‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 37 sur 148 · MARTINET A COLLIER. MARTINET BLANC COL · texte numérisé non relu

MARTINET A COLLIER. MARTINET BLANC COL

Mxrtinet a croupe blanche, y. Hirondelle noire B'ArRIQUE.

Martinet a croupion blanc. Cypselus leucopygius, Levaill., Ois. d’Afr.. vol. v, pi. 944, fig. 1. Il est brun avec les lectrices caudales supérieures et l’extrémité interne des grandes lectrices alaires blanches. Taille, six pouces.

Martinet a cül blanc, y. Hirondelle de fenêtre.

Martinet a dos blanc. Cypselu s leuconotus, Ad. Delessert. Sommet de la léte et du cou, scapulaires, tectrices alaires, extrémité des rémiges, reclrices et tectrices caudales d’un vert à reflets irisés; une tache blanche au milieu du dos qui est d'un brun noirâtre ainsi que le croupion; les trois rémiges les plus voisines du dos ont leurs barbes internes totalement blanches; parties inférieures d’un brun noirâtre, à l’exception de 1» gorge, du devant du cou, des flancs, de l'anus et des tectrices anales qui sont d’un blanc pur; bec el pieds noirs. Taille, six pouces. De l’Inde.

Martinet Géant. Cypselus Giganteus, Van Hasselt, Teinm., Ois. color., pl. 364. Parties supérieures d’un brun noirâtre; sommet de la tète, nuque, partie des tectrices alaires, lectrices uropugiales el côtés de l’abdomen d’un vert foncé, à reflets brillants; scapulaires et milieu du dos d'un brun cendré mat; rémiges et reclrices d'un noir irisé : celles ci terminées par une longue pointe nue, formée du prolongement de la baguette; une bande blanche au-dessus des cuisses, qui se confond avec les tectrices anales qui sont également blanches ; bec et pieds bruns. Taille, sept pouces six lignes. De Java.

Martinet a gorge blanche. Levaill., Ois. d’Afr., pl. 243. On le considère comine une variété du Martinet â ventru blanc, dont le brun de la poitrine s'étendrait davantage sur le bas du cou, et en restreindrait conséquemment la nuance blanche. /■'. Martinet a ventre nLANC.

Martinet (grand), y . Martinet de muraille.

Martinet (grand) de la Chine. Hirundo Sinensis, Lalh. Parties supérieures brunes; sommet de la télé d’un roux clair; bande oculaire brune; yeux entourés de petites plumes blanches; gorge blanche; parties inférieures roussâtres; bec el pieds gris-bleuâtres. Taille, onze pouces six lignes.

Martinet (grand) noir, a ventrr blanc, y. Martinet

A VENTRR BLANC.

Martinet ( grand) a ventre blanc, y. Martinet a ventre blanc.

Martinet klecko. Même chose que Martinet longipenne.

Martinet lrccog astre. Cypselus feticognslcr, Drap. Parties supérieures noires, à brillants reflets bleus; gorge, cou et partie antérieure de la poitrine d’un brun fuligineux; abdomen blanc de même que les tectrices caudales inférieures; dessous de la queue brun; bec noir; pieds bruns. Taille, six pouces six lignes. Du Sénégal.

Martinet longifknne. Cypselus longipcnnf s, Teram., Ois. color., pl. 83, fig. 1. Parties supérieures d'un vert foncé brillant; ailes et queue d’un vert bleuâtre, avec les rémiges les plus voisines du corps blanches; une tache d’un brun marron sur l’orifice des oreilles; parties inférieures cendrées; milieu du ventre el lectrices anales blanches; croupion d'un cendré verdâtre; be*: noir; pieds rougeâtres. Taille, huit pouces six lignes. La femelle n’a point de tache rousse aux oreilles. De Java.

Martinet a moustaches. Cypselus tnystacctis, Les». Zool. de la Coquille, pl. 22. Sommet de la léte d'un noir bleuâtre; une bande blanche partant des narines, remontant au dessus de l'œil et allant se terminer surle« côtés de la léte; une touffe de petites plumes blanches sous la mandibule inférieure, côtoyant la commissure et se terminant sur les côtés du cou, par deux longues plumes blanches, effilées, libres, simulant une moustache; dos, croupion, gorge, poitrine et flancs d'un brun ardoisé; ailes d'un noir bleuâtre, à l'exception des tectrices moyennes qui sont blanches; milieu de l’abdomen cendré ; reclrices latérales très-longues, blanchâtres en dessous sur le bord externe. Taille, onze pouces, compris la queue qui en a six. De l'Océanie.

Martinet de miraille. Hirundo dpus, Gmel.; Cyptêtu s mura nus, Teram.; Micropus murarius, Meyer, BufT., pl. enlum. 542, fig. 2. Tout le plumage d'un noir brunâtre, â l'exception de la gorge qui est d’uu blanc sale; bec et pieds noirs; tarses emplumés. Taille, sept pouces dix lignes. Les jeunes ont la gorge et le tour du bec blancs, les rémiges, les tectrices alaires el les reclrices frangées de blanc. En Europe, en Asie et en Afrique.

Martinet noir. y. Martinet de muraille.

Martinet (petit), y. Hirondelle de fenêtre.

Martinet (petit) noir. Cypsclut parvus, Less. Il eat entièrement d'un brun noirâtre, avec la gorge blanche; la queue est très -médiocre meut fourchue. Taille, cinq pouces. De l'Amérique méridionale.

Martinet pygaegue. Cypselus pygargusy Teram.. Ois. color., pl. 460, fig. 1. Sommet de la tête d'un gris clair, passant par demi -teintes au brun noirâtre sur l’occiput; manteau el parties inférieures d'un noir bronzé; une large plaque blanche couvrant le devant du cou; une bande de cette couleur sur le croupion ; ailes et queue d’un noir fuligineux; hcc et pieds noirs; queue très-fourchue. Taille, cinq pouces et demi. Du cap de Bonne-Espérance.

Martinet de Saint-Domingue. y. Petite Hirondelle noire.

Martinet vêlocifêre. y. Hirondelle vêlocifêrr.

Martinet a ventre blanc. é^pse/K* a/pi«iMfTemm.;

Hirundo tnelba, Gmel.; Micropus alpin us, Meyer. Parties supérieures d'un brun cendré qui prend une juiance plus foncée el irisée sur les ailes et la queue; gorge, poitrine et ventre blancs; un large collier d’un noir brunâtre; le reste des parties inférieures et flancs d'un brun cendré; bec noir; pieds rougeâtres. Taille, neuf pouces. Du midi de l’Europe.

Martinet vieillard. Cypselu « scnex, Temm., Ois. color., pl. 397. Son plumage est d'un noir fuligineux, qui prend une nuance de gris vers la tête dont le sommet est d’un gris ardoisé; bec et pieds noirâtres; queue carrée, pourvue de liges roides, moins longue que les ailes d'environ un pouce. Taille, huit pouces. Du Brésil.

MARTINÊZIE. Mariinesia. bot. te genre.de la famille des Palmiers el de la Monrccie llcxandric, L., fut établi par Unix et Pavon ( Prodrom . F/or. Peruv. et Ch il., p. 138, tab. 32). el composé d’espèces qui, pour la plupart, ne peuvent être groupées ensemble. Dans son Généra Palntarum, page 22. Martius assure, en effet, qu'elles doivent être distribuées dans les genres Chaîna}' dorea, Hach is , Geonouia et Euterpe. En conséquence, il est nécessaire de regarder comme type du Martinesia, l’espèce nommée Caryolæfu/ia par Kuntli.et d’admettre pour caractères génériques ceux qui ont été donnés par ce dernier auteur, sauf quelques modifications proposées par Martius. Les fleurs sont monoïques sur le même régime, et enfoncées dans des alvéoles. La spatlie qui les entoure est simple, d'une structure fibreuse et réticulée; elle se rompt irrégulièrement. Les fleurs mâles ont un calice double : l'un et l'autre à trois folioles, mais l’extérieur plus petit; six étamines à filets libres; un pistil rudimentaire. Les fleurs femelles sont pourvues d’enveloppes florales semblables â celles des mâles, d’une membrane cylindrique à six dents peu marquées, el entourant l’ovaire. Cet organe représente les étamines avortées. L’ovaire est triloculaire, surmonté de trois styles. I.e fruit est un drupe globuleux, monosperine. Kunlh indique avec doute, comme congénère du Mariinesia, le \ttnnczharia de Ruil et Pavon.

Martinéeie a feuii.lbs dr Caryote. Martinesia Caryotœfolia , Kunlh (Nota Genem et Xpccies Plant, atquin., 1, p. 303). Ce Palmier atteint une hauteur de plus de quinze mètres. Des racines épineuses élèvent son tronc à près d'un mètre au-dessus du sol. Ses frondes sont pinnées, â folioles cunéiformes, tronquées et rongées au sommet comme celles du Catyota urens ; elles sont portées sur des pétioles garnis en dessusd’épines géminées. Ce Palmier croit dans l'Amérique méridionale, près des fleuves de l’Orénoque, du Cassiquiare et de l'Atabapo. On le cultive dans les jardins de la province de Popayan. Les habitants lui donnent le nom de Palma Coroso.

MARTINOLLE. rept. L'un des noms vulgaires de la Rainette verte, Pana arborea , L.

MAKTISIA. sou.. Genre établi par Leach pour des Pholades raccourcies, cunéiformes, bâillantes, avec plusieurs pièces accessoires: T une dorsale et moyenne, et deux marginales inférieures. Blainville a admis ce genre comme sous-divisiou des Pholades. F. ce mot.

7 sict. des sciences nat.

MARTITE. six. Nom donné par Breilhaup, â un minerai ferrugineux du Brésil qui offre pour caractères : une dureté représentée par 8.25. une pesanteur spécifique de 4.82 ; sa forme est celle d'un octaèdre régulier; sa couleur est le noir brunâtre et celle de sa poussière le rouge foncé ; il est faiblement magnétique. Les essai* parle chalumeau et les Acides font voir que la Marlile est un Feroxidé rouge très-pur. Un minéral tout â fait semblable se trouve en Allemagne, au Cruz-Zechen. près Snhl. dans le Henneherg.

MARTICSIE. Martiusia. bot. Dans les Mémoires de l’Acad. de Munich, t. 7. p. 123, t. 12. le père Léandro. botaniste brésilien, a établi, sous le nom de Martin, un genre qui appartient à la famille des Légumineuses, mais que le nombre ambigu de scs étamines empêche de classer convenablement dans le système sexuel. Schultes ( Manliss t , p. Oü) a changé le nom de Martia en celui de Martiusia , qui en effet parait plus convenable, puisque le genre en question est dédié au savant bavarois Martius. De Candolle {/V odrom.Syst. Feget.f 2. p. 950) admet la dénomination rectifiée par Schultes, el assigne au Martiusia les caractères suivants : calice tubuleux, persistant, presque hilabié. à cinq dents aigues, dont l’inférieure plus longue; corolle nulle; quatre étamines dont deux anthériféres et deux stériles, toutes ayant leurs filets distincts el de moitié plus courts que l'ovaire; anthères légèrement ciliées; légume ceint à la base par le calice, slipité, comprimé, presque létragone, dont les valves sont marquées à leur milieu d’une nervure longitudinale. Ce genre a le calice et le fruit du Neurocarpum, mais il s’en éloigne par son défaut de corolle et par ses étamines, dont le nombre est tellement anomal pour lin genre de Légumineuses, que le professeur De Candolle présume qu’il résulte d'un avortement, el conséquemment que le nouveau genre pourrait bien ne pas différer du Netsrocarpum. Quoi qu’il en soit, ce genre se compose d’une espèce, Martiusia physalodes , qui croit dans les champs, près de Rio-Janeiro. Celle plante y porte le nom vulgaire de Timbo, el elle passe pour mortelle aux bestiaux qui la broutent. Sa tige est sous-frutescente, volubile, velue; ses feuilles sont pinnées à trois folioles ovales-ohlongues, mucronées, glabres en dessus. el pubescentes en dessous; les pédoncules sont biflores.

MARTRASIA. bot. Ce nom a été substitué sans motifs plausibles, par Lagasca, â celui de Dumerilia qu'il avait lui-mérae proposé pour un genre de la famille des Synanlhérées. Le nom de Dumerilia ayant été adopté par De Candolle el Kunth, c'est â ce mol qu'a dû être décrit le genre en question. Cassini s'est servi de nouveau du nom Marirasia , pour désigner un genre fondé sur le Marirasia pubescent de Lagasca, et qui se distingue des autres espèces par l’aigrette slipiléc, ou, en d’autres termes, par le fruit aminci et prolongé supérieurement en col.

MARTRE, mar. F. Marte.

MARTRE, ibs. On nomme ainsi la Chenille du Bombyx Caja , L.. vulgairement Ecaille-Marlre.

