UC LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE UES M VUS ITÈRES
Buffon, dans les ouvrages duquel il ne faudrait chercher que le mérite du style et le talent du grand écrivain, suivant plusieurs naturalistes modernes, est cependant celui qui a posé, à l'égard de la Mammalogie, les premiers principes de cette importante partie de la science, connue sous le nom de Géographie physique. Privé des connaissances de l’anatomiste, porté, d’après certaines théories qui lui étaient propres, à regarder l'influence du climat sur le développement et les caractères des animaux, comme plus grande encore qu’elle ne l’est réellement, et d'ailleurs ses propositions générales n'étant pas la déduction d’un nombre assez considérable de faits, il a été entraîné dans quelques erreurs plus ou moins importantes, dont au reste il a lui-même reconnu et corrigé plusieurs. C’est ce qu’on peut remarquer particulièrement nu sujet de son bel article sur la distribution géographique des Mammifères (l. ix, |i. 50-128), qui n’en doit pas moins cependant être regardé comme un des morceaux les plus importants de l’Histoire naturelle. Ce qui a été fait dans ces derniers temps par divers naturalistes, et principalement par Geoffroy Saint-Hilaire, n’a en effet été que le développement et la démonstration des idées que Buffon a exposées dans ce passage.
La question de la distribution géographique des Mammifères doit être traitée sous deux points de vue, c’est-à-dire à l’égard des genres et à l'égard des espèces. Buffon a remarqué le premier qu’aucune des espèce de la zone torride, trouvée dans l’un des continents, ne s’est trouvée dans l’autre, et que même la plupart de celles des climats tempérés de l’Europe manquent également dans le nouveau monde. Celle grande loi, regardée comme inexacte, et combattue par la plupart des contemporains de Buffon, est aujourd'hui généralement admise, depuis que Geoffroy Saint- Hilaire a démontré la différence spécifique du Jaguar cl de la Panthère, que diverses erreurs de Buffon luiinèine avaient longtemps fait confondre, quoiqu’il eût déjà reconnu et annoncé que le Tigre d’Amérique et la Panthère étaient deux animaux différents. Au contraire quelques unes des espèces qui vivent dans les climats les plus froids, et qui se trouvent les plus rapprochées du Nord, existent également dans la partie la plus septentrionale des deux coulineiits, comme l’a remarqué Buffon; mais il faut bieu se garder de croire que ces animaux communs aux deux inondes, soient à beaucoup près aussi nombreux qu'il le dit. Ainsi, après avoir cité plusieurs espèces qu'il suppose se trouver également dans le nord des deux continents, il ajoute o que les Lièvres, les Écureuils, les Hérissons, les Bats musqués. les Loutres, les Musaraignes, les Chauves-Souris, les Taupes sont aussi des espèces qu’on pourrait regarder comme communes aux deux continents, quoique d’ailleurs (comme il le remarque ensuite lui-même) il n’y ait, dans tous ces genres, aucune espèce qui soit parfaitement semblable en Amérique à celles de l'Europe- * El en effet, relativement à tous ces animaux, ceux de l’ancien monde et ceux de
l'Amérique, entre lesquels Buffon n'apercevait aucune différence bien notable, sont aujourd'hui considérés comme des espèces bien distinctes, et plusieurs même comme des genres particuliers. Une élude plus approfondie des caractères des êtres, a donc montré que le nombre des espèces qui n’apparfien rient pas exclusivement à l’un ou à l'autre des deux mondes, est fort restreint; encore a-l-on reconnu, à l’égard de ces espèces, que plusieurs sont formées de deux variétés : l'une américaine, l’autre appartenant principalement à notre continent. Tel est le cas du Glouton {Urtua Culo, L.) qui existe à la fois dans le nord de l'Europe, de l’Asie et de l’Amérique, mais qui, dans cette dernière région, a des couleurs beaucoup plus pâles, et diffère assez pour avoir été d'abord considéré comme une espèce distincte, sous le nom de Volverenne (Uraua luscua).
Buffon avait comparé les animaux du nouveau monde à ceux de l’ancien sous un autre rapport, et cherché à établir d'une manière générale que les premiers sont d’une taille moins considérable, la différence étant même dans le rapport d'un à quatre, six. huit et dix. « Une autre observation qui vient encore à l'appui de ce fait général, ajoute-t-il, c’est «pie tous les animaux qui ont été transportés d'Europe en Amérique, comme les Chevaux, les Anes, les Bœufs, les Brebis, les Chèvres, les Cochons, etc., tous ces animaux y sont devenus plus petits; et que ceux qui n'y ont pas été transportés, et qui y sont allés d’euxuiémes, ceux, en un mol. qui sont communs aux deux mondes, tels que les Loups, les Renards, les Cerfs, les Chevreuils, les Élans, sont aussi considérablement plus petits en Amérique qu’en Europe, et cela sans aucune exception. Il y a donc, dans la combinaison des éléments et des autres causes physiques, quelque chose de contraire à l'agrandissement de la nature vivante dans le nouveau monde. »> Buffon cherche ensuite les causes de ces faits, et il les trouve dans la chaleur beaucoup moindre, et l'humidité beaucoup plus grande de cette région, en même temps que dans le petit nombre et les mœurs des Américains qui, menant, dit-il. la vie desanimaux, laissaient la nature brute, et négligeaient la terre.
