‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 10 sur 205 · J — LOT · texte numérisé non relu

J — LOT

la vallée du Lot et de celle du Cellé ; il renferme, dans la partie orientale, de vastes plateaux calcaires. On y cultive le Froment, le Seigle, le Maïs, le Chanvre et le Tabac. La Vigne y occupe d’importantes surfaces et elle y donne de très bon vin; le canton de Lalbenque renferme d'excellents prés; les Noyers sont nombreux dans les terrains calcaires perméables. L'arrondissement de Figeac est le plus accidenté. Quant à l'arrondissement de Gourdon, il renferme des plateaux, des vallées et des montagnes ; il est traversé par la vallée de la Dordogne ; les vastes plateaux calcaires des cantons de Gramat et de Souillac sont peu productifs; la Vigne est assez cultivée, ainsi que le Châtaignier et le Noyer; cet arrondissement renferme la Bouriane dont le sol est en grande partie sablonneux, et qui comprend les territoires de Milhac, Noyac, Peyrignac, Gourdon et du Vigan.

Au point de vue géologique le sol du département du Lot appartient au terrain primitif, aux terrains secondaire et tertiaire, et au terrain moderne. Voici comment se diviseraient les terres exploitées et cultivées:

hectares

Granite et micaschiste..:............. 65 400 RAS Eee ie Le AN TRS 1 592 LÉ EE ÉCRAN 99 500 OOHNerDIéTICULEr 2e. rc me 33 000 Oolithe supérieure et moyenne........ 264600 MOrMAtIOnÉCre tac ee Ra te A LONREe 16000 MénbtSiertiaires sue Re 76000

L’est du département, dans la partie qui touche au Cantal, est granitique. Le sol est formé de débris de gneiss, de granit, de diorite et de porphyre; les terres sont souvent colorées en rouge par l’oxyde de fer. Les terres de bruyère occupent les plateaux, le Chêne et le Hêtre y végètent vigoureusement, ainsi que le Châtaignier. Les terres schisteuses sont répandues à Livernon, Capdenaec, Cambes, la Bastide-du-Haut-Mont, Saint-Hilaire, Gramat et les Bessonnies.

Les terrres provenant de la décomposition des grès se rencontent à Vayrac, Lalbenque, Puyl'Evêque, Thovrac et Saint-Martin.

Le lias fournit des terres blanches et marnoargileuses.

Mais ce sont les causses qui occupent une grande surface dans le département. Au-dessus du jias, une masse de plusieurs centaines de mètres de rocs calcaires constitue ces causses, grands plateaux séparés les uns des autres par des vallées profondes, à parois abruptes, au fond desquelles serpentent des ruisseaux sur un lit de marnes liasiques. La masse des plateaux appartient à l’oolithe inférieure et à leur surface apparaissent de loin en loin quelques mamelons formés par l’oolithe moyenne.

Les escaliers formés par ces terrains comprennent en général : d’abord des marnes infra-liasiques dont la surface est presque horizontale, puis un talus à pente assez raide, coupé de distance en distance par des gradins verticaux qui sont composés de calcaires à Gryphées ; ensuite une sorte de terrasse que forment les marnes supra-liasiques, puis de nouveau un escarpement dû au calcaire à Entroques, une troisième terrasse correspondant aux marnes vésuliennes, et enfin le gradin supérieur et le plus considérable formé par le bathonien de la grande oolithe.

Le contraste entre ces plateaux jurassiques et les montagnes granitiques qui les entourent est frappant. Sur le granit, c’est le ségala, pays à Seigle et à châtaignes, pays d'élevage pour les bêtes à cornes, où de nombreuses sources arrosent les prairies, pays de petite propriété. Sur les causses, ce sont d'immenses déserts arides et pierreux où lon ne voit ni eaux ni arbres, ni maisons. Si de loin en loin surgissent quelques fermes, elles cor-

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respondent à des affleurements de marnes ou à des dépôts d’argiles éruptives. | |

C'est dans les crevasses du calcaire oxfordien, qui forme les plateaux du Quercy, que Poumarède a découvert, en 1865, des phosphates remarquables par leur richesse. Le phosphate du Quercy, amorphe, est concrétionné comme le calcaire ou la calamine. Souvent il a une structure rubanée qui rappelle celle de la calcédoine. Dans certains endroits, le phosphate forme des couches de plusieurs mètres carrés de surface qui sont cachées sous le gazon; ces petits dépôts sont très nombreux dans le Lot. Le phosphate remplit les fissures ou les poches en entonnoirs que l’on trouve à la surface du causse du Quercy, comme sur tous les causses du sud de la France et sur tous les calcaires. de l’oolithe inférieure ou moyenne.

Les terres crayeuses couvrent des surfaces im-— portantes dans la partie sud de l'arrondissement de Cahors ; il existe des terres sablo-calcaires à Saint- Marc, Puycorne, Gourdon et Saint-Caprais.

En général, la partie nord renferme des terrains sableux avec cailloux roulés et des terres argilosiliceuses, ferrugineuses superposées aux calcaires. Ces terrains forment trois dépôts : celui du plateau de Cressensac, celui des environs de Gourdon, et celui qu'on rencontre dans les terrains de Catus, Cazals et Puy-l'Evêque.

Du côté de Moncuq, le sol est formé par l'étage miocène; du côté de Gourdon on rencontre le terrain crétacé inférieur représenté par la craie tuffeau. Vers Pons, ce sont les grès infra-liasiques.

Enfin, dans les vallées, on trouve des dépôts alluvionnels appartenant à la période quaternaire. Ces riches dépôts limoneux sont très favorables aux cultures de Tabac et de Chanvre.

Du côté de Souillac on trouve quelques terrains tourbeux.

La superficie du Lot est de 521173 hectares.

Voici comment elle est répartie d’après le cadastre, achevé en 1842 :

hectares Herres Tabpurables. 400800. RL CP PRE 239 587 PRES nn RME E M RERE 95 443 NIDNOS 1 OT Role de Se CPE tN 55 685 BOIS RE een eh rene ce ep ire 93269 Vergers, pépinières et jardins......... 1579 Oseraiïes, aulnaies, saussaies.......... 6 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs. 2 Landes, pâtis, bruyères, etc........... 66 497 ESS PE dr ON RO PCM 3 ChAbigneraics Ari ie iruete. to 30 388 PFOPPIBNÉSADAÉIPS EC LE eee pce 2350 Total de la contenance imposable..... 907 81% Total de la contenance non imposable. 43359 Superficie totale du département...... 921 173

La superficie des terres labourables représentait 44 pour 100 de la superficie totale du département ; la surface consacrée aux prés formait 5 pour 100 de cette même surface; celle consacrée aux Vignes atteignait 10 pour 100, et celle plantée en bois 18 pour 100 de la même surface totale.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, en 1852 et en 1882 :

CR. Cd ne. POS ŒHTEEE. N

ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol.

