‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 28 sur 148 · DOUZE FILETS · texte numérisé non relu

DOUZE FILETS

MANUCODIATES. Paradisœi. ois. Vieillot a formé sous ce nom, dans la tribu des Anisodaclyles de l’ordre dcsSylvains, une familledont les caractères sont : pieds médiocres; tarses annelés; quatre doigts dont trois devant et un derrière, les extérieurs réunis à la base; les plumes hypocondriales ou cervicales sont de diverses formes; le bec est emplumé à la hase; la queue composée de douze rectrices. Quatre genres (Sifiiet. Lopliorine, Manucode et Samalie) composent la famille des Manucodiales.

MANUL. max. Espèce du genre Chat. F. ce mot.

MANULÉE. Manuiea. dot. Genre de la famille des Rhinanthacécs et de la Didynamie Angiospermie, établi par Linné cl ainsi caractérisé : calice à cinq divisions profondes; corolle tubuleuse, dont le limbe est découpé en cinq segments subulés. l'inférieur éloigné des autres; étamines didy liâmes, à anthères inégales; un style; capsule ovée, biloculaire, bivalve et polysperme.

Bergius ( Descript . Plant. Cap. , '6, sp. ICO) a décrit une espèce de ce genre, sous le nouveau nom générique de Nemia . Linné lui-méme a placé parmi les Selago une plante qui appartient réellement à son Manuiea, et que Thunberg. Lamarck et Jacquin ont fait connaître sous le nom de Manuiea tomentosa. C’est sur celle espèce que Mœnch a établi 6on genre Lychnidea qui n'a pas été adopté. Enfin quelques espèces nouvelles ont été rapportées aux Bucltnera par Andrews; et Roth a formé de l'une d'elles son genre Sulera qui n'a pas été adopté.

Les Manuléessont des plantes herbacéesou frutescentes, à feuilles opposées ou alternes, à fleurs en grappes terminales ou latérales^ et accompagnées de bractées. Linné n’en connaissait qu'un petit nombre d'espèces; mais Thunberg ( Prodr . Fl. Cap., p. 100) en a décrit plus de vingt nouvelles; ses descriptions, il est vrai, sont fort incomplètes et laissent quelques doutes sur la validité de plusieurs d'entre elles. A l'exception d’une seule espèce (Manuiea alternifolia, Desf.), qui croit à la Nouvelle-Hollande, toutes les autres sont indigènes du cap de Uonne-Espérance. On en cultive dans les jardins de botanique quelques-unes qui pourraient être considérées comme plantes d'ornement. On les sème sur couche, dans des pots remplis de terre de bruyère, on repique en pleine terre les espèces annuelles, et l’on

rentre les ligneuses dans l’orangerie, aux approches de l'hiver. De toutes ces espèces, la plus remarquable jusqu'ici est la suivante :

Maxilêe a feuilles opposées. Manuiea oppositi folia, Ve ni en., Jard. de Malmaison, 1. t. 15. C’est un arbuste d'environ neuf décimètres de hauteur, à feuilles | opposées, pétiolécs, en ovale renversé, puhcscentes, dentées en scie. Les fleurs sont blanches, solitaires, axillaires, soutenues par des pédoncules uuiflores, de la longueur des feuilles.

MANURF.. ois. Espèce du genre Engoulevent. F. ce

MAOURELO. bot. Nom vulgaire du Croton tincto riunt, dans le Languedoc.

MAPANIE. Mapania. bot. Genre de la famille des f.ypéracées et de la Triandrie .Monogynie, L., établi par Aublct ( Guian ., i, p. 47. t. 17), pour une plante qu'il nomme Mapania »ylvatica,ei dont voici les caractères : sa racine est vivace; les chaumes sont dressés, simples, triangulaires, hauts d'un à trois pieds, dépourvus de feuilles radicales et caulinaires, excepté à leur sommet qui se termine par trois feuilles elliptiques, ohloi^gues, aiguès, entières, glabres, très-rapprochées les unes des autres, comme verticillées et canaticulées à leur base, où elles embrassent un ou deux épillets sessiles, brunâtres. Chacun de ces épillets est ovoïde,' presque cylindrique, obtus au sommet, composé d'un grand nombre d'écailles imbriquées en tout sens, minces, membraneuses, étroites, diaphanes, canaliculées, marquées d'une nervure moyenne, à peine saillante et velue, et contenant chacune, à l'exception des inférieures qui sont vides, une fleur sessile. un peu plus longue et plus étroite. Cette fleur est hermaphrodite, composée d'un involticre de six écailles, dont deux extérieures, carénées et en gouttière, forment une sorte de glume à deux valves carénées et hispides sur leur nervure moyenne, ëchancrées et mucronées à leur sommet ; les quatre autres sont plus intérieures et plus minces, mais de même forme. Les étamines sont au nombre de trois, à filaments un peu élargis vers leur milieu. L'ovaire est stipité. comprimé et triangulaire, surmonté d’un style qui parait formé de ta réunion de trois styles distincts, terminés chacun par un stigmate linéaire, recourbé, glanduleux seulement sur sa face interne. Le fruit est un akène triangulaire, terminé en pointe à son sommet, et recouvert par les valves de i'involucre. Cette plante croit dans les forêts de la Guiane. Quelquefois elle est stérile et prolifère, c'est-à-dire qu'au lieu d'épillcls on trouve au centre des trois feuilles terminales des rameaux ou rejets également stériles et terminés par trois feuilles verticillées.

MAPIRA. but. Synonyme d'OIyre. F. ce mot.

MAPOURIE. Mapouria. bot. Genre de la famille des Kubiacées, institué par Auhlel, et rétabli par Richard qui lui assigne pour caractères : tube du calice ovale, adhérent à l'ovaire; son limbe a cinq dents très-courtes, que l'on n’aperçoit plus dans le fruit; corolle supère, courte, presque campanulée, avec son orifice garni de poils dressés et si serrés que souvent ils s'obstruent; les découpures du limbe sont étalées et même réfléchies, au nombre de cinq qui est aussi celui desétamines

que l’on trouve insérées sur la gorge de la corolle; fil ninenls filiformes; anthères ovato - cordées et dressées; ovaire infère, à deux loges, établi sur un disque épigyne et pulviniforme; style simple; stigmate hilamellé, obtus; un ovule dans chaque loge, anatrope, s’élevant de la hase de la cloison. Le fruit est une haie ovoïde, un peu charnue, ombiliquée, à deux pyrènes osseux, monospermes, à face plane, convexes sur le dos où se trouvent des côtes saillantes; les semences, dressées dans leur cavité dont elles prennent la forme, ont un petit embryon ortbolrope dans la base cartilagineuse de l'alhumen; cotylédons lancéolés, foliacés; radicule cylindrique, infère. Les Mapouries sont des arbustes ou des arbres qui croissent dans la Guiane et dans les Antilles; ils ont leurs feuilles opposées. accompagnées de stipules entières, iulerpétalaires cl siibcaduqiies; les fleurs sont ordinairement groupées en cime à l’extrémité des rameaux.

Mapoliue LCI9A5TR. ; Mapotuiu nitida, R.; Mapouria Guiane nsi g, Aubl. ; Si mira nitûlo , Lam. C’est un arbrisseau 'de sept à huit pieds de hauteur, à feuilles opposée», larges, ovales, entières et très-luisantes ; les pétioles sont longs et demi -cylindriques; les fleurs sont blanches, nombreuses, réunies en panicule terminale.

M A PPE. Mappa. rot. On avait accumulé dans le genre Ricin plusieurs espèces qui n’avaient ensemble que des rapports éloignés, et qui rendaient ce genre vague et peu naturel. Aussi A. De Jussieu (Diss. sur les Euphorbiacées. p. 44, lab. 14, n° 44) a-t-il cru devoir le réduire à celles qui se rapprochaient évidemment de son type, le Ricinus communié , et alors le Ricinu » Mappa de Linné a dû devenir celui d’un genre nouveau, assez distant du premier, et qu'il a ainsi caractérisé : fleurs monoïques ou dioïques; dans les mâles, lin calice triparti, de trois à dix étamines, dont les filets, libres ou bien soudés entre eux â leur base, portent des anthères à deux liges globuleuses; dans les femelles, un calice hi ou Irifide, deux ou trois styles oblongs, réfléchis en dehors, plumeux le long de leur face interne, ou bien tin seul style hi ou triparti; un ovaire hérissé à l’extérieur de pointes roides, divisé intérieurement en deux ou trois loges dont chacune contient tin seul ovule, et devenant plus lard une capsule â autant de coques, année de pointes peu nombreuses, mais assez longues. Les espèces de ce genre sont des arbres ou des arbrisseaux â feuilles alternes, pellées, entières, veinées, portées sur de longs pétioles qu’accompagnent J â leur hase deux stipules grandes et caduques. Les épis j axillaires et plusieurs fois ramifiés sont garnis de brac- I fées assez grandes, qui enveloppent, les unes une fleur ! femelle solitaire, les autres un paquet de fleurs mâles j extrêmement petites. On doit rapporter à ce genre, \ outre I e Ricinus Muppa de Linné, lequel croit aux Indes et dans les Moluqiies, le Ricinu a tanarius observé dans les mêmes pays et dans la Cochinchine, et peut-être aussi le Ricinua tlioicua de Forsler, d'après sa description. De deux espèces inédites, l'une, rapportée de Timor, devra vraisemblablement être réunie à l’une des précédentes; l’autre, originaire de file de Ccylan, est bien distincte par plusieurs caractères, et

; notamment par scs fleurs mâles, où oii ne trouve que | trois étamines.

MAPPEMONDE, «ou . Coquille du genre Porcelaine, typrœa Mappa, à laquelle on donne aussi le nom de Carte de géographie. Porceiaixe.

