‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 129 sur 148 · N K II · texte numérisé non relu

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suivants, forme souvent un anneau plus grand que les outres, plus apparent que la t «■ l e , et qu'on a pu facilement confondre avec elle. Le dernier segment offre uu anus plissé, tourné en dessus. Les pieds se subdivisent généralement en deux rames: l'une supérieure et dorsale, l'autre inférieure ou ventrale; cette distinction n'est pas toujours tellement tranchée qu’il soit facile, dans tous les cas, de la reconnaître; la rame ventrale est la plus saillante et la mieux organisée pour le mouvement progressif. In examen plus attentif permet de distinguer à chaque rame deux autres parties: les cirres et les soies. Les cirres sont des filets tubuleux, subarliculés. communément rétractiles, fort analogues aux antennes; ce sont les antennes du corps, comme l'a dit ingénieusement Savigny. De même qu'il y a deux rames , il existe deux sortes de cirres : les cirres supérieurs ou les cirres de la rame dorsale, et les cirres inférieurs ou les cirres de la rame ventrale. Les premiers sont constamment plus longs.. que les seconds. Les soies sont des parties très- importa nies de la rame; elles traversent les fibres de la peau, et pénètrent avec leurs fourreaux dans l'intérieur du corps où sont fixés les muscles destinés à les recevoir. Savigny les nomme soies subulées, selœ aubulatae, ou simplement soies, se/m. 11 en distingue deux sortes, les soies proprement dites et les acicules. Les soies proprement dites (/estucœ), toujours grêles et nombreuses, sont rassemblées par rangs complexes ou par faisceaux qui ont chacun leur gaine propre, et sortent des côtés ou du sommet de chaque rame. La rame ventrale n'a communément qu’ut> seul de ces rangs ou de ces faisceaux. La rame dorsale en a souvent deux et quelquefois davantage. Quant à la forme particulière des soies, elles sont cylindriques ou prismatiques, aplaties, droites ou légèrement courbées, et presque toujours rétrécies sensiblement de la base au sommet; vers le sommet, quelquesunes ont une petite dent et paraissent fourchues, d’autres sont légèrement dilatées et garnies d'aspérités: ilyena même qui ont la pointe réfléchie , ou courbée ou torse, surmontée d'une arête ou d'une petite lame mobile; toutefois la plupart l’ont droite et simplement aigue. 11 est rare que leur intérieur soit fistuleux : presque toutes sont solides, fermes et roides; cependant, il en existe qui sont fines et flexibles comme les cheveux. Les acicules ( aciculi ) sont des soies plus grosses que les autres, droites, coniques, irès-aigués, contenues dans un fourreau doul l'orifice particulier sc reconnaît à sa saillie. Les acicules se distinguent encore par leur couleur brune, noire ou différente de celle des autres soies auxquelles ils sont associés. Quelques genres en manquent, et quand ils existent, on en trouve rarement plus d'un à chaque rame ou â chaque faisceau principal. Celui de la rame ventrale est constamment le plus fort. Telle est la composition que Savigny a su, par une étude approfondie, reconnaître aux pieds des Néréidées. Il dit ensuite que la première paire de pieds et une, deux ou même trois des suivantes, manquent souvent de soies et ne conservent que leurs cirres qui, d'ordinaire, acquièrent alors plus de développement, et constituent ce qu'il nomme cirres tentaculaires; la forme des cirres tentaculaires n'a pas

peu contribué à faire prendre les premiers segments du corps pour la tête ou pour une portion de la tête. La dernière paire de pieds constitue par une transformation analogue les styles ou longs filets qui accompagnent l'anus, cl terminent ordinairement le corps. Enfin, certaines paires de pieds semblent parfois privées de cirres supérieurs; c'est sur les espèces où celte absence a lieu que se manifeste la présence des élytres ou écailles dorsales; appendices propres à une seule famille (les Aphrodite*), et qui quelquefois manquent eux-mêmes.

