‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 103 sur 148 · H IJ E · texte numérisé non relu

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cl»; dit à cet article- Dans les Branchiopodes, les Mues sont fréquentes et très- rapprochées. Dans les Monocles elles son! très -laborieuses. Jurine, qui a traité fort au long riiistoirc du Monocle Puce , démontre que l'animal semble 1res- souffrant pendant la durée de l'opération. «Quand il veut quitter sa dépouille, ajoutet-il, il se fixe avec les bras contre une tige de Conferve ou descend nu fond du vase, et y reste dans la plus grande tranquillité. En l’observant de près, on ne larde pas à lui voir soulever son capuchon et l'écarter ainsi du reste de la coquille; le cou pénètre dans celle ouverture, et en un clin d'œil la tête a déjà abandonné sa vieille enveloppe. Mais un travail plus pénible et plus surprenant attend ce petit animal qui doit faire sortir de leurs fourreaux les bras ramifiés, les pattes chargées de tant de filets, les mandibules avec leurs dépendances. Quoique cette opération puisse paraître difficile à concevoir, elle se fait néanmoins avec une telle célérité qu’il ne faut pas perdre un instant de vue le pulcx pour en être le témoin. I.a nouvelle coquille est transparente et nette; son guilloché parait trèsbien; l’animal, loin d'être fatigué, est d'une vivacité étonnante ; d'un coup de bras, il s'élance plus loin qu'il ne le faisait auparavant; en un mot, il jouit de toute l’agilité dont il peut être susceptible. »

Les Mues sont peu variables dans leur marche. Le petit Monocle, en général, depuis le moment de la naissance jusqu'à l’âge adulte, c’est-à-dire jus(|u’au moment où il est apte à la fécondation, en subit au moins trois. Ordinairement, c'est entre la troisième et la quatrième que naissent les petits. Immédiatement après la ponte, l'animal renouvelle encore son enveloppe; il répète celle opération jusqu'au moment de la mort, et tout cela, dans un espace de temps très court, car des individus nés le 30 juin étaient déjà arrivés à leur huitième Mue le 19 juillet. Dans la saison froide, la inarche des Mues est infiniment retardée; elles n'ont lieu qu'à des intervalles de dix Jours.

Les Arachnides possèdent aussi la faculté de reproduire leurs membres, pourvu que la rupture ait eu lieu primitivement à la base de la patte, ou que l'animal ait pu détacher le moignon vers ce point, sans quoi l’Araignée ne tarde pas à périr par suite de l'hémorragie qui se déclare. Les expériences curieuses de Lepelletier ne laissent aucun doute à cet égard, il a observé : 1° que les membres des Araignées peuvent se reproduire quand ils sont arrachés; 2» que celte reproduction n'a lieu qu'mitant que lu membre a été emporté dans toute son intégrité jusqu'à la base non mobile, qu'autremenl il survient une hémorragie qui fait périr l'animal dans le courant de la journée; 5° que la patte naît d'abord plus grêle, mais avec toutes ses pièces ou articulations, et que plus lard elle atteint Id longueur des autres membres. Un autre résultat curieux, et qu'on ne doit pas négliger de remarquer, c'est que le renouvellement du membre n'a lieu qu'à l'époque de la Mue. Les Arachnides sont doue sujettes aussi à des Mues, c'est-à-dire à un renouvellement total de leur enveloppe extérieure; et ces changements, qui se reproduisent, indiquent les différents degrés de leur croissance; enfin elles deviennent aptes à la fécondation, et après la ponte elles sc

dépouillent encore au moins une fols de leur peau. Degéer (Mém. sur les Insectes, l. vu, p. 183) a décrit la manière dont s’exécule celle opération importante. Ces détails sont trop concis pour être tronqués. « J'ai eu un jour occasion, écrit -il, de voir une petite Araignée occupée à se défaire de sa vieille peau, étant suspendue par le derrière à un fil de soie, comme elles le sont alors toujours; j'observai d’abord que la vieille peau s'était fendue tout le long du milieu du corselet, cl que le corps fut d'abord tiré hors de l'ouverture de cette fente; après quoi l'Araignée tenait les pattes élevées en haut et étendues en ligne droite, les unes tout près des autres en paquet, ayant le dos dirigé en dessous, ou tourné en bas. Ensuite elle tira peu à peu et lentement toutes les pattes à la fois de leurs enveloppes, continuant toujours de les tenir dirigées en haut et en ligne droite et parallèles les unes auprès des autres, parce qu'alors elles étaient encore trop faibles pour être mises en mouvement. Quelques instants après elle les pliait et les appliquait contre le, corps, restant cependant longtemps dans cette dernière posture, et toujours suspendue au fil qui partait de son derrière; mais enfin elle commençait à se donner des mouvements et à marcher. « On peut dire que dès ce moment la Mue était achevée, car il ne se montre plus ensuite d’autres phénomènes que le durcissement graduel de toutes les parties du corps.

