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aussi les colonnes de guirlandes de fleurs, de masques et de très purs dessins géométriques d’un goût exquis. Les fresques des caves bouddhiques d’Ajunta sont extrêmement curieuses, les sujets représentent les épisodes fameux de l’épopée ou de la légende. Dans l’Inde ancienne, il était du reste courant « qu’une personne de bonne éducation, sans distinction de race ou de caste, sût faire un portrait» (M. Maindron). Quant à la perspective, elle n’est qu’à moitié observée, ce qui n’empêche pas l’effet d’être souvent saisissant. Les artistes indous étaient « trop portés vers la plastique, pour se
• livrer avec fini à cet art raisonné qu’est la peinture »; leurs dessins sont schématiques comme ceux des sculpteurs ou des architectes; ils usent à regret du raccourci, ne modèlent pas leurs plans; ils ont toujours l’air d’enluminer une surface plane; cependant les dieux et déesses sont traités avec " un soin précieux, une élégance de « forme, une science de composition architecturale et « une entente des couleurs qui méritent d’attirer l’at- « tention ; il faut remarquer que les peintres repré- « sentaient les mêmes types conventionnels dont les . sculptures des temples sont là pour conserver la "tradition» (M. Maindron). Onsait que les personnalités divines ont plusieurs paires de membres ; les bras surtout sont multiples : c’est le symbole du rite indou disant que la main du Bouddha s’étend partout. Les peintures sur verre, fort nombreuses aussi, sont souvent de véritables tableaux, avec des appliques de feuilles d’or et d’argent qui rehaussent l’effet général. On a en vain cherché à savoir si les peintres indous firent école. Lorsque l’Islamisme pénétra dans ce pays, il y fit comme ailleurs et tout comme le christianisme, son œuvre néfaste de destruction, et les monastères d’Ajunta ne durent d’être préservés de la dévastation des hordes de Tamerlan et des Empereurs Mongols au’à leur situation au milieu des gorges sauvages d’un accès des plus difficiles. Il faut noter, sous les Empereurs conquérants, le changement de style de la composition; la peinture indienne devient semblable à l’art persan; elle est sans originalité, et le« fini du travail ne rachète « nullement le défaut de composition et l’absence de «perspective» (G.LeBon,p. 560; Fergusson: Temples of India, p. 12). En somme, la peinture Indoue « n’est nul-
• lement inférieure à celle des autres peuples orientaux » t.M. Maindron) et les admirables restes des principaux arts de cette civilisation si spéciale résument bien le c.aractère du peuple Indien d’avant les invasions, qui fut : penseur, poète, artiste.
Pierre Mariana-Mauroy.
INDONI (Filippo), peintre de genre, né à Borne au xix» siècle (Ec. Ital.).
Il a exposé à Rome et à Turin.
Prix. — Peintures. Londres. V*« 7 décembre 1907 : Fliriaiion : £5 15s. 6d.
INDUNI (Grottardo), sculpteur, né à Ligornetlo par Mendrisio le 7 octobre 1858 (Ec. Suis.).
L’un des meilleurs élèves de Vincenzo Vêla. Exposa à la Royal Academy à dater de 1887.
INDUNO (Domenico), peintre d’histoire et de genre, né à Milan vers 1815, mort dans celle ville en 1878 (Ec. Ital.).
Elève de Francesco Hayes, de l’Académie de Milan et de Sabatelli. Il continua ses études à Rome. Ayant pris part au mouvement révolutionnaire de 1848, il dut s’enfuir en Suisse, et ne revint à Milan qu’en 1859. Induno appartint tour à tour aux écoles classiques et romantiques.
Peintures. — Musées de : (Gênes) : Fille comptant la dépense; — Disgrâce enfantine. — (Prato) : L’antiquaire.— (Trieste) : Au puits; — Mélancolie. — (Vienne): David agenouillé devant lui.
