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HONORINE , — * TÎerge et martyre normande , dont on ne sait pas Thistoire. On posfiîède toujours son cc^ps. à Conflans-Sainte-Honorine*, elle donne des accouchemens heureux et préserve des jbusses couche^ On; a bien soin , dans le pays , de faire toucher à sa chasse les linges dçs^femmes en travail d'enfant. On vend aussi des jarretières ou ceinturer de sainte Honorine , ^'il faut porter tout le temps de la gi:ossejss& » et qu'on ne doit quitter qu'aux, relevailles,.
Autrefois , le chapelai|i du , prieuré de Sainte- Honorine , disait pour quinze sous une certaine oraison sur la tête des fenmies qui voulaient avoir de;5 enfans, il leur mettait ensuite son étole sur la tête; çt elles cQncevaient le lendemain (i).
INNOCENS. — Supplément à tartich: — On vénérait à Marseille, dans l'église souterraine de Saint- Victor , le tombeau de l'un des petits saints Innocens. Cette curiosité, qui ne doit pasètre perdue , est décorée assez singulièrement pour, un tombeau juif; car on voit des deux côtés des amours forgerons battant l'enclume ^ et au milieu une louve qui allaité deux enfans.... (2)
JÉSUS-CHRIST. — Supplément à 'Vartkle.
— On conservait à Userche , en Limosin , Ife nappe sur laquelle Jésus célébra la cène avec ses apôtres.
(i) Notes communiquées.
(%) Ruffî, Histoire de Marseille ^ tome H, page i3a.
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Oh vénérait j dans la eaihédrale de Mâtseflle ^ une ded lârmeft que léâHs-Christ versa ^wt Liasare ^t quelques arêtes du poii»s<m dont il rassasia le^ cinq miUè hommes sur la montagne (i).
Oh conte que sainte Anstremdine apjK)kta àCler^ mont, le nombril de Notre-Seigneui", soh prépuce , les langes dans lesquels il fut enveloppé , une partie du isaint suaire , une partie de sa ttinique, uile partie de sa baii)e , ime partie de ses cheveux, une partie de la couronne d^pines , les cinq ongles de sa main gauche , avec deux Ongles de sa main droite et quelques rognures des trois autres , un morceau de pain quHl avait béni , les verges dont il fVit flagellé , une partie ^ de son éponge , et une pierre de son sépulcre (2). La plupart de ces reliques se sont perduest H paraît qu^on eu avait inventé les étiquettes au dixième siècle.
JOiV SkîHT HOMBRIL DE CHàLOlTS-SUK-MAllWE.
Nous avions dit (après Voltaire ) qu'on possédait autrefois à Chàlons le prépuce de Jésus- Christ ] c'est une erreur fondée sur ce que dans le pays , on donne ordinairement le nom de saint prépuce 'à cette relique , qui n'était que le nombril , et que l'évêque Noailles fit disparaître. Nous tirerons là- dessus quelques détails curieux
(i) Le même , tome II , page 9.
(a) Mémorial publié par Baluze , cité dans M. Dttlaore , Des* criplion <3e t Auuerfine.
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à^vme lettre publiée au quatrième tome de Fhiatoire criticjae des pratiques superstitieuses du P. Lebrun, Cette lettre a été écrite à l'occasion de la visite du saint nombril , faite le 19 d'avril 1707.
<( Vous saurex donc , monsieur, quil y a, dans notre ville de Cbalons , une paroisse appelée Notre-Dame-eft-Vaux , où Ton prétend conserver depuis plusieurs siècles , une partie du saint nombril de Notre-Seigneur Jésus-dhrist. Quoi, en atf-tl un , vous récriei^vous d'abord?.... Patience, ce n'est pas de quoi il s'agit. Je sais ce que les anciens pères ont pensé sur la maternité de la Sainte-Vierge , sur sa virginité , .sur la naissance de son fils notre Sauveur. La manière pure et miraculeuse dont ils ont cru qu'il était venu au monde, fait juger qu'ils n'eussent pas été extrêmement crédules sur cette relique ^ mais ne nous engageons point dans des dispustes, je neveux que vous rapporter des faits.
