucune Flore cryplogaraique un peu complète des régions équatoriales ou australes. La plupart ont été rapportées par des voyageurs dont l'attention était fixée sur des objets plus brillants, et ne peuvent être regardées que comme une portion trèspetite de la Flore muscologique de ces contrées. On ne peut donc rien dire sur les rapports numériques de ces végétaux dans ces diverses régions; mais il est ccpcn-

MOU

MOU

liant quelques faits dignes d'ètre remarques. On a observé en général que plus les végétaux appartiennent à des groupes d'une structure plus simple, et plus ils sont susceptibles de supporter des climats différents, ou. en d'autres termes, que c'est dans les familles de végétaux les plus simples qu'on trouve <le plus grand nombre d’espèces communes à des lieux très-différents du globe, et croissant sous des climats très-divers. La famille des Mousses présente des exemples nombreux d'espèces qui croissent en même temps non-seuleinent dans des contrées très -diverses et séparées par d'immenses intervalles, mais même dans des régions dont le climat est des plus différents. Ainsi, pour n'en citer qu’un exemple, sur dix-neuf espèces de Mousses rapportées des environs de Rio-Janeiro à Walker- Arnoll, huit sont des espèces qui croissent aussi en Europe ou dans l'Amérique septentrionale : les onze autres u'olit jusqu'à présent été observées que dans les régions équatoriales. On voit, par cet exemple et par plusieurs autres analogues, que fournissent chaque jour les collections faites par les botanistes voyageurs, que les végétaux de cette famille sont comme plusieurs autres Cryptogames, susceptibles de se plier facilement aux différents climats sans en éprouver des modifications très-remarquables dans leur organisation. Il ne faut pas croire cependant que toutes les espèces et même tous les genres soient dans ce cas; il eu est plusieurs au contraire dont l'habitation est limitée à des régions très-bien déterminées; il est des genres même qui paraissent ne pas sortir de certaines zones. Ainsi les genres Antlrœa, t'oit ia, Splaclinum, Tayloria , Disso- ( Ion , Conostomum , sont presque entièrement limités aux régions arctiques ou aux hautes montagnes.

Les genres Duwsonia et Lcptoatomum sont propres aux régions australes, telles que la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande et l'extrémité de l'Amérique méridionale.

Toutes les espèces des genres Calymptre», Octoblepharum, Orthodon , Lyetlia , croissent dans les régions équatoriales; et c'est aussi dans celte zone que se trouvent la majorité des A eckera, Daltonia et Hookeria.

D'autres, tels que les Sphagnum, Phascum, Gym noalo nmm , Tetraphis, Üicranum, It'cissia, Grimtnia, Trichoatomum , Polytrichum, paraissent avoir leur maximum dans les régions tempérées; enfin quelques genres semblent également répartis sur presque toute la surface de la terre : tels sont les Tortula , Orthotrichum , Bryum, Hypnum.

MOUSSES DE MER. poltp. On a quelquefois appliqué cette dénomination aux Polypiers flexibles, à tissu corné.

MOUSSOLE. coxcu. Tel est le nom qu'Adanson a donné, dans le Voyage au Sénégal (p. 250. pl. 18), à une Coquille bivalve, nommée Arche de Noé par les auteurs. P. Akciik.

MOl'STAC. mas. Espèce du genre Guenon, t'. ce mot.

MOÜSTAC. ois. Espèce du genre Sterne. P. ce mot.

MOUSTACHE, ois. Nom d’une espèce du genre Corbeau, et d une espèce du genre Prongo; ou l’a aussi

appliqué à une espèce du genre Mésange, qui forme le type d'une section.

MOUSTEILLE. ma*. L’un des vieux noms français de la Belette, par corruption du latin Mnatella.

MOUSTIQUES, ixs. Nom vulgaire et collectif dérivé de l’espagnol Moaquiloa, qui veut dire petites Mouches. P. Coisix.

