‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 115 sur 148 · TA Y R · texte numérisé non relu

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aucune ne se présente à l’état herbacé; leurs feuilles j sont le plus souvent opposées, quelquefois alternes, ! toujours dépourvues de stipules, entières ou à peine ; dentées, munies d'une nervure longitudinale, qui émet des nervures latérales pennées; celles ci se réunissent un peu avant le bord ou vers le bord pour former une sorte de petite nervure marginale; ces feuilles et souvent aussi les écorces ou les calices sont le plus habituellement munis de glandes transparentes pleines d'huile essentielle : ces glandes ne sont pas visibles par transparence, quand le tissu des feuilles est trop coriace; elles paraissent manquer complètement dans quelques genres qu'il est d’ailleurs impossible de séparer complètement des genres à glandes transparentes. L’inflorescence est variée dans cette famille; le plus • souvent les pédoncules naissent à l’aisselle des feuilles, , et se divisent en trois pédicelles uniflores ou en trois branches qui sont elles-mêmes uniflores; dans ces deux cas. les fleurs centrales sont le plus souvent sessilcs et i fleurissent les premières. Cette disposition de fleurs, | qui semble normale dans la famille, se modifle en ap- | parence quand les pédoncules sont uniflores; mais i alors même on reconnail le type normal, parce que fa fleur unique porte deux bractées au sommet du pédicelle. On trouve aussi des Myrlacées à fleurs en grappe ou en épi; mais dans ces cas, les fleurs latérales sont le plus souvent opposées et se rapprochent souvent par leur disposition des véritables cymes. Les fleurs sont blanches ou rougeâtres, jamais ni jaunes ni bleues. Celles du Myrte commun en donnent assez bien l’idée.

Les Myrlacées sont presque toutes originaires des pays situés entre les tropiques; quelques-unes, telles que le Myrle commun, les Pliiladelphua cl le Decumaria, s'avancent dans l’hémisphère boréal, jusqu’aux régions tempérées. Le Myrte à feuilles de Numinulaire va dans l'hémisphère austral, jusqu'aux Iles Malouines. La Nouvelle-Hollande produit un grand nombre d’espèces de cette famille.

L’ordre des Myrlacées est composé de cinq tribus, dont voici rénumération et les caractères généraux.

I™ tribu. Cb ai tLAUr.it es. — Fruit sec, à une loge, même à l’état d’ovaire. Plusieurs ovules attachés à la hase de la loge, à son centre ou à un placenta court et central. Cinq lobes au calice. Cinq pétales ou point. Étamines libres ou polyadelphes. quelques-unes sessiles. Deux bracléoles opposées sous la fleur, tantôt libres, tantôt soudées en une sorte d'opercule. Feuilles opposées, entières, ponctuées. Sous-arbrisseaux tous originaires de la Nouvelle -Hollande et dont le port rappelle celui des Bruyères. C'est ici qu'appartiennent les genres Calylhrix, Labill.; Chawœlaucium, Desf.; Pilcanthus , Labill.; Genetyllia et Ferticordia du professeur De Candolle.

Il* tribu. LcFTosPEEMtss. — Fruit sec, déhiscent, à plusieurs loges. Graines attachées h l’angle interne des loges, dépourvues d'albumen et d’arille. Lobes du calice et pétales au nombre de quatre à six ; étamines libres ou polyadelphes. Feuilles opposées ou alternes, le plus souvent ponctuées. Inflorescence variée. Arbrisseaux ou arbres, tous de la Nouvelle -Hollande.

Cette tribu se sous-divise selon la liberté ou la soudure des étamines. Les genres à étamines polyadelphes sont : Beau fort ia , Br.; Caloihamnua, Br. (dont le BUliottia de Colla fait partie); 7 'ristania, Br.; Aatartea, DC.

( Mclalcuca faacicutaris, Labill ); Melaleuca, Forai., et Eudesmia , Br. Ceux à étamines libres sont : Eucalyptus, L’Hér.; A ugophora , Cav.; Calfistemon, Br.; Melrosiderns , I..; Leptospermum, Forst.; Fabricia , Gærln.; et Beckea , L., dont te Jungia et Y Imbricaria font partie.

III* Iribu. Mtrtées.— Fruit charnu, à plusieurs lobes au moins dans la jeunesse. Graines sansalhumen et sans arille. Lobes du calice et pétales au nombre de quatre ou cinq. Étamines libres. Feuilles opposées, munies de glandes transparentes, visibles quand le tissu n’est pas trop opaque. Pédoncules axillaires,uniflores. avec deux bracléoles, triflores ou Irichotomcs et en cyme. Arbrisseaux presque tous originaires des régions interlropicales. Ce groupe, qui fait le centre de la famille, se compose d’un grand nombre de genres presque tous nombreux eu espèces, savoir : Eugenia de Micheli, qui comprend le Greggia de Gærtner, YOlynthia de Lindley, et probablement le Guapnriutn de Jussieu; Juin basa, Adans.; Actnena , DC. ( Metrosideros floribunda , Smith); Sisygium, Gærln., non P. Browne; Calyptranthes, Swarlz ; Caryophylltis, L.; Myrcia , UC. (qui comprend les Myrtes et Eugcnias, des auteurs, à cotylédons foliacés et contorlupliqués); Myrtus, L.. Gærln ; Nelilria, Gærtn.; ('ampomanesia, Ruiz et Pav.; Psidium, L.; Sonneratia, Lin. fils. A ces genres qu’on peut considérer comme suffisamment connus, il faut joindre les suivants dont les graines sont inconnues, et sur lesquels par conséquent il est nécessaire d’appeler l’attention des observateurs, savoir : Catinga , Aultl.; Petalotoma, DC. ( Dintouta , Lour); Fœtidia , Comm.; Coupoui, Aubl.; Careya , Roxb.; Gtaphyria , Jack.; Croasostylis, Forst.; G nas. L. Ce» deux derniers, rejetés par les auteurs dans des familles fort différentes. paraissent devoir se rapporter ici. à cause de leur calice adhérent à l’ovaire, mais méritent ainsi que les précédents un nouvel examen.

IV* tribu. BARRincTOXitES. — Fruit sec ou charnu, toujours indéhiscent, à plusieurs loges. Lobes du calice et pétales au nombre de quatre à six, égaux entre eux. Étamines nombreuses sur plusieurs séries, à filets monadelphes par la base en un anneau court et égal dans tout le contour de la fleur. Feuilles le plus souvent alternes et non ponctuées. Fleurs en grappes ou en panicules. Arbres des régions équinoxiales de l'ancien et du nouveau continent. Il faut rapporter ici les genres : Dicafyx, Lour.; Straradium.hiM.; Barringtonia, Forst.; et Gustavia, Lin., ou Pirigara, Aubl.

