‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 102 sur 148 · III'C · texte numérisé non relu

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en revue les divers groupes que renferment les Mucériinées, va se présenter l'occasion de faire connaître la disposition des séminules dans les genres qu’its renferment et la manière dont elles paraissent se former.

Dans les deux premières tribus, celle des Puyi.Uriêes et celle des MecOBftts, les sémiiiules sont évidemment contenues dans l'intérieur des luises ; dans les dernières surtout on voit les filaments transparents et cloisonnés qui les composent se renfler à leur extrémité, de sorte que la dernière cellule forme une vésicule ordinairement sphérique. Celte vésicule est d’abord remplie d’un liquide laiteux, qui bientôt devient grumeleux et forme les séminules, ou dans lequel du moins les séminules se développent à peu près comme les granules qui remplissent les grains de pollen, se forment ou se déposent dans les cellules qui remplissent les loges de l'anthère. Les séminules sont parfaitement libres dans l'intérieur de ces vésicules, aucun filament ne les fait communiquer avec les parois de ces tubes; bientôt la vésicule membraneuse qui les renferme se rompt, et les sporules se répandent au dehors; dans ce cas les sporules, ainsi échappées de l’intérieur de la vésicule, sont évidemment nues; aucune partie de la plante qui les a produites ne les recouvre. Outre la vésicule terminale, dont on vient de décrire le développement, il existe dans quelques genres de la même tribu, tels que les Thammidium , Thetactis, etc., des filaments secoii; daires, beaucoup plus petits que le filament principal, qui porte la vésicule; ces filaments se renflent également à leur extrémité; mais au lieu de former une grosse vessie arrondie, ils ne présentent qu'un petit renflement qui ne parait contenir qu'une seule sporulc. On dirait, dans ce cas, que toute la force végétative s’étant portée sur le filament principal, les filaments latéraux n’ont pu recevoir qu'un développement beaucoup moins considérable : cette disposition est, sous quelques rapports, analogue û ce qui a lieu dans les inflorescences à fleur terminale dans lesquelles celle ci se développe toujours avant les fleurs latérales. Le même mode de formation des sporules que l'on vient de remarquer dans les rameaux latéraux de quelques Mucorée.s, a lieu sur tous les rameaux de beaucoup de genres de vraies Mucédinées, tels que les genres Acremonium , Verticillium , etc., dans lesquels les rameaux se renflent au sommet, et forment une petite vésiculo qui ne paraît renfermer qu'une seule sporule, et qui se détache plus tard des filaments principaux, en entraînant avec elle la partie du tube dans laquelle elle s'est formée et qui lui sert de tégument. C’est ainsi que dans les plantes phanérogames, lorsque l'ovaire est monosperme, il est le plus souvent indéhiscent, et le péricarpe enveloppe la graine, même après qu'elle est détachée de la plante mère. Le mode de formation des sporules, indiqué dans les genres Acremonium et Ferticillium, existe aussi probablement dans plusieurs autres, tels que les Fusisporium , Epochnium, Cladobotryum , dans lesquels cependant on n’a pas vu aussi bien ce développement, mais dont les sporules sont probablement recouvertes par la membrane des filaments, et seraient par conséquent des sporidies (en réservant ce nom aux corps reproducteurs qui sont

I contenus dans une membrane dépendante de lar planCc mère) renfermant une ou plusieurs sporules. Dans d'autres genres ce n'est pas seulement le dernier article des filaments qui sc renfle et renferme les sporules; mais chaque article ou du moins tous ceux qui sont vers les extrémités des filaments se renflent légèrement, s’arrondissent, et le filament prend l'aspect moniliforme; il se développe une sporule dans chacun de ces articles qui bientôt se séparent et forment autant de sporules distinctes recouvertes par la membrane qui composait le filament. Ce inode de formation des sporules s’observe dans les genres Oideum, Acrosporium, Geotrichum; il est probable qu’il existe également dans beaucoup de genres où on a seulement vu des sporules nues et éparses à la surface des filaments, sans qu'on ail pu étudier le mode de développement ; dans un petit nombre de genres de celte famille, ce ne sont point des articles simples qui se détachent pour former les sporidies, mais de petits rameaux cloisonnés et renflés, dont chaque loge renferme probablement une ou plusieurs sporules. Ou observe très clairement celte structure dans le genre Daclylium j il est probable que la même chose a lieu dans les genres à sporidies biloctilaires, tels que les genres Scofickol rich u m et Tricholhecium. Enfin dans quelques genres où les sporules sont beaucoup plus petites que les filaments, et sont en général réunies au sommet des rameaux, il paraîtrait que ces sporules sont sorties de l'intérieur des filaments comme celles des Mucorées; ces plantes ne diffère raient de celles de celle tribu, qu'en ce que les filaments ne sc renflent pas au sommet, et n'ont pas encore offert aussi distinctement les sporules dans leur intérieur; tels sont les genres Aspergillu» , Botryfis, etc. Ces différences dans le mode de développement et de dissémination des sporules, auraient pu certainement fournir de très-bons caractères pour subdiviser le groupe nombreux des vraies Mucédmées; mais malheureusement on manque encore d’observations suffisantes 5 cet égard pour pouvoir se servir de ces caractères, et dans le tableau des genres qui fait partie de cet article, on a suivi en grande partie la division tic Nées d'Esenbeck. qui est fondée uniquement sur un caractère réellement très-peu important, mais qui, d'accord avec le port général de ces petits végétaux, fournil des groupes assez naturels.

