SUPPLÉMENT
ABRAHAM, ISAAC et JACOB. -^Supplément aux artzcZe5.— L'abbaye de Saint-Gall en Suisse, se vantait de posséder les os des trois patriarches, Al>raham, Isaac et Jacob. Rodolphe, comte de Pfullendorf , les y envoya de Palestine, en l'an i i8o. Il avait payé ces saintes reliques dix marcs d'or Ji des moines du territoire del)amas, et s'était voué pour la vie au service du Saint-S^ pulcre. C'est à propos de ces reliques d'Abraham, d'Isaac et de Jacob , qu'un moine de Saint-Gall assure qu'Adam ifut créé dans le territoire de ï)atmaa(i).
(i) Anecdotes hcluétiqùês ^ V^?^^ ^9 ^^"^^ l&'tdmel des Anecdotes des républiques, •".
AGN aoi
AGNUS-DEI. ^Supplément à T article Cierges y etc. — ^tt Chaque pape, la première année de son pontificat , a coutume de baptiser solennel^ lementlos Agnus-Dd^ qui sont de. pqtits pains de cire blanche, tant soit peu Ofvales , et qui portent d'un côté la figure d'un agneau tenant Vétendard de. U croix; et de Vautre quelque saint e^ demi-re^ef, ... -
» Quandce Jbaptème se doit faire , le prélat-sâcristain du p^pe, a le Qoin d^ tei^r les Agnu^^D^i prêts. La cire qu'on y emploie se prend dans les restes du cierge pascal deâ iimiéesipréoé^eAtes. JMbis comme il^ny 6n a pas 1^iQ,q^antité suffisant!^, ofi y ^ële ÙÉie grande. quakitÂté d't^utre cire blanche. Le mardi de Pâques , à Tissue dje là me^se pontificale, le pape, ayant sur la tète une knit^e de wàc d'argent , enrichi/?. d0 perles, bénit pnQi^è;i;*en;ient l'eau commune^ en récitant les oraisoMas ordij^ajres, auxquelles U ajoute une prière que les^év^êques et les cardinaux ne disent jaa^s. Après quoi , il prend le .saint chrême , qui est un mélange d'huile d'olive , de baume du nord et de baume de Galaad en Judée. Il répand le tout sur l'eau en forme de croix ; puis il dit quantité de prières sur les uignus^Dei^ qu'on lui présente dans des bassins de vermeil doré.
» Le pape se place ensuite dans un fauteuil \ ses cameriers lui présentent un certain ^omLbre de ces Agnus-Dei^ qu'il plonge par paquets dans l'eau b^ite. Les Cardinaux les retirent et les essuient avec des serviettes qu'ils ont autour des
AGN
reius , en forme de tablier. Les prélats assistaus ^ les portent sur de grandes tables , où on les laisse bien sécher.
» On continue les mêmes cérémonies les jonn sùivans jusqu'au vendredi.
9> Le samedi suivant, il y a chapelle papale, et la messe doit être chantée par un cardiAal>prêtre* Le pape y assiste sur son trône y revêtu de ses omemens pontificaux. Quand on a chaiité YAgnus^Dei , un sous^diacre apostolique , précédé du porte-croix , des acolytes avec leurs chmdelîers, «t des thuriféraires , s'en va prendre des niains du sacristain du pape un bassin plein des ^gf/iu5'jDei nouvellement bénits j et enveloppé diuis du coton de la Chine , qui : est naturellement de diverses couleurs;
1) Il s'arrête à la porte de la chapelle, -se met' i genoux , et tenant son bassin un peu élevé , il s^écrie : k Voici les nouveaux agneaux qui vous » sont annoncés. Alléluia ! Ils sont venus tout i » Theure aux fontaines; ils sont remplis deln- » mi ère et de beauté. Alléluia ! »
» A cette nouvelle , le chœur répond en musique , Deo gratîas. alléluia I Le diacre s'avance alors au milieu de la chapelle papale , et crie une seconde fois les mêmes paroles. Il les répète une troisième fois en se prosternant aux pieds du pape, qui prend le bassin , et en tire les jâgims-Dà. pour les distribuer.
» Les cardinaux viennent les premiers , tour i tour, chacun à son rang, se prosterner devant le
AMA io3
pape , qui met de sa propre main les Agnus-Dei qu'il veut leur donner dans leurs mitres qu^ils tiennent renversées.Les prélats viennent ensuite avecle reste du clergé; puis les ambassadeui^s, les prin<ïés^ les seigneurs et les autres personnes distinguées.
» La distribution faite et la messe achevée, chacun se retire. Les Agnus^Dei tfii restent sont conservés par le prélat , maître de la ^rde-fobe du pape , qui les distribue tous léB jours , à une certaine heure , aiix pèlerins et àtids étrangers.
» Par une constitution faite en 1572, le pape GrégoireXm défend à ceiix qui n'olit ^a&^eçnles ordres sacrés de toucher les ' jignus-'Dei ^ et pour plus grande précaution ordonne que led laïques aient soin de les tenir enchâssés dans quelques matières transparentes , et que ceux qui en ont le moyen les enveloppent dans quelques rkhes étoffes , de telle sorte qu'ils paraissent tot^ours dé quelque côté comme dans un reliquaire.
