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est le plus souvent inverse. Chez la Femme, l’adutérum est très * rudimentaire , cl vient presque à disparaître, tandis que le corps de la matrice, ou l’utérus proprement dit, est très-développé. Aussi l’anatomie humaine n’a-t-elle pas même soupçonné l’existence de l’adutérum comme organe distinct, quoiqu’il le soit réellement dans le jeune âge, et qu’on l’ait plusieurs fois, par anomalie, trouvé tel chez l’adulte lui-mêine. Chez les Singes et la plupart des Édentés, l’adutérum est de même très-rudimentaire, et l’utérus très-volumineux. Chez les Carnassiers, les Rongeurs et les Herbivores, le développement de ces deux organes s’est au contraire fait dans un rapport inverse, l’adutérum étant extrêmement allongé; et enfin, chez quelques-uns, comme les Cavia de Gmelin, et surtout les Lièvres, l’utérus devient à son tour très-rudimentaire, ou plutôt même presque nul; de sorte que les deux adutérums ont chacun leur orifice distinct dans le vagin. Les deux moitiés de la matrice, suivant l’ancienne nomenclature. sont ainsi tout à fait indépendantes l’une de l’autre, et la superfétation devient alors un phénomène qui se produit aussi facilement qu’il s’explique. Il existe au contraire quelques genres où l’utérus et l’adutérum se trouvent également développés : tels sont particulièrement les Makis, parmi les Quadrumanes.
Le vagin présente peu de modifications remarquables. et il a chez tous les Mammifères à peu près les mêmes caractères qu’il offre chez la Femme. La membrane hymen, qu’çn avait prétendu n’exister que chez elle seule, se retrouve généralement chez tous, comme l’a constaté Cuvier; elle est même très-prononcée chez plusieurs. Les diverses parties externes de la génération varient au contraire beaucoup; mais la plupart de ces variations sont peu importantes; et on peut se borner à indiquer les principaux rapports du clitoris avec le pénis du môle.
Cet organe, peu développé chez la Femme, ressemble d’ailleurs tellement au pénis par sa structurée! ses connexions, que la plupart des anatomistes n’ont pas balancé à reconnaître en lui son analogue, même en se bornant à comparer ensemble les organes génitaux de l'Homme et ceux de la Femme adultes. Le clitoris a en effet, comme le pénis, un gland . un petit prépuce et un corps caverneux attaché de même aux branches de l’ischion par une double racine; il reçoit la même artère, la même veine et le même nerf, et leur distribution est entièrement analogue. La ressemblance est encore bien plus grande, soit chez l'embryon humain, soit chez divers animaux. On volt chez l’embryon humain, soit mâle, soit femelle, dit Meckel (Manuel d’Anatomie humaine, traduction de Jourdan et de Breschet): u un corps considérable, triangulaire, un peu renflé â son extrémité antérieure, collé d’abord à la partie inférieure de la partie antérieure du bas-ventre, et qui plus tard pend librement en avant. Le corps est formé de deux moitiés séparées l'une de l’autre par un sillon qui marche le long de la face inférieure. Avec le temps il produit soit la verge, soit le clitoris. «On trouve presque la même similitude chez plusieurs animaux adultes. Le volume du clitoris égale celui du pénis dans plusieurs espèces, même parmi les Singes; et la ressem-
Mance est telle que les femelles sont prises la pluparl du temps pour des mâles. Quelques espèces ont le gland du pénis bifurqué; celui du clitoris l’est alors pareillement. Celles qui ont un os pénial. ont ordinairement de même un os dans le clitoris. Enfin cet organe se trouve souvent creusé profondément d'un sillon qui fait suite à l'urètre ; et dans quelques espèces, ce sillon se change même en un canal complet. Ainsi on voit dans beaucoup d’espèces le clitoris s’élever au degré de développement qui caractérise le pénis, et en acquérir toutes les conditions et tous les caractères. H serait tout aussi fngfte de montrer ce dernier organe venant, au contraire, à s’atrophier, à tomber dans les conditions rudimentaires, et ne plus représenter chez le mâle comme chez la femelle (si l’on peut s’exprimer ainsi) qu’un simple clitoris. C’est ce qui a lieu d’une manière évidente dans plusieurs animaux, et quelquefois, par anomalie, chez les .Mammifères et chez l'Homme Iniméme.
Les mamelles varient beaucoup chez les Mammifères pour leur nombre et leur situation. Lorsqu'elles sont inguinales ou abdominales, elles sont nourries par les artères épigastrique* , et lorsqu’elles sont pectorales, par les thoraciques internes. Leur nombre est ordinairement en rapport avec celui des petits. Chez presque toutes les espèces qui n'en ont que deux. elles sont pectorales comine chez l'Homme; c’est ce qui a lieu chez les Singes, les Chauves-Souris, la plupart des espèces du genre Tatou, les liradypes, les Éléphants et les Lamantins. Du reste leur nombre est extrêmement variable.
Les mamelles existent chez tous les mâles des Mammifères; et c’est une erreur de croire qu’elle* manquent chez ceux du genre Cheval, comme on l’a cru longtemps, et comme l’avait dit Buffon lui-même; seulement elles sont chez eux très-petites et très-peu apparentes. Leur existence chez les mâles où elles ne sont destinées à aucune fonction, comme chez les femelles où elles en remplissent de très-importantes, est un fait bien remarquable, et où se montre bien la tendance de la nature à l'uniformité. Leur organisation chez le* premiers est même si parfaite, que la sécrétion du lait peut très-bien s'opérer chez eux; et qu’on ne manque pas d'exemples d'enfants allaités par des Hommes. Huinholdt (Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent) parle d'un Homme qui avait nourri son fils de son propre lait pendant cinq mois entiers; et c’est sans doute pour avoir eu connaissance dcqucll que fait semblable, que des voyageurs amis du merveilleux ont affirmé qu'au Brésil ce sont les Hommes,
! et non pas les Femmes, qui allaitent leurs enfants; 1 roule absurde sans doute, mais qui pourrait bien être | fondé, comme on le voit, sur quelque chose de réel.
Des organes tles sens.
Ils son! chez presque tous les Mammifères au nora- ! lire de cinq, comme chez l'Homme. Tous ont le sens général ou le loucher, et, selon l'opinion unanime de tous les physiologistes, deux des sens spéciaux, le goût et Toute : quant aux deux autres, l’odorat et la vue. ils paraissent manquer dans quelques espèces.
I Les sens spéciaux reçoivent ordinairement deux or-