MAPPIA. dot. Schrcber (Gener. Plant., n° 1775) a donné ce nom au genre Suramia d'Aublet , qui a été réuni par De Candolle au genre Doiiocarpua. y . ce mol.

MAPROCNÉE. Maprounea. bot. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi sous ce nom par Auhlet, mais décrit par Linné fils et Sraitli sous celui d'Ægopricon. Ses fleurs sont monoïques: les mâles se composent d’un petit calice hi ou quadrifide, du fond duquel part lin filet saillant, terminé par deux anthères hitociilaires, accolées; les femelles offrent un calice à trois lobes, un style court, épais, Irifide, trois stigmates réfléchis, un ovaire globuleux, à trois loges uniovulées, devenant une capsule à trois coques. Les graines osseuses sont creusées sur une partie de leur surface d'une foule de petites fossettes. La seule espèce connue de ce genre est lin arbre de la Guiane : peut-être en rencontre t on une seconde au Congo, où Robert Brown cite une plante voisine de VÆgopricun, mais en différant notamment parsnn fruit capsulaire et nonhaccifornie(telquc Linné fils avait décrit celui du genre dont il est ici question). Or cette différence disparaît, d'après les descriptions de Smith et de Gærlnei-, qui s'accordent â le regarder comme capsulaire et d'après les observations de Richard. Quoi qu'il en soit, l'espèce de la Guiane, figurée par Aublet (lab. 342) et par Smith (Icon. exot., tab. 42), est un arbre à feuilles alternes, entières, glabres, veinées, luisant sur leur surface supérieure. Ses fleurs mâles, très-petites et qu'accompagnent de petites écailles, se réunissent en tètes ou chatons dont chacun a sa hase ceinte d'un court involucrc biparti, et dont l'ensemble est disposé au sommet des branches, en courtes pauicules. Au-dessous de chaque chaton mâle s'observe line seule fleur femelle, portée sur un pédoncule muni de deux bractées.

MAQUEREAU, rois. Espèce du genre Scombrc. F. ce

MAQUI. bot. y. Aristotême.

MAQUIRA. bot. Aublet a nommé Maguira Guia nenais (PI. Guian. Suppl. , 50, t. 380) un arbre dont il n'a pu observer la fleur ni le fruit. La figure qu'il en donne est trop incomplète pour pouvoir déterminer â quelle famille appartient ce genre, qu’on doit considérer comme non avenu.

MAU. ois. Espèce du genre Pic. y. ce mot.

MAKABOU. ois. Lesson a réuni eu un genre distinct, trois grandes espèces de Cigognes : Ciconia Javanica , Horsf.; Ciconia crumeni fera, Cas ., et Ardea A r gala, Lath.; et l'a désigné sous le nom de Marahou. F, Cicogxe. Le même nom est vulgairement donné à certaines plumes qui sont recherchées pour la parure des dames; ces plumes proviennent de l'Argala ; on l'élève en domesticité dans l’Inde, pour lui ôter, à mesure qu'elles repoussent, ces plumes précieuses.

MARACOAM. cil’st. Pison et Marcgraaff nomment 1 ainsi une espèce du genre Gélasime de Latreille; c’est

il A U

MAR

le Cancer vocans de Linné. V. Gêlasise et Occipode. i

MARACOC ou MARACOT. bot. L’un des noms vulgai- | res du Passi/tora incarnala.

MARA-COUJA. bot. Même chose que Murucuja. ce

MARA1GNOX. pots. C’est le nom vulgaire de la très- , jeune Anguille, dans certains cantons.

MARAIL. ois. Espèce du genre Pénélope, que Lesson a érigée comme type d'un genre distinct. Pénélope.- \

MARAIS, cêol. On nomme ainsi tout espace de 1er- i rain comme délayé par des eaux stagnantes. Une vé- | gétalion particulière caractérise les Marais; il est dans ! toutes les classes du règne végétal des espèces qui leur sont propres, depuis les arbres les plus élevés jusqu'aux i Mousses les plus humbles. Les Champignons y sont ce- [ pendant extrêmement rares. Cette végétation des Marais est en général pompeuse et d'un aspect frais et verdoyant. Les Marais étendus sur de vastes surfaces de , pays, indiquent le fond de quclqu'ancien lac ou d'une j mer intérieure dont les eaux nourrirent des plantes I inondées, jusqu'à l'époque où le détritus de ces plantes ayant formé une vase substantielle, élevée jusqu'au voisinage de la surface, produisit des Scirpes, des Roseaux. des Ményantes. des Ménuphars, dont les racines ajoutèrent, par leur destruction, à la consistance du sol. i A ces plantes succédèrent quelques Oinhellifères, des j Lysimaques, des Salicaires, plusieurs Fougères, des l Laiches, des Massettes qui veulent un peu moins d'inondation, et enfin quand les débris de ces plantes mortes eurent porté le terrain au niveau de la surface des eaux absorbées, des arbustes dont la plupart sont fort élégants, tels que les Mirica, des Andromèdes, des Airelles, des Lédum, des Kalmies, vinrent ajouter, par l'entrecroisement de leurs racines prodigieusement divisées, un élément de plus au terrain qui bientôt j supportera de profondes foréls. Les Marais ont aussi une zoologie qui leur est propre; des Vers y sillonnant la vase attirent des Oiseaux dont les formes sont ap- , proprièes à la nature des lieux où ils se peuvent suh- 1 stanter. Ainsi la plupart (Échassiers) sont perchés sur de longues pattes que terminent des doigts considérables et ouverts, de façon à couvrir une telle surface du terrain amolli que l’animal ne puisse s'y enfoncer. Le bec, au contraire, sera propre à pénétrer dans la boue; pointu et généralement grêle, il n’a pas besoin d’être fort dur; aussi beaucoup d'Oiseaux de Marais | ont le bec flexible comme du cuir; plusieurs n’inlroduisenL pas seulement cet organe dans la vase où se cache leur proie; ils y enfoncent encore tout le cou, i pour parvenir à de plus grandes profondeurs, et alors j celte partie finit par se dépouiller de plumes. L'entrelacement des racines de la végétation marécageuse j produit souvent comme des Mes flottantes sur la surface d’étangs prêts à s'effacer pour devenir des terrains humides; d'autres fois elle compose sur des espaces considérables un sol mouvant. On trouve des Marais partout; mais lorsqu'ils sont peu étendus, et qu’ils ne doivent leur existence qu’à la présence de quelques ruisseaux dont le cours se ralentit, on les appelle simplement des marécages.

Oii a appelé Marais salants, des marais du bord de

la mer où le flot monte, et qu’il imprègned’un sel qu’on y vient recueillir au moyen de travaux particuliers qui appartiennent à l’art du saulnier. On y pratique des digues pour retenir les eaux dans divers bassins d’évaporation et de graduation. Le sol de ces digues, forlement imprégné, de chlorure de Sodium, présente une végétation sensiblement distincte de celle des rivages ordinaires, el encoVe qu'il s'y trouve beaucoup de plantes communes, il en est aussi de particulières; les autres prennent un aspect plus rigide %u plus succulent selon chaque famille. Aussi quand les Graminées y sont plus dures, les Soudes et les Chénopodiées y sont épaisses et charnues. V. Salines.

MARALIA. bot. Du Petit- Thouars (Aroro Généra Matlagasc.) a formé, sous ce nom, un genre de la famille des Araliacées el de la Penlandrie Trigynie, L., auquel il a imposé les caractères suivants : calice Irèspetil; corolle à cinq pétales; cinq étamines; ovaire inférieur, cylindrique, surmonté de trois styles; baie noirâtre, contenant trois graines. Ce genre est tellement voisin de VAratia que Kunlh n'a pas hésité à indiquer leur réunion. La plante sur laquelle il est constitué croit à Madagascar. C'est un petit arbrisseau à feuilles alternes, ailées, à fleurs en grappes pendantes, el composées de petites ombelles longuement pédonculées.

MARANTA. bot. Ce genre de la famille des Amuinées, el de la Monandrie Monogyuie, L., présente les caractères suivants : calice extérieur à trois folioles lancéolées; calice intérieur (corolle) tubuleux, oblique, à limbe double, savoir : à trois divisions extérieures et deux intérieures, égales entre elles, outre le labelle qui est difforme et convexe; une étamine formée d’une anthère simple, adnéc à un filet membraneux, pétalolde, bipartite el enveloppant le style : celui-ci attaché au tube de la corolle el terminé par un stigmate trigone cl convexe; fruit capsulaire, triioculaire, à trois valves el contenant une seule semence fertile. Roscoé ( Transuct . of Linn. Society t. vin) a exclu de ce genre le Maranta Ga/anga, L., el l’a rapporté aux Atpinia. Dans sa Flore d'Esscqucbo. Meyer a constitué un genre nouveau, sous le nom de Calaihea, qu'il a composé de plusieurs espèces de la tiuiane el des Antilles, décrites par Aublel et Jacquin comme appartenant aux Maranta. Si l'on admet ces retranchements, le genre Maranta est un de ceux, parmi les Amomées, dont les espèces sont le moins bien déterminées. On doit considérer comme type le Maranta arundinacea7 Willd. cl Roscoé, toc. ci/., p. 339, qui croît dans l'Amérique, que l’on cultive dans quelques jardins d’Europe et sur lequel Fischer (in Act. Mosq., 3, p. 49, l. 8) a observé les caractères qui ont été exposés plus haut. Les autres espèces sont indigènes des contrées les plus chaudes du globe.

M ARASCA. bot. On nomme ainsi la variété de Cerises dont se fait le Marasquin.

MAKAS.MODE. Marasmodes. bot. Genre de la famille des Synaulhérécs, tribu des Sénécionides, établi par le professeur De Candolle pour deux piaules récemment observées au cap de lionne Espérance. Caractères : capitule pluriflore, homogame; involucre ovale.

