VALEUR
. francs . +, (viande...... 4381075 kilogr. 6199600 Espèce Sais Vu .. 832991 hectol. 13 327 856 à ... (\viande...... 420599 kilogr. 802288 HÉROS ON 149970 kilogr, à 941 710 Espèce porcine, viande..... 3761301 kilogr. 5150517 Miel et cire (valeur totale). 209 662 Ce qui donne un total de............ 26031633
Ces chiffres prouvent et mettent en lumière un fait bien connu, c’est que, dans la Mayenne, le bœuf est l’animal de spéculation. Le nombre des animaux de l’espèce chevaline est limité à l'effectif nécessaire pour opérer les travaux de culture. Ceux-ci sont exécutés par des juments livrées à la reproduction dont les poulains sont habituellement vendus à six mois. On n’élève que quelques pouliches pour remplacer les mères trop âgées. On ne produit, dans la Mayenne, que des chevaux de trait; il n’y a guère que le canton de Saint-Aignan-sur- Roë, limitrophe de la Loire-Inférieure, qui élève quelques chevaux dits de demi-sang. En général, les animaux de l'espèce chevaline appartiennent aux races Percheronne et Bretonne. — La population chevaline est peu homogène ; les juments conime les étalons sont, en très grande majorité, mal conformés, avec des tares osseuses plus ou moins nombreuses.
Pour l'espèce bovine, nous devons signaler la disparition presque complète de l’ancienne race
Te
MAYENNE
Mancelle; elle a été remplacée, depuis près de quarante ans, par la race Durham. Dans l’arrondissèément de Château-Gontier, la substitution est complète ; elle l’est un peu moins dans les cantons de Sainte-Suzanne et de Meslay-du-Maine, qui avoisinent le département de la Sarthe.
Dans les cantons de l'arrondissement de Mayenne limitrophes des départements de la Manche et de l'Orne, le Durham-manceau est remplacé par la race Normande, de la variété dite de Rennes.
Celle-ci fait l’objet d’une spéculation toute diffé rente qui consiste dans l’achat de génisses de six mais que l’on revend ensuite pleines, vers deux ans et demi. Aux environs de Laval, on rencontre des étables de vaches laitières dont les produits sont livrés en nature, soit à la ville, soit au couvent de Port-du-Salut. C’est une spéculation qui augmente chaque jour d'importance. Le lait est vendu 0 fr. 15 pendant les quatre mois d’été et 0 fr. 175 pendant les huit autres mois. Ces vacheries sont composées de vaches Normandes, Jersiaises, bretonnes, Hollandaises.
Le bétail de la Mayenne est précoce; les jeunes bœufs sont vendus vers trois ans ou quarante mois ; on vient les acheter pour les Charentes, la Normandie, et le nord de la France où ils vont se faire engraisser. La substitution du Durham à l’ancienne Fe UNE par croisement continu, à augmenté la précocité, mais elle a eu comme corollaire, un ahaissement du volume dont les éleveurs se plaignent depuis plusieurs années.
Toutes les exploitations de la Mayenne entretiennent quelques animaux de l'espèce ovine, mais il est rare de rencontrer des troupeaux de plus de vingt têtes. L'ancienne race Poitevine a disparu et l’on ne rencontre plus que des Dishley et des Southdown.
Le porc est d’un entretien très lucratif dans la Mayenne. C’est dans l'arrondissement de Château- Gontier, et surtout aux environs de Craon, qu'a pris naissance la race Craonnaise. La principale spéculation consiste dans l'entretien de truies portières pour la production des porcelets, qui, à six ou huit semaines, sont vendus facilement. Quelques propriétaires ont essayé l'introduction des races anglaises ; ils ont assez bien réussi.
Les produits de la basse-cour ne sont pas sans avoir une importance considérable dans la Mayenne.
D'après le recensement de 1886, la population de la Mayenne s'élève à 340 063 habitants, ce qui représente une population spécifique de 66 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, date du premier recensement, la population a augmenté de 34 407 habitants ; mais elle tend à diminuer, surtout depuis dix ans; en effet, à partir de 1876, le département a perdu 11970 habitants.
La population agricole (mâles adultes), de 1862 à 1882, a subi les modifications suivantes :
Propriétaires agriculteurs ... 11876 8 388 HeTANEL ST RER er 043009 16835 MÉtANCrS MER er den ee 6753 7.521 Domestiques ......... deb DEN 36080 JOUTNAÏOESE Mes ses 7161 6660 18 967 15 184
Le département comprend 899740 parcelles, d’une contenance moyenne de 55 ares.
Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 29 068, s'élève en 1882, à 34104. Rappelons, pour expliquer cette différence, que la statistique de 1862 n'avait pas recensé les exploitations de moins de 1 hectare, qui, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 8103. Ces exploitations se divisaient comme suit par catégories de contenance:
MAYENNE 1862 1882 Exploitations de moins de 5 hectares. 7685 16 473 — de 5 à 10 hectares..... 790% 5495 — de 10 à 40 hectares..*. 12619 11251 — de plus de 40 hectares. 860 1155
La Mayenne est un des départements où l’on trouve le plus de grandes propriétés. On rencontre des parcelles peu étendues aux alentours des villes et des villages, mais la plus grande partie du territoire est en propriétés comprenant une ou plusieurs métairies d’une étendue variable de 15 à 40 hectares.
