‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 19 sur 148 · DE LA L0C010T10H CHEZ LES XAMXIFKKES · texte numérisé non relu

DE LA L0C010T10H CHEZ LES XAMXIFKKES

On a suffisamment vu quels étaient les organes de la locomotion chez les espèces auxquelles des modifications particulières commandent le séjour habituel des eaux, ou permettent de s'élever daus les airs. Il ne sera donc uniquement question ici que des véritables animaux terrestres.

La plupart des véritables animaux terrestres sont des Quadrupèdes, et posent sur le sol par leurs quatre extrémités. Tels sont les Herbivores el la plupart des j Carnassiers, parmi lesquels les uns sont plantigrades, tandis que d’autres n'appuient que sur leurs doigts ou même seulement sur leurs ongles, modifications d'une haute importance, et qui ont eu partie servi de base aux classifications aujourd'hui adoptées, y. Mahmalooie. Chez d'autres Mammifères, la locomotion s'exerce principalement, et quelquefois même exclusivement au i moyen des membres postérieurs. Tels soûl plusieurs

Singe*, el particulièrement les Orangs, et quelques genres de Rongeurs et de Marsupiaux, comme les Gerboises et les Kanguroos. Chez ceux-ci, le mode de progression le |dus habituel est le saut exécuté au moyen des membres postérieurs seuls, el de la queue qui fait véritablement l’office «l’une troisième jambe. Mais ces animaux, ou du moins les Kanguroos. suivant les observations de plusieurs voyageurs, lorsqu'ils sont vivement {tressés, emploient aussi leurs membres antérieurs, non pas. il est vrai, pour line marche analogue à celle des véritables Quadrupèdes, mais pour une manière particulière de saut. Les Orangs ont une marche extrêmement remarquable; posant sur leurs membres postérieurs, et se tenant presque dans la situation verticale, ils s’aident néanmoins des antérieurs, et, profilant ainsi de l’extrême longueur de leurs bras, s’appuient sur le sol au moyen de leurs mains. On voit donc que les Orangs ont un mode de progression fort singulier, et que ces animaux, auxquels on ne peut certainement donner le nom de Quadrupèdes, ne sont pas non plus de véritables Bipèdes. L’Homme seul mérite ce dernier nom ; lui seul repose uniquement, dans la marche, sur la plante des pieds de derrière, parce que la position verticale de son corps suffit pour établir son équilibre, sans qu’il ait besoin d’autre soutien ou d'autre appui. Celte position verticale du corps, qui lui est propre, est d’ailleurs la seule qui soit possible chez lui (F. Huant) à cause de la forme de son calcanéum et de tout sou pied, de celle de son bassin, de la disposition et de la direction de sa colonne vertébrale et de ses muscles sacro-spinaux, de la forme de sa tête, de la position de son trou occipital , des proportions de son crâne et de sa face, el de la direction de son orbite. On voit donc combien ont peu de fondement les idées de plusieurs philosophes qui ont soutenu que l'Homme, dans l’étal de nature, est un véritable Quadrupède, el que la station verticale n’est chez lui que l’cffel de Plia bitude et de l'éducation. Quoique présentée quelquefois d’une manière spécieuse, celte opinion n’en est pas moins une supposition entièrement fausse, et dans laquelle on ne serait pas tombé, si l’on eut fait la réflexion que le mode de station d’un être est un résultat nécessaire de son organisation, el que l'anatomie peut seule donner la clef d’une question de physiologie.

UE LA rREUEXSIOX.