V* tribu. LtCYTHiDtEB. — Fruit sec, s’ouvrant transversalement, à plusieurs loges au moins dans sa jeunesse. Lobes du calice et pétales au nombre de six; ces derniers un peu inégaux et légèrement réunis par la hase. Étamines très-nombreuses, monadelphes, réunies en un anneau très-court d’un côté, très-long et trèsépais de l'autre. Feuilles alternes, non ponctuées, peutêtre munies de stipules dans leur jeunesse. Fleurs eu grappes axillaires et terminales. Arbres originaires des

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parties équinoxiales de l’Amérique. Les genres Couratari , Couroupita, Berihottetia cl Lecythis forment celte tribu.

Les cinq tribus précédentes sont tellement distinctes, que la plupart pourraient être considérées comme des familles; celle opinion serait surtout applicable:

10 Aux Chamélauciées qui par leur ovaire uniloculaire s'approchent des Coinbrétacées; mais leur port, leurs feuilles ponctuées et la structure de leurs fleurs les rattachent aux Myrlacées. La structure interne de leurs graines, lorsqu’elle sera connue, viendra confirmer ou infirmer ce rapprochement;

2® Aux Lécylhidées que quelques botanistes distingués ont considérées comme une famille à raison de leurs fleurs irrégulières et à six parties, et de la structure de leur fruit; mais les Barringtoniées établissent un passage trop prononcé des Lécylhidées aux Myrlées, pour qu'il paraisse facile de les séparer. Les Lécythidées touchent aux Nhandirobées par la structure de leur fruit.

11 résulte de l’ensemble des caractères précédents, que les Myrlacées diffèrent des Calycanlhées et des Coinbrétacées par leur embryon dont les lobes ne sont jamais roulés l’un sur l’autre; des Mélaslomées par la structure des étamines et des anthères; des Rosacées par les styles uniques ou plutôt tous soudés en un seul; des Lylhraires par l’ovaire adhérent; des Onagraires par le grand nombre des étamines, et de toutes ces familles par la présence au moins très-fréquente des glandes transparentes de leur tissu.

Ces glandes, pleines d'huile essentielle odorante, donnent à celles des Myrlacées qui en sont abondamment pourvues, une odeur aromatique, et des propriétés stimulantes qui ont rendu plusieurs d'entre elles célèbres. soit comme plantes d'agrément, soit pour leurs propriétés médicales.

On doit observer que l’embryon des Myrlacées présente des formes très-diverses, et ce qui est remarquable, que ces formes diverses se retrouvent dans les diverses tribus. Ainsi parmi les Myrtées, on trouve des genres, tel que celui des Myrtus, dont l'embryon est courbé, la radicule longue et cylindrique, les cotylédons petits et foliacés; d'autres, tel que le genre Myrcia, qui ont la radicule courte, les cotylédons foliacés, grands cl irrégulièrement plissés, à peu près comme dans les Mauves; d’autres enfin, tels que le genre Euyenia, dont l'embryon semble monocotylédone, parce que les deux cotylédons sont épais, charnus et soudés très-intimement en un seul corps. Des différences analogues se retrouvent dans les Lécylhidées; le Courou - P Ho et le Couratari ont les cotylédons libres, foliacés et un peu plissés; le Bertholletia et le Lecylhit les ont épais, charnus et soudés. De Candolle ne serait pas éloigné de croire que la même différence existe parmi les Barringtoniées; le Barringtonia a les cotylédons charnus et sondés; le Gustavia les a charnus, plans et peu ou point soudés, et il est porté à croire, d’après des échantillons imparfaits, que le Straradium a les cotylédons presque foliacés et plissés. Si ces considérations tendent à infirmer l’importance des caractères de l’embryon dans la coordination des familles, elles ten-

dent aussi à confirmer la réunion des Lécylhidées et des Barringtoniées avec les Myrtées.

De Candolle a été forcé d’exclure des Myrlacées quelques genres anomaux et qui doivent, selon lui, faire les types d’autant de petites familles distinctes; tels sont :

1° Les Alaisci&es où il faut rapporter le genre Alangium seul. Peut-être le Patalotoma , mieux connu, devra-t-il un jour s'en rapprocher.

3» Les GasisATf.es de Don qui se composent du seul genre Punira, lequel est voisin des Calycant liées et des Comhrétacées par la structure de l'embryon.

3» Les MéuécyUks qui comprennent le Mctnerylon et le Mouriria, et se placent très bien entre les Combrétacées et les Mélaslomées.

4° Les Pniladelpiues de Don, qui, par leurs graines munies d'arille et d’albumen et leurs feuilles non ponctuées, s'écartent des Myrlacées, mais qui s’en rapprochent par leur port et leur inflorescence. On doit y rapporter le Philadelphus et probablement aussi le Dec u tua lia.

MYBTE. Myrtus. bot. Genre de la famille des Myrtacées, et qui se place dans l’Icosandrie Monogynie de Linné. Ce genre s’est successivement grossi d’un si grand nombre d’espèces exotiques et indigènes des climats équatoriaux, que l’étude de ces plantes est devenue excessivement embrouillée ; elle se compliqua fortement , quand on eut établi plusieurs genres assez mal caractérisés, et qui offrirent la plus grande analogie de structure avec les véritables Myrtes. Il en résulta une telle confusion, que plusieurs botanistes célèbres, Swarlz et Kunlli enlr’autres, proposèrent la fusion , dan» le Myrtus, de la plupart de ces genres, comme les Eugenia, Greygia, Sisygiutn et Caryophytlus. Cependant plusieurs de ces genres semblent très-naturels, et c’est faute d'avoir été bien définis qu'ils ont été rejetés. Le professeur De Candolle les ayant de nouveau examinés, en ces derniers temps, admet leur séparation et même le rétablissement de quelques autres qui avaient été unanimement négligés. y. les articles Myrtacees et Myrtées. qui ont été rédigés par De (Candolle lui-même. Mais comme on a renvoyé, d'après les observations de Kunth, à l'article Myrte pour parler des Eugenia, il devient indispensable de tracer les caractères de ces deux genres, tels que De Candolle les a circonscrits; ensuite on fera connaître les principales espèces qui les constituent, pliant au Caryophytlus , il a été traité au mol Gtaoflier.

