‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 103 sur 205 · MAUVE · texte numérisé non relu

MAUVE

l'androcée. Celui-ci est formé d’un nombre indéfini d'étamines monadelphes, à anthères uniloculaires, extrorses. Gynécée supère, pluricarpellé, à éléments disposés en un seul verticille que surmonte un seul style partagé en autant de branches qu'il y a de carpelles. Loges uniovulées. Fruit sec induvié, se partageant à la maturité en un nombre indéfini d’achaines. Graine dépourvue d’albumen, ou à albumen muqueux, rudimentaire.

Les Mauÿes sont des plantes herbacées, velues ou glabres, à feuilles palminerviées, alternes et stipulées ; à fleurs solitaires et axillaires ou rapprochées en petites cymes qui occupent l’aisselle de feuilles ou de bractées. On en connaît une quinzaine d'espèces originaires de l’Europe, de l'Asie tempérée et de l'Afrique septentrionale. Quelques-unes se sont répandues dans tous les pays du monde, à la suite des plantes de grande culture.

Les espèces de nos contrées croissent dans les bois clairs, dans les haies, sur le bord des chemins et même dans les prairies ; tel est en particulier le cas de la Mauve musquée (Malva moschata L.), plante du midi de l’Europe, que l’on observe depuis quelque temps jusque dans le nord de la France où elle a dù pénétrer à la faveur des importations de graines de Luzerne et de Trèfle.

Les animaux dédaignent ordinairement les Mauves à l’état frais et broutent tout autour d’elles sans y toucher. Ils ne les acceptent mêlées au foin qu’à condition que leurs tiges ne soient pas trop durcies. Ces plantes n’ont donc pour l’agriculture proprement dite qu’un intérêt fort médiocre.

Il n’en est pas de même quand on considère les usages nombreux auxquels les destinent leurs propriétés générales. Les Mauves, comme beaucoup d’espèces de la même famille, sont essentiellement riches en produits mucilagineux, que l’on rencontre dans tous leurs organes. Aussi sont-elles recherchées partout, et dès la plus haute antiquité, comme émollientes, pectorales et maturatives. Elles jouent de ce chef un rôle considérable dans la thérapeutique journalière, et doivent être connues à cause des services qu’elles peuvent rendre, surtout à la campagne, où on les a constamment sous la main.

Les espèces les plus répandues sont les suivantes ;

1° Mauve sauvage (Malva sylvestris L.), également nommée (Grande Mauve. Elle croît surtout dans les lieux. incultes, et jusque dans les rues des villages. Sa tige, plus ou moins dressée, peut atteindre près d’un mètre de haut; ses feuilles sont larges, palmilobées, dentées; ses fleurs, assez grandes, se montrent presque toute l’année , elles ont une teinte pourpre foncée, veinée de lilas ; ses achaines sont fortement ridés en réseau, à peu près glabres.

2 Mauve à feuilles arrondies (Malva rotundifolia L.), plus communément connue sous les noms de Petite Mauve, Fromagere, etc. Elle est beaucoup plus petite que la précédente avec laquelle on la rencontre d'ordinaire. Les lobes de ses feuilles sont peu marqués, crénelés; ses fleurs, de petites dimensions, sont blanches ou rosées; ses achaines ont la surface lisse et pubescente. Ces deux espèces se distinguent d’ailleurs, par leurs fleurs disposées en cymes axillaires, des suivantes où les pédoncules sont solitaires.

3° Mauve Alcée (Malva Alcea L.). Cette espèce, moins commune que les précédentes, habite surtout les lieux montagneux, et préfère les sols calcaires. Sa tige est haute de 50 centimètres à 1 mètre; ses feuilles, plus ou moins lobées, peuvent se diviser en lanieres étroites ; ses fleurs, grandes et dressées, sont d’un beau rose; ses achaines, ridés et presque glabres, noircissent en mürissant.

4 Mauve musquée (Malva moschata L.). C’est une belle plante de 60 centimètres environ, qui croit souvent par larges touffes, surtout au bord des bois et dans les prairies élevées à sol siliceux. On la reconnait facilement à ses feuilles qui sont

MAUZAC BLANC

ordinairement d'autant plus découpées qu’elles sont plus élevées sur Ta tige ; à ses fleurs grandes et roses ; à ses fruits entourés du calice fortement accru, noirs et velus à la maturité. La plante répand pendant sa dessiccation une odeur de muse assez prononcée.

