‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 146 sur 148 · MUT · texte numérisé non relu

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poumon par son contact avec Pair atmosphérique, auquel il emprunte de nouveaux principes de vie. C'est dans cet état que, par la force contractée du coeur, il est transport* dans toutes les parties du corps. Chemin faisant, il se dépouille des substances les plus flnides. s'élabore et s'animalise de plus en plus, fournil aux organes glanduleux le principe de leur sécrétion, et par la ramification et la division toujours croissante des vaisseaux, arrive jusque dans le tissu des organes où s’opère la Nutrition. Mais c’est ici que cesse l'observation directe des phénomènes, et que commence le champ illimité des hypothèses. La matière nutritive arrivée dans les organes s'y distribue, et c’est alors seulement que commence la Nutrition. Quoique cette matière soit une, elle se convertit cependant en autant de substances distinctes qu’il y a d'éléments organiques; mais ces changements sont Inappréciables aux yeux de l'observateur, et leur mécanisme échappe entièrement. Il semble que pour celte fonction, tous les organes du corps deviennent autant d’organes sécréteurs, élaborent chàcun un fluide particulier, qui, par une cause inconnue, se convertit aussitôt et ajoute à l'organe qui l'a formé. Ce n'est point par une force spéciale que divers auteurs ont désignée sous lenom de force assimilatrice, qu'ont lieu les phénomènes de la Nutrition, mais c'est par suite de la vertu tonique inhérente à chacun de ces tissus, et par une sorte d'affinité vitale, qui leur fait choisir dans les principes nutritifs les éléments en rapport avec leur nature, que l'on peut concevoir le mécanisme de celte fonction.

.Mais ce mécanisme, très-compliqué chez l'Homme et chez tous les animaux d'un ordre supérieur, se simplifie à mesure que l’organisation elle-même offre plus de simplicité. Ainsi, dans les animaux d'un ordre tout à fait inférieur, dans les infusoires, quelques Vers et quelques Mollusques, les fonctions assimilatrices sont réduites à l'absorption et à la circulation ; encore cette dernière fonction échappe-t-elle à l'observateur, dans quelques cas. Ces animaux qui vivent dans l’eau, absorbent par tous les points de leur surface externe les matériaux nutritifs qu'ils puisent dans le fluide au milieu duquel ils se meuvent, elsouventsans qu'on puisse suivre ce fluide, il est immédiatement employé à l'entretien et à l'accroissement des tissus. Ici donc il n’a fallu qu'une force de succion ou d'absorption inhérente à la surface de ces êtres en contact avec le fluide ambiant, pour déterminer tous les phénomènes de la Nutrition. L'un des phénomènes remarquables qui résultent de la Nutrition dans ce qu'on pourrait appeler les animaux purement absorbants, est la viridité des Huîtres et la coloration des Polypes d'eau douce, que la volonté de l'homme peut opérer.

1 1 en est de même dans les végétaux; c’est en vertu d'une force de succion qu’ils absorbent dans l'atmosphère ou dans le sein de la terre les substances solides, liquides ou gazeuses qui doivent servir à leur Nutrition. Il faut donc étudier d'abord la succion exercée par les racines dans le sein de la terre, par les feuilles ou les autres parties vertes au milieu de l'atmosphère, puis | suivre la marche des sucs nourriciers des racines vers j les feuilles è travers les liges et leurs ramifications, et I

observer successivement les divers phénomènes auxquels elle donne lieu dans sa marche à travers toutes les parties du végétal.

La succion ou l'absorplion s'opère dans le sein de la (erre par les racines qui y sont plongées ; mais ce n’est pas indistinctement par tous les points de leur surface qu’elle a lieu; ce n’est que par les extrémités de leurs fibrilles les plus déliées qu'elles absorbent dans la terre les fluides et les gaz qui y sont contenus. .Mais ce ne sont pas les radicelles qui sont les seuls organes de l’absorption : toutes les parties vertes des végétaux exposées à l'air, telles que les feuilles, les stipules, les jeunes branches, sont également douées de la même force de succion, et concourent aussi à celte importante fonction. Plongées dans le sein de la terre, les radicelles capillaires y pompent par leur extrémité l'humidité dont elle est imprégnée. L'eau est le véhicule nécessaire des substances nutritives qu'absorbe le végétal; ce n'est pas elle qui forme la base de son alimentation, comme le croyaient les anciens physiciens; mais elle sert simplement de dissolvant et de menstrue aux corps qu'il doit s'assimiler. Il est facile de démontrer cette vérité : si l'on fait végéter une plante dans de l’eau distillée, à l'abri de toute influence étrangère, elle ne tardera pas à périr. L'eau seule ne suffit donc pas à sa Nutrition (y. Lac). Il faut, pour cela, qu'elle contienne d’autres principes étrangers à sa nature; et d’ailleurs les végétaux ne renferment-ils pas, outre les principes constituants de l’eau, c'est-à-dire, l'Oxigène et l'Hydrogène, du Carbone, des gaz, des substances terreuses, des sels et même des matières métalliques à l'étal d'oxides ou en combinaison avec les acides? L'eau, par sa décomposition, n'ayant pu donner naissance à ces divers principes, il faut en trouver la source ailleurs. Le Carbone existe en abondance dans toutes les parties des végétaux, dont il forme en quelque sorte la base. Ce n’esi pas à l'état de pureté qu'il a pu s'y introduire, puisque, dans cel état, il est excessivement rare dans la nature et tout à fait insoluble dans l’eau; mais en revanche, l’acide carbonique est très abondamment répandu. Il sc trouve dans l’atmosphère, mélangé avec l'air, dans le sein de la terre, dans les engrais qu'on y mêle. Très-soluble dans l'eau , il est rare que celle-ci n'en contienne pas toujours une certaine quantité. C'est donc à l'étal d’acide que le Carbone est porté dans le tissu végétal. Or, voici comment il s’y décom|iose pour s'y fixer et en faire partie : exposées aux rayons du soleil, les plantes, comme l'expérience l'a prouvé, absorbent l'acide carbonique, le décomposent, retiennent le Carbone, et laissent ensuite exhaler l’Oxigène qui le tenait à l'étal acide. L'eau n'a donc pu contribuer en rien à la formation de celle substance.

Quant à l’Oxigène, il n'est pas difficile d'expliquer sa présence dans les tissus végétaux. En effet, 1° une certaine quantité de l’eau absorbée étant décomposée, son Oxigène se fixe dans le végétal ; Théodore De Saussure a prouvé que les plantes ne rejettent point au dehors tout l’Oxigène qui acidifiait le Carbone, elles en retiennent une certaine quantité ; 3" enfin l'air atmosphérique qui circule dans les végétaux se décompose eu partie et cède une portion de son Oxigène. On

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voit par là que ce principe élémentaire arrive aux végétaux de plusieurs sources différentes. L'Hydrogène et l’Azote des substances végétales sont également le produit de décompositions analogues. Le premier provient évidemment de celle de l'eau, et le second de l'air atmosphérique.

Mais indépendamment de ces substances inorganiques, qui entrent essentiellement dans la composition des tissus végétaux, il en est encore d'autres qui, sans faire partie essentielle de leur organisation , s’y rencontrent néanmoins assez fréquemment; tels sont la Silice, différents sels de Chaux, de Soude, de Potasse, le Fer, etc. Les expériences précises de Théodore De Saussure ont également prouvé que ces substances arrivent toutes formées dans l’intérieur du végétal. Déposées dans le sein de la terre ou de l’atmosphère, elles sont dissoutes ou entraînées par l'eau qui les fait ainsi pénétrer dans le végétal. Ce n'est donc pas l'acte de la végétation qui forme ces substances, ainsi que l'avaient avancé quelques physiciens. C’est le milieu dans lequel les plantes se développent qui leur cède les alcalis, les terres et les substances métalliques que l'analyse chimique y fait découvrir. Ce fait, prouvé par les expériences de De Saussure, a été de nouveau mis en évidence par une ingénieuse expérience de Las&aigne, préparateur de chimie à l'école d'Alforl. Ayant fait germer sur de la fleur de Sortfre bien lavée et dans un appareil convenablement préparé, dix grammes de graines de Sarrasin qu'il arrosait seulement avec de l'eau distillée, il les incinéra au bout d'une quinzaine de jours, lorsqu'elles curent développé leur tige et quelques feuilles. La quantité de matières salines qu’il trouva dans leurs cendres fut absolument la même que celle qu’il retira d’une égale quantité de graines non germées qu'il incinéra. Il est donc démontré d'après celle expérience qu’il ne se forme aucune matière saline par l'acte de la végétation, quand celle-ci a lieu sans la participation des substances capables de lui en céder.

Mais quelle est la puissance qui détermine la succion des racines? Les lois ordinaires de la physique et de la mécanique sont insuffisantes pour expliquer un semblable phénomène. La force extraordinaire avec laquelle s'opère cette absorption ne peut être conçue d'une manière satisfaisante qu'en admettant une puissance, une énergie vitale, inhérente au tissu même des végétaux, et déterminant par son influence, dont la nature est entièrement inconnue, tous les phénomènes sensibles de la végétation.