Les caractères du genre Myrte sont : calice supère, ordinairement à cinq divisions persistantes; corolle presque toujours à cinq pétales insérés sur le calice; étamines en nombre indéfini, libres et insérées sans ordre symétrique au pourtour d’un disque épigyne, à anthères hiloculaires , et déhiscentes longitudinalement; ovaire à deux ou trois loges, renfermant chacune un grand nombre d'ovules ascendants; un seul style surmonté d'un stigmate simple ; baie couronnée par le calice, offrant une à trois loges qui renferment des graines nombreuses, courbées, composées d’un embryon courbé de même que la graine, à radicule longue

ri cylindrique el à cotylédon* petit*, plan* et un peu foliacé*. En fixant ainsi, dans la structure de la graine, le caractère essentiel du genre Myrtus, De Candollc s'est vu obligé d'établir un genre Myrcist pour les Myrtus roriacca de Vahl, Myrtus Billartliana de Kunlh. Myrtus b/actcolaris de Poiret, etc., qui n'ont que deux grosses graines â cotylédons trèsgrands el plissés irrégulièrement. Le genre Kugenia dans lequel les auteurs ont à l’envi aggloméré une foule d'espèces qui offrent néanmoins assez de diversité dans leurs graines . doit être borné aux Myrtécs dont les graines ont des cotylédons épais, charnus, parsemés de vésicules pleines d’huile volatile, el tellement soudés ensemble, qu’à peine aperçoit on leur ligne de jonction. A ce genre, on réunira le Greggia de Gœrluer, VOtynthia de Lindley el le Cuapurium de Jussieu. Mais il sera nécessaire d'en éliminer VEugenia Jambon , L., ainsi que plusieurs autres es|>ècea qui constituent le genre Jambosa de Hurapbius et d'Adanson.

Myrte corriv Myrtus commuais, L. Sa lige est droite, très-raineuse,garnic de feuilles opposées, quelquefois lernées, ovales-la ncéolées , lisses, d’un beau vert, parsemées de points glanduleux. Les Heurs sont blanches, quelquefois légèrement rosées sur le bord des (létales, solitaires dans les aisselles des feuilles, el portées sur des pédoncules à peu près de la longueur de ces feuilles. On connaît plusieurs variétés du Myrte commun; les unes sont remarquables par leurs baies aussi grosses que des cerises el d'un goût très-agréable; elles sont cultivées comme arbres à fruit sur les côtes de Syrie. Une variété naine cl à petites feuilles dont on a fait, peut-être avec raison, une espèce, sous le nom de Myrtus microphylta , est excessivement commune en Espagne, dans la partie méridionale, où elle remplit le même rôle que les Bruyères et les Ulex dans les landes des contrées de l’Europe tempérée; c'est une de ces plantes sociales qui semblent avoir usurpé le terrain, et ne laissent croître dans le voisinage qu’un petit nombre d’autres végétaux. Enflu la culture du Myrte a fait naître une variété à fleurs doubles qui est celle qu'on rencontre le plus fréquemment dans les jardins.

Peu de plantes ont joué un (dus beau rôle symbolique. chez les anciens, que cet arbrisseau que l'on croit | originaire des pays méridionaux de l’Europe, quoiqu’il se trouve également indigène en Afrique et dans toutes les contrées chaudes cl tempérées de l’Asie. C'est lui qui forma, dit-on, le berceau sous lequel Vénus, sortant du sein des ondes, trouva le premier abri de sa nudité , et il fut conséquemment dédié à la déesse des amours; en effet, toujours le Myrte paraissait non comme un objet d’ornement, mais comme un emblème de vénération, dans les fêles consacrées à celle divinité, et l’on ne personnifiait jamais les grâces, sans que l’une d'elles portât â la main une branche de Myrte. Cet arbuste était employé dans les lustrations; il servit à purifier les Salîmes après que les Humains les eurent, par une perfidie cruelle, enlevées â leurs familles. Daus les cérémonies nuptiales , les époux étaient conduits à l’autel de l'hymen, le froul ceint

d’une couronne de Myrte et de Roses; on représentait la volupté nonchalamment couchée sur des feuilles de Myrte, etc.

Le Myrte n'était point révéré seulement comme le symbole de l’amour, il devenait souvent aussi celui des vertus publiques, de la victoire, el même des plaisirs de la table : à ce premier litre, il formait à Rome. la couronne dont on récompensait les magistrats qui avaient blanchi sous l’égide d'une irréprochable conduite. Les archontes d'Athènes, en avaient le front paré, comme signe de leur inviolable dignité, en même temps que pour rappeler constamment, à ces augustes mandataires du peuple, l'austère intégrité qu'ils devaient apporter dans l'exercice de leurs fonctions. Il était le prix décerné aux vainqueurs des jeux isthmiques; cl dans les honneurs de l’ovation , triomphe qui n'avait pas été souillé par l'effusion du sang humain, le Myrte remplaçait le Laurier sur la tête du triomphateur. Dans les joyeux festins l’apparition soudaine d'un rameau de Myrte devenait, ainsi que le dessert dans nos banquets de famille, le signal des chants; les convives se passaient tour à tour le rameau , et celui entre les mains duquel il arrivait, le devait garder jusqu’à ce qu'il eût payé son tribut à la commune joie. Cette heureuse coutume, qui inspirait les plus riantes idées, qui donnait aux fêles des anciens un charme (oui particulier, valait bien cette froide étiquette que les temps modernes ont abusivement revêtue du nom de politesse.

Dans les pays chauds la culture du Myrte n’exige pas de soins. On en fait des haies el des rideaux de verdure qu'il suffit de tondre (uus les ans, afin qu'ils restent bien garnis. Dans les contrées septentrionales où il est cultivé Comme arbuste d'agrément, on l'élève communément sur une seule tige, et l'on fait prendre à sa tête une forme arrondie en le taillant bien soigneusement. On conserve ainsi les pieds de Myrtes dans des pots ou des caisses que l’on rentre dans l'orangerie pendant l'hiver. Une terre substantielle leur convient, el il faut les arroser fréquemment durant les chaleurs de l'été. Quoique les Myrtes se reproduisent facilement par les graines , on emploie rarement ce moyen de multiplication, parce que se* résultats sont très-tardifs; les bouture* el les marcottes sont plus généralement usitées, parce qu'elles donnent des pieds qui fleurissent beaucoup plus tôt, el qu’on peut ainsi conserver les variétés à fleurs doubles qui sont les plus recherchées.