MOUTARDE. Moutabea. bot. Genre de la Pentandrie Monogynie, L. , créé par Auhlet (Plantes de la Guiane. p. 070, t. 274), dont le nom a été inutilement changé par Scbreber en celui de Ciypiostomum. Ce genre est ainsi caractérisé: calice tubuleux, renflé à sa base, à cinq divisions inégales; corolle monopétale, à cinq divisions profondes, inégales, commentes, ayant un tube très court, et inséré sur l'entrée du tube calicinal; cinq étamines dont les filets sont soudés en un seul, large, courbé au sommet, bouchant entièrement l'orifice de la corolle, à cinq dentelures sous chacune desquelles est placée une anthère; ovaire supère, arrondi, surmonté d’un long style, et terminé par un stigmate obtus; baie jaune, ayant l’apparence d’yne prune, à trois loges cl à (rois graines marquées d'un bile très-grand, arillées et recouvertes d’une pulpe gélatineuse. Ces graines ressemblent à celles des Chryaophyllum; c’est ce qui a fait rapprocher le genre Moutabea des Sapotécs. On lui a réuni le genre .Icoata de la Flore du Pérou.

MoctabEe de la Giiaxe. Moutabea Guianetiais , Alibi. C'est un arbrisseau qui pousse plusieurs tiges sarinenleuses, rameuses, et qui forme des buissons épais, par l'assemblage de ces tiges. Les feuilles sont alternes, presque sessiles, lisses, vertes, entières, fermées, ovales, et terminées en pointe. Les Heurs naissent par petits bouquets, aux aisselles des feuilles; elles exhalent une odeur semblable à celles du Philadelphua coronorius. Cet arbrisseau croit dans les terrains défrichés de la Guiaue. Les Galihis lui donnent le nom il'Aymoutobon .

MOUTAN. bot. Espèce du genre Pivoine, t oyez ce mot.

MOUTARDE. Sinapis. bot. Genre de la famille des Crucifères, cl de la Télradynamie siliqueuse, L., placé par De Candolle dans la tribu des Rrassicées, et offrant les caractères suivants : calice dont les sépales sont étalés et égaux à la base; pétales à limbe oboval ; étamines à filets libres et entiers; silique un peu cylindrique, hiloculaire, bivalve ; les loges polyspermes; les valves concaves ou légèrement carénées, terminées par le style sous l’apparence d’un appendice tantôt court et aigu, tantôt subulé. conique, en forme de bec ou d’épéc, lequel appendice renferme quelquefois une graine, mais souvent en est privé; graines disposées sur un seul rang, presque globuleuses, à cotylédons condupliqués, c'est-à-dire formant une double plicature. Ce genre est très- nombreux en espèces. De Candollc ( Syat . Peget. nat., 2, p. 007) en a décrit cinquante et une, dont trente-cinq seulement sont assez connues. 11 a éliminé de ce genre plusieurs plantes que les auteurs y avaient placées mal à propos et qui font maintenant partie de quelques genres nouveaux. Ainsi le Sittapis bipinnula de Dcsfontaiues a été placé dans

M O lr

le genre Didesntus; le Sfnapit Philœana de Delile est le type du Moreltia ; les Sinapis crassifolia de Raffinesque, el Sinapis Harra de Forskahl, sonl des Diplotaxis, etc. V. ces mots. D’un autre côté on trouve dans les divers auteurs plusieurs plantes qu'ils ont rapportées aux Sinapis, mais qui doivent être réunies à quelques Genres voisins, tels que Brassica el Sisymbrium. Les Moutardes sont des plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, ordinairement bisannuelles, dressées, rameuses, souvent couvertes de poils rares, ayant le port des Brassica ou des Sisymbri nm. Leurs feuilles affectent diverses formes, mais le plus souvent elles sont lyrées ou incisées et dentées. Leurs fleurs sonl jaunes, disposées en grappes terminales et dépourvues de bractées. La plupart des espèces ont des graines qui possèdent au plus liant degré les propriétés âcres de la famille des Crucifères. Ce genre a été partagé par De Candolle en cinq sections.