» Mais comment cette relique a-t-elle été apportée à Chàlons ? L'histoire en est curieuse , il fiitit la repi^endrede plus haut. Cette parcelle attachée à la chair de Jésus-Christ loi étant tombée comme aux autres enfans , la sainte Vierge la ramassa , dit-on , avec beaucoup de révérence et de foi ; elle la garda chèrement toute sa vie , je ne sais même si elle ne la portait pas toujours sur elle. Après la mort de son fils, elle devint la source dé sa consolation. EUe donna, en mourant, ce précieux dépât à saint Jean' l'évângéliste , comme à celui que son amour pour la personne
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de Jésus-Christ en reudaitle plus digne *, âaim Jean, établi évoque d^Ephèse, le laissa à ses successeurs ^ de ses successeurs il passa successivement par plusieurs mains en celles, de Charlemagne. Eh ! comment? Tout comlhe il vous plaira. .^Nous le liiL enverrons, si vous voulez, par Fimpératrice Irène, en reconnaissance de ce qn'il avait chassé les Sarrasins de TEmpire ^ ou par Aroun , roi de Perse. Que si ce moyen vous parait trop nature pour une. relique si miraculeuse , nous la lui ferons porter exprès par un ange , conune Tassure l'auteur des annales ecclésiastiques de Châlons.
» Charlemagne ne crut pas déplaire à Fange en se défaisant de son présent au profit d'un tiers : il eût pu en enrichir son royaume et sa capitale, mais il aima mieux la porter à Rome , et en fit un présent au pape Léon UI. Cette relique, qui semblait êtredes^née d'abord pour la France, y est revenue ensuite en partie ; elle a établi son siège dans la ville de Chàlons ; et la paroisse de Notre- Dame-en-Vaux se fait une grande gloire de la posséder. Elle aurait raison , s'il était véritable qu'elle la possédât en effet. On ne l'y vénère pas seulement , on l'y adore , on la porte en procession sous un dais , et on en donne la bénédiction avec les mêmes cérémonies que si c'était le corps de Jésus-Christ.
» Que si vous me demandez des preuves authentiques de ce que j'avance , je vous répondrai , monsieur , avec le respect queî je Vous dois , que vous notes pas assez crédule, et que vous ne feriez
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pas plaisir à messieurs nos Chàlonnais d'être si curieux. Nous la possédons d'un temps inimémorial, vous diront-ils : que cela vous suffise, et si vous me poussez à bout par vos c[uestions indiscrètes , je vous renverrai à la rue des Marmousets y à renseigne des trois pigeons , demander i Haymald-Robert , de Limoges , jadis clerc licencié es lois , ensuite domestique d^un cardinal , depuis soldat , demeurant à Paris dans cette aubei^e, « homme dlionnète condition et de bonne D façon , comme il paraissait à l'extérieur , et qui » avait maintes connaissances )» , s'il n'est pas vrai qu'il a vu à Rome, dans le trésor où se gardent les saintes reliques et précieux joyaux avec les papiers de l'église romaine , et où sa qualité de domestique d'un cardinal lui donnait apparemment plein pouvoir de fouiller: je vous renverrai , dis-je , demander à ce savant critique s'il n'a pas vu certaines lettres apostoliques en forme de bulle , portant qu'une partie du saint nombril est à Châlons. Si vous pouvez en douter après cela, je n'ai plus rien à vous dire pour forcer votre incrédulité. » Ainsi se conservaient l'origine et la succession du saint nombril , lorsqu'en 1 407 , Charles de Poitiers évèque de Chàlons , à l'instance des paroissiens de Notre-Dame, changea celte relique de place et la mit , sans la regarder , dans un autre reliquaire plus beau que le premier, sous la bonne foi seule de trois tiabitans de cette paroisse , qui l'assurèrent de ce que leur [avait^rapporté le Limosin de la rue des Marmousets. Chi a continué
depuis ce temps * là à lui rendre les koameurs dont je vous ai parlé ^ on y est venu en pèlerinage de fort loin ; on dit znème qu'il s'y est fait des nài»racles , ce qu'il n'est pas impossible de croire*
» Or, le cinquième dimanche du carèmedemier, dixième avril , Messire Gaston Jean-Bapdste-Lonis de Noailles , frère et successeur de Monseigneur le cardinal en ce siège , commença sa première visite épiscopale dans la paroisse de Notre-Dame avec les solennités ordinaires. Comme les comptes qu'il eu( à recevoir, et la multitude des affaires qui se présentèrent ne lui permirent pas de les terminer toutes, il indiqua plttsieurftassettiblées da&s son palais , où il invita les paroisisiens , et ou ae trouvèrent tous ceux qui voulurent y assister. Vous connaissez le mérite du prélat ^ on doitoertaînement lui rendre cette justice qu'il est trèséclairé , et très-zélé pour ne souffrir dans «on diocèse non-seulement aucun abus , mais rien de ce qui peut en approcher ; et les affaires qu'il « soutenues jusqu'à présent pour la discipline et dont il est venu glorieusement à bout , font bîaA voir qu'il n'a pas encore moins de fermeté que de lumières.
