M A XI
«1res de nerfs que l'on peut désigner, avec Serres, d'une manière générale : l'un sous le nom de nerf propre ou principal, et l'autre sous celui de nerf accessoire; le premier met l’appareil sensitif en communication directe avec l'encéphale; le second est toujours une branche du nerf trijumeau. Ainsi, la vue a pour nerf sensitif propre l'optique, l'ouïe l'acoustique, et l'odorat l'olfactif; chacun de ces sens reçoit en outre une branche de la cinquième paire. Celte disposition, fort remarquable, n'est cependant pas tout à fait constante: le nerf propre manque fréquemment, et, dans ce cas, le rameau de la cinquième paire, de uerf accessoire qu'il est ordinairement, devient le principal. C'est ce qui a lieu constamment pour le sens du goût, dont le nerf n’ost autre que le rameau de la cinquième paire, connu sous le nom de lingual. C'est ce qui a également lieu, suivant la remarque de Serres, pour tous les sens, chez les Mollusques, les Insectes elles Crustacés. Enfin, suivant le même anatomiste, c’est aussi ce qui a lieu chez divers Mammifères pour l’odorat et pour la vue.
Cuvier a découvert le premier que le nerf olfactif n’existe pas chez les Cétacés (Auat. comp., t. u, p. 190); et dans cc cas il n’existe pas non plus de trous clhmoïdatix. Suivant Serres, le nerf optique manque de même chez la Taupe, la Chrysochlore, les Rats-Taupes. les Musaraignes et la plupart des Mammifères qui vivent profondément sous terre et dans les lieux où la lumière ne pénètre pas. Son absence a cependant été contestée par bailly, qui a cru l’avoir rencontré chez la Taupe : mais le filet extrêmement ténu que cet habile anatomiste considère comme le nerf optique, parait exister généralement chez tous les auiinaux où l'existence de ce nerf est évidente, de même que chez ceux qui en sont privés.
Au reste, il n’est pas bien certain que ceux qui sont privés du nerf olfactif ne jouissent pas de l’odorat, et il s’en faut bien que tous ceux qui sont privés de l'optique soient aveugles; c’est cependant ce qui a certainement lieu pour quelques espèces où l'œil est entièrement caché sous une peau aussi épaisse que celle du corps, pareillement revêtue de poils, et même doublée par le peaussier : tel est l’Aspalax Zemmi [Mus typhlus). Il est bien certain, au contraire, que la vision s’exerce très-bien chez les Musaraignes; et, d’après les observations faites ait Cap. par Ddalande sur le Rat-Taupe, il en est de même de ce Rongeur. Enfin, Geoffroy Sainlllilairc et Durondeau ont fait sur la Taupe diverses expériences qui donnent les mêmes résultats que pour le Rat-Taupe. Quelques personnes ont dit, il est vrai, qu’il existe en Europe deux espèces de Taupes, dont l’une serait aveugle; et celle assertion, à laquelle jusqu’à ce jour on n’avait attaché que très-peu d'importance, pourrait bien être plus fondée qu'on ne l’avait cru. Le docteur Savi, de Pise, vient en effet d’envoyer à Geoffroy Saint-Hilaire deux Taupes qui paraissent former une espèce différente de la Taupe commune (Tulpa Europœa). Le zoologiste italien a même donné à cet animal le nom de Talpa cœca; mais estelle réellement aveugle? L'observation porte à croire, au contraire, qu'elle a, comme la Taupe commune, un petit œil rudimentaire.
Il était tout naturel de penser que la sensation s'opère au moyen de la cinquième paire pour tous les appareils sensitifs dont les nerfs ne sont que des branches de celle-ci, etqu’ainsi sa destruction entraînerait nécessairement celle de ces sens. Mais Magendie a découvert un fait que les théories physiologiques, jusqu’alors admises, étaient bien loin de pouvoir faire soupçonner : c'est que, chez les Mammifères normaux,
: comme chez ceux qui n'ont pour nerfs sensitifs que I des branches de la cinquième paire, la section de ce nerf est suivie immédiatement de la perte, non pas seulement du goût, mais aussi de la vue. de l'ouïe et de l'odorat, malgré la présence des nerfs optiques, acoustiques et olfactifs. D'un autre cAté, le même physiologiste ayant également réussi à couper le nerf optique, il a vu aussi que sa destruction (le uerf de la i cinquième paire étant laissé intact) entrainc pareillement celle de la vue. Ainsi ce dernier sens, ot il en est probablement de même de l'ouïe et de l'odorat, a besoin du concours des deux nerfs qu'il reçoit; et la section de l’un des deux rend la sensation impossible.