$ 1. Mèi.akosixapis. Silique cylindrique ou légèrement lélragone, c’est-à-dire dont les valves sonl un peu carénées sur la nervure médiane, apiculée par le style qui est très-court. Cette section se compose de six plantes dont deux habitent le cap de Bonne-Espérance, une en Perse, deux en Barbarie et une en Europe. Celte dernière, Sinapis nigra, L., y est excessivement com- I mune dans les champs, les prés et le boni des rivières; elle est connue sous le nom vulgaire de Moutarde noire. Elle est annuelle; sa lige s'élève à près d'un mètre; elle est cylindrique, glabre el d'un aspect glauque; ses feuilles sont alternes, sessiles, grandes, lyrées, un peu , épaisses el charnues ; les supérieures sont entières, lancéolées el étroites; les fleurs sont petites, jaunes, pédoncuiées, formant de longs épis au sommet de la tige.

A ces fleurs succèdent des siliques grêles, dressées contre la tige, el renfermant de petites graines globuleuses, noires à l’extérieur, et jaunâtres intérieurement. Ce sont ces graines, désignées vulgairement sous le nom de graines de Sénevé, qui, broyées et réduites en fariue huileuse, servent à préparer le condiment si universellement en usage pour exciter l’appétit, et auquel on donne le nom de Moutarde.

$ 2. CfcR atoxisafia. Silique surmontée d'un bec conique, lequel est dépourvu de graine. Parmi les dix neuf espèces qui composent celle section, six croissent en Chine, au Japon, et dans les Indes orientales; les autres sont indigènes du bassin de la Méditerranée, el surtout de l’Égypte, des côtes de Barbarie et de l’Espagne. Aucune n'est employée à des usages économiques, quoique les graines de la plupart soient douées des mêmes propriétés que celles de la Moutarde noire.

§3. HtRScurELuu. Silique cylindrique, à deux loges, renfermant chacune à peu près quatre graines, terminée par un bec ovoïde, monosperme el indéhiscent. Cette section a été considérée par Mœnch comme un genre distinct. Elle est pour ainsi dire le lien qui unit la tribu des Brassicées à celle des Kaphanées; cependant elle est plus rapprochée des premières. Les deux espèces qui la composent sont les Sinapis incana, L., el Sinapis hetcrophylla , Lagasca. Celle-ci est une plante bisannuelle, que l’on trouve dans l'Europe méridionale, et particulièrement en Espagne.

§ 4. Leccosirafis. Silique hispide ou glabre, sormontée d'un bec ensiforme, à valves tondeuses. Celte section doit-elle être réunie au genre Eruca, ou plutôt former un genre particulier qui se distingue du Sinapis, comme Y Eruca se distingue du Brassica ? Le Sinapis alba, L., en est le type ; c'est une plante a’nnuelle, très-commune dans les champs de l'Lurope méridionale el tempérée. Ses graines sonl très-grosses, blanchâtres, cl pourraient suppléer à celles de la Moutarde noire. Cinq autres espèces, peu intéressantes, croissent dans les contrées méditerranéennes, à l’exception du Sinapis hastata, Dcsf., qui est originaire de la Nouvelle-Hollande.

$ 3. Diaacciuh. Calice à demi étalé, à deux proluhérences en forme de sac à la base. Celle section forme probablement un genre particulier, mais l'insuffisance des caractères connus n'a pas permis de l'établir. Elle renferme deux espèces, savoir : Sinapis fnilescens, Aiton ( Horl . Kew., ctl. 1, vol. u, p. 404), el Sinapis angustifolia. DC., qui n’est peut-être qu'une variété de la précédente. Ces deux plantes sonl indigènes de Madère. Leurs fleurs sont grandes comme celles de la Giroflée, pâles au commencement de la floraison, et plus lard versicolores.