Le fermage n’a pas autant d'importance que le nombre des fermiers pourrait le laisser croire, car beaucoup d’entre eux n’ont en location que des parcelles isolées. Le métayage domine. Voici les résultats de l'enquête de 1882 :
NOMBRE CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE hectares Culture directe....... 41075 9,52 Fermage...s 41.108 ; 44855 12,14 Métayage ......:.... : 7660 11,36
Dans le métayage de la Mayenne, tous les produits, à l'exception de ceux consommés par le bétail, sont à mi-fruit. Dans les arrondissements de Laval et de Mayenne, les impôts sont également partagés par moitié. Dans l'arrondissement de Château- Gontier, ils sont entièrement à la charge du métayer. Le bail de métayage est en général annuel, mais il se reproduit par tacite reconduction.
La contenance moyenne des cotes foncières, par suite de l'augmentation sans cesse croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions sensibles depuis la confection du cadastre. Elle était :
hectares
D'après le cadastre ......i:.... 7,13 LE RS DE O0 D db co 7,09 DD 180125: Mots e ST Pool 6,76 En 1811/2700 Ponelss de ec Pe 6,91 En 188106, FE Lester ts 6,50
La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1889, a subi les fluctuations suivantes :
1852 1862 1882 francs francs francs Terres labourables....:." 791à 1565 : 14194 à 2087 875 à 2555 Prés ra .. 1061 2359 1625 3454 1116 3310 Vignes ....... 49200 41600 » » 2000 4500 ROIS he 0 0022082187 641 26S9 440 1498
Pendant la par hectare à
même période, le
taux du fermage subi les variations
ci-après :
francs francs francs Terres labourables... 93 à 46 41 à 69 32 à 86 Prés pas En ose RO O0 60 113 43 114 Vignes. st 208% s68 0e 0 AOÛ REED » 9 50 4100
.L'outillage agricole a fait des progrès très sensibles. En 1852, on ne trouvait dans le département que 1297 machines à battre; en 1869, il y en avait 7067 dont 11 à vapeur; d’après la statistique de 1882, il y en a 10571. En 1869, il y avait 38 semoirs, o faneuses, 4 faucheuses et 3 moissonneuses. En 1882, on a recensé 948 semoirs, 972 faneuses ou râteaux à cheval, 1033 faucheuses et 261 moissonneuses. Enfin, la force utilisée par l’agricultnre est de 628 chevaux-vapeur fournis par 54 roues hydrauques, 53 machines à vapeur et 228 moulins à vent.
MAYOTTE
Les voies de communication comptent 5357 kilo— mètres, savoir :
kilom.
8.chemins de fer. #2 0... sosesos 928 Ne 40.routés" nationales... +610 es sos te CS EE 21 routes départementales... ........:,... race "2.08% 59 chemins vicinaux de grande communication ... 811 26 — — d'intérêt commun....,....,. 355 — += L'ordinaires.....5..5.4 000
Depuis la fondation des concours régionaux, quatre concours se sont tenus à Laval : en 1862, en 1870, en 1879 et en 1886. La prime d'honneur y a été décernée : en 1862, à M. le comte du Buat, à Méral; en 1870, à M. Daniel Daudier, à la Lande, commune de Niafles; en 1879, M. de Lancrau de Bréon, au château de Bréon, commune de Marigné- Peuton; et en 1886, à M. Guichard, à la Cocherie, commune de Launay-Villiers.
Le département possède un certain nombre d'associations agricoles, ce sont : la Société d’agriculture de la Mayenne et les Comices agricoles d'Ambrières, Bais, Bierné, Chàâteau-Gontier, Couptrain, Cossé-le-Vivien, Craon, Ernée, Evron, Gorron, Grez-en-Bouère, Landivy, Lassay, Laval, Le Horps, Loiron, Mayenne, Meslay, Montsurs, Pré-en-Pail, Saint-Aignan-sur-Roë, Sainte-Suzanne et Villainesla-Juhel. Un syndicat des agriculteurs de la Mayenne a été créé à Laval.
Enfin, la Mayenne possède un professeur départemental d'agriculture et un laboratoire agricole.
De tout ce qui précède, on voit que la Mayenne est dans un état prospère. Ses progrès agricoles datent de la construction des routes stratégiques en 1836, qui ont permis d'amener la chaux nécessaire au sol. Le chaulage permit de défricher les grands champs de Genêts, d’en tirer de bonnes récoltes de Froment et de cultiver le Trèfle. Le Trèfle, qui donnait des récoltes abondantes, permit de remplacer le bœuf du pays, peu précoce, par la race Durham. Cette transformation commencée en 1846 par la création de la Vacherie du Camp est aujourd'hui à peu près complète dans les deux arrondissements de Laval et de Château-Gontier. La nouvelle race bovine n'étant pas apte au travail, il fallut remplacer l'élevage du cheval léger par le cheval de trait en important des reproducteurs du Perche et de la Bretagne. L'espèce ovine n'ayant plus de jachères à pâturer diminua de nombre ; mais en même temps la race locale fut remplacée par la race Dishley plus précoce.