L’anatomie pathologique a fourni des résultats non 1 moins remarquables, et qui s'accordent très-bien avec les expériences de Magendie. Ainsi. Serres a vu l’altération pathologique du tronc de la cinquième paire produire exactement tous les mêmes phénomènes causés par sa destruction artificielle ou sa section; et l’analogie est même si complète, que le célèbre anatomiste avait pu prévoir et annoncer d’avance tout cc que l’autopsie cadavérique a montré.
Dit système nerveux.
L 'encéphale des Mammifères a d'abord un caractère qui lui est propre dans son volume considérable; mais ! il ne faut pas croire que scs différentes parties contribuent toutes à cet accroissement de la masse. Serres a i parfaitement démontré (Anal, du cerveau, t. i, 1824) j que parmi les différents organes dont se compose l’en- ! cépbale, il en est qui se développent en raison directe I l'un de l’aulre; mais qu'il en est aussi qui se développent en raison inverse. Il suit de ces rapports, que certaines parties de l’encéphale arrivant chez les Naimnifères au maximum de leur développement, d'autres doivent en même temps, et pour cette raison, tomber au minimum. L'état rudimentaire de certaines parties encéphaliques fournira donc, tout aussi bien que le volume considérable de quelques autres, des indices et des preuves du haut degré de développement de l’organe dans son ensemble.
C’est exacteintMit ce qui a lieu chez les Mammifères.
1 Les hémisphères cérébraux sont très-développés, plus développés que dans aucune autre classe; au contraire, les tubercules quadrijumeaux sont très-petits et trèsi rudimentaires. Leur nom de tubercules quadr/ju ~ meaux, qui leur convient très-bien chez tous les Mammifères. leur a même été donné à cause de leur peti- | tesse, qui n'a permis de les considérer que comme de petits tubercules, de petites éminences faisant partie d’autres organes. Au contraire, dans les autres classes, et surtout chez les Poissons, de dominés qu'ils étaient , ils deviennent, à leur tour, les organes dominateurs de l’encéphale, et tellement qu’ils ont été générale-
ment. jusqu'aux derniers travaux de Serres, el sont même encore par quelques anatomistes , regardés comme les hémisphères cérébraux. Le nom de tubercules quadrijumeaux est alors bien loin de leur convenir, d’autant mieux qu'ils ne se trouvent plus formés de quatre petites éminences, mais de deux lobes considérables cl bien distincts. Aussi Serres , embrassant tous ces rapports, leur a-t-il donné le nom beaucoup plus généralement convenable de lobes optiques.
Les variations de ces lobes représentent exactement ce que l'on a déjà vu pour diverses parties du système osseux, pour l'os coracoïde par exemple. Faible, petit, sans importance, réuni à l'omoplate, tout à fait rudimentaire dans une classe, et considéré comme une simple éminence. une simple apophyse; il devient dans une autre un os bien distinct, d’une grande importance, d'un volume considérable, et qui égale et surpasse même cette autre pièce dont des observations trop circonscrites et trop peu nombreuses, ne l’eussent fait considérer que comme une petite éminence.
Au reste, il en est des lobes optiques comme de tous les organes rudimentaires des Mammifères el de l'Homme : ils se trouvent dans les premiers âges du foetus de l'Homme, non moins importants, et non moins développés que chez les plus inférieurs des Vertébrés, chez les Poissons. D'abord, d'une grandeur considérable et creusés, comme le sont les hémisphères cérébraux dans l'adulte, de ventricules très étendus, leur volume proportionnel diminue peu à peu; bientôt ces lobes n'ont plus que le degré de développement de ceux des Reptiles, puis de ceux des Oiseaux, el ils finissent enfin par présenter les caractères et les conditions normales du Mammifère, c’est-à dire que leur volume devient très-peu considérable, que leurs ventricules s'oblitèrent, et qu'un sillon, séparant chaque lobe en deux parties, les change en véritables tubercules quadrijumeaux.
On autre caractère propre à l'encéphale des Mammifères adultes, est l'existence du corps calleux ou mésolohr qui réunit sur la ligne médiane les deux hémisphères cérébraux. La théorie du développement excentrique des organes explique parfaitement son absence chez les Ovipares et chez les fœtus des Mammifères.