I MARTYME. Mariynia. bot. Georede la famille des

' Bignoniacées et de la Dktytiamie Angiospermie, établi

ogle

MAR

Ititi

par Linné, avec le* caractères suivants : calice à cinq divisions profondes et inégales; corolle monopétale, tubuleuse, évasée, à cinq lobes inégaux; étamines ail nombre de quatre, didynames : deux avortent quelquefois, et il y a constamment le rudiment d'une cinquième également avortée; style allongé, terminé par un stigmate formé de deux lamelles. Le fruit est une sorte de drupe terminé à son sommet par deux cornes recourbées; il contient un noyau cartilagineux, de même forme, à une seule loge, offrant deux trophospennes pariétaux, saillants en forme de cloisons vers le centre de la fleur et divisés eu deux lames divariquées . qui parfois rejoignent les parois du fruit, en sorte que celui ci parait A quatre loges. Les graines sont placées au bord libre de ces deux lames ; elles sont ovoïdes, un peu comprimées, à surface chagrinée, pendantes et ayant la radicule tournée vers le hile.

Richard a fait connaître la véritable structure de l'ovaire et du fruit dans le genre Martynia: tous les botanistes, même les plus modernes, ont décrit le fruit de ce genre comme offrant quatre ou cinq loges.Maislclle n'est pas sa véritable organisation, car s’il en était ainsi, ce genre s'éloignerait beaucoup des autres Bignoniacées. Il est vrai qu'au premieraspecl, cette structure parait être celle de la Noix dans le Martynia annua, L.. ou Martynia ( Handra , Willd., et le Martynia probotcitlea, Willd. Si l’on coupe en travers le fruit de la première espèce. il parait àqualre loges. Mais d'abord si l'on examine l’intérieur de l’ovaire au moment de la fécondation, on voit qu’il est évidemment à une seule loge, offrant deux placentas ou Irophospermes pariétaux saillants en forme de demi-cloisons, se divisant en deux branches ou lames qui portent les ovules à leur extrémité. Ces deux lames sont dirigées du centre vers la paroi interne de l'ovaire, mais elles en sont distinctes et n'y adhèrent nullement. Peu à peu elles s'en rapprochent cependant et Anissent par la toucher; c'est alors que le fruit parait être à quatre loges, parce que les deux lames produites par chacun des trophospermes. deviennent contiguës avec celles du côté opposé. Mais même dans cet état, il est encore facile de reconnaître la véritable organisation du fruit, au milieu des changements Importants qu’elle a subis. En effet . on voit que la cloison perpendiculaire est formée de deux lames rapprochées, contiguës, mais nullement soudées, et si on examine avec soin le point de jonction du bord de ces lames avec la paroi de l'ovaire, on reconnaît facilement qu'il y est seulement contigu. Cette organisation est encore plus aisée à distinguer dans le Martynia ptvbosciilea, dont le fruit est décrit, même par Girrtncr. comme ayant cinq loges. La cinquième loge qui est centrale, provient de ce que les deux lames émises par les trophospermes ne se touchent pas et laissent entre elles un espace vide. A la planche 110 de Gærlner, on voit dans la figure au trait qu'il donne de la coupe transversale du fruit, que telle est en effet son organisation. Primitivement ce genre, dédié à John Marlyn. botaniste anglais, se composait de cinq espèces, mais il a été réduit à quatre depuis que Lhéritier a trouvé, dans le Perennis, L.. les éléments d'un genre nouveau qu’il a institué sous le noin de (Uoxinia. De ces quatre espô-

. ces , trois sont originaires des contrées tropicales du nouveau continent, l'autre est indigène au cap de Bonne-Espérance. La forme des fruits qui. dans cer-„ | laines espèces, ressemble à une petite corne, a valu au I genre le nom français de Cornarct ainsi que celui de Bicorne . qu’il porte concurremment , parce que ce* fruits venant à s'ouvrir par leur sommet, en deux valves. se présentent comme deux cornes.

Martvüik a deux ftTAHlIVBS. Martynia diandra , Willd.; Martynia anyutosa, l.am. Comme toutes ses congénères cette espèce est annuelle; sa tige est herbacée, cylindrique, rameuse, haute d'environ deux pieds , abondamment garnie, ainsi que toutes les autres parties de la plante, de poils blancs et visqueux. Ses feuilles surit opposées, péliolées, cordi formes à leur base, dentées ou plutôt anguleuses sur les bords; leur teinte est un verl pâle. Les Heurs, variées de pourpre, de l bleuâtre et de blanc, naissent dans les ramifications de | la tige, au nombre de huit à douze ensemble, disposées en grappes, et munies, ù la base de leur calice, de deux bractées ovales, concaves, d’un rouge clair; elles répandent une odeur agréable.

MARTYROLE. ois. L'un des noms vulgaires du Martinel noir. Martixet.

MARI M. bot. Synonyme de Gerinandrée maritime. y. ce mot.

MARIM D’ÉGYPTE, bot. Synonyme vulgaire de Salvia Æthiopt. y. Sac ci.

MARI MIE. Marumia. bot. Genre de la famitle des Mélaslomacées et de la Décandrie Monogynie selon le système de Linné, institué parle professeur Reinwardt qui l’a dédié à son ami Van Marum, l'un des savants les plus recommandables qu’ait produits la Hollande. Les caractères du genre nouveau sont : tube du calice adhérent près de sa base, avec l'ovaire, subinfundibulaire et inuriqué, le liml>e se prolongeant beaucoup au delà de l’ovaire, quadrifide et persistant ; quatre pétales ohovales et obliques ; huit étamines alternativement plus courtes; anthères grandes, subuliformes, arquées, unipores à leur base d’où s'échappent des filaments append ici formes et contournés; ovaire poilu dans sa partie libre; style filiforme, recourbé au sommet, velu à sa base; stigmate punctiforme et frangé; baie ovoïde, à quatre loges et polysperme; semences rectiuscules. Les Marumies sont des arbrisseaux sarinenleux , h feuilles opposées et discolores, à Heurs grandes et belles ; le docteur Blutne en a décrit deux dans son Rumphia : l’une qu’il a observée dans l'ile de i Java, l'autre qui a été découverte dans l’ile de Oytan par les docteurs Kaenig et Royen.

Mabcnie moi ssritsb. Marumia mutcosa , Blutne. Rumphia, pl. 4 ; Melatloma muscosa . Bydr., p. 1070; De Cand., Prodr., 5, 14H. C'est un arbrisseau grimpant, susceptible de s'élever ou de s'étendre à plus de l trente pieds; sa tige et ses ramifications sont cylindriques, articulées et glabres, pourvues de feuilles opposées, ohlongups, subcordées, pointues, marquées de cinq fortes veines ou côtes longitudinales, traversées par d'autres moins impressionnée* eL réticulées dans j les intervalles : leur surface supérieure est d’un vert 1 brillant, l'inférieure est veloutée, d'un jaune fauve,

MAS

quelquefois variées de blanchâtre et de bleuâtre; les pétioles, longs de quelques lignes, sont épais, arrondis et renflés â leur articulation ; les fleurs sont d'un rouge de rose pâle, réunies en cory mites opposés dans l'aisselle des feuilles, portées sur des pédoncules ciliés et d'un brun. jaunâtre de même que le calice; les diuxhractéessonl petites, linéaires et caduques. De l’ilede Java.

Mari mie de C&ylan. Marumia Zeylanica , Ulume. Rumphia, pl. 5. Cet arbuste ressemble au précédent pour l'aspect général ; mais ses |>édonculcs sont Indurés et glabres, les calices seulement sont ciliés.

MARUHANG. bot. Rumph ( llerb . Amboin., 4. t. 4U) a décrit et figuré sous ce noin vulgaire à Amboine une plante dont Adanson a fait un genre qu'il a placé dans sa famille des Jasmins. Cette plante parait être une espèce de Cierodendron. y. ce mot.

MARUTE. Minuta, bot. Cassini (Bulletin de la Soc. Pliil., novembre 1818) a proposé sous ce nom, la formation d'un sous-genre dans les Anthémis de Linné. Il se distingue essentiellement par ses Heurs marginales qui sont neutres , par ses ovaires hérissés de points tuberculeux, par son réceptacle cylindracé, dépourvu d'appendices dans sa partie inférieure, mais garni supérieurement de paillettes courtes, très-gréles et tubulées. Cette subdivision générique a pour type Y Anthémis colula , L.. espèce commune dans toute l'Europe, et à laquelle Cassini donne le nom de Maruta feelida. On l’a nommée vulgairement Maroule ou Camomille puante , et elle était autrefois employée en médecine comme antihystérique.

MASARE. Masaris. ixs. Ce genre a été établi par Fabricius sur une espèce d’Hyménnplères de la famille des Diploplères, tribu des Masarides, rapportée de Barbarie par le célèbre Desfonlaines. Ses caractères sont : yeux échancrés; ailes supérieures doublées longitudinalement dans le repos; abdomen paraissant sessile, allongé; antennes aussi longues que la tête et le corselet, n'ayant que huit articles dont le dernier en forme de massue; un aiguillon dans les femelles. Fabricius, en formant ce genre, y a ajouté une espèce que Rossi avait nommée.dans sa Faune Étrusque, Chrysis douteux; mais Lalreille en a fait le type de son genre Célonile. Jurine désigne sous le nom de Masaris les Célonites de Latreille. La seule espèce qui existe dans ce genre est :

Ma» are vtsriroSME. Masaris r espiformis, Fabr., figuré par Cocquebert {Iltust. Icon. Insect ., déc. 3, lab. 15. mas). Les antennes du mâle sont plus longues que celles des Célonites; elles n'ont que huit articles : le premier, beaucoup plus long que le suivant, est cylindrique. le dernier est en forme de massue obeonique et obtus; le labre est triangulaire, plus long que large; les mandibules ont quatre dents très-distinctes; les palpes maxillaires ont quatre articles, un de plus que celles des Célonites; les angles postérieurs du corselet ne se prolongent pas en une sorte de lame comprimée, comme ceux du corselet des Célonites; la cellule radiale des ailes supérieures est plus allongée et appendicée; l'abdonn ri est presque cylindrique et beaucoup plus long que celui des Célonites. La couleur générale de cet Byménoplère est noire, variée de jaune, d'après Fabricius.

| MASARIDES. Masarides. ms. Lalreille désignait ainsi I une familled'IlyménoplèresDiploplëres, qu'il a conver* I lie depuis en tribu, et à laquelle il a donné pour caractères . un aiguillon dans les femelles; ailes supérieures doublées longitudinalement dans le repos; yeux en croissant; antennes terminées en boulon arrondi au bout , et n'offrant distinctement que huit ou dix articles; languette terminée par deux fllels.se retirant dans un tube ! formé par sa base; les quatre palpe» très-courtes; ailes i ayant deux cellules cubitales complètes, dont la seconde j reçoit les deux nervures récurrentes; abdomen tronqué transversalement à sa base , et paraissant comme ses- | sile, en demi ovale ou presque demi-cylindrique. <„>uoii que ces insectes aient de grands rapports avec les Guê- ! pes, ils s'en distinguent par leurs antennes, leur lèvre i inférieure et leur abdomen dont la forme est presque ! semblable à celle des Chrysides. La plupart des espèces { ont l'habitude de contracter leur corps en boule; la I tête est de la largeur du corselet et appliquée contre lui; les yeux sont échancrés au côté interne; le corselet est tronqué aux deux bouts, cl se termine, de chaque côté, par deux angles fort saillants; le segment anté- | rieur se courbe et s'élargit de chaque côté en manière d'épaulette, de même que dans les tiuépiaires; les pattes sont courtes. Ces Hyménoptères sont propres aux contrées méridionales de l'Europe et de l'Afrique; leur» ha-

■ bitudes sont peu connues. Cette tribu se compose des deux genres Masare et Célonile.

MASCAGMA. bot. F. Hirre.

MASCAGMN, MASCAGMNE. MASCAGN1TE. un. Sy~

> nonymes d'Ammoniaque sulfatée.

MASCARILLE. bot. L'un des noms vulgaires des Champignons de couche.

MASCARIN. ois. Espèce du genre Perroquet, que ! Lesson a fait type d'une section, dans ce genre noin- I breux.

MASCARONE. cbist. Nom vulgaire de diverses es- ! pèces du genre Dorippe.

MASCHALANTHE. bot. Le genre institué sous ce nom par le docteurBlume. ne diffère nullement de celui qu’il a nommé depuis (Bydr. Fl. Ind., p. \00i) Axattihes, et j doit lui être réuni, y. Axaxtbk.

MASCHALANTHDS. bot. (Mousses.) Schutz a distingué sous ce nom, le Plerigynandrum filiforme d'Hedwig : Sprengel a changé ce nom en Maschalocarpus; mai» ces genres n'ont été adoptés par personne, et le Plerigynandrum filiforme peut même être regardé comme l'une des espèces qui servent de type à ce genre. y. Ptebigynandrim.

MASCUALOCARPLS. y. Mascha iavtihs

M ASCII JO. ois. L'un des noms vulgaires de l'Écor- ! clieur. y. l’it Griluie.

