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de brique, uniforme, avec le dessous du col el le ventre plus clairs que les aulres parties du corps. En oulre des moustaches, on remarque aussi de loties poils qui naissent au dessus des yeux. Chaque pied a cinq doigts, parmi lesquels les deux externes sont les plus courts. Celte espèce, qui habite les plaines du Missouri . a, comme on le voit, les plus grands rapports avec l 'Arctotnya Linioriciani, dont elle pourrait bien ne pas différer. l.e Cynomys social de Raffincsque, type du nouveau genre Cynuinys de ce naturaliste, parait également se rapporter au même animal.
Telles sont les espèces admises dans le genre Arctotnys, par Richard Harlart*; mais il n’est pas impossible que quelques unes d'entre elles doivent, quand elles seront mieux connues, en être séparées. C’est ainsi qu’une espèce d'Europe, le Souslik , longtemps considérée comme une véritable Marmotte, est devenue, lorsqu'on l'a étudiée d’une manière plus approfondie, le type du nouveau genre Spermophile, {T. ce mot.) Quant à quelques autres espèces rapportées comme lui au genre Arctomys, on lie possède encore à leur égard que des descriptions fort incomplètes ou même des indications fort vagues; el on chercherait vainement à établir d'une manière certaine à quel genre elles doivent réellement appartenir. Tels sont : le Maulin, Mut Maulinu», Molina. Aictomy s Moulina, Sh., qui aurait tous les pieds pcnladaclyles et les dents semblables, pour leur nombre et leur disposition, à celles de la Souris; la Marmotte de Circassie de f'cnuanl. Mus Tschcrkessicus , Erxl., qui a les jambes antérieures courtes, les yeux rouges el brillants , etc., et qui se creuse des terriers aux environs du fleuve Tcrck; cl surtout le Gundi de l’Atlas, Mus G midi , Rntlimann, Arctomys Gundi, Gin., qui ifaurail que quatre doigts à tous les pieds. Le Hamster a également reçu les noms de Marmotte de Strasbourg el de Marmotted’Allemagne \y . Hamster), el le Daman ceux de Marmotte bâtarde d’Afrique (Vosmaer) et de Marmotte du Cap. (J'.Daxax.)
MARMOÜTON. mam. L’un des noms vulgaires des Béliers réservés pour étalons.
MARNAT, ioll. Adansoo nomme ainsi (Voy.au Sénég.. pi. 13, fig. 1) une Coquille du genre Turbo, dont Linné a fait une espèce particulière, â laquelle il a donné le nom de Turbo punclatus ( Syst . Nat., 13« édit., 1. 1, pag. 5597, n° 37).
MARNE, geol. Mélange naturel, el dans des proportions très variables, de particules calcaires, argileuses et sablonneuses, d une ténuité telle que leur réunion présente à l’œil une substance homogène, dont les caractères minéralogiques principaux sont d'être très peu dure, souvent même très tendre et friable, d'avoir l’aspect terne el pulvérulent, de se délayer plus ou moins facilement dans l’eau, en ne faisant avec celle-ci qu’une pâle courte , qui , soumise à l’action du feu , acquiert peu dcdurrlé et se fond facilement. Ces derniers traits, joints h celui de donner lieu à une très vive effervescence avec l'Acide nitrique, distinguent les Marnes des Argiles proprement dites, tandis que le résidu considérable, qui reste au fond de la dissolution par l’Acide nitrique, établit une différence entre elles el les Calcaires sans mélange.
Malgré ces distinctions qui paraissent bien tranchées, et à l’exception de quelques substances particulières que les usages auxquels elles sont propres font désigner par tout le monde sous le même nom, il est difficile de savoir si beaucoup de dépôts, dont les couches nombreuses et souvent très- puissantes entrent essentiellement dans la composition des divers terrains secondaires el tertiaires, doivent être considéré» comme appartenant â des variétés de Calcaire ou d’Argile, ou bien comme étant de véritables Marnes. La difficulté, qui est ici la même que pour toutes les substances minérales mélangées, est d'autant plus grande que. dans la même couche, les quantités relatives de Calcaire, d' Argile el de Sable, varient d’un point à un autre. De là viennent les expressions journellement employées dans les descriptions géologiques, d’Argile marneuse, de Calcaire marneux, de Marne calcaire, Marne argileuse. Marne sablonneuse, etc.; expressions que, loin de bannir, il est bon d’employer, puisqu’elles expriment vaguement les modifications sans nombre, qui existent dans la nature, mais dont il faut, à cc qu'il semble, se garder de limiter le sens d’une manière trop étroite et trop systématique, dans la crainte de donner, en les employant, des idées inexactes.
Les auteurs allemands désignent la Marne sous le nom de Mcrgcl, dont Werner ne distinguait que deux variétés : la Marne terreuse, Mergel Erde, el la Marne endurcie, V erhœrleter Mcrgcl, qu’il regardait comme des espèces de Calcaires. HaUy, ne considérant pas avec raison la Marne comme une substance minérale particulière, mais comme un mélange d’Argile et de Calcaire, l'appelait Argile calcarifère. lïrongniarl (Traité de Minéralogie) fait des Marnes une espèce de son ordre des Pierres argilofdes, sorte d'appendice aux véritables minéraux, el que depuis il comprend dans la classification des Roches d’apparence homogène cl tendre.
Brongniart reconnaît parmi les Marnes, deux variétés principales : 1° les Marnes argileuses se délayant el faisant une pâte courte avec l'eau, variant pour les couleurs du gris au jaune, au vert et brun, quelquefois marbrées de gris, de jaune, de rouge. C’est à cette variété qu'il faut rapporter la Terre ou Argile à potier (Marne argileuse figuline). qui ressemble beaucoup à l’Argile plastique par sa texture fine el serrée, mais qui a moins de ténacité et se casse plus facilement qu'elle, en présentant des surfaces raboteuses dans la cassure. Quoique toujours elle fasse effervescence avec l’Acide nitrique, elle ne contient quelquefois que cinq pour cent de Chaux carhonatée , el rarement plus de quinze.ee qui suffît cependant pour la rendre fusible au feu. La couche puissante de Marne verte qui, dans les terrains des environs de Paris, el notamment à Montmartre. recouvre la formai ion gypseuse, est un exemple de Marne argileuse; c’est elle qui est employée à la fabrication des tuiles, des briques, des carreaux autour de la ville, el qui alimente un grand nombre d'établissements dans la vallée de Montmorency. Les Marnes argileuses, schisloldes et compactes, diffèrent entre elles par leur texture et par leur gisement. La première. dont la couleur est assez généralement foncée, est quelquefois confondue avec les Schistes el l'Argile
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schisteuse des terrains houillers ( Schiefenthon ), avec lesquels elle se trouve. A la seconde sous -variété se rapportent des Marnes verdâtres rt d’un gris marbré, qui séparent les bancs de la seconde masse de Plâtre à Montmartre, et qui sont employées comme pierre à détacher : on peut en rapprocher aussi quelques Terres â foulon, employées en Angleterre et dans d’autres pays. 2° Les Marnes calcaires différent des précédentes par la difficulté avec laquelle elles font pâte avec l'eau; on ne parvient à lier les parties humectées que si préliminairement on les a réduites, par le broyement, à une très-grande ténuité. Quoique souvent assez dures pour être employées dans les constructions, les Marnes calcaires n'ont point de ténacité; elles se brisent facilement, et souvent elles se réduisent d’elles mêmes, sous l’influence atmosphérique, en une poussière fine; leurs couleurs dominantes sont le blanc et le jaunâtre; elles offrent beaucoup plus rarement des teintes foncées que les Marnes argileuses. La plupart des couches de Marne qui précèdent et surmontent la formation gypseusedes environs de Paris, cl celles qui alternent avec les lits de Plâtre, appartiennent à la sous variété de Marne calcaire compacte. Une autre sous -variété offre une structure fissile, schisloïde; c'est ù elle qu'il faut rapporter les célèbres Schistes calcaires d’GEningen près du lac de Constance, du Locle près de Neufchàlel, d'Aix en Provence, qui renferment entre leurs feuillets des débris nombreux de végétaux, de Poissons, de Reptiles et de Coquilles d'eau douce. On regarde assez généralement aussi comme des Marnes calcaires schisloïdes celles qui, au mont Bolca, près Vérone, renferment une si prodigieuse quantité d'Ichthyolithes; mais la dénomination qu'on leur applique souvent, de Calcaire marneux ou de Schiste calcaire, les désigne tout aussi bien que les Schistes des environs d'Eichtedt et de Pappenheim, non moins célèbres par les Fossiles nombreux qu’ils contiennent.