INDUNO (Girolamo), peintre de genre, né à Milan en 1827, mort dans cette ville en janvier 1891 (Ec. Ital.). Frère du peintre Domenico Induno. II a exposé à Turin, Naples, Milan, Rome et Venise, Vienne, où il fut médaillé en 1873. Ce fut aussi un pastelliste et un aquarelliste de talent. Membre de l’Académie de Milan, où il avait fait ses études.
Peintures. — Musées de : (Gênes) : La fileuse. — (Gratz) : Le lac de Garde. — (Milan, Ambrosiana) : Porte St-Pancrace à Rome; — Fille au puits; — Soldats au camp. — (Nice) : Souvenir de Rome. — (Trieste) : La sentinelle.
Prix. — Peintures. New-York. V'® du 22 au 24 novembre 1899 : L’ Accident de la voilure des comédiens : $1.000. — V'“ 12 et 13 mars 1903 ; Le Receveur (aquarelle) : $165. — V‘“ Conserve, 6 janvier 1911 : Attendant au rendez-vous : £130.
INEMER (Félix-Victor), peintre de paysages, né « Paris en 1801, mort dans cette ville le 19 février 1865 (Ec.
Fr.).
Elève de Lethière, Perron et Berlin, il figura auSaloi de 1881 à 1849. '
INGALTON (William), peintre de genre et archileci né à Worplesdon en 1794, mort à Clewer en 1866 (E
Ang.).
Il exposa à la Royal Academy et à la British Inst, tution, de 1816 à 1823. Il renonça alors à la peintui pour l’architecture et travailla à Windsor.
INGANI (E.), peintre depaysages, xix® siècle (Ec. Ital.).
Le musée de Sydney conserve une aquarelle de ce artiste : Paysans des Abruzzes (1877).
INGANNATI, cité par Sirel. Voir Bissolo.
INGANNI (Angelo), paysagiste, peintre de genre et d'a, chitecture, né à Brescia en 1807, mort à Milan i décembre 1881 (Ec. Ital.).
Elève de l’Académie de Milan, dont plus tard il fi membre. Travailla à Brescia, Venise, Milan; expos' dans cette ville.
Peintures. — Musées de : (Bagnêres) : Village it; lien l’hiver. — (Trieste) : Porta Ticinese, à Milan.- (Vienne) : Vue du dôme de Milan.
Prix. — Peintures. Paris. V‘® 26 avril 1898 : L place de la cathédrale de Milan, 120 fr.
INGELRAMS (Adriaen), peintre, mort avant 1595 (Ei Flam.).
Fils de Cornelis Ingelrams; maître à Malines en 1571 INGELRAMS (Cornelis, le vieux), peintre, né à Malines vers 1527, mort CeruSj dans cette ville le 8 juin 1580 (Ec. ‘ *
Flam.).
Van Mander cite de lui ; Les œuvres de miséricordi dans l’église St-Rambout, à Malines. Maître dans cett' ville en 1546. Il eut pour élèves Jacob de Munck, Jaco T’Sermertens, Cornelis van der Eynde, Hippolyte d, Berthout.
INGELRAMS (Cornelis, le jeune), peintre, mort te 28 fi vrier 1595 (Ec. Flam.).
Fils de Cornelis Ingelrams le vieux, maître à Maline en 1571.
INGELRANS (Paul-Léon-Henri), peintre de genn\ xix'-xx® siècles, né à Bully (Ec. Fr.).
Elève de Cabanel, de Delaunay et de Moreau. Sociéj taire des Artistes Français depuis 1909; il figura au Saloi de cette société. Le musée de Rochefort, dont il es, conservateur, conserve lui ; Jeune fille tenant une tan terne vénitienne.
INGEN (Henry van), peintre, né en Hollande le 12 no' vembre 1833, mort le 17 novembre 1898 (Ec. Hol.). Travailla en Amérique.
INGEN ou Ynghen (Pieter van), peintre de blasons Ulrccht (Ec. Hol.).