MASCULIFLORE. bot. Cassini donne ce nom à la calalbide et au disque quaud ils sont composés de fleurs mâles.

MASDEVALLIE. Masdet allia, bot. Genre de la famille des Orchidées, et de la Gynandrie Monandrie, L., établi par Ruiz et Pavon ( Prodi om . F/or. Peruv., tab. 36) et ayant beaucoup de rapport avec le genre Dendrobium. \\ présente les caractères suivants folioles du ca-

■ lice étalées : les troi* extérieures sont soudées ensemble

jusqu'à leur partie moyenne; le labelle esl onguiculé à maxillaires ont cel article presque deux fois aussi long sa hase, dépourvu d'éperon; l'onglet du labelle est soudé que le précédent, et de forme cylindrique; dans les laavec les folioles exlérieures du calice. Le gynostème est hiales il esl plus renflé et plus ovalaire; le menton n’est serai -cylindrique; l'anthère esl terminale, operculi- point denté; les antennes sont très minces, fllifbrmes et forme, à deux loges contenant deux masses polliniques un peu plus longues que la lèlc et le corselet qui est solides, tlne seule espèce compose ce genre. court, large, arrondi sur les côlés et sans angles sail-

Masdeyallie a cxe fleci. Matdecallia uniflora , lants; les élytres sont en carré long.

Ruiz et Pavon (/oc. cÜ.); Ktinth, in Humb. Aor. Ge - Masorêe a labge col. Ma&ortu t latieollis , Dej.;

ner.,1, p. 501, tab. 80. C’est une plante parasite, ayant Troc hua lalico/lis, Slurm. Il est d’un brun marron

une racine fibreuse, des feuilles radicales longuement très-foncé; deux petites impressions sur la tête, en péliolées, ovales, obtuses et presque spatulées; les bain- avant, et deux sur le corselet, en arrière; élytres finepes sont dressées, hautes de huit pouces, glabres, ac- inent striées et ponctuées; deux points enfoncés sur le cnmpagnées de gaines, terminées par une seule fleur troisième intervalle. Taille, deux lignes et demie. D'Eupenchée. assez grande. Elle croit au Pérou. rope.

MASEGNA. «m. Même chose que Trachyle. V. ce MASQUE. bool. Réaumur et Geoffroy ont donné ce ,not- nom à la lèvre inférieure des larves et des nymphes des

MASICÈRE. Matfcera. ixs. C’est à J. Marquait Lil>ellulines. y. Libellile, Æshxe et Acrioü.

qu'est due la formation de ce genre nouveau d’msecles MASQUE. Pcrsona. boll. Genre proposé par Montdiptères. Il l’a opérée aux dépens du genre Tachina fort, dans sa Conchyliologie Systématique, pour qnelde Meigeu, et lui a donné pour caractères ; corps assez quel Coquilles démembrées des Murex de Linné, et que

large; face peu oblique, ordinairement peu ou point Lainarck range, avec raison, dans son genre Triton,

bordée de soies; épislome non saillant; front peu avancé; P. ce mot.

antennes descendant jusqu’à l’épislome; les deux pre- MASQUE (meus ta). Ou fleurs personnées. y. et miers articles courts, le troisième épais, quatre ou six dernier mot.

fois plus long que le deuxième, enfin le style a son se- MASSE DE BEDEAU, bot. Synonyme de Bunias Erucond article douhie du premier; yeux tantôt nus, tantôt engo, L. P. Bexiare.

velus; abdomen cylüulrico-arrondi dans les mâles, avec MASSE D’EAU, bot. Synonyme vulgaire de Massette, deux soies au milieu des segments; première cellule y. ce mot.

postérieure des ailes entr’ouverleavant l’exl réalité :ner- MASSES A. rois. Espèce de Raie du sous-genre Cé-

vure exierno-inédiaire ordinairement presque droite. ■ phaloplère.

Ce genre se distingue des Tacbinaires en ce que dans j MASSE POLLIN1QUE. bot. On désigne ainsi la lolacelles-ci le troisième article de* antennes esl fort al- lité du pollen contenu dans chaque cavité ou loge de longé; il s'en fait encore remarquer, ainsi quedesEuri- l'anthère. Quand la Masse poil inique est partagée en gaslres que Macquart en a également détachés, par la plusieurs autres parties, chacune de ces dernières prend largeur de l'abdomen dont la forme est cylindrico ar- le uom de Massette poil inique, rondie; il ne peut être confondu avec les Phorocères et MASSES, bot. Nom donné par Paulet A une petite les Métopies, à cause de la nudité de la face qui chez famille de Champignons clavaires, celles ci est bordée de soies dans presque toute son MASSETTE, iht. Quelques zoologistes français ont étendue. Dans scs Diptères du nord de la France, Mac- donné ce nom au genre Scolex. y. ScolF.ce. quart décrit dix espèces de Masicères : il a observé que J MASSETTE. Typha. bot. Genre de plantes monocoles larves de ces insectes se développent dans les chenil- ' lylédonées. formant le type de la famille des Typhales des Lépidoptères et particulièrement des Bombices. J cées, et de la Monœcie Polyandrie. A.., et offrant pour MasicF.ee sylvatiqlb. Masiccra «ylralica, Macq.; ' caractères : des Heurs monoïques, disposées en chatons Tachina aylca/ica, Fall.; Phryxe auperbu, Robert. cylindriques, superposés : le* mâles occupant la partie Son corps est noir, avec l’abdomen à larges bandes j supérieure de la lige, et les femelles placées au dessous, marquetées de blanchâtre; les palpes sont ferrugineu- Les unes et les autres forment un axe cylindrique et ses; la face et les côlés du front sont blanchâtres; les épais; dans les mâles il est tout couvert d’étamines dont yeux sont nus, le corselet cendré, à lignes noires; l‘é~ les filets se terminent à leur sommet par une, deux ou cusson esl lestacé; lescuillerons sont blancs et les ailes quatre anthères allongées, presque linéaires, à deux diaphanes. Taille, six lignes. En Belgique. loges, s’ouvrant par leur partie supérieure; cet axe

MASIER. bull. Nom donné par Adanson à un tube porte aussi des poils plus courts que les étamines; les calcaire enroulé en spirale et qui appartient sans doute chatons femelles sont composés de fleurs très-serrée* au genre Vermel. y. ce mot. les unes contre les autres, ordinairement slipilées A

MASQUÉE. Masorcu*. ns. Coléoptères pentamères; leur base, et environnées de poils nombreux, qui naisgenre de la famille des Carnassiers. tribu desTréchides, ! seul sur différents points de l'étendue de leurs si ipes; établi par Ziégler et adopté par Latreille (Fam. nattir. j l'ovaire esl fusiforme, aminci en pointe à scs deux exdu Règne Anim.). Ce genre se rapproche beaucoup de trémités, marqué d'un sillou longitudinal sur un île ses celui des linrpalcs, et le* quatre tarses antérieurs des côlés, à une seule loge contenant un seul ovule renmâlet sont dilatés comme dans ceux-ci. Il se distingue versé; le style se continue avec le sommet de l'ovaire de tous les autres genres de la famille, par le dernier et s'évase supérieurement en un stigmate onguiforme, article de ses palpes, qui est tronqué à l’extrémité : les I concave, aigu, à bord inégal. Le fruit est fusiforme.

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membraneux, Couvrant par le sillon longitudinal qui i règne sur l'une de ses face*. La graine qu’il contient •e compose d’un tégument propre, mince, chagriné, d’un endosperme farineux, contenant dans son centre ! un embryon cylindrique et monocolylédon. Les espèces i de ce genre sont peu nombreuses. Ce sont des plantes herbacées, vivaces , croissant sur le bord des étangs et des rivières. Leurs feuilles sont radicales, étroites, rubanées, assez fermes; leur tige est cylindrique, terminée par les chatons de fleurs auxquels elle sert d'axe. En France, on trouve trois espèces de ce genre, Typha lati folia, L., Typha angusti folia et Typha uiinïma.

MASSETTES, bot. Synonyme de Typhacées. F. ce

MASSICOT, six . Nom vulgaire du Plomb oxidé. V. Plomb.

M ASSUME. Massonia . bot. Ce genre, de la famille des Asphodélées de Jussieu, et de l'Hcxandrie Monogynie, L., établi par Thunherg. est ainsi caractérisé : périanthe tubuleux à la base, dont le limbe est divisé en six segments, et muni à l’entrée du tube de six ap|»endices dcutiformes (nectaires de Tbunhcrg) sur lesquels sont insérées les six étamines qui ont leurs filets suhulés et les anthères ovales, oblongues; ovaire libre. Irigone, surmonté d'un style filiforme et d'un stigmate simple : capsule à trois angles saillants, Iriloculaire, t rival ve et polysperme. Le Muuhlia en si folia de Tbunberg a été réuni à ce genre sous le noin de Massonia viofacea , par Andrews ( Heposit ., lab. 46); mais celle plante en diffère par plusieurs caractères, et doit rester dans le genre Mauhlia ou Agapanlhus de l'Héritier et Willdenow. Le genre Massonia sc compose de plusieurs plantes indigène* du cap de Bonne-Espérance, remarquables par leurs feuilles toutes radicales, plus ou moins larges, par leurs fleurs fasticulées ou formant une sorte d’ombelle dont la hampe est presque nulle. Plusieurs espèces. par la singularité de leur pnrl, ont attiré l'attention des curieux. On les cultive en serre chaude dans un mélange de terre de bruyère et de terre franche que l’on renouvelle tous les deux ans. Celle culture n’est pas facile, parce que les Massonics produisent rarement des cayeux et que leurs graines ne mûrissent pas dans nos climats. Jacquin. dans son lloriusSehœabruuncnsis, a donné les descriptions et les figures de plusieurs espèces dont plusieurs ne doivent être regardée* que comme des variétés produites par la culture. Parmi ces plantes, on peut considérer comine les plus remarquables:

Massoxie a large» pécules. Massonia latifolia,

L. fils, Suppl.; Lnink.. Illuslr., lab. 953, fig. !. Ses racines bulbeuses produisent deux larges feuilles ovales, presque arrondies, étalées, tachetées de rouge en dessus et d’un vert pâle en dessous. Les fleurs sont blanches. disposées entre les feuilles en une sorte d’ombelle serrée, portée sur une hampe irès-courlc.

Massoxie pcstclecse. Massonia pustulata, Jacq., /oc. cit., 4, tah. 454. Ses bulbes sont bruns, arrondis et gros comme une noix; ils émettent deux feuilles opposées. canal iculées à la hase, ovales, un peu arrondies, légèrement mucrouées. d’un vert foncé, couvertes en dessous d’un grand nombre de pustules. Les fleurs sont

réunies en télé et entremêlées de bractées lancéolées.

Massoxie a rsciLLES ex cocon. Massonia cordata, Jacq., /oc. cit. y p. 50. tah. 441). Ses feuilles, légèrement arrondies, sont échanerées en cœur A leur base, aigues, luisantes sur leurs deux faces. Le* fleur», formant une tête serrée, sont soutenues par une hampe très courte; elles sont blanches, rouges h l’orifice du tube; les filets des étamines sont jaunâtres, teintés de rouge à leur base.

MASSOT. rois. (Delà roche. I Synonyme vulgaire de Labras Tardas, L. F. Labre.

MASSOT. bot. Riirnph ( Herb . Antboin vol. il , p. 02) a le premier fait connaître, avec beaucoup de détails, l’écorce de ce nom. qu'il a aussi nommée Cortex Oninius; elle provient d’un grand arbre commun dans la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, et dont ou n’a pu déterminer les affinités naturelles. Murray (Apparat. Medicam. f vol. vi, p. IfiS) cite aussi celte écorce qui est mince, presque plane, d’une saveur douce, agréable, analogue à celle de la Cannelle, cl d'une couleur grise. Les Indiens la réduisent en poudre et l'emploient comme un stimulant.

MASSUE, iss. On nomme ainsi en entomologie, le renflement qui termine les antennesd’un grand nombre ifinsecles. Ce renflement est ou solide ou lamelle, c'està-dire formé d’un certain nombre d’articles distincts et pouvant s’écarter comme les branches d'un éventail ou les feuillets d’un livre.

MASSUE- ixr. (Johlol.) F. E.xchEi.ide.

MASSUE D’UEHCULE (petite), boll. Synonyme de Murex Brandaris, L. F. Mire*. On appelle aussi vulgairement Massue épixicse ou grande Massue, le Murex coruutus. F. Hocher.

MASSUE oc TROMPETTE, bot. Variété de la Calebasse, espèce du genre Courge. F. ce mol.

MASTACANTUUS. bot. Endlicher a substitué ce nom à celui de Burbula qu’avait donné Loureiro à une plante de la Cochinchine. F. Barbci.a.

MASTACEMBLE. Pois. F. Hyxciiobbelle.

