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C’est principalement d’après les observations de d'A- | boville et de Barlon, et d'après les faits qu’ont pu lui procurer ses recherches anatomiques et les secours de l’analogie, que Geoffroy Saint-Hilaire a établi sa théorie de la génération des animaux à bourse; théorie qui va être exposée immédiatement après l'examen anatomique de l'appareil sexuel.
* Des modifications de l'appareil sexuel chez les Marsupiaux.
L'appareil sexuel des Marsupiaux s'écarte presque à tous égards du type classique des Mammifères; néanmoins les nombreuses et importantes anomalies qu'il présente, peuvent toutes être rapportées à deux modifications du système artériel, qu’on peut nommer fondamentales.
1° On sait que chez l’Homme et les Mammifères ordinaires, l’aorte abdominale donne successivement deux grosses branches connues sous le nom de mésentériques supérieure et inférieure, et qui toutes deux appartiennent au canal intestinal. Chez les Marsupiaux, une seule existe; c’est la mésentérique supérieure. La portion terminale de l’aorte ne donne ainsi chez eux aucune branche aux organes de la nutrition; elle appartient exclusivement soit à ceux de la génération, soit au membre postérieur et à la queue.
L’aorte se termine chez les Marsupiaux , comme chez les Mammifères monodelpbes, à peu près à la hauteur de la crête des os des lies; mais comme le bassin a beauc oup de longueur chez les premiers, les iliaques primitives naissent véritablement plus haut, et l'angle de bifurcation est sensiblement plus aigu. Cette disposition, fort simple, est de la plus haute importance; car tandis que, chez l'Homme et chez presque tous les Mammifères, l'iliaque externe ou la première portion de la crurale, et l'iliaque interne ou l'hypogastrique. sont des artères d’un calibre presque égal, l’artère iliaque externe forme chez les Marsupiaux une mère- branche dont l'hypogastrique n'est plus qu’un simple rameau; et la sacrée moyenne est également d’un diamètre assez considérable. La conséquence évidente d'une pareille combinaison est le grand développement du prolongement caudal et du membre postérieur, qui, chez les animaux à bourse, sont en effet presque constamment l’un et l'autre d’importants or- < ganes de locomotion ou de préhension. De plus, comme ] l'artère utérine et l’artère vaginale sont des branches : de l'hypogastrique, et comme l’a rtère épigastrique vient ! au contraire de l'iliaque externe, on conçoit que le calibre des premières doit être diminué, et que. tout au contraire, celui de l'épigastrique doit être de beaucoup augmenté. Aussi l'utérine et la vaginale suffisent seulement à nourrir l'appareil sexuel; et les fluides nourriciers ne se portent plus, dans la saison de l’amour, aux organes que ces artères nourrissent, à l'utérus et au vagin, mais à ceux auxquels appartient l'épigastrique, les mamelles et les téguments qui les environnent.
Ces considérations peuvent déjà donner une idée des modifications fondamentales de l’appareil de la génération : quelques remarques sur chacun des organes qui le composent sont maintenant nécessaires.
« De l'utérus et des autres organes génitaux internes.
La détermination des organes génitaux internes a longtemps embarrassé les zootomistes ; ils trouvaient entre le premier et le troisième segment du canal sexuel, ou, comme ils le disaient, entre le vagin et l'utérus, deux tubes placés l'un à droite, l'autre à gauche, et dont ils cherchaient en vain les analogues chez l'Homme et les Mammifères normaux. A la vérité Tyson avait supposé que ces tubes pourraient bien n’étre que les cornes de la matrice; mais celte hypothèse était évidemment inadmissible, puisque ces appendices sont toujours placés au delà, et non pas en deçà de l'utérus. C'est ce que sentit l'illustre Daubenton, qui ne trouvant d'ailleurs aucune détermination plus exacte qu'il pût substituer à l’ancienne, se borna à désigner les deux tubes latéraux sous le nom de canaux communiquant du vagin à l’utérus.
La difficulté naissait d'une erreur, le prétendu vagin n'étant, selon Geoffroy Saint-Hilaire, que le canal urétro-sexuel. Ce naturaliste, dans un Mémoire sur les Oiseaux, a ainsi nommé la seconde portion de leur appareil génital, ou le segment qui résulte de la réunion des oviduclus et des uretères chez la femelle, des canaux déférents et des uretères chez le mâle. Ce canal existe également chez les Mammifères; mais il est généralement assez petit dans cette classe, et il est même si rudimentaire chez la Femme que les anthropoloinistes l’ont à peine remarqué : au contraire, il a une étendue considérable chez les Marsupiaux, qui, sous ce rapport, se rapprochent ainsi des Oiseaux.
Ce premier point établi, il est assez facile de saisir les véritables rapports de tous les autres organes sexuels : les deux tubes latéraux, placés entre le canal urétrosexuel et l'utérus, ne peuvent être que deux vagins, l'un droit, l'autre gauche. » Leur duplicité, comme le remarque Geoffroy, ne doit pas plus surprendre que celle du clitoris, et que celle d'une partie du pénis chez les mâles; chaque vagin reçoit dans l'accouplement sa portion correspondante du pénis; il faut ajouter a ces considérations que les Oiseaux ont également un vagin à droite et un à gauche. »
L’utérus est également très -différent de celui des Mammifères : c'est un simple canal d’une structure Irès-peu compliquée, et où l'on ne voit point de ces rétrécissements qui forment, chez les autres Mammifères, ce qu'on a coutume de nommer les cols de la matrice. Il résulte de la réunion des deux vagins, qui, parlant l’un et l'autre du canal urétro-sexuel, aboutissent également tous deux dans une même cavité, celle de 1’utérns. Mais celle disposition remarquable ne s'ob- 1 serve que chez les femelles qui ont déjà mis bas; car i chez les vierges, les deux moitiés de la matrice sont séi parées par un diaphragme, en sorte qu’elles forment véritablement alors deux organes distincts.