» U avait ouï parler depuis long-temps de la relique en question , mais les affaires de son diocèse , ses visites , ses infirmités l'avaient empèc^ de s'en instruire à fond par lui-même. U ne pouvait ignorer ce que les goûts différens en faisaient penser aux divers esprits \ il savait que les uns l'adoraient , que les autres n'y avaient aucune ibi ,
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que dViutres en parlaient d*une manière peu édi^ fiante» Il savait d'un autre c6té combien un^vèque doit être exact à ne proposer au peuple ^ pour obj:et de son culte et de sa foi , que des choses indubitables. Ces considérations pi^rtèrent notre prélat à dire à messieurs les chanoines de Notre** Dame et aux paroissiens -assemUés dans son palais^ qu'il était résolu de faire la visite de la relique. Il crut qu'il était de sa piété d'autoriser le culte qu'im lui rendait si elle se trouvait véritable , ou de le régler au moins , si pial* hasard il s*y était glissé quelque abus.
» Jour pris 9 Monsieur Tétéque en ix>chet et camail «e transporte à 3N^ûtre«Dami2, avec pt'es^};^ tous les chanoines de eiette église , et lie peuplé qui voulut l'y suivre ^ il se fait appointer une image en ronde bosse de vermeil représentant la sainte Vierge tenant Jésus-Ghri&ft 6on £ls , au nombril duqud est un cercle d'argent ^avec <iette inscrip* tion autour : Dé utnbïlicù doiriHd Jesu * Chrtsti. Le prélat se met à genoux , animé d'une sainte hardiesse , et persuadé qu'un évèque qui a l'honneur ><le consacrer le corps de Jésus^Qirist et de le tenir tout entier dans «es mains , ne doit pas eraindre à la vue de Bon nombril prétendu , principalement quand il n'est poussé que par un esprit de zèle et de religion.
i» Sa prière finie 4 il ordomia à un orfèvre d'approcher , lequel, sans autre secours que celui de la pointe de son couteau , enlève le cercle et 61e le cristal. Je ne vous dirai pas , mon-
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sieur , si depuis la translation qne fit Chs^rte», de Poitiers du prétendu saint nombril, on na pas touché i ce reliquaire, et si la curiosité n'y a pas porté les yeux ou les mains : la facilité qù*on eut à rouvrir le pourrait faire soupçonncF. Ce que je sais, c'est que M. de Châlons en ayant tiré, en présence de tous les assistant , ce qui y était enfermé , il vit trois morceaux de taffetas rouge usés et percés , enveloppés les uns dans les autres, dans lesquels il ne trouva que trois petits mer-» eeaux de pierre , dont Tun, étaii lisse , eomme du gravier , de même couleur et dé même dureté y les deux anitres eemme de& éclats dHi&e pierre jaimâtre, graveleuse et friable, avec d'autres grains de très-petît volume,, de même qualitéet de même couleur. . .