MASTIC oc MAST1X. bot. Substance résineuse que l'on obtient, principalement dans l'Ile de Chio, en pratiquant des incisions transversales sur l'écorce du Pistacia tentiscus, L. De fluide très visqueuse qu’elle est d'abord, elle finit par se concréter à l'air, et c’est dans cet étal qu'elle est connue sous le nom de Mastic. On en distingue deux variétés dans le commerce : l'une est le Mastic commun, en masses irrégulières; l'autre, ou le Mastic en larmes, se présente sous forme de larmes plus ou moins grosses, souvent aplaties, d'une couleur jaune clair, pulvérulentes extérieurement, d'une odeur suave, d’une saveur piquante et aromatique; sa cassure est vitreuse, et il se ramollit sous la dent. Le nom de Mastic a été donné â cette substance à cause de son emploi comme masticatoire. C’est en effet un usage très répaudu dans l'Orient d'en mâcher continuellement, soit pour se fortifier les gencines et se blanchir les dents, soit pour se parfumer l'haleine. Le Mastic n'est pas une résine pure; ii contient en outre uue huile volatile et une substance qui ne se dissout pas dans l’Alcool. Néanmoins la majeure partie de ses principes étant résineux, solubles dans l'Alcool ainsi que dans l'huile volatile de Térébenthine, il forme avec ces

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véhicules des vernis Irès- brillants. Le Mastic fait en outre partie de plusieurs préparations pharmaceutiques où il entre comme tonique et stimulant.

MAST1CINE. bot. On a donné ce nom à la partie insoluble, résultant du traitement par l'Alcool de la résine qui découle du Pistachier lentisque. La Mastlcine entre environ pour un dixième dans le poids de la résine. Lorsqu'elle est récemment obtenue, elle est assez molle et très-élastique; mais elle se dessèche insensiblement et devient cassante; sa couleur est le blanc jaunâtre, presque transparent. Ses autres propriétés sont encore imparfaitement connues.

MASTIGE. Maatigua. tas. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicorncs, tribu des Palpeurs, établi par Hoffinansegg, et adopté par Latreiilc qui lui donne pour caractères : tète ovoïde, dégagée ou séparée du corselet par un étranglement; palpes maxillaires renflées vers leur extrémité, très- saillantes, et de la longueur au moins de la télé; antennes coudées, à articles allongés; extrémité antérieure du corselet rétrécie et plus étroite que la (été; abdomen ovalaire ou subovoïde, et embrassé inférieurement parles élytres. Ces insectes diffèrent des Plines, avec lesquels ils ont beaucoup de rapports de formes, |>ar des caractères tirés des antennes, des palpes, et des élytres qui ne sont point soudées dans ces derniers; ils s'éloignent des Scydmènes par les antennes qui, dans ceux-ci, sont droites. Les antennes des Masliges sont filiformes, longues, trèscoudées; les deux premiers articles, et surtout le railioal, sont très-allongés, les autres sont courts et ont la forme d'un cône renversé : le terminal ou onzième a une forme ovale-oblongue; les mandibules sont robustes, terminées par une dent forte, arquée, très aigue, avec quelques dentelures au côté interne; les palpes maxillaires sont très-grandes, avancées, et finissent en une massue ovale, composée des deux derniers articles; les palpes labiales sont courtes, de trois articles, dont le deuxième, le plus grand de tous, est presque globuleux, et le troisième petit, conique et pointu. Les mâchoires sont divisées â leur extrémité, en deux lobes dont l'extérieur, presque coriace, semble être formé de deux articles : l'interne est membraneux; la languette est membraneuse, presque carrée, avec l’extrémité supérieure un peu plus large, prolongée en forme de dent à chaque angle, et offrant encore dans l'intervalle l'apparence de deux petites dents; le menton est coriace, court et transversal; les articles des tarses sont cy lindriques, le dernier eslterminé par deux petits crochets; la tète et le corselet sont plus étroits que les élytres; le corselet a presque la figure d’un cœur tronqué postérieurement; l'abdomen est ovalaire et enveloppé par les élytres qui sont soudées; les pieds sont longs et grêles. L'espèce qui sert de type à ce genre, est la suivante :

Masth.r p\LPtiR. Mastigua /xilpaiis, Uoffin., Latr., Dej. Il est tout noir et un peu soyeux; les élytres sont fortement pointillées. Cet insecte vit à terre, sous les pierres et les débris de végétaux. Il a été trouvé en Portugal par Uoffmansegg, et en Espagne par Dejean.

Le Mastige bbux, Mastfgus fuscus, Klug. (Icon. du

Règne Anim. Ins., pi. 17, flg. 1.) Ptinus spinicomis de Fahricfus, qui se trouve aux lies Sandwich . parait aussi appartenir à ce genre; il est figuré par Olivier (Entom.. tah. 3, n° 17, pi. 1, fig. 5, a, b).

NASTIGOCÈRE. Mastigocera. ma. Nom donné par Klngâ un genre d’Hyménoptères que Dalman a de son côté nommé Xièle. et qui est adopté sous ce nom par Latreille. V. XifeLR.

MASTIGODES. m. Zedera donné ce nom à un genre admis, par la plupart des auteurs, sous le nom de Trichocéphale. V. ce mol.

MASTIGOPnORA. bot. Nées Van Esenbeck a donné ce noin â une section du grand genre Jungennaunia de Linné.

MASTIGOPHORIS. bot. Le genre institué sous ce nom dans la famille des Synanthérées, tribu des Nassauviacées, par 11. Cassini, n'a pas été adopté par le professeur De Candolle, qui a fait de la seule espèce qui le constitue, MastigophorusGaudichaudii, le type d'une division de son genre \assauria.

MASTIXIE. Mastixia. bot. Genre de la famille des Cornéarécs, et des Caprifoliacées de Jussieu, institué par Blumc, dans son Bydr., p. 654 , et dont les caractères consistent dans le tube du calice qui est adné à l'ovaire, dans son limbe qui est supère, à quatre ou cinq dents; les pétales, au nombre de quatre ou cinq, sont ovales et un |*u plus larges à leur hase; les quatre ou cinq étamines sont opposées aux dents du calice, portant des anthères inlrorses et didymes; l'ovaire renferme un ovule pendant; style court et entouré par le disque; stigmate obtus. Le fruit est un drupe ou une baie ombiliquée, renfermant une noix rugueuse et monos|>erine ; l'embryon est renversé dans l'albumen. Blumc a décrit deux espèces, et toutes deux, trouvées à Java, sont des arbres élevés, à feuilles oblongues et acuminées, à fleurs rassemblées en corymbc.

Mastixib fbntabdbk. Mastixia peniandra, Bl. Le tronc a de trente à cinquante pieds; ses feuilles sont alternes, oblongues. très- g labres; son corymhe est terminal, formé de cinq fleurs régulièrement disposées. Cet arbre est abondant sur le mont Salak, couvert d'épaisses forêts.

MASTOCEPHALUS. bot. Le genre proposé sous ce nom par Batara. pour quelques espèces du genre Agaric, n’a point paru suffisamment caractérisé. Il en est de même du genre Mastoleucornyces du même auteur, qui avait pour type VÀgaricus romentaceus.

MASTODIES. zoo l. (Baffincsque.) Synonyme de Mammifères.

MASTODOLOGIE. iool. Mol proposé par Latreille pour remplacer le nom vicieux de Mammalogic.

MASTODONTE, mai. ross. Genre d'animaux mammifères, qui ne paraissent plus exister sur la terre, et dont Cuvier, qui a créé cc nom pour indiquer la forme particulière de leurs dents molaires, a jusqu'à présent admis six espèces fossiles. Les Mastodontes, par la forme générale de leur corps, par leur nez prolongé en trompe, les grandes défenses de la nature de l'ivoire, qui armaient leur mâchoire supérieure, l'absence de toutes canines et d'incisives inférieures, Jes cinq doigts de chacun de leurs pieds, etc., avaient les plus grands

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rapports avec le* Éléphants, dont ils différaient essentiellement par la structure particulière de leurs dents molaires; la couronne de celles-ci présentait de (gros mamelons ou tubercules saillants disposés par paires et offrant, par l'usure, des figures différentes dans les diverses espèces. Ces dents étaient au nombre de deux à chaque mâchoire, et comme dans les Éléphants elles poussaient d’arrière en avant, en usant obliquement leur couronne et se remplaçant, de sorte que comme dans ces derniers animaux le nombre des molaires pouvait varier de deux à trois, selon que les deux étaient entières ou que l’antérieure était à moitié usée, une nouvelle dent paraissait derrière la seconde dans le fond de la mâchoire.

Le grand Mastodonte ou Géant, celui que l'on a désigné sous les noms d’Animal de l'Ohio, d'Éléphanl carnivore, de Mammouth, de Père aux Bœufs chez les Indiens, etc., etc., est le seul dont les squelettes aient été trouvés assez complets pour qu'ils puissent servir à caractériser le genre; les autres espèces n'en sont rapprochées et en même temps distinguées que sur de forte* inductions fournies par des dents molaires, seules parties qui, avec quelques os isolés, aient été examinées par Cuvier. Malgré quelques assertions contraires, ce savant est porté ù penser que le grand Mastodonte était propre à l’Amérique septentrionale. Ses ossements n’ont encore été rencontrés d’une manière incontestable que dans des terrains meubles et très superficiels, entre le Mississipi et le lac Êrié, cl principalement dans la grande vallée de t'Uhio. C'est auprès de Williambourg en Virginie, que l’on a trouvé avec un squelette presque entier une masse comme h moitié broyée de diverses substances végétales enveloppées dans une sorte de sac que l'on a considéré comme l’estomac de l'animal. Ce fait et quelques autres ont porté à croire que la destruction de la race du grand Mastodonte pouvait n’ètrc pas réelle; mais comme on n’a encore observé aucun individu vivant, on peut seulement en inférer que la disparition de ccs animaux de la surface du sol qu'ils habitaient autrefois est des plus récentes. l.a forme des dents des Mastodontes n'indique pas, ainsi qu'on l'a dit, qu'ils se nourrissaient de chair : tout porte U croire au contraire que comme les Hippopotames. les Cochons, les Tapirs, ils préféraient les racines et les parties charnues des végétaux. Les espèces sont :

Mastodonte GEant. Mastoüon Giganteum. Taille de neuf pieds de haut environ; molaires à couronne à peu près rectangulaire, garnie de six, huit ou dix gros tubercules en forme de pyramides quadrangulaires et disposées par paires dont l’usure produit de doubles losanges ou disques bordés d’émail c’est celui de l'Amérique septentrionale.

Mastodonte a dexts ETROITES. Ma si cul on aru/untitiens. Molaires d'un tiers plus petites que celles de l’espèce précédente, mais comparativement plus longues et plus étroites; mamelons coniques, divisés en pointes secondaires par des sillons plus ou moins profonds; au lieu de losanges, l'usure de ces dents fait paraître d’abord de petits cercles isolés et plus tard des sortes de iréllcs. On a trouvé de ces deut* dans l’Amérique méridionale et sur plusieurs points de l'Europe , particu-

liérement en France, en Allemagne et en Italie, toujours dans les terrains meubles; les pierres connues dans le commerce sous le nom de Turquoises de Simorre et de Turquoises orientales, qui viennent du département du Gers, dans la montagne Noire, sont des portions de dents de ce Mastodonte teintes naturellement en vert bleuâtre par le fer.

Mastodonte des Cordimères. Molaires à six pointes et semblables, pour les proportions et 1rs dimensions, à celles du Mastodonte Géant, mais offrant, par l'usure, des figures à (mis lobes comme celles du Mastodonte à dents étroites. De l'Amérique méridionale, dans les Cordilières, à douze cents toises de hauteur.

Mastodonte Ui mroldtii.n. Une seule dent, rapportée du Chili par Humboldl, a servi à rétablissement de celte espèce. Celle dent molaire diffère des dents intermédiaires du Mastodonte Géant, en ce qu'elle est d'un tiers plus petite.

Mastodonte (petit). Mastodon minor. D’après une seule dent trouvée en Saxe, et offrant les formes et les proportions de celles du Mastodonte à dents étroites . mai* plus petites.

Mastodonte TapiroIde. Dents du métne volume que celles du petit Mastodonte, formées de collines transverses, crénelées et divisées en quatre ou cinq lobes principaux; disposition qui rappelle celle des dents des Tapirs. Trouvée A Monlabusard , près d'Orléans, dans un calcaire d’eau douce, avec des ossements de Palwolherium, des Limitées et des Planorbes, gisement différent de celui des autres espèces, et qui reporte son existence à line époque plus reculée.

MASTOLELCOMYCES. bot. f\ Mastocrpiialcs.

MASTOLOGIE. zool. Synonyme de Mammalogic. V. ce mol.

MASTO/OAIRES. mot.. Nom donné par Riainvillc à la classe des Mammifères.

MASTOZOOLOGIE. xooi.. Synonyme de Mammalogie. y. ce mot.

MASTOZOOTIQUE. géol. Nom employé par d'Omnlius d'Halloy, pour désigner tout terrain tertiaire et moderne. Depuis le même géologue a fait de cette na ture de terrains deux ordres : il réserve à l’un d'eux . qui renferme ordinairement des ossements de Mammifères, l'épithète de Maslozoolique.