Dans la tribu des Byssacécs, les filaments sont généralement plus forts, plus solides, persistants, opaques ou peu transparents, et le plus souvent non cloisonnés. Dans un grand nombre de genres qui fout partie de Cèlle tribu, on n'a jamais observé de sporules, soit que ! quelques-uns de ces genres ne soient que des ébauches ! imparfaites d'autres Champignons, comme on l'a présumé pour les genres Dyasus, Ilimanlia, Dematium, Racodium , Uzonium, soit qu’on ne les ait pas obser- : vées avec assez de suite et d'attention, soit enfin que 1 leurs sporules ne sortent des filaments qui constituent ces plantes que par suite de leur décomposition. Dans plusieurs des genres de celle tribu, on observe cependant des sporules; tantôt ces sporules sont petites, globuleuses, et paraissent sorties de l’intérieur des filaments; tantôt elles sont renfermées daus des sporidies

Digiti;

dv Goc

transparentes, cloisonnées, ressemblant beaucoup à , celles de certaines Urédinées, et qui ne paraissent être ' que des rameaux différemment développés et renfermant les sporules. Un dernier groupe de cette tribu présente une structure analogue à celle des genres /feras- I poriutn , Uideum , etc., de la tribu précédente; les | filaments uionilifnrines se séparent par articles qui for- j ment autant de sporidies, c’est ce qu'on observe dans les i genres Toruht, Monilia , Alteruaria, etc., mais dans i ces plantes chacune de ces sporidies paraîtrait renfermer plusieurs sporules.

La dernière tribu des Mucédinées forme le passage de celte famille à celle des Lycoperdacées d'une part, et à celle des vrais Champignons de l’autre. Jusqu'à présent on a toujours vu ces Cryptogames formées de filaments simples ou rameux, mais toujours libres et non réunis entre eux : dans quelques genres seulement, tels que les Jlacodium , ils sont trèsentrecroisés, mais sans être soudés en une masse régulière. Dans les Isariées qui forment la dernière tribu de la famille des Mucédinées, les filaments, analogues du reste à ceux des autres genres de la même famille, sont réduis soit en membrane, suit en un capitule arrondi, simple ou rameux. sessile ou porté sur up pédicule également formé par des filaments entrecroisés. Ces j filaments soudés plus ou moins complètement deviennent en général libres vers la périphérie, et sont couverts de sporules libres, très-fines ou peut-être de spo- : rklies très-petites; caron n'a jamais suivi leur développement, et on u'n pas déterminé si elles sont d'abord fixées aux filaments, ou si elles sont sorties de leur intérieur. Ce dernier grou;>e des Mucédinées se lie donc d’une part aux Lycoperdacées dont il lie diffère qu'en ce que les filaments se dirigent en divergeant, de manière que les sporules sont éparses à la surface extérieure, tandis que, dans les Lycoperdacées, les filaments extérieurs sont stériles et forment le péridimn, et enveloppent les filaments intérieurs et les sporules que ces filaments supportent; d'un autre cùté, les Isariées se rapprochent des Champignons anomaux ou Irémelloïdcs qui sont privés de tbèqiies; ces Champignons dans lesquels les sporules se trouvent éparses à la surface ou immédiatement sous l’épiderme, ne diffèrent de quelques-uns des genres du groupe des Isariées, que par l'absence complète de toute structure fibreuse.

Voici en peu de mots le caractère de la famille, et le tableau méthodique des genres qu'elle renferme.

Muc6dtxéE9. Mue edi ne s , Link; Uyphomyccte s, Fries; Kematomycelea, Triehomyci , Pers. Sporules simples, nues, portées sur des filaments simples ou rameux. continus ou cloisonnés, quelquefois renfermés dans leur intérieur et formant des sporidies raonospermes ou rarement polysporées.

I. Phyliêbiees. Filaments simples, continus, renfermant les sporules dans leur intérieur, naissant sur les feuilles vivantes.

Taphria, Fries; Erineum, Fries; Jiubigo, Fries; Phylierium, Fries; Cronartium, Fries.

II. MucobIes. Filaments transparents, cloisonnés, fugaces, se rendant à l’extrémité en une vésicule membraneuse, qui renferme les sporules.

Pilobolu g, Pers.; Diamphora, Mari.; Didymoc rater, Mart.; Mneor, Link(iVucorel Iihisopus , Lbrenb.); Ascophora, Tode; Thclactis, Mart.; Thamnidium, Link; Aapergiltua ( Aspergiltus et Polyaetis , Link); Zysytjites, Ehrenl».; Evrotium, Link.

