‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 11 sur 89 · ROB · texte numérisé non relu

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au commencement du huitième siècle. Le gouverneur de la ville lui donna un jour une oie pour son dîner. Rigobert la fit pbrter devant lui par son petit garçon qui la lâcha 5 et Foie prit son vol au loin ; car les oies d'alors n'étaient pas non plus civilisées.

Le petit garçon s'en désolait. Mais au bout d'un quart d'heure, l'oie revint se mettre entre ses mains , comme Rigobert l'avait ordonné en secret. Le saint fut si content de cette docilité , qu'au lieu de mettre l'oie dans son pot , il lui laissa la vie , et lui donna même les invalides lorsqu'elle fut vieille. On gardait quelques plumes de cette oie d^ns l'église de Saint -Rémi de Reims.

Le corps de saint Rigobert jetait toutes les nuits une grande lumière et une odeur de parfum. On entendait une musique céleste; il s'y faisait des guérisons miraculeuses ; c'est ce qui fit que les Rémois gardèrent long-temps ce saint dépôt avec respect. Mais au quatorzième siècle on le distribua à diverses églises où il ne fit plus rien ; on avait un de ses pssemeiis à Paris dans l'église de Notre-Dame.

ROBERT, — premier abbé de la Chaise-Dieu en Auvergne, mort en 1067, avec une si grande réputation de sainteté,' que l'on s'empressa de toutes parts d'enrichir son abbaye , qui était trèsopulente au dernier siècle. Son corps avait beaucoup de puissance.

En 1092, Raimond, comte de Toulouse, lui

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fit hominâge de sa principauté ^ine voulut rélevei' que de lui. Lorsqu'il partit ^our la croisade qut Fa rendu célèbre , Raîtoond demanda la permission d'emporter la tasse dans laquelle saint Robert' buvait \ il ne quitta point cette relique , pendaiit les guerres qu'il sotitint dans la Terre-Sainte ; et, quelques jours avant sa mort, il la fit reporter aux moines, avec de magnifiques présens»

Cette tasse avait la vertu de guérir la fièvre , lorsqu'on y buvait de l'eau de la fontaine qui était dans la tour du pape Clément VI, lequel fut enterré A la Chaise-Dieu^

Les bénédictins gardaient encore la dalmatique de saint Robert, et sa crosse abbatiale, dont le haut' qui était d'ivoire se terminait en forme de béquille.

Pendant le séjour que le cardinal de Rohan fit à la Chaise-Dieu , en 1 786 , après la fànieuse affaire du collier, la ville fut menacée d'un incendie gé-» néral. Le prélat contribua pair son activité et par son exemple à arrêter les progrès de la flamme» Lorsque le feu fut apaisé ^ les moines apportèrent en procession la tète de saint Robert* On se mit à genoux ; et il y eut quelques personnes qui crièrent miracle (i)!

ROBERT D'ARBRISSEL j — fondateur de l'ordre de Fontevrault, né au diocèse de, Rennes dans le viUage d' Arbrissel (maintenant Arbresec) y .

(i) M. Dulaore» D^êcriptiopr. de V Auvergne y et note^ données.

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en Tannëe io45. Son corps^^t à Fontevranlt , où il donne quelquefois des enfans aux femmes.

. On parle aussi avec admiration de la fontaine qu'il fît jaillir pour les besoins de ses nonnes y et qui opère des guérisons merveilleuses.

Mais son histoire, est plus cëlèhEre que ses relicjpBs, Et si nous pouvions nous écarter dans les légendes y nous dirions qu'il donna à ses moines des fenunes pour abbés et réciproquement ; qu on lui reprocha une grande tendresse pour le beau seioe (i) ; qu'on l'accusa de coucher avec les filles les plus charmantes, dans le but périlleux de donner plus de mérite à sa continence*, que le cardinal GeofTroi de Vendôme, et Marbeuf, évoque de Rennes , lui firent de fortes répripiandes publiques , pour le scandale que jcausait son genre de vie ^ et qu'il s'accusa eu. mourant de beaucoup de faiblesses.

On soutient toutefois que saint Adçlme et saint Robert d'Arbrissel ne couchaient entre deux fenunes que pour se mortifier, et qu'ils ne succombèrent jamais. Si cela est, admirons^ et convenons qu'on trouve bien peu de gens qui ressemblent au bienheureux Robert,

A ce grand saint qui se plut à coucher Entre les bras de deux nonnes fessucs , A caresser quatre cuisses dodues , Quatre tëtons , et le tout sans pêcher (i).

(i) Jl convertit j en iiooj dans un seul sermon , toutes les filles de joie de la ville de Rouen. Il ëtait toujours suivi dans àes missions d^tine grande tr«top« de f^ttmes.

(a) Voltaire , 4"- chant de la Pucelle.