Ces hypothèses, qui peuvent être très-fondées pour une localité et pour un cas particulier, ne peuvent être adoptées d une manière générale; et on ne peut les considérer comme applicables aux diverses régions du nouveau monde tout entier. Au reste, ne pourrait-on pas dire que Buffon cherchait en vain à expliquer d'une manière générale un fait qui lui-même n’est pas général? S’il est certain, en effet, que les plus grands Quadrupèdes, les Éléphants, les Rhinocéros. l’Hippopotame, la Girafe, les Chameaux, le Lion, le Tigre, appartiennent tous à l'ancien monde, on peut remarquer aussi que beaucoup de familles ont leurs plus grandes espèces parmi celles du nouveau monde. Le Fourmilier Tamanoir l’emporte de beaucoup sur les Fourmiliers de l'ancien inonde, ou les Pangolins; le Jaguar sur la Panthère; leCahiai, les Pacas. le Castor, sur les autres Rongeurs; le Lamantin d'Amérique sur celui du Sénégal?
Buffon n'aurait donc pas dû |H>scr d’une manière
générale sa loi de 1'infériorilé des espèces du nouveau inonde, el affirmer qu’elle ne souffre aucune exception. Mais, on doit aussi le dire, ou aurai! également tort de soutenir que son opinion n’est fondée sur rien de réel; et si on ne doit pas voir dans le fait signalé par Buffon une loi générale de Géographie physique, on doit convenir que, du moins.il a véritablement lieu pour le plus grand nombre des cas. Les exceptions que l'on vient de citer, celles que l'on pourrait ajouter encore, sont en fort petit nombre, et presque lotis les grands animaux sont réellement habitants de l’ancien monde : ce qui peut bien tenir aussi en partie à ce que l'Amérique ne nourrit qu’un très-petit nombre d'Herbivores, et surtout de Pachydermes, et que ces derniers sont précisément ceux qui sont susceptibles de parvenir à la plus grande taille.
Telles sont les principales lois de la distribution géographique des espèces de Mammifères, lois que l’observation a révélées. Mais la puissance de l’Homme créant pour ainsi dire de nouvelles espèces dans les races qu'il a fait nailre. en détruisant d’autres, peuplant l'Amérique des animaux de l'Europe, et, par une sorte d’échange. l'Europe de ceux de l’Amérique, a changé la face de la terre, et renversé les lois qu'avait posées la nature.
Dans tous les articles de ce Dictionnaire qui ont été donnés soit par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, soit par d’autres collaborateurs, on a fait connaître avec le plus de soins el le plus d'exactitude possible, la patrie de chaque espèce; il est donc inutile de donner ici, pour chaque contrée du globe, rémunération des Mammifères qui l'habitent. La distribution géographique des genres a également beaucoup occupé les naturalistes; et, quoiqu’on n’ait encore à leur égard trouvé aucune loi générale, les résultats auxquels on est parvenu, n'en sont pas moinsdignesde remarque. C'est encore à Buffon que l’on doit les premières observations à ce sujet : ce grand homme reconnut que chaque espèce d'animaux a le plus souvent sa patrie particulière; en sorte que chaque région a ses genres, comme ses espèces de Mammifères. Il est même surtout vrai de dire, pour la plupart des genres, que ceux de la zone torride de l'un des deux continents ne se retrouvent pas dans l'autre. Ainsi, tous les Singes de l'ancien continent diffèrent génériquement de ceux du nouveau, et les Makis et plusieurs autres Lémuriens, non seulement sont propres à l'ancien, mais même se trouvent exclusivement sur un seul point, dans Die de Madagascar. Il n'y a ainsi pour tous les Quadrumanes aucune exception-, el s’il en était de même pour tous les autres ordres de Mammifères, on pourrait établir des lois générales pour leur distribution générique, comme pour leur distribution spécifique.