III. MoctDlNtES vr ai es. Filaments distincts ou lâchement entrecroisés, transparents, fugaces, souvent cloisonnés; sporules renfermées dans les derniers articles des filaments qui se séparent à la maturité ou libres à la surface.

§ 1. Botrylidèea. Filaments dressés; sporidies ou sporules ordinairement réunies par groupes.

Aerophylon , Eschw.; Duelylium , Nées; Pénicillium, Link; Botrytia , Link; Cladobolryum , Nées; Slaehylidium, Link; y crticillium , Nées; yirgaria, Nées; Haplaria , Link; Aeladium , Link; Polylhrinciutn , Kunze; Acroaporium , Nées {Alysidium, Kunze).

$ Sporotrichéei. Filaments dccombanls; sporidies ou sporules éparses.

Oideum, Link; Geolriehum, Link; Sporol'richum, l.itik ( Aleurisma , Colla rium, Sporoirichum , Asporoiridium, Link); Bysnocladium , Link; Ensisporium, Link; Arthrinium, Kunze; Seolic hoirie h u m, Kunze; Trichotheclnm, Link; Scpcdonium, Link; Mycogone , Link; Epochnium , Link; Aercmonium , Link.

IV. l!vs9.\r.tE9. Filaments distincts, souvent très-entrecroisés, opaques, continus ou rarement cloisonnés; sporidies éparses à la surface des filaments ou formées par leurs articles.

§ 1. Chloridiéet. Filaments continus ou rarement cloisonnés; sporidies éparses, extérieures.

Acli nocladi H in , Elirciil».; Couoplea, Pers.; Chloridiuttt , Link; Campsotrichum , Elirenb.; Myxotriehum, Kunze ( Oneidium , Nées); Circinotrichum , Nées; Jldicosporium , Nées; Ilelmisporivm , Link (llelminlhosporium, Pers.); Spondylocladium, Mart.

§ 2. Moniliéa. Filaments ou rameaux inonilifurmes; articles se séparant et se disséminant sous forme de sporidies.

Clisoaporium? Fries; Cladosporium , Link; Tant la, Link; Monilia, Link ( Monilia cl J/ormiacium, Kunze); Alternaria , Nées.

§ 3. Byasinces. Filaments continus ou cloisonnés, généralement déenmbants cl entrecroises, dépourvus de sporidies extérieures et ne se divisant pas par articles.

Hclieomycea ? Link; Herpolrichum , Fries; Byasua, Link ( Hypha , Pers.; Hyphaama, Rebent.); Ilimantia , Pers.; Dentalium, Liivk; Hacodium, Link; Amphitrichum, Nées; Gtiotrichum? Eschw.; Haplotrichum? Eschw.; Ozonium, Link; Acrotamnium , Nées; Sarcopodium, Ehrenl».

V. Isariées. Filaments réunis et soudés cuire eux d'une manière régulière et constante; sporules éparses à leur surface.

Allielia, Pers.; Hypoehnus, Fries; Epichysiutn, Tode; Dacryomyces, Nées; Ceratium, Alb.el Schw.; Isaria, Pers.; Coremium, Link; Periconkt , Tode; Cephalotrichum , Link; Slilbum ? Pers.; Tubercularia? Pers.; A t radium? Link ; Calicium? Pers.

MUCIDÉES. bot. Pour Mucédinées. V , ce mot.

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MUCILAGE, bot. On désigne ainsi la matière gommeuse qu'on retire de la graine de Lin, de la racine de Guimauve, des bulbes de Liliacées, des semences de Coings, etc. C'est un état particulier de la Gomme ou plutôt une Gomme non élaborée, qui abonde dans toutes les parties des végétaux de certaines ramilles, comme, par exemple, celles des Malvacées, des Tiliacées, etc.

NCCILAGO. bot. (Lj copcrrfacècs.) Nicheti a donné ce nom à un genre dans lequel il réunissait plusieurs espèces de Lyeoperdacées déliquescentes; son Mucilago (vst ira, pl. 9G, fig. 1, est le Ileticularia Lycoperdon de Bulliard ou Strongilium de Link. Le Mucilago crustacea alba, pl. 9G, fig. 2, parait être le S pu maria Mucilago , de Persoon. Les autres espèces figurées sur la même planche comme appartenant également au genre Mucilago, s'éloignent beaucoup des deux précédentes. La figure 3 parait un Himanlia; les fig. 4, 5, représentent deux espèces de Trichiacées; les fig. G,

8, 9, sont indéterminables. Ce genre Mucilago a été adopté par quelques auteurs, tels que Haller, Gmelin, Adanson; mais les espèces qu’on y a rapportées se rangent ou dans le genre Mpuntaria ou dans les autres genres voisins de la tribu des Fuliginées.

MUCINE. Mucina. bot. Dénomination employée par Th. Saussure, en remplacement de celle de Gliadine ou Albumine végétale.