Quant aux cornes de la matrice et aux tubes de fallopc. ces segments ont été parfaitement déterminés par Daubenton; les cornes ont en effet chez les Marsupiaux la inéinc position et les mêmes rapports que chez les autres Mammifères, et on ne voit pas ce qui a pu causer l’erreur de Tyson.
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• Ainsi, dil Geoffroy Saint-Hilaire, après avoir exposé les faits que nous venons d'indiquer; ainsi les appareils sexuels des Didelphes forment deux longs intestins entièrement semblables aux ovidticlus des Oiseaux, à ces différences près, 1» qu’ils sont réunis et greffés sur un point de leur longueur à la région utérine, et 2° que partagés en compartiments antérieurs et postérieurs, ceux-là sont plus courts que ceux-ci. Enfin, une dernière conséquence, c'est que les poches utérines sont seulement des canaux, et ne sont pas établies sur le modèle d’un utérus de Mammifère : il leur manque pour cela d'ètre concentrées, ramassées, et en partie plissées. L’organe n'existe que pour satisfaire à la théorie des analogues; il manque sous le rapport d'une partie de ses fonctions. Point d'obstacle à la sortie du produit ovarien; celui-ci échappe, s'écoule nécessairement. On explique ce fait chez les Mammifères, en le déclarant un fait d'avortement; l'ovule est expulsé avant que le phénomène de sa transformation en embryon ait commencé; mais chez les Oiseaux on se contente de dire, un œuf est pondu. •
fi De la bourse, et des os marsupiaur.
La bourse n'existe pas rbez tous les Marsupiaux; elle est remplacée chez beaucoup de Didelphes, par de simples replis de la peau, qui entourent les mamelles; au contraire les os marsupiaux se retrouvent constamment chez tous. Ce sont deux pièces de forme allongée, mais un peu aplaties, qui s'articulent par leur extrémité postérieure avec le pubis, et qui s’avancent de là dans les parois antérieures de l'abdomen en s'écartant l'une de l'autre; elles sont d'ailleurs mobiles à peu près à la manière d'un pivot, cl susceptibles de se rapprocher et de s'éloigner l’une de l'autre.
Ces mouvements peuvent résulter de la contraction de plusieurs muscles, parmi lesquels on remarque surtout les triangulaires, ainsi nommés par Tyson à cause de leur forme, et qui sont les analogues des pyramidaux : leurs fibres naissent d’une ligne aponévrolique médiane, et se terminent au bord interne des deux os, dont ils remplissent l'intervalle. Ils ont donc pour usage de les amener vers la ligne médiane, et d’opérer ainsi leur rapprochement.
Un autre muscle dont la disposition chez les femelles des animaux à bourse n'est pas moins remarquable, c’est l'iléo-marsupial du savant anatomiste Duvcrnoy, ou l'analogue du créinasler. Il s'insère sur le ligament rond qui se trouve ainsi couvert de fibres musculaires comme le cordon spermatique chez le mâle , et va se terminer par plusieurs digitations sur la glande mammaire.
Les os de la bourse ou les os marsupiaux avaient été nommés par Tyson marsupii janitorcs; mais iis paraissent avoir des fonctions beaucoup plus importantes que ne l'avait supposé cet anatomiste : « Ils secondent merveilleusement la mise bas en se rapprochant, dil Geoffroy Saint-Hilaire; car alors toutes les masses musculaires de l'abdomen entrant en jeu, et serrant fortement le bas-ventre, les organes génitaux, et principalement le canal urélro-sexuel, sont contraints de descendre vers le fond du bassin ; celle pression persévérant de plus en plus, le canal urétro-spxuel sort en se retour-
liant comme un doigt de gant, et s’en vient porter ati dehors l'entrée même des vagins. L’effet de ces contractions générales, et en particulier de celles du muscle I pyramidal, est d’obliger les os marsupiaux à se rapprocher; la glande mammaire est au milieu d’eux; elle ressent leurs efforts, et n’y échappe qu'en se portant en devant. C'est aussi au même moment qu'agissent les muscles créinaslers; tirant ta bourse chacun vers son anneau inguinal, ils l'entraînent dans la diagonale de leurs efforts; c'est-à-dire qu'ils l'abaissent et qu'ils la ; portent sur le vagin. Ainsi s'exécute ce que Barton a | raconté d'après scs propres observations. Le vagin, qui ! a la faculté de loucher toutes les surfaces internes de | la bourse, a par conséquent, et à plus forte raison,
I celle d’y déposer les produits accumulés dans l'ovjductus. C’est une chose dont j'aurais pu douter, malgré l'assertion formelle de ce médecin, si je ne savais pertinemment aujourd'hui que c’est la fonctiou de tout canal urélro-sexuel de s’employer à mener au dehors tantôt le méat vaginal, et tantôt le méat urinaire. Le rectum des Oiseaux, bien plus reculé dans l'abdomen, agit de même, et réussit également à porter au dehors I son extrémité. »
I M De révolution du germe, et du développement de l'embryon chez les Marsupiaux.