L'existence des circonvolutions ne doit pas être mise a u nombre des caractères classiques des hémisphères cérébraux des Mammifères; elles manquent chez les Rongeurs, qui se trouvent en général les plus inférieurs des Mammifères, sous le rapport du développement de l'encéphale. Aucun Mammifère n'en a d'ailleurs ni d'aussi nombreuses ni d'aussi profondes que l'Homme.
L'Homme paraît aussi avoir les hémisphères cérébraux les plus volumineux; mais ce serait une erreur de croire qu'il l'emporte également sur tous par le volume de la masse encéphalique.
Les hémisphères sont aussi très développés chez les Singes, où ils recouvrent, comme chez l llomme, le cervelet, par leurs circonvolutions postérieures; ces Quadrumanes seuls et quelques Cétacés présentent ce caractère. Leur volume décroît ensuite de plus en plus des Cétacés et des Carnassiers amphibies aux Carnassiers terrestres, aux Ruminants et aux Rongeurs. On
ne trouve de cavité digitale que chez l'Homme et les Singes; et le petit pied d'Iiippocampc n'exislcque chez l'Homme.
Les tubercules quadrijumeaux sont toujours développés en raison inverse des hémisphères cérébraux : ainsi ils décroissent des Rongeurs et des Ruminants, aux Carnassiers, aux Singes et à l'Homme. Quant à leur proportion entre eux, elle est variable; le sillon qui divise chaque lobe optique en deux tubercules, se plaçant tantôt au milieu, tantôt plus en devant, tantôt j plus en arrière. Ainsi il y a égalité des antérieurs et des postérieurs chez l'Homme; prédominance des postérieurs chez les Carnassiers; des antérieurs, chez les Ruminants et les Rongeurs.
Le volume des tubercules quadrijumeaux est généralement proportionnel à celui des yeux et à celui des nerfs optiques chez les Mammifères, comme aussi chez les Vertébrés inférieurs. Quelques espèces font cependant à ce rapport une exception très remarquable. Tous ces Mammifères anomaux qui se trouvent manquer de nerfs optiques, el n’avoir que des yeux très-rudimentaires, comme la Taupe, la Chrysoehlore cl divers Rongeurs, ont cependant des tubercules quadrijumeaux très-volumineux. Quel peut être leur usage chez des animaux où manque le nerf qui les met en communication avec l’œil, et où ils deviennent ainsi inutiles à la vision?
Le cervelet est généralement volumineux chez les Mammifères; el il est, chez tous, partagé en lames parallèles par des sillons transversaux, plus ou moins prononcés. En outre il existe, chez l'Homme el chez une grande partie des autres, des scissures pareillement transversales, qui le divisent beaucoup plus profondément, et le partagent en lobules : leur nombre diminue des Singes et des Carnassiers aux Pachydermes, aux Humiliants et aux Rongeurs. En outre, d’après Serres, le cervelet présente dans sa composition d'autres caractères qu’il est également utile de faire connaître.
Le cervelet est élémciilairement composé de deux parties qui se trouvent isolées chez les Poissons; savoir : un lobule médian et des feuillets latéraux. C’est de leur réunion qu'est formé le cervelet des Mammifères. où l'on doit ainsi distinguer le processus vermiculairc supérieur, ou son lobe médian, el les hémisphères. Ces deux éléments, quoique réunis, n’en demeurent pas moins indépendants l'un de l'autre : et tellement que l'un est toujours développé en raison inverse de l'autre. En outre, ils sont tous deux en rapport avec d'autres parties de l'encéphale. Ainsi, le lobe médian est toujours développé : 1® en raison directe des tubercules quadrijumeaux ; 2° en raison directe de la moelle épinière; 3® en raison inverse de la protubérance annulaire.
L'existence de ce dernier organe doit encore être mise au nombre des caractères classiques de l'encéphale des Mammifères; et l’on peut faire à son égard la même remarque qui a déjà été faite ail sujet du corps calleux. Sa forme est d'ailleurs variable suivant les différentes espèces chez lesquelles on l'étudie : conique chez les Kanguroos, chez la plupart des Pachydermes,
1 et chez plusieurs Ruminants, il devient quadrilatère
dans beaucoup d'antres genres, et particulièrement dans ceux dont le cerveau est le plus développé, comme chez les Quadrumanes, les Cétacés et les Carnassiers ! amphibies.
