LUPIN
portent très difficilement la transplantation. Sous tous les climats ils croissent d’abord lentement; mais, lorsqu'ils ont développé en partie leur racine, ils s'élèvent avec une grande rapidité. On les cultive dans les jardins et les champs dans des terres légères, saines, perméables, granitiques, schisteuses ; ils végètent fort mal dans les terres calcaires ou crayeuses, les sols aquatiques et les terrains compacts. Les espèces connues en Europe sont cultivées comme plantes d'ornement, comme plantes fourragères et comme plantes destinées à être enfouies comme engrais vert.
Au nombre des espèces cultivées dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs, il faut mentionner principalement les plantes suivantes :
1. Le Lupin bigarré ou petit Lupin bleu (Lupinus varius) qui appartient à l’Europe méridionale. Cette espèce, haute de 40 à 50 centimètres, a des grappes allongées et des fleurs bleu panaché de blanc.
2. Le Lupin bleu ou grand Lupin bleu (Lupinus hirsutus ou pilosus), indigène dans le midi de l'Europe; ses fleurs sont bleu d'azur, mais il en existe des variétés à fleurs blanches et roses. Sa hauteur est de 50 à 60 centimètres.
3. Le Lupin jaune (Lupinus luteus) indigène en Sicile. Sa hauteur dépasse souvent 65 à 7o centimètres. Ses fleurs en grappes sont odorantes et d’un beau jaune doré.
4. Le Lupin élégant (L. eleaans). Ses fleurs sont tricolores et présentent du violet, du rouge et du blanc.
5. Le Lupin changeant (L. mutabilis) est originaire de la Colombie. Ses fleurs très odorantes présentent successivement du blanc, du jaune et du rouge. Il atteint ordinairement 1 mètre de hauteur.
6. Le Lupin de Cruikshank (L. Cruikshankui) est une superbe espèce, originaire du Pérou. Ses fleurs odorantes sont bianches, avec l’étendard jaune doré passant au violet.
7. Le Lupin pubescent (Lupinus pubescens) est originaire du Mexique. Ses fleurs sont d’un beau bleu violet avec un centre blanc et pourpre.
Toutes les espèces qui précèdent sont annuelles en Europe. Au nombre des Lupins vivaces qu'on rencontre dans les iardins, on doit signaler les deux espèces suivantes :
1. Le Lupin polyphylle (L. polyphyllus), originaire de la Colombie, qui s’élève jusqu’à 1",30. Ses grappes spiciformes sont d’un beau bleu. Cette espèce a produit une variété à fleurs panachées.
2. Le Lupin de Hartweg (Lupinus Hartwegti) est venu du Mexique. Il est aussi élevé que le précédent. Ses fleurs sont bleu clair mêlé de blanc.
Les espèces qui appartiennent au domaine agricole sont au nombre de deux :
Le Lupin jaune (L. luteus) est cultivé, tantôt comme plante fourragère, tantôt pour être enfoui en vert lorsqu'il est en pleine fleur. Dans les deux cas, on le sème dans le centre et le nord-est de la France et de l'Europe, pendant le mois de mai ou de juin, lorsqu'on n'a plus à craindre de gelées tardives. Dans le dé5artement de la Creuse, on le sème aussitôt après la moisson du Seigle pour l'enterrer en octobre, époque parfois un peu tardive pour les hauts plateaux, à cause des gelées qui s’y font déjà sentir. Le sol est préparé par un seul labour.
Lorsqu'on cultive le Lupin jaune comme plante fourragère, on le fait souvent consommer sur place par les bêtes à laine, dès que ses gousses sont bien formées ; ces animaux en sont très avides quand ils ont l'habitude d’en manger. Quand on veut le donner à l'état sec à l'intérieur des bergeries, on le fauche après la floraison, on le met en petits faisceaux sur le champ, afin qu'il perde son eau de végétation. Onle rentre dès qu’il est sec. Ainsi desséché, il conserve une bonne couleur verdâtre et constitue un excellent aliment pour les bêtes
LUPULINE
ovines et les chevaux. Cette plante est cultivée surtout en Allemagne comme fourragère.