Nous signalcrons encore les Malva Nicæensis AIL. et parviflora L., espèces moins importantes et cantonnées dans la région méditerranéenne.

Toutes les parties de ces plantes sont, comme nous l'avons dit, riches en mucilage. On emploie surtout leurs feuilles à confectionner des cataplasmes adoucissants, après les avoir fait cuire. Leurs fleurs servent à préparer des infusions émollientes, fort appréciées dans le traitement des affections légères des voies respiratoires. Leurs racines même sont souvent recherchées pour suppléer celles de la Guimauve dont les usages sont connus de tout le monde. Les fleurs de la Grande Mauve entrent dans le mélange officinal dit des quatre fleurs; mais on leur préfère, pour cette destination, celles d’une espèce chinoise (le Halva glabra Desv.) qui se conservent mieux une fois séchées, et sont d’un plus bel aspect. Cette dernière est cultivée en grand dans quelques parties de la France pour le commerce de la droguerie, et c’est un produit qui n’est point à dédaigner, car les fleurs dont il s’agit atteignent un prix souvent supérieur à 3 francs le kilogramme.

La culture d'ornement sait aussi tirer parti de quelques espèces du genre qui nous occupe. On les distingue sous ce rapport en plantes de plein air, et en plantes de serre froide ou tempérée. Dans le premier groupe figurent avantageusement les Malva crispa L., mauritiana L., etles M. Alcea, moschata et glabra, dont nous avons parlé ci-dessus. Au second groupe appartiennent surtout les Malva purpurata Lindl., tomentosa L., elegans Cav., et quelques autres. Toutes ces espèces se multiplient facilemert par semis, qui doit en être fait en pépinière, le plus tôt possible après la maturation des fruits, dans une terre légère et riche en humus. Il importe de se rappeler que les Mauves cultivées en pot restent habituellement chétives et peu florifères, et que, pour en obtenir tous les résultats qu’elles peuvent donner, il est indispensable de les livrer à la pleine terre.

On désigne assez fréquemment, dans le langage horticole, sous le nom impropre de Wauve en arbre, des plantes de la même famille, mais appartenant à des genres différents. Telles sont la grande Lavatère (Lavatera arborea L.), et plusieurs Ketmies, notamment la K. de Syrie (Hibiscus syriacus L.), la K. de Chine (Hibiscus Rosa-sinensis L.), la K. resplendissante (Hibiscus splendens Bot. Mag.) et plusieurs autres. E. M.

MAUVIETTE. — Nom vulgaire de l’Alouette des champs (voy. ce mot).

MAUVIS (ornithologie). — Une des espèces du genre Merle (voy. ce mot).

MAUZAC BLANC (ampélographie). — Ce cépage se trouve dans l'Ariège, le Gers, le Lot-et-Garonne et l’Aude ; il serait identique, d'après le comte Odart, à la Blanquette de ce dernier département, qui sert à préparer le vin mousseux connu sous le nom de Blanquette de Limoux.

Description. — Souche médiocrement vigoureuse, à port semi-érigé. Sarments moyens, à mérithalles courts. Feuilles petites, orbiculaires ou trilobées, d’un vert terne et glabres à la face supérieure, d’un vert plus pâle et garnies d’un duvet aranéeux à la face inférieure; sinus pétiolaire fermé par la superposition des lobes qui le forment ; dents courtes, en deux séries. Grappe peu volumineuse, conique, assez serrée, avec des grains légèrement ovoïdes, moyens, d’un blanc verdâtre, prenant une couleur dorée du côté exposé au soleil, dans les situations chaudes ; à chair sucrée.

MAWRA

Maturilé à la deuxième époque.

Le Mauzac blanc offre l'inconvénient d’être très sujet à la coulure, aussi s'est-il moins répandu qu'il ne parait susceptible de le faire, si l'on ne tient compte que de la qualité du vin qu'on peut en obtenir. M. Pulliat propose avec raison, pour obvier à ce défaut, d'en sélectionner avec soin les boutures. G:F.