Froment.... 88760 7,62 69016 13,67 Méteil DS AE 2 069 9,76 1318 43,95 Selgle...r us 17 810 7,86 19374 16,05 Orge. ce Pr 2 508 10,74 2055 13,33 Sarrasin.... 59925 9,34 7183 419,82 Avoine Eee 414545 16,40 14664 46,50 Mais FRERE 31280 11,00 30 024 17,69 Millet: LE » » 302 18,15

LOT

En 1859, la surface totale consacrée aux céréales était de 168897; en 1862, cette surface s'était élevée à. 172118 hectares; d'après la statistique de 1882, elle ne serait plus que de 144 586 hectares, soit 24311 hectares de moins qu’en 1852. C’est sur le Froment que porte presque entièrement cette diminution; les 69016 hectares cultivés en 1882 représentent à eux seuls 19 744 hectares de moins qu'en 1852. En 1862, le Froment occupait 93305 hectares, soit 24289 hectares de plus qu’en 1882. Le Méteil occupe 700 hectares de moins, le Seigle 2000 de plus, l'Orge et l’'Avoine conservent les mêmes surfaces, le Sarrasin gagne 2000 hectares, le Maïs en perd 7000.

Les rendements ont notablement augmenté; ils sont loin encore d’avoir atteint leur maximum ; il est peu lucratif de faire du Froment quand on n'obtient que 13"1,67 à l’hectare. La culture du Seigle dans les terrains granitiques est en progrès, grâce à l’emploi judicieux de la chaux et des phosphates que le terrain jurassique peut fournir et fournit, en effet, dans le Lot. Le rendement du Méteil s’est accru de 4 hectolitres, celui du Seigle de près de 9, celui du Sarrasin de 10, et celui du Mais de 6. Le rendement de l’Avoine n'a pas varié:

Voici, d’autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

1852 138389 TE ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de LeLTERPUENE 10836 59. hl.298 2149703 63 h1.

Betteraves ..… 237 157 qx 91 1642 9232 qx Légumes secs 29271 9 h1. 47 4018 16 h1. 70 Racines et légumes divers 2643 131 qx 45 2384 139 qx Chanvre: 2 002 6 hl. 07 931 43 ht:

Lin ere 286 5 h1. 49 281 45 h1. 45 Colza ects 2035 41 h1. 70 » »

Tabac ass » » 9 qx 20

La surface consacrée aux Pommes de terre a augmenté de 2000 hectares de 1852 à 1882; en 18692, cette culture occupait déjà 12549 hectares, soit sensiblement le même chiffre qu’en 1882. Les Betteraves ont gagné 1405 hectares depuis 1852; les 1642 hectares cultivés en 1882 comprennent 1507 hectares de Betteraves fourragères et 135 hectares de Betteraves à sucre. Les légumes secs occupent une surface à peu près double de celle qui leur était consacrée en 1852; les 4018 hectares cultivés en 1882 comprennent : 2291 hectares de Fèves ou Féveroles, 1456 hectares de Haricots, 910 hectares de Pois, 43 hectares de Lentilles et 18 hectares d’autres légumes secs. Les racines occupent sensiblement la même surface ; les 2384 hectares cultivés en 1882 comprennent 544 hectares de Carottes, 34 de Panais et 1806 de Raves ou Navets. Le Chanvre a perdu 1000 hectares et la culture du Colza a été remplacée par celle du Tabac; les Tabacs du Lot sont estimés et servent généralement à la fabrication du tabac à fumer.

La statistique de 1852 évalue à 24715 hectares la superficie des prairies naturelles ; sur ce nombre, 13 715 hectares étaient irrigués. En 1862, cette surface était de 31 805 hectares, comprenant : 149394 hectares de prés secs, 16251 hectares de prés irrigués et 620 hectares de prés vergers; de plus, 1760 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. D’après la statistique de 1882, les prairies naturelles occuperaient 21 161 hectares répartis comme il suit :

hectares Prairies naturelles irriguées naturellement par les crues des rivières..,..:.......,..0007-508 8347 Prairies naturelles irriguées à l’aide de travaux spéciaux. 7% 2 22e ce A ENTREE 3659 ; Prairies naturelles non irriguées............... 9155

LOT

Il convient d'ajouter à ces chiffres 640 hectares de prés et pâtures temporaires et 4065 hectares d'herbages pâturés. Enfin, les fourrages verts étaient cultivés, en 1882, sur 6035 hectares, comprenant : 1733 hectares de Vesces, 1493 hectares de Trèfle incarnat, 3347 hectares de Maïs fourrage, 328 hectares de Choux et 204 hectares de Seigle en vert.

En 1852, les prairies artificielles occupaient 9998 hectares; en 1862, 9544 hectares. D'après la statistique de 1882, leur surface serait de 12 307 heciares, répartis de la manière suivante :

hectares x \ SES SR RE EE A 3455 NON RSS ETES RUE ENT PR 4194 MAUR OUT AN Un NL ie SU CERN SRE 4305 Mélanges de Légumineuses............ 53

D'après ces chiffres, il semblerait que la culture des plantes fourragères a diminué, au moins en ce qui concerne les prairies naturelles; il n’en est rien. Si l’on ajoute aux 21 161 hectares de prairies naturelles recensés en 1882, 640 hectares de prés et pâtures temporaires et 4065 hectares d'herbages pâturés, on obtient un total de 25 866 hectares que l’on peut comparer aux 24715 hectares existant en 1852; la diminution n'existe donc pas.

Les fourrages verts qui, en 1862, n'occupaient que 1760 hectares, sont cultivés en 1882 sur 6055 hectares ; enfin, les prairies artificielles, de 1852 à 1862, ont gagné 6309 hectares ; la surface qui leur est consacrée a donc plus que doublé. Le Sainfoin - est la ressource des terrains calcaires secs; la Luzerne et le Trèfle demandent de meilleurs terrains.

En 1829, la Vigne occupait 44500 hectares ; en 1840, elle était cultivée sur 53543 hectares. D'après la statistique de 1852, cette culture occupait 56 096 hectares et fournissait un revenu annuel de 6600000 francs environ. En 1862, la surface complantée en Vignes était de 55 980 hectares, produisant 426 755 hectolitres de vin représentant une valeur de 10 900 000 francs environ. D’après la statistique de 1882, la superficie des Vignes serait de 65 541 hectares, comprenant :

hectares

Vignes en pleine production........... 59 899 — nouvellement plantées.......... 3678 — avec cultures intercalaires...... 1964

La récolte, en 1882, a été de 673211 hectolitres de vin représentant une valeur de 26 750 000 francs. .L'arrondissement de Cahors renferme à peu près les deux tiers du vignoble; celui de Gourdon en renferme plus que celui de Figeac. Les meilleurs

vignobles existent sur les montagnes des environs

de Cahors, sur les côtes du Lot et du Cellé.

Les principaux cépages rouges sont l’auxerrois, le mauzac, la roussane et le mérot; les principaux cépages blancs sont le sémillon, le rouxalin, la blanquette, la clairette et le mauzac.

Les Châtaigniers occupent 39969 hectares, dont plus de 26 000 dans l'arrondissement de Figeac. Cet arbre végète bien sur les pentes du Quercy; on

le greffe généralement; il forme des massifs im-

portants dans les environs de Cazals, de Calviac, de Gourdon, de Saint-Gérmain et de Payrac.

Les Noyers occupent une surface de 2289 hectares, presque tous dans l’arrondissement de Gourdon; ces arbres viennent bien sur les sols d’alluvion et les terrains calcaires secs.