11 peignit des blasons pour l’entrée de l’empereur' Faisait partie de la gilde en 1521.
INGEN (Willem ou Guilhelmovan), peintre d’histoire et de portraits à Utrecht, né vers 1651, mort à Amsterdam (Ec. Flam.).
Elève d’Antonie de Grebber et de Maratti à Rome; Il s’inspira de ces maîtres.
INGENIO d’). Voir Alovigi.
INGENMEY (Franz-Maria), peintre de genre et litho graphe, né à Bonn en 1830, mort à Düsseldorf l 2 juin 1878 (Ec. AU.).
Elève de E. Correns à Munich. Il s’établit à Düssel dorf en 1861. Exposa à Vienne à partir de 1872. INGENUUS, sculpteur romain.
Son nom est gravé sur la plinthe d’une statue de Mer cure, qui figure au musée du Vatican.
INGESUATI (les), peintres d’histoire et de portrait: vers 1500, cités par Siret (Ec. AU.).
INGHAM (Charles CrcmweU), portraitiste et peintr d’histoire, né à Dublin en l’796, mort à New-York ei 1863 (Ec. Irl.).
Elève de l’Académie de Dublin, il se rendit en Amérique en 1817, y fut fondateur, puis vice-président de h National Academy. Il acquit une grande célébrit’ comme peintre de femmes et d’enfants.
INGHAM (Elisabeth Howell), peintre el illustrateur, i New-York, xx® siècle (Ec. Am.).
Commença ses études à Philadelphie et vint à Paris travailler avec Whistler et Robert Henri. Membre de Philadelphia Water-Colours Club.
INGHELSOONE (Inghels), peintre vers 1513 (Ec. Flam.), Elève de Gos. van der Weyde.
INGLEFIELD (Commander E. A.), peintre de marines i Londres, xix® siècle (Ec. Ang.).
Exposa à la Royal Academy et à Suffolk Street, d( 1851 à 1870,
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ÎLES (Maître George ou el maëstro Jorge), peintre i’hisloire et de portraits, vers 1455 (Ec. Esp.).
;et artiste travailla à Grenade; le marquis de Santile lui fit décorer la chapelle de l’hôpital Buitrago. Il peut qu’il soit d’origine anglaise.
ÎLES (José), peintre de portraits en miniatures et Vhistoire, né à Vatence en 171S, mort en 1786 (Ec. lEsp.).
I Elève de Richarle, membre de l’Académie, dont il )rint plus tard sous-directeur. Bien que l’on cite de lui
jonorables peintures religieuses au monastère de la irci, à l’église des Augustines, à celle de Campanar, 3st surtout connu comme peintre de portraits.
SLIS (Hester), dessinateur d’ornements et calUgraphe, 'ravaillant sous les règnes d’ Elisabeth el de Jacques /"■ Ec. Ang.).
Cette artiste produisit des manuscrits fort estimés; on e, notamment, les Psaumes de David, en français, ’elle exécuta pour Jacques 1*“', conservés aujourd’hui a Bibliothèque de Christ Church Collège, à Oxford. lîLIS (Miss Jane), peintre de genre el de figures, à Londres, XIX® siècle (Ec. Ang.).
Exposa à Londres, notamment à la Royal Academy à Suffolk Street, à partir de 1859.
jSLIS (Johnstone J.), peintre de paysages, à Londres, \kix‘ siècle (Ec. Ang.).
(Membre de la Royal Hibernian Academy. Exposa à la lyal Academy de Londres à partir de 1890.
(prix. — Peintures. Londres. V‘® 17 décembre 1910 : lisseau dans un bois, et Paysage avec vaches, puis un ysage par Williamson : £7 7s.
GOBERTUS, calligraphe du ix' siècle.
II exécuta les enluminures et le texte de la fameuse !ble de St-Paul extra muros à Rome. L’œuvre est déje à Charlemagne.
nate) , peintre i
d’histoire et architecte, né à Ravenne en 1587, mort de la peste à Venise en 1631 (Ec. Ital.).