On a donné le nom de Marne siliceuse feuilletée à une couche particulière, de la formation gypseuse de Montmartre, qui, au milieu de ses feuillets, contient des rognons ou des tables de l’espèce de Silex, connue sous le nom de Ménilite. Cette Marne, qui est brune et se délite en feuillets très-minces, est remarquable par la petite quantité d’ Alumine et de Chaux qu'elle contient, son analyse ayant donné, sur cent parties, environ soixante de Silice, huit de Magnésie, une â quatre d'Alumine, line de Chaux, etc. Quelques auteurs regardent comme une variété bitumineuse de Marne feuilletée, le minéral qui se trouve auprès de Syracuse, en Sicile, et auquel Cordier a donné le nom de Dusodyle. ce mot.
Comme on vient de le voir, les Marges ne contiennent pas seulement de l’Argile, du Calcaire et du Sable; la Magnésie, les oxides de Fer entrent dans le mélange qui les constitue, mais accessoirement. C’est par la présence de la Magnésie que l'emploi de certaines Marnes, en agriculture, est plus nuisible qu’utile; c’est aux oxides de Fer, de Manganèse qu’elles doivent leurs couleurs variées. Les paillettes de Mica caractérisent, par leur existence presque constante, les dépôts puissants et continus qui, dans le sud de la France, dans les collines subapennines, la Dalmalie, la Uongrie, les environs de
Vienne on Autriche, etc., appartiennent à une même formation moderne, riche en Coquilles fossiles.
Bien que l’on trouve quelquefois les Marnes en amas, au milieu d'autres substances, elles se présentent plus généralement en couches qui alternent avec des Calcaires et des Argiles; elles offrent alors tous les caractères de dépôts sédimenteux opérés sous des eaux tran- ; quilles, qui tenaient en suspension les particules dont ! elles se composent, et qui dans beaucoup de cas ont été. comme plus fines, séparées mécaniquement d’un mélange plus grossier, et transportées, en raison de leur pesanteur spécifique, loin du lieu où s’est fait le premier délayement. Beaucoup Mc Marnes paraissent avoir été portées par des courants continentaux, qui les ont laissé déposer, soit dans des lacs, soit dans la mer.
En perdant l’eau qui les tenait délayées et en se desséchant. les Marnes ont affecté différentes formes; les unes se sont fendillées dans tous les sens, d’autres se sont divisées par le retrait, en parallélipipèdes et même en colonnes prismatiques analogues à celles des Basaltes. On voit un exemple de celte dernière disposition dans une Marne calcaire, blanche et compacte, de la formation gypseuse, sur les bords de la Seine, près d’Argenleuil. Constant Prévost et Desmarcls ont fait connaître une sorte de retrait encore plus remarquable. (Journal des Mines, mars 1809.) Ils l'avaient observé j d'abord dans une couche de Marne calcaire jaunâtre, remplie en inème temps de cristaux de Sélénile cl de nombreuses empreintes de Coquilles marines, qui fait partie de la troisième masse de Plâtre, visible alors dans une carrière dite de la llutte-aux-Gardes, au pied de Montmartre, du côté de la route de Saint-Oucn, mais actuellement comblée. Depuis lors, celte même couche a été suivie dans toute la ceinture nord de Paris, à partir de Passy jusqu'au faubourg du Temple, et elle a présenté les indices d'un semblable retrait. Depuis ils en ont retrouvé des exemples remarquables, par certaines modifications particulières, dans des Marnes calcaires très-dures qui accompagnent les deux bancs d'IIultres fossiles, supérieurs au Gypse, à Montmorency, Moulignon Saint- Prix. Voici ce que l’on observe dans les Marnes de Montmartre : si l’on frappe un bloc de Marne pour le briser, il s'en détache souvent une pyramide â quatre faces striées assez profondément, et parallèlement aux côtés de sa base, qui sont à peu près égaux entre eux et ont d'un à cinq et six pouces; la hauteur de la pyramide est environ égale à la longueur de chacun de ces côtés, et son sommet est obtus. La cavité pyramidale, laissée dans le bloc de Marne, parait au premier aspect n’étre que le moule ou l'empreinte de la pyramide qui vient de se détacher; mais en examinant et en séparant avec précaution le bloc, on s'aperçoit bientôt que la cavité a pour parois quatre faces d'autant de pyramides semblables à la première, et dont les sommets se réunissent en un point central. Enfin. le système sc complète par une sixième pyramide dont le sommet est directement opposé à celui de la première.