MASTRÈME. Mastreina. polyp. Genre de l'ordre dcsTubiporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, dont les caractères sont : corps pierreux composé de plusieurs tubes articulés, libres ou réunis; articulations imbriquées; bouche terminale campanuléc, centre inainelliforme. C'est à Itaffiuesqiie (Journ. de Phys., IHIt», l. lxxxviii, p. 428) qu'on doit rétablissement du genre Maslrèine, où cet auteur fait mention de plusieurs espèces qu'il nomme Mustretna striata, crenulnia, pofypotlia, etc., espèces qu’il a trouvées dans l'Amérique du nord.

MASTRUCICM. bot. Le genre institué sous ce nom. par U. Cassini, dans la famille des Synanl Itérées, est caractérisé par les calalbides couronnées, radiées, h disque androgynillorc cl h couronne féminiflore, et par tes squamines du péricline entièrement appliquées, absolument privées d'appendice. Ce genre qui necom*

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prend que le Serratula coronata de Linné. n'a pas paru devoir être adopté.

MATADOA. coxcu. Adanson (Voy. au Sénég., p. 239 et 25>. pl. 18. fig. 5) nomme ainsi une Coquille qu'il rapporte à son genre Telline. lequel répond aux Donacet des auteurs modernes. Il est fort difficile de décider du genre de cette Coquille d'après la description et la seule ligure d'Adanson ; il dit. page 9311. que le Maladoa a de la ressemblance avec la Calcmelle dont il a le ligament intérieur placé un peu plus au-dessous des sommets; ce n'est donc point une véritable D<>nace; ce n'est pas non plus une Vénus comme l'a pensé Linné, ce serait plutôt une Mactre. Comme on le voit, on est dans l'impossibilité de décider la question avant de revoir en nature la Coquille d'Adanson.

MATAGASSE. ois. Synonyme vulgaire de Pie-Grièche rousse, y. ce mot.

MATAMATA. beet. Espèce du genre Tortue, qui se trouve â la (iuiane.

MATAMORlA. bot. Le genre produit sous ce nom, dans la famille des Synanlliérées (Lallav. et Lex., Nov. Veget. descr., 1, p. 8), a été réuni au genre Distreptus de Cassini. y. DismerTe.

MATAXA. bot. Ce genre, que Sprengel a établi dans la famille des Synantbérées. n'a pas paru assez distinct du genre Lasiospermum de Lagasca, pour devoir en être séparé, y. Lasio^psbie.

MATAYBA. bot. Genre de la famille des Sapindacées cl de l'Octandrie Monogvnie, L. , établi par Aublel (Plantes de la Guianc. I. p. 331, t. 128). Schreber et Necker ont inutilement substitué à cette dénomination qui n'a rien de contraire aux principes de la glnssologie, celles û'Kphielis et d 'lïrnstingia. Ce genre offre les caractères suivants : calice à cinq divisions profondes; cinq pétales munis à leur base de deux glandes; huit étamines à filets velus; un stigmate sessile; capsule oblongue. uniloculaire, à deux valves dont l'une est nue, l'autre portant sur son milieu deux graines réniformes et munies d'un ariilc. Le Matayba Gttfanensis, Alibi ; Ephietis fraxinea , Willd.. est un arbre à feuilles pinnées sans impaire, glabres, à pétiole nu et à fleurs en grappes paniculées. Il croit dans les forêts de la Guiane et d'Haïti. De Candolle (Protir. Syst. teg., 1. p. 001») a décrit deux nouvelles espèce» de Mutayba , savoir : 1° Matayba Patrisiana qui diffère de la précédente espèce par ses folioles plus nombreuses, velues en dessous, son pétiole légèrement ailé, et ses grappes simples ; 2° Matayba youa - Pana , établie sur la plante qu’Aubiet (Guian., 2. suppl., p. 12. t. 374) avait nommée t'oua-Hana Guianensis.

MATEI.EE. Matctea. iot. Genre de la famille des Apocynées et de la Pentaudrie Digyme, L., établi par Aublet (Guian., 1, p. 278, t. 109), et offrant pour caractères : un calice A cinq divisions profondes; une corolle monopétale, régulière, rolacée. à cinq lobes obtus; cinq étamines dont les anthères sont rapprochées et unies au stigmate; celui-ci e»t orbiculaire, déprimé, porté sur un style très-court; l'ovaire est ovoïde, allongé, marqué de deux sillons opposés; le fruit est un follicule quelquefois simple, contenant un grand nombre de graines imbriquées, dépourvues d'ai-

grette. Ce genre ne se compose que d’une seule esp ce, Matetea patustris , AubL./or. cil. C'est un petit s usarbrisseau de deux à trois pieds d'élévation, ayant ne lige simple, des feuilles opposées, péliolées, lan< talées, très-aigues, entières, glabres ou ovales, aeti aînées, dans une variété qu’Aubiet appelle Matetea l tffolia. Les fleurs sont petites, d'un blanc verdâtre, >édonculées , disposées en un épi court , axillairi et pédoneulé. Celte plante croit dans les forêts hum lea de la Guiane.

MATELOT, ois. L’un des noms vulgaires del'Hii mdelle de fenêtre, y. Hiroxoeile.

MATELOT. Moll. Nom vulgaire et marchand du Conus dassiarius.

MATERA T. ois. y. MEsaxge a Lonort qcece.

MATEIt PERLARLM. c.oxca C'est-à-dire Mère les Pertes. Klein (Mélli. Oslrac., p. 123) a nommé a nsi un genre qui répond assez bien au genre Perne des modernes, y. ce mot.

MATIIIOLE. Mathiota. bot. R. Brown (Mort. Acte., 2* édit., vol. iv, p. 1119) a formé sons ce nom un genre aux dépens des Clieiranthus de Linné. Il appartient à la famille des Crucifères et à la Tétradynamie liliqueuse. L., et il est caractérisé de la manière suivante par De Candolle [Syst. yeget. nat.f t. Il, p. 162) : calice dressé . ayant deux de ses divisions renflées en forme de sac à la base; pétales onguiculés, don: le liinlie est étalé, obovale ou ohlong; étamines à filets libres, sans dentelures, longs et légèrement dilatés; silique cylindrique ou comprimée, allongée, biloculaire, bivalve, terminée par le stigmate à deux lobes très-épais ou portant sur le dos des protubérances en forme de cornes; graines comprimées sur un seul rang, le plus souvent bordées; cotylédons plans et accomhanls. Ce genre est placé en tête de la première tribu établie par De Candolle , sous le nom d'Arabidées ou Pleurorhizées siliquruses. La structure de son stigmate le distingue suffisamment du Cheiianthus et d'autres genres voisins; sous ce rapport il est même essentiellement différent du A ’otoceras qui a aussi des gibbosités au sommet du fruit; mais dans ce dernier genre les cornes de la silique sont placées sur le sommet des valves, tandis que dans le Mathiota les valves sont muliques, et les gibbosités ou cornes procèdent du sommet des placentas ou du dos des stigmates. Le genre en question s’éloigne en outre de YHesperis et du Malcomia, par ses cotylédon» in combants Les Malhioles sont des plantes herbacées ou raremeut sous-frutescentes, dressées ou diffuse», rameuses, presque toutes couvertes d'un duvet blanchâtre et composé de poils étoilés; quelques-unes sont munies de glandes légèrement pédicellées; leurs feuilles sont alternes, oblongues, entières ou sinuées et dentées ; les fleurs sont disposées en grappes terminale», blanches, purpurines ou d'une couleur vineuse triste, et douées d'une odeur agréable. Toutes les espèces sont indigènes de la région méditerranéenne et surtout de l'Orient, à l'exception de quelques-unes qui croissent dans la Sibérie et dans la Haute- Éthiopie ; De Candolle en a décrit vingt huit qu'il a distribuées en quatre sections.

$ I. I'acrtxoti ». Limbe des pétales obovale, obtus

MAT

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ou échancré, plan, blanc ou d'un pourpre pur, mais jamais d'une couleur- sale; stigmates épaissis ou gibbeux sur le dos, mais non cornigères. Cette section se compose de neuf espèces parmi lesquelles les deux suivantes doivent être mentionnées.

Mathioi.k 8I.AXCHATKE. Mathiola incaua, Br. et DC.; Cheiranthus incattua, Lin. ;JJesper is riolaria, Lamk.; vulgairement Violier ou Giroflée des jardins. Cette plante, ainsi que son nom spécifique l'exprime, est blanchâtre sur toutes ses parties; elle est connue de tout le monde par la beauté et l'odeur agréable de ses fleurs. Sa lige, nue et épaisse inférieurement, atteint environ la hauteur d'un demi-mètre; elle se divise dans sa partie moyenne en plusieurs rameaux blanchâtres, couverts de feuilles éparses, oblongues ou lancéolées, obtuses, entières, molles et un peu ondulées. Les fleurs sont purpurines ou violettes, quelquefois blanches ou panachées; elles doublent facilement par la culture, et forment de grosses grappes très-odorantes, d’une couleur vive et d'un aspect fort agréable. Cette espèce, cultivée depuis un temps immémorial dans tous les jardins de l'Europe, est originaire des bords de la Méditerranée et de la mer Noire, depuis l'Espagne jusqu'en Crimée et en Tauride.

Matbiole axxcelle. Mathiola annua, DC.; Cheiranthus annuus, L. Celte espèce n'est considérée par plusieurs auteurs que comme une variété de la précédente; cependant elle en diffère par sa racine annuelle, par sa lige herbacée, par ses feuilles quelquefois légèrement sinueuses et ses pétales un peu plus échancrés; au reste, elle offre les mêmes variations de couleur depuis le pourpre vif jusqu'au blanc pur, mais elle est moins sujette à doubler que la Mathiole blanchâtre. Ces différences sont sans doute très-légères; si l'on réfléchit cependant qu’elle se perpétue malgré la culture, on pensera qu'il est assez rationnel d'admettre la plante en question comme une espèce distincte. Les jardiniers lui donnent le nom de Quaranlain parce que. dit-on. sa végétation est si prompte, que quarante jours après avoir été semée, elle montre des boutons assez avancés pour qu'on puisse juger si les fleurs seront simples ou doubles. La culture des deux espèces mentionnées ci-dessus, n'exige pas d'autres soins que celle des Giroflées et des Juliennes.

§ II. Lcperia. Limbe des pétales ondulé ou oblique, d'une couleur sale, d’un jaune rougeâtre; stigmates épais ou gibbeux. mais non pas prolongés véritablement encornes. Six espèces constituent cette section, parmi lesquelles les Malliiola odoratissima, Mathiola trislis, Br. et DC.. sont les plus remarquables.

§ III. Pma ri a. Limbe des pétales oblong, d'un jaune rougeâtre sale; stigmates portant des protubérances cornues sur le dos. Cette section renferme quatre espèces dont les Mathiola oxyceras et Mathiola livida, DC. et Deless. ( Icon . Select., 2,t.l 1 et 12), font partie. La dernière de ces plantes était le Cheiranthus tristis J de Forskahl et Delile, qu'il ne faut pas confondre avec | l'espèce ainsi nommée par Linné et qui fait partie de la section précédente.

§ IV. Acixotci. Pétales obovales. obtus ou échancrés ; silique munie au sommet de trois longues pointes .

situées sur le dos des stigmates; graines non bordées, selon Andreiowski aux yeux duquel cette section doit former un genre particulier. On y compte cinq espèces dont la principale est le Mathiola tricuspidata, Br. et DC., ou Cheiranthus tricuspidatus, L. Cette jolie espèce, qui a des stigmates beaucoup plus cornus que les autres, croît sur les côtes de la Méditerranée, et on la cultive avec facilité dans les jardins de botanique et d'agrément.

MATHCEN. ois. L’un des noms vulgaires de l'Êchasse. V. ce mot.

MATIÈRE. On ne doit pas s'attendre à voir dans cet article, extrait d’un plus grand travail de Bory ^‘-Vincent, la Matière traitée sous ie point de vue métaphysique, ni comme on l’envisagea longtemps, dans un esprit de système qui n'est pas celui de la véritable philosophie; l'auteur l'a examinée en naturaliste, c’est-àdire que. laissant au physicien le soin de déterminer ses propriétés générales, il s’est attaché à caractériser quelques unes de ses diverses modifications qu'on peut considérer comme primitives dans le mécanisme de l'organisation, et comme des essais générateurs dans toute création.

Le naturaliste, en ne s'occupant que de réalités démontrées, ne considère la Matière qu’à partir du point où ses particules lui deviennent visibles, et le microscope lui prête un puissant secours pour indiquer les premières merveilles de sa tendance vers l'organisation. Cet instrument peut, à l’aide d'un grossissement de miHe fois, le rapprocher des limites de l'incertain et de la réalité, c’est-à-dire du point où les particules de la Matière, encore voisines d’un grand état de simplicité, commencent, en s’agglomérant, à produire les phénomènes de l'organisation.