Elève à Venise, où il vint très jeune, de Luigi Ben- ;to, dit dal Freso. Il s’inspira surtout de Palma le me et de Caliari. On cite de lui, notamment, deux taîaux d’autel à l’église de San Mercédès et au Corpus iristi, une Cène, une Vierge dans une gloire et un Appollinaire conservés à l’Académie de Venise. GONI ou Jugoni (Giovanni-Battista), peintre d’histoire, né à Modène en 1528, mort en 1608 (Ec. Ital.).
Vasari le prétend l’émule de Niccolo dell Abbate. Il ivailla à Rome, à Perouse et à Modène. Ses œuvres nt en majeure partie disparues.
GOÜF (François-Robert), graveur à l’eau-forte el au burin, né à Paris en 1747, mort dans la même ville le 17 juin 1812 (Ec. Fr.).
Frère cadet de Pierre-Charles Ingouf. Il fut, comme n frère, élève de Flippart et prit une place distinguée rmi les graveurs de la fin du xvni® siècle. Il grava après Raphaël, Gérard Dow, Ribera, Drouais, Freuberg. Il fournit aussi des planches pour le Musée Franis et exécuta un grand nombre de portraits vignettes, a cite aussi de lui une importante et fort rare estampe La Fédération, gravée, suivant M.Beraldi, peut-être ec son frère. Il exposa au Salon de 1793 : Le Retour laboureur; — La Liberté du braconnier, d’après nezech; — Canadiens au tombeau de leur enfant, d’après Barbier l’aîné. François Ingouf possédait des relains en Espagne, car à sa mort il était membre des Acamies de Madrid et de Valence.
GOUF (Pierre-Charles), dessinateur et graveur au burin, né à Paris en 1746, mort dans la même ville en 1800 (Ec. Fr.).
Elève de Flippart. Comme son maître il fut un s principaux graveurs de Greuze. Il grava aussi après J. G. Wille, S. Freudeberger. On cite notamînt d’après ce dernier : Les mœurs du temps. Le négoint ambulant, La Promenade du matin et La Promede du soir (en collaboration avec Lingée), La soirée iiver. Le soldai en semestre. On lui doit aussi quelques rtraits.
QRAHAM (Mrs. Natalie), sculpteur, née à New- York; à Paris, xix'-xx® siècles (Ec. Am.).
Elève de Millet de Marcilly.
GRAM (Archibald B.), peintre de paysages, àNorbston,
Exposa à Londres à de rares intervalles, notamment suffolk Street, à partir de 1881.
GRAM (Miss E. J.). peintre de paysages à Frogmore (Angleterre), xix® siècle (Ec. Ang.).
Exposa à Londres, à la British Institution, en 1864
INGRAM (John), graveur au burin, né à Londres en
1721, travailla à Paris (Ec. Ang.).
Après avoir commencé ses études à Londres, il vint à Paris, en 1755, et se perfectionna grandement. Ingram prit une place distinguée parmi les vignettistes employés par les libraires. On cite aussi de lui une suite de 6 planches en hauteur d’après Boucher et plusieurs estampes d’après le même maître. Il collabora avec Muquier, C. N. Cochin Tardieu, Liotard. On cite notamment avec ce dernier des Sujets de la vie champêtre, vendu à Paris avec marges du cuivre, 225 fr., à la vente des 8 et 9 avril 1910.
INGRAM (Margaret K.), peintre à Londres, xix® siècle
(Ec. Ang.).
Exposa deux vues de Venise, à Suffolk Street, en 1883. INGRAM (Walter Rowlands), sculpteur à Bruxelles,
XIX" Siècle (Ec. Ang.).
Prit part à Londres à de nombreuses expositions, notamment à la Royal Academy et à la Grosvenor Gallery, à partir de 1862.