Myrte cotoxüeux. Myrtus tomentosa , Lara. Celte espèce qui ne parait pas avoir obtenu des Chinois le* mêmes honneurs qu'ont accordés les Grecs et les Romains à la précédente, n'csl bien connue en Europe que depuis le retour de Loureiro, missionnaire à la Cochiuchine; il est bien vrai que, précédemment, en 1776, MM. Norman en avaient introduit un pied en Angleterre, et qu’il s’était propagé au point de se retrouver dans les grandes collections; mais l'on u'avait que des notions fort incomplètes sur l’origine de ce végétal, sur sa croissance dans le pays natal où il forme un arbre assez élevé, conséquemment bien différent de l'arbuste que l’on obtient en Europe. Le Myrte coton-

neux ne s’élève, dans les serres, qu’à quelques pieds de hauteur; sa lige se divise en rameaux opposés, cylindriques, recouverts d’une écorce cendrée, et garnisde feuilles également opposées, pétiolécs, ovalcs-ohlnngues.un peu épaisses, légèrement roulées en leurshords, j glabres et d'un vert assez foncé en dessus, cotonneuses et grisâtres en dessous, avec trois nervures saillantes. Les fleurs, qui naissent solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures, sont larges de quinze lignes, portées sur des pédoncules longs d’un pouce et tout couverts, ainsi que les calices et les deux bractées qui sont à leur base, de petits poils courts, qui font paraître toutes ces parties blanchâtres. Le calice est mono pliylle. divisé trés-profnndéinrnt en cinq lobes arrondis. La corolle se compose de cinq pétales ovales, d'un rose foncé, velus en dehors, et deux fois plus longs que les divisions du calice. Les étamines sont trèsnomhreuses; elles ont leurs filaments de la même couleur que les pétales, moitié plus courts qu’eux, insérés sur la hase du calice, et terminés par des anthères ovales-arrondies. jaunes et à deux loges. L’ovaire est inférieur, surmonté d’un style simple, plus long que les étamines, terminé par un stigmate en tête déprimée. Le fruit est une haie arrondie, velue, de la grosseur d’un grain de raisin ordinaire, couronnée par le calice persistant, partagée en trois loges contenant chacune plusieurs semences.

Plusieurs autres espèces de Myrtes exotiques mériteraient. par la beauté de leur feuillage et de leurs fleurs, une mention particulière; mais comme elles «ont en nombre très considérable, ce serait excéder les limites assignées aux articles de cet ouvrage; d’aillptirs, la : plupart de res plantes ne sont connues que par les des- 1 Triplions et les figures qu’en ont données les botanistes, ou bien elles existent seulement dans les herbiers, et I ne sont pas cultivées dans les jardins d'Europe. On ne j peut cependant passer sous silence quelques espèces j célèbres parleurs usages économiques. Ainsi le Myrtus tigni , Lamk., arbrisseau qui croit dans l’Amérique méridionale, a des baies rouges, arrondies ou ovales et de la grosseur d'une petite prune. Les habitants du Chili préparent avec ces baies une liqueur aromatique et qui a de l’analogie avec les meilleurs vins muscats. On emploie aux mêmes usages les Myrtus /.mua et viaxima de Molina, qui. en outre, offrent un bois excellent pour faire des voitures. Le Myrtus caryophytiata, que l’on trouve dans les iles de l'Amérique et à Ceylan, fournit l’écorce aromatique connue sous le nom de Canelle Giroflée, dont on fait un grand usage comme condiment dans les pays où cet arbre croît spontanément.

Le Myrtus Pimenta de Linné fait maintenant partie des Eugenia de De Candolle. Dans les Antilles, il devient un grand arbre à feuilles presque semblables à celles du Laurier, et à fleurs disposées en grappes axillaires. L'aromate dont on se sert en plusieurs pays pour assaisonner les mets, et qui est connu sous les noms de Toute-Épice, Piment de la Jamaïque, est fourni par les baies du Myrtus Pimenta, cueillies avant leur maturité. Réduites en poudre, ces baies se vendent en Hollande, sous le nom de Poudre de clous de Girofle,

et on en retire par la distillation une huile volatile tellement semblable à celle du Girofle, qu’on lui en donne le même nom.

On a étendu le nom de Myrte à des plantes qui u'appartiennent pas à ce genre, mais qui lui ressemblent par des feuilles coriaces et persistantes. Ainsi on a appelé :

Myrte batard ou des marais, le Myrica Gale.

Myrte Epixeux ou sauvage, le Ituscus aculcatus. E. Fragox.

MYKTÉES. bot. On a vu, dans l’article MyrtacErs, que celte famille se divise en plusieurs tribus, et l'on a réservé le nom de Myrtées à celle dont le Myrte même fait partie. De Candolle a ensuite exposé dans le même article les caractères qui distinguent la tribu et les genres dont elle se compose. Mais la distinction et la circonscription de ces genres a souvent occupé les botaniste», et mérite d'être reprise ici. Tournefort ne comptait que trois genres de Myrtées : le Myrte proprement dit; la Goyave, appelée ensuite Psidium par Linné, et le Géroflier. Micheli en ajouta un quatrième sous le nom A' Eugenia, qui fut admis par Linné; celui ci, en conservant ces quatre genres, y distribua toutes les espèces de Myrtées connues de son temps; mais les caractères des genres Myrtus et Eugenia étant mal circonscrits, les espèces furent distribuées entre ces genres presqiieau hasard; tantôt on considéra comme Myrtus les espèces à cinq pétales, et comme Eugenia celles à quatre; tantôt on admit pour celles à fruit polysperme, et pour Eugenia celles à fruit monosperme. Ces deux modes de division étaient inexacts, car, 1° il existe des espèces tantôt à quatre et tantôt à cinq pétales, et parmi celles même où le nombre est constant, les affinités ne suivent que très-imparfailemenl le nombre des parties de la fleur; 2° le nombre des graines, considéré isolément, ne donne pas des divisions beaucoup meilleures, vu que le nombre des ovules est toujours assez considérable, et que c’est par des avortements plus ou moins prononcés qu’il se réduit à un petit nombre ou à l’unité. Frappé de ces difficultés, Swarlz prit le parti de réunir en un sousgenre le Myrtus et YEugenia. Celte opinion a été soutenue par Kunth et Sprengel qui même ont aussi admis l’opinion de Thunberg, et ont réuni le Géroflier à ce groupe déjà si vaste. Cependant Gærlner avait indiqué, sur un petit nombre d’espèces il est vrai, une distinction entre les Myrtées qui ne pouvait permettre une réunion aussi hétérogène; Lindley l’avait confirmée sur une autre espèce, et Kunth lui-méme, tout en admettant la réunion de tous ces genres, a fourni, par l’exactitude de ses descriptions, de bons arguments en faveur de leur séparation.

De Candolle ayant eu occasion d’éludier récemment ce groupe de plantes, indique de la manière suivante les caractères de ceux des genres qui ont été confondus ensemble par divers auteurs.

1» Le véritable genre Myrtus a pour caractères d'avoir les fleurs presque toujours à cinq pétales, et le fruit est une baie à deux ou trois loges, même à sa maturité; les graines y sont nombreuses, courbées, composées d’un embryon courbé comme la graine même,

1 radicule longue el cylindrique, et à cotylédons petits, plans el un peu foliacés. C'est ici qu'appartient le Myrtus commuais, qui en fail le type; les Myrtu. » myricoiiles, nu m mu/a ria, vaccinioùlcs, salutaris, Vgni, microphyüa , font aussi certainement partie de ce genre. De Candnile y réunit encore sous une section distincte, le Myrtu s tomentosa d'Aiton, qui. à raison de ses graines aplaties, devra former un genre particulier.

