‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 57 sur 96 · BEN · texte numérisé non relu

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L'autre face de la médaille présentait ces lettres ainsi disposées :

Les quatre lettres qui sont aux quatre coins hors de la croix , signifient : Ceux Sahcti Patris BszŒniCTi 9 la croix du saint père Benoît. Les cinq lettres qui sont de haut en bas dans la croix , C, S. S. M. L. s'expliquent ainsi : Crux Sacra Sit MiHi Lux , que la croix sacrée soit ma lumière. Les cinq autres lettres qui traversent la croix , N. D. S. M. D. signifient : Non Draco Sit MiHi Dux, que le dragon ne soit pas mon guide.

Le bruit de la découverte de ces médailles s'étant répandu , tout le monde voulut en avoir. On en fit un grand nombre ; les religieux les bénirent, et ce fut une nouvelle branche de commerce.

On assure que ceux qui portaient au cou ces saintes médailles , étaient à Tabri des charmes et des sortilèges , et qu'on guérissait les animaux ensorcelés , en trempant ces amulettes sacrées dans Teau qu'on leur faisait boire.

Tliiers a démontré que ces médailles étaient

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imc iiiveniion des moines du dix-scpiième siècle , que Tusage en était superstitieux, et que ces sortes de préservatifs étaient condamnés par tous les théologiens sensés (i). Cependant les sœurs de la Charité à Paris , portent cette médaille à leur chapelet , pour conserver leur virginité (2).

Cette petite superstition n'empêche pas que les vénérables vierges , qui consacrent leur vie A soigner les pauvres malades , ne soient dignes de tous nos respects ; les Grecs leur eussent élevé des autels.

CAPRAIS. — Au nord d'Agen , s'élève un rocher , au sommet duquel est un couvent , dont la chapelle et quelques-unes des cellules sont taillées dans le roc. On y voit aussi une source qui ne tarit jamais , et qui , suivant les anciennes légendes , fut ouverte miraculeusement par saint Caprais. Comme un autre Moïse , ce saint fit jaillir l'eau du rocher en le frappant de sa baguette. On croit qu'il fut le premier évêque d'Agen et qu'il liabita cet ermitage (3).

On conservait à l'abbaye de Lerîns , le corps d'un saint Caprais qui en fut abbé.

CLOCHES.— -n$iip/7/eme/it à rartic/e.-— Après la

(1) Traité des Supertîitions , livre V, chap. 2. (1) Histoire des Religions , etc. avec les (îp;. de B. Picard , loinc V, planche 97. 1819. •

(3) M. Dulaure , Description de la Guienne,

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prise de la Rochelle, le lieuLeaaut du roi vendit aux paroissiens de Saint-Barthélemi , la cloche du temple des protestans. Pour punir cette cloche d'avoir servi à convoquer deshérétiques à la prière, et la purger des habitudes qu'elle avait pu . contracter avec les infidèles , on la fouetta très-dévotement. On ajoute que quand le lieutenant du roi voulut en demander le paiement, on lui répondit que dette cloche avait été huguenote , qu'elle était nouvelle convertie , et qu'en cette qualité elle devait jouir du délai de trois ans accordé aux nouveaux convertis pour payer leurs dettes (a).

CLOTILDE. — Supplément à t article. — « Une tradition populaire attribue Torigine de la fameuse fôte des Ândelys, à un miracle opéré par sainte Clotilde , femme du roi Clovis P^ \ et voici conune on raconte le fait :

« Cette reine était occupée à faire bâtir au grand Andelys, une église pour des moines ou d/cs religieuses , quand les ouvriers venant à manquer de vin, se mirent à murmurer et voulurent abandonner leurs travaux. Clotilde, pleine de confiance dans le secours du Ciel, leur ordonna d'aller avec leurs cruches puiser de l'eau à la fontaine voisine : ils y coururent et furent bîeii surpris de voir qu elle était changée en vin. La nouvelle de ce miracle s'étant bientôt répandue , tous

(l) M. Diiliiuic , Dcsciipùon de iAunis.

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les ivrognes du canton s'y rendirent en foule ; mais la sainte leur joua un bon tour^ car , par un second miracle , Feau continuant d'être toujours du vin pour les ouvriers , ne fut que de Teau claire pour eux.