INGRAM (William Ayerst), peintre de marines et de
paysages, né en 1855, à Londres, xix"-xx" siècles (Ec.
Ang.).
Elève de John Streple et de A. \\ . Weedon, Ingram est un des fondateurs de The Anglo-Australian Society of Arlists; il a été président de cette même société en 1888. On voit de lui, au musée de Bristol : La fin du voyage, et à celui de Sydney, une aquarelle. Meinbre du Royal Institut of Oil Pointers, de la Royal Society of British Arlists, du Ridiey Art Club.
Prix. — Dessins. Londres. V‘" 24 février 1908 : Newlyn Harbour : £3; — Brixham Harbour : £3 3s. — Peintures. V‘“ 13 décembre 1909 : Le nuage rouge : £8 8s.
IN GR E S (Jean- / o r~/
Auguste - Domi- .J 1066 ji^ijxCJ
nique) , peintre
d'histoire, de portraits el ^ n r c T) /\
graveur, né à Monlauban le / A/ ( T fl L O fl n 29 août 1780, mort à Paris ' ' ‘ *
le 14 janvier 1867 (Ec. Fr.).
Ce célèbre artiste était fils du peintre, sculpteur et musicien Jean-Marie-Joseph Ingres qui, tout en le destinant à la musique, lui donna aussi les premiers éléments de dessin. Jean-Dominique montra de telles dispositions pour celte dernière forme artistique que son père l’envoya étudier à Toulouse. Le jeune élève passa successivement dans les ateliers de Roques, un élève de Vien, de Vigan et du trop calligraphique paysagiste Briand. En 1796, Ingres vint à Paris et fut placé parson père dans l’atelier de David. C’était déjà le travailleur froid et hautain qu’il lut toute sa vie et David trouvait qu’il exagérait les études. Comme il recevait peu d’argent de sa famille, il se créa des ressources grâce à ses connaissances musicales et entra comme violon dans l’orchestre d’un théâtre du Boulevard. En 1800, il concourut pour le prix de Rome, mais il n’obtint que le second, le premier prix ayant été décerné à Jean- Pierre Granger. Plus heureux l’année suivante, il triomphait sur le sujet ; Achille recevant dans sa tente les députés d’ Agamemnon. Mais l’état des finances françaises à cette époque, et les préoccupations militaires plaçaient les artistes dans de fâcheuses conditions : Ingres dut attendre pendant cinq ans qu’on lui fournît les moyens de partir pour l’Italie. Durant ce laps de temps, il obtint une cellule dans l’ancien couvent des Capucins, où vivaient nombre d’artistes, entre autres Gros, Girodet, Dupaty, Delecluze, qui fut plus tard un excellent critique d’art. Déjà Ingres se détachait de l’influence de David. Mettant à profit une part de ses loisirs en copiant à la bibliothèque des dessins des maîtres du XVI® sîècle et des gravures d’après leurs œuvres, il s’éprit pour eux, notamment pour Raphaël, d'une admiration sans bornes. Il doit exister de ce fait un nombre important de dessins du maître,plus ou rnoins authentifiés. Peut-être faut-il voir dans cette indépendance qui s’affirmait chaque jour davantage, dans la répugnance d’Ingres pour toute sollicitation, la quasiindifférence de David pour son brillant élève. Le portrait du Premier Consul lui fut cependant commandé pour la ville de Liège. En 1802, il exposa un Portrait de femme; en 1806, le Portrait de Napoléon P' sur son trône, destiné au corps législatif, et plusieurs portraits sous le même numéro. La même année,il partit pour Rome. Ce tut d’abord dans les Slanze de Raphaël qu’il passa la majeure partie de son temps et il ne paraît pas douteux que son admiration pour le maître d’Urbino grandît encore par cette fréquentation constante. Ce fut là que Ingres acquit sa forme définitive. Il vécut quatorze ans à Rome. Parmi les œuvres qu’il exécuta durant cette période, il convient de citer: La Baigneuse