On peut juger des importants progrès réalisés, par l'augmentation considérable de la rente et de la valeur du sol depuis une trentaine d'années. La valeur foncière des propriétés non bâties est passée de 20 163 410 francs en 1851, à 34 830 593 franes en 1879. Elle a donc augmenté de plus des deux cinquièmes.
Les améliorations effectuées dans ces dernières années ont porté sur l'extension des cultures de fourrages annuels, des Choux, des Betteraves; sur l'amélioration des prairies naturelles mieux fumées et mieux irriguées, mieux drainées ; enfin, sur l’emploi des instruments perfectionnés. G. M.
MAYOTTE (géographie). — Ile de l'archipel des Comores, dans l'océan Indien, constituant une colonie française. Son étendue est de 35 000 hectares, et de 37 000 avec les petites îles adjacentes. Le sol est d'origine volcanique ; une chaîne de montagnes traverse l'ile dans toute sa longueur. Le climat est celui des régions tropicales. Jusqu'ici, le total des concessions rurales s’élève à 19000 hectares ; la terre, riche et fertile, se prête à de nombreuses cultures. La principale est celle de la Canne à sucre ; ensuite, il faut citer la Vanille, puis le Maïs, le Manioc, les Patates et surtout le Riz, que les indigènes cultivent pour leur consommation. Mayotte exporte annucilement 3000 tonnes de
MEAUME
sucre, 30 000 à 40 000 litres de rhum et 2000 kilogrammes de gousses de Vanille. Il est difficile, à raison de sa petite étendue et de sa situation isolée, que cette ile offre au commerce les éléments d’un développement considérable.
MEAUME (biographie). — Edouard Meaume, né à Rouen en 1812, mort en 1886, jurisconsulte français, s’est adonné surtout aux études de droit foresticr ; il fut professeur de législation à l’école forestière de Nancy. On lui doit : Commentaire du Code forestier (3 vol., 1843; 2° éd., 1856), Des droits d'usage dans les forêts (2 vol., 1847), Introduction a l'étude de la législation et de La jurisprudence forestière (1857), Explication de la loi de 1859, modification du Code forestier (1860). H. S.
MÉCANIQUE AGRICOLE. — On définit communément la mécanique comme la science qui s’occupe du mouvement et des forces qui le produisent. Cette définition montre qu’on ne doit pas confondre la science de la mécanique, ainsi qu'il arrive trop souvent, avec l’art de construire les machines. La mécanique comprend : la statique, qui traite de l'équilibre des forces ; la cinématique, qui s’occupe du mouvement des corps ; la dynamique, consacrée à l'étude des relations entre les forces et les mouvements qu'elles produisent. L’exposé des principes de la mécanique ne peut entrer dans le cadre de ce Dictionnaire ; mais on y trouvera la description des machines (voy. ce mot) usitées dans l’agriculture et dans les industries agricoles, ainsi que les notions nécessaires sur les moteurs et sur leur travail (voy. ces mots).
MÉCHAGE (œnologie). — L'emploi de l'acide sulfureux, obtenu en brülant du soufre dans les récipients vinaires, porte, dans la pratique vinicole, le nom de méchage et permet d'obtenir les effets suivants : 1° l’entretien et la conservation des futailles ; 2° l'arrêt des fermentations vicieuses des vins malades ; 3° le ralentissement des fermentations alcooliques trop actives; 4° la conservation au moût sucré du raisin tout ou en partie du sucre qu'il contient, en empêchant la fermentation alcoo- Jique (voy. MUTAGE).
Il est nécessaire, pour conserver en bon état les”
füts vides, c’est-à-dire étanches et exempts de mauvais goûts, non seulement de les loger dans des locaux convenables, frais à température basse et constante, mais encore de leur donner des soins particuliers. Parmi les plus importants, est ce traitement à l'acide sulfureux.
Si l’on abandonne des tonneaux mal nettoyés, et encore imprégnés de vins, dans un endroit chaud et humide, on voit bientôt, sur les parois intérieures, végéter soit des moisissures, sous forme de Mousse blanchâtre ou verdâtre, soit le ferment acétique, transformant l'alcool restant en vinaigre. Des füts ainsi altérés donnent au vin qu’on y entonne des goûts désagréables, de moisi ou d’aigre, difficiles sinon impossibles à faire disparaitre ensuite du liquide. Pour éviter de tels accidents, on combattra dans les tonneaux, par l'emploi du soufre, ou plutôt de l'acide sulfureux, le développement des germes vivants nuisibles.
Cet agent agit de deux manières : premièrement, l'oxygène de l'air contenu dans les tonneaux étant nécessaire à la respiration des moisissures ou des autres végétaux microscopiques, en les privant de ce gaz par la combustion du soufre qui enlève l'oxygène pour former de l’acide sulfureux, on constituera ainsi une atmosphère irrespirable ; secondement, l'acide sulfureux étant par lui-même un anti-ferment très puissant, une sorte de poison pour les micro-organismes, à petite dose, il suspendra leur activité, et à dose élevée 11 les tuera.