MUC1QUE. min. y. Acide.

Ml'CO. bot. L’arbre que Læfiing (lier Uinpanicum cl Amcricanutn) a cité sous ce nom, est remarquable par son fruit plus gros qu'un œuf d'Oic, acuminé, recouvert d'une écorce un peu épaisse, et rempli d’une chair blanche bonne à manger, dans laquelle sont nichées des graines ohlongues et réniformes, à cotylédons plissés irrégulièrement. Quoique ces renseignements soient incomplets, Jussieu pense que le Muco pourrait bien être rapporté au Malisia de Huinholdt et Bonpland qui a un fruit à peu près semblable, y. Matisie.

MUCOR. bot. y. Moisissent.

MUCOÜÉES. bot. Seconde tribu des Mucédinées. y. ce inot.

MUCOSO-SUCI1Ë. bot. Deyeux a donné ce nom à une sorte de sucre imparfait, qui n’a point la propriété de cristalliser. Celte matière existe dans un grand nombre de végétaux, et notamment dans les liges du Maïs, avant la formation du grain.

MUCRONË. pois. L'un des noms spécifiques donnés par Lacépède à son Odontognate. y. Cli pe-

MUCRüNÉ, MCCRONËE. bot. Ce mot se dit d’une feuille ou de tout autre organe plan, terminé brusquement à son sommet par une petite pointe, qui parait j être la prolongation d’une nervure.

MUCRONEA. bot. Genre de la famille des Polygonées, établi par Bentham, qui lui assigne pour caractères : involucre uniflore, tubuleux, comprimé, à deux dents arislées et d’inégale longueur; Heurs hermaphrodites, ■ solitaires entre les involucre» et subexsertes; périgone ; herbacé, à six divisions dont trois extérieures et plus grandes; neuf étamines, insérées à la base du périgone; filaments filiformes, subulés cl réunis à leur base; ovaire trigoue, uniloculaire; styles très-courts et au

nombre de trois; stigmates capités; akène triangulaire. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre; c'est une petite plante annuelle, herbacée, haute de six A sept pouces et légèrement velue; les tiges se divisent en rameaux dicholomesel divariqués; les feuilles inférieures sont péliolées, ohlongo linéaires, courlcmenl engainantes à leur hase, avec des bractées amplexicatiles sous les fleurs vers les dichotomies; les fleurs sont stellato-lrilobées, à lobes arrondis et aristulés au sommet; tes in voilures sont sessiles, presque verticillés. On la trouve en Californie.

MUCROMNE. Mucronina. «oï l. Dessalines d’Orbigny a proposé ce genre nouveau dans la classe des Mollusques céphalopodes, pour une coquille de la mer Adriatique, dont les loges déprimées, superposées, enchâssantes , forment un lest couico- cylindrique, avec deux laines latérales et un prolongement terminal.

MUCU. pois. Espèce du genre Trichiure. y. ce mot.

MUCUNA. bot. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi primitivement par Adanson et adopté par De Candolle qui l’a ainsi caractérisé : calice à deux lèvres dont la supérieure large, entière et obtuse, parait formée de deux pièces soudées ensemble, cl dont l'inférieure est à trois lobes pointus. Corolle dont l'étendard est ascendant, 'plus court que les ailes et la carène, et dépourvu de bosses calleuses; les ailes sont ohlongues, la carène droite et pointue. Étamines diadelphes; cinq d’entre elles ont des anthères ohlongues, et les cinq autres alternes où les précédentes les ont ovales et velues. Légume ohlong, tonlieux, bivalve, divisé transversalement par des cloisons celluleuses. Graines arrondies, entourées par une cicatricule linéaire. Ce genre, réuni par Linné aux Doliebos, est un exemple remarquable de la confusion qui s'introduit dans la nomenclature, lorsqu'on ne s'astreint pas aux lois de la priorité. Loureiro le nommait Citta , Ruiz et Pavon ainsi que Kuntli Keg relia, Persoon Stisolobium, Baddi Macroceuttiilcs, Roxburgli Carpopogon, etc. Dans son Histoire des Plantes de la Jamaïque, P. Browne avait constitué à la vérité deux genres sous le nom de Slisolobium et de Zoophtal mum, qui, réunis, sont identiques avec le Mucuna d'Adanson, établi un peu plus lard; mais cette dernière dénomination a été donnée à un groupe mieux circonscrit que ceux de P. Browue, et d'ailleurs elle avait été employée anciennement par .Marcgraaff pour désigner l’espèce principale.