| Pour sc faire une idée exacte de cette disposition, qu’il est difficile d'expliquer sans une figure, il faut sc représenter un solide cubique, imaginer des plans qui, de , chacune des arêtes du cube, passent à l’arête qui lui est
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diamétralement opposée, et se figurer quelle sera la division opérée dans la masse solide, par l'intersection de ces différents plans. Il est évident qu'il en résultera six pyramides semblables, dont lotis les sommets seront réunis au centre du cube, et qui auront chacune pour base l'une des faces de celui-ci. On voit encore que chaque face des pyramides sera en contact immédiat avec l'une des faces d’une autre pyramide. Toutes ces circonstances sont offertes par le mode de retrait, à l’ex- i ceplion qu'on ne peut pas supposer dans la Marne la ! préexistence de solides cubiques à la formation des [ pyramides, car la base de chacune de celles-ci, qui | serait l'une des faces du cube, n'est jamais libre et ap- j parente, elle se confond toujours avec la masse de la ! Marne. Avant que l'on eût bien conçu cet assemblage , des six pyramides, et lorsqu'on en trouva isolément | quelques-unes, onaétélenléde regarder chacune d'elles ] comme des moitiés d'octaédrc. Aussi, malgré l'explication donnée dans le temps, on les a souvent entendu citer sous le nom d’octaèdres de Montmartre. Serait-ce ainsi qu'il faudrait entendre ce que dit de Born des Marnes présentant des octaèdres? et Emmerling, qui dit que l'on a trouvé dans des Marnes des pseudo-cristaux, ayant la forme d'une pyramide à quatre faces doubles, a-t-il voulu indiquer autre chose que ce mode de retrait? Il a toujours paru évident que l'on ne saurait attribuer celle division, si singulièrement régulière, à une cristallisation, et qu'elle ne pouvait avoir été que le produit d'un retrait par dessèchement; mais il faut avouer qu'il est difficile de rendre un compte satisfaisant d'un semblable effet par celte cause. La solution de celle question a excité l'attention de plusieurs savants; Girard a recherché si la division observée n'avait pas pu être occasionnée par une pression comparable à celle exercée sur l'une des deux faces parallèles d'un solide prismatique, et particulièrement d'un cube dont l'autre face serait appuyée sur un plan résistant. Ce •avant ingénieur étayait sa supposition par des calculs rigoureux, et par les observations entreprises par Coulomb et Rondelet pour connaitre la force avec laquelle les différentes pierres employées dans les constructions, résistent au poids des masses dont elles sont chargées. En effet, Rondelet avait vu que des cubes de matière homogène, de pierre calcaire, par exemple, étant fortement comprimés sur deux faces parallèles, se partageaient en six pyramides semblables. Mais, par cette explication ingénieuse, on ne peut rendre raison des stries que présentent les faces des pyramides qui devraient être lisses; et au surplus, on rencontre ces pyramides dans la même couche, placées suivant des directions qui se croisent; de plus, les sommets des six pyramides, qui sont obtus, laissent entre eux un vide qui, au lieu de faire présumer une pression, indique au contraire un écartement ou retrait. C’est celte dernière ; observation qui lie le fait précédent à celui-ci : dans la j Marne calcaire très-compacte des sommets de Montmo- | rency, Moulignon- Saint -Prix, on observe un grand nombre de cavités cubiques dont les plus petites ne sont visibles qu'à la loupe, et dont les plus grandes n’ont que quelques lignes de diamètre. On les remarqua longtemps sans pouvoir se rendre compte d’une telle régularité; on >
vit que plus ces cavités étaient grandes et moins les parois en étaient planes; celles-ci devenaient de plus en plus convexes, de sorte que les angles de réunion étaient plus aigus. Il fut facile de concevoir qu'en exagérant par la pensée cet effet croissant, la masse solide, ail centre de laquelle était la cavité cubique, serait divisée en six pyramides qui auraient chacune pour sommet la paroi convexe de la cavité, et l'on vit alors dans chacune de celles-ci l’origine d'une division pyramidale analogue à celles des Marnes de Montmartre. Cette conjecture ne larda pas à devenir une vérité démontrée; car on sut que, dans les mêmes couches, il avait été trouvé des pyramides isolées. L'identité d'origine ne peut donc plus être contestée, pas plus que la cause, qu'il faut regarder comme un mode de retrait particiilier.dotil lecaraclère serait d'avoir commencédans plusieurs points isolés, au milieu d'une masse plus ou moins molle. Mais qui a déterminé le retrait à commencer ainsi ? c'est ce que l'on ne saurait expliquer. On se contentera de faire remarquer que. si dans une pâle humide, une cause quelconque vient faire qu’un point central se dessèche plus tôt que ceux qui l'environnent (la disparition, par exemple, d’une ou plusieurs molécules d’eau, qui se combineraient chimiquement avec d'autres molécules accessoires dans la pâte), les molécules s'écarteront de ce point dans des directions opposées; et la pâte, diminuant de volume en raison inverse de son éloignement du point central où a commencé le dessèchement, il se fera nécessairement des solutions de continuité, des fentes qui auront lieu suivant les diagonales différentes des forces les plus rapprochées. Si le retrait s'opère dans six directions principales, opposées les unes aux autres, douze fentes seront produites chacune sur la ligne intermédiaire, entre deux forces perpendiculaires l'une à l'antre, à partir du point central, et le résultat sera la division de la pâte en six pyramides dont la hauteur et la largeur croîtront avec le dessèchement, et dont par conséquent les hases ne sauraient exister réellement. Le phénomène n'aura-t-il pas, quant aux effets, beaucoup d’analogie avec ceux de la pression extérieure, quoique produit par une cause agissant du dedans au dehors?
LesMarnes.cn général, jouent dans la nature un rôle dont l'importance est bien supérieure â celui de la plupart des substances minérales simples, dont l'existence n'est presque toujours qu'accessoire dans les couches dont se compose l'écorce terrestre, tandis que celle-ci est, dans beaucoup de lieux, essentiellement formée de Marnes; elles entrent pour près des deux tiers dan9 la composition de certains terrains, comme ceux qui constituent les collines suhapennines, et on les retrouve dans presque toutes les formations. Plusieurs variétés alternent avec les lits de Schiste, de Grès et de Charbon de terre, dans les terrains houillers. Des Marnes diversement colorées, en vert et surtout en rouge, abondent tellement dans les terrains gypseux et murialifères. que les Anglais ont désigné spécialement celui de ces terrains qui sépare la formation houillère des Calcaires oolilhiques, sous le nom particulier de Marne rouge ( red Mari). Les grands dépôts de Calcaire jurassique sont entrecoupés par des séries puissantes de couches
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marneuses dont la couleur dominante est le gris et le verdâtre. Quelquefois les couches de Marne, qui alternent avec des dépôts lrès-coquilliers,nc renferment pas de Fossiles, ou bien ceux qu'elles renferment sont dans un état de conservation différent de celui des couches inférieures ou supérieures, et en général plus entiers. Ces Marnes reufermenl des squelettes d’ani- ; maux et des débris de végétaux bien conservés. Sous le rapport de la nature des Fossiles qu’elles renferment. on peut distinguer des Marnes marines et des Marnes d'eau douce; mais il faut remarquer que, dans les premières, des débris d'êtres terrestres ou fluviatilcs sont associés aux dépouilles généralement entières de productions marines.
Les Marnes ne sont pas seulement d’un grand intérêt pour le géologue; les usages auxquels elles sont propres invitent les fabricants, et surtout les agriculteurs, à les rechercher et â étudier leur variable composition; elles sont employées, comme on l’a déjà vu. pour la fabrication des poteries, des tuiles, carreaux, etc., pour le dégraissage des draps, etc.; mais leur emploi sur les terres cultivées, pour en modifier la nature et les rendre plus fertiles, est de la plus haute importance. Le marnage des terres est une pratique suivie de temps immémorial, eu certaines contrées, et que la routine n’a pas jusqu’à présent laissé s’établir dans d'autres qui en possèdent tous les moyens et en retireraient les plus grands avantages. Four le succès de l’opération, non-seulement il n’est pas indifférent d'employer toute espèce de Marne, mais il faut encore que les qualités de celle employée soient en rapport avec la nature de la terre que l’on veut amender par ce moyen. Les Marnesargileuses, par exemple, conviennent aux terres sablonneuses qu’elles rendent plus tenaces et plus propres à retenir l'humidité; les Marnes calcaires, au contraire, serviront à ameublir les terres argileuses trop grasses. Les Argiles ou les Sables purs pourraient à la rigueur opérer ces deux actions mécaniques; mais il parait que la quantité de carbonate de Chaux qui entre dans la composition des Marnes exerce une action chi- I inique favorable à la végétation, soit que ce sel absorbe | l'oxigène de l’air, soit qu’il fournisse aux plantes de j l’Acide carbonique et rende soluble l'humus qui doit les nourrir. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'effet des Marnes sur les terres n'est pas rapide; il n’est le plus souvent sensible que la deuxième, la troisième ou même la quatrième année; mais il dure jusqu'à quinze années et plus. 11 faut que l’expérience apprenne au cultivateur quelle est la quantité de Marne qu'il doit répandre sur sa terre, car une trop forte dose peut produire une stérilité complète. Four l’emploi, les Marnes doivent être réduites en poudre; et beaucoup d’entre elles, qui paraissent fort dures, s'y réduisent d’elles-mémes, en se délitant par leur exposition à l’air. Aussi est-on dans l’habitude de les laisser réunies pendant quelque temps, en tas, auprès des marnières avant que de les employer. A défaut de Marne proprement j dite, on emploie aux mêmes usages, dans quelques contrées, la Craie, des amas de Coquilles fossiles (Faluna), des Vases de mer. et même la Chaux éteinte à l'air. Il faut éviter de se servir de Calcaires ou de Marnes qui
contiennent trop de Magnésie, parce qu’il parait que celte substance frappe les terres d<*felérili(é.