MAU

imbriqué, à écailles extérieures scarioso-appendiculécs au sommet; réceptacle étroit et nu; tube de la corolle court, son limbe à cinq dents, avec l'orifice peu sensiblement dilaté; anthères écaudées ; styles rameux, capitellés au sommet; akènes cylindriques et sans hcc; aigrette formée de plusieurs paillettes distinctes, membraneuses et obtuses.

Mabasiode poltcépbale. Marastnode « poljcephalus , De Land. C’est un sous-arbrisseau rigide, rameux, glabre et divariqué, à feuilles un peu cylindriques et épaisses, alternes, sessiles, submucronées au sommet; les capitules terminent les rameaux, au nombre de cinq ou sept agglomérés et serrés; les fleurs sont jaunes.

Marasmodk oLiGoefcroAl e. Ma ras modes oligocepha lus, De Cand. Celle espèce ne diffère de la précédente qu'en ce que ses feuilles sont plus petites et presque trigoncs, que le groupe des capitules n’en comprend jamais au delà de trois.

MARASQUIN, bot. Nom vulgaire du fruit du Merisier, Cerasus acium, que l’on a étendu à la liqueur alcoolique préparée avec ce fruit.

MARATIIRUM. bot. Ilumboldlct Bonpland ont décrit et figuré (Plantes équinoxiales, vol. i, p. 40, t. 11), sous le nom générique de Maralhrum, une plante trèssingulière, qui appartient à la Penlaudric Digynie, L.. et que ces auteurs avaient placée parmi les Naïades; mais celle petite famille, composée d’éléments hétérogènes amassés par les divers auteurs qui y rejetaient tous les genres dont ils méconnaissaient les affinités, n'existe plus. Dans les Nota Gênera et Syecies Plant, cequin., rédigé par le professeur Kuulli , le Marathrum a été ajouté à la famille des Podoslémées de Richard. Il est ainsi caractérisé : calice ù cinq ou huit folioles en forme d'écailles; cinq ou huit étamines à anthères linéaires, sagillées à la base; ovaire elliptique, surmonté de deux stigmates sessiles; capsule elliptique, striée, biloculaire, bivalve et polysperme. Le Maralhrum fœniculaceum, Humh. et Bonpl., loc. cil., a une souche tubéreuse qui émet de nombreuses racines, et des feuilles très-découpées, à pinnules dicholomes, mullifidcs, linéaires, sélacées, analogues à celles du Fenouil. Les fleurs sont solitaires sur «les pédoncules radicaux, enveloppés d’une graine à la base. Celte plante croit dans la Nouvelle Grenade, sur les rochers auxquels elle adhère par les racines.

Malgré l'existence du genre dont il vient d’èlre question, Raffinesque-Sclunaltz (Journ. Sc. Phys., vol. 80, p. 10) a constitué plus lard, sous le même nom de Marathrum, un genre parmi les Omhcllifères, et qui a pour type le Seseli dicuricatum de Pursh. V. Seseli.

MaRATTIE. Ma rallia, bot. t ne des plantes qui composent ce genre de Fougères, fut d'abord indiquée par Comincrson et par De Jussieu, sous le nom de Âfjrriotheca ; mais le nom de Ma rallia, donné à ce genre par Smith, quoiqu'il soit postérieur de plusieurs années, a généralement prévalu, parce que cet auteur a donné son caractère avec plus de précision, et y a joint la description et la figure de plusieurs des espèces qui lui appartiennent. La fructification de ces plantes consiste en des capsules beaucoup plus grosses que

7 ÜICT. DES «CIEXCES X AT.

celles de la plupart des Fougères, oblongues, s’ouvrant par une fente qui parcourt toute la longueur de leur bord supérieur; scs capsules sont divisées intérieurement, par des cloisons transversales, en deux rangs de loges étroites, dont les orifices correspondent à la fente de la capsule, et ne sont visibles qu'après la déhiscence. Ces capsules sont sessiles et solitaires à l'extrémité de la plupart des nervures, près du bord de la fronde; elles ne sont recouvertes par aucun tégument. Ce genre se rapproche beaucoup du Dancrn, dont il diffère essentiellement par ses capsules plus petites, plus espacées, qui ne couvrent pas toute la surface de la fronde, et par l’absence absolue de tout tégument. Les plantes qui le composent ont une fronde deux fois pinnée, dont les folioles et les pétioles communs sont articulés et caducs; les pétioles secondaires sont souvent régulièrement opposés; mais les folioles sont ordinairement alternes, dentelées, rétrécies à la base en un court pétiole; leurs nervures sont pinnées, et les ncrvules sont simples ou une seule fois bifurquées. Les pétioles communs secondaires sontailés dans quelques espèces.

On ne connaît que quatre espèces de Maratties; deux habitent les Antilles, et deux croissent à File de Mascareigne; il en existe en outre quelques espèces dans les herbiers, qui diffèrent peut-être de celles-ci; une de la Nouvelle-Hollande se rapproche beaucoup du Marallia sorti fa lia ainsi que le Marallia atlenuala décrit par Lahitlardière, comme de la Nouvelle-Calédonie; une autre de l’Inde est très-voisine du Marallia Fraxinea. Ou voit que toutes les plantes de ce genre sont propres aux régions équatoriales.

MARATTIÉES. bot. F. FoigEres.

MARBRE. cKol. an*. Nom vulgairement donné, depuis les temps les plus reculés, à presque toutes les Pierres qui prennent un poli brillant, et sont employées par les sculpteurs cl les architectes, soit à la confection de monuments des arts, soit à l'embellissement et à l’ornement des palais, des maisons et des meubles; dans un langage plus rigoureux, on n’appelle assez généralement Marbres que les variétés de Chaux carhonaléc à tissu compacte ou cristallin, qui peuvent recevoir un beau poli. On en distingue les Grauils et les Porphyres que les anciens comprenaient aussi sous la dénomination de Marmor, et dont la dureté, bien supérieure à celle des véritables Marbres, a sans doute donné lieu à l'adage bien connu : dur comme du Marbre. Il conviendrait aussi de séparer des Marbres les Pierres polissables, employées aux mêmes usages qu’eux, et qui sont évidemment formées de fragments réunis par une pâte ou ciment, lesquelles sont ou des Brèches, ou des Pouddings, suivant que les fragments sont anguleux ou arrondis. Les Marbres, ainsi limités, devront faire effervescence avec l'Acide nitrique, sc laisser rayer par une pointe de Fer, et se réduire en Chaux vive par la calcination, caractères au moyen desquels ils ne peuvent être confondus qu'avec l'Albàtrc calcaire, qui en diffère par sa texture intérieure, presque toujours fibreuse, par sa translucidité, etc.

Les Marbres sont blancs ou noirs, ou le plus souvent mélangés de diverses couleurs quelquefois très-oppo-

secs, et distribuées d'une manière particulière que l’on désigne par les expressions marbrure, marbré. Ils appartiennent par la position géologique qu'ils occupent à des terrains différents. Les Marbres blancs, employés principalement par les statuaires et nommés Marbres statuaires. Marbres salins, Calcaires saccarotdes, se rencontrent exclusivement dans les formations les plus anciennes , tandis que les Marbres veinés de plusieurs couleurs occupent des étages supérieurs, sans toutefois se montrer au-dessus des terrains secondaires, dans les dentiers desquels ils sont très-rares. On trouve bien dans les formations jurassiques, et même jusque dans les dépôts tertiaires (Liquart de Luzarches, Pierre de Saillancourl, Calcaire d'Eau douce «le Château Landon), des lils plus ou moins épais de roche calcaire, qui sont employés dans la marbrerie commune, mais rarement pour des objets d'ornement; leurs couleurs ternes et même sales n'ont rien de comparable à celles des Marbres plus anciens. Le nombre des variétés de Marbres qui ont reçu dans le commerce des noms particuliers, est immense. Ces noms s'appliquent non-seulement aux Pierres tirées des divers pays et des diverses exploitations, mais souvent ils distinguent certains lits d'une même carrière. On est aussi dans l'habitude de désigner comme Marbres antiques ceux qui ont été employés par les anciens, et dont on ne confiait plus les carrières; il arrive aussi très-souvent que. pour leur donner plus de valeur, on range dans cette classe des Marbres encore exploités, qui ressemblent à ceux employés par les anciens. Presque tous les pays, et surtout la France, possèdent des .Marbres d'un grand nombre de variétés, qui sont ou pourraient être exploités avec avantage pour la décoration des bâtiments et même pour la sculpture. Parmi les Marbres blancs employés par les artistes de l'antiquité, on peut citer comme les plus célèbres celui de Paros dont les carrières existaient dans l'Ile de ce nom et dans celles de Naxo* et Ténos (Vénus de Médicis, Vénus du Capitole); celui extrait du mont Peu télés près d’Athènes et nommé Marbre pentolique (tète d'Alexandre, Baccbus indien, torse, statue d'Esculape.tète d'Hippocrate, etc.); celui de Luni et de Carrare (Antinous du Capitole, et à ce qu’assure Dolnmieu, l’Apollon du Belvédère. etc.). La vallée de Carrare, dont les deux côlés sont formés de couches de Marbre blanc d’une belle qualité, fournit maintenant à presque tous les travaux des sculpteurs, quoique dans la Savoie, et pour la France dans les Pyrénées, on pourrait trouver des Pierres de même qualité; mais leur exploitation en grand serait trop dispendieuse pour qu'elles puissent entrer en concurrence pour les prix avec celles de la côte de Toscane.