Douze espèces de ce genre onL été décrites par De Candolle (Protlrom. Syst. Peget ., 2, p. 403). qui les a distribuées en deux sections auxquelles il a donné les noms de Slizolobium et Zoophtalmum , dont s’était servi P. Brown»*. Ce sont des herbes ou des arbustes très-longs et sarinenleux, à feuilles piimées-lrifoliécs, â fleurs disposées en grappes axillaires, ordiiiaireuieut pendantes. La plupart ont la gousse hérissée de poils nombreux et très fragiles, qui pénètrent dans la peau et excitent de vives démangeaisons. Tels sont les Mucuna urens et pruricus, espèces distinctes entre elles, et par leurs formes, et par leurs parties respectives; la première croît dans les Antilles et l'Amérique méridionale. et la seconde dans l’Inde orientale. Plusieurs

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espèce» sont aussi remarquables par les énormes dimensions de leurs gousses, et sous ce rapport on peut citer les Afucuna giganiea, clliptica et ptalycarpa , dont les fruits se voient assez communément dans les collections.

NUDA. bot. Synonyme de Nostoc. V. ce mot.

MUE. zool. Les animaux sont à certaines époques de leur vie sujets à deux sortes de cliangeinents^les uns connus sous le nom de Métamorphoses, et les autres sous celui de .Mues. La Métamorphose, Metauwrphosis, est, comme l'indique la composition de ce mol, le changement dans lequel il y a transformation, c'està-dire où la forme nouvelle que revêt l'animal, est différente de celle qu'elle remplace. La Mue, Mutalio, est le changement dans lequel il n'y a pas transformation, c'est-à-dire dans lequel la forme primitive de l'animal s'est conservée. L'altération ou la persistance de la forme primitive de l'animal, est donc ce qui distingue la Métamorphose de la Mue; mais du reste, il n'y a entre l'une et l'autre aucune différence essentielle, aucune autre différence que celle qui existe entre le plus et le moins : toutes deux sont des phénomènes de même ordre, des phénomènes produits par une même cause, c’est-à-dire par une métastase qui dépend elle-même de l'antagonisme de deux artères; en sorte que l'on retrouve encore ici cette loi d’une application si universelle, la loi du Balancement des organes (t/. Intestins et Mammifères). Tel est le véritable |>oint de vue sous lequel doivent être envisagées les ressemblances par lesquelles les Mues se rapprochent des Métamorphoses, et les caractères par lesquels elles s'en distinguent.

Quelles sont les causes de la persistance de la forme primitive dans un cas, et de son altération dans l'autre? C'est que dans le dernier, la métastase se produit à l'égard d'organes d'une haute importance, et qu'au contraire, dans l'autre, elle a lieu entre des organes d'une importance bien secondaire, et qui appartiennent quelquefois au système lëgumenlaire; on peut même dire le plus souvent, parce que le remplacement des dents de lait par celles de la seconde dentition, chez les Mammifères; la reproduction annuelle d’un nouveau bois chez les Ruminants à prolongements frontaux caduques, et quelques autres phénomènes de même ordre, sont de véritables Mues. Une autre différence qu’eni rainent les définitions précédemment données, est la suivante : dans la Mue comme dans la Métamorphose, il y a bien métastase d'un organe à un autre ; mais dans le premier cas, le nouvel organe est essentiellement analogue à celui qu'il remplace, et il y a toujours entre le premier et le second, sinon une similitude parfaite, du moins beaucoup de ressemblance : ainsi un poil ou une plume est toujours remplacé par un poil ou par une plume, et la différence qui peut exister entre la couleur, ta grandeur et la forme même de l'un et de l'autre, n'empêche pas qu’il n’y ait entre eux, non-seulement de l'analogie, mais même beaucoup de ressemblance. De même une dent de la seconde dentition, quelque différente qu'elle puisse être de la dent de lait à laquelle elle a succédé, a toujours avec elle beaucoup de rapport; et le Cerf, dont le bois a déjà

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quelques nndouillcrs. diffère encore peu du Daguet. Au contraire, dans la Métamorphose, la métastase s'effectue, du moins le plus souvent, à l'égard de deux organes entre lesquels il n’y a pas d’analogie, et entre lesquels on ne peut trouver d'autre relation que celle qui existe entre deux organes dépendant du même appareil, et appartenant à la même fonction; encore peut-on très-bien concevoir une métastase entre deux parties étrangères l'une à l'autre, même sous ce dernier point de vue. Enfin, dans la Mue, et cette dernière différence n’est en quelque sorte qu’un simple corollaire de la précédente, les deux organes à l'égard desquels se fait la métastase, ont la même position, et l'un se développe à la place qu'occupait l'autre, ou du moins près de celte place, en sorte que tous deux se ressemblent autant par leur position que par leur essence. Au contraire, il n'en est point ainsi de la Métamorphose, comme le montre si bien l'exemple des Batraciens Anoures, chez lesquels la métastase a lieu delà queue aux membres. On ne saurait en elfet imaginer entre deux organes une différence de position plus grande que celle qui existe entre le prolongement caudal, placé sur la ligne médiane et appartenant à la colonne vertébrale, et les membres, appendices situés latéralement : remarquons d'ailleurs que ces derniers sont appelés à remplir la même fonction que remplissait primitivement la queue, et qu'ils appartiennent au même appareil (celui de la locomotion), comme ou a Vu qu'il en était ordinairement.