Le Prunier est assez répandu, ainsi que le Pommier et le Poirier. Le Noisetier est très abondant dans les bois de Gramat et de la Bastide.

Lors de la confection du cadastre, en 1842, les bois occupaient une superficie de 93 269 hectares ; d’après la statistique de 1882, ils occuperaient une surface de 117 460 hectares, comprenant :

LOT hectares Bois appartenant à des particuliers... 116582 y — aux communes....... 878

La plupart des bois feuillus sont à l’état de taillis ; on ne rencontre des arbres de haute futaie que dans les cantons de Livernon, Gramat, la Bastide, Payrac, Lauzés, Salviac et Cazals. On trouve sur les sols calcaires, le Charme, l'Erable champêtre, le Bouleau, l’Aïlante, le Chêne, l'Acacia. Dans les sols primitifs, le Châtaignier, le Chêne, le Hêtre dominent; dans les terres d’alluvions, on rencontre l’'Orme, l'Aune, le Peuplier, le Saule et le Frêne. Le Pin maritime occupe des surfaces sablonneuses assez importantes dans les cantons de Saint-Germain, Salviac, Cazals, Catus et sur quelques sols granitiques dans l’arrondissement de Figeac. Le canton de Cazals renferme quelques massifs de Pins sylvestres.

Les terres labourables, en 1852, occupaient 237 672 hectares; en 1862, les terres labourables occupaient 241 894 hectares ; d’après la statistique de 1882, les terres labourables s'étendent sur 210 310 hectares seulement, soit 27000 hectares de moins qu’en 1852. En 1889, la superficie productive comprend 423 985 hectares ; celle non cultivée s'étend sur 79212 hectares, savoir :

: hectares

Landes, pâtis, bruyères, etc ........... 45 760 Terrains rocheux incultes.............. 31613 NAT eCAr eux 20 rod soute 1476 HOUTDIORE SA re MN ANR de 303

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

1852 1862 1382 CHEVAUX EE EEE 5782 7143 99279 Anes et ânesses........ 5 570 3 807 7056 Mulets et mules....... ; 3009 . 2640 2003 Bêtes bovines.......... 55 751 73151 62 904 + OYINCS en 456 495 348 091 241711 — porcines...…..... 45 527 46115 61 343 0 Caprinés 15705 23623 12599

L'espèce chevaline a gagné 4000 têtes environ; l'espèce asine gagne 2000 têtes ; les Mulets et Mules ont perdu 1000 têtes. Les animaux de l'espèce chevaline appartiennent à diverses races. La race dite des Causses est élevée principalement dans l’arrondissement de Gourdon. Les bêtes mulassières sont élevées surtout dans la partie occidentale; on les vend aux foires de Capdenac, d'Assier, de Limogne, de Vaylats et du Prudhomat. |

L'espèce bovine a gagné 7000 têtes, de 1852 à 1882; les animaux appartiennent en général à la race de Salers. On engraisse ces animaux dans les environs de Cahors, Gourdon et Salviac.

Les bêtes à laine ont diminué de moitié, de 1852 à 1882; ces animaux sont très rustiques et constituent sur les causses de grands troupeaux; * les Mérinos sont peu nombreux; la race Southdown a donné de bons résultats.

Les bêtes poreines ont gagné 16 000 têtes; elles appartiennent à la race du Périgord, pure ou croisée avec les races anglaises. :

D’après le recensement de 1876, la population du Lot s'élève à 276512 habitants, ce qui représente une population spécifique de 93 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, date du premier: recensement officiel, la population du département a diminué de 100695 habitants. Cela tient surtout à ce qu'en 1808 une partie du Lot a été enlevée au département pour la formation du département de Tarn-et-Garonne.

La population agricole (mâles adultes), de 1862 à 1882, a subi les modifications suivantes :

nl. — 90

LOT 1862 1882 Propriétaires agriculteurs.... 87102 63 000 Ré iers RS conter 487 1489 Métayers....:........ us. 3240 3 800 Domestiques ............... 28 400 28 024 Journaliers...........,.... 45657 25 829 124866 122142

Le département comprend 1437057 parcelles d'une contenance moyenne de 35 ares.

Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 45 787 s'élève en 1882, à 72 887. Pour expliquer cette grande différence, il convient de faire remarquer que la statistique de 1862 n’avait pas recensé les exploitations de moins de 1 hectare; celles-ci, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 26 879. Ces exploitations se divisent comme il suit :

Exploitations de moins de 5 hectares. 277717 53 09% — de 5 à 10 hectares ..... 8935 94929

— de 10 à 40 hectares... 7615 9411

— de plus de 40 hectares. 1 460 953

L'exploitation directe par le propriétaire est la plus répandue ; le métayage vient ensuite, puis le fermage. Voici le mode de répartition de ces différents modes d'exploitation :

NOMBRE CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE hectares Culture directes... 57 670 4,50 Fermagen 2e res LE 1 506 17,92 Métayage ss. Lu 3810 10,00

La contenance moyenne des cotes foncières, par suite de l’augmentation sans cesse croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions assez sensibles depuis la confection du cadastre. La contenance moyenne était :

hectares après is Ca dasire 2. m0 nie 4,60 En LÉ ne dre AT es 0 4,10 HA IOfS DE RNA ouh JRCRRPSUR EAU 3,11 UNE LS PROC RO PEN MSN 3,46 HO dBBES umC ii rac eee SR 3,31

La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :

1852 1862 1882 francs francs francs Terres labourablés te 857à 3206 41605à4913 1103 à 6175 Pres 1697 4346 2737 5929 92433 8630 Nignes er. 546 1683. 19210 2672 614 2986 BOT 313 1324 3191.2:333 446 1930

Pendant la même période, le taux du fermage par hectare a subi les variations ci-après :

nt francs francs Terres labourables. 97 à 1407 52 à 131 45 à 172 PTOS RES nue, C4 710 173 410 9239 74 330 Visnes. ris. 48 56 54 138 60 205

L’outiilage agricole est encore peu développé. En 1852, le département possédait 50 machines à battre ; en 1862, il y en avait 96, dont 13 à vapeur; en 1882, il y avait 230 machines à battre. En 1862, le département possédait Î semoir et une faneuse ; en 1882, on compte 4 semoirs, 10 fauchéuses, 8 moissonneuses et 8 râteaux à cheval. L'agriculture dispose d’une force de 321 chevaux-vapeur, mis

LOT-ET-GARONNE

en œuvre par 47 roues hydrauliques, 21 machines à vapeur et 27 moulins à vent.

Les voies de communication comptent 6096 kilomètres, Savoir :

kilom.

3 .chémins déffers PSE MN AR EEE 435 4 routes nmatronales ARR 977 9 routes départenrentales.........05,. 000 987

45 chemins vicinaux de grande communication. 4006

— de moyenne — 1512 — de petite — 2 rivières navigables.......... L'an hins 08 2e De

L’assolement biennal alterne est le plus usité; il comporte une céréale d'automne (Froment ou Seigle) et des plantés de printemps (Maïs, Tabac). L'assolement quadriennal est suivi dans l’arrondissement de Gourdon. En résumé, le département du Lot a encore beaucoup à faire ; il doit améliorer ses cultures, augmenter ses surfaces fourragères, entretenir un bétail plus nombreux, afin d’avoir plus d'engrais et étendre par suite la culture des céréales et des plantes industrielles. L'emploi des instruments perfectionnés s'impose. La plantation de la Vigne a fait des progrès, les cultures fourragères sont déjà en accroissement; c'est dans cette voie qu’il faut persévérer.

