LUNEL
météorologiques qui se succéderont pendant la lunaison. Cette influence a été formulée en loi par le maréchal Bugeaud dans les termes suivants : « Le temps se comporte onze fois sur douze pendant toute la durée de la lune comme il s’est comporté au cinquième jour de la lune si, le sixième jour, le temps est resté le même que le cinquième, et neuf fois sur douze comme le quatrième, si le sixième jour ressemble au quatrième. » Il paraît résulter de nombreuses observations météorologiques, notamment de celles de Schübler, de Pilgram et de Flaugergues, que les phases lunaires ont une certaine corrélation avec les chutes de pluie, dont le maximum correspondrait aux époques de la pleine lune. Quant aux changements de temps correspondant avec les époques de la nouvelle lune, la comparaison des observations directes montre des résultats absolument discordants, au point qu'on trouve souvent autant de faits positifs que de faits négatifs ; il est donc impossible d’en conclure une concordance quelconque entre la marche du temps et les phases lunaires,
Un grand nombre de préjugés sont encore répandus dans les campagnes relativement à l'influence de la lune sur des phénomènes agricoles. Pour labourer ou semer, il faudrait consulter le cours ou le décours de la lune ; de même pour abattre des arbres, pour tailler la Vigne suivant qu’on veut avoir beaucoup de raisins ou des raisins qui se conservent bien, etc. Aucun de ces préjugés ne repose sur des observations directes ; chacun a été détruit, au contraire, par des expériences positives. L'année lunaire n’a d’ailleurs aucune relation avec l’année solaire, et cette dernière exerce seule une influence sur le caractère des saisons.
Lune rousse. — On donne le nom de lune rousse à la lune qui commence en avril, et qui devient pleine, soit à la fin de ce mois, soit dans le courant de mai. Cette lunaison a une très mauvaise réputation ; on lui attribue les gelées printanières trop souvent funestes aux cultures (voy. GELÉE). La lune est absolument innocente du méfait, dont Arago a fait connaître les phases. A cette époque de l’année, la température diurne est encore relativement basse, et durant la nuit elle peut n’être que de quelques degrés au-dessus de zéro. Si le ciel est serein, la chaleur absorbée par la terre pendant le jour est rayonnée pendant la nuit vers les espaces célestes; il en résulte un refroidissement de » ou 6 degrés qui peut faire tomber la température à zéro ou au-dessous, et, par conséquent, geler ou faire roussir les jeunes pousses des plantes. Si le temps est couvert, le rayonnement n’a pas lieu; par suite, le danger de gelée est écarté. Mais la lune n’est pour rien dans l’un ou l’autre cas; lorsqu'il y a gelée blanche, elle n’est que le témoin du désastre. On a observé deux faits presque toujours unis (car la gelée se produit même en nouvelle lune) : la gelée d'avril et l'éclat de la lune au ciel, et l’on a fait découler le premier du second ; c'était un tort, mais un sophisme malheureusement trop fréquent. H. S.
LUNEL (œnologie). — Ville du département de l'Hérault dont les vins sont très renommés. Ce sont des vins blancs liquoreux faits principalement avec des raisins Muscats.
LUNURE. — Voy. DÉFAUTS DES BOIS.
LUPIN. — Plante de la famille des Légumineuses. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces indigènes ou exotiques. Toutes ont des feuilles digitées et composées de six ou douze folioles rayonnantes. Chaque soir, au coucher du soleil, ces feuilles se plient en deux et s'inclinent vers la terre, penchées sur leur pétiole. Les fleurs d’un très beau coloris sont terminales et disposées en épis ou en grappes.
Tous les Lupins ont des racines pivotantes et tous doivent être semés en place, car ils sup-