Il y a donc des différences notables entre la Mue et la Métamorphose; mais cela n'empêche pas que ces deux phénomènes ne soient produits par la même cause, et souvent de la même manière ; et l’on pourrait dire que la Mue n'est qu'une sorte particulière de Métamorphose, si la composition étymologique de ce mol permettait de le détourner de l'acception dans laquelle on le prend ordinairement. Celte analogie est même si réelle, que les considérations générales présentées dans l’article Métamorphose (F. ce mot), sont presque entièrement applicables aux phénomènes de la Mue.

Sans tenir compte de toutes les différences qui viennent d'ëlre signalées, on se sert ordinairement duinol Mue à l’égard des Vertébrés supérieurs, les Mammifères et les Oiseaux, et du mol Métamorphose à l'égard des Insectes, parmi les Invertébrés, et des Batraciens, parmi les Vertébrés inférieurs : on ne sait pas en effet si ces derniers muent, et on ne croit pas que les premiers se métamorphosent. Cependant, comme on le verra, la Mue présente des faits très-curieux chez les Invertébrés; et, d'une autre part, les Vertébrés supérieurs et l'Homme lui-même se métamorphosent aussi bien que ceux-ci : c’cst ce qui a déjà été dit par plusieurs auteurs, et ce qui a déjà été démontré dans ce Dictionnaire ( Mammifères) en rapportant les intéressantes observations de Serres sur les transformations de l'embryon de l'Homme et de tous les Mammifères sans queue. On voit donc combien est peu fondée l'opinion vulgaire, suivant laquelle on n’observerait que de simples Mues chez les Vertébrés supérieurset chez l'Homme . ceux-ci se métamorphosent aussi bien que les Batraciens, c’est-à-dire, qu'ils subissent, aussi bien que ces

MUE

Sifl

derniers, des changements dans lesquels la forme pn- Oiseaux. La blancheur de la fourrure d'hiver semble milive éprouve d'importantes modifications. Bien plus, destinée par la nature à diminuer l'intensité du froid ; lorsque Geoffroy Saint-Hilaire, Serres, Meckel. Tiede- on sait en effet depuis longtemps, par l’expérience, que manu, et quelques autres zootomistes. auront complété les vêtements blancs, plus frais que ceux de toute autre leurs recherches sur la ressemblance primitive de l'em- couleur pendant les chaleurs de l'été, sont au contraire bryon et du fœtus des animaux supérieurs, avec les êtres les plus chauds pendant les temps froids; et la physi-

des degrés inférieurs, on sera peut-être même obligé que a donné de ces faits une excellente explication fon-

d’admcltre, que de toutes les classes du règne ani- dée. sur les recherches de Rumford et de Leslie,

mal, les plus élevées en organisation sont précisément Parmi les animaux des pays froids chez lesquels la celles qui subissent les métamorphoses les plus nom- Mue des saisons produit des changements notables, hrcuses et les plus complètes : résultat directement il faut encore citer quelques races ou variétés de contraire à ce que pouvait faire supposer l’opinion Chevaux chez lesquelles le poil, court et entièrement générale, et qui pourra paraître singulier au pre- lisse en été. devient en hiver très-long et frisé : tel est inicr abord. En effet, chez le Mammifère, par exem- le Cheval de Norwège. Au contraire, chez les Mammiple, toutes les Métamorphoses se faisant avant la nais- fèrrs des pays chauds, le pelage est le même avant et sance, elles ne peuvent être aperçues que lorsqu’on après la Mue, ou du moins ne diffère pas sensiblement; vient à remonter jusqu'aux premiers jours de la forma- et c'est en vain que la philosophie des causes finales lion de l'être; et tous ceux qui se contentent de l’élu- chercherait à ce phénomène des motifs d'utilité qui dier lorsque, jeté dans le monde extérieur, il devient pussent compenser les souffrances et les dangers dont facilement accessible à l'observation, ne peuvent plus il est l’occasion. En effet le temps de la Mue est pour voir en lui qu'un animal sujet à de simples Mues. beaucoup d'animaux un temps de malaise et de mala-

Ces considérations générales sont propres à bien faire die; et on voit même, dans les grandes ménageries, concevoir les phénomènes de la Mue dans leurs rap- périr à cette époque un assez grand nombre d’indiviporls avec ceux de la Métamorphose; voici maintenant dus, surtout parmi ceux qui, récemment éloignés des quelques autres remarques. On peut distinguer deux pays où ils ont pris naissance, n’ont point encore pu sortes de Mues, celles qui s'effectuent au passage d’un s'acclimater dans leur nouvelle patrie, âge à un autre, et celles qui s’effectuent au passage C’est au printemps et à l'automne que se fait la Mue d'une saison à une autre. Ces dernières sont peu sou- chez les animaux sauvages, et elle a lieu chez eux |»é- • sibles dans quelques espèces; elles produisent chez quel- Modiquement et d’une manière régulière : mais il n'eti ques autres des changements d'une haute importance, est plus de même chez plusieurs espèces domestiques. Ainsi l'on sait que beaucoup d'animaux blanchissent en et particulièrement chez celles que leur genre de vie hiver, et qu'un très-grand nombre d'Oiseaux revêtent soustrait aux rigueurs du froid, et pour lesquelles les à l'approche de la saison d'amour de riches parures soins de l'Homme ont rendu inutiles les précautions qu'ils dépouillent bientôt après. Delà d’immenses dif- prises parla nature; ainsi les Chats et les Chiens qui viférences entre le plumage de deux individus de la vent dans nos maisons, n’ont pas d'époques de Mue même espèce, pris à différentes époques de l’année : bien marquées, ou, pour parler plus exactement, ils