Moelle épinière. La moelle épinière présente générâlement chez les Mammifères deux renflements, dont l'un correspond aux membres antérieurs, l'autre aux postérieurs. Les Cétacés, qui n’ont qu’une paire de j membres, font aussi exception sous ce rapport, et n'ont I qu'un seul renflement.
On sait déjà comment, à mesure que les renflements épiniers se forment, la moelle épinière remonte dans j le canal vertébral . cl comment alors la queue vient à : disparaître. C'est par celle ascension qu'est produite la queue de Cheval, qui ne peut exister tant que la ! moelle épinière occupe encore le canal sacré.
Méninges. L'encéphale des Mammifères est enveloppé par trois membranes, connues sous les noms de j pie-mère, d'arachnoïde et de dure-mère, et auxquelles | on donne aussi collectivement le nom de méninges du cerveau.
La pic-inèrc est la plus interne; elle se trouve en i contact avec la substance cérébrale : elle pénètre avec les nombreux vaisseaux ramifiés sur elle, et qui paraissent la composer, dans toutes les anfractuosités du cerveau, et forme dans les ventricules des replis connus sous le nom de plexus choroïdiens.
La dure-mère est la plus externe; c'est une membrane fibreuse, très -épaisse, très - résistante, qui tapisse tout l'intérieur de la cavité du crâne et du canal vertébral. Sa lame interne forme entre les principaux organes encéphaliques, des replis qui les séparent l'un de l'autre. Les trois plus remarquables sont la faux du cerveau, placée au-dessus du corps calleux, entre les deux hémisphères cérébraux; la faux du cervelet qui fixe les hémisphères cérébelleux ; et la lente du cervelet qui sépare le cerveau du cervelet. La lente du cervelet est en partie formée par une lame osseuse, chez plusieurs Carnassiers : sa faux est moins constante, et disparaît chez les espèces dont le lobe médian est très-dévcloppé, c’est-à-dire chez les Mammifères inférieurs.
C'est dans des conduits particuliers, formés parla duplicalure de la dure-mère, et connus sous le nom de sinus de la dure-tnère, que se rendent toutes les veinules du cerveau. Ces sinus, dont le nombre varie, communiquent les uns dans les autres, et versent ainsi tout le sang veineux du cerveau dans les veines jugulaires internes.
La troisième membrane du cerveau, ou l'arachnoïde, est intermédiaire aux deux autre». C'est une membrane séreuse, dont la disposition est tout à fait analogue à celle des membranes séreuses de la poitrine et de l'abdomen. Elle forme, comme elles, un sac sans ouverture, qui adhère, par sa portion externe, à la face interne de la dure-mère; par sa portion interne, à la face externe de la pie mère; mais elle ne pénètre pas comme celle-ci dans les anfractuosités du cerveau, et passe seulement au-dessus en formant une sorte de pont. Elle enveloppe l'origine de chaque nerf à sa sortie de la cavité céré- j braie, par un repli de ses deux feuillets, qui forme un cul-de-sac. C'est par une disposition analogue qu'elle I
se prolonge dans le canal vertébral sans être percée d'aucune ouverture.
Nerfs. Les nerfs qui naissent de l’axe cérébro-spinal, ou plus exactement, suivant la théorie de Serres, qui y aboutissent, sont au nombre de quarante paires environ chez l’Homme; mais leur nombre varie chez les Mammifères avec celui des vertèbres, nombre auquel il correspond généralement. Celui des nerfs crâniens est au contraire le plus généralement le même.
L 'olfactif ou le nerf de la première paire, est, chez les Singes, semblable pour sa forme et sa disposition à celui de l'Homme; mais chez les autres Mammifères, il est généralement remplacé par un corps de couleur cendrée, qui remplira fosse elhmoïdale, et constitue un véritable lobe encéphalique. Ce lobe est connu sous le nom de lobule olfactif : il est généralement développé en raison directe des tubercules quadrijumeaux, ce qui explique son état rudimentaire chez l'Homme, et le volume considérable qu'il vient au contraire à acquérir chez les animaux inférieurs. La grandeur de l'angle facial donne aussi assez exactement le degré de développement du lobule olfactif.