Depuis la fondation des concours régionaux, quatre de ces solennités se sont tenues à Cahors, en 1858, en 1865, en 1873 et en 1881. La prime d'honneur y a été décernée quatre fois : en 18958, à M. Rolland, à Cajarc ; en 1865, à M. Célarié, directeur de la ferme-école du Montat; en 1873, à M. Louradour, à Mirandol, commune de Martel; en 1881, à M. le docteur Rey, à Escalié, commune de Saint-Denis.

Le département possède à Cahors, une Société agricole et industrielle et des comices agricoles à Vayrac et à Saint-Céré. Il possède également une chaire départementale d’agriculture et une fermeécole au Montat, près Cahors. G. M.

LOT-ET-GARONNE (DÉPARTEMENT DE) (géogr'aphie). — Le département de Lot-et-Garonne a été formé, en 1790, de tout ou partie de deux pays de l’ancienne Guyenne : l’Agenais qui a fourni 388 070 hectares, et le Bazadais qui en a donné - 116637, et de petites fractions de deux pays de Gascogne, le Condomois ct la Lomagne, qui ont fourni le premier 13 587 hectares et le second 11 393 hectares. Il est compris entre 1° 13 2’ et 2° 28’ 2/’ de longitude occidentale et entre 43° 48/48// et 44°46/ 48/" de latitude septentrionale. Le département de Lotet-Garonne est borné : au nord, par la Dordogne; à l’ouest, par la Gironde; au sud-ouest, par les Landes ; au sud, par le Gers ; à l’est, par les départements de Tarn-et-Garonne et du Lot. Sa superficie est de 535396 hectares; ‘il a la forme d'un carré irrégulier, dont le plus grand diamètre est la diagonale même du carré, du sud-ouest au nordest, depuis Saint-Pé, Saint-Simon jusqu’à Blanquefort; le plus petit diamètre est du nord au sud, depuis Cahuzac jusqu'à Lamontjoie.

Le département est divisé en quatre arrondissements, comprenant 35 cantons et formant un total de 326 communes. Les arrondissements de Marmande et de Villeneuve-sur-Lot occupent le nord du département, le premier à l’est, le second à l’ouest; immédiatement au-dessous se trouvent les arrondissements de Nérac et d'Agen, le premier à l’ouest, le second à l’est.

Le Lot-et-Garonne est partagé en deux régions inégales par la vallée de la Garonne. C’est un pays. de collines, formant des chaînes séparées par de fertiles valléès. La plaine de la Garonne, vaste de 96000 hectares, est une des plus belles et des plus riches de France. Des collines élevées, généralement recouvertes de vignobles et de vergers, Se dressent à proximité du fleuve.

LOT-ET-GARONNE

La partie septentrionale du département, sur la rive droite de la Garonne, offre plusieurs vallées principales : celles du Lot, du Dropt, de la Lède, du Tolzat, de l’Allemance. Le massif qui sépare, au nord, la Garonne du Lot, a une altitude de 200 à 230 mètres. La vallée du Lot est dominée par des collines abruptes, élevées de 150 mètres audessus du niveau de la rivière; la surface de cette belle et fertile vallée est de 18500 hectares.

La partie contiguë aux départements de la Dordogne et du Lot est plus accidentée ; sur les pentes des collines calcaires, s'étendent des forêts de Chênes, de Châtaigniers et de Hêtres. C'est à l’est de la Lède, entre cette rivière et l'Allemance, que se dressent les plus hautes collines du département; le sommet de Bel-Air (273 mètres) est le point culminant de Lot-et-Garonne.

La partie du département comprise sur la rive gauche de la Garonne, est moins vaste que la partie septentrionale. Le point culminant, le coteau de Laplume, a 215 mètres d'altitude. Au sud-ouest, dans l'arrondissement de Nérac, les cantons de Mézin, de Casteljaloux, de Houeillès et Damazan, sont occupés en tout ou partie par les landes comprises entre une ligne allant de Casteljaloux à Barbaste. Ces landes forment un plateau mamelonné, élevé en général de 120 à 150 mètres.

Le département de Lot-et-Garonne appartient en entier au bassin de la Garonne. Ce fleuve y pénètre à la Magistère, traverse une plaine fertile de 10 kilomètres de large. Il arrose Saint-Nicolas, Sauveterre, Agen, Saint-Hilaire, Port-Sainte-Marie, Thouars, traverse la belle plaine formée près d’Aiguillon par son confluent avec le Lot, baigne Tonneins, Taillebourg, Marmande, Conthures et entre dans le département de la Gironde un peu avant Bourdelles. La Garonne reçoit dans le département un grand nombre de rivières, ce sont : le ruisseau de Néguevieille, l'Aurone, l'Estressot, la Séoune,

le Gers, la Jorle, le Brimont, le ruisseau de Mon-

dot, le ruisseau d'Agen, les ruisseaux d'Aubiac, de Bagneaugue, de Saint-Hilaire, de Saint-Martin, le ruisseau de Sirignac, la Masse, l'Auvignon, la Boyse, la Gaubège, le Lot, l'Ourbise, le Tolzat, le Trec, l'Avance, la Gupie, et hors du département, le Dropt et le Ciron. Ces rivières et ruisseaux se grossissent eux-mêmes de nombreux affluents. Les affluents du Lot dans le département sont: la Theze, la Lemance, le Bondouyssou, la Lède , le ruisseau de Salabert.

Le département est traversé par le canal latéral à la Garonne, qui longe la rive droite de cette rivière. À Agen, le canal est alimenté par une prise d’eau du fleuve ; il reçoit aussi, près de Buzet, de l'eau de la Bayse. D’autres canaux aident à la navigation de la Bayse.

L’arrondissement d'Agen, le moins étendu du département, est traversé et limité à l’ouest par la vallée de la Garonne ; c’est un arrondissement très productif. L’arrondissement dé Villeneuve vient ensuite; il est très mouvementé; il est de plus traversé par la vallée du Lot, dont les rives sont escarpées et bordées de rochers saillants. La plaine de Villeneuve est couverte de Pruniers; le Tabac est cultivé sur le bords de la Lède et du Lot. Les plateaux du Haut-Agenais sont souvent arides ; on y voit des taillis de Chênes, de Pins, de Châtaigniers ; on y rencontre des bêtes à laine.

L'arrondissement de Marmande est très productif; de Marmande à Meilhan, on trouve dans les plaines basses de superbes prairies où sont engraissées des bêtes Garonnaises; les Tabacs de Tonneins sont renommés. Dans le canton de Seyches on rencontre des terres arides occupées par la Bruyère et l’Ajonc marin.

L'arrondissement de Nérac est le moins productif;, toutefois la vallée de la Bayse est fertile. La partie comprise entre Nérac, Casteljaloux et le

LOT-ET-GARONNE

département des Landes forme un vaste plateau sur lequel on rencontre des landes, des Châtaigniers, des Chênes et des cultures peu productives.