MARO. bot. Synonyme de Cocotier.
MAROC oc MOROC. ois. Espèce du genre Coucou.
MAROMTE. m.v Synonyme de Macle. V. ce mot.
MAROTOU. ots. et bot. L’un des noms vulgaires du Milan et du Canard Souchet, dans certains cantons de la France.
MAROUËTTE. ois. Espèce du genre Gallinule. V . ce mol.
MAROUTE. bot. Nom vulgaire d’une espèce de Camomille, devenue le type du genre Marvla de Cassini. y. Mari te.
MARQUETTE, ioll. Les pécheurs donnent ce nom à de jeunes Sèches qu’ils emploient comme appât.
MARQUISE, bot. Variété de Foires.
MARQUISETTE. min. Nom que l'on donne vulgairement aux cristaux cubiques de Fer sulfuré, appelés aussi Miroir des Incas. y. Fer.
MARQUIS1E. Marquisia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, formé par A. Richard (Mém. Soc. Hist. nat.. Par., 5, p. 11*2), aux dépens du genre Canthium de Labillardière. Voici les caractères assignés au genre nouveau : tube du calice ovale, son limbe court, à cinq divisions aiguës; tube de la corolle court, son orifice glabre, ses lobes ohlongs, étalés, obtusiuscules, plus longs que le tube; cinq anthères ovales, sessiles sur l’orifice de la corolle; style filiforme, de la longueur du tube de la corolle; quatre à six stigmates. Le fruit consiste en une haie ovale, charnue, biloculaire, couronnée par le calice persistant; dans chaque loge une semence s'élève du fond ; elle est convexe extérieurement, plane et sillonnée à l'intérieur.
Marqcisie de la Billardière. Marquitia Billarüierii, Rich. Arbrisseau glabre, à rameaux épineux ; I feuilles subpétiolées , opposées , lancéolées, atténuées aux deux extrémités; stipules petites, annexées au pétiole; pédicellcs axillaires, solitaires, unifiores, un peu courbés en dehors, slipilés vers le sommet, sous le calycule floral qui est quadrifide; fleurs petites. De la Nouvelle-Hollande.
MARRACUÉMIN. bot. I/un des noms vulgaires du Marrube commun, dans certains cantons de la France.
MARRON, dot. Ce nom désignait premièrement les plus belles Châtaignes choisies pour les tables recherchées. On l'étendit insensiblement à d’autres végétaux ainsi l’on appela :
Marron d'Inde, les fruits de l'Hippocaslane.
Marron de Cochons, les racines du Cyclame commun.
Marron d'Eau, les fruits de la Macre.
Marron noir, un Agaric, selon Faulel.
MARRONNIER, bot. L’un des noms du Châtaignier, qu'on a étendu â l'liippocastane, appelé vulgairement Marronnier d'Inde, et au Pavia, appelé Marronnier a
FLEURS ROUGES, f'. UlPPOCASTANE et PAVIA.
MARRUBE. Marrubium. bot. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., ainsi caractérisé: calice tubuleux, cylindrique, à dix 1 stries et à cinq ou dix dents; corolle hilahiée. dont le tube est un peu plus long que le calice, légèrement
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arqué; la lèvre supérieure dressée, plane, étroite et bifide ; l'inférieure a trois lobes inégaux, deux latéraux plus petits, ovales et obtus, celui du milieu plus grand et écliancré; étamines didynames, très-courtes, renfermées dans l’intérieur de la corolle; style très-court, terminé par un stigmate à deux lobes inégaux. Ce genre se compose d'une vingtaine d'espèces, dont la plupart sont indigènes de l'Europe méridionale et orientale. On en cultive plusieurs dans les jardins de botanique; et quelques-unes, par exemple le Marrubium peregrinum, si ce n’était la petitesse de leurs fleurs, mériteraient de fixer l’attention des amateurs comme plantes d'ornement. Les deux espèces suivantes offrent assez d’intérêt pour qu’il en soit fait une courte description.
Marribk coucn. Marrubium vulgarc, L. et Rich., Bol. Méd., p. 261. Sa racine est vivace; elle donne naissance à des liges dressées, longues de trois à six décimètres. rameuses, velues et blanchâtres; les feuilles sont péliolées, ovales, aigues, crénelées, crépues et cotonneuses; les fleurs sont blanches, petites, formant aux aisselles des feuilles des verticilles compactes, accompagnés en dehors de bractées subulées et courtes. Cette plante est fort commune dans les lieux incultes, sur le bord des routes et des fossés de presque toute l’Europe. Elle disparait cependant en certaines contrées, comme par exemple dans la région Alpine. Le Marrube est d'une odeur aromatique comme musquée, et d’une saveur âcre, ce qui dénote en lui des propriétés assez actives. C'est un bon stimulant, dont l'usage peut convenir dans certains cas d'aménorrhée et dans les catarrhes chroniques.
Markubk Facx - Dictarxe. Marrubium Pseutlo- Dictamnus , L. Il est originaire de l’ile de Crète, et on le cultive dans les jardins de botanique. Ses liges sont sous-frutescentes, liantes de cinq à six décimètres, couvertes, ainsi que toutes les parties de la plante, d’un duvet blanchâtre et très-abondant; les feuilles sont cordiformes. presque arrondies, crénelées et trèsridées; les fleurs, de couleur rosée, sont disposées par verticilles rapprochés, et accompagnés de bractées spatulées et velues. On a cru que celle plante représentait le fameux Diclamne de Crète des poètes de l'antiquité; mais il est plus probable que ce spécifique était une espèce d’Origan.
MARRUBE AQUATIQUE, bot. Synonyme vulgaire de Lycope des marais.
MARRUBIASTRU.M. bot. Les espèces dont se composait le genre constitué sous ce nom par Tourneforl. ont été réparties dans les genres Sideritis, Slachys et Leonu ru a de Linné, V. ces mots.
MARRUBIUM. bot. V. Marri ne.
MARS. ixs. Geoffroy appelle ainsi le Papilio Ilia de Fahricius. Ce nom a servi depuis à désigner une petite famille du genre Nymjihalia de Latreille. Voyez Nympbaie.
MARS. mix. Synonyme de Fer chez les alchimistes.
MARSANA. bot. (Sonnerai.) Synonyme de Murraya.