». Vous jiuge^ bien y Monsieur , quelle fîit ï» surprise et la^ coustesnatîoH des assistans , quand ils virent qu'au lieu d'une relique précieuse , d'un sacré dépâl, comme ils rappelaient, ils. ne trouvèrent qu'un peu de gravierw-On eut beau recourir aux lunettes , les objets purent être gro»^ sis , mais ils ne changèrent pas pour cela de na-^ ture , et on reconnut que l'oracle de la rue des Marmousets n'était pas infaillible. On n'en demeura pas là ^ on fit venir sur-le-champ le sieur Chèvre , qui , par sa profession d'accoucheur , et d'accoucheur habile , pouvait mieux connaître les parties du corps humain et la nature des; vaisseaux ombilicaux ; il assura , en pleine assemblée 5 que ce ne pouvait être , ni n'avait j a.-
taiâis été un nombril d^enfant , et il satisfit si solîdiement à toutes les questicms qu'on lui proposa, que tous les assistons ^ et même les chanoines , furent désabusés, souffiireàt, sans la méindre opposition 1, <{ae monsieur Tévèque emportât ce gravier dans une boite d'argent , et le reconduisirent avec les m^es h(»ineurs qu'ils lui avaient rendus en le recevant. »
Néanmoins, les notables Chàlofinais , paroissiens de Notre-Dame-ren-Vaux, et le clergé de la paroisse firent au prélat uoe remontrance imprimée. Ils redemandaient leur sainte relique. Cette affaire fit beaucoup de bruit, un peu de scandale ^ mais la relique n'a pas reparu depuis.
JONAS. — a En sortant de l'abbaye de Fécamp, j'entrai dans une église voisine , où je vis lin vieux matelot à genoux devant une figure de triton, tel qu'Ovide le dépeint, à barbe limoneuse et à queue de poisson. Étonné de trouver cet einblème mythologique dans un temple chrétien , fattendis que le mateldt eût fini sa prière , et je lui demandai quel était le personnage pour lequel il paraissait avoir tant de dévotion. « Mon- )> sieur , me dit-il , c'est un grand saint qui jadis » tomba dans la mer «y et fut, par la grâce du Sei- » gneur , changé en poisson. Tous les marins ont » confiance dans son intercession , et comme je » pars demain pour Cherbourg , je suis venu l'in- » voquer. . . » C'était Jonas (i).
^i) P^ojrage de Cadet de Gassicoiat en JVormandie , tome I ,
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LOUIS , — c vèque de Toulouse, — Suppléa ment à Tardoh. -^ On conserve à Marseille ua débris de son testament , son quatrième bras et ses babits épiseopaux,
Lorsqu'Alpbonse le magnanime eut livré Mar^ veille au piUage , il emporta sur sa galère le corps de saint Louis , disant qu'il n^élait pas juste de le laisser dans une ville ruinée. Dès matelots ayant tenté de dérober le corps et le calice du saint , Alpbonse les fit pendre sur-le-cbamp. Durant la traversée, il s'éleva une tempête; des prêtres dirent au prince que c'était une punition du ciel, parce qu'il avait dérobé les reliquer de Louis, « Le saint ne peut pas se ficher contre moi , ré* pondit Alphonse , puisque je ne l'emmène que pour le loger plus conunodément. » Le^ Marseillais, trouvant qu'ils avsûent tout perdu, non dans le sac de leur ville , mais dan$ le vol de leurs reliques , envoyèrent une ambassade 4U roi Alphonse , qui ne leur rendit pas les saints ossemens; c'est pourquoi ils en firent qui , quoi« que doubles , opèrent des miracles (a).
MANNE. — Supplémmt à Fartide. r^ H est vrai que , par la pçrmissicHL de Dieu , on conserva dans le tabernacle quelque peu de 1^ manne du désert , comme un souvenir du prodige qui
(3) KqS, Histoire de Marseille, Ut. IX.
MAR aSg
àrait nourri quarante ans les Israélites, Mais cette manne deTait-«Ue faire des miracles ? elle en fit pourtant à Arras. Lorsque révéqne Noailles voulut examine!^ le prétendu nô^ril de Chftionssur-Mane (i) , on lui représenta qu^il devait craindre le sort d*un évèqne d'Arras , qui devint aveugle au moment oà il tenta d'ouvrir le vase qui renfermait la sainte manne qtiMl souhaitait de visiter (s).
MARIEN , •— solitaire de la forêt d'Entraigues^ mort vers le sixième siècle. Après son trépas , les villes de ChamHon et d'Evaux en Auvergne , se disputèrent son corps. On termina les altercations em plaçant le cercueil de saint Marien sur une charrette j à laquelle on attela deux bœufs indomptés. On convint que le saint corps appartiendrait aux hsèitans du lieu où les bœufs s'arrêteraient librement. Cette proposition fut adoptée. Les boeu£i prirent la route de Chambon \ mais il faUait n^essairement passer par Evaux pour arriver à Tautre ville. Les habitans suivaient avec une inquiétude religieuse. Le char s'avance près des murs d'Evaux. S'y arrètera-t-il ? Les bœufs sans entrer dans la ville , en cotoyent les murs et suivent la route de Chambon. Alors ceux
(i) Voyez le Sapplëment à Tarticle Jésus-Christ.