MAWRA. — Voy. BASsIA.

MAXILLARIA (horliculture). — Genre de plantes de la famille des Orchidacées, originaires de l’'Amérique tropicale. Ce sont des herbes épiphytes, à pseudo-bulbes ovoïdes, terminés par des feuilles lancéolées. Les inflorescences, uniflores ou en grappes, sont radicales. Le labelle est sessile et trilobé. Les principales espèces sont : Maxillaria picta, à fleurs larges, blanches en dehors, orangé maculé de pourpre en dedans, avec labelle jaune pâle ponctué de carmin ; M. tenuifolia, à fleurs petites, rouge orangé, à labelle jaune vif maculé de pourpre ; M. sulfurina, à fleurs jaune-soufre ponctué de rouge brun, avec le labelle plus pâle; M. concava, à fleurs de couleur jaune pâle, disposées en grappes serrées; M. sanderiana, à fleurs blanches maculées de pourpre, et à labelle rouge foncé. On cultive ces plantes dans des corbeilles suspendues dans les serres chaudes.

MAYENNE (DÉPARTEMENT DE LA) (géographie).—- Le département de la Mayenne a été formé, en 1790, de divers pays appartenant au bas Maine et à l’Anjou: environ 414000 hectares ont été empruntés à la première de ces deux provinces et 103 000 à la seconde. Il est situé entre 47°45"10" et 48° 34’ 30” de latitude septentrionale, et entre 2°22’ et 3°34/ de longitude occidentale du méridien de Paris. Il est borné : au nord, par les départements de la Manche et de l'Orne ; à l’ouest, par l'Ile-et-Vilaine; au sud-ouest, par la Loire-Inférieure; au sud, par Maine-et-Loire et à l’est, par la Sarthe. Sa superficie est de 517 063 hectares. Sa forme, assez régulière, est celle d’un quadrilatère allongé dans le sens du nord au sud. Sa plus grande largeur, de l’ouest à l'est, est de 62 kilomètres; sa plus grande longueur, du nord au sud, de 82 kilomètres. Il est divisé en 3 arrondissements, 27 cantons et 276 communes. Les trois arrondissements de Mayenne, de Laval et de Château-Gontier sont superposés, du nord au sud, dans un ordre à peu près régulier.

Le système orographique du département est constitué par les collines du Maine, dont l'altitude moyenne ne dépasse guère 80 à 100 mètres. «Les vallées qu’elles forment, dit M. Joanne, peu profondes et peu accidentées, sont parcourues par de petits ruisseaux qui y entretiennent partout une admirable végétation. Les plaines, entrecoupées de prairies et de cultures variées, sont parsemées de petites fermes connues dans le pays sous le nom de closeries ; ce nom leur vient de l'habitude qu'ont les paysans du Maine d’entourer leurs prairies de clôtures vives et de haies d'arbres. Vue de loin, la Mayenne offre l'aspect d'une immense forêt entremêlée de clairières. » Vers le sud, dans l’arrondissement de Château-Gontier, les collines constituent une série de plateaux qui s’abaissent par des pentes douces. A mesure qu'on remonte vers le nord, le sol se relève et les collines, se redressant, présentent quelques escarpements. Au nord-ouest de l'arrondissement de Laval, les hauteurs qui dominent la rive gauche de la Vilaine, atteignent une altitude de 238 mètres à l’ouest d'Ernée et au-dessus de la Pellerine. Ces collines séparent l’Ernée du Couesnon, de la Vilaine et de la Calanche, A l’est d’'Ernée, les collines de Chaïlland, sur lesquelles s’étend la forêt de Mayenne, forment une chaine régulière dont l'altitude s'élève du sud au nord, de 1604215 mètres. La forêt de la Charnie, sur les confins de la Sarthe, a une altitude de 288 mètres. Au nord d’Evron s'étend la chaîne des Coévrons qui sépare les arron-

MAYENNE

dissements de Laval ct de Mayenne ; son point culminant atteint 352 mètres; c’est de cette chaine que Paris tire en partie le porphyre de ses pavés. Au nord de cette chaîne, le mont du Saule a 327 mètres; plus à l’est, le signal de Villepail s’élève à 356 mètres. Enfin, près des frontières de l'Orne et de la Sarthe, le beau massif sur lequel s’étage la forêt de Multonne et qui donne naissance à la Mayenne atteint 385 mètres au mont Souprat et 417 mètres au mont des Avaloirs.