MARSCHALLIE oc MARSHALL1E. Marschallia. bot. Ce nom générique a eu deux emplois. Scopoli l’a substitué à celui de Hacoubca , genre d’Auhlet, qui a été
réuni à VHomalium de Jacquin. Dans son édition du Systema Vegetabilium de Linné, Gmelin, tout en adoptant celte substitution, a également admis la môme dénomination dont s’était servi Schreher pour un genre de Synanthérées qui a reçu depuis d’autres noms, tels que ceux de Pcrsoonia , Tratteniehia et Phyleumopsis, proposés par Michaux. Persoon et Poiret. C’est donc à ce dernier genre que le nom de Marschallia doit être appliqué, principalement à cause de son antériorité. Le genre Marschallia appartient à la famille des Corymbifèrcs de Jussieu, et à la Syngénésie égale de Linné. Il offre pour caractères essentiels : invotucre composé d’écailles lancéolées, disposées presque sur deux rangs; réceptacle garni de paillettes de la longueur de l'involucre; calathide de fleurs toutes hermaphrodites et fertiles, dont la corolle est régulière, à i cinq divisions linéaires; ovaire allongé, surmonté d'un style à deux stigmates réfléchit; akène ovale, strié, surmonté de cinq paillettes membraneuses. Ce genre se compose de trois espèces, Marschallia lanceolala , latifolia et angustifolia , qui habitent la Caroline et les contrées voisines de l’Amérique du nord; Nultal en a découvert une quatrième sur le territoire du Texas, près de la rivière rouge.
Marscb allie oaiox.x aixte. Marschallia cœspitosa, N., Botan. Magaz.,3704. Ses racines sont vivaces; les tiges qu'elles produisent n'ont guère plus d’un pied de hauteur; elles sont simples, feuillées seulement vers leur origine, striées et légèrement duveteuses; les feuilles sont lancéolées ou lineari-lancéolées. glabres. Innervées. entières : les radicales sont longuement péliolées et les caulinaires presque sessiles ; les fleurs sont réunies en un capitule terminal, simple et convexe, entourées d'un involucrc formé do nombreuses écailles linéaires, lancéolées, presque égales, disposées sur deux rangs; les fleurons sont lubulés, duveteux extérieurement, à cinq divisions profondes, d'un rose tendre qui passe au blanc; akènes obovales, à cinq angles hérissés; aigrette formée de cinq écailles ou paillettes larges et dentées; tube anlhéral brun.
MARSDÉME. Marsdcnia. bot. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Penlandrie Digynie, L.. établi par R. Brown (in /Vern. Transact., 1, p. 28) qui l’a ainsi caractérisé : corolle urcéolée, quiuquéfide. quelquefois rotacée; couronne staininale à cinq folioles comprimées, indivises et simples intérieurement; anthères terminées par une membrane; masses polliniqties dressées, fixées par la base; follicules lisses; graines aigrellées. Ce genre est extrêmement rapproché du Pergularia , duquel, selon R. Brown lui-méine, il ne diffère que par les folioles simples de la couronne slainitiale, tandis qu'elles sont augmentées d’une laciniure dans les Pergulaires. Les six espèces qui composent ce genre croissent dans la Nouvelle-Hollande, entre les tropiques. Ce sont des sous-arbrisseaux, le plus souvent volubiles, à feuilles opposées, assez larges et planes; à fleurs tantôt en cimes, tantôt en thyrses situés entre les pétioles. Brown ( loc.cit ., et Prodr, Nov.-Holl., p. 461) les a distribués en deux sections. La première, carac- | térisée par son stigmate mulique, renferme les Mars - I dénia velulina. titidiflora, cinerascens , suaveolcns
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cl /lavoscena. Celle dernière espèce a été découverte en 1831 à la Nouvelle-Hollande, par Allan-Cunningham. C’esi un arbrisseau à tige grimpante, grêle, cylindrique, rameuse, verte et pubescente. Le»feuillessont opposées, pétiolécs.ohlongues lancéolées, aigues, un peu coriaces, d’un vert obscur et glabres en dessus, verdâtres et cotonneuses en dessous, longues de trois pouces, larges de dix à dou/c ligues; le pétiole fail environ la sixième partie de la feuille, il est pubescent comme la tige el canaliculé en dessus. Les Heurs sont petites, jaunâtres, réunies en petites ombelles axillaires, portées sur des pédoncules plus longs que chacune d'elles qui a en oulre son pédicelle, tous sont velus et séparés par une sorte de collerette composée de deux folioles allongées, opposée* el pointues. Le calice a cinq divisions pubcscenles. La corolle est arrondie, glabre, avec son limbe divisé en cinq lobes lancéolés. La couronne stamiuale présente cinq dénis aigues, unies aux anthères. Le stigmate esl plat. Le fruit se compose de follicules lisses, renfermant des graines aigreltées. La seconde section ne contient qu'une seule espèce, Maradenia roatrala. Elle se distingue des vraies Marsdénies par son sligmale rostre; lésinasses polliniqucs sont réniformes, presque transversales, fixées par leur extrémité qui est éloignée du corpuscule du stigmate. Celle section est désignée par R. Brown sous le nom de Nephrandra.
MARSEA, bot. (Adanson.) Synonyme de Raccliaris. F. Baccharide.
MARSEAU ou MARSAULT. bot. Même chose que Marceau. y. ce mot.
MARSEICI1E. bot. Nom vulgaire de l’Orge à deux rangs.
MARSELLE. bot. Nom vulgaire de la Viorne, Génial i t rilalba. F. Clématite.
MARSETTE.bot. L'un des noms vulgaires du Phleum pralense. F. I’ulEulk-
MARSIIALLIA. bot. F. Marsch allie.
MARSILÉACÉES. Maraileacew. bot. Celle petite famille, désignée successivement sous les noms de Rhisoapennea, de Salvinièes et de Marailèacèea, parait avoir élé plus généralement adoptée sous ce dernier nom. Quoique ne renfermant que quatre genres . elle se divise en deux groupes très-naturels et assez différents pour qu’il soit très-difficile de donner un caractère commun cl exact à toute la famille.
Dans les MarsilEacées proprement dites, renfermant le* deux genres Marailca el Pilularia , on observe à la base des feuilles des involucres coriaces, épais, indéhiscents ou s’ouvrant en plusieurs valves, divisés intérieurement par des cloisons membraneuses en plusieurs loges; chacune de ces loges renferme des organes de ! deux sortes, qui sont insérés à une partie de ses parois; les uns, en moins grand nombre, sont des ovaires ou plutôt des graines composées de deux membranes : l'une extérieure transparente, se gonflant par l'humidité cl devenant une couche épaisse de substance gélatineuse, l’autre intérieure dure et coriace, jaune, qui présente â sa surface un point particulier par lequel doit sortir l’embryon lors de son développement; mais qui, du reste, n’offre aucune continuité vasculaire avec la plante mère; la graine est tout à fait libre au milieu
de la substance gélatineuse; les aulres organes, plus nombreux, sont des sacs membraneux, se gonflant légèrement par l'humidité, s’ouvrant alors au sommet, et renfermant au milieu d'un mucus gélatineux des globules sphériques assez nomhmix, beaucoup plus petits que les graines. Les plantes qui composent celte section rampent ail fond des eaux stagnantes peu profondes, et sont complètement submergées. Leurs feuilles sont enroulées eu crosse, avant leur développement, comme dans les Fougères. Dans le Pilulariu , cc* feuille* ne doivent être regardées que comme des pétioles dont les folioles sont avortées; dans le Marailea, les folioles ont une structure tout à fait semblable à celle des pinnules de certaines Fougères; mais ce n'est que parleurs organes végétât ifs que ces deux familles se ressemblent; leur fructification esl tout à fait différente.