• Les Didelphes mettent bas, non des fœtus, mais I des corps gélatineux, des ébauches informes, » avait I dil Barton; c'est-à-dire, suivant Geoffroy $‘-Hilaire, qu'ils mettent lias non des fœtus, mais des ovules. Ce zoolomisle établit en effet que les produits de l'ovaire, ou ces corps transparents qu’on a désignés sous le nom , de corpora lulea, et qu'il nomme ovules, sont promptement rejetés à l’extérieur, sans avoir subi ces trans- 1 formations qui les amènent successivement ù l'état | d'embryon et de fœtus chez les Mammifères normaux, j à celui d'œuf, d'embryon et de fœtus chez les Oiseaux.
| Les organes qui, dans cette dernière classe, produisent les couches albumineuses par l'addition desquelles l'ovule est changé en œuf, sont encore moins développés chez les Marsupiaux que chez les Mammifères ordinaires, les portions fallopiennes de leur oviductus étant très-courtes, comme chez les Didelphes. et même quelquefois presque nulles. comme chez les Kanguroos. L’ovule arrive donc promptement dans la matrice, et il y arrive tel qu'il a été produit par l'ovaire. Mais le canal utéro-vaginal n'élaiil point ramassé sur lui-même, n’étant point pourvu de cols, il n’y est point retenu, et ne s'y arrête pas, comme cela a lieu chez les Mammifères normaux : il est au contraire promptement rejeté au dehors, et la mère le dépose, au moyen du mécanisme indiqué plus haut, dans sa bourse abdominale.
Suivant celte manière de voir, on peut donc comprendre comment le produit ovarien traverse si rapi- | dcmeul le canal sexuel sans s'élrc développé, et comment il n'est encore qu'un simple ovule tout au plus baigné de fluides albumineux, lorsqu'il arrive dans la bourse ; on peut de même concevoir les nouveaux rapports qui, à ce moment, s'établissent entre cc même produit et le mamelon. Les nombreux cas de grossesses extra-utérines, observés chez là Femme elle-même, j suffisent pour démontrer qu’un ovule détourné de sa
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roule peut se greffer sur une artère quelconque, soit dans les trompes, soit sur d’autres organes. Or, ces faits, qu'on n’observe que par anomalie chez la plupart des Mammifères, sont précisément analogues aux phénomènes qui ont lieu dans l’étal normal chez les Marsupiaux : leur ovule, parvenu dans la bourse, se greffe sur le point de celle cavité, oh les vaisseaux sanguins sont répandus le plus abondamment, sur le mamelon; et c'est là qu’il se développe. L’artère épigastrique remplit à l’égard des jeunes Didelphes les fonctions de l'utérine, de même que la matrice est remplacée pour eux par la bourse.
C’est donc dans cette poche que l'ovule atteint successivement l'âge embryonnaire cl l'âge fœtal, et qu'il parvient enfin au même degré de développement où se trouve le Mammifère monodelphe, 5 l’époque de sa naissance. Le fœtus didelphe nait aussi à ce moment : la tetine qui, jusqu'à cette époque, n’avait cessé de croître dans la même raison que l'embryon, est rompue; et ses vaisseaux, qui se prolongeaient dans le fœtus, s’arrêtent et ne se terminent plus que dans la glande mammaire.
L’artère épigastrique reprend alors les mêmes fonctions qu'elle a chez les Quadrupèdes normaux; elle n’est plus que l'artère nutricière de la glande mammaire, c'est-à-dire de l'organe sécréteur du lait. Le jeune animal à bourse est alors allaité par sa mère dont il peut, à volonté, prendre et quitter la mamelle, et il rentre à ce moment dans les conditions communes de tous les autres Mammifères.
Telle est la manière dont on peut concevoir et expliquer les phénomènes et les anomalies de la génération des Marsupiaux: on voit qu'ils atteignent successivement tous les mêmes degrés de développement que les autres Mammifères; mais ils naissent à l'étal d'ovule dans la bourse, tandis que ceux-ci s’arrêtent dans la matrice, lorsqu'ils sont dans cet âge de formation.
Il resterait à rechercher quel est le mode de nutrition de l’ovule, de l'embryon et du fœtus du Didelphe; mais cette question, non moins difficile qu’importante, entraînerait dans une discussion trop longue pour qu'elle puisse être entreprise dans cet article : il faut donc se borner à renvoyer aux travaux déjà cités de Geoffroy Sainl-llilaire (ou à l'excellente analyse qu'en a donnée Dumas, dans les Annales des Sciences naturelles), et à une note publiée depuis, où le même auteur annonce l'existence de quelques vestiges d'organisation placentaire et d'ombilic chez les très-jeunes embryons des animaux à bourse. (Ann. Sc. nat., t. n.)
MARSUPIE. Marsupia, bot. L’un des sous-genres proposés par Dumortier, dans son Sjrlloge junger mannidearum, pour faciliter l'élude du genre trèsnombreux des Jiiugcrmannes. Le genre Marsupia ferait partie de la sous-tribu des Mésophyllées et se distinguerait par un périchèze potyphylle. à divisions développées circulairemenl au delà de la base, en une sorte d’urcéole : ces divisions sont libres au sommet; colésule adhérente par le dos à l'urcéole périchézial; feuilles disposées sur deux rangs, privées de stipules et transversales. Les espèces indiquées comme devant faire partie de ce genre sont : Jungermannia emar~
: ginata , Ehrh.; Jungermannia sphacelata, Giesekc, et Jungermannia funckii , Web. et Molir.