2° Il désigne sous le nom de Myrcia (l'un des anciens noms du Myrte), un genre qui se caractérise parce que la haie mûre ne renferme qu’une ou deux graines; celles ci sont assez grosses; leur (est est lisse el friable; leur embryon a la radicule courte, les cotylédons trèsgrands. un peu foliacés, et plissés irrégulièrement l'un sur l'autre, à peu près comme dans les Mauves. On doit rapporter ici plusieurs des Myrtes des auteurs, savoir : Myrtu s coriacea de Vahl; Myrtu* coccolobœfolia, BiJlanliana de Kunlh; Myrtu* bracteolaris de Poirel, etc.

3° VEugcnia doit être, selon lui, caractérisé par ses graines qui. bien que provenant d'un ovaire à plusieurs ovules, sont presque toujours solitaires ou à peine nu nombre de deux ; ces graines sont arrondies, grosses et solides; leur embryon offre une très -petite radicule souvent à peine visible, et leurs cotylédons épais, charnus, remplis de vésicules d'huile essentielle, el tellement soudés ensemble qu'on ne peut les séparer, et que même le plus souvent on aperçoit à peine leur ligne de jonction. Cette structure leur a fail donner le nom de fausse monocolylédone; on la retrouve dans plusieurs Lécythidées et «Ions les Barringtoniées; la fleur des Eugenia est le plus souvent à quatre, quelquefois à cinq parties; le tube du calice y est toujours sensiblement arrondi par le bas. Le plus grand nombre des Myrtées ou Myrtacées è fruit charnu, appartiennent à ce genre ainsi circonscrit, et pour ne parler que de celles dont on a fail des genres, on doit y rapporter non-seulement VEugcnia de Micheli, mais encore le Greggiu de Gflcrlner. La section désignée par le nom d'O/ynlliia, par Lindley, est Irès-prohahlemeni ïcGuapurium de Jussieu. C'est encore à ce genre qu'appartient le Myrtu* Pimenta , car la ligure de Gærlner parait avoir été faite sur quelqu'autre espèce que le vrai Piment des Antilles.

4° Le Jambosa de Rumpbius et d'Adanson, que les auteurs avaient réuni à VEugcnia, mérite d'être conservé comme genre distinct, caractérisé par la construction du tube du calice en forme de toupie; les graines ont la plus grande analogie avec celles de VEugcnia, mais le port des espèces de ce genre la fail assez bien distinguer. C'est ici que se rapportent les Eugenia Jarnbosa , L. , purpurea , Roxb. , macropbylla , Lamk. , Malaccensis , L., australis, Wendl. , laurifoliu , Roxb., etc.

5® Le Caryophyllu» reste caractérisé par le tube de son calice allongé el cylindrique, aussi bien que par ses graines à cotylédons charnus, appliqués par leurs bords sinués. mais non pas soudés intimement ensemble. Les autres genres de cette tribu n'ayant pas été confondus les uns avec les autres, n'exigent pas de

| mention particulière, et seront traités chacun à leur article.

MYAT1L1NE. Myrtilina. ixr. Genre créé par Bory- S'-Yincenl aux dépens des Yerticelles de Muller, el qui fait partie de la famille des l’rcéolariées. dans l’ordre des Stomohlépharés. du système des Microscopiques. Ce genre est caractérisé par un corps en coupe par- | faitemcnl vide, submembraneux, sessile, avec un ou deux cirres vibratiles de chaque côte; plusieurs individus s'agrégeant en gloinérules par leur base. Selon l'auteur trois espèces sont constatées : t» Myrtilina fraxinea, B ; V or lice lia, MUll., In fus., t. 38, fig. 17; Encycl., pl. 20, fig. 37; 2° Myrtilina Limacina, B ; Forlicefla, MUll., fig. 16; Encycl., fig. 36, qui se tient parfois solitaire; 3® Myrtilina Cratœgaria, B.; Fortice/la, MUll.. f. 18; Encycl., f. 38.

MYRTILLE. Myrtil/us. bot. Espèce du genre Airelle dont le nom est emprunté de celui que les anciens donnaient au fruit du Myrte et de divers autres arbrisseaux.

MYRTILLITES. polyp. Polypiers fossiles de la grosseur d'une noisette el qui portent un trou au centre; on en voit des figures dans le Traité des Pétrifications de Bergius (pl. 13, f. 55-63) qui les regardait comme des fleurs et des fruits de plantes marines. Une de ces espèces parait devoir rentrer dans le genre llalliroé. E. ce mot. Les autres répondent à l’Alcyon globuleux de Defrance.

MYRTIPUYLLUM. bot. Le genre de P. Browne ainsi nommé dans sa Flore de la Jamaïque, est le même que le genre Psichotria de Linné.

MYRTOCISTÜS. bot. (L’Écluse.) Synonyme d'Hypericum balearicum , L. E. Millepertuis.

MYRTOGEMSTA. bot. (Breyn. Cent., tab. 29.) Synonyme de Poilalyria myrti folia, Willd.

MYRTOIDES. bot. Premier nom donné par Linné au Myrtu s Zcylanica. Ce nom. ou plutôt le mol français Myrtoïdes, a été adopté plus tard par Jussieu pour désigner la famille maintenant nommée Myrtacées. F. ce mot.

MYRTOMELIS. bot. (Gmelin.) Synonyme d’Amélanchier, espèce du genre Alizier. F. ce mot.

NYRTOPBTALON. bot. (Dioscoridc.) Le Polygonum aviculare, L. F. Uenoeêe.

MYRTUS. bot. F. Myrte.

MYSCOLE. Mysculus. bot. Genre de la famille de* Synanthérées cl de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bullel. de la Soc. Pliilom., mars 1818, p. 33) qui, pour le caractériser, a donné une longue description de tous ses organes floraux. En voici les caractères les plus importants : involucres dont les folioles sont régulièrement imbriquées, appliquées inférieurement, étalées supérieurement, coriaces, charnues, ohlongucs-lancéolées, terminées au sommet par une petite épine, et pourvues sur les deux côtés d'une petite bordure scarieuse el frangée ; réceptacle ovoïde ou conique, épais, charnu, garni de paillettes courtes, larges, ovales-ohluscs, comme tronquées au sommet, membraneuses sur les bords, et embrassant par leur face interne l'ovaire et la base de la corolle; calalhide composée de fleurs nombreuses, en languettes el lier-