Presque toutes les eaux du département se dirigent vers l'Océan par la Loire ou la Vilaine, une faible partie seulement vers la Manche par la Célune.

C'est par la Mayenne et la Sarthe que la Loire reçoit les eaux du département. La Mayenne baigne Château-Gontier, Laval et Mayenne. Elle reçoit : l'Aisne, la Varenne, la Colmont, V'Aron, l'Ernée, la Jouanne, le Vicoin, l'Ouette et l'Oùdon. La Sarthe ne touche pas le département, mais elle en recoit les eaux par le HMerdereau, la Vaudelle et l'Orthe; puis le Sarthon, l'Erve et la Vaige.

La Vilaine prend sa source dans le département aux collines de Juvigné ; son cours y est de 15 kilomètres.

La Célune, sans arroser le département, en reçoit les eaux par le Dérou, la Futaie et la Biguette.

Le département de la Mayenne possède un certain nombre d’étangs, parmi lesquels on peut citer ceux de Beaucoudray, de Neuvilette, V'Etang-neuf, les petits étangs du Port-Brillet et de la Chaîne; les étangs du Gué de Selle, de Moncor, de la Æincerie et de Saint-Aignan-sur-Roë.

Le climat de la Mayenne est analogue à celui du bassin de la Seine. Il est généralement sain, excepté près des étangs. La température moyenne de l’année est de 10°,8; celle de l'hiver, de 3°,95 et celle de l'été, de 17°,6. On compte en moyenne de 130 à 140 jours de pluie; la hauteur moyenne annuelle de l’eau tombée est de 6 à 7 décimètres. Les pluies les plus abondantes arrivent en avril, mai, juillet et septembre. Les moisles plus secs sont février, mars, octobre et novembre. La grêle et Les orages viennent du nord-ouest et du sud-ouest. Les vents dominants sont ceux de l’ouest, du nordouest et du sud-ouest. Ce climat tempéré et humide est favorable aux prairies et aux cultures fourragères. — Les trois arrondissements ont respectivement les surfaces suivantes :

hectares 181 066 209 204 126 793

Arrondissement de Laval........,......

— Mayénnen.2###95tre — Chäteau-Gontier....

L’arrondissement de Laval est mouvementé. L’Ernée et la Mayenne le traversent du nord au sud. Les anciennes landes de Châlons et de la Chapelle- Anthénaise ont fait place à des forêts d’essences résineuses ou feuillues.

L’arrondissement de Mayenne est arrosé par l'Aisne, la Varenne, la Colmont, l’Ernée, l’Aron et la Mayenne. Cet arrondissement, le moins productif de tous, est très mouvementé. On y voit encore sur divers points des Bruyères, du Seigle et du Sarrasin. Les prairies naturelles y sont moins nombreuses que dans les autres arrondissements, mais on y rencontre beaucoup d'arbres fruitiers.

L’arrondissement de Château-Gontier est arrosé par la Mayenne, l'Oudon et l’Uzure. Les prairies baignées par la Mayenne sont très belles; elles sont dominées par des escarpements pittoresques. C'est la partie la plus fertile, la mieux cultivée et la plus riche du département. La forêt de Craon est la seule forêt importante de cet arrondissement.

Au point de vue géologique, le sol du département repose en grande partie sur les granites et les schistes de transition.

Sous le rapport agricole, les terrains de transition peuvent être classés en trois catégories :

MAYENNE

4° schistes plus ou moins argileux ; 2 quartzites et grès; 3° calcaires dévoniens.

Les terrains qui reposent sur les schistes sont de

nature argilo-siliceuse, généralement assez profonds et de bonne qualité ; ils peuvent être considérés comme les meilleurs sols pour la culture.