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■vue de dos (1806); Œdipe et le sphinx [1808); J upiler et Thetis\ Virgile lisant l’Enéide à Auguste, à la Villa Médicis, à Rome; Le Sommeil d’Ossian et le Temple de Bomulus, au Quirmal, à Rome; Roger délivrant Angélique (1819); Une Odalisque (1819); Jésus-Christ donne à St Pierre les clefs du Paradis. De la même période, •environ trois cents petits portraits à la mine de plomb, qu’il faisait payer 40 francs et dont un grand nombre lui furent procurés par l’entremise de son barbier. En 1813, Ingres contracta un premier mariage avec Mademoiselle Copelle. En 1820, il quittait Rome pour Florence et durant quatre ans résida dans cette ville. En
1824, Ingres fit au Salon sa première manifestation sensationnelle; il rentrait à Paris, rapportant plusieurs œuvres marquantes;il exposa: Vœu de Louis XIII (à la Cathédrale de Montauban); Henri IV jouant avec ses enfants au moment où l’ Ambassadeur d’ Espagne est admis en sa présence', François R'' reçoit les derniers soupirs de Léonard de Vinci, et plusieurs portraits. Il avait fait au Salon des envois assez espacés, reçus assez froidement par le public;- — en 1814: Don Pedro de Tolède-, Le Pape Pie VII tenant c/iapeHe, et plusieurs portraits; — en 1819 : Une Odalisque-, Philippe V donnant l’ordre de la Toison d’Or au Maréchal de Berwick après la bataille d’ Almanga-, — en 1822 : Charles V, alors régent du royaume, rentre à Paris après l’expulsion du Duc de Bourgogne. L’exposition de 1824 fut pour Ingres un -grand succès. La jeune école romantique, avec Eugène Delacroix et Géricault pour chefs, faisait beaucoup parler d’elle; les classiques lui opposèrent Ingres. Le maître ouvrit un atelier où le respect des traditions régnarigoureusement.Malgré un caractère exécrable, une hauteur dédaigneuse, parfois insupportable, un parti pris, qui parfois l’exposait à de*fâcheuses mésaventures, Ingres était très aimé par ses élèves. De beaux talents se formèrent sous sa direction, notamment Chasseriaux qui, volontiers, inclinait vers la conception romantique, et Hippolyte Flandrin qui demeura jusqu’à la fin le champion du classicisme. Ingres exposa encore en 1827 : Polirait d’homme. Portrait de femme, St Symphorien .(Cathédrale d’Antun); en 1833 : plusieurs portraits. Ingres peignit aussi, pour un des plafonds du Louvre, L’ Apothéose d’Homère, déplacée depuis, et qui figure à la place d’honneur dans le Salon de l’école fran- •çaise du xix® siècle. En 1834, Horace Vernet ayant manifesté le désir d’être relevé de ses fonctions de directeur de l’Ecole de Rome, Ingres fut appelé à lui succéder. Il envoyait au Salon de la même année :1e Martyre de St Symphorien (ministère des Travaux Publics) et un portrait de femme. Durant les sept années de ce nouveau séjour dans la Ville Eternelle, il peignit peu, s’absorbant dans ses fonctions directoriales. A son retour à Paris en 1841, les artistes, ses partisans lui ■firent une réception enthousiaste et un grand banquet fut donné en son honneur. D’autre part, le duc d’Orléans commandait son portrait, œuvre d’un grand caractère. Les années ne semblaient pas avoir de prise sur lui; malgré ses soixante ans passés, il demeurait aussi vert, aussi alerte, aussi intransigeant dans ses idées que pendant sa jeunesse. Depuis longtemps, les récompenses officielles lui avaient été décernées : chevalier de la Légion d’honneur en 1824, membre de l’Institut en