MARSUPITE. Marsupiles. êciii*. ross. Genre de l’or- , dre des Échinodcrmes pédicellés ayant pour caractères: un corps subglobuleux, libre, formé de plaques calcaires, contiguës par leurs bords; celle du centre ou la base supportant cinq plaques (costales); celles-ci, cinq autres (intercostales), qui donnent à leur tour insertion à une troisième série de plaques encore au nombre de cinq (les scapulaires), desquelles naissent cinq bras. L'espace circonscrit en dessus par les plaques scapu- ; laires est couvert par une sorte de tégument protégé par des plaques calcaires, petites et nombreuses; la bouche se trouve au centre de ce tégument. La seule espèce qui constitue ce genre a la forme d'un ovoïde tronqué; on l’a comparée à une bourse ( Marsupium ), d'où lui vient son nom. On ne l'a point encore trouvée complète, on n'en connaît que le corps sur lequel on a remarqué l’origine des bras; mais on n’a point encore découvert ceux-ci ; il parait également que les échantillons avec le tégument supérieur, recouvrant la cavité limitée par les plaques, sont fort rares, et que ce Fossile intéressant est presque toujours mutilé ou incomplet. La plaque qui occupe le centre du corps, a cinq côtés à peu près égaux ; sa surface extérieure est un peu convexe, elle est couverte de stries rayonnantes, subcrénelées, elle n'est point percée dans son centre, on n’y remarque aucune dépression «pii puisse indiquer qu'elle fut articulée à une lige ou colonne. Cinq plaques (costales), également à cinq côtés, viennent s'appliquer par l’un de leurs bords sur la plaque centrale, et s’articulent entre elles par deux de leurs bords correspondants; elles sont striées à l'extérieur comme la plaque centrale. Cinq autres plaques (intercostales) viennent s'articuler sur les bords de celles-là et entre elles ; elles ont six côtés et sont striées comme les précédentes; de plus, elles offrent quelques gros cordons rayonnants du centre à la circonférence. (Miller eu indique quatre dans son texte; mais sa planche en indique distinctement six.) Viennent enfin les cinq plaques scapulaires, à cinq côtés; elles s'articulent sur les intercostales et entre elles, et sont marquées à l’extérieur. de deux gros cordons saillants, en fer à cheval, qui s’embranchent avec ceux des plaques intercostales. Le bord supérieur de chaque plaque scapulaire est marqué d’une dépression ou échancrure destinée à recevoir l'implantation des bras. Les débris de ceux-ci, remarqués sur quelques échantillons, étau# de forme anguleuse, ont porté Miller à penser qu'ils étaient divisés dès leur origine, et, par analogie, qu’ils continuaient de se bifurquer comme les bras destEuryales. La présence des rugosités extérieures des plaques du Marsupite, fait également présumer à Miller que cet animal était couvert d’un tégument membraneux susceptible de contraction et de dilatation. L’intervalle que circonscrivent supérieurement les plaques scapulaires est occupé par de petites plaques polygonales et nombreuses, analogues à celles que l'on remarque dans le genre Actinocrinite; elles indiquent, suivant Miller, qu’il existait un tégument protégé par ces plaques, dans le centre duquel était la bouche, e^ qu’il
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recouvrait la cavité abdominale contenant les viscères.
Le Marsupitc n'a encore été trouvé que dans les couches de Craie, à Lewes, à Hurlspoint (Susses), à Brighlon, dans le comté de Kent cl à Warminsler. Les plaques, d'épaisseur médiocre, sont changées en Spath calcaire, à cassure oblique et particulière aux Échinoderines pétrifiés; l’intérieur de la poche, formée par l’union des plaques, est rempli de Craie. D'après Miller, le Marsupile se rapproche des Actinocrinites et des Cyatocriniles par ses formes et l'arrangement de ses plaques, mais il en diffère par l'absence de colonne; il le regarde également comme voisin des Euryales par la forme de ses bras, et pense qu'il forme un passage des Crinoïdes inarticulées aux Stelléridei; de même que les Cumaltiles, par la présence de leurs rayons dorsaux, semblent faire le passage des Stellérides aux Crinoïdes articulées. Miller nomme celte espèce Marsupile» ornât u*.
M ARSYAS. moll. Nom que Okcn, dans son Système de zoologie, a donné à un genre de Mollusques que Lama rek a établi sous le nom d'Auricule, qui a été générâlement adopté. Ai ricli e.
MARSYPIANTHE. Marsypianthes. bot. Genre delà famille des Lahiatées, formé par Martin» aux dépens du genre Hyptis de Jacquin. avec les caractères suivants : calice campanulé, rétréci à sa base, divisé en cinq dents égales, lancéolées, ércclo-étalées; l’orifice est nu intérieurement; tube de la corolle dressé, son orifice est à peine renflé et ne dépasse pas la hauteur des dents du calice, son limbe est subbilahié. avec la lèvre supérieure bifide et l'inférieure à trois lobes dont les latéraux sont ovales, éreclo-élalés, presque égaux, l'intermédiaire en sac un peu stipilé à sa base, acuminé au sommet; quatre étamines déclinées, les inférieures plus longues; filaments libres, dépourvus de dents; anthères ovaloréniforines, à loges subcoaffluentcs; style courtemenl bifide au sommet, et à lobes presque plans; stigmates submarginaux; akènes ovoïdes, comprimés, concaves et en forme de coupe intérieurement, avec le bord membraneux, roulé et frangé.
Marsypiaxthe Cham.edris. Marsypianthes ChautœdriSy Mari.; Ilyplis Chamœtlris, Poil. La plante est annuelle, et produit plusieurs liges couchées, divisées, velues, longues de quinze à vingt pouces; ses feuilles qui ont à peine quelques poils sur l'une et l’autre face, sont péliolécs, ovales, obtuses, crénelées; les pédoncules sont alternes, axillaires, lermioés par un capitule garni de fleurs renfermées dans un involucre de plusieurs folioles linéaires ou lancéolées et soyeuses. Du Brésil.
MARSYPOCARPCS. bot. Le Thlaspi Du rsa - posions, L., a été distingué génériquement sous ce nom par Necker ( Elem . Dot., n° 141G); mais De Candolle, d’après Médikus et Mœnch, a adopté le nom de Capsella , jadis employé par Césalpin. V. Capselle.
MARTAGON. bot. Espèce du genre Lis. V. ce mot.