Haies, célèbre physicien anglais, dans sa Statistique ' des Végétaux dont Buffon a donné une traduction , est le premier qui ait démontré, par des expériences directes, la force prodigieuse de succion des racines et des branches. Il dégagea une branche de la racine d'un Poirier, en coupa l'extrémité et y adapta l'un des bouts d'un tube recourbé rempli d'eau et dont l'autre | extrémité était plongée dans une cuve à Mercure ; en six minutes le Mercure s'éleva de huit pouces dans le tube. Le même physicien (il une expérience analogue pour mesurer la force avec laquelle la Vigne absorbe l'humidité dans le sein de la terre. Le 6 avril, il coupa

un cep de Vigne sans rameaux , d’environ sept à huit lignes de diamètre, et d*à peu près trente-trois pouces de hauteur. If y adapta un tube à double courbure qu'il remplit de Mercure jusqu'au coude qui .surmontait la section transversale de la tige. La sève qui sortit du sommet tronqué de la lige et qui était absorbée par les racines, eut assez de force pour élever en quelques jours la colonne de Mercure à trente-deux pouces et demi au-dessus de son niveau. Or le poids énorme de l'atmosphère ne peut élever le Mercure que de vingthuit pouces au-dessus de son niveau. Dans l'expérience précédente la force avec laquelle la sève s'élevait des racines dans la tige était donc supérieure à la pression de l'atmosphère. Celte expérience a été répétée par le professeur Mïrbel qui en a constaté l'exactitude.

Les feuilles exercent une grande influence sur celte force de succion, qui peut se produire également par des branches détachées de la plante mère et par conséquent indépendamment des racines. Ainsi un jeune rameau chargé de feuilles, plongé par son extrémité inférieure dans un liquide, absorbe ce liquide avec une grande activité. Il en sera encore de même si on le retourne, c'est-à-dire si l’on plonge sou sommet dans l'eau, l'absorption continuera à s'exercer avec une force presque égale. Il résulte de là que l'absorption a lieu non-seulement par les racines, mais encore par les feuilles et toutes les parties vertes exposées à l'air. Dans quelques cas méine ces organes sont les seuls qui servent à celle fonction. Ainsi dans les plantes grasses et particulièrement dans les Cactus, dont les racines sont fort petites et qui végètent d'ordinaire dans les sables brûlants des déserts ou sur des rochers nus et dépouillés de toute terre végétale, il est évident que l'absorption des fluides nutritifs a lieu presque exclusivement par les feuilles et les autres parties vertes développées dans l'atmosphère, car la faiblesse de leurs racines, l'extrême aridité du sol dans lequel ils croissent, ne suffiraient pas pour le* faire végéter.

Ainsi donc, c'est à la fois par les racines, par les feuilles et par toutes les parties vertes, que sont absorbés les fluides qui doivent servir à la Nutrition du végétal. Mais ces fluides qui portent le nom de sève ne sont pas immédiatement employés à la Nutrition, pas plus que le chyle, produit de la digestion dans les animaux. Il faut que la sève ait circulé dans le végétal, qu'elle ail perdu par la transpiration la partie surabondante d'eau qui la com|K>sc, avant d'être employée à l'assimilation. C'est lorsqu’elle a ainsi parcouru toute l'étendue de la plante, qu'elle a acquis véritablement la propriété de pouvoir renouveler les tissus végétaux. Mais comment s'opère cette Nutrition? On ne le sait pas plus ici que dans les animaux. On connaît simplement l'origine des matériaux constitutifs de la plante, mais comment s'opère la transformation du Carbone, de l'Oxigène, de l'Azote, en tissus organisés ? On l'ignore et l'on est forcé d'admettre encore ici une force occulte, une force vitale, inhérente à la matière organisée qui est la cause première de son développement.

La Nutrition, dans les végétaux, a de grands rapports avec la même fonction dans les animaux, mais néanmoins, elle offre quelques différences dignes d’être

notées. Ainsi, c'est par la bouche que les animaux d'un ordre supérieur, ou par toute la surface de leur corps, que ceux qui occupent les derniers degrés de l'échelle animale, introduisent au dedans les substances qui doivent servir à leur Nutrition. C’est au moyen des bouches aspirantes qui terminent leurs fibres radicellaires. ou par les pores absorbants qui existent sur les feuilles ou les autres parties vertes, que les végétaux puisent an sein de la terre ou de l'atmosphère les matériaux qui doivent être employés à leur Nutrition. Dans les animaux, les matières absorbées suivent un seul et méine canal depuis la bouche jusqu'à l'endroit où la matière nutritive doit être séparée des suhslances inutiles ou excrémenlilieiles. Dans les végétaux, le même phénomène a lieu : les fluides absor bés parcourent un certain trajet avant d'arriver jusqu'aux feuilles où s’opère la séparation des parties nécessaires ou inutiles à la Nutrition. Les uns et les autres rejettent au dehors les substances impropres à leur développement. Le chyle ou l'aliment des animaux se mêle au sang qu'il entretient et répare continuellement; il parcoure toutes les parties du corps, auxquelles il cède les principes qui doivent réparer leurs pertes et leur fournir de nouveaux principes de vie et de développement. La sève des végétaux, après avoir éprouvé l'influence de l’atmosphère dans les feuilles, après s’y être dépouillée d'une partie des fluides surabondants qu'elle contenait; enfin, après avoir acquis une nature et des propriétés nouvelles, redescend dans tous les organes du végétal, pour y porter les matériaux de leur accroissement et servir au développement de toutes leurs parties, y. pour les phénomènes de la marche de» fluides dans les végétaux et les animaux, les mots Stvt et Circulation.

NUTTALLIE. A utiallia. bot. En rétablissant le genre A ’emopanthes de Raftlnesque, De Candolle lui avait d'abord imposé le nom de y utiallia, mais il abandonna cette dénomination, parce que, dit-il, elle était déjà employée par Sprengel pour un genre de Légumineuses. ü parait que ce dernier genre n'a pas été adopté, car on ne le retrouve ni dans les Mémoires sur les genres de Légumineuses publiés par De Candolle, ni dans son Prodromua. D’un autre côté, le nom de A uttnltia a été appliqué par Barton {Flor. Americ., 9, p. 74,tab. 62) à un nouveau genre de Malvalcées, constitué sur une plante trouvée par Nutlall lui-inéme sur le territoire d'Arka nsa, dans l'Amérique septentrionale. Nultail lui avait donné, dans ses manuscrits, le nom de Callirrhoe. Ce genre a le calice des Sida et le fruit des Mauves; cependant il parait se rapprocher davantage du premier de ces deux genres. Le Aultallia digilata, Bart., ioc. cft., et Botan. Magas., tab. 9612, est la seule espèce décrite. C’est une plante à fleurs purpurines, portées sur de longs pédoncules, et à feuilles peltées. digilées.

NUT TALLITE. min. (Brooke, Annales de Philosophie, mai 1824, p. 360.) Minéral qui, par son aspect extérieur, a quelque analogie avec l'Éléolile ou Pierre grasse, avec laquelle on l’avait d’abord confondu ; qui, par sa forme, se rapproche de la Scapolite, mais qui diffère de ces deux minéraux par son clivage, son éclat

plus vitreux, et sa moindre dureté. Suivant Brooke, ses cristaux sont des prismes rectangulaires, droits, divisibles parallèlement aux faces latérales. Les arêtes longitudinales sont remplacées par des plans ; les bases ne sont pas nettes et le clivage qui leur est parallèle est peu distinct. Brooke a donné à cette substance le nom de Nuttallite, en l'honneur de Nutlall qui l'a rapportée des Etats-Unis. On l‘a trouvée en cristaux engagés dans un carbonate de Chaux, à Boston. Etal de Massachussets. Son analyse faite par Thomson a produit : Silice 38,88; Alumine 25,75; Chaux 18,58; proloxide de Fer 7.89; Potasse 7,40; Eau 1,50.

NUX. bot. F. Noix.

NUXIE. Auxia. bot. Ce genre de la Télrandrie Monogynie, L., a été fondé par Laraarck ( Illustr . Gen., n° 1508, pl. 71), d'après les manuscrits de Commerson. Il avait d'abord été confondu par Jussieu avec le Ata nabca d'Auhlel, et conséquemment réuni à l' Ægiphila par Willdenow. Dans le septième volume des Annales du Muséum d'Hisloire naturelle, Jussieu confirme l'existence du genre Auxia, après avoir connu la véritable structure du fruit. L’observation en est due à Michaux qui la fil sur la plante vivante, pendant son court séjour à l'Ile-de-France. On devra néanmoins exclure de ce genre le Auxia elaia de Swarlz et Persoon, qui parait être un véritable Ægiphila. Les caractères essentiels du genre Nuxie , après ces réformes indiquées par Jussieu, consistent en un calice quadrifide; une corolle presque infundibuliforme. à quatre segments peu profonds et réfléchis; quatre étamines insérées à l'entrée de la corolle; stigmate tronqué; fruit capsulaire, à deux loges remplies de graines nombreuses. Ce genre, selon Jussieu, doit s’éloigner des Verbénacées, et te rapprocher des Scbrophularinées , auprès du Budleia.