Le climat du département est tempéré. La température moyenne annuelle, à Agen, est de + 13°,7. En hiver, elle est de + 6°,20; au printemps, de + 13°,71; en été, de + 22,42; en automne, de + 12°,38. Le plus généralement le printemps est variable ; des gelées tardives apparaissent en avril. Il tombe annuellement 0,665 à 0",762 d’eau; les mois les plus humides sont avril, mai, juin, septembre et octobre. On compte, en moyenne, par année : 97 jours de pluie, 5 jours de neige, 25 jours de brouillards, 12 jours brumeux, 40 jours sereins et 123 jours sans pluie.

Au point de vue géologique, le département de Lot-et-Garonne, appartient surtout à la formation tertiaire. C’est un pays de collines constituées en majeure partie par le terrain tertiaire moyen et formant des chaines séparées par de fertiles vallées dont le fond date de l’époque quaternaire.

Le département offre trois bassins principaux : celui de la Garonne, celui du Lot, celui de la Bayse. La vallée de la Garonne a été creusée dans le calcaire Jurassique et le sol tertiaire. Celle du Lot a été ouverte dans le terrain jurassique, de Fumel à Saint-Vite, et dans le calcaire d’eau douce, de Saint- Vite à Aiguillon.

Le calcaire lacustre blanc de l’Agenais, placé audessus du calcaire à Astéries, appartient au système oligocène; c’est une masse compacte, sans lits marqués, de 5 à 15 mètres, caractérisée par Helix ramondi et Cyclostoma antiquum. Ce calcaire est recouvert par une molasse à coquilles incrustées d'Unio, supportant le calcaire gris de l’Agenais, assise marneuse de 20 à 25 mètres, couronnée par un calcaire gris foncé ou noir, celluleux et fétide, à Limnæa Larteti, urceolata, girondica, Planorbis solidus, Helix aginensis et girondica, qui correspond à la molasse du Gâtinais. ;

La molasse de Villebramar appartient probablement à l'horizon du calcaire de Brie, déjà représenté, dans le Lot, par le grand plateau calcaire de Cieurac et de Cordes.

La mer, qui avait déjà pris possession du golfe de l’Aquitaine lors de l’oligocène, a continué à l’occuper pendant l’époque helvétienne, en y donnant naissance à des faluns coquilliers et à des molasses marines.

Enfin, toute la vallée de la Garonne, formée d’alluvions fertiles, appartient à la période quaternaire.

Au point de vue des terres arables, on trouve, sur les hauts plateaux, des mélanges d’argile et de sable, de couleur cendrée, appelés boulbenes. Sur le penchant des collines, ce sont des terres à caractères plus tranchés : argileuses, marneuses, calcaires. Plus bas, ce sont des plaines formées par un mélange plus complet et plus intime de ces substances. Dans les vallées submersibles, dans celle de la Garonne surtout, ce sont des alluvions que viennent rafraichir de temps à autre les inondations qui les formèrent. Enfin, sur la rive gauche du fleuve, ce sont les landes formées de fragments de quartz et de lydienne, avec leur sous-sol d’alios.

Dans la vallée du Lot, on trouve une argile tenace et fortement colorée par l’oxyde de fer.

Les alluvions, au confluent du Lot, près d’Aiguillon, sont appelées quarterées. Voici, d’après M. Petit-Laffitte, la composition comparée des limons de la Garonne, du Lot et des quarterées :

GARONNE LOT QUARTERÉES Sable siliceux...... 28,40 73,40 18,40 Cala en ee 4,40 3,00 5,00 Arpile, etc: 0-2 65,60 29,64 73,1% Oxyde de fer....... 1,00 0,60 3,20 HUMUSE Eee 0,60 0,36 0,26

LOT-ET-GARONNE

Cette formation date du quatorzième siècle ; c’est le mélange des limons charroyés par la Garonne et par le Lot.

La superficie de Lot-et-Garonne est de 535 396 hectares. Voici comment elle est répartie, d’après le cadastre achevé en 1840:

hectares Terres labourablés en ER 286 371 Prés PSS es 0 RE MEN RAD 43535 Vignes creer medal one 66 456 ROIS EN ER ON RE SRE ER EE 74584 Vergers, pépinières et jardins......... 2810 Oseraies, aulnaies, saussaies....... et 4 473 Carrières et mines........ ee de 11 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs. 72 Landes, pâtis, bruyères, etc..........- 40 082 BARS A RL P ER ER CRETE 13 (Ghatdiéterries SSL LA LUE 2966 PropTIC LOS AANES NT PERRET 2951 Total de la contenance imposable. .... 520 624 Total de la contenance non imposable. 14772 Superficie totale du département...... 539 396

La superficie des terres labourables représentait »3 pour 100 de la surface totale du département ; la surface consacrée aux prés formait 8 pour 100, celle en Vignes 12 pour 100, et celle en bois 14 pour 100 de la même surface totale.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, en 1852 et en 1882 :

CR. de ER ÉRR PO CS

ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol.

Froment.... 142399 49,13 133954 45,45 Méteil ...... 305 13,85 401 19,04 Seigle 10 414 43,00 8410 13,88 Orge Art 37 24,00 41 95,41 Sarrasin "2. » » 62 14,94 Avoine.. 1 567 18,51 6965 23,63 NAS LR ARE 17708 1%,52 15 990 18,69 Millet: :21,.0- » » 2 06S 18,90

En 1852, la superficie totale consacrée aux céréales s'élevait à 172360 hectares ; en 1862, elle s'élevait à 172647 hectares. D’après la statistique de 1882, elle ne serait plus que de 167261 hectares, soit environ 9000 hectares de moins qu’en 1852. Le Froment a perdu 9000 hectares de 1852 à 1882; il occupait 143 956 hectares en 1862; le Seigle a perdu 2000 hectares ; l’Avoine, par contre, en a gagné 9400; le Millet et le Méteil, ainsi que l’Orge, occupent des surfaces très peu importantes. Les rendements ont augmenté de 3 hectolitres pour le Froment, de 5 hectolitres pour l’Avoine et de 4 hectolitres pour le Maïs. Le Maïs est la plante préférée dans les parties élevées et dans les terres de landes.

Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

RP Benne pee Eee rer Ne ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectares

Pommes de

LOT ONDES 5 024 59 h1. 72. 10474 63 qx Betteraves 71 934 qx 58 2859 933 qx Légumes secs 5877 19 hl. 43 : 12985 47 hl. 60 Racines et lé-

gumes divers 2260 64 qx 01 445% 180 qx Chanvyre...... . 49179 3 hl. 29 1362 7 hi. 91 Lin a RER 895 o hl. 74 435 8 hl. 40 COIZAN TEE 731 10 h1. 85 269 43 h1. 95 Tabac » » 2104 17 qx 60

La surface consacrée aux Pommes de terre a presque doublé de 1852 à 1882; en 1862, la surface consacrée à cette plante s’élevait à 7226 hectares. Les Betteraves occupent 2800 hectares de plus qu'en

LOT-ET-GARONNE

1852. Les légumes secs sont cultivés sur 7000 hectares de plus qu’en 1852 ; les 12285 hectares cultivés en 1882 comprennent : 6100 hectares de Fèves, 3002 hectares de Haricots, 1471 hectares de Pois. 94 hectares de Lentilles et 1118 hectares d’autres légumes secs. Les racines occupent 2000 hectares de plus qu’en 1852; les 4454 hectares cultivés en 1882 comprennent 222 hectares de Carottes et 4232 hectares de Navets ou Raves. Le Chanvre, par contre, a perdu 2900 hectares, le Lin 450 hectares et le Colza environ 500. Le Tabac est surtout exploité dans la vallée de la Garonne ; le Chanvre est cultivé aux environs de Marmande, Tonneins, Aiguillon.