1825, officier de la Légion d’honneur en 1826, commandeur en 1845, les amateurs s’attachaient maintenant à ses ouvrages et les payaient un prix élevé. L’Exposition Universelle de 1855 marqua l’apogée de sa gloire; une salle entière était garnie de ses œuvres. On y voyait : Jésus-Christ donnant à St Pierre les clefs du Paradis; La Vierge à l’hoslie; Cartons de vitraux pour la chapelle de Dreux et pour l’église de Sl-Ferdinand; Le Pape Pie VII tenant chapelle; Apothéose de Napoléon (plafond peint pour l’ancien Hôtel de Ville et détruit en 1871); Portrait de Napoléon pr Consul; U Apothéose d’ Homère; Jupiter et Antiope; Naissance de Vénus Anadyoméne, Œdipe et le Sphinx; Roger délivrant Angélique; Odalisque couchée; Baigneuse, petite étude; Odalisque, peinte à Rome en 1839; Francesco di Rimini; Jean Pastoret; Jeanne d’ Arc (1854); L’Epée d’Henri IV (1832); L’Aretin reçoit avec dédain une chaîne d’or qui lui envoie Charles- Quint; Portrait de Cherubini (1842); Portrait de Mme D..; (1807); Portrait de la comtesse d’H...; de Mme M... (1851). de la Princesse de B...; de Mme L. B...; de Mme G...; du Comte Molé (1832); de Ingres père (1804); plusieurs tableaux sous le même numéro. C’était presque l’œu-vre complet du maître. Une grande médaille d’honneur lui fut décernée par le jury et le gouvernement l’éleva au grade de grand officier de la Légion d’honneur. En 1862, il fut nommé sénateur. En 1849, il avait perdu sa première femme et il se remaria deux ans plus tard avec Mlle Delphine Ramel, qui lui survécut. Parmi ses derniers ouvrages, il convient de citer encore; La Source (1856), Molière et Louis XIV et Jésus parmi les
docteurs. Le début de l’année 1867 le trouva en parfjli r santé; il fit même le portrait de Mlle Hippolyte Fl' drin, sa filleule à l’occasion du nouvel an. Le 6 janv I il réunissait dans son atelier un certain nombre d’aij pour entendre de la musique de chambre, dont il a\i toujours été grand amateur, avec une préférence ml quée pour Mozart et Gluck. Durant la nuit qui suivit: concert intime, une bûche s’échappant du foyer ro j dans la chambre du vieil artiste. 11 se leva, rétall l’ordre, mais la pièce étant pleine de fumée, il dut ou\ la fenêtre et prit un refroidissement. Huit jours api il était mort. On peut n’avoir pour la peinture du ir. tre, pour sa conception artistique qu’une admirat relative; mais on ne saurait trop apprécier la sin rité qu’il mit dans tous sesouvrages. Ce fut un inlassai chercheur de beauté. Son ambition fut d’égaler le ô sin de Raphaël. S’il ne réalisa pas son rêve, il atteis; dans ce genre à une supériorité tout à fait excepU nelle. Nous n’en voulons pour preuve que Tensem . des études léguées, avec sa collection de peinture, musée de sa ville natale. Ajoutons, pour compléi la documentation, que Ingres fut membre de l’A démie Française à Rome; membre honoraire i Académies de Berlin, Vienne, Amsterdam, Anvc Munich, Athènes, Florence, Montauban, Chevalier l’Ordre du Mérite Civil de Prusse; Commandeur l’Ordre de Léopold de Belgique; Chevalier de l’Ordre’ St-Joseph, de Toscane; Grand Croix de l’Ordre Guadeloupe. Comme graveur, on lui doit cinq estainp. Une eau-forte : Gabriel Carlois de Pressigny, arc vêque de Rennes, ambassadeur de France à Bon Ingres fecit Romæ 1618, in-4, reproduite en lithograp par Mathey en 1820. On en connaît deux états; le p: mier, le bonnet du prélat inachevé; le deuxième, planche terminée; quatre lithographies : l’'® Calher Anne {Norlh); Lady Glenberoye, Ingres, Rome, 16 (C. Hulmandell Lithography). Cette gravure rarissij a été reproduite par la photogravure; 2® Frédéric S| vester Norlh Douglas, Ingres, Rome, 1815;3^ L’odalisi couchée, Ingres, 1825, pour un album lithographiqi de Delpech en 1826; 4® Les quatre magistrats qui jc vernaient Besançon quand cette ville était libre. Ing, 1825, cul-de-lampe de l’introduction du Voyage Franche-Comté dans l’ouvrage du baron Taylor, l! œuvres d’Ingres ont été reproduites par les plus céi bres artistes.