Ncxit VBRTiciLLt. A uxia rcrtici/lata , Lamk.; Ægiphila Auxia, Willdenow. C'est un bel arbre qui croit à l'Ile-de-France. Son écorce est blanchâtre ou brune, fendillée; son bois a une teinte jaune. Ses rameaux sont opposés et portent des feuilles réunies par trois ou quatre en une sorte de verticille, entières, glabres et luisantes. Les fleurs sont également disposées par verlicilks et forment une grande panicule.

NYALEL. bot. y. Ni ALU.

NYCTAGE. A yclago. bot. Genre de la famille des Nyctaginées, et de la l'entandrieMonogy nie, L., offrant les caractères suivauts : périanihe double : l'extérieur campanulé, ouvert, à cinq divisions peu profondes, lancéolées, pointues et inégales; l'intérieur, considéré par Tourneforl et Linné comme une corolle, trèsgrand, pétaloïde, infundibuliforme, ventru à la base, resserré au-dessous de l’ovaire, puis s'élargissant en un limbe ouvert, presque entier ou à cinq petites dents; cinq étamines dont les filets sont insérés sur le réceptacle réuni à la base autour de l’ovaire et adné au périanihe interne dont la base persiste et couvre l'ovaire qui est turbiné, surmonté d'un style filiforme, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate globuleux et couvert de petites glandes papillaires; graine globuleuse, pourvue d'un albumen farineux, très-abondant. Tourneforl donnait à ce genre le nom

de Julapa qui fui de nouveau reproduit par Meench, parce qu'on croyait que l'espèce principale élail la plante qui produisait la racine de Jalap. Linné le nomma Mirabilis, quoique ce mol fût un adjectif qui ne peut être adopté pour désigner un genre. C’est pourquoi Jussieu, dans son Gênera Plantarum , lui restitua la dénomination employée autrefois par Van- Royen. Les Nyctagcs sont des plantes herbacées, indigènes du Pérou, du Mexique et d'autres régions circonvoisines de l'Amérique.

Nyctage facx-Jalaf. Nyctago Jalapa , DC., Flore Française; Mirabilis Jalapa, L. Vulgairement Belle de Nuit ou Merveille du Pérou. Cette plante a une racine pivotante, grosse, charnue, blanche en dedans, noirâtre extérieurement. Sa lige, haute de près d'un mètre, est noueuse, ferme et dichotome; elle porte des feuilles opposées, entières, presque en cœur, pointues, glabres et légèrement glulineuses. Les Heurs forment au sommet des branches des corymbes très-serrés; chacune est portée sur un pédoncule particulier. Elles sont ordinairement rouges, quelquefois jaunes , blanches, ou panachées dans les variétés que la culture a fait développer. Il est à remarquer que l’on n’a pu obtenir par la culture que des variétés de couleur et non des différences marquées dans les formes; ainsi les fleurs sont toujours à peu près de la même grandeur, mais jamais doubles ou monstrueuses. La Belle de Nuit est ainsi nommée parce qu'elle étale ses fleurs quand l'horizon est privé de la lumière solaire; elle lient ses fleurs ouvertes non-seulement pendant la nuit, mais encore pendant la journée lorsque le ciel est couvert de nuages. C'est donc un effet direct de la lumière solaire, et non pas, comme Linné a voulu expliquer ce phénomène, un effet d'habitude résultant de ce que la Belle de Nuit est originaire du Pérou, contrée située sous les tropiques et dans un autre hémisphère où les heures pendant lesquelles le soleil éclaire l'horizon correspondent précisément à celles pendant lesquelles d’autres ont la nuit. La racine de ce Nyctage a un goût âcre et nauséabond; elle est purgative à peu près autant que le Jalap, ce qui a fait croire que cette dernière racine provenait de la Belle de Nuit. On est aujourd'hui certain que le Jalap est produit par une espèce de Liseron, f'. ce mot et Jalap. Les graines de la Belle de Nuit renferment un périspermeou albumen farineux, très-abondant, dont il ne serait pas difficile d'extraire de la fécule amylacée. Les fleurs de celte plante se succédant pendant un espace de temps assez considérable, la récolte de ces graines ne pourrait, il est vrai, sc faire que successivement, mais elle serait pour ainsi dire continue; elle donnerait plus d'importance à cette plante qui d'ailleurs est une des plus agréables parmi celles qui décorent les parterres vers la fln de la belle saison.

Nyctage dichotome. Myctago die ho to ma, Juss.; Mirabilis ilicholoma , L. et Lamie. Elle ressemble beaucoup à la précédente, mais ses tiges sc divisent en rameaux plus étalés, plus nombreux et plus touffus. Ses feuilles sont de même forme, mais beaucoup plus petites. Il en est de même des fleurs, qui en outre sont scssiles, axillaires, presque solitaires ou rarement

réunies plus de deux ou trois dans la même aisselle; elles s’épanouissent beaucoup (dus tôt que dans l'espèce précédente, à peu près vers quatre heures de l’après-midi, d’où le nom de Fleur de quatre heures qu'on lui donne vulgairement; elle répand alors une odeur très-suave. Cette plante est originaire du Mexique.

Nyctage a loxgces filcrs. Nyctago lûngiflora, De Cand.. Fl. Fr.; Mirabilis longiflora, L. Elle se distingue facilement à l'extrême longueur du tube de ses fleurs; ce tube est étroit, penché, et s’ouvre au déclin du jour en un limbe plissé à cinq dents; les Heurs répandent alors une odeur musquée très-agréable. Cette plante a des liges si faibles qu’elles ont besoin d’être appuyées pour ne pas ramper à terre. Les feuilles sont molles, pubescentes, cordiformes, les inférieures pé- I iolées, les supérieures sessiles et ainplexicaules. Cette belle plante croit naturellement dans les bailles montagnes du Mexique, d’où les astronomes français en rapportèrent des graines vers le milieu du siècle dernier. Elle est plus recherchée par les amateurs que les deux précédentes.

NYCTAG1NËES. Xyctagineœ. bot. Famille naturelle de plantes dicotylédones apétales et hypogynes, dont le nom est tiré du genre Nyctago qui en est le type. Celle famille peut être caractérisée de la manière suivante : les fleurs sont environnées d’un involucre monophylle ou polypbyile, contenant plusieurs Heurs ou quelquefois une seule, et offrant alors l’apparence d’un calice. Celui-ci est coloré, monosépale et généralement tubuleux, ayant son tube plus ou moins grêle, renflé à sa partie inférieure, qui persiste quand toute la partie supérieure se détache; son limbe est plus ou moins plan, rarement entier, le plus souvent divisé en lobes plissés. Les étamines sont en nombre défini qui varie de cinq à dix; elles sont insérées au bord supérieurd'un disque hypogyne, saillant autour de l'ovaire sous la forme d’un godet concave qui le recouvre en partie. Les filets des étamines sont grêles, terminés par une anthère hilobée, à deux loges opposées, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est ovoïde, libre, à une seule loge contenant un ovule dressé. Le style est long, grêle, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une cariopse recouverte par le disque qui lui forme comme uu péricarpe accessoire. Le véritable péricarpe est mince.el adhérent avec le tégument propre de la graine. Celle-ci se compose d’un embryon recourbé sur lui-méme, ayant sa radicule repliée sur la face d'un des cotylédons et embrassant ainsi l'endosperrae qui se trouve central.

Les Nyclaginéessonl des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, ou des arbustes et même des arbres. Leurs feuilles sont simples, le plus souvent opposées et inégales, quelquefois cependant alternes. Les fleurs sont axillaires ou terminales, réunies plusieurs ensemble dans un involucre commun ou ayant chacune un involucre particulier et caliciforme. Quelques auteurs parlant des genres dont l'involucre est uniflore, comme de la Belle de Nuit, par exemple, ont décrit cet iuvolucre comme un calice et le véritable calice comme une corolle. Mais l'exaiuen des genres dont l’involucre renferme plusieurs fleurs pourvues seulement d’un

périantbe simple, repousse celte manière de considérer l'organisation de cette famille.

Les genres qui appartiennent aux Nyctaginées ont leurs espèces ou toutes herbacées ou toutes ligneuses : de là les deux sections qui ont été établies pour disposer les genres.

■{• Tige herbacée.

Ayctago, Juss.; Oxybapkus , l'Héritier, qui est le Calyxhyntenia d’Ortéga; Allionia, L., qui comprend le Wcdelia de Lœffling; Boerhuacia , L. ; Abronia , Juss., qui est le Tricraiu » de l'Héritier.

Tige ligneuse.

Pi sa nid, L., auquel il faut réunir le Calpidea de Ou Pelil-Thouars; le Muruwalia de Rottler; Salpian- Ihut , Kunlii, qui est le Boldoa de Cavanilles; Aecat Ituizel Pavon; Axia, Lour.; Bugineillea, Commers., qui comprend le Tricycla de Cavanilles, et enfin te Toneya, Spreng.

La famille des Nyctaginées est très-voisine des Amaranthacées, dont elle diffère surtout par son fruit monosperme et indéhiscent, et par le port des végétaux qui la composent.

NYCTALOPES. zool. Les animaux qui voient mieux dans la nuit, ou du moins dans le crépuscule que pendant le jour, ont quelquefois été désignés sous ce nom.