MARTE. Mustela. mam. Genre de Carnassiers digitigrades, comprenant presque toutes les espèces qui appartiennent à la famille des Vermifonnes; ou, ce qui revient à peu près au même, presque toutes celles que Linné avait placées dans son grand genre Mustela. Toutes tes Martes ont à l'une et à l'autre mâchoire six
, incisives, deux canines, et, parmi les mâchelièrcs, deux carnassières et deux tuberculeuses : mais le nombre des fausses molaires est sujet à quelques variations : plusieurs espèces en ont six supérieures et huit inférieures, et d’autres quatre supérieures cl six inférieures seulement, en sorte que le nombre total des dents varie de trente-huit â trente-quatre. Mais ces différences sont de peu de valeur : comme on l’a déjà fait remarquer dans un autre article, la fonction étant déterminée par la forme et non par le nombre, la forme est toujours beaucoup plus importante que le nombre, lorsqu’on étudie l'appareil dentaire : c’est en effet parce qu’il est physiologiquement en rapport avec toutes les autres parties de l’appareil digestif, qu'il indique si constam- ! meut leurs diverses modifications par les siennes pro- ! près, et qu'il fournit ainsi aux zoologistes des caractères qu'on peut nommer de premier ordre. D'ailleurs | les dents surnuméraires, s'il est permis d’employer celle expression, sont toujours très-peu développées, trèsrudimentaires même, et par conséquent de très -peu d'usage : ainsi elles n’ont qu'une seule racine, et se terminent par une pointe très-inousse. Les autres fausses molaires, qui ont au contraire plusieurs racines, sont minces de dehors en dedans, larges d’arrière en avant et très-pointues. Les carnassières qui viennent ensuite, sont assez semblables à celles des Chats : les supérieures ont cependant le tubercule interne plus distinct, et les inférieures sont remarquables par un talon assez étendu que présente leur partie postérieure. Les tuberculeuses inférieures sont petites, arrondies, et leur couronne se termine par trois petites pointes; les supérieures, assez grandes, ont le diamètre transversal plus grand que l'antéro-postérieur, et sont divisées par un sillon assez profond en deux parties, de grandeur un peu inégale, et qui se composent l'une et l'autre de trois petits tubercules.
Les pieds sont courts, et terminés par cinq doigts réunis par une membrane dans une grande partie de leur longueur : ce caractère est même assez prononcé dans quelques espèces, pour que divers auteurs aient cru devoir les placer parmi les Loutres. Le pouce est le plus court de tous les doigts; le médian et le quatrième sont ordinairement les deux plus longs; les deux autres, égaux entre eux, tiennent le milieu pour la grandeur. On voit à la base des doigts des tubercules nus et de forme allongée : un autre se remarque également vers le milieu de la plante du pied; il présente en devant trois prolongements qui se dirigent vers les doigts. Enfin il en existe également un à la paume. Les ongles sont arqués cl très-pointus (excepté chez le Zo~ rille); aussi les Martes ont-elles, comme plusieurs autres genres de Carnassiers, la faculté de grimper sur les arbres. La queue présente quelques variations : elle est tantôt aussi longue que le corps, et tantôt beaucoup plus courte. Le corps est au contraire toujours trèslong. très-grêle, ou, comme on a coutume de le dire, vermifonne : il est couvert de poils de deux sortes, lej uns soyeux, les autres laineux, ceux-ci étant les plus abondants. Le pelage est doux et moelleux dans toutes les espèces; mais quelques-unes, et particulièrement 1 celles qui vivent dans les régions les plus septenlrio-
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naîes, sont particulièrement remarquables à cet égard ; et il n’est personne en effet qui ne sache combien les fourrures de Zibeline, d’Hermine, et de Marte, sont recherchées et estimées dans le commerce. Les moustaches sont assez longues, et les narines sont entourées d'un mufle. 1,'oreille est courte, arrondie et assez simple. La pupille est allongée transversalement. L’os pénial existe assez développé chez toutes les Martes; mais sa forme n’est pas exactement la même chez toutes. Ainsi il diffère chez la Marte et chez le Putois, chez la Fouine et chez la lielette; et il présente aussi chez l'Hermine quelques caractères particuliers. Les mamelles, très- peu apparentes, si ce n'est au temps de l'allaitement et vers la fin de la gestation, sont ventrales : leur nombre varie suivant les espèces : ainsi il est de huit dans quelques-unes, tandis que d’autres, telle que la Fouiue, en ont quatre seulement. On ne trouve point près de l'anus des poches profondes, comme chez les i Civettes, mais seulement de petites glandes qui sécrètent une substance dont l’odeur, ordinairement désagréable, est souvent uiéineexcessivemcnl fétide, comme chez plusieurs Putois.
Les Maries, quoique généralement d'une fort petite taille, sont au nombre des plus carnassiers, et surtout des plus sanguinaires de tous les animaux qui se nourrissent d'une proie vivante : personne n'ignore quel ravage la Fouine fait dans les basses -cours lorsqu’elle vient à bout de s'y introduire; et toutes les autres espèces du genre ont à peu près le même instinct et les mêmes penchants. Elles sont cependant assez susceptibles d'être apprivoisées; et chacun sait que le Furet, | depuis longtemps réduit en domesticité, est même au | nombre des animaux qui rendent aux chasseurs les services les plus importants. Ce genre est un de ceux qu'on a coutume de dire cosmopolites; et la Nouvelle-Hollande est en effet presque la seule contrée où l'on n'ait encore trouvé aucune espèce qui lui appartienne ; il habite d'ailleurs plus particulièrement les pays froids ou tempérés que les pays chauds.
Geoffroy Saint-Hilaire, Desmaresl, Frédéric Cuvier, Ranzaui et quelques autres mammalogistes comprennent sous le nom de Muslela , non-seulement les Martes proprement dites, mais aussi les Putois, les Belettes cl le Zorille. Desmaresl les divise en trois sous-genres, les Martes proprement dites, les Putois et les Zorilles, qui correspondent, le premier, au genre Marte, Mustein , de G. Cuvier; les deux autres, à son genre Putois. Ptttorius. ^
• Martes proprement dites. Muslela , Lin. Ce sont toutes les espèces qui ont six fausses molaires à la mâchoire supérieure, et huit à l’inférieure : elles habitent particulièrement l'Euro|>e, l’Asie et l'Amérique septentrionale.