MOUTARDE DES CAPUCINS. *ot. Nom vulgaire du Cochlearia annorucia , L.

MOUTARDE DESHAYES. bot. Nom vulgaire de YErysi ni u m officinale , L.

MOUTARDIER, ois. (Belon.) Nom donné au Narlinet noir. V. Marti.xet.

MOL'TARDIN. bot. Synonyme vulgaire de Moutarde blanche.

MOUTON. Oüis. mam. Genre de Ruminants à cornes creuses, auquel les auteurs les plus modernes assignent les caractères suivants : les cornes anguleuses, ridées en travers, contournées latéralement en spirale, el se développant sur un axe osseux, celluleux, qui a la même direction; trente-deux dents en totalité, savoir : huit incisives inférieures, formant un arc. et se touchant toutes régulièrement par leurs bords, les deux intermédiaires étant les plus larges, el les deux latérales les plus petites; six molaires à couronnes marquées de doubles croissants d'émail, dont trois fausses et trois vraies de chaque côté et â chaque mâchoire; les vraies molaires supérieures ayant la convexité des doubles croissants de leur couronne tournée en dedans, el les inférieures l'ayant en dehors; le chanfrein arqué; le museau terminé par des narines de forme allongée, obliques, sans mufle; point de larmiers; point de barbe ail menton; les oreilles médiocres et pointues; le corps de stature moyenne, couvert de poils; les jambes assez grêles, sans brosses aux genoux; deux mamelles inguinales; point de pores inguinaux; la queue (du moins dans les espèces sauvages) plus ou moins courte, infléchie ou pendante.

Dans l'étal sauvage, les Moutons habitent les parties élevées des hautes montagnes : plusieurs se tiennent même habituellement près de leur sommet, tandis que d'autres (et c'est le plus grand nombre) se trouvent seulement dans tes régions inférieures à celles où sonl répandues les Chèvres. Leurs habitudes sonl d’ailleurs.

presque sous tous les rapports, celles des espèces de ce dernier genre.

Mot ton Mouflon. Buff., xi, pl. 29, Ovi» J n'es fera el Ovit slmmon de plusieurs auteurs. Celte espèce, dont la taille surpasse un peu celle des Moulons domestiques, offre dans scs cornes des caractères qui doivent être étudiés avec soin ; triangulaires, comme elles le sont le plus souvent chez les Moulons, elles présentent trois faces, dont l’une est postérieure el interne, la deuxième Inférieure el antérieure, et la troisième supérieure el antérieure ; la face postérieure cl interne, la plus large de toutes, est légèrement convexe dans la première portion de son étendue, mais elle devient toujours ensuite plus ou moins concave; la face inférieure et antérieure est plane dans presque toute son étendue; elle devient cependant, comme la précédente, un peu concave vers la pointe de la corne. L'arélc, qui sépare ces deux faces, est très-prononcée et presque tranchante; sa première courbure est toujours, de dedans en dehors, et d’arrière en avant (du moins chez les adultes), à peu près demi-circulaire; mais la pointe n’est plus dans cette direction. La face supérieure et antérieure est convexe, et ne s’étend pas, comme les deux autres, sur toute la longueur du prolongement frontal ; son arête inférieure, déjà mousse et très-peu saillante à sa naissance, disparaît peu à peu; et il n’en existe plus aucune trace vers la pointe, où ne sc distinguent plus que deux faces : l’une postérieure et interne, l’autre antérieure el externe. Les cornes, triangulaires dans leur première portion, s'aplatissent donc peu à peu, et se changent enfin vers leurs pointes en de véritables lames : la largeur très-considérable qu'elles ont ainsi vers leur hase, fait qu'elles couvrent presque tout le dessus de la télé; elles ne sont en effet séparées à leur origine que par une petite bande de poils qui n'a pas plus de deux ou trois lignes de largeur en devant. On voit que les deux cornes sont presque en contact en ce point : elles forment ainsi entre elles un angle qui comprend constamment de 80 à 100 degrés, c’est-à-dire qui est toujours à peu près droit. Les rides ou anneaux sont assez rapprochés; leur disposition est variable suivant les individus, el toujours plus ou moins irrégulière, surtout près de la base. Quant au pelage, le corps est couvert de poils de deux sortes, les uns laineux, très fins, très-doux au loucher, assez courts el arrangés en manière de lire-houchon, comme la laine de nos Moulons, et les soyeux, grossiers cl assez rudes: les laineux sont grisâtres; les soyeux, seuls visibles à l’extérieur, sont de différentes couleurs : les uns fauves, d’autres noirs, et d'autres enfin se trouvant annotés de noir et de fauve. Du mélange de ces trois sortes de poils résulte, pour l’ensemble du pelage de l’animal. une nuance ordinairement d'un fauve brunâtre, mais tantôt plus clairet tantôt (dus foncée, suivant que le nombre proportionnel des poils noirs vient à diminuer ou à augmenter. Ces variations ont lieu suivant les différences d’âge ou de saison : ainsi le pelage d’hiver est plus brun, et celui du jeune est au contraire d’une teinte plus éclaircie; on voit d'ailleurs, accidentellement, des individus blancs et d'autres noirs. Celle dernièrecouleurest aussi ordinairement celle de la ligne i