Quant à la partie technique de cet article, son étendue ne permet pas de l'entamer ici; on en trouvera les détails dans l'intéressant ouvrage publié par Brard sur la Minéralogie appliquée aux arts; il suffira de citer quelques-uns des Marbres les plus connus, en indiquant leurs couleurs et (es lieux d'où on les lire.

Marbre rocce aütiqur : rouge foncé, sablé de petits points noirs et de très petites veines; d’Égypte, entre le Mil et la mer Bouge.

Marbre griotte d'Italie : rouge de feu avec des taches ovales, plus claires; Coquilles A peine reconnaissa-

! blés, mais formant des lignes spirales noires; de Ca unes, près de Narbonne.

Marbre de L.axgceooc : rouge mêlé de blanc et de gris, en zones contournées; des carrières de Cannes comme le précédent.

M arbre jacxe de Siexxe : jaune clair; de Sienne en Italie.

Marbre cipolix; on nomme ainsi tout Marbre blanc avec des veines ou zones verdâtres, dues à du talc.

Marbre de Cabpax : (a) vert, vert-d’eau très- pâle, avec linéaments d’un vert plus foncé; (fl) Isabelle, fond rose, veiné de talc vert; (y) rouye , rouge sombre, veiné de rouge encore plus foncé. Ces trois variétés se voient réunies ensemble. Oii les exploite au liourg de Campan, près Bagnères. dans les Pyrénées.

Marbre rlkc tcrqvix : gris clair, tirant sur le bleuâtre. avec zones blanches ou grises. Le véritable vient, dit-on. de la Mauritanie; mais le plus commun vient des carrières de Carrare.

Marbre Portor : fond noir, veiné d’un jaune d'or; des Apennins, au cap de Porto Venere, et dans les îles voisines.

Marbre .Saixt-Axxe : fond noirâtre, veiné de blanc et de gris; des environs de Mauhcuge et en Belgique.

Marbre lcxacbei.le: celui qui renferme beaucoup de Coquilles, de Madrépores. d'Encrines, tel que le Drap-Mortuaire, noir foncé avec Coquilles coniques, blanches, éparses.

Marbre petit Granité : fond noir, avec une immense quantité d'Encrines; des Écaussines près de Mous; il est très communément employé pour ameublement.

M arbre flexible. Les docteurs Méat et Mi tch il ont fait connaître ce Marbre qui parait être abondant dans le Berkshire, Amérique du nord; sa couleur varie entre une teinte rosâtre et grise; son grain est tantôt grossièrement granuleux, à texture lâche, tantôt fin; il n’est pas rarede voir dans un grand bloc, unedes extrémités flexible et l'autre ne l’étre pas; le poli en est beau; la roche parait être un carbonate de Chaux sans Magnésie. Dolomieu attribuait la flexibilité de cette roche au dessèchement , et Fleuriau de Bellevue assure qu'un Marbre non élastique le devient parcelle même circonstance; toujours est-il que le Marbre du Berkshire perd de sa flexibilité en se desséchant. Cette propriété, dans le Marbre, tient sans doute à la même cause que dans les autres corps denses, c'est-à-dire â la disposition plus ou moins lâche de leurs molécules.

Parmi les Marbres, les uns ne renferment point de corps organisés apparents, et ils sont en général cris- ' lallins et à texture laminaire, tels que les Marbres sta- , luaires blancs; les autres au contraire, â tissu comj pacte et serré, paraissent comme pétris de Polypiers el i de Coquilles. Ces corps sont quelquefois liés d'une manière si intime avec la pâle qui les enveloppe, que le poli seul peut démontrer leur présence, qui ne se manifeste au premier asppet que par des taches diversement colorées. Dans certains Marbres, les couleurs difrentes qui les caractérisent sont entremêlées et nuancées entreelles.de manière qu’on dirait qu'au moment de leur formation, des sédiments de diverses couleurs

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se sonl réunis dans un même point sans se mêler intimement, ou bien qu’une pâte sédimenteuse a été inégalement pénétrée par des solutions colorées. Cependant, dans un grand nombre de cas, les veines et principalement les veines blanches paraissent être des fentes qui, après coup, ont été remplies par des infiltrations de Spath calcaire qui s’y est cristallisé. On peut surtout remarquer cette disposition dans les Marbres Sainte-Anne, et voir que quelquefois après que les premières fentes produites soit par retrait, soit par brisement, oui été remplies, de nouvelles fentes se sont faites qui ont coupé les premières et ont été également remplies ; c'est en petit ce que présentent les filons. Tous les Marbres ne résistent pas également aux influences atmosphériques; ceux qui contiennent de l’Argile s’exfolient promptement; mais certaines variétés, telles que les Marbres blancs antiques, qui sonl presque uniquement formés de carbonate de Chaux pure, sont à peine altérés par les injures du temps, ainsi que le prouvent les statues, les vases, les colonnes et autres monuments que les anciens ont laissés à noire admiration.

MARBRÉ. Polychrn ». rept. Genre détaché par Cuvier des Agames de Daudin. dans la méthode duquel il formait la section appelée les Lézanlets. Le seul animal qui le constitue est l'intermédiaire des Iguanes et des Anolis. Il diffère des premiers parce qu'il n’a pas de crête dorsale, et des seconds, parce que ses doigts ne sont pas dilatés; du reste, il se rapproche des Agames, mais surtout des Caméléons, avec lesquels il a de commun la faculté de changer de couleur, au plus haut degré; un poumon très -volumineux remplissant la presque totalité du corps, cl se divisant en plusieurs branches; enfin, les fausses côtes entourant l’abdomen et sc réunissant pour former des cercles entiers. Il peut dilater sa gorge et lui donner l’apparence d’un goitre; ses cuisses présentent une série de pores.

Marbré. Lacerla tnarmorata, L., Encycl.. Ilcpt., pl. 9, fig. 4, d’après Lacépède; Jgama mtirmorala , Daud. C’est un joli Lézard qu’on a cru, mal à propos, habiter l'ancien continent jusqu'en Espagne, mais qui paraît propre à l'Amérique méridionale, et fort commun à Surinam. Sa queue est trois fois environ aussi longue que son corps; scs couleurs brunâtres, cendrées ou de vert-de-gris, sont tellement variées, qu’on les a comparées aux nuances que présente le Marbre.

On a étendu le nom de Marbré à un Poisson du genre Achire, â un Oiseau-Mouche, ainsi qu'à des Coquilles du genre Turbinelle. F. tous ces mots.

MARBRÉ, rot. Nom donné par Paulct à l’une de ses familles de Champignons. F. Bolet.

i MARBRÉE, rois. L’un des noms vulgaires de la Lam-

, proie.

MARÇ.aNTHUS. bot. Pour Macranthus. F. Macr.vn-

t THE.

MARCASSIN. sam. C’est ainsi qu’on appelle le Sanglier dans sa grande jeunesse. F. Cochon.

MARCASS1TE. min. On désignait autrefois sous ce nom les cristaux cubiques de Per sulfuré d'un jaune d’or et d’une assez grande pureté pour être taillés, polis et employés comme objets d’ornement. F. Fer SLLFIRfc JAUNE.

MARCASSON. bot. Synonyme vulgaire de Gesse tubéreuse, Lathyru» tuberosus. L. F. Gesse.

MARCEAU, bot. L’une des espèces du genre Saule.

MARCELIA. bot. Ce genre, placé par II. Cassini dans la famille des Synanlbérées, n’a point paru assez distinct du genre Anthcmi» , pour devoir en être séparé.

MARCELINE, min. Nom donné par Beudant au Manganèse oxidé, hydraté en partie, de la mine de Saint- Marcel, en Piémont. Le minerai, d'un noir grisâtre, d'un éclat légèrement métalloïde ou vitreux, cristallisant en octaèdre, est composé de : oxide de Manganèse 77, Silice 16, oxide de Fer 4, Alumine 5.

MARCESCENT. Marcesccns. bot. Celle épithète s'emploie pour exprimer les organes foliacés, qui se dessèchent sur la plante avant de s’en détacher; telles sont par exemple les feuilles du Chêne; tandis que les feuilles persistantes sont celles qui demeurent attachées à l'arbre plusieurs années de suite sans se dessécher, comme dans les Lauriers, les Pins, les Sapins, etc.

MARCÉTIE. Marcclia. bot. Genre de la famille des Mélaslomacées, détaché par De Candolle du genre Rhexia , avec les caractères suivants : tube du calice ohlong ou cylindracé, avec quatre lobes lancéolés; quatre pétales ovales et aigus; huit étamines égales, avec leurs anthères oblongties. pourvues d'un porc et de deux tubercules à la base; ovaire libre et glabre; style filiforme ; stigmate punctiforme ; capsule à quatre valves égalant à peu près la hauleurdu tube du calice; semences en cuiller. Les espèces de ce genre, que l’on porte à onze, sonl toutes originaires du Brésil; ce sont en général des sous-arbrisseaux à rameaux cylindriques, à feuilles oblongues, assez épaisses avec leurs bords ordinairement roulés, rétrécies fortement en cœur à leur base ou à peine péliolées, très-entières cl souvent dépourvues de nervures; les Heurs sont axillaires, solitaires, presque sessiles, à deux bractées, blanches ou rougeâtres.

Marcétie Cordigère. Marcelin Corrigera , DC. ; Rhexia Cordigcra} Mari. Arbrisseau très-branebu, dont les rameaux sont séloso hispides ; feuilles sessiles, cordées dans leur jeunesse, avec les bords roulés, elles s'étendent à mesure que leur croissance esl plus avancée cl deviennent insensiblement planes et cordiformes, presque rugueuses, parsemées d'une très-petite pubescence glanduleuse; Heurs axillaires, pédicellécs, solitaires dans chaque foliole de la grappe, avec leurs pétales obliquement mucronés.