» U estaussi défendu, par la même ^institution, de les colorier , sous peine d'excommunication , quoique ces médailles bénites par les papes ne soient en substance que des gèteaux de cire 5 ils détournent la foudre , suspendent les pernicieux effets des autres élémens, et conservent la vie aux dévots qui les portent, (i) »
AMABLE. -^Suppléfnent à /'«/«fcte.— On eroit
(i) Extrait du TtAUau de ta cùur de Rome , par J^an Ay mon, 1V«. partie , cKap. 5.
aa4 AMP
qu'il fut chantre de Féglise de Riom. Son corps délivrait déjà les possédés du temps de Grégoire de Tours. 11 guérissait les énergumènes au dernier siècle. On promène toujours sa ehàsse , tpà rend la raison aux fous, à ce qu'on dit.
Quand Massillon visita les reliques de saint Amable , il fut poursuivi à coups de pierres psr la dévote populace de Riom, qui voulait l'assommer , parce qu'il doutait un peu de la vertu du
grand saint des Riomois.
AMPOULE. — Supplément à T article. — « Lorsque le roi était arrivé pour le sacre à la cathédrale de Reims, on adressait à Dieu quelques prières , après lesquelles on annonçait la Saimte^ Ampoule.
« Cette ancienne relique était apportée processionnellement de Saint-Rcmi , par le prieur de cette abbaye, revêtu d'une chappe d^étoffe d'or, et monté sur un cheval blanc de l'écurie du roi , couvert d'une housse d'argent richement brodée, et que deux maîtres palefreniers de la grande écurie conduisaient par les rênes. Ce religieiix était sous un dais de même étoffe , qui était porté par quatre barons , appelés chevaliers de la Sainte- Ampoule , vêtus de satin blanc , avec un manteau de soie noire , une écharpe de .velours blanc garnie de franges d'argent, et la croix de chevalier passée au cou et attachée à un ruban noir. Lés quatre seigneurs nommés pour otages de Ir Sainte-Ampoule marchaient aux quatre coins du
AMP aoS
daii ^ précédés chacun de son écuyer portant un guidon chargé d^un côté des armes de France et de Navarre, et de l'autre de celles de leur maison.
» L'archevêque de Reimi , averti par le maître des cérémonies de l'arrivée de la Sainte- Ampoule, allait à la porte de l'église , accompagné de ses assistans et avec diverses cérémonies , la recevoir des mains du prieur de l'abbaye. Celui-ci , en la remettant à l'archevêque , lui disait ces paroles : (c Monseigneur , je mets entre vos mains ce pré- )) sent envoyé du ciel au grand saint Rémi, pour » le sacre de Qovis et des rois ses successeurs : » mais auparavant je vous supplie^ selon l'ancienne » coutume , de vous obliger à me la remettre en- )) tre les mains , après que le sacre du roi sera » fait. » L'archevêque le promettait , et le prieur remettait la Sainte-ampoule (i). »
En 1793 9 le proconsul Ruhl, membre de la convention nationale, en mission à Reims , tira la Sainte-Ampoule du tombeau de saint Rémi , où elle était gardée , brisa publiquement cette sainte fiole, et fit coustaterpar un procès- verbal, publié dans le moniteur, qu'elle ne contenait rien, et qu'il n'en était sorti qu'une exhalaison infecte , comme d'une bouteille où l'on aurait mis autrefois quelque peu d'huile droguée.
Cependant tout le monde sait que les Rémois
(1) Histoire des religions et des mœurs de tous les peuples , t©me V, page i35.
aû6 ANT
ont retroi^vé la Sainte-Ampoule. Les uns disent qu« CjeUe qui fut brisée par le proconsul Ruhl n'ëtait pa$ la véritable fiole , envoyée du ciel à saint Rémi. D'autres, sentant qu'on ne peut nier un fait aussi public , disent que la fiole n'était rien , ique rbuile était tout , et que c^e^ cette sainte huile céleste quje Ton a sauvée. On prétend qu'un bon prêtre prévoyant le danger , renversa la liqueur de la Sfdnte-Ampoule sur un léger flocon de coton )>4ni y que toute l'huile sainte se réduisit miraculeu^menj; à une seule goutte, qu'il enveloppa le U>^l danç iwiç lettre , e.t qu'il envoya cette lettre , qui contenait un si précieux trésor , à un bénédictin par qui la relique fut conservée en lieu de si^reifé.
On ajoute que , quand les temps paisibles furent revenus , un prodige fit retrouver une fiole toute semblable à celle .que Ruhl brisa dans l'église de $aint-Remi. (d'est peul-âtre la même ! ) On mit $ur cette fic^e le ecAon sacré. La goutte d'huile se hâta d'y descendre , se multiplia , et remplit le vase , ea ve^^u de l'ancien: miracle habituel qui faisait qxjie l'huile de la Sainte-Ampoule ne diminuait point, quoiqu'on y puisât au besoin.
ANTOIBfE. -T- Supplément à r article. -. Ce grand saint avait un cinquième corps à Marseille, dans l'église des Pénitens-gris-de-Saint-Antoine.
On assure que quand saint Antoine arriva à Novogorod, sur sa meule de moulin , huit ou neuf cents ans après sa mort , il rencontra des pécheurs