dorsale et de quelques autres parties du corps : ainsi on remarque également sur les flancs une ligne longitudinale noire ou noirâtre, qui sépare les parties supérieures des inférieures : celles-ci sont blanches, de même que les parties internes et l'extrémité des membres, les fesses, une tache située au-dessus de l'ccil, la face concave de l'oreille et la région antérieure de In face. La queue, très-courte, a les bords blancs; les cornes qui, lorsqu’elles ont pris tout leur développement, ont près de deux pieds de long, sont d'un gris jaunâtre, el les sabots sont aussi de celle couleur; la langue el l'intérieur des narines cl de la bouche sont noirs. Suivant la plupart des auteurs, les prolongements frontaux manquent entièrement chez les femelles; suivant d'autres, au contraire, ils existent chez elles, mais trèspetits et très-différents par leur forme de ceux des mâles; mais celle dernière opinion pourrait bien avoir son origine dans quelque confusion entre le Mouflon et l’espèce suivante dans laquelle les deux sexes ont des cornes : du moins Geoffroy SMIilaire assure t-il que tous les individus femelles qu'il a examinés, soit vivants, soit préparés, étaient entièrement privés de prolongements frontaux.

Mouton Abgali. Opis Jrgali. Ce Mouton habile les régions froides ou tempérées de l'Asie : il n'est pas rare dans les montagnes de toute la .Mongolie, de la Bongarie. el même de la Tarlarie; et il se trouve aussi assez abondamment répandu dans le Kaintschalka, où sa chair el sa graisse sont très-recherchées. Sa taille est à peu près celle du Daim; mais il a le corps plus épais cl plus fort, et les pieds plus courts que ceux de ccl animal. Le mâle est plus grand el plus robuste que la femelle. La tête ressemble à celle du Mouton ordinaire, mais les oreilles sont plus courtes. Les cornes sont, chez le mâle, assez semblables à celles du Bélier, mais plus élevées, très-grandes, comprimées cl triangulaires, très-rugueuses et dirigées en dehors : elles sont, chez les vieux individus, très-épaisses et trèsrobustes, surtout à leur hase. La face supérieure est assez étroite et légèrement convexe; elle ne se montre plus sur la corne, vers la pointe qui est très-comprimée et convexe en dessus; la face interne est un peu creusée dans sa longueur dès la base ; enfin l’externe, à peu près plane ou même un peu convexe vers la hase, devient ensuite peu à peu concave. L'angle supérieur interne est le moins saillant de tous; l'externe est aussi assez mousse, surtout chez les individus bien adultes; le postérieur, arrondi à la base, devient traiichanl vers l'extrémité. Les rides sont assez irrégulières. La femelle adulte a des cornes plus élevées cl moins divergentes qu’elles ne le sont ordinairement chez les Brebis domestiques où elles se trouvent exister; elles sont comprimées, falciforines, rugueuses, planes sur leur face interne, convexes sur l'externe, arrondies supérieurement (ce qui tient à ce que l'angle supérieur est à peine sensible) et tranchantes dans leur concavité; l’extrémité, lisse et aplatie, est tournée en dehors. C’est au troisième mois après la naissance que les cornes commencent à paraître, soit chez le jeune mâle, soit chez la jeune femelle : elles sont alors presque demiovales, très-peu pointues, et de couleur noire. L’Argali