Marcétie sertclaire. Marcetia sertularia, DC. Arbrisseau à rameaux abondants et recouverts d’une pubescence courte et serrée; feuilles sessiles, ovales, rugueuses, roulées vers les bords, coriaces, privées de nervures, petites et serrées les unes contre les autres; Heurs solitaires à l'extrémité des rameaux; calice oblong, revêtu de poils glanduleux et courts.

MAKCGRAV1ACÉES- Marcgrariaceœ. bot. Le genre Marcgravie a donné son nom à une petite famille naturelle, ayant pour type et genre principal le Mnrcg varia. Ce genre avait été placé par Adanson et Jussieu dans la famille des Capparidées. Mais plus tant,

co dernier botaniste adoptant l'opinion du professeur Itichard qui rapprochait le genre Marcgravia du Clusia, en a fait une section à part dans la famille des Gutlifères, qui, après, a été considérée comme une famille distincte par Clioisy, De Candolle et Kunth. Voici les caractères généraux que Itichard a observés dans ce groupe naturel. Les Heurs sont constamment hermaphrodites; le calice est formé de quatre à six ou sept sépales courts, imbriqués et persistants dans tous les genres, à l'exception de V A nlholoma de Lahillardière où ils sont longs et caducs; la corolle est monopétale, en forme de dé â coudre, ouverte ou fermée à son sommet, s'enlevant comme une sorte de coiffe, ou formée de cinq pétales sessiles; les étamines sont généralement , en grand nombre, quelquefois cinq seulement (Sourou- | bca, Auhlet), ayant leurs filets distincts et hypogynes | et leurs anthères terminales dressées, à deux loges in- i Irorses, s'ouvrant par un sillon longitudinal ou seule- | ment par leur partie supérieure (Antholoma). L’ovaire ' est libre et généralement globuleux, surmonté d'un | stigmate sessile et lobé en étoile, et d'un style dans le 1 •seul genre A nlholoma. Coupé transversalement, cet 1 ovaire est uniloculaire et offre de quatre à douze trophospennes pariétaux, saillants, en forme de demi-cloisons, divisés par leur bord libre en deux ou trois laines diversement contournées et toutes couvertes d’ovules fort petits. Le fruit est généralement globuleux, accompagné h sa base par le calice qui est persistant. Il est coriace extérieurement, pulpeux à son intérieur qui présente une organisation semblable à celle de l’ovaire. Les placentas lamelliformes se détachent quelquefois de la paroi interne du péricarpe et forment avec les graines et la pulpe qui les environne une masse globuleuse, libre au milieu du péricarpe. Celui-ci reste en général indéhiscent , ou bien se rompt régulièrement ou irrégulièrement en un certain nombre de parties ou valves, dont la déhiscence se fait de la base vers le sommet. Les trophospermes correspondent au milieu de la face interne de chaque valve. Les graines sont trèspetites et nombreuses. Leur tégument propre, qui est généralement chagriné , recouvre immédiatement un embryon dressé, à radicule courte,

Les Marcgraviacées sont des arbres ou plus souvent des arbustes sarracnleux, grimpants et parasites à la manière du Lierre. Leurs rameaux sont souvent pendants; leurs feuilles sont alternes , simples, très-entières, presque sessiles et coriaces. Leurs Heurs sont généralement disposées en un épi très-court et en forme de ciine, quelquefois en un épi plus ou moins allongé. Ces Heurs sont longuement pédonculées, tantôt terminales, tantôt obliques au sommet de leur pédoncule ; celui-ci porte souvent une bractée d’une forme bizarre, creuse et cuculliformc ou en cornet. Dans les espèces à fleurs en cimes, les fleurs du centre avortent assez souvent et la bractée prend plus d'accroissement.

C’est le professeur Richard qui le premier a bien fait connaître l'organisation du fruit des Marcgraviacées cl indiqué ses véritables rapports avec la famille des Gullifércrs, comme le rapporte Jussieu dans son Mémoire sur le genre Marcgravia. Celte petite famille se compose, outre le genre dont elle a emprunté ton nom.

de V Antholoma de Lahillardière çt-des Norantca et Souroubea d’Auhlcl. Mais si l’ou réfléchit que le Aouj roubea ou Buyschia de Jacquin ne diffère du \oran~ tea ou Aseyum de Vahl, que parce qu’il n’a que cinq étamines, on verra que ces deux genres devraient être réunis, et que par conséquent la famille des Marcgraviacées ne se composerait plus que de trois genres, mais ayant entre eux la plus grande affinité, et par leur port, et par l’organisation des diverses parties de leur fleur.

On est aussi assez généralement d’accord de placer les Marcgraviacées auprès des Guttifères dont elles se rapprochent beaucoup par plusieurs caractères. Néanmoins cette famille parait s’en écarter sensiblement par l’organisation de son fruit, et vraisemblablement ce fruit rapprocherait un peu les Marcgraviacéesdes Flacourtianées ou dcsRixinéesqui ont également, avec une corolle polypélalc, des étamines indéfinies et hypogynes. un ovaire globuleux, uniloculaire, contenant un grand nombre d'ovules attachés à des trophospermes pariétaux. Mais dans ces deux familles l'embryon est pourvu d’un endosperme charnu, et dans les Bixinées, il y a des stipules, organes qui manquent dans les Marcgraviacées.

MARCGRAV1E. Marcgravia. dot. Ce genre, d'abord placé dans la famille des Capparidées et dans la Polyandrie Monogynie.L.,est devenu le type d’une famille nouvelleque Jussieu nomme Marcgraviacées. fr. ce mol. Les Marcgravies sont des arbrisseaux parasites et sarmenteux, croissant comme le Lierre sur le tronc des autres arbres m'i ils s'accrochent au moyen de suçoirs. Leurs rameaux stérilessont étalés et adhérents, ceux qui portent les fleurs sont libres et pendants. Leurs feuilles sont alternes, très entières, coriaces, persistantes, dépourvues j de stipules; celles des rameaux stériles sont souvent ; de figure différente. Les fleurs, longuement pédoncu- 1 lées, sont disposées en sertules ou ombelles simples ou quelquefois en grappes; les pédoncules portent un | appendice ou une bractée d'une forme particulière, dans les diverses espèces . le plus généralement con- I cave, en forme de capuchon, quelquefois pédiccllé. Dans les espèces à fleurs en sertule, les fleurs centrales avortent généralement, et les pédoncules ne portent | que l'appendice dont il vient d'élre parlé. Le calice est cupuliforme. persistant, formé de cinq à sept sépales obtus et imbriqués latéralement. La corolle est monopétale, coriace, entièrement close, s’ouvrant circulaircment, par sa base, en forme de coiffe glandiforme. Les étamines varient de dix-huit à quarante; elles sont hypogynes ainsi que la corolle, dressées dans le Ixiulon, mais étalées et un peu recourbées quand la corolle est tombée. Les filets sont libres, distincts, suhulés; les anthères allongées, ù deux loges inlrorses s’oiivraul par un sillon longitudinal cl attachées un peu au-dessus de leur base ; l’ovaire est sessile, ovoïde, ou presque globuleux, à une seule loge. Son organisation singulière n’a été bien connue et bien décrite que par le professeur Richard qui en a communiqué une description et un dessin manuscrit à Jussieu, lors de la rédaction de son Mémoire sur le genre Marcgravia, De la paroi interne de l’ovaire naissent de quatre à neuf pla-

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cenlas ou trophospermes pariétaux lamelliformes, se réunissant avec ceux du côté opposé, dans la partie supérieure et inférieure de l'ovaire, libres dans leur partie moyenne, qui s'avance jusqu’à environ le quart de la largeur de la cavité, et s'y divise en trois branches : l’une moyenne, plus courte, se dirige vers le centre du fruit, les deux latérales se recourbent brusquement vers les parois de l'ovaire, et se bifurquent à leur sommet. La surface entière de ces laines placentaires est couverte d’ovules fort petits et excessivement nombreux. Cet ovaire a été décrit par tous les botanistes même les plus modernes comme étant à plusieurs loges distinctes et comme ayant des placentas ou trophospermes axillaires. Il est évident qu'ils ont pris les trophospermes pariétaux et lamelliformes pour des cloisons. L'ovaire s'amincit légèrement à son sommet où il se termine par un stigmate sessilc. divisé superficiellement en quatre ou neuf lobes par des sillons disposés en étoile. Le fruit est globuleux, coriace extérieurement, pulpeux à son intérieur qui offre la même organisation que celle de l'ovaire, restant indéhiscent ou s'ouvrant d’une manière irrégulière de la hase au sommet. Les graines sont petites, très- nombreuses , pulpeuses extérieurement , contenant un embryon dressé, dépourvu d’endosperme.

Les espèces du genre Marcgravia sont peu nombreuses. puisqu'on n'en compte que quatre dans le premier volume du Prodrome de De Candolle, savoir : Marcgravia umbellata , L.; Marcgravia coriacca, Valil; Marcgravia spici/lora, Juss.; Marcgravia picia , Willd., auxquelles il fait ajouter une espèce encore incertaine, mentionnée par Kuntli, sous le nom de Marcgravia (labia; mais en étudiant avec soin ces espèces, on reconnaît que plusieurs plantes différentes ont été réunies et confondues sous le nom de Marcgravia umbellata. Ainsi la plante décrite et figurée sous ce nom, par Jacquin (Ain., p. 156, tab. 90), est certainement différente de celle de Plumier, publiée antérieurement, et que l'on doit considérer comme le type véritable du Marcgravia umbellata. Dans l’espèce de Plumier en effet les feuilles sont elliptiques, aiguës, éloignées les unes des autres; dans celle de Jacquin, elles sont lancéolées, étroites et très-rapprochées; dans la première, les fleurs sont très -obliquement placées à la partie supérieure du pédoncule, tandis que dans la I seconde elles sont tout à fait terminales. On pourrait même établir deux sections parmi les espèces de ce genre, suivant que leurs fleurs offrent l’une ou l'autre de ces deux positions. Ainsi, dans la section des espèces à fleurs obliques, on placerait : 1° Marcgravia umbellata , L., Plum., Ic. y 175. fig. 1; 2° Marcgravia coriacea, Vahl. Eclog.. 2, p. 56; 5° Marcgravia parviflora, N., espèce nouvelle et inédite, originaire de la Guiane. Dans la seconde section se trouveraient : 1° Marcgraria Jacquini , N., ou Marcgravia umbellata, Jacq.;

2» Marcgravia spicifloru, Juss., Ann. Mus., 11. tab. 25;

5° Marcgravia graudiflora, N., espèce nouvelle et in- j édite, originaire des Antilles et delà Guiane. A la suite de ces espèces, on reporterait comme trop imparfaitement connues les Marcgravia dubia, Kuntb, et Marcgravia picta, Willd.