On sent bien que parmi les principes des corps sur lesquels le naturaliste a interrogé la Nature, à l'aide du microscope, ce n’est pas des fluides impondérables, de la Lumière, des Gaz, ni même de i'Eau, qu'il a cherché à saisir la composition moléculaire; mais ces fluides, les Gaz. l’Eau et la Lumière, joueront un grand rôle dans les faits qui vont être exposés.

Il faut observer, avant tout, qu’un grossissement audessus de mille fois expose à de graves erreurs. La portée des moyens de l'Homme a des bornes, au delà desquelles on court risque de s'égarer, parce que le fil d'Ariane échappe. Ce ne sont donc pas des atomes ou des particules qui constituent les fluides, et qu’ou peut concevoir comme de nature éminemment subtile, que l’on doit chercher à découvrir au moyen de verres multiplicateurs, mais des rudiments d'existence qui, pour être à peine perceptibles quand on les distingue à l'aide d'une lentille d'un quart de ligne, n'en remplissent pas moins un rôle décisif dans le vaste ensemble de la Nature, et paraissent les rudiments de toute création, c'est-à-dire les matériaux que régissent, comme dans le but de produire, les lois promulguées par une intelligence suprême, dont il est toujours imprudent de s'occuper plus qu'elle ne permit qu'on le pût faire.

Dans cet invisible et nouvel univers, duquel Leuwenhoeck fut le Colomb, et que Bory, auteur de cet article, a exploré sur ses traces, la Matière s'est toujours pré-

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tentée, après une mull itude d'expériences, dan* six étal» parfaitement distincts, étals que l'auleur est loin de donner comme exclusivement primordiaux ou élémentaires, au delà desquels en existent sans doute line multitude d’autres qui seront aperçus par la suite. Ces six étals primitifs de la Matière tendant à s'organiser, considérés seulement sous le rapport de leurs caractères visibles, sont :

1" L’état miqi ei sans molécule apparente, étendu, continu, imparfaitement liquide, enduisant, enveloppant. et plus ou moins épaissi, transparent, dans lequel se manifeste par le dessèchement une confusion de molécules amorphes, dont la plus grande partie des limites n'est pas terminée, et qui parait légèrement jaunâtre.

2* L’tTAT VtSICL'L AIRE, composé de molécules globuleuses, le plus léger en raison des gaz qui déterminent son apparition, conséquemment ascendant, extensible ou contractile par l'effet alternatif de la dilatation et de la raréfaction qui s'exerce dans l’intérieur de ses globules qui sont hyalins, et qui disparaissent par le dessèchement eu ne laissant nulle trace de leur existence sur le porte-objet.

5» L'état agissait, composé de molécules sphériques. évidemment contractiles, mais non extensibles au delà des limites qu’on leur reconnaît dès leur apparition, complètement diaphanes, peut-être bleuâtres, nageant et s'agitant individuellement, avec une grande vélocité, se déformant par le dessèchement, de manière à présenter, quand elles se sèchent, le même aspect que l'état muqueux.

4» L'état végétatif, composé de molécules â peine perceptibles, subconfuses et comme diffluentes, pénétrantes, translucides, mais d'un beau vert plus ou moins intense et conservant leur couleur dans le dessèchement où la forme s'altère, et s'étendant souvent en une teinte homogène dans laquelle on ne reconnait plus la forme de chaque molécule.

5« L'état cristallin, dur, excitant, pesant, translucide, laminaire, anguleux, qui, par le dessèchement, adopte une multitude de formes déterminables, mais jamais rien de globuleux.

0° L'état terrelx, dur, inerte, lourd, opaque, grossièrement arrondi ou ohtusément anguleux, et ne changeant ni de forme, ni de couleur, soit que l'eau en tienne les parcelles en smqiension, soit que par leur dessèchement celles ci se rapprochent en masses amorphes et irrégulières, ou vaguent dans l'atmosphère comme si elles y nageaient.

Vue l'on place sous le microscope tout corps inorganisé ou organisé, dont on réduira les parties à la ténuité nécessaire pour y être observées; qu'on en opère la décomposition par des moyens artificiels, ou que. dans de# vases contenant une quantité de liquide suffisante pour dissoudre ces particules, on facilite au contraire des moyens d'organisation nouvelle, on ne lardera point à retrouver l'une des six formes primitives qui viennent d'être indiquées; ou si quelqu'une d'entre elles se fait attendre, on finira nécessairement par l'y voir se développer. On doit toujours se souvenir que I on ne prétend pas ici employer le mot l’Riimr dans un sens absolu.

Tour observer ces six états de la Matière, on fera donc infuser des substances animales ou végétales, en suivant avec le microscope les phénomènes qui se développeront pendant que ces substances seront tenues en infusion ; il suffit même de placer de l'eau dans des vases de verre exposés à la lumière et à l'air atmosphérique. Dans le liquide mis en expérience, on apercevra tous les jours de nouvelles productions, merveilles de plus en plus composées; mais le développement de celles-ci sera nécessairement précédé ou terminé par l'un ou par plusieurs des six étals rudimentaires. On retrouvera ces étals jusque dans les fluides émanés des corps vivants, ou qui en sont des produits indispensables-

On ne prétend assigner ni l'ordre, ni les rapports dans lesquels les six états primitifs que Ton a reconnus peuvent et doivent se combiner pour produire des êtres organisés, végétants et vivants; mais on pourra indiquer divers exemples de la formation de ces six états; formation qui a lieu sous les yeux de tout naturaliste palieul, qui sait provoquer, attendre ou saisir l'occasion de les observer.

$ I. Matière ncQitcsi.

Partout où séjourne de l'eau exposée au contact de l'air et de la lumière, sa limpidité ne larde pas à s'altérer, et si l'on y fait suffisamment attention, on voit les parois du vase qui la contient, ou les corps plongés dans celle eau, quand on fait l'observation dans un étang ou dans un marais, se revêtir bientôt d'un enduit muqueux ; cet enduit devient tellement sensible sur les pierres polies des torrents et des fontaines, qu'il les rend très-glissantes, et souvent dangereuses à parcourir : il se présente fréquemment à la surface des rochers humides, le long des sources et des infiltrations. On peut dans les villes le discerner au tact, contre les dalles sur lesquelles coule l'eau des fontaines publiques, ou qui contiennent celte eau. C'est là cette Matière muqueuse, sans couleur d’abord apparente, sans consistance, tant qu'elle ne se modifie point |>ar l'admission de quelque autre principe; elle ne se distingue guère que comme le ferait un enduit d'Albumine ou de Gomme délayée, étendu sur les corps qui en sont recouverts; mais elle est sensiblement onctueuse au loucher, et s'épaissit dans certaines circonstances favorables à son développement, et surtout par la chaleur, au point de devenir visible à l’œil comme une véritable gelée. C’est principalement à la surface de certains animaux ou végétaux aquatiques qu'elle semble se complaire. L'enduit muqueux des Oscîllaires. des Balrachospermes , d’une quantité d'animaux marins, et de beaucoup de Poissons même, n'est que la Matière muqueuse qui te trouve dans les eaux salées comme dans les eaix douces,et qui donne à celles de la mer cette qualité presque gluante dont l'existence n'échappe pas même aux personnes les moins attentives. Celte Matière muqueuse recueillie sur des Marsouins, sur des Éponges et sur des Carpes, le microscope la présenta toujours identique, souvent pénétrée de molécules appartenant aux cinq autres états, mais par elle-même mi peu jaunâtre ou incolore, insipide, et même inodore, lorsque i>ar des lavages réitérés elle avait été reuduc à sa comiit on naturelle. La gelée, souvent fétide, dont se couvrent dans

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1rs mares les liphydalies, et dans la mer les Spongiaires et les Gorgoniées. seule composition animale que l’on puisse reconnaître dans ces êtres Psychodiaires, n'est encore que de la matière muqueuse, pénétrée de la modification qui vient y déterminer la vie. Soit qu'elle transsude excréloirement des êtres qui en sont enduits, soit qu'elle ne fasse que s'accumuler à leur surface, on peut considérer la Matière muqueuse comme un milieu des plus simples, offert par l'un des effets d’enchalnement si fréquents dans la nature aux cinq autres modifications primitives de la Matière, afin que celles-ci puissent s'organiser en s’y agglomérant; et si l'on considère qu’elle petit naître et résister dans l'eau graduellement chauffée, ou sur les corps immergés dans les sources thermales, on est tenté de la regarder comme une gélatine élémentaire et comme la hase de la mucosité des membranes animales ou de plusieurs des sécrétions du corps humain.

On sent bien que . par ce qui vient d’être dit, on ne prétend point donner le mucus animal comme identique avec cette Matière muqueuse; mais celle-ci, modifiée par le mécanisme de l'animalité et l'addition de principes échappant aux sens, n'en pourrait-elle être In base comme elle l'est de l'animalité même? et le mucus ne serait-il pas l’état muqueux retournant, par l'effet des sécrétions, vers son étal primitif? Selon l'analyse de Fourcroy et de Vauquelm (Ann. Mus., t. xn, p. 01), • c'est une humeur qui ressemble A une dissolution chargée de gomme; qui s'épaissit à Pair, et s'y dessèche en lames ou filets transparents, sans élasticité, • etc. Berzélius y reconnaît avec une très -petite quantité d'autres principes qui sont les causes évidentes de son altération, 53 de Matière muqueuse sur 033 d'eau. Ainsi, l'un des chimistes les plus instruits de l'époque actuelle retrouve la modification matérielle dont il est ici question, A l'état de pureté dans l'une de ses principales transformations : son existence n’est -elle pas constatée par un si puissant témoignage?

Mais un témoignage non moins respectable vient donner A ces idées sur la Matière muqueuse toute l'importance de la certitude la mieux établie, c'est ce que Geoffroy de Saint- Hilaire en dit dans le sixième paragraphe (p. 294 et suiv.) de son Traité des monstruosités humaines. Après avoir retrouvé le mucus abondamment distribué dans le tube intestinal . non-seulement de l'ébauche normale, mais encore dans celui de petits individus bizarrement développés sans bouche; après avoir examiné quel rôle ce mucus doit y remplir, ce naturaliste ajoute : « l.e mucus est un des principes immédiats des êtres organisés; son principal caractère est d’être le premier degré des corps organiques. Les végétaux le donnent, de même que les animaux, après une première révolution des fluides circulatoires. Il est plus abondant chez les plus jeunes, et par conséquent chez le fœtus; et ce sera tout aussi bien en physiologie qu'en chimie qu on lie tardera pas à le considérer comme le fond commun, où puisent les membranes cl généralement tous les tissus employés comme contenants. Il est dans le cas de toutes les Matières premières, dont on forme nos étoffes. Les aliments deviennent lui, et lui les organes solides; il est l’objet final de la digestion,

la substance animalisahle par excellence. On dit en physiologie que le fœtus étant beaucoup trop faible pour assimiler à sa propre substance des substances étrangères, reçoit de sa mère ses aliments tout préparés : c'est voir de trop haut les choses . et s’exposer A les voir confusément; c'est d’ailleurs généraliser un fait qu'une seule espèce, qu'une seule considération aurait donné. Pour peu qu’on ait observé les animaux dans les premiers moments de leur existence , on sait qu'il n'est point d'étres. si frêles qu'on les suppose, qui ne produisent du mucus, ou plutôt l'abondance de ce produit augmente en raison directe de leur plus grande débilité; et il n'est pas d'étres non plus qui n'absorbent du mucus, qui ne s'en nourrissent et qui ne jouissent par conséquent des facultés assimilatrices. Voyez le frai des Batraciens ; c’est par la production du mucus que s'annonce en lui le mouvement vital, et le mucus formé devient aussitôt la source où le nouvel être va puiser sa nourriture. •» Non-seulement le fœtus vit dans la Matière muqueuse et de la Matière muqueuse; mais n’en ful-il pas lui-méme un simple composé aux premiers instants de la conception qui détermine son développement? Ou’était-il au moment où deux sexes s'unirent pour en mélanger les rudiments, en imprimant â ceux-ci l'action nécessaire pour se constituer et croître? Le fluide répandu dans celle circonstance par le mâle est-il autre chose que de la Matière muqueuse pénétrée de gaz. de Matière agissante et de Matière cristallisable? Les Zoosjiermes (Animalcules spermatiques), qu'on a supposé remplir un rôle d'intromission nerveuse dans la génération, n'y font peut être, par la multiplicité de leurs mouvements agiles, que mêler deux ou trois de ces modifications primitives de la Matière afin de développer, au moyen de leur combinaison. la propriété fécondante.