C’est ce qu’on serait d’autant plus porté à croire, que la plupart des faits présentés comme des objections contre ces théories, n'avaient rien de,, réel, cl que l'examen a même souvent montré en eux des preuves du contraire. Ainsi, Buffon ayant établi que les Didelphes habitaient exclusivement l’Amérique, la plupart des naturalistes contemporains de ce grand homme annoncèrent el soutinrent qu'il en existait également
dans les Indes-Orientales. Les preuves apportées à l’appui decetle assertion, parurent même, dans ces temps où l’on connaissait encore très-peu les rapports naturels, si certaines el si concluantes que Buffon lui-même crut devoir, dans les dernières années de sa vie, renoncer à sa théorie favorite, et déclarer qu’il s'était trompé. Aujourd’hui tous les naturalistes modernes s’accordent à admirer la sagacité de Buffon; le prétendu Didelphe, le fameux Didelphe oriental, s'est trouvé, non pas un véritable Didelphe, mais un l’halanger.
On voit donc que, tandis que plusieurs genres sont véritablement (suivant l'expression reçue) cosmopolites, comme les Chats, les Renards, les Ours, les Écureuils, les Tapirs, les Cerfs, il en est beaucoup aussi qui se trouvent confinés dans certaines parties du monde. Le nombre de ces derniers est même beaucoup plus considérable qu'un examen superficiel pourrait d'abord le faire imaginer. Plus ou remonte dans l’échelle des êtres, plus l'existence d’animaux semblables habitant les deux mondes, devient rare. Ainsi de tous les genres naturels de Singes, de Lémuriens, de Chéiroptères, d’insectivores jusqu'à ce jour décrits, on n’en a pendant longtemps connu aucun dont l’existence dans l'un et dans l'autre continent fût bien constatée; et il paraissait prouvé, pour toutes ces familles, que leur distribution géographique correspondait exactement aux divisions établies parmi eux, d'après leurs caractères zoologiques. C'est cependant ce qu'on ne peut aujourd'hui admettre d'une manière générale pour tous les Chéiroptères, car il est démontré qu'un des genres de celte famille, celui que Geoffroy Saint-Hilaire a établi sous le noin de Nyctinorne. existe à la fois dans l'Amérique méridionale et dans plusieurs parties de l'ancien monde. Sans donner ici toutes les preuves de ce fait important, sans établir rigoureusement, comme on le fera ailleurs par l'énumération de ses caractères, que l'espèce nouvelle, décrite sous le nom de A yctinotnus Braailiettsis, est bien réellement un Nyctinome, on se contentera de dire ici que noii-seulemenl l'espèce américaine ne peut, d’après ses rapports naturels, êlre séparée des Nyctinomes de l'ancien monde; mais qu'elle ressemble même presque entièrement à l'un d’eux, le Nyctinome du Bengale. La similitude de formes, de taille, de couleur même, est si parfaite, que l'imagede l’une peut être prise pour l'image de l'autre, el que si ces deux animaux habitaient la même région, on serait tenté de les réunir en une seule espèce. Cette remarque suffit pour faire juger de l’analogie qui existe entre les deux espèces, et pour mettre hors de doute l’existence simultanée d’un genre de Chauve-Souris dans le sud de l'Amérique et dans le centre de l’Asie.
On n’a donc point encore réussi, el on ne réussira saus doute jamais à embrasser dans une loi générale la distribution géographique des genres de Mammifères. Tout ce qu’on a pu remarquer jusqu’à ce jour, c’est que les Chéiroptères, les Insectivores, el surtout les Quadrumanes, sont les familles où des différences de caracj lères correspondent le plus fréquemment à des différences de patrie, el que c’est au contraire parmi les véritables Carnassiers que se trouvent les genres le 1 plus véritablement cosmopolites. Ce rapport se Irouve-
rait-il expliqué par le régime même de ccs animaux? Et pourrait-on dire que, destinés à se nourrir de proie | vivante, ils ont pu trouver dans les deux mondes le même genre de nourriture?
Toutes ccs idées sur la distribution géographique des êtres, ont plus d'importance qu'elles ne le paraissent d'abord , et n'ont pas seulement l'intérêt de la curiosité. C'est véritablement d'elles qu'il faut attendre la solution du grand problème posé dans ces derniers temps par quelques naturalistes : les diverses espèces d’un même genre cl les divers genres d'une même famille, ne seraient-ils que des races d'une même espèce primitive, modifiées par le temps, le climat et les circonstances extérieures? Plusieurs philosophes n'ont pas hésité à répondre affirmativement; mais leur opinion, basée presque seulement sur des hypothèses, est en contradiction avec un grand nombre de faits.