Marte commise. Muslela Maries, Lin. La Marte, Buff., I. vu, pl. 22. appelée aussi Marte sauvage et Marte des Sapins, Maries Abietum , par opposition avec la Fouine à laquelle on avait donné les noms fort impropres de Marte domestique et de Marte des Hêtres, Martes Fagorum. Elle est généralement d’un brun lustré avec une tache d'un jaune clair sous la gorge : l'extrémité du museau, la dernière portion de la queue
reste du corps. Elle a environ un pied et demi depuis le bout du museau jusqu'à l’origine de la queue; et celle-ci a un peu moins de dix pouces. La Marte vil nu fond des forêts, fuyant également et les pays habités et les lieux découverts : elle détruit une grande quantité de petits Quadrupèdes, et surtout d'Oiseaux. s'emparant de leurs œufs qu’elle va dénicher jusque sur les branches élevées des arbres. Elle fait au printemps une portée de deux ou de trois petits qu'elle dépose ou dans le trou d'un vieil arbre, ou même dans le nid d'un écureuil qu'elle chasse ou dont elle fait sa proie. Les petits naissent les yeux fermés, mais ils grandissent rapidement. L’espèce est répandue dans une grande partie de l'Europe; mais elle est rare en France : elle parait exister également dans le nord de l'Amérique.
Marte Fouine, Buff., t. vu, pl. 18; Muslela Foina, Lin. Elle est un peu moins grande que la Marte; son pelage est généralement brun, avec une tache blanche sous la gorge; les jambes et la queue noirâtres; ses proportions sont presque exactement celles de la Marte. Buffon et Daubenlon indiquent cependant quelques différences; mais elles sont pour la plupart si peu importantes, qu’on en trouverait d’aussi prononcées entre deux individus de la même espèce. La Fouine, qui est répandue dans toute l’Europe où elle est généralement assez commune, et qui se trouve également dans une partie de l'Asie, diffère autant de la précédente par ses habitudes, qu’elle lui ressemble par ses caractères extérieurs et par son organisation. Elle se lient à portée des habitations où elle pénètre fréquemment la nuit, et où elle fait de grands ravages : on sait en effet que, lorsqu’elle vient à s'introduire dans un poulailler ou dans une faisanderie, elle commence ordinairement par mettre â mort tout ce qu'elle peut atteindre, et qu'elle n’est pas moins redoutée dans les campagnes que le Renard lui -même, avec lequel elle a quelques ressemblances de mœurs. Il parait qu'elle fait chaque année deux ou même plusieurs portées : car on trouve également à plusieurs époques de l'année de jeunes individus. Elle dépose ses petits dans les trous des vieux arbres et des murailles, où elle leur prépare un lit de mousse : il lui arrive quelquefois de mettre bas dans les granges et les greniers à foin. Sa fourrure est beaucoup moins estimée que celle de la Marte, parce qu'elle a moins de douceur, de moelleux et d'éclat; elle serait cependant assez recherchée, si l’animal était plus rare. La Marte et la Fouine sont, comme on le voit, liées par les rapports les plus intimes; et la couleur de la gorge, jaune chez l’une et blanche chez l'autre, forme presque la seule différence sensible qui existe entre elles.
Marte Zireune, Buff., I. xm, Muslela Zibelliua , Lin. C’est encore une espèce fort voisine de la Marte, dont elle diffère cependant en ce qu’elle a du poil jusque sous les doigts : elle est généralement d’un brun lustré, noirâtre en hiver, mais d’une nuance moins foncée en été, avec le dessous de la gorge grisâtre et la partie antérieure de la tête et les oreilles blanchâtres. Elle vit dan» la région la plus septentrionale de l’Asie, cl sc trouve jusqu'au Kamtchatka où elle est assez
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abondante. « Les fourrures des Zibelines de Sibérie, dit Sonnint, passent pour les plus précieuses, et l'on estime surtout celles de WHinski et de Nerskinsk. Les bords de la Wilima (rivière qui sort d'un lac situé â l'est du Baïkal. et va se jeter dans la Léna) sont fameux par les Zibelines que l'on y chasse. Ces Martes abondent dans la partie des monts Altaïs que le froid rend inhabitable, jfr ainsi que dans les montagnes de Saïan. au delà du Jénisseï, et surtout aux environs de l'Oby et des ruisseaux qui tombent dans la Touha. « Les Zibelines noires, c'està-dire les Zibelines en pelage d'hiver, sont les plus estimées; leur fourrure a dans celte saison autant d'éclat que de douceur et de moelleux; et elle est à juste litre l'une de celles que le luxe européen recherche comme les plus magnifiques et les plus précieuses.
Marte Pékan. BuIF., t. xm, pl. 13. Mustela Canade nsi s, L. Elle est d'une taille un peu supérieure à celle des espèces précédentes. Elle a les pattes, la queue, 1 le dessous du corps et le museau d'un brun-marron très-foncé, les oreilles blanchâtres; te reste du pelage est d’un gris-brun, varié de noirâtre, la nuance est d'ailleurs très-difFér#fcle suivant les divers individus, J et quelques-uns sont même presque entièrement noirs. Celle espèce qui habite le Canada et les Etats- luis | du nord, a, selon llarlan, les mêmes habitudes que le Vison.
Marte des Aurons. Mustela Hnro, Fr. Cuv. Elle est généralement d'un blond clair, avec les pattes et l'extrémité de la queue plus foncées et même hrunes chez quelques individus. Du reste, les couleurs de cette espèce varient suivant les individus. La tète, ordinairement d'un blond clair comme le corps, est quelquefois ; blanchâtre, et quelquefois même entièrement blanche.