Digitizec

by (jOOglc

a la queue très-courte cl nue en dessous; caractères qui se retrouvent également chez le Mouflon. En hiver il est généralement d'un gris fauve, avec la ligne dorsale roussâlre, le museau el la gorge blanchâtres, les parties internes et inférieures des membres et le ventre blancs, et les fesses d’un fauve clair; en été, son pelage est généralement plus roux, mais la tache des fesses ne varie pas. Les poils, très courts cl lisses, ressemblent assez à ceux du Cerf. L'Argali est, comme tous les autres Mouflons, remarquable par une légèreté el par une rapidité de saut dont il est difficile de se faire idée.

Moctos Moufi.ox d' Amérique. Ovin montgtia, GcofT. SMfilaire. Celle espèce qu'il ne faut pas confondre avec VOcis monta na du zoologiste américain Ord ( //. Crevre ), a été découverte, vers le commencement de ce siècle, par le voyageur anglais Gillevray, et décrite et figurée en France, peu de temps après, par Geoffroy Saint-Hilaire, d'après un dessin eL des notes qui lui avaient été envoyés de New-York. Le Mouflon d’Amérique est fort remarquable par les formes sveltes de son corps et par scs longues jambes; il a la tète courte el le chanfrein presque droit ; sa bouche est exactement celle de la Brebis : les cornes, che* le mâle, sont grandes cl larges, ramenées au-devant des yeux, en décrivant â peu près un tour de spirale; elles sont comprimées comme chez le Bélier domestique, el leur surface est de même transversalement striée; celles de la femelle sont beaucoup plus petites et sans courbure sensible. Le poil court, roidc, grossier et comme desséché, est généralement d'un brun marron; mais les fesses sont blanchâtres, le museau cl le chanfrein sont blancs, les joues d’un marron clair; la queue, très-courte comme chez tous les Mouflons, est noire. Un des individus tués par Gillevray avait, suivant les mesures prises par ce voyageur, cinq pieds (anglais) de long ; les cornes, mesurées en ligne droite, avaient trois pieds six pouceB, les jambes trois pieds neuf pouces, et la queue quatre pouces. C'est dans le voisinage de l'Elk, vers le cinquantième degré de latitude nord, et le cent quinzième de longitude ouest, que le Mouflon d'Amérique a été découvert par Gillevray : les peuplades de sauvages les moins éloignées des lieux qu'il habile, sont les Crées ou les Kiustianeaiix, chez lesquels il est appelé My-Attic (c'est-à-dire Cerf bâtard) ; mais il est connu aussi des Canadiens sous le nom de Bélier de montagne, nom que Geoffroy Saint-Hilaire lui a conservé. Tels sont, d'après Geoffroy, les principaux caractères du Mouflon d'Amérique; voici quelques autre* détails empruntés à la Faune américaine de Iticbard Harlan , ouvrage qui a déjà été plusieurs fois cité dans ce Dictionnaire. Les cornes du mâle, triangulaires surtout à la base, sont très- grandes el trèsfortes ; clics naissent près des yeux et se dirigent en arrière; mais elles se recourbent ensuite en avant, el ont leurs pointes tournées un peu en haut el en dehors ; elles sont profondément ridées dans la première moitié de leur longueur, mais plus lisses dans leur dernière portion; leur face antérieure est la plus large. Les cornes de la femelle, plus grêles que celles du mâle, comprimées, presque droites, el presque sans