Dans les vins malades par suite de la présence de ferments parasitaires (fleur, aigre, tourne, pousse, graisse, amer, etc.), l'acide sulfureux agira sur ceux-ci, comme dans le cas précédent, en les pri-
MÉCHAGE
vant d'oxygène ou en les détruisant. On arrêtera ainsi, par un méchage opportun, une maladie à son début. En pareil cas, l'acide sulfureux peut aussi être employé à l’état de dissolution aqueuse ou alcoolique; d’après l'expérience, 1 centimètre cube d'alcool à 90 degrés saturé d’acide sulfureux contenant 4 centigrammes de ce gaz suffit par litre de vin, non pour le rétablir en son état primitif, mais pour enrayer les germes nuisibles.
S'il s’agit, dans les climats chauds, comme le midi de la France ou l'Algérie, de modérer le départ d'une fermentation vineuse pour éviter un trop grand dégagement de chaleur et, par suite, un excès de température contraire à l’action régulière du ferment alcoolique, on emploiera avec succès l'acide sulfureux en méchant les cuves avant d'y verser les vendanges.
L’acide sulfureux est aussi un décolorant puissant; un méchage trop énergique diminue et fait même disparaître la couleur des vins rouges. On utilise cette propriété pour blanchir les moûts légèrement jaunes ou bruns jaunâtres destinés à la fabrication des vins blancs. On laisse couler les moûts par le trou de bonde des foudres ou des tonneaux dans lesquels on brûle de temps en temps du soufre; ce passage à travers une atmosphère d'acide sulfureux étant suffisant, on écoule aussitôt le liquide au dehors.
On a également conseillé le méchage pour gonfler les foudres ou les tonneaux desséchés. Les récipients étant aspergés intérieurement par un peu d’eau, la chaleur dégagée par la combustion du soufre réduit cette eau en vapeur qui pénètre, sous pression, plus facilement dans les pores du bois.
Pratique du méchage. — Le soufre destiné à la combustion s'emploie sous diverses formes : en poudre (soufre sublimé), en morceaux (soufre canon), en mèches soufrées ; de là le nom de méchage donné à cette opération. La mèche est un petit rectangle de toile enduite de soufre. On l’obtient en faisant fondre du soufre aussi pur que possible (soufre sublimé) dans une marmite en fer et en trempant à plusieurs reprises des bandes de toile dans la matière en fusion, sur un feu doux, pour éviter la coloration brune et conserver au soufre sa belle couleur jaune. Après chaque trempe, on laisse refroidir et solidifier. Les bonnes mèches sont d’un beau jaune clair et ont une couche de soufre à grain fin, assez épaisse pour couvrir complètement la toile et empêcher la carbonisation de celle-ci. Si la couche est trop mince, le soufre étant complètement brûlé, le feu se communique à la toile qui, se détachant et tombant dans le tonneau en débris charbonneux, est capable de donner ensuite un mauvais goût.
Il est inutile de mélanger au soufre des substances odorantes ou des aromates.
Pour conserver et mécher un tonneau sain, venant de contenir du vin, on le lave d’abord à une ou plusieurs eaux à l’aide d’une chaîne en fer que l’on promène dans l'intérieur pour détacher les particules de lies adhérentes. Ceci fait, après égouttement complet, on procède au méchage. Pour cela, on sûspend dans le tonneau, en la passant par le trou de la bonde, une mèche soufrée préalablement enflammée. Plus communément, cette mèche est maintenue à son extrémité supérieure, débarrassée de soufre, par la bonde que l’on met en place aussitôt après l'introduction.
Cette manière de faire présente l'inconvénient d'exposer à la chute de la mèche carbonisée si la combustion est complète et la toile brûlée.
On ne l’évite pas non plus par l'emploi de l’appareil à mécher ordinaire, formé d’une tige en fer terminée à son extrémité supérieure par un crochet et à l’autre par un manche conique en bois faisant office de bonde. Il est préférable de se servir du même instrument perfectionné (fig. 340), dans lequel,
MÉCHAGE
au-dessous du crochet où se pique la mèche, se trouve un godet destiné à en recevoir les débris.
Après avoir placé la mèche allumée, on ferme les ouvertures et l’on suit l’opération au bruit du sifflement que produit la vapeur en se dégageant avec pression par les joints de la bonde; si les joints des douelles laissaient passer le gaz, il y aurait lieu de gonfler le tonneau et de resserrer les cercles. La combustion de la mèche soufrée s'arrête d'elle-même, et, dans les conditions où l’on opère, bien avant que tout l’oxygène du tonneau soit absorbé ; celui-ci contient cependant une quantité d’acide sulfureux suffisante pour atteindre le but proposé.
Si, dans un hectolitre de capacité, l'oxygène de l’air contenu
au soufre, à la température et à la pression ordinaire, on obtiendrait environ 60 grammes d’acide sulfureux. L’élévation de temvérature des gaz, la densité très lourde de l’acide sulfureux empêchant l'arrivée de l'oxygène à la mèche ne permettent pas, dans la pratique, d’atteindre ce maximum. On ne peut recueillir en réalité, par l'absorption du liquide, que 8 à 10 grammes d’acide sulfureux par hectolitre.
