‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 20 sur 148 · DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

DE LA GÉNÉRATION

Un grand nombre de Mammifères ont, ainsi que l'Homme, les mamelles pectorales, le pénis et les testicules pendants à l'extérieur : tels sont les Quadrumânes et 1rs Chéiroptères. On trouve également, dans ces deux ordres, plusieurs espèces dont les femelles, comme la Femme, sont assujetties à un écoulement menstruel plus ou moins régulier. Ce fait remarquable, très-bien et dès longtemps connu, à l'égard de plusieurs Singes et des Makis, vient d'ètre vérifié à l’égard des Ilousseltes, par les voyageurs Gamol et Lesson. L’écou- Icmenl menstruel chez la femelle, dausces espèces, ou du moins l'afflux du sang à ses parties génitales, revient d'une manière périodique, et détermine l'époque du rut; c'est seulement alors que la femelle est disposée à recevoir le mâle. Il n’y a point au contraire d’époque périodique de rut pour celui-ci; l'accouplement est possible chez lui en toute saison et â toute époque, â cause de la disposition de scs organes génitaux, et surtout de son pénis toujours libre. Le mise manifeste par des signes variables chez les autres animaux, et souvent une seule fois dans l'année. II s’annonce quelquefois chez les femelles de Carnassiers par une sorte de menstruation, comme l’a observé Fr. Cuvier pour la Genetle ; il se manifeste chez les boucs, par l'odeur extrêmement forte et fétide qu'ont alors ces ltuminanls; chez beaucoup d'Hcrbivores. par l’accroissement de volume des testicules, et chez d'autres où la verge est habituellement dirigée en arrière, par son renversement en avant; chez les Chameaux mâles, par des démangeaisons, par un grand amaigrissement, par des écoulements à f occiput d’un liquide noir, visqueux et fétide; chez les Dromadaires, par deux vessies qu’on voit sortir à chaque instant de leur bouche; enfin chez tous les animaux, par une sécrétion plus abondante dans toutes les glandes sous-cutanées, et par un grand changement dans leur instinct et leur naturel. Les plus doux deviennent à cette époque comme furieux, et l'on doit se défier même des mieux apprivoisés. L'ignorance de ce fait remarquable a souvent été la cause de funestes accidents; et l'on a vu quelquefois des animaux, dans le temps de leur rut, blesser leurs gardiens, qui, rassurés par leur douceur et leur docilité habituelles, n'avaient aucune défiance.

On a exposé ailleurs les principales différences que présente chaque espèce pourson mode d'accouplement; on conçoit que cet variations sont aussi nombreuses que celles de la forme et de la position des organes génitaux dans les différentes familles. Les petites espèces de Mammifères sont généralement beaucoup plus fécondes que les grandes, parce que, leur gestation durant moins longtemps, elles niellent bas plus souvent, et aussi parce qu’elles font à la fois un nombre plus considérable de petits. On a calculé qu'avec un seul couple de Cochons d’Inde on pourrait en avoir un millier dans une seule année; mais celle extrême fécondité j est un effet de la domesticité où ils sont réduits, cl n'existe nullement dans l’état de nature.

Le degré de développement dans lequel naissent les petits des Mammifères est bien loin d'ètre le même dans

toutes les familles. Ainsi tandis que le jeune Ruminant peut dès le jour même de sa naissance se tenir sur ses jambes et marcher, les jeunes Carnassiers et les jeunes Singes restent pendant un certain temps faibles et débiles; et les jeunes Marsupiaux ne sont pas même arrivés, à l’époque de leur naissance, au degré de développement qui caractérise le fœtus./'. Lactiyom. Buffou a calculé que la durée de l’époque de croissance et de développement complet du corps, forme la septième partie de la durée totale de la vie chez les Mammifères. C’est en effet à peu près ce qu’on observe dans celte classe; et il est bien certain, à quelques exceptions près, que les espèces qui croissent le plu» lentement, sont 4fc.ssi celles qui vivent le plus longtemps.

DE» MÉTIS. ET DD CROISEMENT DES ESPÈCES ET DE» RACES CBEZ LES MAMMIFÈRES.

On a réussi souvent â faire accoupler des individus appartenant à des espèces différentes; c’est ce qu’on voit journellement à l’égard de l’Ane et du Cheval, qui produisent très- facilement ensemble, et qui s'accouplent sans répugnance, comme chacun le sait; c'est aussi ce dont on a de» exemples pour l'Ane et le Zèbre, le Zèbre et le Cheval, le Bison et la Vache, le Bélier et la Chèvre, le Loup et le Chien, etc. Les accouplements hybrides sont donc assez fréquents chez les Mammifères; cependant il» ne s’opèrent pas ordinairement sans qu’il y ait réunion d'un certain nombre de circonstances. Ainsi par exemple, il faut que les deux espèces, ou du moins l'une d'elles, soit réduite en domesticité. On ne connaît qu'un très- petit nombre d'exceptions; la puissance de l'Homme peut en effet seule produire ces phénomènes contraires aux lois générales de la nature. Il faut que les deux espèces soient de même taille, ou du moins de taille peu différente ; et il est facile en effet de concevoir que l'accouplement ne peut avoir lieu, sans qu'il y ait proportion entre les dimensions des organes génitaux mâles et des organes femelles. Toutefois si l'on adoptait l'opinion de ceux qui considèrent comme des espèces différentes les principales races de Chiens (opinion qui n’est pas aujourd'hui sans quelque probabilité), on pourrait citer une exception fort remarquable â cette loi; ainsi on voit quelquefois un Chien de très-petite race s’accoupler avec une Chienne de très grande taille. On a même aussi des exemples de l'accouplement du Lama avec la Chèvre; fait qui parait aussi exceptionnel, mais qui s’explique cepeudant trèsbien par la petitesse proportionnelle du pénis chez le Lama. Cet accouplement a d'ailleurs toujours été stérile. Enfin, il n’y a d’accouplement hybride qu'entre des espèces voisines, et appartenant au même genre naturel. Aiosi le Cheval, le Zèbre et l’Ane, le Bison et la Vache, le Loup et le Chien, sont bien des espèces de même genre; et quant au Bélier et à la Chèvre, tous les zoologistes conviennent qu'aucun caractère bien réel cl bien positif ne les distingue génériquement, et que plusieurs races de Chèvres pourraient tout aussi bien être placées parmi les Moutons; ces derniers font même partie du genre Copra, dans plusieurs systèmes, et particulièrement suivant ceux qui sont le plus généralement adoptés en Allemagne. Ainsi l'accouplement du Bélier et de la Chèvre n’ctnpéche pas de dire

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