Les grès et particulièrement 1e quarzite silurien, désigné par M. OElert sous le.nom de grès armoricain, ont donné naissance à des terres légèr es peu profondes et de qualité médiocre ; ces terr es sont le plus souvent occupées par les bois.

Enfin, les marbres calcaires que l’on rencontre dans l’arrondissement de Laval, disposés à peu près sur une ligne dirigée de l'est à l’ouest, sont recouverts de terres de profondeur variable, mais de bonne qualité.

En remontant vers l’arrondissemet de Mayenne, les schistes et les calcaires sont remplacés par des roches granitiques, qui ont donné naissance à des terrains légers, de profondeur et de qualité très inégales. Le pays granitique est entrecoupé de collines, beaucoup plus accidentées que celles qui appartiennent à la formation secondaire.

Les formations schisteuse et granitique ont été recouvertes par un diluvium tertiaire, qui occupe une bande irrégulière, s'étendant du nord au sud sur une surface à peu près égale au tiers de la Superficie du département. Les dépôts tertiaires, dont l'épaisseur ne dépasse pas généralement 50 à 60 centimètres, sont formés le plus souvent de sable et d'argile entremêlés avec des graviers arrondis de la grosseur d’un œuf et reposant sur un lit de glaise ou de sable blanchâtre ou jaunâtre. Ces terrains sont rarement de bonne qualité ; parfois les graviers ont été agglutinés par un ciment ferrugineux et forment des bancs de grès ou des poudingues, qui rendent le sol totalement imperméable. Leur culture devient alors très difficile, et ils ne peuvent être utilisés avantageusement que par des boisements.

Beaucoup de ces terrains, notamment dans l'arrondissement de Mayenne, sont encore en friches.

Enfin, on trouve dans les vallées, principalement dans celle de la Mayenne, des alluvions modernes disposées en terrasses.

Tous les terrains de la Mayenne, même ceux qui reposent sur les calcaires dévoniens, sont dépourvus de chaux; aussi l'emploi de cet amendement et l'extension des voies de communication y ont-ils été le point de départ du développement de la richesse agricole. Les gisements de houille et d’anthracite qui accompagnent les formations calcaires, en beaucoup d’endroits, ont permis d'augmenter la fabrication de la chaux. Cependant, depuis quelques années, les engrais chimiques et les superphosphates ‘ont été substitués à la chaux.

En résumé, le terrain primitif occupe presque tout l'arrondissement de Mayenne ; le gneiss forme un terrain spécial aux environs de Mayenne, Marcillé, Ernée et Champfremont. La diorite est abondante à Vautortes, à Brée, au Neau et au nord d’Amblois. Le terrain primitif est limité : au sud par Landiry, la Dorée Saint-Aubin, Vaucé et Soucé ; à l’est par Saint-Fraimbault, Marchigné et le Ribay : : à l’ouest par Ernée, Vautortes, Châtillon-sur-Colmont, Saint- Fraimbault et Soulaise. Le terrain de transition occupe la presque totalité de l’arrondissement de Chàteau-Gontier et une petite partie de celui de Laval; la ligne qui le limite au nord, coupe ies cantons de Grez-en- -Bouëre, de Laval et de Loiron. Les terrains secondaire et tertiaire occupent la presque totalité de l’arrondissement de Laval et la partie septentrionale du canton de Grez-en- Bouère. Quelques dépôts tourbeux existent dans les environs de Champfremont.

La superficie du département de la Mayenne est de 517063 hectares; voici comment elle est répartie d'après le cadastre achevé en 1843:

MAYENNE

hectares Terres labourables ...,.,..,,.,,...... 354086 Pré Sn mans se MO AU « 12720 VIRE Re 1500 Crise PSE SUPO EE 808 Boïs.....,,.,.5...,ee.e seb ee nt ele 31945 Vergers, pépinières, jardins... ........ 9862 Oseraies, aulnaies}. Saussates #n, 2... 51 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 496 Carrières et Mines... 48 Etangs ..... 2 D HOT ENT dE 1264 Landes, patis, br uyères, et N EN 25 404 hâtaigneraog es 631 Propriétés RéHOS EM TA TER NS 3 700 Total de la contenance imposable... .., 500945 Total de la contenance non imposable. ; 16 118 Superficie totale du Ce EE Eu: 0110069