Maxxuêrks fossiles. Les ossements de Mammifères sont trop abondamment répandus sur un grand nombre de points du globe, au milieu des dépôts qui constituent certains sols, et la plupart d'entre eux sont trop reconnaissables par leur forme, pour que, depuis longtemps, les observateurs n'aient pas reconnu leur existence à l'état fossile dans le sein de la terre; mais quelque nombreux que fussent les faits recueillis par les géologues, ceux-ci étaient loin de s'attendre aux résultats que devaient procurer les recherches spéciales, entreprises 6ur ce sujet important par l'un des plus célèbres naturalistes. C'est après avoir étudié d’une manière non moins exacte que rationnelle le squelette de tous les Mammifères de l'époque actuelle qu'il a pu réunir dans une immense collection, et après avoir examiné comparativement, pour ainsi dire, chacun des os dont ils se composent avec ceux que l’on rencontre fossiles , que Cuvier est parvenu à distinguer et à décrire beaucoup d'espèces anciennes et même des genres entiers qui n'existent plus maintenant, tandis que d'un autre côté il a pu faire voir que la plupart des espèces de notre époque diffèrent, soit en partie, soit entièrement, de celles qui habitaient la terre dans des temps plus ou moins reculés. Ce savant anatomiste ne s'est pa6 seulement attaché à établir les ressemblances ou les différences que présentaient les êtres de l'ancien monde avec ceux qui vivent aujourd'hui à sa surface, mais il a cherché encore dans quels rapports la somme de ces ressemblances ou différences des diverses espèces fossiles pouvait être avec l’âge des assises qui recèlent leurs débris. Ces recherches positives, si importantes pour l'histoire physique de la surface de la terre, et pour celle des révolutions dont elle a élc le théâtre, ne sont pas d’un moins grand intérêt pour le philosophe, qui essaie de soulever le voile dont les œuvres du Créateur sont enveloppées; elles lui donnent la preuve que s’il est encore quelques-uns des mystères de la nature qui ne soient pas impénétrables pour l'Homme, c'est par l'observation qu’il triomphera des obstacles; c’est en interrogeant avec persévérance et sang froid les archives du globe que peut être il parviendra, après avoir réuni tous tes anneaux de la chaîne compliquée des êtres, à remonter jusqu'à l’origine de chaque type et â suivre pas à pas les progrès de l'organisation de-
puis la création de l'être le plus simple jusqu'à celle de l’Homme lui-mêine.
Les travaux de Cuvier paraissent démontrer que depuis longtemps des espèces d'animaux, appartenant à toutes les autres classes du règne animal, et en particulier aux animaux vertébrés, tels que les Poissons, les Reptiles, avaient laissé leurs dépouilles dans les couches dont la terre se revêtissait successivement, lorsque des Mammifères ont. pour la première fois, été enveloppés par les dépôts qui continuaient â se former. Il semble naturel de conclure de celte observation, que les êtres les plus parfaits ou ceux dont l'organisation est le plus rapprochée de celle de l'Homme ont été créés les derniers, et cette conséquence devient encore plus probable si l'on étudie le gisement des divers Mammifères fossiles eux-mêmes. En effet, on voit que plus les espèces enfouies différaient des espèces vivantes, et plus elles appartiennent à des couches anciennes; de sorte que ce n'est que dans les couches meubles les plus superficielles que l'on rencontre des ossements semblables à ceux des Mammifères dont les races subsistent encore ; et même les espèces les plus rapprochées de l'Homme, tels que les Makis, les Singes, n'ont pas jusqu’à présent d'analogues fossiles, observation qui semble coïncider avec l'absence d'ossements humains dans les dépôts antérieurs aux temps historiques.
L’Homme n'a point été trouvé à l'état fossile; il en est de même pour tous les Quadrumanes; mais si l'on fouille le sol le plus superficiel, composé de terres, de sables, de limon qui recouvre nos grandes plaines, remplit les vallées, comble les cavernes, obstrue les fentes de plusieurs rochers, cl semble être le dernier dépôt formé sur nos continents par une action que l’on croit avoir été rapide et violente, dépôt qui présente les inêmys caractères généraux sur presque tous les points connus du globe et que les Anglais désignent par l’expression de Diluriutn ; on trouve presque partout de nombreuses dépouilles de Mammifères qui étaient plus ou moins semblables à ceux qui nous entourent, tels que des Renards . des Loups, des Tigres, des Hyènes, des Ours, qui quelquefois, comme on le voit en France et en Angleterre, se rencontrent dans les mêmes lieux avec des os d'Éléphanls, de Rhinocéros, d'Hippopotames, de Chevaux , de Bœufs, de Cerfs et de plusieurs Rongeurs. Ce n'est que dans des dépôts inférieurs au Diluriutn , dans des couches régulières de Calcaire, de Marne, de Gypse, d’Argile. que paraissent les espèces dont les genres sont perdus, tels que les Palœolheriums, les Lophiodons, les Anoplolheriums, les Anthracolheriums, les Chéropotames, les Adepis; mais si l'on pénètre plus avant dans les couches de la terre, si l'on parvient jusque dans les couches de l'Age du Calcaire grossier parisien, on ne trouve plus que quelques Mammifères comme aquatiques des Lamantins. des Morses, ou des cétacés, des Dauphins. Deux seuls exemples viennent faire jusqu'à présent exception à cet aperçu général . l'un cité par Doué qui dit avoir trouvé, en Autriche. des os de Ruminants dans la Craie , et l'antre admis par presque tous les géologues anglais, qui classent parmi les terrains oolithiques les Schistes calcaires de Stonesfieid près Oxfort, dans les-
quel* on a découvert plusieurs fragments de mâchoire* avec des dénis qui ressemblent ù celle* d'un pelit Carnassier insectivore, analogue à quelque Didelplie. Sans contester l'authenticité de ces faits jusqu'à présent exceptionnel*. on peut penser que, dans l’état «actuel des connaissances fournies par le gisement des divers Mammifères fossiles, il importe de ne les admettre qu’après l’examen le plus rigoureux.