ns

maphrodites ; ovaires elliptiques ou ohovalos, obcoinprimés, glabres, dépourvus de col, surmontés d'une aigrette composée de deux petites écailles égales, opposées sur les côtés de l'ovaire, filiformes, plumeuses dans leur partir supérieure, quelquefois augmentée d’une troisième ou même du rudiment d'une quatrième petite écaille; enfin on y observe encore, outre les petites écailles latérales, une très-petite aigrette en forme «le couronne, située sur la fare extérieure. La structure du fruit et de son aigrette est un peu différente de celle du fruit du Scolymua, genre linnéen aux dépens duquel le Myacolua a été formé et dont le nom est l’anagramme; celte différence est si légère que l’auteur luimême consent à ne regarder son Myacolua que comme un sous-genre. En effet, dans les Scolymua , les fruits sont pourvus d’un col peu manifeste, et l'aigrette est petite, courte, continue et en forme de couronne. Or, le Myacolua a l’ovaire entièrement dépourvu de col, et il offre quelquefois et accessoirement une aigrette courte, semblable à celle des Scolymua. Il parait donc presque superflu d’avoir fondé deux groupes sur des distinctions si peu sensibles. Les Myacotua megacephalua et microccphalua de Cassini ont pour synonymes les Scolymua grundiflorus et Hispanicua de Desfontaines (Flor. Allant t. il. p. 240), plantes indigènes du bassin de la Méditerranée. F. Scolybe.

MYSIS. Mysîa. cm'st. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Schizopmtes, établi par Latreille et adopté par Olivier et Leacli avec ces caractères : tous les pieds divisés jusqu'à leur base en deux liges filiformes et très grêles; antennes latérales accompagnées, comme dans les Salicoques, d'une grande écaille et située^ plus bas que les iniloyeunes; queue terminée par une nageoire de quatre à cinq feuilleté. Ces Crustacés ont des rapports avec les Slocninapodes et les Amphipodes; ils ressemblent beaucoup aux Salicoques et tiennent même un peu des Enlomostracés; leur corps est très-petit, allongé, étroit et mollasse; leurs antennes latérales sont situées plus basque les mitoyennes, sélacées, trèslongues et recouvertes à leur base d’une grande écaille : les intermédiaires sont beaucoup plus courtes, composées d’un pédoncule de trois articles dont le troisième, qui est large, donne naissance à trois soies dont deux sont fort longues; les yeux sont placés à la partie antérieure du test, et à côté d'une saillie triangulaire et déprimée : ils sont très -rapprochés; les palpes maxillaires sont longues et saillantes; les pieds-mâchoires sont assez longs, ils sont composés d’un lobe intérieur, divisé en plusieurs articles déformes variées, et d’un lobe extérieur ou palpe Hagelliforme longue et en forme de filet; ils paraissent être destinés aussi à la locomotion, comme les pieds auxquels ils ressemblent beaucoup; ceux-ci sont composés de deux tiges s'insérant sur une pièce commune, en forme de tubercule plus ou moins arrondi ; ces tiges sont composées chacune de deux articles distincts, et terminées par un filet assez long. Ces pieds vus en place font paraître les organes de la locomotion des Mysis composés de quatre lignes ou rangs longitudinaux de filets, l/abdomen des Mysis est composé de plusieurs articles, et terminé par une nageoire

de cinq feuillets. Ces Crustacés portent leurs œufs rassemblés à l'extrémité postérieure de la poitrine, près des dernières pattes et renfermés entre deux valves en forme de coquilles; c’est un ovaire qui forme une proéminence ou sorte de bosse. Latreille avait d’abord placé ces Crustacés dans sa famille des Squillares, cl il avait été trompé par la figure d’Olhon Fabricius où le test semble partagé en deux pièces; il a rectifié celle erreur depuis qu'il a vu l'animal en nature. Leach ( Edimb. Kncycl.)avail distingué ce genre sous le nom de P/aunua ; mais il a adopté la dénomination de Latreille dans ses autres ouvrages. On ne connaît encore que peu d'espèces du genre Mysis; toutes vivent dans la mer et sont très petites.

Mysis dk Fabricius. Mysis Fabricii, Leach. foc. cil.; Latr., Encycl. Néth., Atlas, pl. 305, fig. 5 à 20. Long de plus de six lignes; corps glabre; veux trèsgros et saillants; carapace terminée postérieurement et sur les côtés en pointe assez aigue; nageoires ayant les feuillets extérieurs arrondis à leur extrémité et celui du milieu oblusément écliancré. Il sc trouve dans les mers du Groenland, parmi les plantes marines.

MYSODENDRUM. bot. Ce genre a été proposé par Banks, pour quelques espèces de Gui. F. ce mot.

MYSON. bot. (Champignons.) Adanson a appliqué ce nom, emprunté des anciens, à un genre qui comprend deux espèces de Polypores, figurés par Micheli, pl. 02 et 03. Quant au Myson des Grecs ou Afysus de Pline, qui croissait en Afrique et qu’on regardait comme un mets très délicat, il paraîtrait, d'après sa manière de croître sous terre, que ce serait une espèce de Truffe blanche, probablement le Tuber niceum, Desf., encore fort estimé en Afrique.

MYSORINE. bix. On a donné ce nom à un minerai de cuivre, qui ne donne pas d'eau par la calcination, et qui parait être un carbonate anhydre. C'est une substance d'un brun noirâtre foncé, tendre, à cassure conchoïde, d’une pesanteur spécifique égale à 2,020. Elle est soluble dans les acides, et la solution précipite du cuivre sur une lame de fer. Son analyse par Thomson a donné : acide carbonique 10,7; deuloxide de cuivre 00,7; peroxide de fer 19,5; silice 2,1 ; perte I. Ce minéral a été trouvé au pays de Mysore, dans l'Inde.

MYSTACIDE. Myatacida. ms. Genre de l’ordre des Névroptères, section des Filicornes, famille des Plicipennes, établi par Latreille (Fam. N al. du Règne Anim.). Caractères : palpes maxillaires très-longues et très-velues, à cinq articles; antennes beaucoup plus longues que les ailes; ailes supérieures étroites et pointues, les inférieures trés-plissées. Latreille donne comme type du genre le Phryganea nigra de Fabricius.

MYSTAUD1ER. Myatacidium. bot. Genre de la famille des Orchidées. Gynandrie Monatidrie. institué par le professeur Lindley qui lui a assigné pour caractères : folioles du périgone étalées cl libres, toutes égales; labelle non divisé, éperonné, articulé avec le gynoslème; celui-ci court, dressé, demi-cylindrique, charnu, prolongé en filament aux deux extrémités; bec ovale, allongé, convexe et nu; anthère biloculaire et membraneuse ; deux masses polliniques creuses sur le dos; caudicule à deux branches, sur chacune desquelles est

insérée une glandule membraneuse el pellée. Les Mystacidiert sont des plantes herbacées, épiphvtes, à tiges très courtes, à feuilles distiques, obtuses, obliquement échancrées; les fleurs sont nombreuses et réunies en grappe. Ces Orchidées sont particulières au cap de Bonne-Espérance.