(a) Le P. Lebrun , Histoire des pratiques superstitieuses , tome IV, page 3a3.
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d'Evaax » désespérés , remplissent Tair dé gémissemens , tandis que leurs adversaires poussent des cris de joie , et font retentir .les échos de leurs chants d'allégi^esse. Ce coucert flattait infinim^ent les oreilles du saint^ mais il penchait pour ceux d'Evaux : on dit méme<iujl ne feignit de diriger le char vers Chambon y que pour éprouver combien il était aimé.
Bientôt tout changea de face. Les bœufs inspirés , qui semblaient avoir abandonné Evaux , tournèrent brusquement à droite , entrèrent dans cette ville , et s^arrètèrent à la porte de Féglise. Les habitans de Chambon se retirèrent confus et désespérés \ et ceux d'Evaux témoignèrent , par mille actions de grâce , tout le plaisir que leur causait cet heureux événement.
On voit toujours , à une lieue d'Evaux , les ruines à^nae chapelle qui porte le nom de saint M arien , et qui lui servait d'oratoire : les habitans vont , le 10 d'octobre de chaque année, boire Tcau d'une fontaine, qui a surtout la vertu de guérir la fièvre (i).
MAXIMILIEN-HERCULE. — On trouva à Marseille le corps de cet empereur, vers le milieu du onzième siècle. Il s'était consejry^ sians cor^ ruption , frais et vermeil, dans une liqueur odorante. Sans Tinscription , c'eût été un corps saint.
(i) Bi.DuIaure, Description de l'Auvergne.
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L*archevèijuc J'Arlei le fit jeter à la mer ; et un Vieux chroniqueur rapporte qak Tendroit où on le jeta on vit long*temps des tourbillons de fumée et des colonnes de flammes (i).
NOTRE - DAMES. — Supplément à Fardcle.
L'image de la Vierge qu on révérait à Orcival, en Auvergne , est une petite statue qtu fut , dit-on , sculptée par saint Luc. On la promenait avec confiance dans les temps de calamité.
On lit , dans Thistoire de saiinte Lîdvtrine , quVn marchand ayant apporté à Schiedam une image en bois de la Sainte Vierge , qu^il voulait aller vendre à Anvers , il la fit mettre dans un vaisseau pour le transport \ mais Timage devint si pesante , que vingt hommes dès plus robustes ne la purent soulever , et qu'il fallut la laisser à Schiedam, où elle fit <Je très-grands miracles.
Les femmes sotuietLt toujours les cloches de Nofre-Dalne de Liesse pouk* avoir des enfans.
Au siège de Mé^ière, en 18149 une bombe tomba sur k chapelle (FunéNotre-Danje, célèbre dans le pays, et s'arrêta dans la voûte , suspendue entre deux pierres pat ses anses, à peu près audessus de la tète de l'image. Ce phénomène , qui est peut-être un efiet du hasard ; ou une œuvre de sacristain, est toujours âdîniré comme un miracle.
Où vénère aussi à Bellinzone , chez les bons
(1) Chronicon NoYalicense , Hy. V , ap. And. Ducfaesne.
a^a ^ NOT
Suisses , une image de la Vierge peinte par sahkt Luc, perdue en Turquie , retrouvée à Rome , et apportée par un ange dans la chapelle où elle ' reçoit un culte.
K0TKE-nAME-LA-GRA19DE DE POITIERS.