La statistique de 1852 évalue à 41 800 hectares la superficie des prairies naturelles ; sur ce nombre, 4815 hectares étaient irrigués. En 1862, cette surface était de 38806 hectares, comprenant : 30058 hectares de prés secs, 8620 hectares de prés irrigués et 128 hectares de prés vergers; de plus, 3990 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. D'après la statistique de 1889, les prairies naturelles occuperaient 38299 hectares, répartis ainsi :

hectares .

Prairies naturelles irriguées naturellement par les cruesdes rivièéres.L, #97 2e 11620 Prairies naturelles irriguées à l'aide de travaux SPÉCIAUX RD totes eue IR CN 4338 Prairies naturelles nôn irriguées LU Meet 22 341

Il convient d'ajouter à ces chiffres 3456 hectares de prés et pàtures temporaires et 2720 hectares d’herbages pâturés. Enfin, les fourrages verts étaient cultivés sur 26 766 hectares, comprenant : 2998 hec— tares de Vesces, 10 824 hectares de Trèfle incarnat, 9303 hectares de Maïs-fourrage, 601 hectares de Choux, 3040 hectares de Seigle en vert.

En 1852, les prairies artificielles occupaient 22188 hectares ; en 1862, 25357 hectares. D’après la statistique de 1882, leur surface serait de 16612 hectares, comprenant :

Tréflès 2252 et a RCI NT EPS ENREE 5 569 Luzern : 2 RSR ENNEMI 5603 SAINÉOIN 525 PET 2 DIU METRE 0 50:0 Mélanges de Légumineuses.......,.... 300

La production fourragère est en progrès. Si l’on ajoute aux 38299 hectares de prairies naturelles recensés en 1882, 3456 hectares de prés et pâtures temporaires et 2720 d’herbages pâturés, nous avons un total de 44475 hectares, soit 3000 de plus qu'en 1852. Si, aux 16 612 hectares de prairies artificielles, nous ajoutons les 26 766 hectares de fourrages verts constatés en 1882, nous avons un total de 43578 hectares, soit 21 190 hectares de plus qu’en 1852. Ces chiffres suffisent amplement pour montrer les progrès faits par la culture fourragère dans le département. Les prairies situées dans les vallées sont belles, mais elles ne sont pas très productives, parce qu’elles manquent généralement de fraîcheur quand le soleil est ardent. Les seules qui fournissent des produits abondants sont celles qui sont susceptibles d’être irriguées. Le Trèfle incarnat ou Farouch réussit très bien dans les vallées et sur les coteaux ; dans les hautes plaines, on l’associe souvent à l’Orge.

En 1834, la Vigne occupait 66456 hectares ; en 1852, elle occupait 66792 hectares, produisant un revenu de 9330000 francs. En 1862, la surface cultivée s'élevait à 69166 hectares, ayant produit 933061 hectolitres de vin d’une valeur de 26323444 francs. D’après la statistique de 1882, la Vigne occuperait 78732 hectares, comprenant ::

hectares

Vignes en pleine production........... 58 080 — nouvellement plantées ......... 12693 — avec cultures intercalaires...... 763%

LOT-ET-GARONNE — 9

La récolte a été de 622 400 hectolitres, représen- {ant une valeur de 17 362 000 francs environ. Malheureusement, le Phylloxéra a atteint fortement les vignobles du département. En 1886, il a été traité 475 hectares par le sulfure de carbone, ct 12 hectares par le sulfocarbonate de potassium ; 325 hectares ont été replantés en vignes américaines.

Les cépages les plus répandus sont: le picpoule noir, le cot rouge, le bouchalès, l’enrageat noir, le mourastel, le teinturier, le mauzac, la mérille et le maouro ; le sémillon, le cruchin, le chalosse, le muscat, la folle blanche. La plupart des vins rouges sont vendus pour Bordeaux. Les meilleurs sont produits à Thézac, Péricard et Montflanquin ; les vins blancs de Clairac et de Port-Sainte-Marie sont estimés. Le chasselas est cultivé comme raisin de table à Port-Sainte-Marie, Clermont-Dessus, etc.

Le Prunier, dont les fruits sont transformés en pruneaux, a une grande importance dans le département de Lot-et-Garonne. Ces fruits secs donnent lieu à un commerce de près de 6 millions de francs. Cet arbre est surtout cultivé dans le bassin du Lot et sur les coteaux qui bordent la Garonne. Les centres principaux de la culture sont Clairae, le Temple, Castelmoron, Monclar, Sainte-Livrade, Gontaud, Monflanquin, Agen et. Villeneuve. La variété cultivée est le Prunier d'Ente, qui vient bien dans les sols argilo-calcaires, mais redoute l’humidité.

L'Abricotier a une grande importance à Nicole, à Tonneins ; ses fruits sont recherchés par la confiserie et expédiés en Angleterre. Le Figuier est assez répandu sur les coteaux calcaires. Les Chàtaigniers occupent 2239 hectares sur les confins du Périgord et dans la région landaise.

En 1840, les bois occupaient 74 584 hectares; en 1862, 78 662 hectares. D’après la statistique de 1882, leur superficie ne serait plus que de 76597 hectares, dont 795 037 appartiennent aux particuliers et 1560 aux communes. \

Le Chêne-liège occupe des surfaces assez consi-

dérables à la lisière des landes, dans les cantons de Mezin, Barbaste, Casteljaloux, Laverdac. Le Chêne-tauzin est également répandu, ainsi que le Chêne-rouvre. Le Pin maritime est commun dans la région des landes et le haut Agenais. Il existe, sur la rive gauche de la Garonne, de véritables forêts de Peupliers et de Saules blancs.

- En 1846, les terres labourables occupaient 286371 hectares; en 1852, elles comprenaient 291 910 hectares ; en 1862, 295780 hectares; en 1882, elles s’étendaient sur 289 330 hectares seulement. La superficie productive en 1882 comprend 486 532 hectares, et la surface non cultivée est de 30418 hectares, se décomposant ainsi :

hectares

Landes, pâtis, bruyères:...,.......... 24010 Terrains rocheux incultes............. 5756 —./-MaArÉCAgEUX .. sense se 572 TOULDIE LE SSSR MERE A TR EN NDS else 80

On peut caractériser en deux mots les progrès réalisés : augmentation des cultures industrielles et fourragères, extension de la culture de la Vigne malgré les atteintes du Phylloxéra.