Nerfs de la vision. La deuxième paire, ou le nerf optique, est le nerf propre du sens de la vue; elle entre dans le globe de l'œil par sa partie postérieure, et c'est de son épanouissement que résulte la rétine ou la membrane nerveuse, qui perçoit l'impression de la lumière. En outre l'œil reçoit encore la troisième, la quatrième et la sixième paires, qui se distribuent à ses muscles moteurs, et la branche ophlhalmique de la cinquième paire. Mais ce dernier nerf est le seul qui existe chez la Taupe, les Musaraignes, la Chrysochlorc, divers Rongeurs, et généralement toutes les espèces qui vivent dans des lieux où la lumière ne pénètre pas. Ces Mammifères ont le globe de l'œil très-rudimentaire, soit sous le rapport de son volume, soit sous celui de sa coinjiosition , et privé même de ses muscles moteurs. Par suite de cette absence, les troisième, quatrième et sixième paires viennent aussi à manquer, en sorte que la première paire (l'olfactif) et la cinquième (le trijumeau) sont les seules des six premières, qui se retrouvent chez ces Mammifères anomaux.
Nerf trifacial ou nerf de la cinquième paire. Ce nerf, connu aussi sous le nom de trijumeau, a reçu ce nom. parce qu'il se divise bientôt en trois branches considérables : le nerf ophlhalmique, le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur. On sait déjà comment la section du tronc de ce nerf entraîne la perte de tous les sens; il est inutile de revenir ici sur les conséquences remarquables des belles expériences de Magendie.
Le nerf facial et Yaudilif, connus autrefois sous les noms de portion dure et de portion molle de la septième paire, et aujourd'hui sous ceux de septième et de huitième paires, varient beaucoup pour leur volume proportionnel . ainsi le facial est très-volumineux chez les Singes (et particulièrement chez les Cynocéphales) et chez les Chats, les Chevaux et les Chameaux. L'auditif est très-dévcloppé chez les Singes, et, fait digne d'attention, chez les Amphibies et les Cétacés, tandis qu'il est grêle chez les Chauves-Souris. On voit que son développement est bien loin d’être en rapport avec celui
des organes de l'audition, et nota in me lit avec celui des parties externes de l'oreille. Au contraire les espèces qui ont l'oreille externe très- développée, ont aussi les branches auriculaires du facial très-grosses, suivant les observations faites par Serres.
Nerfs gfossopharyngien et pneumogastrique. Ces nerfs connus autrefois collectivement sous le nom de huitième paire, sont regardés aujourd'hui comme formant la neuvième et la dixième. Le glossopharyngicn qui peut, suivant Serres, être considéré comme le nerf respirateur de la langue, appartient, connue son nom l'indique, à cet organe et au pharynx, particulièrement à leurs muscles. Le pneumogastrique a une distribution beaucoup plus compliquée, et qui même lui a valu le nom de nerf vague. Il descend le long de l'artère carotide et ensuite le long de l'œsophage, et se termine dans le foie, le pancréas, le commencement du canal inles- I mal, et l'estomac, où il forme un plexus considérable, il donne en outre, dans son trajet, divers rameaux au idiarynx, au larynx, à l'œsophage, à la trachée-artère, au cœur et aux poumons. Ainsi, naissant dans le crâne, il fournit des branches qui se distribuent jusque dans la poitrine et l'abdomen.
Le nerf hypoglosse , considéré autrefois comme la neuvième paire, et maintenant comme la onzième, et même comme la douzième par plusieurs anatomistes, se distribue, comme son nom l'indique, aux muscles de la langue, et en outre aux muscles du col.
Enfin le nerf spinal, dont le mode d'origine est extrêmement remarquable, se distribue principalement dans les muscles du col.
Les autres nerfs correspondent toujours pour leur nombre à celui des vertèbres; leur distribution est le plus souvent analogue â celle des vaisseaux; en sorte qu'on trouve ordinairement ensemble une artère, une ou plusieurs veines, et un nerf. Nous ne nous arrêterons que sur le nerf diaphragmatique, parce qu'il est en quelque sorte classique pour les Mammifères. Bien différent de la plupart des nerfs qui naissent des paires les plus voisines des organes auxquels ils doivent se distribuer, il est formé de filets qni appartiennent aux cervicales, et n'arrive ainsi au diaphragme qu'après avoir traversé toute la poitrine. Il faut remarquer en outre que les paires cervicales qui lui donnent naissance, sont précisément celles qui concourent à la formation du plexus brachial , d’où naissent tous les nerfs du bras : disposition qui peut servir à expliquer le rapport physiologique qui existe entre les mouvements des membres supérieurs et ceux du diaphragme.
La distribution du grand sympathique est, chez tous les Mammifères, analogue â celle du même nerf chez l'Homme; il sc rend constamment aux mêmes organes et forme les mêmes plexus.