S'il s'agit de mécher un foudre de grande capacité, on introduit par l’ouverture du bas une tuile courbe fermée à chaque extrémité par un peu de terre ou de sable, et remplie de mèches soufrées ou de soufre en poudre mélangé avec quelques copeaux enflammés ; on ferme ensuite la porte. Dans ces conditions, les vapeurs lourdes de l'acide sulfureux ont peine à atteindre le haut du foudre ; en s’accumulant dans le bas, elles gênent et arrêtent la combustion. Pour obtenir un méchage plus parfait, il est préférable de suspendre un paquet de mèches allumées au milieu du foudre en l’attachant à un fort fil de fer et le passant par la bonde. Au fur et à mesure que les couches inférieures du foudre se saturent, on élève le paquet de mèches. À
Parfois, dans les tonneaux ou les foudres moisis, il arrive que la combustion du soufre a lieu difficilement par suite de la présence en assez grande abondance d'acide carbonique provenant de la respiration des parasites. Il convient alors, avant de mécher, d’aérer en établissant un courant d’air ou bien en chassant l’acide carbonique à l’aide d’un soufflet.
Si l’on veut conserver des füts vides jusqu'à la prochaine vendange, il est nécessaire de mécher tous les mois ou tous les deux mois.
Pour traiter par l'acide sulfureux un vin malade, on mèche un tonneau vide et bien nettoyé, puis on y soutire le liquide collé et clarifié si c’est nécessaire, en agitant de temps en temps pour activer la dissolution du gaz.
On sait avec quelle facilité s’altèrent les vins en vidange dans les tonneaux ; à leur surface, grâce à l'atmosphère d'oxygène du tonneau se développent bientôt le Mycoderma vini (la fleur) ou, plus redoutable encore, le ferment acétique. Un méchage pratiqué de temps en temps au fur et à mesure que l’on tire du vin pour la consommation ou que le vin se consume par évaporation, obvie à ce grave inconvénient.
Il'est difficile de brûler une mèche dans le creux du tonneau. Quelquefois, on perce sur le côté un trou communiquant avec le vide intérieur et, chaque fois que l’on soutire du liquide, on présente extérieurement à cette ouverture une mèche en combustion ; l'aspiration oblige le gaz acide sulfureux
Fig. 310.— Brülesoufre à godet.
se trouvait entièrement combiné.
MECKLENBOURGEOIS
à pénétrer intérieurement. On a soin, bien entendu, l'opération terminée, de boucher le trou avec une petite cheville de bois (fosset).
La bonde sulfurante imaginée par M. Fages, de Narbonne, remplit le même but que précédemment, mais avec plus de facilité. Elle se compose, comme l'indique la figure 341, d’un cône creux en étain s’ajustant par la plus petite base au trou de bonde du tonneau et communiquant avec le vide de celui-ci. Intérieurement, se trouve la tige portant la mèche et terminée à sa partie inférieure par un godet destiné à recevoir le soufre fondu. Entre ce godet, porté
Fig. 341. — Bonde sulfurante du système Fages.
intérieurement sur une petite saillie du cône, et les parois de celui-ci, les vapeurs d’acide sulfureux peuvent passer pour se rendre par aspiration descendante dans le tonneau. La bonde est fermée en haut par un couvercle d’étain.
La manœuvre de cet instrument est simple; on brûle la mèche pendant que s'écoule le cinquième en volume du vin à tirer; point n’est besoin de mécher complètement; pour certains vins robustes, un méchage tous les deux ou trois tirages suffira.
Que devient l’acide sulfureux ainsi introduit dans les tonneaux ou dans le vin? Une faible portion s’'évapore et le reste, au bout d’un temps plus ou moins long, s’oxyde, absorbe l’oxygène de l'air qui pénètre dans le tonneau et se transforme en acide sulfurique qui se retrouvera en proportion très faible dans le vin. L'acide sulfureux disparaissant ainsi, ce dont on s'assure par l'odeur, il devient souvent nécessaire de procéder à un nouveau méchage. A. B.
MECRLENBOURGEOIS (z00{echnie). — Les deux duchés de Mecklenbourg-Schwerin et de Mecklenbourg-Strelitz sont riches en herbages qui nourrissent une population chevaline et une population bovine importantes. Elles sont l’une et l’autre qualifiées de Mecklenbourgeoises. La première, pour des raisons faciles à comprendre, est plus connue que la seconde en Europe occidentale. Il convient néanmoins de les décrire ici toutes les deux.
CHEVAUX MECKLENBOURGEO1IS. — Jusque vers la fin du premier quart de ce siècle, les chevaux du Mecklenbourg étaient une pure variété de la race Germanique (voy. ce mot). Ils ne se distinguaient de ceux du Holstein, leurs voisins immédiats, que par unc taille moins élevée et une moindre corpulence. Ceux-ci étaient des grands carrossiers, les plus grands qu’on connût ; ils fournissaient surtout des chevaux de selle pour les armées. Au
Le
MECKLENBOURGEOIS
siècle dernier, la cavalerie de la plupart des États de l’Europe occidentale en était presque exclusivement montée. Ils jouissaient à ce titre d’une grande réputation.