NYCTANTUE. Ayctanlhes. bot. Genre de la famille des Jasminées et de la Diandrie Monogynie, L., offrant pour caractères essentiels : calice tubuleux, entier; corolle tubuleuse, dont le limbe est à cinq lobes obliques et en cœur renversé; deux étamines ayant leurs anthères presque sessiles et renfermées dans le tube; capsule obovée, comprimée, coriace, indéhiscente, à deux loges parallèles; chaque loge ne renfermant qu'une graine convexe d'un côté, plane de l'autre, attachée au fond de la loge. Linné, auteur de ce genre, l*a composé de plusieurs espèces hétérogènes, parce qu'il n’en connaissait pas le fruit. Toutes celles qui possèdent un fruit bacciforme ont été reportées dans le genre Jasminum. T. J ASKin. Jussieu, d’après une note de Vahl, cite comme synonyme du Ayctanlhes de Linné, le Scabrita de cet auteur lui même. En conséquence de la suppression de toutes les espèces linnéennes à fruit non capsulaire, il ne reste qu'une seule espèce originaire des Indes orientales et qui est cultivée depuis longtemps dans les jardins d'Europe.

Nyctastbe arbre TRISTE. Ayctanlhes Arbor tris fis, L.; Matijapumeran, Rhéede, Hort. Ma la b., vol. i, p. 35, tab. 2 1 . C'est un petit arbre dont lesbra riches sont écartées, longues et garnies de feuilles opposées, sessiles, ovales, pointues et entières. Les Heurs, au nombre de deux ou trois, sont portées sur des pédoncules axillaires, moins longs que les feuilles. Leur couleur est jaunâtre, et elles exhalent une odeur agréable aux approches de la nuit. On cultive celte plante de la même manière que- les Jasmins.

NYCTÉE. Aycleus. ms. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrioniles, mentionné par Lalreille (Fam. Nat.) et dont il ne donne pas les caractères. Ce genre avoisine les Élodes et les Scyrtes, et s'en distingue parce que tous les articles de ses tarses sont entiers.

NYCTÉIDE. Aycieis. ns. Genre de Coléoptères pentamères, de la famille des Carnassiers, voisin des Catascopes, formé par Gory qui lui assigne les caractères suivants : palpes à pénultième article triangulaire, le dernier est long, presque cylindrique, un peu arrondi à l'extrémité; menton uni; lèvre supérieure avancée, non échancrée en avant ; antennes filiformes, assez courtes, à premier article grand, le second court, les autres égaux; tète grande, presque triangulaire, trèspeu rétrécie en arrière; yeux ronds, assez saillants; mandibules fortes, arquées et aigues; corselet court, à peine plus large que la tète, rétréci en arrière, rebordé sur les côtés; écusson très-petit; élylres larges, trèséchancrées en arrière; pattes moyennes. La lèvre trèsavancée de ces insectes, leur donne une grande analogie avec les Calascopes, mais ils en diffèrent, ainsi que des Thyrcoplères et des Eurydères, par l'absence de la dent du menton; ils sont au nombre de deux et originaires de Madagascar.

NYCTELEA. bot. Ellisik.

NYCTÉLIE. Ayctelia. ms. Nom donné par Lalreille (Fam. Nat. du Règne Anim.) à un genre de Coléoptères de la tribu des Ulapsides, famille des Mélasomes. Caractères : bord antérieur de la tête profondément échancré; labre aussi long que large; lèvre inférieure recouvrant presque entièrement la languette, échancrée en avant et arrondie aux angles antérieurs. Tels sont les caractères distinctifs du genre établi par Latreille pour une seule espèce qu’il a nommée Ayctelia brunnipes; depuis Lacordaire a rapporté de l'Amérique méridionale, trois insectes qu'il a placés dans ce genre sous les noms de Ayctelia ebenina, eiylhropus et discicolis; enfin Guérin en a aussi ajouté quatre ou cinq parmi lesquelles :

N y ct El. ie PiLiPtDE. Ayctelia pilipes, Guér. Son corps est tout noir, avec les pattes garnies de longs poils jaunâtres; sa tâte est petite, insérée dans une large échancrure du corselet ; les antennes sont de la longueur du corselet, grenues et poilues; le corselet est grand, arrondi sur les côtés, un peu plus étroit en avant, avec les angles antérieurs et postérieurs aigus, trois sillons longitudinaux au centre et des plis transversaux de chaque côté; élytres lisses, s'élargissant à l'extrémité où l'on voit un commencement de queue; pattes noires, couvertes de longs poils jaunâtres. Taille, huit lignes. Ou Pérou.

NYCTÉRË. Aycteris. mai. Genre de Carnassiers, de la famille des Chéiroptères, établi par Geoffroy Saint- Hilaire, aux dépens du genre Vespertilio de Linné. Caractères : un sillon longitudinal très-profond sur le chanfrein; narines recouvertes par un opercule cartilagineux, mobile; oreilles grandes, réunies par leur base; oreillon extérieur; membrane inter/émorale trèsgrande comprenant la queue, dont la dernière vertèbre est terminée par un cartilage bifurqué. La formule dentaire est : quatre incisives en liaul, six en bas; deux canines en haut, deux en bas; huit molaires en haut, dix en bas.

Ntctère de Geoffroy. Aycteris Geoffroy i, Ocsm., p. 190; Nyctère de la Thébaïde, Geoff. Les oreilles sont très-grandes; une forte vernie est placée sur la lèvre

inférieure, entre deux bourrelets ayant la forme d’un V. Le pelage est gris brun en dessus, plus clair en dessous. Elle habite ta Théhaïde et le Sénégal.

NyctKre de Daübextox. Nycterie Daubentonii, Ceoff.; le Campagnol volant de Daubenton; ï'espertilio hiapitlus, L. Les oreilles sont assez grandes, à opercules des pourtours des narines très-petits; lèvre inférieure simple; pelage brun- roussâlre en dessus, blanchâtre en dessous, avec quelques teintes fauves. Elle habite l'Europe méridionale et l'Afrique.

Nyctèbe de Java. Nycttria Juranicus , Ceoff. Cette espèce a le pelage d’un roux vif en dessus et d’un cendré roussâlrc en dessous.

NYCTÉR1B1E. Nycteribia. iss. Diptères; genre de la famille des Pupipares, tribu des Phlhiromyies, établi par Lalreille, avec les caractères suivants : corps aptère; tête très- petite, sous la forme d’un tubercule capsulaire, implanté sur le thorax. Yeux composés de petits grains; thorax demi-circulaire. Ce genre a été le sujet de bien des erreurs, et Lalreille lui-nième l'avait d'abord placé, sans doute d’après les formes extérieures, parmi les .Arachnides. Linné l'avait considéré comme voisin des Mites; Fabricius avait d'abord suivi son exemple, et ce n’est que plus tard qu'il a adopté la dénomination et la place que Lalreille assigne à ce genre. La tête des Nycléribies est très-distincte du corselet, et ressemble ù un tubercule assez grand M presque ovoïde, velu, implanté, au moyen d’un article très-court servant de pédicule, sur le dos de cette partie, entre son milieu et celui de son extrémité antérieure, immédiatement derrière le point où prennent naissance les deux premiers pieds; cette tète forme une sorte de capsule coriace, en cène renversé, comprimée, échaticrée à son extrémité supérieure ou la plus grosse, et creuse en voûte à la partie antérieure. Les antennes sont insérées dans l'échancrure du bord supérieur; elles sont très-courtes, contiguës l'une à l'autre, avançant parallèlement, composées de deux articles dont le dernier plus grand, presque triangulaire, mais arrondi extérieurement. Les yeux sont placés de chaque côté et immédiatement au-dessous de la naissance des antennes; ils sont légèrement saillants, noirs cl composés de petits grains réunis. Les palpes sont insérées en avant des yeux et aux extrémités un peu avancées des bords internes de la cavité orale ce sont deux petites lames oblongues, étroites, de la même largeur, obtuses ou arrondies à leur sommet, garnies de poils dont les supérieurs sont plus longs; ces lames remontent parallèlement en présentant la tranche la plus mince, convergent et se touchent à leur extrémité qui fait une saillie au delà des antennes, au-dessous desquelles elles sont placées : dans l’intervalle qui les sépare, on distingue le tubercule arrondi ou le bulbe d’où part le suçoir, et que Lalreille présume être semblable à celui des autres Pupipares. Le corps des Nycléribies est trèssingulier : le corselet est plat et demi-circulaire; le derme de la face inférieure est coriace, en forme de plan égal, et présente, près de son extrémité extérieure, une ligne enfoncée, offrant un angle qui semble indiquer la suture pu la réunion du segment antérieur du tronc avec le suivant. I.e derme de la face opposée ou du

dos est membraneux, avec divers enfoncements, séparés par des arêtes dont les crêtes sont d'une consistance plus solide, ou coriace, ou de la nature du derme inférieur. Le milieu du dos présente une cavité longitudinale et qui se termine postérieurement, du moins dans la Nyclériliie ordinaire d'Europe (A ycteribia Peapertitioni»), par une partie élevée, formant le capuchon. La tète peut se rejeter en arrière, et son extrémité est reçue dans le capuchon. Les arêtes des côté* sont transversales. Si l'on observe que par une disposition très bizarre, mais que nécessitait l'altitude ordinaire de ces insectes, les pattes sont insérées sur le pourtour supérieur du thorax , que le premier article des quatre hanches postérieures est soudé avec lui, et qu’il présente deux plans membraneux avec une arêle solide au point de leur réunion , en un mot, que celle face du thorax devient en quelque sorte, en raison de ce changement, la poitrine, les inégalités que l’on y remarque s'expliqueront facilement. Les deux premières pattes naissant à l'extrémité antérieure et supérieure du thorax, sont très rapprochées à leur base, et se portent en avant ; elles diffèrent des autres en ccque le premier article de leurs hanches est libre, comme dans les pieds des autres insectes, et même assez allongé; le second article de ces hanches, ainsi que le tuéme des suivantes, est très-court, et ne peut se montrer qu'en dessous. Entre la première paire de pattes et la seconde, près des bords et de chaque côté, est une cavi(éJ tantôt presque ovale, tantôt linéaire et arquée, dans laquelle on observe une rangée de petites lames ou de dents imitant un peigne et formant en celle partie une tache noire.