M AM MOUT ou MAMMOUTH. *a«. ross. I.es Russes avaient donné ce nom au grand Éléphant fossile, dont les ossements se trouvent, en grande abondance, en Sibérie. Les Américains croyant reconnaître le même animal dans celui que depuis on a appelé Mastodonte, et dont les premiers squelettes furent découverts sur les bords de l’Ohio, l'avaient désigné sous le même nom de Mammouth. /'. Éléphant fossile et Mastodonte.
MAMMULE. Mannnulu. bot. et ixs. Sorte de conceptacle bombé, n’ayant ni bordure ni bourrelet, et qui liait du thalle des Lichens. Kirhy donne le même nom à des protubérances anales qui, dans les Araignées, contiennent les organes qui leur servent à filer les toiles.
MAMONET. x am. Synonyme de Maimon.
MAMOUT. fois. Synonyme de Halé, espèce de Silure du sôus-genre Hétérobranche. E. Silure.
MAMULARIA. bot. Et non Mamolana. Même chose qu’ Harjmcanthd ou Uerpacatilha. V . Acanthe.
MANAREA. bot. Selon Jussieu, le genre ainsi nommé par Aublet doit être réuni à VÆgiphila, dont il ne diffère que par son fruit à deux loges dispennes et non à quatre loges monospermes comme dans ce dernier.
MANACA. bot. (Marcgraaff.) Nom vulgaire d’un Myrtua ou d’un Engenia du Brésil.
MANACUS. ois. (Brisson.) V. Manakin.
MANÆL1A. bot. Le genre institué sous ce nom, par Bowdich. Madcir, 381, est à peine connu; il parait devoir se rapporter à la famille des Primulacécs. Les caractères qui lui sont assignés par l’auteur, consistent en un calice pentagone, à cinq dents; la corolle est régulière avec son limbe divisé en cinq parties; cinq étamines opposées aux lobes de la corolle; style unique; stigmate simple; capsule uniloculaire et polysperme. La seule espèce sur laquelle le genre a été établi, est une plante herbacée, velue, à feuilles opposées et garnies de plusieurs écailles, à fleurs axillaires, solitaires, dont la corolle est d’un rose pâle. On la trouve à Madagascar.
MANAGUIER. Managa. bot. Aublet a décrit sous le nom de Managa Guianenaia (PI. Guian., 2, Suppl., p. 2, tab. 3CJ) un arbre dont il a observé les feuilles et les fruits ; mais dont il n’a pas vu les fleurs, qui, jusqu'à ce jour, n'avaient été décrites par aucun botaniste. Aussi ce genre n'avait-il pu être classé; et dans son Généra Planiarum, Jussieu n'en a fait aucune mention. Le professeur Richard, qui a été à même d'étudier l’arbre au pays natal, en a donné la description suivante : tronc de moyenne grandeur, dont le bois, selon Aublet, est blanc et léger; feuilles alternes, obovales, entières, fortement acuminées au sommet, glabressur leurs deux faces, longues d'environ quatre pouces, larges seulement de deux, minces, membraneuses, portées sur un
I pétiole de deux à trois lignes de longueur; fleurs ter- I minâtes ou axillaires, tantôt solitaires, tantôt géminées, portées sur un pédoncule court, recourbé, articulé vers son sommet et offrant généralement deux bractées; calice inonosépale, cainpaniforinc. et comme turbiné à sa base, à cinq divisions égales, profondes et aiguës, plus large que le tube de la corolle qu'il embrasse; corolle mnnopélale, hypocratériforme , à tube très-long i et cylindrique, à limbe plan, à cinq divisions un peu ! inégales; étamines au nombre de quatre, inégales, didy naines, incluses, ayant les filaments très courts; ! ovaire libre, très-petit, ovoïde, à deux loges; fruit glo- | buleux, bacciforme, jaune, de la grosseur d'une prune de reine-claude, accompagné à sa base par le calice qui aacquisquelque développement. Il offre extérieurement deux sillons longitudinaux ; le péricarpe, assez épais, | est plutôt celluleux que charnu; il présente deux loges j contenant chacune deux, trois ou quelquefois un plus grand nombre de graines enveloppées dans une substance pulpeuse, d'une saveur douce; elles sont ascendantes, attachées à la partie inférieure de la cloison. Chaque graine est brunâtre, allongée, formée d’un tégument propre, mince; d'un endosperme extrêmement dur et comme corné, contenant, dans son intérieur, un embryon dressé, ayant la radicule très-longue, cylindrique, les deux cotylédons courts et arrondis.