Quant aux Carnassiers désignés par RufTon sous les ! noms de petite Fouine de Madagascar, de petite Fouine j de la Guiane et de grande Marte de la Guiane, ils n'ap* 1 parliennenl pas à ce genre. Le deuxième parait n'êlre , qu'un jeune Coati, et les deux autres se rapportent l'un ! à une Mangouste, le second au Glouton Taira; enfin : la Fouine de la Guiane est également une autre espèce du même genre, le Grison. (F. Glouton et Mangouste, au mot Civette.)
" Putois. Pulorius , Cuv. Us n’ont que quatre fausses molaires à la mâchoire supérieure, eL six à l'inférieure; leur tête est un peu moins allongée que celle des Martes proprement dites, auxquelles ils ressemblent d'ailleurs généralement par tous leurs caractères extérieurs. Les espèces de ce sous-genre sont trèsnombreuses : plusieurs d’entre elles habitent la F rance.
Marte Putois. Mustela Putorius, Lin. Le Putois, Buff., t. vu, pi. 23. Il a presque la taille de la Marte : c’est-à-dire plus d'un pied depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, et celle-ci a environ six pouces. U est d’un bruu noirâtre, assez foncé sur les membres, mais plus clair et prenant une teinte fauve sur les flancs : le bout du museau est blanc, et les oreilles ainsi qu'une tache placée derrière l'œil, sont aussi de celte couleur. Les poils laineux sont blanchâtres. Le Putois habite les climats tempérés de l'Europe, où il est assez abondant : son nom lui est venu de l'odeur infecte qu'il répand. Ses mœurs sont peu différentes
de celles de la Fouine : comme elle, il vit près des lieux habités, et s’introduit la nuit dans les basses-cours et dans les colombiers où il fait de grands ravages. • Les Putois, dit Buffon, vivent de proie à la ville, et de chasse à la campagne : ils s'établissent pour passer l'été dans des terriers de Lapins, dans des fentes de roebers, dans des troncs d'arbres creux, d'où ils ne sortent guère que la nuit pour se répandre dans les champs, dans les bois : ils cherchent les nids de Perdrix, d'Aloueües et de Cailles; ils grimpent sur les arbres pour prendre ceux des autres Oiseaux : ils épient les liais, les Taupes, les Mulots, et font une guerre continuelle aux Lapins qui ne peuvent leur échapper, parce qu’ils entrent aisément dans leurs trous : une seule famille de Putois suffit pour détruire une garenne. Ce serait le moyen le plus simple pour diminuer le nombre des Lapins dans les endroits où ils deviennent trop abondants. *
Marte Furet. Mustela Furo, Lin., BufF., t. ni, pl. 23 et 2G. Elle varie, comme tous les animaux domestiques, pour la couleur de son pelage. Cependant la plupart des individus sont d’un jaune que Dauhenton a comparé â celui du huis. On appelle Furets-Putois ceux qui ont, comme le Putois, du blanc, du noir et du fauve plus ou moins foncé, et qui se trouvent ainsi avoir plus de ressemblance avec lui. Au reste, les Furets ont généralement des rapports si intimes avec l’espèce précédente, que plusieurs zoologistes ont pensé qu'ils n’en constituent réellement qu’une simple variété; et cette opinion est même aujourd’hui celle du plus grand nombre des naturalistes, malgré l'autorité de Linné et de Buffon. Le Furet est originaire des pays chauds, et particulièrement de la Barbarie où il porte, suivant le docteur Shaw, le nom de Nimse. Son instinct en fait l'ennemi mortel du Lapin, suivattll'expressionde Buffon; et dès qu’il aperçoit un de ces animaux, il s’élance sur lui, le saisit à la gorge et lui suce le sang : aussi l'emploic-l-on principalement pour la chasse de ce gibier, comme chacun le sait. On l'élève dans des tonneaux où on lui fait un lit d'éloupes : il dort presque continuellement, et ne s'éveille guère que pour manger.
Marte de Sibérie. Mustela Sibirica, Pall., S pic. Zool.; le Chorok? Sonnini, éd. de Buff., t. xxxv. Elle est généralement d'un beau fauve doré : seulement le tour du mufle est blanc, et la partie du museau comprise entre les yeux et celle partie blanche, est brune. Sa taille est à peu près celle du Furet, auquel d’ailleurs elle ressemble aussi py ses proportions; mais son poil est beaucoup plus long. Certains individus ont le des- I sous de la mâchoire inférieure blanc, et d'autres d'un i roux seulement lin peu plus clair que celui de tout le I corps. Cette espèce, qui habile la Sibérie, se tient ordii nairement dans les forêts les plus épaisses : elle se rap- I proche cependant l'hiver des habitations, et s'introduit souvent même dans les basses-cours, comme la Fouine et le Putois.
Marte Pérouasca. Mustela Sarmatica, Pall., 3/uc.
S Zool. Celte espèce est un peu plus petite que la précédente, et elle a les poils plus courts. Les membres, le dessous du corps et le bout de la queue sont d'un brun I foncé; la tète est brune, avec une ligne blanche qui.
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unissant sons l'oreille, passe sur les yeux et le front, et va se terminer sous l’autre oreille, en dessinant sur le front une sorte de fer-à-cheval. L’oreille, le bout du museau, et le dessous de la mâchoire inférieure, sont blancs ; enfin, le dessus du corps est d’un beau fauve clair, parsemé d’un très-grand nombre de taches brunes; et la queue est dans sa première moitié variée de brun clairet de gris blanchâtre. Les mœurs de cet animal diffèrent peu de celles des autres Martes : comme le Putois il répand une odeur désagréable, surtout lorsqu'il est irrité.