MARCHAIS, rois. Variété du Maquereau qui n'a pas de taches. On appelle aussi de même le Hareng qui n’a plus ni laite ni œufs.

MARCHAND, ois. Espèce du genre Canard. V. ce mot.

MAKCHANTIE. Marchantia. bot. Ce genre est l’un des plus curieux de la famille des Hépatiques, et il paraîtrait que ce sont les plantes qui le composent qui ont porté plus particulièrement le nom d’Ilépaliques, qu’on a donné depuis à toute cette famille. Dillen le désignait sous le nom de Lichen , Micheli sous celui de Marchantia et à'Htpatica. Marchant, dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, le décrivit le premier avec soin et le dédia à son père.

Toutes les plantes qui composent ce genre offrent une fronde membraneuse, verte, plus ou moins distinctement réticulée, étalée en rosette sur la terre, divisée en lobes dichotomes, donnant naissance de sa face inférieure à une infinité de fibrilles qui la fixent au sol; de la surface supérieure de celle fronde ou des échancrures de son bord s'élèvent des organes de deux sortes , tantôt réunis sur le même individu, tantôt portés sur des individus différents.

Marcdaxtie étoilée. Marchantia polymorpha, L. Les organes des deux sortes sont portés sur des individus différents. Les uns ont la forme d'une ombrelle et sont portés sur un pédicelle qui sort d'une gaine membraneuse produite par la fronde; ce réceptacle, en forme d'ombrelle . est divisé en lobes ou rayons qui varient pour le nombre et la profondeur suivant les espèces; chaque lobe ou rayon porte inférieurement un involucre membraneux, se divisant en deux valves et renfermant, dans son intérieur, depuis une jusqu'à six capsules. Chaque capsule est conleuue dans une enveloppe membraneuse propre, analogue à ce qu'ou a nommé calice dans les Jungermnnnes; cette enveloppe propre, plus ou moins grande, formant une saillie plus ou moins marquée hors de l'invoiucre commun, est percée au sommet ; dans son intérieur on trouve une capsule recouverte par une membrane particulière, se prolongeant en un appendice tubuleux, analogue à la coiffe des Mousses. La capsule augmente, déchire celte coiffe, se dégage de l’enveloppe propre extérieure, et bientôt s'ouvre elle- même en quatre ou huit valves; son intérieur est rempli de séminules mêlés d'L'laters, ou fils en double spirale élastiques, qui les projettent au dehors; ces séminules mis dans des circonstances convenables ont germé et reproduit la même plante. Les autres organes ont également la forme d'une ombrelle, mais leur contour n'est que légèrement sinueux; leur surface supérieure est un peu concave; intérieurement ils renferment dans des loges particulières, de petits corps ovales fixés par une de leurs extrémités, et qui paraissent analogues à ce qu’on a regardé comme des organes mâles dans les Mousses. Outre ces deux organes, on observe encore sur la fronde des sortes de cupules sessiles, qui renferment plusieurs corps lenticulaires, sont susceptibles de se développer et de produire une nouvelle plante. Tels sont les organes de la fructification dans le Man /unifia polymo rpha, l’espèce la plus commune et la mieux observée. Schneider,

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et ensuite lied wig. qui l’ont parfaitement décrite, l’ac- i cordent à regarder les premiers comme des organes j femelles, les seconds comme des organes mâles, dont ! l'influence est nécessaire au développement des graines; enfin, les derniers, comme de simples bulbilles qui se développent sans fécondation. Hedvvig rapporte à l’appui de celte opinion, une observation qui, si elle avait été répétée plusieurs fois, serait décisive il dit qu'ayant trouvé le Marchaniia polymorphn en grande quantité sur le bord d'un bassin, il remarqua que tous les individus de celle localité étaient des individus femelles, â réceptacle étoilé, sans aucun mélange d'individus mâles; qu'ayant examiné les capsules d'un grand nombre de ces plantes, il les trouva toutes avortées, et ne renfermant que des filaments sans graines, ce qu'il attribue ù l'absence de fécondation.

Les autres espèces de Marchandes n’ont pas été aussi bien observées que celle-ci. et on a été porté, peut-être un peu légèrement, ù en faire des genres particuliers; ainsi Raddi a divisé les Marchandes en cinq genres : Marchaniia, Grimaldia, Rcbouillia, Fegatella, Lu nularia ; de ces genres, le Grimaldia avait déjà été établi par Nées d'Esenbeck sous le nom de Fimhraria ; le llebouillia fondé sur le Marchaniia hemispherica ne parait pas différer essentiellement des Marchaniia; le Fegatella, qui a pour type le Marchaniia conica, avait été, depuis longtemps, désigné par llill sous le nom de Conoccphalum . Il ne diffère réellement du Mar * chantia qu'en ce que chaque lobe de l'ombrelle ne renferme qu'une seule capsule presque entièrement renfermée dans le réceptacle, et par scs organes mâles qui, au lieu d'étre contenus dans un réceptacle pédicellé, sont renfermés dans un réceptacle en forme de disque scssile. Enfin, le Lunularia ou Lunaria de Micheli, qui ne renferme que le Marchaniia cruciala de Linné, est encore très-imparfaitement connu, mais ses formes extérieures peuvent faire présumer que ce genre méritera d'être adopté.

Les espèces exotiques de Marchandes sont encore trèsimparfaitement connues; on en a indiqué plusieurs dans les Antilles, au Brésil, au cap de Bonne-Espérance, etc.; mais leurs caractères n'ont pas été bien comparés : le Marchaniia polymorpha , si commun en Europe, parait se retrouver sans différences appréciables sur presque tous les points du globe.

MARCHATE. bot. Nom vulgaire d'une variété du Commelina criât ata.

MARCHE. C'est l'action par laquelle les animaux pourvus de pieds se meuvent et ont la faculté de se porter d'un lieu vers un autre. F. I'rogressiox. Quant â la définition de la Marche des rLuiuES dans l'acte de la végétation, F. Végétaux.

MAKCKËE. Marckea. bot. Genre établi par le professeur Richard (Act. Soc. liist. nat. de Paris, p. 107) et dédié à Lamarck, l'un des naturalistes les plus profonds de ce siècle, et à qui la botanique et la zoologie doivent également d'importants ouvrages. Ce genre, de la famille des Solanées et de la Penlandrie Monogvnie, offre pour caractères : un calice mono&épale, tubuleux, persistant, presque pentagone, à cinq lanières peu profondes, étroites, aigues et dressées; une corolle inonopé-

lale, infundibuliforme, régulière, à tube plus long que le calice, à limbe étalé, à cinq divisions obtuses; cinq étamines incluses, attachées vers la partie inférieure du tube de la corolle, ayant les anthères allongées, à deux loges, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal ; l'ovaire est libre, conofde, allongé; le style est filiforme, de la longueur des étamines, terminé par un stigmate allongé et glanduleux. Le fruit est une capsule oblongue, cylindrique, à deux loges, contenant chacune un grand nombre de graines attachées à un trophosperme central, et s'ouvrant en deux valves.

Marchés écarlate. Marckea coccinea, Rich., toc. cil. C'est une Liane grimpante, ligneuse et volubile, ayant scs rameaux dressés ou plus souvent pendants eu forme de festons, portant des feuilles alternes, péliolées. elliptiques, acuminées. très-entières, glabres, luisantes et presque sans nervures. Les fleurs sont grandes comme celles du Nicotiana Tabacum, mais d'un beau rouge écarlate ; elles forment une sorte de grappe pendante au sommetd'un pédoncule axillaire plus long que les feuilles. Cette jolie plante croit dans les forêts humides de la Gitiane.

MARCOTTE, bot. Oii nomme ainsi une branche tenant encore à la plante -mère, et qui, placée dans un milieu humide comme de la terre ou de la mousse, y pousse des racines. Le marcottage est un des moyens le plus fréquemment employés pour la multiplication de certains végétaux. C’est une imitation de celui dont la nature sc sert pour reproduire plusieurs végétaux’, tels que ceux qui sont dits slolonifères; car les stolons ne sont que des branches couchées, qui, en quelques-unes de leurs parties, ont émis des racines par l'action de l'humidité du sol sur lequel elles sont étendues. Il suffit quelquefois de laisser intacte la branche d'un végétal, et de la mettre dans des circonstances favorables pour en faire une Marcotte; c'est le cas des plantes succulentes; mais souvent on est obligé d'entailler l'écorce et de lui Paire une ligature ou une section qui détermine la formation d’un bourrelet propre à faciliter l'émission des racines. Ces opérations sont connues sous les noms de marcottage, de couchage, de provignage, lorsqu'il s'agit des Œillets et de la Vigne, dont on détache les branches après leur avoir fait prendre racine en les courbant, et en couvrant de terre quelques-unes de leurs parties.