Aujourd'hui, les chevaux Mecklenbourgeoïis, comme ceux, du reste, de toutes les autres parties de l’Allemagne du Nord, comme ceux de l’Oldenbourg et du Holstein notamment, forment une population métisse résultant du croisement des anciennes junients Germaniques avec l’étalon Anglais de la variété de course, dit vulgairement pur sang. Ils sont tout à fait analogues à ce qu'on a pris la coutume d'appeler chez nous des demisang Anglo-normands. Ils se produisent absolument par les mêmes procédés. Ils sont aux carrossiers du Holstein ce que chez nous les Anglo-normands du Merlerault sont à ceux de la Manche. Ce sont des petits carrossiers, parmi lesquels se remontent les régiments de dragons.
Certes on rencontre dans le Mecklenbourg des beaux chevaux et aussi des bons chevaux. Ceux-là sont des métis réussis, qui se rapprochent, par leurs formes, du type anglais amplifié. Mais les auteurs allemands compétents, non entichés d’anglomanie, constatent que là comme partout où les mêmes procédés de reproduction sont suivis, sur cent poulains qui naissent, vingt-cinq seulement sont dans ce cas. Le reste se développe avec des formes plus ou moins disgracieuses, mélange mal fusionné des deux types naturels, et surtout avec des membres d’une solidité insuffisante Les observateurs superficiels, se contentant de voir passer la cavalerie allemande ou de la voir manœuvrer, admirent volontiers ses chevaux. Les hommes spéciaux de l'Allemagne sont bien loin de partager leur enthousiasme, toujours trop facile du reste pour tout ce qui est étranger. Ils reprochent à juste titre aux métis Mecklenbourgeoïis en particulier, d’avoir trop souvent des articulations faibles et par là de ne pouvoir suflüire durant longtemps à un service soutenu. Pour les attelages de luxe, ils ont en général de la figure, leur tête et leur corps sont souvent élégants. Les membres n’y répondent pas. D'ailleurs, une preuve convaincante de la rareté relative des sujets d'élite dans leur population, c’est que pour remonter ses haras le gouvernement prussien est obligé de faire acheter, chaque année, des étalons en Normandie. Il n’est pas à notre connaissance que nous en allions chercher chez lui. Ce seul fait suffirait pour faire comprendre la difficulté de caractériser les chevaux Mecklenbourgeois de façon à les faire reconnaitre parmi les autres métis de même origine, c’est-à-dire provenant comme eux de métissage entre les produits de croisement de la race Germanique avec le cheval anglais de course. Dans le commerce très actif dont ils sont l’objet, principalement pour les attelages de luxe, ils se confondent avec la plus grande facilité. Lorsqu'il était de mode de n’atteler à sa voiture que des chevaux de provenance anglaise, les Mecklenbourgeois passaient par Londres pour venir dans les écuries des marchands de Paris. Depuis la guerre franco-allemande, ils y sont réputés Hollandais. Riquet, qui a donné en 1847 une bonne description des diverses sortes de chevaux Allemands, à la suite d’une mission d'exploration remplie par lui en vue de la remonte de notre cavalerie, écrivait alors : € Aujourd’hui, presque tous les chevaux de luxe achetés dans le Mecklenbourg sont exportés comme chevaux venant d’Angleterre. » Les choses n’ont changé qu’en ce sens que maintenant l’estampille anglaise n’est plus autant recherchée. On s’est enfin aperçu que tous ces métis-là sont semblables entre eux, étant fabriqués de la même façon.
Les allemands cependant, et les Mecklenbourgeois en particulier, ont eu de tout temps une supériorité incontestable sous le rapport de la doci-
MÉDOCAIN
lité du caractère et de la prompte facilité au service. Elle est due à leur mode d'éducation. L'auteur que nous venons de citer le constatait dans les termes suivants : € Tous les poulains Mecklenbourgeois et ceux qui sont importés du Holstein et du Hanovre, disait-1l, commencent à travailler dès l’âge de dixhuit mois à deux ans, afin de leur faire gagner par un léger service leur nourriture. Depuis leur naissance jusqu'à leur sevrage, les poulains suivent leurs mères au travail; à un an, ils sont progressivement soumis au régime sec; les fourrages des prairies naturelles et artificielles, l’avoine, le froment, quelques autres graines et beaucoup de paille hachée, sont les bases de l'alimentation à l'écurie. Au dire des marchands étrangers et de ceux du pays, le cheval de Mecklenbourg est le meilleur et le plus élégant des chevaux du Nord; la manière de l’élever en augmente le prix; il est aussi très remarquable par la douceur de son caractère, par la bonté et la durée de ses services, par sa souplesse, sa légèreté et la bonté de son pied. » (Rec. de méd. vét., 1847, p. 439.)
Ce mode d'éducation est rendu facile par l’usage agricole général des chariots légers, à quatre roues, auxquels les chevaux sont attelés par paires pour les charrois. Cet usage, il faut bien le reconnaître, est d’ailleurs une nécessité.