de là aussi une source de graves difficultés et d'erreurs muent pendant presque toute l'année. Tel est aussi le

sans nombre pour ceux qui aborderaient l'étude de cas de l’Homme lui-même, chez lequel il n'y a que des

l'ornithologie sans une sage défiance. C'est ainsi qu'un Mues partielles, parce que ses vêtements et son genre très-graiid nombre d'espèces nominales avaient étééla- de vie le mettent à l’abri des variations de la teinpérahlies dans le Sjslcma naturœ, faute dans laquelle il lure, et que son régime de nourriture est à peu près le

était impossible de ne pas tomber dans un temps où même en tout temps de l’année. Ainsi il n’y a pas pour

l'on manquait encore presque entièrement d'observa- l'Homme de saison de Mue, de même qu'il n'y a pas lions exactes, mais dont on peut espérer que la science pour lui de saison d'amour; deux époques qui, dans la sera préservée à l'avenir par les travaux de Tetnminck, plupart des espèces, se trouvent liées par les rapports de Vieillot, de Bâillon, et de plusieurs autres ornilholo- les plus intimes, et dont l'une est constamment amenée gistes distingués. par l'autre.

La Mue, chez les Mammifères, ne produit point or- ^ Les Mues qui s’effectuent au passage d’un âge à l’audinairemenl de changements bien remarquables : seu- Ire, ont beaucoup d’analogie avec celles dont il vient lemeul le poil, pendant l'hiver, est souvent plus touffu, d’être question; en effet, chez les Oiseaux, par exetnplus fin et plus moelleux, ce qui s'observe surtout chez pie, le mâle, en hiver, ressemble, dans beaucoup d’esles animaux des pays froids, et ce qui fait que les-four- pères, au jeune; et le premier, lorsqu’il prend le plu-* ru res de celle saison sont ordinairement plus recüer- mage d'été, subit à peu près te même changement que le chées que celles d'été (ér. Marte). On trouve cepen- second, lorsqu’il prend les couleurs de l’adulte. On voit danl des modifications beaucoup plus remarquables donc que les deux sortes de Mues méritent d’être éluchez les espèces qui blanchissent dans la saison froide, diées avec la même attention et le même soin par les tels que l'Hermine, le Lièvre variable, et plusieurs au- | zoologistes, et surtout par ceux qui s'occupent plu* 1res, dont le poil d'hiver est ainsi entièrement différent j spécialement d'ornithologie. C’est en effet à l'égard des de celui d’été : cependant les parties noires du pelage Oiseaux, celle classe dans laquelle il n’y a le plus souconservent ordinairement la même couleur pendant veut d'autres caractères spécifiques que ceux fournis toute l'année, chez plusieurs Mammifères et quelques par les couleurs des parties légumcntaircs, qu'il de-

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vient très-important de constater les modifications qui i peuvent être pour elles des résultats d'une différence d’âge.

Les jeunes des deux sexes ressemblent ordinairement chez les Oiseaux à la femelle adulte, et leur plumage est aussi ordinairement beaucoup moins orné que relui du mâle. Chez les Mammifères le contraire a quelquefois lieu : car d'une part les jeunes des deux sexes ressemblent dans certains cas au mâle adulte, comme cela a lieu chez le Maki Vari (Z'. Maki); et d’une autre part, la livrée du premier Age est le plus souvent un ornement que l’animal perd avec l'Age pour prendre des couleurs plus simples et plus uniformes; c’est ainsi que les Faons de presque toutes les espèces tie Cerfs, les Lionceaux, les jeunes Couguars, les jeunes Sangliers et les jeunes Tapirs ont le pelage varié de deux couleurs disposées de la manière la plus agréable à l'œil et la plus gracieuse, tandis que les adultes de leurs espèces sont unicolores. Il est à observer que dans le cas de l’existence d’une, livrée, les jeunes représentent d’une manière transitoire ce qui a lieu dans d'autres espècesdu même genre d'une manière permanente. C’est ainsi que les taches de livrée sont noires chez les Lionceaux et blanc lies « liez les Faons de Cerfs, de même que la plupart des Chats sont rayés ou tachetés de noir, et que l’Axis et plusieurs autres Cerfs le sont de blanc. On pourrait même à l’égard de ces dernières espèces, au lieu de dire qu’elles ne portent pas de livrée dans leur premier Age, admettre qu'elles conservent leur livrée pendant toute la durée de leur vie.