D'après ces caractères, le genre Managa parait avoir de très-grands rapports avec la famille des Solanées, dont il s'éloigne néanmoins par quelques caractères, tels que l'inégalité des étamines, la position des graines , la nature de l’endosperme et la position inlraire de l’embryon.
MANAKIN. Pipra. ois. Genée de l'ordre des Insectivores. Caractères : bec court, trigoue à sa base qui est un peu élargie, comprimé dans le reste et surtout vers la pointe, convexe en dessus; mandibule supérieure courbée et échancréc vers l’extrémité, l'inférieure pointue; narines placées sur les côtés du bec et vers la base, recouvertes en partie par une membrane garnie de petites plumes; pieds médiocres; quatre doigts; trois en avant, dont l'intermédiaire, moins long que le tarse, est uni à l'externe jusqu'à la seconde articulation, et à l'interne seulement à la base; ailes et queue courtes; les deux premières rémiges moins longues que les troisième et quatrième, qui dépassent toutes les autres.
Les Manakins sont de très-jolis petits Oiseaux, que l'on n’a jusqu’à ce jour rencontrés que dans l’Amérique méridionale ; il est assez apparent que leurs mœurs n’ont offert aucune particularité remarquable, puis- I qu'aucun auteur ne s'est occupé de leur histoire.
Tranquilles habitants des forêts, ils quittent bien ra- ; rement ces lieux de retraite pour venir étaler dans les plaines et les jardins, le luxe d'un plumage ordinaire- ! ment varié de couleurs aussi pures qu'éclatantes. A j l'exception de la première partie du jour, pendant laj quelle on les trouve assez souvent réunis, ils vivent isolés, séparés même de leurs femelles; quelque jeui nés qu'ou les prenne, ils se font difficilement au joug, et meurent bientôt de chagrin et d'ennui. Ils se nourrissent indifféremment d’insectes et de petits fruits i succulents que, dans l'état de captivité, on les voit
préférer aux premier*. Il* ont le vol rapide, mais bas et peu soutenu. Ils établissent leur nid dans les broussailles et les buissons fourrés, et leur ponte, comme chez presque tous les Oiseaux de petite taille, est fort nombreuse.
Maxakix bled. Pipra cœrulea, Lath. Parties supérieures noires, avec le milieu du dos bleuâtre; les inférieures d'un blanc jaunâtre; bec et pieds bruns. Taille, trois pouces* Espèce douteuse, qui pourrait bien n’èlre qu'une variété d’âge du Manakin à poitrine dorée.
MAXAKIX BLED A FOITR1XE ltOLT.B. COTIXGA CORDOX- IUD.
Mau ak ix du BrEsil. BufF. , pl. enl. 303, lijj. 1. Variété du Manakin goitreux.
Maxakix casse-xoisettb, BufF., pl. enl. 303, fig. 1. y. Maxakix goItreux.
Maxakix cexdrê. Pipra cinerea, Lath. Parties supérieures cendrées, les inférieures grisâtres, avec l'abdomen blanchâtre; bec et pieds bruns. Taille, trois pouces et demi. Espèce douteuse.
Maxakix chaperoxxè. Pipra pileala , P. Max., Temm., pl. 172, fig. 1. Parties supérieures d'un châtain vif; sommet de la tête, occiput, nuque et rémiges d'un noir pur; tectrices alaires terminées par une tache d'un châtain cendré; les rémiges sont bordées de verdâtre; joues et sourcils d’un roux vif; queue faiblement étagée; les six reclriccs intermédiaires noires, terminées de brun; les latérales brunes, jaunâtres à leur base; parois inférieures roussàtres; bec et pieds jaunes. Taille, quatre pouces et demi. Les plumes de la tête se relèvent en une sorte de chaperon qui reparaît aussi chez la femelle; mais il est verdâtre, ainsi que les parties supérieures ; celle-ci a en outre les ailes cendrées, tachetées de grisâtre, avec le bord des plumes verdâtre. Du Brésil.