VARIÉTÉ BOVINE. — La population bovine du Mecklenbourg, nombreuse surtout sur la partie riche du littoral où les laiteries abondent, n’est pas généralement reconnue comme formant une variété particulière. Elle se rattache à celle de Breitenburg, l’une des plus renommées parmi les variétés allemandes de la race Germanique. Elle a, sous tous les rapports, une grande ressemblance avec notre variété Cotentine de la même race. Au milieu du bétail qui peuple les herbages du Mecklenbourg, on se croirait volontiers en Normandie. Les formes et la taille sont exactement les mêmes, les couleurs aussi, le pelage est généralement mélangé de blanc et de rouge. L'identité de race n’est pas douteuse (VOy. GERMANIQUE). Le bétail mecklenbourgeois est seulement resté au voisinage du berceau de la race, tandis que le normand en a été éloigné.
C’est l'aptitude laitière qui prédomine, et conséquemment la population est composée de vaches en grande majorité. Cette aptitude passe, dans le pays, pour n'être pas inférieure à celle des meilleures Hollandaises. Le lait est riche en beurre. On admet que les vaches en produisent, en moyenne, 15 kilogrammes par an. Leur poids vif va souvent jusqu’à 600 kilogrammes. Elles s’engraissent facilement à l’herbage, et au moment où elles atteignent l’âge adulte elles rendent ordinairement aux environs de 400 kilogrammes de viande nette. La combinaison de la laiterie avec l’engraissement des vaches, le genre d'exploitation que les Allemands appellent Milchmastwirthschaft, se répand de plus en plus en Mecklenbourg. La population bovine, par ses aptitudes, s’y prête admirablement. A.S.
MÉDECINE LÉGALE (vétérinaire). — La médecine légale vétérinaire est l’étude des détériorations causées aux animaux et des lois qui consacrent la responsabilité de ceux à qui elles sont imputables. Elle s'occupe des causes non commerciales portées devant les tribunaux. La médecine légale diffère de la jurisprudence en ce que celle-ci considère surtout les animaux comme des objets de commerce, et de la police sanitaire qui comprend l’étude des épizooties, de leurs causes et des moyens susceptibles d'en arrêter les ravages. P°-F:C
MÉDOG (œnologie). — Voy. BORDEAUX (VINS DE).
MÉDOCAIN (z0o0{echnie).— Nom qui a été donné, par les officiers du dépôt de remonte de Mérignac, aux chevaux qui se produisent dans la partie du département de la Gironde appelée Médoc. Les chevaux Médocains, élevés dans un système de culture qui n’est guère approprié à la production che-
y fndila 2
MÉGER
valine, sont en général fort médiocres. Ils dérivent, par leurs mères, de la variété des Poneys des landes de Gascogne, et par leurs pères des élalons que l'administration des haras entretient dans son dépôt de Libourne. Ils sont de petite taille, le plus souvent trop minces, et presque toujours de caractère quinteux. Leur population est d’ailleurs très faible, et il faut dire qu'en Médoc une production chevaline quelconque n’est nullement à sa place. Le jour où l'État, renonçant à l’idée systématique d’y pousser partout, supprimera les établissements publics qui l’entretiennent et laissera ainsi disparaitre le cheval Médocain, il n’y aura de ce chef aucune perte sensible pour le pays. A. S.
MÉGER, MÉGERIE. — Dans quelques cantons du midi de la France, on donne le nom de méger au cultivateur métayer, et celui de mégerie à la métairie (voy. ce mot). ;
MEIGLE (outillage). — Houe fourchue employée dans la Côte-d'Or pour le labour des Vignes. Le manche est recourbé; le fer a une longueur de 25 centimètres et une largeur de 17 centimètres à la base; les deux pointes sont écartées de 8 à 10 centimètres.
MÉLAMPYRE. — Genre de plantes Dicotylédones, créé par Tournefort, et rangé aujourd'hui dans la famille des Scrofulariacées.
Les Mélampyres (Melampyrum T.) se distinguent, parmi les autres plantes du même groupe, par quelques caractères secondaires, faciles à vérifier. Ainsi, leur calice ne présente que quatre divisions (par avortement du sépale postérieur) ; leur corolle, bilabiée, a la lèvre supérieure creusée en forme de casque comprimé. Les étamines, didynames, ont les anthères appendiculées. Le disque, hypogyne, est réduit à une seule glande située en avant. Les deux loges de l’ovaire portent un petit nombre d'ovules ; et le fruit, qui est une capsule loculicide, renferme seulement deux ou quatre graines ovoïdes, un peu trigoncs (VOy. SCROFULARIACÉES).
Ce sont des herbes annuelles, à feuilles opposées, sans stipules. Leurs fleurs se disposent en épis terminaux de cymes, dont les fleurs sont accompagnées de bractées souvent grandes et colorées. Les Mélampyres vivent en parasites sur les racines des Graminées et de quelques autres plantes. On en connait une dizaine d'espèces, dont cinq appartiennent à la flore française.