Ces insectes vivent sur les Chauves-Souris ; Monlagu a observé qu'ils se renversent sur le dos pour sucer le sang de ces animaux; leur télé étant placée sur le dos, il était difficile, avant celte observation, de concevoir comment l'insecte aurait pu approcher sa bouche de la peau de la Chauve-Souris. Les Nycléribies courent trèsvile quand elles sont sur le corps de l'animal, mais une fois qu'on les en a séparées , elles ne peuvent plus marcher, et ne font que des mouvements désordonnés.

Ntctéiisie de Blainville. Nycteribia B/pincillii, Lalr.; Pkthiridium Utaincillii, Leach. Elle est longue de près de deux lignes; d’un brun marron foncé, avec les pattes plus claires. Elle a été rapportée de l'Ile-de- France.

Nyctbribie de la Cbalvb-Souris. Nycteribia f’espertihonis. Lalr.; Phthiriitium biarticulatum, Ucrm.; PhthirnJium Uermannii , Leach; Phthiridium Laireilliij ibid.; Acarus Peapertilionia, L. Elle est beaucoup plus petite que la précédente; dessus du corps et pattes d'un jaune roussàtre ; dessous du corselet d'uu brun rougeâtre, avec une ligne noire au milieu. Celle cs|>èce se trouve aux environs de Paris et dans toute l'Europe, sur la Chauve-Souris fer-à -cheval.

NYCTEIUCEES. iam. Rafflnesque propose de former sous cc nom un groupe séparé des Vesperlilions . et composé des espèces qui ont. avec des oreilles médiocres et un museau simple, deux incisives seulement à la mâchoire supérieure; tels sont ; PcapertUio lasiu -

rus, Schreb.; VespertHio tioreboracensis, Penn.; l'espertilio horhonfcus, Geoff.

NYCTÉRIN1E. Nycterinia. bot. Genre de la famille des Serophularinées, Didynamie Angiosperermie, de Linné, établi par Don, aux dépens du genre Erinus , dont quatre espèces avaient toujours laissé aux botanistes des doutes sur l'exactitude de leur classification. En effet. Don les ayant soumises à un examen plus sévère. leur a reconnu des caractères bien distincts de ceux qu'offrent les véritables Êrines. surtout en ce qui concerne la structure des anthères et du stigmate, ainsi que l'insertion des filaments ; il donne au genre nouveau le nom de Nycterinia, dérivé de nxTtpivof, nocturne, exprimant que la floraison de ees plantes ne s'effectue que pendant la nuit. Les quatre espèces désignées par Don sont les Erinus fragrons, tristis, Africanus et Lychnùlea , tous quatre originaires dn cap de Bonne- Espérance.

Ntctérixie a fleur* de Ltcrtidk. Nycterinia Lychnùtea , Don; Erinus Lychnùlea , Lin. . Supp., 287 ; Tliunh.. Prodr.y 103; Willd., Sp. pl. ôj 555 ; Erinus Capcnsis, Lin., Mantis. 353. La plante est haute d’un pied, entièrement d’un vert obscur, recouverte de poils assez longs et rudes, et enduite d'un vernis poisseux et odorant. La tige est suffrutescenle, droite, cylindrique et branchue. Les feuilles sont opposées, sessiles. linéaires, obtuses, roulées en leurs bords qui ont quelques dents fort distantes. longuesd’un pouce environ et glauques en dessous. Les fleurs sont terminales, groupées en pyramide; elles exhalent une odeur fort agréable; le calice est forméde deux folioles ovales-oblongues, presque labiées et égales, ciliées en leurs bords : la supérieure à trois dents, l'inférieure à deux; le tube de la corolle est étroit, long de quinze à dix-huit lignes et d'un blanc verdâtre; il a son orifice interne garni d'une rangée de poils ou cils très-petits; le limbe est profondément divisé en cinq découpures presque égales, bifides et obtuses; la surface interne est blanche, l'externe d'un bleu pourpré, fort obscur. Les étamines, au nombre de quatre, sont didynames, insérées à l'ouverture de la corolle : les filaments sont très- courts, comprimés et glabres; les anthères sont exsertes, linéaires, à un seul lobe, jaunes, longitudinalement déhiscentes, attachées à un connectif vert, épais et caréné. L’ovaire est ohlong, cylindrique, hiloculaire et polysperme; il est surmonté d’un style filiforme, blanc, couronné d’un stigmate simple. long, linéaire, émoussé, plat, floriforme et roulé. Les fleurs de celle espèce font, quoiqu'elles ne s’ouvrent que vers le soir, l'ornement des parterres pendant l'été. La plante réussit très bien, dans le terreau de bruyère ou dans un mélange de terre grasse, substantielle et de sable; on la rempote en automne pour la conserver dans l'orangerie; elle se propage facilement de semis et de boutures.

NYCTERINS. ois. fliora donné par Duméril, à une famille d'Oiseaux nocturnes, de l’ordre des Rapaces.

NYCTÉRISTION. Nyctcristium. bot. Genre de la famille des Sapotées, et de la Penlandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon. et adopté par Kunth qui lui a imposé les caractères suivants : calice â cinq divisions profondes; corolle dont le tube est court, le limbe à

cinq segments profonds et réfléchis; point d’écailles à la base des divisions de la corolle : cinq étamines insérées au sommet du tube, et opposées aux segments de la corolle; ovaire â cinq loges, renfermant un seul ovule dans chacune de celles-ci ; style court, surmonté d’uu stigmate obtus, presque à cinq dents; fruit inconnu. Ce genre ne se compose que de deux espèces qui ont le port des üumelia.

Mycteristiox ferrccixecx. NyclerisUum ferrugineutn, Ruiz et Pavon {Flor. Parut, et Chii., u, p. 47^ t. 187). Il est le type du genre. C'est un grand arbre du Pérou dont i'écorce est ferrugineuse, le tronc épais, laissant écouler par incision lin suc laiteux qui rougit à l'air. Les branches, étalées, portent des feuilles éparses, pétiolées, ovales, allongées, légèrement acuininées et échancrées au sommet, lisses en dessus, couvertes eu dessous d’un duvet ferrugineux ; les fleurs sont en petits fascicules agrégés.

NtctEristion a feüillks argcxtEes. Nycterisiium ar/jenteum . Kunth ( Noc . Gêner, et Spec. Plant. .Equin., ni, p. 358, t. 341). Cet arbre, qui se rapproche beaucoup du Nyctcristium fer rugincum, croit près de Jaen de Bracamoros, dans la république de Colombie. Ses rameaux sont alternes, un peu ridés, légèrement pubescents dans leur jeunesse, mais ils ne sont pas ferrugineux comme dans l'espèce précédente. Ses feuilles sont en outre plus petites, et couvertes en dessous d'un duvet soyeux argenté. Les fleurs sont disposées en petits groupes qui unissent dans les aisselles des feuilles et Le long des rameaux; elles forment également de petits fascicules.

NYCTERIUM. bot. Yenlenat (Jardin de Maloiaison, n° 85) a formé sous ce nom un genre qui a pour type le Sotanum Ecspertilio d'Alton, mais qui ne diffère pas suffisamment du genre Solanutn pour mériter d'élre adopté. E. Morel le.

INYCTKROPE. A ycteropus. ix». Coléoptères hétéromères; genre de la famille des Mélasoraes. établi par Klug, pour un insecte nouveau, apporté de Madagascar. Ce genre voisin des Blaps, ne peut cependant être comparé qu’aux Ténébrions, car quoique les élytres soient bien réunies à la suture, elles ne sont cependant pas soudées et elles recouvrent, des ailes bien développées. Les antennesonlunestriiclure particulière comme celles des Dolichodères, qui ne se représente que dans le genre Cryphéc de Klug; mais le corps, la forme de la télé et d'autres organes sont bien différents, excepté la présence des ailes, qui fait rentrer les Kycléropes dans une autre famille. Ils ressemblent beaucoup aux Dolichodères, mais leur corps est moins rétréci et moins cylindrique; il est plus large, plus aplati; le corselet est particulièrement plus large et proportionnellement plus court, avec les angles plus saillants; l'écusson est assez grand, presque triangulaire; les élylrcs sont insensiblement rétrécies vers l'extrémité qui est arrondie, sans ligne transverse relevée au bord antérieur, et les épaules en saillie ronde ; la télé, plus large au milieu , se prolonge latéralement par-dessus l inserlton des antennes, dont le premier article, plus long que le deuxième, égale le troisième : massue formée par les quatre derniers qui sont déprimés et larges, avec le

pénultième arrondi à l'extrémité. La seule espèce connue a été nommée Nycteropus bipartites.