Vaucher, savant et excellent observateur genevois, très-habitué à se servir du microscope, célèbre par un fort bon ouvrage sur les Conferves d’eau douce. Vaucher considérant la Matière muqueuse dans ses rapports avec l'organisation végétale, a remarqué cependant que la Matière muqueuse ne se dévrloppail pas dans les eaux du lac de Genève, sur les pierres qui ne sont point ochreuses, ce qui tient sans doute A quelque cause locale, qui mérite d’élre étudiée. Il pense aussi qu’elle serait plus commune dans les marais, parce qu’elle y proviendrait de la décomposition des animalcules. Nul doute que la décomposition des animalcules ne rende lieaucoup de Matière muqueuse, dans son état naturel. A la masse de l’eau marécageuse; niais elle ne l’y crée pas davantage que du précipité rouge ne crée du mercure dans un canon de fusil , quand on fait rougir ce canon après l’avoir rempli de précipité. C’est précisément celte Matière muqueuse, considérée comme corps développé dans les eaux des fontaines et sources, ou bien épaissi à la surface des rochers humides , dont a été formé par Bory, le genre Chaos.

Le genre Chaos n’appartient proprement ni à la plante ni à l’aniinal ; il est un intermédiaire . une sorte de gangue propre A protéger le développement des autres combinaisons matérielles appelées A s’introduire dans son épaisseur et A l’augmenter. Aussi verra t-on cette

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Madère primordiale devenir le Byssus ou Lepra botryoides des botanistes, lorsque, pénétré par les globules verts de la matière végétative, il passe à l'état de plante, si l'on peut qualifier du nom de piaule les derniers êtres dont se composait la Cryptogamie de Linné; le Chaos est encore le milieu dans lequel sont réunis les corpuscules épars, par lesquels se caractérisent les Palmeltes et les Tremelles, ou les globules qui, se juxtaposant en figures de chapelets, forment les Nostocs, les Téléphores, les Collémas, les Batracliospermes.elc.,etc.

il arrive d'autres fois que ce sont des Navicules, des Bacillaires, des Lunulines ou des Styllaires qui pénètrent le Chaos. Celui-ci prend alors une teinte ochracée ou verdâtre, avec une consistance qui l'a fait regarder par Lyngbye, comme un végétal voisin des Noslocs. Dans cet étal, les êtres vivants qui s'y sont agglomérés eu masse ont perdu leur mouvement individuel, et forment, par leur confusion pressée, une sorte d’animal commun qui offre déjà la trace d'une organisation analogue à celle des Polypiers pulpeux que Lamarck appelle Empalés.

Si l'on considère qu'outre les êtres appelés Infusoires par les naturalistes, ceux qui n'ont ni cirres, ni queue, ni organe rotatoire, en un mol qui, étant les plus simples, ressemblent à des amas de globules, n'ont souvent aucune forme déterminée, on serait tenté de supposer que de tels animaux ne sont que des gouttes de Matière muqueuse pénétrées par des globules de la deuxième et de la troisième modification de la Matière, lesquels essaieraient dans l'épaisseur de ces gouttes l'exercice d'une vie commune qui, plus développée par l'addition de quelques organes rudimentaires, offrirait une grande analogie avec celle des Médusaires et de plusieurs sortes de Polypiers molasses. Ainsi, les Microscopiques, depuis leur état de plus grande simplicité jusqu'à ceux où des complications se sont opérées, de même que plusieurs animaux plus avancés, tels particulièrement que les Biphores {Salpa), pourraient être considérés comme autant de fœtus où les combinaisons organiques sont devenues propres à se reproduire, sans être parvenues néanmoins au point où toutes les conséquences de l’organisation rudimentaire se pouvaient étendre si le moindre principe d'un organe de plus s'y fût trouvé contenu. Celle dernière vue, présentée par un grand naturaliste de nos jours, mérite surtout qu'on s'y arrête; elle conduira l'observateur qui voudra se donner la peine d'étudier de bonne foi la marche de l'organisation dans ses essais mêmes, au lieu d'en rechercher les lois fondamentales dans les êtres compliqués où la nature n'a plus rien à ajouter, vers la féconde idée de l'unilé d'organisation; vérité comme instinctive, entrevue dès l'antiquité, mais mal démêlée par des philosophes ingénieux du dernier siècle, qui en discouraient par supposition, au lieu d’en chercher les preuves dans la nature même; vérité que plusieurs s'obstinent à méconnaître aujourd'hui, et qu'ils attaquent, en lui prêtant un ridicule énoncé qu'on ne trouverait nulle part dans les écrits de ceux qui en établissent la démonstration par l'exposé de faits irrécusables.

5 II. MatiIii vlsici? lmri

A peu près vers le temps où la Matière muqueuse se manifeste dans l'eau exposée à la lumière, ainsi qu'au contact de l’air, et plus la température est élevée ou le soleil brillant, on voit se former graduellement au fond et sur les parois des vases dans lesquels cette eau se trouve contenue, des globules, d’abord presque imperceptibles, mais qui, ne tardant pas à grossir, se détachent pour s'élever avec rapidité à la surface du liquide, où plusieurs persistent durant quelques instants. mais où beaucoup d'autres, grossissant davantage sans obstacle, se rompent et disparaissent. Ces globules sont occasionnés par un commencement de dilatation propre à des molécules gazeuses qui, loin d'être soumises à la cohésion, sont au contraire, comme chacun sait, douées d'une force répulsive qui tend à les écarter les unes des autres, tant qu'une compression suffisante ne les rapproche point pour les rendre perceptibles sous la forme liquide. C'est ordinairement de l'air atmosphérique ou l'un des gaz qui entre dans sa composition et tenu en solution dans l'eau, qui, se dégageant de celle-ci, remplit les globules dont il est question, lesquels sont limités par une légère couche de Matière muqueuse dont la résistance modère la dilatation intérieure, surtout tant que la pression du fluide environnant seconde cette résistance et qu'une trop grande augmentation de l'agent vaporisateur n'en rend pas l'effort irrésistible. Dans cri état de choses, la molécule gazeuse, captive dans le mucus, ne peut détacher de la masse de celui-ci la couche qui la tient renfermée, que la dilatation graduellement augmentée n'ait donné au globule dont elle est la première cause, assez de légèreté pour que la force d'ascension qui en résulte l'emporte dans la partie supérieure du liquide, toujours captive dans de la Matière muqueuse. La paroi de sa petite prison se brise quand la dilatation, continuant plus librement à la surface de l'eau, n'est plus suffisamment maîtrisée par la pression du milieu dans lequel on la vit commencer. Mais si la couche de Matière muqueuse s'est épaissie, si elle domine ail dessus des vases, si les parois de ceux-ci s'en sont abondamment garnies, les globules gazeux y demeurent enchâssés, cl n'y peuvent plus augmenter, la résistance du mucus étant trop forte; celui ci devient alors une pellicule bulleuse où de véritables vésicules persistent, encore que la plupart demeurent â peine visibles. C’est par un tel mécanisme que se forment ces masses ou couches glaireuses au tact et comme criblées de bulles d'air qu'on voit surnager dans les marécages, en tapisser la vase et les bords, ou se mêler aux plantes aquatiques flottantes; et dans l'ébullition, qu'on peut considérer comme un moyen des plus actifs de dilatation dans les liquides où sont dissous des gaz. c'est encore la Matière muqueuse qui, tendant à se durcir par l'effet de la chaleur, résiste d'abord à l’effort expansif des molécules vaporisées, et produit, comme en luttant avec elles, ces milliers de bulles qui viennent en crevant à la surface rendre les particules gazeuses à la liberté.

Cependant les particules gazeuzes, dilatées par l'effort d’un agent quelconque, environnées de la Matière muqueuse qui les renferme de manière à ce qu'elles ne

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puissent plus s'en dégager, doivent, selon l'augmentation ou l'amoindrissement de la cause expansive, croître ou diminuer de volume, et conséquemment agir au milieu de la Matière muqueuse en lui imprimant un mouvement interne. L'effet de ce mouvement ne seraitil pas cet Orgasme que Lnmarck regarde comme une des premières causes de l'organisation animale, quand il dit {Aiiim. sans vert., t. i, p. 104 et suiv.) : • l'n Orgasme vital est essentiel à tout être vivant; il fait partie de l’état des choses que j'ai dit devoir exister dans un corps, pour qu’il puisse posséder la vie, et pour que ses mouvements vitaux se puissent exécuter... L'Orgasme dont il s'agit n'est dans les végétaux qu'à son plus grand degré de simplicité; il y est effectivement si faible, qu'un coup de vent d'un air très-sec. ou certain brouillard, ou une gelée, suffisent souvent pour le détruire. •> Eu effet, les divers météores causant l’augmentation ou la diminution trop considérable des vésicules gazeuses qui déterminent l'Orgasme, peuvent les faire crever ou disparaître, et de ccsdeux effets, résultant de trop de dilatation ou de raréfaction, provient un état de mort. Aussi les fluides élastiques que l’on peut concevoir, formés de particules tour à tour dilatables et coercilHes, méritent une sérieuse attention; car ce sont eux qui produisent le phénomène le plus étonnant, celui de communiquer à la Matière muqueuse cette élasticité qui lui devient nécessaire, pour que les principes moléculaires de toute organisation qui s'y viennent surajouter, puissent y agir les uns sur les autres. en raison de la souplesse que lui donnent les globules élastiques dont elle se trouve pénétrée.

Tant que la Matière muqueuse, d'où résultent, au moyen de la dilatation d'un gaz, les corpuscules qui constituent la Matière vésiculaire, est assez peu épaissie pour n'étre pas fortement résistante, l’existence de celle .Matière vésiculaire demeure précaire; ses corpuscules sont trop exposés aux petites explosions qui détruisent l'harmonie nécessaire dans une existence commune; il faut que le milieu qui les limite acquière une certaine solidité pourqu’ils y persistent; mais dès qu'ils sont définitivement constitués, ils concourent puissamment au développement des corps dont leur présence prépare le complément. Ces corpuscules développés et suffisamment retenus dans la masse muqueuse, dont se composent la plupart des Microscopiques ou Infusoires, y demeurent très-visibles par leur transparence souvent parfaite; devenus parties nécessaires de ces petits animaux et ne pouvant plus s*eu échapper, ils ne s'y opposent à nul mouvement de contraction ou d'extension, puisqu'ils demeurent par leur nature même susceptibles d'augmentation, de diminution et même de changement de forme en agissant les uns sur les autres. Selon qu'ils se dilatent, ils rendent l’animal plus léger. On dirait chez certains Infusoires où l'on en distingue souvent de fort considérables, le modèle de la vessie natatoire des Poissons. Et quelle que soit leur quantité dans ie petit corps de la plupart de tels animalcules, ils ne s'y opposeront point ù l'introduction d'organes compliqués qui les trou vont compressibles, peuvent, au contraire, occuper une place aux dépens de leur volume réduit. Ces corpuscules, que Bory a appelés hyalins,

n’en demeurent pas moins comme indépendants de l'être dans la composition duquel le verre grossissant les montre; aussi les voit-on. par exemple, se mouvoir à l’intérieur d'un Volvoce, dans un sens différent de celui où s'agite la masse du petit animal, et comme sans la participation de sa volonté. Les éléments primitifs de la vie ne sont donc pas encore dans le Volvoce complètement équilibrés? C'est ce que Muller a fort bien remarqué cl qu'il nota soigneusement en décrivant plusieurs de ses animalcules, tels que VEnchelis nebulosa, VEnchelis similis , et le Leucophra conftic tor qu’il caractérise par ces mots interaneis tnobiabus.

Tant que les animaux peu compliqués demeurent transparents, ces corps hyalins y sont manifestement visibles. On les distingue dans les Infusoires, où des cirrcs garnissent déjà un rudiment d'ouverture buccale; ils se trouvent toujours dans les Kotifères, et ou les a reconnus jusque dans les Polypes, et même chez des Hadiaire» bien plus avancés dans l'échelle animale, tels que les Béroés et les Méduses même. Si le* naturalistes qui se sont tant occupés de ces Méduses, et qui en ont donné des monographies où la multitude de noms génériques inutiles rebute la meilleure mémoire, eussent descendu dans l'organisation intime de ces animaux, aidés du microscope, ils y eussent reconnu l'existence des corpuscules hyalins; ils eussent admiré comment. dans les mouvements de flexion, de contraction, ou d'allongement chez ces merveilleuses créatures, les globules, constituant la Matière vésiculaire, se déplacent en glissant les uns sur les autres, s'aplatissent en se comprimant pour céder à l'effort qui les presse, et reprennent ensuite, comme par une sorte de réaction, leur forme première, afin de contribuer, soit qu’ils cèdent, soit qu’ils réagissent, au mouvement général. Ces corpuscules sont peut-être les raisons de tout mouvement avant qu’on puisse distinguer ou même concevoir l'introduction d'une fibre quelconque, d'un système nerveux, ou d'un appareil locomolif dans la frêle machine. On retrouvera certainement un élément si essentiel d’action dans le reste des animaux en remontant des plus simples aux compliqués, et sa présence expliquera à quoi lient la souplesse sans laquelle nulle créature ne pourrait agir.

$ III. MxTItRt AGISSANT*.