Dans la seconde section de celle famille, à laquelle on peut conserver le nom de Salvixièes, et qui renferme les genres Suivi nia et A solia, on trouve à la base des feuilles des involucres membraneux de deux sortes, et renfermant des organes différents; les uns contiennent une grappe de graines qui sont ovoïdes, et ne renferment qu’un seul embryon dans le Salvinia, tandis qu’elles sont sphériques et contiennent six â neuf embryons dans VA solia; le tégument de ces graines est mince, réticulé, brunâtre, el ne se gonfle pas dans l'eau comme celui des vraies Marsiléacées; le |>édiccl!c assez long qui les supporte, parait renfermer un vaisseau qui. dans le Salvinia, vient s'insérer latéralement sur la graine. Les autres involucres, regardés comme des organes mâles, ont une structure assez compliquée dansl* A solia, où ils ont été bien observés par R. Brown. F. Azolla. Dans le Salvinia, ils renferment un grand nombre de grains sphériques, attachés par de longs pédicelles à une colonne centrale; ces globules sont beaucoup plus petits que les graines; leur surface est également réticulée, et ils ne se rompent pas par l'action de l’eau. Toutes les plantes de celte section flottent sur l’eau; leurs feuilles, opposées dans le Salvinia, alternes dans VAsolla , ne sont pas enroulées en crosse dans leur jeunesse, cl n’ont pas du tout la structure de celles des Fougères. L'ensemble de ces caractères établit des différences bien notables entre ces plantes el les vraies Marsiléacées, et sous plusieurs rapports elles forment le passage entre cette famille el celle des Lycopodiacées.
Les expériences de germination faites sur le Salvinia et sur le Pilularia, avaient prouvé depuis longtemps que, dans ces plantes, les globules les plus gros étaient de vraies graines : l'analogie permettait de l'admettre pour les organes analogues des MarsiUa et de* A solia; mais il restait encore â prouver que les autres organes étaient de vrais organes mâles, dont le concours était nécessaire au développement des graines; c'est ce que Savi, professeur à Pise. paraissait avoir établi d'une manière claire. Le Salvinia croit abondamment aux environ» de cette ville, et des expériences ont pu être faites sur des plantes fraichcs el en bon état. Il a mis dans des vases différents : 1«» des graines seules; 2° des globules mâles seuls; 3« les uus et les autres mêlé*. Dans les deux premiers vases, rien n'a germé; dans le troisième, les graine* sont venues à
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la surface de l'eau et se sont parfaitement développées. cependant C.-L. Duvernoy vient de publier une ; Dissertation sur celte plante, dans laquelle il annonce : qu'ayant répété les expériences de Savi. il n’a pas obtenu les mêmes résultats que lui, et que les graines mêmes, séparées des globules sphériques, se sont parfaitement développées; ce sujet est donc encore loin d’être parfaitement éclairci, et exige de nouvelles recherches, tant sur cette plante que sur les vraies Marsiléacées. On a beaucoup discuté pour savoir si, dans | ces plantes, l’embryon est visible avant la germination : aucun auteur n’a pu le voir clairement , et il faut avouer que la petitesse de ces graines rend une semblable recherche très-difficile. D’ailleurs si, comme ces | auteurs le prétendent, il ne peut exister d’embryon sans fécondation, et que, dans ces plantes, la fécondation n’ait lieu qu'après la dissémination des graines, par le séjour dans le même milieu des organes mâles et femelles, il est évident qu’on ne devra chercher l'embryon que lorsque celle fécondation aura eu lieu, c'est-à-dire peu de temps avant le commencement de la germination , ou plutôt au moment même où la germination commence; car il parait impossible de concevoir que, dans ces plantes, la fécondation puisse s'opérer pendant que les graines sont encore renfermées dans les involucrcs, puisqu'à cette époque les organes mâles sont renfermés dans des organes parfaitement clos, et que d'ailleurs les involucres femelles n'offrent aucun organe propre à transmettre le fluide fécondant du dehors en contact avec les graines dans les espèces à involucres mâles et femelles distincts. Il parait donc certain ou qu'il n’y a pas de fécondation, ou qu'elle a lieu après que les graines sont sorties des involucres qui les renfermaient.
Le genre établi par Brongniart parmi les plantes fossiles, sous le nom de Sphénopbyllites, parait devoir se rapporter à la famille des Marsiléacées. quoique bien distinct de tous les genres qu elle renferme actuellement. Spnf >'UPH YLLITE5.
MAltSILÉE. Marsilea. bot. Michel! créa d’abord sous ce nom un genre qui depuis fut réuni aux Jungermannes; il renfermait toutes les espèces dont la fronde est continue, lobée et appliquée sur la terre. Depuis, Linné transporta le nom de Marsilea au genre que Jussieu avait désigné sous celui de Lemtna, et la nomenclature de Linné a été généralement adoptée. Les Marsilées sont des plantes aquatiques, dont la tige rampe dans les eaux peu profondes; de ces tiges naissent des feuilles portées 8ur un long pétiole, et composées de quatre folioles cunéiformes, opposées en croix; à la base de ces Feuilles ou sur leurs pétioles même sont insérés un, deux ou trois involucrcs coriaces, indéhiscents, ovoïdes, aplatis; ces involucres sont divisés par descloisonsverlicaIeselmcmbraneuses.cn deux ou qua- ! tre grandes loges qui sont elles-mêmes subdivisées par d’autres cloisons horizontales, en loges linéaires, trans- j versâtes; chacune de ces loges renferme des organes de deux sortes, insérés aux membranes qui forment les cloisons; les uns sont des vésicules membraneuses, se gonflant légèrement par l'immersion dans l’eau; de forme ovoïde, parfaitement transparentes, renfermant
duos leur centre une graine elliptique lisse, d’un jaune pâle, paraissant tronquée ou perforée vers la base. Ces organes sont insérés sur la partie des cloreons qui est la plus proche de la circonférence ou de l’involucre : on n'aperçoit rien à leur surface qui puisse être comparé à un style, quoique quelques auteurs aient prétendu qu’il en existe un au sommet de chaque vésicule; elle est au contraire parfaitement lisse, et formée par line membrane uniforme. Les autres organes sont insérés vers le milieu des cloisons; ce sont des vésicules membraneuses, plus petites que les précédentes, moins régulières, ovales ou oblongues, parfaitement transparentes et renfermant un assez grand nombre de grains sphériques libres, très-serrés, d'un jaune clair, dont la surface parait elle-même chagrinée ou granuleuse.
11 est difficile de ne pas reconnaître, dans les premiers de ces organes, des graines analogues à celles qu'on a vues germer dans la Pilulaire, et dans les seconds des anthères à une seule loge renfermant des grains de pollen. La germination de ces plantes n'a pas encore été observée ; mais il est extrêmement probable que chaque graine ne donne naissance qu'à une seule plante , et que les globules renfermés dans ces grains que lledwig a indiquées comme des semences, ne sont qu’un périsperme granuleux, analogue à celui des Chara et de la Pilulaire, avec laquelle ce genre a les plus grandes affinités.