NYCTIBIUS. ois. F. im j au.

NYCTICÈBE. Nycticebus. nas. Genre de Quadrumanes Lémuriens, établi par Geoffroy Saint- Hilaire, et dont le type est une espèce indiquée par Linné sous le nom de Letnur Tardigradus. Très-voisins du genre Loris par leur système dentaire, par la forme de leurs oreilles, par celle de leurs oncles, par l’étal très-rudimentaire de leur queue, par plusieurs autres caractères d'une moindre importance et même par les couleurs de leur pelage, les Nycticèhes se distinguent par leur museau obtus et peu prolongé, leurs membres courts et assez forts, et leur corps gros et épais. Le Loris a. au contraire, le museau saillant et relevé, et les membres et te corps d'une longueur excessive et d’une gracilité qui le rendent très-remarquable: d’où est venu le nom spécifique de gracilis sous lequel il est ordinairement désigné. A ces caractères, qu’on peut regarder comme les plus importants, ou même comme les seuls importants, du moins sous le rapport de la distinction générique des Nyclicèbes, on a ajouté les suivants : télé ronde; yeux grands, rapprochés et dirigés en avant; l’os jugal sans ouverture appréciable à la simple vue; les intermaxillaires courts, verticaux et sans saillie; les oreilles courtes et velues; la langue rude; les narines entourées d'un mufie; le pelage laineux; les os de la jambe et du bras distincts; le tibia plus long que le fémur, et le tarse égal en longueur au métatarse (Geoffroy Saint- Hilaire, Tableau des Quadrumanes. Ann. Mus., l.xix; et Desinarest, Mammalogie). Quant au système dentaire, il suffira de dire, au sujet des canines et des molaires, qu'elles sont très -semblables à celles du Loris : il en est de même des incisives inférieures. dont le nombre est de six, et qui sont proclives, comme cela a généralement lieu chez les Lémuriens. Le nombre des supérieures varie de deux ù quatre; les incisives latérales étant toujours, lorsqu’elles existent, beaucoup plus petites que les deux autres : celles-ci sont constamment séparées sur la ligne médiane par un intervalle vide, assez étendu. Le Muséum de Paris possède plusieurs squelettes de Nyclicèbes, dont quelques-uns, qui lui ont été envoyés de Sumatra par Duvaucel, sont dans le plus parfait état de conservation; leur comparaison avec celui des Loris donne le même résultat que l'examen des caractères extérieurs : beaucoup de ressemblance générale avec d’importantes différences sur quelques points. Le nombre descùles est de seize.

Les Nyclicèbes diffèrent peu des Loris par leurs habitudes; leur lenteur cl leur indolence sont excessives; d’où les noms de Paresseux et de Tardigradus qui leur ont été donnés par Vosmaer. par Linné, par Séba et par quelques autres auteurs. Ces animaux semblent même ne pouvoir se soutenir. Lorsqu’ils marchent à quatre pattes, leurs jambes s'écartent de leur corps, de sorte que leur poitrine et leur ventre louchent presque le sol, ce qui leur donne une physionomie fort singulière, et ce qui les a fait comparer à de jeunes Chiens qui viendraient de naître, et que leurs membres n’auraient point encore la force de porter. Celle curieuse observation peut seule faire comprendre

les remarques faites sur les Nyclicèbes par Vosmaer et par d’Obsonville (Essais Philos, sur les mœurs de divers Animaux étrangers) : le premier dit que la marche de ces animaux est une sorte de reptation, et le second affirme que, lorsqu'ils paraissent se hâter, ils parcourent à peine un espace de quatre toises en une minute. Celte lenteur les a quelquefois fait comparer aux Bradypesou Paresseux, avec lesquels ils ont aussi assez de ressemblance par leur voix : on les entend continuellement, surtout lorsqu'on les irrite, répéter sur un ton plaintif un cri que VosmaCr exprime parles syllabes ai, aï. Ils dorment presque tout le jour, la télé posée sur la poitrine; et l’étendue considérable de leurs orbites annonçait en effet en eux des animaux nocturnes. Leurs pupilles sont transversales, et suivant F. Cuvier, elles peuvent sc fermer entièrement; ce qui expliquerait parfaitement l'assertion de d'Obsonvillc, qui les représente comme ne redoutant nullement l’éclat de la lumière solaire. Suivant le même auteur, ils mangent volontiers des fruits sucrés et du pain; mais ils sont surtout friands d’œufs, d'insectes cl de petits Oiseaux. ■ S'il apercevait, dit d’Obsonville au sujet de l'individu qu'il a eu occasion d'observer, s'il apercevait une pièce de pareil gibier, que je m’amusais à attacher à l'autre extrémité de la chambre, ou à lui présenter en l'ap|>elant, aussitôt il s'approchait d'un pas allongé et circonspect, tel que celui de quelqu’un qui marche en tâtonnant. Arrivé environ à un pied de distance de sa proie, il s’arrêtait : alors, se levant droit sur ses jambes, il s’avançait debout, en étendant doucemeut les bras, puis tout à coup la saisissait, et l’étranglait avec une prestesse singulière. *

On a cherché à expliquer la lenteur des Nycticèbes par une disposition particulière que présentent les artères de leurs membres; disposition dont on doit la connaissance à Carliste. Suivant cet auteur, l’artère brachiale est entourée d'un lacis vasculaire, résultant de l’anastomose d'un très-grand nombre de rameaux, fournis par l’axillaire; et la même chose a lieu à l'extrémité inférieure, à l'égard de la crurale. Celte même disposition existerait également, suivant Carlisle, chez tous les Mammifères remarquables par leur excessive lenteur, tels que le Loris et les Bradypcs ; et il est de fait qu'elle a été retrouvée par Quoy et Gaymard dans une des espèces de ce dernier genre.

Nycticebe ou Hexgale. A ycticebus Bcngalensis , Geoff. Sl.-Hil. C'est l'espèce la plus anciennement et la mieux connue : c’est à elle qu’on a rapporté le Letnur Tardigradus àe Linné; le Loris du Bengale, Buffon ; le Paresseux penladactyle du Bengale, Vosmaèr; le Thcvangues ou Tongres, d'Obsonville, et le Poucan ou Lori-Poucan , Duvaucel et Fr. Cuvier. Geoffroy Saint-Hilaire la caractérise ainsi : pelage roux; ligne dorsale brune; museau large; quatre dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa longueur totale est d’un pied environ.

Nycticèbe oe Java. Nycticebus Jacanicus , Geoffroy St.-Hilaire. Ann. du Mus., I. xix. Pelage roux; ligne dorsale plus foncée ; museau étroit; deux dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa taille est peu différente de celle du Nycticèbe du Bengale.

>gle

FS y cti et hé de Cetiah. Nycticebus Ceylonicna , Geoff. Sl.-Bil. Celte espèce n’est connue que par une planche de Séba, el par la description qu'en a donnée le même auteur sous le nom de Tardigradua Ceylo nie us : elle serait caractérisée par son pelage d'un brun noirâtre, avec la ligne dorsale noire.

Quant au Polio de Bosinan, tour à tour placé parmi les Nyclicèhes et parmi les Galagos, V . ce dernier mot.

NYCTICÊE. Nycticeua. mai. Genre de Carnassiers de la famille des Chéiroptères, formé aux dépens du grand genre ycspertilio de Linné, par le professeur Raffinesque qui lui donne pour caractères : deux incisives supérieures, séparées par un grand intervalle, accolées aux canines, et ayant des crénelures aiguës; six incisives inférieures tronquées; les canines sans verrues à leur base.

NYCTictB humérale. A ycticeua humerait $, Raffin. Queue presque aussi longue que le corps, et très-raucronée; oreilles ovales, noirâtres, plus longues que la télé; pelage d'un brun foncé en dessus, gris en dessous, avec les épaules noires. Elle habile le Kentucky.

Nycticée marquetés. Nycticeua tcaael/atua , Raffin. Queue de la longueur du corps, terminée par une verrue saillante ; nez bilohé; pelage bai en dessus, fauve en dessous, avec un étroit collier jaunâtre; ailes réticulées el poinlillées de roux. Du Kentucky.

NYCTICORAX. ois. Synonyme de Héron-Bihoreau.