Quelque substance animale que l’on mette en infusion dans l'eau pure, on ne tarde pas à voir se former à la surface de cette eau une pellicule presque impalpable, qui. ne présentant d’abord aucune organisation, est encore de la Matière muqueuse; en même temps le fluide deviendra légèrement trouble, surtout en dessus, et l’f Itération de teinte est due à la présence de la troisième forme matérielle. Celle-ci est composée de globules d une petitesse telle, que leur volume n'équivaut pas. après un grossissement de mille fois, à celui du trou que l'on ferait dans une feuille de papier, avec l'aiguille la plus déliée. Chaque globule, parfaitement rond, s'agite, monte, descend, nage en tout sens et comme par un mouvement de bouillonnement. Ces globules, si petits que Muller, en figurant les Infusoires à l'aide des plus fortes lentilles, les a représentés par uii

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«impie pointillé, §onl le Monaa Termo de ce grand naturaliste.

Entre le Monaa Termo et les créatures que le savant Danois avait classées dans le même genre, il existe une distance incalculable, soit pour les dimensions, soit 1 dans le développement des facultés vitales. Il est diffi- j cile de concevoir que chacun de ces petits corps dont on ne peut mieux comparer les mouvements qu’à celui des bulles d’air qui se heurtent à la surface de l’eau fortement poussée au degré d'ébullition; il est difficile de concevoir, que chacun de ces petits corps soit un être doué de volonté, et conséquemment d'une vie complète; il lui manque sans doute des organes capables de régulariser le genre de perceptions dont il pourrait être susceptible. De là cette agitation que rien de rationnel ne parait déterminer, qui semble commune à la masse des globules roulant irrégulièrement en tout sens sur eux-rnémes. souvent avec une vélocité qui fatigue l'œil, mais cependant eu manifestant des indices frappants d'animalité.

La quantité des globules agités devient d'autant plus considérable , que ces globules se développent sur les bords du vase, ou plutôt vers les limites de l'eau qui les tient en suspension. Soit que l'évaporation, soit qu’une attraction particulière à chaque petite sphère et proportionnée à sa masse, porte ces globules actifs vers un lieu plutôt que vers un autre, on dirait qu'un instinct irrésistible les conduit. Ainsi, dans une goutte d'eau remplie de Matière agissante, mise sur un porteobjet. on voit chacune des individualités de cette Matière fuir le centre et nager avec un empressement extraordinaire, vers les bords d'un petit océan dont le i dessèchement doit déterminer la cessation de toute vie : on dirait qu’ils disputent à qui mourra le plutôt. Cet | instinct ou celte force est probablement ce qui détermine l'atnueuce des globules de Matière agissante, vers | les pellicules ou vers les glomérules de Matière muqueuse déjà développée ; c'est autour de celte Matière muqueuse qu'on les voit surtout se heurter, se pousser, combattre en quelque sorte, empressés pour y pénétrer. bientôt, par la pression continuelle que leur agi- , talion produit les uns sur les autres, ces globules aninié» s'incorporent à la Matière muqueuse, et lui donnent une certaine consistance en perdant dans son épaisseur | le mouvement individuel. Alors des pellicules, d'abord presque imperceptibles, deviennent sensiblement jaunâtres, s'épaississent au point d'offrir une certaine résistance, et, dans cet état, soumises au microsco|te, tout globule agissant semble y avoir disparu; mais la confusion de ces globules ainsi confondus altérant la simplicité de l’état muqueux , ou découvre comme une membrane à laquelle il ne parait manquer, ppur constituer un corps organisé complet, qu'un réseau nerveux dont la faiblesse humaine ne saisira jamais probablement l'introduction rudimentaire, encore qu'on la puisse concevoir en supposant l’opération qu'on a sous les yeux, déterminée dans les corps vivants par des circonstances qu’il n'est pas encore donné à l'homme ( de provoquer.

Ce n’est qu'après avoir fourni durant un temps quel- ' conque, et probablement subordonné aux principes I

qu’elle renferme, de la Matière muqueuse et d î la Matière agissante, et lorsque la Matière vésiculaire étant produite par le concours des gaz, vient ajouter l’élasticité à la formation des membranes rudimentaires, qu'une infusion produit de véritables animau:; microscopiques. Jamais aucun être organisé ne précède ces trois existences primitives. Un peut « en convaincre surtout en examinant l'eau contenue dans les Uuilres. Si l'on remplit un verre avec celte eau, elle deviendra trouble, d’autant plus promptement que l'atmosphère sera plus chaude. Avant même que cette eau ail acquis l'odeur insupportable qui dénote la putréfaction, on verra la surface du vase couverte par la pellicule muqueuse. et le Mouna Termo ou Matière agissante, s'y agiter en si énorme quantité, que son mouvraient serait capable de fatiguer, à travers le inicroscrpe, l'œil qui l'examinerait trop longtemps. A ces globules simples et agissants , succéderont bientôt avec I' >deur de pourriture qui s'exhale de l'eau mise en expérience, et qui provient du dégagement des gaz dont quelques-uns ne demeurent pas emprisonnés dans la modification vésiculeuse; à ces globules succéderont des animaux diverset compliqués déjà par trois termes multiplicateurs. En même temps que la Matière agissante globuleuse semble comme s'effacer en s'identifiant avec la muqueuse, elle en devient la molécule motrice, car elle y exerce son action sur les globules compressibles de Matière vésiculeiise, d'où résulte la souplesse de la muqueuse; celle-ci ne tarde pas à s'oblitérer; c'est alors qu'elle se remplit de corpuscules appartenant à notre quatrième modification avec des globules opaques de Matière terreuse; et lorsque l'évaporation produit le dessèchement de la croûte qui résulte du mélange successif de toutes ces choses, cette croûte, devenue friable, offre l'aspect et tous les caractères des sulislances minérales; mais ni les principes des Matières ainsi concrétées, ni la faculté de repasser par les mêmes phases, ne sont perdus. Uu'on verse de l'eau sur le magma ou terre saline résultant de l'eau d'Uuitre mise en expérience et desséchée, les mêmes phénomènes y auront successivement lieu de nouveau : la même pellicule muqueuse, les mêmes globules de Matière vésiculeuse et de Matière agissante, les mémos espèces d'animaux, les mêmes sels et la même terre y reparaîtront tour à tour autant de fois qu’on réitérera l’expérience, sans rien ajouter au liquide d'où puisse résulter de perturbation, c'est à dire tant qu'on organisera et qu'on désorganisera par la voie humide.

Mon- seulement la Matière agissante se développe promptement dans l’eau d’HiiUre et dans celle où l’on met infuser des substances animales; mais plusieurs infusions végétales l'offrent en grande quantité avec les mêmes phénomènes, et ce fait explique aisément par l'analogie chimique, les rapports qu’on a découverts entre certaines plantes et les animaux; mais si la Matière animale entre dans l'ensemble de plusieurs végétaux comme élément constitutif, on sent qu'elle y devient un motif de plus pour proscrire rétablissement absolu des limite* qu'on suppose exister entre les deux anciens régnes organiques.

Il arriverait donc que celle Matière agissante, dont

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le* particules individualisées jouissent d'une sorte de i vie propre, perd cette vie de détail, pour contrituier à une vie commune lorsque ces mêmes particules se coordonnent de telle ou telle façon avec la Matière vésicu- I la ire; l'une et l'autre peuvent être contraintes à une existence purement végétative, encore que l'une des deux, essentiellement mobile dans l'état d'individualisation. semble cependant être appelée par sa nature même à ne produire que des êtres doués de volonté et de mouvement spontané.

On sent que ce ne sont ni les substances animales, ni les substances végétales mises en expérience, qui produisent les trois modifications de la Matière dont il vient d'être question; ces substances, au contraire, sont formées de ces modifications même qui s’y trouvent prédisposées comme les bases de l'organisation, avec d'autres principes qui. régissant celle-ci et la fixant, demeurent néanmoins inappréciables pour les sens. Itéunie dans un tout destiné à exercer une vie plus ou moins développée, chaque molécule agissante perd son degré de vie individuelle, qui tourne au profil de la vie collective. L'opération qu'on fait subir au corps organisé dont on veut observer les bases, ne fait conséquemment que rompre les liens qui unirent ceux des éléments qui tenaient les molécules de Matière vésiculaire et de Matière agissante subordonnées les unes aux autres dans la Matière muqueuse, et les rend à leur liberté originelle. Ce n'est donc point dans In putréfaction que s'engendre la vie, et que s'opèrent des générations spontanées. comme l'avaient pensé les anciens, ou des philosophes qui, n'ayant jamais observé la nature, en raisonnaient sur des apparences trompeuses; cette putréfaction concourt seulement, dans les expériences, à relâcher les nœuds secrets qui tiennent assemblées les parties constitutives des corps; elle se borne â détruire les forces qui sulmrdonnaient de premières modifications de la Matière; elle individualise enfin les molécules, base de toute existence, et de là ce passage alternatif de la molécule agissante à l'état de torpeur où nous la trouvons dans la Matière muqueuse qu'elle a pénétrée, ou à l'état d'agilité qu’elle reprend par disjonction, selon qu'on renouvelle ou qu'on fait disparaître l’humidité autour des substances mises en expérience qui la contenaient asservie.

Comme des gaz tels que l'hydrogène et l'oxigène paraissent être les corps dont les particules, emprisonnées par uhc pellicule de Matière muqueuse, contribuent avec celle-ci à former le deuxième étal primitif, il se pourrait que ce fût l'azote qui jouât dans le troisième étal un rôle analogue. En admettant celte | hypothèse, on se rendrait compte de la cause qui fait de l’azote comme le principe dominant dans les substances animales. Outre les corpuscules hyalins, individus de la Matière vésiculaire, les animaux Microscopiques où Ton commence à distinguer des molécules ; constitutives, empâtées dans la Matière muqueuse, renferment d'autres corpuscules beaucoup plus petits, bien plus nombreux et déjà moins transparents, qui ne sont | que des globules de Matière agissante agglomérés, ayant perdu leur vie individuelle par leur introduction dans la muqueuse qui les raisfmblc. Ces monades enfermées i

y ajoutent probablement la faculté de percevoir par le tact, tandis que la Matière vésiculaire donne à la masse devenue ternaire, les éléments de flexibilité nécessaires pour l'exercice des mouvements compliqués, auxquels se devra déterminer l'animal quand il aura touché et senti.

$ IV. Matière végétative.

A la Matière muqueuse ne tarde point à succéder ou à se joindre encore, dans l’eau exposée à l'air et à la lumière, ce que Bory appelle la Matière végétative. Celle-ci se développe dans l'eau distillée, ainsi que dans celle des puits, des fontaines, des rivières ou de la pluie, et jusque dans l'eau salée de la mer. Elle se forme sur les parois des vases, dans la masse du liquide mis en expérience, sur les pierres et autres corps inondés, en y produisant une teinte agréable à l’œil; teinte que Priestley remarqua le premier, qu'il appela Matière verte, et qui, méconnue depuis ce physicien, a donné lieu à de grandes controverses en physique. Celte Matière verte de Priestley est si facile à confondre avec une multitude de corpuscules microscopiques, également colorés en vert, que beaucoup d'observateurs s’y sont mépris, et ont à tort regardé comme lui appartenant, de véritables corps organisés qui en sont à la vérité pénétrés, mais qui ne sont déjà plus celle Matière dans son état de plus grande simplicité.

C'est la Matière verte ou végétative qui, se développant dans la nature entière, partout où la lumière agit sur l'eau, pénètre les Marais de toute espèce, les bassins où l’on fait parquer les Huîtres, les rossés des grandes routes ou des fortifications, en colorant les pierres taillées et le bas des inurs humides.

La lumière parait cependant être moins nécessaire à son développement que d'autres principes auxquels il faut nécessairement attribuer la couleur verte persistante dans certaines plantes, lors même que ces plantes croissent soustraites au pouvoir bienfaisant des rayons du jour. En effet, si la privation de lumière produit en général l’étiolement et la pâleur dans les êtres organisés, on a cependant vu des végétaux transportés dans les ténèbres de certaines galeries de mines, verdir dès que l'air ambiant contenait de l'hydrogène et de l’azote en suffisante quantité pour y déterminer la coloration. Dans les plus grandes profondeurs delà mer où la sonde pût atteindre, à deux cents pieds sous l'eau, d'où l'on est parvenu à déraciner quelques Uydrophytes. la plus belle teinte verte resplendissait sur ces plantes qui avaient cependant végété dans une obscurité complète ou à peu près. Serait-ce que des rayons verts eussent seuls pénétré jusque dans les abîmes, ou que ce ne fût pas nécessairement par l'influence de tels rayons que du carbone et de l'hydrogène se pussent combiner pour décorerla végétation marinedesa plus aimable nuance.* Quoi qu'il en soit, partout où l'on a vu la Matière verte ou végétative se développer, elle a paru d’abord comme une simple teinte, où le plus fort grossissement (d'un quart de ligne) ne permit de distinguer qu’un pointillé dont la figure du Monas Teruio de Muller, donnerait encore une idée exacte, si la planche eût été tirée en vert tendre. Mais les molécules dont se composait ce pointillé, étaient inertes; tout corps voisin qui s'y trou-

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