La superficie des terres es représentait 68 pour 100 de la superficie totale du département; celle des prés formait 14 pour 100 et celle des bois 6 pour 100 de la même surface.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, en 1852 et en 1882 :

ÉTENDUE RENDEMENT “ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol, Froment.... 992532 44,97 104607 46,10 Méteiln eee 8961 14,32 13 369 14,80 Seigle...... 9333 44,40 9743 45,30 Orne ...18#067198 46,02 536175 47,90 DATA. + 000 7 45,45 45016 44,00 Avoine...... 29867 48,16 32 116 29,00 Mais= sas. » » 414 13,40

Miele es » » » »

En 1852, la superficie consacrée aux céréales s'élevait à 200038 hectares ; en 1862, cette surface était de 206 687 hectares. D’après la statistique de 1882, elle serait de 221640 hectares. C’est une augmentation de plus de 21000 hectares. — La surface ensemencée en Froment, de 1852 à 18892, a augmenté de 12 000 hectares environ. En 1862, la surface consacrée au Froment était de 99 885 hectares. L'augmentation porte surtout sur l'Orge, dont la culture a doublé. La surface ensemencée en Méteil s’est accrue de celle perdue par le Seigle. — L’Avoine est en augmentation de près de 3000 hectares. Cette faible augmentation, relativement à celle acquise par l'Orge, tient à ce que l'élevage du cheval est resté sensiblement stationnaire, alors que l’élevage et l’engraissement de l'espèce bovine, et, par suite, la consommation de l Orge, prenaient chaque jour plus de développement. Le rendement du Froment s’est sensiblement accru; ceux des autres céréales, sauf l’Avoine, sont restés à peu près stationnaires. Les céréales sont le plus souvent cultivées en lignes ; le semoir est d’un usage très répandu, au moins dans les arrondissements de Laval et de Château-Gontier.

Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres principales cultures :

1852 1882 DO SR RS OS CS ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de terre.…....,. - 3632 51 h]. 11 9044 64 qx Betteraves 1540 487 qx 05 5993 273 qx Lévumessecs. 1271 12 hl. 56 443 16 h1. 70 Racines et légumes divers 3663 245 qx 10 938400 1510qx Chanvre...... 4 168 5 hl. 31 4 305 8 hl. 50 Lin naines 1 698 4 h]. 44 663 9 h1. 10 Colza et naveto sine. 645 41 h]: 31 138 44 hl. 50

La surface consacrée aux Pommes de terre a gagné 5 362 hectares de 1852 à 1882 ; elle a presque

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triplé. En 1862, la culture des Pommes de terre occupait sensiblement la superficie relevée en 1882 ; elle s'élevait à 9155 hectares. Mais, comme nous le verrons, cet état stationnaire correspond à un état également stationnaire des existences dans les animaux de l'espèce porcine et à une diminution de la population.

La surface ensemencée en Betteraves a plus que triplé. Si l'on comparait les chiffres recensés en 1852 et ceux relevés en 1882, pour les légumes secs et les racines et légumes divers, on devrait dire qu'il y à eu diminution dans les cultures. Mais rien ne serait moins exact. En effet, en 1852, les légumes sees comprennent les Vesces, que nous considérons, en 1882, comme fourrages verts et qui sont cultivés sur 7151 hectares. D'un autre côté, les racines et légumes divers comprennent, en 18952, les Choux fourragers ; en 1882, ces mêmes Choux sont compris dans les fourrages verts, et la superficie qui leur est consacrée s'élève à 6880 hectares. En 1882, les 443 hectares de légumes secs comprennent : 16 hectares de Fèves, 137 hectares de Haricots, 227 hectares de Pois et 63 hectares de légumes secs non dénommés. Les 2384 hectares de racines comprennent : 1069 hectares de Carottes, 30 hectares de Panais et 1285 hectares de Navets.

Les Betteraves fourragères sont encore insuffisantes, à raison de l’importance donnée dans le département à l'exploitation du bétail.