sillons, ressemblent beaucoup â celles du Bouc domestique. Le col a quelques plis pendants, et la queue est très-courte. Le pelage d'été est généralement d'un gris fauve, avec une ligne jaunâtre ou ronssâlre sur le dos, el une large lâche de la même couleur sur les fesses; la face interne des membres et le ventre sont d'un roussâlrc clair, ou plutôt même d’un blanc sale. En hiver h» pelage est plus roussâtre en dessus, et le museau, le ventre et la gorge sont blanchâtres; la tache des fesses existe d'ailleurs dans toutes les saisons. Ces animaux vivent, selon Harlan, par troupe de vingt ou trente individus. Ils habitent principalement les montagnes rocheuses de diverses chaînes du nord-ouest de l'Amérique : on les trouve aussi dans la Californie.

Mootox Moiflox a Mor.HETTF.ft. Geoff. S*-Hil., Oris oniaia. U est uniformément d'un beau fauve roussâtre. et se rapproche ainsi par sa couleur générale du Mouflon ordinaire; néanmoins la nuance en est plus éclaircie que chez celui-ci, parce que les poils fauves ne sont pas mêlés de poils noirs, et que. tout au contraire, leur pointe est blanche; ce qui donne même au pelage un aspect tiqueté, lorsqu'on l'examine de près. La couleur que l'on vient d'indiquer est celle de la tète, du corps el des membres presque entiers: cependant le devant des canons et la ligne dorsale ont une teinte brunâtre, et l'on remarque entre les deux jambes, sur la ligne médiane, une tache noire longitudinale; enfin le dessous du corps el les régions internes et inférieures des membres sont de couleur blanche, comme chez te Mouflon ordinaire, toutefois avec cette différence que la portion blanche du corps a beaucoup moins d'étendue que chez celui-ci. Mais ce qui rend celte espèce très-singulière, et ce qui lui a valu le nom de Mouflon à manchettes , ce sont les longs poils qui garnissent les parties antérieures de son corps et de ses membres. Des poils, de six â sept pouces, naissent depuis le tiers inférieur de la jainhe jusqu'au canon, sur les faces antérieure, postérieure el externe de la jambe, el tombent jusqu'au milieu du canon en formant ainsi une parure fort remarquable. En outre, vers l'angle de la mâchoire, il naît de chaque côté une touffe de poils longs de deux, trois ou quatre pouces; el un peu au-dessous commence une bande de poils placée sur la ligne médiane, el qui sc continue jusqu'au tiers inférieur du col, où elle sc bifurque en deux lignes qui vont se terminer vers l'articulation de la cuisse avec la jambe. Ces poils ont un peu avant la bifurcation jusqu'à lin pied ou treize pouces de long; mais, vers le haut du col et vers l'épaule, ils sont beaucoup plus courts et n'ont qu'un demi-pied environ. Leur couleur est généralement celle du corps : seulement ceux qui avoisinent la partie interne de la jambe el du canon sont brunâtres ; et on remarque aussi une ligne de celle couleur sur ceux de la partie antérieure du col. Cet animal, dont la taille est d'un cinquième plus considérable que celle du Mouflon, a la queue longue de sept pouces et terminée par un pinceau de poils. Les cornes paraissent assez petites, eu égard au volume de l'animal, el chez l’individu que possède le Muséum, elles ne sont pas plus grandes que celles du Mouflon, quoiqu'il soit mâle, et

Page 1