» C^est ainsi que le peuple raconte rorigine de la fête qu'on célébrait tous les ans. le 3 de juin. Maintenant la cérémonie est toujours remise au dimanche le plus prochain de la fête de sainte Clotilde. Après l'office des vêpres, le chapitre , composé du doyea , des chanoines , etc. , etc. , et précédé d'un fifre , de deux tambours et de deux violons, sort en chantant, de l'église collégiale d*Andelys 5 il marche en ordre processionnel avec le clergé de la Madeleine , celui de Saint-Sauveur , du petit Andelys et celui de quelques paroisses voisines -, il est accompagné du corps de ville , des officiers de la haute-justice et des quatre confréries de la croix , de la trinité , de la charité , et de Notre-Dame-des-Anges , " dont chaque membre lient une torche à la main.

)) Le doyen porte une petite statue de vermeil , haute d'environ quinze pouces , représeulîiiji sainte Clo tilde , qui tient dans ses mains une petite chapelle du même métal , où est renfermé un morceau de son crâne , dont l'abbaye de Sainte- Geneviève de Paris a fait présent au chapitre. Son piédestal est un reliquaire de neuf à dix pouces de longueur , sur cinq de hauteur , qui renferme une côte de sainte Clotilde.

>) Dans cet ordre , ils parviennent à une petite

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place qui domine rendroit d où jfiiUit la fonjuine'» et le doyen , perçant à peiAe avec son cortège la foule immense dlionunes et de femmes cpii.se pressent les uns les autres , dçpose le reliq^^aire qui sert de piédestal à la statue , sur une table de pierre soutenue ps^r quatre colonnes d^un ordre simple , et qui est couterte d'une ricbe moissoa de fleurs.

)) Aussitôt que le reliquaire est posé , le doyei^ s^avance précipitamment vers la fontaine , tenant seulement la statue de sainte Clotilde , et quand il est parvenu au bord du bassin de pierte qa^on y a praûqué , il la plonge trois fois, dans Veau; 9u même instant deux bommes y versent des brocs de vin j sans doute pour servir de symbole au miracle de sainte Clotide ; et soudain les ImH'^ teux , les paralytiques , les goutteux , etc. , qi4 sont rangés autour de la fontaine, s'y précîpvlent tous ensemble ; car il est de croyance , que celui qui a le bonheur de s'y jeter le premier} est immanquablement guéri.

» Le doyen reprend le reliquaire , et le clergé s^ei;i retourne dans le même ordre qu'il est veùu* Aussi^t que le reliquaire çst enlevé , le peuple s^empare des fleurs qui couvrent la table de pierre^ on se les dispute , on se les arrache , on se ba]t pour les obtenir. Les coups de poings et lesgour-. mades voltigent sur les joues des fidèles ; et quand il ne s'offre plus de matières à cet objet de leur dévotion , hommes et femmes frottent sur la pierre d^s chapeaux , des m^oucboirs ^ des bas ^ des cu^.

loues , auxquelles on attcibue des vertus particulières.

» La même dévotion se manifeste auprès du bas-^ sin. On a pratiqué dans le mur qui Tavoisine , une petite niche où est une figure en bois , de sainte Clotilde , assez richement vêtue ^ elle est entourée de plusieurs douzaines de béquilles , qui attestent ses miracles passés. Mais comme- le peuple ne sau-r raity atteindre, on se sert de longiies perches , au bout desquelles on suspend des colliers , des jarretières , des chapelets qu'on fait toucher à la figure ; et ce travail occupe nombre de bras , pen-^ dant nombre de jours.

« Tout cela n'est encore rien en comparaison de ce qui se passe autour du bassin. La cuve de pierre qui le forme > peut avoir neuf pieds de longueur, quatre de largeur, et trois de profondeur : il y a une grille de fer qui la sépare en deux parties. Autrefois les hommes étaient d'un côté , et les femmes de l'autre , mais aujourd'hui on n'y regarde pas de si près. Figurez-vous trente à quarante hommes et femmes en chemise , qui se pres-r sent , se poussent , tombent les uns sur les autres dans le bassin , qui sortent ensuite de l'eau , courent de là vers la table de pierre , en font trois fois le tour, passent trois fois dessous , puis, traversant une populace nombreuse , se rendent dans un largefossé qui règnele long du grand Andelys, où, déposant sa chemise mouillée devant les assistans , chacun se rhabille à l'aide de ses parens ou de ses amis ; voué aurez une idée fidèle de cette pieuse saturnale.

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