MYSTACINËES. Mystocineœ. mr. Bory deS'Vincent a établi sous ce nom, dans Tordre des Trichodés de son système des Microscopiques, une famille qui renferme les genres: Phialine, Trichode, Ypsistome, Plagyolrique, Mystacodelle, Oxilrique, Opbrydic, Trinelle, Kérone et Kondyliostnjne. Son nom vient de ce que des cirres ou cils mobiles y sont disposés sur une ou plusieurs parties du corps, et y rappellent parfois l'idée de petites moustaches.

MYSTACODELLE. Mystacodclla. irsr. Ce genre créé par Bory, fait partie de la famille des Myslacinées. de Tordre des Trichodés, dans son système des Microscopiques ; il est caractérisé par un corps antérieurement terminé par une fissure plus ou moins prononcée, formant comme des lèvres inégales, qui sont munies de cils en manière de moustaches. Ce sont des animaux agiles, de forme ovoïde ou allongée, mais à qui leur sorte de bouche, qui cependant ne communique point à un sac ou canal alimentaire, donne une apparence baroque. Muller les comprenait dans son genre des Trichodés.

MYSTàX. bot. Synonyme d’Hugonie. y. ce mot.

MYSTE. Mystua. rois. Espèce du genre Clupe. T. ce mol.

MYSTICETÜS. «ab. y. Baleire.

MYSTROPÉTALE. Mystropotalon. bot. Genre de la famille des Balanophorées, institué par W. H. Harvey {Ann. vf. Nat. hist., feb. 1839) qui lui assigne pour caractères: Heurs monoïques, réunies en épi serré, les supérieures mâles, les inférieures femelles; chaque fleur est accompagnée de trois bractées dont Tune extérieure ou antérieure el le plus souvent libre; les deux latérales sont plus ou moins soudées. Les fleurs mâles ont te périantlie divisé en trois segments spalhulés et onguiculés : les postérieurs cohérents; les étamines, au nombre de deux, sont insérées sur les segments postérieurs du périantbe el leur sont opposées; les anthères sont versatiles, à deux loges déhiscentes dans leur longueur; l’ovaire est petit, avorté. Les fleurs femelles ont le périantbe supère, subglobuleux ou tubuleux, à trois dents et caduc; torus charnu, cupuliforme, fixé à l’ovaire par sa hase et s'étendant autour de cet organe qui est ellipsoïde, atténué inférieurement.

MvsTRorKTALK »« Tbom. Myatropetalon Thomii, llarv. Sa lige est épaisse, charnue, entièrement couverte d’écailles serrées, linéaires et lisses : les supérieures souvent barbues vers le sommet; les inférieures quelquefois allongées; épi très-dense, obtus, long de trois à quatre pouces. Les fleurs mâles ont la bractée antérieure oblongue, d'une largeur presque égale partout, obtuse, barbue au sommet et le long de la carène, saillante, ciliée sur les bords : les poils de la barbe sont longs et orangés; les bractées latérales sont soudées à la base, quelquefois presque libres, oblongues, obtuses, membraneuses, quelquefois ciliées le long de

la carène, d’un rouge pourpre, plus pâle à la hase. Les segments du périantbe sont réunis en forme de coupp ; ils onl le limbe lancéolé, obtus, d'un rouge foncé, avec les onglets jaunes ; les filaments sont suhulés et robusi tes. Les fleurs femelles onl les bractées jaunes, rouges au sommet, le limbe du périantbe également rouge, presque globuleux ou ellipsoidal, à trois dents obtuses. Le style est très-saillant, filiforme; l'ovaire est ovaleoblong, reposant sur un disque blanc, charnu, au centre duquel il est fixé par sa base atténuée, d'une couleur rouge foncée, finement bispidè, contenant une i masse charnue. Le fruit, à sa maturité, tombe avec le torus; il est semblable à l’ovaire, d'un rouge vineux foncé, légèrement charnu, avec un endocarpe mince, mais dur et crustacé, contenant des myriades de petits corps blancs, cellulaires, qui proviennent de la dissolution de la masse charnue de l'ovaire. Cette plante singulière a été trouvée par le docteur Tbom aux environs de Cahdou, dans l’Afrique australe.

MtstkopEtai.e dk Poluurr. Myatropetalon Polemannif Uarv. Celle seconde espèce, observée aussi Hans la partie méridionale de l'Afrique, par te docteur Potemann, ressemble à la précédente dans la plupart de ses caractères; cependant elle a la bractée antérieure spalhulée, avec Tonglct aigu, le limbe des segmenlsdu périantbe dans les fleurs mâles, elliptique el concave, enfin le périanlhe des fleurs femelles tubuleux el trifide. La couleur de ses fleurs est plus brillante; les poils de ses bractées sont d'un orangé plus vif, et le périanlhe est d'un rouge de carmin.

MYSTLS. pois. Synonyme de Myste.

MYSTY’LLE. My al y Hua. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Presle aux dépens du grand genre Trifolium de Linné, pour quelques espèces des régions montagneuses du midi de l'Europe. Caractères différentiels : tube du calice membraneux, campanule, marqué de vingt nervures, ouvert â l’orifice. renflé particulièrement sur le dos, rélréci en pointe vers son extrémité, terminé par cinq dents fines, sétacées. très-aigues et recourbées, dont les deux supérieures sont les plus longues; corolle gamopétale inférieurement â partir du milieu, inarcescenle, décidue; ovaire ovato-suhglohuleux 011 ovale, à bec acuiniiié. indéhiscent, renfermant de deux à quatre semences subglobuleuscs. On ne cite jusqu'ici que deux espèces de ce genre.

Mtstvlle Eccrelx. Mystyllua tpumoauB, Presle; Trifolium apumosum, Lin. Ses liges sont glabres, menues, droites ou couchées, garnies de feuilles alternes, longuement pétiolées, à trois folioles ovalaires ou cordiformes, en coin à leur base, obtuses au sommet, glabres, veinées el finement striées, accompagnées do stipules blanchâtres, membraneuses, en partie décurrenles sur le pétiole el terminées par deux pointes sélacées; les fleurs disposées en télé globuleuse, portée sur un long pédoncule axillaire, onl leur corolle purpurine, un peu plus longue que le calice.

MTSIJS. bot. T. Mysor.

NYTHRIDATEA. bot. Pour Milliridalea. y. ce mot.