Maxakix chaperoxxE de xoir, Vieill. V. Maxakix goItrecx.
Maxakix a collier.
Maxakix Desmarest. Pipra Desmaresti, Leach. Parties supérieures d’un bleu -noir éclatant; gorge et poitrine rouges; ventre blanc; anus rouge. Espèce qui parait appartenir à un autre genre.
Maxakix a deux brixs. Pipra militari s, Shaw. Parties supérieures brunes; les inférieures d'un blanc grisâtre; front rouge; tête d’un bleu ardoisé ; bec et pieds bruns; reclriees intermédiaires dépassant de beaucoup les autres. Taille, trois pouces et demi. Il parait être une variété du Manakin à front rouge.
Maxakix a proxt blaxc. V. Maxakix varié- Maxakix a pboxt rouge. Pipra rubrifrons, Vieill. Parties supérieures noires; rémiges brunes, bordées de verdâtre; reclriees intermédiaires longues et étroites, dépassant les autres; front et croupion rouges; joues j et menton grisâtres; parties inférieures blanches; bec ( . el pieds jaunes. Taille, trois pouces deux tiers. De l'Amérique méridionale.
Maxakix goItrecx, Pipra gulturota, Dcsm.. fig. 10. Parties supérieures noires; les inférieures blanches; plumes de la gorge touffues, longues, effilées el présentant une sorte de renflement de cet organe ; bec noir; pieds jauues. Taille, trois pouces el demi. La fe-
melle a les parties supérieures rousses, les Inférieures d’un blanc roussâlre. De Cayenne.
Maxakix a gorge blaxchk. Pipra gullurali n, Lath., BufF.. pl. enl. 324, fig. 1. Tout le plumage est d'un noir luisant, à l'exception de la gorge, qui se prolonge en pointe sur la poitrine, cl qui est d’un blanc pur ainsi que le l»nl interne de quelques rémigqf cl la mandibule inferieure : la supérieure est noire; les pieds sont I rouges. Taille, trois pouces deux tiers. La femelle a les ] parties supérieures d'un vert olive, les rémiges et les | reclriees d’un brun noirâtre, une tache noire autour i de l'œil, les parties inférieures blanches. De Cayenne.
Maxakix a gorge rouge. Pipra nigricollis , Lath. Parties supérieures d’un noir bleuâtre; gorge el abdomen rouges; ventre blanc; bec et pieds noirs. Espèce , douteuse.
Graxd Maxakix. V . Maxakix Tijé.
Maxakix lixèaire. Pipra linearis, Bonap. Tète, ailes el queue noires; une crête d'un rouge vif sur le vertex; les deux reclriees intermédiaires linéari-acui minées et du triple plus longues que les autres; dos bleu chez le mâle, olivâtre chez la femelle. Taille, quatre pouces.
Maxakix a loxgce quels. Pipra caudata, Lath. Parties supérieures bleues; sommet de la télé rouge; rémiges et reclriees, dont les intermédiaires dépassent les autres, noires; bec brun; pieds fauves. Taille, quatre pouces et demi. De l'Amérique méridionale.
Maxakix maifropre. Pipra sqtialida, Burton. Tête et nuque brunes; dos, ailes el queue d’un brun verdâtre; extrémité des reclriees latérales frangée de blanchâtre; barbes externes des rémiges et des reclriees nuancées d'olivâtre; ailes et queue d'égale longueur; parties inférieures blanchâtres; mandibule supérieure brune : l'inférieure blanchâtre à sa base. Taille, trois pouces et demi. De ITIimalaya.
Maxakix Maxikip. Pipra nœria, Lath. y. Fourmilier.
Maxakix militaire. y. Maxakix a deux brixs.
Maxakix xoir et blaxc. V. Maxakix coirREOX.
Maxakix xoir et jauxe. P. Maxakix rooge.
Maxakix hoir huppe. Maxakix TuE.
Maxakix oraxgê. V. Maxakix rouge.
Maxakix a oreilles blaxches. Pipra leucotis, L. y. Fourmilier.
Maxakix orgaxiste. Pipra mu$ica, Lath. y. Taxgara.
Maxakix plombe. Pipra plumbea, Vieil. Parties supérieures d’un roux cendré; les inférieures roussàtres; rémiges cl reclriees noirâtres, bordées de cendré-bleuàtre; bec noir; pieds bleuâtres. Taille, quatre pouces deux tiers. De l'Amérique méridionale.