Le genre Marsilea est le type de la famille des Marsiléacées, et, réuni â la Pilulaire. avec laquelle il a les rapports les plus intimes, il forme une section remarquable par ses involucres qui renferment les deux sexes réunis , par l'analogie de structure de ses organes sexuels, enfiu par l'enroulement des feuilles en crosse et par la structure de ces feuilles, caractères qui lient cette famille à celle des Fougères. Linné avait d'abord réuni à ce genre, sous le nom de Marsilea natans, la plante dont Micheli avait formé sou genre Saltinia , genre parfaitement distinct, et qui a été rétabli depuis et adopté généralement.
Les vraies Marsilées forment un genre extrêmement naturel, tant par les caractères de leur fructification que par ceux de leur végétation. On connaît huit espèces de ce genre: l’une, le Marsilea quadrifolia , parait se retrouver, sans différences appréciables, dans les lieux les plus éloignés du globe; elle est abondante dans l'Europe tempérée et méridionale; elle croit dans l’Amérique méridionale, dans le Népaul, à la Nouvelle- Hollande et à l'ile Maurice. Les autres espèces croissent la plupart dans les régions les plus chaudes du globe, dans l'Inde, au cap de Bonne-Espérance, à la Nouvelle - Hollande , en Égypte. Le Marsilea Ægyptiaca est une des plus petites espèces de ce genre; les pétioles, longs de quatre à cinq centimètres, portent quatre folioles étroites, cunéiformes, irrégulièrement lobées à leur extrémité; les involucres sont solitaires, portés sur un pédoncule distinct, et non pas insérés sur le pétiole comme cela a lieu pour la plupart des autres espèces; ils sont légèrement velus, presque quadrilatères et divisés en quatre loges par des cloisons verticales; ils renferment un assez grand nombre de graines et d'anthères entremêlées.
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Mabmlêe pygmée. Martilea pygmœa, Leprieur. Sa , taille, de beaucoup inférieure à celle de toutes les espèces connues, lui a valu ce nom. Comine le Martilea Ægyptiaca , ses involucres sont solitaires, et partent | de la lige elle-même, et non des pétioles des feuilles; ils j sont comprimés, presque triangulaires, insérés latéralement au sommet des pédoncules; leur surface externe est lisse et brillante, d'un brun rouge; leur cavité est simple et n'est pas partagée par des cloisons. Elle ren- i ferme des graines elliptiques et des anthères entremêlées, insérées aux parois; les feuilles sont portées sur des pétioles beaucoup plus longs que les pédoncules, mais qui n'ont cependant pas plus de cinq à six lignes; les folioles sont cunéiformes, arrondies au sommet et très -entières; leur tissu est épais et coriace. Du Sénégal.
MARSIO et MARSIONE. pois. Noms vulgaires de l’Apbye, espèce du genre Gobie. V. ce mot.
MARS1PPOSPERMUM. bot. {Desvaux.) V. Joxc.
MARSOLEAU. ois. Nom vulgaire de la Linotte, y. Gbos-Bec.
MARSOUIN. ba>. Espèce du genre Dauphin. V. ce mot.
MARSUPELLA. bot. Duraortier avait donné ce nom à un genre né du démembrement des Jungermannes ; il lui a substitué depuis celui de Marsupie. V. ce mot.
MARSUPIAUX. Marsupialia. sa». L'une des divisions les plus remarquables de la grande classe des Mammifères, et l'une des familles du régne animal, dont l’élude est la plus propre à éclairer la théorie physiologique de la génération, à cause des phénomènes singuliers que présente celle fonction dans les espèces qui la composent. Les petits ne se développent pas comme chez tous les autres Mammifères dans la matrice, mais dans une poche, ou, selon l'expression usitée, dans une bourse extérieure, formée par un repli de la peau de l'abdomen, et soutenue par un os particulier. De là le nom de Marsupiaux ou d’animaux à bourse, donné à ces êtres singuliers, qu'on appelle souvent aussi Didelphes, c'est-à-dire animaux à deux matrices, parce que la bourse a été comparée à un second utérus; mais on désigne plus ordinairement de cette dernière manière, le genre de Marsupiaux le plus anciennement connu.
Tous ces Quadrupèdes offrent les mêmes modifications de l'appareil sexuel; mais les autres organes, et particulièrement ceux de la mastication, de la digestion et du mouvement, se rapportent, pour ainsi dire, à autant de types différents qu’il existe de genres parmi eux. Aussi, parmi tous les caractères que l'on pourrait indiquer comme appartenant aux animaux à bourse, n’en est-il pas un seul qu'on puisse dire commun à toute la tribu, et qui ne soit au contraire propre seulement à quelques-unes ou même à une seule des subdivisions qu'elle comprend. Ces subdivisions, qu'il est donc important de faire connaître, sont, suivant la méthode de Cuvier, au nombre de six ( t. i, Règne Animal).
La première a de longues canines et de petites incisives aux deux mâchoires, des arrière-molaires hérissées de pointes, et, en général, tous les caractères des
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Carnassiers insectivores. Le pouce des pieds de derrière est opposable et manque d’ongle. Elle correspond à la famille des Enlomophages de Lalrcille, et comprend le genre Dùlelphis de Linné, le genre Chi ronéotés d’Illiger, et les genres Daayurus et Ptramelc» de Geoffroy Saint-Hilaire.
La deuxième subdivision porte à la mâchoire inférieure deux longues et larges incisives pointues et tranchantes par leur bord, couchées en avant, et auxquelles il en répond six à la mâchoire supérieure. Les canines supérieures sont encore longues et pointues; mais il n’y a plus pour canines inférieures que des dents si petites qu'elles sont souvent cachées parla gencive; quelques espèces n’en ont même pas du tout. Elle comprend le genre Phalangiata de Geoffroy, et le genre Pclaurus de Shaw.
La troisième subdivision a beaucoup de rapports avec la deuxième; mais elle manque de pouces postérieurs el de canines inférieures. Elle ne comprend que le genre Hipayprymnua d’illiger.
La quatrième ne diffère de la précédente que parce qu’elle n’a point du tout de canines; elle comprend le genre Kangurua de Geoffroy.
La cinquième, que forme le genre Phaacolarclos de Blainville, a deux longues incisives sans canines à la mâchoire inférieure, el, à la supérieure, deux longues incisives au milieu, quelques petites sur les côtés, et deux petites canines.
Enfin la sixième ne diffère de l'ordre des Rongeurs que par le mode d'articulation de la mâchoire inférieure ; elle ne comprend que le genre Phascolomys de Geoffroy.