MARE. géol. Dépression peu profonde et de peu d'étendue à la surface du sol, dans laquelle s'écoule et séjourne l'eau fournie par l'atmosphère aux terres environnantes. Les Mares naturelles ne se rencontrent pas seulement dans les lieux bas et humides; il en existe également dans les montagnes et sur les plateaux secs et élevés. Les environs de Paris offrent un exemple remarquable, à l'appui de cette observation, dans les plaines hautes, qui de Versailles s'étendent au Midi vers la Beauce. Au milieu des champs cultivés, on rencontre çà et là beaucoup de Mares séparées entièrement les unes des autres et qui, dans plusieurs endroits, paraissent être disposées sur des lignes presque continues, de manière à faire présumer qu'elles ont pu être anciennement réunies lorsque la culture n'avait pas encore modifié cl nivelé le terrain qui les entoure et les sépare.

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Ce» petits amas d’eau, isolé», nourrissent des Mollusques d'eau douce (des Lyinnées, des Planorhes. etc.), et sont favorables à la végétation de plantes particulières. Chaque année, le nombre de ces Mares diminue; l’intérél des cultivateurs les porte à en dessécher et combler quelques-unes pour rendre le sol à l'agriculture après avoir employé le fond vaseux à l'amendement des terres voisines. Dans presque toutes les fouilles entreprises dans ce dernier but, on rencontre sur plusieurs pieds d'épaisseur des couches de Marne très-fine, d'un blanc jaunâtre ou bleuâtre avec des lits minces de matière charhonnée provenant de la décomposition de feuilles et de bois d'arbres, et même on trouve souvent des troncs entiers et couchés de grands Chênes ou de Châtaigniers, dont le bois est devenu très-dur et d'un noir d’ébène. Les fruits du Noisetier sont très- communs dans ces dépôts. En général, ces débris du règne végétal sont enveloppés par des sédiments vaseux, qui contiennent des tests de Coquilles analogues à celles dont les animaux vivent actuellement dans les mêmes lieux. Ces dépôts isolés formés par précipitation des eaux douces stagnantes, ont sûrement beaucoup d’analogie avec les dépôts anciens de Marne blanche, remplie de Gyrogoniles, de Planorhes et de Ly innées qui se trouve à quelque profôndeur, dans le sol des mêmes plaines hautes, où elle est exploitée pour le marnage des terres, notamment daifs les plaines de Trape, de Gometz, des Mollières près Chevreuse, etc.; ces dépôts anciens ne sont pas non plus continus, car toutes les recherches ne sont pas fructueuses, et de deux puits creusés ù très-peu de distance dans la même pièce de terre, l'un atteint une couche de Marne de plusieurs pieds d'épaisseur avant d'arriver au sable qui est le sol sur lequel elle repose, tandis que l'autre puits pénètre dans le sable, sans rencontrer aucun vestige de Marne. Jl ne faut pas confondre les Mares avec les Marais, y . ce mot. On remarque que les Batraciens qui sont si communs dans les Mares, le sont moins dans les grands Marais.

MAREC. ois. Espèce du genre Canard. F. ce mot.

MABÉCA. ois. Espèce du genre Canard, y. ce mot.

MARÉCAG1NE- bot. Bridel propose ce nom pour désigner en français son genre Paiutlella. y. ce mot.

MARÉCHAL, ns. L’un des noms vulgaires des Taupins.

MARÉCHAUX, ois. Synonyme vulgaire de Rossignol de muraille, y. Sylvie.

MARÉES. ctoL. Mouvement périodique et alternatif d'élévation et d'abaissement des eaux de la Mer, qui se fait remarquer d'une manière plus ou moins sensible sur ses rivages. Dans presque tous les points des continents et des Iles qui sont baignés par les eaux de l’Océan, on voit le niveau de celles ci s’élever pendant l'espace de six heures environ, pour redescendre dans le même espace de temps au point de départ ou à peu près. L'instant du flux ou flot, est celui où la Marée monte; lorsque le mouvement d'ascension s'arrête, la Mer est pleine, haute, elle étale; puis, lorsque les eaux s'abaissent, on a le reflux ou Jusan, la Marée descend ; et enfin, pendant le moment très -court, qui précède une nouvelle élévation graduelle, on dit que la Mer est basse. Les

effets de ce grand phénomène général ne sont cependant pas chaque jour les mêmes dans un même lieu, et ils varient d'une manière très-sensible dans le même moment d'un lieu à un autre, soit pour l'instant de la , haute ou de la liasse Mer, soit pour la quantité d’élévation et d'abaissement des eaux. Cette quantité varie aussi dans un port déterminé, selon les saisons et les jours ; toutes ces différences et ces irrégularités tiennent, d'une part, immédiatement aux causes qui produisent les Marées, et d'une autre à des circonstances secondaires et locales, qui modifient les effets des premières causes, telles que la forme et le plus ou moins d’étendue des bassins des différentes Mers, la masse et i la profondeur des eaux mises en mouvement, la dispo- | sition particulière des rives, des plages, des falaises, des golfes, des détroits, l’action irrégulière des courants et des vents, etc. Ainsi, bien que la cause qui détermine le mouvement des eaux de la Mer soit la même dans un même point du globe, on remarque, par exemple, que sur les côtes de notre Océan, et plus spécialement sur celles de la Manche, la différence de niveau des eaux varie depuis quelques pieds jusqu’à quarante et quarante-cinq pieds entre la haute et la basse Mer, tandis que ce niveau change à peine dans la Baltique, la Méditerranée, la Mer Noire et encore moins dans la Caspienne. On observe que dans tel port la Mer est haute plusieurs heures plus tôt ou plus lard que dans un autre port voisin : lorsque la Mer est pleine à 3 h. à Ainster- I dam, elle l’est à G h. 45' à Anvers; à 1 1 h. 45' à Calais;

| à 10 h. 40' â Boulogne; à 7 h. 45' à Cherbourg; à 6 h. i à Saint-Malo ; à 3 h. 33' à Brest, etc. Ici la Mer s’avance 1 lentement sur une plage qu'elle abandonne de même; là elle s'élance avec une rapidité telle, qu’elle peut atteindre le cheval le plus agile, ce qu'on voit surtout ail Mont-Saint-Micliel, dans la baie de Cancale.

Malgré le nombre infini de modifications analogues qui doivent résulter de ce grand nombre de causes se- I condairos et perturbatrices, te calcul cl l'observation se sont réunis pour rendre compte de presque toutes les I anomalies et pour dévoiler la véritable cause productrice 1 des Marées. Ce phénomène si imposant, et que les anciens connurent à peine tant qu'ils ne quittèrent pas les côtes de la Méditerranée, fixa cependant leur attention lorsqu'ils eurent l'occasion de l’observer dans les Mers des Indes et sur les bords de l'Océan. Les rapports qu'ils remarquèrent exister entre les époques des hautes ! et basses eaux avec la position de la lune dans le ciel, i firent soupçonner à plusieurs que les Marées étaient le résultat de l’action de cet astre. Pline les attribue même ! à l’influence du soleil et de la lune; mais celte vérité I n'a été démontrée incontestable que depuis la décou- I verte et l'analyse des lois de la gravitation universelle, i et depuis que l'immortel Newton a fait voir que les I phénomènes compliqués du mouvement périodique des eaux de la Mer. n’élaienl qu'une conséquence rigoureuse de ces lois. En effet, l’une d’elles est que les moj lécules des corps célestes, comine celles de la matière | en général, tendeut l’une vers l’autre en raison inverse I du carré de la distance qui les sépare, et d'après cela chacune des molécules dont se compose le glohe terres- I Ire, est attirée différemment par celles du soleil cl par

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celles de la lune. Pour ne parler dan* ce moment que de l'action exercée par ce dernier astre sur la terre, on conçoit que les parties de celle-ci, qui sont le plus rapprochées de la lune, sont dans le même moment, plus fortement attirées que celles qui sont au centre, et bien plus encore que celles qui sont à la surface de l'héiuisphêre opposé^ cependant, malgré celte intensité différente d'attraction, les molécules qui composent la masse solide du globe ne pouvant se séparer pour se mouvoir isolément et obéir à la force qui sollicite chacune d'elles, l’effet définitif de la lune sur la terre solide est le résultat de toutes les actions exercées sur chaque molécule en particulier; mais il n'en est pas de même pour la masse liquide des eaux, dont toutes les parties mobiles séparément, sont attirées en raison de l'intensité de l'action qui les sollicite; il en résulte que lorsque la lune est au-dessus d'un point quelconque de la surface des Mers, l'eau s'élève vers cct astre, et comme par suite des mouvements de la lune et de la terre, le même lieu se retrouve sous la même influence lunaire toutes les 21 h . 49', ou .1 peu près (24 11 . 48' 44" 1 48""), l’élévation des eaux a lieu par suite de celte influence une fois par jour; mais par une conséquence de la loi d’attraction, dans le moment où la Mer se gonfle en un point donné d’un hémisphère, les eaux qui occupent la portion diamétralement opposée dans l'autre hémisphère, étant plus éloignées de la puissance attractive que ne l'est la masse solide de la terre, elles restent, pour ainsi dire, en arrière de celle-ci, cl elles forment, eu sens inverse, une élévation analogue à celle produite par soulèvement. De là vient qu'au lieu d’une seule Marée montante, dans les 24 h., il y en a réellement deux, l'une étant produite par le plus grand rapprochement de la lune, et l’autre au contraire l'étant par son plus grand éloignement; de celte manière, la masse générale des eaux de la .Mer a la forme d’un sphéroïde allongé, dont le grand diamètre devrait être dirigé vers la lune si le mouvement de la terre, celui imprimé aux molécules aqueuses et l'action variable du soleil, suivant sa position respective par rapport à la lune et à la terre, ne s’opposaient pas à ce que l'effet suivit instantanément l'action qui le produit. II n'a été question, dans l'expliealion précédente, que de l'action exercée par la lune sur les eaux du globe; mais on doit dire que celle du soleil la modifie soit en s'y ajoutant, soit en s'y opposant ; ce dernier astre, malgré sa masse, n'excrcc, à cause de son éloignement, qu'une action évaluée au quart de celle de la lune. Dans les synygits, c'est-à-dire au moment de la nouvelle et de la pleine lune, lorsque le soleil et la lune agissent concurremment, les Marées sont les plus fortes, tandis que dans les quadratures (premier et dernier quartier) elles sont plus faibles. Il y a donc une variation dans le gonflement de la Mer pendant une lunaison; le plus grand se nomme grande Mer ou J/a/me, et le plus petit morte Eau. Lorsque la lune est le plus près de la terre, c'est-à-dire à son périgée, toutes choses étant égales d’ailleurs, les Marées sont plus grandes; de même aux équinoxes les Marées des syzygies sont les plus grandes et les mortes eaux sont les plus basses; dans les solstices, les variations entre l’élévation et l'abaissement des eaux sont