On a vu qu'à chaque paire de pieds se trouvait coin munément associée une paire de brauchies. Ces branchies varient beaucoup dans leur étendue et leur configuration. Elles sont distribuées sur les côtés du corps, une à chaque pied, qui quelquefois semble subdivisée en plusieurs autres. Elles manquent communément près de la télé et de l’anus, et toujours elles y sont moins développées qu’au milieu du corps; elles sont aussi plus ou moins rouges dans l'état de viç. Ces branchies ne sont pas toujours distinctes : quelquefois les vaisseaux semblent pénétrer dans les cirres et les convertir en organes respiratoires; quelquefois Us s’arrêtent et rampent à la base des rames. Savigny oc s'est guère occupé que de l’organisation extérieure de ce* animaux. Blainville a présenté quelques observations sur leur anatomie. L’œsophage est assex étroit; il reçoit l’insertion de deux sortes de glandes salivaires assez longues , un pou entortillées. L'estomac est large . quelquefois rétréci et comme étranglé vers la jonction de chaque segment, de manière ù constituer autant de lacunes. La circulation lui a paru très-simple. Il croit qu'il existe une veine ventrale recevant le sang qui vient des branchies, et le versant dans une artère dorsale, dont il est chassé et refoulé dans toute» les |>arlies du corps. Il ne dit pas comment le sang qui a servi à la nutrition revient aux branchies. Les ovaires consisteraient, selon lui, en ulricules blanchâtres, granuleux, qui se trouvent aux côtés de chaque anneau, entre les cæcums de l'estomac, et qui ont leur orifice à la base des appendices ; le système nerveux est un long filet étendu de la télé à l'extrémité postérieure du corps, et présentant, dans certaines espèces, autant de renflements ganglionnaires qu'il y a d'anneaux.

Les ÎSéréidci s jouissent de la propriété de vivre lorsqu’on leur a enlevé une portion de l'extrémité postérieure du corps, et de reproduire les parties qu'ils ont perdues; ce soûl des Anuélides agiles, carnassières, et destinées plus spécialement que les autres à la vie errante.

Savigny partage l'ordre des Néréidées en plusieurs familles, et le divise de la manière suivante :

f Branchies en forme de petites crêtes, ou de petites lame» simples, ou de languettes, ou de filets pectines tout au plus d'uu côté; quelquefois ne faisant point saillie et pouvant passer |iour absolument nulle*. Des acicules.

familles ; les Afbroditüs, les IS'ÉtftiOES, les K i mets.

tf Branchies en forme de feuilles très-compliquées, ou de houppes, ou d'arbuscules très-rameux, toujours grandes et très apparentes. Point d acicules.

Famille : les A Mm i non es. V . ces mots.

3gle

• N ER N F. R (Mil

NEREIDES. Néréide ». arréi.. Famille seconde du grand ordre des Néréidées. établie par Savigny (Sysl. des Annél., p. 13 et 28), et renrerinant plusieurs genres dans lesquels se trouve dispersé le genre Néréide des auteurs. La famille des Néréides a pour caractères ! distinctifs : branchies, lorsqu'elles sont distinctes, et cirres supérieurs existant à tous les pied9 sans interruption. Deux mâchoires seulement, nu point de mâchoires. Le corps des Néréides est allongé et composé de beaucoup de segments qui varient singulièrement en nombre par le seul effet de l'âge ou de la grandeur de l'individu que l'on observe. Les vingt ou trente segments qui viennent immédiatement après la tète, sont les seuls qui aient un certain degré d'importance et de fixité. Chaque anneau est muni de pieds à rames séparées ou confondues en une seule qui n’a même dans certains genres qu'un faisceau de soies; ces rames sont toujours armées d'acicules ; les cirres varient dans leur grandeur; la première paire de pieds et une, deux ou trois des suivantes avec elle, sont ordinairement privées de soies et transformées en cirres tentaculaires. Les branchies ne sont généralement point saillantes, ou, si elles le sont, elles paraissent petites et consistent en une ou plusieurs languettes charnues, qui font partie des rames et sont comprises entre les deux cirres; quelquefois elles semblent être suppléées par les cirres eux-mémes. Les yeux sont tantôt peu distincts et tantôt visibles; alors on en compte quatre. Les antennes sont peu rétractiles, de forme variable, courtes, en nombre incomplet et généralement de deux articles. Les mitoyennes manquent quelquefois, l'impaire manque presque toujours. La bouche est formée par une trompe pourvue de deux mâchoires. Celle-ci est cylindrique ou claviforme. ouverte seulement à son extrémité, et communément garnie dç, points saillants et cornés ou de petits tentacules. Les mâchoires sont dures, allongées, déprimées, pointues, disposées pour «agir horizontalement, quelquefois très-petites, et le plus souvent milles. L’estomac des Néréides est ohlong et communément fort peu distinct; un léger renflement qu’on voit entre le premier et le vingtième ou trentième anneau indique extérieurement la place qu’il oraiffe. Savigny établit trois sections, dans lesquelles il range les divers genres de cette famille.