On voit par ces exemples qu’il existe de très-grandes différences entre les jeunes et les adultes dans la même espèce; c’est par un certain nombre de Mues (nombre , variable suivant les familles et les genres) que ces différences s’effacent peu à peu, et que le jeune prend les caractères de l'adulte. L'histoire de chaque classe et de chaque espèce fera connaître ce qui concerne j chacune d'elles, et l’on se bornera ici A une seule remarque sur les Mues considérées d'une manière généralc chez les Oiseaux.

On dit ordinairement que le jeune des deux sexes a les couleurs de la femelle; peut-être serait-il plus vrai en théorie de dire que la femelle a les couleurs du jeune. En effet, le plumage qu'on nomme ordinairement le plumage du mâle, parce que le mâle le présente seul pendant presque toute la durée de sa vie, appartient véritablement aux deux sexes.

On a observé, en effet, que dans leur vieillesse, et après qu'elles ont cessé de pondre, les femelles d'un grand nombre d’espèces perdent le plumage propre à leur sexe pour prendre celui de leurs mâles, auxquels ! elles peuvent, après un certain nombre de Mues, devenir parfaitement semblables. Ces faits fort curieux font voir dans la femelle un être qui conserve, pendant presque toute la durée de sa vie, la livrée du premier Age, cl citez lequel les parties excentriques ont été arrêtées dans leur développement, parce que le sang s’est détourné de la circonférence pour se porter sur les ; organes génitaux; et cela est si vrai, que c'est toujours ! vers le temps de la cessation des pontes que la femelle ! subit ces changements. A celle époque les afflux san-

guins ne se font plus sur l’ovaire, cl le fluide nourricier peut enfin reprendre le même cours que chez le mâle : à celte époque aussi la vieille femelle se retrouve dans les conditions du jeune mâle, au moment de la Mue; les développements de son plumage, interrompus si longtemps, se continuent de nouveau, elaprès un certain nombre d'années, elle a acquis les couleurs, les parures et tous les caractères que l’on regarde ordinairement comme propres à l'autre sexe.

Dans les animaux sans vertèbres, la Mue est lin phénomène général, mais qui n’esl pas également sensible chez lotis. Eli effet, si la peau est très-peu consistante et très-mince, si le renouvellement s’effectue sans que l’animal paraisse eu souffrir, s’il ne s’opère pas à des époques déterminées, on conçoit qu’il ne pourra être apprécié que très-difficilement ; aussi n'admet-on de Mue proprement dite que dans certaines classes d’animaux sans vertèbres, particulièrement dans ceux qu'on désigne sous le nom d’Arliculés. L'accroissement périodique de la coquille dans les Mollusques, et des enveloppes calcaires cornées ou tout à fait molles des Zoophytes, bien qu’il indique d’une manière graduelle les différents Ages de ces animaux, ne saurait être rapporté au phénomène dont il s'agil. Il forme une classe à part.

La Mue, dans les animaux articulés, a lieu toutes les fois que le corps a acquis plus de volume que ne le comporte l’enveloppe extérieure; celle-ci alors se déchire et fait place A une autre peau qui, plus tard, sera remplacée par un nouveau tégument, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'animal ail atteint son dernier degré de croissance, ou, en d’autres termes, qu'il soit devenu adulte. Dans cet intervalle plus ou moins long, on remarque souvent des changements d'un même ordre, mais plus marqués et qu'on désigne sous le nom de Métamorphoses. Il n’est question ici que du renouvellement de la peau; l’animal reparaissant toujours à peu de chose près, sous la môme forme. C’est particulièrement dans les Crustacés, dans les Arachnides et dans les Insectes, que ces changements de peau ont été observés.

Les Crustacés, comme tous les animaux, subissent des métamorphoses, mais elles ont lieu généralement dans l'intérieur de l’œuf, de sorte qu’à leur naissance ils ont une forme bien déterminée. Toutes les modifications qu’ils éprouvent ensuite ne consistent plus qu’en des Mues successives, qui s’effectuent A des époques différentes et A des intervalles plus ou moins éloignés. C’est ordinairement vers le milieu du printemps que les Crustacés décapodes opèrent le renouvellement de leur (est. Ils cherchent un lieu tranquille et abrité, puis A la suite de violents efforts, ils viennent à bout de se débarrasser de leur enveloppe. Plusieurs périssent dans la durée de l'opération. Ceux qui y résistent ne sont plus recouverts que d’une peau mince et très-molle qui ne tarde pas A devenir aussi solide que l'ancienne. Quelques espèces, telles que les Tourlourous, subissent leur Mue dans des terriers qu'ils creusent eux-mêmes, et dont ils bouchent avec soin l’entrée; ils y restent plusieurs semaines. La Mue a surtout été observée dans les Écrevisses. On ne reproduira pas ici ce qui a

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