Maxakix foixtillé. y. Pardalote.
Maxakix a poitrixe dorée. Pipra peclorali », Lath. Parties supérieures d'un noir bleuâtre, de même que la tète, le cou et la poitrine; un large hausse-col d'un jaune brillant; parties inférieures d’un brun roux; beç. brunâtre; pieds cendrés. Taille, trois pouces et demi.
| Du Brésil.
i Maxakix a queue ex pelle. Pipra longicaudat Vieil. Parties supérieures noires; sommet de la tête d’un
rouge vif, avec la base des plumes orangée; rémiges et rcclrices bordées de bleu pâle; les deux reclrices wilermédiaires de celle couleur, plus longues que les autres et terminées en forme de palette; menton et gorge noirs; le reste des parties inférieures d'un bleu pâle; bec brun; tarse rougeâtre. Taille, cinq pouces et demi. La femelle est d’un vert sombre, varié de brunâtre sur les lectrices alaircs; le dessous des ailes est blanchâtre. De l’Amérique méridionale.
Marakir rayé. y. Pardaiotk a tète ratée.
Marakir roI'ce. Pi/> ru auréola, Lalli., Buff., pl. cnl. 84, fig. 8. Parties supérieures noires; sommet de la télé, gorge et poitrine d’un rouge éclatant; front et côtes de la gorge d’un jaune orangé; rémiges, à l’exception de la première, marquées d'une tache blanche vers le milieu; tectrices alaires inférieures jaunâtres; abdomen varié de noir, de rouge cl d’orangé; bec et pieds noirâtres. Taille, trois pouces un quart. La femelle est olivâtre en dessus et d’un vert jaunâtre en dessous; elle diffère encore du mâle en ce qu'elle a le sommet de la tête entouré d'un cercle rouge. Les jeunes sont entièrement olivâtres, avec le front, le cou, la gorge, la poitrine et le ventre tachetés de rouge; ils ne prennent du noir qu'à mesure qu'ils approchent de l’état adulte. De la Guianc.
Marakir rougeâtre. Pipro auperciliosa. y. Par-
DALOTB.
Marakir redis. Pipra si ri g illata, P. Max., Teram., pl. color. 54, fig. 1 cl 2. Parties supérieures d’un beau vert; sommet de la tête orné d'une belle huppe d'un rouge éclatant; rémiges brunes,avec les bords internes lisérés de blanc; rcclrices courtes, d’un cendré verdâtre ; parties inférieures d'un blanc jaunâtre, strié de brun; bec brun; pieds jaunâtres. Taille, trois pouces un quart. La femelle a les parties supérieures entièrement vertes, sans huppe rouge; les inférieures d'un brun jaunâtre. Du Brésil.
Marakir strioi.e. Pipra alrio/ata, Bonap. Parties supérieures d’un vert d’olive, les inférieures rousses, avec de petites stries longitudinales blanches; sommet de la tète garni d’une huppe ou crête rouge vif. Bec et pieds couleur de corne. Taille, quatre pouces. Du Brésil.
Marakir superbe. Pipra superba , Latli., Pall. Parties supérieures noires; sommet de la télé couvert d'une huppe d'un rouge de feu; une tache bleue en croissant sur le dos; rémiges brunes et pointues; queue courte ; bec brun; pieds jaunâtres. Taille, quatre pouces et demi. Patrie inconnue.
Marakir a tète blarcrb. Pipra leucocapilla , Lath.; Pipra leucocepha/a , Desm., Buff., pl. cnl. 54. fig. 2. Tout le plumage d’un noir irisé, avec le sommet de la tête blanc; quelquefois de petites plumes blanches, mélangées de jaune et de rouge, au bas de la jambe; bec brunâtre; pieds noirs. Taille, trois pouces deux tiers. De la Guiane.
Max Ak n a tète bleue. Pipra cyanocephala, Vieill. Parties supérieures d’un vert olive; sommet de la tète et nuque d’un bleu pâle; croupion jaunâtre; rémiges et reclrices noires, bordées de verdâtre; parties inférieures d'un jaune foncé, nuancé de vert sur les flancs ;
7 dict. des sc. J EXCES rat.
bec et pieds noirs. Taille, trois pouces un quart. De l'Amérique méridionale.
Marakir a tète d’or. Pipra erythrocephala, Buff., pl. enl. 54, fig. 3. Plumage noir, irisé, empourpré;
! sommet de la tête, joues et nuque d’un jaune doré bril- | tant; un anneau jaune au bas de la jambe; bec blanchâtre; pieds rougeâtres. Taille, trois pouces un quart. De la Guiane.
Marakir a tète rayée. Pipra striatà. y. Parda-