La Mue est surtout sensible dans les insectes, mais elle n'a lieu que dans leur premier âge, et depuis l'instant de leur naissance jusqu'à celui où ils subissent | leur métamorphose. C'est donc particulièrement à l'état ! de larve qu'on l'observe, et ce sont les chenilles qui. i sous ce rapport, ont été le mieux étudiées. Les nia la - ! dies ou changements de peau du Ver à Soie sont par- ! faitemenl connus dans leur nombre, leur durée, et dans les phénomènes qu'ils présentent. Ne pouvant exposer en détail les particularités de la Mue dans les larves, ou se bornera à en relater les phénomènes principaux, en prenant pour objet de cet examen les chenilles. La plupart renouvellent leur peau trois ou quatre fois; mais il en est qui en changent jusqu'à huit et neuf fois avant leur transformation en chrysalide. De même que dans les Crustacés et les Arachnides, la dépouille offre toutes les parties extérieures du corps que présente l'animal; un jour ou deux avant celte grande opération, la chenille cesse de prendre de la nourriture. Plusieurs espèces sc mettent à couvert dans des sortes de nids ou sur des toiles qu'elles se pratiquent avec art. tandis que d'autres restent à découvert. Bientôt elles perdent l'usage de leurs membres, et n’ont plus que des mouvements généraux de la partie antérieure de leur corps qu'elles redressent quelquefois avec brusquerie, en même temps qu'elles gonflent et resserrent les anneaux de leur corps, cl l’agitent de manière à décoller petit à petit la peau qui les recouvre. Celte peau qui a déjà perdu ses couleurs, ne tarde pas à se dessécher, cl lorsque l'animal gonfle de nouveau son corps, elle commence à sc déchirer sur le milieu, vers le point qui correspond au deuxième ou au troisième anneau; la fente gagne la tète, et se prolonge en arrière presque sur le quatrième anneau. Elle s'csl ainsi aug-

méritée successivement parce que la larve a d'abord fait sortir en entier la partie antérieure de son corps; dès lors il lui devient assez facile d'opérer complètement sa dépouille en contractant successivement, et en ramenant en avant ses anneaux postérieurs. La nouvelle peau est reconnaissable à la vivacité de ses couleurs, elle est couverte de poils tout formés; on remarque à cet égard que ces prétendus poils n'étaient pas renfermés dans ceux qui garnissent l'ancienne dépouille, car une chenille à laquelle on enlèverait tous ses poils quelque temps avant la Mue, n'en serait pas moins velue après son changement d'enveloppe. Audouin et Milne Edwards ont constaté ce fait dans les Crustacés, et ils en ont démontré anatomiquement la cause. Les phénomènes de la Mue offrent donc dans les Crustacés, les Arachnides et les Insectes, où ils sont particulièrement inappréciables, une similitude parfaite qui se reproduit presque dans les moindres détails.

Ml’ET. ois. Synonyme vulgaire du Tétras des Saules. y. Tétras.

MUET. rept. Serpent du genre Scytale.

MUFLAU, MUPLEAODE, MUFLE DE VEAU, DE BŒUF, DE CHIEN, DE LOUP, etc. bot. Noms vulgaires de Y Antfrrhinum majus. Mcflier.

MUFLE, mar. On désigne sous ce nom celte portion de la peau, nue cl percée d’un grand nombre de pores muqueux, qui termine le museau chez un grand nombre de Mammifères, et dans laquelle’se trouvent placés les orifices des narines. Son existence ou son absence sont caractéristiques pour quelques genres. Son étendue présente d'ailleurs d’importantes variations, suivant les groupes où on l'étudie; ce qui a fait distinguer plusieurs sortes de Mufles, telles que le Mufle proprement dit, le sous-Mufle et le demi-Mufle.

MUFLIER. Antirrhinum. bot. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiosperinie, L., ainsi caractérisé : calice divisé en cinq folioles ovales et persistantes; corolle monopétale, irrégulière, luhuléc, ventrue, ayant à sa base une bosse ou protubérance obtuse; le limbe est à deux lèvres: la supérieure bifide, l'inférieure (rifide, sur laquelle est un renflement convexe qui tient close l’entrée de la corolle; quatre étamines didynames, à anthères biloculaires; ovaire supérieur presque arrondi, surmonté d’un style simple, de la longueur des étamines, et d'un stigmate obtus; capsule oblongue, ovale, oblique à la base, s’ouvrant au sommet par trois trous peu réguliers, à deux loges renfermant un grand nombre de graines membraneuses sur les bords. Le nom de Muflier a été donné à ce genre, à cause de la singulière ressemblance que les corolles de la plupart des espèces offrent avec le mufle d'un Lion ou d'autres animaux. Linné y avait réuni le genre Linaria de Tournefort, c'est-à-dire toutes les espèces inunies d’un long éperon à la base de la corolle. Jussieu et la plupart des botanistes modernes en ont de nouveau prononcé la séparation. Divers genres ont même encore été formés aux dépens de V Antirrhinum de Linné; ainsi r^uarrWnu») de Desfontaines, le Nemesia de Ventenal, Y A sa' rima de Tournefort rétabli par Miller, ont pour types des plantes confondues avec les Antirrhinum. Le der- ■

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