Elle s'exécute principalement chez les Carnassiers et chez les Rougeurs ail moyen de leurs doigts ordinairement bien distincts et terminés par des ongles plus ou moins pointus. Quelques espèces, comme les Écureuils parmi les Rongeurs, les Ratons parmi les Carnassiers, saisissent leur nourriture entre leurs deux pattes antérieures, et la portent ainsi à leur bouche. La main est beaucoup plus parfaite chez l'Homme, lesQundrumanes et les Pédiinanes, à cause de la mobilité du pouce qui peut s’écarter des autres doigts, et s’y opposer. Tous les Singes (ü l’exception de ceux du genre Atôle), et généralement tous les Quadrumanes, ont, comme ce nom l'indique, quatre véritables inains, c’est-à-dire que le pouce est opposable aux quatre membres. Ils peuvent ainsi saisir également avec les membres postérieurs et avec les antérieurs; mais leur main , beaucoup moins

parfaite que celle de l'Homme, comine organe du toucher, l’est aussi moins, comme organe de préhension, à cause de la brièveté de leur pouce. Chez les Didelphes cl quelques autres Marsupiaux qui ont aussi de véritables mains, mais seulement aux membres postérieurs, le pouce est généralement dépourvud'ongle.etse trouve, à cause de sa brièveté, le plus souvent susceptible de peu d’usage. Plusieurs Mammifères ont en outre dans leurquctic, un véritable organe de préhension, quoique sa fonction la plus ordinaire soit d'assurer leurs mouvements : on n’entend parier ici que des espèces qui l'ont prenante, c'est-à-dire susceptible de s’enrouler autour des corps, et de les saisir. Chez plusieurs d’entre elles, die est entièrement garnie de poils; mais d'autres, et ce sont celles où elle agit avec le plus de force, l'ont nue et calleuse en dessous, vers son extrémité, c’est-àdire dans la partie qui est le plus sujette aux frottements. Elle remplit souvent l'office d'une véritable main, et peut attirer vers l’animal des objets dont le poids est considérable. On dit aussi que le Kinkajou la fait entrer dans les trous où il a aperçu des Crustacés, afin que ceux-ci la saisissant avec leurs pinces, il puisse, en la ramenant à lui, les tirer hors de leur retraite pour en faire sa proie. Beaucoup de Singes d'Amérique ont la queue prenante; le même caractère se retrouve également chez plusieurs Carnassiers, chez plusieurs Marsupiaux, et chez quelques Rongeurs.

Enfin un autre instrument de préhension beaucoup plus remarquable encore, est la trompe des Éléphants. Cet organe, connu de tout le monde, est un prolongement du nez, pourvu de muscles nombreux, qui lui permettent des mouvements dans tous les sens, et qui peuvent aussi soit l'allonger, soit le raccourcir. [P. ËlEtbant.) C'est simplement en en repliant l'extrémité autour d’une branche d’arbre que l'animal l'arrache; el c’est aussi de celle manière qu’il cueille l’herbe dont il veut faire sa nourriture. Mais ce qui fait de la (rompe un instrument de préhension très -parfait, ce qui la rend capable de saisir des corps extrêmement menus, tels que des pièces de monnaie, c'est surtout la saillie qui la termine eu dessus, et dont on lie peut mieux donner l’idée qu’en la comparant à un pouce très-fortement opposable. Elle s'appuie en effet contre la partie inférieure de la trompe, de même que le pouce s'appuie sur les autres doigts : aussi beaucoup de langues n'oul-elles qu'un même mot pour désigner la main de l'Homme el la trompe de l’Éléphant.

Plusieurs autres Mammifères ont aussi le nez assez prolongé pour qu'on l'ail désigné sous le norn de trompe, comme les Tapirs et les Desmans; mais celle trompe n'a jamais lin développement assez considérable pour être employée à la manière de celle de rËléphaul. C'csl ; aussi au moyen de sa trompe que l'Éléphant boit; chacun sait comment il l'emploie pour verser l'eau dans sa bouche, quoique d’ailleurs le mécanisme de la projection de ce liquide soit encore peu connu. Les autres Mamin itères boivent généralement, soit en lapant, comme la plupart des Carnassiers, toit eu humant l'eau, ! comme les Herbivores. Les organes de la préhension sont donc, chez les Mammifères, les membres de do- ! vaut et ceux de derrière, la queue, le nez, les lèvres el

ta langue, auxquels on doil ajouter aussi les dents.

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