Marte Hf.rxme ou Roselet, Buff.. t. vu, pl. 29 et 31; Muslela Ertninea , Lin. Cette espèce est particulièrement connue sous le nom d'Hermine dans son pelage d’hiver, et sous celui de Roselet dans son pelage d’été; elle a neuf pouces six lignes du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a un peu plus de trois pouces et demi. L'Hermine d’été nu le Roselet a le pelage généralement brun, a\ec le dessous du corps d’un jaune soufré clair, la mâchoire inférieure blanche, et la queue brune, avec son extrémité noire. L'Hermine d'hiver ou l’Hermine proprement dite est toute blanche: seulement la queue est noire à son ext rémité. On voit que celte dernière couleur se conserve seule pendant toute l'année chez celle espèce; remarque qu’on peut faire également à l'égard de la plupart des Mammifères et des Oiseaux qui blanchissent en hiver, comme sont, parmi les premiers, les Lièvres variables, qui ont en tout temps le bout de l'oreille noir, et parmi les Oiseaux, plusieurs Lagopèdes. — Cette espèce, qui est assez abondante dans les parties septentrionales de l'ancien continent, se trouve aussi dans l'Europe tempérée et dans le nord de l’Amérique. Ses moeurs sont peu différentes de celles de la Belette : elle se tient cependant moins constamment dans le voisinage des habitations, et l'on assure qu’elle est encore plus carnassière que celle-ci; elle est d'ailleurs susceptible d’être élevée en domesticité, et se laisse même très-bien apprivoiser. Sa fourrure d’hiver est . comme chacun sait. l’objet d'nn commerce très-important; mais l’Hermine des climats les plus septentrionaux est la plus estimée, parce qu’elle n'a pas, comme celle des pays tempérés, une légère teinte jaunâtre, et qu’elle est au contraire d'une blancheur éclalanle.
Marte Belette. Buff., t. vu, pl. 29; Mustela vulgaris, L. Elle a un demi pied du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a deux pouces environ; son pelage ne diffère guère de celui de l’Hermine d’été ou du Roselet que par la couleur de sa queue entièrement brune en dessus, et blanche en dessous; on peut cependant ajouter que les parties inférieures du corps sont blanchâtres ou d'un jaune lavé de roussâlre. mais non pas d'un jaune soufré. Celte espèce est aussi commune dans les climats tempérés de l'ancien monde, que la précédente l’est dans les climats septentrionaux; elle est au contraire plus rare dans les pays où celle-ci se trouve le plus abondamment répandue. Elle vil dans le voisinage des habitat ions comme la Fouine, et elle est peut-être encore plus à craindre pour les . basses-cours et les poulaillers, que cette dernière ellemême, parce que sa petite taille lui permet de s’y in- 7 dïct. des sciences xat.
troduire par les plus étroites ouvertures. Elle n’attaque que rarement les Coqs, qui la repoussent à coups de bec. et parviennent souvent ainsi à la mettre en fuite; mais elle choisit les poussins et les jeunes Poules. Elle craint le froid, et va se réfugier l’hiver dans les greniers et dans les granges, et rend alors de véritables services en détruisant un grand nombre de Rats et de Souris. File fait au printemps une portée de plusieurs petits qu’elle dépose dans un tronc d'arbre creux, ou dans toute autre cavité; elle s'établit même quelquefois au milieu des débris des animaux morts dans les bois, et Buffon rapporte l’exemple de trois individus trouvés dans le thorax d’un Loup qu'on avait suspendu à un arbre par les pieds de derrière, et qui. déjà entièrement putréfié, répandait une odeur infecte.
Marte Belette des seic.es. Mustcla niralis, Lin., Faut». Suce. ; Mustcla vulgaris, Var. Gm.; Mustela Ertninea, Var. Bodd. Elle est à peu près de In taille de la Belette, et a le pelage entièrement blanc, avec quelques poils noirs au bout de la queue. Elle est encore fort peu connue, et on ne sait si on doit la regarder comme une véritable espèce, oii comme une simple variété soit de l'Hermine, soit de la Belette; quelques auteurs modernes, et particulièrement Desmarest, se prononcent néanmoins pour celle dernière opinion.
M a rt e Belett e d* A rR I y t E. Mustcla A f ricana , Des m . Elle a dix pouces du bout du inuseau à l'origine de la queue, et celle-ci a six pouces environ. Son pelage est généralement d’un brun roussâlre en dessus, et d'un jaune blanchâtre en dessous, avec une ligne brune, longitudinale, sur le milieu du ventre.
Marte ratée. Mustcla striata, GeofF. S*-Hil. Elle est à peu près de la taille de la Belette : son pelage est généralement d’un brun foncé, avec cinq raies blanches longitudinales en dessus; la queue est blanche, et le dessous du corps d'un blanc grisâtre. Cette espèce, dont les mœurs ne sont pas connues, a été établie par Geoffroy Saint-Hilaire, d’après un individu donné au Muséum par Sonnerai; et. suivant Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (Magasin de Zoologie, octobre 1859), elle doit être isolée et devenir le type d’un genre distinct, qu’il propose de nommer Galidictis , afin d'indiquer à la fois ses affinités avec les Mustéliens et plus spécialement avec les Galidies. Elle habile Madagascar.
Marte Ncdipède. ou le Furet de Java. Mustcla nudipes, Fr. Cuv., Mam. lith. Elle est d'une taille un peu inférieure à celle du Putois; son pelage est généralement d'un beau roux doré, très brillant, avec la tête et l'extrémité de la queue blanches. Cette espèce, remarquable par la nudité du dessous de ses pieds, a été découverte à Java par Diard et Duvaucel; et c'est d'après un individu envoyé au Muséum, par ces voyageurs, que Fr. Cuvier l’a décrite.
Marte Belette de Java, Geoff. S‘-Hil.; Mustcla Javanica, Séba. Geoffroy Saint- Hilaire a décrit ainsi cette espèce, d'après l'individu même qui a servi de type ù la figure de Séba : longueur de six pouces environ ; forme plus effilée que celle de l'Hermine, et plus rapprochée de celle de la Belette; les joues sont blan-