L'église deNotre-Dame-la-Grande, à Poitiers, était autrefois dédiée à saint Nicolas \ un miracle la mit sous la protection de la Sainte Vierge. On remarque à l'entrée du chœur une colonne de six à sept pieds , sur laquelle est gravé un cœur surmonté d'un arbrisseau. Cette colonne a été élevée , dit-on , sur le tombeau d'un jeune homme qui mourut de douleur et de repentir auprès d'une femme de mauvaise vie. Bouchet raconte que ce jeune homme , ayant été inhumé en terre profane , il s'éleva quelques Jours après , sur le lieu de sa sépulture, un rosier garni de fleurs. On découvrit la tombe , et on lui trouva dans la bouche un billet portant le nom de Marie. Ce nom, qui pouvait être celui de la femni,e débauchée auprès de laquelle il était mort , fut regardé comn^e le nom de la mère de Dieu. Le miraclç parut suffisamment prouvé \ on éleva la ccJonne dont nous avons parlé ^ et ce fut à cette occasion que cette église reçut le nom de Notre-Dame, au lieu de celui de saint Nicolas qu'elle portait auparavant.
Un autre miracle confirma , à cette église , le titre de Notre-Dame. Les Anglais étant devant Poitiers , parvinrent à séduire le clerc du maire
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dé cette ville, qui s*engagea à leur livrer utic des porties : il éveilla son maître à quatre heu* rés du matin , et lui demanda les clefs dé la ville ; sous prétexte de laisser sortir un officier qui devait aller trouver le roi Philippe. Le maire chercha inutilement les clefs soùs le chevet de son lit. Il se leva avec précipitation , fit prendre les armes aux bourgeois , et courut remercier Dieu , dans l'église de Notre-Dame , d'avoir eu le temps de prévenir- la' trahison.
En faisant sa prière devant la Vierge , il s'a* perçut que cette statue tenait les clefs de la ville dans ses mains et les lui présentait. Les cris de miracle se firent entendre do toutes parts, et personne n'osa douter que la sainte Vierge no fût venue , prendre elle-même , sous le chevet du maire, les clefs de la ville, pour les remettre entre les mains de sa statue.
Des critiques diront peut-être que ce miracle aurait pu s'opérer d'une manière plus simple et aussi avantageuse aux haBitans de Poitiers. Mais les chanoines de Notre-Dame-la-Grande n'en auraient pas retiré le même profit. C'est a cette occasion qu'ils durent plusieurs privilèges , et surtout celui de garder les clefs de la ville, d'exercer la justice pendant les trois jours des Rogations, et de délivrer tous les ans un prisonnier (i).
(i) M. Dulaure j tome IV, page 136, dv ia Description des prinslpmux li$ux d9 France.
OîdFLAMME. -^Supplément à r article. On garde à la cathédrale àe Brescia une relique c[oe les mornes appellent roriflamme de Constantin. On ne la montre jamais entièrement. Le sacristain qui raconta au voyageur Misson les vertus de cette relique, lui dit seulement que c'était une croix Ueue de matière inconnue , et que cette croix était la même qui apparut autrefois à Constantin lors^Hl allait combattre Maxence. On croit que c'est le Labarum (i).
PATRONAGES. —H y aurait un gros volume à fidre sur ce siqet. Nous avons indiqué d^ divers patronages , dans les différens articles des saints* On nous permettra d'en rassembler ici un petit nombre , dont quelques-ims seront peut-être répétés.
Saint Acaire ou Acbard mitigé les personnes acariâtres. SaintAdelme et saint Robert d'Arbrissel donnent la continence. Sainte Afre est patronne des femmes qui tiennent connue elle une mauvaise maison. Elle fut mar^risée en Espagne avec trois de ses filles de joie et la servante de ces demoiselles.
Saint Agap^t guérit les coliques venteuses. Saint Agile protège les piétons. Saint Agobart ou Aiguebaud garantit du nouement de l'aiguillette. Saint Aignan ou Tignan préserve de la teigne. Saint Andoche est le patron tle ceux qui gardent les
(i) Misson , tome IIJ , page 14.
cauards. Sainte Anne, qui fait retrouver le$ choses perdues , est la patronne des palefreniers. Saint Antoine protège les pourceaux. Saint Atournî guérit les étonrdissemens. Sainte Apolline et saint Médard guérissent le mal de dents.
Sainte Aye , fêtée à Mons , est la patronne des plaideurs. Saint Blanchard est patron des blanchisseuses ; saint Boniface donne Tembonpoint ; sainte Barbe protège les iirquebusiers et les chassënrs ^ elle veille aux margasins à jpottdre.
