‹ Dictionnaire d'administration ecclésiastique à l'usage des deux Églises protestantes de FranceChapitre 148 sur 161 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

A. Le chef suprême, le summus episcopus, de l'Église luthérienne du Danemark est le roi, représenté jusqu'à ces dernières années par sa chancellerie et, aujourd'hui, par le ministère des cultes et de l'instruction pubhque. Le ministère exerce, au nom du roi, une haute surveillance sur l'ensemble du système ecclésiastique, scolaire et universitaire, sur la liturgie et le culte, sur les livres rehgieux, etc., et il pourvoit à toutes les places dans l'Éghse.

B. L'autorité ecclésiastique la plus élevée du pays sont les huit évéques, entre lesquels se répartissent tous les territoires eui'opéens de la monarchie danoise, ainsi que le Groenland. Le premier de ces évéques, primus inter pares , est celui de Sélande (Copenhague), c'est lui qui ordonne ses collègues et sacre le roi; il est lui-même ordonné par l'évêque deFionie. Les évéques sont nommés par le roi et ne relèvent que de lui dans l'exercice de leurs fonctions. Chacun d'eux est assisté par un bailli, qui soigne les affaires temporelles du diocèse et veille au respect des prérogatives royales en matière ecclésiastique.

Les évéques sont chargés d'assurer le maintien de la pure doctrine, de surveiller les églises et les écoles de leur diocèse et d'en

réviser la comptabilité, d'examiner et de consacrer les ecclésiastiques, d'exercer la discipline à l'égard du corps pastoral, de pu- ])lier et de faire exécuter les ordonnances du roi, de tenir les synodes, de donner leur avis sur les matières que le Gouvernement juge à propos de leur renvoyer.

C. Les synodes se composent de tous les prévôts du diocèse, réunis sous la présidence de l'évêque et en présence du bailli, commissaire du roi. Ils se réunissent, suivant les diocèses, deux ou trois fois par an et délibèrent sur les affaires ecclésiastiques ou religieuses intéressant le ressort , sur les questions concernant l'administration des caisses de secours ou autres institutions ecclésiastiques, ainsi que sur celles qui leur sont soumises par voie d'appel.

Z). Les prévois ont dans leur herred les mômes attributions ([ue l'évêque, leur supérieur hiérarchique, dans l'ensemble de son diocèse; ils sont de véritables inspecteurs ecclésiastiques; seulement, ils n'ont pas le droit de conférer l'ordination. Ils sont choisis par les pasteurs de la circonscription, sous réserve de la confirmation de l'évêque.

Ë. Les pasteurs, jusqu'en 1848, étaient nommés par le patron, présentés à la commune et , si celle-ci ne formulait point d'objections, confirmés par l'évêque et installés parle prévôt. En 1848, on enleva aux patrons leur droit de nomination pour l'attribuer au Gouvernement. Tout récemment, enfin, le Landsthing a voté une loi qui remet l'élection aux communautés elles-mêmes.

Les pasteurs sont assistés pour les alîaires intérieures de la paroisse, notamment en vue du maintien de la discipline, par des anciens élus par les fidèles.

Les frais de construction des édifices religieux s'acquittent sur les biens de la paroisse intéressée et, à défaut, sur ceux des paroisses voisines, par voie d'emprunt, ou à l'aide de contributions en argent ou en nature fournies par les paroissiens*.

1. F. Ulbricht, Die merkwûrdigsten Verfassiingen evanget. Landeskirchen Europa's, Dresde, 1845; Walter, Manuel du droit ecclésias- Uque, trad. Roquemont, Paris, 1840, ^ 164, 235 ot 267: Témoignage du 13 juin 1868, otr.

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