MYT1LACÉS. Mytilacea. moll. La famille des Mytilacés fut créée par Cuvier, dans son Histoire du Règne

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Animal; il y renferma tout les Mollusques acéphales testacés, qui ont deux ouvertures au manteau. Cette fatnille représente 1rs Biforipalla de l.alreille. et elle contient les cinq genres • Moule, Anodonte, Mulette, Carditc et Crassatelle; le genre Moule est divisé en trois sous-genres : les Moules propres, les Modioles et les Lithodomes. Dans son premier Traité systématique des Animaux sans vertèbres. Lainarck mit cps genres dan* d'autres rapports, c'est-à-dire que les Moules et les Modioles se trouvent près des Pinnes. à côté des Mulettes et des Anodontes. les Cardites étant rejetées plus loin. Dans la Philosophie zoologique, les Moules et les Modioles font partie de la famille des Byssifères, avec les Houlettes, Limes, Crénatules, etc., tandis que les Muletles et les Anodontes forment la famille des Nayades, et les Cardites font partie de la famille des Cardiacées. Cet arrangement est resté absolument le même dans l'Extrait du Cours; mais dans son dernier ouvrage. Lamarclc a adopté la famille de Cuvier eu la modifiant; il n’y laisse en effet que le* trois genres j Pinne. Modiole et Moule, mais il la range parmi les > Mnnomyaires; ce que n’ont pas fait la plupart des zoologistes qui ont suivi de préférence l’opinion de Cuvier. Voici comment Lamarck a caractérisé cette famille : charnière à ligament suhintérieur, marginal, linéaire, très-entier, occupant une grande partie du bord dorsal; lest cassant, subcorné, rarement feuilleté, f\ Moule, Modtole, Pians et Lithodobe.

MYTIUCARDKS. boil. Blainville nomme ainsi un des sous -genres des Cardites (Traité de Malacologie, page 540) dans lequel il comprend les espèces allon- | gées, un peu échaucrées ou bâillantes au bord inférieur, ayant le sommet presque céphalique et le ligament caché. La Cardite grosse-côte, Cardita crassicosta, sert de type à ce sous genre, y. C irrite.

MYTILINF,. Mytilina. sou. Dans la séance de l’Académie de Bruxelles du 4 mars 1837, le docteur Cant raine a lu un Mémoire sur un nouveau genre de Mollusques, qu’il a nommé Mytilina. Ce genre, dont il a parfaitement établi les caractères, parait avoir pour type le Mylilus po/ymorphus de Pallas, assez mal connu de ce grand naturaliste, et dont le professeur Van Beneden avait déjà fait le type de son genre Dreissena, dans un travail remis à la même Académie le 17 janvier 1835. Bien qu'une rigoureuse conformation ! de quelqu'organe ail pu échapper au professeur Van Beneden, dans sa description anatomique du Dreis- »cna po/ymorpha, ce n’était peut être pas un motif pour changer line dénomination qui avait pour elle une longue priorité, et produire conséquemment quelque perturbation dans la nomenclature générique. V. Dbiiss&üi.

Bory de S«-Vincent, dans son nouveau système de classification des Infusoires dont il a changé le nom en celui de microscopiques, a nommé Myliline un genre de sa famille des Brachionides , et qu'il a coin- ! posé des : 1° Mytilina Lepidura, B.; Brachionus oral is, Mialt., Micr., tab. 49, fig. 1-3; Encycl., pl. 28, f. 1-3; 2° Mytilina Limnadina, B.; Brachionus tripos , Müll., fig. 4, 5; Encyclop-, f. 4, 5; 3® Mytilina (ÿthcrea, B.; Brachionus dentatus, Müll.. f. 10, 11; I

Encyclop. , fig. 0, 7 ; 4" Mytilina Cypridina , Bory; Brachionus mucronatus, Müll.. fig. 8,9; Encyclop., fig. 8,9. Les noms spécifiques, donné* à chacune de ces quatre espèces, indiquent les genres de petits Crustacés avec lesquels leur figure offre le plu* de ressemblance.

MYTILOIDE. Mylitoides. boil. Genre proposé par Brongniarl dans sa Minéralogie de* environs de Paris, deuxième édition, pour des Coquilles de la Craie, que Sowerhy a reconnu depuis comine appartenant au même genre que les Catilles. y. ce mot.

MYTILUS. boli. y. Moule.

M YTULITES. Mytu/ites. boi.l. Nom que l'on a quelquefois donné aux Moules fossiles ou pétrifiées, y. Moule.

MYTULO-PECTUNCULCS. boli.. Genre que Klein ( Meth . Ostr.y page 130) a pris de Fabius Coluinna; il représente parfaitement le genre Placune de Lamarck que Lister confondait avec les Peignes quoiqu'il en ait fait une petite section, y. Placi i*e.

MYXA. rot. Espèce du genre Cordia. y. Sebestiir.

MYXACIUM. bot. y. Agaric.

MYXINE. Myxine. pois. Genre de la famille des Suceurs, de l’ordre des Chondroplérygiens à branchies fixes, dans la méthode de Cuvier; famille des Cyclostomes de Duméril; voisin des Lamproies par les Atni mocèles auxquels les Myxines ressemblent beaucoup, j et avec lesquels elles forment un passage très-natuj ret de la classe des Poissons à celle des Annélides, et même des Fntozoaires, autrefois Intestinaux selon Linné, et parmi lesquels ce législateur des ordres naturels plaça d'abord les Myxines. Gmelin eût dû rectifier une méprise qu’on a beaucoup reprochée au professeur d'Upsal, toute justifiable qu'elle était; mais ce grand homme laissa le genre Myxine entre l'imaginaire Furia in fs malts et le filiforme Gordius. Il est aujourd’hui bien démontré que les Myxines sont des Poissons, mais ces singuliers animaux n'en sont pas moins des Poissons défigurés, et les derniers de tous par leur simplicité. Tandis que l'on ne peut trouver de passage bien marqué entre l'embranchement des Vertébrés et des Articulés où la nature semble avoir laissé un grand hiatus, les Vertébrés, par les Ammocèles et les Myxines, passent insensiblement aux Enlozoaires; toutes les parties qui devraient composer leur squelette sont tellement molles el membraneuses, qu'on pourrait les considérer, du moins en certains temps de l’année, comme n'ayant plus d'os; et quelque chose d'analogue s'observe dans les Lamproies véritables qui, selon les saisons, ont leur colonne vertébrale cartilagineuse si fort amollie, qu’on a peine à la retrouver. Ou’on ajoute à de telles anomalies dans la classe, une privation complète des orgaues de la vue et de l’oufe, un corps vertnifbrme et l'absence d'écailles -. tels sont les caractères (fe la Myxine; Linné fut-il si répréhensible de prendre de pareils animaux pour des Vers?

Comme des créatures d'essai, où la nature semble s'étre plu à rassembler des choses qui appartiennent à toutes les autres, les Myxines ont de très fortes dents plutôt osseuses que cartilagineuses. L'une de ces dents est solitaire el recourbée au haut de l'anneau maxillaire; les autres, disposées sur une langue de chaque

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