Peintures. — Musées de : (Aix) ; Portrait de Grai dans sa jeunesse; — Etude de vieillard; — Tête d’homn: — Jupiter et Thétis. — (Angers) : Italienne; — Œdij et le Sphinx; — Deu.x têtes d’homme. — (Anvers): P< trait de l’artiste. — (Bayonne, collection Donnât Jeune homme; — Charles X; — Mme Devançay; — B.' gneuses; — Francesca di Rimini et Paolo Malatesta; Etude; — La Vierge à l’hostie. — (Chantilly): L’artisI à 24 ans; — Mme Devançay; — La maladie d’.\ntii chus; — Vénus Anadyoméne; — Françoise de Rimini. (Cologne) : Tête d’Athénê; — Tête deJunon; — Amoi — Portrait d’Athéne avec casque et bouclier. — (Fl rence) ; Portrait de l’artiste. — (Liège) : Bonaparè premier Consul. — (Londres, collection Wallace) L’Espérance et la Charité. — (Louvre) : Jésus donne) St Pierre les clefs du Paradis; — La Vierge à l’hostie;' Homère déifié; — Cherubini; — Roger délivrant Anel lique; — Vénus Anadyoméne; — Jeanne d’Arc au Sa< de Charles VII; — Œdipe expliquant l’énigme; — 1 Source; — Même sujet; — La grande odalisque; — La bgneuse; — La chapelle sixtine; — Apothéose de Nap. ïéon I®’'; — M. Cordier; — Philibert Rivière;-;-Mme 1' vière; — Mlle Rivière; — M. Bochet; — M. Berlin. — (Mo tauean) ; Torse d’homme; — Deux académies d’homir Ingres père; — F. Belvèze; — Deux paysages; — Eve; Têtes d’une femme et d’un enfant; — Le Songe d’Ossia] — Alexandre; — Tête du centurion; — Deux études ■ tête; — Roger délivrant Angélique; — Jésus parmi docteurs; — L’Enfant Jésus et deux docteurs; — ^Bras ' vieillard; — Etude pour Stratonice. — (Montpellier) Stratonice; — Etude pour Jésus et les docteurs; — EtU' pour le plafond d’Homère.- — (Nantes) : Mme de S...- (PoiTiERs) : Etude de bras. — (Rouen) : Portrait; Tête de femme; — La belle Zélie; — Etude de draper — (Toulouse) : Virgile lisant l’Enéide à Auguste.
Prix. — Peintures. New-York. V‘® 8 et 9 janvi 1903 : Le Cardinal Bibienna proposant sa nièce en m riage à Raphaël ; ®5.500. — Paris. V‘® Demidoff, du . au 16 janvier 1863 : Stratonice : 92.000 fr. — V‘® Carti- 29 avril 1872 : Roger délivrant Angélique : 70.000 fr.;- Apothéose de Napoléon 7®'' {esquisse) : 7.200 fr. — V‘® P reire, 6 au 9 mars 1872 : Œdipe et le Sphinx : 25.600 f' — V‘® Mourre, 28 mars 1892 : Baigneuse : 9.000 fr.- V‘® Plessis-Belliere ; Portrait d’Amédée David 8.200 fij — Entrée du dauphin {depuis Charles 'V) à Paris 5.200 fr. — Portrait de la marquise de Pastoret : 3.800 fr.-