Le genre en question est très voisin du genre Rhinanthe (Rhinanthus L.), lequel se distingue surtout par ses graines munies d’une aile membraneuse, circulaire, et assez nombreuses dans chaque loge.
Les espèces de Mélampyres les plus répandues chez nous sont les suivantes :
1° Le Mélampyre des champs (Melampyrum arvense L.), qui se reconnaît à ses fleurs disposées en épi cylindrique et serré, accompagnées de bractées pennatifides, purpurines ou verdâtres. Le fruit ne contient que deux graines, dont le volume égale à peu près celui d’un grain de Blé. Cette espèce croit abondamment dans les champs de céréales, où elle fleurit en juin-juillet. Elle porte, dans nos campagnes, les noms vulgaires de -Rougelte, Blé de Vache, Queue de Loup, Queue de Renard, Cornette, etc.
Les animaux en sont très friands, et particulièrement les vaches, au lait desquelles la plante communique, dit-on, un goût particulier. Ses graines se mélangent souvent aux grains des céréales, dont il est assez difficile de les séparer. Elles donnent à la farine, et par suite au pain, une teinte violacée plus ou moins intense, et la présence de cette substance étrangère, au moins désagréable, n’est peutêtre pas sans danger.
2 Le M. des prés (M. pratense) est une espèce très commune dans les bois taillis et dans les prai-
Ties des montagnes. Son inflorescence est lâche,
MÉLANOSE
ses bractées sont verdâtres, entières ou dentées. Les graines, assez petites, sont au nombre de deux dans chaque loge. La plante est très rameuse, presque glabre. Elle plait beaucoup, comme la précédente, aux animaux, et l’abondance avec laquelle elle se développe dans les coupes des taillis et au bord des forêts, fournit un pâturage qui n’est. point à dédaigner.
9° Le A. à crêtes (M. cristatum L.) est une plante assez semblable au M. des champs; mais. son inflorescence est quadrangulaire et relevée par quatre crêtes saillantes formées par l'imbrication de bractées cordiformes, pliées en deux et fortement recourbées en dehors. Le fruit contientquatre graines de dimensions moyennes. La plante est pubescente et assez rude au toucher. On la rencontre pendant tout l'été dans les bois sablonneux et sur les coteaux incultes. Elle possède les. mêmes propriétés que les précédentes, mais est moins répandue.
Toutes les espèces du genre semblent analogues. par leurs qualités nutritives, et elles forment un excellent fourrage vert. En se desséchant, elles dureissent beaucoup et noircissent fortement ; em cet état, elles plaisent moins aux animaux. Il est impossible de cultiver les Mélampyres tout seuls, à cause de leur parasitisme; en effet, les graines germent bien, d'ordinaire; mais les jeunes plantes ne tardent pas à dépérir, si leurs racines ne trouvent pas dans leur voisinage celles de Graminées où elles puissent se fixer. E. M.
MÉLANOSE (viticulture). —Altération des feuilles de la Vigne par une cryptogame qui en attaque les tissus. D’après les études de Berkeley et Curtis et de MM. Viala et Ravaz, le parasite est le Septoria ampelina, d’origine américaine, qui aurait été introduit en France avec les cépages du Nouveau- Monde; l’altération des feuilles se manifeste dans les vignobles où ces cépages sont cultivés, mais il est rare qu’elle produise des effets fâcheux dont le viticulteur doive s'inquiéter. La mélanose se développe surtout sur les variétés du Vitis riparia et ses hybrides, ainsi que sur le V. rupestris, rarement sur quelques variétés du V. vinifera. Le plus souvent, un nombre restreint de feuilles est attaqué, et 1l n’en résulte pas d’affaiblissement pour les plantes. Les feuilles atteintes montrent sur leurs deux faces de petites taches brun clair arrondies, légèrement creusées au centre et disséminées sur le parenchyme ; c’est pendant l'été qu’elles apparaissent ; si elles sont nombreuses, elles deviennent confluentes. Vers la fin de la végétation, on voit de nouvelles taches se manifester autour des premières sous forme de ponctuations qui semblent en irradier régulièrement.
MÉLANOSE (vétérinaire). — Par les mots mélanose, tumeurs mélaniques, et par l'expression impropre d’hémorroides, on désigne des néoplasies de nature diverse ayant pour caractère commun d'être infiltrées de granulations noirâtres. On rencontre chez nos animaux des fibromes, des cancers, des tubercules mélaniques; mais presque toutes les tumeurs pigmentaires que l’on observe sur le cheval appartiennent au genre sarcome. C’est une remarque fort curieuse que la mélanose se remarque à peu près exclusivement sur les chevaux blancs, à peau dépourvue de pigment.
Les productions mélaniques peuvent exister sous deux formes principales : tantôt ce sont des tumeurs nettement dessinées, tantôt elles consistent en des infiltrations de la matière pigmentaire dans des tissus préexistants, normaux ou anormaux.
La première forme est de beaucoup la plus commune. Quand la mélanose se développe sur un animal, les premières tumeurs apparaissent aux régions où la peau est fine — pourtour de l'anus, de la vulve, du fourreau, base de la queue, parotide — et évoluent dans le tégument ou dans le tissu