NYCT1NOME. Nyctinomua . mai. C’est encore à Geoffroy St. -Hilaire qu'est due la formation de ce genre de Carnassiers, placé dans la famille des Chéiroptères ; il l'a opérée aux dépens du grand genre Feaperlitio de Linné, pour les espèces qui se distinguent par les caractères suivants : nez camus, confondu avec les lèvres qui sont profondément fendues et ridées; oreilles grandes, couchées sur la face, à oreillop extérieur: membrane interfémorale moyenne et saillante; queue longue, à demi enveloppée ù sa base. Formule dentaire : incisives, deux en haut, quatre en bas; canines, deux en haut, deux en bas; molaires, dix en haut, dix en bas.

Nyctifiome d'Ëgypte. Nyctinomua Ægyptiacua, Geoff.; Dysopca Geoff royii , Temm., p. 2*6. Celte Cbauve-Souris est rousse en dessus, brune en dessous; sa queue est grêle ^ la membrane Interfémorale n'enveloppe que la moitié de la queue, el n'a point de brides membraneuses. On la trouve dans les ruines et dans les souterrains en Égypte.

Ntctixoxe su Bengale. Nyctinomua Bengalenaia , Geoff. C’est, selon Temminck, la même chose que son Molosse Chamché. y. ce mol.

Nyctinome do Port-Louis. Nyctinomua acetabulosua , llerm., Geoff. Cette espèce, que Commerson a fait connaître, est brune-noiràlre ; les oreilles sont très -grandes et un peu relevées; la membrane interfémorale enveloppe les deux tiers de la queue. On l’a trouvée aux environs du Port-Louis , à l'Ile-de- France.

Nyctihox* dc Brésil. Nyctinomua Braailienaia , Isid. Geoff.; Afolosaua naautua , Spix. Elle est à peu près de la même taille que les espèces du Bengale et d’Égypte; sa longueur totale est de trois pouces onze

lignes; son poil, qui est assez moelleux el touffti, présente quelques variétés de couleur : c'est toujours un fond cendré, mais avec une nuance de brun, qui varie du brun noir au brun fauve. En général, on peut dire qu’il est cendré brun; d'une teinte plus grise el moins foncée vers sa région abdominale, un peu plus foncée vers sa poitrine, plus foncée encore et plus brune à la région dorsale. Les poils qui revêtent la partie interne de la membrane de l’aile, sont de même couleur que ceux qui couvrent l’abdomen. Des poils très-rares se remarquent à la portion de la queue, comprise dans la membrane inlerfémorale à peu près dans sa première moitié.

NYCT1P1THÊQUE. Nyctipithecua. mas. Humboldt. dans ses Mélanges de zoologie, proposa la formation d’un genre nouveau pour recevoir un animal découvert par lui dans les épaisses forêts de l'Orénoque, el décrit sous le nom de Douroucouli. Ce genre reçut du naturaliste prussien la dénomination A' Aotua, d’o grec, privatif, sans, et otua , oreilles; mais ce nom. forgé contre la réalité et très -mal choisi, fut changé en 1823 par Spix en celui de Nyctipithecua ou Singe de nuit, nom plus convenable parce qu’il repose sur une particularité essentielle des mœurs des animaux de ce genre. Sans connaître cette dernière synonymie, Frédéric Cuvier a proposé en 1820 le nom de Nocthora en place de celui d dotas. Les ^clipithèqués présentent des caractères génériques fort remarquables, que Humboldt, puis llliger et Geoffroy adoptèrent ainsi qu’il suit : dents comme dans les Callitriches ; museau obtus; face nue; point d’abajoues; yeux grands; oreilles nullea; queue longue, à poils lâches; deux pectorales; mains et pieds pcntadactyles; fesses velues sans callosités. Or, on conçoit que de tels caractères ont dû être singulièrement modifiés par une connaissance plus parfaite des formes de l'animal, puisque les oreilles externes, dont on supposait qu’il était privé, sont au contraire notablement développées. Aussi Desmarest, dans sa Mammalogie. donne-t-il pour caractères au genre Aotua, les suivants : tète ronde et fort large; museau court; yeux nocturnes, très-grands et rapprochés; les narines séparées l'une de l’aulre par une cloison fort mince; les oreilles très-petites; laquelle plus longue que le corps, non prenante, el recouverte de poils; tous les pieds à cinq doigts et à ongles aplatis. Tout, dans les Nyclipilhèqiies, rappelle la coupe générale des Loris. En effet, leurs grands yeux, leur tête arrondie, leurs formes grêles, leurs habitudes nocturnes, semblent en faire les représentants, dans le nouveau monde, des Quadrumanes Loris exclusivement confinés dans les régions équatoriales de l’ancien. Geoffroy Saint - Ililairc (Leç. sténog.) a trouvé dans le squelette sept vertèbres cervicales, quatorze dorsales, neuf lombaires, deux sacrées, dix -huit coccygicnnes et jusqu'à trente vertèbres caudales. Longtemps on n'a connu qu'une seule espèce de ce genre, le Douroucouli, nommé Aotua trivirgatua par Humboldt; mais deux autres espèces ont été plus tard décrites par Spix dans son Simiarum et yeapertilionum Braailienaea Speciea nocœ , publié à Munich en 1820. Ces deux espèces sont peu connues, et tous

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le* détails de mœurs relatif» aux habitude» et à la manière de vivre des Nyclipilbèqucs sont rapportés plus ha» à l'histoire du N. üouroucouli «ju’ils concernent exclusivement.

Nvctipitueqlk a face de Ciiat. Nyctipithecus feli- UU4, Spix, pl. 18. Il a le pelage d'un gris-brun uniforme, le ventre roussâlre, le tour des yeux blanc, et la queue noire à sa moitié terminale.

Pt YCTiPimiQi'K il l rllur. NyclipHhecut vociférant, Spix, pl. 10. Il a le pelage gris-roux par tout le corps, même sur la tète, seulement le tiers de la queue est noirâtre. Du Brésil ainsi que le précédent.

Nyctmmtiieqi e ÜoiRoticoi'Li. Nyctipithecut trivirf/alus ; Aotus triviigatus, lluinb., Ohs. zool., pl. 28, p. 800; Gcoff., Ann. Mus., t. xix, sp. 1 ; l>esm., sp. 83; Moclhora trivirgala , F. Cuv., 43° liv. Le Douroucouli, aussi nommé Caro rayada par les missionnaires espagnols établis sur les bords de l Orénoque, est, sans contredit, un des Singes les plus remarquables de l'Amérique méridionale, tant par ses formes corporelles que par les couleurs de son pelage. Sa longueur totale est de vingt-trois à vingt-quatre pouces. Tout le pelage, sur les parties supérieures du corps, est d'un gris varié, ce qui est dû à ce que chaque poil est annelé de blanc et de noir; les parties inférieures, depuis le menton jusqu'à l'origine de la queue, sont d'un jaune orangé qui colore aussi les côtés du cou; la queue, noire à son tiers terminal, est grise-jaunâlre dans le reste de son étendue; un sourcil blanc surmonte l’œil; trois raies noires sillonnent le front en divergeant: l'une occupe la ligne médiane, et chacune des deux autres nail de l'angle extérieur de l’œil et se recourbe vers l'angle interne ; l'intérieur des mains et des oreilles est nu et couleur de chair; la face, également nue, est fuligineuse; l'iris est brun-jaunàtrc; les ongles sont noirs. Les dents du Douroucouli ne diffèrent point de celles des Sajous; les mains ont aussi la même conformation; les doigts antérieurs ne sont point extensibles, les ongles sont longs, étroits, creusés en goullière et un peu crochus. La queue, qui n'est pas prenante, est assez touffue et mobile. Le globe de l'œil est très-dcveloppé; la pupille est ronde. L'oreille externe est Irèsdéveloppée. Le nez n’est point terminé par un mufle; les narines sont étroites; la bouche est fort grande et sans abajoues. Les poils sont doux, épais et très-soyeux. Les intestins grêles sont extrêmement petits; les colons sont au contraire largement développés. La vulve est grande et assez semblable, pour la forme extérieure, à celle des Chiens. Les mamelons sont placés sur chaque aisselle- Le Douroucouli dort pendant le jour, parce que la lumière du soleil l'incommode, et ne se met en quête de sa nourriture qu'aux approches du crépuscule. Ses tanières sont des trous d'arbres vermoulus où il fait le guet lorsqu'il est inquiété par le bruit. En captivité, il se nourrit de lait, de biscuit et de fruits; en liberté, au contraire, suivant Huinboidt, il chasse aux petits Oiseaux, et ne dédaigne point les fruits, tels que les hauaues, les cannes à sucre, les amandes du Berthoiielia et les fèves du Mimosa Inga. Cet animal vit par paires ; pour dormir il prend la même position que les Loris, c’est-à-dire qu'il s'assied sur la croupe, les

jambes de derrière ramenées sur le ventre, les quatre mains réunies, le dos courbé, la lète baissée, presque cachée dans les mains. Celle position est facilitée par une grande mobilité dans l'articulation des vertèbres. Son cri nocturne ne peut mieux être rendu que parla syllabe inuk-muh et n'est pas sans analogie avec celui du Jaguar. Aussi est ce pour cela , dit Humholdl, que les Créoles des missions de l'Orénoque l'appellent Titi- Tigre. La voix du Douroucouli, en effet, est d'une force considérable par rapport à la petitesse de sa taille. Il parail qu'il a aussi deux autres cris, l'un qui est une sorte de miaulement (e-i-nou), et l'autre un son guttural trés-désagréablc qu'on peut rendre parles syllabes quer-quer. Sa gorge enfle lorsqu'il est irrilé; il ressemble alors, par ce renflement et la position du corps, à un Chat attaqué par un Chien, l'n individu mâle, que Humboldt essaya d'apprivoiser, fut rebelle à tous ses soins; une femelle qui a vécu à la ménagerie du Muséum, était d’une grande douceur. Le Douroucouli habile les forêts épaisses des bords du Cassiquiaré et du Haul-Orénoque, près des cataractes de Maypures.