La graine du Lupin jaune est petite et marquée de points noirs. On la répand à raison de 125 à 150 litres par hectare.
Le Lupin blanc (L. albus) a été signalé par les auteurs latins. On le cultive principalement dans la région méridionale de l'Europe comme engrais vert. On le sème en septembre, atin qu’il puisse bien résister aux froids de décembre et de janvier. C’est vers la fin d'avril ou au commencement de mai, lorsqu'il a développé son beau feuillage et ses magnifiques grappes de fleurs blanches, qu’on l’enfouit comme engrais végétal ; alors ses tiges, ses feuilles et ses fleurs constituent une masse herbacée très remarquable et haute d’un mètre en moyenne.
Très souvent dans la Provence et le Bas-Languedoc, cet enfouissement est suivi par une culture de Haricot ou de Dolique. En Italie, le Lupin blanc précède généralement le Maïs.
On peut aussi semer le Lupin blanc au mois d'avril ou de mai sur des terres de consistance moyenne dans les contrées où l’on n’a point à craindre des sécheresses intenses et prolongées. On enterre sa production herbacée vers la fin de l'été, plus ou moins tardivement selon les années.
Le Lupin blanc, qu'on a semé en septembre, mürit ses graines vers la fin de juin on au commencement de juillet.
Dans le Roussillon on associe quelquefois le Lupin blanc au Farouch ou Trèfle incarnat. Dans d’autres localités de la région méridionale on l’allie à la Vesce d’hiver. Ces diverses Légumineuses fleurissent à la même époque.
Le Lupin blanc prend plus de développement que le Lupin jaune. Sa graine est grosse, large, aplatie et blanc rosé; on la répand par hectare à la dose de 100 à 120 litres. G. H.
LUPULINE. — Voy. MINETTE.
LUSSAUDEAU (biographie). — Denis Lussaudeau, né en 1800, mort en 1880, vigneron tourangeau, a acquis une grande notoriété par ses travaux de viticulture. C’est à lui qu’on doit la méthode de culture de la Vigne dite en chaintres, qu'il inaugura à Chissay (Loir-et-Cher), et qui s’est répandue dans un grand nombre de localités. H.S.
LUTTE (200technie). — L’accouplement pour la reproduction, qui est appelé monte chez les Equidés et les Bovidés, se nomme lutte chez les Ovidés. C'est l'expression technique admise par l’usage. On dit que les brebis sont luttées par le bélier. La lutte, dans le troupeau, commence à un certain moment et se termine à un certain autre. Sa durée dépend du nombre des brebis et de la façon dont apparaît chez elles l’état de rut, en dehors duquel elles ne se laissent point lutter. Get état ne se manifeste point chez toutes à la fois, mais bien par groupes successifs. Dans la pratique, son apparition n’a pas toujours lieu au même moment. Abandonnées à leurs propres instincts, les brebis, comme les autres femelles animales de nos climats, entrent naturellement en rut au printemps. Les nécessités de l’exploitation ont fait modifier cela de telle sorte que la lutte pût s'effectuer en outre soit en été, soit en hiver, et, pour mieux dire, à tous les moments de l'année. Le choix de la saison de lutte est donc ainsi à notre disposition, et il dépend de l'intérêt que nous pouvons avoir à faire naître les agneaux à tel moment plutôt qu’à tel autre.
En fait, on connaît l’agnelage de printemps, l’agnelage d’été et l’agnelage d'hiver (voy. AGNE- LAGE). Dans le premier cas, les naissances se produisent en février et mars; dans le deuxième, en juin; dans le troisième, en décembre et janvier, parfois même dès septembre ou octobre. La durée de gestation, chez les Brebis, étant en moyenne de cent cinquante jours, il faut conséquemment que, pour l’agnelage de printemps, la lutte puisse com-