L'augmentation de la culture des Choux fourragers qui, en 1862, n’occupaient que 3034 hectares, et qui, en 1882, sont cultivés sur 6880, assure au bétail une alimentation verte pendant l'hiver.

La culture du Chanvre est restée à peu près stationnaire ; celle du Lin, par suite de la concurrence des Jutes venant de Londres, qui, grâce à des tarifs de pénétration habilement combinés arrivent facilement à Angers et à Cholet, a notablement diminué ; elle perd plus de 1000 hectares. — La culture du Colza, de son côté, par suite de la concurrence du pétrole, a diminué de 500 hectares environ.

La statistique de 1852 évaluait la superficie des prairies naturelles à 73 184 hectares, dont 25 867 irrigués. En 1862, cette surface était de 72869 hectares, comprenant 42469 hectares de prés secs, 29759 hectares de prés irrigués et 641 hectares de prés vergers ; de plus, 9862 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. D’après la statistique de 1882, les prairies naturelles occuperaient 68 005 hectares, savoir :

hectares Prairies naturelles irriguées par les crues des PIVIGTES /7 2-2. CET ERSR cree Ar Li Prairies naturelles irriguées à l’aide de tra- Vatix SPÉCIAUX LEP ERRE FE en LEE) Prairies naturelles non irriguées......... 29929

Il convient d'ajouter à ces chiffres 14295 hectares de prés et pâtures temporaires et 4622 hectares d'herbages pâturés. Enfin, les fourrages verts étaient cultivés, en 18892, sur 21 293 hectares comprenant 7191 hectares de Vesces, 1338 hectares de Trèfle incarnat, 2666 hectares de Maïs-fourrage, 6880 hectares de Choux, 2161 hectares de Seigle en vert et 1027 hectares d’autres fourrages.

En 1852, les prairies artificielles occupaient 92 804 hectares ; en 1862, 60 895 hectares. D’après la statistique de 1882, la surface consacrée aux prairies artificielles serait de 55 508 hectares, savoir :

hectares LTÉE ES LAURÉAT AE S OS Luzerne REC r EC AE MSE NET eee 4539 SANTIOIN ER PEN RS ANG RER AINE : 231 Mélanges de Légumineuses...... se 24176

D'après ces chiffres, on voit combien les surfaces consacrées aux fourrages ont augmenté. Si, aux

DB

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68 005 hectares de prairies naturelles recensés en 1882, on ajoute les 4622 hectares d’herbages pâturés constatés à la même époque, on obtient un. total de 72627 hectares, qu'il faut comparer aux 13184 hectares recensés en 1852. La diminution n’est qu'apparente, car le rendement en foin à augmenté. Le rendement, en 1862, pour les prés secs, était de 2338 kilogrammes, et, pour les prés irrigués, de 2750 kilogrammes à l’hectare. En 1882, le rendement est, pour les prés irrigués, de 3050 kilogrammes à l’hectare, et, pour les prés non irrigués, de 2831 kilogrammes. Si, aux 5o 908 hectares de prairies artificielles constatés en 1882, on ajoute les 21 223 hectares de fourrages verts et les 14225 hectares de prés et pàâtures temporaires recensés à la même époque, on arrive à un total de 90 956 hectares qu'il faut comparer aux 52 804 hectares cultivés en 1852. — C’est une augmentation de 38 000 hectares environ.

En 1788, la Vigne occupait 4600 hectares dans le département ; en 1829, cette surface était réduite à 180 hectares. En 18592, la statistique ne mentionne:

“rien; en 1862, la Vigne est cultivée sur 420 hec-

tares dans la commune de Saint-Denis-d’Anjou, canton de Bierné, sur les confins de l’Anjou. Les cépages cultivés sont : le doucin, le franc pineau, le vert doré et le gouais blanc. D’après la statistique de 1889, la surface cultivée serait de 468 hectares; la récolte a été de 5289 hectolitres de vin, représentant une valeur de 238 000 francs environ.

C’est qu'en effet la Vigne n’est qu’un accessoire dans la production du département de la Mayenne; le cidre et le poiré occupent la première place.