1r* Section : Néréides Lycorierres. Des mâchoires; antennes courtes, de deux articles, point d'antenne impaire.

Genres : Ltcoris. Nephthy».

2* Section : Néréides Gi ycérierres. Point de mâchoires; antennes courtes, de deux articles; point d'antenne impaire.

Genres : Aricie, Glycine, Ophélie, Hésiore, Myriare, Pbyllodocé.

3® Section : Néréides St lu erres. Point de mâchoires ; antennes longues, composées de beaucoup d'articles; une antenne impaire.

Genre: Syllis.

On a vu que la famille des Néréides avait remplacé, dans la méthode de Savigny. le genre Néréide propre- i ment dit, et que les espèces de ce genre se trouvaient dispersées dans autant de sous-genres distincts; il est

7 PICT. DES SCI EXCES XAT.

utile que les personnes qui consulteront cet article dans le but d'y trouver les espèces du genre Néréide, sachent au moins dans quel sous-genre elles doivent particulièrement les chercher. Les Ne rein pulsatoria, Mont., Leach, margaritacca , Lenclt. pelagica , incisa, finibratia et aphroditoiden, Gmel.. font partie du genre Lycoris; le Nerei» Hombergii, Cuv., appartient au genre Nephthys; le Nerein atba , Mllll., est une espèce du genre Glycère; les Nerei $ lamelligera et ailatitica. Pallas ( Nar. Acl. Petrop pourraient être des Phyllodocés : le Nerei s proliféra , Mull., semble appartenir au genre Syllis. Les figures qui représentent les Annélides sont si fautives, et les descriptions sont généralement si vagues, qu'il devient très-difficile de pouvoir reconnaître les espèces dont les auteurs ont parlé et que le classement qu'on voudrait en faire dans leur genre respectif est la plupart du temps impossible; on ne peut qu'établir des rapprochements. Savigny, qui mieux que personne pouvait se diriger dans ce dédale, a tenté ce travail, et il a reconnu que certaines espèces avaient de grands rapports avec les genres précédents, tandis que d’autres en différaient essentiellement et pouvaient constituer des genres distincts, l.e Nerein r ernicolor, Mull., parait ne différer des Lycoris, que par une antenne impaire exactement située entre les deux antennes mitoyennes; elle pourrait constituer dans le genre Lycoris une simple tribu. Le Nerein atmillarin , Mail, et Olh. Fabr. . est un nouveau genre pour lequel Savigny propose le nom de Lyeaslis; le Nerein ntellifera , Mull., est aussi un genre nouveau qu’il nomme I.épidie; les Nerein cuprea cl fnneiata, Bosc, semblent appartenir aux Eunices. La place que doit occuper le Nerein fronlalin, Bosc, reste indéterminée; le Nerein cœca, Olh. Fabr., constitue, sous le nom d'Aonis, un genre évidemment nouveau ; les Nerein tiridin et tnaculala , Mull., forment le genre Kulalie; le Nerein rosea, (Mb. Fabr., constitue le genre Castalie; le Nerein /laça, Olh. Falir., se distingue génériquement sous le nom d'Etéone, et le Nerein lotiga , Olh. Fabr., peut être considéré comme du même genre; le Nerein bifronn , Oth. Fabr. et Mull., est une Polynice, et le Nerein prinmatica, Olh. Fabr. et Mull., une Amytis.

NÉRÊIPUYLLE. arrél. Même chose que Pbyllodocé. y. ce mot.

NEKK1S. arrél. F. Néréidées.

N EH El M. bot. Synonyme, selon Gesner, de Rosage.

NERFS. Tous les animaux peuvent exécuter des mouvements spontanés plus ou moins variés, et onl la faculté de percevoir les impressions produites par des agents extérieurs. Dans les êtres dont la structure est la plus simple, tels que les Polypes, toutes les parties du corps paraissent être sensibles et contractiles, à peu près au même degré, et l’ablation d'une portion quelconque de l'animal n'entraîne pas la perte de ces facultés dans d'autres parties. Aussi, comme Bory de Saint-Vincent l'a déjà observé, avec raison, ces animaux sont ■ ils probablement dépourvus de toute trace des systèmes nerveux et musculaire. Mais à mesure que les animaux se compliquent davantage, ôrt voit la sen-

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