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

CHEVAL MR 19987 44475 47 401 Anes et ânesses........ 4401 4444 2537 Mulets et mules... .... 4 477 4 096 463 Bètes bovines 1:12... 102 808 151889 170953 = ovine: 282. 218 908 109 282 91 802 — porcines... ..... 80 560 79711 94951 —. caprines......... 3913 488% 3067

Le nombre des animaux de l’espèce chevaline a augmenté de 5000 têtes de 1852 à 1882; par contre

D — LOT-ET-GARONNE

le nombre des Anes et Anesses a diminué de près de 2000 têtes; les Mulets et Mules ont perdu 1000 têtes. Quoi qu'il en soit, il résulte de ces chiffres qu’il y a progrès sensible. Le département ne possède pas de race particulière. Les animaux sont importés du Poitou, de la Bretagne ou de la Normandie. Ceux qu'on y élève sont vendus pour la cavalerie légère ; les poulains sont le plus souvent achetés à l’âge de six mois à un an. Les Mulets sont vendus en général pour le Béarn ou l'Espagne.

L'espèce bovine a gagné 68 000 têtes de 1852 à 1882; cette augmentation correspond à une diminution de près de 200 000 têtes dans les existences de l’espèce ovine. Les races que l’on rencontre dans le département sont : la race Garonnaise, la race Gasconne et la race Bazadaise. La race Garonnaise est de beaucoup la plus importante; on la rencontre dans les plaines de Marmande et de Meilhan. Snr les plateaux d'Agen et de Villeneuve, on trouve une variété plus petite, la variété Agenaise. Dans les localités confinant le Gers, c’est la race Gasconne qui est exploitée. Les animaux Bazadais, ainsi que ceux des races précédentes, servent comme animaux de travail ; ils sont ensuite engraissés dans les prairies de la vallée de la Garonne et livrés à la boucherie. Les veaux de boucherie sont vendus à l’âge de trente à quarante Jours. Les Jeunes bœufs sont dressés à l’âge de deux ans et vendus à quatre ans.

Les bêtes à laine n’existent plus que sur les plateaux ou les coteaux on encore dans la région landaise. La diminution de ces animaux est due aux défrichements des landes et à l'extension donnée à la culture fourragère.

Les bêtes porcines’ appartiennent à la race du Périgord pure ou croisée avec les races anglaises. On spécule avec succès dans le département sur la production des œufs ; les Oies et les Canards engraissés avec le Maïs servent à fabriquer Îles conserves de Nérac.

Le nombre des ruches s'élève à 13 633 ; une ruche produit annuellement 3,800 de miel et 11,250 de cire.

On constate, par ces chiffres, les progrès sérieux faits par le département de Lot-et-Garonne.

D'après le recensement de 1881, la population de Lot-et-Garonne s'élève à 312081 habitants, ce qui représente une population spécifique de 58 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, le département a perdu 11 859 habitants. Jusqu'en 1846, le mouvement de la population avait été ascensionnel ; depuis cette date, il a été sans cesse décroissant.

La population agricole (mâles adultes), de 1862 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :

1862 1882 Propriétaires agriculteurs.... 49437 45 490 F'ermiers 2, 912 2198 Métayers..... RDC RES PRE 5 518 9932 Domestiques .........4:.... 18 973 21105 Journaliers........,.1.%% 457% 9653 19 414 88 308

‘ Le département comprend 1481923 parcelles d'une contenance moyenne de 33 ares.

Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 43040, s'élève, en 1882, à 63004. Rappelons, pour expliquer cette différence, que la statistique de 1862 n'avait pas recensé les exploitations de moins de 4 hectare; celles-ci, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 19 513.

Ces exploitations se divisent comme il suit :

Exploitations de moins de 5 hectares. 23623 40 669 — de 5 à 40 hectares...... 9086 12124

— de 10 à 40 hectares ...…. 8 929 9125

— de plus de 40 hectares. 1402 - 41 086

LOT-ET-GARONNE

Le mode général d'exploitation est le faire-valoir direct; le métayage occupe des surfaces importantes, comme il est facile de s’en rendre compte par les chiffres suivants correspondant à 1882 :

NOMBRE CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE hectares Culture directe.......... 01 195 4,19 l'ermagé :S0-2 0e met 1329 45,48 Métayage :: 24660202 9929 13,87

La contenance moyenne des cotes foncières, par suite de l'augmentation croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions assez sensibles depuis la confection du cadastre Elle était :

hectares D'apres lé cadasire.: 5.5... te 4,29 QE PR EEE CE EL sd 3,93 no IE RE ME AB ou ES pin 3,69 HART ÉTERNEL ER 3,45 BnASSlirz cs... Sihitinr STE ee 3,40

La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :

1852 1862 1832 francs francs francs Terres labou- :

rables-2 1088à2638 1873 à 3 999 949 à 4 108 Prés 1603 3043 92518 4936 1534 5180 Vignes ere 846 1841 1385 92871 692 2707 Bois: Pere 642 2029 810 33928 434 1869

Pendant la même période, le taux du fermage par hectare a subi les variations ci-après :

1852 1862 1582 francs francs flaties Terres labourables. 31à 88 99 à 416 39 à 1436 Prés: etre me 59 122 79 1460 64 188 VIDER TASER Eee 91 2274 59 409 34 100

Le matériel agricole est en progrès. En 1862, le département possédait 226 machines à battre, dont 15 à vapeur, 8 semoirs, 1 faneuse, 2 faucheuses et 4 moissonneuses. En 1882, on compte 1362 machines à battre, 48 semoirs, 217 faucheuses, 97 moissonneuses et 294 faneuses et ràteaux à cheval. La force motrice utilisée par l’agriculture comprend 003 chevaux-vapeur fournis par 97 roues hydrauliques, 19 machines à vapeur et 19 moulins à vent. L'emploi des instruments perfectionnés s'impose de plus en plus.

Les voies de communication comptent 8234 kilomètres, savoir :

kilom.

6 Chemins de fera. Ne Re RE Le 298 Foutes-nationales:, $C NE 382 Roütes-dépirtementalés 7: 2 6-MmRrsR.Le. 461 Chemins vicinaux de grande communication ..... 824 —. — - d'intérêt commun... ...:...... = 982 — — “HOÉMNAITES ere eee Pants 5 356

Il faut ajouter le canal latéral à la Garonne, le.

Lot et la Bayse navigables sur une partie de leur parcours.

Les assolements en usage dans le département sont au nombre de deux, l’assolement biennal et l’assolement triennal. L’assolement biennal, le plus SUIVI, Comprend : 1° récoltes fourragères ou industrielles ; 2 céréales d'automne ou de printemps. .L’assolement triennal comporte : 1° plantes sar-

clées ou industrielles ; 2 céréales d'automne ou de

printemps ; 3° plantes fourragères. Cet assolement est surtout suivi dans les hautes plaines; il est soutenu par la Luzerne et le Sainfoin.

Depuis la fondation des concours TégiONAUX, quatre de-ces solennités se sont tenues à Agen :

LOTIER

en 1863, en 1870, en 1879 ct en 1886. La prime d'honneur y a été décernée : en 1863, à M. Lamouroux de Laroque, à Bazens; en 1870, à M. le vicomte d’Auber de Peyrelongue, à la Bastide; en 1879, à M. le vicomte de Castillon, à Lamaurague, et, en 1886, à M. le comte de Noailles, à Buzet.

Le département possède plusieurs associations agricoles : la Société d'encouragement à l'agriculture et les Comices agricoles d'Agen, de Marmande, de Nérac, de Villeneuve-sur-Lot, de Clairae et de Seyches. Il possède une chaire départementale d'agriculture. G. M.