Les genres qui appartiennent à ces six subdivisions ont été considérés par Cuvier comme constituant la quatrième famille des Carnassiers ; niais Geoffroy Saint- Hilaire et Lalreille en ont formé un ordre distinct; et Blainville les regarde même comme composant une sous-classe particulière. Si en effet les Didelphes et les Dasyuros sont de véritables Carnassiers, et les Phascolomes de véritables Rongeurs, comme lous les mamtnalogistes en conviennent, on doit convenir également que, dans un système rigoureux, ils ne peuvent être réunis dans le même ordre : car n'est-il pas évidenl que le Rongeur didelphe est aussi éloigné par ses rapports naturels du Carnassier didelphe, qu'un Rongeur ordinaire l'est d'un Carnassier ordinaire ou monodelphe? Au reste Cuvier qui, comme on le sait, ne formait de tous les animaux à bourse qu'une seule famille, avait lui-méme eu cette pensée. « On dirait, remarque l'illustre zoologiste, que les Marsupiaux forment une classe distincte, parallèle à celle des Quadrupèdes ordinaires et divisible en ordres semblables; en sorte que si l'on plaçait ces deux classes sur deux colonnes, les Sarigues (ou Didelphes), Dasyures et Péramèles seraient vis-à-vis des Carnassiers insectivores à longues canines, tels que les Tanrecs el les Taupes; les Phalangers el Kanguroos-Rals vis-à-vis des Hérissons el des Musa- ! raignes. Les Kanguroos proprement dits ne se laisse- , raient guère comparer à rien; mais les Pliascoloraes ' devraient aller vis-à-vis des Rongeurs. »
* C'est d’après de semblables idées que Blainville a
divisé la classe en deux sous -classes formées, l'une de tous les Mammifères ordinaires ou Monodelphes, l'autre des Marsupiaux ou Didclphes, auxquels il joint les Monolrèmes.qui sont en effet liés par des rapports assez intimes avec les véritables animaux à bourse, f'. Moxotrèmes. Desmoulins a même tout récemment subdivisé la sous-classe des Didolphes en plusieurs sections, auxquelles il donne généralement des noms correspondants à ceux des familles ou des ordres établis parmi les Monodelphes.
DE LA GÉXÊRATIOX ET DES MODIFIC ATtOXS DE L'APPAREIL SEXUEL CHEZ LES MARSUPIAUX.
Geoffroy Saint Hilaire, dans plusieurs mémoires publiés à diverses époques, a traité avec détail celle importante et difficile question; et il a émis A ce sujet plusieurs idées qui, nouvelles encore, paraissent néanmoins assez généralement goûtées des zootomisles, pour qu'il ne soit possible de mieux faire que de donner ici, pour ainsi dire, un simple extrait de son travail.
L’opinion que les animaux à bourse naissent aux tetines de leur mère, remonte presque à la même époque où les naturalistes européens puisèrent, dans les vagues indications des voyageurs, quelques notions sur ces êtres singuliers. Il est dans les deux Indes, attestaient unanimement ceux qui avaient visité ces contrées, des Mammifères dont le mode de génération est tout différent de celui des Quadrupèdes ordinaires : les petits ne se forment et ne se développent pas dans la matrice de leurs mères, mais bien dans une poche ou bourse particulière, située extérieurement. • La bourse est proprement l'utérus du Çarigueya; la semence y est élaborée, et les petits y sont formés, « écrivait Marcgraaff, il y a près de deux siècles, au sujet d'une espèce du genre Didelphe, qu’il avait observée en Amérique. « La poche des Filandres est une matrice dans laquelle sont conçus les petits, » écrivait également Yalentin dans sou Histoire des Moluques. « Les jeunes Sarigues existent dans le faux-ventre, sans jamais entrer dans le véritable, et ils se développent aux tetines de leur mère, » disait enfin Bévcrley dans son ouvrage sur la Virginie; et tous les voyageurs s'exprimaient A peu près dans les mêmes termes. Néanmoins l'accord parfait des nombreux témoignages venus presque à la fois des deux mondes, n’empécha pas qu'un fait qui paraissait tellement contraire à l'analogie, ne fût rejeté comme fabuleux, d'abord par la plupart des naturalistes, et même ensuite par tous, quand on se fut procuré des Didelphes, et qu’on eut reconnu qu'il n'exislait pas de communication intérieure et diiecte entre la bourse et la matrice. On ne pouvait s'expliquer par la théorie physiologique de la génération, ce qui était si généralement attesté : ou le regarda comme impossible, et on se contenta de considérer les Marsupiaux comme des êtres dont la naissance prématurée était compensée par une sorte d'incubation dans la bourse.
Cette idée, qui en effet pouvait paraitre véritablement spécieuse, était encore généralement adoptée, lorsque d'Aboville (alors officier d'artillerie) fil de nou velles observations qui ramenaient à l’ancienne manière de voir. On les trouve rapportées dans le Voyage en Amérique du marquis de Chaslcllux : « Deux Opos-
sums ( DidclphU t'irginiann ) , mâle et femelle, et apprivoisés, allaient, dit Chaslellux. et venaient librement dans une maison que d'Aboville occupait aux États L'nis en 1783. Ces animaux, qu’il relirait le soir dans sa propre chambre, s’y accouplèrent : d’Aboville en suivit attentivement les effets, ce qui donna lieu aux observations ci-après : le bord de l'orifice de la poche fut trouvé dix jours après un peu épaissi, et cela parut de plus en plus sensible les jours suivants. Comme la poche s'agrandissait en même temps, l’ouverture en devenait bien plus évasée. Le treizième jour la femelle ne quitte sa retraite que pour boire, manger et se vider; le quatorzième elle ne sort point. D'Aboville se décide enfin à la saisir et à l’observer. La poche, dont précédemment l'ouverture s'évasait, était presque fermée : une sécrétion glaireuse humectait les poils du pourtour. Le quinzième jour, un doigt est introduit dans la bourse, et un corps rond de la grosseur d'un pois y est au fond sensible au toucher : l'exploration en est faite difficilement A raison de l'impatience de cette mère, douce au contraire et tranquille précédemment. Le seizième jour elle sort un moment de sa boite pour manger. Le dix-septième elle se laisse visiter : d'Aboville sent deux corps gros comme un pois, et conformés comme serait une figue dont la queue occuperait le centre d’un segment de sphère : il est toutefois un plus grand nombre de ces petits naissants. Le vingt-cinquième jour, ils cèdent et remuent sous le doigt. Au quarantième, la bourse est assez entr'ouverte pour qu'on puisse les distinguer; et au soixantième, quand la inère est couchée, on les voit suspendus aux tetines, les uns en dehors de la bourse, les autres en dedans. Quant au mamelon, il est. après le sevrage, long de deux lignes; mais il se dessèche bientôt, et il finit par tomber comme ferait un cordon ombilical. »
Les observations du docteur Barton, faites quelque temps après celles de d'Aboville, ne sont pas moins importantes. Il vit que » les Didelphes mettent bas, non des fœtus, mais des corps gélatineux, des ébauches informes, des embryons sans yeux ni oreilles. Nés de parents gros comme des Chats, ils pèsent. A leur première apparition, lin grain environ; mais quinze jours de développement suffisent pour les amener à la taille d'une Souris. Lorsqu'ils ont atteint celle d’un Rat , ils cessent d’adhérer aux mamelles; mais ils les reprennent A volonté, et sont alors nourris du lait de leur mère., et en même temps de ce qu’ils trouvent. « Barton conclut qu’on peut distinguer deux sortes de gestation, l’une qu'il appelle utérine, et qu'il estime être de vingt-deux à vingt- six jours, et l’autre qu’il nomme marsupiale. Quant à la manière dont il est possible de concevoir le transport de l'embryon de la cavité utérine dans la bourse, il remarque que la femelle du 1>K delphe se couche fréquemment sur le dos, et principalement lorsqu'elle a des petits. « Dans cette position, elle louche, quand il lui plait, tous les points des parois intérieures de sa bourse avec l’extrémité de son vagin; cl elle peut ainsi, au moment de la mise bas, y verser ses petits sans recourir à un ongle ou A l'un de ses doigts. •