NYCTOBATE. Nyclobatet. ms. Genre de Coléoptères héléromères, de la famille des Mélasouies, formé par Guérin aux dépens des Ténébrions de Fabricius. avec les caractères suivants : labre très-saillant et arrondi; antennes grossissant vers le bout, avec les derniers articles très-comprimés. Le type de ce genre nouveau est le Tenebrio gigat, Fab. Plusieurs autres espèces d’Amérique vieunenl également s'y ranger, ainsi que la suivante :

Nyctobatk tibiale. .Xyctobates tibialis, Guér. Tout son corps est noir et terne; sa tète est finement rugueuse, avec une petite élévation au-dessus de chaque œil ; le corselel est transversal, arrondi aux angles antérieurs et sur les côtés, avec les angles postérieurs un peu aigus ; il est finement ponctué, avec un sillon médian longitudinal et une faible impression de chaque côté; l’écusson est petit et triangulaire; les élytres sont plus larges que le corselet, arrondies sur les côtés et aux angles huméraux; elles ont chacune huit stries formées par des points enfoncés; pattes grandes : les antérieures dépassant toutes les autres; jambes fortement courbées vers l'extrémité. Taille, huit lignes. Du Bengale.

NYCTOCLEPTE. Ayctocleples. mai. Genre de la famille des Rongeurs, institué par Tcinminck (Monogr. des Mamm., vol. 2. p. 40) qui lui assigne pour caractères : deux dents incisives à chaque mâchoire : les supérieures arrondies et unies par devant ; trois dents molaires de chaque côté : celles de la mâchoire supérieure dirigées en arrière, marquées de deux sillons, les inférieures dirigées en avant, la première pointue par devant; pieds antérieurs munis de quatre doigts à peu près d'égale grandeur et d’un rudiment de pouce, dont l’ongle seulement est visible; pieds postérieurs munis de cinq doigts parfaits; tous les ongles courts et un peu comprimés; oreilles Irès-courtes. rondes. Le crâne, d’une forme toute particulière, diffère de celui de tous les autres Rongeurs, par l'écartement extrême des arcades zygomatiques, extraordinairement larges et fortes, surtout par rapport au peu de longueur du

3gle

crâne coupé en ligne verticale à l’occiput; le» branches montantes des arcades s'insèrent au frontal et à des crêtes sourcilières très -distantes, s'unissant en crête coronale vers l’insertion de la crête transversale, qui forme une ligne droite entre les orifices de l’ouïe élevés en tubes proéminents ; à côté du condyle, et presque à sa hauteur s'élève une protubérance grosse et obtuse, d’où naissent les incisives inférieures; cette conformation singulière existe, quoique sous des apparences différentes, dans les Spalax, qui ont une longue apophyse fort au delà du condyle ; on trouve une gaine ou fourreau latéral à peu près semblable dans le Mut giganteus de Dardwyck. Les trois roâchelières aux deux mâchoires du Nyctoélcple ressemblent le plus, par leur forme, ù celles des Spalax. La place que doit occuper ce genre nouveau est entre les llonlias ( Capro tny*) et les Rats proprement dits. La seule espèce connue jusqu’à ce jour est :

Kyctoclepte Dakar. ISÏyc/oclêptea Dekan, Temm., Mon. des Namm.. pl. 33. La tête est courte, à peu près aussi large que longue; les oreilles sont très-courtes, arrondies et nues; les yeux sont très-petits, placés à peu près à la hauteur du front; les ouvertures des narines sont très-rapprochées. Tout le pelage consiste en des poils soyeux et doux, pas très-longs, recouvrant à peine la peau; sa couleur est blanchâtre aux joues, roussâlre sur la tête ; le coronal est marqué d'une grande tache brune -noirâtre, sur laquelle est dessinée une bande de poils blancs, qui s’avance sur le front ; quelques poils bruns, annelésde gris, marquent la colonne dorsale; tout le reste est d’un gris blanchâtre ânnelé de brun et de jaunâtre; le croupion est couvert d’un poil cendré clair-semé et laissant voir la peau; les parties inférieures ne présentent que quelques poils rares, la queue est nue, de la moitié de la longueur du corps, revêtue d’une peau lisse et nue. Longueur totale, dix -sept pouces six lignes. Cet animal habite Malacca où il vit, en famille, dans des trous qu'il se creuse parmi les racines de Bambou ; ces racines ainsi que les jeunes pousses lui servent d’aliment; il se cache avec le plus grand soin pendant le jour et ne sort que la nuit.

NYCTOPHILE. Syctophilus. mai. Genre de Carnassiers de la famille des Chéiroptères, établi par Leach (Trans. de la Soc.Linnéenne, 1. xm, tra partie), pour une nouvelle Chauve-Souris observée dans la collection du docteur Brookes à Londres, et qui fait maintenant partie de celle du Musée des Pays-Bas. Caractères : deux incisives supérieures allongées, coniques, aigues; six incisives inférieures égales, trifides, à lobes arrondis; deux canines en haut et en bas, les inférieures ayant une petite pointe en arrière de leur base; quatre molaires de chaque côté des mâchoires, à couronne, garnies de tubercules aigus; deux feuilles nasales, dont la postérieure est la plus grande; la queue dépassant un peu la membrane inlerfémorale, et formée de cinq vertèbres dans sa partie visible. Ce genre constitue une coupe distincte, bien caractérisée, parmi les Chéiroptères munis de follicules nasales; il doit prendre place entre le genre Mormops et le genre Vespertilion.

Nïctopbile se Geoffroy. Nectophiluê Geoffroyi ,

Leach; Tem., Mon. des Mam., pl. 54. Son pelage est en dessus d'un brun foncé, avec la base des poils noire, en dessous d’un cendré blanchâtre, avec la hase des poils noirâtre; ses oreilles sont très-grandes, longues, arrondies par le bout, réunies sur le front en un large ruban transversal, le bord interne venant s’étendre jusqu’à la commissure des lèvres; le tragus est de la moitié de la longueur de l’oreille, large à sa base et terminé en feuille arrondie; le museau est pointu, avec deux petites feuilles transversales sur le nez. qui est terminé en mufle; la feuille postérieure la plus élevée a un étranglement au centre, l'autre est rudimentaire, en ligne parallèle aux orifices des narines; la membrane est d'un noir bleuâtre; des poils garnissent la partie supérieure des flancs; la queue est de la longueur du corps et d'une partie de la tête, sans cartilage bifurqué. Longueur totale, deux pouces huit lignes.

NYCTOZOILE. A yctozoilus. ins. Coléoptères héléromères; genre de la famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, établi par Guérin pour un insecte rapporté de la Nouvelle-llollande, par les naturalistes de l'expédition de la Coquille. Caractères labre entier, trèsétroit et transversal; lèvre inférieure en forme de cœur, très-rélrécie en arrière, dont les' angles antérieurs latéraux soûl arrondis; languette très-saillante, laissant l’insertion des palpes labiales entièrement à découvert; mâchoires courtes : lobe interne armé d’une épine cornée, et l’externe arrondi, simplement cilié; palpes inaxillaires terminées par un grand article en hache; antennes presque filiformes, n’ayant que les derniers articles grenus, le troisième le plus long.

NyctozoIlb stupide. A yctozoilus abesus, Guér. II est noir, peu luisant; sa télé est grande, arrondie eu avant, avec deux petits rebords devant les yeux, qui couvrent l’insertion des antennes; corselet transversal , un peu plus étroit antérieurement, arrondi sur les côtes, bombé au milieu; élytres ovalaires, très-bombées, plus larges au milieu, ayant chacune trois côtes élevées, lisses, réunies entre elles par un réseau de réticulations formées de petites lignes irrégulières, élevées; pattes noires; dessous des tarses garni de poils fauves. Taille, dix lignes.

NYLGAUT. ma». Espèce du genre Antilope. V. ce mot.

NYMPHACÉES. concb. Lamarck, dans son dernier ouvrage, a proposé de rassembler dans cette famille un certain nombre de genres dont quelques-uns ont été démembrés des Solens, et quelques autres des Yénus. Celte famille, dans la manière de voir de Lamarck, serait intermédiaire entre les Solens et les Conques. Elle n'a point été adoptée par Cuvier; mais Férussac l’a admise en y apportant quelques changements dont le plus important a été d’en ôter le genre Crassine pour le porter près des Crassatelles. Lamarck caractérise ainsi celte famille : deux dents cardinales au plus sur la même valve; coquille souvent un peu bâillante aux extrémités latérales; ligament extérieur; nymphes en général saillantes au dehors. Il divise cette famille en deux sections et de la manière suivante :

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