IIOBËB.T4 -^ abbé de NâwmiBSter ea Angle-> terre ^ mort em 1 159. Soa corps se perdit che2 las Anglais*; mais cii lui en trouva uu 6ècoild dans l'église des. jésuites de Munster en Westphaliç.

On Taccusa aussi de quelques galanteries , pavte qu'il avait un conxmeree trop étroit avec une dame qu'il avait convertie ^ etc. Mais sa ceinture faisait tant de miracles à Nevrininster, en faveur des femmes qui souhaitaient un accouchement heu« reux, qu'elle fit taire la médisance.

On conte qu'un jour saint Robert donnant son diner à un pauvre, le mendiant crut que l'écuelle en était aussi; et il emporta tout. Mais sur le BOir^ r-écuelle fut rapportée sur sa table ^ sans qu^on sut par qui. Ce saiut plat guérissait , dans ceux qui y buvaient avec toi , les maliulies d'esto.-» mac et les indig[estions» Les Anglais put dû 1« conserver» • '.

IIOCH. — On dît qull naquît à Montpellîer^ à ta fm du treizième ëiècle et qu'il y mourut en i^vj4 Cependant îrri'est fait aucune mentiolpi -de Itri^ liî dans le Tlialamus^ qui est le registre de tôwt ïî« qitî s'est passé dans cette ville, depuis sa fondation 5 ni dans le vieux rituel de Féglise de Nôtres Dame-deô-Tafeies , où Ton trouve des ora^song qu'on disait autrefois en temps de peste (i).

Mais il n'est peut-être pas juste d'en conclure que saint Kpcb n*à jamais existé*

(1) Bruzen de la Marlinière , au mot Montpellier *

Les léfenàeê contemquil était de bonne ia* mille , qu'il courut le monde, <piil cherdiait les lieux affligés de la peste, qu'il soignait les malades, et que les épidémies semblaient fuir devant lui (i). On ajoute que, pendantle concile tenu à Constance, en i4i49 1^ P^^^ s'étant jetée sur cette ville, on la fit cesser en promenant par les rues Timage de saint Rocb. Ces circonstances lui donnèrenttiin grand nom -, les pestiférés l'invoquèrent , et de tous côtés on lui éleva des autels^

Son corps, qui était à Montpellier, fut volé par quelques amateurs., et emporté à Venise, où il reçoit toujours un grand culte. Mais Roch avait un seéond corps dans la ville d'Arles ; et trois ou quatre mille églises se vantaient de posséder quelque cbose de ses reliques, en Espagne, en France, en Italie , en Allemagne et dans les Pays-Bas. Un de ses os faisait merveilles , à Yillejuif , près de Paris. On avait une partie de sa tète à Marseille, une de ses cuisses à Turin , un dq ses bras à Avignon , un de ses mentons à Anvers , avec Tépinç du dos ; et partout des cuisses , des bras , des ossemens divers.

En 1617 , le général des maturins d'Arles, considérant qu'à force de donner tous les jours quelque partie du corps de saint Roch , on se per-

(i) On prétend aussi que saint Roch , si heureux contre la peste , mourut cependant de la peste , et qvi'il rendit l*dme en bon chrétien , dans les Ifras de son chien , comme dit le eantique.

suaderait <{u11 ne donnait que de fausses reliques, défendit de toucher désormais à la chasse , sous peine d'excommunication majeure. L'année sui- Tante cependant, il envoya lui-même une nouvelle partie du chef de saint Roch aux mathurins de Douay ; on continua de faire des distributions semblables, si bien qu'au dernier siècle le bon saint était partout et peut-ôtre nuUe part.

Ce jqui fait croire aussi à, quelques-uns que saint Roch est imaginaire , c'est qu'il n'est pas encore canonisé. Avant lui, c'était saint Sébastien qui guérissait de la peste.

Dtr BATOV DE SAINT ROCH.

On a donné à saint Roch un chien , dont nous avons parlé , à l'article des animaux qui accompagnent les saints^ et comme il voyageait beaucoup , on l'a habillé en pèlerin ; on lui a fait porter une tasse de fer, avec laquelle il buvait, et que Ton vénère à Rome dans l'église de Saint-Marcel. Mais son bâton est un objet plus célèbre. Il est fâcheux qu'on xse le dispute -, car il est à Montpellier , à Bordeaux et nécessairement ailleurs. Le «aint bâton de Montpellier est d'un bois noirâtre, haut de cinq pieds, ferré par les deux bouts, et orné de plusieurs nœuds, dont l'un représente la tête d'un ange. Il pèse treize livres.

Le i^éritahle bâton de saint Roch à Bordeaux était autrefois gardé par les grands carmes. Ces bons pères étaient dans l'usage de mettre tous les ans a Tenchère le droit de le posséder* Les ci-

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