LOTIER (botanique). — Genre de plantes Dicotylédones, de la famille des Légumineuses-Papilionacées (VOy. LÉGUMINEUSES).

Les Lotiers (Lotus L.) présentent les caractères distinctifs suivants. Le réceptacle est concave et doublé d’un tissu glanduleux. Le calice est bilabié. L’étendard est atténué à la base en ongletcourt; les ailes sont fortement insymétriques, et la carène, terminée en bec au sommet, est gibbeuse sur les côtés.Les étamines sont diadelphes (10-1), et le filet des plus grandes se dilate au-dessous de l’anthère. Le fruit est une gousse droite ou arquée, polysperme, quelquefois munie de quatre ailes longitudinales, ordinairement divisée, par des cloisons transversales incomplètes, en logettes qui renferment chacune une graine ; il s’ouvre, à la maturité, en deux valves plus ou moins élastiques et enroulées en tire-bouchon. Les Lotiers sont des herbes (quelquefois suffrutescentes à la base) glabres ou hérissées de poils soyeux, à feuilles trifoliolées, stipulées. Les fleurs forment de fausses ombelles au sommet de pédoncules axillaires. On en à décrit une cinquantaine d'espèces, toutes propres aux régions tempérées et montagneuses du globe. Parmi les espèces européennes, nous examinerons seulement celles qui présentent quelque intérêt au point de vue agronomique.

1° LOTIER CORNICULÉ (Lotus corniculatus L. ; vulg. Pied d'oiseau, Trèfle cornu, petit Sabot, etc.). On reconnait cette espèce, qui est de beaucoup la plus importante, à ses sépales subulés ; à ses ailes fortement courbées au bord inférietr ; à sa gousse droite, longue d’environ trois centimètres; à ses graines ovoides ; à ses folioles glauques en dessous, tantôt obovées-cunéiformes, tantôt linéaires-aiguës. C’est une herbe vivace, très variable d'aspect, suivant les terrains où elle croît. On en distingue assez facilement trois formes principales : le Lotier corniculé ordinaire, glabre, à folioles cunéiformes ; le Lotier à folioles étroites, également glabre, et le Lotier velu, qui ressemble tout à fait à la première variété, sauf qu'il est hérissé, dans toutes ses parties, dé poils divariqués.

Le Lotier corniculé croît spontanément sur le. bord des chemins, sur la lisière des bois, dans les prés et les champs; il s'accommode à peu près de tous les terrains, et dépasse, dans les montagnes, l'altitude de 2000 mètres. Sa racine devient avec l’âge très volumineuse; ses tiges sont de Ion— gueur très variable, suivant la fertilité du sol ; elles ont en moyenne 25 centimètres, et sont presque couchées ascendantes, sur les pieds isolés. Quand la plante est mêlée à d’autres herbes plus élevées, elle se dresse davantage. Elle fleurit en mai et juin; ses fleurs, d’un beau jaune d’or, deviennent verdâtres par la dessiccation. Le Lotier est une des meilleures Légumineuses fourragères connues. L'analyse a montré dans le foin de Lotier :

Substances protéiques............. 45,70 Substances extractives non azotées. 36,50 Matière grasse. 420", 2.002 3,70 Gellulose ses RER RE PRE 22,00 aus 220 LR OPEN A EE RATE 44,00 Substances minérales.,.,.........: ë 8.10

LOTIER

Cette plante doit être, d’après cela, fort nourrissante, et l'emporte, sur ce rapport, sur beaucoup d'espèces de la même famille. Aussi voit-on que tous les animaux sans exception la recherchent avidement. Elle peut être utilisée soit en vert, soit sèche ; dans le premier cas cependant il importe de faucher un peu avant la floraison, car ses pétales sont d’une amertume extrême qui répugne à certains bestiaux.

Le Lotier produit à peine 60 quintaux de foin à l'hectare ; son rendement est donc faible ; aussi n’y a-t-il pas intérêt à le cultiver seul. C’est au contraire une plante excellente à introduire dans les mélanges de graines destinées à l'établissement de prairies fixes ou temporaires. Malheureusement ces graines sont difficiles à obtenir et d’un prix très élevé. Il est bon de remarquer aussi que, en tenant compte des impuretés et des graines incapables de germer, la semence fournie par le commerce ne donne qu’un rendement effectif d'environ 45 pour 100. Les graines sont ovoïdes, brunes et luisantes, avec le hile blanchâtre ; elles mesurent de 1 millimètre à 12,25.

2° LOTIER DES MARAIS (Lotus uliginosus Schkuhr ; L. major Sm.; vulg. grand Lotier, Lotier velu). Les inflorescences sont plus volumineuses que dans l'espèce précédente (6-12 fleurs au lieu de 4-6). Les sépales sont linéaires-lancéolés, réfléchis. Les ailes ne sont pas courbées au bord postérieur. Les graines mesurent moins d’un millimètre de long, et sont verdâtres. La plante, haute de 4 à 9 décimètres, est tantôt glabre, tantôt plus ou moins velue; ses feuilles sont formées de trois folioles obovales-cunéiformes. Son rhizome est longuement rampant et stolonifère.

Cette espèce est très analogue au Lotier corniculé au point de vue de sa valeur alimentaire, mais elle en diffère assez au point de vue de l’habitat et du rendement. Beaucoup plus élevée et plus rameuse que l’autre, elle produit beaucoup plus; mais elle ne prend son entier développement que dans les sols humides et même un peu marécageux.

3° LOTIER COMESTIBLE (Lotus edulis L.). Plante de 30 centimètres environ. Fleurs jaunes, solitaires ou géminées à l'extrémité de pédoncules axillaires. Gousse épaisse, coriace à la maturité, à suture inférieure fortement prononcée. Graines tuberculeuses, presque globuleuses. Cette espèce, assez commune sur certains points du littoral Méditerranéen, est broutée volontiers par les animaux. On la cultive quelquefois dans les jardins pour ses gousses et ses graines qui se mangent comme les petits pois.

4° LOTIER SILIQUEUX (Lotus siliquosus L., Tetragonolobus siliquosus Roth). Cette espèce est facilement reconnaissable à ses fleurs ordinairement solitaires, dont l’étendard est veiné de brun, et à ses fruits bordés de 4 ailes longitudinales, membraneuses, planes et étroites. On la rencontre dans les prairies humides de presque toute la France ; sa présence sur les pentes des coteaux suffit presque toujours pour indiquer un sous-sol humide ou un léger écoulement d’eau. Les animaux la broutent volontiers, mais sans paraitre la rechercher particulièrement.

On peut encore signaler quelques autres espèces du genre, plus ou moins répandues, mais sans grand intérêt pour l’agriculture. Tels sont les Lotus orninithopoides I.; L: Allionii Desv.; L. angustissimus L.; L. conimbricensis Brot., etc.

On cultive quelquefois dans les jardins et dans les serres le Lotier rouge (Lotus Tetragonolobus L.), espèce de l’Europe méridionale, assez semblable au Lotus siliquosus, mais dont les fleurs sont d'un pourpre foncé, et dont la gousse porte quatre ailes larges et ondulées; et le Lotier de Jacob (Lotus Jacobæus L.), plante suffrutescente et poilue, à fleurs pourprées. E. M.

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