I moindres; en général rabaissement dans la même Ma- 1 rée est en raison inverse de l'élévation, c'est-à-dire que | la Mer se retire d'autant plus qu’elle s’est élevée davantage précédemment. De même que l’effet produit par la lune n’a pas lieu immédiatement au moment du passage de cet astre au méridien, de même la grande Mer j et la morte eau n'arrivent que (rois ou quatre Marées après les syzygies et les quadratures. Les Marées du soir ne sont pas égales à celles du malin; elles sont plus grandes le soir dans l’hémisphère où se trouve le soleil; ainsi en Europe, les Marées du matin sont plus grandes pendant l’hiver, et en été elles sont plus petites. On voit, par tout ce qui précède, de combien de données se compose le problème du mouvement des eaux de la Mer, mouvement dont la connaissance est d'une importance première pour les navigateurs, qui, chaque jour dans leurs voyages, ont besoin de savoir d’une manière exacte la quantité d'élévation ou d'abaissement des eaux dans un lieu donné et à une époque déterminée, : afin de pouvoir diriger la marche de leur vaisseau en conséquence. Tour obtenir ces résultats, les calculs théoriques ne suffisent pas; il est nécessaire qu’ils soient établis sur des observations préliminaires. Pour arri- | ver, par exemple, à déterminer à quelle heure la Mer J sera haute tel jour dans tel port, et savoir en même temps quelle sera la différence de hauteur d’eau entre la haute et la basse Mer, il faut que des observations précédentes aient indiqué à quelle heure ordinairement la Mer est haute les jours de pleine et de nouvelle lune dans ce port; c’est ce que l'on nomme l’établissement du port ou de la Marée, point de départ des calculs. On peut cependant, comme on le pense, résoudre les mêmes problèmes en sachant quelle est l'heure de la haute Mer pour un jour donné; les marins possèdent des tables toutes faites, dressées d’après l’observation, et qui leur indiquent l'établissement des Marées dans les principaux ports connus. C'est à ces tables que l'on va emprunter quelques exemples qui donneront une idée des j irrégularités locales, qui peuvent exister si l'on compare les différences des heures avec la position relative et géographique des ports cités.

Heure * de ta pleine mer les jours de la nottrellc et de la pleine lune , dans les porls ci-après:

| Hambourg GM"

Amsterdam 5 0

Groningue 11 15

Anvers G 45

Embouchure de la Tamise 11 15

Londres 2 45

Douvres 10 50

Calais Il 45

j Dieppe 10 50

; Portsmoulh 11 40

: Ilàvrc de Grâce 9 0

llouen 115

Divcs 8 20

Cherbourg 7 45

l’Iyinoulh G 5

Morlaix 5 15

Cap Lézard (Angleterre) 7 50

Brest

Rochefort 4 15

Embouchure de la Gironde: Tour de Cordouan. 5 40

Bordeaux 7 47

Bayonne 5 30

Lisbonne 2 15

Cadix 4 30

Payai (lies Açores) 2 50

Funchal (Madère). . . . 12 4

.Sainte-Hélène (lie) 10 50

Cap de Bonne- Espérance 3 0

Foulepoinle (Madagascar) 1 20

Avec ces labiés , les marins en consultent encore d’autres qui leur apprennent de combien l'effet calculé d’après le passage de la lune au méridien d’un lieu, retarde ou avance selon que cet astre est à son plus grand rapprochement, son plus grand éloignement, ou bien à des distances moyennes de la terre; mais on ne saurait entrer ici dans plus de détails sur ce sujet.

Les vagues qui viennent se briser continuellement contre les rivages qu’elles couvrent de leur écume, sont donc, en grande partie, dues au mouvement sidérique des eaux de la Mer; aussi existent-elles lorsque l’atmosphère est le plus calme, bien que, dans les tempêtes, les vents augmentent quelquefois d'une manière considérable, mais momentanée, cette agitation constante; celle-ci donne lieu à un bruit monotone, particulier et imposant, que l'homme ne peut entendre pour la première fois sans une profonde émotion. Lorsque la Marée monte, de même que lorsqu'elle descend, les eaux ne s'élèvent pas et ne s'abaissent pas d'une manière continue, il se fait une suite d'oscillations répétées, à chacune desquelles la Mer semble se retirer et s'avancer; on appelle aussi ce mouvement oscillatoire flux et reflux. C'est au clioc de la vague contre le soi résistant qu'est dû en partie le bruit dont il vient d'être question; car il s'y joint celui que font les pierres amassées sur la plage, et que les eaux soulèvent continuellement, les frottant les unes contre les autres et finissant par les arrondir. On appelle cailloux roulés ou mieux galets, les pierres ainsi usées par l'action des eaux de la Mer, et l'on observe que leur grosseur varie sur chaque plage, et pour ainsi dire de pied en pied, de manière qu'ils paraissent comme réunis d'après leur dimension, ce qui tient sans doute aux différentes J intensités d’action des vagues sur eux, selon In forme des rives. 0» peut voir un exemple remarquable de cette distribution par grosseur des galets, en suivant l’espèce d’isthme qui réunit l’ile de Porlland au sol de ; l'Angleterre; sur une longueur de plusieurs lieues, 011 voit de pas en pas les galets croître pour ainsi dire en progression géométrique, depuis la dimension d'une ^ noisette jusqu'à celle de la tête d’un enfant, sans qu’il i y ail mélange. On remarque encore, si l’on suit une 1 plage en étudiant la nature des roches qui forment les côtes, que les galets existent là où les roches peuvent être dégradées par les vagues, et que si la nature des roches change, la nature des galets change de même; de sorte que la formation de ces derniers pa-

rait locale et subordonnée à la nature des côtes, fl arrive cependant que par des circonstances particulières ! et exceptionnelles, que par des causes ordinairement violentes et passagères, les galets, après avoir été ar- 1 rondin sur un point de la côte, sont transportés sur un autre peu éloigné; mais alors ils ne sont plus aussi bien assortis ; ils sont mélangés avec du sable ou de la vase, caractère qui indique qu'ils ne sont pas à la place I où ils ont été formés. Ces observations, et un grand nombre d’autres du même genre, présentent un grand | intérêt aux géologues pour l'étude des couches de la terre qui renferment des galets ou en sont entièrement | composées, et surtout pour la recherche des circonj stances particulières sous lesquelles ces couchés se sont formées.

Lorsque les côtes sont à pic, les vagues viennent en . miner et saper périodiquement le pied, et les parties supérieures restant en surplomb ne tardent pas à s’ébouler; c'est ce que l’on indique en appelant ces côtes des falaises. Les matières molles, Anes, délayables, i sont entraînées par les flots à différentes distances, et elles forment sous les eaux de nouvelles couches sédimenteuses, tandis que les fragments durs et pesants sont transformés en galets, qui s'éloignent beaucoup mojns de la rive.

La Marée montante coïncide presque toujours avec certains vents et un étal hygrométrique particulier de l'atmosphère.

Le flux ou flot se fait sentir d’une manière remarquable jusqu'à une distance plus ou moins grande de l'embouchure de certains fleuves; une ou plusieurs vagues qui se succèdent remontent avec bruit contre le cours des eaux fluvialiles, dont la marche est arrêtée. On connaît ce phénomène sous le nom de Barre à l'embouchure du Gange, du Sénégal , de la Seine, de l'Orne, «te.; sous celui de Mascaret dans la Gironde, la Dordogne, la Garonne; de Pororoca sur les rives du fleuve des Amazones. Dans ce dernier lieu, comme dans la Garonne et même la Dordogne, les lames d'eau qui remontent le fleuve, ont douze à quinze pieds de haut et même plus; elles renversent tous les obstacles sur leur passage, et le bruit effrayant qu'elles produisent, ! surtout dans les grandes Marées, s'entend à plusieurs lieues.

Des géologues ont essayé de rendre compte de la formation des continents actuels, de la présence des débris de corps marins, de galets, etc., dans des lieux qui se trouvent maintenant de plusieurs centaines de toises au-dessus du niveau des Mers, par des Marées gigantesques qui auraient existé à un àgc moins avancé du globe. Dolomieu, l’un des partisans de ce système, pensait que les matériaux de toutes les couches coquillières avaient été transportés du fond des Mers par des Marées de huit cents toises; que les vallées secondaires étaient dues à l'action de ces immenses Marées et aux courants puissants qui résultaient de la retraite des eaux après leur gonflement. Chaque flux, disait -il, déposait des couches qui étaient ensuite morcelées et dégradées par le reflux; dans d'autres circonstances, les Marées subséquentes comblaient les vallées creusées par celles qui les avaient précédées, et elles ras-

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