Saint Benezet est le patron des architectes-^ pontifes ; saint Cloud guérit les boutons de la peau ; saint Crépin et saint Crépinien sont les patrons des cordonniers ^ saint Clair et sainte Claire , sainte Flaminic de Clermont , sainte Otliilie , guérissent les maux des yeux ; saint Claude est invoqué par ceux qui boitent ; saint Ga^sien est le patron des greffiers. Les maîtres â^étole se recommandent à un autre saint qui j^ôrte le même nom.
Saint Cyr est le patron des ciiiers ; saint Étanébff et saint Fiacre guérissent les hémorroïdes. Ce dernier est aussi le patron des jardiniers ; saitit Eutrope est invoqué par les hydropiques \ ^énïkt Éloi est le patron de tous les états qui empiètent la forge et l'enclume ^ saint Fort ou Guiûitàtt délivi^e dés faiblesses \ sainte Gertrude èhaSSe les- souris et les rats ; saint Genou guérit àt lâf goutte ; saint Jean délivre du mal caduc \ 5oÇ 6le la galle \ saint JTust est le patron des cuiiiitieri y parce qu'il préside aux jus ou saucM. III. *
Saini Liénard est Je patron des prisonniers 9 saint Léger est imploré par ceux qui sont trop gras ; saint Loup donne de bonnes jambes ; saint Ma^tburin rend la raison à ceux qui Font perdue.
La Madeleine est la patronne des cardeurs de l^ine 9 saint Mammard guérit les douleurs de mamelles ; saint Michel est le patron des boulangers, parce qu'ils font des miches.
Saint Main ou Méen guérit la galle des mains , quon appelle pour cela le mal- saint -Main, comme on uonmie Fépilepsie le mal-saint-Jean \ saint Ouen rend Fouïe aux sourds \ sainte Pétronille ôte les fièvres 9 saint Roch et saint Sébastien guérissent de la peste ; saint Rabboni , qui rend les maris meilleurs , est le patron des femmes malheureuses et persécutées par un . époux crédule et barbare.
Ceux qui ont la toux , invoquent la Toussaint 9 saint Yandelin garde les oies ^ saint Waast et saint Victor sont les patrons des meuniers ; saint Paterne ou Paternel , invoqué surtout à Vannes , donne des enfans aux femmes stériles , comme saint Guignolé et quelques autres.
Sainte Rolende , très-célèbre à Liège , délivre de la colique et de la pierre : sainte Lidwina est invoquée par les gens pouris. Les procureurs même ont un patron , quoiqu'on ait dit .le contraire. Cest saint Eustache (t) , qui e$t aussi le, patron des aubergistes. Saint B^ioit est le patron
(i) Et à Rome dans les processions gënërales du clei^ Vôms^in, les procureurs marchent sous la bannière de ShEt^acbe-
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des notaires 5 saint Yves le patron des avocats j saînt Thomas le patron des secrétaires et copistes; saint Luc le patron des peintres ; saint Léonard le patron des graveurs ; saint Georges le patron des serruriers ; saint. Laurent le patron des postillons *, sainte Luce , qui traite aussi les maladies des yeux, la patronne des cochers ; saint Vincent le patron des vignerons et des chartfetiei*s; saint Ânastase le patron des messagers : saint Bar^ thélemi le patron des tanneurs ; saint Sylvestre le patEon des cabaretiers ; saint Sébastien le pa-* tron de^merciers ; saint Cosme et saint Damien les patrons des médecins ; saint Pantaléon le patron des fourreurs ; saint Bonhomme lé patron des savetiers ; saint Joseph le patron des charpentiers ^ saint Grégoire le patron des maçons ; saint Nicolas le patron des ehfans et des amoureux , etc. , etc. , etc. Voyez fintrùduction.
PIERBE DE DRAGONv— Il y k , dans une maison de Luceme , une .pierre de dragon , qui est une des plus grandes raretés qùVm puisse voir. - Un paysan la trouva, en fauchant un j^ré. Ayant vu un dragon horrible qui passa dans Tair à côlct de lui, il tomba en défaillance, et vit en se relevant , dans du sang caillé que ce dragon avait répandu , une pierre quHl ramassa. Elle demeura dans sa maison durant trois générations , et depuif elle passa à un bourgeois de Luceme. Elle est pltis dure que le marbre , et aucun fer n'y peut faire, la moindre brèche ] elle est ronde , à pem