La récolte en fruits des pommes et poires, en 1882, a été de 1007 819 hectolitres, représentant une valeur de 3 123 245 francs. Les arrondissements de Laval et de Château-Gontier fournissent surtout le cidre ; l'arrondissement de Mayenne donnerait le poiré.

En 1843, les bois occupaient 31 945 hectares; en 1862, ils n’occupaient plus que 29092 hectares. D'après la statistique de 1882, ils occuperaient 28 717 hectares, comprenant :

hectares Bois appartenant aux particuliers.............. au département et aux communes 41 à Etat F4 62 MR SREERE

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Il a été effectué, cependant, quelques boisements, mais les défrichements les ont dépassés em importance. Ces derniers ont même quelquefois été fàcheux, car les terres qui en proviennent, une fois leur première fertilité épuisée, ne peuvent donner que des résultats insuffisants. Du reste, le chiffre du cadastre semble majoré, puisque en 1840 le département ne possédait que 29 914 hectares de bois. Les essences dominantes sont : le Chêne, le Hêtre, le Châtaignier, le Bouleau et les essences résineuses. Les principales forêts du département sont celles de Monnaye, de Pail, de Tillé, de Bellebranche, de Mayenne, de Concise, de Craon et de Valles.

La culture maraïchère est peu développée dans le département.

Les terres labourables, lors de la confection du cadastre, occupaient 354086 hectares; en 1852, elles s’étendaient sur 363 061 hectares ; en 1802, sur 367 010 hectares, et, d'après la statistique de 1882, 316 245 hectares leur seraient consacrés. C’est une augmentation de 22149 hectares en trente ans. C’est un résultat magnifique. ;

La surface cultivée en 1882 comprend 479 912 hectares, et la surface non cultivée s’étend sur 16070 hectares, comprenant :

hectares

Landes, pâtis, bruyères.. . #4 0 NE Terrains rocheux ou de montagnes incultes..... 1521 = 14 ImaréCas eux. eee MONO TERRE 994 Tourbières...+e ee Mers ne Re “ie 712

MAYENNE

On suit, dans la Mayenne, un assolement triennal plus ou moins modifié. Le tiers de la surface des terres arables est cultivé en Froment, le sixième en Avoine ou Orge, soit la moitié de la superficie en céréales. L'autre moitié est occupée par les plantes fourragères : le Trèfle, un sixième, les plantes sarclées, Choux, Betteraves, Pommes de terre, et les fourrages annuels, tels que Vesces, Sarrasin, Maïs. Ges derniers sont venus remplacer la jachère d’une façon à peu près complète dans l'arrondissement de Château-Gontier, le plus riche des trois ; mais dans celui de Laval, et surtout dans celui de Mayenne, de nombreuses terres arables restent sans culture pendant une année.

Dans un grand nombre de fermes, l’assolement triennal a été transformé en un assolement de six ans, ainsi conçu : 1° plantes sarclées (Maïs, Betterayes, Choux) : 2 Orge ; 3° Tréfle, avec Ray-grass ou Lupuline ; 4 Froment ; 5° Vesces, Trèfle incarnat, Pommes de terre ou Betteraves ; 6° Froment.

Les chaulages sont appliqués pour le Froment d'hiver, ainsi que les phosphates et les superphosphates. Le fumier de ferme est employé sur les plantes sarclées. Enfin, le nitrate de soude est utilisé, en couverture, pour les Choux fourragers.

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

1852 1862 1882 GREAT. Aero: 63248 72 380 83 562 Anes et ânesses..,..... 230 302 614 Mulets et mules........ 174 4110 19 Bêtes bovines.........,. 200 660 272 671 977165 Bêtes ovines..... RSS à 71780 15215 66271 Hétes porcmes ra. 74 304 72241 74343 Bêtes caprines ...,...., 3111 5012 3 639

D'après ces chiffres, l'effectif de l’espèce chevaline aurait augmenté de 20000 têtes de 1852 à 1882; l'espèce bovine aurait gagné 77 000 têtes. Par contre, l'espèce ovine en aurait perdu 11 000 environ. En 1840, le nombre des bêtes bovines s'élevait à 213 828 et celui des bêtes ovines à 144 1926.

En 1882, les animaux ont fourni les produits suivants :

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